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 Be someone to fear, not hunt || Laura

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SUCKER FOR PAIN

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↳ Citation : « The rules of the game are what you can do to the enemy and what you can stop him from doing to you. I am your enemy from now on. » o.s.card
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MessageSujet: Be someone to fear, not hunt || Laura   Mer 20 Sep - 23:13

Be someone to fear, not hunt
Le soleil se couchait sur la ville, et cela, Itzal le sentait plus qu’il ne le voyait. Ici, dans cette forêt, la lumière était quasiment toujours la même, c’est-à-dire faible et propice aux ombres de toutes sortes. C’était le coin idéal pour avoir la paix quand on voulait s’adonner à quelque chose d’illégal ou de dangereux, comme, disons, se la jouer voleurs d’énergie en ville, sous le nez de la milice. Mais la milice ne s’aventurait pas dans ce coin, en tout cas sans qu’on les entende arriver à dix bornes. Assis sur une souche couverte de mousse, faisant sauter un couteau militaire dans sa main – la lame, la garde, la lame, la garde –, il tendait tous ses sens vers le ciel. Ici régnait le silence, du moins au sens humain du terme. Cette forêt était loin d’être inhabitée. Lieu de cauchemars, ou de rêves éveillés, là où les mythes pouvaient devenir réalité, où on s’attendait presque à voir sautiller des farfadets ou danser en cercle des fées aux dents pointues et au regard mauvais. L’endroit parfait pour se servir de pouvoirs que le gouvernement réprouvait, sauf quand il s’agissait bien sûr de le contrôler pour son propre intérêt. Itzal leva un œil sur Laura, à qui il avait demandé de s’entraîner au maniement des ombres. Il avait planté un autre couteau dans un tronc d’arbre face à elle, l’avait plantée, elle, face à l’arbre, puis avait posé son cul sur sa souche et attendait qu’elle fasse des miracles. Cela faisait plusieurs jours qu’ils se retrouvaient ainsi maintenant, et il attendait d’elle qu’elle fasse des progrès. Incessamment sous peu. La première fois qu’il l’avait vue, elle faisait exploser des bouteilles avec son ombre, alors attraper un couteau et l’arracher à un tronc d’arbre, c’était censé être de la petite bière. Mais il commençait à se rendre compte de plusieurs choses : c’était pas si simple de jouer les maîtres Jedi ; et Laura avait tendance à se servir de ses pouvoirs plus efficacement sous le coup de ses émotions, ce qui l’agaçait, lui, tellement ça paraissait peu fiable, comme méthode. De sorte que dans une situation telle qu’à présent, au calme, où il lui suffisait de se concentrer, de garder son calme et de lancer son ombre sur le couteau, cela ne se passait pas comme prévu. Ce qui l’horripilait encore plus.

Il se leva enfin, lança son couteau qui se planta à côté de l’autre dans l’arbre, victime innocente de leur entraînement du jour, et vint se planter à côté de la femme, les bras croisés, sans la regarder. « Bon, alors, on attend quoi ? » Comment la guider, il cherchait encore. Il ne se posait la question que quand il la voyait, donc autant dire qu’il n’était pas très studieux dans la préparation de ses cours. « Faire péter des trucs, c’est très bien, mais ça demande peu de contrôle. Retirer ce couteau du bois… » Il s’interrompit. Énoncer des faits, c’était très bien, mais ça ne servait à rien. Il lui avait montré plusieurs fois, son ombre semblant s’échapper de sous ses pas, se jetant sur la cible, faisant sauter le couteau du tronc, le plantant dans la terre à leurs pieds. Pas de quoi vaincre une armée, c’est sûr. Mais ce simple petit tour demandait déjà une certaine concentration et une maîtrise qui lui permettait quantités d’autres petits tours. Il se rappela que lui-même n’avait pas réussi en quelques jours, loin de là. Sauf que quand c’était lui qui s’entraînait, tout seul, il ne s’ennuyait pas comme maintenant. Il considéra Laura un moment. « Bon, si tu en as marre d’échouer, on pourrait essayer autre chose. » Les mots lui avaient échappé tels quels et quand il se rendit compte que c’était un peu dur, il les regretta, mais juste une seconde. Tout ce qu’il voulait dire par là, c’était qu’il avait d’autres tours à faire apprendre à Laura, peut-être des tours qui lui conviendraient mieux. Après tout, lui-même avait ses forces et ses faiblesses.

Il s’éloigna d’elle, commençant à marcher lentement à la lisière de la petite clairière où il se trouvait, passant régulièrement dans les ombres des arbres. S’enveloppant dans sa propre ombre, et jouant ainsi, comme une illusion d’optique, avec sa propre présence, disparaissant par intermittence à la vue de Laura. « Est-ce que tu me vois ? » Est-ce qu’elle le voyait ? Savait-elle seulement qu’elle pouvait distinguer l’invisible, entendre l’inaudible ? Il n’en savait rien, mais il s’amusait beaucoup plus, soudainement.

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MessageSujet: Re: Be someone to fear, not hunt || Laura   Jeu 28 Sep - 19:02

Les pleins et les déliés de l’écorce, de l’arbre en face d’elle, resteraient probablement graver dans sa mémoire aussi fermement que la colère et la sensation d’échec qu’elle ressentait profondément à cet instant. Elle soupire et glisse les doigts dans ses cheveux, paumes à plat contre ses yeux fatigués. Elle masse la naissance de ses cheveux du bout des doigts, tente d’évacuer la tension qui l’habite, sans grande réussite. Ca fait des heures qu’ils sont dans la forêt, des heures qu’elle baigne dans les ombres profondes des arbres, des heures, déjà, qu’elle n’a qu’une seule envie, celle d’arracher ce poignard, qui semble la narguer, de l’arbre avec ses mains puisque son ombre ne semble pas décider à le faire. Elle inspire profondément par le nez et laisse ses mains retomber contre ses cuisses. Les jambes écartées, les pieds bien ancrés dans la terre meuble, elle fixe à nouveau son attention sur l’arme enfoncée dans le bois. Une fois de plus, elle sent son ombre, sensation étrange qu’elle a encore du mal à totalement comprendre. Elle sent la forme noire sur le sol, comme s’il s’agissait d’une extension d’elle-même, un peu élastique, douce comme de la soie. Pourtant, elle n’arrive pas à la contrôler. Elle a bien réussi à lui faire grimper le long de l’arbre, elle a même touché le manche du couteau, mais Laura a été tellement excitée par sa minuscule réussite qu’elle en a laisser retomber sa concentration et son ombre a bien vite repris sa place, sous ses pieds, devant son corps.

Derrière elle, bien tranquillement assis sur sa souche, Itzal soupire. Elle veut bien croire qu’il s’ennuie, mais il n’a pas la moindre idée de la force qu’elle met dans chacun de ses efforts. Elle tourne légèrement la tête vers lui, il joue avec un second couteau, la lame tourbillonnant, entre ses doigts, et elle se laisse hypnotiser par le mouvement répétitif quelques secondes. Elle pose son regard sur le visage bougon de celui qu’elle considère désormais comme son ami. Elle sourit doucement, il l’avait terrorisé lors de leur première rencontre. Elle s’entraînait à éclater des bouteilles, bien trop concentré sur sa tâche pour entendre le jeune homme s’approcher derrière elle, et quand elle avait entendu sa voix elle avait fait un saut en hurlant, elle était prête à supplier pour sa survie avant qu’elle ne comprenne qu’il ne l’attaquerait pas. Il lui avait fallu des semaines pour accepter de lui faire pleinement confiance et la voilà, en plein milieu de la forêt à essayer d’apprendre à se servir de ses pouvoirs avec un gamin de presque dix ans de moins qu’elle. Elle secoue la tête, elle ne lui dira jamais tel quel, mais elle est réellement contente de l’avoir rencontré, il est loin d’être pédagogue, mais il fait de son mieux, comme elle, comme tout le monde finalement. Elle sourit à nouveau avant de retourner à son entraînement.

Elle fronce les sourcils, cale une mèche de ses cheveux blonds derrière son oreille et reprend ses efforts en soufflant. Elle pousse un sifflement et saute sur le côté, quand la lame du second couteau vient se planter près de sa consœur. « Eh ! Tu m’as fait peur ! » Elle se retourne et, les mains fermement plantées sur les hanches, plante ses yeux bleus dans le regard brun d’Itzal. « Comment ça, on attend quoi ? Je te ferrai dire que je fais de mon mieux, d’accord ? Ca fait des heures que je suis plantée face à ce couteau, je pourrais en dessiner le manche les yeux fermés, mais j’arrive à rien. Tu crois que ça m’enchante ?! » Elle agite les mains vers les deux lames plantées dans l’arbre. « J’apprécie aussi peu que toi de rester ici à m’escrimer contre un arbre, tu sais. » Elle hoche la tête à sa réplique suivante. « Je sais bien, retirer la lame de l’arbre devrait être facile et tu m’as montré comment faire mille fois, ce n’est pas pour autant que j’ai compris comment tu fais pour maîtriser ça. » Elle pointe du doigt son ombre. « Je sais que j’ai besoin d’être concentré et je peux t’assurer que je le suis, mais elle refuse de m’obéir ! » Elle fait les cent pas, l’énervement et la déception lui faisant bouillir le sang.

Elle soupire quand il lui répond, ses mots sont durs, douloureux, mais ils sont vrais. Itzal ne mâche pas ses mots et c’est quelque chose qu’elle apprécie chez lui, ça et le fait qu’il soit prêt à continuer. Elle plante une fois de plus ses mains sur ses hanches et la tête penchée sur le côté lui lance un regard désabusée, sourcil levé et sourire en coin inclus. « C’est comme ça que tu comptes m’encourager à faire des progrès ? On t’a déjà dit que tu manquais cruellement de pédagogie, mon grand ? » Elle s’apprête à lui assener une tape amicale sur l’épaule quand il s’éloigne. Elle s’arrête et s’appuie contre un arbre, curieuse de voir ce qu’il va lui montrer de nouveau. Elle étouffe un hoquet de surprise quand il disparaît. Elle se redresse le corps tendu, ses yeux fouillant l’obscurité des ombres. Elle réussit à l’apercevoir quelques secondes avant qu’il ne disparaisse à nouveau. « Comment est-ce que tu fais ça ? » Elle s’approche, sort du couvert des arbres pour observer la lisière depuis l’autre côté. « C’est ce que tu m’as expliqué ? Ce que tu peux faire en utilisant d’autres ombres que la tienne ? » En se concentrant, elle l’apercevait par intermittence, apparaître et disparaître au sein des ombres. « C’est absolument génial ! » Elle frappe ses mains contre ses cuisses. « Il faut absolument que tu m’apprennes à faire ça ! »

Quand il sort à nouveau du couvert des arbres et qu’il prend pied dans la clairière, elle est surexcitée. Comme il l’avait fait avec le poignard, il lui expliqua lentement ce qu’il faisait. Comment il utilisait son ombre, celles des arbres, celles de chacune des feuilles, pour s’en envelopper, pour effacer sa présence aux yeux de quiconque ne prêterait pas suffisamment attention, aux yeux de quiconque n’aurait pas des sens surdéveloppés. « C’est fou ! » Les yeux écarquillés, concentrée, elle prend conscience de la puissance et de la maîtrise que doit demander ce tour de passe-passe. « Je veux essayer. Je ne pense pas être capable de me cacher complètement comme toi, mais peut-être que je pourrais cacher mon bras dans l’ombre ? » Il l’encourage, la pousse vers l’ombre des frondaisons et une fois de plus, l’observe. Il essaie de la guider du mieux qu’il peut. Elle cherche autour d’elle, effleure son ombre, qu’elle reconnaît instantanément, puis celle d’Itzal, qu’elle a appris à connaître, avant de s’arrêter net, une pensée traversant son esprit. « Eh, avant que je n’essaie quoi que ce soit, j’ai une question. » Elle frotte ses paumes moites contre son jean. « Je me demandais… Je peux sentir ton ombre quand je me concentre, elle n’a pas… La même texture que celle des arbres, diront nous. Je suppose que tu peux aussi sentir la mienne, du coup ? Est-ce que deux personnes comme nous peuvent se battre avec leurs ombres ? Est-ce qu’elles peuvent devenir assez tangibles pour se battre l’une contre l’autre ? Ou pour attaquer une autre personne ? » Tandis qu’elle lui laisse le temps de réfléchir à ses questions, elle reprend son entraînement, effleurant son ombre de l’esprit, celle des arbres également. Elle cherche à les attirer autour d’elle, a les pousser à envelopper son bras comme une sorte de couverture.
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MessageSujet: Re: Be someone to fear, not hunt || Laura   Dim 1 Oct - 14:46

Be someone to fear, not hunt
Cela ne faisait pas très longtemps qu’il essayait d’apprendre à Laura à se servir de ses dons, mais déjà, il connaissait la dynamique par cœur. Il y avait toujours un moment où elle n’y arrivait plus, où elle en avait sa claque et où elle s’en prenait à lui, comme si c’était sa faute, à lui, le professeur parfait, le pédagogue ultime, si elle atteignait sa limite du moment. Okay, il ne se faisait aucune illusion. La patience n’était pas son fort et il avait du mal à lui expliquer ce qui pour lui était naturel. Si c’étaient des formules de maths à apprendre par cœur, ce serait trop simple. Il s’agissait de ressenti et d’expérience personnelle, la façon dont il faisait bouger son ombre, il la ressentait dans ses os, sous sa peau, c’était devenu instinctif, et comment expliquer l’instinct à quelqu’un ? Il avait toujours l’impression d’essayer de lui expliquer comment respirer ou mettre un pied devant l’autre, une fois qu’on disait « ben respire, quoi, tu vois, c’est facile », comment donner des détails ? Il s’énervait lui-même de ne pas réussir à lui faire comprendre et s’énervait contre Laura de ne pas comprendre. Même si chez Laura, il y avait tout un tas de choses qui l’énervait. Il la trouvait trop naïve, pour commencer, la toute première pensée qu’il avait eue à son égard le jour où il l’avait trouvée en train de se servir de son pouvoir tranquillement sous les murs de la ville. Ces mêmes murs qui avaient vomi les enflures de la milice qui l’avait capturé, lui, quand il avait essayé de s’enfuir. Depuis qu’il fréquentait Laura, il avait le temps de nuancer un peu son avis sur elle, et pour commencer, elle n’hésitait jamais à lui sauter à la gorge quand elle en avait ras le bol de ses remarques. Mais il lui fallait longtemps. Itzal, à sa place, s’il avait eu quelqu’un comme lui pour prof, aurait jeté l’éponge depuis longtemps. N’empêche que s’il trouvait ça totalement outrageant qu’elle ose se rebeller contre lui alors qu’il faisait ça pour lui rendre service, cela le faisait toujours un peu sourire aussi. Il préférait qu’elle se défende. De toutes les façons possibles, avec ou sans pouvoirs. Personne ne pouvait survivre dans ce monde sans sortir les griffes et les crocs.

Il y avait des fois, cependant, où il avait l’impression qu’elle le sermonnait plus qu’elle ne se rebellait. Il n’en était pas sûr, il avait du mal à identifier la chose, mais ça le déstabilisait quelque peu quand elle faisait ça. Personne, absolument personne dans sa vie ne s’était permis de lui faire la leçon. Heureusement, Laura était aussi beaucoup plus douée pour exprimer avec des mots les limites qu’elle rencontrait. Si lui n’arrivait pas à lui expliquer comment faire, elle, lui expliquait très clairement ce qui n’allait pas. Clairement, chez elle, la concentration était un problème. Il essayait de se souvenir comment il avait appris à maîtriser ses dons et son entêtement, sa volonté de fer et le besoin qu’il avait de contrôler sa propre vie, avaient facilité les choses. C’était la théorie. En pratique, il savait juste qu’il avait passé des heures et des heures, seul, à s’entraîner, encore et encore, jusqu’à oublier de manger, de boire ou de dormir. Mais au-delà de ça, il ne savait pas quoi lui donner, comme conseil. Pas de « fais ci, fais ça ». Cependant, si elle pouvait déjà réussir à se concentrer, ce serait une petite victoire. Et peut-être que c’était là leur première erreur. Peut-être qu’elle devait d’abord apprendre à maîtriser un autre des dons des Daybreakers avant d’utiliser les ombres, un don qui demandait forcément de se concentrer. Comme un sale gosse, il se contenta donc d’ignorer les récriminations de son élève et se mit en tête de lui montrer autre chose.

Au moins, cela eut pour effet de la motiver à nouveau. Il la regarda batailler un moment, jusqu’à ce qu’elle lui demande s’ils pouvaient faire se battre leurs ombres en duel, une question qu’il ne s’était jamais posée. « J’imagine que c’est possible, mais ça ne servirait pas à grand-chose, à mon avis. Si tu fais face à un ennemi, autant te battre contre lui. Ce n’est pas en égorgeant son ombre avec la tienne que tu le vaincras. » Il ne la quittait pas des yeux, puis se redressa soudain. « Si tu veux, je peux t’apprendre à te battre, ça sera vachement plus simple. » Ouais, il était positivement optimiste là-dessus, pour le coup. Même s’il n’était pas certain que Laura ait envie d’apprendre à tabasser des gens et à les trucider. Pourtant, dans l’absolu, lui passait plus de temps à se servir de ses poings que de son ombre. D’ailleurs, c’était une pensée à raccrocher au train de ce qu’ils faisaient. Peut-être qu’avant d’apprendre à lancer des couteaux avec son ombre, Laura devait apprendre à se cacher dans les ombres. Se dissimuler, fuir, rester à l’écart du danger, c’était, de nos jours, une bien meilleure façon de survivre que l’attaque frontale. Et peut-être aussi que ça correspondait mieux à son caractère. S’il avait su, lui, prêter attention à ce qui l’entourait à l’époque où il avait été transformé, il aurait pu échapper à la milice. Il serait libre, aujourd’hui. Il regardait Laura fixement, en essayant d’imaginer la trajectoire qu’elle avait suivie jusque-là, pour en arriver ici, à cet instant ; et où est-ce que cette trajectoire pourrait la mener dans un futur proche. Il n’arrivait pas à la voir comme quelqu’un apte à survivre dans ce monde trop brutal pour elle et pourtant, elle avait survécu, et s’en était même mieux sortie que lui, puisqu’elle ne s’était pas fait attraper par le gouvernement.

Il se secoua pour s’arracher à ses pensées. « Fais une pause. Je sais que je suis mal placé pour dire ça, mais calme-toi deux minutes. Ferme les yeux, et écoute ce qui se passe autour de toi, essaye de ressentir les… trucs. » Le conseil de l’année. « Un simple humain ne me verra pas si je décide de me cacher et de ne plus bouger, mais toi, tu n’es plus simplement humaine. Si je disparais, et que je ne bouge plus, tu as encore les moyens de me voir et de m’entendre, si tu exerces tes sens. » Avec de l’entraînement et de la pratique, elle pourrait apprendre à entendre une respiration, voire un battement de cœur. Et à distinguer autre chose dans l’ombre que la simple silhouette d’une personne. « Disparaître, c’est bien, mais voir venir ceux qui savent disparaître, c’est pas mal non plus. Imagine, entendre arriver tes ennemis avant qu’ils ne t’aient repérée… » Ça aurait changé le cours de son existence, à lui. Il ne savait pas si c’était son cas à elle.

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One day you will perish
You will lie with the rest of your kind in the dirt. Your dreams forgotten, your horrors effaced. Your bones will turn to sand. And upon that sand… a new god will walk. One that will never die. Because this world doesn’t belong to you or the people who came before. It belongs to someone who has yet to come. ©endlesslove


Dernière édition par Itzal Macaro le Jeu 5 Oct - 22:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Be someone to fear, not hunt || Laura   Jeu 5 Oct - 3:32


Contre toute attente, Laura en était venue à s’attacher à Itzal. Quand elle l’avait rencontrée, elle avait été outrée par la façon dont il lui avait parlé. Elle avait eu envie de le remettre à sa place, de le gronder comme on ferrait avec un enfant mal élevé. Il était rustre, dur et parfois acide, souvent de mauvaise humeur, mais malgré tout, ils semblaient s’être pris d’affection l’un pour l’autre. Elle avait compris, à demi-mot, qu’il n’avait pas eu une vie facile, qu’il avait souvent dû se débrouiller tout seul et qu’il avait été souvent très seul. De son histoire, elle ne savait pas grand-chose, mais elle s’en fichait un peu. Il ne savait pas grand-chose d’elle non plus de toute façon. Il y avait quelque chose de rafraîchissant dans le fait de passer du temps avec quelqu’un qui n’avait pas une once de pitié pour elle. Un jour, bientôt, peut-être, elle lui parlerait de Roman, de Mikkel, de Lizzie et de Colin, de sa vie perdue qu’elle rêve de retrouver. Mais pour le moment, elle se contente de ce qu’ils s’offrent mutuellement. Il se comporte parfois vraiment comme un sale môme et elle ne peut pas s’empêcher de le sermonner parfois, comme elle le ferait pour Mikkel, mais pour autant, elle ne le considère pas comme son enfant. Elle a juste envie de lui mettre des taquets derrière la tête quand il la cherche trop. Elle se contente généralement de regards réprobateurs et de soupirs affligés. Pourtant, quand il pousse le bouchon trop loin, elle ne peut s’empêcher de lui répondre, bien plus violemment parfois, que ce qu’elle oserait avec ses enfants. Elle ne se sent pas obligée d’être parfaite avec lui. Ils sont la même chose, avec lui, elle peut perdre le contrôle, il ne risque rien et c’est profondément libérateur d’être autour de quelqu’un qui ne craint rien d’elle.

Elle pense à ça tandis qu’elle se concentre de toutes ses forces sur les ombres qui l’entoure, elle s’enroule autour de son bras, lentement, mais sûrement. C’est loin d’être parfait, loin de la cacher aux yeux de tous, mais, elle se sent un peu rasséréner. Quand Itzal lui répond, elle perd sa concentration, laisse les ombres reprendre leur place d’origine et laisse la sienne se déployer à nouveau. « Oui, je ne pensais pas à ça. » Elle laisse échapper un rire. « Je pensais surtout qu’utiliser mon ombre pour me battre contre celle d’un autre, me permettrait de ne pas avoir à m’inquiéter de me faire attaquer par-derrière tandis que je m’occupe physiquement du porteur, tu vois ? » Elle joue quelques instants avec les ombres, les attire à elle, les repousse, les fait s’entortiller, elle commence à maîtriser assez bien ce genre de chose, elle a juste du mal à effectuer des gestes précis. Elle sursaute un peu quand il se redresse d’un coup. Elle laisse échapper un rire franc. Itzal ne comprend probablement pas ce qu’il y a de si drôle, mais elle n’a pas vraiment besoin d’entraînement. Elle reprend son souffle avant de lui sourire gentiment. « Désolée, je ne me moque pas de toi, promis ! C’est juste que… » Elle cherche ses mots, cherche comment lui expliquer sans trop lui en dire, comment ne pas le vexer aussi. « Je sais déjà me battre en fait, et plutôt bien. » Elle hausse les épaules devant son regard interrogateur. « Oui, je sais, tu penses que je suis fragile et que je ne supporte pas la violence, pourtant… » Elle se mordille la lèvre inférieure, cherche encore un peu comment lui expliquer puis se décide pour un ersatz de vérité. « J’ai dû apprendre à me battre parce que j’ai fait partie de la résistance à ses débuts. Puis… J’ai dû passer quelque temps, hors des murs de la ville, j’ai plus ou moins traverser le pays après presque tout le monde, je n’ai pas trop eu le choix, tu vois ? Puis quelqu’un m’a appris. » Elle soupire et ses yeux se voilent légèrement au souvenir de Richard. Il lui avait tant offert et elle lui avait tous pris. « Bref, je n’ai pas vraiment besoin d’apprendre, par contre, j’aurais très sérieusement besoin d’une remise à niveau et d’un bon entraînement ! » Elle lui offre un sourire resplendissant, réellement heureuse d’avoir trouvé quelqu’un qui ne la considère pas comme une petite chose fragile.

Elle est surprise quand il lui demande de se calmer, de s’octroyer une pause. Généralement, il ne supporte pas sa lenteur, il s’énerve et la houspille, ce à quoi elle répond de bon cœur, heureuse de pouvoir se défouler un peu. « Oooh ! » Elle vient de comprendre de quoi il s’agit. « Et moi qui pensais que tu voulais réellement que je fasse une pause ! » Elle plaque sa main sur son front, mimant l’évanouissement. « Je commençais à me demander si tu ne t’étais pas fait enlever par des extraterrestres ! » Elle rit doucement avant de lui tapoter le bras. « Excuse-moi, je me moque, ce n’est pas très gentil. » Elle se calme et frotte ses paumes sur son pantalon en respirant lentement pour laisser l’apaisement s’emparer d’elle. « Oui, j’ai déjà eu l’occasion de voir ça pour mes sens, parfois, même sans me concentrer certains sons et certaines odeurs deviennent plus forts. » Elle ferme les yeux, laisse son dos s’appuyer contre l’écorce du grand pin près d’eux et inspire profondément. « Tu penses qu’on peut vraiment entendre si bien que ça ? » Elle se rappelle sa colère sur le toit avec Lazlo, la façon dont tout avait été décuplé, la façon dont elle avait vu les particules de cendres dans l’air, le bruit des gens dans la rue, plusieurs étages plus bas, le bruit du crissement du mégot sur la pierre, l’odeur de tabac froid, celle du savon de Lazlo. Elle cherche à retrouver cette sensation, se laisse aller et détend intégralement son corps. La dernière phrase d’Itzal, couplé à ses souvenirs fait remonter le souvenir de sa dernière nuit. La sensation glaciale de la crosse du pistolet qui s’abat sur l’arrière de son crâne, le froid et l’humidité du bitume sous elle. Si elle avait eu ses pouvoirs à l’époque, il n’aurait peut-être pas eu le temps de la frapper, elle n’aurait rien frapper et aurait peut-être pu sauver Mikkel. « Ce serait, effectivement, très, très pratique dans certaines situations. » Elle hoche la tête lentement, éloigne ses souvenirs douloureux et se concentre sur ses sens.

D’abord, il n’y a rien. Rien de différent de d’habitude, elle sent les pins qui les entourent, leur odeur est si forte qu’on dirait celle des désodorisants pour voiture, elle entend les quelques oiseaux qui pépient dans les cimes, le vent qui souffle un peu, elle entend sa respiration. Puis soudain, tout change. Elle n’entend plus les oiseaux pépier, elle entend leurs pattes gratter contre l’écorce de l’arbre, elle entend les aiguilles de pin charriées par le vent, elle entend la respiration d’Itzal. Elle sent son odeur, elle sent une rivière qu’elle sait être à des kilomètres de là. Quand elle ouvre les yeux, les ombres n’en sont plus, la forêt est claire, elle voit bien plus loin qu’elle ne devrait en être capable. Son pouls s’emballe dans sa poitrine et elle cligne des yeux. « Wow… » Elle déglutit et tourne le regard vers Itzal. Instantanément, elle remarque des nuances de couleurs qu’elle n’avait jamais vu dans ses yeux, elle voit les quelques poils qu’il a oublié dans son cou en se rasant. Elle perd sa concentration et cligne des yeux à plusieurs reprise, elle a l’impression d’être myope tellement sa vision naturelle lui semble faible. « Je savais pour ça, je m’étais rendu compte que parfois, quand je suis à fleur de peau, mes sens se décuplent, je ne pensais pas être capable de le faire de moi-même. » Elle tape dans ses mains, toute heureuse d’avoir réussi à faire ça. Elle se tourne vers l’arbre ou est plantée le couteau, et en fermant les yeux appelle son ombre. Comme un chat, elle s’enroule autour de ses chevilles et Laura la pousse vers l’arme. Ce n’est pas facile, c’est même loin d’être innée, mais petit à petit l’ombre se glisse le long de l’arbre. Elle entend la lame s’écraser au sol et elle se tourne, béate, vers Itzal. « Je crois que… ça commence à rentrer ! » Elle lui jette un regard d’avertissement. « Et ne t’avise pas de me dire que j’ai échoué ! Je sais que je suis censé la retirer, pas simplement la faire tomber, mais, admet quand même que c’est un progrès ! » Elle lui sourit et s’empresse de ramasser le couteau avant de le lancer pour qu’il se plante à nouveau dans l’arbre. Le geste est assuré, propre, preuve s’il en est qu’elle sait s’y prendre. Elle se tourne à nouveau vers Itzal. « Bon, du coup ? Qu’est-ce qu’on fait ? On continue avec les pouvoirs magiques, on s’entraîne au combat ? » Elle fait mine de lui envoyer un crochet du droit. « Ou… On décide que c’est déjà pas mal pour aujourd’hui et on rentre en ville boire un verre ? » Elle lui lance un sourire encourageant, l’idée d’une soirée de détente n’est pas pour lui déplaire, même si l’entraînement s’avère être sa priorité.
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MessageSujet: Re: Be someone to fear, not hunt || Laura   Mar 10 Oct - 21:16



Be someone to fear, not hunt
C’était bizarre, de la voir se marrer. Pas elle en particulier, encore que, même si elle était probablement la personne la plus souriante de tout son entourage, il y avait bien assez de ténèbres en elle pour que son rire sonne souvent étrangement. Mais pas cette fois. Cette fois, ça ressemblait à un vrai rire, et c’était bizarre parce qu’Itzal avait l’impression que ça faisait des siècles qu’il n’avait pas entendu quelqu’un rire comme ça. Plus personne ne se marrait, dans ce monde. Ou alors, c’était pour l’honneur, la gloire ou le cynisme. Le grand cinéma des apparences. Mais s’éclater comme elle le faisait, non, il ne se souvenait pas. Lui-même était du genre à se poiler, mais en général, un peu méchamment, quand même. Parce que sinon, il n’y avait pas grand-chose dans cette vie qu’il trouvait drôle. Et c’était pareil pour tout le monde dans cette putain de ville. Alors, ouais, il la regarda rire aux éclats sans savoir quoi faire, attendant juste que ça se termine, un peu vexé, de plus en plus énervé, et malgré tout, profitant de ce son incongru sans vraiment en prendre conscience. Même si elle se foutait de sa gueule – c’était évident. Elle finit par le nier mais Itzal resta de marbre, ne souhaitant pas rire avec elle et lui accorder ainsi cette petite victoire. De la fierté, il en avait beaucoup et elle était très mal placée, depuis toujours. Il se détendit en entendant la suite. Un peu, ouais, qu’il la pensait fragile et sans défense ! Et en même temps, il fallait être logique. Personne ne survivait à ce monde sans avoir quelques habilités. Il n’y avait pas de passants innocents, à la Nouvelle-Orléans. Ils étaient tous arrivés ici de la même manière, en se frayant un chemin au milieu de cadavres, les mains rouges de sang. Et elle aussi devait avoir fait sa part, même si elle n’en parlait jamais. Lui non plus n’en parlait pas mais il estimait que dans son cas, c’était évident. Il était un sale type, et les sales types avaient tendance à traîner leurs cadavres à la remorque et à la vue de tous, et pas à les cacher dans un placard.

N’empêche qu’il était curieux de savoir en quoi elle savait se battre, exactement. À l’école de la rue, il avait appris par la force qu’on en savait plus sur quelqu’un en se battant contre lui qu’en lui demandant de disserter sur sa vie. Il n’avait pas particulièrement envie de se battre contre elle. C’était plus ce que ça sous-entendait derrière qui l’intéressait. La nécessité était la raison première qui faisait apprendre aux gens à se défendre avec leurs poings. Mais ensuite, ils étaient tous différents. Elle lui avoua sérieusement qu’elle avait fait partie de la résistance, ce qui lui arracha une moue dégoûtée, parce que, gentils ou méchants, il s’en foutait, il détestait simplement toute forme d’organisation. Il dut reconnaître cependant qu’il fallait une certaine dose de courage, ou de folie, pour traverser le pays par les temps qui couraient. Et pourquoi s’imposer une corvée pareille ? Il fallait avoir une sacrée motivation… On y était, encore : la nécessité, la force de loi universelle. Ça, et un maître Jedi, apparemment. Il vit passer une ombre sur son visage et détourna les yeux, gêné d’en être le témoin, assez peu intéressé par le rôle d’épaule pour pleurer, aussi, mais heureusement, ils n’en étaient pas là. Au lieu de quoi, elle voulait reprendre l’entraînement, ce qui convenait parfaitement à Itzal. D’abord, il lui demanda de lever le pied, parce que comme d’habitude, elle démarrait au quart de tour et semblait incapable de se calmer ou de se concentrer, et la voir prendre ses aises comme s’il lui avait dit qu’ils allaient goûter sur l’herbe comme deux collégiens lui arracha un grognement, mais il fut coupé dans son élan par Laura elle-même, qui en était venue toute seule là où il voulait qu’elle aille. Elle allait le rendre dingue. Mais comme elle n’arrêtait pas de parler, il serrait les dents et ravalait sa colère. Eh bah ouais, ses sens étaient plus aiguisés que le pingouin lambda, eh ouais, les sons et les odeurs étaient plus forts, surtout les cris de douleur et la puanteur des cadavres. « Et t’as jamais voulu savoir si tu pouvais entraîner tes sens ? C’est vachement plus utile que se battre avec son ombre, crois-moi. » Il la regarda fermer les yeux et profita de ces quatre secondes sept centièmes de silence. Il la regarda emprunter sa petite route des souvenirs personnelle, il pouvait voir ça sur son visage qui se contractait légèrement. Jusqu’à ce qu’elle parle à nouveau.

« Pratique, ouais. Et d’une discrétion absolue. Personne ne peut savoir que tu peux faire ça, et surtout pas ces branleurs de la milice. » Putain, si seulement il avait su se servir de ses sens le jour où la milice lui avait mis la main au collet… Il se secoua et décocha un regard peu amical à Laura, mais elle avait déjà fermé à nouveau les yeux, lui coupant à nouveau l’herbe sous le pied. C’était frustrant, bordel ! Loin d’être au diapason avec elle et la façon dont, enfin, elle se concentrait pour écouter ses sens, il se retint de taper du pied pour signifier son impatience. Il savait ce qu’elle entendait, ce qu’elle voyait, ce qu’elle sentait et même ressentait. L’air sur la peau, l’humidité dans l’atmosphère, tout ce qu’Itzal détestait, qui lui donnait l’impression d’être prisonnier d’une présence gigantesque et étouffante. Finalement, elle rouvrit les yeux. Apparemment, cette fois, elle avait su se concentrer assez pour atteindre son but. Et c’était ce même genre de concentration dont elle avait besoin pour se servir de son ombre. Il suivit son ombre des yeux, qui s’étira, s’enroula autour du manche du couteau et le fit tomber. Il ouvrit la bouche pour râler et la referma alors qu’elle anticipait sa critique. Mais nom de Dieu, cette bonne femme était insupportable ! Elle lança de nouveau le couteau dans l’arbre et il grogna tout bas : « Ouais, n’empêche que t’as échoué… » Il lui tourna le dos pour aller récupérer son couteau, à la main, à l’ancienne, et le fourra dans son étui dans sa botte militaire prise sur un macchabée des années plus tôt. « Puisque tu proposes si gentiment, je prendrais bien quelques verres. Tu offres ta tournée, c’est normal, vu que je t’entraîne gratuitement. » Il se retourna pour lui lancer un sourire tordu. Après tout, elle avait bien avancé, ce soir, ils pouvaient bien fêter ça – prétexte ! « Je te préviens, je vais te demander qui t’a appris à te battre et comment. Et l'alcool a beau être dégueulasse, les gens comme nous peuvent encore être bourrés, alors d'une façon ou d'une autre tu finiras par parler. » Il lui fit un signe faussement galant, comme pour lui dire de passer devant, avant de se mettre en marche aussitôt, la laissant finalement derrière.

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MessageSujet: Re: Be someone to fear, not hunt || Laura   Dim 10 Déc - 21:09


La forêt pouvait paraître silencieuse aux oreilles de celui qui ne se concentrait pas. Ou plus simplement aux oreilles de qui n’avait pas des sens proches d’un animal. Plongé dans une bulle de concentration, tenant à l’écart ses pensées et ses troubles, Laura se gorge des sons qui l’entoure. Elle a d’abord perçu ceux qui étaient évidents. Les oiseaux, lointain mais bruyant, le vent dans les branchages, la rivière et son écoulement régulier, le souffle de Itzal, juste assez loin pour qu’elle ait du mal à l’entendre naturellement. Maintenant qu’elle est pleinement concentrée, elle perçoit d’autres bruits, témoignage vibrant de la vie dans la forêt. Elle entend les battements, calme, du cœur de son compagnon, les insectes qui s’affairent sous l’écorce de l’arbre juste derrière elle, la musaraigne qui fouisse dans la terre meuble, à la recherche d’un vers, un tic-tac étonnant, probablement une montre perdue, quelque part sur leur gauche. Elle parvient même à entendre le bruit d’un groupe de promeneur sur la route, probablement vers le groupement de chalet qui se trouve plus haut.
Après avoir fait le tour de tous ses sens, avoir admiré son odorat de fin limier et sa vue affuté, elle revient à elle-même avec un sourire ravageur. Enfin, enfin elle fait des progrès, découvre de nouvelle facette de ses pouvoirs et comment les maitriser. Le passage de Mikkel chez elle n’a fait que renforcer son envie de se maîtriser. La confiance de son fils, sa demande innocente et maladroite, la violence de son rejet, psychologique et physique, face a l’idée de se nourrir de lui avait renforcé l’idée qu’elle se faisait. Elle était capable de le faire. Définitivement, elle pouvait se maitriser, prendre en main ce qu’elle était et ne plus être un danger. L’idée avait suffit à faire vrombir tout son corps d’une énergie nouvelle. Energie qu’elle s’emploie désormais à utiliser lors de ses entrainements. Elle frotte ses mains contre ses cuisses avant de s’étirer. Elle laisse échapper un petit rire à la remarque d’Itzal, la joie d’avoir fait des progrès la rendant légère. « Honnêtement… Pas vraiment. Pas par manque d’intérêt mais, uniquement par ce que je crois que je n’avais pas vraiment compris que je pouvais le faire. » Elle hausse doucement les épaules. C’est un peu bête, mais elle s’était tellement concentrée sur le fait de ne pas blesser d’autre personne et sur le fait que son ombre était capable de faire ce que bon lui semblait, qu’elle n’avait pas vraiment pris le temps de réfléchir à ce qu’elle pouvait faire d’autre. « J’ai toujours détesté ce que j’étais, alors je suppose que je me suis concentré sur les choses que je détestais, plus que sur ce que j’étais capable de faire. Mais, cela dit, tu ne peux pas nier que pouvoir se rendre invisible grâce aux ombres… Ca en jette un peu plus que de pouvoir renifler les alentours comme un fin limier, non ? »  La possibilité de se cacher s’avèrerait monstrueusement utile si elle devait retourner dans la résistance. Elle pourrait faire tellement de chose en étant capable d’entendre en restant parfaitement dissimulée. Une fois de plus, elle laisse couler les taquineries d’Itzal et se contente de secouer la tête en levant les yeux aux ciels. « Tu es insupportable ! » Elle lui met un petit coup sur l’épaule quand il passe devant elle. « Ouais, c’est cela. Vu mes progrès, c’est toi qui devrait me payer pour continuer à supporter ton entrainement en mousse ! » Elle le pointe du doigts, l’œil faussement accusateur et un sourire moqueur aux lèvres.

Bien sûr qu’il allait demander. Qui ne voudrait pas savoir comment une femme de quarante ans, propre sous tout rapport et avec l’air aussi soigné qu’elle, avait bien pu apprendre à se battre. Elle lui emboite le pas en soupirant, glissant l’un des couteaux dans sa poche arrière. « Nous verrons, tu oublies que j’ai l’avantage d’être bien plus âgé que toi et que par le fait, je sais bien mieux me contrôler que toi ! » Elle le pousse du coude gentiment. C’est tellement faux, elle n’a bu que très peu depuis son arrivé au sein de la ville et la seule fois ou c’est arrivé, elle a fini nue dans son appartement avec Ange. Le souvenir de son amie, exécutée par le gouvernement à la suite des Forgiven Days, lui tord le ventre. Une raison de plus de faire tomber un gouvernement détestable. Elle frotte la petite pointe de tristesse qui s’est logée dans sa gorge et se secoue. Elle garde bien précieusement sa tristesse et sa colère dans un coin, les conserve comme on garde des trésors. Ce sont elles, la colère et la tristesse, et l’espoir aussi, qui la pousse à avancer chaque jour. A vouloir reprendre un combat qu’elle ne se souvient avoir mené qu’a moitié. Un combat qui encore aujourd’hui, après une perte de mémoire et une disparition de cinq ans, lui semble encore juste. Elle se rend compte que son silence à durer un peu trop longtemps quand elle sent le regard d’Itzal peser sur elle. « Je te raconterais, ne fait pas cette tête ! Mais, je préfère te prévenir, c’est pas très gai comme histoire, hein ! »

Ils marchent d’un bon pas, sortent de la forêt et finissent par prendre le métro qui les emmène jusqu’en ville. Depuis le temps, elle a fini par découvrir les bars sympas et ceux à éviter.  Elle hésite un peu à passer au Little Darling, consciente qu’elle y croisera Joseph et ses filles. Elle renonce après quelques secondes de réflexion, ce soir elle ne travaille pas, et elle sait très bien que dès qu’elle aura posé le pied dans le bar, le souteneur ou l’une des filles viendra la voir pour soigner un petit bobo ou une plaie plus importante. Elle ira demain, promis, mais ce soir, c’est son soir. Elle détourne Itzal du chemin du bar. « Non, si tu veux pouvoir discuter avec moi, tu n’as clairement pas intérêt à m’emmener au LD. » Elle lui sourit et avance dans la direction opposée vers un bar plus petit mais surtout, plus tranquille et exempt de prostitué à soigner. Elle rentre dans le bouge et toussote quand la fumée de la cigarette agresse ses poumons. « Je ne m’y ferrais jamais, je déteste vraiment ça ! » Elle secoue la main devant son visage pour essayer d’obtenir un peu d’air frais, en vain. Elle fini par s’asseoir avec Itzal, directement au comptoir. Elle lève deux doigts, demande deux vodka. « J’espère que tu aimes ça ? C’est la seule chose que je bois. » Les verres arrivent et elle fait tourner la liqueur russe dans son verre, comprenant enfin après tout ce temps, pourquoi elle l’aime autant. Parce que la Russie lui rappelle sa maison. Parce qu’elle a épouser un Russe, parce que l’accent russe est synonyme de sécurité, parce que la vodka est synonyme de soirée détendu en compagnie de celui qu’elle aime. Elle sourit tendrement et porte le verre jusqu’à ses lèvres avant d’en avaler une petite gorgée. L’alcool est si fort qu’il efface tout gout de sa bouche, supprimant même celui de cendre qu’apporte normalement tous les aliments qu’elle a le malheur d’ingérer. Elle repose son verre et lèche ses lèvres. « Alors, tu veux me cuisiner ? Vas-y, je suis d’humeur à parler un peu ce soir ! Mais, il faudra que tu me donnes quelque chose en échange quand même, je ne vais pas tenir le crachoir jusqu’au petit matin, mon grand ! »


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MessageSujet: Re: Be someone to fear, not hunt || Laura   Mer 13 Déc - 21:47



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Dans le fond, ces histoires de dons, c’était probablement du cas par cas. Tout comme chacun d’eux étaient plus ou moins doué à ceci ou cela, ils trouvaient tous plus d’intérêt dans une de leurs capacités que dans une autre. Sur le principe, il n’était pas d’accord avec Laura, et dans les faits non plus, de toute façon, mais tout ça, c’était comme les goûts et les couleurs. Ou pas, en fait. C’était juste du bon sens, de la logique liée à l’expérience, peut-être. C’était vrai que manipuler les ombres pouvait paraître vachement plus grandiose que simplement entendre un lapin forniquer dans son terrier à deux cent mètres. Mais le problème, c’était qu’ils n’étaient pas seuls à posséder des dons. Il y avait d’autres voleurs d’énergie, et il y avait d’autres créatures en tout genre. Et ce truc des ombres, c’était bien joli, mais face à un de ces foutus changeurs de peau, ou même face à un sorcier, ça pouvait très bien ne pas faire le poids. Alors que son ouïe, sa vue, personne ne les lui enlèverait, personne ne pourrait l’empêcher d’entendre ou de voir, et surtout d’anticiper. Mais chacun avait ses manières de se battre. Il répondit d’un haussement d’épaule à cet avis émis par Laura. Elle le lui avait dit elle-même, elle avait mené son lot de batailles, et peut-être que son style, ses buts, feraient la part belle à la manipulation des ombres, dans un futur plus ou moins proche. Qui était-il pour juger ? Juste un mec lambda qui tentait de lui apprendre quelques trucs, sans forcément y arriver. Elle avait déjà un maître d’armes assis quelque part sous une cascade en train de méditer. Il reviendrait à ce type-là de joue les Sun Tzu. Là tout de suite, tout ce qui l’intéressait, c’était de savoir si elle était sérieuse en lui demandant de payer sa tourner. Il avait à peu près zéro virgule zéro dollar sur lui, cela dit Laura n’était pas forcée de le savoir et le moment venu, soit elle paierait, soit ils partiraient en courant, et alors ils pourraient mettre en pratique l’art délicat de se cacher dans les ombres pour éviter un coup de fusil d’un barman énervé.

L’idée de causer, ça n’avait pas l’air de la faire rire, comme elle le lui confirma à haute voix, expliquant en partie l’expression emplie de tristesse qui avait balayé brièvement son visage. « De toute façon il en faut beaucoup pour me faire rire, tu t’épuiserais à me raconter des trucs marrants. » Il la suivait désormais, sans même avoir conscience qu’elle menait leur duo dans la forêt, puis dans la ville. Il n’eut aucune réclamation à exprimer quand elle refusa d’entrer dans le Little Darling. Visiblement, elle connaissait l’établissement, et ses défauts avec, et Itzal, qui s’y rendait de temps en temps pour un petit job occasionnel, n’y était pas non plus particulièrement attaché. Il fut plus emballé par son choix de petit troquet sombre et enfumé, et il inspira à plein poumons pendant que sa comparse toussait. Malgré tout, elle se posa au comptoir avec un naturel qui semblait issu de l’habitude et commanda directement deux vodka, ou ce qui s’en rapprochait le plus en ces temps de disette, comme si c’était totalement normal et surtout, légal. Ah, elle était décidément pleine de surprises ! Il goba son shot de vodka avant de grimacer. Aimer ça, pour les gens comme eux, là n’était plus vraiment la question… Tout avait un goût de cendre, mais il restait l’alcool lui-même, la chaleur sur la langue et la sensation, plus forte que beaucoup d’autres choses dans cette vie, désormais. « T’inquiète, ça ou autre chose, tout me va, je suis pas difficile. » Tout son contraire en matière d’alcool, apparemment. Il essayait de se l’imaginer, avant tout ce bordel, dix ans auparavant, peut-être, avec une vie, un petit mari, des gosses, un chien, et des bouteilles de vodka dans le bar de la cuisine… Il posa une main sur son cœur d’un air grandiloquent. « J’ai aucun secret, je suis serein. »

Par quoi commencer ? Lui demander qui elle était, de but en blanc, ce serait un peu cavalier, surtout qu’ils se fréquentaient depuis un moment, maintenant. Et puis les généralités, ce n’était pas son genre. « Tu viens d’où, finalement ? Quand tu dis que tu as traversé le pays, tu parlais au sens littéral ? » L’important n’était pas destination, blablabla, disait les générateurs de citations débiles, dans le temps. Lui demander de parler de son voyage, ça revenait à lui demander de raconter toute sa vie, peu ou prou. Puis il esquissa une grimace en faisant rouler son verre entre ses doigts. « Et pourquoi, après tout ça, atterrir dans la résistance ? Ces gens-là sont pas très fréquentables, non ? » En tout cas, il avait un souvenir particulièrement mauvais de la dernière fois où il les avait croisés en pleine action.

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