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 Don't stand so close to me ft. Aritza Belmonte

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MessageSujet: Don't stand so close to me ft. Aritza Belmonte   Lun 18 Sep - 14:44

Le Bayou, ce monde qui me fait prendre conscience à quel point mon père avait raison sur le Vietnam. Et encore, j'étais au courant que ce n'était qu'une partie de ce qu'il avait vécu mais cet endroit est un vrai guêpier de premier. Pire avec les failles de partout, des zones à éviter mais les rôdeurs s'en fichaient pas mal et adorent barboter en attendant qu'une cheville se perde dans leur gosier qui ressemble plus à un bol fondu avec du guacamole dedans. Vous savez ? Celui qu'on avait l'habitude de laisser deux semaines sur la table. On savait qu'on ne chopperait pas grand chose à Des Allemands mais le groupe avait fini par se rabattre sur les nombreux chantiers navals pour trouver de l'essence, de l'équipement.

Raider tout près d'un géant comme la Nouvelle-Orléans en plus d'un autre phénomène surnaturel était un challenge, si on reste immobile, on finit par mourir et rejoindre l'armée des morts ambulants. Je préférais risquer ma vie, pour le peu de précieux qu'elle a bien sûr.

J'avais tout de même trouvé un petit quelque chose spécial. J'adore dénicher des objets qui me font penser à une personne en particulier. Je fais confiance en mon instinct et puis on a le droit de me dire que ça ne plait pas. Une intime conviction que l'objet avait une place et qu'il lui en faudrait une autre. Pour ma part, je me contente de ma collection de DVDs de films avec Jean-Claude Van damme. Je n'ai rien pour les lire mais ça me rassure que ces films aient bien existé. Même cette bouse de Street Fighter.

En parlant de combat mou, j'avertis les membres du raid que j'allais chasser puis les rejoindre au camp avec de quoi manger. Je glissai ma trouvaille dans une de mes poches zippées et laissai le reste sur les épaules d'un partenaire pour être plus léger. J'en avais bien besoin car même si j'avais pris l'habitude de chasser à l'arbalète, ça restait une arme désagréable à prendre en main. Bon, je ne le nie pas, elle rend classe n'importe qui semblant avoir une prise sûre avec. Mon fusil me manquait, je ne pouvais malheureusement pas perdre de balles pour rien surtout en cette situation. Je ravalai ma fierté et me mit en quête d'écureuil, de quelques volatiles non loin du lac et quelques serpents. C'était imprudent de chasser seul mais je ne parvenais jamais à rester concentré avec quelqu'un à mes côtés après m'être dépensé, la faim du voleur d'énergie que j'étais se retrouvait vite excité avec un partenaire à mes côtés. Et puis...je ne vais pas le cacher, j'aimais beaucoup mes petits moments de solitude : moi, le bayou et mes sens qui cherchaient des proies. Ça me grise comme jamais, j'ai vraiment l'impression d'être un animal ne faisait que répondre à l'appel de la nature sans aucune culpabilité.

La récréation était terminée, le gibier pendant autour de ma taille et sur les épaules, je suivis la piste de mon groupe pour retourner au camp. Les gens ne tardaient pas à à alléger mon fardeau pour préparer à manger rapidement, même le tanneur était déjà prêt à travailler les peaux. Aucun gaspillage de prévu. Dès la première coupe, je chipai un petit morceau de viande d'écureuil pour aller récompenser la patience de Gilead, d'abord tout fou puis d'un geste près du museau, il se mit en position assise, je plaçai le morceau de viande sur son museau, attendant quatre secondes. Je montrais simplement que j'étais le dominant, je donnais à manger quand je l'aurais décidé. Je l'apportai près de sa gueule puis il mâchait tranquillement pendant que je le flattais. Après que l'odeur de viande disparut, une fragrance vint me chatouiller les narines excitant ma faim plus que jamais.

Ari.

Elle arrivait.

Même si la gêne était toujours présente, hors de question de manquer de politesse à une dame, surtout elle. Je me relevais et lui offrit un sourire léger et chaleureux, comme d'habitude.

J'étais content de la voir, vraiment mais j'avais honte d'avoir soif de son essence, sentir un animal déshonorable gronder en moi à son approche, bien loin de la belle image du chasseur patient que j'imaginais dans le bayou.

- De la volaille, du serpent et des écureuils au menu aujourd'hui. J'espère que ça te fera plaisir car je me suis donné un mal de chien avec...ce truc, plaisantai-je en lui montrant l'arbalète.

J'espérais la faire sourire, j'avais horreur quand le sérieux prenait le pas sur nos discussions. Oui, c'est de la lâcheté et oui, je vous emmerde.
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MessageSujet: Re: Don't stand so close to me ft. Aritza Belmonte   Mer 20 Sep - 8:22

Je penche un peu la tête de côté. J'observe ma main droite, à peine tendue vers l'avant. Je la porte un peu vers le haut. La tourne délicatement. Mon visage suit le mouvement. Je suis comme hypnotisée par la simplicité de l'acte. Il n'y a là aucune douleur. Aucune sensation. Je plie et déplie avec douceur mes doigts. Mes phalanges. Toujours rien. Juste la vue. Et un peu l'odeur. À peine. Probablement une réaction neuronale inspirée par la genèse de mes autres sens.
Je reporte mon membre méconnaissable vers moi. J'effleure la peau arrachée de mes doigts intacts. Je grimace. Plus par réflexe que par réel intérêt. Je me surprends à réagir aussi banalement à cette constatation de ... rien. Juste une plaie. Moche. Comme gangrenée. Le cratère d'un mini-volcan éteint. Une boursouflure écrasée. Écartelée. Le derme est mort. Qu'il repose en paix. La chair est à l'air libre. Elle semble ne pas aimer cela. Elle montre les crocs. Elle claque des dents. L'oxygène l'agresse. Rend sa couleur imberbe. Malade. Je reste comme obnubilée par une telle beauté. Accessoirement son manque.
Je bouge.
Rien.
Je souffle.
Rien.
Et si je la frappais une deuxième fois dans la paroi en béton armé ?

C'est ainsi que tout a débuté. Jésus qui me regarde. Qui je jauge. Qui me juge. Je le vois. Je le sens. J'ai beau détourner le regard et lui montrer mon dos, ses yeux me transpercent. Je frissonne. J'enrage. Pourquoi ne peut-il me laisser tranquille ? Pourquoi ne peut-il se contenter de la terre qui désormais l'abrite ? Il a eu droit aux éloges funéraires. Il a eu droit au sermon divin. Il a eu droit au pardon de ses frères. Alors qu'attend-il de moi ? Que j'en fasse de même ? Que je poignarde de ma seule main le cœur de lui qui a eu le sien ? Que je prenne le flingue à mon tour ? Que je tire à bout portant comme une tempe qui lui ressemble tant ?
Gabriel.

Je me suis retournée.
J'ai frappé.
Fort.
Trop.
Et si peu à la fois.

Ce qui je n'ai jamais su faire jadis. Cette dernière étape qui est toujours restée dans mes pensées. Je l'ai rêvée. Je l'ai visualisée. Et je l'ai gardée pour moi. Je l'ai avalée, refrénée, reniée ... mais désormais les barrières ne sont plus. Bien trop amochées. Bien trop effritées. Elles ont commencé à tomber en lambeaux. Elles ne sont plus que l'ersatz d'un majestueux château. Rien de plus qu'un bunker construit à partir d'un paquet de cinquante-deux cartes. Les visages tournés vers l'extérieur. Ces cartes, elles ne me sourient pas, elles rient. Elles se moquent. Elles m'accusent de leurs mains invisibles. Elles m'envoient le joker. Fou noir au chapeau de pantin. Les clochettes font un boucan assourdissant. Je ferme les yeux. Le son ne fait qu’augmenter. Vient se mêler à son horripilante mélodie, le ricanement ô combien familier de feu mon mari. Je mords sur mes dents. Je prends sur moi. Il trouve cela hilarant. Pathétique. Il me cherche. Je refuse qu'il me trouve. Il insiste. Il me provoque. Le coup part bien trop vite.

Le poing fermé, mes phalanges s'encastrent dans la matière. Le temps se figue. Le silence reprend son dû. Je ramène ma main à moi. Opération à cœur ouvert. Civilisation éradiquée. Ruines apparentes. Nécrose palpitante.

*Encore?

~ .. ~

J'ai enveloppé mes deux mains d'un cuir souple. Malléable. Cela ajoute une inattendue touche de professionnalisme à cette image que je reflète. J'ai abandonné les tenues qui me mettent en valeur depuis longtemps déjà. Désormais elles font partie intégrante de mon passé. J'ai fini par m'en séparer. Dans cette armoire vide qui fait face à mon lit étrangement étroit, il n'en reste plus qu'une. Rangée vulgairement parmi les loques qui font maintenant mon quotidien. Un vieux jeans un peu trop large. Une vieille paire de pompes qui a vécu la guerre – c'est peu dire. Un haut qui épouse à peine mes formes, si ce n'est sous l'influence de ce climat étouffant qui oblige le vêtement à se calquer sur le corps de son hôte. Il fait déjà chaud. Beaucoup trop. L'air vient à manquer. L'expression des chasseurs en dit long sur leur calvaire. Ils ne s'en plaignent pourtant aucunement. Nous avons tous nos poids à porter.
Ils se font accueillir par une foule parfaitement organisée. Optimalisation du temps. Si précieux à nos yeux et pourtant tellement dérisoire aux miens. On ne me remarque pas. Ou si peu. Il y a bien toujours quelqu'un pour se coltiner la sale boulot de me filer. J'ai cessé de m'en préoccuper. Je ne suis pas ici pour faire du tort à la Communauté. Il serait peut-être temps que certaines instances se foutent cela bien profond dans le crâne. Je peux toujours proposer de les aider ...

Cette image m'aide à relativiser. À continuer ma route. On m'ignore. On détourne son attention de moi. Je suis comme un parasite inoffensif. Un porteur sain. Je suis Judas qui a mérité sa clémence au prix d'une certaine démence. Je n'accepte pas ce rôle. Je me contente uniquement d'en porter, et supporter, sa cape. Pour le moment du moins. Mais aujourd'hui je m'en moque. De ces regards tantôt fuyants tantôt accusateurs. De ces murmures entre passants. De ce vide qui se créé devant et tout autour de moi. Je devrais me sentir tel Moïse à son apogée. Alors pourquoi est-ce plutôt le parfum de César qui flotte dans les parages ?

Je continue ma route, m'éloigne de la cohue générale. La chasse a été bonne. Une aubaine de récolte. Cela permettra d'adoucir certaines mœurs. La rancœur se voudra quelque peu rassasiée. Mais pour combien de temps exactement ? Moi j'ai vécu la famine. Moi j'ai traversé les déserts. Moi je suis tombée plus que de raison. Et à chaque fois je me suis relevée. L'Apocalypse n'a été qu'une épreuve de plus à traverser. Le véritable Enfer est bien au-delà de cela.

Quelques chiens errants viennent se joindre à moi. Ils me tournent autour sans aboyer. Leurs queues battent la chamade. Un rythme qu'ils sont seul à percevoir. Ils quémandent si peu en échange d'une telle compagnie. Il en a toujours été ainsi. Je n'ai pas cherché à comprendre, après tout les voies du Seigneur sont également impénétrables.
Ensemble, nous approchons d'une silhouette accroupie au sol. Un bref instant, je le sens qu'il se tend. Que son corps tout entier se crispe. Que ses membres anticipent ma moindre avancée. À moins que je ne sois là en train de décrire mon propre ressenti à son égard ? Est-ce seulement important ?

Il se redresse. Se tourne vers moi. Vers nous. Mes compagnons de route partent en direction de son plus fidèle ami. Je ne prête aucune attention à leurs propres ébats. Il m'offre un sourire en guise de bienvenue. J'aimerais le croise communicatif. Contagieux. Je sens mes lèvres s'ourler avec précaution. Comme si à force de trop les solliciter, elles pourraient en venir à se fissurer. N'est-ce pas déjà le cas ?

- « Gilead ne risque-t-il pas de se vexer d'une telle allusion ? »

Mon sens de l'humour est bien moins développé que le sien. Je fais un effort pour dédramatiser la situation. Pour briser la glace. Malgré le temps qui passe, il semble toujours si peu à l'aise en mon abjecte présence. Ne serais-je donc pour lui rien de plus qu'un mal nécessaire ? Qu'un élément remplaçable dans un futur qu'il n'a pas encore décidé ? Je devrais, il est vrai, m'en offusquer. Mais ce verbe ne m'appartient plus depuis que j'ai péché.

- « Je t'ai rapporté un petit quelque chose. »

Je lui tends, d'une main désormais gantée, un artefact retrouvé dans un coin désolé de l'entrepôt. Il s'agit d'un comics dont le nom ne m'évoque rien. Un petit livret gros d'une petite vingtaine de pages. Un format classique. Pas trop amoché par les affres du temps. Le numéro dix-sept. La couverture manque de préciser qu'il s'agit d'une édition limitée. Elles le sont toutes devenues depuis quelques années. J'ignore l'importance qu'une telle fioriture peut avoir pour lui. Il pourra assurément en faire meilleur usage que moi.

- « J'espère également que cela te fera plaisir. »

Le troc a toujours été une histoire d'être et d'avoir. De besoin bien plus que d'envie. Mais les temps changent. Et toi aussi.
Et si un jour ...
Je n'arrivais plus à te suffire ?

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MessageSujet: Re: Don't stand so close to me ft. Aritza Belmonte   Jeu 21 Sep - 16:10

Je ne l'explique pas, mon corps réagit tout seul quand elle est dans les parages, je salivais de l'intérieur et à la fois, j'étais aux aguets, dégoûté par la créature affamée qui raclait la chair de mon estomac, refroidissant ma peau pour me pousser à me lover contre celle d'Ari, plus chaude, plus accueillante. Cet instinct voulait leurrer l'homme abandonné que j'étais, celui qui avait soif d'un peu de tendresse et de confort. Je regardais d'un air absent la meute de chiens qui servait d'escorte à la madonne latine que je dispersai en un geste, invitant Gilead à s'amuser un peu.

- Mais non, il sait qu'il est mon compagnon préféré de chasse mais il va laisser les adultes parler entre eux, hein Gilead ? Allez ! Zou, mauvaise troupe !

Prudent, comme à chaque fois, je jetais quelques coups d'oeil avertis autour de nous, je les avais remarqué, ce n'était pas facile de faire semblant, de l'ignorer comme si elle n'existait pas. C'est bien un truc que j'aurais aimé dire adieu avec la civilisation : l'hypocrisie. S'ils ne l'aimaient pas, c'était pas compliqué de le lui dire en face sans l'agresser. J'avais l'impression de voir une mare de préjugés stagner et je ne comptais pas y faire attention davantage. Pourtant, je me sentais plus ignoble qu'eux. Je la salissais bien plus que leurs injures derrière son dos. Et pourtant, qu'elle me pardonne, j'abuse de sa compagnie. Ce n'était même plus une histoire d'énergie, je m'abreuvais juste de sa présence en essayant de ne pas penser à quelque chose de plus charnel et Dieu merci (si on veut), Ari s'habillait large...même si ce look ne manquait pas de charme. Alors que j'allais faire une remarque sur ses gants, je vis son cadeau. Attention, ça va aller très très vite.

- Ce n'est pas vrai...une édition de 1978 de Superman contre Wonder Woman ?! Je le croyais disparu de mon enfance ! Et contrairement à tous ces cons qui pensent que Wonder Woman, c'est qu'une bonasse, il faut voir comment elle latte les super couilles de Superman. Après tout, Wonderwoman, c'est une déesse amazone. Quand je pense que ce petit bijou a survécu à...tout ça ! Ari, je ne sais pas quoi dire...tu as de l'or soit dans les yeux, soit dans les doigts, ou les deux mais tu viens de sauver une partie de la pop culture de la fin des années 70 et une partie de mon enfance. Une bonne partie de mon enfance.

Je ne lui ai jamais dit. Je l’assommais déjà d'informations futiles et je ne lui avais jamais dit quoi que ce soit sur ma vie, à part mon passé de soldat et de flic à Demings dans le Nouveau-Mexique. Ari avait déjà sa croix à trimbaler, je n'arrivais pas à l'aider autant que je le voulais et pourtant, elle avait trouvé un cadeau qui me faisait plaisir, qui avait balayé mon regard éteint et mon sourire un peu trop crispé, j'étais un enfant très heureux de constater que Noël avait aussi survécu et que la mère Noël était bien plus belle sans un costume ridicule et trop criard. Ma main gantée sur son bras, non loin de son épaule, mes yeux rieurs dans les siens, je me mis à murmurer plus calmement :

- Merci, Ari. Ça compte beaucoup pour moi. Je sais que ce n'est pas grand chose à tes yeux mais...aujourd'hui, pour moi, c'est Noël en juillet. Merci.

On avait eu la même idée, le même jour. Ou peut-être qu'elle essayait de trouver le meilleur moment pour me l'offrir ? Deux animaux blessés qui se demandaient comment lécher la plaie de l'autre sans un coup de croc dans la patte. Ari était plus distante qu'avant mais...elle s'était améliorée ce jour-là. Rien que pour moi. Non, je n'allais pas refuser ce traitement de faveur, c'était rare, je ne pouvais que l'apprécier davantage. Je savais que ça n'allait pas durer, je voulais juste fabriquer davantage de bons souvenirs. Je ne voulais pas de fin mais loin du gamin heureux d'avoir une bande dessinée, l'adulte savait que cette femme n'avait besoin de personne. Elle était forte. Elle avait encore une partie de sa famille et n'avait pas besoin du reste.

Ari n'avait pas besoin de moi mais elle l'ignorait.

Je ne suis pas un monstre, je voulais lui montrer qu'elle était une Wonder Woman elle aussi.

Tout d'abord...arf, je pensais avoir encore du temps pour emballer mon cadeau proprement et même aller jusqu'à le déposer dans sa caravane ni vu, ni connu sans un mot. Pourquoi faire demi tour dans l'autoroute de l'égoïsme alors qu'il était marrant de pousser la machine jusqu'à 88 miles/h. Ça sera drôle jusqu'à percuter un sans-abri dans l'histoire. J'invitai Ari à me suivre jusqu'à ma caravane tout en lui donnant un petit indice sur ce qui l'attendait :

- D'ailleurs, moi aussi j'ai quelque chose pour toi mais ça, c'est à donner en privé.

Je n'avais pas honte du tout mais contrairement à beaucoup de gens, j'estime que tout ce qui est religieux, c'est de l'ordre du privé. Et puis...les bijoux aussi. Et tout ça. La religion était le premier pont construit pour nous lier ; en sa présence, c'est un sujet que je prends au sérieux. Je délaissai son bras pour lui laisser de l'espace et prit la tête pour qu'elle me suive, de temps en temps, je jetai des coups d’œil amusés, je souriais déjà à l'idée de lui offrir ma surprise ce jour-là. Tel un gentleman, j'ouvris la porte pour la laisser passer en premier jusqu'à ce que je me souvienne que je n'avais pas fait mon lit et que j'avais laissé trainer quelques affaires. Je lui bloquai le passage avec un sourire gêné figé sur ma tronche.

- Attend juste deux petites secondes, je n'avais pas prévu de te recevoir aujourd'hui. Je te nomme gardienne de cet artéfact, je risque de l'abîmer, je reviens !

Je m'engouffrai comme si j'avais un timer réel à respecter. Je fourrai l'espace sous le lit avec tout ce que j'avais, encore heureux, pas énormément de vaisselle, après tout, je suis seul et par contre, par des gestes précis et rapides, mon lit fut impeccablement fait. Il y a des choses qui restent gravés. Je n'allais pas me plaindre, ça me permettait d'avoir un endroit bien fait où Ari pourrait s'asseoir confortablement. Dans un geste précipité exagéré par une révérence grotesque, je laissai le passage à mon invitée de marque. Si ce n'est une des rares compagnies que j'avais.

- Désolé pour tout ce cinéma mais je n'avais pas envie de te faire ce cadeau devant tout le monde. Je pense qu'il te plaira. Avant que je te le donne, madame voudrait peut-être de l'eau claire avec un petit parasol dedans ?

Sans rire, j'ai vraiment des petits parasols de cocktails et à défaut de jus de "insérez nom improbable d'un fruit exotique", j'ai de l'eau. Pourquoi amasser des objets superflus ? Parfois, un simple détail peut mettre du baume au cœur. Un geste n'est jamais du gaspillage.
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MessageSujet: Re: Don't stand so close to me ft. Aritza Belmonte   Ven 22 Sep - 8:51

Sa réaction est quasi immédiate. Je vois bien ses yeux qui dévalent mes courbes. Qui notent le moindre détail. Ce qui reste, au moins autant que ce qui change. Les gants n'y font pas défaut. C'est peut-être aussi pour cela qui j'ai choisi ce jour et cet instant pour lui offrir cet ersatz de présent. Il réagit au quart de tour. Un véritable moulin à paroles. Il ne me regarde plus. Ne m'écoute plus. Ne m'entends plus. Cela ne me dérange pas le moins du moins. Il ressemble à un enfant trop peu gâté par la vie. Ou à un scientifique qui vient de faire une découverte capable de changer la face du monde. Il barbouille des informations que je comprends, mais n'arrive pas pour autant à situer. Au final, je ne retiens que la date. 1978. J'ignore où il se trouvait. J'ignore qui il est était, ce qu'il faisait, quelles rêves berçaient sa prévision de l'avenir. Mais je le sais pour moi. Je me souviens des moindres détails. Il me suffirait à peine de clore les yeux pour me renvoyer dans le passé. Pour sentir ces doigts si familiers s'entrelacer aux mieux. Pour regarder ensemble dans la même direction. Sans avoir à vérifier. Sans avoir à parler. Car les choses étaient ainsi faites. Et notre destin semblait ainsi tracé. Il est étrange de constater que tout peut si aisément s'écrouler. Comme ce bunker de cartes. Comme cette brise printanière qui, au départ, n'augure rien de mal.
Je bouge à peine le visage. Je voile si mal une douleur persistante. J'ai besoin de ses souvenirs. De m'y attacher. De m'y accrocher. De ne jamais oublier. Alors je me force à y penser. À revivre ces moments trop rapidement passés. 1978 était une bonne année. Cela aura été la dernière avant longtemps. Je tente de garder l'ombre de mon sourire. Je sens que mon anatomie se prête à l'exercice. Je sais que mon esprit est loin d'acquiescer. Peu importe, tant que l'illusion reste debout.

Sa main se pose sur mon bras. Gantée elle aussi. Elles le sont souvent. Même si je comprends pourquoi, je préfère quand il ne les porte pas. Ses mains portent les cicatrices de son dur labeur. Les callosités. Les plaies. Les microfissures. C'est d'une beauté à couper le souffler. J'aime à contempler l’œuvre de toute une vie. A effleurer du bout des doigts des tranchées qui portent chacune leur histoire. Qui disent bien plus sur leur hôte que toute litanie que pourrait insuffler sa bouche. Déjà qu'il aime parler. À se demander s'il n'a pas un petit faible pour la tonalité de sa voix. À moins qu'il craigne un jour ne pas la reconnaître ? Qu'elle se déforme sous l'effet de la consommation. Au pire, il transpirera quelques notes de mes propres vocalises. Cela donnerait un tableau décidément bien étrange ... ne le penses-tu pas ?

Le contact est doux. Chaleureux, malgré les couches de tissu qui nous séparent à répétition. Obligation muette. Condition sine qua none à continuer à entretenir telle relation. Liaison. N'en est-ce pas une à bien y regarder ?
Sa voix est douceur. Son chant est miel. Son regard est fiel. Il donne une connotation presque religieuse à ce geste pourtant anodin. L'est-il vraiment ? Un tiers l'observera-t-il seulement de manière identique ? Est-ce important ? Nous le saurons bien assez rapidement. Tous nous regardent. Tous suivent mes moindres faits et gestes. Je suis comme un phare dans le noir. Comme un feu follet qui attire à lui tous les insectes. Certains diront qu'ils sont nuisibles. Je préfère les considérer comme indispensables à la colonie. Des milliers et des milliers de fourmis à grouiller autour de leur reine. Déception. Décapitation. Leur nouvelle suzeraine n'est qu'un leurre. Une silhouette flouée par le brouillard. Elle ne se mêle pas au petit peuple. Du moins, pas comme moi. Je suis ici tous les jours. Toutes les nuits. Ma caravane me boude un tel ressenti d'abandon. Je préfère passer mon lit à celui qui en a plus besoin. Je peux très bien m'allonger entre deux caisses dans l'entrepôt. Après tout ... n'est-ce pas là qu'est désormais ma place ? Entre les denrées et les archives ? Entre ce qui servira un jour à la Communauté et ce qui a perdu toute utilité ?

Je me perds en pensées. Alex est là pour me rattraper. Pour me ramener. Avec douceur. Délicatesse. Lui aussi il les voit, ces regards affamés. Ces loups dans la bergerie. Pourtant il se trompe. Ce ne sont jamais que des brebis égarés qui ne savent plus comment se protéger. Alors elles montrent ces crocs qu'elles n'ont pas. Elles grognent et se montrent méfiantes. Dommage que leurs cordes vocales traduisent le chiot apeuré plutôt que l'adulte assumé. Je ne leur en tiens point rigueur. Ils sont victime du système au moins autant que moi. Tourner le dos à l'Autorité régnante reviendrait à Lui offrir sa croupe en pâture. Ce n'est pas grave. Je leur pardonne.

*Gratte, gratte.
L'épiderme s'effrite.
Le derme est mis à nu.
Le vent souffle sur la plaie.
Pique, pique.

Ses mots sont emplis d'un tel entrain. Il s'excite tout seul tel un véritable gamin. Noël a dû le marquer dans son enfance. J'aimerais pouvoir en dire autant.
Le sous-entendu n'échappe pas aux oreilles qui traînent. Il est fou comme l'être humain ne peut s'empêcher de reconnaître ses propres péchés dans la bouche d'autrui. Il vient comme d'avouer un péché coupable. Un fait impardonnable. Et à la fois tellement bien emballé, que nul ici présent ne pourrait l'en accuser. Fourberie stratégique ou innocence surjoué ? Allez savoir. Cela m'amuse quelque peu. Les langues vont encore jaser. Au moins ainsi, les troupes auront sujet à débattre et rumeurs à renflouer. L'espace d'un instant, ils oublieront le goût doux-amer de la chasse. La fatalité de cette indéniable réalité. Et si je peux les aider à s'évader ... qui suis-je pour leur en priver ?

Il décolle son empreinte de mon bras. Tout n'est que subtilité tactile. Stupeur et tremblements. Il aurait peut-être aimé plus. Ou pourquoi pas différemment. Il n'a qu'à demander, à défaut d'oser.
Je le suis. Sans un mot. À travers un silence qui ne se veut pourtant jamais oppressant. Ou encore, dérangeant. Il fait un guide plaisant à contempler. Sa carrière de soldat lui colle à la peau. Parfois il détourne son attention vers l'arrière. Comme pour vérifier que je le suis toujours. Comme pour exprimer sa joie d'être tout simplement là. J'aimerais tellement y croire. La vouloir contagieuse aussi. Mais ce verbe est dangereux. Au moins autant que le premier. La Croyance appartient aux pieux. La volonté à celui qui recherche le pouvoir. L'exclusivité. J'aimerais être au-dessus de tout cela. Il n'en est rien. Malgré moi, je reste profondément et égoïstement humaine. Quelle triste ironie du sort, non ?

*Gratte, gratte, la paroi.
Vas-y, vas-y, effondre-toi.
Véritable visage de l'Apocalypse déclenché.

- « D'accord. »

C'est tout ce que j'ai le temps de dire tandis qu'il me repousse quelque peu vers l'arrière d'un mouvement de bras et me claque la porte au nez. Quelque peu déboussolée, je hausse un sourcil. Je ne cherche même pas à comprendre. Les hommes, en général, ne sont pas du genre à s'encombrer de telles absurdités. Devrais-je m'en flatter ? Ou, au contraire, m'en inquiéter ? Essaierait-il de me cacher quelque chose à ce point nuisible au bien de la Communauté ?

Cela ne prend que quelques maigres instants. Le temps pour moi de reporter le fond de mes iris sur la couverture de ce présent improvisé. Je tente de comprendre l'élan d'intérêt qu'il peut porter à cet artefact, comme il vient de le surnommer. Je n'y décèle rien de particulier. Je le retourne, toujours avec précaution, pour en observer plus attentivement le revers. Je sens mes lèvres se mouvoir. Mes dents mordillent la pulpe pleine. Légèrement humide. J'ai comme l'impression que quelque chose m'échappe.
Pas le temps pour autant de me pencher sur ce casse-tête que revoilà mon hôte. Il s'évertue à rejouer une risible imitation d'un majordome shooté. Tout en exagération, comme pour rendre la scène grotesque. Si pas burlesque. Il ne lui manque plus qu'un couvre-chef, comme il a en habitude d'en porter. Mais je préfère sans. Cela me permet de glisser mes doigts dans ses cheveux. De sentir. De respirer. Et parfois même de rêver.
Même si aujourd'hui, tout cela semble quelque peu compromis.

J'accepte l'invitation en montant les quelques marches. Je souris tandis que je perçois le bout d'une chaussette esseulée dépasser de sous son lit. Il a tendance à oublier que j'ai grandi au beau milieu un véritable nid de garçons perdus. Oui, oui, ceux-là même du conte de fées. Ou du film de Disney, pour ceux qui ont eu le privilège d'assister à sa projection.
Je ne relève pas l'information pour autant et me retourne vers lui. Mes lèvres toujours en position. C'est moins naturel que chez lui, je le sais. Mais pas moins sincère pour autant.

- « Pas dans l'immédiat non, je t'en remercie. »

C'est poli. C'est courtois. Ça sonne tellement faux.
C'est autre chose que je veux. Et toi aussi. Alors pourquoi s'encombrer inutilement de tout ce chichi ? Tu sais bien que personne ne nous surveille et tous à la fois. D'ailleurs, je n'ai pas envie d'attendre.
Et sans demander son avis, je réduis au quasi-néant la distance qui continue à nous séparer. Au passage, et sans jamais détourner le regard, je viens déposer mon fardeau sur le plan de travail. Ensuite, à travers une gestuelle maintes fois répétée, je me saisis de son visage. À peine une caresse. Rendue difforme et inhabituelle de par le cuir qui enveloppe désormais mes paumes. Qui cachent mes phalanges. Ce n'est pas grave, nous allons improviser. Je détourne, à peine, son attention de moi. Je me rapproche davantage. Tout se déroule au ralenti et pourtant si – trop – rapidement. Un léger baiser est déposé à même sa tempe droite. Un instant. Un moment. Une éternité. Un souvenir. Je réitère le même mouvement à gauche. Équilibre respectée. Aucune place pour la jalousie jumelée.
Et déjà je me retire. Laissant mes mains, certes emballées, reposer encore quelques secondes dans ce délicieux entrelacement. Infime infinité. Infâme poison.

- « Pour t'aider à patienter. »

Je lui décoche un clin d’œil complice avant de réellement le relâcher. Je ne fais pourtant que resserrer ce chaînon invisible qui nous lie. Non Alex, je ne suis pas prête à te libérer.
Je finis par m'installer à l'orée de son lit parfaitement tiré. Mes jambes se croisent. Mes genoux se frôlent. L'un par-dessus l'autre. Vêtue différemment cela aurait eu un tout autre effet sur mon environnement.

- « Un cadeau tu dis ? En quel honneur donc ? »

*Gratte, gratte.
Suinte.
Pleure.
Impatience.
Colère.

Tu ne devrais pas faire autant d'efforts pour moi ...
Je ne te mérite pas.
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MessageSujet: Re: Don't stand so close to me ft. Aritza Belmonte   Ven 22 Sep - 15:01

Si loin et si proche à la fois, je ne savais pas lequel de ces deux extrêmes m'inquiétait le plus. J'en voulais davantage mais je n'avais pas le droit de l'exiger, la sentir s'éloigner obscurcissait ma vie. Je ne parle même plus d'avenir, ça ne m'a jamais servi avant le cataclysme, ça ne me serait d'aucune putain d'utilité dans ce purgatoire. C'était peut-être parce qu'elle semblait de plus en plus absente, de plus en plus étrange que je faisais tout ça, je voulais retenir son attention, ancrer son esprit parmi nous, pas qu'en moi. Le comportement général envers Ari ne me facilitait pas la tâche mais les challenges ne m'ont jamais fait ciller. Je ne veux pas qu'elle parte. Physiquement ou mentalement, j'allais tout faire pour la retenir. Un enfant qui ne voulait pas se séparer de sa mère ou l'animal enfiévré qui voulait tout d'elle.

...je ne suis même pas foutu de me mentir.

Et nous étions dans ma caravane tels deux amants avec une meute de fantômes entre nous, et pourtant, pas même un chat François pour nous épier, nous déranger. C'est vrai, j'attendais quoi ? Mettre du baume sur son cœur pour m'offrir un sourire éclatant, tout simplement. Non, je voulais aussi que ça change, que ça ne soit pas juste qu'une...passade ou une relation froide. Non, plus jamais ça. Mes anciens amants ne me manquaient pas, que mes vieilles habitudes flétrissent ce "lien" avec Ari me serait insupportable. Elle était dans son élément, elle se glisse sur mon lit aussi bien que dans ma vie. Quelque part, mon orgueil en prend tout de même une gentille gifle mais elle me ferait plus sourire d'autodérision qu'autre chose, j'avais juste trouvé plus fort que moi. Quelqu'un qui savait comment m'annoncer que l'eau la plus pure au monde n'allait pas étancher sa vraie soif, qui n'allait pas se priver pour se servir à la source : moi. Soudain, je pensai que tout ceci arrivait trop rapidement pour moi mais non, encore une fois, mon corps ne m'appartenait plus, du moins à ma conscience qui s'alarmait, qui me fouettait et ça ne faisait pas reculer mes mains qui étaient déjà sur sa hanche et son dos, le bout des doigts qui appuyait sur ses vêtements trop amples et d'un coup, sa silhouette apparut, celle d'une belle femme, entre mes mains, que je convoite beaucoup trop à mon goût.

Ces baisers.

Ils dissipèrent facilement mon trouble, mon chagrin, mon passé et mon futur. Une tempête de nerfs électrisés s'abattait sur ma peau, dans mon cerveau et son essence, enfin, me parvint en moi, déversant un flux d'énergie telle que je commençais à mieux percevoir tout autour de moi. Ce qu'il se passe à l'extérieur, je m'en fiche mais même à travers mes gants, je sentais sa peau, mes narines étaient ravies de s'enivrer de son parfum, son haleine qui chatouillait ma peau était divin. J'en soupirai de plaisir, je n'allais même pas faire l'effort de me retenir, ni même cacher l'éveil de mon soldat, ce contact était trop court et si intense, je caressai le front d'Ari du bout de mon nez, un signe d'affection timide et une barrière solide pour contenir ma faim qui faisait rage, insatisfaite, exigeante, un porc trop gras sans cœur et sans remords qui voulait sa part quitte à asphyxier sa proie. Moi vivant, jamais. Le mâle dominant en moi envoya paître cet appétit monstre, protecteur et égoïste envers sa complice qui s'extirpa de l'étreinte aussi facilement qu'elle l'avait provoquée. Bien joué. Cruel mais bien joué. Même mes doigts étaient restés crispés, des crochets qui ne voulaient pas qu'elle s'en aille. J'inspirai un bon coup pour me délivrer de toutes ces émotions fortes et je ne retins pas mon petit rire grave à son clin d’œil. Ari avait un côté joueur, un pan de sa personnalité qui pouvait rapidement prendre le pas sur moi ce qui flattait énormément le séducteur en moi. Malheureusement, entré en hibernation depuis que je peux transformer les gens en momie. Chienne de vie. Oui, oui, c'est ça, aguiche-moi en frottant tes genoux, ça te va si bien. Elle est au courant que je capte tous les détails ? La méta communication ne m'échappe pas, elle est impatiente, moi aussi.

Hé bien, je suis un mauvais perdant, je vais quand même lui couper le souffle avec mon cadeau. Et merde, me voilà déjà en train de désacraliser l'acte... Bordel, je mérite tellement...d'oreillons. C'est le premier truc qui m'est venu, ne me jugez pas.

Enfin revenu sur terre, du moins, ce qu'il en restait, je souris en coin, bouillant de voir sa réaction mais cette fois, c'était moi le joueur et le maître du jeu en même temps. Tout d'abord, quelques règles :

- Noël ? Un anniversaire que j'aurais oublié ? Un non-anniversaire tout court ? Franchement, je n'ai pas pensé à une occasion particulière. Je l'ai vu, je me suis dit que ce serait bien pour toi. Juste, fais-moi plaisir, mets-toi debout, retourne-toi et ferme les yeux, s'il te plait.

Moi aussi je me suis trouvé extrêmement vieux jeu et ringard quand je me suis entendu mais quand on offre ce genre de présent, il y a les manières à respecter. Les gestes sont précieux, surtout les plus superflus. On oublie à tort les petits plaisirs. Je le répèterai jusqu'à ma mort alors habituez-vous rapidement. Tout à coup, j'eus une idée, bonne ou pas, cela allait dépendre de moi mais...mon instinct me le hurlait, je n'allais pas faire la sourde oreille. J'enlevai mes gants que je posai à côté de la bande dessinée et sortis la surprise enfermée dans mon poing pour qu'aucun bruit ne trahisse sa nature. Minutieux, j'arrangeais le tout, j'approchais un peu Ari de moi en douceur et passai une chaîne d'où pendait quelque chose d'un peu plus lourd, pas trop gros, du métal tiède qui glissait sur sa peau. Comme si j'étais en train de désamorcer une bombe, j'essayais d'attacher les deux pièces du fermoir. Ne pouvant résister à la vue de son cou délicat, je l'effleurai de mes deux index pour "me faire encore un peu patienter" dans bien des sens, dans énormément de sens sans doute inconnus pour elle.

Pardonne ma faiblesse. Tu es ma faiblesse.

Pour elle, un synonyme de force, la foi, une médaille de Saint-Benoît, patron des créateurs, des éclaireurs, des cavaliers et des réfugiés.

- Je ne crois pas trop aux vertus des médailles. J'avais une médaille de Saint-Christophe, je te l'aurais bien confiée mais elle doit sûrement être sous les décombres de Demings à l'heure qu'il est. Il parait que celle de Saint-Benoît protège des démons.

J'aurais pu renchérir sur les ouvertures des portes en ce moment mais je ne voulais pas non plus lui rappeler le pire. Juste, une pensée.

- Je ne veux pas qu'elle te protège, juste que tu te rappelles que...t'es forte aussi. T'es une survivante, t'as besoin de personne pour le prouver.

Et que t'as pas besoin de moi, tu t'es toujours démerdée toute seule, tu t'es même sacrifiée et apparemment, tout le monde avait décidé d'être amnésique. Si j'avais eu des couilles à ce moment-là, je t'aurais défendu de laisser ce connard te frapper, tu n'avais pas à faire ça. On n'avait pas non plus le droit de faire semblant. Je te mérite tellement pas.

Laisse-moi juste le temps pour réussir à te faire rire.

Dixit le gars qui se gênait pas pour se nourrir d'elle, notez le courage, prenez vos paris, mes pronostiques sont tellement bas mais je mettrais toute ma mise sur elle si on était à Las Vegas. Au lieu de ça, on crève de chaud dans une caravane pourrie au milieu de la Louisiane. A contre cœur, je m'éloignai juste un peu d'elle, je l'observai de haut en bas, je ne voulais rien oublier. Que je sois une passade est une chose mais elle...aucun sortilège n'arriverait à me la faire oublier. Je n'avais pas besoin de médaille pour me rappeler que je ne suis qu'un homme moins puissant que Lucifer.

Elle ne serait jamais mienne mais ces failles qu'elle révèle feraient peut-être de moi un colosse plus tard.
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MessageSujet: Re: Don't stand so close to me ft. Aritza Belmonte   Lun 25 Sep - 13:03

Je suis une fourbe créature, n'est-il point ? Il me regarde. Il m'observe. Il me dévore. Du regard. Des sens. De tout son être et bien plus encore. Je joue de cette fausse innocence qu'il m'a renvoyé il y a encore quelques instants de cela. Mes mouvements sont lents. Trop. Mes mouvements sont calculés. Comme décortiqués à la perfection. Il n'y a que mon accoutrement actuel qui ne se prête pas à une telle audace ... vraiment ?

Je ne le vois pas se crisper. Je le sens. Je le devine. Je le veux. Et saurai l'exiger. C'est mal. C'est péché. Je m'en moque éperdument. Je finirai bien par expier. Peut-être même qu'il daignera m'accompagner jusqu'à la chapelle. Nous plierons le genou devant les cieux. Nous baisserons la tête devant ce qui fut jadis une relique. Nous prierons en silence. Chacun de notre côté et à la fois tous deux en même temps. Nous quémanderons une rédemption que nous ne méritons guère. Nous humerons des louanges que personne n'est susceptible d'écouter. Le Seigneur a bien mieux à faire que de Se préoccuper de nos deux âmes solitaires. Maudites au plus profond de leur être. Indésirables au Paradis. Non encore suffisamment souillées que pour mériter l'Enfer. Ne reste que la damnation éternelle dans ce semblant de Purgatoire. Bientôt les multiples truffes de Cerbère viendront humer notre infecte odeur. Viendront juger notre ardeur. Mais pour le moment ... contentons-nous simplement de donner libre court à cet instant de bonheur.

Je me veux presque philosophe. Poète renié. Prose absurde qu'il serait peut-être bien le seul à trouver à apprécier. Pourtant je ne partage pas. Je garde tout pour moi. Je me contente de le regarder à mon tour. De l'observer. De m'en abreuver. Le silence peut parfois être tellement révélateur.
Et puis il y a ce contact. Cet effleurement minime. Cette caresse minimaliste. Si peu et bien trop à la fois. Je l'ai submergé sans au préalable le prévenir. Aucun préliminaire. Passons à l'acte immédiatement. C'était brusque. Brutal même. Je n'ai pas su me contenir. Il me faut le toucher. Le sentir. Et ainsi obtenir la réciprocité. Je peine à me contenter du peu qu'il daigne m'accorder. Il apprend vite. Il contrôle de mieux en mieux. De mon côté, je perds pied. Je vois des choses que je sais tout droit sorties de mon imaginaire. Je perçois des sons, et à l'occasion même des voix, qui ne sont pas. Que les autres n'entendent pas. Je ne suis pas folle. Je connais mon corps. Je sais ce que vaut mon esprit. Mais les deux ne semblent plus connectés. Ou du moins, pas dans leur entièreté.

*Coupe, coupe.
Ficelles d'un pantin désarticulé.
Tombe, tombe.
Vulgaire poupée de chiffon.

Il m'offre un sourire. C'est plus fort que lui. Il s'évertue à me pardonner. Il n'est pas capable de me repousser. Je pourrais encore le frapper, qu'il trouvait à ma place comment le justifier. J'ignore s'il convient d'en rire ou d'en pleurer. Je n'ai pas envie de choisir. Alors j'obtempère. Je le laisse me contaminer. Il a clairement envie de jouer. Et je n'ai aucune raison de l'en empêcher. Peut-être seulement de l'envier. Lui aussi a perdu son ancienne vie. Comment fait-il pour réussir à avancer ? Certes pas de la même manière que moi. Aucunement pour les mêmes raisons. J'aimerais qu'il m'en parle parfois. Mais suis-je seulement prête à entendre ses confessions ?

*Plumes arrachées.
Corps démembré.
Os rongés, par une gangrène émergente.

Sa requête est tellement inattendue. Et si peu à la fois. Je me demande vaguement depuis combien de temps déjà il prépare tout cela. Il a dû se creuser les méninges plus que de raison pour trouver avec exactitude comment m'aborder de la sorte. J'applaudis l'exploit. Il ne tremble guère. Ni dans son texte, ni dans sa voix. Tu t'es exercé devant un quartier de miroir ... n'est-ce pas ?
Je ne réponds pas. Je me redresse. Toujours avec lenteur. Toujours avec envie. Dans mon regard. Dans la courbure de mes lèvres. Il se veut joueur. Cela m'avait manqué. Nos dernières rencontres me semblaient plus froides. Plus distantes. Que cela soit de mon ressort ou du sien, importe bien peu au final. Et voilà qu'il veut remettre ça. Comme pour repartir d'un bon pied. Je me surprends une nouvelle fois à penser qu'il a peut-être quelque chose à me cacher ? À moins qu'il s'apprête à passer aux aveux ?

J'obéis à ses ordres. Je me retourne. Je ferme les yeux. Le monde tout autour se couvre de noir. Se cache dans la chair. Mes autres sens prennent la relève. Je l'entends qui bouge. Qui ôte ses gants. Un mouvement maintes fois répété. Puis perfectionné. Il dépose le tissu que je devine presque expirer. Soupire de cette liberté retrouvée. Suivi de près par un couinement de réalité. Et si jamais il ne venait plus jamais à les enfiler ? Et si cette fois-ci, il n'arrivait pas arrêter ?
Je le laisse pourtant approcher. Trop près. Mais pourtant jamais assez. Là encore, on s'effleure, on se touche sans jamais passer à l'acte véritable. Je sens ses bras qui passent autour de moi. Son souffle qui m'assaille. Son corps qui me cherche. Sa volonté qui flanche. À peine. Quand même. Je reste droite. Je ne m'éloigne guère. Je sens le métal froid qui se pose sur mon derme. Un frisson vient lécher la base de ma colonne vertébrale. Son toucher n'est assurément pas le seul à fauter.
Il semble avoir un peu de mal avec le fermoir. Je le laisse faire. Intervenir maintenant mettrait un terme précoce à ce qui est, autant qu'à ce qui ne devrait jamais être. Je garde les paupières closes. Je me contente de savourer. La douceur. Le tremblement. Le sourire. Et puis il y a l'envie. Du bout des doigts, il cède à la facilité. Il goutte au péché. Un voile qui se dépose sur une plaie. Trop tard ... il a encore perdu.

Et moi je me crispe. Je sens mon anatomie toute entière qui se tend. Ce cœur en train de dépérir qui manque un battement. Je sais qu'il me regarde. Je sais qu'il me veut. Dans tous les sens du terme. Dans toutes les positions que son esprit sera capable de lui inspirer. Ici. Maintenant. Tout de suite. Toujours.
Il n'est pas à blâmer dans l'histoire. Du moins, pas seulement. Je suis Eve, là où il se veut Adam. Deux âmes profondément enfouies et perdues dans les affres du néant. À rôder dans le jardin interdit. À se rapprocher. À se côtoyer. En silence, et pourtant tellement bruyamment. Je suis coupable de le narguer. De le chercher. Mes pensées ondulent tout autour de lui. Tentacules de brume qui s'immiscent à même le sol. Qui s'enroulent autour de ses chevilles. Qui lèchent l'intérieur de ses mollets. Qui escaladent à même la cuisse. Je suis le serpent autour de son cou. Je suis la pomme dans sa main. Je suis le péché originel.

*Mordre.
Céder.
Frapper.
Encore.

A nouveau, c'est lui qui vient me sauver. Qui me tend une main et vient m'extirper des Ténèbres grandissantes. Sa voix est chanson. Mélodie d'un bonheur éphémère. Il met un nom sur ce présent que je contemple enfin. Il en va de soi que je connais le visage qui orne le médaillon. Saint-Benoît. La compassion pour la femme. La tentation de la chair. Celui qui nomme les démons. Celui qui révèle les fautes cachées. La double face de Janus. Et, pour certains, celui qui usurpe les miracles des prophètes Élie et Élisée. Étrange contraste. Doux constat.
Tu vois mon cher Alex, même à toi la réalité vient de sauter aux yeux.

Il rajoute quelques mots. Comme pour se justifier. Comme pour contourner la vérité criarde qu'il vient pourtant de relater. Lentement, comme à nos habitudes, je me retourne. Il s'éloigne d'un pas. Puis d'un second. Il m'observe. Me regarde. J'ignore ce qui traverse son esprit en cet instant bien précis. Et pourtant je mettrais ma main à couper que j'arriverais sans peine à l'exprimer. La chaleur nous assaille. Mes vêtements me collent. Son front luit d'une pellicule de sueur.

- « Vérifions si elle peut te protéger de moi. »

Sans un mot de plus, je commence à me dévêtir. Seulement le haut. Gestuelle méticuleuse. Calculée. Le tissu tente de s'agripper à ma peau. Je ne lui en laisse guère l'occasion. Je le dépose à proximité de ce livre ainsi que de ses gants. Je garde les miens. Je me sens comme une veuve noire. Ou encore, telle une mante religieuse sur le point de désigner son amant. Mes yeux s'accrochent au sien. Hypnotique au moins autant qu'hypnotisant. J'avance vers lui comme au ralenti. Le pendentif balance au rythme incandescent de mes pas.
Je suis la flûte.
Je suis la danse.
Je suis le meneur de serpents.

- « Fais-moi plaisir, ne te retourne pas. »

Je joue sur les mots. Les siens. Les nôtres communs.
Je n'ai plus envie de jouer. Je n'ai plus la patience d'attendre.
J'ai péché plus que de raison et j'ai trop besoin de me confesser.

Je lui tourne autour, l'obligeant à en faire de même s'il veut répondre à ma requête. Je me retrouve désormais près de la porte. Lui à l'orée du lit. Parfait.
Sans crier garde, je m'avance d'un pas résolu. Les paumes vers l'avant, mes deux bras tendus. Je rencontre ton torse. Je devine sa musculature. Je pousse. Je repousse. Son matelas parfaitement tiré vient l'accueillir. Je ne lui laisse même pas le temps de se redresser. Je le rejoins. À califourchon sur le bas de son corps.
C'est dégradant.
Tellement humiliant.
Je suis désolée soldat, mais j'en ai bien trop besoin.

- « Notre Père qui Êtes aux cieux. »

Je lui attrape les deux poignets et les guide doucement vers moi. Je dépose ses mains chaudes et puissantes à même mes hanches. Je maintiens l'emprise probablement un peu trop longtemps.

- « Donnez-nous aujourd’hui le pain nécessaire à notre subsistance. »

Je ne souris pas. Plus. J'implore. Je supplie.
La paume de mes mains gantées désormais posée sur son abdomen. Amazone sauvage chevauchant son fidèle serviteur.
Pécheresse.
Prostituée.
Putain.

- « Mais délivrez-nous du Mal. »

Amen.
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MessageSujet: Re: Don't stand so close to me ft. Aritza Belmonte   Mer 11 Oct - 20:07

Une expression me vint à l'esprit quand je la voyais se mouvoir comme elle le faisait : "On dirait une professionnelle...". Non seulement je l'avais dit un bon paquet de fois lorsque j'avais une vie et une ville à protéger mais je doutais que ça fasse mouche...et que j'avais le droit de le dire. Pas parce qu'elle ne m'appartenait pas, parce que ça sonnait comme un de mes nombreux mensonges, trop sirupeux dans ma gorge rien qu'à entendre des échos du passé dans ma tête. Combien de femmes j'avais flatté avec cette phrase gratuite ? Beaucoup trop. Mes yeux emplis d'envie étaient plus honnêtes et cette brûlure en moi s'estompait un peu en voyant ce médaillon. J'avais enfin réussi à lui offrir quelque chose qui me tenait à cœur Je m'y accrochais, encore et encore, à ce symbole qui pourtant, ne représentait rien pour moi, si ce n'était la perte de ma foi. Je voulais croire en une certaine innocence dans notre relation, quelque chose de sain dans cette moiteur, quelque chose au delà de la tentation, cette vague de chaleur qui perlait sur mon front et qui menaçait aussi les vitres sales de la caravane.

Bon sang, dès que tu t'es mise à parler, je voulais te supplier d'arrêter ; arrêter de m'obséder, de me tenter ainsi. Ce n'était pourtant que des caresses affectueuses mais était-ce de l'hypocrisie, de l'égoïsme de ne pas te marquer de mon désir pour toi ? La femme en toi le méritait, non ? Un peu de plaisir sur cette terre qui refuse de nous envoyer ses nécrophages se débarrasser de nos cadavres mais qui accepter volontiers de nous laisser nous ronger de l'intérieur. Si nous étions des animaux, ç’aurait été plus simple : j'aurais simplement tué tous les mâles qui rôdaient autour de toi pour simplement te saillir et ainsi te nommer ma femelle. Tout est toujours plus simple quand c'était qu'une question de quelques cous à rompre. Nous n'étions pas encore débarrassés de notre conscience, cette maladie qui me faisait tourner la tête au rythme du balancement de tes hanches, de ta poitrine et de l’icône religieuse en argent. J'inspirai lentement tes effluves, je savais que c'était une erreur dès que je perçus autre chose que ta sueur délicate. Je serrai les dents pour emprisonner ma langue agitée qui cognait sur mes incisives, j'avais sans doute besoin d'autre chose que m'abreuver de ton essence, ma belle, l'envie de redécouvrir l'artiste en moi qui avait surligné beaucoup de courbes autrefois, découvrir ta saveur autrement que par mes narines.

Abject, n'est-ce pas ?

Ari. Promis...nous arriverons à parler. Pour l'instant, tu ne fais que réveiller l'animal affamé. Et moi qui voulait tant...

"Je pensais que tu allais changer pour moi !"

...

...je ne vais pas finir cette phrase. Je suis nul pour ça, de toutes façons.

Réchauffe-moi, réchauffe-toi. J'en ai besoin.

Si nous étions dans un film, elle aurait probablement pu siffler l'air de Twisted Nerve. Si nous étions dans le passé, quelque part dans Demings, tous les deux, je l'aurais sifflé. Nous avions changé, cette fin du monde nous avait changé. De la couleuvre qui se roulait en boule à la vipère que tout le monde détestait, c'est ça ? On était encore dans ces clichés, de la tentatrice perfide biblique ? Si seulement ces gens avaient eu de la culture, ils auraient reconnu le charmeur de serpents...en plus sexy. A savoir quel serpent venimeux j'étais dans la scène. Ari ne le savait pas, c'est tout. Elle savait ce qu'elle voulait ce moment-là et c'était moi.

Enfin...moi.

Pas en entier, c'était certain.

Est-ce que j'allais me contenter de ça ? Oui. Mon oasis dans mon désert, je ne pouvais refuser cette eau claire. Un jour, j'allais forcément m'y noyer, je suis buté au point de voir ma perte de loin et pourtant ne pas fuir. Au fur et à mesure qu'elle tourne autour de moi, je la suis, mes hanches suivent les siennes, presque parallèles entre elles, elle m'avait complètement hypnotisé au point que je copie son mouvement pour mieux obtempérer ensuite. Oh, elle pouvait simplement me le demander d'un claquement de doigts mais je pense que même si elle avait toute la liste de moyens pour me mettre à genoux, elle aurait opté pour sa méthode. Pourquoi ? Car ça lui manquait, qu'on la regarde, qu'on l'admire, qu'on la désire. Encore une fois, les gens sont ignorants et on ne pouvait plus les fuir, simplement se souvenir que sans eux, on serait morts. Avec moi, tu jouais volontiers, j'acceptais ce jeu, j'acceptais la joueuse, j'adorais. N'importe qui pouvait dire qu'elle me manipulait. Si seulement c'était vrai... La simplicité des petites cases. Nous étions loin de tout ça.

Non. C'était un rituel entre elle et moi. Aucune charité dedans, on se complète comme jamais pendant quelques minutes. Ce n'était jamais assez pour elle comme pour moi. C'était peut-être la raison pour laquelle elle se montrait plus autoritaire, plus féline. Ari était aux commandes, elle allait presque me dire comment me comporter "à table" et je ne pus répondre que par un grognement lent et grave, celui de l'homme qui en avait assez de se retenir. Toute cette discipline, aux oubliettes. Elle a disparu en même temps que mon visage dans ses cheveux denses et bruns, mes mains ne luttaient plus, elles se laissaient guider vers la chair hérissée de ma tendre salvatrice. La moindre perle de peau censurait chaque mot de sa prière. Ne consacre pas ce festin, par pitié, aurais-je voulu murmurer. Je collais mon front sur la naissance de sa poitrine pour cacher mes grimaces de nervosité, j'écoutais son cœur battre, je préférai mon concentrer sur ce rythme que de compter les micro coupures sur ses hanches. Cela n'avait pas du tout suffit, sans même faire attention, j'avais glissé mes doigts entre les siens, je m'accrochais à elle comme si sa prière allait activer une quelconque magie dans le médaillon, me propulsant loin d'elle. Non, aucune punition divine n'allait traverser la tôle du plafond, même pas une présence gênante non loin de nous, rien.

Je tentais de stabiliser mon souffle sur sa peau, j'osai enfin la regarder dans les yeux et murmurait un "Amen" avant d'embrasser sa clavicule et aspirai son énergie, doucement, sûrement, je voulais que ça dure, m'enivrer petit à petit de cette essence comme un parasite gentleman. Lentement, une de mes mains quitta celle d'Ari pour remonter sa colonne vertébrale, je voulais sentir le plus de muscles possibles en elle. Se détendait-elle ou au contraire, avait-elle peur de moi ? Dès que je sentais que j'aspirais trop hors d'elle, je la pris dans mes bras pour ne pas la faire tomber alors que je m'installais sur le lit. Je la laissais me chevaucher, c'était à elle de m'arrêter au cas où. Silencieusement, je la remerciais de ne pas avoir virer mon t-shirt car vu la situation, j'aurais perdu pied à sentir ses courbes sur ma peau nue. Peut-être qu'un jour, j'allais réussir à tenir face à ma faim, assez pour qu'elle puisse mieux profiter de mon corps, peut-être davantage. Pour l'instant, j'approchais son visage du mien, je me permis simplement une petite pause pour ne pas la vider entièrement, je caressais sa joue de mon pouce, espérant voir un peu de satisfaction, peut-être même de la joie, un miracle. Du pain béni pour mon cœur, quelque chose qui ne gâterait pas ma convoitise. J'en demandais tellement... Et elle dans tout ça ? Elle cherchait le contact de chair à chair. Peut-être qu'elle voudrait davantage. Prudemment, j'approchais ma bouche de son oreille.

- Où voudrais-tu que je me nourrisse cette fois ?

Tu étais aux commandes mais tu oublies beaucoup tes propres envies, attisant les miens. Je savais qu'en te posant cette question, j'allais plus loin que d'habitude, j'acceptais définitivement les règles de ton jeu. Un jeu où je ne pouvais plus me risquer d'être un mauvais perdant.
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