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 My darkest cave (Riley)

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SUCKER FOR PAIN

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↳ Métier : Chroniqueur pour The Mission / Leader d'un groupe de résistants extrêmistes
↳ Opinion Politique : Violemment anti-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2 général, Niveau 3 en contrôle des ombres
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Rage against the machine - Killing in the name of
System of a down - Toxicity ♪
↳ Citation : Qui a une maison n'en a qu'une, qui n'en a pas en a cent une.
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MessageSujet: My darkest cave (Riley)   Lun 9 Oct - 18:34


« When will I stop diggin' my grave ? »



Riley & Cassidy
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L'aube débute à peine sur le sud de la Nouvelle-Orléans. Les lueurs plus pâles du ciel préviennent du lever de l'astre qui viendra bientôt se refléter sur les eaux du fleuve. Tout est si calme dans ces lieux éloignés des habitations, que l'on pourrait en oublier à quel point le monde tourne mal. Aucun nuage ne trouble la quiétude du ciel, encore parsemé d'étoiles, et seul le caquètement des oies sauvages se joint au murmures des flots, dans cette ambiance paisible. Je les aperçois voler au raz des eaux et prendre de la hauteur, se suivant en file indienne. Un spectacle simple mais magnifique. Je sais qu'il faut profiter de chaque instant de répit car ils sont bien précieux en ces temps troublés. Même le climat chaotique peut dégénérer d'un moment à l'autre, sans signe annonciateur, transformant une douce matinée d'automne en une tempête cauchemardesque en quelques minutes.

Perdue au cœur de la végétation luxuriante, ma caravane n'attire pas le regard alors que les cyprès dressent autour d'elle leur silhouettes décharnées. J'ai choisi de camper sur les berges du Mississipi faute de mieux, à l'abri de cette caravane que je n'ai pas déplacée depuis un bon moment, par manque d'essence. Ma voiture n'est plus qu'une vieille carcasse et si je peux la réparer moi-même, grâce à mes connaissances en mécanique, l'essence est une denrée trop rare. Songeusement, je rassemble les maigres provisions que j'ai pu me procurer dans un vieux sac de toile : deux pommes, des galettes de pain noir, une gourde d'eau fraîche et de la viande séchée. Ma nuit a été courte, comme souvent. Je l'ai passée au chevet d'Alejandro, l'un de mes compagnons de la résistance, blessé au cours d'une mission, plusieurs jours auparavant. S'il a choisi de se planquer quelques temps pour échapper à la milice, il n'imaginait pas que sa blessure s'infecterait à ce point. Si cette tête de mule avait jugé bon de m'en parler plus tôt, peut-être aurais-je pu le faire soigner à temps mais ce n'est qu'hier que je l'ai découvert, fiévreux et délirant. A présent, je n'ai plus qu'à espérer que Riley Nott puisse le sauver.

Quelques temps plus tard, je suis posté au point de rendez-vous, mon sac sur l'épaule, fixant le chemin avec appréhension. Je crois connaître cette mage depuis assez longtemps pour faire confiance à son engagement et sa loyauté. Tiendra-t-elle parole ? Lorsque j'ai sollicité son aide, Riley m'a promis d'être présente, dès le lever du jour, à ce carrefour où je l'attend maintenant. La petite route qui mène à la vieille mine n'est plus utilisée depuis très longtemps et se trouve désormais envahie par les plantes sauvages et les branches d'arbres, arrachées lors des tempêtes. Une mousse envahissante s'effiloche sur les troncs des cyprès chauves et des chênes qui se dressent sur ce terrain humide et boueux. Lorsque le soleil se lève, ses premières lueurs allongent les ombres des hauts arbres, aux formes tordues et sinistres.

Pour meubler mon attente, quelques bruissements ou grondements sourds se font parfois entendre, émergeant des coins sombres. Pendant un instant, je crois apercevoir des petits yeux briller dans la pénombre avant d'y disparaître. Bien des animaux affamés doivent errer dans ces lieux sauvages mais probablement ne sont-ils pas les seuls. Que m'importent les créatures infernales, je suis sans doute moi-même l'une des pires menaces du coin. Un vampire d'énergie, un monstre... Le souvenir de cette soirée bouleversante où j'ai manqué de peu de tuer Noah Meadow ne cesse de me hanter. Et même si j'essaie de ne pas y songer, mes rêves me ramènent à lui, sans que je puisse lutter.

Au bout d'un léger moment d'attente, mes derniers doutes s'envolent en apercevant une silhouette émerger sur le chemin. Ainsi, le danger n'a pas empêché Riley de me rejoindre avec assez d'audace pour affronter la mauvaise réputation de ces lieux. C'est en quelques pas que je m'avance à sa rencontre, pour la saluer d'un regard chaleureux. « Ravi de te voir, j'espère que ça n'a pas été trop compliqué de venir jusqu'ici. » Je sais qu'aucun métro ne mène au sud de la ville où la nature règne en maître et, sans moyen de locomotion, le chemin est long et parfois difficile. Pourtant, Riley est une femme assez tenace pour ne pas se soucier de la fatigue et ce sont surtout les patrouilles de la milice, toujours très actives, qui m’inquiètent. Le chemin derrière elle est désert et il ne semble pas qu'elle se soit fait suivre mais je conserve mes sens à l’affût, comptant sur leur précision pour m'avertir au cas où.

La sondant du regard, je cherche dans son expression à y deviner ses pensées. C'est la première fois que je demande à Riley de sortir de la protection de son café et de s'exposer ainsi. J'ignore si elle s'éloigne souvent d'ordinaire mais je n'en ai pas l'impression. Elle est si jeune et son aspect fragile ne manque pas de m'inspirer quelques regrets. Des regrets de la contraindre à s'aventurer au petit matin dans des lieux aussi peu sécurisés. J'hésite un moment à la rassurer, ne sachant si elle éprouve de la peur ou un effroi quelconque dans cette ambiance sinistre. Dans un premier temps, je me contente de lui désigner le chemin avant de l'encourager à avancer d'un signe léger de la tête. « Merci d'être venue si vite.  J'ai bien peur que cette mine insalubre n'ait empiré sa blessure... la fièvre l'a fait délirer toute la nuit. Je l'ai laissé dormir ce matin, j'en ai profité pour rassembler quelques provisions.» D'un geste, je désigne mon sac, bien léger. Riley aura peut-être besoin de reprendre des forces, elle aussi, si elle doit s'exercer à la magie. Les ressources sont si rares que je n'ai pas eu le temps de trouver plus mais il faudra s'en contenter.

Au bout de quelques instants de marche, nous nous rapprochons ainsi de l'entrée de la vieille mine, dissimulée à la vue par un imposant amas de rochers. Il est pourtant possible de s'y glisser, au prix de quelques contorsions et d'une bonne agilité mais je ne doute pas que Riley en soit capable, fine comme elle est. « Nous y voici. » Dis-je enfin, avant de lui montrer le passage et de m'avancer pour escalader en premier le mur de rochers. Un interstice étroit me permet de me faufiler à l'intérieur, quittant ainsi la chaleur moite pour rejoindre les profondeurs obscures du tunnel. Il me suffit d'une poignée de secondes pour que mes yeux s'accoutument au manque de lumière. Près de l'entrée, la faible luminosité du début du jour est à peine suffisante pour qu'un humain normal puisse y discerner les formes. De mon coté, mes pouvoirs de maudit me permettent de distinguer bien mieux les alentours... Une maigre compensation à la cruelle malédiction qui m'étreint.

Fouillant du regard l'entrée de la mine, j'aperçois le tas de couvertures où reposait mon ami. Pourtant, à ma grande surprise, il ne s'y trouve pas. Alejandro n'aurait pas jugé bon de s'aventurer trop loin dans les couloirs inconnus de cette mine pour s'y cacher, rester à l'entrée lui paraissait suffisant. C'est du moins ce qu'il m'avait confié. A-t-il changé d'avis ? C'est sans élever la voix que je le hèle, prononçant son prénom qui résonne sans réponse dans le tunnel humide. Des échos lugubres qui se perdent dans les ténèbres. Je me retourne pour attendre que Riley me rejoigne à l'intérieur, lui renvoyant un regard perplexe. « C'est ici que je l'ai laissé... il savait que je reviendrais avec toi. Où a-t-il pu aller ? » Une question que je me pose tout haut à moi-même. Si Alejandro est sorti de la mine sans nous attendre, sans doute que je devrais en être soulagé, puisque ça signifierait qu'il va mieux. Pourtant, je n'arrive pas à me sentir rassuré.

En silence, je scrute à nouveau le tunnel sombre, jusqu'à apercevoir un objet, abandonné sur le sol un peu plus loin. Fronçant les sourcils, je m'en approche jusqu'à me pencher pour le ramasser. Il s'agit de la lampe à huile que j'ai apporté à Alejandro la veille... Celle-ci est éteinte. Ramassant mon briquet dans ma poche, je m'empresse de l'allumer et la lueur jaunâtre éclaire alors mon visage consterné. Des traces de sang couvrent le sol et s'éloignent, vers les profondeurs du tunnel, comme un chemin macabre.




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MessageSujet: Re: My darkest cave (Riley)   Sam 14 Oct - 17:46


« my darkest cave »

Mrs Nott & Mr Valdès
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N'y va pas. C'est ce que lui a répété inlassablement une petite voix en son for intérieur, depuis que Riley a reçu le message de Cassidy. Cela faisait des mois que la jeune femme n'avait pas quitté la ville, ni même les quelques rues adjacentes à son bar. S'éloigner de celui-ci lui était dur moralement. Elle n'arrivait pas à se sentir à l'aise dans un autre endroit que les murs où elle avait vécu pendant des années heureuse avec son mari. Si d'autres auraient fui le lieu pour ne pas avoir à revivre chaque jour le souvenir du défunt, Riley au contraire avait besoin de sentir cette présence, même invisible, inexistante, pour ne pas perdre pieds. Le bar était plus que son commerce, c'était sa maison, son refuge. Le lieu où elle puisait son énergie et les forces pour continuer à avancer. Dès que le travail lui devenait trop dur ou qu'elle se mettait à douter, elle n'avait qu'à jeter un coup d'œil au portrait de son mari, accroché au dessus du comptoir, pour se remettre à l'effort. En une œillade, elle se rappelait pourquoi elle enchaînait les nuits blanches et les raisons de son insurrection face au Gouvernement. Riley se battait pour acquérir un monde plus juste, plus libre. Un monde où les enfants se promenant dans les rues seraient plus nombreux que les militaires. Un monde où l'on favoriserait davantage les discussions que les exécutions. Un monde où la seule prohibition serait celle de la violence et des armes. Le monde comme il l'était avant l'Apocalypse ou presque.

Riley ne retrouverait probablement jamais cette utopie dans laquelle tous vivaient naguère. Ce n'était pourtant pas une raison pour elle de ne plus se bercer d'illusions. Le jour où elle cesserait de résister serait le jour où elle trépasserait, comme son mari. Alors, ce fût l'évidence du combat et la solidarité qui poussèrent Riley hors de la ville, pour aller porter secours à l'un des siens. Elle se l'était promis. Plus personne ne mourait autour d'elle, encore moins un camarade, encore mois lorsque le chef de la Résistance lui demandait. Sa loyauté envers Cassidy restait intact, même depuis la mort de Martin et même en sachant qu'il avait confié la mission suicide dans laquelle l'homme qu'elle aimait avait péri. Elle ne lui en voulait pas, pas à lui en tout cas. Ainsi, la jeune femme avait pris milles précautions pour préparer son excursion en dehors de la ville. Elle avait confié le Old Absinthe House à Elliott, dissimulant avec son aide les caisses d'alcool qu'ils avaient reçues dans la semaine. Chaque jour, ils les changeaient de place. Là, ils les avaient cachées sous les dalles de pierre, pavant l'arrière-court du bar. La jeune femme espérait être revenue avant la tombée de la nuit pour assurer l'affluence du soir. Si la milice pointait son nez, elle ne voulait pas qu'Elliott soit seul.

Pour se rendre jusqu'à la mine, elle avait fait appel à Orfeo, le pompier-mafieux qu'elle essayait d'enrôler dans la Résistance et qui lui devait un service. Elle avait donc profité de la place libre dans son camion pour ne pas à avoir à faire toute la route à pieds, aux yeux de tous. Riley n'était pas rassurée de s'aventurer aussi loin, mais n'en avait pas fait part au jeune homme, malgré les questions qu'il lui avait posé quant à sa tenue ou le fait de s'arrêter au milieu de nulle part pour qu'elle se rend à la mine, sans qu'il sache véritablement sa direction. La jeune femme avait revêtu des vêtements d'hommes (ou plutôt d'adolescents), sachant qu'ainsi elle était moins reconnaissable. Un sac à dos sur les épaules, elle se dirigea d'un pas nonchalant vers la vieille mine aux allures lugubres. De temps à autres, elle jetait un coup d’œil par dessus son épaule pour s'assurer de ne pas avoir été suivie, ni même d'être surveillée. Finalement, elle rencontra la silhouette familière de Cassidy, l'attendant au point de rendez-vous convenu. Il l'accueilli avec chaleur. « Cela faisait un moment que je n'avais pas quitté la ville... » lui dit-elle en regardant l'horizon derrière, d'où elle venait. Combien de temps cela faisait-il ? Un an, cinq mois et dix-huit jours. Le temps qui s'était écoulé depuis la mort de Martin et bien plus encore. Riley ne s'était jamais aventurée bien loin de toutes manières. L'Apocalypse avait tout chamboulé.

Elle suivit sans crainte, l'homme qu'elle connaissait maintenant depuis plusieurs années déjà. Sans surprise, ils avaient fait connaissance par l'intermédiaire de son mari. Très vite, on l'avait remarqué pour ses talents de guérisseuses. C'était elle que l'on appelait lorsqu'un blessé était à déplorer au retour d'une mission ou après un interrogatoire musclé avec la milice. Cassidy savait qu'il pouvait toujours compter sur elle. « J'ai apporté de quoi désinfecter et refaire un nouveau bandage au cas où je ne pourrais pas refermer la plaie complètement. S'il a eu de la fièvre, cela veut au moins dire que son corps est en train de se défendre » le rassura-t-elle, en désignant elle aussi son sac. Elle avait également apporté des onguents préparés la veille, à base de clou de girofle et d'aloès des Barbades. Des plantes connues pour leurs vertus antiseptiques et cicatrisantes. Ces derniers temps, les pouvoirs de Riley n'avaient plus la même intensité qu'auparavant. Alors, selon la gravité des blessures, il lui arrivait de devoir faire appel à la médecine douce ou dure, si cela était nécessaire. « Est-ce qu'il a mangé ? Bu ? » s'enquit la jeune femme, de l'état de santé de son futur patient à traiter. Elle espérait que oui, ou la chaleur environnante ajoutée à la fièvre pourraient l'avoir trop affaibli pour que Riley n'arrive à guérir son infection. La brune se fit surprendre plus qu'elle ne l'aurait voulu par la noirceur des lieux, tandis qu'elle suivait Cassidy dans les tréfonds de la mine, non sans quelques difficultés. « Comment tu as fait pour le traîner jusqu'ici ? » lui demanda-t-elle, en se faufilant entre des rochers. L'endroit était étouffant et poisseux. La qualité de l'air médiocre, prenait à la gorge. Une bonne cachette, mais pas la meilleure salle de soin. Son chef s'immobilisa tout à coup, lorsqu'ils débouchèrent sur un endroit encavé. Riley mit quelques secondes avant de reconnaître une couverture étendue sur le sol dans la pénombre. Le regard que lui lança Cassidy fût sans équivoque. Le dénommé Alejandro semble s'être volatilisé, ou peut-être que la fièvre l'avait réveillé. « Cass. Tu m'as bien dit qu'il était blessé à la jambe, n'est-ce pas ? » demanda-t-elle, de façon rhétorique. Avec une blessure pareille, il n'avait pas dû aller très loin. Peut-être avait-il cherché à respirer un peu d'air à l'extérieur ? Étrangement, cette idée disparut totalement de son champ des possibles, lorsque la lampe que venait de rallumer Cassidy éclaira des traces de sang sur le sol. Celles-ci se dirigeaient vers l'intérieur de la mine, non vers l'extérieur. « Ce sont des traînées...pas des gouttes » constata Riley, la voix chevrotante. S'il avait pu marché, Alejandro aurait semé des gouttes derrière lui. Là, son sang semblait peindre le sol, comme si on l'avait traîné ou qu'il avait dû se traîner. « Personne d'autre n'est au courant de cette cachette ? » demanda alors la jeune femme, de but en blanc. Est-ce que quelqu'un avait vu Cassidy sortir de la mine pour attendre Riley ? Était-ce Riley qui avait été suivi ? Les deux camarades n'eurent pas le temps de trop s'engager dans les accusations, qu'un cri émana du cœur de la mine. Un cri humain. Déchirant.


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MessageSujet: Re: My darkest cave (Riley)   Lun 23 Oct - 17:59


« When will I stop diggin' my grave ? »



Riley & Cassidy
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Ainsi habillée, Riley aurait facilement pu passer pour un jeune gamin en maraude, totalement inoffensif et insignifiant. Un petit voleur de pommes égaré. Je ne l'ai moi-même pas reconnue immédiatement en la voyant arriver sur le chemin, son sac sur l'épaule, comme un gosse parti faire l'école buissonnière. Elle a beau être plutôt casanière depuis quelques temps, cela ne l'a pas empêché de s'adapter à la situation. Sa dégaine ne manque pas de me faire sourire. J'imagine bien que cette sortie, trop rare pour elle, ne lui est pas des plus agréable mais je suis satisfait de constater encore une fois la valeur de sa débrouillardise. Je n'avais pas à m'inquiéter sur la manière dont elle arriverait jusqu'ici dans les temps et sans rencontrer de problèmes. C'est une bonne chose. Je valide d'un hochement de tête le matériel de soin qu'elle a pris soin d'emporter. Personnellement, mes connaissances dans le domaine médical sont bien maigres, je suis plus compétent à tuer qu'à soigner les gens. Le groupuscule que je dirige rassemble des gars extrêmement dangereux, des résistants prêts à tout pour renverser le système. Alejandro est de cette trempe, il n'attend pas qu'on le materne, mais ce n'est pas pour autant que je vais le laisser crever dans son trou.

Tout en l'accompagnant sur le sentier qui mène à la mine, je répond aux questions de Riley, lui expliquant ainsi que notre blessé n'a ingéré que de l'eau depuis ces deux derniers jours. « Je viens seulement d'aller lui chercher de la nourriture, ça devrait le requinquer. » Dis-je d'un ton optimiste tout en désignant mon sac, à mon tour. Une fois sur place, l'étroitesse du passage ne manque pas de susciter les interrogations de la guérisseuse. Moi-même, je vois mal comment il aurait pu sortir de cette mine dans son état, il aurait été bien fortiche d'escalader les rochers avec sa patte folle. « Oh je n'ai pas eu à le hisser, le bougre pouvait encore se débrouiller il y a trois jours, c'est un coriace. Il ne m'avait même pas parlé de sa blessure. La balle qui a transpercé sa cuisse s'est dégradée, par la suite il n'arrivait plus du tout à se mettre debout... » Comme quoi, jouer les durs à cuire n'est pas toujours un très bon plan. Comment aurait-il pu sortir tout seul ? C'est la question que nous nous posons tout deux, jusqu'à ce que j'allume cette lampe et que les traces de sang nous soient visibles, dans la pénombre.

Des traînées. Le tremblement dans la voix de Riley ne fait que rendre plus lugubre cette inquiétante constatation. Si mon homme a décidé de ramper sur le sol pour s'abriter, c'était peut-être parce qu'un bruit au dehors l'avait alerté. Je tente de me mettre à la place d'Alejandro, harassé par la fièvre et incapable de se mouvoir tout seul. Si j'avais craint de me faire pincer par une patrouille de la milice – qu'il s'agisse d'un accès de délire ou de la réalité - le mieux à faire aurait été de me traîner un peu plus profondément dans l'obscurité de cette mine. Pour l'instant, rien ne dit qu'il s'est fait agresser, il n'est peut-être pas loin. J'offre alors à Riley la lampe à huile que j'ai ramassée, elle en a plus besoin que moi pour y voir clair dans ce tunnel. De mon coté, mes sens développés de voleur d'énergie devraient me suffire. J'essaie d'ailleurs de me concentrer pour détecter la présence d'ennemis dans les environs, espérant réussir à analyser cette multitude de bruits étouffés que je perçois. Il ne s'agirait pas qu'on aille se jeter dans la gueule du loup, comme des bleus.

« Je ne pense pas, non... » Dis-je pour répondre à Riley. « Alejandro n'a parlé de cette cachette à personne, du moins pas à ma connaissance. Et de mon coté, si j'avais été suivi, je l'aurais senti et je suis formel de ce coté là. Est-ce que toi, tu... » C'est alors qu'un hurlement interrompt notre conversation et je me raidis, tournant la tête vers les profondeurs de la grotte. C'est une voix humaine qui vient d'émettre un cri à glacer le sang. Un cri de douleur de la part de notre blessé ?

Cette fois, nous n'avons pas de temps à perdre. En silence, je sors une arme, glissée sous ma veste, avant de m'avancer sans plus attendre dans le conduit obscur. Déterminé à porter secours à Alejandro, je n'en perd pas ma prudence et je sonde les alentours, me concentrant au maximum pour tenter de percevoir les bruits qui m'entourent. L'odeur du sang m'est perceptible et c'est à cela que je me fie pour suivre cette trace qui m'entraîne plus loin de l'entrée. Le tunnel continue sur quelques mètres, jusqu'à s'ouvrir sur une pièce, basse de plafond, qui mène à d'autres couloirs. Ce que j'entend m'est difficile à analyser. Je perçois des râles, comme si quelqu'un était en train d'étouffer. Mais ici, le moindre son est amplifié par les échos et j'ai la sensation diffuse que des yeux nous observent dans la pénombre. Tandis que nous avançons vers cette pièce, des pellicules de terre et de poussière tombent sur nos épaules en une pluie fine. Des secousses légères font parfois trembler les murs.

Enfin, j'aperçois quelque chose dans la pénombre. Quelque chose gît sur le sol, au centre de la pièce et à mesure que je m'en rapproche, un mauvais pressentiment me gagne. Il s'agit d'une botte couverte de sang, que je reconnais comme était celle d'Alejandro. Le sang recouvre également le sol, des éclaboussures rougeâtres tâchent les murs. Et lorsque je m'arrête à sa hauteur, je m'aperçois avec horreur que la botte n'est pas vide. Le pied de son propriétaire est encore à l'intérieur.

En quelques secondes, diverses émotions me parcourent mais c'est la colère qui les surpassent de loin. J'ignore qui a pu commettre cet acte de sadisme mais il le paiera cher. « Nous ne sommes pas seuls dans cette mine, tu ferais mieux de partir. » Dis-je à Riley en retournant vers elle un regard chargé d'une fureur contenue. Inutile de lui détailler ce que je vois mais si elle se rapproche à son tour, elle en saura autant que moi. Le spectacle macabre qui nous est offert est suffisant pour faire comprendre la violence extrême de l'agresseur inconnu. Le corps d'Alejandro est absent mais ça ne signifie pas qu'il soit mort et tant qu'il existe une chance de le sauver, je ne l'abandonnerai pas. Il m'est impossible de laisser tomber un gars de ma bande, jamais je ne pourrais faire ça. Mais je ne peux pas obliger Riley à se mettre en danger, c'est une guérisseuse, pas une kamikaze. « Je vais aller le chercher. Attend nous à l'entrée, il aura besoin de tes soins. » Elle seule saura combien de temps il est nécessaire de m'attendre avant de laisser tomber et filer. Je n'ai pas envie de lui donner un délais qui lui laisserait entendre que je pourrais ne pas revenir... Je vais revenir. Mais alors que je vais me détourner d'elle pour me dépêcher au secours du résistant, de nouveaux râles se font entendre pendant que les murs tremblent encore une fois.

Ce ne sont pas des râles. Ce sont des grognements. Et ils s'élèvent en intensité jusqu'à prendre une tonalité bestiale, très grave et sinistre. Les nouvelles secousses font tomber des gravats du plafond, les murs tremblent comme si un coup de grisou venait d'exploser dans les profondeurs de la terre, à plusieurs centaines de mètres plus bas. Des explosions qui font trembler l'entièreté de la mine. « En arrière, vite ! » Il nous faut nous mettre à l'abri, sans quoi nous risquons d'être ensevelis vivants ! Mais nous n'avons pas le temps de reculer. Cette secousse plus forte provoque un éboulement dans le couloir qui mène à l'entrée, derrière nous. Les lourdes pierres roulent et s'entassent de manière inextricable dans un grand vacarme poussiéreux. Les éboulements ont dispersé la poussière dans le boyau, au point que l'atmosphère viciée en devient presque irrespirable.

Tout en toussant et pestant, je m'approche de Riley pour poser ma main contre son épaule. « Est-ce que ça va ? » Nous pourrions nous mettre à deux pour repousser les pierres et libérer le passage mais je n'ai pas envie de perdre de temps, je veux partir à la recherche d'Alejandro immédiatement.  Riley va devoir faire un choix rapide. « Je n'ai pas le temps de t'aider à sortir pour l'instant. Tu peux m'attendre là ou... » affronter le mystère de cette mine avec moi.





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MessageSujet: Re: My darkest cave (Riley)   Mer 1 Nov - 15:20


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L'atmosphère particulièrement insalubre des lieux inquiétait la jeune femme sur l'état de santé d'Alejandro. Elle craignait des complications concernant l'infection dont lui avait parlé Cassidy. Ces dernières années, Riley avait acquises de nombreuses connaissances dans le domaine médical, glanées ça et là, auprès de Livia notamment. Elle savait qu'une blessure par balle était bien plus compliquée à soigner que ce que certains films hollywoodiens laissaient croire. Une balle était un véritable nid à microbes, couvertes de poudre, de sueur et de textiles lorsqu'elle traversait des vêtements. De plus, elle se disloquait facilement lors d'un impact, ce qui compliquait son extraction, surtout pour les vieux calibres. « Il faudra enlever tous les éclats, sinon je ne pourrais pas refermer les plaies » lui dit Riley, en bonne infirmière. La sorcière ne voulait pas prendre le risque de refermer les plaies d'Alejandro si un corps étranger restait à l'intérieur de sa chair. Elle pourrait alors lui faire plus de mal que de bien.

Le cri déchirant le silence de la mine coupa Riley et Cassidy dans leurs suspicions mutuelles. La jeune femme entendit son ami sortir son arme, dissimulée sous ses vêtements. Elle pensa pendant quelques secondes au taser qu'elle gardait dans la poche de son sweat-shirt et glissa la main à l'intérieur pour l'empoigner. Les armes à feu la révulsaient. Bien qu'un neuf millimètres et un fusil de chasse dormaient dans son coffre-fort au bar et sous son lit, elle n'aimait pas les utiliser. Ces armes avaient appartenu à Martin, ce qui ne l'avait pas empêché de se faire tuer par un calibre militaire d'une toute autre envergure. Dans la pénombre, la brune suivi Cassidy à tâtons, la lampe à l'huile dans une main, le taser dans l'autre. La terre se mit à trembler tout autour d'eux, les saupoudrant d'une neige noire. Soudain, elle sentit son ami se raidir à ses côtés. Elle suivit son regard vers un objet traînant au sol. « Qu'est-ce que... ? » murmura-t-elle en éclairant la trouvaille avec la lampe à huile. La lumière de cette dernière se refléta sur le cuir d'une botte garnie d'un membre arraché. Riley fût prise d'un haut le cœur et détourna les yeux. Les derniers espoirs qu'elle avait de sauver Alejandro venaient de s'envoler avec cette image macabre. Elle ne savait pas à quel point son supérieur pouvait être proche de cette recrue, mais elle le savait qu'il y avait chez lui un profond sens des responsabilités, voir du sacrifice qu'elle admirait. « Et toi alors ? » lui dit-elle sur un ton qui voulait dire "Et toi abruti ?!". Non, il n'irait certainement seul dans l'antre de cette mine, tandis qu'elle attendrait sagement dehors. Ni sa vie, ni la sienne, ni celle d'Alejandro n'avaient plus de valeur qu'une autre. Il était venu la chercher pour lui demander de l'aide. Il ne la laisserait pas de côté.

A peine termina-t-elle sa phrase, que le sol se remit à trembler. La mine gronda, trembla, ronfla. Bientôt, le plafond commença à s'effriter au-dessus d'eux. Riley sentit la pression de Cassidy contre sa poitrine pour l'obliger à reculer. Tous les deux tombèrent à terre, tandis que le ciel s’abattait sur leur tête. La sorcière se protégea instinctivement le crâne de ses bras. Pendant un instant, elle se vit finir son terme ici, écrasée par les gravas qui heurtaient son corps. Heureusement pour elle, son ami venait de lui sauver la vie. Les tremblements cessèrent autour d'elle, la faisant se redresser. La toux résonnante de Cassidy lui fit également comprendre qu'ils étaient encore en vie. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, Riley ne vit qu'une très faible lumière au loin, bientôt obstruée par la silhouette de son ami. Cassidy s'enquit de son état en posant sa main sur son épaule. Elle secoua la tête pour acquiescer. Elle n'avait rien de cassé, grâce à lui. L'air autour d'eux était devenu encore plus irrespirable. Instinctivement, la jeune femme remonta la fermeture éclair de son sweat-shirt pour couvrir sa bouche et son nez. Lorsqu'elle se releva enfin, elle s'aperçut que l'entrée du tunnel était bouchée. La brune tâtonna autour d'elle à la recherche de la lampe torche que lui avait confié ce dernier. Elle savait bien qu'il n'avait pas besoin de lumière pour voir dans le noir, mais pour elle c'était différent. « Cass. Arrête avec ta chevalerie. Tu ne vas certainement pas aller t'enfoncer là-dedans tout seul. Et si par bonheur, ce Alejandro est...encore en vie, tu auras besoin de moi » lui dit-elle, d'un ton catégorique. Ses doigts se refermèrent sur la lampe, miraculeusement intacte, quoique quelque peu amochée. Elle la tendit à Cassidy dans le noir pour qu'il la rallume. Il devrait faire le reste du chemin avec elle. « Je ne pourrais pas ressouder sa jambe, mais je pourrais au moins l'aider à ne pas souffrir » ajouta-t-elle prestement en évitant son regard. En réalité, Riley disait cela pour le rassurer. Avec un jambe sectionnée, les chances de survie d'Alejandro étaient proches du néant. Les traînées carmin recouvrant le sol prouvaient déjà que le pauvre était en train de se vider de son sang. S'il n'était pas déjà mort, il devait être au bord de l'inconscience, blanc comme un linge, anémique. A l'évidence, elle ne pourrait pas le sauver. Riley était capable de réparer des os fracturés ou cassés, mais un membre entier à rattacher à son propriétaire allait au-delà de ses compétences autant médicales qu'occultes.

Bien décidée à pas laisser à son ami le temps d'argumenter, elle reprit la lampe en main et prit la tête en direction du cœur de la mine. La luminosité et l'air ambiant devenaient de plus en plus rares à force qu'ils s'enfonçaient. Petit à petit le passage se resserra, rendant l'exploration plus difficile. Cassidy reprit la tête de la file, l'arme à la main. A chaque son, les deux compagnons se retournaient ou se figeaient les sens en alerte. Le cœur de Riley battait intensément dans sa poitrine, même si le plus dur à supportait devenait la chaleur. A une embouchure, le passage s'élargit de nouveau et la sorcière sentit même comme un certain courant d'air sur son visage. Elle découvrit sa bouche et son nez pour respirer, mais une odeur immonde lui donna la nausée. C'était comme ouvrir un réfrigérateur en panne après des semaines. C'était une effluve putride, écœurante. Lorsque le regard de Riley croisa le sol, elle comprit pourquoi. Il était recouvert d'os et de charpies. Un étrange sentiment la rattrapa. « On doit sortir d'ici... » articula-t-elle avec lenteur. Soudain, un nouveau râle résonna dans le silence de la mine. Non pas un cri de plainte, mais un grognement sordide. Une chose lui était certaine, ce son n'était pas humain. Dès lors, elle souffla sur la lampe à huile pour l'éteindre. Elle ferma les yeux. L'odeur devînt plus forte. La brise plus intense contre son visage. Cassidy avait raison, ils n'étaient pas seuls dans cette mine. « CASS !!! » hurla soudain Riley, alors que quelque chose venait de l'attraper par sa capuche. La jeune femme fût violemment tirée vers l'arrière, par une force qu'elle ne vit. Ses pieds quittèrent le sol et son corps vînt heurter l'une des parois le long de laquelle elle glissa, inconsciente.


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MessageSujet: Re: My darkest cave (Riley)   Lun 6 Nov - 23:00


« When will I stop diggin' my grave ? »



Riley & Cassidy
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Quelque part, dans les profondeurs de la mine, une brèche s'est ouverte, comme une fissure dans le néant. Un monstre à la peau noirâtre transporte sa victime entre ses bras munis de mains griffues : un blessé brûlant de fièvre et amputé d'un pied. C'est vers ce portail que se dirige la créature, emportant sa proie avec elle dans cette dimension infernale d'où elle vient. Il y a longtemps déjà qu'elle le guettait et l'homme n'a pu se défendre contre sa férocité, blessé comme il l'était. L'appétit vorace de ce monstre n'a d'égal que sa cruauté. Il veut détruire, semer le chaos, encore, toujours davantage. Soudain, quelque chose le fait s'interrompre dans sa progression et il relâche le corps du blessé qui tombe sur le sol de la mine, comme un paquet froissé. La tête difforme se tourne en arrière et un grondement sinistre s'échappe de sa gueule. Le monstre a ressenti la présence de deux autres humains. Des humains chauds et délicieux. Des humains dont il ne fera qu'une bouchée. Il en veut plus, toujours plus, alors il délaisse sa victime, un appétit sinistre brillant dans ses yeux. Et la créature rampe dans les tunnels obscurs à la recherche de nouvelles proies...

***

L'obscurité est presque totale mais j'aperçois tout de même le mouvement de tête de Riley qui affirme qu'elle va bien. Je me racle la gorge, endolorie par cet air vicié, en regardant tout autour de moi. Les murs ne tremblent plus et j'espère que nous ne risquons pas de nouvel éboulement dans l'immédiat. Il ne me reste plus qu'à réajuster mon sac sur mon épaule et fouiller le sol à la recherche de mon arme que je ne tarde pas à trouver et empocher. Dans les ténèbres, mes yeux aperçoivent le geste de Riley qui me tend la lampe et je m'occupe de la rallumer, mon visage s'éclairant alors d'une lueur jaunâtre. A ses paroles, c'est un sourire surpris qui étire mes lèvres avant que mon front ne se plisse, dans un mélange de perplexité et d'impertinence. Ma chevalerie hein... Encore un peu et elle m'accusera d'être macho. « A croire que les femmes modernes n'apprécient plus la galanterie. » Dis-je d'un ton léger avant de hocher doucement la tête, retrouvant une expression plus sérieuse. L'absence totale d'hésitation dans la réponse de Riley n'a pas manqué de me toucher. Les personnes prêtes à aider les autres au mépris de leur propre sécurité sont extrêmement rares. Encore plus aujourd'hui où l'égocentrisme semble régner en maître sur notre monde corrompu. Martin était comme elle. Il n'a pas hésité une seconde a accepter cette mission dangereuse, cette mission au cours de laquelle il a perdu la vie...

« Je ne crains rien, tu n'as aucune obligation de m'accompagner, Riley. »

Sa droiture l'honore, mais elle doit mesurer les risques qu'elle s'apprête à prendre et je ne veux pas la perdre. Pourtant, bien que je répugne à forcer cette jeune femme à plonger dans le danger, je sais qu'elle a raison et que j'aurai besoin de ses compétences de guérisseuse. La manière dont elle esquive mon regard ne m'échappe pas et je me pince les lèvres avec amertume. Les chances de survie d'Alejandro sont très minces et nous en sommes tous les deux conscients. J'apprécie d'autant plus le désir de Riley de lui venir en aide et pourtant, n'est-ce pas insensé de miser la vie de cette femme dans l'espoir de sauver un moribond ? « Riley, attend, je... » Mais elle ne m'écoute pas, me prenant la lampe des mains avant de faire volte face, plongeant hardiment vers le couleur obscur sans plus se retourner. Dans un demi-sourire devant son entêtement, je ne peux m'empêcher d'apprécier sa réaction courageuse. Je n'ai plus qu'à abdiquer et la suivre dans le tunnel. Nous voilà donc partis vers le cœur de la mine et ses dangers cachés...

Il n'est pas nécessaire de souffrir de claustrophobie pour se sentir étouffer dans cette ambiance oppressante. Nous progressons en silence pendant un moment, attentifs au moindre bruit, suivant la piste sanglante qui tâche le sol. Une sueur désagréable se mêle à la poussière contre mes tempes, la chaleur est de plus en plus étouffante et je suis désormais contraint de voûter légèrement mon dos, tant le plafond est bas. Il me semble détecter une odeur nauséabonde au loin et si j'en ignore l'origine, je préfère ne pas en souffler mot à ma partenaire. Pourtant, au bout de quelques minutes, le passage s'élargit, permettant à Riley de marcher à mes cotés. Le courant d'air qui nous frappe nous apporte alors de répugnantes effluves, clairement perceptibles cette fois. Si un animal quelconque a crevé ici, l'odeur ne me fera pas rebrousser chemin ! Pourtant, l'amoncellement d'os qui craquent sous nos pas ne me dit rien qui vaille en effet. Mon regard fouille les ténèbres avec appréhension, craignant d'apercevoir le corps exsangue de mon ami, gisant parmi les charognes, jusqu'à ce que la voix effrayée de Riley ne me fasse redresser les yeux vers elle.

«  Un ours... »

Je me hasarde à ces mots d'une voix basse. J'allais poursuivre, dans le but de rassurer Riley, lui expliquer que si cet ours s'est planqué dans la mine, on devrait réussir à l'effrayer. Cette découverte macabre ne doit pas nous empêcher de rester rationnels. Mais ma voix prudente est interrompue par un grondement sourd. Dans le silence de la mine, l'écho de ce râle parait d'autant plus lugubre et je me tiens sur le qui-vive, cherchant à discerner la direction d'où provient ce grognement. Si une bête sauvage assez imposante pour s'attaquer à un homme rôde dans les parages, cela ne reste qu'un animal dont l'instinct premier sera de fuir en nous voyant. Et quand bien même, est-ce que je devrais laisser mon compagnon finir dans l'estomac d'un plantigrade ? Bon dieu, certainement pas. J'ai déjà perdu un des membres de mon groupe il y a peu, mon ami Declan Grimes a disparu sans que je puisse rien y faire. Comme Martin... Cette fois, je compte tout mettre en oeuvre pour sauver Alejandro, tant qu'il reste encore une bribe d'espoir.

Je m'avance donc, m'éloignant de Riley pour inspecter les environs, les yeux plissés pour tenter de percer les ténèbres, dont la profondeur dépasse l'acuité de ma vue. La lampe est éteinte et la sorcière se fond dans l'obscurité pour s'y dissimuler. Je ne distingue plus que des formes, celles des dépouilles méconnaissables qui jonchent le sol... Avec horreur, je découvre un crâne à mes pieds, qui me fait me rendre compte que les os qui nous entourent sont des restes humains. Quel animal enragé pourrait faire ça ? C'est alors que l'appel de la jeune femme me fait me retourner vivement.

Dans un juron, j'aperçois la silhouette de Riley se faire projeter en arrière, jusqu'à s'effondrer rudement contre une paroi dans un bruit sourd. Les choses se sont passées trop vite pour que je puisse l'en empêcher. J'aperçois alors une forme gigantesque qui se tient au dessus d'elle, prête à fondre sur sa proie, une forme dont je ne distingue rien d'autre que de vagues contours dans cette oppressante obscurité mais qui parait gigantesque. S'il s'agit réellement d'un ours, c'est bien le plus énorme que j'ai jamais vu, un véritable géant qui se tient sur ses pattes arrières, comme une ombre menaçante. J'y vois pourtant assez pour la viser et lui tirer dessus sans attendre, faisant retentir plusieurs coups de feu qui détonnent dans les ténèbres.

BLAM ! BLAM ! BLAM !


La première balle ricoche contre son échine sans paraître la blesser. La deuxième provoque un rugissement de rage qui la fait se retourner vers moi. Sa tête semble massive, dépourvue de fourrure et pourvue d'yeux brillants dans les ténèbres. La troisième la fait vaciller mais ne l'empêche pas de se ruer dans ma direction. Je n'ai pas le temps de tirer davantage qu'elle m'a déjà rejoint, me repoussant en arrière pour me plaquer contre le mur dans un choc qui me fait relâcher mon arme. La gueule béante dégage une odeur pareille à la pestilence de l'Enfer. Suffoquant, je ne distingue pas grand chose mais, alors que mes mains repoussent la créature, mes paumes rencontrent alors un derme nu et visqueux. Du sang. Mes balles ont donc réussi à percer sa chair... Sous l'influence de ma nature maudite, je me nourris aussitôt de son énergie vitale, lui dérobant sa force, les mâchoires serrées, mon regard plongé dans ses yeux blafards. Affaibli, mon adversaire subit alors un violent coup de poing de ma part, en plein dans le crâne. C'est dans un gémissement éraillé que la créature recule alors, retombant à quatre pattes pour détaler dans le tunnel et disparaître dans les ténèbres.

Le souffle encore court, je me dépêche de ramasser mon arme et rejoindre la direction où j'ai vu tomber la silhouette de la sorcière. Je distingue la forme inerte de son corps, échoué parmi les ossements, et je m'agenouille à ses cotés, braquant mon arme vers l'obscurité qui nous entoure. Le silence se fait et pendant quelques secondes, je n'entend plus rien d'autre que le son de mon propre cœur qui cogne dans ma carcasse. Il semble que le monstre se soit volatilisé... Je range alors fébrilement mon flingue dans ma ceinture pour mieux glisser avec précaution mon bras sous les épaules de la blessée. « Riley... Est-ce que tu m'entends ? » Restant attentif au danger qui rôde alentour, je cherche à sentir sous souffle sous mes doigts. La présence d'une respiration me rassure, pourtant, je n'y vois pas assez clair pour détecter si elle est fortement blessée ou non. De toute façon, il faut qu'on bouge de là, et vite.

« Ce n'est pas un animal, c'est... une créature cauchemardesque qui nous traque. Ecoute-moi, il y a de l'air ici, ça signifie qu'il existe une autre sortie pas loin. On va la trouver. »

J'ignore où est passé Alejandro mais il n'y a que des cadavres autour de nous, et mon pouvoir n'est pas assez développé pour me permettre de sentir autre chose que les odeurs de la mort qui prennent toute la place. Le monstre qui hante ces lieux n'est pas un animal naturel... Je ne pensais plus revoir de pareilles créatures sur terre, celles que j'ai croisées se trouvaient dans cet enfer sombre où j'avais échoué après ma mort, il y a longtemps déjà. Comment est-ce possible ? Je ne comprend pas. Redressant Riley contre mon bras, je la soutiens dans le creux de mon coude pendant que je détache mon sac, toujours arrimé à mon épaule. S'y trouve toujours la gourde d'eau fraîche que j'ai pris soin d'emporter. « Ouvre les yeux, Riley, reviens à toi... » Je l'ouvre d'une main pour en asperger légèrement les lèvres de la guérisseuse, dans l'espoir que ça puisse la réanimer. J'en profite pour boire une gorgée rapide, moi aussi, et apaiser la sécheresse de ma gorge. Pourtant, de vagues gémissements dans le lointain me poussent à me recentrer, il n'y a pas de temps à perdre. Je me prépare alors à la transporter, la hissant entre mes bras pour me redresser avec elle et soulever ses cuisses de mon autre bras. Mais alors, j'entend nettement des aboiements qui proviennent des profondeurs de la mine et l'espoir fait briller mes prunelles d'une flamme nouvelle.

« ALEJANDRO ! » Ma voix tonne dans les ténèbres et la poussière. Un appel ultime avant de me résoudre à emporter Riley loin de ce boyau infesté de dangers. J'ignore si elle peut m'entendre ou si elle est encore sonnée, pourtant je ne cesse de lui parler, lui offrant l'étreinte solide de mes bras. « Riley, réveille toi, je crois que... Ce sacré bouledogue. Alejandro est en vie. » Mais si je dois faire un choix, c'est la précieuse vie de celle que je transporte entre mes bras qui sera privilégiée et alors, j'abandonnerai mon ami à son sort. Car je sais qu'en désirant sauver les deux, je risquerais bien de tous les perdre en fin de compte... « Je vais te sortir d'ici, je te le promets. »

***

Quelque part, au fond de la mine. Abandonné à lui-même, le blessé se retrouve seul, un sang écarlate s'échappant de son moignon. Alors, le métamorphe rassemble ses forces pour se transformer, dans l'espoir de se régénérer plus vite. Sa magie est puissante, pas assez pour guérir complètement mais assez pour survivre encore. Sa patte amputée saigne déjà moins sous l'effet de son pouvoir et c'est désormais sous la forme d'un gros bouledogue qu'il clopine en gémissant dans le tunnel.




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MessageSujet: Re: My darkest cave (Riley)   Sam 11 Nov - 14:36


« my darkest cave »

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N'en déplaise à Cassidy, le sens du sacrifice était une vertu (ou plutôt un travers), que Riley possédait autant que lui et ce, à un niveau tellement exacerbé qu'il frôlait parfois l'inconscience. Sans être animée par des pulsions suicidaires, la jeune femme était d'une nature profondément dévouée, la poussant à agir d'abord dans l'intérêt d'autrui, plutôt que dans le sien, même si sa vie en dépendait. Dire que Riley ignorait la peur était foutaise, car c'était précisément un sentiment qui ne la quittait jamais, rongeant ses entrailles et la gardant éveillée la nuit. Cependant, il était hors de question pour elle de rester les bras croisés ou de rebrousser chemin, comme lui avait demandé Cassidy, en sachant que sa vie pouvait être menacée. Le savoir seul dans cette mine, après leur macabre découverte, l'empêcherait à coup sûr de dormir tranquille et si par malheur il lui arrivait quoi que ce soit, la culpabilité serait un sentiment avec lequel elle ne pourrait vivre, nonobstant les regrets qu'elle portait déjà dans sa poitrine.

Bien que sa considération à son égard la touche foncièrement, l'heure n'était pas la chevalerie, ni à la discussion d'ailleurs. Se séparer était le meilleur moyen provoquer une destinée bien peu clémente pour eux deux. Le sort d'Alejandro – ou précisément sa jambe – témoignait déjà de la dangerosité de l'entreprise de sauvetage dans laquelle ils allaient devoir se lancer. Alors jouer les cavaliers seuls n'était pas une option acceptable pour Riley, que Cassidy soit leader du groupe ou non. Il n'avait pas à se sacrifier. Par ailleurs, leurs chances de survie – Riley, Cassidy et Alejandro comprises – étaient beaucoup plus importantes si elle restait avec lui. « Ou que les femmes modernes savent aussi se battre » lui fit-elle gentiment remarquer, en arquant un sourcil. La galanterie était toujours bienvenue. C'était une qualité autrefois rare et aujourd'hui quasiment disparue de la gente masculine. Ce qui expliquait certainement la réaction septique de Riley. Elle n'y était plus habituée. « Je suis venue pour soigner Alejandro, alors je le soignerai » lui dit-elle, pour conclure le débat. C'était une promesse qu'elle lui avait faite, elle ne manquerait pas à sa parole ou à son devoir.

Mais vraisemblablement la sorcière n'avait pas mesuré la nature du danger les guettant en suivant son partenaire dans les entrailles de la mine. Lorsque leurs pieds foulèrent un tapis craquant de charpies et de restes osseux, Cassidy suggéra la présence d'un ours. Avec tout le respect qu'elle devait à son camarade et malgré l'obscurité omniprésente, Riley pouvait affirmer que les fragments de squelettes recouvrant le sol était en partie humains. Or, les ours ne mangeaient pas d'homme. En tout cas, pas volontairement. La puanteur enveloppant l'enclave ne fit que confirmer l'horrible pressentiment oppressant sa poitrine. Il y avait bien quelque chose à l'intérieur de cette mine. Une chose inhospitalière. Riley eût juste le temps d'éteindre la lampe à huile pour dissimuler leur présence, que la chose l'avait déjà attrapé par ses habits. La suite des événements ? Elle n'en n'eût aucun souvenir, si ce n'est la sensation de quitter le sol violemment. Lorsqu'elle revînt à elle, l'environnement extérieur lui apparu vaseux et brouillé. « Où est-ce que... » balbutia-t-elle, désorientée. Il lui fallut quelques instants pour analyser les signaux perçus par ses différents sens : l'obscurité, le silence, la moiteur, l'étreinte. Ce n'est que lorsqu'elle entendit la voix familière de Cassidy qu'elle remit enfin toutes les pièces du puzzle en place. Ils étaient toujours dans la mine. Miraculeusement sains et saufs. « Aouch » hacha Riley entre ses dents, en portant la main à l'arrière de son crâne. Elle ne sentit aucun fluide recouvrir sa peau. Elle ne saignait pas, mais devrait certainement compter sur une énorme bosse dans les jours à venir. Que s'était-il passé ? Comment son camarade avait-il pu faire fuir la chose qui l'avait attaqué ? Était-il lui-même blessé ? L'instinct maternelle de Riley se remit en marche en quelques secondes. « Est-ce que tu vas bien ? » demanda-t-elle à Cassidy en touchant son visage dans le noir. Il ne semblait pas être amoché, elle espérait que son toucher ne la trompe pas. La sorcière soupira alors de soulagement.

Des aboiements au loin lui firent faire volte-face, puis porter à nouveau un regard vague vers Cassidy. Un chien ? La jeune femme se rappela soudainement que son compagnon l'avait informé de cette spécificité vis-à-vis d'Alejandro. C'était un métamorphe. Se pouvait-il qu'il soit toujours en vie ? Riley se mit à rire à cette idée. « C'est un dur-à-cuir ton Alejandro » reconnut-elle, en prenant le bras de Cassidy pour qu'ils les guident à travers la mine. La sorcière n'y voyait plus à un centimètres devant elle, contrairement à son ami qui devait y voir presque comme en plein jour. Elle le suivit précautionneusement. Se remettant totalement à son instinct. Une douleur plombante martelait l'arrière de son crâne à l'endroit de l'impact. L'afflux de sang lui donnait encore plus chaud, mais elle ne s'en plaignit pas. Tandis qu'ils marchaient, Riley réalisa ce qui avait du se produire lorsqu'elle était inconsciente. Cassidy l'avait protégé, défendu, sauvé. Elle qui s'était amusée de sa chevalerie... Sans cette dernière, elle serait probablement dans le même état qu'Alejandro à l'heure qu'il était ou pire. De nouveaux jappements se firent entendre lorsqu'ils débouchèrent dans un petit tunnel, très légèrement éclairé. Ni une, ni deux, les deux compères suivirent la voix d'Alejandro qui les appelaient à coup de couinements et de plaintes de douleur. Dès qu'ils le trouvèrent, Riley s'accroupit au chevet du métamorphe, à présent transformé en bouledogue. C'était astucieux de sa part. Sous cette forme, il avait pu se déplacer plus facilement. La sorcière sortit son attirail médical : bandes, compresses de gazes, alcool à désinfecter. Elle ne pourrait pas faire de miracle. Même un sorcier de niveau quatre ne pourrait pas faire repousser son membre sectionné. Néanmoins, elle pouvait stopper l’hémorragie. Le pauvre avait déjà perdu beaucoup trop de sang. D'une main, elle vînt caresser la fourrure de l'animal à plusieurs reprises en murmurant des vers de latin. Petit à petit, l'illusion fît son effet sur le brave Alejandro qui tomba dans un état second, entre le sommeil et la sédation. Dès lors, Riley s'affaira à soigner le moignon de son patient. Elle réussit à reconstituer quelques tissus, qu'elle parvînt à recoudre à l'aide d'un fil et d'une aiguille. Elle ne savait pas ce que son travail rudimentaire allait donner une fois qu'il aurait retrouvé sa forme humaine. Il lui faudrait très certainement refaire les coutures, voir refaire une chirurgie complète. Peut-être que Livia pourrait l'aider dans cette tâche. Par ailleurs, ce dont il avait besoin rapidement, c'était d'une transfusion sanguine.

La sorcière tressaillit soudain lorsqu'elle entendit Cassidy charger son arme à côté d'elle. L'odeur nauséabonde de toute à l'heure revînt embaumer ses narines, lui soulevant à nouveau le cœur. Un grognement féroce la fît se retourner d'un bon, figeant ses membres de surprise à la vue de la forme inhumaine face à eux. Immédiatement, son ami se plaça devant elle pour la protéger, mais la créature ne sembla guère s'en émouvoir. L'appel du sang était trop fort pour elle. Trois proies pour le prix d'une, l'aubaine était exquise. Une fluide visqueux débordait de sa gueule béante aux crocs acérés comme des lames de poignards. Ce monstre sortait tout droit des Enfers. Cela ne faisait aucun doute pour Riley et il fallait tout de suite qu'il y retourne. « Cass. Ferme les yeux. Maintenant ! » cria-t-elle à l'oreille de son compagnon. Elle ne lui laissa pas le temps de réfléchir davantage et le poussa sur le côté, pour prendre sa place devant la créature. Lorsque celle-ci s’apprêta à la frapper, la sorcière ferma les yeux et s'immobilisa. « Fiat lux, et lux fuit » scanda-t-elle d'une voix grave et habitée. Immédiatement, un puissant rayon de lumière irradia l'ensemble du tunnel, faisant hurler le monstre de terreur et prendre définitivement la fuite pour rejoindre la faille de laquelle il était sortit. Le danger enfin écarté, Riley s'écroula par terre, à bout de forces. « Je...je veux bien quelque chose à manger » osa-t-elle demander à Cassidy, en reprenant son souffle. Elle n'avait pas généré d'illusions d'une telle envergure depuis des lustres.


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My darkest cave (Riley)

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