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 (Mikkel) | I fuck up everything but let me explain.

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ANIMAL I HAVE BECOME

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MessageSujet: (Mikkel) | I fuck up everything but let me explain.   Mar 10 Oct - 0:24

I fuck up everything but let me explain.

Anastasia & Mikkel

Savoir se faire remarquer, c'est tout un art. Mais être un véritable artiste, c'est plutôt savoir se planquer, se faire discret, tout petit, ce genre de chose. Habituellement, je suis très douée pour ça. Je me fonds dans le décor, m'immisce dans les recoins ou l'on n'imaginerait pas me trouver et j'attends, en quête de réponses, d'infos ou de quoi que ce soit susceptible de me servir ou plutôt de servir les noirs desseins pourris de Georg. Ça aurait d'ailleurs dû se passer comme toutes les autres fois, j'aurais dû récupérer les infos qu'il me faut m'éclipser et pouf ! Ni vu, ni connu ! Ça aurait dû, ouais... si je n'avais pas été coincée dans un conduit d'aération tellement rouillé que rien qu'à le regarder, je me sens prise d'assaut par le tétanos. Encore heureux que je ne puisse pas choper ce genre de saloperie, tiens ! Ça ne se passera pas comme d'habitude, car le métal sous mes mains gémit et grince, comme pour me faire remarquer que mes cinquante kilos à tout casser sont déjà trop pour lui. J'ose à peine respirer, n'essaye même pas de me faufiler plus avant pour trouver un meilleur angle ou une position plus confortable, car je sais que si je fais ça, soit ils vont me repérer, soit je vais carrément leur tomber dessus.

Un léger soupir quitte le refuge de mes lèvres tandis que je tente d'oublier la douleur qui me broie les rotules et les coudes. Putain... Georg, un jour je te ferai la peau. Je ne sais pas quand ni comment, mais t'y auras le droit ! Je redresse la tête, tends l'oreille et tente de déchiffrer au mieux ce qui se dit juste en-dessous de moi. Un trafic étrange, louche et bien sûr illégal. Au bout de quelques instants, des effluves de souffre et d'acide parviennent jusqu'à mes narines, et il me faut toute l'énergie du monde pour ne pas me mettre à tousser. La vapeur me brûle les yeux mais j'en ai vu d'autres. Oui, j'ai vu pire, je ne dois pas bouger, tout ça c'est dans la tête, blablabla... Je commence à regretter de ne pas être entrée dans le labo clandestin de ces deux petits cons armée d'un flingue et d'une corde pour les ficeler et les interroger efficacement. Fut une époque où je pratiquais ça plutôt bien, l'interrogatoire musclé... seulement, Georg m'a dit pas de vagues, pas de bordel, rien que de la discrétion. Discrétion que je lui foutrai bien au cul, à cet instant.

Si on avait été dans un film, les choses auraient pu se terminer ainsi : la vaillante héroïne qui attend le bon moment pour se retirer, toutes ses infos en poche, et les deux hors la loi mis hors d'état de nuire dans les 48 heures. Seulement, on n'est pas dans un film et je ne suis pas une héroïne. Par-dessus tout, j'ai un foutu karma de chat noir qui me poursuit depuis quelques temps et qui va trouver le moyen de me péter à la gueule dans moins d'une minute. Et ça n'a pas manqué. Comme je ne vois rien, je ne sais pas ce qui a merdé. Ce que je sais, c'est que ma conduite rouillée s'est mise à trembler, que les deux types en-dessous de moi ont commencé à crier et paniquer, et que j'ai à peine eu le temps de m'extirper de ma cachette avant qu'une gigantesque explosion ne retentisse.

Boum !

Si je devais résumer les choses, ça a donné ça. Un grand bruit, des hurlements, et puis un petit immeuble qui s'est effondré sur ses habitants à cause de deux crétins et d'une architecture vieillissante qui ne tient plus la route. J'l'ai toujours dit ! Ces vieux bâtiments datant d'avant 2012, c'est d'la merde et ça finira par s'effondrer ! Ça n'a pas loupé... tout est tombé ! Je me suis sentie tomber, ai tenté de me raccrocher à un rebord de fenêtre pour sauter jusqu'au bâtiment le plus proche, mais un morceau du plafond m'a entraîné dans sa chute et... c'est le trou noir. J'ignore combien de temps je suis restée inconsciente, mais lorsque j'ouvre à nouveau les yeux, il fait sombre autour de moi. Pas assez pour que mes yeux ne métamorphe ne voit rien, mais un nuage de poussière et de gravas m'empêche de distinguer quoi que ce soit avec précision. Je tousse, la gorge encombrée de poussière et secoue la tête pour dégager mes cheveux de ce qui les parsème. À un mètre de moi, je distingue un bras qui dépasse de sous un monticule de pierres. Il ne bouge plus, et je n'ai pas besoin de beaucoup réfléchir pour savoir que celui ou celle à qui il appartient est parti vers un monde que j'espère meilleur. Un sifflement désagréable me perce les tympans et, comme un bruit de fond étouffé, j'entends des survivants appeler à l'aide et des sirènes déchirer l'obscurité au-dehors. Je suis restée inconsciente suffisamment longtemps pour que les secours soient en route, donc. Super... Je soupire, m'assure que j'ai encore mon intégrité physique malgré les douleurs lancinantes qui me traverses le corps et entreprends alors de me relever. C'est alors que je me rends compte que je ne plus bouger ma jambe droite. Le cœur battant à tout rompre, je baisse les yeux vers la partie inférieure de mon corps, priant en silence pour ne pas y voir ce que je redoute le plus. Un grognement de douleur et de résignation m'échappe tandis que je fixe ce qui devrait être ma jambe. Ensevelie sous des morceaux de pierre et de tôle, je n'ose imaginer dans quel état elle est et commence petit à petit à céder à la panique.

Mes jambes, c'est probablement ce que j'ai de plus précieux, les deux membres qui m'ont maintes fois permis de courir pour sauver ma peau, qui m'ont offert la couverture parfaite lorsque je chaussais mes pieds d'escarpins pour une soirée mondaines et surtout, ce sont elles qui me permettent de danser, de libérer mon corps et mon esprit de tous les vices qui les encombrent. Sans mes jambes, je ne suis même pas la moitié de moi-même, je ne suis rien du tout. Ma respiration s'accélère à mesure que la panique me gagne, et c'est avec des gestes fébriles que j'entreprends de soulever les gravas qui retiennent ma jambe prisonnière. Je panique, soulève une pierre qui en fait retomber une autre et pousse alors un hurlement de douleur. Mauvaise idée, Anya, la gravité ne t'aide pas. Alors que la chute et l'inconscience avaient atténué la douleur, cette pierre qui appuie sur ma jambe en réveille la douleur. La respiration courte, je cherche autour de moi un objet qui pourrait me permettre de faire levier le temps que je retire ma jambe de là. J'avise alors une barre en métal mais j'ai beau tendre le bras vers elle, il me manque un bon mètre pour l'atteindre.

Plusieurs options s'offrent à moi : attendre gentiment que les secours arrivent jusqu'ici ou me changer en coyote et espérer que ma patte, plus fine que ma jambe, s'extirpe de là. Optant pour la seconde option, je me rends alors compte que ce qui me semble habituellement si naturel et évident m'échappe : je suis incapable d'adopter ma forme animale car je n'ai aucune idée de la façon dont je dois procéder ! Comme si... comme si mon cerveau opérait brutalement un blocage. Le traumatisme de l'explosion, me chuchote le dernier neurone encore valide qu'il me reste. Probablement... il ne me reste que la première option, à savoir attendre gentiment qu'on vienne me sauver. C'est bien ma veine, tiens...

Je ne sais pas combien de temps s'écoule entre le moment où je rends les armes et celui où j'entends au loin les voix des secouristes. Tout ce que je sais, c'est qu'ils se séparent pour couvrir le plus de surface possible, et qu'au milieu des décombres et de la poussière, j'aperçois une silhouette. Alors, j'agite le bras et me mets à hurler d'une voix enrouée et affaiblie par la douleur.

« Ici !! À l'aide, je suis ici ! ICI ! »

Mais alors que je hurle ça, je me rends compte d'une chose : c'est en russe que les mots me viennent et non en anglais. Plus de transformation ni de langue de Shakespeare... j'ai l'impression d'être revenue à l'époque où je ne maîtrisais ni l'un ni l'autre, comme si mon cerveau faisait un brutal blocage en réponse à l'explosion. Tandis que je réfléchis, et panique, soyons clairs, un type en combinaison et équipe d'un masque se précipite vers moi.

« Vous allez bien, madame ? Nous sommes là pour vous aider, nous allons vous sortir de là ! Vous pouvez vous lever »

Ça, c'est texto ce qu'il a dit. C'est aussi ce que je n'ai pas compris, car si je n'arrive plus à prononcer le moins mot anglais, je n'en comprends plus non plus la grammaire ou les subtilités. Alors je désigne ma jambe et me mets à parler à toute vitesse, me fichant bien de savoir s'il me comprend tant qu'il me fait sortir de là.

« Ma jambe est coincée sous les gravas, je ne peux pas bouger ! Vous voyez ? Ma jambe, là ! »

Il me fixe, regarde ma jambe, semble comprendre ce qui se passe et pourtant, voilà qu'il se relève. Je rêve où il va me laisser crever là, le con ? Je le vois attraper un talkie-walkie à sa ceinture, le genre de vieux modèle qu'on ne fait plus depuis l'âge de pierre, et l'allumer.

« Chef ? On a un problème, ici. Une femme, le trentaine, qui est consciente mais coincée sous la moitié du plafond qui lui est tombé dessus. Je l'aiderais bien à sortir mais je ne sais pas si elle s'est cassée autre chose. »

L'appareil grésille et la voix d'un type énervé lui répond. Ce qu'ils ont pu se dire ? Aucune idée, je ne comprends toujours rien.

« Bah j'aimerais bien, mais elle ne parle pas un mot d'anglais ! À première vue ça ressemble à du russe. Ievseï est dans le coin ? »

Et là, un mot percute mon esprit. Ou plutôt un nom. Ievseï... non non non. Pas de Ievseï ce soir, ce n'est ni l'endroit, ni le moment ! C'est quoi, l'idée ? Demander à Roman de venir me masser les épaules pendant qu'on démonte l'immeuble pour me sortir de là ? Ou demander à Andreï de m'achever d'un coup de pelle derrière la tête ? Je n'ai pas le temps de protester que déjà, le type est loin. Pas un mot ni un geste, il m'a simplement laissée là comme une andouille. Super... Je soupire, me laisse retomber au sol en étoile de mer et tente de penser à tout sauf à la douleur qui enfle dans ma jambe.

Quelque part, c'est bon signe : tant que j'ai mal, c'est que ma jambe est « vivante ». Mais s'ils pouvaient m'envoyer un traducteur et surtout quelqu'un de compétent, ça m'aiderait quand même pas mal...

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MessageSujet: Re: (Mikkel) | I fuck up everything but let me explain.   Mar 17 Oct - 14:57


« I fuck up everything but let me explain. »

Anastasia & Mikkel
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17 octobre 2017, 19h23 ~

Appuyé sur la machine à café, une tasse à la main, je suivais d'un oeil éteint les info à la télé, un petit écran accroché dans un coin de la salle de repos. C'était ma première pause après avoir enchainé plusieurs heures de boulot, à un rythme éreintant. Le job de brancardier était assez imprévisible, parce qu'on bossait en fonction des évènements qui survenaient mais, dans notre époque troublée, les accidents graves ne cessaient de se multiplier, partout en ville. Heureusement que je pétais la forme parce que le métier était exigeant physiquement et on restait debout à transporter des charges lourdes tout au long de la journée, quasiment sans s'arrêter. Heureusement aussi que j'étais assez débrouillard pour me faire inviter et bouffer grassement de temps en temps, parce que c'était pas avec ma poignée de pâtes quotidienne que j'aurais pu nourrir mes muscles. Saloperie de rationnement. Aux info, on évoquait encore une fois ce pacte, mis en place entre les tyrans du gouvernement et cette drôle de communauté hors des murs qui représentait sois-disant nos sauveurs. Ces gars là avaient l'air d'être les nouveaux chouchous à la mode et rien que pour ça, je ne les aimais pas.

« Vite, Ievseï,  ramène-toi, on a besoin d'aide à l'extérieur ! »
La voix de mon collègue m'arracha de mes pensées et je fronçai les sourcils, levant ostenciblement ma tasse de café.
« J'suis en pause, putain, ça se voit pas ? En plus j'suis censé bosser en interne ce soir.»
« Tu tiens à ton salaire à la fin du mois ? Alors tu te bouges et tu sautes fissa dans l'ambulance. »

19h36 ~

Ça faisait plus d'un an que j'avais écopé de cette malédiction qui me transformait en animal sauvage tous les mois et j'avais appris à être attentif aux cycles lunaires. Mieux valait que je ne bosse pas les soirs de pleine lune. Pourtant, je ne risquais rien ce soir, ce n'était qu'un mince croissant qui se dessinait dans le ciel crépusculaire, comme un sourire désabusé posé sur le monde. L'ambulance avait filé dans les rues délabrées, accompagnée des pompiers et d'une voiture de la milice, censée nous protéger. Le quartier était craignos, écrasé par une ambiance lugubre et les immeubles détruits me donnaient la sensation d'être plongé dans un pays en guerre. Le personnel soignant était dépassé par le nombre de blessés et de morts à ramasser dans tous les coins de la ville, dans des conditions aussi dangereuses qu'éprouvantes. Pourtant, comme me l'avait si bien rappelé mon collègue, j'avais sacrément besoin de fric et j'avais qu'à fermer ma gueule si je voulais garder mon job. Alors, je plongeai dans cette ambiance apocalyptique, armé d'une civière, en essayant d'oublier que je pouvais me prendre un pavé sur la gueule à tout moment. La structure des immeubles voisins avait l'air stable pour le moment mais rien n'était sûr.

Il y avait bien longtemps que la vue du sang, des chairs écrasées et les râles des blessés ne me heurtaient plus. Je captais tous les sons qui m'environnaient de façon plus précise ces derniers temps et je profitais de cette acuité pour repérer les blessés dans les décombres. La poussière qui régnait dans l'air rendait la pénombre de la rue plus opaque mais je parvenais quand même à distinguer les silhouettes qui m'entouraient. Mes pauvres humains de collègues, eux, ne disposaient pas des mêmes compétences. Je profitais qu'ils se soient éloignés pour faire sereinement les poches des corps sur lesquels je me penchais, sans que personne ne s'en aperçoive. Tout en m'adressant à lui avec douceur, je fouillais donc ce vieux type qui gisait sur le sol, pauvre passant surpris par l'effondrement. « Vous en faites pas, on va vous emmener à l’hôpital... » Mais laissez-moi d'abord vous débarrasser de votre porte-feuille, mon bon monsieur. Dans un sourire de chacal, je rangeai mon larcin sous ma tunique lorsque soudain, quelqu'un beugla mon nom.
« IEVSEÏ ! » Je me retournai précipitamment, haussant les sourcils d'un air totalement innocent, une expression que je mimais à merveille. « Ouiiii ? » Un des secouristes me faisait signe de me ramener et je me dépêchai de transporter mon vieux blessé dans l'ambulance avant de rejoindre mon collègue. Qu'est-ce qu'on me voulait encore, bordel de merde, on ne pouvait pas voler les gens tranquillement ?

« On a une blessée là-bas, de l'autre coté des décombres mais elle parle que le russe. Vas voir ce que tu peux faire. » Mon air blasé s'éclaira soudain alors que je soupirai. « Qu'est ce que vous feriez sans moi... okay, je sauve la situation, mais c'est bien parce que j'ai droit à une prime de risque. C'est que j'suis pas pompier moi hein, j'ai même pas eu un droit à un casque, ni à un masque. Vous avez vu comme ça pue là dedans ? Sans déc c'est blanc de poussière, on n'y voit que dalle et si ça se trouve, j'vais tomber sur des zombies coincés là dessous, qui peut savoir, c'est vrai putain et je... » Il m'avait filé un casque. J'avais bien tenté d'insister pour cette histoire de prime mais visiblement, je pouvais toujours me la mettre quelque part. Ce fut donc sur un soupir résigné que je plongeai vers le danger, n'écoutant que mon courage et mon abnégation, escaladant souplement le monticule de décombres pour rejoindre l'endroit désigné. Tout de même, l'idée de causer russe avec quelqu'un était toujours motivante. La curiosité brillait dans mes yeux, tandis que j'apercevais la silhouette coincée sous cette masse de gravats. Cette meuf aux joues sales et au regard bizarre ne me disait rien du tout et pourtant, je lui adressai un large sourire. Si elle était en train de crever, autant lui offrir une dernière vision des plus charmante. Voir Mikkel et mourir, c'était pas beau ça ?

« T'sais que t'as le cul bordé de nouilles ? On m'envoie te sauver la mise, chérie. » Est-ce qu'elle causait bien le russe, au moins ? Mes collègues étaient assez cons pour confondre avec du polonais. J’espérais découvrir assez vite si elle me comprenait tandis que je me rapprochais d'elle pour m'agenouiller à ses cotés. Mon casque cachait mes cheveux bruns et dans l'obscurité, on me confondait très souvent avec Andreï. Sacré Andy, je pouvais pas m'empêcher de penser à lui quand je parlais le russe, c'était quand même la personne avec qui je pratiquais le plus cette langue, actuellement. Ma grand-mère – paix à son âme - m'avait souvent répété à quel point je lui ressemblais, surtout dans ses expressions, cette façon de sourire, de gonfler les joues ou même, dans mon accent russe. Parce que j'avais tout donné pour apprendre cette langue à la perfection, dès ma prime jeunesse, et bien que je n'avais jamais mis les pieds en Russie, je parlais notre merveilleuse langue slave, sans aucun accent, comme un véritable né-natif de l'endroit.

Je poursuivis donc, sur le même ton chaleureux qui était le mien, tout en vérifiant si la blessée inconnue respirait correctement. La loose, on m'avait même pas filé de masque, on était vraiment en manque de matos en plus de tout le reste. Comment j'étais censé soigner les gens dans des conditions aussi merdiques ? Comme toujours, Mikkel devrait assurer avec les moyens du bord, son optimisme et son si beau sourire. « Comment tu t'appelles, bichette ? Faut que tu restes allongée, je vais vérifier tes blessures et ensuite, on pourra te dégager. » Elle avait l'air consciente mais je devais m'assurer qu'elle n'avait pas reçu de choc à la tête et si elle était assez lucide pour parler. En cas de traumatisme crânien, ce serait pas si évident de la transporter dans ce merdier mais une chose à la fois. Je palpai son crâne en douceur, attentif à ses réactions avant de palper ses bras, puis son torse. Par réflexe, ma main s'introduisit dans sa poche au passage, presque malgré moi, sans que je ne cesse de lui parler pour capter son attention. « Moi j'suis de Moscou, c'est la plus belle ville du monde, tu diras pas le contraire hein. Tu sais me dire où tu as mal, ma cocotte ? »


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MessageSujet: Re: (Mikkel) | I fuck up everything but let me explain.   Mer 1 Nov - 12:25

I fuck up everything but let me explain.

Anastasia & Mikkel

Y a vraiment des jours où j'me dis que j'aurais dû rester au lit. Que j'aurais pu m'occuper de mes affaires, plier mes chaussettes, me poser dans mon canap' avec un thé et surtout SURTOUT personne pour m'emmerder... mais ces jours-là, allez savoir pourquoi, ce sont toujours ceux où j'me mets dans la merde. Ceux qui me font dire que la vie est une chienne et que j'ai dû sacrément emmerder quelqu'un là-haut pour mériter tout ça. Je jure que si je meurs ici, je reviendrai hanter le premier qui osera écrire « ci-git un clébard enterré sous dix tonnes de gravât » sur ma tombe. Putain d'idiots qui ont cru bon de jouer avec le feu, putain d'immeuble en papier mâché, putain de monde et putain de poutre qui m'est tombée sur la tête ! Pendant un instant, la peur me comprime la gorge : et si je ne parvenais plus jamais à me changer en coyote ? Si je me retrouve dans le même état qu'Andreï ? Aucun risque, me souffle mon dernier neurone en vie. Je n'ai pas été mordue par quoi que ce soit, j'ai juste pris un gros coup sur la tête. Pour le moment, ce n'est pas tant le fait de pouvoir me transformer que celui de trouver un moyen de sortir d'ici, qui m'inquiète. Grimaçant de douleur, je me hisse sur le mains et tente de tirer un peu sur ma jambe, mais je sens une résistance et une violente douleur me parcourir la cuisse. À tous les coups, j'ai dû m'enfoncer une barre de métal dans l'jambon, tiens ! J'ai beau cicatriser rapidement, ce genre de blessure pourrait m'être fatale si ça continue à pisser le sang. Encore une fois, ça serait franchement con d'avoir survécu toutes ces années pour crever ici. On a vu mieux !

J'aurais pu être soulagée en voyant arriver un sauveteur, si je ne m'étais pas retrouvée incapable de parler et comprendre l'anglais. Qu'est-ce que c'est encore que cette putain de plaisanterie ? Tout ce qui me vient, c'est le russe, que je baragouine d'une voix pâteuse et rauque. Il n'en faut pas plus au type pour me délaisser sans même faire mine de me rassurer, le tout pour appeler son collègue et baver je ne sais quoi. Le seul mot que j'pige dans tout ça c'est Ievseï et merci bien mais non merci. Ievseï ça veut dire emmerdes, problèmes, c'que vous voulez mais rarement quelque chose de positif. Alors me voilà, seule comme une idiote sous mon tas de débris, à attendre qu'un Ievseï me sauve la peau. À force, j'vais finir par tous leur devoir la vie et ça, c'est pas pour m'arranger. Tandis que l'autre repart sans un mot, je soupire et tente de deviner à qui je vais avoir affaire. Andreï ? Ça m'étonnerait. Pas l'genre à donner son nom aussi facilement et encore moins à défendre la veuve et l'orphelin pris au piège sous les décombres. Puis franchement pas le genre de type qui irait chercher un chat dans un arbre, ce con en a peur ! Alors qui ? Roman ? Que les blessés d'ici aient besoin d'un kiné pour ne la rééducation, je veux bien, mais il me semble que ça vient après. Du coup après qu'on ait sorti les gens de là et qu'on se soit assuré qu'ils ont bien deux bras et deux jambes. Et... ma connaissance de la généalogie Ievseï s'arrête là. Je fixe un long moment le plafond, jusqu'à ce que des bruits de pas ne me fassent relever la tête. Dans l'obscurité et avec l'épaisseur de la poussière, je ne distingue tout d'abord qu'une silhouette. Quand finalement j'arrive à voir son visage, ma salive s'égare près d'un poumon et voilà que je m'étouffe.

« Andreï ? Mais qu'est-ce que tu fous là ? »

Seulement, plus il s'approche, plus j'ai l'impression que quelque chose cloche. Il ressemble à Andreï mais... Un Andreï d'une autre vie. Celui que j'ai connu il y a longtemps, celui qui n'avait pas trente ans et ne portait pas la barbe, si bien qu'il suffisait qu'il sourit avec sa gueule d'ange pour qu'on ait l'impression devoir un gamin de douze ans. J'exagère à peine. Dès lors que l'inconnu ouvre la bouche, j'en ai la certitude : ce n'est pas Andreï. Sa voix est différente, son accent aussi, comme issu d'un autre coin de la Russie. Puis surtout... J'en connais un qui n'oserais jamais m'appeler chérie. Ça, c'est bien le genre de surnom qui me fait monter au créneau et lancer l'assaut sans la moindre sommation. Je me redresse et crache sans même chercher à simuler l'amabilité.

« Chérie ? Non mais tu m'as pris pour qui, gamin ? On a pas gardé les cochons ensemble alors t'es mignon, les « chérie » tu les gardes pour ta gonzesse, ok ? »

Comment dire qu'à cet instant j'ignore que le gus fasse à moi doit préférer les gonzesses avec moins de tresses et de nichons et plus de poils au menton mais qu'importe, mon raffinement naturel est là. Sérieusement, pour qui il se prend ? Je détaille son visage et fini par en déduire que si Andreï est le vieux croulant de la bande, lui ne doit pas être loin d'être le petit dernier ! Ce serait le fils de Roman ? À croire que cette façon de fanfaronner comme un coq a sauté une génération, tiens... Faut dire que si je sais qu'il a plusieurs enfants, je ne me suis jamais intéressée qu'à lui et son paternel. Suivre à la trace deux personnes quand on est seule, c'est déjà assez délicat comme ça.

Je me laisse donc faire tandis que l'étrange gus dont j'ignore le nom commence à me tripoter pour s'assurer que je ne me décompose pas sur place. Je tique lorsqu'il m'appelle bichette. Non mais sérieusement, il m'a prise pour quoi ? Une catin ? Mes poings se serrent et, lorsque je sens ses doigts se glisser dans ma veste, les miens se referment violemment autour de son poignet.

« Bas les pattes, minus ! Mon portefeuille n'a pas besoin d'être ausculté, il va bien ! Puis t'es mignon mais ma tête va bien, regarde ! »

Et me voilà, conne que je suis, à bouger la tête dans tous les sens pour lui prouver que mes cervicales et mon crâne vont bien. Grossière erreur... En à peine quelques secondes, j'ai l'impression d'être sur un bateau en plein tempête et voilà que mon estomac décide de rendre les armes et le peu que j'ai avalé au déjeuner. C'est en voyant le sang qui s'y mêle que je suis sûrement dans un état plus lamentable que je ne le pense.

« O... ok... j'ai dit d'la merde, j'ai pris un coup sur la tête, ça t'va ? D'habitude j'sais parler anglais mais là y a pas moyen, c'est comme si j'venais de débarquer ici ! »

Et je ne lui ai toujours pas donné mon nom, tiens... ça ne l'empêche pas d'enchaîner en me parlant de Moscou et en... putain j'vais m'le faire. J'vais arracher la barre de métal qui me cloue au sol et le punaiser au mur. Ma cocotte ? Non mais il s'est cru où ? Dans un geste rageur accompagné d'un grognement, je le saisis au col.

« Écoute-moi bien d'mi-portion... J'suis pas ta chérie, ni ta bichette et encore moins ta cocotte, ok ? J'm'appelle Anastasia, ça va ? Tu vas retenir ? Et l'tien de nom, c'est quoi ? »

J'ai hésité à lui donner un faux nom mais étant donné que je l'ai appelé Andreï il y a deux secondes, il va sûrement aller le mentionner à son grand-père qui corrigera mon identité et... et de toute manière, je n'ai pas envie de réfléchir. Je le lâche et me laisse retomber au sol dans un grognement de douleur.

« J'peux pas me dégager de là-dessus, je crois que j'ai un truc enfoncé dans la cuisse qui m'empêche de sortir... Si je force, ça risque de s'écrouler ou de rouvrir la plaie... j't'avoue que je tiens un peu trop à ma vie pour tenter l'expérience. En dehors de ça, j'dirais que ça va. Je crois. »

Je crois, oui. Parce que c'est vite dit, tout ça. Je tente de me redresser une nouvelle fois, avise les gravats qui recouvrent mon corps et me rend compte qu'on ne sera pas trop de deux pour les soulever.

« T'arriverais à soulever le bloc de béton, là ? J'ai l'impression que c'est celui qui appuie le plus sur ma jambe. »

Je commence à dégager quelques débris, à faire des contrepoids avec d'autres pour éviter de me retrouver complètement écraser si on soulève un morceau de pierre porteur et tente de bouger la jambes. J'y sens des fourmis, ce qui est plutôt bon signe, mais sens aussi la panique me gagner en m'imaginant paralysée ou pire... amputée. Si en sortant de là je n'arrive pas à me transformer en coyote, ça deviendra critique.

« J'suis de Lenin... enfin... Saint-Petersbourg. C'est quand la dernière fois qu't'as mis les pieds à Moscou ? »

Pour ma part, ça remonte à plus de quarante ans. Une époque si lointaine que je me demande parfois si elle a vraiment existé. Moscou, c'est pas mal de mauvais souvenirs, de faste aussi, de déceptions, de peur... et puis c'est là où tout a basculé pour moi. Là où j'ai dû faire un choix. Choix que j'ai fait et que je ne sais toujours pas si je dois regretter ou non. Perdue dans mes pensées, j'en suis violemment arrachée lorsque je sens la barre métallique s'enfoncer un peu plus dans ma chair et un hurlement de douleur m'échapper. C'est décidé, si je sors d'ici vivante, je prends ma retraite.

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MessageSujet: Re: (Mikkel) | I fuck up everything but let me explain.   Mar 7 Nov - 15:50


« I fuck up everything but let me explain. »

Anastasia & Mikkel
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La pauvre créature que j'étais en train de tripoter avait l'air dans un bien triste état. Au lieu de se pâmer en me voyant apparaître – comme l'aurait fait toute personne normalement constituée – voilà qu'elle s'étouffait avec sa bave. Heureusement que Saint Mikkel en avait vu de toutes les couleurs dans sa longue carrière de sauveur du peuple, je n'allais pas me choquer pour si peu. Plongé dans mes pensées sarcastiques, mon rictus moqueur se tordit pourtant dans une vague surprise. Est-ce que j'avais rêvé ou bien elle venait réellement de m'appeler Andreï ? Dans l'incertitude, je ne fis aucun commentaire dans l'immédiat, me concentrant avec professionnalisme sur le plus important : son état de santé et l'étude consciencieuse du fond de ses poches...

L'entendre gueuler en russe me donnait envie de rire et des étincelles joyeuses brillèrent dans mes yeux. « Et douce avec ça... » Sous ses manières rudasses, elle avait aussi un accent très fort et elle s'exprimait avec des mots populaires, bien plus marrants que ceux que ma grand-mère voulait que j'utilise. Lara m'avait appris le russe châtié mais je m'étais vite débrouillé pour connaître aussi tout le vocabulaire si coloré de mes ancêtres, qu'il soit argotique ou ordurier.« J'ai pas de gonzesse, ma belle, j'suis célibataire alors sois pas jalouse. Tous mes mots d'amour te sont exclusivement réservés ce soir. »

Abaissant sur elle un regard de velours, je sursautai soudain, agrandissant les yeux sous sa réaction brutale. Elle venait de m'attraper la pogne qu'elle serrait comme dans un étau. Holà ! Elle en avait de la force pour une mijaurée ! Les sourcils froncés, je me repris rapidement dans une moue offusquée, mimant l'innocent accusé à tort. « De quoi tu parles ? Tu m'prends pour un voleur ? Nan mais... » Je n'eus pas le temps d'argumenter plus que ça.

Déterminée à me prouver sa bonne santé, là voilà qui se mit à secouer la tête, comme une possédée sous l'emprise d'un démon. Elle était en train de me rejouer l'exorciste ! Impossible de tenter de l'en empêcher, j'avais déjà du mal à détacher ses doigts de mon poignet. J'essayais de protester mais ce ne fut qu'un glapissement dégoûté qui me sortit de la bouche. In extremis, je réussis à éviter le jet de dégueulis en m'écartant souplement. « Woh... merde. » Manquerait plus qu'elle me crache la fameuse tirade et je me serais cru dans un remake du film. "Ta mère suce des bites en enfeeeer."

« Non s'te plait, laisse ma mère tranquille. Hum. Bon. Comme on dit, mieux vaut que ce soit dehors que dedans. » A croire que j'avais envie de citer Shrek pour décompresser. J'adorais mater les films doublés en russe quand j'étais gamin, au temps où on avait encore le droit de regarder des dvd, et j'avais grandement amélioré ma connaissance de la langue grâce à ça. Mais trêve de discussions cinématographiques, on n'était pas là pour ça, après tout.

En dépit du sang vomi et de l'évidence d'un traumatisme crânien, ma brutasse avait quand même encore assez de force pour me saisir par le col. Dans un roulement d'yeux, je hochai la tête, posant mes mains contre ses épaules dans un geste apaisant.
« D'accord, relaxe-toi, faut pas que tu bouges, okay ? Tant que tu parles russe, moi j'te comprend donc pas de panique. » J'ignorais si ce qu'elle avait était grave mais la perte d'un langage qu'elle comprenait auparavant n'était pas anodine. C'était à prendre très au sérieux. Les lésions au cerveau pouvaient provoquer des aphasies très déconcertantes, certaines personnes ne parvenaient même plus à parler du tout. Et sans être médecin, ni infirmier, ni même aide-soignant, je savais quand même que dégueuler du sang, c'était pas bon signe. Mais dans l'immédiat, il fallait qu'elle évite de faire une crise d'angoisse parce que ça ne l'aiderait pas à aller mieux, bien au contraire. Je continuais donc à lui parler d'une voix douce, tout en détachant le sac que j'avais sur le dos, contenant le maigre équipement de soin que je possédais.

La pauvrette, elle n'aimait pas qu'on l'appelle cocotte. Elle aurait jamais dû me le dire. « Et mon lapin des bois, ça te plairait mieux comme surnom ? » Dis-je d'un ton grave avant d’acquiescer. « Anastasia, c'est pas l'orpheline qui devient princesse ? J'adorais ce dessin animé quand j'étais gosse, c'était un de mes préférés ! » Dimitri était vachement mignon en plus.

Après m'être muni de quoi désinfecter la plaie, j'écartais les mèches de ses cheveux pour trouver la bosse qui formait une grosse ecchymose sur son crâne. J'appliquai doucement le désinfectant tout en lui répondant. « Moi c'est Mikkel, c'est très scandinave comme prénom et pourtant y'a beaucoup de russes qui le portent fièrement, c'est plutôt un prénom qu'on donne aux beaux gosses bien portants, genre pas les "d'mi portion", tu m'suis ? » Je haussai les sourcils avant de poursuivre sereinement, tout en posant un pansement sur sa plaie. « Mon deuxième prénom c'est Georg et je sais pas pourquoi mes parents m'ont appelé comme ça, vu qu'à ma connaissance on n'a aucun membre de la famille qui portait ce prénom. Faudra que je demande à mon père, tiens, j'suis sûr que le Georg dont je porte le nom était hyper classe, un vrai slave quoi. Mon père, lui c'est un peu l'emblême des russes, le genre de mec qui pourrait tuer des ours à mains nues tu vois, j'déconne pas hein et même que c'est rentré dans la légende... »

Sans cesser mes babillages légers, je m'emparai d'une minerve que je comptais lui poser autour du cou pour lui éviter de trop bouger la tête. Pourtant, la blessée rebelle essayait déjà de se carapater toute seule en essayant de se redresser. Je soupirais en la voyant essayer de dégager les débris qui recouvraient ses jambes. « Dis-donc, t'as pas compris la leçon ? Arrête un peu de gigoter et laisse faire le pro. T'es pas possible toi hein, tu veux encore dégueuler ? Ça pue déjà assez comme ça.» A croire qu'elle était maso. La meuf, elle venait juste de me dire qu'elle avait un truc enfoncé dans la cuisse qui l'empêchait de sortir et que si elle forçait ça risquait de faire pire que mieux. Et du coup, qu'est ce qu'elle faisait ? Bah elle essayait de bouger. Logique.

« T'as le diable au corps, mon sucre d'orge ? On va y aller mollo, calme toi un peu. Bien-sûr que j'pourrais soulever ce bloc, tu crois quoi ? On me paie pour soulever des trucs, c'est ma spécialité. Laisse-moi d'abord te mettre ce joli collier, princesse. Okay ? »
Je ne lui laisserais pas le choix de toute façon. Ainsi, je soulevais avec précaution sa tête pour mieux lui attacher la minerve. Ça devrait la soulager un peu, déjà.

Ainsi, elle m'apprenait la ville dont elle était originaire et je plissai les yeux. « T'allais dire Leningrad ? C'est l'ancien nom hein. T'as pas l'air si vieille que ça pourtant. » Genre quoi, elle croyait qu'elle allait me coincer en histoire de la Russie ? Dans une expression satisfaite, je hochai la tête. « J'aime beaucoup Saint-Petersbourg, c'est quand même la capitale culturelle. Et euh hmm. » J'hésitai à éluder sa question. C'était quand la dernière fois que j'avais mis les pieds à Moscou ? J'y avais jamais été. Voilà la cruelle vérité... Ni à Saint-Peterbourg. En vrai, je n'avais jamais quitté les Etats Unis, à ma grande tristesse.

Pourtant, alors que je m’apprêtais à m'occuper de ce fameux bloc de béton, la miss se mit à hurler. Merde, elle avait dû se faire mal à force de bouger. C'était pas comme si je ne l'avais pas prévenu mais maintenant, le mal était fait. Redressant la tête, je cherchais du regard des collègues qui auraient pu m'aider mais aucun n'étaient dans les environs. Ils devaient tous être occupés ailleurs, on était seuls parmi les décombres et la poussière. Merde. Je me mordillais les lèvres. Je savais que si je faisais une connerie en déplaçant ces débris, je risquais de lui faire perdre sa jambe ! C'était un rôle hyper stressant qu'on m'avait foutu entre les mains, qu'est ce que je devais faire moi ? « Attend, ma souris en sucre... j'vais soulever le bloc. Toi, tu serres les dents » C'était un fameux dilemme mais si je ne faisais rien du tout, les choses n'allaient surement pas s'arranger.

Je me redressai donc rapidement pour aller ramasser le bloc, plissant le front sous l'effort en l'agrippant pour le soulever doucement, en essayant de ne pas provoquer un éboulement. Dans ces cas là, il fallait avoir de la force mais également assez d'adresse pour ne pas tout foutre en l'air. Je restai donc concentré pour déplacer le bloc, à la force de mes muscles, et dégager ainsi une grosse part de ce qui bloquait sa jambe. Il était lourd mais sans être superman, j'avais tout de même assez de force pour le soulever. Heureusement pour elle. Reposant le bloc derrière moi, je soupirai en m'agenouillant à nouveau. A présent, on voyait mieux ce qui se passait et en effet, une barre métallique était rentrée profondément dans sa cuisse, provoquant un saignement assez conséquent. Elle devait morfler à mort... J'essuyai la sueur qui perlait sur mon front tout en inspectant les dégâts, me penchant pour regarder comment les débris étaient imbriqués les uns dans les autres. D'abord, il fallait comprendre le problème, j'allais pas déblayer comme un gros bourrin.

« Bonne nouvelle darling, on sera pas obligé de t'amputer. Par contre, tu vas douiller un peu quand même. Alors, j'vais te filer un analgésique et on va attendre que ça fasse de l'effet. Après ça, je te dégagerai. Ça te va ? »

De toute manière, elle n'avait pas trop le choix. Je pris donc un médicament dans ma trousse, réservé aux cas d'urgence, et le lui offris. « Tu colles ça sous la langue, ça fera de l'effet assez vite en principe. » Je la regardais, ne sachant pas si elle allait encore ruer dans les brancards. Elle en était bien capable il me semblait. « T'es quand même une drôle de cocotte... Okay, me frappe pas, tu vas juste te faire du mal ! T'es une compatriote, alors j'ai juste envie de te dorloter moi, hein bichette chérie. Okay j'arrête. » Ou pas. « Anastasia. » Je dodelinai de la tête. « J'ai eu la berlue ou bien tu m'as appelé Andreï tout à l'heure ? » Une intuition me disait que cette brune cachait bien des mystères...


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MessageSujet: Re: (Mikkel) | I fuck up everything but let me explain.   Lun 19 Fév - 16:26

I fuck up everything but let me explain.

Anastasia & Mikkel

Des toubib, j'en ai croisé plus d'un en soixante dix ans. De ceux au visage résolument grave qui annonçait chaque semaine à mes parents que mon frère n'allait pas s'en sortir à ceux, des années plus tard, qui me rafistolait avec une vieille aiguille à bétail et du fil de pêche. J'en ai vu, vraiment ! Mais des crétins qui se foutent de ma gueule alors que je me vide de mon sang, ça c'est une première ! Sérieusement, c'est qui ce con ? Avec l'air de famille qu'il partage avec Andreï et le nom que j'ai entendu, je ne serais même pas étonnée que ça soit son fils caché. Du moins s'il n'était pas trop jeune pour que ça soit possible. Je lui jette un regard furieux, me retenant par la même occasion de lui dire que je n'ai pas besoin de ses mots d'amour. Non mais merde ! Je pourrais être sa grand-mère !

« J'te prends pour c'que t'es, demi-portion. Et j'sais reconnaître un voleur du dimanche qui tente de faire les poches des gens... »

J'aurais pu ajouter honnête à gens mais il paraît que se foutre de la gueule du monde, c'est pas spécialement bien vu. Puis quelle idée m'a pris de m'agiter pour lui montrer que je vais bien ? L’œsophage brûlé par l'acide gastrique, je m'en serais bien passé, de même que la nausée. Sa mère ? Qu'est-ce qu'il veut que je lui fasse, à sa mère ? Je ne sais même pas qui c'est ! Là c'est bon, la panique me gagne. Je sens mon cœur tambouriner dans ma poitrine et le sang pulser à mes oreilles. Traumatisme crânien, jambe coincée que je sens à peine, douleur diffuse, du sang, du sang, du sang... là c'est bon, j'ai peur. Parce que métamorphe ou non, je peux y laisser ma peau et je me rends compte que je n'en ai pas du tout envie. Je finis par lâcher le col de mon sauveur du dimanche, hochant la tête avec un regard inquiet. Putain que je la hais, cette peur... une peur animale, que je dois au coyote. Le coyote qui aurait bien fichu le camp si je n'avais lutté contre mon instinct en restant perchée dans la conduite d'aération. Promis, sac à puces. Si je sors de là vivante, je t'écoute. Je tente alors de me calmer, de cesser de m'agiter pour ralentir l'activité de mon cœur qui ne fait qu'aggraver l'hémorragie et me rallonge, fixant le sol avec un regard inquiet. Ne me coupe pas une jambe, gamin... Et voilà qu'il continue sur sa lancée avec ses surnoms à la con et ses références d'enfant qui a oublié de grandir.

« Wouaa trop bien, on m'l'avait jamais faite, celle-là ! Désolée, chéri, j'suis pas la fille disparue d'un tsar et t'as ni la gueule de Dimitri, ni celle de Raspoutine. »

Bordel que je l'ai détesté, ce prénom... les incessantes référentes à sa mini majesté la grande duchesse... je suis née presque trente ans après sa mort et pourtant, il faut encore qu'en pleine Apocalypse un con y fasse référence.

« Puis merde... t'as qu'à m'appeler comme tu veux... »

La reddition. Tout ce que j'aime ! Mais j'ai l'impression que si je persiste à le reprendre dès qu'il me donne un nouveau surnom, il va en trouver un pire ! J'espère juste qu'il se fatiguera avant d'avoir épuisé ma patience... douce naïveté que voilà ! Je me laisse faire tandis qu'il dégage les cheveux poissés de sang de mon visage, grimace quand le désinfectant vient brûler mon épiderme et l'écoute me raconter le récit palpitant de son existence. Si on oublie mon attitude de vieille ronchon, il a un côté amusant, mine de rien. Le genre de type que rien n'effraie suffisamment pour qu'il en abandonne sa légèreté et son humour. Pourtant, quand le nom Georg vient frémir à mes oreilles, je me raidis et manque de m'étouffer avec le sang qu'il me chatouille encore les poumons. Oh putain la blague... nerveusement, je me mets à rire sans parvenir à m'arrêter, même si ça me fait plus mal qu'autre chose. Georg ? Sérieusement ? Qui est le con qui lui a filé ça en deuxième prénom ?

« Ahahah ! Désolée, gamin... le seul Georg que je connaisse est le pire trou du cul que la Terre ait portée. Et crois-moi, des connard j'en ai vu ! Celui-là, il joue dans la cour des grands. M'enfin quelque part, c'est un vrai slave... c'est juste pas le genre de type avec qui tu as envie de boire le thé. C'est qui ton père, que je rigole ? »

Mon petit doigt me dit que je n'ai pas vraiment envie de connaître la réponse à cette question. Georg... l'enfant de salaud, tiens ! Lui m'aurait laissée crever là et n'aurait même pas déposé de fleurs sur ma tombe. Il serait plutôt v'nu pisser dessus, tiens. En tout cas, il faut reconnaître une chose : Mikkel a un don pour faire oublier à ceux qui souffrent où ils ont mal, avec ses conneries ! Ça ne m'empêche pourtant pas réellement de paniquer et j'entreprends alors de soulever les débris pour retirer ma jambe de là. Si j'y suis arrivée ? À votre avis... J'ai envie de sortir de là, de respirer autre chose que de la poussière de plâtre et surtout, SURTOUT de sentir à nouveau ma jambe.

« Putain mais grouille-toi ! Je sens pratiquement ma jambe ! »

Y a de la panique dans ma voix. De la panique, du stress et de l'impatience. Je grogne tandis qu'il me met de force une minerve qui m'empêche de me mouvoir comme je le voudrais. S'il continue à m'appeler princesse, je jure que lui refais le portrait façon royale. Plus jamais je ne me plaindrai quand Andreï m'appelle sac à puces, c'est décidé.

« Ouais j'allais dire Leningrad... j'ai pas quinze ans, le mioche et quand tu grandis en URSS, t'apprends à lécher les pieds de tonton Staline avant d'apprendre à marcher. Ça passe aussi par le nom de ces putains de villes et oh bordel ça fait mal ! »

L'objet qui me rentre dans la cuisse s'enfonce un peu plus à chaque seconde, si bien que j'en oublie une chose : il n'a pas vraiment répondu à ma question, le bougre. Ça fait mal, tellement mal, cette merde... j'ai l'impression que je vais y laisser ma jambe si je n'y laisse pas ma peau. Tétanisée par la douleur, je suis incapable de bouger et, lorsqu'il m'invite à ne pas m'inquiéter parce qu'il s'apprête à soulever le bloc, je lève un pouce en l'air en signe d'affirmation. C'est bien le seul membre que j'arrive encore à bouger sans avoir envie qu'on me le coupe sur le champ. Je serre les dents, obéissant bravement à mon sauveur du dimanche, retenant à grand peine le hurlement qui se coince dans ma gorge. J'ai douillé plus d'une fois en sept décennies mais là... là c'est quelque chose ! Si avec ça je ne chope pas le tétanos et trois autres cochonneries supplémentaires, je ne comprends plus ! Je tente de rester immobile mais les tremblements de douleur qui secouent tous mon corps m'en empêchent.

« Grouille, gamin ! »

Qu'il ne le prenne pas pour lui... c'est la douleur qui me rend impatiente. Je sens la fièvre monter, mes forces m'abandonner et pourtant, j'ai bien conscience que sans ma nature de métamorphe, je serais probablement déjà morte. C'est déjà un miracle que la barre de fer ne se soit pas plantée dans ma fémorale, sans quoi ça aurait été bye-bye en dix minutes, montre en main. Je hoche la tête comme je peux à cause de la minerve et me laisse finalement faire, bien trop épuisée pour continuer à lutter contre l'humour et les surnoms de Mikkel.

« Les analgésiques ont pas d'effet sur moi... mon organisme les assimile trop vite. Alors soit t'arrives à retirer ça en moins de dix minutes, soit t'auras de toute manière droit à une jolie symphonie de hurlement. »

Et c'est pas dit que je hurle juste et poliment, pour couronner le tout ! Pourtant, il me fourre le cacheton dans la bouche, je grimace en sentant la pastille mentholée et plâtreuse se dissoudre sous ma langue et pousse un profond soupir. Cette mission n'est plus un échec, à ce stade. C'est pire ! Je le fusille du regard alors qu'il persiste avec ses surnoms et repose la tête au sol, tremblante de douleur.

« T'as qu'à m'appeler comme tu veux, j't'ai dit... T'es déjà bien patient avec moi... »

J'en connais plus d'un qui m'aurais laissée là pour aller s'occuper de gens plus sympa. Genre inconscients, au hasard ! Je tourne légèrement la tête vers Mikkel et me mords la lèvre. Merde... j'aurais aimé qu'il oubli ce petit moment d'égarement au moment où il s'est pointé.

« Ah ça... heu... nan mais j'avais pas les idées claies, c'est tout. De loin, tu ressemblais à un p... à quelqu'un qui je connais. Un type russe qui s'appelle Andreï. Encore un sale con, si tu veux mon avis ! »

Un sale con, hin... pourtant, ma gentille mémoire qui ne se souvient plus comment parler anglais se souvient parfaitement des mains d'Andreï sur mon corps, des lèvres d'Andreï sur les miennes, de... stop. C'est pas le moment. À cet instant, c'est un con, point barre.

« C'est juste que ça aurait été bizarre qu'il soit là, tu vois... On a bossé ensemble à une époque, d'ailleurs pour le Georg complètement cinglé dont j'te parlais tout à l'heure ! Mais bon qu'est-ce que t'en as à foutre, hin ? La vache... ça fait planer, ton cacheton ! »

Je l'avais prévenu. Qui dit guérison plus rapide dit assimilation accrue. Le médicament fait déjà effet et je sens la douleur s'atténuer sans pour autant totalement disparaître. Elle s'éloigne suffisamment pour que je trouve la force de me redresser en prenant appui sur mes coudes.

« C'est vraiment pas beau à voir... mais c'est toi l'toubib, on fait quoi maintenant ? Tu vas quand même pas m'enlever ça là, à mains nues ? Si... ? »

ça ne me rassure pas. Mais alors pas du tout ! Ça aurait même plutôt tendance à me faire peur !

« Non parce que attends... si t'es payé pour soulever des trucs, t'es quoi ? T'es quand même un peu médecin, hin ? »

La voilà qui revient, la panique ! La paranoïa, l'angoisse qui accompagne généralement ce genre de situation, l'inquiétude à laquelle je n'avais pas goûté depuis mes dernières missions pour le KGB, une inquiétude dont je m'étais guérie et à laquelle je ne suis plus vraiment prête à faire face.

« O... ok. On fait quoi ? »

C'est fou comme il y a cinq minutes encore, je le prenais pour un sale gosse. Là j'ai plutôt l'impression d'être face au Messie et d'attendre qu'il fasse un miracle.


Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: (Mikkel) | I fuck up everything but let me explain.   Mar 6 Mar - 17:54


« I fuck up everything but let me explain. »

Anastasia & Mikkel
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Ainsi donc, la blessée considérait que j'avais plus la gueule d'un pickpocket que de Dimitri le beau gosse. Sans prendre le temps de me vexer, il me paraissait plus sage de noyer le poisson en lui parlant de tout autre chose, histoire de lui faire oublier tout autant ma tentative de vol que sa douleur. Dans un sens, on aurait dit que j'avais parfaitement réussi, puisque ma patiente à demi écrasée sous les décombres parvenait à se foutre à rire malgré sa douleur. A croire que son Georg à elle était un fameux numéro ! Pourtant, si je me contrefoutais qu'elle se moque de mon deuxième prénom, il y avait des choses sur lesquelles j'avais pas envie de rigoler. Pourquoi je lui parlerais de mon père si c'était pour qu'elle se foute de lui, hein ? « Un peu de respect pour mon père, oublie pas que ta vie est entre mes mains, ma grande. J'suis désolé que ton Georg soit un sale con. Au moins, c'est pas lui qui t'a mise dans ce merdier. » Ou peut-être que si ? J'en savais rien après tout mais j'étais pas flic et c'était pas à moi de l'interroger sur la raison de sa présence sur une scène de crime.

Même si je devais bien reconnaître que cette meuf était une sacrée dure à cuire, qui ne chouinait pas facilement en dépit de la douleur, je sentais bien qu'elle angoissait à fond. Et elle n'était pas la seule, vu que j'étais pas bien certain d'être capable de sauver sa patte folle. Elle me disait qu'elle sentait sa jambe ou pas là ? Je me sentais pas trop le cœur de devoir amputer une compatriote à vif, sans aucun matériel de secours. Mais je préférais ne pas lui rajouter de stress, mieux valait sans doute prétendre que je savais parfaitement bien ce que je faisais. Oh bah, ça ne devrait pas être si compliqué après tout, merde. Ta gueule Mikkel et souris lui. « Oh je ne lèche les pieds de personne moi hein. Enfin, sauf dans certaines situations que je tairai pour ne pas choquer tes chastes oreilles.» Elle avait beau dire, avec ses grandes connaissances sur l'histoire russe, elle n'était pas bien plus vieille que moi, à vue de nez. Pourquoi elle s'entêtait à m'appeler gamin ou mioche ? J'imaginais que c'était une sorte de vengeance aux petits surnoms que je lui offrais et je haussai les épaules.

Quoiqu'il en soit, j'avais réussi à soulever le bloc et libérer ainsi sa jambe. Sans trop faire attention à ses protestations, je lui offris le médoc avec autorité, avant d'examiner sa blessure attentivement. « T'inquiète, c'est une dose de cheval là, ça devrait faire l'affaire. Et on va pas se presser, on va faire ça bien, tu verras, j'suis un pro. » Je ne savais pas si elle hurlerait, jusqu'ici j'avais remarqué que même si elle avait l'air de posséder un foutu caractère de cochon, elle se montrait plutôt dure à la douleur. Au moins, elle ne gigotait plus. Lui renvoyant un sourire enjôleur à son regard qui me mitraillait, je hochai doucement la tête. Je n'avais pas l'impression d'être un mec patient de manière générale, j'étais plutôt du genre impulsif et colérique et j'avais toujours envie d'avoir tout, tout de suite, incapable de supporter la frustration. Mais il apparaissait que je pouvais me montrer suffisamment attentif aux autres quand je le voulais bien, à croire que je me bonifiais avec le temps. Et dans l'attente que l'analgésique fasse effet, je revenais sur une chose qui m'avait un peu surpris lorsqu'elle m'avait interpellé. Il me semblait bien qu'elle avait prononcé le prénom d'Andreï en me voyant, et en écoutant ses explications, je fronçai un peu les sourcils avec étonnement. J'avais donc pas eu la berlue.

Tout en méditant sur ses paroles où elle reparlait encore de son Georg, je dégageais sa jambe avec douceur, en retirant tous les petits débris qui la recouvraient encore. Cette barre métallique restait évidemment le plus difficile que je gardais pour la fin, lorsqu'elle se sentirait prête pour supporter l'opération. Pourtant, je ne pensais pas que l'effet serait aussi rapide que ça... en la voyant déjà tenter de se redresser, j'esquissai une légère moue. « Et là maintenant, t'as les idées claires ? T'as l'air de te remettre sacrément vite. Okay et donc le cacheton te fait quand même de l'effet. Tu te sens comment là ? » Je soupirai un peu. Si elle planait, c'était tant mieux pour elle, mais ce qu'elle me racontait me paraissait quand même chelou, tout autant que sa façon si rapide de récupérer. Me redressant vers son visage, je suivis aussitôt une impulsion qui me traversa le crâne pour me pencher vers elle et la renifler, le nez dans ses cheveux. Cette odeur là était un peu particulière, elle ne ressemblait pas à celle des humains et je ne savais pas réellement quel nom mettre dessus. En attendant, elle avait l'air de paniquer de plus en plus et ses questions pertinentes me firent vaguement tiquer. Est-ce que ça aurait été mal de lui mentir ? Retrouvant son regard, je lui offris l'un des plus beaux sourires de Mikkel Ievseï, celui qui se dessinait sur ses lèvres lorsqu'il se plaisait à raconter l'un de ses plus beaux bobards.

« Je suis mieux qu'un médecin. Y'a même des gens qui m'appellent Saint Mikkel. » En vérité, c'était surtout Lazlo qui m'appelait comme ça. Et il m'appelait aussi Chevalier pourfendeur de dragons et Co-pilote intergalactique. Mais hé j'avais des tas de compétences. « Ce qu'on va faire c'est que tu vas prendre un truc pour mordre dedans. Tiens, t'as qu'à prendre cette compresse, elle est toute propre garantie sans microbes. » Lui offrant généreusement l'objet, je me redressai pour regarder autour de moi. Tout de même, si des gens plus qualifiés pouvaient se ramener, ce serait pas du luxe ! Mais je ne voyais personne... Tout en scrutant les environs, je repris la parole d'une voix pensive.

« C'est quand même une fameuse coïncidence ce que tu me racontes là, n'empêche. Parce que justement, y'a un mec de ma famille à qui je ressemble vachement et qui s'appelle Andreï. » J'abaissai sur elle un regard plus sévère, la fixant dans le blanc des yeux. « Par contre il est pas con. » Ma bouche se tordit légèrement à cette affirmation. Bon okay, j'admettais qu'on pouvait éventuellement qualifier mon grand-père de la sorte dans certains circonstances, m'enfin elle en avait pas le droit, elle. Si je savais qu'Andreï bossait autrefois pour un type cinglé, il ne m'avait jamais donné son prénom. Mais à ce que j'en avais compris, son créateur était également l'un de ses pires ennemis. Alors quoi, si cette meuf faisait partie de sa bande, est ce que je devais me méfier d'elle ? Est-ce qu'elle faisait partie de ceux qui en voulaient à Andy pour des histoires de vieilles hargnes d'avant l'apocalypse ? De ceux qui avaient torturé Lara et Roman autrefois ? Je blêmis un peu à cette pensée. En plus, en respirant son odeur et en la voyant reprendre des forces si rapidement, l'idée qu'elle puisse faire partie de cette race surnaturelle me traversa. « T'es qui au juste... ?  J'veux dire t'es quoi ? » Une créature comme moi ? Ou comme Andreï ?

Avant qu'elle ne puisse me répondre, le sol se mit soudainement à trembler sous mes pieds, interrompant brutalement notre conversation. Je me raidis tout net. Au loin, derrière les montagnes de débris, j'entendis un hurlement. « Attention, l'immeuble ! Planquez vous ! » Je me retournai précipitamment pour apercevoir avec horreur que l'immeuble voisin de celui qui s'était effondré, vacillait dangereusement sur ses fondations lui aussi,. Peut-être que l'explosion avait provoqué un glissement de terrain, qu'est ce que j'en savais ? Mais il devenait salement dangereux de se trouver à cet endroit ! Avec effroi, mon regard épouvanté se retourna vers la russe, cette Anastasia. J'allais me tirer, l'abandonner là et sauver mes fesses en priorité, c'était la chose la plus raisonnable à faire ! Et pourtant... Je n'avais pas le temps de réfléchir, on verrait ça plus tard. Dans un juron sonore, je m'agenouillai vers elle, attrapant la barre de fer d'une poigne ferme, mon autre main posée contre sa cuisse.

« Je te jure que si je découvre que t'es une ennemi d'Andreï, j'te bute juste après t'avoir sauvé !  Serre les dents, princesse, on y va à trois ! A la une ! A la... deux ! »


J'avais menti. Et au moment de prononcer le deux, je tirai sur la barre de toutes mes forces pour l'extraire, dans une giclée de sang. Sous mon élan, je manquai de peu de chanceler en arrière mais bordel, j'avais réussi ! Je fixai la blessée avec des yeux écarquillés, la barre en main,alors que derrière nous, le bâtiment n'en finissait pas de trembler. Complètement paniqué, j'articulais tous les jurons russe que je connaissais pendant que je farfouillai dans mes affaires pour entourer rapidement la cuisse ensanglantée d'une compresse, histoire de stopper l'hémorragie au moins grossièrement. Cela ne me prit que quelques secondes de plus, avant de ramasser Anastasia sans délicatesse en glissant mes bras sous elle, pour la poser sur mon épaule, comme un sac à patates. Maintenant, il fallait qu'on se casse et rapidement ! Sans cesser de vociférer en russe, je me dépêchai d'avancer en trébuchant sous le poids dont j'étais chargé alors que derrière moi, j'entendais un vacarme épouvantable et que la poussière recouvrait à nouveau tout l'espace autour de nous. J'avais la sensation d'être en pleine guerre, tout était chaotique autour de moi. Toussant et crachant, j'arrivai un peu plus loin, me plaçant derrière la protection d'un muret où je reposai un peu rudement la blessée - la morte ? - avant de m'effondrer à ses cotés, le souffle court.

« Hé.. Hé Anastasia... cocotte ? Faut que tu me dises... tu connais vraiment Andreï Ievseï ? Le Georg, c'est qui pour toi aujourd'hui, t'es avec lui ? Dis le et je jure que... bordel. Si t'es pas morte, j'te tue. »


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MessageSujet: Re: (Mikkel) | I fuck up everything but let me explain.   Lun 30 Avr - 18:33

I fuck up everything but let me explain.

Anastasia & Mikkel

Dans d'autres circonstances, l'infirmier du dimanche me ferait sûrement marrer. Là, je me contente de lever les yeux au ciel et grimace immédiatement en me souvenant une fois de plus que ça fait terriblement mal au crâne. Son paternel, je le connais bien plus qu'il ne l'imagine et nous avons appris à nous... respecter mutuellement d'une façon que la bienséance m'oblige à taire (m'enfin pour ce que j'y connais, à la bienséance...). Il faut dire aussi qu'un kiné et sa patiente qui s'embrassent au milieu d'un hôpital, ça fait tâche, en général.

« Bah détrompe-toi, minus, c'est à cause de ce connard que j'me retrouve ici... »

Si je ne haïssais pas déjà Georg à un niveau stratosphérique, je pourrais déclarer que maintenant c'est le cas. Au lieu de ça, je suis juste profondément blasée. Je soupire, de plus en plus lassée de cette situation de merde et en deviens de plus en plus amère. Sois mignonne, Anya, le monsieur essaye de t'aider, tout ça tout ça... c'est vrai, quoi. Il est bien mignon de ne pas s'être barré au bout de trois insultes. Pitié ne me coupe pas la jambe en représailles, pitié... j'y tiens, à ma gambette de danseuse ! Mais sitôt qu'il reprend, je ne peux m'empêcher d'éclater de rire avant de le regretter amèrement. Ah la vache... c'est bien un digne représentant de la famille d'Andreï, tiens ! Comme si quoi que ce soit pouvait encore me choquer, tiens !

« Tes délires fétichistes à base de pieds ne regardent que toi, chéri, je juge pas... »

Un sourire narquois se dessine sur mes lèvres tandis que j'avale la malheureuse pilule qu'il me tend avec la certitude qu'elle sera aussi efficace qu'une pastille de menthe. Faut pas croire qu'être métamorphe n'a que des avantages, ça se saurait sinon ! Pourtant, avec l'adrénaline et le système immunitaire qui fonctionne à vitesse grand V, je ne tarde pas à sentir les effets de l'anti douleur qui a au moins le mérite d'atténuer la souffrance lancinante qui me traverse la jambe depuis tout à l'heure. Ça fait mal, c'est à la limite du supportable et pourtant, c'est rassurant : tant que je souffre, c'est que le nerfs sont encore en vie. Putain grouille-toi de me sortir de là, au lieu de causer, l'ahuri ! C'est bien trop me demander d'être reconnaissante ou d'admettre qu'il fait certainement tout ça pour m'occuper l'esprit et me maintenir éveillée. En réalité, il s'y prend plus que bien, est bien plus calme que moi et parle une langue que je comprends, puisque je suis toujours incapable de prononcer un mot d'anglais. À la limite, fuck est toujours dans mon vocabulaire mais ça s'arrête là.

« Saint Mikkel, hin ? Bah à défaut d'pourfendre un dragon, tu veux pas soulever ça vite fait, dis ? »

J'attrape la compresse qu'il me tend, mords dedans avant même qu'il ait fini de me certifier qu'elle est garantie sans microbes et serre les poings à m'en enfoncer les ongles dans les paumes. Ça va faire mal, je vais douiller, oui oui ça je le sais... et tandis qu'il continue de causer, je le foudroie du regard. Si. Andreï Ievseï est un con. Il est con comme une pinte, abruti comme un cachalot et débile comme un bichon maltais. Sois gentil, gamin, laisse-moi dans l'ignorance et l'aveuglement de cette ridicule certitude. C'est plus facile que de lui dire la vérité, de toute manière. Et puis il embraye, pose la question que je redoute depuis le début et je sens l'instinct du coyote me dicter ma conduite : une fuite inenvisageable et avortée par un putain de parpaing. Je suis censée lui dire quoi ? La vérité ? Un bon gros mensonge ? Fort heureusement, je n'ai pas le temps de répondre car l'immeuble branlant sur le point de s'écrouler se rappelle à notre bon souvenir. Enfin, pour être précise, c'est l'immeuble d'à-côté qui a décidé d'imiter son voisin. La panique enfle en moi, je vois arriver l'irrémédiable fin de ma pathétique existence et je ne peux rien y faire. Putain d'merde, Georg, j'te retrouverai en enfer et j'te ferai la peau ! Mon regard affolé se pose sur Mikkel et j'ai, l'espace d'une instant, l'impression qu'il s'apprête à me laisser là.

« Tu vas pas m'laisser là, quand même ! »

J'ai agrippé son pantalon en disant ça, il s'est agenouillé en jurant comme un charretier et la menace est tombée. Je le fixe un instant, muette, et me contente de hocher la tête. C'est une bonne remarque, ça : est-ce que je suis ou non une ennemie d'Andreï ? Y a des choses dont je suis persuadée, d'autres que je sais mais celle-là, c'est un mystère. J'œuvre malgré moi sous les ordres de Georg, ce qui fait forcément de moi une ennemie d'Andreï. Je lui ai tiré dans les pattes un paquet de fois, j'ai souhaité sa mort, me suis immiscé dans sa vie... ce qui fait de moi son ennemie. Mais le karma et le destin m'ont prouvés il y a peu que si la nature me pousse à prêter allégeance à la pire engeance que l'enfer ait pu recraché, l'amour m'oblige à rester fidèle au seul abruti sur Terre que j'ai jamais désiré. Alors oui et non. Les apparences font de moi son ennemi, la réalité fait de nous des alliés indestructibles. Je crois. Et merde, c'est bien trop compliqué à expliquer en trois ou quatre secondes.

De toute manière, je n'ai pas ces trois ou quatre secondes devant moi. À peine Mikkel a-t-il le temps de dire deux que je sens la barre de fer glisser entre mes chairs, le métal agrippant la peau et les muscles et les nerfs hurlant une douleur que ne peuvent retranscrire mes cordes vocales. Dans les bras de mon sauveur du dimanche, je me sens prête à sombrer dans l'inconscience tant la douleur me vrille les sens. J'ai juste le temps de voir Mikkel poser une compresse sur ma cuisse et c'est le noir complet. J'ai l'impression de m'enfoncer dans une épaisse couche de coton, la douleur reflue, le vacarme est peu à peu étouffé par un unique et discret sifflement et n'éprouve bientôt plus rien d'autre qu'une vague conscience de mon propre corps. Je ne sens pas Mikkel me hisser sur ses épaules, pas plus que je ne vois ni n'entends l'immeuble s'effondrer derrière nous. Pour être honnête, je resterai bien là. Plus de douleur, plus de question, juste un bon gros roupillon le temps que les secours me remettent sur pieds. Mais ça, c'est sans compter le choc qui me réveille en sursaut lorsque Mikkel me dépose sur le sol, un peu plus loin. Je grimace, tousse et cligne des yeux en cherchant du regard mon preux chevalier sans armure.

« Putain... Tu lâches rien, toi, pire qu'un clébard ! On est sur le point d'crever et c'est ma confusion avec Andreï qui te tient en vie ? Tu dois sacrément l'aimer... »

Et à ces mots, j'ai un pincement au cœur. Ils sont de la même famille. Quoi que dise ou fasse Andreï, il a une famille, une descendance, un repère qui vit, des cœurs qui battent. Ça fait partie des choses que j'essaye depuis toujours de lui cacher car une famille, c'est ce qui me manque le plus, ce qui me fait le plus défaut. Une famille, c'est ce que je ne pourrai jamais avoir et je n'arrive pas à me faire à cette fatalité.

« J'connais Andreï Ievseï, oui. Putain ça fait mal, cette connerie... on a... disons... servi ensemble. Dans l'même camp. Et Georg, c'est le roi des trous du cul. Satisfait ? »

Y a une autre chose qui ne va pas lui échapper : maintenant qu'il n'y a plus ni la barre de fer ni les gravas sur ma jambe, celle-ci commence à cicatriser. Je sens comme des fourmis qui me grignotent la jambe, tandis que lentement mais sûrement, la plaie se résorbe. Pas de quoi aller courir un marathon en sortant, mais je devrais au moins pouvoir tenir debout en claudiquant le temps qu'on sorte d'ici.

« T'as peur de quoi, au juste ? Que j'veuille le butter, ton pote ? Tu sais quoi ? Andreï, j'lui ai sauvé la peau une paire de fois et il a fait la même chose pour moi. Tu crois pas qu'si j'avait voulu l'tuer j'l'aurais fait plus tôt ? Viens, faut qu'on foute le camp... »

Il connaît Andreï... il lui ressemble, ils sont forcément de la même famille. Mais qui est-il d'un point de vue généalogique ? Je me relève difficilement, manque de chanceler parce que mon équilibre est encore incertain et aide Mikkel à se relever. Il faut qu'on foute le camp et vite. J'avise alors une fenêtre aux verres brisés à travers laquelle une grosse poutre plus ou moins solide s'est fichée. Avec un peu de chance, on arrivera à rejoindre le toit d'en face en passant par là.

« Tu m'poseras toutes les questions qu'tu veux quand on sera sortis, ok ? T'es plutôt doué pour l'escalade ? Parce que si tu m'dis que t'as l'vertige, on est mort. »

C'est simple, y a plus d'autre issue. Les escaliers partent en morceaux, l'ascenseur on oublie et on a pas le temps d'envisager autre chose. Titubant et peinant à prendre appui sur ma jambe blessée, je m'approche de la fenêtre, grimpe sur la poutre et avance prudemment tout le long pour regagner l'autre côté. Un bon mètre nous sépare du toit d'en face mais ça devrait le faire. De toute manière, faudra bien que ça le fasse parce que à part nous regarder depuis le trottoir en nous pointant du doigt, les connards qui sont venus profiter du spectacle ne font pas grand-chose. Je suis à mi-chemin lorsque je me retourne pour m'assurer que Mikkel me suit et à deux mètres de l'arrivée, je suis confiante. Seulement, une nouvelle secousse fait trembler notre pont de fortune. Je me retourne à nouveau pour voir l'immeuble voisin s'enfoncer un peu plus sur le premier, dont les fondations ne parviennent plus à supporter le poids.

Je la vois arriver, la catastrophe ! Je la vois tellement arriver que d'un bond, je franchis l'espace qui me sépare du toit sans réfléchir un seul instant. Ce n'est qu'en me souvenant que je ne suis pas arrivée toute seule ici que je me retourne, vois la poutre sur le point de céder et me précipite au bord du toit pour attraper Mikkel par le bras et l'empêcher de tomber avec le reste de son matos et des tonnes de gravas.

« La vache... vas-y mollo sur les big mac la prochaine fois, mec... et surtout, tu ne lâches pas ma main ! »

J'ai l'impression d'avoir la force d'un moucheron crevé, à tel point que j'ai toutes les peines du monde à le hisser sur le toit tout en ne remarquant même pas un retour brutal à l'anglais. Ma jambe me fait toujours terriblement mal et je me sens fiévreuse, chose qui ne m'était pas arrivée depuis des dizaines d'années. Rien qui ne doive m'alarmer mais largement de quoi m'emmerder un bon moment. Ce n'est qu'une fois adossée à la rambarde du toit, le souffle court et le cœur battant à tout rompre que je réalise que nous sommes en vie, perchés sur un immeuble qui a l'air de tenir. Alors c'est nerveux, je me mets à rire sans pouvoir m'arrêter.

« Oh putain... j'arrive pas à savoir si on est morts ou vivants... ça va ? »

Je me passe une main sur le visage, n'ose pas imaginer la quantité de plâtre et de poussière qui le recouvre et grimace en voyant ma jambe trembler sous la douleur. Je suis bonne pour boiter pendant un moment, avec tout ça.

« Bon... J't'écoute, qu'est-ce que tu veux savoir ? » je lâche dans un soupir résigné.

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MessageSujet: Re: (Mikkel) | I fuck up everything but let me explain.   Ven 18 Mai - 14:57


« I fuck up everything but let me explain. »

Anastasia & Mikkel
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Sous la panique, mon corps était envahi de tremblements impossible à maîtriser. Je me frottai le visage fébrilement, maculant involontairement mes joues avec le sang d'Anastasia. Penché vers elle, je la harcelai de questions sans même reprendre mon souffle et je haletai, la gorge endolorie par cet air vicié. On se serait cru en plein enfer et j'étais tellement écrasé par l'angoisse que je n'entendais même plus les battements du cœur de cette nana. Peut-être qu'elle était morte, peut-être que j'interrogeais un cadavre et j'avais de plus en plus la sensation de perdre les pédales. Lorsqu'elle ouvrit les yeux subitement, je tressaillis, le visage marqué par mon désarroi. En l'entendant me répondre, je relâchai un soupir, le cœur battant, l'expression figée par l'inquiétude et la méfiance. Si j'aimais Andreï ? Je ne répondis pas immédiatement, me contentant d'un raclement de gorge sans cesser de l'écraser d'un regard scrutateur. Je ne savais pas trop comment interpréter sa mine et je plissai les yeux en essayant de relâcher la pression. J'en avais l'estomac noué et il valait mieux éviter que je dégueule à mon tour... En l'écoutant, je me figeai avant de ciller légèrement.

« Dans le même camp. » Je répétais ses mots d'une voix hachée. « Ça veut dire que t'as bossé avec lui pour le KGB ? T'es devenue un genre de... d'animal-garou, toi aussi... » Peu à peu tout se mettait en place et j'accusais le choc de ces confirmations, oubliant pour le coup le danger immédiat de notre situation. Sa façon de me toiser comme si j'étais qu'un gosse pour elle, ses souvenirs de l'histoire russe, sa faculté de résister si bien à la douleur... Tout s'expliquait. Je baissai le regard sur sa jambe blessée et fronçai les sourcils avec trouble en constatant que l’hémorragie avait déjà cessé. Avec une telle blessure et après un transport pareil, un être humain normal aurait dû pisser le sang... Mais la dure à cuire me balançait ses bravades auxquelles je renvoyai un regard farouche. « Tu m'excuseras si je m'informe, Andreï a pas que des amis, si tu le connais tu devrais le savoir... » Elle avait l'air sincère, même si je n'avais que sa parole comme preuve. Mais l'heure n'était pas à la discussion et je n'insistai pas, acquiesçant à ses mots dans un soupir résigné en la regardant se redresser. Elle avait sans doute raison, on avait tout intérêt à ne pas moisir ici et je la laissai m’entraîner à sa suite, dans un regard incertain et plein d'interrogations. Cette meuf était donc un agent secret russe, une créature mystérieuse hyper badass aux pouvoirs surnaturels. La classe quand même. C'était encore plus cool qu'être la princesse Anastasia du dessin-animé, bordel...

Distrait par mes fantasmes de gosse, je ne compris pas immédiatement son histoire d'escalade et je fronçai les sourcils, en suivant son regard. La vache, elle voulait qu'on grimpe là-dessus ? « On n'a pas le choix, j'suppose... Vas-y passe devant, j'te suis. » Bien-sûr que oui j'avais le vertige ! J'avais jamais fait de stage de funambule, moi. Pourtant c'était pas le moment d'hésiter, tout tremblait autour de nous et je la suivis après quelques secondes, espérant que cette poutre supporte le poids de deux personnes à la fois. Ne pas regarder en bas, c'est ce que je me répétais comme une litanie, en grommelant des jurons russes de plus en plus désespérés. C'est que notre pont vacillait et je fus obligé de m'immobiliser pour garder mon équilibre, le visage blêmissant. Sous mes pied, le vide me fit chanceler et je titubai, aspiré par cette horrible sensation de vertige. Devant moi, la princesse bondit jusqu'au toit et mes yeux s'agrandirent de terreur durant ces quelques secondes où je me vis chuter dans le vide, le corps traversé de frissons glacés. Je n'avais plus qu'à tenter de m'élancer à mon tour, dans un sursaut éperdu. Mais mon élan était trop court et ce ne fut que la poigne d'Anastasia qui me retint in extremis alors que je la fixais de mes yeux écarquillés. La tête me tournait alors que je m'accrochais à son bras aussi fort que je pouvais. « Tu... tu parles anglais ? Oh merde, dis-moi que t'as des muscles d'acier, meuf ! J'te promets que j'ai aucune envie de te lâcher... » J'étais prêt à renoncer aux big mac, aux beignets, à me foutre au régime si elle voudrait, à lui promettre n'importe quoi ! Le visage crispé, je me mordis la joue en essayant de me hisser sur le rebord, les jambes gesticulant dans le vide. Et lorsque je parvins à remonter un peu plus, la russe me tira fermement jusqu'à ce qu'enfin je gagne la sécurité d'un sol tangible. Un sol que j'aurais bien embrassé en y retombant, le cœur battant et le corps tremblant de tous mes membres. Le rire de la diablesse était communicatif et je fermai les yeux en m'esclaffant dans les mêmes éclats nerveux.

« Si on est morts, le paradis a une drôle de gueule... ça va ouais, j'ai réussi à éviter d'me pisser dessus... et toi ? J'vois que t'as retrouvé ta langue même si t'as gardé l'accent. Ta cervelle a l'air de fonctionner au moins.»

Je me redressai doucement sur mes genoux pour retrouver son regard. Nous aussi on avaient de drôles de gueules mais on était entiers et, à entendre les battements sourds de nos palpitants, on était bien vivants. Un véritable miracle vu le merdier dans lequel on s'était retrouvés. Je l'observais un moment sans rien dire, voyant sa jambe trembler, bien que la blessure ne saignait plus du tout à présent. Si j'avais encore des doutes sur sa sincérité, elle venait de les effacer en m'empêchant de m'écraser sur le sol. Elle m'avait sauvé la mise, comme elle l'avait fait pour Andreï, selon ce qu'elle m'avait confié. Autour de nous, tout semblait plus calme, l'immeuble sur lequel on se trouvait était stable et je hochai doucement la tête en m'asseyant sur mes talons. « J'pense que ce serait pas mal qu'on ait une discussion claire, ouais. Si tu m'as pris pour Andreï, c'est pas pour rien, j'suis son p'tit fils. Et on bosse ensemble lui et moi. » J'ajoutai ces derniers mots plus gravement, pour lui signifier avec un certain orgueil la profondeur de notre lien. La fine équipe ouais, unis comme les doigts de la main, sauf que je ne savais quasi rien de sa vie. Je la laissai intégrer l'info quelques secondes pendant que je réfléchissais. Est-ce que Andy lui avait déjà parlé de moi ? Il était tellement taiseux que j'en doutais fortement, mais pour ma part, il était toujours resté très mystérieux sur son passé. A vrai dire, c'était assez habituel dans ma famille de cultiver les secrets et les non-dits comme de la mauvaise herbe, jusqu'à ce qu'ils poussent tellement qu'ils nous laissent perdus au milieu d'une forêt vierge inextricable. Je finissais pas admettre qu'elle n'avait pas tort en disant qu'Andreï n'était qu'un sale con, pourquoi il s'obstinait à garder tous ses mystères pour lui ?

« Il m'a jamais rien dit sur toi mais donc, t'es un genre de mamy-rat en réalité ? Si c'est le cas, tu fais pas ton âge... » Je plissai les yeux en l'observant. Je n'étais pas forcément le mieux placé pour juger de la beauté féminine mais c'était carrément une belle gosse. Et connaissant mon vieux séducteur de grand-père, j'aurais pas été surpris qu'il se soit passés des trucs entre eux. Mes lèvres s'étirèrent dans un sourire en coin en évaluant la situation. Avoir des alliés puissants étaient toujours très intéressant et mieux valait qu'Anastasia soit dans notre camp plutôt que contre nous. Putain cette meuf avait survécu à un effondrement d'immeubles, c'était pas n'importe qui... « Ce que j'veux savoir c'est quelles sont tes rapports avec Andreï aujourd'hui. Vous vous êtes revus, depuis l'apocalypse ? Puis faut que tu m'expliques dans quoi tu es exactement. Y'a plus de KGB maintenant, on sait même pas dans quel état est la Russie. Alors tu fous quoi, tu bosses pour une mafia ? Et ton Georg aussi ? » Je lui posais mes questions plus posément, maintenant que j'avais retrouvé mon calme et que l'angoisse des derniers événements était un peu retombée. Mon regard glissa à nouveau vers sa jambe blessée. « Si t'es dans le camp d'Andreï, t'es dans le mien aussi. J'peux t'emmener en bas et te faire un bandage correct, tu guériras plus vite... » Mes yeux s'ancrèrent dans les siens tandis que je poursuivais d'un ton enjôleur. « J'peux même te porter galamment sur mon dos, princesse. Alors fais moi confiance et raconte moi toute ton histoire, t'sais que j'adore les contes russes... »


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MessageSujet: Re: (Mikkel) | I fuck up everything but let me explain.   Mar 3 Juil - 23:42

I fuck up everything but let me explain.

Anastasia & Mikkel

Pendant une seconde, la panique m'a gagnée. Et si, après tout ce merdier, on y restait, ensevelis sous quarante tonnes de gravats ? Fais chier... j'ai pas survécu à la guerre froide, à l'Apocalypse et à la gueule de déterré d'Andreï au réveil pour crever aussi bêtement. Et puis qu'est-ce qu'il me bave, l'autre ? Un animal-garou ? Et puis quoi, encore ? Je ne suis pas une créature folklorique, moi monsieur ! Même si j'en ai tout l'air, d'autant que le coyote se rapproche du loup... un genre de lycaon au rabais, super pub, merci ! Je lève les yeux au ciel et ne prends même pas la peine de répondre, tant la situation actuelle me semble bien plus alarmante que mon CV au sein du KGB. Les explications à ce sujet viendront plus tard, tout comme celles concernant mon « amitié » avec Andreï. Pas sûre que ce terme-là convienne mais je pense que si je commence à lui expliquer en détail l'immonde tas d'excrément qui constitue la quasi-totalité de notre relation, il va plus se méfier de moi qu'autre chose. Donc soit. Andreï est un « ami ». Là non plus, je ne réponds pas parce qu'il y a vraiment plus urgent et que je préfère chercher une solution pour nous en sortir. J'ai l'impression que cette situation ne pourrait pas être pire, qu'il ne peut rien nous arriver de plus et pourtant, je regrette cette pensée complètement ridicule quand je me retrouve penchée dans le vide à tenir à bout de bras cet inconnu qui m'est pourtant si familier. Je grimace, épuisée par les blessures, la chute, la poussière, par à peu près tout mais il est hors de question que je le lâche. Si je fais ça... bon ok, techniquement, on ne se connaît pas des masses, je devrais n'en avoir rien à foutre qu'il s'écrase au sol comme une omelette mais c'est tout le contraire qui se produit. C'gamin... il a beaucoup de points communs avec Andreï, c'est évident qu'ils partagent le même sang et quelque part, le savoir en vie ne peut que me réconforter : ça veut dire que malgré toute la pourriture qui entoure notre existence, y a des choses bien qui peuvent arriver. Tant pis si je ne laisse aucun héritage derrière moi tant que j'ai la preuve qu'un autre au passé quasi-identique a pu abattre d'autres cartes et remporter la partie à sa manière. Bon et puis soyons honnête, je l'aime bien, ce petit con.

« Boucle-la et aide-moi à te remonter ! »

Et merde, c'est vrai que je parle anglais ! Sans savoir comment ni pourquoi, je me suis remise à la langue de Shakespeare sans m'en apercevoir. Faut-il que j'ai été amochée pour plus savoir aligner trois mots d'anglais... Adossée au rebord du toit, je tente de calmer ma respiration sifflante et les battements effrénés de mon cœur. Il me fait rire, le gamin...

« T'as beau avoir une gueule d'ange, gamin, c'est pas toi que j'voudrais voir si j'allais au Paradis... Puis t'inquiète pas pour ma langue et ma cervelle, tout roule. Enfin j'crois... au moins, on est vivants. La vache... »

Je me redresse, me prends la tête entre les mains et soupire. On est en vie, bordel ! C'est inespéré ! Alors je me sens d'humeur magnanime, et puis le gamin m'a posé tout un tas de questions, alors autant l'inviter à les reposer pour que cette fois j'y réponde. Il a tellement défendu bec et ongles Andreï que je doute qu'il soit contre lui. Oh il pourrait jouer la comédie, c'est sûr ! Mais Ievseï est tellement horripilant par moments que c'est difficile de le défendre quand on a juste envie de lui fracasser la tête. Quoi ? Comment ça je n'ai aucune crédibilité ?

« Que tu sois son p'tit fils j'le conçois, t'es un peu jeuen pour être son môme mais... vous bossez ensemble ? Et t'as rien à redire à ça ? »

Non parce qu'à mon époque, bosser avec Andreï ça signifiait butter des gens, arracher des aveux, mentir, voler... rien de très légal ni sympathique. Et puis il continue et mes lèvres se pincent sous la vexation. Il n'a jamais parlé de moi, apparemment. J'ai beau savoir qu'il peut y avoir des milliers d'explications à ça, je ne peux pas m'empêcher de me dire qu'avant nos retrouvailles, Andreï m'avait sûrement oubliée, alors... pas étonnant qu'il n'ait jamais mentionné mon nom, ça n'était pas important et... et merde, qu'est-ce que ça peut me foutre, hein ?

« Hè j'suis pas une mamie, jeune con ! Et j'suis pas un rat non plus. J'suis un... autre genre d'animal. »

Répondre aux questions, je veux bien, tout lui révéler, faut pas non plus pousser mémé dans les orties. Je le laisse donc avec ces quelques informations incomplètes et lui fait signe de poursuivre. Et c'est qu'il en démord pas, le gosse ! Il enfonce le clou sans savoir que c'est douloureux, comme sujet... évoquer une relation plus bancale encore que le monde dans lequel on vit c'est me mettre face à mes échecs et mon incapacité à aller de l'avant sans regretter un temps si vieux que j'ai l'impression qu'il remonte à des siècles. Y a une chose qui est certaine : le petit est loyal. Son grand-père, il le défendrait bec et ongles, quoi qu'il arrive. Alors très bien, soyons honnêtes. Épargnons-lui juste les détails.

« On s'est revus, ouais. Une ou deux fois, on s'était pas vus depuis quarante alors... on est plus amis. On est pas ennemis non plus. On est juste... deux cons qui se sont connus mais qui se sont perdus du vue. »

Je hausse les épaules, consciente que je complexifie les choses alors que j'avais juré de dire que lui et moi ne sommes qu'amis. Mais c'est... j'ai appris à mentir comme je respire mais ça, c'est trop personnel et je n'ai plus la force ni l'envie de raconter n'importe quoi. Alors plutôt que de dire que notre relation est suffisamment compliquée pour que nous nous engueulions avant de nous envoyer en l'air et ainsi de suite, je simplifie juste un peu les choses.

« J'bosse pas pour une mafia, j'ai assez donné avec le KGB, mais... j'vais pas t'mentir, tu finirais pas découvrir la réalité. Si Andreï t'a parlé du lien qui nous unit à Georg, tu dois savoir que même si je le voulais – et je le souhaite, t'as pas idée – je ne peux pas lui dire non. Je peux lui dire d'aller se faire foutre, je serai toujours contrainte de lui obéir parce que... parce que c'est ça, la malédiction d'un métamorphe. Alors ouais, j'bosse pour Georg, c'est d'ailleurs pour lui que j'étais là, ce soir. »

Ça me fait chier d'admettre tout ça, il n'a juste pas idée d'à quel point c'est dur de devoir admettre que Georg me tient en laisse comme un toutou bien élevé.

« Écoute, Mikkel... ça doit te paraître suspect, tout c'que j'te dis, mais je t'assure qu'on est dans l'même camp. Ça fait des mois que je fais tout mon possible pour tenir Georg loin d'Andreï, pour qu'il ne retombe pas entre ses griffes et ça devient difficile. Je passe de plus en plus pour une conne et il se méfie de moi, alors... si tu tiens autant à ton papy-rat, tu veux bien m'aider à le garder loin de cet espèce de psychopathe ? »

L'idée m'est venue d'un coup, alors même que ça ne me ressemble pas du tout d'être prête à partager une mission ou un objectif avec un autre. Mais là, il faut bien admettre que je suis démunie et que ce n'est certainement pas à Roman que je vais confier tout ça. J'espère d'ailleurs que Mikkel aura la délicatesse de ne pas parler de tout ça à son père, sinon je suis vraiment foutue. Avec un soupir, je me lève, m'étire en grimaçant et gémis de douleur en me tenant la jambe. La vache, c'que ça fait mal... la cicatrisation est d'une lenteur effroyable et je me souviens à cet instant que des morceaux de métal ou des échardes coincées dans une plaie cicatrisée, ça fait effroyablement mal.

« T'en fais pas, Roméo, tu vas pas avoir besoin d'me porter. Aide-moi juste à descendre les escaliers jusqu'en bas. »

Je lui désigne l'escalier de secours qui longe le mur, prend appui sur lui et entreprends de descendre les marches d'un pas claudiquant. J'ai l'impression qu'il nous faut une éternité pour atteindre le rez-de-chaussée, où les secours continuent à s'affairer dans les décombres à la recherche d'un éventuel rescapés. Lorsque nous arrivons près d'une ambulance, je m'assois docilement et laisse Mikkel prendre le relais. Au point où j'en suis, je doute que ça puisse faire plus mal encore.

« J'sais pas trop quoi t'raconter d'plus, en fait... Andreï et moi, on a fait équipe à une époque. Quand on était jeunes et cons. Maintenant on est vieux et cons, y a au moins une constante dans l'histoire. On a fait pas mal de missions ensemble, je peux pas dire qu'on ait vraiment arrêté des méchants vu l'époque mais bon... on a fait notre boulot pour l'union soviétique et basta. On a été changés en métamorphes, y a des choses qui ont fait qu'on éloignés et... voilà. En gros. Tu veux un truc drôle ? Avant d'être un rat, ton grand-père était tellement malhabile qu'il avait deux pieds gauche. Le mec se cassait la gueule en permanence, c'était hilarant ! »

Et ça fait mal, d'évoquer ces souvenirs, alors je préfère me taire avant que la mélancolie ne me gagne et n'abîme un peu plus les traits de mon visage. Détourner la conversation, voilà ce qu'il faut.

« Mais y a un truc que j'ai pas bien compris... vous bossez ensemble ? C'est quel genre de boulot ? »

Parce que bon... je ne suis peut-être pas la personne la mieux placée pour faire la morale à Andreï, mais s'il apprend à son petit fillot à espionner et tuer des gens, m'est avis que ça passera mal auprès des parents dudit gamin... comme pour me punir d'avoir mis le nez là-dedans, la brûlure du désinfectant qu'il m'applique me fait grimacer de douleur. Ça va être pratique dans les jours à venir, tiens...

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