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 I've got thick skin - Jaisy

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Maisy A. Weaver
MASTER OF ILLUSIONS

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↳ Arrivé depuis le : 31/03/2016
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↳ Métier : Animatrice radio / Illusionniste au Colosseum
↳ Opinion Politique : Travaille pour le gouvernement sans forcément en partager les opinions
↳ Niveau de Compétences : Niveau général - 3. Nécro - 1. Illusion - 4. Maladresse - 84
↳ Playlist : Thinking out Loud - Ed Sheeran
Chop Suey - System of a Down
Kané - Fauve
Crazy Youngster - Ester Dean
↳ Citation : "Je me fous de la morale, mais j'ai mon propre sens de l'intégrité."
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MessageSujet: I've got thick skin - Jaisy   Ven 20 Oct - 0:46


« Just call my name on the edge of the night
And I'll run to you, I'll run to you »



Maisy & Joseph
featuring

Août. C’était la dernière fois que j’avais vu Joseph. Après notre dispute, si on pouvait appeler ça comme ça. Après l’angoisse de notre voyage en enfer, nous avions tous les deux besoins d’un peu de temps pour reprendre nos esprits. Il avait eu raison de demander une pause, raison de s’éloigner. Mais, une part de moi lui en voulait. Parce que j’étais fragile, j’avais eu besoin de lui, j’avais eu besoin d’être rassurée. Pourtant, il avait choisi de me laisser seule, était rentré lécher ses plaies, seul. Mon appartement était rapidement devenu étouffant et j’avais passé la première semaine entre celui de mon père et celui de Lazlo. Je n’avais pas eu la force de rester chez moi, je n’y étais même pas rentré, me contentant d’emmener avec moi la cage de mon rat, d’abord chez Papa, puis chez Lazlo. Puis, il avait bien fallu rentrer, il avait fallu me battre contre mes cauchemars, contre ma terreur de me faire aspirer, seule cette fois-ci. J’avais été voir Joseph au Little Darling, comme prévu, deux fois. Et à chaque fois, bien qu’il n’ait pas été désagréable, il m’avait bien fait comprendre que ma place n’était pas là, qu’il n’avait pas besoin de moi. Le LD était sa seconde maison, il y connaissait tout le monde et tout le monde le connaissait, je n’avais pas ma place dans cette partie de son univers. Notre histoire, pour peu qu’elle est réellement existée, n’avait connu que mon appartement et quelques chambres d’hôtel pour tout décor. La forêt, quand nous avions été chercher Orka, quelques bars parfois. Jamais chez lui, jamais au LD, toujours loin de tout ce qui le rattachait à la vie réelle. Comme si, je n’étais qu’une parenthèse qui n’avait pas le droit de déteindre sur son monde. Comme la vapeur qui se déposait sur le miroir de la salle de bain. Je n’avais été qu’éphémère dans sa vie et j’aurais dû le comprendre bien plus tôt. J’étais bien assez grande pour entretenir des relations légères, bien assez intelligente pour ne pas transformer une vulgaire histoire de cul en histoire de cœur. Pourtant, ni lui, ni moi, n’avions mis de mots sur ce que nous étions, et j’avais fini par croire que je pouvais m’attacher à lui, le laisser prendre sa place dans ma vie, s’y rouler comme un chien dans son panier. J’avais cru qu’il en avait envie, mais je m’étais trompée.

C’était à ça que je pensais, en me promenant dans la rue. Il faisait nuit, il faisait bon et l’ambiance festive, que Bourbon Street arrivait encore à garder parfois, déteignait sur moi. J’aurais aimé avoir Joseph à mon bras, la chienne devant nous. J’aurais aimé l’entendre grogner de sa voix bourrue mon oreille. L’entendre dire qu’il préférerait être chez moi. J’aurais aimé le voir rire, chose rare, de son rire rauque, qui envoyait des frissons dans mon ventre. Pourtant, je tournais de rue en rue, cherchant un bar qui me plairait, laissant mes yeux effleurer les hommes et les femmes qui se tenait en terrasse, buvant des jus de fruits, des cocktails sans alcool. Il y avait une pénurie, mais pourtant la ville trouvait encore les moyens de faire la fête, l’humanité avait ce pouvoir. Celui de continuer à chercher son plaisir même dans les temps plus durs.

Avec un soupir résigné, je me décide enfin, je tourne au coin d’une rue et prends la direction de Storyville. Son fief, son quartier, le coin de la ville qu’il connaissait le mieux, celui dans lequel il vivait et dans lequel il travaillait. Rapidement, l’ambiance passe de festive et légère, à lourde et suspicieuse. À Storyville, on ne s’amuse qu’à l’intérieur, bien à l’abri des yeux des Peacekeeper, bien à l’abri des yeux qui pourrait détruire des commerces qu’on a mis des mois, parfois des années, a installé. Je soupire et rentre dans le premier bar que je croise. Je n’ai pas envie de réfléchir, je n’ai pas envie de laisser mes pas me ramener à Joseph, me ramener au LD, ou je le verrais, debout dans son coin, un verre de whisky dans la main et Orka à ses pieds. Son regard sombre posé sur ses danseuses, surveillant les filles comme des bijoux précieux. Je n’ai pas envie de voir son regard passer sur moi et ses sourcils se froncer, comme si je n’avais pas ma place là. Dans son monde. Je m’assieds au bar, refusant de m’asseoir à une table vide et d’avoir à subir la ronde incessante de ceux qui voudrait partager un verre, une clope, une conversation ou mon lit. Je lève deux doigts et commande un gin. Le patron me connaît et le verre atterri rapidement devant moi.

J’ai déjà commencé ma soirée à l’Old Absinthe House, il ne m’en faudra pas beaucoup plus pour être suffisamment ivre pour m’endormir sans risquer de réfléchir trop fort. Puis qui sait, peut-être que quelqu’un réussira à éloigner mes pensées de l’Anglais. Je soupire et fait tourner le liquide translucide dans mon verre. Je pense aux dernières nouvelles, à cette fameuse communauté qui siège hors des murs, à ces gens qui vivent libres, à ceux qui n’ont pas à cacher qu’ils aiment les hommes ou les femmes, à ceux qui ont le droit de boire, le droit de vivre amplement. Je pense à Lazlo, qui y trouverait sa place si facilement. Il trouverait sa place au milieu d’un troupeau de buffles s’ils savaient parler. Un sourire étire mes lèvres à cette idée et je glousse dans mon verre. Mon meilleur ami à définitivement le contact trop facile. S’il ne l’avait pas eu, peut-être que je ne lui aurais jamais parlé, peut-être qu’il n’aurait jamais pris la place qu’il a actuellement et peut-être que mes cauchemars ne tourneraient pas autour de lui aujourd’hui. Je ne rêve plus de l’Autre-Coté. Je rêve de Lazlo, il ne se passe pas grand-chose, mais j’ai juste ce sentiment d’urgence et de danger qui me serre la gorge quand je me réveille. Je lui en ai parlé, il ne s’est pas moqué, mais m’a convaincu que je m’en faisais pour rien, alors, je lui fais confiance. Mes pouvoirs déconnent en ce moment, alors peut-être que c’est juste mon cerveau qui me torture et pas la magie qui tente de me prévenir. Je soupire et frotte mon front du bout des doigts avant de descendre mon verre d’un coup.

Les minutes passent, peut-être même les heures, je perds le compte à mesure que les verres augmentent. J’aurais pu aller chez Giu’, lui faire un coucou, jouer aux cartes un peu, mais je n’ai envie de rien d’autre que de me saouler ce soir. Alors, c’est ce que je fais. Un gars, un peu louche, un peu entreprenant est venu s’asseoir à côté de moi, mais je l’ai remballé rapidement, je n’ai pas envie de ramener quelqu’un chez moi ce soir, encore moins envie d’aller chez lui. J’ai été sèche, désagréable et méchante pour le faire fuir, mais quand il a posé la main sur ma cuisse, je n’ai pas vraiment eu d’autre choix. Je finis mon dernier verre, paie le barman et, d’une démarche rendue chancelante par l’abus d’alcool, m’éloigne du bar. Les lumières sont éteintes dans la rue, prohibition oblige et je cligne des yeux à plusieurs reprises pour que mon regard s’habitue à la noirceur qui m’entoure. J’en profite pour allumer une cigarette, plissant les yeux quand la flamme éclaire mon visage. Lentement, en vacillant, je m’éloigne du bar. Tu fais pitié Weaver, tu fais vraiment pitié… Oh, je sais, je suis pitoyable. Je trébuche sur le bord du trottoir et mon briquet m’échappe. « Merde ! » Ma voix est pâteuse d’alcool, pâteuse de tristesse aussi. Une main s’en empare et m’aide à me stabiliser.

Je remercie distraitement mon sauveur, avant de me rendre compte qu’il s’agit du mec du bar. « Tain’, t’m’suis ou quoi ?! » Je recule prestement, arrachant mon bras de l’étreinte de sa main. Il se contente de sourire et se rapproche à nouveau. Je cherche ma magie et elle se contente de clignoter en moi, s’approchant et s’éloignant sans que je puisse l’attraper. Je fronce les sourcils, perturbée. Une faille ? Non, l’effet était différent quand la faille nous à avaler. Je frotte mes mains sur mes cuisses, cherche une fois de plus à puiser dans mes pouvoirs. Pourtant, ils continuent à m’échapper. Je recule, cherche à m’éloigner de l’homme qui ne cesse de s’approcher. Quand il agrippe ma hanche, je lui assène une claque retentissante. Il jure et son poing s’abat sur mon visage, écrase ma lèvre contre mes dents. Les insultes résonnent, étouffées par l’étourdissement et la douleur. Le goût du sang envahit ma bouche, souille ma langue, dégouline sur mon menton. Je n’ai pas le temps de réagir qu’il frappe de nouveau, mon arcade sourcilière, ma joue, ma tempe. Il s’arrête quelques secondes et je recule de mon mieux, il me rattrape, frappe mon ventre, mes côtés, mon épaule, mon plexus solaire. Il me coupe le souffle et je ne suis plus que douleur. Je suffoque et m’affale sur le sol, sous un des derniers lampadaires en activité du quartier. Il s’arrête finalement et le seul son qui résonne pendant une poignée de secondes, est celui de ma respiration, sifflante, saccadée. Il recule finalement, essuie ses poings ensanglantés sur son jean et me crache dessus. La substance gluante me frappe en pleine joue et je ne bouge même pas. « Ça t’apprendra à croire que tu peux revenir parmi nous. T’as tué trop des nôtres pour avoir le droit de revenir dans nos rangs sale pute du gouvernement. » C’est donc ça… Weaver, qu’elle idée t’as eu de croire qu’ils t’accepteraient sans poser de questions ? C’était pareil la dernière fois et t’as du tué pour te sortir de ça, comment tu vas faire cette fois hein ? Finalement, il s’éloigne, me laisse sur le sol, recroquevillée sur moi-même, les genoux égratignés, le visage en sang.

À nouveau, les minutes passent, peut-être les heures, je ne sais, je perds le compte et je m’évanouis probablement une fois ou deux. Je me réveille en sursaut, gelé jusqu’à l’os. Mon œil droit refuse de s’ouvrir et mon épaule gauche me fait pousser un cri de douleur quand j’essaie de m’appuyer son mon bras pour me relever. Je trébuche, siffle de douleur, halète et manque de m’étaler à nouveau. J’avance lentement, je ne réfléchis pas à la direction que je prends. Pourtant, quand je lève la tête, je me retrouve face à un immeuble que je connais. Si je n’avais pas eu si mal, la situation m’aurait fait rire. Je tape le code de l’interphone et rentre sans trop réfléchir. Après tout, c’est toujours plus près que chez Lazlo… Peut-être qu’avec un peu de chance, il voudra bien m’aider. J’observe l’escalier et serre les dents en montant les étages qui me séparent de sa porte. Je fais une pause à mi-chemin, le souffle court, la douleur irradiant de tous mes membres. Je fini mon trajet et m’appuie contre le mur avant de ma laisser glisser jusqu’au sol. Incapable de me relever, je me contente de frapper sa porte du plat de la main. Je laisse mon bras retomber le long de mon corps et soupire, j’entends la chienne japper à l’intérieur et des bruits de bas. Ses jambes apparaissent dans mon champ de vision et je soupir de soulagement. « Ici, Townsend. » Je lève la main pour lui indiquer ma position, recroquevillée contre le mur en une boule compacte, le corps tremblant, l’obscurité du couloir lui cache la majorité de mes blessures, mais ma voix pâteuse, trahit mon état d’alcoolémie. Je tente de me redresser, mais me mets à tousser quand ma côte, fêlée au mieux, cassé au pire, se rappelle à moi. « J’aurais besoin d’un p’tit coup de main… » J’ai besoin de toi, j’ai besoin que tu restes près de moi, que tu panses mon corps et mon cœur, que tu me dises que ça ira. « Chuis un peu pitoyable et j’me suis fait un peu… Bousculée dehors… Je demande l’asile ? » Je ris doucement devant ma propre connerie tandis qu’il glisse ses mains sous mes aisselles en grommelant.

Il me redresse et je pousse un cri de douleur, quand mon épaule probablement démise bouge. Mon rire se transforme en larmes et je sanglote contre son épaule tandis qu’il me traîne à l’intérieur. La lumière de son appartement ne lui cache rien de ma situation. Arcade ouvertes, œil poché, lèvres éclatées, genoux en sang. Il voit ce qui est visible. Il ne voit pas, pas encore, l’épaule démise, la côte fêlées, les bleus sur mon ventre. Je halète de douleurs tandis qu’il m’examine et je sens la rage qui bouillonne en lui, je sens sa colère à chaque blessure qu’il découvre et je frémis sous ses doigts pourtant doux. Les larmes ne s’arrêtent pas, je sanglote et tremble debout, en miette au milieu d’un salon que je n’ai vu que rapidement. Orka pigne contre ma jambe, consciente qu’il y a quelques choses qui ne va pas, sa grosse truffe se niche dans ma main et elle lèche doucement la plaie sur ma paume. Je suis en sécurité maintenant, alors pourquoi est-ce que je continue à pleurer ?





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'Cause maybe you're lovable and maybe you're my snowflake. And your eyes turn from green to gray and in the winter, I'll hold you in a cold place.


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Joseph Townsend
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MessageSujet: Re: I've got thick skin - Jaisy   Lun 8 Jan - 18:44




I've got thick skin

Maisy & Joseph

Lost in the fog, these hollow hills, Blood running hot, night chills, Without your love I'll be so long and lost, Are you missing me?

La bière est froide mais jamais suffisamment glacée. Il faut s'en contenter, depuis quelques années. Les pupilles plongées au fond du verre, nageant avec les bulles  évoluant dans le liquide ambré, j'en fais toute une analyse. Le temps doit se passer, il faut le dévisager s'écouler avec toute l'impuissance du monde dans les membres. Alors j'analyse mon verre. Cette attention toute particulière m'a frappé lorsque j'ai vu la tignasse brune, les perles bleues, la silhouette si distinctive de Maisy. Une allure que je voudrais ne pas reconnaître dans une foule, mais que j'ai appris malgré moi à percevoir dans une petite immensité. Remuant le verre, le portant à mes lèvres, j'esquisse d'avance un sourire de convenance. Ce n'est pas que je n'ai pas envie de la voir. Dans une certaine mesure, sa présence me manque. Ses gestes, sa voix, ses plaisanteries idiotes, ses baisers, son odeur. Dans une mesure beaucoup plus importante, je veux être seul. Plus que tout au monde, j'ai envie d'être seul. Ça n'est pas difficile – j'ai toujours réussi à trouver la solitude, même auprès de dizaines, de vingtaines de personnes. Lorsqu'elle est là, c'est difficile – son aura attire la mienne, mon attention est toute émoustillée de sa proximité, mes sens excités par ce qu'elle dégage. Le sourire s'étire tranquillement, légèrement camouflé par une barbe peu entretenue, et je me tourne vers elle juste lorsqu'elle arrive. Au sourire de convenance s'acoquine une conversation de politesse. Comment vas-tu, bien, merci ; t'as bien fait de passer, je suis un peu débordé, t'en fais pas. Puis ce léger silence, entretenu par mon regard fuyant ; je suis désolé mais j'ai mieux à faire. Il veut aussi dire qu'ici, il y a trop de monde. Que je ne peux pas dévoiler quoique ce soit parmi ces gens, que les moindres sentiments sont une faiblesse, une arme, n'importe quoi. Alors je souris, les yeux rivés sur les filles.

Il n'y a pas de place pour Maisy au Little et elle semble l'avoir compris. Avec un bref pincement au cœur, il a fallu la laisser repartir sans mot lors de ses deux visites. Un pincement, parce qu'elle ne mérite pas ça – mais elle s'accroche. Elle s'accroche à ce qu'elle désire un instant mais qui ne la rendra pas heureuse. J'avale mes dernières gorgées et décide que, peu importe ce dont elle a besoin, je lui donnerai ce que je peux lui donner. Si ça n'est pas suffisant, elle est prévenue – elle sait depuis des mois à quoi s'attendre. La date du jour, pourtant, s'impose à mon esprit. On ne s'est pas vus depuis longtemps. Peut-être a-t-elle pris une décision. Claquant des doigts, j'appelle la chienne – le temps passait et je n'avais pas vraiment compris, je crois. J'imagine que je m'étais attendu à ce qu'elle revienne, encore. À ce qu'elle demande encore un peu d'affection, et j'aurais pu la lui donner sans me fragiliser. Les doigts sur le poil ras de la chienne, je caresse son visage avec vigueur. Maisy n'est pas bête, me dis-je en inclinant le visage vers la bête. Ce cadeau porte ses souvenirs et son identité. À chaque fois que je regarde ce chien, je vois la brune. Fermant les yeux avec force, je passe les doigts sur le crâne de Orka. L'autre main posée sur le ventre, je me questionne. J'ai toujours eu cette facilité à boire, ce besoin d'engloutir quelques verres, presque quotidiennement. Et depuis quelques semaines, peut-être même depuis quelques mois, le besoin est plus fort. Plus tangible. C'est l'esprit qui le crie, qui demande un peu de sommeil. Une parenthèse d'oubli et de bien-être factice, me dis-je en tendant finalement la main vers la bouteille qui traîne par terre.

La chienne sur le ventre, je l'observe, paupières mi-closes. On est pathétiques, ma pauvre. Tu l'es aussi, par extension, bien sûr. Puis je lui parle, comme d'habitude. Je baragouine n'importe quoi, les mots s'échappent simplement – je lui parle directement, puis je lui raconte ma vie, mes petits soucis. La langue leste, elle me gratifie de baisers humides et je grimace, sans protester néanmoins. L'oreille attentive et l'affection débordante, voilà l'interlocutrice idéale. « T'aurais pas deux-trois conseils, en plus de ça ? » Je l'observe sans en dire davantage. Ses grands yeux noirs demeurent, même si la bête est vive, peu inspirants. Un soupir glisse hors de mes lèvres mais je souris. Qui aurait cru que Joseph Townsend passerait une soirée tranquille dans son appart, affalé sur le canapé, un vieux DVD en bruit de fond. La chienne sur le ventre et le plaid à portée. Orka comble, parfois, le dégoût de solitude. Elle est là et ne m'ennuie pas de paroles vaines, agaçantes – les doigts sur son crâne, je penche le visage et accorde une vague attention au film. Il faut du bruit. Il faut s'extirper du silence étouffant à tout prix.

La chienne m'appuie brusquement sur le ventre en se redressant, me sortant d'une brève sieste. Un coup d’œil à la télévision m'apprend que j'ai du m'endormir quelques minutes seulement – je me redresse malgré tout en maugréant, cherchant la bête des yeux. Elle s'excite devant la porte, devient tellement bruyante que je suis incapable de tendre l'oreille pour entendre quoique ce soit de particulier à l'extérieur de l'appartement. Avant que je n'ai le temps de lui intimer de se calmer pourtant, on frappe à la porte. Il est tard – un souci au Little, certainement. J'émerge rapidement et retire l'arme cachée sous le coussin de mon canapé avant d'aller ouvrir, avec précaution.
Le flingue sera inutile. Abandonné derrière moi, sur le plan de la cuisine, je me hâte plutôt vers Maisy. Le corps recroquevillé dans l'obscurité, je crois une seconde à un élan de courage insufflé par une cuite suffisamment costaude pour qu'elle ne tienne plus debout et me ravise une fois penché au-dessus d'elle. Putain, Maisy. Lorgnant dans l'escalier lorsque les mains se glissent sous ses aisselles, m'assurant que personne d'autre n'est dans le coin, je la redresse et la tire à l'intérieur de l'appartement. Elle représente un poids quasiment mort, porté à bout de bras, et je referme la porte d'un coup de pied. Les sourcils se froncent, la moue s'agace lorsque la lumière éclaire son visage. « Un peu bousculée, tu dis ? Par quoi, dix gars en armure ? » Elle s'est littéralement fait casser la gueule, mais je n'en rajoute pas. Les lèvres se pincent, la respiration s'accélère, l'alcool dans mon sang prend une toute autre nature en quelques secondes. Son visage est assez méconnaissable, et lorsque je passe les doigts sur son corps, elle gémit au moindre contact. Je maugrée, marmonne ce que nous allons faire machinalement. « Viens là, doucement. » Le ton est bourru, agacé, impatient. Il y a là trop de questions, il y a dans cette scène bien trop d'interrogations, mais le moment n'est absolument pas propice aux confidences. Passant le bras sous sa taille pour la soulever légèrement, elle gémit plus fort mais j'ignore ses plaintes – ça ne va durer que quelques secondes. La déposant sur le canapé avec toute la délicatesse dont je sois doté, même si elle n'est pas très riche, je m'en détourne presque immédiatement.

Dans la salle de bain, le placard est fouillé sans ménagement – il n'y a pas trop de réflexion, mais beaucoup de réflexes. Je trempe un gant d'eau chaude, l'essore et emporte tout le reste avec moi. Lorsque j'arrive devant le canapé, j'éloigne la bouteille du pied ; elle en a eu bien suffisamment pour ce soir. Plus ou moins assise, enfoncée dans les coussins, elle semble souffrir et j'hésite un instant. J'aimerais appeler quelqu'un, je n'ai aucune aptitude pour soigner les autres, je manque de douceur et d'empathie, je n'ai pas de patience... Un soupir bref s'extirpe hors de mes lèvres. Tant pis. « Ça va aller ? Qu'est-ce qu'ils t'ont fait... » Prenant place au bord du canapé, je plisse les yeux en observant son visage. L'arcade, l'oeil, les lèvres abîmés. Et le visage sali. « Ça va piquer. », dis-je un peu trop tard, lorsque je tamponne déjà son visage du gant mouillé. Nettoyant lentement sa peau, je la laisse s'affaler et m'adapte à sa position un peu tassée. D'abord le visage, le reste ensuite. « Arrête de pleurer, ça va t'brûler les plaies... » Dis-je mollement en terminant d'enlever le sang et la saleté sur sa peau. Me soigner moi-même, d'accord. Soigner mon frère, pourquoi pas. Mais la soigner, elle... Un peu gauche, je réunis une masse de cheveux contre sa nuque pour ne pas qu'ils me gênent et observe à nouveau son visage. « Putain Maisy, ils t'ont pas ratée. » Les lèvres pincées, je marmonne. La colère enfle comme une tumeur au fond des entrailles. Tenté une seconde de descendre les escaliers, de fouiller la rue à la recherche de l'ordure qui lui a fait ça, je le suis. Mais ces réactions idiotes, précipitées, ont toujours été des erreurs. « T'avais besoin de boire un verre ? », demandé-je, pour la distraire un peu. Pendant ce temps, j'imbibe un coton d'alcool et vais tamponner sa peau ouverte. Je n'ai pas l'audace de lui demander pourquoi elle avait besoin de boire un verre, et je ne m'interroge pas davantage sur ses motivations.

Penché au-dessus du congélateur, j'en sors la seule chose traînant à l'intérieur : le bac à glaçons. Je les sors rapidement et les fourre dans un torchon propre, avant de retourner vers ma blessée. « C'est pas l'hôpital, tu t'en doutes... » Et je lui applique le tissu déjà glacé sur l'oeil, avant de lui intimer de le garder contre sa peau. A priori, ça soulagera un peu la douleur et ça gonflera moins. Me redressant à nouveau, les jambes me portent aveuglément jusqu'à la chambre. J'attrape un vieux jogging trop petit pour moi, le premier t-shirt qui me passe sous la main et j'y retourne. Un peu absent, très mécanique, sans savoir pourquoi.
« Bon, ça va pas être une partie d'plaisir mais va falloir te tortiller dans tous les sens. » Dis-je avant de passer la main dans son dos, à la recherche d'une fermeture éclair pour lui ôter sa robe. Forçant mes gestes à être particulièrement précautionneux, surtout lorsqu'elle se plaint, je la déshabille lentement. Jette un coup d’œil à ses sous-vêtements, m'assure qu'ils sont là – cherche machinalement des bleus entre ses cuisses, sur ses hanches, n'importe où tant qu'ils puissent être suspects. Mais il n'y a rien de tel – pourtant, je ne parviens pas à me rassurer. Estimant que suffisamment de temps s'est écoulé, qu'elle est forcément plus reposée, je lui demande abruptement ce qu'il s'est passé. Puis observe les marques sur son ventre, que j'imagine nés de coups de pieds. Cette situation m'agace profondément et j'ai du mal à me concentrer sur l'important – je ne lui ai pas vraiment demandé comment elle se sent. Alors, lorsqu'il faut lui relever les bras, qu'elle gémit violemment et se recule, je m'en veux. « Quoi ? Putain, ton épaule...  » Effleurant du bout des doigts une épaule vraisemblablement déboîtée, je m'irrite de n'avoir pas vu ça avant. Les glaçons enveloppés de tissu sont apposés sur son épaule et je l'incite à mettre le bras en écharpe. « Tu l'as déjà déboîtée avant ? Tu vas venir dans la chambre. J'peux pas essayer ici. » Passant du côté de son bras libre, et plus valide, je l'aide déjà à s'appuyer sur moi pour se redresser.  « Plus vite ça sera fait, mieux tu te sentiras. J'ai déjà fait ça... beaucoup trop souvent. » Je force un léger sourire en l'entraînant dans la chambre. La chienne ne erre pas dans nos pieds ; elle nous observe de loin, ses gros yeux empreints d'anxiété.

Pour la première fois, Maisy s'installe sur le lit. Simple, accompagné d'une seule table de chevet. Le miroir, autrefois brisé, est désormais manquant. Inutile de m'infliger la vue de mon apparence dans mon propre appartement.
La brune est allongée, le bras en écharpe, et je la déplace au bord du lit, de sorte à pouvoir manipuler son bras.  « Prête ? Parle, si tu veux. » Parle, parce que je n'ai rien à dire - parce que je dois concentrer dans mes doigts toute la neutralité possible. Ne pas les laisser trembler de rage, ne pas avoir les mouvements brutaux de l'impatience. La mâchoire se serre fermement, canalise les émotions que j'essaie de contenir. Et je commence, une main serrée sur son poignet, l'autre glissant jusqu'à son coude. Éloignant son bras de sa poitrine,
l'attirant dans le vide, je m'évertue à faire ce qu'il faut. Ma main libre s'appuie près de son épaule, et j'attends. Le bruit, la sensation, le déclic.
(c) DΛNDELION

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LOVE IS EVIL
SIN IS SINCERE
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Maisy A. Weaver
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MessageSujet: Re: I've got thick skin - Jaisy   Jeu 18 Jan - 0:55


Le corps en miettes et l’âme en dérive, je me retrouve affalée dans le couloir devant l’appartement. L’épuisement, l’alcool, et la peur, me font dodeliner de la tête en attendant qu’il vienne ouvrir. J’ai conscience de la stupidité de mon idée. J’aurais tout aussi bien fait d’aller frapper que cabinet de Meadow, il aurait gueulé et m’aurait traité comme un sac à merde, mais il m’aurait soigné rapidement et j’aurais pu rentrer chez moi, cuver ma future gueule de bois dans le calme. Je grimace en toussotant, ma, ou mes côtes, fêlées se rappelant à mon bon vouloir à chaque inspiration. Joseph a demandé de l’espace, il en avait besoin, j’étais trop, ou peut-être pas assez, pour lui. Pourtant, comme un chien battu, je retourne auprès du Maitre qui m’assène des coups. J’appuie la tête contre le mur, prenant le temps de réfléchir à la totale incongruité de ma situation. J’ai fui une relation physiquement violente, refusé de laisser les gens rentrer dans ma vie s’il cherchait plus que mon amitié et pourtant… Lazlo a pris plus de place que ce qu’il était censé faire, Timothé aussi. J’ai réussi à finalement me débarrasser de ma colère et de mon amour idéalisé pour Alistair, pour aussitôt plonger dans les bras de Joseph. Je souffle par le nez et tente de calmer ma tête qui semble décider à se lancer dans une valse endiablée.

Joseph, il n’a jamais rien promis, n’a jamais rien donné. Pourtant, je suis tombé tête la première et me voilà, amochée, dans un état pitoyable, sur le pas de sa porte, quémandant le peu d’attention qu’il pourrait être prêt à me donner. Les aboiements et gémissement d’Orka me parviennent à travers la porte et je prends brusquement conscience qu’il ne pourrait pas être là. Je l’ai vu, plusieurs fois au LD, de loin, j’ai aperçu sa stature imposante qui veillait sur les filles, il m’a accordé quelques regards, quelques mots, avant de retourner à son travail, à sa vie. J’ai bêtement cru qu’il serait chez lui ce soir, mais il pourrait être partout. Dans un autre bar, chez un ami, chez une fille. Partout, sauf là où j’ai besoin de lui. Je pose les mains par terre et m’apprête à forcer une tentative de redressement quand la porte s’entrouvre, la lumière éclaire le couloir et je fronce les sourcils, éblouie. Le voilà, mon héros de pacotille, Joseph, Saint-Sauveur des Demoiselles en Détresse. Sa silhouette se découpe nettement dans la lumière et il s’approche de moi rapidement. Un sourire désabusé étire mes lèvres devant son expression soucieuse. Je serre les dents quand il me soulève, retient le gémissement de douleur qui souhaite m’échapper. J’inspire profondément pour calmer la nausée provoquée par la position debout, gorge mes narines de son odeur. Si elle n’apaise pas la douleur, elle me détend l’espace d’un instant. Juste assez longtemps pour que les larmes s’échappent. Elle roule sur mes joues, silencieusement tandis qu’il me soutient jusque dans l’appartement. La porte se ferme derrière nous et la lumière de son appartement éclaire crument mon visage et mon corps meurtri. Je le sais parce qu’à travers le flou de mes larmes, je vois son expression passé de vaguement soucieuse à carrément énervée. Je laisse échapper un rire avant de me raviser doucement. « Ouais, comme tu dis… En armure. » Je baisse les yeux, refuse de croiser son regard plein de colère.

Il me touche comme si j’étais faite de cristal, mais malgré sa douceur, pourtant si rare, ses gestes son douloureux. Je le laisse me soulever malgré la douleur qui me coupe le souffle et il m’installe sur le canapé. Sa voix bourrue me rassure, mais elle s’évanouit bien vite quand il s’éloigne vers la salle de bain. Je déglutis, incapable de bouger, blottit sur son canapé, je n’ai même pas la force d’observer cet appartement dans lequel je n’ai pourtant fait que passer. Je le regarde s’éloigner et disparaître dans une pièce qui doit être une salle de bain. Il farfouille et je me détends. Inconsciemment, j’étais restée aux abois, prête à hurler au moindre signal. Maintenant, je suis en sécurité. Il ne peut rien m’arriver. Un contact froid et humide contre ma paume me fait baisser la tête. Incapable de vraiment me tordre le cou, j’aperçois néanmoins, le dessus de la tête d’Orka. Sa grosse truffe est collée dans ma paume et elle lèche doucement la plaie qui orne cette dernière. Les larmes affleurent à nouveaux et je bouge doucement mon pouce contre les poils doux de sa babine. « Bonne fille… » Elle recule et va s’installer calmement plus loin, à l’instant o[/color] Joseph sort de la salle de bain, charger du nécessaire pour me soigner. Du pied, il pousse une bouteille de bière que je n’avais même pas vu et après un soupir, s’assoit sur le bord de l’assise du canapé.

Son visage inquiet me réchauffe un peu le cœur et je tends doucement la main pour le poser sur son genou. « Ça va le faire, t’inquiète. J’me suis déjà pris des roustes dans ma vie… » Je déglutis, le goût du sang dans ma bouche m’écœurant. « C’est rien d’insurmontable, t’en fais pas… » Je secoue la tête doucement. « Boarf, tu sais… La même que d’habitude. » Je n’ai pas envie d’évoquer les réponses qui ont poussé ce mec à me tabasser. Joseph n’a jamais apprécié l’idée que je retourne dans les rangs de la résistance, l’idée que l’un d’entre eux soit à l’origine de mon état le rendrait probablement fou de rage. Ses yeux plissés scannent mon visage et j’inspire sèchement entre mes dents quand le gant entre en contact avec mes plaies. « Too late, Townsend… Faut prévenir avant de toucher. » Je glisse dans le canapé, épuisé par ma position semi-assise, je me retrouve recroquevillé sur moi-même et son visage me surplombe. L’image pourrait être belle, romantique presque, si je n’étais pas dans cet état et s’il y avait encore quoique ce soit entre lui et moi. Mon expression se fait surprise quand il me dit d’arrêter de pleurer et j’effleure le dessous de mes yeux de ma main valide. Je pensais m’être arrêté et pourtant, les larmes roulent toujours sur mes joues. Je tente de me mordre la lèvre inférieure par réflexe, mais, m’arrête bien vite quand la douleur me rappelle l’état dans lequel elle se trouve. « Désolée, c’est l’adrénaline qui s’barre… » Ce n’est qu’à moitié vrai, mais au moins, ça reste une explication crédible. Il attrape mes cheveux et la chaleur de sa main contre ma nuque est un délice, je laisse le bas de ma tête reposer son sa main, l’utilisant pour m’aider à ne pas dodeliner. Un rictus amer étire mes lèvres quand il marmonne. « Ouaip… » Je sens la colère qui bout sous son calme apparent et je suis surprise qu’il ne soit pas déjà en train de faire les cent pas en grognant. Il sert les poings et j’observe, d’un œil émerveillé, le moment où il décide de rester près de moi, celui o[/color] il choisit de s’occuper de mes blessures plutôt que d’aller en infliger quelques-unes à mon agresseur. « Ouais, grosse journée au taf, tu vois le topo quoi. » Je hausse vaguement mon épaule en état et pousse un sifflement de surprise quand le coton imbibé d’alcool rencontre ma peau ravagée. Je n’évoquerai pas les autres raisons, plus pitoyable les unes que les autres. Je ne dis rien de plus, me contente de le regarder s’éloigner, comme toujours. J’ai l’impression d’avoir passé ma vie, depuis que je le connais, à le regarder aller et venir, s’éloigner et revenir vers moi, sans que jamais il ne s’arrête de bouger plus que quelques secondes.

Il fouine dans la cuisine et j’essuie doucement mes joues, jugulant les larmes par quelques profondes inspirations qui me tirent des grimaces. Il revient et plaque sur mon œil gonflé un torchon plein de glaçons. « Tss, comme si quand j’t’avais soigné, c’était l’hosto. » Comme il est silencieux, je ressens le besoin de parler. « J’ai pas dû foutre les pieds à l’hôpital depuis bien dix piges. » Je le suis des yeux, parle un peu plus fort tandis qu’il disparaît dans ce qui doit être sa chambre. « Pas besoin, entre Neria et le reste des sorciers que j’connaissais, j’ai quasiment jamais eu b’soin d’y aller. J’vais survivre, t’inquiète. » Je laisse échapper un petit rire, qui se transforme en une toux douloureuse, quand mes côtes se rappellent à moi. Il revient, quelques vêtements dans les mains. Je grimace avant qu’il ne parle. Ouh, ça va faire mal. Sa main, brûlante contre ma peau glacée, glisse dans mon dos. Ce geste qu’il a fait tant de fois, prend une dimension étrangement plus intime. Il y a tant de douceur dans ses gestes que je dois à nouveau retenir les larmes qui perlent au coin de mes paupières. Il me déshabille et je retiens de mon mieux les gémissements de douleur que m’imposent mes mouvements. Il m’inspecte, et je note du coin de l’œil, ses yeux et ses mains qui cherchent des marques d’agression sexuelle. Il me regarde sans pudeur, mais sans désir. Il observe attentivement l’intérieur de mes cuisses, mes hanches, pourtant, l’absence de bleus et de plaies à ses endroits ne semblent pas l’apaiser. À moitié nue, sur son canapé, je prends conscience de sa rage. Pourtant, elle ne m’effraie pas, je n’ai pas la force d’être en colère ce soir, Joseph s’en charge pour moi et ça a quelque chose de rassurant. Il insiste, sa voix rude dans mes oreilles. « J’te l’ai dit, rien de plus que ce qu’il se passe d’habitude quand on se fait tabasser… » Je soupire et le laisse observer mon ventre, les bleus qui s’y trouvent, ils les effleurent du bout des doigts, la rage bouillonnante en lui. « Vraiment. » Je lui attrape le menton doucement, le force à me regarder. « J’te jure, je me suis juste fait tabasser. C’est l’un des risques quand on a ma vie. J’suis une femme, j’fais partie du gouvernement, j’ai fait partie de la résistance, j’suis une sorcière. » Je fronce les sourcils et grimace. « Je cumule un peu les raisons pour se faire frapper, non ? Si en plus t’ajoutes à ça, que j’suis complètement incapable de fermer ma gueule quand il le faut… » Ma phrase se coupe dans un glapissement de douleur et je recule prestement, m’éloignant de Joseph en haletant de douleur, quand il essaie de me faire lever le bras. Sa voix se fait douce et il effleure mon épaule démise avant d’y apposer le sachet de glace. Le froid me fait geindre et un frisson traverse mon échine. Je lui obéis et tiens mon bras en écharpe bien sagement, et le laisse m’aider à me redresser. « Ouais, une fois, t’inquiètes. »

Je le suis, m’appuyant contre lui, me réchauffant contre son corps brûlant. Je laisse échapper un rire. « Townsend, c’est la pire excuse que j’ai jamais entendu pour mettre une fille dans ton lit. » De ma main valide, je lui assène un petit coup sur la main. J’ignore pour l’instant ses dires, je sais qu’il n’a pas eu une enfance facile, je l’ai compris de ce qu’il m’en a raconté à demi-mot. Je sais aussi qu’il a participé au combat du Bones avec Steve. Je me contente de hocher la tête et de le suivre calmement dans la pièce. La chambre est presque vide, elle hurle à pleins poumons qu'elle appartient à un célibataire endurci. Si cette image pourrait être un avertissement pour moi : Pas prêt à s’engager, solitaire, elle ne fait que me rassurer. Il ne me repousse pas parce qu’il y a quelqu’un d’autre, il le fait simplement parce qu’il ne sait rien faire d’autre.

Je m’allonge sur le lit, tourne la tête sur le côté et enfouis mon nez dans son oreiller. J’inspire un grand coup, retrouvant l’odeur rassurante de l’homme qui est présentement en train de me déplacer jusqu’à ce que je repose dans une position plus pratique. Il me demande de parler alors j’obéis. L’alcool, la fatigue et la douleur délient ma langue. « Au boulot, c’est l’angoisse, avec la pénurie de bouffe, c’est devenu du grand n’importe quoi, en plus, Dave est encore plus insupportable qu’avant, je sais plus quoi faire pour lui faire comprendre que j’veux pas sortir avec lui. » Je refuse de tourner la tête, je me concentre sur tout ce qui n’est pas la douleur dans mon bras. « J’ai vu Lazlo, y a deux jours, c’était sympa. Oh, et j’ai croiser une des filles du LD, là-bas ! » Je souris. « T’inquiètes, elle y était pas pour se le faire. » Je n’épilogue pas sur le sujet, je me tais quelques secondes avant d’ouvrir à nouveau la bouche. « Tu sais, tu m’as manqué. » Ma voix n’est qu’un souffle dans l’obscurité et nos respirations pourrait presque la couvrir. Je sers les dents et le claquement sourd, de l’articulation retrouvant son emplacement d’origine résonne dans le silence. Je pousse un cri de douleur avant d’inspirer de grandes goulées d’air, essayant de repousser la nausée et l’évanouissement qui menace de m’engloutir. « PUTAIN ! SON PÈRE ! » Je grogne, j’avais oublié à quel point c’était douloureux. Pourtant, rapidement, la douleur reflue, elle revient à un niveau supportable et j’ouvre à nouveau les yeux.

Joseph est là, face à moi. Son visage durcit par la colère, ses yeux plein d’une tempête sombre. Il se penche au-dessus de moi, vérifie si son travail à bien été effectué. Je tends mon bras valide et glisse une main derrière sa nuque, d’un mouvement vif, j’attire son visage près du mien, profitant de l’effet de surprise. Je ne réfléchis pas, j’en ai assez de trop penser. Je pose violemment mes lèvres contre les siennes, ignorant la douleur. Je l’embrasse fortement. J’inspire son odeur, apprécie la chaleur de son souffle sur ma joue et celle de sa bouche contre la mienne. Je recule, et essuie du pouce la trace de sang sur ses lèvres. J’esquive son regard, consciente d’avoir, probablement, dépassé les bornes. Je me redresse en grognant et me lève rapidement, maintenant mon bras contre mon ventre. Je fuis, comme toujours, quand il s’agit de nous. Nous sommes incapables de faire un pas en avant sans en faire trois en arrière. Je passe à côté de lui, comme une ombre et vais m’enfermer dans la salle de bain. J’ai besoin d’une minute seule. En sortant, je pourrais faire comme si rien ne s’était passé. Je m’attends à croiser mon visage dans un miroir, mais n’en trouve aucun. Je fronce les sourcils et me rince rapidement la bouche au robinet, réussissant enfin à me débarrasser du coup ferreux du sang. Je trouve une serviette sur le porte-manteau de la salle de bain et sort, lentement.

Il m’attend dans le salon et je lui jette un regard en coin. « Pourquoi t’as pas de miroir ? » La question est sortie toute seule sur un ton légèrement offusqué. J’aurais aimé voir à quoi je ressemblais. « T’es pas obligé de répondre si ça te saoule, mais j’me posais juste la question. » Je lui tends la serviette. « Tu m’aides ? » A deux, nous réussissons à faire une sorte d’écharpe de la serviette et mon bras est maintenu en place, bien sagement, là où il ne pourra pas me faire mal. Ses doigts contre ma nuque me tirent un frisson et je m’appuie un peu plus que prévu contre lui, toujours frigorifiée. Je m’éloigne un peu de lui et fini par aller m’asseoir dans le canapé, lentement, avec précaution, j’organise les coussins autour de moi, me créer un petit cocon qui maintient mon corps en place. Je tapote le tissu près de moi et laisse échapper un rire quand ce n’est pas Joseph mais, Orka qui s’approche. « Tout va bien, ma grande. » Je lui grattouille la tête en regardant son maître. « Hein, tout va bien ? » J’aimerais qu’il dise oui, qu’il me dise que je vais bien, que je vais m’en remettre, que nous allons bien et que nous aussi nous allons nous en remettre. Je ramène mes pieds sous moi et l’invite à venir s’asseoir près de moi. « Tain, j’suis gelée. Avec la quantité d’alcool que j’ai picolé, j’devrais avoir bien chaud pourtant. » Son poids créé un déséquilibre dans le canapé et je glisse jusqu’à lui. Je décide de faire comme si je ne m’en étais pas rendu compte et je laisse mon corps endolori reposé contre le sien. Il est chaud et familier, rassurant. J’attrape mon sac, posé sur l’accoudoir et attrape une cigarette dans mon paquet avant de l’allumer maladroitement. J’hésite quand je m’apprête à parler. J’ai envie de lui parler sérieusement, de remettre les choses à plat entre nous. Mais, je n’en ai pas la force, alors comme d’habitude, je choisis la voie de la facilité. « Alors, Townsend, avoue, j’te manquais tellement que t’as payé quelqu’un pour que j’me retrouve sur ton canapé, hein ? » Je lui souris de toutes mes dents et lui inflige un petit coup de coude. « Tu matais quoi ? » J’indique d’un hochement de tête la télé avant d’inspirer une grande bouffée de nicotine. Je mordille l’ongle de mon pouce et baisse la tête sur mon corps recouvert par ses vêtements. « J’peux rester... ? » Ma question pourrait paraître stupide, mais je ne suis jamais resté plus de quelques minutes dans cet appartement. J’ai peur que Joseph ne souhaite pas que je m’y attarde, pourtant, je n’ai pas la force de rentrer chez moi et d’y rester seule, loin de sa présence rassurante. S’il te plait… Dis moi oui, ne me rejette pas, pas encore…

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Joseph Townsend
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MessageSujet: Re: I've got thick skin - Jaisy   Jeu 25 Jan - 23:54




I've got thick skin

Maisy & Joseph

Lost in the fog, these hollow hills, Blood running hot, night chills, Without your love I'll be so long and lost, Are you missing me?

La parole déliée, Maisy ne se fait pas prier pour s'exprimer. Elle me parle de l'atmosphère qui règle au travail, de ce Lazlo, du fait qu'elle a vu chez lui une prostituée. Comme si, où qu'elle aille, il fallait qu'elle retrouve les fantômes de ma présence. Parfois, je ressentais la même chose. Un événement anodin qui me rappelait douloureusement à son souvenir, comme si mon esprit cherchait à me piquer à vif. Pour que je ne l'oublie pas. Les doigts pressés sur sa chair, contre sa peau rendue brûlante par l'inflammation et la douleur, je la manipule tranquillement. Comme un vieux réflexe, comme on remonte sur la selle d'un vélo, sans même y penser. Hochant la tête à ses quelques anecdotes, j'esquisse un sourire distrait. Mine de rien, elle me met à jour dans son quotidien. Les doigts bientôt sur son épaule, le claquement n'est plus très loin ; tu m'as manqué. Comme une réponse, un acte manqué dans ce brouhaha d'émotions, j'exerce une ultime pression et le claquement résonne dans l'air. Le cri qu'elle expulse roule sur mes os comme un courant d'air glacé et c'est tout mon corps qui se tend. Ce n'est pas la première fois ni la dernière que Maisy souffre en ma présence, quelle que soit la douleur qui l'accable, et chaque fois est moins supportable que la précédente. Observant son visage tordu par une brève détresse, je passe les doigts sur son épaule, vérifie qu'il n'y a plus d'angle douteux sous sa peau. Comme prévu, le soulagement ne tarde cependant pas à arriver. Silencieusement, les émotions continuent d'affluer, de se bousculer d'un acharnement calme, presque agréable. Habitué à la colère, la rage, à un affrontement bouillant dans mes tripes, il y a dans les sentiments qui m'assaillent quelque chose de reposant. De réconfortant, si seulement j'acceptais de m'y abandonner.

Les perles bleues m'invitent à y faire un  plongeon et je les contemple, muet. M'y perds, ne sens pas venir la douce agression qui suit ; un baiser volé, pas si volé que ça. S'il est pénible de devoir l'admettre, la sensation de ses lèvres sur les miennes est une petite délivrance. Un poids en moins sur mon estomac, une brise légère dans la brume de mes songes. Toi aussi, tu m'as manqué. Le baiser, brut, ne dure pas suffisamment longtemps. Elle se redresse et m'échappe, prends tout de même le soin d'essuyer quelque chose sur mes lèvres avant de s'enfuir. Alors que je cherchais ses yeux, son expression, un mot ; un pas en avant, deux en arrière. Lorsqu'elle fuit j'essaie d'avancer, et inversement. M'abandonnant sur le lit, c'est un spleen incontrôlable qui m'étreint. Vautré sur le dos, la paume des mains appuyée sur les yeux, j'attends que le bruit de l'eau qui coule dans la salle de bain ne s'éteigne pour me relever brusquement. Inutile qu'elle sache que je suis resté là, à méditer sur notre relation pendant un instant, si bref fut-il.
Déjà dans le salon, je tourne en rond comme une bête en cage. Je nous serre à chacun un verre d'eau, fouille mes placards à la recherche de n'importe qui pour grignoter – brusquement, j'ai faim. J'ai envie de manger, plutôt. Peut-être que j'anticipe la discussion. M'adossant contre le comptoir de la cuisine, je l'observe ressortir de la salle de bain. Son joli visage a retrouvé quelques couleurs ; je m'apprête à sourire mais, brusqué par sa question, une moue me tord aussitôt le visage. En guise de réponse, je hausse les épaules. C'est normal qu'elle se pose la question, et plus encore qu'elle soit gênée de ne pas se voir. Posé contre un mur, il y a bien le miroir de la salle de bain, autrefois recouvert d'un drap puis ôté du mur dans un – énième – élan d'irritation. Je pourrais le lui dire mais n'en fais rien, n'ayant pas envie de me risquer à m'apercevoir là-dedans. La soirée promet d'être suffisamment longue.

M'exécutant silencieusement, je l'aide à mettre son bras en écharpe. Vraisemblablement, elle a changé de vêtements dans la salle de bain et porte désormais ceux que je lui ai prêtés. Lui souriant bêtement, je la regarde s'éloigner et rejoindre le canapé, puis Orka prend la place qui m'était, certainement, destinée. Tout va bien, ma grande. Hein, tout va bien? Encore ces demandes, cette nécessité d'être rassurée. Quand ce n'est pas moi, c'est elle qui en a besoin.

Maladroit, je hausse les épaules : « Bah, ouais. » Comme un réflexe, je suis prêt à la rassurer lorsqu'elle ne demande rien et ne parviens pas à répondre à ses attentes lorsqu'elle en a vraiment besoin. Comme un message subliminal perpétuel ; je ne serai jamais ce que tu attends, jamais vraiment. Ne m'attends pas pour être heureuse, Maisy. Me laissant tomber dans le canapé avec nonchalance, je fais basculer son corps vers le mien. La chaleur exhalant de sa peau s'entremêle à la mienne et elles dansent avec agilité, comme deux amants heureux de se retrouver après une trop longue absence. Si l'esprit tarde à s'éveiller, à assumer la vérité, le corps ne fait pas tant de manières et s'exprime à sa façon. Une cigarette s'embrase entre es doigts et je m'appuie du côté opposé au corps qui repose contre le mien, ne sachant pas vraiment comment me placer. Un bras autour de ses épaules ? Je n'en fais rien et attends, souris vaguement à sa réplique. Un peu froissé par mes propres tourments cependant, je ne réponds rien – tu n'as pas d'humour, Joseph. Ce fond de vérité me dérange atrocement et j'aurais l'impression d'y acquiescer, de lui donner ce qu'elle cherche en répondant quoique ce soit à cette fausse boutade. Au fond, elle va à la pêche aux informations. « Alien. Le trois. » Soufflé-je brusquement, soulagé d'enfin pouvoir répondre spontanément à l'une de ses interrogations. Sans me poser de question, sans chercher mes mots, sans réfléchir à une tournure avantageuse. De la même manière, je réponds à sa question suivante :« Oui. » Évidemment. Je m'irrite maintenant de ce sous-entendu – comme si j'allais la jeter dehors. Agacé, je me redresse et me dirige jusqu'à la cuisine. « Faudrait qu't'apprennes à lire entre les lignes, Maisy. » Lancé-je sèchement. Il fallait que ça sorte, que quelque chose sorte. La forme est peu affable, mais le fond, si tant est qu'elle accepte d'ouvrir les yeux, est étonnamment engageant. Lui tournant le dos, je cherche des anti-douleurs plus forts que ceux qui trônent sur la table à manger.

Lire entre les lignes. Incapable de dresser la frise de notre histoire, de tout ce que j'ai fait envers elle et dont j'étais alors vierge, je ressasse avec empressement cette soirée. Comme si j'allais te mettre dehors. Désormais appuyé contre le comptoir de la cuisine, je l'observe de loin, une jambe s'agitant frénétiquement. « Je sais qu'j'ai un caractère de merde et que j'te donne pas c'que tu veux, mais ne m'insulte pas. » Les lèvres brûlantes de vouloir tout ressasser, tout lister point par point, pour lui montrer à quel point elle est spéciale malgré tout, je les scelle douloureusement. Inutile de passer pour un sentimental. « Bref. Le sujet est clos. » Soufflé-je, peu désireux d'en parler encore des heures, de m'étendre là-dessus et d'écouter ses explications. D'ailleurs, il n'y en a pas.
Rejoignant la table, je m'empare de son verre et le lui tends, un léger sourire aux lèvres. Tu vois, je ne fais pas la gueule. Rien n'est gâché, rien n'est foutu pour ce soir, ne t'imagine pas qu'une nouvelle dispute se profile à l'horizon. Les mois s'écoulent et, parfois, j'ai un peu d'emprise sur le monstre qui sévit dans mes entrailles. Parfois, la cohabitation se fait, sans que je la subisse. « Bois beaucoup d'eau, essaie d'évacuer l'alcool, sinon pas d'médoc pour toi. » Passant la main dans ma barbe, je retourne à ses côtés et observe la chienne, qui fait sa vie dans un coin de l'appartement. Je ne sais pas pourquoi je me suis agacé. Peut-être parce que j'espérais, plus ou moins, qu'elle s'adapterait à ma façon de faire. Qu'elle accepterait que je ne sois pas bavard lorsqu'il le faudrait, que je sois gauche et sentimentalement handicapé. Parfois, il m'a semblé qu'elle avait pu le faire, pourtant. C'est trop lui demander et, surtout, c'est injuste.

Passant finalement le bras autour de son épaule, j'achève d'appuyer son corps contre le mien. Le palpitant, déjà, s'énerve dans ma poitrine. Son odeur enivrante vient calmer mes sens et son aura m'entoure, apaisante. Du coin de l’œil, un mouvement dans la pièce attire mon attention – la chienne revient et me saute dessus sans ménagement, visiblement heureuse d'avoir l'opportunité de dormir près de la chaleur de nos corps. Je souris : « Tu m'as manqué aussi. » Lancé-je avec spontanéité, avant de me corriger brusquement, prenant conscience de ce que je viens de dire : « Je veux dire, à elle. Tu lui as manqué, à elle. » Ma langue a fourché, j'ai envie d'ajouter, toujours aussi maladroit, mais je me retiens in extremis. Ce serait aggraver mon cas. Acceptant mon échec cuisant, et la vérité qui suinte de mes paroles, je marmonne finalement : « Enfin, à tous les deux, quoi. »

Pour couper court à cet événement malheureux, je remets le film – il doit rester un quart d'heure à peine. Ce ne sera pas suffisant pour effacer ce demi-aveu de son esprit, ni mon horrible tentative de me rattraper, mais ça aura le mérite de faire passer un peu de temps et de ne pas nous laisser nous appesantir là-dessus. Surtout pas. Distrait par le film, apaisé par sa présence, je me détends inexorablement. Lentement, nos silhouettes s'épousent et je repousse la chienne près de l'accoudoir. Ma main libre s'approche naturellement du corps de la brune, cherchant un nouveau contact et, alors que le film touche à sa fin, je passe les doigts sur sa cuisse. Le souvenir des marques abandonnées sur son épiderme se fraie un chemin dans mon esprit. Pensif, je baisse le son de la télévision pendant le générique et penche le visage vers Maisy. « Tu sais, les marques... La peau d'mes mains abîmées, tout ça, ça s'accompagne d'autres symptômes. » Le dernier mot est prononcé différemment, peu convaincu que je suis par son utilisation ; mais je ne sais pas non plus comment appeler ça. « Notamment, c'est le reflet dans le miroir qui est... » Ne prenant même pas la peine de chercher un mot adéquat, et encore moins une image, une métaphore lui permettant de comprendre, je me fends d'un nouveau haussement d'épaules et d'une moue. Cette moue qui veut dire que je me suis suffisamment exprimé sur le sujet. Ce reflet immonde, odieux, répugnant – ce serait lui donner trop d'importance que de m'étendre là-dessus. « Ça doit faire deux ans, j'crois... Dans ces eaux-là. » Contrant une éventuelle question, je mentionne spontanément la durée de cet état. Des mois et des mois que je n'ai pas pu m'admirer dans un miroir. Souriant, amusé, j'ajoute : « C'est pour ça qu'j'suis mal rasé, tu vois. » Au début, j'en prenais soin – surtout quand on commençait à se fréquenter, je ne sais pas pourquoi. Les premières semaines, je trouvais toujours quelqu'un pour prendre soin de la broussaille qui prend désormais ses aises sur mon visage. Comme un petit mensonge, peut-être.

M'appuyant légèrement contre elle, les doigts continue de passer sur sa cuisse. Alors, seulement, je réalise à quel point j'ai envie d'elle. À quel point, finalement, elle a pu me manquer. Une pression s'exerce sur sa chair et je penche le visage vers le sien, cherche ses lèvres. Elle n'est pas venue pour ça, elle souffre, alors je crois qu'il va falloir se refréner ; je l'embrasse, partage ma fièvre avec générosité. À nouveau, les émotions viennent me réchauffer le ventre, le visage, me brûlent les paupières. Alors je l'embrasse, simplement, d'une douceur empreinte de cette passion refoulée, étouffée. Ces choses qu'on enferme et qui ressortent avec fougue. Possessive, la main vient se refermer au creux de sa taille.
Les lèvres s'éloignent et les souffles reprennent. « J'aimerais que ce soit moins compliqué, tu sais. Mais j'sais pas si je suis prêt. Ni si j'en suis capable. » Nouvel aveu soufflé contre sa peau, comme un soupir douloureux.

Ce soir, sans explication, je suis pantelant. Étrangement fragile à son contact, prêt à céder tout et n'importe quoi dans cet élan soudain et inexplicable. Même prêt à céder à la vague d'émotions, de sentiments, qui cherche à me briser. Pour une nuit, peut-être que je peux le faire. Oublier les barrières, lui donner ce qu'elle veut, me laisser un peu de répit. Nous octroyer des vacances, et des retrouvailles dignes de ce nom.
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MessageSujet: Re: I've got thick skin - Jaisy   Jeu 29 Mar - 17:25


Il a tout de l’ours, Joseph, quand il se déplace, il fait de grands pas, bouge beaucoup les bras, avance comme un prédateur, lourd et imposant. Pourtant, il n’est pas excessivement grand, mais j’ai toujours l’impression qu’il est immense quand il se tient face à moi. Il me fait me sentir fragile et petite. Je ne devrais pas aimer ça. En général, si je me sens faible, c’est parce que la personne en face de moi peut m’écraser. À coup de poing, de pieds ou de magie, la technique n’a pas d’importance, le résultat reste le même. Si je me sens petite, je fuis. Pas avec Joseph. Je devrais peut-être, sûrement même, m’éloigner. Je me le suis dit un milliard de fois, j’ai passé des heures à peser le pour et le contre, à soupeser les risques. Est-ce que ça vaut le coup ? Est-ce que j’ai raison de m’attacher à lui quand il ne fait que me repousser ? J’ai fini par arrêter de trop réfléchir, par m’habituer au frisson de trouille et de désir qu’il déclenche contre ma colonne vertébrale quand ses mains m’attrapent. Et voilà, ce soir, dans un état déplorable, incapable de me protéger, j’ai couru dans ses bras, alors qu’il m’a jeté comme une malpropre. Non, j’exagère, pas comme une malpropre, mais il a quand même bien fait comprendre que je ne convenais pas. Encore un peu sonnée, je l’observe me regarder. L’ours face à sa proie, accouder contre le comptoir de la cuisine, les mains posées sur le meuble, le torse légèrement tendu vers l’avant, les yeux mi-clos. Il est beau. Il est épuisé aussi. Son visage se déforme quand je le questionne sur l’absence de miroir dans son appartement et je m’en veux immédiatement. Comme trop souvent, je parle trop vite et sans réfléchir. Il ne dit rien, se contente de hausser les épaules avant de s’approcher pour m’aider à bander mon bras.

Sa réponse à ma question me fait sourire. « Tain, t’es loquace dis donc. » Je secoue lentement la tête et continue à grattouiller le poil légèrement rêche d’Orka. Il se laisse tomber à mes côtés, son poids me faisant glisser contre lui. Je me délecte de sa chaleur qui me pénètre jusqu’à l’os, de son odeur mâle qui me submerge et me fait fermer les yeux. Je souris et me laisse aller contre lui, l’utilisant plus ou moins comme nouvel accoudoir. Je fume trop vite, aspire la fumée avec violence pour calmer mes nerfs mis à vif par le passage à tabac et par la présence de Joseph dans la même pièce que moi. Il m’oppresse. Menteuse. Ce n’est pas lui qui m’oppresse, c’est tout ce que nous ne disons pas. Tout ce gâchis, qui traîne et s’entasse entre nous, comme un tas d’ordures posé sur nos genoux. Je babille pour oublier mon angoisse et il répond. « J’en ai jamais vu aucun, tiens… » C’est vrai, même avant l’apocalypse, je n’ai jamais été très friande de ce genre de film, alors j’observe l’écran, essaie de me concentrer sur ce qu’il s’y passe, mais à nouveau, je gratte la croûte fraîche de ce que nous taisons. Sa réponse est nette et claire, sans tâches, sans arrière-pensées et elle me fait un bien fou. Je savais qu’il n’allait pas me jeter dehors, mais j’avais peur qu’il n’ait pas envie que je reste. Tout simplement. Il se lève, me forçant à reprendre une position moins confortable, moins douillette. Sa chaleur me manque instantanément et j’entoure mon bras valide autour de moi, cherche à conserver un peu de celle qu’il m’a donné. Je gâche toujours tout, je pose les mauvaises questions, appuie sur les mauvais boutons, le fait sortir de sa zone de confort et me retrouve punie. Sa voix est sèche quand il parle, elle devrait me blesser et pourtant, elle créer l’effet inverse. Je me redresse dans le canapé et lui jette un regard curieux par-dessus le dossier. Mes sourcils se froncent, cette simple phrase recèle, à elle seule, bien plus que la majorité de nos échanges. J’observe son dos, les cheveux fous dans sa nuque, la ligne de ses épaules, son t-shirt qui fait un pli juste au-dessus de son jean. Et plus je le regarde, plus je me laisse bouffer par le même espoir qui m’a poussé à venir ici. Il se retourne, s’appuie à nouveau contre le comptoir, le corps raidit par l’énervement. Il tapote du pied par terre, frénétiquement et je mords une fois de plus l’ongle de mon pouce. « T’sais bien, que j’suis pas toujours très douée… » Je hoche la tête, baisse les yeux et joue avec l’ourlet du t-shirt qu’il m’a donné. « Excuse-moi, je sais pas pourquoi j’ai demandé. » Pieu mensonge s’il en est, mais je n’ai pas la force de lui dire que j’avais simplement envie de l’entendre me dire qu’il voulait de moi chez lui.

Je hoche une fois de plus la tête quand il clôt la conversation. Je me réinstalle dans le canapé et redresse la tête quand mon verre apparaît dans mon champ de vision. Son sourire me réchauffe le cœur comme à chaque fois que j’ai l’occasion de le voir. Son sourire de voyou, de sale môme. Il lui tire des pattes d’oie aux coins des yeux et il écartèle mon pauvre petit cœur. Je lui réponds du mien, effleurant ses doigts en prenant le verre avant de le porter à mes lèvres en levant les yeux au ciel. L’offre de paix qu’il représente est presque aussi douce que le soulagement que je ressens. Je n’avais définitivement pas la force de me lancer dans l’une de nos engueulades marathon qui peuvent durer des heures. Je plante mes yeux dans les siens en vidant mon verre d’eau, comme il me l’a demandé. Je n’ai pas envie de m’engueuler avec toi, Townsend. J’ai juste envie qu’tu m’laisses me caler contre toi et qu’on mate ton film de monstre. Je ne réponds pas ça, bien évidemment, je me contente de plisser les paupières et de lui jeter un pseudo-regard de la mort. « C’pas toi qui vas aller pisser douze litres et te réveiller quarante fois pendant la nuit après, hein ! » Pourtant, je bois le verre en entier, lentement, mais sûrement. « J’suis même pas si bourrée que ça en plus… Fin, j’l’étais probablement pas mal, mais disons que j’ai eu des raisons et le temps de décuver. Alors aboule la dope ! » Son bras se tend et il m’attire contre lui avant de me laisser avaler les cachets anti-douleur. Je ris doucement avant de me blottir avec délice le long de son corps. M’appuyant de biais, pour ne pas peser sur mon épaule récemment remboîtée, je cale mon dos contre son flanc et ne peux retenir le petit soupir de contentement que m’apporte ma nouvelle position. J’ai chaud, ça sent bon et je suis bien calée, tout va bien. Je ferme les yeux quelques secondes, laisse son odeur m’apaiser et me concentre sur le rythme de son cœur qui s’accélère légèrement, me tirant un nouveau sourire. Je sursaute quand Orka se jette sur lui, me collant sa truffe contre le cou. Je glousse et la laisse prendre sa place contre lui en souriant. Mon cœur rate un ou deux battements et j’arrête de respirer quelques secondes de trop quand il reprend la parole. Je lève la tête vers lui, et ne retiens pas le rire franc qu’il me tire en se dépatouillant avec de fausses explications. Je pose sur lui un regard tendre, il a les oreilles légèrement roses et je me mords le pouce pour ne pas rire plus franchement encore. J’attrape sa main, qui pend sur mon épaule et entrelace nos doigts. Le geste, sans importance pour la plupart des gens, relève ici d’une intimité nouvelle. Joseph et moi, nous ne nous sommes jamais vraiment tenue la main, enfin pas de façon tendre. Il l’a attrapée pour me tirer des mâchoires d’une bestiole gigantesque et j’ai pris la sienne pour le pousser à continuer à avancer. Mais, jamais je n’ai marché dans la rue, mes doigts entrelacés aux siens. Ma tête dodeline doucement contre son épaule tandis que les cachets font effet. La douleur reflux et ma tête devient légère, les sons s’étouffent un peu et j’ai vaguement l’impression d’être enveloppé dans une boule de coton.

J’observe nos mains, mes petits doigts et les siens. La chaleur de sa paume contre la mienne et la tendresse du geste remue quelques choses en moi. Je cherche mes mots, cherche comment lui répondre sans briser ce qui semble se tisser ce soir. J’avance toujours sur des œufs avec lui. J’inspire doucement, pose un petit baiser sur le côté de sa main et me lance. « Merci. » Je parle tout bas et je décide d’étayer un peu. « Merci, pour l’épaule et aussi d’l’avoir dit. » Je ris doucement, la bouche toujours contre sa peau. « Je me doutais bien qu’Orka ne pouvait pas vivre sans moi. » Je pose la main sur mon front, d’un air dramatique, détends l’atmosphère et lui sourit. Avant de me plonger dans le film, auquel je ne comprends rien. Pas très étonnant, puisqu’en plus d’être le dernier d’une trilogie, il n’en reste qu’une quinzaine de minutes. Pourtant, je m’en fiche, je reste nicher contre Joseph, réchauffant petit à petit mon corps. Je le sens se détendre contre moi et nos corps s’épousent d’avantage, nos peaux se cherchant, nos chaleurs s’enroulant l’une avec l’autre. La chienne se retrouve pousser un peu plus loin et bientôt, le doigt de Joseph effleure ma jambe. Je me décale et me réinstalle plus confortablement contre lui, laissant ses doigts vagabonder sur ma jambe. Le générique démarre et il baisse le son. Je lève la tête vers lui quand il me parle, surprise qu’il aborde de lui-même un sujet que je sais être sensible. Je grimace en prenant conscience de ce qu’il veut dire. Je baisse la tête, regrettant d’autant plus ma question précédente. « J’ai jamais trop osé demander à ceux euh… Comme toi, faute d’autres mots… C’que ça impliquait… » Je glisse la main le long de son bras. Je ne comprends pas tout ce qu’il veut dire, mais je suppose que son reflet doit être effrayant ou déformé pour qu’il fasse disparaître tous les miroirs de chez lui. Je ferme les yeux et serre son bras quand il devance ma question. Pourtant, il fait un trait d’humour et je ne peux m’empêcher de sourire. « Tout s’expliiiique… J’pensais que c’était juste pour le plaisir de ressembler à nos ancêtres des cavernes. » Je lui donne un gentil coup de coude. Je me redresse un peu, pour pouvoir mieux le regarder. Son visage est effectivement mangé par sa barbe. Je glisse les doigts dedans, elle n’est pas aussi rêche que quand elle était plus courte, la longueur rend les poils plus souples. « T’sais… S’tu veux, j’pourrais m’en charger. » Je n’ai pas vraiment réfléchi avant de lui proposer mon aide, mais ça me semble logique. Je visualise la scène et un sourire attendri étire ma bouche. On serait probablement très mignon ou sur le point de s’entretuer. « Fin, si tu promets que tu ne m'assommeras pas si j’me foire. Et si tu jures de pas trop bouger. » Une autre idée me traverse le crâne à toute allure. « D’ailleurs… Si tu veux te voir… J’peux p’têtre t’aider. » Je réfléchis quelques secondes. « J’veux dire, peut-être qu’avec une illusion pas trop forte, j’pourrais te permettre de te voir vraiment... J’pourrais pas tester ce soir, de toute façon, mais si ça t’intéresse, le rasage ou ça… N'hésite pas. » Je me recale contre lui, le laisse caresser ma cuisse et tente de contrôler mon souffle qui s’emballe.

Ses caresses, légères et tendres, réveillent mon corps engourdi et je trésaille à chacun des passages de ses doigts. Ils s’incrustent dans ma chair et je lève le visage vers le sien. Nos lèvres se rencontrent, chaleur contre chaleur et j’enfonce mes doigts dans sa barbe, agrippe son visage et me rassasie de ses lèvres en oubliant les blessures des miennes. Sa main grimpe de ma cuisse à ma taille et mon dos se cambre contre sa caresse. Je soupire de mécontentement quand il me relâche et reprend mon souffle comme je peux. Son souffle caresse mon visage tandis qu’il parle et je me gorge de ses paroles. J’y découvre un espoir nouveau, neuf et doux, sans égratignure et mon cœur gonfle dans ma poitrine. J’agrippe son cou et écrase mes lèvres contre les siennes avant de lui répondre. « J’ai pas besoin d’certitude. » Mon regard bleu se plante dans le siens et j’y lis les réponses à mes questions. « J’ai pas besoin qu’tu sois sure, j’ai pas besoin qu’ce soit simple. »  J’effleure ses joues, son nez et ses lèvres du bout des miennes et me noie dans la plénitude que m’apporte ses mots. Je ne trouve pas les mots pour exprimer ce que je ressens et puis, de toute façon, si je m’aventurais à parler, je dirais probablement une connerie. Alors, la gorge serrée, je grimpe sur ses genoux, à califourchon et embrasse son cou. Je glisse la main dans sa nuque, masse du bout des doigts la jonction entre le bas de son crâne et le haut de son dos. J’esquive son regard, j’ai peur de ce que je risque d’y trouver. « Townsend, t’sais, j’crois qu’tu m’prends pour une princesse un peu fragile, mais j’suis assez costaude pour te survivre, t’en fais pas. » Je laisse échapper un rire, qui sonne un peu faux, un peu cassé. Je ne veux pas trop en dire, il est des mots qui se doivent d’être tues entre nous. Alors, je garde le silence, les yeux rivés sur l’ourlet du col de son t-shirt, les joues roses et le souffle légèrement court. Mon bras blessé est coincé entre nous, rappel douloureux de la raison qui a mener à ma présence ici, ce soir. Je lève les yeux, légèrement, le regarde par en dessous, jauge son expression en mordillant le coin de ma lèvre qui n’est pas blessé.

J’enfoui à nouveau mon visage dans son cou, cherche à me soustraire au trop-plein d’émotion et de question qui accompagne ses paroles. Je suis amoureuse de Joseph, je me le cache depuis trop longtemps pour ne pas être honnête ce soir. Je suis amoureuse de ce mec brutal et cru. J’inspire et dépose une pluie de baiser dans le creux de son cou, me gorge de son odeur rassurante, m’étouffe de la senteur masculine de sa peau, cherche à noyer mes révélations dans sa chaleur. Je redresse le visage et pose une main sur ses yeux, lui cache la vue. Je profite de m’être soustrait physiquement à son regard pour observer plus attentivement son visage, sa bouche si pleine, sa barbe en bataille. Je fais taire ses revendications d’un baiser rapide et me tortille en réfléchissant. Une idée vient de germer dans mon esprit, mais je ne sais pas comment l’amener. Je retire la main de son visage et plonge mon regard dans le sien. Un sourire presque carnassier étire mes lèvres quand je trouve mon angle d’attaque. Nous sommes incapables d’être honnêtes l’un avec l’autre, nous vivons dans les non-dits et les sous-entendus, espérant de l’autre ce que nous sommes incapable de demander. Pourtant, quand ce sont nos corps qui discutent la conversation est, souvent, bien plus honnête. J’ai envie de lui, si fort que j’en ai mal au bide. J’ai envie de cette intimité mentale que nos offres nos ébats, je ne suis pas en état pour ça. Je pourrais l’être si nous étions tendres au lit, c’est rarement le cas. Joseph aime me pousser à bout et j’aime me voir malléable entre ses doigts. J’échafaude mon idée rapidement, la main toujours posée sur les yeux de Joseph, il tente de se débattre, mais je ne me laisse pas faire. « Shhh, tiens-toi tranquille Townsend. J’ai une idée. » J’ai besoin de me changer les idées, d’oublier ce qui s’est passé et de ne penser qu’à moi, qu’à nous. Il grommelle et je mordille rapidement son cou en guise de punition. « Si t’arrêtes pas de te plaindre comme un mioche, j’te parle pas de mon idée ! Et ce serait foutrement dommage, chuis sûre que ça va t’plaire. » Je retire ma main et lui adresse un sourire lubrique. L’étincelle qui s’allume dans son regard me tire un rire léger. J’attrape un t-shirt qui traîne sur le dossier du canapé, en profitant pour appuyer ma poitrine contre le visage de Joseph en gloussant. « En temps normal, j’t’aurais dit qu’un peu d’ménage de temps en temps ça fait pas d’mal, mais j’vais pas trop me plaindre parce que ton bordelisme va m’être utile. » Je pose le t-shirt sur son visage avant de plaquer ma bouche contre son oreille et de chuchoter, dans un soupir lubrique. « Attache-le. Bande-toi les yeux. J’ai envie de jouer à un jeu, j’ai envie de tes mains sur ma peau, j’ai envie que tu me connaisses aussi bien au toucher qu’à la vue. Et si t’es bien sage avec moi… Peut-être que t’auras un cadeau. »

Je me redresse et prie intérieurement pour qu’il accepte. Je souris largement quand il obtempère. « Tu ne regretteras point ton choix, jeune apprenti. » J’embrasse ses lèvres, regrettant un peu de ne pas pouvoir plonger mon regard dans le sien. J’observe son visage, effleure ses joues, son cou et ses épaules du bout des doigts. Profitant qu’il ne puisse pas me voir pour l’observer avec toute l’affection que j’ai pour lui. Il est beau, pas d’une beauté classique et lisse, de la beauté des choses cassées. De ces objets qu’on pourrait jeter, mais dans lesquels on retrouve quelque chose d’unique et de si violemment beau que s’en débarrasser serait un crime. Je me redresse et descends de ses genoux avant d’attraper sa main. Je tire doucement dessus. « Viens. Promis, j’vais pas te planter dans un mur. » Il se laisse faire et je l’attire jusqu’à la chambre, je le pousse doucement à s’asseoir sur le lit. Je lâche sa main et recule un peu. « Deux secondes, je suis juste à côté, t’inquiète. » Je me bats tant bien que mal, avec ma seule main libre pour retirer le t-shirt et le pantalon trop grand. Ils échouent sur le sol dans un chuchotement délicat de tissus. J’enjambe les vêtements et m’approche de lui, le souffle court et les joues rouges. J’inspire profondément. J’ai l’impression que mon sang bout dans mes veines et que je vais exploser. Le silence de la pièce n’est troublé que par nos respirations et son souffle s’échoue quelque part vers mon nombril, petit filet d’air tiède qui fait cascader une ribambelle de frissons le long de mon échine. Je murmure, pour ne pas perturber le calme et pourtant ma voix semble résonner comme un coup de tonnerre dans la pièce. « Je suis juste là. » J’effleure sa joue du bout d’un doigt avant de le pousser à relever la tête. Je me régale de ses réactions, des muscles de son cou que je vois se tendre et se détendre, de son souffle un peu court et de l’expression concentré sur ce que je vois de ses traits. « Tu peux me toucher. » Je chuchote dans son oreille gauche avant de passer rapidement à la droite. « Mais pour le moment, tu dois être sage. » J’embrasse sa joue avant d’embrasser sa bouche doucement et de reculer. Pouvoir l’observer à quelque chose de très relaxant et surtout, ça m’empêche de me concentrer sur ce que j’ai vécu plus tôt. Je veux que ce soit ça, mon souvenir du jour. Pas ce qu’il s’est passé plus tôt. Mais ça.

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MessageSujet: Re: I've got thick skin - Jaisy   Dim 8 Avr - 22:58




I've got thick skin

Maisy & Joseph

Lost in the fog, these hollow hills, Blood running hot, night chills, Without your love I'll be so long and lost, Are you missing me?

Lorsqu'elle m'intime de me tenir tranquille, je résiste avec immaturité, jusqu'à ce qu'elle mentionne son idée. Les idées de Maisy impliquant souvent un haut niveau de nudité, je m'abandonne un instant à son emprise, l'observant sans mot. Après cette soirée, après ce que j'ai vu et pensé, il me faudra de sacrées préliminaires, mais pourquoi pas – un sourire mutin aux lèvres, je demeure néanmoins silencieux lorsque je comprends avoir tapé dans le mille. Sitôt redressée, son buste s'approche de mon visage – j'embrasse la peau me passant sous les lèvres. Son odeur m'a manqué. Je le savais avant de la revoir, avant même de pouvoir humer le parfum naturel de sa peau, même après cette soirée. Là, je ne peux que l'admettre.
Un grognement fait office de réponse à sa petite réflexion, que j'ignore. Le bordel, c'est un peu le seul signe distinctif de mon appartement, dans lequel il ne règne absolument rien ou presque. Un nouveau grognement s'extirpe de ma gorge lorsque ses lèvres viennent me susurrer les mots les plus doux de la soirée, enflammant aussitôt mon ventre. Le grognement de l'animal en rut, malheureusement. Finalement, rallumer le brasier ne sera peut-être pas si long. Alors je m'exécute, nouant le tissu derrière mon crâne. Le mouvement s'articule rapidement mais la vue m'est bien cachée.

Un baiser m'est donné, auquel je réponds avec envie. Puis le silence, seulement froissé de nos respirations respectives. La gêne grimpe rapidement – j'ai toujours bien aimé être le centre de l'attention, j'ai toujours apprécié les regards sur moi. Lorsque moi-même je savais contempler mon reflet – il ne m'a jamais particulièrement plu, ni particulièrement déplu. Il y a dans ces traits trop de mon père, dans ces yeux trop de ma mère, et dans ces expressions trop de mon frangin pour que je puisse aimer sincèrement mon physique. Mais il ne m'a jamais dérangé, tant que je pouvais l'observer, le cultiver, en faire quelque chose. Aujourd'hui, j'ai l'impression que tous y voient ces chairs meurtries, putréfiées – à leur seule évocation, la gêne s'intensifie. Comme si en y regardant de plus près, j'allais me décompenser sous les mirettes de mes interlocuteurs. Maisy a déjà vu que je suis pourri de l'intérieur, qu'en sera-t-il lorsqu'elle verra l'extérieur que je vois également ?
Alors je détourne le visage, un sourire aux lèvres. Le penche une fois à droite, puis à gauche, sans savoir comment échapper à ses prunelles inquisitrices. Accepter le jeu, c'était aussi accepter ses règles, hein ? Mais l'embarras ne dure plus que pour quelques secondes – les doigts près des siens, je me redresse lentement et la suis à tâtons.

C'est difficile. Pénible de suivre sans voir, agaçant de perdre le contrôle d'un de mes sens pour une poignée de secondes à peine. Devoir me rabattre sur ses désirs à elle et sur les choix qu'elle décide de m'imposer, si plaisants puissent-ils être. Mais ça ne dure pas longtemps et je rejoins rapidement le matelas, sur lequel je m'assieds seul. Elle prend le temps de répondre à mes interrogations muettes et j'en profite pour passer les doigts sur le bandeau improvisé, simplement pour ne pas avoir les bras ballants. Je l'entends mener un bref combat avec ses vêtements, qui rejoignent le sol dans un bruit distinctif. Les mains légèrement inclinées devant moi, là où je pense que son corps se trouve, je patiente. Décidément, je n'aime pas être dépossédé de mes moyens – pas comme ça, en tout cas. Mais c'est pour la bonne cause, me dis-je.
L'épiderme chaud est bientôt effleuré de mes doigts incertains. La vue me donne beaucoup plus d'intensité, voire une légère pointe d'agressivité. Savoir qu'elle est blessée quelque part et que je dois progresser à l'aveugle sont deux facteurs me poussant à plus de délicatesse, forcément. Approchant le visage de la source de chaleur, j'y dépose un baiser. Sa voix me guide avec ses gestes et je lève le visage, les mains sur ses hanches. Je ne sais plus très bien ce que je dois faire, s'il faut toucher ou embrasser, déshabiller ou mordre, sentir ou goûter.

Elle n'y répond qu'à moitié – je peux toucher, mais rester sage. La notion est difficile à cerner et je souris, amusé. Mais puisqu'il faut jouer le jeu... Elle m'embrasse à nouveau, trop légèrement à mon sens, et s'éloigne déjà. Poussant un soupir, je gonfle la poitrine, les mains à plat sur le matelas. Son petit manège me frustre déjà, et pas dans le bon sens. Je ne vois pas ce qu'elle attend de moi ni l'intérêt profond de cette manœuvre.
Je décide de me lever, les mains légèrement tendues devant moi. Elle est juste là, à quelques centimètres, et je m'approche avec lenteur. Les doigts retrouvent leur place près de ses hanches, flirtent avec le morceau de tissu sans le titiller, et glissent dans son dos. Les yeux fermés sous le bandeau, je ne cherche pas ses lèvres ni même son visage. Mes mains ne doivent pas être très douces, usées par l'entraînement et le mode de vie qui leur sont imposés. Elles redessinent la courbure de ses reins et remontent le long de sa colonne vertébrale, suivant le creux de ses muscles.
Les lèvres s'humidifient et la respiration se fait un peu plus forte, entraînée par une excitation grandissante. Son épiderme à elle est tendre et tiède sous mes caresses et je poursuis l'étrange expédition. J'ai envie que tu me connaisses aussi bien au toucher qu'à la vue, disait-elle. Un léger soupir m'échappe à cette évocation. Ce serait bien, ce serait beau. Se reconnaître parmi d'autres, avoir les sens si aiguisés par l'affection qu'on se retrouverait dans l'obscurité seulement grâce à nos flagrances naturelles. Passer la main sur un mollet et en reconnaître immédiatement le galbe, effleurer un dos pour en chercher les bons muscles, seulement ceux qui sont développés chez elle. Fouiller une cambrure toute particulière, trop prononcée par rapport à celle-ci, ou celle-là, et savoir que c'est la sienne. Ce serait beau ; beaucoup trop ?

À mes yeux, bien sûr. Mais qu'importe, parce qu'il n'y a pas matière à en discuter ce soir. Le silence n'est pas effrayant parce qu'il est troublé de sa respiration, l'espace est comblé de sa présence, de la vie qui transpire de ses pores. Bientôt, les caresses aventureuses poursuivent leur cheminement près de ses épaules. Son ossature ne m'échappe pas plus que sa musculature – cette dernière m'étais davantage connue, néanmoins. Je sais où sont ses muscles, où ils ne sont pas. Je connais ces endroits  sur lesquels mes doigts peuvent se refermer, où la chair est dense et délicieuse. Un baiser est déposé à la naissance de sa clavicule et je poursuis du bout des doigts jusqu'à l'autre extrémité. Cette odeur qui exhale d'elle est entêtante. Cette odeur, je l'aime.
Le palpitant bat plus vite à mesure que les secondes sont grignotées, une respiration féroce s'écrasant sur sa peau. Je ne sais plus où elle a mal, de quel côté je me trouve par rapport à quelle blessure – le cerveau est déjà envahi de tout et n'importe quoi, de pensées visiblement impures qui commencent à me brouiller la conscience. Les pulsions s'entassent avec rapidité et je dépose des baisers au-dessus de sa poitrine. Sa peau sent peut-être un peu l'alcool, le tabac. Des odeurs qui ne peuvent pas me gêner le moins du monde et qui, malheureusement, font partie de notre quotidien. J'embrasse avec envie, sans être capable de faire preuve de retenue. Toucher en restant sage, je n'ai jamais su le faire.

À genoux, les mains sur sa taille, je glisse les bras autour de son corps dans une étreinte étrange. Qui n'était pas mesurée, ni même décidée, trop spontanée pour que j'en discerne immédiatement la raison. Le front contre son ventre, je ferme les paupières avec force.
Je sais ; je sais. La respiration est saccadée ; je sais, putain. Je suis conscient de tout ce que je fous en l'air en permanence, de tout ce que j'ai déjà foutu en l'air entre nous. De ce qu'elle a pardonné alors que rien ne lui était demandé, de ce qu'elle a su excuser lorsque je n'aurais pas fait marche-arrière pour elle. Des efforts fournis, des guerres intérieures et des batailles extérieures, je suis conscient de cette impression perpétuelle de pédale à sens-inverse. Pressant le visage contre elle, je soupire. J'oublie qu'elle me voit, qu'elle n'a pas les yeux bandés et qu'elle m'observe de tout son saoul. À l'aveugle, il y a subitement moins à cacher. Les sens s'excitent et éveillent les sentiments que je m'efforce d'étouffer en permanence, avec plus ou moins de succès. Et puis, elle m'a manqué pendant tout ce temps. Tout est un peu trop intense, ce soir, à mes yeux.
Les doigts pressés sur sa chair, je demeure immobile un instant. Sous le morceau de tissu, les paupières se ferment avec force sur une brûlure significative. Je m'en veux et je ne change jamais. J'aimerais m'excuser à voix haute, formuler les saloperies prononcées et celles que j'ai faites. M'excuser déjà pour les erreurs de demain, pour la personne que je suis. La personne sur laquelle elle a jeté un dévolu incompréhensible. Il faudrait lui demander pardon à l'avance pour cette histoire qui ne mènera jamais à rien, rien de sérieux. Mais ce sont des mots qui ne sortiront pas pour elle en premier. Ils ne seront extirpés que pour ceux que j'ai blessé il y a des années, pour mon propre sang qui est meurtri, ou ne seront jamais plus proférés.

Maintenant, il faut se calmer, Joseph. Se calmer pour ne pas exploser comme un idiot, pour ne pas gâcher cette soirée en plus des autres. Comme d'habitude, il faut oublier et reléguer à demain ce qui est une tâche trop pénible à accomplir aujourd'hui. Forçant ma respiration, je dépose un baiser du bout des lèvres sur son ventre. Devenu maître dans cet art, il me faut quelques secondes à peine pour tout ravaler. Une fois fait, un second baiser s'écrase près de son nombril, avant qu'une langue curieuse ne s'y aventure. Oublie, oublie. L'exaltation de la luxure t'aide à négliger ce qui est trop lourd, immanquablement. Les mains glissent sur ses fesses, en dessinent les formes et en cherchent les limites. Ce petit trait adorable sous le postérieur, où la chair est si tendre, si douce.
Me redressant finalement, j'abandonne son corps pour ôter mon t-shirt. L'injustice de la situation est frappante mais je me tais, galant. Ça ne me dérange pas qu'elle observe mon corps, puisque je sais à quoi il ressemble. Je le travaille, je l'ai même décoré. Bien qu'il soit moins nourri depuis quelques temps, je l'entraîne pour conserver une musculature décente. Alors, non, ça ne me dérange pas. Mais j'ai surtout envie qu'elle y passe les mains, elle aussi. La sensation de ses doigts sur ma peau apaisera la fournaise qui sévit sous mon épiderme. « J'ai pas de sagesse, c'est bien ça l'problème. » Soufflé-je d'une voix rauque, comme si je n'avais pas pris la parole depuis des heures.

J'avance le visage avec lenteur – peu à peu, la chaleur transpire de sa peau et son souffle se rapproche, m'indiquant la proximité qui nous sépare encore. Quelques baisers échouent sur sa joue, dessinant un chemin jusqu'à son oreille. Je n'ai rien à chuchoter – ce serait trop, alors mieux vaut ne rien dire. Alors j'embrasse comme j'ai rarement embrasé quelqu'un, je fouille des coins de peau encore peu connus, et je m'enivre d'odeurs beaucoup trop familières.
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MessageSujet: Re: I've got thick skin - Jaisy   Sam 28 Avr - 22:05


Il y a quelque chose de profondément touchant dans la fragilité que je lis en lui. Il est toujours si fermé, ne montre rien de ses émotions. J’arrive parfois à voir l’éclat de quelque chose dans son regard, mais, il referme aussitôt la porte, me laissant affamée. Affamée de lui, de savoir ce qu’il se trame dans son crâne, ce qui le rend si prompt à me repousser en arrière quand j’arrive, difficilement, à faire un pas en avant. Ce ballet dur depuis des mois, un pas en avant, trois pas en arrière. Orka, puis des semaines sans la moindre nouvelle, sans le moindre regard, sans avoir pu croiser son regard, sans avoir me perdre dans une de nos étreintes. Pourtant, la vulnérabilité qui me brise ce soir, semble se répercuter sur lui, et il s’abandonne à ma demande puérile. Il est assis, sur le lit, le cou tendu et le visage pencher en arrière, comme en adoration devant moi. La pensée me fait sourire, étirant mes lèvres l’espace de quelques secondes. Il n’y a jamais eu la moindre révérence dans les gestes de Joseph envers moi. Il ne m’a jamais touché comme si j’étais faite de cristal et, c’est probablement l’une des choses que j’aime le plus à propos de lui. Il me voit. Il me voit vraiment, il voit mes fêlures, mes fragilités et il s’en fout. Elles doivent probablement le terrifier par moment, mais il est trop fier pour le dire. Il fait comme si elles n’existaient pas et me traite comme j’ai envie d’être traitée.

Il n’a jamais été très délicat, pourtant, quand il attrape mes hanches, c’est avec douceur que ses paumes se referme sur ma chair. Il embrasse mon ventre et je passe la main dans ses cheveux, enfouissant mes doigts dans la toison brune qui recouvre son crâne. Ils ont poussé, comme sa barbe, et ce n’est pas pour me déplaire. Il a quelque chose d’un homme de Cro-Magnon comme ça. Il relève un peu la tête et un sourire barre son visage quand je lui dis d’être sage. Il est foutrement adorable, cruellement beau quand il ne me voit pas. Je profite de son handicap pour me repaître de lui. Ma faim se gorge de son souffle un peu court, de ses cervicales tendues sous la pression qu’il se met tout seul, ses sourcils froncés de concentration. Quand il me lâche, je recule d’un pas et continue de l’observer, la position ne fait que mettre en avant sa masse musculaire, tendant le tissu de son t-shirt sur son torse. Il finit par se relever, les mains tendues en avant, alors je m’approche. Juste assez pour que ses doigts m’effleurent. Il accroche mes hanches, comme il l’a fait tant de fois. Glisse le pouce dans l’élastique de mon bas avant de remonter le long de mon dos. Je frissonne sous son touché, ses mains, un peu rêches, éraflent mon épiderme, tandis qu’il dessine le creux de ma colonne vertébrale. Je m’appuie légèrement contre lui, abandonnant pour quelques minutes mon observation, me contentant d’apprécier la caresse qu’il m’offre. Son souffle s’accélère, son cœur s’emballe sous mon oreille et sa température corporelle augmente. J’apprécie le silence qu’a naturellement forcé le bandage sur ses yeux. J’avale toutes ses informations, je m’en délecte, je l’apprends comme je lui ai demandé de le faire pour moi. Je l’apprends à l’odorat, me gorge de son odeur, de la façon dont elle fait battre mon cœur un peu plus vite, de la familiarité qu’elle évoque. Je l’apprends à l’ouïe, les modulations de son souffle, le battement sourd de son cœur, les murmures de sa langue qui humidifie ses lèvres.

Il effleure mes épaules, me révèle à moi-même autant qu’a lui. Ses mains reposent, avec un naturel déconcertant, sur moi. Il se penche et sa barbe, désormais douce, frotte contre ma joue. Je soupire quand ses lèvres échouent sur ma clavicule, son souffle presque haletant, créant une tempête sur la terre que je suis. Il me bouleverse. Il me bouleverserait dans n’importe quelle situation. Je déglutis et laisse ses doigts effleurer mon cou. Il inspire profondément et je comprends qu’il fait la même chose que moi quelques secondes plus tôt. Je commence à bouger, glisse mes doigts sous son haut, effleure les muscles qui affleurent sous sa peau. Me repais de les sentir se tendre, de voir son souffle accélérer encore un peu. Il me force à reculer, très peu, mais assez pour pouvoir embrasser la naissance de ma poitrine. Ses lèvres s’écrasent, comme un millier de vagues, contre ma peau. Je souris, le souffle un peu court. « C’pas très sage… » Ma voix n’est que murmure dans le vacarme de mon cœur à mes oreilles, elle manque cruellement de conviction. Il tombe à genoux devant moi et je crois que mon cerveau arrête de fonctionner pour quelques secondes. Il enlace mon corps, le visage contre mon ventre, son souffle effleurant ma peau, soulevant des chaînes de montagnes en forme de chair de poule sur ma peau. Il me serre contre lui, le front appuyé sur ma chair, il tremble un peu et ce simple geste me bouleverse plus que tous les mots de l’univers. Je pose ma main sur sa tête, caresse ses cheveux, doucement, grattant son scalp dans un geste apaisant. Oh, Bonjour Joseph… T’étais donc là… Ça va aller. On va aller. On peut survivre à ça. Je me tais, laisse mon souffle s’apaiser. Je tente vainement de lui transmettre le calme qui m’habite. Malgré l’émotion qui m’étreint, je suis calme et j’ai l’esprit étrangement clair. Son souffle, saccadé, me brise le cœur. Je penche légèrement la tête, un sourire triste sur les lèvres quand je comprends ce qu’il fait. « Merci… » J’ai parlé si bas que je ne suis pas sûre qu’il ait entendu quoique ce soit, je ne suis même pas sûre que j’aie envie qu’il entende. Je suis assez intelligente pour savoir qu’il n’arrivera peut-être jamais à s’excuser à voix-haute, qu’il n’arrivera peut-être jamais à exprimer ce qu’il ressent librement. Je peux vivre avec ça, je peux vivre avec quelqu’un d’aussi bousiller que moi. Ça ne me fait pas peur, la folie, je sais gérer. Il a l’air d’être aussi perdu que moi dans cette histoire, aussi à l’ouest. Ni lui, ni moi, ne savons réellement comment faire marcher toute cette merde. Pourtant, ce soir, il essaie. Il essaie et c’est tellement plus que ce à quoi je m’étais attendue que les larmes débordent légèrement. Je les laisse rouler sur mes joues, espérant qu’elles ne tomberont pas sur sa tête. Je ne peux pas les essuyer, ma seule main repose au milieu des cheveux de l’homme à genoux devant moi. Je vois soudain sa nuque se raidir sous mes yeux. Ah… Au revoir, Joseph, à bientôt… Il inspire profondément et je vois sous mes yeux se dérouler le rituel de l’enterrement de Joseph. Il attrape tous ses sentiments qui l’effraie, les enroule en une petite boule bien serrée et les enferme dans une petite boite, bien cachée. Un jour, j’irais vider ton grenier, Townsend. Il pose ses lèvres sur ma chair à nouveau, sa barbe me chatouillant légèrement. Soudain, je pousse un couinement de surprise, sa langue, brûlante, effleure ma peau. Il a choisi le sexe comme moyen de protection, je peux gérer ça. Je le laisse faire et pousse un soupire exalter quand il s’attaque à mes fesses. Ses mains englobent mon derrière et je glousse bêtement sous la caresse.

Il se redresse et retire son t-shirt, me laissant pantoise pour quelques secondes. Je profite pleinement de mon avantage. J’observe son corps, son torse sculpté, sa peau, brunie par le soleil trop fort, qui tape trop souvent à la Nouvelle-Orléans. J’observe les tatouages qui ornent son corps, brûlant d’envie de savoir d’où ils viennent, pourquoi, pour qui. J’ai l’impression que plus j’en saurais sur ses tatouages, plus j’en saurais sur lui. Peut-être que je me fourvoie, mais après tout, ce serait toujours ça de plus. Sa voix est rauque quand il ouvre la bouche et ses mots filent droit entres mes jambes, allumer un brasier qui n’attendait rien de plus. J’inspire violemment, le corps vibrant d’un désir violent. Il s’approche, prédateur, malgré sa vue obstruée. Il s’approche et son souffle frappe mon visage, je le laisse m’embrasser la joue, le cou, le menton, l’oreille. J’attrape son visage des deux mains et écrase ses lèvres sur les miennes. J’ai faim, j’ai soif de lui. J’ai besoin de sa bouche sur la mienne pour respirer correctement, besoin de ses mains sur mon corps pour pouvoir fonctionner pleinement. Je le repousse légèrement. Je le force à se rasseoir sur le lit, avant de m’asseoir sur ses genoux et de le forcer à s’allonger. Je pose la main à plat sur son ventre, les doigts effleurant sa hanche et la paume sur ses abdominaux. Entre mes jambes, la preuve brûlante de son désir, sous mes yeux, la beauté brute de sa personne. Je balance mon bassin légèrement, un sourire sardonique aux lèvres. « Tu as pu toucher tout ton saoul, à moi maintenant. » Je remonte la main lentement le long de son ventre, apprécie la fermeté de ses muscles, la façon dont ils réagissent à mon toucher. J’effleure ses pectoraux, sa gorge et ses joues. Je me penche en avant, utilisant mon bras valide pour assurer mon équilibre tandis que je dépose un baiser sur ses lèvres. Je me rassois, appuyant fermement mon corps contre le sien dans un mouvement souple du bassin. Je me mords la lèvre inférieure, en observant sa réaction. Je pourrais passer des heures à exciter son désir, ne rien faire de plus, juste me contenter de le titiller, pour observer chacune de ses mimiques, pour entendre chacun de ses soupirs, pour sentir chacun de ses frissons. Je pousse un grognement de frustration et retire mon écharpe de fortune d’un geste délicat. Je bouge doucement mon bras, estimant qu’elle ne sera pas nécessaire pour les activités que j’ai en tête. Je pose ma seconde main sur son ventre. À la lisière de son pantalon. Je glisse le bout de mes doigts sous la sentir. J’entends sa respiration se modifier une fois de plus et je sors mes doigts pour défaire rapidement le bouton et la fermeture de son pantalon. Son corps réagit merveilleusement à chacun de mes gestes. Je me laisse glisser le long de son corps, jusqu’à être presque allongée contre lui, légèrement appuyé sur mon bon bras. D’un geste souple je faufile mon autre main sous le dernier rempart de tissus qui sépare ma peau de la sienne.


Je tends les mains et effleure ses joues avant de le pousser à se redresser pour pouvoir lui retirer son bandeau. Il cligne des yeux, éblouis pas la luminosité, pourtant faible, de la pièce. « Bonjour, toi. » Je plonge dans son regard, heureuse de le retrouver, heureuse d’y lire son désir, de n’y voir que ça. J’aurais aimé y voir ce que j’ai entr’aperçu quand il me serrait contre lui, mais je ne me faisais pas d’illusions. Nous progressons, lentement, mais nous progressons. C’est déjà merveilleux en soit. Je glisse mes mains dans sa barbe, sans quitter son regard. « J’avais envie que tu me voies… Enfin, j’avais envie de te voir. » J’ai envie que tu me voies tout le temps. J’ai envie de me perdre dans ton regard et d’y vivre. J’ai envie que tu ne me laisse jamais sortir de ton champ de vision, parce que je m’y sens en sécurité.  « Mais si tu préfères, j'peux te le remettre. » Je tire la langue, cherche à détendre une atmosphère chargée de non-dit, comme toujours avec Joseph. Les choses importantes sont tues parce qu’elle nous effraie autant l’un que l’autre. Parce que s’avancer à dire quelques choses, c’est prendre le risque de faire fuir l’autre, c’est prendre le risque de briser le fragile équilibre que nous mettons des heures à reconstruire, c’est mettre a nue des morceaux de nous que nous ne sommes pas prêt à montrer. Aucune partie de mon anatomie ne lui est étrangère, nous connaissons le corps de l’autre presque aussi bien que le nôtre, mais nous sommes effrayés d’ouvrir la porte qui permettrait d’avancer. Alors, comme toujours, je le laisse rester dans cet entre deux confortable, où il n’a rien à dire et où je me contente d’écouter ce qu’il laisse transparaître. « Je suis là. » J’attrape ses joues en répétant mes mots. « Je t’attends. » Double sens, demi-mots, moitié d’aveux. Je t’attendrais, Townsend, si tu te décides un jour à dire ce que tu tais…


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'Cause maybe you're lovable and maybe you're my snowflake. And your eyes turn from green to gray and in the winter, I'll hold you in a cold place.


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I've got thick skin - Jaisy

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