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 It's time to live ⋆ Dante

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RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: It's time to live ⋆ Dante   Dim 17 Sep - 22:00


It's time to live
Dante & Marcus

Immobile, sur sa chaise, il attend impatiemment que l'aiguille se décale d'un rang. Le temps lui semble s'écouler plus lentement que d'ordinaire. À l'image d'un road en plein désert, il avance sans en avoir l'air. De temps à autres, un soupir d'exaspération interrompt la monotonie de la trotteuse. L'homme gigote un bref instant, cherchant une nouvelle position légèrement moins inconfortable et retrouve son silence. Alors l'appartement est de nouveau plongé dans un silence rythmé par l'écoulement des secondes. Son regard se perd une nouvelle fois, hypnotisé par le mouvement très cadencé de l'horloge. Parfois, lorsque ce n'est pas lui qui perd patience, c'est son compagnon canin qui s'agite brièvement. Il se relève, s'étire, baille, tourne la tête une nouvelle fois en direction de son maître, qui ne réagit pas. Alors, il abandonne et se rassied, redevenant statue à ses côtés. Les deux êtres paraissent alors comme figés sous le parfait contrôle du temps. Ils attendent, que vienne l'heure. Certainement pas celle de la sieste, qu'ils sont supposés faire en cet instant. Hélas, aucun des deux ne trouve le sommeil, trop peu fatigués par ce rythme de vie particulier auquel ils se plient non sans désespoir. Par moments, leurs regards se croisent et ils échangent quelques mots, silencieux.

Je sais Nero, on se fait sacrément chier. Nul mot ne sort de sa bouche. Le chien, dont les yeux noisette le fixent intensément, incline la tête sur le côté, affichant une moue abattue. Oui, il en a marre de cette inactivité, tout autant que lui. On doit prendre notre mal en patience, mon ami. Ils le savent, tous deux, même si le malinois ne maîtrise pas le moindre dialecte humain. Il est suffisamment sensible à ce qui l'entoure pour ressentir. Alors il sait, que ce n'est pas un jour à aller courir dehors à s'en épuiser tous les deux. Il sait, la raison de leur ennui. Ils ressortiront, mais pas tout de suite. Ils doivent se reposer, même si la fatigue est absente, chez le canidé tout du moins. Pour l'autre, il n'en est pas de même. Les traits de l'homme à côté de lui démentiraient le contraire. Sous des cernes profondes, son regard disparaît. Ses traits se montrent aussi plus creusés que d'ordinaire. La fatigue siège sur ses épaules, lui rappelant régulièrement sa présence. Lui, il aurait grand besoin d'utiliser ce temps de repos qu'il s'impose chaque après-midi, bien à contrecœur. Mais le sommeil ne veut pas de lui. De jour, comme de nuit.

Trop tracassé par sa conscience, l'italien n'arrive à rien. Suite à une récente blessure, ainsi qu'à sa difficulté croissante à avoir l'esprit clair, le repos est la seule chose qu'à trouvé à lui conseiller son médecin, à bien des raisons. S'exécutant, le tatoué a posé tout son compte de congés accumulés d'un seul coup. Il n'a pas encore terminé ses pseudo-vacances que déjà, l'inactivité le ronge. Pourtant, il sort matin et soirs aussi longtemps qu'il le peut et le supporte. Après tout, il est compliqué de prendre l'air en évitant au mieux le contact de ses semblables. Alors, lorsque la compagnie lui pèse trop, il rentre, retrouver ses occupations inexistantes. Mais ses réflexions incessantes l'empêchent de se vider la tête, contrairement à ce dont il aurait besoin. Il rumine intérieurement, s'agace silencieusement et, finalement, pète un câble. D'un bond, il se lève, scrute l'horloge. Ce n'est pas l'heure, il n'a même pas encore mangé, mais tant pis. Il grignotera sur place, au pire. À ses côtés, le chien se lève et observe avec attention son maître, pour entrevoir le signal. Le brun attrape le pull à manches longues qu'il a laissé traîner sur le dossier d'une chaise et l'enfile. Immédiatement, son compagnon commence à s’exciter dans l'appartement. Il se sait de la partie, évidemment.

« Doucement mon gars. » marmonne-t-il dans sa langue natale, alors que l'animal se précipite dans le couloir. Un instant, Marcus hésite à embarquer ses lunettes de soleil, à travers lesquelles il a trop souvent tendance à dévisager le monde. Il abandonne l'idée, ne pouvant en profiter que trop peu longtemps. Des lunettes de soleil dans des rues se plongeant peu à peu dans l'éclairage des lampadaires, ce n'est pas ce qu'il y a de plus crédible, même s'il n'en a rien à faire. Tout de noir vêtu, le voici qui commence à parcourir les rues, Nero le suivant à la trace. Ils errent quelques temps, guidés par leur curieuse logique de ne jamais prendre deux fois de suite la même direction. De temps à autres, ils se retrouvent face à une curieuse situation. L'homme veut prendre une route, mais le chien ne le suit plus, le forçant à le suivre. Ils échangent les rênes à de multiples reprises, jusqu'à finalement atterrir dans un parc, non loi duquel l'italien achète deux sandwichs. Assis sur un banc, son compagnon face à lui, ils grignotent au calme de ce semblant de nature. Nero n'a pas besoin de quémander, que Marcus lui donne de lui-même un bout après chaque bouchée.

S'ils sont plutôt tranquilles en cet endroit, la lente tombée de la nuit les amène à quitter les lieux. Initialement, voici l'heure à laquelle ils auraient plutôt dû quitter l'appartement. Cette fois-ci, ils n'errent pas sans but précis. Nero le sait, puisqu'il suit sans rechigner le moins du monde. Ils ne perdent pas trop de temps avant d'arriver enfin devant la devanture d'un établissement caché dans une ruelle à l'écart des rues principales du quartier. Un instant, le brun hésite. En service, il opterait pour passer devant sans rien dire, ignorant volontairement les quelques infractions qui peuvent s'y produire. Mais, comme il lui arrive de temps à autres, il n'est pas passé par ici par hasard. Une soirée a lieu ce soir. Et un certain Dante l'y a convié. Si d'ordinaire Marcus évite au maximum de se trouver dans des espaces fréquentés, il est d'autant plus disponible à sociabiliser un peu dans la mesure où rentrer chez lui le rendrait fou. « Viens » ordonne-t-il à son compagnon, alors qu'il pousse la porte et se décide à entrer, sachant que Nero est en général accepté. Après tout, ce n'est pas lui qui fera du grabuge.

Il lui faut un peu de temps avant de réussir à retrouver celui qui l'a pris sous son aile dès son arrivée, en dépit de son humeur trop souvent grincheuse. « Une nouvelle fois, tu m'as eu. Ya plus de monde que je l'aurai pensé. » C'est son bonjour à lui, son éternelle manière d'arriver sans trop de formalités. Et puis, l'autre italien ne lui est pas non plus inconnu depuis le temps. Au final, le malinois et le plus démonstratif, s'agitant passagèrement autour de celui qu'ils n'ont pas vu depuis quelques temps. S'il y en a bien un pour réussir à le faire sortir voir du monde sans trop hésiter, ça ne peut être que Dante. En cette période, sa présence ne pourra que lui faire du bien.
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MessageSujet: Re: It's time to live ⋆ Dante   Sam 14 Oct - 0:25

La flamme du briquet contre la nuit noire, la fumée qui sort doucement d'entre tes lèvres, forme des entrelacs opaques dans l'air trop lourd, trop humide de La Nouvelle-Orléans. Des années ici, et t'es toujours pas totalement habitué à ce climat quasi tropical, à cette moiteur de tous les instants. Quitte à choisir, tu préférais encore le climat à New York, mais c'est pas comme si t'avais pu choisir quelle serait la dernière ville des États-Unis à tenir debout après l'Apocalypse, right ? Peut-être que t'aurais dû succomber à la fièvre qui a failli te tuer. T'aurais pas eu à subir cette température suffocante à tous les instants.

Ouaip. T'es d'humeur un poil mélodramatique, ce soir, tu dois l'avouer.

Clope au bec, appareil photo entre les doigts, quand il est pas caché, glissé dans ta veste en cuir, tu suis discrètement un des membres du gouvernement. Flagrant délit de non-respect des propres lois imposées. Pas d'alcool ? Pas de drogue ? Pas de prostitution ? Pas de relations homosexuelles ? Pas de violence ? Ha ! Qui les respecte, ces foutues règles ? Même pas ces sacro-saints du gouvernement, ça, pour sûr. Que des hypocrites et des menteurs, y'a qu'à voir toutes les merdes qui se passent à La Nouvelle-Orléans, les disparitions qu'on cache et dont on ne donne aucune explication. Mais bon, c'est pas comme si t'avais un vague espoir de voir un jour ta télé et ta radio cracher autre chose que d'la merde. C'est bien pour ça que t'as rejoint le BlackBird, bien pour ça que tu prends ces photos incriminantes pour faire tomber quelques têtes. À la pensée du journal, au fait que t'y as pas mis les pieds réellement depuis quelques temps, tes mâchoires se crispent et une pointe de culpabilité t'envahit.

C'est un peu la merde au BlackBird et t'es conscient que c'est totalement à cause de tes propres conneries, tes propres mensonges. T'es entré dans les manigances de Giu, sans réellement penser au mal que ça pourrait faire, à la blessure profonde que ça pourrait engendrer. Peut-être parce que t'as jamais réellement compris l'amour romantique, peut-être parce que pour toi, ça a jamais été aussi important que pour la plupart des gens. Cette perte de confiance de Nolan, tu la comprends, tu la mérites, mais t'as jamais aimé être ignoré ou détesté, c'est comme ça, t'es un gamin égocentrique au fond de toi. La sale ambiance que ça fout au sein du journal, tu t'en veux, et tu l'aimes pas. Mais tu sais pas vraiment comment réparer ça, à part dire que t'es désolé et espérer que Nolan finira par ne plus t'en vouloir. Ton premier réflexe, c'est de vouloir l'embêter pour qu'il te pardonne, mais tu sais que c'est pas forcément la bonne solution, là, alors tu te tiens à carreaux. Tu fais ton boulot, tu transmets les infos et les photos que tu prends, mais t'évites un peu le siège du journal pour le moment. T'imagines que c'est mieux pour tout le monde.

Tes yeux se plissent, en voyant entrer ce bon vieux membre du gouvernement pile à l'endroit où tu comptais passer le reste de ta soirée à la fin de ta filature. Oh, le hasard fait bien les choses, comme quoi. Mais tu vas devoir mettre de côté ton boulot si tu veux pas te faire repérer, et faire gaffe à ton appareil, aussi. Manquerait plus que quelqu'un qui se colle un peu trop à toi le chope en soirée et là, t'es foutu. T'écrases ta cigarette terminée sous tes converses, et tu décides de faire un crochet par chez toi – t'habites pas si loin, après tout – pour déposer ton appareil, avant de retourner vers la soirée. T'y as plus ou moins invité Marcus, même si selon toi, les chances qu'il vienne, c'est fifty-fifty. L'Italien a jamais été aussi sociable que toi, pas vraiment amateur des grosses soirées dont toi t'es friand. C'est parfois dur de le tirer de là, même si tu penses que ça doit lui profiter, au fond. Tu te rappelles de quand il est arrivé à LNO, un peu paumé, avec un accent que t'as directement noté, et pis ces tatouages partout. Forcément que t'allais bien l'aimer d'instinct. Forcément que t'as plus ou moins imposé la chaleur italienne, que tu l'as plus ou moins pris sous ton aile et guidé dans la ville. Et les coins où on s'amuse, avant que la Prohibition vienne frapper à la porte.

Enfin, c'est pas comme si tu la respectais à la lettre cette Prohibition. Et c'est pas comme si Marcus ignorait ce fait. C'est probablement mal de corrompre un représentant de la loi, mais t'as jamais prétendu être un ange.

Quand tu retournes au club, c'est aussi bien pour passer du bon temps que pour bouffer. Les deux vont souvent de pair avec toi, faut l'avouer. C'est plus facile de voler des bribes d'énergie à toute une foule qui danse corps contre corps qu'à une cible unique. Ça affaiblit moins les autres, aussi. Même si t'as remarqué que t'as parfois des rêves étranges, des visages de victimes que tu revois. C'est loin de te plaire, mais après tout, t'as pas vraiment le choix, pas vrai ? Ou tu bouffes, ou tu crèves.

Tu as déjà en partie rassasié ta faim – et ta soif, même si l'alcool a moins d'effet sur toi, maintenant, ça en a quand même assez pour te mettre de bonne humeur – quand Marcus te trouve. Il a l'air grincheux, comme si ça lui plaisait pas d'être là mais vois au-delà du masque et tu le prends dans tes bras, sans réellement te soucier de tous les gens autour de vous. Tu cries au-dessus de la musique, avec un grand sourire aux lèvres et dans votre langue natale :

« T'es venu ! J'étais pas sûr que tu sortirais de ta grotte. »

Puis quand Marcus râle plus ou moins – tu sais que c'est plus du cinéma qu'autre chose, une façon taquine de dire bonjour – qu'il y a beaucoup de monde, tu réponds : « Mais c'est quand y'a du monde que c'est marrant ! »

Quand le chien de Marcus, que tu n'as pas noté de suite, s'agite autour de toi, tu caresses sa tête avec un léger rire : « Coucou à toi aussi. »

T'avises un instant Marcus, tu notes les cernes, la fatigue sur ses traits. Enfin, c'est peut-être un jeu de lumière, mais la lumière bleue qu'il y a dans le club n'aide certainement pas à flatter les ombres sous ses yeux. Tu commences à tirer l'autre Italien vers le bar, te frayant un chemin parmi les danseurs :

« T'as une de ces têtes ! Tu dors pas ou quoi ? Viens avec moi, bois, ça ira mieux. »


Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: It's time to live ⋆ Dante   Lun 8 Jan - 16:34

Rassemblement plus ou moins discret dans des lieux plus ou moins réputés, à faire quelques choses plus ou moins proscrites. Il faut savoir fermer les yeux dessus, ce qui n’est pas particulièrement compliqué lorsque l’on est naturellement porté contre la Prohibition. L’alcool et les déviances qu’il occasionne tuent certainement moins que l’appât du pouvoir. Il n’y a pas de raison pour chercher à contenir un besoin indispensable à certains qu’est celui d’oublier le temps d’un soir, de s’abandonner au bras de la luxure, de laisser s’exprimer des pulsions amplifiées par une politique trop stricte. À mesure que la privation augmente, les risques de débordements en font de même. C’est un cercle vicieux dans lequel il ne s’est pas laissé embarquer, sûrement le seul avantage qu’il peut avoir à être tel qu’il est. À défaut, il a ses propres dépendances. Ses propres routines quotidiennes sans lesquelles il perdrait la tête, comme à l’heure actuelle. Il ne peut pas s’en passer, au risque de se retrouver pris d’une rage intérieure née de son insatisfaction. Un pur caprice, ni plus ni moins. Il n’a jamais prétendu être parfait, hélas.

Les soirées. L’italien ne sait plus exactement à quand remonte son manque d’entrain pour celles-ci. Probablement des années, mais la source exacte lui a toujours échappé. Sans doute cela remonte-t-il à son enfance, lorsque son père lui a été pris par son métier. Lorsqu’il a alors perdu pied, et n’a trouvé pour solution que celle de rentrer dans les rangs, de tâcher d’être aussi exemplaire que possible. Frêle espoir de rattraper son retard, d’être à l’image tant modélisée qu’on attendait de lui. Sa plus grande erreur sûrement, celle de se ranger dans une case sans y réfléchir au préalable. Sûrement cela qui l’a finalement poussé à fuir la compagnie, avec sa peur difficilement niée qu’est celle de perdre à nouveau quelqu’un qui lui est cher. Alors, pour ne plus s’attacher à qui que ce soit, il suffit de couper les ponts avec ses semblables, d’éviter de rencontrer trop de monde. Pourtant, le tatoué ne déprécie pas la compagnie, loin de là. Son fidèle malinois en témoigne le premier, bien que compagnon de vie non humain. Avant tout une présence dont il ne peut se séparer trop longtemps, il peut assurer non sans mal que son maître n’est pas capable de s’isoler complètement.

Pour sûr, il prétend tout de même vivre parfaitement bien de son dégoût d’une bonne part de la population. Mais, dans le fond, il préférerait plutôt l’amour à la haine. Parce qu’il est meilleur d’aimer les autres que de les détester, dans le fond, bien que cela représente également une dépense d’énergie plus importante. Il a choisi la facilité, par perte d’espoir. Pourtant, ce n’est pas ce qui l’empêche d’apprécier la compagnie de quelques rares personnes. Dante en fait partie. Marcus ne le niera jamais, le rencontrer l’a grandement aidé à s’intégrer à la Nouvelle-Orléans. Sans lui, il aurait sorti les rames bien plus souvent pour tenter de se rapprocher du rivage de la compréhension. L’anglais, ce n’était initialement pas trop son dada, et il ne fallait pas être très observateur pour s’en apercevoir. Entre quiproquos à répétition, accent parfois trop marqué pour être compris, un manque de vocabulaire handicapant, le brun aurait pu continuer sur sa mauvaise lancée s’il n’avait pas été aidé par Dante pour combler les notions indispensables qu’il peinait à maîtriser au quotidien. Et aujourd’hui encore, il peut lui arriver de ne pas trouver comment exprimer exactement ce qu’il a en tête.

Au milieu de la clientèle, déjà trop nombreuse à son goût, il ne peine pas à trouver l’autre italien. Par habitude d’arriver à la traîne, il a appris à savoir le chercher sans perdre de temps, évitant ainsi de trop se faire remarquer comme une brebis égarée rattrapant tout juste l’arrière du troupeau. Bien qu’il soit supposé y être habitué depuis le temps, l’artiste ne cesse de le surprendre à chaque fois par ses salutations bien plus démonstratives que les siennes. L’intensité du son manque de ne pas lui faire entendre son compatriote, mais le dialecte qu’il choisit d’employer lui est beaucoup trop familier pour qu’il ne le saisisse pas. Première remarque qui lui arrache un sourire amusé. Il fronce ensuite les sourcils, avant de parcourir la salle d’un rapide coup d’œil. « Du moment que je les ai pas sur le dos, je veux bien te croire. » admet-il finalement, après une hésitation. Le monde peut-être drôle, s’il n’a pas à ramasser les pots cassés, ce qui ne risque pas d’arriver dans une telle soirée. Et puis, dans le fond, il doit bien l’admettre, des festifs inoffensifs peuvent avoir de quoi lui glisser un sourire.

Plus bas, le noirot ne manque pas de faire la fête à Dante, qui a peut-être fait l’erreur de le remarquer. Le maître sera bien vite oublié au profit de l’ami, plus joyeux, auprès duquel il trouvera plus d’enthousiasme. Sans pouvoir manifester son humeur grognon plus longtemps, ils atterrissent bien vite devant le bar et il n’en faut pas plus à Marcus pour deviner le petit mal de crâne qu’il aura sûrement au petit matin s’il se laisse aller. « Et non, faut bien que j’ai une raison de venir me vider la tête avec toi. » Parce que, si tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, il n’a aucune raison de quitter sa grotte. Il ne traîne pas avant d’ajouter quelques mots, manquant de bousculer quelqu’un au passage. « Pis j’allais pas encore me défiler, quand même. » Aucune raison de rester chez lui ne lui était parvenue. Bien au contraire, ça tombe plutôt bien pour lui.

« Par contre toi t’as pas l’air de t’être arrêté de vivre. » Il n’a pas l’air d’avoir mauvaise mine, à moins d'avoir déjà entamé la soirée avant son arrivée. Après avoir réussi à se frayer un chemin à la suite de Dante, il abandonne l’idée de s’asseoir, constatant la rareté des chaises. Décidément, tout a été aménagé pour laisser autant de place que possible aux danseurs. Il abandonne sa langue natale un instant pour demander une bière, fidèle à ses habitudes. Plus pour commencer en douceur que pour éviter de trop s’alcooliser. Pour ne pas manquer une miette de la soirée, Nero s’installe vite entre eux.

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MessageSujet: Re: It's time to live ⋆ Dante   Ven 12 Jan - 12:33

Peut-être que c'est parce que tu fais tout tellement dans l'excès que t'as l'impression que Marcus est rigide comme un piquet. Ou peut-être qu'il l'est vraiment, va savoir. Tu sais qu'il a pas l'habitude de ce genre de soirées, le pauvre, que tu corromps le brave peacekeeper avec tes manières prohibées. Bon, t'exagères un peu, tu sais que la Prohibition est loin de faire l'unanimité, même au sein des forces de l'ordre. Combien t'en a pas surpris en train de contourner les règles, hein ? Les descentes spectaculaires, c'est à moitié pour le show, à moitié pour se donner bonne conscience. Tu serais prêt à parier que la moitié de la milice a au moins enfreint les règles une fois. Hell, si on compte les fois où t'as poussé Marcus ou même Ambre à sortir et à boire, tu peux déjà les mettre sur la liste des corrompus.

Mais Marcus a pas l'air à l'aise, à scanner la foule. Et il l'affirme bien assez tôt en avouant qu'il préfère ne pas les avoir sur le dos. Voyons, comme si !

« Pff, t'inquiète pas ! Sois sympa avec les gens et les gens seront sympas avec toi. »

Proverbe qui pourrait presque résumer à lui tout seul ta ligne de conduite et ta façon de vivre. T'étais le genre de mec à qui on en voulait rarement, en général. T'étais le genre de mec sympa, facile à vivre, un peu trop sociable, le pote de tout le monde. T'étais comme un chiot. Enthousiaste, envahissant et plein d'énergie positive. En général, les gens aimaient bien les chiots. Mais évidemment, y'en avait toujours pour qui ton comportement était juste trop. Trop exubérant, trop flashy, trop inconscient. Et à ces gens-là, tu leur adressais un grand sourire et un big fuck you. Tu voulais vivre, toi, pas t'enfermer dans des contraintes sociales qui ne te correspondaient pas. On avait qu'une vie, autant en profiter à fond.

Y'a le chien de Marcus (t'as oublié son nom, mais tu te rappelles que c'est un truc marrant. Plus ou moins. C'est un peu difficile de se rappeler de tels détails, là) qui s'agite contre toi et ça te fait sourire. Ouais, un chien, ça t'aurait carrément mieux été comme animal. Ça court, un chien. Ça joue. Ça se dépense. C'est sociable. Ça te correspond plutôt bien, en somme. Au lieu de quoi, t'as un chat dont t'es toujours persuadé qu'il est à moitié sauvage – sale bête ingrate qui ne t'est même pas reconnaissante de l'avoir sauvée de la rue – tellement il aime griffer tout ce qui lui tombe sous les pattes, qui passe les deux tiers de son temps à dormir, et le restant à tenter de fuir ton appart'. Et les rares fois où il semble être d'humeur affectueuse envers toi, c'est seulement pour avoir de la bouffe. Bête ingrate.

« T'es beau, toi. » que tu murmures au chien, tout en passant tes doigts derrière les oreilles du malinois qui semble apprécier l'attention. Un léger rire t'échappe.

« Ça te dirait d'échanger ton chien contre mon chat ? Il se lave tout seul et il sort la moitié du temps, c'est tout bénéf'. » proposes-tu avec un sourire blagueur. Tu sais qu'il acceptera pas et c'est de toute façon une proposition en l'air mais parfois, tu te dis que t'aurais vraiment mieux fait d'avoir un animal comme Nero (ça y est, tu as retrouvé le nom !) que comme Grey.

Marcus ronchonne un peu, mais tu devines que c'est de bon coeur. Tu as définitivement un truc pour attirer les ermites italiens accros à leur boulot, on dirait. Tu commandes rapidement au bar un verre de whisky. Ou du moins, tu crois. En réalité, c'est pas comme si ça faisait une grande différence – tu veux juste un truc fort dont tu pourras au moins sentir un peu les effets, avant que ton super organisme ne s'en mêle.

T'essaies de pas penser que ça a de moins en moins d'effet, avec le temps. Que petit à petit, tu perds un peu plus ton humanité. Tu veux pas finir la soirée sur une note amère.

« Ouais, combien de fois tu m'as pas laissé sur le carreau. J'vais finir par en faire un complexe. » réponds-tu en roulant des yeux, faussement ronchon. Ton verre arrive, tu remercies la barmaid avec un sourire avant de te l'enfiler. Goût de cendres, toujours, mais la brûlure, elle, reste pareille. Au moins encore pour un moment. « Qu'est-ce qui t'a décidé à sortir, cette fois-ci ? T'as des soucis ? » demandes-tu, le ton plus sérieux.

Parce que ouais, tu t'inquiètes un peu. Parce que Marcus a l'air fatigué, et qu'il a, dixit, besoin de se vider la tête. Alors tu te demandes si c'est un truc grave, qui le pousse à chercher l'oubli pour quelques heures. Tu te demandes si tout va bien.

La musique est forte, et tes sens déjà sur-développés ont un peu de mal avec cette cacophonie, qui les met à rude épreuve. Mais t'aimes trop cette ambiance, ce monde, ce bouillonnement de vie, pour le laisser tomber. Tu veux pas t'arrêter de t'amuser parce que t'es un monstre. Et puis, aussi cruel que ça puisse te faire paraître, c'est également pour toi un garde-manger géant. On note nettement moins vite un brusque accès de fatigue, quand on danse pendant des heures collé à des inconnus.

Ton sourire se fait plus aiguisé, un peu amer, quand t'entends Marcus qui souligne que t'as justement pas l'air de t'être arrêté de vivre.

« Faut bien que je continue de vivre, pas vrai ? J'ai eu une seconde chance, ce serait con de la gaspiller. » fais-tu avant d'avaler une nouvelle gorgée.

Tu te rends compte qu'un peu après ce que t'as laissé échapper et tu grimaces intérieurement. Merde. Tant pis, tu pourras toujours parler de l'accident qui a failli te coûter la vie quand t'étais gosse. C'était ta première mort prévue, pas vrai ? Avant toute cette merde d'Apocalypse qui a failli te coûter la peau une seconde fois. Et toutes tes putains d'autres conneries par la suite.

Des fois, tu te dis que t'es juste un mort en sursis.



Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: It's time to live ⋆ Dante   Ven 19 Jan - 0:36

Sois sympa avec les gens et les gens seront sympas avec toi. Une mine désemparée lui échappe. Ce sont là de bien belles paroles, tant et si aguichantes qu'il se risquerait volontiers à les suivre. Pourtant, il ne le veut pas. Il n'en vaut pas la peine, tout autant que les autres ne le valent pas non plus. À quoi bon se risquer à sympathiser tout bêtement avec des inconnus qui ne seront, une fois le lendemain venu, que de sombres souvenirs ? Sans doute est-il trop méfiant, oui. Mais il préfère de loin n'être aimable avec personne plutôt que de prendre le risque d'avoir à recroiser qui que ce soit dans un contexte un peu moins tendre. Il n'est jamais à l'abri de se retrouver un jour à devoir arrêter un proche. De loin, la seule solution qu'il a trouvé pour y remédier, est celle de fréquenter qu'un petit nombre. Il est plus facile de laisser volontairement quelqu'un s'en tirer de temps en temps que d'en laisser partir trop régulièrement. Autrement les doutes seraient trop éveillés pour qu'il ne puisse lui aussi s'en tirer incognito. Le meilleur reste donc de ne jamais prendre le risque de s'attacher à une personne de plus.

Distrait, il laisse son regard glisser derrière lui, se tordant au passage l’échine. Sa souplesse n’est, hélas, que légendaire. Elle a existé, fut un temps, mais un temps révolu depuis de longues années. Prendre de la masse n’a pas eu que des avantages, il en fait les frais de temps à autres, assez régulièrement pour ne pas l’oublier. Ainsi, autant que son sterno-cléido-mastoïdien le lui permet, il se risque à placer des visages sur les corps dansants qu’il a soigneusement évité en arrivant. Des traits se dessinent peu à peu, de plus en plus précis. Un jeune couple ici, un groupe un peu plus âgé là, un autre dans ce coin, autant de sourires étirés que de lèvres présentes. Mais les siennes, figées, peinent à imiter leurs comparses. L’ombre d’une esquisse se glisse en leur coin, alors qu’il entend Dante glisser quelques mots à son compagnon de route. Son attention pour les autres s’est bien vite envolée, le voici qui plonge ses yeux dans ceux du canidé. Partie intégrante de sa vie et de son être, le malinois n’a nul besoin de la parole pour se faire comprendre. C’est ce qui le rend si agréable, sans aucun doute. Ce silence si éloquent qui remplace toute la maladresse des mots.

Il n’hésite pas pour répondre au second italien. « Mon chien est moins grincheux je pense, je vais le garder. » Il le pense, ou il en est certain. D’aussi loin qu’il s’en souvienne, il ne lui semble pas avoir déjà entendu quelqu’un se vanter de l’enthousiasme permanent de son félin. Ses doigts jouent un instant avec la bouteille qui a glissé sur le bar jusqu’à lui, en réponse à sa commande. Le tatoué l’observe sans trop de concentration, perdu dans ses pensées. Comment peut-on en être arrivé à interdire une si petite chose pourtant partie intégrante de la vie quotidienne ? Une bière, ça a toujours moins tué que d’être un sacré con. Un haussement d’épaules lui vient, il ne comprendra sans doute jamais le raisonnement de la Prohibition. Et il ne l’appliquera pas non plus, pour ce point tout du moins. D’un geste lent, il la soulève, la guide vers ses lèvres, qui ne tardent pas à entrer en contact avec le goulot. Une gorgée, puis deux, par soucis de contrôler la qualité. Il s’en satisfera, Dante a déjà repris la parole, il ne veut pas prendre le risque de paraître trop ailleurs. La bouteille retrouve le bar et son torse se tourne légèrement vers cette rare personne à avoir obtenu sa confiance.

« C’est vrai, je suis pas très assidu. » admet-il. Il lui fallait toujours une raison pour accepter de se faire traîner dehors, comme s’il ne pouvait tout simplement pas profiter de l’opportunité de passer un peu de bon temps. « J’suis en congé. » commença-t-il. Officiellement. Officieusement, en arrêt maladie, qu’il aurait obtenu s’il avait daigné se faire soigner par un professionnel reconnu. « Si le boulot me fait saturer, l’inactivité est pire. » Ô ça oui, il n’existe nul démon capable de l’égaler. Et qu’un unique moyen de remédier à ses maux. Dante peut le comprendre, pour avoir lui-même la peau gravée d’immuables images. « C’est pas l’envie qui m’en manque d’immortaliser ça pour de bon, mais paraît qu’il vaut mieux que j’attende un peu. » De s’être remis, d’avoir laissé opérer la cicatrisation. « C’est frustrant, tu ne peux rien faire, pas même ce qui t’anime le plus. » A défaut de servir les autres, faire de ses pensées des images qui l’accompagneront tout au long de sa vie, pour que jamais, il n’oublie. Et s'exprimer, imprimer dans un motif ce que, tout haut, il voudrait hurler. « Chacun sa drogue, d’une certaine manière je suis sûrement en manque. » Chacun son exutoire. Le meilleur et le plus fascinant qu’il a pu trouver restera toujours celui de l’encre et du dermographe parcourant sa peau.

Et sa remarque vient, juste avant qu’il porte une nouvelle fois la bouteille à sa bouche, et que son contenu se déverse pour glisser le long de sa trachée, soulagement moins physique que psychologique. Il ne veut pas engourdir son corps, il lui en faudrait plus. Mais son esprit, lui, n’en a pas besoin de beaucoup pour être contenté. Il lui suffit d’être là, de renier ces idées auxquelles il s’oppose, de retrouver Dante. Et ce dernier ne tarde pas à réagir, attisant une nouvelle fois sa curiosité. « Une seconde chance ? » Sourcil haussé, son regard glacial dénué de toute électricité, il ne cache pas ce détail qui l’intrigue. Il ne lui semble pas avoir déjà entendu parler l’italien parler de ce détail de sa vie, il l’écoute bien trop pour avoir pu passer à côté. « Qu’est-ce qu’il t’est arrivé ? » s’enquiert-il, ressentant le besoin d’en savoir plus. Principalement dans le but d’être certain qu’il ne s’agisse pas de quelque chose d’actualité, mais bien d’un fait passé. À leurs pieds, le malinois ayant capté l’inquiétude soudaine de son maître, daigne se redresser et pointer ses oreilles en direction des deux frères de patrie, comme s’il ne lui suffit pas de plus pour comprendre ce qu’il se passe.

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MessageSujet: Re: It's time to live ⋆ Dante   Dim 21 Jan - 14:32

Tu ne retiens pas ton éclat de rire devant l'air déconfit de Marcus face à ta maxime à deux balles. Il adhère pas ? Bon, en soi, ça t'étonne pas du tout. Il a jamais été ultra-sociable, Marcus, des fois, t'as la sensation de devoir faire sortir un ermite de sa grotte et tu dois ruser pour trouver une raison à une sortie ou un moyen pour parer ses excuses. Ou parfois, tu débarques simplement à l'improviste pour le traîner dehors. Ouais, y'a plus vraiment de téléphones et tout ça dans ce monde alors tu recoures aux bonnes vieilles méthodes traditionnelles. Non, pas les lettres. Toquer à la porte et s'incruster chez les gens. C'est comme ça qu'on faisait dans le temps !

« Pas la peine d'avoir l'air aussi effaré, va. J'te protégerais des méchants gens. Sauf si tu veux passer ta soirée avec une demoiselle collée à toi, là je peux t'aider, faudra juste que tu me dises tes goûts pour que j'affine la sélection. » fais-tu avec un sourire mi-moqueur, mi-salace. Tu paries que Marcus va avoir l'air encore plus désemparé devant tes propos mais c'est plus fort que toi, t'aimes bien le taquiner. Et puis bon, faut qu'il se relaxe, le pauvre, c'est pas bon pour la santé d'être aussi tendu. Un coup d'un soir est un bon moyen de remédier à ça.

Tu hausses simplement les épaules devant le refus de Marcus d'échanger son chien contre ton chat. Tu t'y étais attendu et c'était vraiment une parole lancée en l'air. En tout cas, c'est sûr que Nero doit être un compagnon plus agréable au quotidien. Déjà, il doit pas réduire les canapés en charpie. Ou se poser sur ton visage comme réveil-matin (très agréable les poils de chat dans la bouche au petit-déjeuner). Ou miauler à tout va pour le laisser sortir et puis revenir gratter à la porte même pas deux minutes plus tard. C'est chiant, un chat. C'est contradictoire, un chat. Parfois tu te demandes même pourquoi tu le gardes encore. Et puis, il ouvre grand ses yeux doré-vert et te fait cette moue suppliante et t'as pas le coeur de le remettre à la rue. Il crèverait sûrement sans toi. T'es pas un monstre non plus.

Du coin de l'oeil, tu vois Marcus prendre une gorgée de bière et ça te soulage un peu. Tu sais qu'il ne porte pas vraiment la Prohibition dans son coeur – il ne serait jamais venu ici, sinon – mais parfois, t'as toujours peur de pousser un peu trop loin. Tu sais que t'as tendance à forcer, parfois, à pas trop savoir t'arrêter ou connaître tes limites. Au moins, tu penses que c'est pas le cas, ici. Mais y'a toujours cette peur, au fond de toi, malgré tout.

« Hmm, je comprends. C'est pas facile de rester en place, surtout que t'as un boulot plutôt physique de base. » acquiesces-tu, quand Marcus t'avoue qu'il est principalement venu parce qu'il ne supportait pas l'inactivité.  T'es pas un workaholic comme lui, mais tu n'aimes pas rester inactif. T'as toujours besoin de bouger. Pas forcément de te battre contre quelque chose, même si parfois t'as ce sentiment aussi. T'aimes pas ne rien faire. T'aimes pas laisser les choses couler, quand y'a des trucs qui te révoltent tout autour de toi. T'es comme ça.

Tu hausses les sourcils face à son discours animé sur les tatouages. Tu vois rarement Marcus aussi passionné sur quelque chose. Mais hey, c'était bien là-dessus que vous aviez accroché au départ. T'as vu un pauvre Italien à l'accent prononcé, l'air un peu paumé, tatoué de partout, forcément, tu t'es dit que t'allais aider un compatriote qui avait bon goût. Ils sont cools, ses tatouages, à Marcus. Ils ont chacun leur histoire et tu sais respecter ça.

« Tu t'es blessé ? Que tu dois attendre pour un nouveau tattoo ? Ou t'en as fait un trop récemment ? »

Même si t'es pas aussi accro que Marcus, ça te manque un peu, les tatouages, tu dois l'avouer. T'en as pas autant que tu le voudrais. La faute à ton organisme qui guérit trop vite tout seul. Si pour les blessures, c'était plutôt cool, quand tu t'en es rendu compte, tu as vite compris que malheureusement, ça voulait dire que ton corps absorbait bien plus vite que tu ne le désirais drogues et alcool. Et que les tatouages ne tenaient pas du tout. Alors ouais, ça fait plus de quatre ans que plus rien ne tient sur ta peau. Comme Marcus, t'en ressens le besoin, parfois, cette envie de marquer les éléments de ta vie dans ta chair, mais t'as appris à l'ignorer. T'as plus vraiment le choix de toute façon, sauf si t'as recours à ces encres spéciales vendues sur le marché noir et très franchement, t'es même pas sûr que ça fonctionnerait sur toi. C'est plutôt pour les métamorphes, à la base, du moins, c'est ce que t'as entendu. C'est pas comme si on allait créer des trucs pour faciliter la vie des ennemis publics numéro un du gouvernement.

T'avales une gorgée de whisky et tu grimaces en entendant Marcus réagir à ta remarque. Ah. C'était trop demander qu'il l'ignore hein ? Évidemment, y'a fallu que ça t'échappe – la faute à l'alcool, sûrement. Tu tournes la tête vers l'autre Italien, te mords les lèvres, hésites. T'as pas envie de lui mentir. C'est une des rares personnes à qui tu fais confiance. Tu le vois presque comme le p'tit frère que t'as jamais eu. Mais est-ce que tu peux vraiment lui dire la vérité ? Parce que même si son boulot n'est pas directement de te tuer, contrairement à Ambre, c'est quand même un flic, et tu imagines qu'il peut difficilement fermer les yeux s'il se retrouve face à un daybreaker. Est-ce que t'es assez égoïste pour le faire choisir entre toi et son boulot ?

Alors, avec un soupir, tu pars sur une demi-vérité.

« Eh. Disons qu'il m'est arrivé un sale truc et que j'en suis pas ressorti en un seul morceau. Plusieurs fois, même, à croire que j'aime manquer de crever. » Un sourire qui manque de joie, un haussement d'épaules. Sans le vouloir, tu les raidis, te préparant involontairement à un rejet. Tu préfères tourner ton regard vers le bar plutôt que fixer Marcus. T'es un lâche. « J'ai un peu perdu mon humanité en cours de route mais hey, c'est la vie, hein ? » finis-tu sur un ton faussement joyeux.

À Marcus de tirer la conclusion qu'il veut. Tu pourras toujours dire que c'était une métaphore ou prétendre être un métamorphe, si le sujet déraille trop.

Tu vois Nero qui se redresse et t'adresses un sourire un peu triste au chien, avant de passer ta main sur sa tête. Ouaip, t'aurais dû être un chien. Ça aurait été certainement mieux que cette merde au sang noir et au coeur vide que t'es maintenant.

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MessageSujet: Re: It's time to live ⋆ Dante   Dim 4 Fév - 17:29

Ses râleries tiennent un temps, mais perdent vite de leur intensité pour s’effacer peu à peu. Une forme qu’il se donne avant tout, à défaut de pouvoir dire réellement que ça ne lui déplaît pas de le retrouver, même si cela implique de se mêler un peu aux affaires sociales. Ça ne lui fait pas de mal, dans le fond, il le sait bien. Aussi indépendant qu’il soit, il ne peut pas tout le temps se contenter de la compagnie de Nero pour garder pied. Doucement, mais sûrement, le brouhaha infernal autour de lui, lui tapant tant sur le système initialement, se transforme en un bourdonnement d’essaim et se fait oublier progressivement. La difficulté d’entendre les paroles prononcées par Dante est toujours présente, mais il y fait abstraction. Il comprend, le principal est là. Il lâcherait bien un léger sourire, attendri par la familiarité de cet italien qui l’a pris sous son aile, mais ne le fait pas, titillé par la suite de ses propos. « Ça attirerait plutôt les méchants gens. » Et puis, il n’est pas là pour ça, même s’il est dans l’incapacité de nier que ça ne lui ferait pas de mal.

Juste une fois. Depuis le temps. Depuis la dernière fois. Pourquoi pas. Il le pourrait bien. Il le pourrait bien, oui. Mais il ne le fera pas, comme toujours. Ce serait simple pourtant, nul besoin de se rabaisser pour trouver une gente féminine disposée à faire des rencontres. En soirée, n’est-ce pas l’essence même de ce risque pris qu’est celui de se rassembler dans des pratiques non cautionnées par le Saint Gouvernement ? Il n’y aurait pas besoin d’aller nécessairement frapper aux portes de la prostitution, il le sait. Pourtant, il l’ignore. Tout est mis dans le même bateau, sans distinction aucune. Il ne cherche pas à savoir ce qu’il pourrait manquer, préférant s’éviter de souffrir inutilement. Un coup d’un soir pourrait vite devenir un coup d’un autre soir, puis d’un suivant. Il ne prend aucun risque, on ne l’aura plus sur le long terme, tout autant qu’il est compliqué de le convaincre sur le court. « Après s’tu veux chercher pour toi, je t’en empêcherai pas. » lâche-t-il finalement après une nouvelle gorgée. S’il ne s’y risque pas, il n’a pas de raison pour qu’il l’en empêche. Ce serait amusant, il ne lui semble pas l’avoir vu en bonne compagnie récemment. Mais encore faudrait-il qu’il sorte plus souvent pour pouvoir en être certain.

Un temps, suivi d’un hochement de tête approbatif. Ça fait tout drôle, oui, d’être limité à une activité de base. Ne pas courir, ne pas trop porter, ne pas faire de mouvement brusque. Bien trop d’interdictions à ses yeux. Où sont les permissions ? Où est cachée cette activité qu’il chérit tant ? Son retour sera explosif, il le sait, et s’en console quelque peu. « Pas d’sous surtout. » marmonne-t-il d’insatisfaction. « Pis une petite blessure de boulot, aussi. » avoue-t-il finalement. C’est chose courante, dans le métier, rien de surprenant. Lorsque les conditions seront réunies, il filera chez son tatoueur sans perdre de temps. En attendant, les idées se poussent en bon nombre. Il y en a bien une qui s’étoffe davantage que les autres, se démarquant de plus en plus. Encore un peu de patience, et il la réalisera enfin. Quelques gorgées de bière supplémentaires, les dernières avant que celle-ci de soit vide. Main droite qui glisse alors du bar le long de son corps, jusqu’à trouver la truffe humide du malinois. Truffe qui glisse contre ses doigts tatoués jusqu’à leur présenter une oreille, qu’il grattouille affectueusement. Nero a l’air nullement gêné par le bruit, ce qui ne manque pas de détendre l’italien.

Tout ouïe, il attend son explication. Cette fameuse seconde chance qui l’intrigue tant. L’information ne tarde pas à sortir, lui arrachant un léger froncement de sourcils. Il ne comprend pas, pour l’instant. Cerveau lent, loin d’être télépathe, il ne saisit pas précisément où Dante veut en venir. Des sales trucs, il peut en arriver de touts sortes par ces temps. Certains sont clairement connus de la population, d’autres moins. Il ne parvient donc pas à choisir la bonne interprétation. Des doutes naissent doucement, mais il les ignore. Pas ressorti en un seul morceau. Comment ça ? Il lui faudrait l’entendre sans implicite, de manière plus directe, pour saisir réellement. Il croit comprendre sans comprendre, cela se lit certainement sur son visage. Mais le regard de Dante s’est éclipsé dans une autre direction, pour une raison que Marcus ne saisit pas. Finalement, l’aveu est lâché. Le tatoué, s’il comprend, marque un temps d’arrêt. Si la nature exacte n’est pas précisée, il préfère ne pas en savoir plus. Il en sera mieux ainsi. Même s’il ne va pas le juger, d’autres en seraient capables. L’italien se méfie trop. Des oreilles traînent vite, même par ce boucan.

« T’façon on l’a tous plus ou moins perdu. » lâche-t-il enfin. Si seulement ses prétendus sujets, lui-même inclus, en faisaient preuve plus souvent. Ce serait sûrement plus simple, ou moins fou. Cette humanité. Ce prétendu caractère qui devrait tous les lier. Il n’y croit plus, lui, à cette idée. « Tant que t’en deviens pas un autre, j’vois pas où est le problème. » Dante, quel qu’il soit, reste Dante. Aux yeux de Marcus, il n’y a pas à aller chercher plus loin. Ça ne changerait pas grand-chose, de toute façon. Son cœur le pousse contre ces acharnements envers les créatures surnaturelles, tout autant qu’il se révolte face au trafic croissant de sang humain. « Au fond, on est tous dans le même panier. On finira tous par y passer. » Alors pourquoi chercher à s’exterminer les uns les autres ? Ils se retrouveront tous au même endroit. Dans le néant. Il pourrait bien craindre pour sa peau. Et il le fait, assez régulièrement. D’autant plus face à l’évolution des choses, qui ne semble, selon lui, pas s’améliorer. Plutôt que de blâmer l’autre pour avoir risqué de faire naître une forme de méfiance entre eux, il commande plutôt une autre bouteille.

HRP:
 

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MessageSujet: Re: It's time to live ⋆ Dante   Jeu 8 Mar - 0:56

Marcus décline ton offre généreuse de l'aider à trouver une demoiselle avec qui passer la soirée et ça ne t'étonne pas vraiment. C'est plus ton genre que le sien. T'affiches un sourire, avant de prendre une gorgée de whisky. « Toi qui vois. » T'es pas du genre à forcer de cette façon-là. Tu peux être chiant, jouer les potes un peu relous, tenter de changer les mentalités sur certains aspects – comme la politique ou le respect d'autrui – mais en général, tu t'immisces pas dans les relations des autres. T'évites, parce que tu sais qu'à toi-même, ça réussit pas, tous ces trucs. T'as jamais réussi à ressentir comme il fallait, à t'accrocher comme il fallait. Enfin, ça a jamais été véritablement un problème pour toi, davantage pour les autres, qui s'attendaient à plus de ta part que ce que tu ne peux donner. Tu crois que tu sais pas être amoureux. Du moins, pas dans le sens que la plupart des gens le comprennent. Tu peux aimer. Mais apparemment, t'aimes pas de la bonne façon.

Enfin, c'est pas comme si ça posait problème aujourd'hui. T'enfermer dans une relation, ça a jamais été très naturel pour toi, et de toute façon, tu t'y refuses avec ta nature de daybreaker. Quiconque traînerait dans ton appart' trop longtemps découvrirait la vérité et dans ce cas-là, c'est sur l'échafaud que tu vas te retrouver, parce que tu doutes franchement que quiconque voudrait s'associer à un monstre bien longtemps. Contrairement à ce qu'on peut croire, tu tiens plutôt à ta peau. Alors papillonner, c'est plus facile. Ça attire moins les questions. Même si ça aussi, c'est pas un comportement cautionné par le gouvernement. De toute façon, avec ton palmarès, c'est impossible d'en être autrement. Résistant, grande gueule, bagarreur, bisexuel aux mœurs légères, consommateur d'alcool et de drogues, sans oublier la pire tare de toutes : être un daybreaker. Tu as tout pour être l'élément à éliminer à tout prix aux yeux du gouvernement. Que tu sois toujours en vie aujourd'hui, en soi, est un petit miracle.

« T'en fais pas pour moi. J'préfère te voir toi, c'est rare que j'arrive à te traîner en soirée. »

De toute façon, t'as pas faim, il n'est pas impératif que tu t'embarques dans le lit de quelqu'un pour lui siphonner l'énergie ou les rêves discrètement. Tu peux profiter de cette relative normalité pour passer la soirée avec Marcus. Bientôt, il t'avoue dans un marmonnement que c'est surtout une question de sous qui l'empêche d'avoir un nouveau tatouage. Avant d'admettre qu'il y a aussi une blessure de boulot. Tu retiens l'inquiétude de trop transparaître dans ton ton. Parfois, t'es un peu trop papa poule, paraît.

« Ils paient si peu, au gouvernement ? » demandes-tu, un sourcil haussé, ne pouvant masquer le sarcasme dans ta voix. Avant d'ajouter, un peu plus soucieux : « Rien de grave, hein ? » Tu prends une nouvelle gorgée, considères l'espace d'un instant allumer une cigarette. Tu sais pas si l'odeur de la clope incommode Marcus. Enfin, y'en a déjà un peu tout autour de vous, mais c'est différent de se la taper directement dans la gueule. Tu résistes pour l'instant. « T'as déjà un design en tête ? »

Après tout, tu peux bien écouter un passionné, et tu trouves toujours intéressant d'entendre les histoires derrière les tatouages. Connaître les raisons ou le symbolisme de certains. Pour toi, c'est comme un livre, une carte, un nouveau langage à déchiffrer.

Tu regrettes à moitié d'avoir laissé les mots t'échapper, et tu te tends, attendant le jugement, l'instant où la vérité est devinée, découverte, et où le rejet apparaît. Mais peut-être que tes propos ont été trop vagues, car ce n'est pas la réaction attendue que tu reçois. Tu te retournes, un peu surpris, et oui, avec un espoir timide qui naît dans ta cage thoracique. L'explication semble être acceptée sans condition, sans plus de questions et c'est soudain trop. C'est comme un poids énorme qui est enlevé de tes épaules, un poids que tu n'avais pas réalisé être aussi lourd. C'est comme si tu respirais enfin pour la première fois depuis longtemps. Tu te sens ridiculement reconnaissant, ridiculement plein d'espoir et d'affection envers Marcus. Parce que c'est la première fois que t'avoues ta nature à quelqu'un qui ne l'a pas deviné en premier, la première fois que tu prends ce risque inconsidéré. Le risque d'être rejeté, pour un truc que tu n'as pas voulu, un truc qui te met à l'écart alors qu'il ne dépend pas de toi. Le risque d'être tué, pour un truc qui t'a fait passer de victime humaine à créature à abattre, aux yeux de ceux qui ne comprennent pas.

Ce soulagement que tu ressens est ridicule. Et pourtant, profondément humain. T'as envie de rire, peut-être de pleurer un peu aussi, tu sais pas. Y'a trop d'émotions qui bataillent en toi. T'adresses un sourire à Marcus, un sourire probablement un peu vacillant et moins brillant que ceux auxquels t'es coutumier mais hey, peut-on vraiment te juger ?

« Tu m'as toujours connu autre. Alors, non, je n'ai pas changé. »

L'aveu à demi-mot que tu es un daybreaker depuis des années. Quatre ans. Ça fait vraiment si longtemps ? Parfois, tu oublies presque ce que ça fait, d'être humain. Peu à peu, tu oublies les goûts, les sensations. Tu penses que tu ne changeras jamais, jamais fondamentalement, jamais au point de passer pour le monstre que le gouvernement veut faire de toi, mais tu ne peux qu'espérer, t'accrocher à ton humanité. Tu ne veux pas la perdre plus qu'elle ne l'est déjà.

Pris d'une soudaine impulsion, tu serres Marcus dans tes bras, parce que t'as besoin de communiquer ce soulagement, t'as besoin de cet ancrage physique, pour pas dérailler, pour être sûr que c'est réel. C'est probablement pas le moment ni l'endroit, mais tu t'en fous. T'as toujours fait ce dont t'avais envie, après tout.

« Merci. »

Ta voix s'étrangle sur ce simple mot, que Marcus n'entend probablement même pas, murmuré qu'il est, noyé dans la masse de bruits du club.

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MessageSujet: Re: It's time to live ⋆ Dante   Mer 14 Mar - 0:39

Lipes qui s’étirent légèrement, approuvant les propos de son comparse italien. Bien sûr, il ne se fait pas de soucis pour lui. Certes, la sortie de Marcus est plutôt exceptionnelle, au même titre que toutes les autres, mais il ne veut pas le freiner, s’il a quelqu’un en vue. Il pourrait très bien faire un effort de son côté et se décider à pointer son bout de nez dehors un peu plus régulièrement. Parfois, il tente de s’en convaincre, mais abandonne vite son idée. L’envie lui manque de prendre sur lui, d’ignorer tout ce qui, en temps normal, le pousserait à s’agacer. Il n’a pas encore accepté de voir le monde partir en vrille sous ses yeux, bien qu’il soit justement supposé veiller à ce qu’il reste un minimum sur les rails établis. Comme il le fait actuellement, s’abreuvant du liquide prohibé, comme tant de personnes autour de lui face auxquelles il ne fera rien.

Il n’a pas le temps de s’égarer bien longtemps, Dante n’est jamais bien loin. Il le lui rappelle bien assez vite, ce qui ne le déçoit guère, bien au contraire. L’accumulation des questions l’aurait presque dérangé s’il s’était agit d’une autre personne. Mais Dante n’est pas n’importe qui, à ses yeux, ainsi il ne relève même pas ce point, se contentant de lui apporter des réponses. Avec lui, il a toujours apprécié de converser, pouvant abandonner toute position défensive dans ses propos. Il lui fait confiance, depuis le début. « Non, je n’ai pas à me plaindre sur ce point. » Le Gouvernement a au moins le mérite d’être régulier dans ses paiements. « Mais les économies partent vite dans les projets. » Beaucoup trop vite à son goût, même, alors que le loyer occupe déjà une place considérable. Il gère ses dépenses de manière pas très optimale, aussi, probablement.

« Rien de grave, je t’en assure. La preuve, j’suis là. Ça m’a pas suffit pour servir de prétexte à ne pas bouger de mon trou. » Comme pour chercher à donner un quelconque appui supplémentaire à ses propos, il se recul légèrement, écartant les coudes pour montrer qu’il ne cache rien de particulièrement préoccupant. Autrement, ça se verrait, certainement. Et puis, il ne veut pas que l’autre italien s’inquiète. Non, bien que cela fasse prendre à Dante des mimiques qui lui mettent un peu de baume au cœur, il préfère tout de même le voir avec sa bonne bouille avenante. À la dernière question, Marcus se voit contraint de faire la moue, avant de hocher négativement de la tête. « Non, rien de précis pour l’instant. » Il est encore en pleine recherche, bousculé de tous côtés par plusieurs idées toutes autant plus tentantes les unes que les autres, sans pour autant coller parfaitement à ce qu’il a en tête. Pour l’heure, il recule plus qu’il n’avance.

Mais s’il y a bien une chose sur laquelle il ne reculera pas, c’est sur ce qu’il vient de dire. Oui, il s’en fiche bien de la nature de l’italien. Et ce n’est pas seulement pour les origines qu’ils partagent, dans cette ville si lointaine de leur douce Italie. Ce n’est pas non plus pour ce goût commun des tatouages, bien qu’il suffise parfois de ce simple point pour s’accorder le bon œil du peacekeeper. Mais Dante, s’il a tous ces avantages, est surtout lui-même. Déstabilisant et attachant par cette bienveillance dont il a fait preuve à l’égard du pauvre rital, flanqué de son cabot, encore perdu dans cette ville qu’il n’avait pas choisie, comme tant d’autres personnes. Puis il y avait la barrière de la langue, qu’il n’avait jamais réellement franchie depuis son établissement aux Etats-Unis. Grâce à cette main qui s’est tendue devant lui, il a pu combler une grande partie de ses lacunes. Sans Dante, il en aurait peut-être, même sûrement, été autrement.

« Cet autre n’a rien à se reprocher, je trouve qu’il est très bien ainsi. » déclare-t-il alors. Ça ne le dérange pas, de le connaître ainsi, bien au contraire. Il n’a jamais rien trouvé à lui reprocher, si ce n’est autre que de vouloir le traîner dehors, et ne voit pas ce qu’il pourrait lui reprocher après cette révélation si ce n’est autre que d’avoir pris le risque d’être entendu et compris par une oreille traînante. Et puis, il n’a pas vraiment le temps non plus de développer davantage. Cela semble suffire au musicien, qui le prend dans ses bras, lui arrachant une mimique de surprise. « Et bien... » lâche-t-il, lui tapotant amicalement le dos à défaut d’être doté d’une once de talent pour ce qu’il s’agit de montrer son empathie. Il ne sait pas ce que Dante peut ressentir au quotidien, de tout ça, il ne parvient pas à se l’imaginer, étant encore trop humain, pour comprendre. Bien qu’il n’entende pas son remerciement, il le ressent, par leur accolade, cette absence de tension si soulageante.

Et puis, il se rend compte que ça fait vraiment du bien, de le revoir. Il se rend compte qu’il peut très bien traîner sa carcasse hors de chez lui sans râler toutes les deux minutes, s’épuisant ainsi les nerfs par la même occasion. « Dante. » les interrompt-il alors. Il a aussi de lui dire à sa manière qu’il est content d’être là, avec son talent absent lorsqu’il ne s’agit pas de l’ouvrir pour s’attirer des remontrances. « Si un jour tu as besoin de moi, d’évacuer la pression du silence, de te vider la tête, ou c'que tu veux, n’hésites pas. » C’est la moindre des choses. Il sera toujours là pour lui, tout autant qu’il en a été de l’inverse. Il ne demande pas d’en savoir plus, au contraire. Il n’a pas besoin de tous les détails, il lui faut juste savoir lorsqu’il a besoin de se remonter le moral. Moins il en sait, mieux il se porte, au final. « Tu sais bien que je ne suis pas fourbe. » ajoute-t-il. Il serait bien le dernier à lui faire un coup bas.

À leurs pieds, le malinois s’est définitivement assoupi. Voici qui achève de faire oublier à l’italien tout ce monde qu’ils ont autour d’eux, et qui l’incommodait initialement. Un regard jeté vers sa bouteille, à présent vide, avant de replonger en direction de son comparse. « Par contre je reprendrai bien une bière, pas toi ? » Parce qu’à défaut de toujours trouver les mots naturellement, boire un coup aide toujours à délier une langue, ainsi qu’à recoller des morceaux de conscience éparpillés. L’alcool panse presque toutes les plaies, son avantage est bien là, il ne peut le nier.

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MessageSujet: Re: It's time to live ⋆ Dante   Sam 14 Avr - 18:27

Y'a le bruit tapageur de la musique, les vibrations dans le sol, les éclats de voix un peu partout autour de vous. Après ta transformation, le passage à des sens plus aiguisés était douloureux, tout soudain beaucoup plus fort, beaucoup plus brillant, beaucoup plus odorant. Avec le temps, tu t'es habitué à ces sens, ils font partie intégrante de ton être, et en vérité, tu as probablement déjà oublié ce que ça fait d'appréhender le monde avec des sens humains. Ça fait trop longtemps que tu ne l'es plus. Tu te demandes comment Marcus supporte tout ça. Toi, t'as toujours aimé les ambiances survoltées, tu vis mieux quand t'es entouré, quand tout bouge autour de toi, mais tu sais que c'est pas le cas de l'autre Italien, d'un tempérament beaucoup plus calme que toi. En soi, c'est un petit miracle qu'il t'ait rejoint ici. Ou alors, il se faisait vraiment chier. C'est possible aussi.

T'esquisses un sourire amusé en entendant Marcus confirmer que la blessure n'est pas grave – allant jusqu'à te le prouver physiquement – et qu'elle ne lui a pas servi de prétexte pour t'éviter. « Tant mieux alors. » Tu murmures en assentiment en entendant qu'il n'a pas d'idée précise de tatouage. « Bah, ça viendra. Tu peux avoir l'illumination clac, comme ça. » ajoutes-tu en claquant des doigts. « Ou alors un design que tu croises et qui t'inspire, j'sais pas. Personnellement, j'ai toujours plutôt été inspiré par la peinture mais bon, c'est pas vraiment étonnant avec mon background. » Quand on grandit en tant que gosse d'un père directeur de musée et qu'on a toujours été bercé dans l'art et la culture – classiques et anciens, de préférence – depuis tout gamin, forcément, ça déteint, au bout d'un moment. Les tatouages de Marcus te paraissent particulièrement variés, donc il est possible qu'il tire son inspiration d'un peu de tout. Pas forcément simple pour s'arrêter sur une idée précise, surtout si on veut que le tout soit cohérent avec le reste. Avec les tatouages, c'est le corps qui devient une toile. Du moins, c'est comme ça que toi tu l'as toujours perçu.

T'aimerais pouvoir faire comme si c'était rien, comme si ça te touchait pas, qu'il t'accepte si facilement. Mais t'as jamais été très doué pour tenir tes émotions en laisse, tu ressens tout trop fort, alors forcément tu dois l'exprimer, verbalement comme physiquement. T'as toujours été du genre tactile, à démontrer ton affection de manière concrète, mais tu sais que ça met pas à l'aise tout le monde. Tu sens que Marcus est au moins un peu étonné, si pas forcément embarrassé, et le léger geste qu'il esquisse en retour est déjà bien plus que ce à quoi tu t'attendais de sa part.

Tu te détaches, t'essaies de te reprendre, retrouver ta nature enjouée, insouciante mais il te faut encore quelques secondes d'adaptation, le temps de battements de coeur. C'est con, tellement con que ça te soulage autant mais putain, c'est tellement le cas. Même si t'es toujours entouré, tu peux pas t'empêcher de te sentir terriblement seul, par moments, avec ce secret qui te pèse. Parce que ouais, tu peux être pote de plein de gens, le collègue d'autres, l'amant d'un soir d'ombres passagères, mais y'a personne qui sait. Personne à part Marcus, maintenant. Et ça te libère d'un poids dont tu t'étais jamais vraiment rendu compte avant, ou alors sur lequel t'as toujours préféré pas trop t'attarder. Ça bouleverse ton équilibre et ton monde et t'as besoin d'un instant pour te recentrer. Juste un instant, et tu redeviendras comme avant.

T'es sur le point de dire une connerie, sortir une blague à la con juste pour détendre l'atmosphère, l'éloigner de ce sujet trop sérieux, parce que c'est ton mécanisme d'auto-défense, de toujours tout prendre par légèreté ou dérision, mais l'autre Italien te bat par la vitesse et t'interpelle, d'un ton presque trop solennel. D'un côté, la déclaration ne devrait pas te surprendre, parce que c'est le genre de Marcus d'affirmer des choses pareilles, mais c'est toujours...surprenant à entendre. Enfin, dans ton état, t'es peut-être juste trop à fleur de peau pour tout prendre comme acquis. Rien n'est jamais acquis.

« Ouais, je sais. Merci, vraiment. Tu sais pas à quel point ça peut... » Un sourire embarrassé, pour masquer les mots qui s'embrouillent. « Merci. »

À vos pieds, tu crois que Nero a fini par piquer un roupillon contre ta jambe. T'affiches un sourire à moitié amusé, à moitié éberlué envers le canidé. Comment il peut s'endormir si facilement dans un endroit où il y a autant de bruit, ça te dépasse.

La proposition d'une nouvelle bière est lancée et tu réponds, à moitié sérieux :

« Si tu paies, je dis pas non. »

En vrai, tu paieras probablement toi-même mais pour l'effet que te fait une bière, ouais, clairement tu aurais tendance à pencher pour quelque chose d'un peu plus fort. Mais autant rester dans les trucs plus softs, même s'il t'en faut beaucoup pour finir ivre, voir quelqu'un enchaîner les verres de whisky et quasiment rien ressentir a quelque chose de douteux. So beer it is.

T'es sur le point d'appeler le barman quand tout d'un coup, y'a du mouvement au sein du bar. Pas juste la foule qui s'amuse ou danse, non, mais y'a un truc qui cloche, tu le sens, et tu tournes ton regard vers ce que tu crois être l'origine du brouhaha, l'appréhension te gagnant quant à la source de cette agitation.


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