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 Le temps des retrouvailles | PV Joshua

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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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MessageSujet: Le temps des retrouvailles | PV Joshua   Lun 2 Oct - 20:17


« Ce que l'on aime avec violence finit toujours par vous tuer. »
Guy de Maupassant


Sigrid K. Laïn & Joshua Bates
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Les doigts crispés sur le papier blanc, Sigrid relisaient soigneusement chacun des mots qui noircissaient la page, pour la troisième fois consécutive. Elle voulait s'assurer de ne pas passer à côté de quelque chose, un mot, une majuscule, un nom, n'importe quoi qui pourrait indiquer la présence de Joshua derrière cette convocation. Car oui, elle en était convaincue, cela ne pouvait venir que de lui. Elle avait eu contact avec Lucrezia récemment et elle ne lui avait rien dit qui laissait présager un tel rendez-vous. Larmes au bord des yeux à force de fixer inutilement ce courrier malheureux, Sigrid cédait enfin à la colère qui lui chatouillait les entrailles et froissait la feuille d'un geste sec, la réduisant en une boule informe, avant de la jeter au travers de la pièce, sans rien viser de particulier. Juste comme ça, pour se défouler, pour évacuer la frustration et extérioriser les sentiments qui la malmenaient. Elle pensait lui avoir échappé mais ce n'était qu'une illusion. Comme beaucoup de choses en ce monde. Se laissant choir sur son fauteuil trop grand pour elle, la rouquine ramenait ses genoux contre sa poitrine, en proie au doute qui s'insinuait doucement en elle. Elle essayait de lutter contre ses pensées mais elle savait que c'était peine perdue. Elle n'aimait pas ça, la sensation qu'elle avait ressentie en découvrant les lettres alignées sur le papier, cette satisfaction qu'elle jugeait malsaine. Elle aurait dû être horrifiée, terrifiée, dégoûtée pourquoi pas et elle l'avait été bien sûr, mais pas suffisamment, pas comme il aurait fallut, pas entièrement. Derrière la peur, se cachait -et pas si profondément que ça- une sorte d'apaisement, comme si le simple fait de savoir qu'elle allait le revoir comblait un vide en elle. Comment avait-il pu avoir autant d'emprise sur elle en si peu de temps ? Elle l'ignorait, et bien que sa raison lui dictait d'ignorer le rendez-vous et trouver une alternative, le reste de son être tout entier se consumait d'impatience.

Elle laissait son esprit vagabonder et revenir quelques mois en arrière, au temps où tout avait une odeur de désinfectant et où l'air inspiré était aseptisé. Elle n'était pas en mesure de dire le jour exact mais elle se souvenait de ce moment-là comme du moment où tout avait basculé. Cette fois-ci, les coups et les injures habituels avaient, pour la première fois, laissé place à des caresses déstabilisantes. Elle se rappelait la tendresse de ses mains qui parcouraient son corps, une tendresse insoupçonnée jusqu'à lors et dont personne n'avait fait preuve à son égard avant Joshua. C'était sans doute paradoxal mais c'était ce type de torture qui avait éveillé en elle un soupçon de sympathie à l'égard de son tortionnaire. Alors, comme lorsqu'elle était petite fille et qu'elle avait été arrachée à sa famille, elle n'avait pas réagit sauf que là, c'était voulu. Elle avait deviné que ses comportements précédents, tantôt fragiles ou apeurés, tantôt diaboliques, avait déstabilisé l'interne au point qu'il doive changer de manière d'opérer. Elle avait eu le dessus en quelques sortes et elle s'était trouvé plus forte que jamais auparavant. Bien entendu, elle lui en voulait encore d'avoir endossé le rôle de bourreau envers elle et usé de sa position pour assouvir ses mauvais desseins mais peut-être un peu moins qu'hier. Le pire était qu'elle éprouvait une forme de reconnaissance envers lui, car c'était à ses côtés qu'elle s'était sentie le moins vulnérable de toute sa vie et cette sensation lui manquait cruellement.

Trois jours, il avait fallut attendre trois jours pour que la date fatidique du rendez-vous arrive enfin. Soixante-douze heures à se torturer l'esprit, angoisser et se demander s'il était impératif de se rendre à cette convocation. Mais la réponse se trouvait dans le mot « convocation », ce n'était pas une invitation, ça avait un sens plus obligatoire et il était aisé pour la jeune femme d'imaginer Joshua demander un internement de force sous le prétexte vaseux qu'elle avait manqué une visite de contrôle. Elle ne pouvait pas prendre ce risque. Enfin, ça, c'était ce qu'elle se disait pour se convaincre elle-même.
Arrivée devant l'hôpital, Sigrid ne pouvait s'empêcher de lever les yeux jusqu'au toit de l'immense bâtisse. Elle savait pertinemment qu'il était là, quelque part, dans les couloirs du service psychiatrique. Peut-être était-il occupé à torturer quelqu'un d'autre... Elle n'avait jamais réfléchi à ça, mais peut-être avait-il trouvé une plus jolie proie pour la remplacer après son départ. Elle ne savait pas si cette pensée devait la rendre triste ou soulagée, et cela serait sans doute un mélange des deux. Et de toutes manières, il n'y avait qu'une façon de vérifier ceci, il fallait entrer.

Aussitôt entrée dans le hall de l'hôpital, Sigrid sentait le malaise monter en elle. Les néons lui agressaient la rétine, le mélange d'odeur si caractéristique aux établissements de santé lui brûlait le nez et toute cette ambiance lui compressait la poitrine. Elle n'aimait pas ce lieu et plus que tout, elle avait peur qu'on ne la laisse pas en repartir. Mais elle n'avait pas le choix, alors elle se promettait intérieurement de se battre de toutes ses forces si jamais l'on venait à vouloir la garder contre son gré. Ils ne l'auraient pas comme ça ! A cette pensée, elle sentait un peu de courage lui revenir et se dirigeait vers les escaliers qui la menaient à l'étage du service psychiatrique.
L'infirmière derrière la vitre d'accueil était si absorbée par ses dossier qu'elle ne voyait même pas Sigrid approcher qui dû, de fait, attendre quelques minutes avant de se faire remarquer. Après les politesses d'usage, la rouquine sortait de son sac sa convocation toute chiffonnée pour la glisser à la réceptionniste, non sans tenter une dernière fois de lisser le papier sous ses doigts fins, en vain. Afin d'éviter toute remarque désobligeante, la jeune femme préférait regarder ailleurs en attendant qu'on lui donne le feu vert pour entrer dans le service. Après une moue boudeuse, signe de réprobation, l'infirmière lui autorisait finalement l'accès lui indiquant de prendre la porte de gauche, celle qui menait au service des consultations. Sigrid récupérait la feuille froissée avec un petit sourire gêné et se dirigeait vers la porte indiquée qui émettait un signal sonore indiquant son ouverture. Elle ne pouvait toutefois pas s'empêcher d'observer attentivement l'autre double porte, celle de droite, qui arborait une sorte d'interrupteur de couleur rouge signifiant que l'accès était verrouillé. Ce côté là était réservé à l'internement, c'était là que tout avait commencé pour elle, et elle espérait ne jamais y remettre les pieds. Suivant les instructions de l'infirmière, Sigrid prenait place dans la salle d'attente en attendant qu'on vienne la chercher. Une chance pour elle, c'était vide, elle n'aurait donc pas à faire la conversation à qui que ce soit ou supporter un silence gênant en se demandant de quoi souffrait l'autre patient. Au bout de quelques minutes, des pas résonnaient à l'autre bout du couloir et semblaient se diriger vers elle mais à cause de l'angle du mur, elle ne pouvait pas voir qui s'avançait jusqu'à ce qu'il arrive dans la pièce. Il était grand, brun, barbu et … ce n'était pas Joshua. Surprise, Sigrid se levait de sa chaise assez rapidement en se disant que finalement, elle s'était trompée sur toute la ligne. Un poil soulagée mais également déçue, elle regardait l'interne balayer la salle du regard avant de finalement prendre la parole.

« Bonjour ! Vous êtes Madame Bundy? » demandait-il. « Non » avait-elle juste le temps de répondre, décontenancée, avant qu'il ne disparaisse aussi vite qu'il était arrivé, cédant alors place à celui qui l'avait réellement convoquée.

« Joshua. » laissait-elle échapper dans un souffle sans sourire, la faute à l'ascenseur émotionnel qu'elle venait de subir.
Elle reprenait vite contenance et avait décidé de lui montrer une nouvelle facette d'elle. Une qu'il ne connaissait pas vraiment, celle d'une femme forte qui a tourné la page et qui n'a peur de rien, et certainement pas de lui. Combien de temps allait-elle rester crédible ? Elle l'ignorait, mais au moins elle pouvait essayer.
D'un geste un peu brusque, elle venait plaquer sur la poitrine de son tortionnaire la feuille de papier froissée.

« Tu voulais me voir ? Je suis là. En retour je veux une attestation qui justifie que je me suis présentée à ta convocation, j'en ai besoin pour le boulot. » annonçait-elle, sans sourciller. Puis, lâchant enfin le papier et cessant par là même le contact avec Joshua, elle s'avançait dans le couloir. « Alors on y va ? » l'interrogeait-elle, dans un sourire parfaitement innocent comme si elle était ravie d'être là.



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MessageSujet: Re: Le temps des retrouvailles | PV Joshua   Sam 7 Oct - 15:48

Le visage dur et austère de Sigrid reste imprimé dans son cerveau. Des images obscènes se dessinent dans sa tête. A chaque pression exercée sur sa peau, un grognement de satisfaction s’échappe de sa gorge. La séduction est inscrite dans chacun de ses traits, et il déglutit difficilement devant ces représentations gorgées de tentation. Tendre et dangereuse obsession. A son contact, il est en proie à une douceur et une fureur incroyables. Ambivalent au possible, il en revient pourtant inéluctablement à la violence. Perdu dans ses réflexions macabres, les doigts martelant les touches du piano avec une grâce déconcertante, il ne se soucie guère des hurlements de frayeur des patients. Ceux qui glaceraient le sang de quiconque aux alentours. Il attend sa venue et anticipe chacune de ses actions.  Une décharge électrique traverse son corps lorsqu’il imagine se fondre dans une étreinte charnelle. Déceler une lueur de désir dans ses yeux azurs. Les organes en alerte qui lui crient de céder à ses envies. Il se délecte de sa retenue et de ses supplications silencieuses. Un sourire victorieux s’étire sur ses lèvres. Il aimerait accéder à une jouissance qui surpasserait toutes les autres, et de très loin.  Façonner Son esprit ainsi que Sa personnalité. Continuer à s’adonner à ses jeux vicieux et dangereux. Pousser l’animal qui sommeille en lui dans la frénésie.

Ses doigts valsent sur les touches avec toute la rage qui boue dans ses entrailles. Une symphonie morose qui pourrait réveiller n’importe quel mort résonne dans les couloirs de l’hôpital. Il est coupé dans son élan lorsqu’une silhouette familière se reflète dans le miroir qui lui fait face. Se fige de terreur, le regard posé sur l’intrus, ou plutôt sur la vermine qui endommage toujours plus ses cellules nerveuses. Une abominable créature qui donne quelques coups de langue autour de ses babines, probablement dans le but d’aspirer des gorgées de sang. Il se gratte nerveusement la tête. Cherche à retrouver un semblant de lucidité. « Le manque de sommeil… ». Il émet des hypothèses, pour rationaliser ou plutôt pour légitimer son état. Hume l’odeur de la caféine fumante et porte la tasse à sa bouche, en élaborant des théories farfelues. S’agit-il d’une entité mystérieuse qui le force à accepter sa punition en toute humilité ? Se doutant que les ténèbres sont en train d’engloutir son âme toute entière. Il éclate d’un rire narquois, pris d’une folie subite. Marmonne des paroles inaudibles avant de vaquer à ses occupations habituelles, la sonnerie du biper le confrontant à la douce réalité. Se laisse envelopper par un léger soupir d’euphorie, une lueur d’adoration brillant dans ses prunelles.

Il élabore toutes sortes de stratégies, pour éviter d’entacher ses retrouvailles avec l’enchanteresse à la chevelure de feu, qui dégage une aura de bienveillance et de sauvagerie. Envisage de laisser les pulsions sadiques au placard. Ou bien de lui voler son innocence. Déstabilisé par des questionnements intérieurs qui ne font que raviver ses doutes et ses incertitudes. Il marche à grandes enjambées jusqu’à la salle d’attente, le cœur serré par les émotions diverses et variées.  Le visage de marbre, il veille à garder une attitude professionnelle. Se mord la joue pour éviter de jubiler en public. Un sourire satisfait s’étire sur ses lèvres, lorsqu’il attrape sa main pour la serrer dans la sienne, par pure courtoisie. Il garde une distance de sécurité, se cache derrière un masque d’hypocrisie pour se dédouaner de toute responsabilité à son encontre et balayer les doutes des collègues suspicieux. Veille à ce que certains mots restent bloqués dans sa gorge. Accable Sigrid avec un claquement de langue agacé, fronçant légèrement les sourcils devant cette familiarité légendaire. « Mademoiselle Laïn, j’apprécie votre dévotion mais je préférerais que nous nous en tenions au vouvoiement, s’il vous plait. Si vous voulez bien me suivre, nous allons nous entretenir dans mon bureau ». Il attrape la feuille machinalement, et hausse les épaules pour feindre l’indifférence.

Il lui emboite le pas, dans le silence le plus total. Transi d’une froideur inhumaine, il lui fait signe de s’installer sur le divan. Sous l’impulsion du moment, il remet délicatement une mèche de cheveux derrière Son oreille. En tremble tellement fort qu’il pourrait perdre l’équilibre. Lutte de toutes ses forces pour ne pas basculer vers la démence la plus totale. Il se réfugie derrière son bureau. Repasse sur les lignes de son calepin pour s’empêcher de flancher. Avant de prononcer quelques mots d’une voix lourde et solennelle. « Dans quel état d’esprit êtes-vous, après plusieurs mois de rémission ? Continuez-vous de prendre votre traitement ? Avez-vous repéré des effets secondaires ? ». Il la détaille de haut en bas,  s’imagine capturer ses lèvres avides et les écraser férocement. Glisser sa main sous sa tignasse et l’attirer violemment vers lui. La culpabilité refoulée continuant cependant à mordre sa chair.

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MessageSujet: Re: Le temps des retrouvailles | PV Joshua   Mar 10 Oct - 19:09


« Ce que l'on aime avec violence finit toujours par vous tuer. »
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La situation était vraiment différente si l'on se référait à leurs dernières rencontres. Cela n'avait même plus rien à voir. Joshua adoptait une posture qui ressemblait, à s'y méprendre, à celle d'un véritable professionnel de santé. Poli, courtois, distant juste ce qu'il fallait, tout ce qu'il n'avait jamais été jusqu'ici, du moins avec elle. Sigrid aurait pu s'étonner de cette toute nouvelle attitude mais ce n'était pas dans ses habitudes de s'étonner de quoi que ce soit. Elle essayait, la plupart du temps de se détacher des réactions de ses semblables et prenait les gens comme ils étaient, sans trop chercher plus loin, car elle savait à quel point les apparences pouvaient être trompeuses. Et puis elle, mieux que quiconque, savait qu'il fallait toujours s'attendre au pire. D'autant qu'ils étaient en public et que la véritable personnalité de Joshua ne lui était jamais apparue ailleurs qu'en privé, elle ne serait donc fixée que lorsqu'ils seraient seuls, dans le bureau à l'abri des regards indiscrets.
Sa peau la picotait encore bien après la poignée de main qu'ils avaient échangée malgré elle et la jeune femme repliait les doigts dans sa paume, pour faire disparaître les fourmis qui la chatouillaient. Son esprit voulait montrer l'image d'une femme forte, détachée de son passé et plus particulièrement de Lui, mais son corps ne pouvait s'empêcher de réagir au contact de Joshua. Elle ne pouvait pas lutter contre et cela la mettait légèrement en rogne. C'était sans doute ce qui l'avait poussée à se montrer plus brutale que nécessaire lorsqu'elle lui avait plaqué la convocation sur le torse, la colère. Parce qu'à chaque fois qu'il la touchait, elle se sentait faiblir et elle savait que cela trahirait ses véritables émotions. Elle ne serait plus en mesure de cacher la reconnaissance dans ses yeux, ni le besoin viscéral de sentir les doigts du tortionnaire parcourir ses courbes féminines avec avidité, comme lui seul l'avait fait jusqu'à aujourd'hui.

Il la réprimandait sur sa familiarité et pour éviter d'éclater de rire, elle levait les yeux au plafond dans une apparente assurance qu'elle n'avait pas en temps normal. Mais avec Joshua, rien n'était jamais normal de toutes manières. Elle avait d'ailleurs eu tellement de personnalités différentes en sa présence qu'elle se demandait s'il verrait un jour la vraie mais c'était très peu probable. Le silence s'installait entre eux tandis qu'ils parcouraient un couloir qui semblait être interminable pour la rouquine. Elle avait hâte. Hâte d'en finir oui, aussi, mais pas que. Elle voulait surtout se retrouver en tête à tête avec lui ; Voir comme il allait réagir, entendre le son de sa voix, observer ses gestes, son regard, tout, pour se souvenir, tout retenir et arriver à combler le vide qui l'habitait au quotidien depuis qu'elle était partie de cet endroit infâme, loin de lui.

Une fois entrés dans le bureau, et tandis que Sigrid s'apprêtait à obéir à l'ordre de s'installer sur le divan, Joshua tendait les doigts vers son oreille pour lui replacer une mèche de cheveux récalcitrante. L'instant fut bref mais pour elle, c'était comme un film au ralenti. Elle retenait sa respiration, les yeux brillants de peur mais néanmoins rivés sur ceux de l'interne, et tentait de rester impassible mais sans doute en vain. Il était tendre, délicat même, troublant comme aucun autre n'en était capable. Il rompait le contact et enfin, elle pouvait de nouveau respirer et cligner des yeux comme une personne normale. Elle ne demandait cependant pas son reste et se hâtait d'aller s'asseoir sur le divan, comme demandé, mais se refusait à s'allonger. Elle prenait ainsi place, assise, jambes croisées l'une sur l'autre, le plus loin possible de son interlocuteur. Feignant l'indifférence, elle profitait du temps où l'interne s'occupait à préparer ses affaires pour tirer un peu sur l'ourlet de son jean et ne pas laisser entrevoir sa cheville dénudée, puis également sur le décolleté de son pull afin de le remonter le plus près possible de sa gorge. En vain bien évidemment, puisqu'une encolure en V n'est pas censée arriver si haut mais elle essayait quand même et ne laissait tomber que lorsque la voix de Joshua rompait le silence. Elle voyait bien le regard qu'il posait sur elle mais essayait de garder contenance et arrivait même à sourire innocemment avant de lui répondre.

« Je me sens parfaitement bien. » répondait-elle d'un ton convaincant. Puis, se rendant compte que ce ne serait pas forcément crédible de dire qu'elle était complètement guérie en aussi peu de temps, elle se hâtait de continuer. « Enfin, je veux dire, si l'on compare à l'état dans lequel j'étais lorsque je suis arrivée ici. Mais je suppose qu'on ne peut que aller mieux... Quoi qu'il en soit, j'ai un travail, un appartement, une plante aussi . Je ne grille pas les étapes. Et j'essaie au mieux de suivre le protocole qu'on m'a prescrit à ma sortie. Pour... mon équilibre, vous savez, Docteur.» Elle insistait bien sur le dernier mot, avec grand un sourire, non pas qu'elle remettait en cause son titre ou sa fonction mais plutôt parce qu'il lui avait fait une remontrance sur sa familiarité un peu plus tôt et qu'elle avait envie de jouer le jeu jusqu'au bout, et advienne que pourra.

« Bien évidemment, je continue à prendre mon traitement, avec assiduité. Et pas d'effets secondaires, non. A part peut-être les nausées qui doivent venir de là. C'est ça ou alors ça veut dire que je suis enceinte... » indiquait-elle, comme de rien n'était. C'était faux bien sûr, il n'y avait aucune chance que ce soit possible d'ailleurs, mais elle avait envie de le provoquer. Pas beaucoup, juste un peu. Suffisamment en tout cas pour qu'il redevienne le Joshua dont elle avait l'habitude, et qui lui manquait même si elle ne voulait pas l'avouer.

Elle se levait pour venir s'accoler à la fenêtre, bras croisés sur la poitrine, et regard perdu vers l'extérieur. Ce n'était pas qu'elle en avait déjà marre -bien que, mais elle ne savait pas tenir en place, cela devait être inscrit dans son patrimoine génétique. Et puis, elle sentait la nervosité l'envahir petit à petit. L'hôpital, l'espace confiné du bureau, la proximité de l'interne, ces questions intrusives, tout était réuni pour la faire exploser et réduire à néant tous ses efforts pour se montrer telle une personne équilibrée et bien dans ses bottes. Elle aurait voulu abréger mais...

« Je trouve ce rendez-vous complètement inutile. Je vais bien, d'accord ? Et ce n'est pas du déni, je vous assure. Ca va, vraiment ! » insistait-elle. Et c'était vrai en occurrence. Elle allait parfaitement bien jusqu'à ce qu'elle reçoive la convocation et qu'elle ne se mette à se torturer l'esprit vis à vis de l'interne qui la recevait. « Et vous ? » se risquait-elle à demander en plantant son regard dans le sien. Nouvelle provocation ? Oui, sans doute. Mais elle était sincère, elle voulait savoir s'il ressentait le même vide qu'elle depuis qu'ils étaient éloignés l'un de l'autre bien qu'il en ignore tout.



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MessageSujet: Re: Le temps des retrouvailles | PV Joshua   Dim 15 Oct - 17:08

Il sent Sa peur lui tordre les boyaux, et un élan d’adrénaline parcourt ses veines presque instantanément. Une lueur de fierté traverse ses prunelles, alors qu’il se rend compte que les mots prononcés, les gestes insolents, flottent toujours dans l’atmosphère et ont eu l’effet escompté. Un dernier sourire accroché à ses lèvres, il hésite à entamer un énième dérapage incontrôlé. Il mordille sa lèvre inférieure, le regard affamé qui s’attarde sur ses jambes verrouillées autour de sa taille, la poitrine ainsi dévoilée, élégamment contenue. Il aimerait la sentir contre lui et se délecter de ses requêtes énigmatiques. Frémissante sous ses caresses. Embrasser chaque centimètre de sa peau brûlante d’un désir clandestin, les yeux dilatés d’excitation. Il préfère s’enfermer dans ses ruminations et ses suppositions. Contourner l’évidence, tout en faisant en sorte que ses éventuelles allusions se frayent un chemin dans son esprit. Fait des efforts surhumains dans le but de ne pas céder à ces pulsions malsaines qui se réveillent toujours en sa présence. Ecoute la voix intérieure qui lui dicte des consignes, et lui interdit de céder à cette tentation qui s’avère insurmontable.

Celle de la martyriser ou bien de goûter à ses lèvres. Au bord de l’asphyxie, il aurait bien besoin de mettre de l’ordre dans ses idées. D’essayer de comprendre la scène qui est en train de se jouer devant lui. Il est pris dans un tourbillon, épuisé par toutes ces émotions qui se mélangent dans sa tête et tente d’exercer un contrôle sur sa respiration. Il ne supporte pas l’idée de continuer dans cette lancée. L’idée de La laisser enlever tous ses repères et engendrer des doutes obsessionnels. Explorant une nouvelle facette de sa personnalité. Celle de la gentille petite fille sage au sourire béat. Elle serait prête à façonner toute une usine de mensonges. De moins en moins convaincante dans son argumentation. Des brides de souvenirs attaquent sa psyché, et le rappellent à l’ordre. Les jeux indécents qui se sont entamés dans ce bureau. Le feu de la passion qui semblait la mettre secrètement dans tous ses états. Des excès qui ne tomberont jamais dans l’oubli. Joshua se retient d’exploser en un fou rire incontrôlable, devant cette belle marque d’hypocrisie.

Il y a comme un éclat de malice dans son regard. Il fait mine de rester de marbre, tel un interne dont la renommée n’est plus à faire, et se félicite mentalement de sa provocation. « Je suis ravi de vous voir en pleine forme. Je m’exalterai davantage lorsque ce suivi prendra fin. Nous pourrons alors parler de rémission totale ». Sous cette façade d’indifférence, un braiser noircit sa chair. Cette enchanteresse est entrée brusquement dans sa vie, dans le but de tout bouleverser. Devenant la source de toutes sortes de frustrations intérieures. Et voilà qu’elle s’adonne à des jeux érotiques et charnels en son absence.  Qu’elle laisse le vent de la liberté fouetter son visage, profite entièrement de l’instant présent. Il aimerait lui ordonner de porter une main à son visage. Pour se protéger des coups qu’il pourrait lui infliger d’une seconde à l’autre. Habitué à redoubler de violence lorsque la situation lui échappe.  Il n’est pas parvenu à l’emprisonner dans la solitude, et ne demande qu’à la piéger dans ses griffes. Son cœur cogne violemment contre sa cage thoracique. Il élabore différentes stratégies d’approche dans sa tête. Réfléchit sérieusement à la manière de procéder, pour rompre la distance tout en gardant une allure professionnelle.

Les idées fusent, et il s’apprête à se débarrasser des obstacles qui se dressent sur sa route. Il fixe Sigrid avec une fausse pointe d’inquiétude sur le visage. « Des nausées ? Ce détail m’interpelle. Que pouvez-vous me dire sur leur fréquence ? Je vais vous ausculter rapidement, c’est préférable…». Il se lève à son tour de son fauteuil. Se retient de grogner d’anticipation. Il s’empare de sa trousse médicale et la vide sans ménagement sur le divan. Il prend une voix douce et rassurante. Enfile maintenant le masque de la bienveillance, ajuste son stéthoscope sur ses oreilles. « Je vous en prie, venez et mettez-vous à votre aise ». Un rire presque franc et clair s’échappe de ses lèvres, alors qu’il remarque que la révolte est prête à éclater. Il essaye de détendre l’atmosphère. De la berner en lui servant ses plus beaux discours. « Je me sentirai mieux lorsque j’aurai finalisé cet examen cardiaque et pris votre tension. Je souhaite que mes patients restent en bonne santé, mademoiselle Laïn. Tout ira bien…et c'est la procédure habituelle ». Il baisse légèrement les yeux. Tente de masquer le trouble qui l’agite à chaque fois qu’elle se trouve à proximité. De contenir le tremblement compulsif de ses membres.

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MessageSujet: Re: Le temps des retrouvailles | PV Joshua   Mar 17 Oct - 20:12


« Ce que l'on aime avec violence finit toujours par vous tuer. »
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Sigrid s'en voulait cruellement. En voulant se montrer crédible, elle en avait trop fait et se retrouvait complètement piégée. Il était pourtant évident que Joshua n'allait pas laisser passer une occasion pareille, à quoi avait-elle pensé ? Voilà ce que l'on récoltait à vouloir se faire passer pour quelqu'un que l'on n'est pas. Elle s'était offerte sur un plateau d'argent et elle ne voyait aucune solution pour retourner la situation en sa faveur. Mais en même temps, le voulait-elle vraiment ? Elle était partagée. Une part d'elle souhaitait à tout prix se soustraire à la présence de l'interne, prête à prendre ses jambes à son cou avant même qu'il ne tende la main vers elle et l'autre, brûlait d'impatience de sentir de nouveau le contact de sa peau sur la sienne. Il avait le don d'exacerber sa folie latente à son paroxysme.
Bien que la rouquine soit tentée de se laisser choir le long du mur en se mettant à pleurer, quelque chose au fond d'elle lui intimait de plutôt s'essayer à la deuxième option qui s'offrait à elle : se reprendre et continuer à jouer l'assurance, même si cela n'était qu'une façade. Il paraît que parfois, à force de faire semblant, on arrive à se convaincre soi-même. Et puis, elle n'était pas du genre à s'arrêter en si bon chemin, au contraire et ce, même dans ses bêtises. Elle inspirait donc un bon coup et se vissait un grand sourire hypocrite sur le visage avant de s'approcher de son tortionnaire.

« Ce ne sont que des nausées légères causées par des médicaments au goût affreusement dégueulasse mais... Comme vous voudrez. » cédait-elle en le frôlant d'un peu trop près, avant de continuer ses pas jusqu'au divan. Elle attrapait la trousse vidée à la va vite par l'interne et faisait glisser tous ce qui était répandu sur le divan directement dedans d'un revers du bras puis, s'allongeait sagement sur le cuir glacial. En bonne patiente, elle remontait la manche de son pull et tendait le bras à l'horizontale, prête à ce qu'il lui prenne la tension. Attendant qu'il se décide à jouer au parfait docteur, elle se souvenait d'une fois où elle avait été particulièrement hystérique avec lui. Elle lui avait balancé des horreurs, lui avait jeté des choses au visage et avait fini par défaire le lacet qui retenait son pantalon en lui ordonnant de prendre ce qu'il voulait. Mais au lieu de ça, il lui avait injecté un calmant. Selon elle, il était déstabilisé lorsqu'elle lui tenait tête ou déçu peut-être, elle ne savait pas trop mais en tout cas, elle était sûre qu'il la préférait apeurée -mais pas docile pour autant- et que le reste ne l'intéressait pas. Bien entendu, c'était sa vision à elle car elle ne savait pas ce qui se passait dans la tête de l'interne mais elle se plaisait à y croire pour se donner le courage de continuer son manège sans péter un plomb.

« Ca y est, je suis à l'aise. » annonçait-elle, en se retenant de rire, nerveusement ou non. « Sachez que je suis ravie de voir à quel point vous êtes devenu consciencieux et professionnel, Docteur Bates. » se pressait-elle d'ajouter, tout en regardant le plafond. Elle préférait éviter son regard pour l'instant car elle savait que la situation allait basculer d'un instant à l'autre. Elle savait qu'au moment où il poserait ses doigts sur elle, même s'il se contentait d'adopter les gestes d'un professionnel, son courage s'envolerait et elle redeviendrait la victime qu'il avait toujours connue. Celle qui, par instinct, se crispait à son contact et restait paralysée en attendant que ça passe et que le mal soit fait mais qui, en même temps, ne se débattait pas parce qu'elle n'attendait que ça. C'était sans doute le fait d'être touchée de cette façon qui apeurait la jeune femme, bien plus que celui qui accomplissait les gestes. Elle n'était pas à l'aise avec l'intimité en générale mais il ne dépassait jamais vraiment la limite et bizarrement, cela lui inspirait confiance. A tel point que, nombre de fois, elle l'avait considéré comme une victime lui aussi et elle avait eu envie de le rassurer. Le toucher à son tour, d'une façon plus protectrice que charnelle, mais elle s'en était toujours empêchée. Parce qu'elle pensait que ça gâcherait tout, qu'il ne se laisserait pas faire, que ce n'était pas ce qu'il attendait d'elle. Tout ceci la rendait folle. La victime qui voulait déposer un baiser sur le front de son bourreau pour le réconforter, c'était paradoxal. C'était l'effet Joshua.

« Ne vous étonnez pas que ma tension soit élevée, je n'ai jamais aimé ni les hôpitaux, ni les espaces confinés, ni les interrogatoires. Et vous me faites subir les trois à la fois. » reprochait-elle, mi-sérieuse, mi-moqueuse. Pour ce qui était de son cœur qui s'emballait à mesure que Joshua s'approchait, il était inutile de le lui préciser, il s'en apercevrait bien tout seul.



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MessageSujet: Re: Le temps des retrouvailles | PV Joshua   Sam 21 Oct - 21:01

La culpabilité ronge violemment son âme. Lui qui est tributaire de ces élans incontrôlables qui lui font perdre la tête, qui marquent un tournant évolutif dans sa maladie et le ralentissent dans sa course. Engagé sur le chemin de la rédemption. Les tremblements reprennent de plus belle, et ce regard électrique, cette montée de chaleur, en disent long sur ses intentions. Diable qu’il aimerait laisser libre cours à sa sauvagerie, le corps crispé par l’attente. Ses refus catégoriques, ses actions irréfléchies, le faisant encore plus trépigner d’excitation. L’adrénaline que lui procure l’interdit se déverse dans son système sanguin. Il apprécie chaque instant, chaque frôlement sur sa peau. Happé par la puissance des visions érotiques qui défilent en boucle dans son esprit embrouillé. Soucieux d’enrouler ses bras virils fermement autour de ses épaules, ou de lui faire mordre la poussière. De verrouiller la porte du bureau dans le but de l’empêcher de s’enfuir. D’humeur particulièrement possessive. De lui dicter sa conduite et de l’obliger à devenir quelqu’un de respectable, dont les actes à son encontre sont irréprochables. Consumé par la rage.

L’envie de punir cette fauteuse de troubles pour ses affronts. De réfléchir à la sanction la plus adéquate. Incapable de fermer les yeux devant cette insolence puérile. Se mettre à genoux et la supplier d’accepter son pardon, les yeux emplis de larmes. Des sentiments paradoxaux, qu’il assimile à merveille et qui vont en s’empirant. La froideur de ses réponses, la gentillesse dans ses traits, pourraient donner le tournis à n’importe qui. Il reste un mystère pour lui-même, immergé dans les sombres abysses de l’incompréhension. Confronté à des réactions inattendues, parfois figé dans une expression de stupeur. Il se retient de l’accabler de reproches, de la réduire au rang d’illustre inconnue qui réveille ses instincts de fou furieux, en posant ses sales pattes sur ses affaires. Adepte de la stratégie, il se tord machinalement les doigts, n’aspirant qu’à garder un semblant de contrôle. « Quel langage cru, mademoiselle Laïn. Quand on suit un tigre, on apprend à mordre ». Il prend un air sérieux. Rapproche sa chaise du divan.

Se force à encaisser les coups sans trop broncher, sans dépasser les limites, pour que cette guerre puisse être prolongée par la suite. « Et je suis ravi de voir que vous avez retrouvé l’usage de la parole. Vous étiez si réservée… ». Il esquisse un sourire forcé, cette légère brise soufflée entre ses lèvres lui arrachant presque une grimace de dégout. Il essaye de retrouver ses esprits, la concentration étant de rigueur au cours d’une consultation. Il enroule le brassard autour de son bras nu, son cœur semblant louper un battement à chaque nouveau rapprochement. « Hum…une petite tension, en fin de compte. Que pouvez-vous me dire, à propos de votre sommeil ? ». Son indifférence lui donne envie d’appuyer férocement sur ses mains dans le but de tester leur résistance. Il se mord la langue pour s’auto-punir, le projet de la maltraiter jusqu’à ce que son corps soit recouvert de baisers et de morsures lui tenant encore particulièrement à cœur. Il essaye de chasser ce type de pensées de son esprit, mais se rend rapidement compte qu’il est impossible de mettre un terme à cette obsession.

Il suffoque, en songeant à son absence, la respiration commençant sérieusement à lui manquer. Eprouvant un pincement de nostalgie, à chaque fois qu’il arpente les couloirs de l’hôpital. Pour elle, il serait sans doute capable de se précipiter dans une quête identitaire. Une maladie incurable le ronge de l’intérieur. L’idolâtrie. « Je vais maintenant procéder à une auscultation avec mon stéthoscope. Veuillez relever votre pull, s’il vous plait. C’est sans danger… ». Il prend une voix rassurante, destinée à la mettre instantanément en confiance, et pourtant le vice transpire par tous les pores de sa peau. Il laisse sa main frôler son abdomen, dans le but d’y placer son stéthoscope. Il ne désire qu’une seule chose. Qu’elle réprime des légers frissons. Qu’elle lui lance un appel qui sonnerait comme une supplication. Dans la retenue. Il s’oublie, dans des rêves merveilleux. N’aspire qu’à la caresser avec douceur, convoitise et négligence. Il essaye d’ignorer l’électricité qui se propage le long de son corps. Il est hors de question de laisser ses sens guider ses futurs actes. Il respecte le plan élaboré. « Ce n’est pas un problème. Nous pourrons prévoir des entretiens à domicile, à l’avenir. Je m’adapte toujours aux besoins de mes patients… ». Il arbore un sourire satisfait. Fier d’avoir saisi cette perche tendue.

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MessageSujet: Re: Le temps des retrouvailles | PV Joshua   Dim 22 Oct - 18:14


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Joshua répondait à chacune des provocations de la jeune femme et cette petite joute verbale amusait intérieurement la rouquine. Ils étaient aussi hypocrites l'un que l'autre et il était difficile de deviner lesquels des deux craquerait en premier pour dévoiler son véritable visage. Elle espérait fortement que ce soit lui, mais elle pensait qu'il y avait peu de chances. Il était bien plus entraîné qu'elle à ce jeu là, cela faisait des années qu'il se faisait passer pour un apprenti médecin modèle aux yeux de ses collègues alors que la réalité était tout autre. Et même si, de son côté, elle avait été une autre toute sa vie ou presque, ça n'avait pas été fait délibérément. Elle y avait été contrainte. Et finalement, à la longue, c'était devenu naturel, pas seulement un rôle.
Toujours dans la représentation de la patiente modèle, elle s'évertuait à répondre patiemment à ses questions pour le moins intrusives. Voilà qu'il voulait savoir comment se portait son sommeil maintenant ! Il se portait mal, comme toujours, évidemment. Elle ne prenait pas le traitement qui était censé l'aider. Elle l'avait même jeté à la poubelle pour essayer un truc moins conventionnel. Forcément, tout ça elle ne pouvait pas le lui dire, il trouverait là la raison qu'il attendait pour la faire enfermer une nouvelle fois. Et c'était absolument hors de question. Alors elle se décidait à mentir, encore, comme un arracheur de dents.

« Ca va. Vu le traitement de cheval que vous m'avez prescrit, il en serait difficilement autrement, docteur. » ironisait-elle.

Il n'aimait guère son attitude, elle le devinait. Et comme pour la punir, il lui demandait de relever son pull. Ca y est, elle y était, le point de non retour. Avant même qu'il ne la touche, elle sentait tous les pores de sa peau se réveiller. Elle n'avait pas le choix, elle se devait d'obéir. Mais avant, elle prenait tout de même le temps d'éclater de rire. Après lui avoir servi l'excuse de « la procédure habituelle », le voilà qui essayait de la convaincre que l'examen serait « sans danger ». S'il se voulait rassurant, c'était loupé. Elle se doutait bien que le stéthoscope n'allait pas la mordre, contrairement à Joshua. Et puis, ces mots sonnaient tellement faux dans la bouche de l'interne qu'ils engendraient plus de crainte que d'apaisement. D'autant que le danger était partout dans cette pièce. Dans l'espace confiné, dans cette porte fermée, dans les paroles qu'il prononçait, dans les sous-entendus et le lien inexplicable qui les unissait, partout ! Et en lui, plus particulièrement. Lui, c'était lui, le véritable danger ambulant. C'en était trop pour qu'elle puisse se contenir.

« Oh je sais bien que le danger ne vient pas de votre stéthoscope, ne vous inquiétez pas. » rétorquait-elle tout en tournant la tête vers la porte, dans le but d'éviter de croiser le regard de l'interne.

Elle était piégée. Elle savait qu'elle ne pouvait pas se soustraire à sa demande, même si elle l'avait voulu. Alors doucement, elle relevait son pull, presque gauche tant elle était hésitante, mais prêtait toutefois attention à s'arrêter juste à la naissance de son soutien-gorge, en gardant soigneusement les mains crispées autour du tissu.
De nouveau paralysée par les gestes du médecin, elle avait l'impression d'être revenue quelques mois auparavant. Sauf que cette fois-ci, il y avait quelque chose de légèrement différent. Oui, elle n'osait plus bouger. Bien sûr, les larmes se reflétaient dans ses yeux. Évidemment, sa respiration se faisait beaucoup plus courte et ses lèvres tremblaient de façon incontrôlée à chaque expiration. Sans aucun doute, le contact froid de l'instrument médical sur son corps lui donnait la chair de poule. Mais... il y avait un « mais ». Au moment où Joshua frôlait sa peau, étrangement, quelque chose au fond d'elle se libérait. Une forme de soulagement l'envahissait, comme si tout son être le réclamait. Était-ce l'absence, le manque, qui était responsable de cela ? Ou quelque chose de plus profond, limite diabolique ? Comme s'il était le seul à savoir converser avec la chose qui sommeillait au fond d'elle, réveillant ses plus bas instincts et exacerbant sa folie.

Et tandis qu'elle était prête à déposer les armes et à avouer tout haut ce que son corps criait tout bas, il laissait entendre qu'il s'adaptait aux besoins de ses patients, suggérant des visites à domicile. Ainsi il était prêt à quitter le confort de son bureau pour se rendre chez elle, sur son terrain à elle. Pour elle. Cela n'avait rien à voir avec un quelconque dévouement pour ses patients. Elle en avait l'intime conviction, elle lui avait manqué aussi. Et bien que l'idée de le voir débarquer dans son salon effrayait la rouquine, il fallait avouer qu'elle l'attirait tout autant. Peut-être que cela rendrait les choses différentes, moins dangereuses, vu qu'il y avait pas mal de couteaux dans la cuisine. En tout cas, cette perspective redonnait un peu de courage à Sigrid qui tournait enfin la tête vers l'interne et croisait son regard.

« Et si je vous disais que ce n'est pas en tant que médecin que j'ai besoin de vous ? » demandait-elle, comme soudain poussée par une aura maléfique qui lui aurait insufflé la bouffée de courage qui lui avait cruellement fait défaut jusqu'ici. « Que j'ai besoin de vous comme vous étiez avant, parce que je déteste ce que vous êtes devenu. Vous seriez toujours prêt à vouloir vous adapter à mes besoins ? »




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MessageSujet: Re: Le temps des retrouvailles | PV Joshua   Lun 23 Oct - 16:59

Il s’égare dans des pulsions dignes d’un gamin de trois ans. Changé en monstre d’égoïsme et de luxure. Forgé pour reproduire les faits et gestes de cette crapule de beau-père dépourvu de foi et de limites. Il excelle dans ce domaine. S’adressant à Sigrid avec une indifférence qui frôle le mépris. Il n’a qu’une idée en tête. L’envoyer valser comme un pantin minable et désarticulé. Il prendrait un malin plaisir à tirer sur les ficelles de sa marionnette favorite. Il a parfois l’impression d’être devenu insensible à la détresse humaine. Laissant fréquemment échapper un rire glacial en jetant un œil sur les joues de ses patients, ravagées par des sillons larmoyants. La frontière entre le bien et le mal s’est diluée dès l’instant où le poison s’est propagé dans ses veines, prenant le contrôle de son système nerveux. L’empêchant de reprendre pied dans la normalité, de sceller la malédiction qui pèse sur son être. Empêchant les souvenirs nocifs de revenir à sa conscience. Enfant, il détestait être pris en flagrant délit de bêtise. Piégé par son innocence et sa candeur. Adulte, une expression de désintérêt complet s’affiche régulièrement sur son visage, lorsqu’il commet des erreurs monumentales. Infligeant à autrui des blessures physiques et morales.

De nombreux obstacles se dressent entre eux. Il a du sang sur les mains. Laisse sa possessivité l’engloutir. Capable de renforcer l’emprise exercée sur elle. De laisser des chaînes retenir ses poignets et ses chevilles. Elle aime la simplicité et convoite la liberté. Il en vient à penser que sa simple présence la révulse. Et qu’elle aimerait tourner les talons le plus rapidement possible, loin de ces ténèbres qui se sont refermées sur lui à partir de l’adolescence. Les mots claquent sèchement dans l’air, et il se mord violemment la langue en faisant une petite moue désolée. Il n’est pas question de gâcher ces retrouvailles. De laisser cette sensation de manque lui déchirer les entrailles. De laisser ses os craquer sous le poids de la colère. Une telle violence barbare n’est pas nécessaire. Il ne souhaite pas non plus la laisser abuser de sa supériorité. Entré dans un état de folie mentale perpétuel. Tiraillé entre tous ces sentiments contradictoires. « Une fois la période d’adaptation passée, l’effet apaisant vous donnera entière satisfaction. J’en suis persuadé ». Ecouter l’interne se résumerait presque à parcourir l’introduction d’un manuel barbant. Il emmène son interlocutrice dans un tourbillon de faux semblants. Manque cependant de flancher lorsque des rires éclatent.

Des attaques qui dépasseraient presque son imagination. Qui intensifient le brasier qui le consume déjà. Jour après jour, il a vécu des humiliations et des bousculades. Des réminiscences lointaines affluent à la surface de son esprit. Il essaye de reprendre le contrôle de son souffle. S’immobilise, loin de cette explosion. Se concentre sur le contact tactile exercé. Sent chaque fibre de sa peau vibrer. Il s’humidifie les lèvres avec envie. Prêt à craquer devant ce spectacle érotique bouleversant. A amplifier Son plaisir, pour que des sons d’une sensualité rare s’échappent de ses lèvres entrouvertes. « Vous ne relâchez jamais votre garde, n’est-ce pas ? Une hypervigilance. Des propos où la méfiance et la peur percent fatalement. C’est courant, en cas de traumatisme. On appelle cela un vécu persécutif. Si l’angoisse était intolérable, je pourrais éventuellement vous faire parvenir une nouvelle ordonnance. Je suis là, mademoiselle Laïn. Pour tout arranger ». La torture morale est infiniment pire que la souffrance physique. Il pourrait essayer maintes flatteries dans l’espoir d’obtenir ses faveurs. Il inverse les rôles, et laisse ce plaisir vicieux lui saigner le cœur. La fait passer pour une malade mentale dont la simple évocation du nom donnerait la chair de poule à n’importe qui.

Les pulsions sont plus fortes que tout le reste. Lui imposeraient presque d’enlever la dernière barrière de tissu qui l’empêche de La découvrir entièrement. Et cette lueur sereine, farouchement déterminée, ces révélations audacieuses, achèvent de le troubler. L’adrénaline continue de grimper dans ses muscles, le corps entièrement tendu, les mouvements contrôlés, le regard incandescent. Il la toise d’un air satisfait, ressentant le besoin de laisser libre cours à sa folie. Sa patience atteint ses limites, à tel point qu’il s’apprête à ôter son masque d’hypocrisie, d’une minute à l’autre. « Je me contente de respecter le devoir de neutralité mentionné dans le code de déontologie, mademoiselle Laïn. Je tiens quand même à vous faire une confidence. Je ne supporte pas de voir cette lueur de déception traverser vos prunelles. Demandez-moi tout ce que vous voulez, et je tâcherai de m’adapter. Vous pouvez tout me dire ». Souhaitant d’abord mettre l’enchanteresse au supplice. Qu’il suffise de l’effleurer pour qu’elle s’offre totalement à lui. Qu’elle arrête de brimer sa férocité et sa sauvagerie. Qu’elle se dévoile complètement. Il rompt rapidement le contact, après de vagues effleurements  superficiels, et commence à ranger le matériel médical avec des gestes précautionneux.

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MessageSujet: Re: Le temps des retrouvailles | PV Joshua   Mar 24 Oct - 0:08


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Le diagnostic quant à son hyper-vigilance résonnait en elle d'une façon désagréable. Elle détestait qu'il lise en elle aussi facilement, qu'il l'analyse tel un rat de laboratoire et pire, qu'il dise être là pour elle. C'était faux. Enfin, du moins, il n'était pas là comme il fallait. Elle n'avait nullement besoin d'une ordonnance, ce n'était pas ce qu'elle voulait. Ce qu'elle désirait c'était... Eh bien, c'était compliqué. Elle n'était pas sûre d'arriver à mettre des mots dessus tant cela lui semblait incongru et un peu dingue, aussi. Comment pouvait-elle lui expliquer ce qu'elle ressentait alors qu'elle ne se comprenait pas elle-même ? Elle qui aimait les choses claires et simples, elle se sentait complètement perdue tant sa relation avec l'interne lui inspirait des pensées et sentiments contradictoires. Et puis elle osait. Elle osait avouer à demi-mots qu'elle avait besoin de lui. Pour elle, c'était déjà un pas énorme. Mais devant l'air satisfait du médecin, elle regrettait aussitôt ses confidences. Elle s'était sans aucun doute laissée manipuler. Il avait eu ce qu'il voulait. C'était elle qui avait cédé la première et c'était encore et toujours lui qui avait l'ascendant. La rage montait en elle, à mesure que les paroles de Joshua rompaient le silence qui régnait dans la pièce, à mesure également que ses doigts de musicien laissaient leur empreinte sur sa peau dénudée, avant de finalement s'évaporer trop tôt, trop vite. Beaucoup trop vite. Elle avait envie d'exploser, de lui balancer en pleine figure toutes ses pensées aussi confuses puissent-elles être et de le laisser se démerder avec ça en claquant la porte furieusement. Après tout, il l'aurait bien mérité.

« La déontologie, bien sûr. » soupirait-elle. Elle détestait ce mot. Il n'avait aucune valeur si l'on se référait à leurs précédentes rencontres et le voir se cacher derrière ce précepte aujourd'hui, c'était vraiment du grand n'importe quoi. Elle remettait correctement son pull et s'asseyait face à lui, le visage impassible mais le regard brûlant d'une intensité rare.
« Vous voulez que je vous dise tout ? Vraiment tout ? » demandait-elle, en guise de préambule. C'était pour lui la dernière chance qu'il avait de se débiner. Elle lui laissait moins de trois secondes pour se décider avant d'attaquer. Trois, deux un. Premier round.

« Je ne veux plus que vous soyez mon médecin ! » commençait-elle. Au moins cela avait le mérite d'être clair. « Je déteste ça. Vous entendre me vouvoyer, vous voir agir en professionnel, ce n'est pas ce que je veux ! Et je trouve ça répugnant même ! » balançait-elle, tandis qu'elle le poussait violemment pour se relever et s'éloigner de lui. Elle avait besoin d'être debout, de s'agiter sous le poids de la nervosité qui l'étouffait, d'être libre de ses mouvements et surtout, de mettre de la distance entre eux afin d'éviter de le frapper tandis qu'elle s'emportait de plus en plus. Se passant la main dans les cheveux, elle frottait frénétiquement son cuir chevelu quelques secondes, comme si cela allait l'aider à trouver le fil de ses pensées. En vain, bien évidemment. Alors elle démarrait, faisant de grands gestes comme le ferait une italienne et usant d'une voix plus aiguë que d'ordinaire, la faute à son souffle court sans doute.
« Je ne sais pas comment tu as fait mais j'arrive pas à te virer de mon esprit et ça me tue ! C'est comme... viscéral ! Je ne peux pas l'expliquer autrement. J'étais là pour qu'on m'aide et toi... Toi... Tu as profité de la situation ! Je devrais te détester pour ce que tu m'as fait ! Te haïr même et j'y arrive pas ! C'est pas normal de ressentir ça ! Ca me rend dingue ! C'est toi qui me rend dingue ! Et surtout, surtout ! je ne veux pas que pour me voir, tu doives m'envoyer une convocation. Je veux que tu te comportes en être humain avec moi, d'égal à égale. Je veux des conversations, pas des interrogatoires ! En fait... Je veux pouvoir apprécier ta compagnie sans avoir la sensation d'être ta victime ! » hurlait-elle, proche de l'hystérie.
Elle avait dit vrai, il la rendait vraiment dingue, mais au final, vomir une partie de ce qu'elle avait sur le cœur la soulageait étrangement. Elle en venait à se dire qu'elle devrait faire ça plus souvent tant c'était libérateur. Peut-être que Joshua était un bon psy en définitive. En plus, elle avait totalement occulté le fait qu'il pouvait la faire enfermer avec un tel comportement et bien qu'elle s'en souvienne maintenant, elle se rendait compte qu'elle n'en avait plus rien à faire. Elle se sentait plus en confiance que jamais et ça, c'était à lui qu'elle le devait. Mais plutôt crever que le remercier.

Elle reprenait peu à peu ses esprits et bien qu'elle estimait avoir été suffisamment loquace pour une fois, il y avait toutefois un point qu'elle n'avait pas abordé. Aussi s'assurait-elle d'y remédier. Un tantinet plus calme, mais néanmoins toujours habitée par la même incandescence, elle s'approchait doucement de l'interne. « Je veux que tu me caresses à t'en abîmer les doigts, jusqu'à ce que ça ne me paralyse plus. Jusqu'à ce que tu me fasses aimer ça. Et je veux pouvoir te toucher en retour, sans avoir peur que ça te fasse fuir. » confessait-elle finalement, sur le ton de la supplique. Car en vrai, c'était ça le fond du problème. Elle avait tout avoué - ou plutôt exigé, sans qu'il ne puisse en placer une et ça lui faisait un bien fou, même si ça l'avait complètement vidée. Alors d'un air résigné, désolé presque, elle secouait doucement la tête. Les mots ne venaient plus, il n'y avait plus rien à ajouter. « Voilà, tu voulais que je te dise tout ? C'est fait. Adapte-toi à ça maintenant ! » ajoutait-elle en se dirigeant vers la porte, d'un pas décidé. Mais avant, elle avait tout de même envie d'ajouter autre chose. « Ah et tu sais quoi ? J'emmerde la déontologie ! » concluait-elle en se retournant vers l'interne, avec un grand sourire satisfait.




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MessageSujet: Re: Le temps des retrouvailles | PV Joshua   Mar 31 Oct - 14:33

Le besoin irraisonné de déchiqueter Ses entrailles humidifiées délabre sa psyché plus encore. Lassé par la force brûlante de ces orages symboliques qui éclatent dans sa sphère personnelle, par ces dizaines de questions qui font irruption dans sa boîte crânienne, il reprend une profonde inspiration. Il est perdu. N’aspire qu’à retrouver une raison de vivre. Etre dépositaire de Ses lèvres. Combattre ses démons intérieurs et abandonner son statut de bourreau. L’affaiblir avec de nouvelles paroles doucereuses, et laisser cette chaleur familière fourmiller entre ses reins. Cet incendie ravageur courir dans ses veines. Compresser son organe de plaisir dans un tissu devenu beaucoup trop étroit. L’enchanteresse à la chevelure de feu nourrit ses fantasmes les plus profonds. Il essaye de s’arracher aux derniers lambeaux de ses songes. De calmer le chaos qui règne dans son esprit en faisant craquer ses articulations à plusieurs reprises. De s’échapper de Son emprise pour devenir l’unique maître de ses pensées et de ses actes. Il commence lentement à reprendre le contrôle de la situation. Parle avec une certaine autorité qui confère l’expérience. Il ne souhaite qu’accroître Sa dépendance, sentir ses muscles se contracter sous le poids de la frustration et de l’énervement.

Qu’elle se recroqueville sur ses genoux, sur le point de pleurnicher, à peine capable de formuler des propos cohérents. Qu’elle le supplie d’agripper ses courbes voluptueuses. De s’enfoncer dans sa chair ruisselante avec voracité. Il aimerait extirper la haine de Son organisme. Celle qui coule dans ses veines, comme un torrent de lave en fusion. Assailli par des vents contraires qui pénètrent violemment son âme. L’insolente réajuste sa tenue, peut-être pour retrouver un peu de contenance, ce qui lui arrache une moue de déception. Il tente de reprendre une position offensive. Feint le désintérêt total à ses paroles, pose la trousse médicale sur son bureau sobre et chic à la fois, et gribouille machinalement sur une feuille blanche, les yeux pétillants d’une lueur sournoise. La bête sombre est toujours présente en lui. Lui imposant de laisser ses doigts parcourir son dos, pour venir errer sur ses flancs et caresser sa croupe. Il sent une boule se former dans sa gorge, en laissant libre cours à son imagination, et déglutit difficilement. Il se mord les lèvres. Se retient d’aller La dévêtir et de se permettre un meilleur accès à son corps meurtri, au prix d’un effort surhumain. « Je suis désolé, mademoiselle Laïn. L’idée même de vous avoir contrariée me relègue au rang d’animal errant et blessé. Je sens tout mon corps se crisper. Une patiente si respectable et dévouée. Que puis-je faire pour me rattraper ? ». Réplique-t-il, avec une fausse pointe d’affolement dans la voix.

Il pressent la présence d’un nouveau danger. Celui qu’il va courir par Sa faute. Comme d’habitude, toutes ses bonnes résolutions s’envolent d’un seul coup. Ses pas le rapprochent du but ultime. Il ne laisse, entre leur visage, que la distance suffisante pour éviter l’asphyxie. Tortille ses doigts dans Ses cheveux en bataille. Elle le laisse sur sa faim, saisie d’une pulsion violente. Propulsé violemment en arrière, il hausse un sourcil. Surpris par la tournure que prennent les évènements. Ses mâchoires se crispent. Cette expression de rejet lui tiraille les nerfs. Il regrette le fait d’avoir baissé sa garde une nouvelle fois. De laisser cette furie incontrôlable lui envoyer des billes explosives sans broncher, et d’aspirer quelques gorgées de son sang. Ce brusque changement de ton et d’expression le rend aussi docile qu’un agneau. Elle est à présent à sa disposition. Prête à satisfaire l’intégralité de ses caprices tordus. Une bouffée de fierté envahit l’interne, un court instant. Si proche de la réussite, il maintient sa décision, adopte la même stratégie. Réalisant que les doutes le concernant ont été levés.

Pourtant, à Ses mots, des pensées indécentes lui traversent l’esprit. Il rêve de lui faire subir de nouveaux assauts lubriques. De coincer sa chair entre ses dents, de frôler chaque parcelle de sa peau après l’avoir malmenée. Sa bouche esquisse un semblant de sourire. Il émet un hoquet de stupeur. Très bon comédien. « Je vous en prie. Ne culpabilisez pas. La relation qui se créé entre un patient et son interne est toujours particulière, et ne ressemble à aucune autre. Vous êtes en train de projeter des sentiments positifs et négatifs. Vous essayez de revivre avec moi des frustrations, des désirs et des colères accumulés dans votre inconscient, et anciennement éprouvés. Qui plus est, je repère des troubles de l’humeur. Peut-être devrions-nous nous interroger sur une éventuelle réhospitalisation ? Vous souffrez, mademoiselle Laïn. Je ne supporte pas de vous voir dans cet état ». Il agrippe son poignet, afin de maintenir son regard. Hoche la tête d’un air solennel.

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MessageSujet: Re: Le temps des retrouvailles | PV Joshua   Sam 11 Nov - 20:23


« Ce que l'on aime avec violence finit toujours par vous tuer. »
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« Projeter », « essayer », Sigrid ne retenait que ces mots là et secouait doucement la tête, soudain en proie à un fou rire nerveux, presque hystérique. Elle s'était confiée à lui, ouverte comme jamais elle ne l'avait fait avec personne auparavant. Elle l'avait fait sans avoir trop peur, pour une fois, d'avouer les doutes et questionnements qui malmenaient ses pensées et en guise de réponse, l'interne lui disait qu'elle s'était fait des films. Comme si leurs séances passées n'avaient jamais existé, comme si elle avait tout inventé, fantasmé même. C'était elle la fautive et lui la pauvre victime qui subissait les assauts de désir de sa patiente. Il se moquait d'elle. Vraiment. Et le pire dans tout ça, c'est que ça lui faisait terriblement mal. Elle qui était si détachée de ce qu'on pouvait penser d'elle et des sentiments en général, ne supportait pas l'idée que Joshua la rejette de la sorte. Elle avait la drôle d'impression qu'on lui compressait le cœur jusqu'à ce qu'il ne batte plus ou qu'il lui remonte dans la gorge, et ce n'était vraiment pas agréable comme sensation. D'autant qu'elle n'avait jamais ressenti quoi que ce soit de similaire avant ce jour-ci. Et tandis qu'elle essayait de calmer son rire, le mot « réhospitalisation » venait s'écraser contre ses tympans tel un coup de massue. Non. Tout mais pas ça. Elle sentait ses jambes trembler au moment où l'interne lui saisissait le poignet. Il voulait qu'elle le regarde mais cela lui était impossible. L'effort était insurmontable. L'air lui manquait, son cœur s'était arrêté et ses jambes ne la portaient plus. Elle se laissait tomber au sol telle une poupée de chiffon qu'on aurait lâché du toit d'une maison et, incapable du moindre mot, fondait en larmes. C'était tout ce qu'elle était en état de faire. Elle était vidée de ses forces, n'arrivait plus à réfléchir, n'avait plus envie de se battre. Elle détestait Joshua, pour ce qu'il lui avait dit, ce qu'il lui avait fait, ce dont il la menaçait et plus encore, elle se détestait elle-même. Elle s'en voulait d'avoir lâché prise face à lui, de s'être confiée, de lui avoir fait confiance, d'être venue, et même là, de pleurer tout son soûl comme une gamine blessée. Elle se montrait faible. Il avait gagné.

« Fais ce que tu veux, je m'en fous. » soufflait-elle entre deux flots de larmes. Il pouvait bien l'hospitaliser si c'était ce qu'il voulait, ou bien la jeter dehors ou encore lui caresser les cheveux, elle ne réagirait pas. A rien. Tout son courage l'avait quittée, sa force intérieure qu'elle soit démoniaque ou non avait elle aussi quitté le navire. A ce moment précis, Sigrid n'était plus qu'une coquille vide et fêlée, abîmée par la marée nommée Joshua.
Pourtant, elle entendait une petite voix qui l'incitait à répliquer durement. « Si tu me fais ça, je te dénonce. » C'était simple, clair et précis. C'était la seule chose à répondre. Il fallait le lui dire pour lui clouer le bec une bonne fois pour toutes avant de claquer la porte et le planter là, comme il le méritait. Mais elle n'y arrivait pas. Elle avait beau se répéter la phrase intérieurement tel un mantra, les mots ne voulait pas s'articuler dans sa bouche. Elle ne voulait plus se battre, elle voulait juste fuir le plus loin possible dès que ses jambes seraient en état de la porter.

Les genoux recroquevillés contre la poitrine, Sigrid y posait la tête, soudain plus calme. Elle n'avait plus de larmes à verser, les stocks étaient à sec. Elle soupirait doucement, pour essayer de reprendre son souffle après cette crise et tournait enfin son regard vers l'interne. « Je suis désolée. Pour tout. Je vais demander à changer de médecin. C'est préférable. Vu les sentiments que je projette sur vous, que vous continuiez de me suivre ne m'aidera pas à guérir. » annonçait-elle, étonnamment sincère comme si elle en était convaincue elle-même.
D'ailleurs, peut-être l'était-elle réellement, à ce moment là, elle ne savait absolument plus rien de ce qu'elle pouvait penser ou ressentir. Elle savait juste qu'elle voulait partir, loin de cet hôpital, loin de Joshua, loin du bordel dans sa tête.

« Je ferais mieux d'y aller, je me suis assez ridiculisée pour la journée. » Cependant, elle ne se levait pas pour autant. Elle se sentait bien au sol, cela reflétait bien ce qu'elle pensait d'elle, qu'elle était toute petite.
« Est-ce que... vous m'enverrez le compte-rendu et votre décision ? Il me la faudra pour que je puisse la transmettre à votre confrère. Celui qui prendra votre suite. » concluait-elle, d'une voix douce, sans provocation aucune.



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Le temps des retrouvailles | PV Joshua

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