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 One world, it's a battleground

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MessageSujet: One world, it's a battleground   Dim 8 Oct - 15:15

Aloy & Gabriel
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Sa main cogne contre le panneau de bois, deux fois, et les coups résonnent dans le corridor désert avec cette dimension étrange que confère le silence un peu étouffé d’une heure où les braves gens dorment et où tout bruit paraît incongru.
Pas de réponse.
Il sait, pourtant, que l’appartement n’est pas désert. Mais l’insistance qui lui démange le bout des doigts et s’apprête à le voir réitérer son acte de présence jusqu’à obtenir gain de cause se voit freiné par une curiosité soudaine, tandis que la main glisse vers la clenche et s’enroule autour de la poignée. La porte s’ouvre sans un bruit, les gonds muets ne sonnent aucune alarme ; Gabriel ne peut s’empêcher de laisser fuser un petit ricanement qui s’étouffe dans sa barbe, c’est presque trop beau pour être vrai, et l’idée que certains sont capables encore à cette époque de laisser une porte ouverte lui paraît risible. Oh, l'inconscience !
Le salon est plongé dans l’obscurité mais la vitre qui donne sur l’extérieur prodigue suffisamment de cette lumière lunaire pour qu’il puisse avancer sans heurter quoi que ce soit et allumer une petite lampe, discrète, qui lui permet dès lors de se repérer un peu mieux tandis que les bruits de la douche ont déjà indiqués à son oreille aux aguets où se trouvait la propriétaire des lieux. Scylla, curieuse, se faufile silencieusement à travers l’enfilage des pièces imprégnées d’une odeur qui lui est familière, tandis que son maître, dépouillé de la moindre vergogne, entreprend déjà de fouiller les affaires dont il devine qu’elle les a abandonnées à son arrivée ce soir. Et, bingo, après quelques minutes il pourrait bien crier victoire, alors qu’il met finalement la main sur un petit objet dont le métal est aussi froid que la mort qu’il dispense. Le flingue est petit, discret, mais il est surtout aisément reconnaissable, en ce que Gabriel a toujours eu cette sale manie de laisser traîner sa patte sur ses affaires. Tout à l’heure, l’autre homme s’est agrippé à lui tandis que la balle achevait son affaire macabre et le lui a arraché des mains avec cette énergie du désespoir que seule possède une personne se sachant au seuil de la mort et désireuse d’y entraîner avec elle son responsable. Un échec, visiblement, puisque Gabriel se tient encore là, bien accroché à sa vie et ne souffrant que d’une blessure légère, mais un échec qui a tout de même failli lui coûter bien des problèmes. Dès lors il pourrait s’arrêter là, partir comme un voleur en ne laissant pour uniques traces de son passages quelques affaires bousculées. Mais l’opportunité est trop belle pour être gâchée.
Et surtout, elle est unique.

Lorsque les bruits de la douche s’arrêtent, Gabriel n’a toujours pas vidé les lieux. Et lorsque la porte de la salle de bain s’ouvre il est toujours là, tranquille, installé dans le salon comme s’il s’était agi de sa propre demeure. Il a pris ses aises, oui, c’aurait été trop ironique qu’il se comporte comme un invité poli après ce qu’il vient de faire.
Aloy croise son regard au moment où sa main enclenche le mécanisme du plafonnier et la grande chienne, jusqu’alors sagement couchée aux pieds de l’homme, s’en dissocie pour aller trottiner d’une démarche souple et tourner autour de la nouvelle venue, agitant faiblement la queue sans pour autant l'ensevelir sous des effusions de joie : à l’image de son maître elle n’est guère démonstrative mais, alors qu’elle est étrangère aux querelles susceptibles de régir cette rencontre impromptue, elle ne reconnaît pas le danger et se contente simplement d’accueillir une ancienne connaissance. « Ah, Aloy. Bonsoir. » Quelle heure est-il d’ailleurs ? Minuit a sonné depuis quelques temps déjà et il n’a pas pris garde aux minutes qui filaient. C’est qu’il n’a pas regardé sa montre quand l’homme s’est effondré à ses pieds, trop occupé à prendre ses jambes à son cou devant l’imminence d’une intervention face à laquelle il n’aurait su tenir tête. Pas assez fou pour ne serait-ce qu'oser penser se tirer sans dommage d’une confrontation avec la milice de la ville. Ou pas encore. « Je me suis dit que tu ne refuserais pas l’hospitalité à un vieil ami. » Le sarcasme est à dénicher dans l’apparente affabilité avec laquelle il a balancé ce mot, ami, dans le sourire qu’il lui décoche mais qui ne se reflète pas dans son regard. Car ses yeux sont glacés et couvent une menace qu’il ne cherche pas à dissimuler. Entre ses mains, l’arme affiche sa présence ostentatoire et, si elle n’est pas chargée (il ignore où se trouvent les munitions, qu’elle a peut-être retirées par précaution), sa gueule est noire, et justifie la présence de l’armurier au sein de cette pièce. « Mais tu devrais peut-être songer à verrouiller ta porte à l’avenir. On ne sait jamais quelle personne mal intentionnée serait foutue de s’inviter chez toi. » Cette fois, c’est clairement sur un rictus moqueur que ses lèvres se retroussent, tandis qu’il la dévisage de haut en bas sans sembler exprimer la moindre surprise. C’est que celle-là l’a déjà saisi quelques heures plus tôt, alors que la silhouette de la jeune femme dans l’équipe d’intervention dédiée au “nettoyage” lui sautait aux yeux depuis sa planque. Depuis il a eu le temps pour la digérer, l’encaisser et finalement l’apprivoiser. Visiblement ce n’est pas le cas d’Aloy, et qui l’en blâmera alors qu’elle se retrouve mise au pied du mur, confrontée à un ancien compagnon dont on ne sait pas trop quelles sont les intentions qu’il nourrit à son égard ?

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Dernière édition par Gabriel Belmonte le Dim 15 Oct - 20:07, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: One world, it's a battleground   Mar 10 Oct - 21:57

Les lèvres frissonnent quand les doigts compriment de la crosse. Son regard affûté caresse le petit objet avec perplexité. L’air insufflé lui échappe alors qu’elle dispose avec autant de calme que possible, l’arme dans la poche intérieure de sa veste. Un détail qu’elle subtilise honteusement sur une scène de crime. Son seul laissez-passer pour éviter une vengeance bien méritée. Le doute crispe la bouche, la tord désagréablement. Elle brode le train de ses pensées, d’une certitude faussée. Mais le peu d’assurance qu’elle pourra rafler, lui parait déjà miraculeux. L’ombre de Gabriel semble encore la poursuivre quand elle arpente la ville. Les gants en latex jetés à la va-vite dans une poubelle à proximité et le matériel claquant dans la valisette, la légiste ne se permet même pas le moindre crochet par la morgue. L’animal acculé, espère juste retrouver la sécurité relative de son logis. Entre connaître leur position et le voir ressurgir d’une façon aussi violente dans son quotidien, il y a un monde. Un monde qu’elle ne pensait pas devoir affronter quand la milice l’a contactée ce soir. Mais la réalité s’impose d’elle-même. Cet homme se trouvait ici-même, au cœur de la Nouvelle-Orléans. La couleur a été annoncée et elle s’apparente un peu trop à celle d’une chasse. La paranoïa latente de la brune l’oblige à n’emprunter que les chemins les plus fréquentés. Comme si ça garantissait encore quoique ce soit à l’heure actuelle. Elle le sait mieux que personne. Une paume repliée contre le col du manteau, elle évolue avec prudence, s’appuie sur ses sens aiguisés pour détecter la moindre anomalie. Un grognement s’extirpe du larynx quand elle avise la porte d’entrée maltraitée. Un présage ? L’esprit consumé par l’anxiété, la changeuse se montre affreusement distraite, néglige jusqu’au geste le plus simple. Celui de tourner la clé.

Entre ses guiboles, le chat vient se faufiler. Les miaulements l’accompagnent jusqu’à la chambre où elle dépose ses outils de travail avec précaution près de sa commode. Elle n’en tire qu’un large t-shirt et trouve son chemin sans mal jusqu’à la douche. L’eau ondule contre sa peau, tantôt brûlante, tantôt glacée. La métamorphe cherche naturellement à ralentir son rythme cardiaque, à se défaire de la peur qui lui colle désagréablement à la peau. Un ennemi de plus, ça ne devrait pas la chambouler. Un ami, à contrario, c’est une autre histoire. Peut-elle encore l'affubler d'un terme aussi élogieux ? Rien n'est moins sûr. Alors que le liquide court toujours contre son épiderme, des bruits significatifs dérangent son ouïe particulièrement fine. Le souffle coupé, l’israélienne finit par sortir de la cabine avec la vague impression de perdre la tête. Ça doit être de famille, s’entend-elle-même penser, provoquant d’un même temps, un inéluctable sentiment de terreur à ce sujet.

Rapidement, l’insomniaque enfile le textile, laisse sa crinière humide chatouiller sa nuque. A pas feutrés, elle s’engage dans le couloir de nuit. Son félin s’est recroquevillé dans un coin et feule. Des frissons dévorent sa chair tandis qu’elle atterrit dans la pièce centrale. Pas besoin de lumière pour discerner le personnage. Pas besoin non plus de dessin pour savoir qui se tient là. L’odorat a déjà pu les identifier, lui et la chienne avant que le faisceau lumineux n'envahisse la pièce. Calée dans son accoutrement bien trop modeste, la brune sait qu’au moins, si transformation il doit y avoir, elle n’aura pas grand-chose à ôter. En posture défensive dans un premier temps, elle se penche juste pour caresser affectueusement la bête avant de tourner autour de son visiteur, tel un prédateur se refusant à devenir proie. Sans jamais le quitter du regard, elle s’assied sur le fauteuil à sa gauche et refuse de se soumettre à la théâtralité de l’instant.

Alors elle joue cette comédie à sa façon, cherchant à ne pas paraitre déstabilisée, prétextant être tout à fait à l’aise bien que son teint ait blêmi bien malgré elle. « Je te proposerais bien un rafraichissement mais je n’ai pas pour habitude de me montrer hospitalière avec les meurtriers. J’ignore les codes que nous dictent la bienséance dans ce genre de cas. Un thé ou un coup de poing ? » lui réplique-t-elle finalement d’un ton empreint de froideur. « J’aurais qu’à courir vers la fenêtre et gueuler pour que la milice te tombe dessus, t’en as conscience ? » Un rappel. Ici, il est chez elle. Sur son territoire, elle a, au moins, l’avantage du terrain. La plupart du voisinage la connait, l’aiderait en cas de besoin. Les prunelles échouent sur le pistolet qu’il tient toujours. Elle doit se retenir d’articuler un sourire satisfait. Au moins, a-t-elle pensé à retirer les balles du chargeur. « Qu’est-ce que tu me veux, de toute façon ? T’as déjà récupéré ton petit jouet, à ce que je vois. Faudrait penser à l’avenir à ne pas laisser des preuves quand tu buttes des gens. On ne sait jamais quelle personne bien intentionnée aurait dans l’idée, de faire justice. » ironise-t-elle en lissant machinalement le tissu de son siège et en annotant les quelques objets bousculés. Son côté maniaque s’en trouve légèrement irrité. « Je ne pensais pas que vous commenceriez à semer le chaos si vite dans la ville. Vous ne perdez pas de temps à ce que je vois. Ton frangin a toujours la tête pas super bien vissée au corps ? Surprenant que le gouvernement veuille bien d’un pacte avec cet énergumène. » Provocation gratuite. Elle ne compte pas se laisser dicter sa conduite sous son toit, même avec la menace qu’il représente. Elle se battra jusqu’au bout et avec dignité. Si possible.

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Dernière édition par Aloy I. Mizrahi le Dim 22 Oct - 17:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: One world, it's a battleground   Dim 15 Oct - 20:05

Aloy & Gabriel
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Elle n’a pas spécialement l’air ravi de le trouver installé ici, Aloy, mais s’en offusquer relèverait de l’absurde ou de la stupidité, au choix : vu les conditions des retrouvailles qu’il vient de lui imposer, personne à sa place ne se serait fendu d’un sourire chaleureux en s’exclamant sur ce que les coïncidences de la vie peuvent bien vous amener. La jeune femme, néanmoins, n’en perd pas la face pour autant tandis qu’elle lui donne aussitôt la réplique avec cette verve acérée dont il a gardé, il s’en rend compte à présent, un souvenir remarquablement juste. « Du cinquième, il relève d’abord, narquois. Avec les vitres fermées ? Est-ce que quelqu’un attend sous ta fenêtre un signe soudain de précipitation de ta part, ou est-ce que tu me penses déjà si veux que j’aurais pas le temps de réagir pendant que tu t’y précipites, ouvre le carreau et fasse étalage de ta voix ? » Bien sûr, la menace sous-jacente de ses propos ne lui a pas échappé mais il refuse de le laisser paraître, refuse de se laisser prendre au piège de cette première tentative d’intimidation. Après tout, il s’est pointé ici en toute connaissance de cause, il a une conscience parfaite de se trouver en territoire ennemi. Pour autant, est-ce que ça l’a empêché de passer outre le système défaillant de la sécurité au rez-de-chaussée ? Ou s’infiltrer dans l’appartement ? Non. Par ailleurs, il ne serait pas resté ici après avoir obtenu son dû sinon – comme elle s’empresse d’ailleurs de le souligner –, alors il refuse d’avoir peur d’elle ou de ses menaces, il n’est pas arrivé jusqu’ici pour déjà courber l’échine face à une première remarque cinglante. « Pas toi, a priori, Gabriel glisse entre deux accusations (il a bien noté cette manière qu’elle a eu de le juger directement responsable de la bagarre ayant laissé un cadavre dans la rue sans même avoir eu connaissance d’abord des tenants et aboutissants de cette histoire), ou alors tu n’aurais pas ramené ça ici. » Ça, évidemment, désigne le fameux petit jouet susnommé qui lui occupe les mains tandis que ses iris continuent de la dévier, indociles. La flamme de la colère y brille d’ailleurs un peu plus fort tandis que Jesus tente déjà de s’accaparer le fil de la conversation. Il aura fallu moins de temps que ce qu’il avait d’abord pensé pour que les vieux sujets de querelle refassent surface, il constate silencieusement avec une petite pointe d’amertume. Seulement quelques minutes à peine se sont écoulées et voilà qu’Aloy balance entre eux la pomme de la discorde.

Un sifflement sec rappelle la chienne, qui depuis quelques minutes s’intéresse d’un peu trop près au félin planqué dans un coin. Chasseuse par instinct et par dressage, le félin et ses feulement ne semblent guère l’impressionner tandis qu’elle marque une distance prudente de ses griffes. Elle se range néanmoins à l’ordre de son maître et abandonne, quoiqu'avec un regret qu’on peut décerner dans l’attitude un peu revêche, pour revenir tourner autour des deux humains et finalement se coucher à côté du fauteuil. Les oreilles dressées et le regard rivé sur un point fixe, prête tout de même à bondir au premier mouvement suspect pour peu qu’on la surveille un peu moins. La faim.
 
« Tu es surprise, vraiment ? Pour avoir choisi de venir te planquer sous l’aile de personnes infoutues d’assurer la pérennité de leurs citoyens par eux-même, à quoi t’attendais-tu ? » Gabriel, forcément, a réagi au quart de tour et sa voix cette fois ne s’est pas cachée de ses accents profondément sarcastique. Il forcit le trait, forcément, mais le propos s’y prête alors il ne va pas s’embarrasser d’une paire de gants. « Jesus, au moins, n’a jamais eu besoin de réclamer l’aide de quiconque. » Jusqu’à maintenant, faudrait-il ajouter, mais il faut également bien admettre que les circonstances, ces derniers mois, se sont faites tout de même un peu particulières. En attendant, Gabriel choisit volontairement de lui masquer la seule information digne d’intérêt concernant son frère, curieux d’abord de voir jusqu’où elle sera capable de mener le débat. « Et puis venant de toi, c’est l’hôpital qui se fout de la charité. A ce propos, comment va Elazar ? » La question s’est parée d’une fausse amabilité purement mesquine, il a bien vu en tout cas que l’appartement semblait ne pas accueillir la moindre trace de lui. Se serait-il racheté une bonne conscience ou un esprit un peu plus sain, pour ne plus vivre dans les jupes de sa sœur ?
Gabriel n’y croit pas une seule seconde.  

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MessageSujet: Re: One world, it's a battleground   Dim 22 Oct - 18:25

La main se replie contre la joue avec paresse alors que le coude gagne le dossier du fauteuil. Une jambe repliée, l’autre voguant dans le vide, l’israélienne suggère une nonchalance qui ne respecte pas la tension présente. Elle s’abreuve sans réserve, de la familiarité de son logis afin de dénicher un peu plus d’audace et de lui rendre l’assurance qu’il lui présente lui-même. Le regard ne sourcille qu’un instant quand la chienne menace le félin. Les sourcils froncés, les lèvres pincées, la brune avise les créatures. Symbolisme qui ne lui échappe nullement. Sentiment oppressant du  loup entré dans la bergerie. Heureusement, elle n’a rien d’un mouton. D’un geste lent et étudié, elle replace une mèche encore humide derrière son oreille. Cette dernière se tend aux propos suivants, l’esprit emmagasine déjà les réponses. Sans se départir de son expression légèrement détachée, légèrement irritée, elle accueille le prénom de son petit frère décédé. Pas surprise, en balançant celui de Jesus, elle cherchait à en finir le plus vite possible avec ce qui divise. Dans l’espoir sans doute vain qu’il déguerpisse de là dans les plus brefs délais. En soupirant avec lourdeur, la jeune femme reprend de la hauteur et s’avance à pas mesurés jusqu’au chat toujours acculé. La boule de poils trouve refuge dans ses bras un bref instant avant qu’elle ne la dépose dans la pièce d’à côté. Mesure de précaution.

La porte refermée et l’attention focalisée uniquement sur l’invité impromptu, elle revient prendre place sur le canapé. «  Pour des gens infoutus d’assurer leur pérennité, tu ne trouves pas qu’on est relativement plus nombreux que votre petite bande de joyeux lurons ? Puis, il ne s’agit pas de vivre comme des gens du voyage. Au moins, ici, on a droit à une literie décente et à des douches fréquentes. Je m’attendais à plus de classe de leur part. L’odeur de charogne qui poursuit chaque membre du groupe, ne m’avait pas spécialement manqué.» Insulte qu’elle ponctue en se frottant délicatement le nez. La pupille brillante et l’insolence à son maximum, elle croise les jambes et détaille son interlocuteur avec circonspection. « Ouais, c’est vrai, ça lui réussit bien à Jesus de ne jamais demander l’aide de personne. Au moins, il entretient dignement sa connerie congénitale. » Elle lui renvoie le sourire narquois qu’il a osé articuler un peu plus tôt. « Ceci dit, tu ne me feras pas avaler que ton cher frère accepterait un contrat pareil par pur altruisme. Il a beau avoir chopé le nom du Christ, il est bien loin d’être un saint. Vous devez y trouver votre compte. » Calmement, Aloy réajuste sa position sur le divan, prête à attaquer le sujet le plus épineux.

Avant de s’y pencher, elle ramasse son paquet de cigarettes sur la table basse. Dans une optique de paix relative, elle le tend à son comparse avant d’attraper le briquet posé juste à côté. La clope au bout des lèvres, elle se relève pour atteindre la fenêtre et l’ouvrir afin de ne pas enfumer le salon. Tout en veillant à ne pas regarder en contrebas et à se tenir à une distance rassurante de cette ouverture, elle apprécie la brise. La trentenaire ne fume pas en toute occasion. Seulement quand le stress la dévore. Souvent la nuit, quand les pensées s’emmêlent et que la détresse pointe. La nicotine canalise quelque peu sa nervosité. Du moins, c’en est-elle convaincu.  Enveloppée par la fumée, la métamorphe s’accole au mur pour fixer l’intrus. « Je suis sûre que si je balance ce pot de fleur, ça va attirer l’attention. Y a toujours des gens qui passent dans cette rue. Les patrouilles sont fréquentes. Je sais de quoi je cause, je bosse parfois avec la milice. » Répond-t-elle à retardement aux premières inflexions de son acolyte. Tirant quelques autres bouffées toxique et les recrachant dans l’air, elle médite quelques secondes sur la façon de présenter l’information. « Si t’es venu ici dans l’intention de te venger, Gabe, tu vas être affreusement déçu. Tu arrives trop tard pour ça. » L’œil se pare d’une légère mélancolie. La culpabilité pourrit dans les entrailles, l’oblige un bref instant à détourner les yeux pour accuser la difficulté de son propre crime.

En mordillant le bout de son pouce, la tige nuisible capturée entre l’index et le majeur, elle poursuit. « C’est pour ça que t’es encore là ? Tu espérais le dénicher chez moi ? Tu veux peut-être que je t’ouvre chaque placard aussi ? » Un ricanement lui échappe alors qu’elle relâche à nouveau les émanations. « Alors tu comptes faire quoi ? Lâcher tes nerfs sur moi ? » Le regard se pose dans le sien avec férocité et détermination. L’idée de devoir se battre avec cet homme ne l’enchante pas à vrai dire. Elle n’éprouve qu’une animosité branlante à son égard, perdure davantage quelques restes d’amitié qui ne se sont pas envolés.

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MessageSujet: Re: One world, it's a battleground   Ven 3 Nov - 2:23

Aloy & Gabriel
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On ne se mentira pas, Gabriel tire un certain plaisir de ce face-à-face, pour tout désagréable qu’il puisse être. Il a sincèrement apprécié Aloy fut un temps et probablement qu’une part de lui est toujours attachée à elle aujourd’hui même s’il ne l’admettra pas ouvertement ; si son sarcasme l’agace, il l’amuse presque tout autant. C’est qu’il ne s’était certainement pas attendu à ce qu’elle capitule devant lui, en aurait même été déçu. « Depuis quand le nombre aurait-il une quelconque importance ?, il riposte. C’est comme comparer un troupeau de moutons et une meute de loups. » Il trouve risible de chérir cette idée de confort, trahit son regard où brille une lueur de mépris, mais garde cette pensée pour lui. C’est sûr que ce genre de luxe attire, il peut le comprendre – que n’a-t-il pas fait après tout, lorsqu’il avait encore de l’argent à foison et que le monde semblait encore tourner rond ? –, mais de son point de vue c’est une preuve flagrante de faiblesse ou d’oisiveté, appelez ça comme vous voulez. Ses poings se crispent tandis que son regard se fait un peu plus noir, il a beau être coupable de la mort de son frère les parles insultantes de la jeune femme font mouche ; elles le visent aussi, évidemment, mais il parvient à ne pas se laisser avoir, à rester sagement enfoncé dans son fauteuil, parce qu’il sait qu’une partie des propos au moins est vraie : Jésus n’aurait jamais demandé d’aide. De fait, il était mort bien avant cet accord, non ?
L’aveu menace de fuir d’entre ses lèvres, il est presque sûr que cela la prendrait de court, il se décide pourtant à garder captive la vérité encore un peu. Si ce n’est de sa bouche, elle finira de toute manière bien par l’apprendre un jour ou l’autre et surtout maintenant que leur présence ici est devenue officielle. « Evidemment qu’on y trouve notre compte. » Un reniflement dédaigneux s’échappe, qui se transforme en un petit ricanement, est-ce qu’elle a seulement pensé une seule seconde que la communauté allait jouer au bon petit samaritain ? « Il n’a jamais été question d’altruisme, qui a encore le temps pour ça de toute façon ? » Question purement rhétorique, il ne s’attend pas à ce qu’elle y rétorque. Le temps, ou l’envie. En ce qui le concerne, il ne s’est pas créé un nom et une réputation en se contentant de donner sans rien attendre en retour, alors ce n’est pas maintenant que cela risque de changer, et puis quoi encore ? Il faudrait être stupide pour ça, et ce n’est pas la stupidité qui a permis à leur groupe de survivre autant de temps.

Gabriel se saisit du paquet de cigarettes sans mot dire, accord tacite, en glisse une entre ses lèvres que le zippo a tôt fait d’allumer. Il en tire une première taffe, puis une seconde, et pour un instant un silence léger s’installe ; la vigilance, toutefois, ne s’endort pas pour autant. Son regard reste rivé à son hôtesse, et il devine à observer son langage corporel qu’elle n’est pas plus détendue que lui. « Et tu te priverais du plaisir de ma visite ? » Un rictus tordu fleurit sur ses lèvres, il se moque bien évidemment, mais le sérieux de la conversation a baissé de quelques degrés. « Plutôt que les menaces, je prendrais volontiers un rafraîchissement. » Un thé ou un coup de poing ? Pourtant, il se laisse avoir par la surprise, les propos d’Aloy sont sans équivoque et le sous-entendu évident ; il comprend sa culpabilité dans le regard qui se décide soudainement à le fuir, puis aux questions qui pleuvent sans lui laisser le loisir de la répartie. « Je ne suis pas venu pour me battre avec toi. » Redevenu sérieux, soudainement. Envolé, le petit sourire plein de suffisance, son regard est perçant tandis qu’il l’étudie entre deux bouffées de sa clope. « Bien sûr que j’espérais le trouver ici. Où pourrait-il être sinon collé à tes basques ? A moins que tu l’aie abandonné à son sort au sein de ta précieuse famille d’accueil, mais de la part de quelqu’un qui semble ne pas cautionner la violence gratuite j’oserai dire que c’aurait été une décision parfaitement stupide puisque cet enculé n’avait à priori aucun problème à tuer sans raison. » Et la rancune est tenace, traduit la pointe de colère qui s’est glissée sur la fin de sa tirade ; ce n’est pas comme si le meurtre d’Harvey pouvait avoir été oublié aussi facilement, encore moins pardonné.
« Donc, il est mort. » La voix se veut remarquablement atone tandis que Gabriel met les mots clairs sur la confession de son interlocutrice ; l’homme ne jubile pas de savoir la nouvelle, non. Oh bien sûr il n’est pas mécontent de l’apprendre, mais son désir de vengeance a longtemps poursuivi en pensée les deux fuyards avant de se résoudre à l’abandonner. A présent confronté à nouveau de manière si imprévisible à Aloy, la nouvelle qu’elle lui a jeté au visage lui donne l’impression d’avoir couru après une chimère. « Alors quoi, il s’est heurté finalement à un plus gros morceau que lui et t’as pas su jouer les chevaliers blancs à temps ? Dommage que ça soit pas arrivé plus tôt, c’aurait pas été une grosse perte. » Aucune tolérance, dans les paroles acerbes, pourtant il comprend au moment où il les formule que cela va un tout petit peu plus loin que ça. Son regard se fait un peu plus inquisiteur tandis qu’il fronce les sourcils, souffle un petit nuage de fumée avant de poser la question du bout des lèvres. « Ou je me trompe de scénario ? »   

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Dernière édition par Gabriel Belmonte le Lun 13 Nov - 3:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: One world, it's a battleground   Lun 13 Nov - 2:06

Le dos apposé au mur et le regard braqué sur l’invité, elle se demande de combien de chances elle dispose pour terminer la nuit sans avoir à répandre le sang de son invité - ou même le sien. La finalité de cette présence lui parait toujours trop nébuleuse. Elle ignore jusqu’à quel point il serait capable de lui demander réparation. Et pour cause, trop d’années ont défilé, ont creusé plus d’un fossé. Il n’est plus tout à fait la personne qu’elle a côtoyée. Peut-être que c’est juste plus simple pour elle de l’envisager sous cet angle du moins. De tenter de se défaire de quelques sentiments bienveillants pour l’homme qu’elle a connu autrefois. La dette lui colle encore à la peau néanmoins. Sans lui, elle ne pourrait pas acheminer le goudron dans ses poumons à cet instant précis. Sans lui, elle n’aurait sans doute pas à le faire non plus. Un soupir vient ponctuer leur échange. Les contradictions s’enchainent, la tension évolue, descend pour mieux remonter. Elle ignore ce qu’elle doit croire mais sait qu’elle doit surtout continuer à douter. Au moins pour ne pas lui laisser l’opportunité de la surprise, lui offrir le luxe d’endormir sa vigilance. La métamorphe écrase son mégot dans le cendrier sur sa droite. Sans se départir totalement sa raideur, elle agrippe le contenant où les cendres se répandent pour mieux le déposer sous le nez de l’autre fumeur. « Qu’est-ce que tu comptes faire alors si t’es pas venu te battre ? » Se contente-t-elle d’ajouter dans un premier temps, profitant de son rapprochement pour accoster les prunelles voisines avec un peu plus d’amabilité. Emotion détruite dès qu’il profane la mémoire d’Elazar. Les traits s’adoucissent pour mieux se crisper à nouveau.

Forcément, il s’attaque au peu de confession qu’elle lui a concédé comme un chien à son os. La changeuse est trop proche de lui pour refouler la violence qu’il fait naître en elle. Suffisamment lucide pour ne pas l’attaquer réellement, elle se contente de faire claquer le plat de sa main contre la nuque du maraudeur. Un geste dénué de force mais suffisamment symbolique pour déverser un peu de son mécontentement. Un retour de flammes pour les critiques ouvertes occasionnées à l’encontre de Jesus, elle en a conscience. Mais lui, il n’est pas mort songe-t-elle sans même savoir. L’israélienne pense dès lors posséder un quelconque droit de se montrer plus égoïste, d’avoir le dernier mot. De mériter un semblant de respect alors qu’elle n’en exprime aucun. Elle compte sur une empathie définitivement absente - sans doute à raison. La trentenaire s’oriente avec hargne jusqu’aux placards de la cuisine, les claque une fois qu’elle en a extirpé deux récipients. « Qu’est-ce que ça peut te foutre de connaître la manière dont ça s’est passé ? Le résultat est le même. » crache-t-elle finalement en manquant de fracasser la porcelaine contre la table basse. « A part cracher sur la gueule de mon frère, t’es venu pour quoi ? Puis même s’il avait été en vie, tu crois que je t’aurais laissé le butter dans mon appartement aussi ? T’as quand même l'audace pour oser traiter Elazar - la voix dérape, juste là, elle se brise. Un prénom qui ne s’extirpe plus de sa gorge depuis qu’elle a osé commettre l’irréparable mais elle continue sur sa lancée en faisant mine de maitriser sa voix, comme ça quand on voit à quoi elle ressemble ta fratrie à toi. Je suis sûre qu’ils ont dû bercer le tien trop près du mur. » Le fiel perd déjà en contenance. La culpabilité est présente, elle pulse dans la poitrine, l’ouvre en deux. L’âme déchirée se replie quelques instants derrière les fourneaux alors qu’elle chauffe un peu d’eau pour répondre à la demande antérieure. Prouvant par cette intention, son désir de statu quo et non, de combat vain.

Les paumes posées contre le plan de travail, la légiste reprend son souffle, tente de retrouver le fil conducteur et de chasser son ressentiment pour lui comme pour sa propre personne. Apportant très naturellement, le thé alors qu’elle ignore s’il va concéder à y toucher, elle verse le liquide bouillant dans la tasse de son acolyte avant de se servir selon les règles de bienséance. C’est Hila qui en serait ravie. Les fesses se posent à nouveau dans le fauteuil. Quelques gorgées de son breuvage lui permettent de réchauffer sa carcasse glacée. Le regard perdu dans le vide, la propriétaire des lieux s’arme d’un peu plus d’indulgence. « C’est quand même drôle que tu la ramènes sur l’altruisme, Gabe. A une époque, je me rappelle que t’avais quand même sauvé les miches de deux paumés que tu connaissais pas. Faut croire que les temps ont changé. » L’amertume en bordure des lèvres, qu’elle saccage bien vite en les calcinant de sa boisson avant de reposer son contenant à proximité. « Ce qui s’est passé, c’était un accident, ok ? Il savait pas ce qu’il faisait. Et j’ai réalisé ma connerie une fois que je suis arrivée ici, alors c’est bon, lâche-moi les basques avec ça. Je peux pas ramener les morts à la vie alors je vois pas ce que t’attends de moi. » La sincérité suinte de ses paroles. Elle en dit trop et le regrette immédiatement. Elle a peur qu’il lui fasse avouer. Non. Ce qu’elle craint c’est sa propre réaction. Après tout, jamais, elle n’a mis en perspective son acte, jamais, elle ne l’a prononcé à haute voix. Personne ne sait. Personne. Elle refuse de s’effondrer devant un potentiel ennemi en réalisant pleinement ce qu'elle a fait, en mettant des termes sur le fratricide. Sa fierté et son orgueil ne peuvent le tolérer. « C’est pas la perspective d’une infusion ou ma compagnie qui te fait rester là. Tu veux quoi bordel ? Que je me mette à genoux et que je te supplie de me pardonner ? Que je remplace ce cher Harvey peut-être ? Je sais pas trop la relation que vous entreteniez tous les deux mais je vais pas non plus baisser ton froc si c’est de ça qu’il s’agissait. » Attaquer pour mieux se protéger. Ce qu’elle fait de mieux.

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MessageSujet: Re: One world, it's a battleground   Lun 27 Nov - 22:15

Aloy & Gabriel
One world, it's a battleground


Le tacle dans la nuque ne lui fait pas grand effet, tout juste Gabriel se raidit-il quelque peu au contact imprévu mais, clairement, le besoin d’une réplique ne se fait pas plus utile que celui d’une réprimande. Tout juste un soupir vaguement amusé franchit-il le seuil de ses lèvres, alors qu’Aloy s’éloigne en direction de la cuisine pour satisfaire une demande balancée en l’air sans trop y croire et qu’il se doit d’écouter son hôtesse d’un soir malmener ses meubles et ustensiles par faute de ne pouvoir diriger, il s’en doute, sa colère directement sur lui.
Amusement qui ne dure qu’un temps, d’ailleurs, puisque la réplique suivante ponctuée par le fracas des tasses contre la table – quelqu’un de plus stressé que lui aurait bondit au plafond face à la brutalité du geste, contraste flagrant avec sa signification – amène ses doigts à se crisper tellement fort autour de ce qu’il reste de sa clope que celle-ci s’en retrouve complètement tordue, pratiquement brisée en deux sous la tension exercée contre le tube. « Tu crois que j’aurais attendu ton aval ? il rétorque d’une voix soigneusement maîtrisée, d’un calme de façade alors que l’envie le taraude d’élever la voix jusqu’à ce qu’elle se heurte à l’agressivité non contenue de celle de son interlocutrice. La porte était ouverte. J’aurais eu largement le temps d’agir à ma guise. » Il ne l’aurait pas fait, néanmoins, pas si salaud que ça au fond. Ou si ? Difficile à dire, lui-même étant incapable d’affirmer de quelle manière il aurait réagi s’il avait d’aventure fallu qu’il se retrouve subitement nez-à-nez avec Elazar. Question de circonstances, et de comment l’autre se serait comporté face à lui. A l’époque, l’armurier aurait probablement voulu le buter sans une once d’hésitation, habité par la rage froide d’un deuil injuste. Mais après tout ce temps, la rancune suffirait-elle réellement à porter un geste aussi définitif ?
De toute manière, la question n’a plus lieu de se poser.

« Mais les temps ont changé, Aloy. » De fait, cette époque qu’elle aborde n’était pas facile, mais il semble bien que ce soit pire, désormais. A se demander quand est-ce que cela va-t-il cesser, s’ils auront seulement un répit ou bien si leur monde va continuer de sombrer jusqu’à ce qu’ils finissent tous par se rendre à l’évidence. La cigarette fracassée abandonnée sans plus de cérémonie dans le cendrier laissé à disposition, les mains se referment autour de la porcelaine brûlante quoique l’armurier ne touche pas encore au breuvage. Vieille habitude, que d’avoir toujours les mains occupées, et puis au moins cela l’oblige-t-il à exercer un minimum de contrôle sur lui-même. « Et puis, tu ne peux pas comparer deux personnes à une ville entière. Vous étiez supposés vous rendre utiles pour la communauté alors, c’était donnant-donnant. » Mais tout de même un putain d’acte d’altruisme oui, sauvetage instinctif sur le coup, il n’avait pas réfléchi plus loin bien sûr. « Evidemment, si j’avais su que ça se passerait comme ça… » C’est dingue tout ce que l’on pourrait faire avec des si. Difficile, néanmoins, de se contenter de gober cette affirmation d’accident. Pas quand ça implique un meurtre, pas quand ça implique un innocent. Quoique Gabriel n’ait jamais été au courant de ce qui a bien pu pousser Elazar à une telle extrémité envers Harvey, mais poser la question maintenant lui semble grossier. Et l’on pourrait affirmer, encore, qu’il n’y a plus guère d’innocents pour parvenir à survivre à un monde pareil.

Ce qu’il attend d’elle, alors ? Il y a une réponse simple, toute tracée et facile, mais qui ne représente pas l’exact vérité, et une autre un peu plus compliquée et qui lui a été en partie dictée par le comportement de la jeune femme sur ces dernières minutes. Dans un cas comme dans l’autre, la réponse reste bloquée dans sa gorge devant la franchise de la réplique qui déboule sans crier gare. Et si pendant une brève seconde une surprise s’allume dans le regard interdit qu’il pose sur elle, c’est finalement le rire qui prend le dessus, quelques éclats rocailleux sortis du fond d’une gorge râpée à force de trop fumer. « Et moi qui craignais que tes années d’oisiveté dans ton petit cocon de confort t’aient changée… » Il esquisse un petit sourire un peu railleur et le dissimule bien vite en daignant finalement porter ses lèvres à l’infusion si généreusement préparé par les bons soins de la propriétaire des lieux ; les quelques gorgées lui brûlent un peu le palais, mais la gêne occasionnée ne vaut pas le coup qu’il s’en formalise. Pas le genre de boisson qu’il préfère, en soit, mais l’alcool artisanal qu’on sait préparer hors les murs ne court pas les rues ici, avec la prohibition en cours. Sacrées règles de merde, à son avis. « Tu sais tu peux bien me prendre pour un con si ça te chante, mais je vois bien que tu me dis pas tout. Tu m’accuses de venir remuer la merde mais, à voir la façon dont tu te braques, j’oserais penser qu’il y a effectivement quelque chose qui mérite d’être remonté. » Le pire, c’est peut-être qu’il s’en doute presque, à force d’étudier les réactions qu’elle lui a opposées depuis qu’il a osé remettre le sujet de son frère au menu du jour. « Alors ce que je veux, pour commencer, ça serait déjà que tu me dises la vérité. C’est bien la moindres des choses que tu puisses faire pour moi, tu crois pas ? » Puisqu’il n’aura jamais l’occasion de mener à terme sa petite vendetta personnelle, puisqu’il ne peut que se satisfaire des morceaux qu’Aloy veut bien lui donner. Il n'ira pas jusqu'à prétendre qu'il mérite de savoir ce qu'elle s'obstine à lui cacher, mais ça ne l'empêchera pas de faire tout ce qu'il peut pour la pousser à l'aveu. « Et puis, tu pourrais au moins croire que je reste là parce que j’apprécie l’hospitalité. Non pas que j’aie l’intention de te demander de baisser mon froc, si c’est ce qui te tracasse, il continue, petite moue moqueuse retournée s’afficher sur les traits bruts de son visage, mais j’imagine qu’il doit bien y avoir une raison pour que tu aies délibérément pris le parti de soustraire un élément clef sur une scène de crime. On dirait bien que je vais avoir une dette envers toi. » Et l'idée ne lui plaît pas vraimentt, non, c’est même bien peu de le dire.   

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MessageSujet: Re: One world, it's a battleground   Sam 9 Déc - 23:50

L’index s’enroule distraitement autour d’une mèche quelque peu récalcitrante, de celle qui échappe à la masse informe que sa tignasse emmêlée forme. Réflexe de gosse, entortiller les cheveux pour comprimer les émotions dans la poitrine. Parler d’Elazar l’oblige à éprouver ce sentiment de môme en perpétuelle erreur. Difficile d’échapper aux conséquences quand Gabriel ne cesse de les traquer. Aloy ne comprend pas cet acharnement, ce plaisir sadique à déterrer les détails sordides de sa mort. A moins qu’il ne cherche qu’à la torturer psychologiquement. Cela n’aurait rien de surprenant. Une part d’elle refuse d’y croire pourtant. Malgré tout ce qu’il en dit, la brune ne s’ôte pas l’idée qu’il l’a, un jour, recueillie alors qu’elle n’avait rien à leur apporter. Affamée, assoiffée et désorientée, l’exilée ne payait pas de mine. Affaiblie, elle n’a jamais pu lui donner l’illusion de pouvoir, un jour, devenir une recrue utile pour son clan. Il n’aurait jamais pu se douter que la communauté gagnerait un médecin. Encore moins qu’il compterait un garçon malade, victime de la pire des affections, celle qui ne se voit pas et qui ne se prévoit pas. Les rides se creusent sur le front un bref instant. La tasse se fait plus durement compresser par la main. Peut-être que les temps ont vraiment changé et que cet homme ne partage plus que les traits de son ami d’autrefois. Après tout, elle-même n’aurait jamais pensé omettre aussi stupidement de verrouiller sa porte d’entrée. Il faut croire que tout peut arriver. Un regard en biais pour jauger la paroi, elle a du mal à accepter cet oubli tout bonnement honteux et en vient à remettre en cause les dires de son interlocuteur. Il a forcément forcé la serrure. Pourquoi mentir ? Elle ne sait pas où la manipulation et le jeu s’arrêtent pour lui et où la vérité débute. Les minutes de silence qui suivent, ne l’aident pas plus à faire la part des choses.

Alors à bout de patience, elle se penche pour déposer son récipient sur la table basse et ramène ses jambes contre elle très calmement. « Je ne te dois rien, Gabe. Il faudrait penser à te calmer à ce propos. Je n’ai rien à voir avec la mort de ton pote, je l’ai pas butté, pigé ? Je n’ai jamais été la sœur siamoise d’Elazar à ce que je sache, pas plus que tu n’es greffé à l’autre illuminé qui te sert de frangin. » La sécheresse du timbre entre en conflit avec sa posture nonchalante. Difficile de maintenir un semblant de légèreté dans une atmosphère saturée de tension. La trentenaire réajuste très posément sa position en glissant son pied sous son autre cuisse, laissant l’autre guibole pendre tranquillement dans le vide. L’animal sous la peau ne demande qu’à agir, plus impulsif, bien plus sanguin que l’humaine. « Qu’est-ce que tu cherches exactement à remonter ? Tu as besoin de petits détails croustillants pour te sentir mieux ? Tu t’emmerdes à ce point pour me réclamer ça ? Tu n’es pas mieux qu’une commère qui vient chercher les ragots. Je ne suis pas ton magazine people, il faudra t’en remettre. » Un haussement d’épaules et elle l’étudie à nouveau. « Pour quelqu’un qui vient de me dire assez clairement regretter de m’avoir permis de survivre, tu m’excuseras de croire que t’es pas là pour les biscuites rassis et l’infusion de grand-mère. A part foutre le bordel et me prendre la tête, tu ne fais pas grand-chose d’ailleurs. » Le contenant retrouve sa place entre ses paumes. Elle en boit de très longues gorgées, savoure mentalement sa prochaine réplique avant de la balancer.

Le pouce tapote la porcelaine de façon frénétique. Les frissons grignotent quelque peu la chair bien trop dénudée pour cette nuit fraiche. Se lever, gagner la chambre pour enfiler quelque chose de plus épais, lui parait être une bien piètre idée. L’intrus a suffisamment pu explorer son logis sans son accord. Tourner le dos à l’ennemi n'a rien de vraiment exaltant. Elle a déjà pris ce risque une fois et refuse de jouer avec sa chance une seconde fois. Les statistiques ne sont pas en sa faveur. Donc, tant pis, elle va mourir de froid. Buttée mais pragmatique, elle se redresse pour fermer la fenêtre et couper court à la brise glacée. Alors que la vitre claque, la voix repart. « Donnant-donnant, tu te rappelles ? Peut-être que les temps n’ont pas changé tant que ça. J’assure toujours mes arrières. Ici ou à l’extérieur, le danger n’est jamais très loin. Tu devrais arrêter de sous-estimer les habitants de cette ville, ils ont survécu à leur façon et ont d’autres armes, d’autres talents qui pourraient mettre en péril les tiens. Ne faites pas l’erreur de vous penser intouchables. Puis l’union fait la force, il parait. » Ses pas la mènent jusqu’à l’entrée. Simple vérification. Pas de fracture, il a dû dire vrai donc. Que faire de cette information ?

Elle se mord les lèvres avant de revenir s’asseoir. « Je ne compte pas te faire chanter, sauf si tu m’y obliges. » Le regard luit, le défie seulement d’entrer dans un conflit qu’elle ne réclame pas malgré ce que son ton pourrait suggérer. Elle soupire, lasse et révèle ses cartes laconiquement. « Je veux juste qu’on me foute la paix. Que tu me promettes que tes amis ne chercheront pas à m’égorger à la nuit tombée. Je peux avoir ta parole pour ça ? » Il n’y a pas si longtemps encore, elle lui faisait confiance. Peut-être à tort mais il était l’un des seuls personnages à ne pas s’attirer son antipathie. Et ça avait toujours été naturel de communiquer avec lui. Il n’appartenait à ces gens qui esquivent leurs problèmes et entretiennent leur déni. Elle appréciait ça chez lui. Il était plus stable que la plupart des survivants, un fait non-négligeable pour l’anxieuse compulsive. Mais à cet instant, il lui parait être affreusement imprévisible et représente donc une menace trop grande pour qu’elle se fie totalement à son instinct. Après tout, elle n’a pas subtilisé cette arme pour rien. Au fond, cela fait un moment qu’elle le craint.

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MessageSujet: Re: One world, it's a battleground   Sam 27 Jan - 15:27

Aloy & Gabriel
One world, it's a battleground


Intouchables. Faudrait-il être fous, pour seulement oser se penser digne d’un tel qualificatif ? Gabriel lui ne l’est pas, fou, ou alors il n’aurait pas traîné sa carcasse aussi longtemps à travers le monde alors cette prétention, c’est sûr il est bien loin de l’avoir, pas stupide de croire qu’on ne cherchera pas à les buter à la première opportunité. Son regard la suit avec attention tandis qu’elle se lève, examine la porte d’entrée, et un léger rictus indescriptible transparaît brièvement sur ses lèvres quand il comprend l’idée derrière la manœuvre. Mais, malheureusement pour Aloy, il semble bien que Gabriel ait dit vrai en ce que son irruption dans l’espace privé de la jeune femme n’a résulté que d’un manque de prudence de cette dernière. La remarque moqueuse, toutefois, reste bloquée dans sa gorge, en ce qu’il y a à l’heure actuelle bien plus important en jeu alors, l’armurier reste sagement enfermé dans son silence en attendant qu’elle continue.
Et à aucun instant ses yeux ne dévient d’elle, mesure de prudence inévitable puisque la tension présente dans la pièce et entre les deux anciens compagnons de route pourrait bien laisser la place à une désescalade soudaine de la situation. L’armurier n’oublie pas, après tout, que sa présence ici n’est ni désirée ni désirable, il n’oublie pas ce que le temps peut faire sur les relents d’une vieille amitié entachée de problèmes, il n’oublie pas comme les années et sa nouvelle vie ont pu changer son interlocutrice. Il n’oublie pas, enfin, qu’il peut avoir l’impression de la connaître encore, et se tromper lourdement. Par extension, Aloy est à son avis un élément complètement imprévisible et même s’il ne la craint pas spécifiquement, omettre de la soumettre à sa surveillance vigilante même l’espace de quelques secondes pourrait bien être considéré comme une grossière erreur.

Enfin, la sentence tombe et il se permet un petit rire vite étouffé. Sauf si tu m’y oblige. « Je n’ai pas réellement de raison pour faire ça, non ? » Ou peut-être que si, s’il continue à persévérer  et fouiller dans une histoire qui ne le regarde pas et à laquelle il apparaît porter bien trop d’importance aux yeux de son hôtesse. La tasse se hausse de nouveau jusqu’à ses lèvres tandis qu’il l’écoute, avale quelques gorgées avant d'abandonner finalement la porcelaine sur la table pour croiser les bras contre sa poitrine. Sa parole, il n’est pas homme à la balancer aux quatre vents, pas plus qu’il n’est du genre à mentir ou du moins pas à ceux qu’il apprécie (a apprécié, jadis). « Le fait est, il enchaîne d’abord en ignorant sciemment la question, que j’ai récupéré mon arme donc, comment comptes-tu t’y prendre ? Loin de moi l’idée de te pousser à le faire mais, j’ai pas vraiment l’intention de te rendre bien gentiment mon flingue juste pour que tu puisses récupérer ta preuve et un moyen de pression. » Oh certes, il est bien conscient que le petit pistolet n’est pas la seule trace de sa présence mais certainement la plus compromettante, la seule sûrement capable de relier directement le cadavre à sa propre personne. Ça et les propos d’Aloy, mais, il ne croit pas que cela soit suffisant et puis ça voudrait dire qu’il lui faudrait alors s’impliquer, avouer son geste et, par la même occasion, se compromettre. « Alors tu ferais mieux de ne pas t’engager sur cette pente avec moi. T'as des belles paroles, mais ne crois pas que je vais me laisser faire aussi facilement que ça. » Prêt à relever le défi, oui, et pourtant aussi dénué qu’elle de cette envie d’un conflit pour couper les derniers ponts qui s’obstinent encore à tenir entre eux envers et contre tout. Entre dette et chantage, il y a un fossé que Gabriel n’a jamais eu l’intention de franchir ou, du moins, pas ce soir. Pas avec elle ; au nom de ce qu’il reste du respect qu’il éprouve encore à son égard.

« Je ne te ferai aucune promesse, Aloy. » Les mots sont aussi durs que sa franchise est brute mais puisqu’il faut tirer ces quelques affaires au clair, Gabriel n’a aucunement l’intention de passer par quatre chemins. Et pourquoi se voiler la face ? Il ne va pas s’ériger en protecteur entre elle et les autres membres de la communauté, il n’en a déjà pas l’envie, certainement pas le pouvoir. « Je peux t'assurer que tu n’as rien à craindre de moi, et que je n’irais pas crier ta présence ici dans n’importe quelle oreille disposée à l’entendre, mais je ne peux pas te garantir l’immunité que tu me demande. » Personne n’est intouchable. Ses propres mots, elle ne peut décemment pas se croire au dessus de tout ça. « Et si j’ai su te retrouver, crois bien que je ne serais pas le seul sur qui tu vas finir par tomber. » Leur rencontre, après tout, n’a été due qu’à un hasard purement fortuit et peu importe tout le temps qu’il a pu passer, avant cela, à essayer de lui remettre la main dessus. « Ta ville est grande, mais c’est une prison. A moins de raser les murs, il va bien falloir que tu t’attends à ce que ce genre de scénario se reproduise à un moment ou à un autre. » Mais espérer, peut-être, ne pas avoir à subitement se retrouver face à face avec quelqu’un de la trempe de Gabriel, sa rancune, son désir de vengeance désormais mutilé.   

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MessageSujet: Re: One world, it's a battleground   Jeu 8 Fév - 22:57

Cette discussion ne lui permet pas d’atteindre la finalité escomptée. La rancœur se dispute la place avec un semblant d’humanité. Les deux notions s’enchevêtrent allégrement cependant et la laisse perplexe, collée à ses coussins comme une âme en peine. Elle se trouve relativement ridicule de supplier cet homme de la préserver de ses erreurs passées. Dire qu’elle risque sa peau pour une personne qu’elle a fini par éliminer. Une solution radicale qui force quelques tremblements dans ses membres. La tasse au creux de ses mimines témoigne de la portée de ses frémissements. La porcelaine claque entre ses doigts. Emportée par son propre ouragan, la changeuse ignore réellement ce qui aurait mieux valu à l’époque. Rester et obliger Elazar à partir. Rester et livrer Elazar. Ou rester et le tuer elle-même sur place. Jamais elle n’aurait réussi à en venir à cette solution. Bien loin de se douter qu’elle la prendrait un jour d'ailleurs. Agissant à l’instinct, répondant au besoin viscéral de le protéger du monde, se refusant à voir qu’il fallait protéger le monde de lui plutôt. Même en ayant vu le crâne explosé de sa victime, elle considérait son frère comme victime de sa maladie. Et d’une certaine façon, ça a toujours été le cas. Il a fallu se démener pour survivre, prendre conscience de la valeur de sa propre vie pour admettre le danger qu’il représentait. Mais comment pourrait-elle l’expliquer à son invité improvisé ? Le jugement auquel elle se soumet déjà seule, serait d’autant plus terrible s’il émanait de son interlocuteur. Donner des perspectives à sa culpabilité continue de l'effrayer alors elle rejette ardemment cette idée. Dès lors, il ne lui reste plus qu’à se concentrer sur l’objectif qu’elle compte atteindre ce soir. Même si ça lui prend toute la nuit et même une partie de la matinée.

Le timbre de son acolyte lui délivre ainsi une partie de ce qu’elle veut entendre. Mais ce qu’il émane de réconfort se noie dans la réalité qu’il lui présente. Il a raison. Mais elle n’est pas du genre à vouloir avoir tort. Alors elle reprend, un peu plus vindicative. Pestant comme une gamine à qui on retire la permission de sortir. « T’en as vraiment rien à foutre qu’ils me retrouvent, je vois. » La sécheresse du ton ne témoigne pas de l’entièreté de son ressenti. Les paroles plus ou moins bienveillantes qui ont pu se glisser dans cette tirade ne l’ont pas laissée de marbre. Mais plutôt crever que de le reconnaitre. « Arrête de me faire croire que tu ne peux rien y faire. Je te rappelle que c’est ton taré de frangin qui gère tout ce bordel. T’as l’autorité qu’il faut pour leur dire de se tenir tranquille. » Le regard devient perçant, cherche à sonder la pensée profonde du criminel. Le thé s’échappe de son contenant tant elle s’agite. Le liquide coule contre son poignet dans une indifférence féroce. L’heure n’est pas au présent. Il lui faut envisager la suite, réussir à la construire en usant de quelques artifices au besoin. « Je bosse pour la milice, Gabriel. Te connecter au meurtre ne devrait pas être si compliqué. J’étudie les morts, les calibres des flingues. Et qui tu crois qu’ils écouteront, le type qui vient de l’extérieur, un parfait inconnu et qui a la tronche parfaite du violeur en série ou la légiste avec qui ils travaillent depuis plusieurs années et qui a toujours fait correctement son boulot ? » Aloy sait que la diplomatie pourrait lui obtenir plus de bienfaits que les insultes balancées mais quand la rage se mêle à la peur sous-jacente, plus rien ne trouve de sens dans sa caboche. Les mots s’échappent sans son consentement, emportés par l’émotion. Tout comme les flots du breuvage qu’elle n’a toujours pas fini.

En respirant plus fort que nécessaire, expulsant l’air pour chasser l’irritation, la métamorphe repose le récipient afin d'essuyer très hargneusement le sillon que la boisson brûlante a répandu sur sa chair dénudée. Quand elle en a fini avec cette tâche, elle remonte les yeux jusqu’à croiser ceux de son vis-à-vis. La sincérité atténue la froideur de sa voix l’espace d’un instant. « Je n’ai rien contre toi. Je ne veux pas te pourrir l’existence. Je ne veux pas de promesses non plus, juste un minimum d’assurance. » Cela lui semble plus raisonnable. Accessible. Les sourcils se froncent jusqu’à durcir un peu plus l’expression crispée. Elle se relève à nouveau, la nerveuse et tire de son sac dans l’entrée, son portefeuille. Elle y jette un regard à l’intérieur comme pour s’assurer qu’il ne l’a pas déjà pillée avant de le balancer sur la table basse avec dédain. « S’il faut l’acheter, cette assurance, t’as qu’à me donner ton prix. Si c’est ça qui coince pour toi. Qu’est-ce que tu veux hein ? Du fric ? » Le nez pointe vers l’argent disposé au fond de ce qu’elle vient de balancer. Les bras croisés, elle ne se rassied même pas. L’insoumise refuse d'abandonner et tant pis pour le peu de dignité qu’il lui reste. Elle n’en démord pas, plus têtue qu’une mule. « Un point de chute ? Une taupe peut-être, des informations juteuses ? Ou peut-être une voleuse de preuves pour tes prochains meurtres ? » Elle ne plaisante même pas. Comment estimer le coût de sa tranquillité ? Elle ne veut pas raser les murs de la ville comme il lui a si bien expliqué. S’inquiéter d’une ombre qui s’agrandit subitement, d’un corps qui reprend vie à la morgue. Tout est possible avec ces gens. La limite, c’est l’imagination. Pour l’anxieuse qui ne s’assume pas, c’est un enfer qu’elle va entretenir éveillée. Vaillante quand l’action se présente mais si lâche quand la surprise guette. Elle préfère savoir qu’attendre, bouger plutôt que stagner. Proie visible pour les autres, ça, jamais.

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MessageSujet: Re: One world, it's a battleground   Jeu 22 Fév - 1:18

Aloy & Gabriel
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Peut-être qu’il aurait, effectivement, préféré n’en avoir rien à foutre. Une réaction on ne peut plus logique dans la mesure où leurs contacts se sont brisés il y a des années de ça alors même que l’amitié qui les liait battait déjà sérieusement de l’aile à cette époque. Il lui en avait voulu de partir comme ça, voulu pour son frère, voulu pour le meurtre d’Harvey dont il la jugeait indirectement responsable, puis le temps était passé, il avait eu d’autres chats à fouetter, d’autres tracas à penser. Aloy était sortie de ses pensées de la même manière qu’elle était sortie de sa vie alors pourquoi, au juste, aurait-il dû à présent éprouver autre chose que de l’indifférence ? Se soucier d’elle, ou du fait que d’autres membres de la communauté soient moins laxistes à l’égard de la fugueuse ? Et pourtant…
Une drôle d’expression passe fugitivement sur le visage de l’armurier alors qu’elle évoque une nouvelle fois son frère. Forcé d’admettre que, s’il était effectivement encore des leurs, Gabriel aurait pu lui en toucher deux mots – s’il l’avait souhaité ; Jesus l’aurait sûrement écouté. Sauf que l’autorité suggérée par sa compagne est morte en même temps que la personne de laquelle il la tenait. Aritza évincée du rôle de leader, le fratricide n’a désormais plus rien à voir avec celle qui règne désormais sur la communauté, et son poids parmi celle-ci dès lors, ne dépend plus que de son ancienneté en son sein et du respect que les autres veulent bien lui accorder.

Silencieux, Gabriel observe la tasse de thé instable entre les mains d’Aloy, songeant peut-être à la lui retirer des mains avant le drame. S’il va finalement lui lâcher le morceau ? Peut-être. Mais elle ne lui laisse guère le temps d’aligner réflexion sur le sujet et prise de parole qu’elle reprend déjà en lui coupant l’herbe sous le pied. Tronche parfaite du violeur en série, merci bien. Il n’a même pas envie de s’en offusquer, preuve étant le rictus amusé qui étire très brièvement un coin de sa bouche tandis qu’elle continue. « Et qu’est-ce que tu vas faire alors, Aloy ? Tu comptes m’empêcher de partir ? Tu pourras bien dire ce que tu veux, une fois que je serais hors les murs il n’y aura rien que tu puisses dire pour m’accuser sinon donner mon nom. » Il laisse filer un léger ricanement, refuse toujours avec autant d’opiniâtreté de céder devant elle. A quoi lui serviront toutes ses belles études s’il se débarrasse du flingue ? Pas d’arme du crime, pas de culpabilité sinon dans les aveux à son sujet qu’Aloy ira bien balancer à ses petits copains de la milice. Pour sûr, la menace serait sans aucun doute bien plus effective s’il vivait intramuros mais elle a beau dire, il ne se sent pas vraiment inquiété à l’heure actuelle. Peut-être qu’il a tort, peut-être qu’il la sous-estime dans son pouvoir à le mettre réellement en danger ici ; cette possibilité n’est pas à exclure, bien sûr, elle n’a juste pas assez de poids à ses yeux pour l’amener à remettre en question sa propre assurance de se tirer de là sans encombre.

« Bien. Tu vois, on dirait bien qu’on veut tous les deux la même chose au final. » Exit les menaces, alors ? Peut-être bien qu’ils pourraient finir par réussir à se trouver un terrain d’entente malgré tout. Le portefeuille atterrit brusquement sur la table et il relève la tête vers elle, la question au bord des lèvres, l’air incrédule devant son geste. Pas positivement surpris, non, plutôt interdit face à son culot. La colère explose dans son regard alors qu’elle se propose à l’acheter mais c’est un orage silencieux qui se borne à la fusiller tandis qu’elle persévère dans ses différentes suggestions. Il ne sait même pas bien s’il est blessé qu’elle le pense susceptible de se plier à ce genre de marché, ou juste offusqué, ou si son agacement subit tire son énergie d’une autre raison. « Tu sais, il se contente pourtant simplement de lui répondre d’une voix terriblement calme une fois qu’elle daigne enfin se taire, t’imagines même pas l’envie que j’ai de te faire ravaler ce que tu viens de dire. » Manière édulcorée de dire que ses poings le démange, là maintenant tout de suite. En soit, elle n’a pourtant pas complètement tort de le penser comme ça en ce qu’il pourrait très certainement se laisser acheter de la sorte par quelqu’un sans importante, non, tout son problème réside surtout dans le ton qu’elle a employé, le fait qu’elle le pense comme ça envers elle. Pour autant, il n’a pas envie de s’insurger, clamer qu’il n’est pas si pourri que ça – à quoi bon ? Le fait est, il l’est, simplement il lui reste encore un minimum d’honneur, d’amour propre. « Mais, tu vois, tu pourras bien me proposer jusqu’à ta dernière richesse que ça ne changera rien à ce que je t’ai dit. » Il aurait pu, pourtant, lui mentir, se servir de l’opinion biaisée qu’elle entretient visiblement à son égard pour lui extorquer une monnaie d’échange sans garantie derrière. Il aurait pu être ce salaud là, car si le fric lui importe peu il y avait d’autres choses autrement plus intéressantes. « Vois ça comme un problème indépendant de ma volonté : tu me prête un pouvoir vis-à-vis de ta protection que je ne possède plus. » Fini de tourner autour du pot, alors ? « Jesus est mort. » Jeté au dessus de la table basse avec presque trop de nonchalance en même temps qu’il se penchait, les yeux levés vers elle, pour faire glisser d’un geste un peu brusque le portefeuille dans la direction de sa propriétaire. « Et j’ai pas l’intention d’avoir des emmerdes avec Maria Velasquez. Ni m’exposer pour tes beaux yeux. Tu crois qu’elle va réagir comment, si ça lui remonte aux oreilles que je cherche à protéger une fuyarde ? Tu sais très bien ce qu’on leur fait, à ceux-là. » Et Gabriel n’est pas dupe, il sait que si son savoir-faire est précieux, sa propre personne n’est pas non plus irremplaçable. Alors il ne se dressera pas pour elle contre les autres, pas comme elle semble le désirer en tout cas ; pas besoin de se faire davantage d’ennemis. « J’ai une dette envers toi, c’est vrai, mais j’irais jamais me mouiller autant. Alors tu ferais mieux de te contenter de ce que je t’ai dit, et éventuellement à songer comment protéger ton cul comme une grande. »

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MessageSujet: Re: One world, it's a battleground   Dim 25 Fév - 18:03

L’offense n’érode pas l’audace affichée sur ses traits. Elle s’en moque de l’avoir vexé, de l'avoir blessé dans son orgueil. Dans un monde ravagé, Aloy a appris que tout ou presque pouvait être acheté. La loyauté défaillante de son ancien coéquipier ne fait sans nul doute pas exception. Du moins, s’en-est-elle convaincu. Se raccrocher aux branches afin de grimper toujours plus haut, histoire d'être hors d’atteinte. L’optimiste aurait dû se souvenir que les hauteurs l’effrayaient. D’autant plus que la chute lui parait rude. Quand la révélation tombe, les bras se desserrent et retombent mollement le long des flancs. L’expression passe de la surprise à la dureté excessive. La déception immédiate l’oblige à soupirer lourdement en exécutant quelques pas nerveux. Les mains calées sur les hanches, la légiste évalue ses chances de se tirer de cette folie autrement que les deux pieds devant. Sa comédie et son chantage ne peuvent plus faire effet, forcément. Avec cette pièce maitresse éliminée du tableau, elle ne peut pas rêver obtenir une certaine immunité. Ridiculisée par son marchandage inutile, la métamorphe émet un léger grognement en se laissant retomber dans le fauteuil. Maria, l’intraitable. Elle est loin de s’en être faite une alliée à l’époque. Egos froissés des deux côtés, mésentente réelle entre ces deux femmes. Bref, elle est foutue. Découragée durant de longues secondes, la farouche fixe le vide en espérant subitement y dénicher un semblant de réponse à sa problématique actuelle. Bien entendu, la pénombre ne pourrait lui concéder un début de solution. Ses doigts tapotent machinalement l’accoudoir, l’autre main repliée sur la bouche. La réflexion ne la mène pas bien loin. Et elle a encore à gérer ici. Gabriel ne déserte toujours pas son siège, ne fait nullement mine de s’en aller.

Après une longue pause, bien trop longue pour ne pas divulguer son trouble, la brune relève le menton. « Tu pouvais pas commencer par là, évidemment ? » Qu’elle lui dit d’un air dédaigneux et agacé. Envolés ses espoirs de tranquillité à cause de cette seule et unique révélation. Trop fatiguée pour se débattre plus longuement avec son obstination, reconnue battue par la réalité, elle enchaîne avec un peu moins de sécheresse dans l'intonnation. « Qu’est-ce qui s’est passé ? Mutinerie ? Ou bouffé par un zombie ? » Pas que ça puisse changer quelque chose au contexte mais elle aime avoir toutes les pièces en main quand elle le peut. Avoir l’ensemble de la fresque sous les yeux lui permet parfois d’y voir plus clair pour la suite. La changeuse doute, cependant, réussir l'exploit de transpercer l’horizon cette nuit. Ou même demain matin. « C’est bon, j’ai pigé. Je vais me débrouiller. » Une réplique marmonnée et appuyée par un regard assassin. Irritée au point de se replier un peu plus sur elle-même, de ressasser la discussion et l’impact de cette dernière, elle se contente seulement de ne plus remuer comme pour oublier que le temps continue de s’écouler avec indifférence.

Le mutisme brisé d’un soupir et les jambes ramenées sur les coussins, la fugitive avise ses options. Les prunelles accostent celles de son interlocuteur ultimement. A défaut de pouvoir réellement régler leurs comptes, elle peut au moins apaiser la tension qu’elle a volontairement entretenue avec lui. Tant pis s’il ne devient pas son allié, autant qu’il ne soit pas son ennemi. Un de moins, ça serait déjà ça de pris pour la pragmatique. « Je ne pensais pas que ça t’atteindrait à ce point que je te juge être opportuniste. C’est le monde de malades dans lequel on vit, qui veut ça. On a pas survécu pour rien. Personne n’a les mains blanches, ni la conscience tranquille. Ca avait rien de personnel. Tout le monde veut sa part pour survivre. Tout le monde. » La pupille fauche l’obscurité une nouvelle fois. Nébuleuses pensées qui la tiennent bien éloignée du reste. La trentenaire sait ce qu’elle peut encore tenter. Suffisamment accablée pour autoriser la vérité à lui échapper. De toute manière, ce serait en vain qu’elle l’aurait achevé si elle venait à mourir finalement par sa faute à lui. D'une ironie sans précédent. Une justification qui lui permettra peut-être d’encaisser ce qu’elle forme de son propre timbre. La scène se redessine au-dedans tandis que le résultat se délie tout seul au-dehors. « Je l’ai tué moi-même, Elazar. T’auras qu’à le dire assez fort pour qu’elle l’entende et on sera quitte. Peu importe sa décision à elle ensuite. Tu peux broder et dire que je t’ai échappé si ça peut te permettre de ne pas te mouiller. Ou que t'as entendu ça au hasard, je sais pas. » Voix blanche dématérialisée. « J’ai réparé le tort par le sang. Et je n’ai pas parlé de la communauté à qui que ce soit en arrivant ici. » Continue-t-elle de se justifier en chuchotant cette fois-ci comme pour ne pas trop déranger le fantôme de son frère. Pour ne pas remuer inutilement le couteau dans la plaie.

Un peu trop livide pour paraitre tout à fait neutre. Le visage se baisse. « Enfin c’est comme ça, c’est comme ça. » Une conclusion comme une autre qui se perd dans la distance creusée par leur hostilité commune. Définitivement harassée par la situation, l’hôte finit par terminer d’une traite son breuvage avant de demander le plus naturellement du monde « Tu comptes attendre l’aube pour y retourner au campement ? » Question détournée, suggestion implicite qu'il reste jusqu'au lever du jour sans qu'elle ne s'y oppose. Ses excuses en quelque sorte. La panique atténuée, la civilité reprend le dessus. L’animal s’est replié au fond des entrailles et laisse à l’humaine, le choix de se montrer un peu plus aimable. Sans doute trop tard, sans doute même risible. Totalement lunatique, tout à fait habituée aux extrêmes. Comme toujours. Instable à sa façon, l’israélienne. Mais pour être sincère, elle préfère encore crever que de le réaliser. Assurée par sa vision des choses, simplement un caractère d’acier. Forgé par ses années de galère, par sa condition d’aveugle et puis, par l’homme qui lui a rendu la vue. Légitime donc, d’être à ce point détestable quand elle perd le contrôle de ses émotions. Tout à fait légitime.

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MessageSujet: Re: One world, it's a battleground   Mar 6 Mar - 17:07

Aloy & Gabriel
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Il goûte un certain amusement à la voir encaisser la nouvelle et déchiffrer les quelques émotions qui se disputent la place sur son visage. Bien sûr qu’il aurait pu commencer par là. Et puis pourquoi pas lui avouer sa culpabilité dans la foulée aussi, tant qu’à y être ? « Faut croire que t’étais pas la seule à ne pas apprécier ses méthodes », il se contente simplement de lui répondre sans s’épancher en détails. Pas sûr, à vrai dire, d’être capable de lui mentir ouvertement et en face à face sur ce sujet sans risquer de se compromettre – et, non, il n’incriminera pas Aritza pour ce meurtre comme s’est déjà chargée de le faire l’ensemble de la Communauté. « Mais vu comme t’en parlais, de mon frère, j’aurai pensé que la nouvelle t’apporterai un peu plus que de la simple déception. » Difficile de passer à côté de la moquerie en ce qu’il a très bien compris pourquoi cette mort-là ne l’arrange pas malgré ce qu’elle a toujours pensé de leur ancien leader commun. D’ailleurs, Aloy balaie la remarque d’une œillade assassine suscitant chez lui un début de rire qu’il se fait bien vite fort d’étouffer dans sa tasse de thé.

Gabriel hausse les épaules tandis que la métamorphe justifie sa proposition de tout à l’heure, tout à fait enclin à lui accorder ce point tandis qu’il veut bien daigner lui reconnaître la justesse de son raisonnement. Pour autant, il avait tout autant le droit de s’en vexer qu’elle d’essayer le coup, persiste-t-il à estimer mais il se contente de garder le silence face à elle, de laisser passer le message dans le jeu de leurs regards qui n’ont de cesse de s’affronter. Elle a tenté, et perdu, et l’histoire ne dira jamais si les choses se seraient déroulées autrement dans l’hypothèse où Jesus foulerait encore le monde des vivants. Ce sujet sensible poussé en dehors de la table, peut-être l’armurier n’aurait-il pas pris la mouche aussi facilement.
La surprise revient se creuser une petite place alors qu’Aloy lâche sa bombe. La fameuse croûte qu’il avait gratté en lui posant toujours plus de questions relative à la mort de son frangin, ne cessant que lorsqu’elle avait commencé à se montrer plus menaçante qu’hospitalière, et voilà qu’elle lui balance tout d’un soudain la vérité alors qu’il semble s’être résigné à abandonner le sujet quelques longues minutes plus tôt. Pas assez stupide pour s’imaginer qu’elle daigne enfin se fendre de cette révélation juste pour une lubie passagère, Gabriel comprend avant même qu’elle ne formule le reste, la raison l’ayant finalement poussée à s’ouvrir à lui sur ce sujet. « De toute façon, ça ne change plus grand-chose à présent », rétorque-t-il face à l’affirmation de son interlocutrice concernant le campement désormais installé aux abords de la Nouvelle Orléans. Cela aurait pu avoir une influence quelconque avant, certes, mais maintenant que le pacte est devenu publique… elle peut bien clamer ce qu’elle veut, pour ce que ça ne sera qu’à ses risques et périls désormais, incluant le risque accru de se faire démasquer deux fois plus vite par les autres qui, comme lui, arpentent les rues de la ville sans pour autant y appartenir. Et puis il n’oublie pas qu’elle ignore tout de leur localisation actuelle – une des informations les plus importantes qu’on pourrait craindre de lui voir cracher –, ayant fui leurs rangs depuis bien trop longtemps pour en être au courant à présent.

C’est comme ça. Il l’observe terminer sa tasse en silence, étudiant encore en son for intérieur les nouvelles informations sur lesquelles il aura pu mettre la main cette nuit. « C’est une invitation ? » Il la dévisage avec un coin de sourire ourlant ses lèvres, à la fois moqueur et amusé par ce revirement soudain de situation. « Je ne suis pas encore devenu assez fou pour entreprendre un trajet en pleine nuit, seul de surcroît. » Leur monde est déjà bien assez dangereux comme ça pour ne pas non plus s’amuser à tutoyer le danger de la sorte. Et si la moto lui confère une rapidité sans égal avec le trajet à pieds, elle n’a en revanche pas la moindre discrétion. Autant s’accrocher une cible dans le dos et prendre un pari sur ses chances de survie une fois loin des murs de la ville. « Mais je sais où crécher, dans le coin, j’en suis pas à ma première fois ici. Même si ton hospitalité est remarquable, il continue tout en insistant avec une pointe de cynisme – il lui a tout de même forcé la main en s’invitant dans son salon –, je garde à l’esprit la possibilité que tu me balances aux autorités. Difficile de fermer l’œil avec cette idée dans le coin de la tête, tu penses pas ? » Tout le monde veut sa part pour survivre. Il ne peut pas affirmer, aujourd’hui, lui faire confiance pour ne pas le dénoncer juste parce qu’elle semble avoir un autre plan en ligne de mire ; il lui faudra plus que ça pour qu’il finisse par s’en convaincre.

« Je peux toujours prétendre que j’ai ramassé des infos concernant ton frangin plutôt que toi, il reprend assez abruptement. Que c’est lui qui t’a forcé la main pour partir ou une autre connerie dans le genre. Et que t’as fini par le buter, ouais. » Trop tard, certes, mais Gabriel peut bien avoir détesté Elazar autant qu’il lui était possible, il peut au moins comprendre la difficulté de sa sœur à se résoudre à cette extrémité, à comprendre l’inévitable. Oh, il est très bien placé pour ça, même, malgré les différences de circonstances entre les deux fratricides dont ils sont chacun l’auteur. « Pour être honnête, je pensais pas que t’aurais les tripes de faire ça. Qu’est-ce qui t’a poussé à voir la réalité en face, alors ? L’impossibilité de fuir à sa prochaine récidive ? Ou t’as fini par comprendre que ton frangin était complètement foutu ? »

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MessageSujet: Re: One world, it's a battleground   Mar 27 Mar - 1:46

La maigre tentative d’apaisement ne parvient pas à étouffer la rancœur dans la voix. Mais peut-elle le blâmer pour cela ? Gabriel reste lucide et suffisamment, intelligent pour assurer dignement ses arrières. Ce même esprit combattif l’a amenée à l’apprécier par le passé. Il serait donc hypocrite de l’exécrer désormais. La brune ne sait plus vraiment à quoi s’en tenir quand la main adverse se tend de manière inattendue. La proposition trouve ainsi une réponse relativement favorable. Plus que ce qu’elle espérait en la suggérant bêtement. Une certaine indulgence de la part de l’invité toujours horriblement froissé. Les limites de leur amitié resurgissent autant que leurs vestiges. Brouillée la ligne restreignant les deux concepts quand ça les concerne. La confiance branlante qu’ils manifestent l’un pour l’autre devra suffire cependant afin de maintenir ce statut quo bienvenue. La légiste sait qu’elle n’en obtiendra rien de plus. Elle est la mieux placée pour savoir qu’on n’oublie jamais les erreurs commises par les autres, les blessures infligées. Et ça, les ratés, elle les a sciemment empilés. Un constat désespérant qui l’oblige à détourner le train de ses pensées avant de s’immerger totalement dans cet océan agité. Le mental bouillonne silencieusement et les yeux parcourent la mine un peu trop railleuse de l’intrus. Pendant une minute, Aloy croit qu’il va accepter de rester là et elle ignore elle-même si l’idée la rassure ou la terrorise. Difficile, réellement, de comprendre les nuances de cette relation. Elle s’y refuse et s’en tient donc à la réponse sans réagir dans un premier temps, submergée par les émotions diverses que toute cette discussion ont engendré. Et continue d'ailleurs de susciter.

A croire que ça n’a pas suffi qu’elle se livre de la sorte, il éprouve le besoin malsain de gratter un peu plus la plaie. Le regard redevient sévère, l’accuse, cherche à l’acculer. « On fait ce qu’on a à faire pour survivre, c’est tout. On avait plus les moyens de trouver les bons médicaments pour le soigner. » Parce qu’après tout, c’était ce qu’il était, malade, nécessitant des soins, un traitement. Un être dénué de mauvaises intentions, tout juste dominé par des démons que son organisme a lui-même créé. «C’était lui ou moi, j'ai dû faire un choix. Et c’était pas une vie de toute façon pour lui. » Qu’elle se justifie inutilement. Elle ne s’écoute pas, sait très bien qu’elle ne le vit pas bien. Peu importe les excuses qu’elle a eu le temps d’élaborer depuis, un meurtre reste un meurtre. Homicide volontaire pour lequel elle n’a même pas payé. Bien qu’on puisse déduire que ses nuits d’insomnie en sont le fruit. Profondément irritée par cet interrogatoire indiscret, surtout quand lui-même a esquivé ses propres questions, l’éplorée retrouve son timbre glacé. « Si t’as rien d’autre à me dire et que t’as pas envie de passer la nuit ici, je te retiens pas plus alors écoute. » De toute évidence, ils n’arriveront pas à enterrer la hache de guerre ce soir. Peut-être même jamais. Au moins, ça ne se termine pas avec son sang sur le parquet. Le regard retombe sur les lattes de bois brutes en conséquence.

Peut-être que ça serait plus facile de se lever pour lui montrer la porte mais la boule au fond du ventre lui rappelle que ça n’a rien de juste. Quand bien même il se soit pointé chez elle à une heure indécente sans y avoir été invité, elle s’est montrée particulièrement odieuse avec lui alors qu'il n'a généralement agi qu'en ami. Ou du moins, n'a rien fait de purement hostile à son égard. « Je vais rien leur dire, ok ? J’ai toujours une dette envers toi, Gabe. Peut-être bientôt deux alors… J’essayais juste d’équilibrer les forces. Mets-toi à ma place, t’as déboulé chez moi en pleine nuit avec des intentions franchement douteuses… » Une explication comme une façon de s’excuser. Après tout, s’il fait quelques efforts, elle peut emprunter la même route. Donc, elle fait un geste à son tour. « Je brouillerai davantage les pistes pour le cadavre en procédant à l’autopsie plus poussée à la morgue demain matin. Evite tout de même, à l’avenir, ce genre d’erreurs. Tu m’as habitué à plus de rigueur, de surcroit. Y en a qui sont massacrés pour moins que ça par ici. » Une vérité qu’elle tente de graver dans la caboche de l’étranger en déposant ses prunelles dans les siennes.

Comme pour faire preuve d'un peu plus de professionnalisme en évoquant son métier, elle lisse machinalement le vieux t-shirt qui lui sert de pyjama et prend une attitude un peu moins avachie. De longues secondes s’égarent ainsi avant qu’elle n’étire ses guiboles. « J’espère que là où tu veux aller crécher, ils sont habitués à tes apparitions soudaines. Il va t’arriver un sale truc, un jour, si tu t’amuses à faire dans la théâtralité comme ça. » Les mots volent pour combler les nouveaux blancs. Mais rien ne parvient à évincer le silence totalement. Et ce dernier contient un millier de cris, d’appréhensions et de regrets. Un frisson parcourt l'israélienne, la main se perd contre le bras machinalement pour réchauffer la carcasse. Elle doute bien que ça suffise à dégivrer le cœur et l'âme.

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MessageSujet: Re: One world, it's a battleground   Dim 22 Avr - 21:31

Aloy & Gabriel
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Sous son insistance, Gabriel perçoit clairement l’énervement qui revient s’inviter dans le verbe de son hôtesse, se décide finalement à ne pas l’aguicher plus et se tient donc à carreaux tandis qu’elle achève de clôturer le sujet sur Elazar. Après tout, il a eu ce qu’il voulait, non ? Et il n’est pas non plus complètement insensible à ce qu’il croit percevoir chez elle, tout de même au fait du poids du geste, Aloy va devoir vivre avec sa conscience après ça, comme lui, ce qui le place aux premières loges pour pouvoir affirmer avec une certitude farouche que ce n’est pas chose aisée.
S’il perçoit la forte incitation à ce qu’il prenne ses cliques et ses claques pour se tirer d’ici sans plus tarder, l’armurier ne bouge pas encore, se contentant de l’observer en silence alors qu’il se demande si ces retrouvailles aux couleurs plus que mitigées méritent de se terminer de la sorte. Une éternité plus tôt, ils étaient amis, plus maintenant cela va de soi mais est-ce que cela signifie réellement qu’il faut qu’ils se séparent sur une note aussi froide ? Pour autant, il n’a rien à rajouter de plus, et il n’a certainement pas l’intention de lui présenter quelque excuse plate et vide de sens quant à son insistance sur un sujet difficile, en ce qu’elle ne mérite pas vraiment son hypocrisie – et en quoi au juste cela serait-il susceptible d’améliorer quoi que ce soit ? Aloy, toutefois, finit par se charger d’elle-même de casser ce silence devant l’immobilité que son invité ne se décide toujours pas à briser pour s’en aller prendre la porte. « Mets-toi à ma place, je t’ai vue sciemment saboter une scène de crime à mon avantage » qu’il lui glisse en retour, reprenant sa tournure et avec une légère pointe d’amusement moqueur affleurant dans la voix. Il s’efforce encore de se convaincre qu’il peut la croire, mais il est probable que seul le temps et l’absence de tout soupçon dirigé sur lui apporteront quelque poids à la confiance qu’il aimerait bien pouvoir lui prêter en souvenir du “bon vieux temps”. Un bref haussement d’épaules agite sa carcasse face à la réprimande alors qu’il n’essaye même pas de plaider sa cause, il sait qu’elle a raison, qu’il a commis une fichue belle erreur ce soir. Cela arrive à tout le monde, c’est un fait, néanmoins si ce n’était pas elle qui s’était trouvé sur les lieux, et si elle n’avait pas décidé de récupérer l’arme au risque de se faire pincer et de risquer une sentence bien plus immédiate que la menace pesant sur ses épaules, pour l’instant encore invisible, de la communauté. Une sacrée coïncidence dont il peut s’estimer chanceux.
« Merci », il lâche encore. Un simple mot, mais sincère. Si la légiste s’en tient à ce qu’elle dit, alors elle le tirera sans doute d’un sacré mauvais pas, quoique Gabriel tente encore de se persuader que rien sur le cadavre ne pourrait désormais dénoncer sa culpabilité, sinon les affirmations de son interlocutrice actuelle. En vérité il suffirait d’un rien pour le compromettre, quelque chose dont il pourrait bien ne pas avoir conscience à l’heure actuelle. Et il préfère, de fait, se dire que quelqu’un sera là pour assurer ses arrières si cela doit se produire.

Un léger rire fuse, tandis qu’il s’agite un peu pour se caler plus confortablement dans le fauteuil. « J’ai frappé, il la contre sans grand esprit de persuasion. Tu ne peux pas me reprocher de ne pas avoir au moins essayé de faire ça bien. » Quoiqu’elle a toutes les raisons de le faire, de la même manière qu’il avait eu, lui, toutes celles de ne pas continuer à attendre éternellement sur le seuil d’une porte close comme un clampin. « Là où je vais, ils connaissent le principe d’un verrou au moins. Tu devrais essayer, paraît que c’est pratique. T’as quand même eu de la chance que ce ne soit que moi, j’espère que t’en es consciente. » Elle aurait sûrement préféré que ce ne soit personne, toutefois. Et bien qu’il ne cherche pas à remettre en cause ses capacités à se défendre il sait, ils savent tous les deux de fait, que quelqu’un autrement plus mal intentionné que lui n’aurait eu aucune peine à la prendre au dépourvu. Et puis avec la porte du bas de l’immeuble forcée, l’on aurait pu croire que cela aurait réveillé quelques instincts paranoïaques chez ses habitants. « Soit t’as vraiment confiance en toi, il insiste, glissant une pointe de sarcasme dans la réplique, soit je suis pas le seul ici à avoir manqué de rigueur ce soir. » Retour à l’envoyeur, signifie silence le regard appuyé qu’il continue de poser sur elle, petite lueur d’amusement au fond des iris sombres ; sorte de petite revanche qu’il sait assez futile mais dont il a estimé, ne serait-ce que par principe, ne pas devoir en épargner la jeune femme.

« Mais tu sais quoi, il reprend un peu abrupt, t’as sûrement raison, c’est peut-être pas une bonne idée de m’y pointer aussi tard. Peut-être que je devrais réviser ton offre. » Ce n’est pas exactement ce qu’elle a dit, mais Gabriel trouve un certain amusement à jouer sur les mots, d’autant qu’il estime les chances qu’elle ait regretté l’invitation au moment même où elle l’a formulée, relativement conséquentes. Lui, il vient d’agir sur un coup de tête, une impulsion qu’il sait plutôt déraisonnée et qui sera peut-être l’instigatrice d’une nouvelle erreur de sa part. Il était sincère, quand il lui a décrété ne pas savoir si elle ne comptait pas le balancé malgré tout, et il le pense encore maintenant. Il a cependant envie de croire à ce qu’elle lui a dit ensuite, juste trop usé pour abaisser déjà sa garde, aussi facilement et après tout ce temps. « Tu as autre chose que du thé à proposer, ou est-ce que tu t’es si bien rangée aux règles de ces enfoirés que tu préfères bien sagement rester du bon côté de la barrière ? » La moquerie est évidente, et l’est tout autant son impertinence, mais pour ce qu’il s’en fiche… Gabriel se penche légèrement en avant, pour déposer avec un petit bruit sourd le flingue sur la table basse, complètement inutile en l’état. « Et tu comptes me rendre mes munitions, ou t’as trop peur que je saisisse l’occasion pour t’en coller une entre les deux yeux ? C’est sûr que ça pourrait régler pas mal de mes problèmes immédiats, mais si j’avais voulu me débarrasser de toi on n’en serait pas là à l’heure actuelle. » Et l’un d’entre eux n’aurait repassé le seuil de l’appartement que les pieds en avant, quoique l’assurance crasse de Gabriel ne lui permette pas d’affirmer avec certitude qu’il se serait bien agi d’elle.
Néanmoins, entre là-bas et ici, une chose ne risque pas de changer : s’il doit dormir, ce ne sera que d’un œil, et peu, et la main à portée immédiate de son arme, pour ce qu’il déteste cette impression désagréable d’être piégé dans une cage à chaque fois qu’il se ramène dans la ville aux murs imprenables. Le trajet en moins dans les ruelles coupe-gorges, s’il reste ici – et Dieu sait qu’il est las des mauvaises rencontres pour cette nuit. Alors peut-être qu’il s’en mordra les doigts – ou peut-être qu’elle va le jeter dehors malgré tout –, mais au moins sera-t-il fixé à son sujet. Faut-il l’espérer, en tout cas.

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