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 Broken dreams and silent screams [PV Kenneth]

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ANIMAL I HAVE BECOME

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MessageSujet: Broken dreams and silent screams [PV Kenneth]   Dim 10 Sep - 0:15

Broken dreams and silent screams
Dark twisted fantasy turned to reality. Kissing death and losing my breath. Midnight hours cobble street passages. Forgotten savages, forgotten savages. Dig up her bones but leave the soul alone. Let her find a way to a better place.


Les cheveux claquent contre la nuque à mesure que le pas se presse. La nuit l’engloutit, appose un peu de son encre contre ses traits légèrement crispés. L’irritation étend son règne alors qu’elle s’enfonce dans la ville. L’insomniaque ne regrette même pas le confort de son lit, ne se sent pas spécialement frustrée à l’idée de déserter son logis. Le travail l’arrache à ses pensées fragmentées et à son inefficacité légendaire à rejoindre Morphée. Dans sa paume, sa mallette médicale pèse plus d’une tonne et est une des dignes représentantes de son exaspération. Elle aurait aimé pouvoir analyser directement les victimes depuis la morgue pour des raisons aussi bien pratiques que personnelles. Dans ces recoins fétides de la Nouvelle-Orléans, ses sens exacerbés ne cessent d’être agressés. La pisse, la transpiration, l’alcool rance, tant d’odeurs répulsives qui donnent à la changeuse envie de rebrousser chemin. Le devoir ne lui permet pas de céder à ses quelques caprices et elle s’obstine ainsi sur cette voie exécrable. La légiste ralentit drastiquement sa respiration. Cette vaine tentative ne la préserve pas des effluves nauséabonds mais a le mérite de l’obliger à se recentrer sur elle-même au lieu de se laisser embarquer par son odorat affuté.  Quand un des autochtones de cette portion de la ville, a le malheur de croiser sa route, elle cherche à décourager son approche, d’un regard assassin. Il tente vaguement de la saluer, elle se contente de filer droit, un peu plus excédée. Elle n’est décidément pas assez payée pour ces conneries. Les allées lugubres s’enchainent ainsi, elle rumine durant le trajet et finit par arriver sur la scène de crime, plus revêche que jamais. Quelques miliciens trainent, par-ci, par là. Palper leur nervosité n’est pas spécialement compliqué. Ils sont deux à se tenir près de l’entrée, l’arme au poing. Et trois à s’agiter autour de la bâtisse réquisitionnée. Bien entendu, aucun d’eux n’a eu la permission d’entrer. Aloy s’en est assurée.

Arrivant à hauteur des soldats gardant la porte, elle dépose son matériel à ses pieds et les observe à tour de rôle. L’expérience lui a appris à ne pas se fier à l’immobilité de ces militaires, à craindre leur irruption en pleine analyse des cadavres. Après tout, ce sont eux les enquêteurs mais ça, elle s'en moque bien. Toute distraction rend sa tâche plus ardue. De plus, il n’est pas rare de tomber sur un illuminé qui croit que déplacer le corps lui fournirait plus d'indices. Que tout reste intact, c’est sa seule condition. Et pour quelqu’un qu’on a forcé à bosser en pleine nuit, elle se trouve particulièrement conciliante et indulgente. Heureusement pour ces hommes, elle ne s’était pas endormie. Si on l’avait réveillée, les choses seraient bien plus corsées. Les salutations se font sèchement, pas la moindre marque politesse de sa part. « Le premier guignol qui compromet cette scène de crime, je le massacre. Et vous savez tous à quel point je manie bien la scie. » Un sourire carnassier dévoile sa dentition avant qu’elle ne se déleste de son manteau. La sueur perle légèrement sur son front, atteste de sa marche rapide. Sans plus de considérations pour ses collègues de la milice, elle balance sa veste sur l’épaule de l’un d’eux. « Gardez ça pour moi, vous servirez à quelque chose d’utile comme ça pour une fois. » A ces mots, la trentenaire pénètre dans le bâtiment, armée de son attirail.

L’air lui divulgue quelques éléments peu étonnants. Il est saturé par des fragrances familières, le sang, la mort. L’animal réveille naturellement ses instincts. La traque fait partie intégrante de son fonctionnement mais elle a appris à réfréner ses pulsions, se focalisant plutôt sur le carnage que ses perceptions lui suggèrent et que sa vue met en perspective. Les murs en béton chassent très vite l’impression de chaleur dont elle était victime un peu plus tôt. L’humidité présente dans ce vieux building abandonné, se mêle aux autres arômes, lui apprend la présence de champignons, la pourriture régnant en reine sur la construction déchue. Elle est également certaine qu'il y a plus d’un corps dans la pièce convoitée. Prudemment, la métamorphe suit le couloir obscur menant à cette salle principale. Elle se heurte très rapidement à un mannequin pendu au plafond, à peine entrée. « Quel bon goût. » marmonne-t-elle en repoussant le pantin pour analyser le reste de la pièce. Une mise en scène qui présage du sadisme doublé d’un vent de rébellion. Face à la théâtralité du crime, la toubib s’octroie quelques minutes pour se familiariser avec cet environnement chaotique. Un trio ligoté, une femme, deux hommes,  appartenant tous aux forces armées. Une série d’annotations sont peintes à même le ciment servant de parois à ce taudis. Inscriptions apposées à l'aide de l'hémoglobine des victimes. Une mise en garde. L’israélienne se surprend à rouler des yeux face à cette absurdité. Encore quelques imbéciles qui pensent pouvoir changer le monde.

Sans plus attendre, elle s'approche de ses nouveaux patients. La sacoche atterrit quelque part à proximité du premier corps. Ils sont dos à dos, les mains attachées derrière les barreaux de leur chaise respective. Formant un cercle morbide, il n’est pas difficile de constater que si le duo de mâles porte encore leur accoutrement d’origine, les vêtements propres à la milice, la femme, elle a été vêtue d’une robe blanche. C’est sûrement son uniforme à elle qu’ils ont utilisé pour leur petit spécimen à l’entrée note-t-elle intérieurement. Alors qu’elle inscrit ce détail dans un coin de sa tête, un autre l’interpelle. Elle enjambe la distance qui la sépare de la femme pour se confronter au pire. La vision lui arrache un demi-grognement, une demi-plainte qui n’a plus rien d’humain mais tient plutôt du bestial. Le choc la rend fébrile, ses genoux s’entrechoquent avant qu’elle ne s’accroupisse pour être à hauteur du visage. Ses doigts nues se postent sur le menton de la brune, l’index se place inutilement sur la gorge pour prendre le pouls, se noie aussitôt dans l’hémoglobine. La trachée sectionnée ne laisse aucune place à la survie. Le sang répandue le long de la poitrine, l’oblige à baisser le regard jusqu’aux jambes. Elle a peur de découvrir ce que le tissu déchiré suggère. La nausée la prend. Elle se souvient de ces sales mains lui agrippant les jambes, lui effleurant les fesses à son insu. Elle superpose ces horribles sensations aux derniers instants de vie, de la trentenaire lui faisant face.

L’émotion engourdit son esprit d’ordinaire pragmatique, les larmes s’accumulent en bordure des paupières un bref instant avant d’être ravalées. Pendant de longues secondes, la doctoresse se contente de fixer la mort, se surprenant à la redécouvrir. Ça l'oblige à sortir de son rôle habituel, à cesser de voir l'enveloppe comme un simple assemblage de chair. Sur cette personne-là, elle peut mettre un nom, y coller un passé qu'elles ont partagé. Rien ne peut la consoler. Les globes vitreux, l’expression figée sur l’effroi, ce fût un trépas douloureux. La gorge serrée, elle referme les paupières de sa sœur avec douceur. Elle était prête à tout pour faire régner l’ordre, même à y laisser sa vie, il faut croire. Tétanisée, elle ne parvient plus à remuer et laisse juste sa rétine collecter quelques bribes de vérité sans oser, pour l’instant, palper l’épiderme glacé. Entre deux sentiments destructeurs, elle prend la mesure de son imprudence, ne pas avoir mis de gants avant de la toucher. Une précaution basique. « Merde, putain. » La colère chasse l’apathie brièvement. Elle respire de manière erratique, tente de démêler sa lucidité de son émotivité. En vain.

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MessageSujet: Re: Broken dreams and silent screams [PV Kenneth]   Lun 11 Sep - 0:56

Broken dreams and silent screams
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Il était bien rare que je sois convoqué en pleine nuit. Pourtant, c'était le cas aujourd'hui. Quelque chose de plutôt inhabituel, donc quelque chose de probablement grave. Ma curiosité dévorante me poussa à me hâter. Ce n'était pas loin de mon domicile et l'animal nocturne en moi m'avait gardé éveillé, déjà prêt lorsque j'avais reçu l'ordre d'urgence. Je marchais vite à travers des ruelles que je connaissais par cœur. Je ne remarquais plus les détails, ne prêtais plus attention aux événements. Certaines voix parlaient plus bas à mon passage, alertées par mon uniforme ; d'autres arrêtaient leurs activités quelques secondes pour me laisser passer, toujours en me dévisageant de haut en bas et son inverse, m'accusant silencieusement d'être le vendu d'un Gouvernement abusif. Je n'en avais que faire. Les mains dans les poches, je suivais le chemin le plus court pour arriver au point de rendez-vous que l'on m'avait donné, ignorant tout ce que je pouvais voir sur ma route.

Lorsque j'arrivais, je saluais brièvement mes collègues, froid et réservé comme à mon habitude. Plus encore ce soir, parce que je voulais en arriver aux faits sans perdre de temps. Bien vite, ils me mirent au courant de la raison de ma présence ici. Une scène de crime dans le bâtiment face à moi. Je levais spontanément les yeux pour le détailler. C'était lugubre, le lieu idéal pour raconter de terribles histoires de fantômes. Finalement, je pris connaissance de davantage de détails. Et je n'aimais pas ce que j'apprenais. Mizrahi. J'avais prononcé de nombreuses fois ce nom et c'était la principale raison de ma présence ici. Quant aux deux autres Shadowhunters, je n'avais jamais eu l'occasion de travailler avec eux.

Analyser une scène de crime. Je l'avais déjà fait, une fois. Peut-être avais-je été efficace et c'était pourquoi l'on m'avait fait appeler une deuxième fois. Une autre partie de moi était consciente que c'était parce que j'avais été un partenaire récurrent de Mizrahi et que je pourrais peut-être comprendre ce qui avait pu se passer ; ou plutôt pourquoi elle avait échoué. Ridicule. Je n'étais ni Profiler, ni Médium. Je ne pourrais pas deviner les terribles événements qui avaient pu se dérouler dans ce bâtiment froid et humide. Néanmoins, je préférais être informé des dangers qui nous visaient, nous la milice, plutôt que d'être laissé de côté dans l'ignorance. C'était une chance pour moi. Etre préparé et comprendre. Surtout comprendre.

Que Mizrahi se soit fait descendre me surprenait, je devais l'avouer. Elle avait toujours été brillante. Un talent de famille, pour avoir déjà croisé et travaillé avec sa sœur, médecin légiste. J'eus envie d'insulter mes collègues lorsque j'appris que c'était elle, d'ailleurs, que nous attendions pour analyser les corps et la scène de crime. Bon Dieu, et elle ne savait même pas que sa sœur était concernée par l'attaque. Quelle superbe façon de lui annoncer la nouvelle. Un Gouvernement toujours aussi empathique envers son propre personnel. Il ne cesserait jamais de me surprendre. Je me contentais de rester silencieux, gardant mes pensées pour moi. Je voulus contourner les deux soldats à la porte, mais rapidement l'un d'entre eux avança sa main dans le but de la poser sur mon torse pour m'arrêter. J'observais son mouvement avec un regard fort aimable alors qu'il ne terminait pas son geste. Il venait de sauver ses doigts et en avait bien conscience visiblement car il se justifia immédiatement. La légiste souhaitait être la première à fouler la scène de crime ? Quelle bonne idée ! Comme ça elle pourrait s'effondrer et nous n'aurions plus qu'à l'évacuer en urgence. Parfait. Néanmoins, je devais obéir aux ordres. Impassible, sans même un soupir, je rebroussais chemin et m'éloignais pour m'adosser contre le mur froid du bâtiment, un peu plus loin. Masqué par l'ombre, j'attendis patiemment, croisant les bras, observant mes collègues et les alentours, trouvant à m'occuper dans l'attente de l'arrivée de la légiste, maîtrisant ma curiosité dévorante dans le processus.

Lorsque finalement Mizrahi arriva, quelques minutes plus tard, je décollais mon dos du mur et la laissais dealer avec les deux soldats à l'entrée du bâtiment. Toujours aussi autoritaire et hautaine, comme à notre dernière rencontre. Quelque chose me disait qu'elle allait bientôt déchanter et une partie de moi pensait vouloir voir ça. Mon côté malsain et sadique, sans aucun doute. Je pense que la mince autre partie de moi souhaitait être présent au cas où si elle s'écroulait. A la remarque de mes collègues, comme quoi elle devait envoyer du lourd au lit, je lâchais un fermez donc vos grandes gueules, franchissant à mon tour l'entrée du bâtiment sans me retourner et sans leur accorder davantage d'attention.

J'observais l'intérieur du bâtiment dès mes premiers pas tout en tentant de ne pas rester trop loin ni trop près de la légiste dans le processus. Sans grande surprise, l'espace était sombre, humide, parfaitement abandonné, tombant en ruine petit à petit avec le temps qui passait. Personne ne s'engagerait ici, pour une visite ou pour y trouver refuge ; ce n'était ni sain, si sécurisant. Ceux qui oseraient fouler ce sol seraient probablement, peut-être, quelques drogués, ou bien encore des dévergondés se promettant une partie de jambes en l'air rapide mais mémorable. Les cris se perdraient à travers les couloirs et seraient rapidement étouffés malgré le vide qui régnait ici, lieu probablement pillé lors des débuts de la folie ambiante post-apocalyptique. Un lieu parfait pour torturer et tuer sans être interrompus. Une barbarie ou une vengeance, ou simplement de quoi prévenir mes collègues et moi qu'il y avait des lieux qui échappaient à notre juridiction. Mes sens sur-développés me permettaient de sentir le sang et la mort au bout du couloir, mais j'apercevais également une silhouette sans vie suspendue. J'observais brièvement l'uniforme. Un uniforme féminin de Shadowhunter. J'approchais mon visage et inspirais l'odeur des tissus. Mizrahi... Sans aucun doute. Bon Dieu, que s'était-il passé là-dedans ? Sans réfléchir, mes pas se hâtèrent davantage, cherchant à rattraper la légiste par la même occasion.

Mes yeux détaillèrent la mise en scène face à moi. Un cercle de cadavres, installés sur des chaises, laissés là pour morts dans l'attente d'être découverts. L'odeur du sang et de la chair en décomposition envahirent mes narines. Entêtant, désagréable, j'en grimaçais brièvement. En une fraction de seconde, je repérais Mizrahi en robe blanche, sa sœur près d'elle. Je me figeais alors que je voyais la légiste s'effondrer. Son visage se déforma face au choc et seul l'écho de sa voix se fit entendre dans la vieille bâtisse sombre et délabrée. Sans surprise, je pouvais entendre ses larmes silencieuses, je remarquais sa respiration haletante, je l'observais ruiner la scène de crime par son propre comportement. Mes sourcils s'abaissèrent, suivi de mes yeux, vaguement. Je pouvais palper sa peine et elle laissa un goût amer dans ma bouche. Sa tristesse avait envahi l'air, relayant les odeurs de mort au second plan. Je relevais finalement la tête. Je ne remarquais que maintenant que mes mains avaient naturellement quitté mes poches et je les réinstallais dans ces dernières, récupérant ma contenance. Je n'étais pas indifférent face à cette scène de crime. Un avertissement. Et bien sûr, je ne pouvais que le prendre personnellement. Mes confrères se trouvaient sur ces chaises, sans vie. Et je ne préférais même pas savoir ce que Mizrahi avait subi en particulier. Une vengeance silencieuse grandissait en moi, demandant son dû. Ce n'était pas mon problème, néanmoins j'aurais aimé faire payer ceux qui avaient osé torturer de cette façon leurs propres congénères, des êtres humains, jusqu'à preuve du contraire. Si j'étais bien contre quelque chose, c'était la torture. J'avais gardé cette part d'humanité ; ou alors était-ce mon côté animal justement ? Un renard ne torturait jamais sa proie. Il la tuait, tout simplement, pour survivre ou pour manger. Jamais pour jouer. Comme moi. Finalement, être un animal était peut-être plus sain qu'être un humain.

La légiste ne m'avait pas remarqué, figée dans sa terreur. A cet instant précis, je ne sus pas comment me comporter. Je savais que je devais faire quelque chose, l'interrompre, mais surtout sans la toucher. Sans l'effrayer. Je me contentais alors de contourner le cercle morbide, arrivant près des Mizrahi dans le processus. Je restais debout, silencieux. Pas de pitié. Elle m'aurait frappé en plein dans les bijoux de famille si je laissais un tel sentiment dicter mes faits et gestes ; et lorsque je disais Elle, je parlais aussi bien de ma collègue que de la légiste.

« Le premier guignol qui compromet cette scène de crime, je le massacre... », répétais-je les exacts propos de la jeune femme.

Indélicat, comme à mon habitude. Je n'avais rien trouvé d'autre pour signaler ma présence, bien qu'elle avait dû la repérer sans être capable de réagir. Je m'accroupissais près d'elle, observant la triste vue face à moi. Bon Dieu de merde. Je hochais négativement la tête avant de me relever et de laisser mon instinct prendre le contrôle de mon corps. Je passais derrière la légiste et l'attrapais sous les bras. Je l'obligeais alors à se relever tout en se retournant pour me faire face, lui permettant ainsi d'échapper à cette vision d'horreur. Je connaissais ce sentiment. Elle ne pourrait pas détourner les yeux à moins d'y être forcé. J'avais vu ma sœur mourir à travers un écran sans jamais pouvoir le traverser, sans jamais pouvoir agir. J'avais tout vu, impuissant, et je n'avais jamais pu détourner le regard un seul instant alors que ce que je voyais me brisait, me dévorait, me tuait... J'aurais aimé que quelqu'un me sorte de ma torpeur, me facilite la tâche, me gifle peut-être. J'avais été seul face à ma détresse et je m'étais noyé dedans, entièrement, jusqu'à devoir nourrir une vengeance insatiable pour retrouver un semblant de vie, pâle illusion qui m'avait permis de bouger à nouveau. Peut-être avais-je eu besoin d'aide à l'époque. Peut-être aurait-elle besoin d'aide aujourd'hui.

Je l'avais spontanément tirée avec moi à distance de la scène de crime, bien que ses capacités sur-développées devaient l'obliger à sentir le sang de sa propre sœur sans être capable d'en faire abstraction. Je l'obligeais à rejoindre le couloir sombre, qu'elle se débatte ou non, qu'elle soit d'accord ou non. Et lorsqu'elle fut suffisamment à distance, je la relâchais en espérant qu'elle ne court pas aux pieds de sa sœur. Il fallait qu'elle respire, qu'elle se reprenne, et je savais qu'elle ne pourrait le faire qu'en dehors de la scène de crime.

Prenons le temps qu'il faut et faisons notre travail correctement, me contentais-je de murmurer, la recentrant sur la raison de notre présence ici.

Aborder des raisons sentimentales était inutile. Aucun mot ne serait assez pertinent pour illustrer ce qu'elle ressentait actuellement. Nous étions ici en tant que professionnels, et c'était exactement ça qui lui permettrait de tenir le coup. De prendre du recul, même un peu, et même si cela semblait extrêmement compliqué.

Connaissant ta sœur, c'est ce qu'elle aurait voulu. Que l'on travaille proprement et que l'on coince ces détraqués.

Aucune raison, aucune soif de liberté ne pouvait justifier tant de barbarie, Résistance ou non. Certes, le Gouvernement était aussi sadique que ceux qui avaient orchestré ces meurtres ; néanmoins, la milice n'y était pour rien, obéissant aux ordres. Rien ne pouvait excuser tant de cruauté. La violence n'appelait que la violence. Un cercle vicieux sans fin qui continuerait à faire couler du sang, encore et encore. Résistance ou Gouvernement, qui avait raison ? Voilà pourquoi je n'avais pas de conviction.

Je laissais Aloy récupérer son souffle quelques secondes, observant les traits de son visage que je distinguais sans difficulté même dans l'obscurité, avant d'ajouter :

Nous avons besoin de ton expertise et je sais que tu vas faire ton travail avec brio, comme tu l'as toujours fait auparavant.

J'avais une certaine confiance en elle car elle était une femme de talent, travailleuse et efficace. En vérité, je cherchais à l'encourager, à lui rappeler qui elle était et pourquoi elle était ici. Gérer le décès de sa sœur et une scène de crime à la fois serait peut-être le pire événement qui lui arriverait dans sa carrière, et dans sa vie personnelle bien évidemment. Je n'avais plus qu'à compter sur sa force psychologique et sur sa détermination pour se dépasser cette fois-ci, et tout ce que je pouvais faire, c'était la soutenir et l'aider dans le processus. Découvrir la vérité et ce qui s'était réellement passé me tenait désormais particulièrement à cœur. Au delà de la simple curiosité maladive qui m'animait au quotidien, cette fois-ci j'étais plus déterminé encore. J'étais prêt à entrer de nouveau sur la scène de crime et à travailler. J'attendais simplement le feu vert de la légiste, peu importe le temps que cela prendrait.

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MessageSujet: Re: Broken dreams and silent screams [PV Kenneth]   Dim 17 Sep - 17:49

La langueur ressemble à une vieille amie, venue saluer la mort. Dans cet espace dégradé par le temps et l’humidité, elle ne rassure pas le cœur meurtri, n’alimente que les ombres pesant sur la carcasse de l’éplorée. Étreinte par le silence, l’israélienne tente péniblement de s’ôter de la tête le lien qui l’unit au corps maltraité. La première à clamer que le sang ne fait pas la relation, ce qui est d’autant plus vrai dans leur cas. Les deux sœurs ne se sont jamais appréciées, jamais comprises. Les disputes entre elles ont éclot dès l’enfance. La métamorphe a tout fait pour se détacher de son aînée étroite d’esprit, stricte et critique. Tout fait pour ne pas lui ressembler. Dans la réalité, l’une et l’autre partagent plus d’une caractéristique mais ça, Aloy ne voudra jamais l’admettre. La seule chose qu’elle ne peut nier alors qu'elle a les yeux fixés sur le regard éteint, c’est son besoin de représailles. Ironie quand on connait le crime qu’elle a commis, le fratricide pour le bien de tous, son bien à elle. Elazar occupe ses pensées brièvement, juste assez pour qu’elle se sente affreusement coupable et terriblement démunie face à la destinée tragique des Mizrahi. Oiseau de mauvais augure, il va lui falloir délivrer la nouvelle à Uriel. Messagère des enfers, elle ajoutera le nom d’un autre membre de la famille sur cette horrible liste. Elle écoutera son frère camoufler son chagrin derrière quelques tonalités étudiées. Cette fois-ci, au moins, elle ne devra pas mentir sur toute la ligne. Les sourcils s’arquent. Cette comédie n’a aucun sens. Son égarement mental, pas plus. Alors que la pragmatique cherche à se relever, voulant se forcer à s’aérer avant de reprendre son masque de professionnalisme, une autre silhouette s’invite dans sa déroute. Les intonations la font sursauter. Coupée de la réalité, la changeuse a tu jusqu’à ses sens pour encaisser la nouvelle.

Les prunelles se font assassines dès qu’elles se portent sur le visage adverse. L’orgueilleuse ne peut supporter de devoir endurer une telle humiliation, d'être piégée dans une telle situation bien trop intime pour se permettre le moindre intrus. Des fourmillements la parcourent, réaction instinctive de l’animal acculé. Quasi viscérale l’envie de l’attraper à la gorge, de le réduire à néant, le témoin involontaire de son moment de faiblesse. Inutile de se voiler la face concernant les intentions de Kenneth Zaran. Il ne fait que ressortir constamment les pires côtés de sa personnalité, de son attitude. Il piétine, d'ailleurs, sa scène de crime en conquérant, du moins, s’en convainc-elle. Bien trop occupée à gérer son envie de meurtre, elle ne réagit pas quand il se permet de la saisir pour la sortir de là. Ballottée comme un vulgaire pantin, la brune n’émet, au début, aucune objection, se contentant de retrouver un semblant d’humanité avant d'avoir un geste malheureux mais dès que le couloir est atteint, elle reprend le contrôle du poignet qu’il lui a subtilisé, brutalement. Son poing se serre par simple réflexe, la mâchoire craque. L’iris se pare d’une lueur vengeresse un bref instant. Les bras, eux, finissent par se replier contre la poitrine. Protection sommaire pour une conversation qui ne pourra être que mouvementée. La sollicitude de son opposant la désarme quelque peu mais elle n’en montre rien. Depuis quand fait-il dans le sentimentalisme ? Il est vrai qu’Hila l’appréciait. Raison de plus pour le détester, bien entendu. Tout ce que sa frangine adorait, il faut absolument le haïr. La contradiction rythme ainsi la suite de l’échange. Face à cette bienveillance mal venue, la douleur ne peut que s’amplifier.

A quel point s’est-elle montrée pathétique pour que même cet homme se permette de la traiter de cette façon ? Rendue malade, bafouée par cette honte d’avoir failli, la fière décide de reprendre ses droits sur la discussion. « Qui t’a autorisé à me toucher, Zaran ? » sont les premiers mots qui franchissent ses lippes crispées. Le ton ne suggère rien d’autre que la violence qu’elle contient si difficilement dans son enveloppe massacrée par le trouble. Frapper un milicien ne ramènerait personne à la vie, lui nuire physiquement n’attirerait que quelques soucis de plus. Son esprit pratique l’aide, une fois de plus, à ne pas s’embarrasser de mauvais choix. « Si j’avais eu besoin de tes conseils, je t’aurais sonné. D’où tu te crois en position de pouvoir juger des intentions de ma sœur ? Elle s’est réincarnée dans ton corps peut-être ? Je ne crois pas, non. Elle n’aurait pas fait un si mauvais choix, y a rien d’intéressant à hanter la carcasse d'un petit soldat écervelé. » Ne pas hurler devient fastidieux pour la trentenaire. Elle doit littéralement se mordre la langue pour ne pas outrepasser de nouveaux seuils, dévoiler l’entièreté de sa peine sous cette forme d’hystérie gratuite.

Garder le contrôle. Son seul objectif. Elle commence par réapprendre à aspirer l’air correctement entre quelques salves de paroles agressives. « Et qu’est-ce que tu viens piétiner mon boulot d’ailleurs ? J’avais spécifiquement ordonné que personne ne vienne foutre le nez sur mon terrain. C'était la condition à ma présence ici. T’es venu pour pointer du doigt le malheur ? Tu n’as toujours été qu’un sale vicieux. » Les paupières se plissent. Le nez se relève, elle le toise, hautaine et méprisante. « T’as cru quoi, que t’étais mon père aussi ? Je n’ai pas besoin de tes paroles de nœud-nœud en puissance, pigé ? Tu peux te garder tes remarques pour toi à l’avenir, ça arrêtera de pomper l'oxygène pour que dalle. Je sais très bien ce que j’ai à faire. » Juste après la ponctuation, elle le plante sur place pour retourner directement sur le lieu du massacre, non sans frapper hargneusement la marionnette disposée par les meurtriers à l’entrée après que cette dernière ait accidentellement heurté son front. La légiste se penche sur son matériel et en sort une paire de gants. Le latex claque agréablement contre ses paumes. Sensation réconfortante de familiarité. Reprendre le masque, retrouver le rôle n’a jamais été plus rassurant. Chassée la cadette, délaissée l’endeuillée, l’insensibilité se prête aux actes suivants. Facile de le démontrer alors qu’elle s’arrête dans un premier temps sur l’un des hommes. L’anonymat de cette victime rendant sa tâche d’abstraction plus aisée. Concentrée, elle manipule avec précaution les membres du macchabée, il ne lui faut pas plus de quelques secondes pour réaliser qu’il tient un papier entre ses doigts. Vierge ou non, ça ne la regarde normalement pas. Elle ne traite qu’avec les indices que la chair peut lui révéler, ce n'est pas de son ressort, tout ce qui se déroule autour.

L’idée d’une vendetta personnelle lui parait alléchante cependant. Mais coopérer avec l’autorité serait bien plus intelligent pour diverses raisons. Laissant de côté ses différends comme elle peut, sa voix repart pour interpeller son acolyte d’infortune. Ça lui écorche les lèvres de demander son expertise alors elle se montre toujours aussi revêche et offensante qu’à son habitude. « Si t’as envie de servir à un truc utile … Oh pardon, j’ignore si ce terme t’est familier ou non. Etre utile, ça signifie faire preuve d’efficacité. Tu sais, l’inverse de ce que tu fais d’ordinaire. Comment t’expliquer ça avec des mots simples pour ta cervelle ramollie ? » Ses cils battent l’air avec insolence avant qu’elle ne tende le morceau de parchemin en direction du militaire. « J’espère que tu n’es pas illettré par-dessus le marché. » Un rictus sournois serait d’ordinaire venu appuyer cette réflexion mais même si elle semble maitresse de ses mouvements, il n’en est rien de son mental fragmenté. Le cœur bat toujours la mesure avec démence dans la poitrine, le sang s’achemine toujours aussi vivement dans les tempes. Cette scène prend des allures de cauchemar, de course sans fin. Seule son obstination la préserve d’une douce folie. Elle aura le temps de s’effondrer. Plus tard, à l’abri de tout regard. Quand elle n’aura plus à prétendre à son titre de médecin et qu’il n’y aura personne pour la juger. Quand elle pourra s'adonner à cet aspect de sa personnalité, qu’elle ne se plait pas à révéler.

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MessageSujet: Re: Broken dreams and silent screams [PV Kenneth]   Dim 24 Sep - 18:45

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J'aurais dû me douter qu'Aloy n'apprécierait pas mon geste. La sortir de force de cet espace de mort, puant l'humidité et la chair en décomposition, semblait avoir été une bonne idée sur le moment, et si j'avais pu le faire sans la toucher, je l'aurais fait. Hors, je n'avais pas eu le choix. L'air s'était chargé de haine et de condescendance, malgré mes vaines tentatives pour réduire cette animosité à néant et désamorcer la crise qui me pendait au nez. Et lorsque Mizrahi commença à ouvrir la bouche, je savais par avance que j'allais subir sa colère avant même que sa langue ne se mette à bouger, et qu'elle n'allait pas hésiter à me balancer mes quatre vérités en pleine face. Elle avait toujours été comme ça. Comme sa sœur d'ailleurs. Personne ne m'avait autorisé à la toucher, à part moi-même, et si à sa place j'aurais été bien plus violent qu'elle ne l'était actuellement, je savais que j'avais pris la bonne décision. Je restais silencieux. Son contrôle était assez admirable, dans l'ensemble. Tout en elle criait violence, pourtant son corps restait immobile. Au début, je pensais qu'elle allait simplement me crier de rester à distance. Ma sollicitude était de trop. Noyer son chagrin dans l'agressivité et la rancune, je connaissais. Par cœur. Néanmoins, je n'étais pas l'ennemi. Je pouvais comprendre le besoin de se venger verbalement sur moi. Et ce fut la tactique qu'elle adopta. J'en étais bien conscient, et si j'aurais dû rester impassible face à ses attaques verbales, je laissais ma tête pencher sur mon épaule, lentement. Il fallait qu'elle se méfie de la stratégie qu'elle adoptait avec moi, car la prochaine fois que je poserais mes mains sur elle, ce ne serait pas de manière aussi bienveillante. Mes mains se calèrent spontanément dans mes poches, évitant de se fracasser contre les joues de la belle brune dans le processus. Peut-être qu'une bonne gifle l'aurait remis à zéro et lui aurait permis de se reprendre. Je laissais pourtant passer, tel un chien trop compréhensif. Elle ne pouvait pas cacher la tristesse derrière la colère qu'elle me présentait avec véhémence, comme pour se protéger.

Je m’apprêtais à ouvrir la bouche pour lui demander de mesurer ses mots. Nous n'étions pas proches, nous ne l'avions jamais été. Je la laissais pourtant me faire taire en reprenant la parole immédiatement, pour davantage m'insulter. Nom de Dieu. Cela devenait désormais bien plus personnel. Ma tête eut un léger mouvement de recul, affichant ma surprise l'espace d'un très bref instant, avant de laisser l'impassibilité reprendre le dessus. Vicieux, quoi sérieusement ? Peut-être me connaissait-elle mieux que je ne le croyais finalement. Un sourire amusé se dessina sur mon visage, pour cette fois. Elle y mettait tout son cœur. Si je tentais de me raccrocher à l'amusement, je me connaissais et je savais que j'étais à deux doigts de laisser la colère me dicter de lui faire fermer sa grande gueule de petite salope hautaine et méprisante. Elle ne faisait qu'aboyer, comme le canidé qu'elle était.

Elle savait ce qu'elle avait à faire ? Parfait. Qu'elle y aille. Je fronçais à peine les sourcils alors qu'elle me plantait dans le couloir pour retourner sur la scène de crime. Elle laissait sa violence se décharger quelque peu sur le mannequin portant l'uniforme de sa sœur et je restais impassible, perdu dans mes pensées. La collaboration allait être compliquée. Elle me haïssait, pas que ce paramètre de notre relation me dérangeait en soi, mais tous mes mots avaient eu pour objectif de l'encourager et non pas de la mettre dans cette colère monstre. Décidément, j'étais extrêmement maladroit dans mes relations. J'étais peut-être plus doué pour mépriser ou me taire que pour soutenir une personne. J'avais essayé, et cela s'était transformé en échec. Cuisant, l'échec. Le plus grand de toute ma vie, en y pensant. Que cette Mizrahi était difficile à aborder.

Je l'avais rejoint quelques secondes après un long et silencieux soupir. Un lion dans une arène. Le gérer et rester calme, en toute circonstance. C'était la seule condition que je me demandais à moi-même pour pouvoir gérer la légiste hystérique avec laquelle je devais travailler, là maintenant. Diable qu'elle avait une circonstance atténuante pour son comportement, néanmoins, elle n'était pas tombé sur le soldat le plus patient de l'escadron du Gouvernement. Je me savais impulsif ; c'était contre un geste incontrôlé envers la brunette que j'allais lutter désormais. J'enfilais mes gants noirs de flic de la manière la plus concentrée possible et avec une lenteur excessive, essayant de relâcher la pression alors que la légiste commençait son travail de son côté. Je ne me débrouillais pas si mal, jusqu'à ce que la voix d'Aloy résonne à nouveau dans cet espace de mort. Je relevais les yeux sur elle. Je m'approchais, lentement dans un premier temps, assimilant ses mots dans le processus, et lorsque ses dernières insultes atteignirent mes oreilles, je bondis brusquement, brutalement, ignorant le bout de papier qu'elle me tendait. Ma main alla chercher directement la gorge de la brunette sans une once d'hésitation, et je la fis reculer violemment, piétinant ou pas la scène de crime dans le processus, peu importait. Je resserrais mes doigts autour de sa peau, mon gant me permettant même une prise plus efficace, rendant mon mouvement optimal. Je la baladais ainsi quelques brèves secondes, la faisant reculer à mon rythme, avant que son dos ne frappe brutalement le mur délabré de la bâtisse qui ne tenait debout que grâce à un miracle. Ce fut ce qui m'arrêta net dans mon élan, mais je ne relâchais pas ma prise pour autant.

Tu t'es prise pour quelqu'un qui peut se permettre de me parler ainsi ? Murmurais-je avant de serrer la mâchoire pour contrôler ma colère et ne pas me mettre à crier inutilement.

D'accord. Mon calme s'était volatilisé dans l'air pourri qui nous entourait pour rejoindre l'animosité ambiante. Et le contrôle avec lequel je m'étais évertué de réagir jusqu'à maintenant avait également foutu le camp. Repousser la colère en moi n'aura pas été efficace bien longtemps, mais il aurait fallu s'en douter. J'étais connu pour mes crises de colère brusques, sans préavis, violentes et destructrices. Néanmoins, elle l'avait cherché, volontairement ou non. Elle avait franchi une ligne que je ne laissais personne traverser en temps normal. Croire qu'elle pouvait m'insulter gratuitement de cette manière, à plusieurs reprises, avec une insistance et une véhémence exagérées, était bien crédule de sa part. Je n'étais ni un chien, ni un idiot. Et si je l'avais traitée avec respect jusqu'à maintenant, j'en attendais la même de sa part. J'aimais les relations symétriques, ou alors quand j'avais l'avantage ; et si elle souhaitait me retirer un certain contrôle, je le reprendrais, de force, même si je devais laisser le pire de moi-même agir pour ça. Mes yeux s'égarèrent sur sa poitrine. Je pouvais entendre le fracassement de son cœur contre sa cage thoracique. Etait-ce la colère, la tristesse ou une vaine tentative de contrôle ? Peut-être un tout à la fois. Mes yeux se verrouillèrent aux siens une nouvelle fois.

Seuls certains élus peuvent me parler ainsi, et laisse-moi te rappeler que tu n'en fais pas partie. Insulte-moi encore une fois et il y aura des conséquences, médecin légiste membre du Gouvernement ou pas. Tu me comprends ?

Je relâchais ma prise autour de sa gorge pour lui permettre de respirer normalement à nouveau, avant de saisir sa mâchoire à la place. Mieux valait que ma main reste occupée de cette manière.

Je suis venu pour travailler, pas pour me battre. Et la perte de ta sœur n'est en rien ma faute alors tu serais priée d'utiliser cette énergie autrement. Peut-être que tu es pressée de la rejoindre, mais je te demande de réfléchir à ton comportement une dernière fois. On m'a assigné à une mission, je compte la mener à bien, que tu le veuilles ou non. Il est inutile de sortir tes crocs et tes griffes avec moi, car méfie-toi, j'en ai aussi.

Nous étions semblables, je ne l'oubliais pas, mais qu'elle ne l'oublie pas non plus. Je la relâchais entièrement et, immédiatement, la laissais récupérer contenance et contrôle d'elle-même et de son corps dans le processus. Ma main rejoignit la sienne et je lui pris le bout de papier des doigts avant de reculer calmement et de le déplier sans réfléchir. J'espérais que cette mise au point serait efficace, même si j'avais osé croire qu'elle ne serait pas utile. J'avais été naïf. Où en étais-je déjà ? Je me concentrais sur ma tâche et la raison de ma présence ici : l'investigation. Mes pas me guidèrent à distance alors que je lisais le court mot écrit sur le bout de papier froissé.
"Ce n'est que le commencement."

Mes yeux se relevèrent spontanément sur la scène de crime alors que je fronçais à peine les sourcils. Ca n'avait du sens que si nous considérions que ce groupe de rebelles était indépendant. Ce n'était pas la façon de procéder des Résistants. Pas jusqu'à maintenant en tout cas. Ils étaient peut-être violents, déterminés, peut-être n'hésitaient-ils pas à tuer, mais une mise en scène, vraiment ? Cela ne leur ressemblait pas. La Résistance était connue pour sa prudence, sa discrétion, son travail en profondeur de manière furtive, ses multiples branches insaisissables qui les rendaient réellement dangereuses. Pas pour exposer des cadavres et lancer des mots d'avertissement aux petits bras qui plancheraient sur le problème. Et pour quoi faire ? Faire trembler les vendus du Gouvernement ? Faire trembler le Gouvernement lui-même ? Je doutais que cela l'inquiète réellement, bien que, si leurs soldats se faisaient tuer un par un, peut-être finirait-il par prendre le problème bien plus au sérieux. Je n'étais pas crédule. J'avais été appelé car cela ne ressemblait à rien, ou pas grand chose, par rapport à ce que nous avions connu et vu auparavant.

J'espérais en apprendre plus sur la façon dont mes collègues s'étaient retrouvés dans cette situation et j'espérais qu'Aloy pourrait déterminer les circonstances de leur présence ici. Comment s'étaient-ils fait piéger de cette façon ? Tous les trois. Peut-être pas en même temps ? C'était macabre. Dans ma réflexion, mes yeux se posèrent sur le plafond délabré qui laissait apparaître le semblant d'un étage en ruine à mes pupilles. Je pouvais même distinguer le ciel entre les constructions détruites par le temps. L'impulsion d'une idée germa dans mon esprit. Je me demandais à quoi ressemblait la scène de crime vue de plus haut. Inutile en soi, jusqu'à ce que je laisse pencher ma tête sur mon épaule, mes sens captant quelque chose d'intriguant. Etait-ce les battements du cœur d'Aloy que je détectais ou ceux de quelqu'un d'autre ? Je me tournais vaguement vers la médecin légiste, distinguant les siens plus clairement, plus précisément. Différents, dans la mêlée. Non. Il y avait quelqu'un d'autre de vivant ici.

Je vais rapporter cette première pièce à conviction à mes collègues à l'extérieur. Je te laisse un peu de tranquillité.

Je mentais. Pas pour Aloy, mais pour la paire de yeux qui s'était cachée à l'étage et qui espérait jouir de toute la première partie de l'enquête aux premières loges. Je ne pouvais pas croire que je n'avais pas senti sa présence avant, moi dont les capacités s'étaient intensifiées dernièrement. Je n'étais même pas encore capable de les utiliser correctement et j'espérais être plus attentif à mes instincts. J'avais été perturbé par les événements et les émotions d'Aloy, par les odeurs également, et cela avait permis à l’intrus de rester caché jusqu'à maintenant, dans l'obscurité. Dans tous les cas, je ne comptais pas quitter ce bâtiment avant d'avoir mis mes pattes noires sur ce petit rat, et cela serait aisé pour le malin chasseur roux que j'étais.

Mes pas me guidèrent vers la sortie de la scène de crime et à la place de me rendre à l'extérieur de la vieille bâtisse comme je l'avais signifié, je cherchais les escaliers qui me permettraient d'accéder à l'étage. Quelque chose me disait que cette nouvelle proie, enfermée avec deux prédateurs sans même en avoir conscience, allait regretter sa présence ici. Je restais néanmoins prudent. Peut-être était-ce un piège ? Ou alors peut-être était-ce un témoin ou un coupable ? Qui pouvait vraiment savoir ? Moi. Bientôt.

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MessageSujet: Re: Broken dreams and silent screams [PV Kenneth]   Mer 4 Oct - 1:28

Quand les hommes renoncent aux mots pour acter leur violence, c’est que leur orgueil a été salement entaché et qu'ils n'ont pas les armes nécessaires pour affronter ce fait. Une vérité qui se déploie alors qu’il approche et bondit. La peur n’intervient pas immédiatement et n'intervient que pour une poignée de secondes. La prise sur sa gorge ne l’effraie rapidement plus. Comme tous les autres mâles avant lui, il croit pouvoir l’obliger à la boucler, il la pense inoffensive, pauvre petit animal blessé, acculé. La haine grignote la pupille cependant, bien loin de la terreur qu’il cherche sans doute à lui insuffler. Si la brune ne réagit pas, c’est qu’elle comprend d’instinct que l’heure n’est pas à l’action. Ils pourraient s’entretuer ici même. Il en est capable et elle, elle se ferait une joie de le mettre en pièces. Tout en elle crie à la vengeance, chaque élément du décor s’apparente à un ennemi. Si Kenneth la sous-estime, elle sait, elle, de quoi elle est capable. Entrainée au combat et plus particulièrement, à ces situations d’agression, l’israélienne sait pertinemment ce qu’il lui faudrait faire pour se dégager et l’immobiliser. Il croit à sa suprématie et elle trouve ça risible. Un sourire pourrait presque poindre sur ses lèvres sèches alors que l’air lui échappe. L’envie de lui cracher au visage la saisit si viscéralement qu’elle doit se forcer à ravaler sa salive. Sa part animale ne demande qu’à s’extirper des tréfonds de sa carcasse. Seul un pan de sa lucidité, de plus en plus souillée par l’absence d’oxygène, la préserve d’un mouvement regrettable. Il doit la relâcher, il n’a pas le choix de toute manière. Elle s’en convainc pour empêcher la panique de s’emparer ultimement de son être tout entier. Sans sourciller, elle le fixe avec toujours plus de mépris, l’affronte sans jamais le craindre. Il y a longtemps qu’elle s’est jurée de ne plus redouter ses opposants.

Quand finalement, le milicien la relâche, elle accuse le coup en faisant coulisser ses paumes contre son épiderme. Si hématomes il y a, ils s’effaceront rapidement de toute manière - cette nature lui conférant quelques avantages non-négligeables. Bien que l’idée d'être marquée de la sorte par cet énergumène lui déplaise fortement. La trentenaire gonfle ses poumons du mieux qu’elle peut. Riposter parait bien tentant mais la sournoise se décide à attendre le moment opportun pour opérer dans ce sens. Et malgré cette intention de ne pas rebondir à la démonstration puérile de force, la métamorphe ne peut retenir quelques mots. Et ça, dès que ses cordes vocales lui permettent d’émettre quelques tonalités sèches. « Des élus ? Tu te prends pour le messie aussi ? » Les yeux roulent dans leurs orbites tandis qu’elle continue à se masser inutilement la gorge. « L’éloquence de la violence physique, j’admire ton sens de la répartie. » ironise-t-elle. « Tu confirmes bien des choses. » L’insoumise doit se faire violence pour reprendre son activité comme si rien ne s’était passé. Elle retourne vivement à l’examen des corps inertes, non sans posséder l’envie extrêmement saisissante de lui sauter au visage à son tour. La mâchoire serrée et l’attention relativement déviante, elle ne réagit que d’un « C’est ça, ouais. » à l'annonce du français. Barre-toi, pauvre débile se retient-elle d’ajouter. Inutile d’alimenter le brasier, la vengeance viendrait. Éventuellement.

L’ouïe extrêmement fine de la changeuse suit machinalement les pas de son acolyte. Elle note le changement de direction, s’arrête de ce fait, d’elle-même, dans son geste. Qu’est-ce qu’il fiche ? Bien trop occupée jusqu'à lors, à focaliser son attention sur la scène du crime et sur les détails scientifiques des homicides, la légiste n’a pas été jusqu’à écouter le moindre de ses sens aiguisés. L’oreille capte les sons qui ont interpellé le soldat dès qu'elle s'autorise à échapper à la bulle dans laquelle elle s'est enfermée. Sur la brèche depuis de longues minutes déjà, la toubib ne parvient pas à réfréner la nouvelle vague de fureur qui l’assaille. Une part d’elle la somme de réfléchir avant d'agir. Après tout, c’est à l’homme de loi qu’il revient la tâche d’appréhender la menace. Un seul coup d’œil en direction d’Hila suffit à réveiller la bête. C’est elle qui prend le contrôle, qui décide de se mettre en chasse. Ainsi, elle se voit avec rage se déshabiller sans la moindre pudeur au milieu de cet endroit délabré. L’humidité lèche sa peau nue, la râpe. De longs frissons brisent son échine alors qu’elle dépose presque religieusement ses habits sur la valisette renfermant son matériel.

Sans plus attendre, la brune entame ainsi sa transformation. Les os se brisent les uns à la suite des autres, phénomène qui ne tarde pas à la rendre encore plus revêche. Elle souffre en silence autant que possible, se refusant à alerter son condisciple de son action. Dans ces moments de douleurs intenses, elle parvient tout juste à se remémorer la voix de son sorcier lui murmurant tu t’habitueras avec le temps. Pauvre connard s’entend-elle penser pour la millième fois. Elle doute pouvoir un jour, se familiariser avec cette souffrance et ne le désire pas de toute façon. L'humaine cède la place au coywolf. Elle fonce immédiatement. L’odorat s’affine sous cette forme et lui concède un avantage olfactif considérable. De nouvelles fragrances la détournent rapidement de sa cible initiale. Plus facile encore de scinder les différentes sensations désormais, les parfums nauséabonds de leurs origines. Dans le couloir, elle se faufile sur la droite, un passage étroit et relativement bien planqué. La farouche remonte la piste d’une odeur distinctive, celle qui encrasse les vêtements de sa sœur. Les pattes grattent une trappe mal dissimulée sous une couverture repliée, tout juste voilée par un pan d’ombre qui n'affecte en rien sa vision nocturne. Les babines relevées et la truffe collée à l’interstice, la créature renifle avidement l’arôme et gagne en certitude. Une cave ? Un passage souterrain ? Une planque ? La colère gronde plus ardemment, chaque fibre de son être réclame justice. Déterminée, la bête fait demi-tour et va jusqu’aux pieds de l’inquisiteur. Aveuglée par sa rage, Aloy se moque bien de révéler d’une façon aussi peu calculée, sa nature à son comparse. Qu’il en fasse ce qu’il veut de cette info, elle n’en a cure.

Les crocs s’enfoncent dans le mollet de son interlocuteur, ne font que le pincer pour attirer son attention sans que le moindre bruit ne soit émis. Elle a veillé à avancer d'une manière calme et mesurée pour se faire mais le tire, actuellement, avec insistance en direction de sa trouvaille. Le témoin ou le coupable peut bien attendre. Il ne peut pas décemment sortir alors que l’endroit est encerclé. A moins d'être fou ou désespéré. Et dans ce cas, il serait être cueilli par la milice qui attend à l'extérieur. Se suicider peut-être ? Il l’aurait déjà fait bien plus tôt. Les dents s'enfoncent un peu plus dans la chair avant de délaisser la proie pour mieux chercher son regard ensuite, s’y fixer et attendre sa réaction. Difficile pour la boule de poils de réussir à tenir en place, de ne pas agir, démolir chaque rempart pour soulever un nouveau pan de vérité. L’idée de revenir à son enveloppe humaine la titille quelque peu. Elle pourrait soulever seule cette maudite paroi mais elle n’en fait rien cependant. Après avoir subi aussi férocement cette métamorphose, ce serait du gâchis de déjà réemprunter ces allées sous forme humaine. D’autant plus, qu’elle constate avec délice que sa clairvoyance sensorielle ne pourrait être plus au point que sous cet aspect. Inspecter les cadavres avec cette apparence pourrait même se révéler intéressant. Qui sait quel infime détail a pu lui échapper ?

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MessageSujet: Re: Broken dreams and silent screams [PV Kenneth]   Ven 3 Nov - 23:26

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Aloy n'avait jamais bronché. Je pouvais lire un panel entier d'émotions dans ses yeux, mais y était exclue la peur. Nous n'étions pas ennemis. Peut-être aurions-nous dû l'être ; je ne savais pas. Mais me battre avec elle, ici, sur la scène de crime qui incluait sa sœur, me paraissait parfaitement déraisonnable. J'avais retrouvé doucement mon calme à mesure que j'avais resserré mes doigts autour de sa gorge, et lorsque j'avais jugé que c'était suffisant, je l'avais relâchée pour me concentrer sur ma présence ici.

Mes yeux avaient déjà vaqués à repérer l'intrus dans la vieille bâtisse délabrée mais l'une de mes oreilles écoutait encore ce que la légiste avait à me dire. Un messie ? Aussi bien que j'aurais sans aucun doute aimé voir cette femme à genoux devant moi... Naaah. J'avais toujours perçu mes amis comme des élus ; la preuve était que j'en avais peu. OK, très peu. Peut-être avais-je un problème finalement... Mais j'obtenais toujours ce que je voulais de mon entourage, et ceci était bien mieux que d'avoir des amis ; pouvait-on considérer ceux que je menaçais comme des amis ? D'accord, nous entrions dans un débat sensible. Et Timmy me casserait le nez pour l'aborder encore une fois de cette manière. Je laissais passer la remarque d'Aloy, en silence. Mais ses derniers mots m'amusèrent quelque peu. Je savais qu'elle avait parfaitement raison, c'était pourquoi je réagissais avec moins de véhémence. Si je n'aimais pas que l'on m'insulte, surtout inutilement et gratuitement, je savais néanmoins quel être abjecte j'étais. Je savais que je pouvais être détestable et que je méritais parfois mon sort. Et quant à la violence physique, je savais que je pouvais me montrer parfois trop impulsif et passionné ; parfois elle était mon unique réponse ; parfois je la gérais mieux. J'apprenais, petit à petit.

Tu n'as pas idée, murmurais-je plus à moi-même qu'à la légiste.

Allons bon, si je pouvais céder à la violence de temps à autre, quand cela concernait les femmes, je préférais céder à d'autres impulsions. D'autres impulsions qu'elle ne connaîtrait jamais, aussi belle et charmante et hargneuse était-elle.

J'étais parti en quête de cet intrus. Un peu de distance nous ferait le plus grand bien. J'étais déjà dans les escaliers quand je crus entendre un bruit au rez-de-chaussée, là d'où je venais. Je ne cherchais pas plus à savoir ce qui s'y passait. Peut-être qu'Aloy était en train de pleurer ? Je m'éloignais des sons, volontairement, me coupant de ce contact audio. Peu importait, je n'y retournerais pas ; pas tout de suite, pas tant que je ne tiendrais pas ma proie entre mes crocs. Qui sait, peut-être qu'entre Skinchangers nous pouvions nous faire ce genre de cadeaux, comme les chats à leurs maîtres. « Hey regarde, je t'ai rapporté une proie. » « Oh non, tu n'aurais pas dû, tu es le meilleur. » Et ensuite, nous nous rabibocherions, et tous les mots et/ou les gestes seraient oubliés ? Je m'égarais.

Au premier étage de la vieille bâtisse, ou du moins ce qu'il en restait, je laissais mes yeux et mes sens vagabonder. J'avais dégainé mon arme de service, au cas où si ma cible se montrait plus résistante que prévu, sans jeu de mot. Ce fut sans compter sur un autre élément pour perturber ma chasse. Je me retournais brusquement pour apercevoir le coywolf bientôt à mes pieds. Spontanément, je le pris en joue, avant de détourner mon arme de son museau.

Nom de Dieu... dis-je dans un léger sursaut.

Aloy. Je pouvais reconnaître son odeur. Et parce que je savais qu'elle était également un canidé, la coïncidence était trop précise pour que je doute de l'identité de cette bête. Etait-elle inconsciente pour se présenter comme ça devant moi alors que j'étais armé ? Et pourquoi s'était-elle transformée ? Parce qu'elle avait cédé à des émotions trop fortes ou était-ce autre chose ? Bientôt, ses crocs se logèrent dans mon mollet, sans aucune douleur. Suffisamment pour attirer mon attention. OK, je parlais le langage canidé et je pouvais deviner qu'elle avait soit quelque chose à me montrer, soit un lieu très précis où elle souhaitait que j'aille.

Aloy, non ! M'écriais-je dans un murmure alors que j'essayais de me détourner de la prise de ses crocs dans de légers mouvements de jambe.

En vain. Elle ne me laisserait pas attraper ma proie ; pas tout de suite en tout cas. Ce qu'elle voulait me montrer semblait très important. Je soupirais alors qu'elle continuait de me tirer dans une direction bien précise. Elle était presque mignonne. Presque. Maintenant je savais ce que cela faisait : d'avoir un métamorphe dans les pattes sous sa forme animale. C'était perturbant, tout en étant parfaitement naturel. Je la reconnaissais, là était mon don, mais elle était presque un peu plus appréciable sous sa forme animale. Pas que je la percevais comme une peluche, non. Mais comme quelqu'un dont je pouvais être proche. Je me sentais plus en accord avec elle, avec tout ce qu'elle était vraiment, parce qu'elle n'était qu'un écho de ce que j'étais moi-même. Je cédais alors. Ma proie attendrait. J'étais bien conscient qu'elle ne pourrait pas s'enfuir, à moins qu'elle ait un passage secret dont nous n'avions pas connaissance ; ce dont je doutais. Je décidais alors de me laisser guider par le coywolf.

Prudent à chacun de mes pas, je n'avais pas rangé mon arme. Même si mon instinct me criait que personne n'irait nous affronter de face, ou en tout cas pas volontairement, nous n'étions jamais trop prudents. La scène de crime sur laquelle nous travaillions actuellement était assez délirante et perturbante pour que cela m'encourage à ne pas relâcher ma garde. Nous avions affaire à des tarés ; ou possiblement une seule personne peut-être, et je ne savais pas ce que je craignais le plus : un gang ou une personne qui avait réussi à accomplir tout ça toute seule.

Finalement, nous nous arrêtions. Aloy relâcha sa prise sur mon mollet et me fixa patiemment. Diable, comme je la préférais sous cette forme là. J'aurais presque voulu l'adopter. L'instinct animal protecteur peut-être. Le coywolf et le renard n'étaient pas fait pour être amis ; néanmoins, cela aurait été réducteur de dire que nous n'étions que ça. C'était peut-être pourquoi je sentais cette connexion si particulière quand je l'observais sous sa forme animale. Je pris soin de prêter attention autour de moi avant que mes yeux ne se posent sur une trappe qui n'était plus vraiment dissimulée. Je laissais afficher une grimace de surprise sur mon visage.

Joli... dis-je à l'attention du canidé.

Je serais probablement passé à côté, sans aucun doute. Mais l'avantage d'être un chasseur, un prédateur sous sa forme animale, c'était qu'il était bien plus facile de repérer ce genre de choses. Cette vieille bâtisse cachait son jeu et c'était là le piège pour un être humain ; un piège dans lequel je serais sûrement tombé. Je me penchais et reniflais paisiblement le vieux bois. D'accord ; il y avait définitivement quelqu'un là-dessous, j'en étais persuadé, et Aloy l'avait senti aussi. Ce n'était pas la trappe en elle-même qui l'avait attirée là mais les odeurs.

S'il te plaît, ne cours pas, murmurais-je à Aloy.

Je savais qu'à l'instant même où j'allais ouvrir cette trappe, elle allait foncer en direction des odeurs sans même réfléchir. La dernière chose que je voulais, c'était qu'elle se prenne une balle perdue. Peu de chance qu'elle soit en argent pur et dur et que cela puisse la tuer, mais je préférais éviter les incidents si cela était possible. J'étais conscient qu'Aloy était dirigée par la haine, la colère et la vengeance en ce moment même. Je ne le savais que trop bien. Mais son inconscience et son aveuglement pourraient se retourner contre elle si elle n'était pas prudente, et cela, je savais qu'elle n'en avait que faire là maintenant.

Je dégageais la trappe et libérais le passage. La cave n'était pas très profonde et le saut serait aisé. Je pouvais distinguer le sol poussiéreux grâce à mes yeux de renard et me laissais tomber dans la trappe sans réfléchir davantage. Une échelle se trouvait un peu plus loin, signe que, peut-être, les ravisseurs étaient toujours à l'intérieur effectivement. Malins. Très malins. Rester cachés sur la scène de crime pour ne laisser aucune preuve ; notre conclusion aurait été qu'ils se seraient volatilisés dans la nature sans laisser de trace et ils auraient pu s'en sortir sans grande difficulté. C'était sans compter sur le canidé à côté de moi. Je me dis qu'il aurait peut-être été intéressant pour moi de faire appel plus souvent au renard pour résoudre certaines enquêtes. Mais ma peur de perdre le contrôle était telle que je préférais encore garder ma forme humaine, quitte à devoir passer à côté d'éléments importants. Que pouvais-je bien faire d'autre ? Risquer de me laisser totalement embarquer par ma nature animale mais réussir des missions improbables, ou rester humain mais accepter de faillir parfois ? Je luttais pour rester humain, au quotidien. Ce n'était pas pour céder à ma forme animale dès que bon me semblait. Mon choix était fait. Aloy pouvait me faire confiance ; j'avais su sa vraie nature bien avant qu'elle ne se transforme. Néanmoins, j'espérais qu'elle soit prudente à l'avenir, auprès de ses collègues comme auprès de la forme animale qui vivait en elle, aussi utile et bienveillante soit-elle.

Je parcourais le couloir sombre alors qu'une lumière lointaine brillait pour montrer la sortie du tunnel. Une lumière artificielle ; donc une lumière allumée par un être humain. Des voix résonnèrent ; mes oreilles se concentrèrent et elles furent plus distinctes, ce qui voulait dire qu'Aloy les écoutait probablement à la perfection. Ils étaient donc plusieurs. Je braquais mon arme, prêt à agir et à faire feu si c'était nécessaire. Je me hâtais davantage sans même vraiment comprendre pourquoi. Je voulais savoir la vérité. Je voulais savoir qui se croyait plus malin. Je voulais savoir qui avait osé toucher la sœur d'Aloy, tuer des miliciens et penser pouvoir s'en sortir impunément.

Nous arrivions bien vite dans une petite cave poussiéreuse et étroite où trinquait trois personnes joyeusement à la lumière de quelques bougies. Cela ressemblait presque à un sanctuaire. Ils étaient néanmoins plutôt silencieux dans leurs festivités, probablement conscient qu'une enquête était menée un étage au dessus. Mon premier réflexe fut d'abaisser mon arme, calmement, avant de m'accroupir près d'Aloy et de passer mon bras libre autour de son cou pour l'empêcher de foncer tête baissée dans la foule et de déchiqueter les proies face à nous.

Vous n'auriez vraiment pas dû rester ici... dis-je avec un sourire amusé. Une minute... susurrais-je à l'oreille d'Aloy.

Je savais que j'aurais dû les arrêter, appeler des renforts et les extraire de cette cave pour les emmener au poste, mais mes yeux se posèrent vaguement sur Aloy. Je savais qu'elle allait bondir. Elle était déjà assez hargneuse en tant qu'humaine, alors sous sa forme animale, probablement que rien ne pourrait l'empêcher de sauter à la gorge des bourreaux de sa sœur. Pas même moi. En avais-je seulement envie ?

Votre quatrième pote est là-haut. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne subisse le même sort que vous.

« Qui ? » demanda avec sérieux l'un des trois mécréants.

Etait-il possible que ma cible à l'étage ne soit qu'un simple témoin ? Je laissais passer, notant l'information dans un coin de mon esprit, me concentrant sur la situation présente. L'un d'entre eux dégainait son arme pour me tirer dessus et je visais déjà sa main, mais dérivant légèrement de ma trajectoire avec Aloy dans l'autre bras, je lui tirais dans l'avant-bras, ce qui n'était finalement pas si mal. Ils avaient donc réussis à se procurer des armes, ce qui avaient dû leur faciliter grandement la tâche. Les cris du mécréant blessé résonnèrent alors qu'il n'eut jamais le temps de tirer, ce qui paralysa ses deux autres comparses dans le mouvement. Bien vite, il retomba sur sa chaise, tenant son avant-bras pour soulager la douleur comme il le pouvait.

Lequel d'entre vous est précisément responsable de la torture infâme de la milicienne ? Et pitiez, ne me dites pas que vous vous y êtes tous mis ou alors je ne répondrais de rien...

Je les vis immédiatement se battre entre eux pour finalement se mettre d'accord sur le plus silencieux d'entre tous. Ne jamais se fier aux apparences, hein...

« Je t'avais dit que ça allait trop loin, t'aurais jamais dû lui faire ça... »
« Hey, ça va, ça vous a pas dégoûté quand vous regardiez pourtant... »

Après cette phrase précise de confession indirecte, mon bras libéra spontanément Aloy. Ces salopards paieraient pour leurs actes, le Gouvernement s'en chargerait ; mais l'un d'entre eux ne quitterait jamais cette cave. Et si ce n'était pas Aloy qui le tuait, alors ce serait moi. J'y veillerais personnellement, pour Mizrahi.

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MessageSujet: Re: Broken dreams and silent screams [PV Kenneth]   Sam 11 Nov - 14:56

La surprise lisse les traits adverses, déclenche une certaine satisfaction. Très vite ce sentiment s’estompe pourtant. L’urgence agit sur le corps, impose à la carcasse de légères décharges électriques qui poussent les muscles à se contracter, pour permettre un mouvement vif, rapide. La nature a repris ses droits sur l’enveloppe dès la transformation. Et l’instinct primaire de la bête, c’est la traque. Si vorace qu’elle saccage les derniers pans de lucidité propre à l’humain. Aloy n’est plus qu’intuition et n’évolue que guidée par ses sens. Les injonctions de son acolyte la dérangent dès lors. Elle y répond par un grognement sans toutefois dépasser les recommandations de son interlocuteur. Pour le moment. Limitée dans la plupart de ses mouvements, la créature sait qu’elle doit compter sur l’appui de l’homme pour atteindre ses objectifs. Les crocs serrés, le museau penché vers la trappe, elle doit se retenir d’inciter à nouveau son comparse à agir, à faire en sorte qu’il se dépêche. L’impatience atteint son apogée une fois le passage dégagé. Avec beaucoup de difficulté, elle laisse Kenneth bondir en premier et le suit très près, collée pratiquement à ses chevilles pour évoluer parmi les ombres. Les fragrances s’emmêlent, celle d’Hila la hante, provoque des soubresauts, vagues de haine qui lui déchirent l’abdomen. Émotion qui s’amplifie dès que les voix s’élèvent. Elle s’en lèche les babines d’avance, se voit les déchiqueter, les uns après les autres. Leur discours est abject. Certains rient d'une voix basse, rauque, grasse, d’autres soulignent leur efficacité. Ils fêtent leur victoire contre la milice, triomphe qui enhardit leur petit mouvement rebelle. De sales hérétiques, de la vermine à mâcher. Le coywolf voit rouge. Les oreilles redressées, la posture suggère la vigilance alors que tout l’être se tient prêt pour l’attaque. Elle presse le pas en ce sens. Les lueurs lointaines se plantent dans la rétine, deviennent le seul élément tangible sur lequel l’attention se fixe, déterminée à rejoindre l’espace occupé.

Son attitude n’échappe pas à l’œil aguerri du renard. Ses intentions, encore moins. A son plus grand malheur, il l’arrête, la contraignant à sa poigne. Les griffes raclent le sol en signe de mécontentement alors que le regard se pose à tour de rôle sur les visages pour les mémoriser. Alors que le corps est momentanément privé de ses mouvements, l’esprit lui échafaude les plans, établit la façon dont elle leur fera payer ce qu’ils lui ont fait. Elle en vient à dix-huit façons de leur nuire en seulement deux secondes de réflexion. Les échanges de tir rendent le fauve captif un peu plus instable. Elle se débat pour que le français la libère, en vain. Les paroles continuent de voler à la suite. Elle montre les crocs à la mention des sévices que sa sœur a subis. Intimidation qui devient secondaire dès que la vérité éclate et que le bras la relâche. Sans plus attendre, elle fonce vers le responsable et lui saute dessus, y mettant tout sous poids, toute sa force. Les quenottes s’enfoncent avidement dans la chair en des endroits stratégiques afin de l’immobiliser. La légiste connait suffisamment le corps humain pour savoir où viser.

Bien que l’envie de meurtre soit impérieuse, sa conscience la préserve du massacre. Ils doivent témoigner. Recevoir un châtiment légitime. Hila l’aurait voulu, elle croyait et se dévouait même au système judiciaire mis en place. En cela, elle doit honorer sa mémoire et sa volonté. Quand bien même ils parviendraient à s’en tirer, elle irait les retrouver personnellement dans ce cas. Dans l’intervalle, elle se contente de mutiler, déversant le sang ennemi sans jamais rendre les blessures létales et surtout, sans attenter aux cordes vocales. Ils en ont besoin pour qu’elle puisse au moins se délecter de leurs hurlements. Le goût acide de l'hémoglobine râpe le palais, dégringole le long de son pelage sous les babines. Elle l’attaque aux jambes, à la poitrine, à la gorge, veille encore plus à le défigurer. Qu’il soit marqué à vie à défaut d’être définitivement éliminé. Les cris qu’elle propage s’étendent rapidement à une seconde proie alors que le violeur est à terre, en train de souffrir de ses multiples plaies.

Alors qu’elle répète l’opération sur l’autre personnage à sa gauche, elle ignore totalement ce que le milicien fait dans son dos. Elle n’a plus conscience des détails tandis qu’elle mène sa petite vendetta. Aux prises avec son nouveau trophée qui lui implore d’arrêter, le troisième se met à dégainer une arme. Elle a tout juste le temps d’entendre le cliquetis significatif, tente de basculer alors que la balle siffle dans l’air mais sa hargne lui épargne une vivacité qui lui est d’ordinaire acquise. Ainsi elle réagit à retardement et ne peut l’éviter totalement, le projectile se fiche au niveau de l’épaule. Un feulement marque la douleur alors qu’elle s’effondre un instant au sol. Moment de faiblesse qui permet à son assaillant de lui ficher un coup de pied en plus dans les côtes. Agacée, elle se redresse pour mettre définitivement au tapis son opposant, prenant appui sur ses pattes arrières afin de lui attraper la gorge. Laissant le soin au soldat de terminer la tâche, de désarmer le dernier membre du trio. Elle rebrousse chemin après s’être assuré que les deux personnages qu’elle a attaqué, sont définitivement hors d’état de nuire. Une lueur de satisfaction fait luire la pupille alors qu’elle constate qu’ils sont tous deux couverts de vermeil et gémissent, des meurtrissures profondes creusées dans la peau. Un dernier regard en direction de l’autorité faisant effet pour attester qu’il se débrouille bien sans son aide et elle file avant que l’envie de les mettre en pièces soit plus forte que la raison.

Sa plaie picote, lance des impulsions douloureuses jusqu’au bout de la patte. La peau se reforme déjà lentement autour de la pièce en métal. Elle sait qu’elle doit agir vite afin de l’extraire. Pas mortel mais tout de même handicapant, le morceau fichée dans sa chair la dérange durant sa progression. Elle boitille bien malgré elle. Revenue dans le couloir, elle prend un instant pour analyser rapidement la présence du potentiel témoin à l’étage. Toujours replié dans son coin, la personne ne remue pas ce qui la pousse à s’orienter vers la scène de crime pour retrouver son matériel. Écœurée de déjà devoir se retransformer mais suffisamment pragmatique pour l’envisager, la métamorphe se prépare à subir l’assaut de la souffrance physique liée à sa condition. Le processus est d’autant plus ardu qu’elle est blessée et agitée par l’action qu’elle vient de mener. Difficile de retenir quelques plaintes alors que tout son corps se fait à nouveau torturer. Épuisée et courbaturée, la trentenaire reste durant quelques minutes allongée contre le sol froid et crasseux de la pièce insalubre, le temps de reprendre son souffle, de gérer les divers tourments. La fraicheur du béton apaise quelque peu la peau brûlante.

Avec harassement, elle se relève péniblement, se penche vers ses outils pour charcuter l’épiderme, réduisant à néant la cicatrisation en cours afin d’extirper la balle de son organisme. Jurant dans sa langue natale durant la manœuvre, l’israélienne est suffisamment éreintée pour rendre ses gestes bien moins précis que d’ordinaire. L’emplacement du projectile ne lui permet pas plus un panel de mouvements aisé, ce dernier s’étant logée au niveau de l’épaule. Elle doit se contorsionner pour parvenir à l’agripper et le sortir de la peau. Écrasant des gémissements contre ses lippes serrées, elle parvient à finaliser la tâche, balance l'objet de sa souffrance au sol et applique une compresse sur l’ouverture qu’elle a créée. Elle attrape son soutien-gorge d’une main pour caler le pansement d’infortune derrière sa bretelle avant d’enfiler le reste de ses sous-vêtements et son pantalon. Elle attend néanmoins avant d’enfiler sa chemise, gardant la paume posée sur la blessure, attendant qu’elle soit suffisamment refermée. Le sang de ses opposants est encore frais, il entoure encore sa bouche, ondule sur son menton et s'achemine jusqu'au cou, forme une ligne nauséabonde entre la poitrine. Allure de sauvageonne qui est d'autant plus marquée par la tignasse emmêlée. Assise en tailleur au sol, les pieds toujours nus, l’insoumise respire lentement, profondément en cherchant à calmer son pouls anarchique, déchirée par l’envie d’achever son œuvre et le chagrin qui s’entretient dans la vision chaotique de l’assassinat perpétré.

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Broken dreams and silent screams [PV Kenneth]   Mar 28 Nov - 14:48

Broken dreams and silent screams
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Que la fête commence. Un fin sourire se dessina sur mon visage alors que mon bras libérait désormais Aloy. Elle était libre de déchiqueter le responsable du viol de sa sœur ; je n'interviendrai pas. J'espérais qu'elle le fasse souffrir et le traîne sur des mètres entiers avant de l'achever. Je ne baissais pas ma garde pour autant mais mon regard était spontanément attiré vers le massacre qui avait lieu face à moi. Mes pupilles étaient verrouillées sur le prédateur en action. Je trouvais ça sublime, peut-être parce que cela faisait écho au renard au fond de moi, bien que je n'étais jamais vraiment fan des massacres. Pourtant, je m'autorisais quelques regards vers les comparses de la proie de mon acolyte du moment. La terreur et le choc sur leurs visages auraient pu me faire jubiler. Depuis quand étais-je devenu si cruel ?

Je croyais pourtant que vous aimiez bien regarder, leur lançais-je amusé, toujours avec le même sourire satisfait sur mes lèvres.

Depuis quand aimais-je ce type de massacre ? Car cette énergumène n'avait désormais plus aucune chance de faire le poids, pas dans son état actuel en tout cas. J'avais tellement changé. Les années et le prédateur malin en moi avaient fait le travail nécessaire. Je savourais le spectacle face à moi. Je savourais chaque seconde. Oui, un massacre ; mais un massacre contrôlé. Malgré les hurlements de douleur de ce déchet de la société, les blessures que le coywolf infligeait étaient mesurés, calculés ; comptait-elle au moins lui ôter la vie ? A un moment donné, j'espérais qu'un bouton soit poussé et qu'elle scelle son destin : sa mort. Le lacérer n'était pas assez. Qu'elle l'achève Bon Dieu. Je devenais nerveux et, sans m'en apercevoir, je commençais à piétiner sur place, prêt à intervenir si elle ne terminait pas rapidement le travail qu'elle avait entrepris. Je compris bien vite qu'Aloy ne comptait pas le faire quand elle sauta sur le suivant.

Non ! Criais-je dans la cave où ma voix résonna parmi les gémissements et les cris de douleur.

Mon cri d'opposition passa inaperçu alors que le coywolf attaquait brutalement une nouvelle fois. J'avais besoin de ramener ces deux-là en état si je voulais accomplir ma mission. La laisser abattre l'homme responsable des tortures de sa sœur, oui, mais les autres n'étaient pas de son ressort. Et tout alla trop vite. Le troisième comparse de la bande dégaina son arme et malgré que je le pris en joue rapidement, je manquais ma chance et il tirait déjà sur Aloy. Un coup d'oeil sur le coywolf pour constater où il était blessé, et malgré mon inquiétude, je savais qu'il en survivrait sans aucune difficulté. La colère prit possession de chaque fibre de mon corps, de chaque molécule, chacun de mes poils se redressa. Un coup de pied fut donné et je vis rouge. Il n'en donnerait pas un deuxième. Je le gardais dans mon viseur mais me préservais d'agir de peur de blesser davantage Aloy. Cette dernière riposta d'elle-même avant d'entreprendre de s'enfuir. Lorsqu'elle fut à une distance suffisante de l'ennemi, je me manifestais alors :

Lâche ton arme ! Hurlais-je pour prévenir un second tir durant son échappée.

J'avais déjà échoué à la protéger une fois, j'avais baissé ma garde malgré moi à cause du spectacle qui s'était déroulé devant mes yeux ; je ne comptais pas le laisser tirer pendant qu'Aloy battait en retraite. Ma colère était désormais noire et je ne voyais plus rien. Mon cœur battait la chamade, tambourinait contre ma cage thoracique, résonnait dans mes tempes, si fort que cela me rendait presque sourd.

Tu. Poses. Ton. Arme, répétais-je plus calmement, masquant une colère que je ne contrôlais désormais plus.

Pourquoi Aloy n'avait-elle pas achevé le bourreau de sa sœur ? Pourquoi ?! J'observais le troisième élément se décharger de son arme avant de m'autoriser à définitivement craquer. Rarement avais-je été autant en colère. Elle avait pris des risques inutiles ; je lui avais offert sa vengeance sur un plateau d'argent, je l'avais laissée libre d'abattre sa colère, de faire justice à Hila ; pourtant cet homme respirait encore et j'étais seul face à ces trois déchets désormais. Je hurlais spontanément avant de frapper le mur en pierre à côté de moi, évacuant un très faible pourcentage de ma rage. La douleur dans mon poing s'évanouit rapidement, pouvoir de régénération quasi-immédiatement en action. Comment pouvait-elle être aussi stupide ? Comment ?! Qu'est-ce qui lui était passé par la tête ? Et maintenant, que devais-je faire ? Allait-elle revenir terminer son travail ? Devais-je le finir pour elle ? Peut-être que mes collègues avaient entendu les coups de feux et les hurlements et s'apprêtaient déjà à se déployer et à envahir la vieille bâtisse. Je devais agir, et vite.

Je m'approchais alors du violeur et lui écrasais les bijoux de famille d'un violent coup de talon. Son hurlement ne me satisfit même pas alors que mon pied ne bougeait plus d'un millimètre, verrouillé, mes yeux observant les traits de son visage se déformer davantage par la souffrance indescriptible que lui infligeait son corps mutilé. Je le laissais souffrir, prenant sur moi pour rester patient et lui laisser le temps de souhaiter mourir par lui-même. Pourtant, je savais que je devais me hâter et ma conscience prit le relais, si j'étais encore réellement conscient de quoi que ce soit. Mon arme visait déjà sa tête et je lui tirais une balle entre les deux yeux. Juste comme ça, proprement. Je mettais fin à ses jours sans savourer la sanction que je venais de faire tomber sur son sort. Sa mort. Mon arme se détourna sur le plus opérationnel des deux survivants mais le prit en joue uniquement, plus dans un but de dissuasion et de menace, car je n'avais aucune intention de tirer, sauf si ma vie était en danger. Ma main libre atteignait déjà ma radio.

Unité 080690, Kenneth Zaran. Besoin de renforts. Deux blessés et un mort. Ce sont les responsables du massacre des trois Shadowhunters dans la vielle bâtisse. Nous nous situons dans une cave dissimulée à gauche peu après l'entrée de la bâtisse. Ne piétinez pas la scène de crime. Je répète : ne piétinez pas la scène de crime.

J'insistais sur cette donnée : premièrement parce que c'était la volonté de la légiste, et dernièrement parce que je ne savais pas si elle avait retrouvé forme humaine et si elle était en train de panser ses blessures. Mieux valait que mes collègues ne tombent pas sur elle dans une position aussi dérangeante. Bien reçu, renforts envoyés unité 080690. Ce fut immédiat et je n'avais plus qu'à attendre mes collègues pour m'aider à extraire les deux survivants pour les emmener rendre des comptes sur leurs actes. Il faudra que je sois prudent dans la rédaction de mon rapport. Quoi que ces hommes pourraient dire, ils seraient jugés comme des menteurs, et ce qu'ils avaient à dire n'intéressait personne. Ils seraient jugés puis exécutés ; ils serviraient d'exemple aux Résistants. Il y avait peu de chance qu'ils s'en sortent. Pourtant, leur sort me paraissait presque trop doux. Peu importait ; Hila avait été vengée, c'était tout ce qui m'importait réellement. Quant à Aloy, je savais que je devrais la confronter très prochainement. Ce qui adviendrait ensuite ne me concernait plus vraiment. J'entendis déjà les bruits de pas de mes collègues au dessus de ma tête. Ils faisaient un boucan difficile à ignorer, ou alors c'était peut-être mes dons qui rendaient tout ceci très bruyant. Si ma colère était désormais quelque peu retombée, je n'étais pas apaisé pour autant. Bien au contraire. Mon sang bouillonnait, tout comme le restant de mon corps. J'étais encore à fleur de peau. Il y avait toujours ce témoin que je devais appréhender pour appuyer le jugement des deux rebelles. Son témoignage pourrait s'avérer intéressant. J'allais m'occuper de ça, juste après l'évacuation des blessés et de l'autre enfoiré qui nageait désormais dans son sang cérébral.

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MessageSujet: Re: Broken dreams and silent screams [PV Kenneth]   Aujourd'hui à 1:51

Au loin, la scène se poursuit. Difficile de l’ignorer et encore plus ardu de ne pas s’y rendre pour participer à la seconde offensive. Le coup de feu, les paroles de Kenneth, rien ne lui échappe. L’ouïe suffisamment affûtée pour capter ce qui se passe sous ses pieds, elle a très bien compris que ça a dégénéré. Le froid ronge ses chairs et elle sait pertinemment que ça n’a plus rien à voir avec sa tenue légère et l’humidité des lieux. Les sourcils s’arquent, quelques larmes lui échappent à son insu alors qu’elle couve des yeux Hila une dernière fois. Encore plus facile d’envisager les horreurs que cette dernière a subi en ayant eu la chance d'appréhender son agresseur. Les sillons sur les joues sont rageusement annihilés par le dos de la main. Pas le temps de craquer. Armée de collant, elle fixe sa compresse sur sa plaie sanguinolente avant d’enfiler à nouveau son chemisier. La cicatrisation prend toujours un temps fou pour elle. Anormal pour ceux de son espèce. Dillion aurait peut-être quelque chose à dire là-dessus, une stupidité dont il a le secret. Mais pour ça, il aurait dû être en vie. Ce qui n’est pas le cas. Les gens ont tendance à mourir drôlement vite autour d’elle ces derniers temps et elle ignore ce qu’elle doit en conclure. Pour une fois, la métamorphe aurait été rassurée de ressentir la présence du lien magique. De le savoir simplement là. Le vide n’en est que plus oppressant. Elle l’insulte pour la forme avant de glisser ses pieds au fond des chaussures.

Des pas se bousculent non loin. La milice sans nul doute, son acolyte d'infortune les a contactés après tout. Elle accélère la cadence, se redresse pour attraper une lingette et se la passer sur le menton, jusqu’au cou. L’hémoglobine s’agglutine sur la surface opaline très rapidement. Elle se débarrasse du déchet très rapidement en le fourrant dans son sac. Inutile d’offrir quelques indices étranges aux autorités compétentes. A l’aide de ses doigts, elle peigne très succinctement sa crinière emmêlée et se juge suffisamment présentable ensuite pour s’aventurer hors de la pièce. La légiste déserte la scène de crime avec rapidité, pressée de comprendre ce qu’elle a perçu plus tôt. La blessure lui lance bien qu'elle tente de l’oublier. La douleur étend son empire jusqu’à son bras de façon inconvenante. Quand elle atteint le couloir, elle note l’absence des soldats. Ils sont déjà en bas, à demander quelques explications au français. La changeuse se refuse à assister aux explications, ses nerfs ne tiendront pas la distance. A la place, elle décide de grimper les marches pour dénicher le témoin elle-même. De longs frissons saccagent son échine tandis que ses prunelles se posent sur les salles qui s’alignent là-haut. Avant d’atteindre la pièce où la personne non identifiée se replie, elle perçoit un matelas, quelques trainées de sang à proximité. La terreur la cloue au sol quelques secondes. Le pire se réinvente dans sa caboche. La salive s’achemine bien mal dans sa cavité buccale et dégringole très lentement la gorge. La poitrine se soulève à intervalles irréguliers. Pas le temps de craquer, rappelle-toi. Sa conscience émerge au meilleur moment.

Se ressaisissant comme elle peut, Aloy passe l’embrasure d’une porte fracassée. Dans un coin, camouflée par un meuble effondré, l’âme en peine s’est roulée en boule. La trentenaire peut capter les battements anarchiques de son cœur. Son effroi redouble quand elle comprend que quelqu’un se trouve là. A pas feutrés, la toubib s’approche. « Vous ne craignez rien. » susurre-t-elle avec une douceur qu’elle ne manifeste que trop rarement. « Je suis médecin. » Pour les morts principalement mais il est inutile, semble-t-il de le préciser. En brandissant sa fonction, elle espère seulement apaiser son interlocutrice. Drôle comme le glisser dans une conversation vous rend subitement plus sympathique pour votre assemblée. Un peu comme si le messie débarquait. L’israélienne a remarqué que ça avait le don de faire mouche dans les situations critiques. Sans oser outrepasser l’obstacle qui la sépare de l’inconnue, elle s’agenouille. «  Je m’appelle Aloy. Et toi ? » Aucun son. La victime recroquevillée lui parait être jeune. Elle ne peut même pas déterminer clairement son âge. Mineure ou majeure ? Vu son accoutrement misérable et la crasse dont elle est recouverte, elle squattait sûrement le bâtiment et doit être à la rue  A moins qu’elle n’ait été une victime de longue date des psychopathes à l’étage du dessous. Séquestrée ici ? L’impulsive se rappelle que ça n’est pas son job de le découvrir. « Tu es là depuis longtemps ? » demande-t-elle avec plus de gentillesse encore.

Des milliers de questions se bousculent dans son crâne mais elles se coincent, par chance, dans son larynx. Elle n’est pas certaine de vouloir en connaître les réponses. Et pense, de toute manière, ne jamais obtenir le moindre retour de cette nana totalement désorientée. « D’accord. Tu n’es pas obligée de parler. Prends seulement ma main et viens. On est venu te sortir de là. C’est terminé. » La blonde relève le menton à ces paroles. Son regard affligé croise enfin celui de la brune. «  Tout est fini. »  La bouche de l’aphasique tremble. « J’ai rien fait, je vous le jure. » Un couinement apeuré et la carrure qui tangue. Spectacle pitoyable. Les cheveux hirsutes et l’épiderme envahi par la poussière, la boue et d’autres matières dont l’orientale préfère ignorer la provenance, le seul témoin ne paie vraiment pas de mine. « Je sais. Et ils le savent. Je te promets que tu ne risques rien. » La paume reste ouverte vers l’étrangère qui finit par la saisir. Elle enjambe le tas de bois et se retrouve tout à côté de sa sauveuse. Des marques parcourent les bras dénudés de cette femme. « C’est eux qui t’ont fait ça ? » L’œil analyse les cicatrices, les meurtrissures encore fraiches sur la peau voisine. Celle-ci retrouve son mutisme. « Viens. Je vais t’amener auprès de mes collègues. Ils s’occuperont de toi. » Collègues, en quelque sorte. Le mot lui écorche les lèvres néanmoins. En temps normal, elle n’aurait accepté d’affubler les miliciens d’un terme pareil. Mais la normalité a foutu le camp aujourd’hui.

Durant leur progression relativement hasardeuse, sa comparse tenant à peine sur ses guiboles, Aloy veille à garder une prise ferme autour du bras adverse. Toutes deux descendent ainsi jusqu’à la maudite cave. Par chance, Kenneth s’y trouve encore ainsi que le reste de l’équipe et les trois guignols. En les voyant, la victime émet un bruit sourd et tente de faire demi-tour. La légiste la rattrape avec aisance. Suivant son instinct, elle la cale sous son bras et va jusqu’à passer sa paume dans sa crinière malpropre pour la rassurer. « Tout va bien, tout va bien. Ils ne peuvent plus te faire de mal. » murmure-t-elle alors. La couleur crème de son dessus se retrouve souillée par la saleté très vite. Peu importe parce que la gamine grelotte contre elle et ne semble pas vouloir se déloger de là. « Je crois qu’elle aurait besoin que quelqu’un la conduise à l’hôpital. Des soins semblent nécessaires ainsi qu’une entrevue avec un psy. » Mais pour la retirer de ses jupes, cela semble plutôt compromis.

Un coup d’œil aux corps allongés là lui apprend que Zaran a descendu le violeur. Satisfaction sournoise et profonde déception se disputent le terrain. Elle est glaciale quand elle annote le meurtre. « Était-ce vraiment nécessaire ? » Le regard désapprouve un bref instant. Il a sans doute perdu le contrôle de lui-même, typique. Un soupir lui échappe. Tous les événements se sont enchainés trop vite. Et alors que la gosse cache son visage dans le cou de la scientifique, cette dernière perd quelque peu pieds. Un contrecoup qu’elle n’a pas vu venir. Elle a tout juste le temps de se rattraper au mur quand un vertige la surprend. Elle ferme les paupières juste un instant, veille seulement à inspirer le plus posément possible. Submergée par une foule d’émotions et une panique latente, elle gère plutôt mal la tension contenue dans ce lieu. Et tout se repasse en boucle dans sa tête. Sans parler de sa transformation qui l’a vidée de ses dernières forces. C’est trop pour un seul corps. Livide, elle force sa protégée à se décoller d’elle avec bien peu d'amabilité. « Occupez-vous en. » grogne-t-elle ultimement en ramassant la sueur contre son front. Et ce maudit pansement qui lui brûle la lésion provoqué par l'autre salaud. La nausée revient. C’est comme un traumatisme crânien bien que ça n’en soit pas un. La phobique des hauteurs reconnait quelque peu les signes avant-coureurs et prie pour ne pas faire une foutue crise de spasmophilie ici.

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Myself was never enough for me
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Broken dreams and silent screams [PV Kenneth]

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