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 Welcome to reality [Sigrid]

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WILDHUNTER

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↳ Métier : Bras-droit de Maria Velasquez ; Ancien directeur de la Parish Prison
↳ Opinion Politique : Il crache sur le Gouvernement, et emmerde la résistance. La Communauté en unique camp, au-dessus et avant tout le reste.
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MessageSujet: Welcome to reality [Sigrid]   Sam 21 Oct - 20:12

wecome to reality

feat Sigrid K. Laïn & leslie Maclean
i'm a victim of my words that were shattered. blinded by the ignorance, never know the difference. i'm a prisoner of the one thing that matters. you can never go back. welcome to our reality, full of hate and brutality. we all want something to believe.

Bousille la rétine, fais-toi plaisir, personne ne t’en empêchera. Le soleil à son zénith carbonise le décor, ravive les couleurs jusqu’à les rendre affreusement criardes. C’est douloureux, tire sur le nerf jusqu’à forcer les paupières à se baisser. Mi-closes pour ne pas affronter le vide de l’extérieur. Personne. Seulement les âmes mortes qui errent dans les entrailles de la ville. La porte qui se referme dans le dos, comme un grognement de haine lancé à la face du rien, une menace qui fait frémir même pour celui qui y a passé des jours. Sentence changée en semaines, jusqu’à se couler dans les rouages d’un mois difficile à oublier. Plus, j’en suis certain. Notion du temps perdue au fil des recommencements incessants de ces nouvelles journées mornes à vomir. Trop conditionné à la vie extérieure pour parvenir à s’habituer à un nouvel enclos. Des murs qu’importe l’endroit où se pose le regard, saleté et violence à chaque coin de pupilles comme un reflet de l’horreur humaine qui sommeille en chacun. Tous pareils sous la lumière crue des néons qui frémissent au moindre problème électrique. Vétuste, ma pauvre prison. Abandonnée à son propre sort un peu à l’image de ces taulards dont le monde se fout. Hormis lorsqu’il est question de les bousiller, fracasser de la vermine pour se donner bonne conscience et avoir l’impression de servir une juste cause. Connards en uniforme, noirs, gris ou d’une couleur certes moins bien saillantes. Tous pareils lorsque les portes se ferment, sans limites ni règles. Seulement la loi du plus fort, l’excuse de la survie pour justifier le sang et les dents qui sautillent joyeusement sur le sol crasseux.

A la manière de cet ivrogne que j’ai pu être bien des années en arrière, le pas est malhabile sur le sol. Perdu dans les boyaux d’une ville qui fut pourtant la mienne, le rayonnement des rues aux abords de la prison connu comme ma poche me donne pourtant l’impression d’être en territoire étranger. Faiblesse dans le corps, la main posée contre les façades aveugles des immeubles décrépis en guise de guide et d’appui. C’est risible, ridicule à en crever au point de faire germer les premières notes d’un rire mort dans la gorge. Je me retrouve à remercier la providence et la bonté de ce foutu Gouvernement de n’avoir rien dit aux miens. Plutôt crever que de laisser quiconque être le témoin de ma déchéance contrainte et forcée. Fumier dont le nom revient encore se coller contre mon front, en première ligne de mes pensées déchirées, j’ai les dents qui se serrent à s’en fracturer pour ravaler mes envies de meurtre. Ronger son frein quelques heures, quelques jours de plus avant de recroiser le Frisé et lui faire ravaler ses élans de rébellion aussi stupides qu’inconscients. Perdu dans un dédale de pensée à l’image de ces venelles qui se ressemblent et me plongent dans un profond égarement, ma route hésitante vient à croiser celle d’âmes semblant toutes aussi paumées que moi. Des rejets, ces raclures que l’on condamne, petites frappes, putes et autres joyeusetés des bas-fonds, les classiques d’une ville classique.

Amas détonnant de dysfonctionnement au milieu duquel émerge la silhouette de l’ordre. Morceau de tissu noir recouvrant la suffisance, j’ai des relents de haine dans le ventre, le corps qui se tend sous la force d’un besoin viscéral de foncer en avant. Bile sur la langue, rage sourde grandissant dans la poitrine à mesure que le venin racle contre mon palais. Milicien relégué au rang de maton dans ses plus piteuses heures de gloire, son nom m’échappe mais pas les éléments détestables qui composent sa misérable personne et la saveur de sa cogne. Les pas qui accélèrent légèrement jusqu’à pousser les hasards à se croiser. Le benêt papillonne des cils lorsqu’il daigne enfin m’accorder un regard. « - Merde… Ils t’ont laissé sortir finalement. J’avais parié que tu finiras par crever de vieillesse là-dedans. » Glousse sa connerie, il en claque de la langue contre le palais et renifle. C’est suffisant pour faire hurler le monstre, assassiner l’humain et l’étouffer sous la couche de ténèbres qu’il cultive dans sa chair. Poussé en avant, le corps qui s’écrase contre celui du soldat, mes mains agrippent le col avec une brusquerie sourdre. Violence dans le geste coupant le souffle à l’insolent et les omoplates qui s’écrasent durement contre le mur le plus proche.

« - Aggrave ton cas, vas-y. Je me ferais un plaisir de te ramener en taule sur une civière s’il le faut. » Loin de se démonter, la proie se débat comme elle a été entraînée à le faire. Tâtonne contre son uniforme froissé dans l’espoir d’atteindre son revolver. Un feulement de rage m’échappe, un bras en travers de la gorge pour le maintenir et l’autre main qui s’empare avant la sienne de la crosse du maudit jouet pour l’envoyer au loin, et l’entendre atterrir dans une flaque de flotte vaseuse. « - Je ferais en sorte que l’on puisse quand même te reconnaître. Après plusieurs tests ADN, mais on te reconnaîtra, tu as ma parole. » Je le susurre avec la tendresse d’une mère à son gosse, le sourire charmeur du monstre sur les lèvres. La panique suinte de ses pores, je la sens sous sa peau, dans le désordre de son souffle. L’instant de calme avant la tempête, les mains le libèrent pour venir se plaquer dans un claquement ridicule contre ses joues molles. Plantent les ongles dans la peau fragile près des orbites, et voilà que le premier gémissement d’inconfort s’arrache de sa trachée. Folie du désespoir, celle qui les pousse tous à lutter pour se libérer de l’étreinte mortelle. Je ne fais que resserrer ma prise, plaquer mes paumes contre sa trogne et sentir les vagues de son énergie se briser contre les récifs de ma carcasse. « - Putain d’saloperie. Vous méritez tous de crever… » Ses crachats de haine qui ne font que frôler la surface. Il a raison au fond, quand il ne reste plus rien d’humain sous la peau, crever est certainement la chose la plus facile à faire. Trop prévisible aussi. Désespoir de cause, ses mains s’accrochent, tentent de repousser le bourreau. Griffent la gorge avec insistance jusqu’à faire perler le sang sur la chair. Carcasse tremblante sous mes doigts, la rage de vivre qui pousse à abîmer le prédateur dans l’espoir ridicule de s’en sortir alors que les veines saillent déjà sous la carne.

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MessageSujet: Re: Welcome to reality [Sigrid]   Dim 22 Oct - 15:36


« Qu'est-ce que la réalité, sinon un impondérable ? »  H. Melville

Leslie MacLean & Sigrid K. Laïn
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« Arrête ! » voilà ce qu'elle aurait dû dire. Ou n'importe quoi d'autre d'ailleurs. Un mot, un seul mot pour réagir, montrer qu'elle n'était pas d'accord et par là même, signifier sa présence. Mais non. Rien ne venait. Elle restée plantée là, hypnotisée par ce qu'elle voyait. Il faut dire qu'elle avait du mal à croire que la scène qui se déroulait sous ses yeux étaient réelle. Pourtant c'était bien lui, celui qu'elle ignorait encore être son père.

Elle avait d'abord suivi la silhouette qui lui était familière, pas longtemps, juste quelques pas, pour être sûre. Elle n'avait pas osé l'aborder directement, de façon trop abrupte, car elle savait l'épreuve qu'il avait vécue ces derniers jours. La prison. Même si elle n'y avait jamais mis les pieds pour de vrai, elle connaissait la sensation d'enfermement, ce que cela faisait d'être privé de sa liberté, elle savait. Et elle savait aussi à quel point on se sentait perdu et désorienté quand les barreaux, qu'ils soient ou non imagés, cédaient enfin. Elle compatissait avec toute l'empathie dont elle pouvait faire preuve. C'était pour cela qu'elle n'avait pas tenté d'entrer en contact alors qu'elle venait de le croiser au coin de la rue. Cela n'aurait fait que l'importuner dans une période où il ne pouvait que se sentir vulnérable ou pire, honteux. Toutefois, elle avait voulu vérifier qu'il allait bien parce qu'elle l'appréciait et que c'était ce que faisait les gens qui s'appréciaient, ils veillaient les uns sur les autres, même de loin. Enfin, elle aimait le penser.
Seulement voilà, elle était à mille lieues de se douter des pensées qui hantaient Leslie, de la faim qui le dévorait et de la colère qui l'habitait. Elle ne savait rien sur lui, ou si peu. Il s'était toujours si bien comporté avec elle. Et même si elle s'était toujours méfié de lui, plus par habitude de se méfier de tout le monde que réelle crainte, elle n'aurait jamais pu imaginer le monstre qui se cachait en lui. Mais voilà, elle était là au pied du mur. Face à l'horrible vérité. Paralysée devant une flaque de boue dans laquelle un pistolet, celui d'un Milicien, venait d'atterrir.

Ce n'était pas vraiment la peur qui l'empêchait de bouger, c'était plus la consternation. Les illusions qui s'ébranlaient. Et surtout, l'incapacité à choisir un camp. L'on devait toujours choisir quelle équipe supporter lors d'une rencontre entre deux adversaires. C'était valable pour le sport, les amis qui se disputaient, les restaurants concurrents... Mais là, comment choisir ? Elle n'était pas pour le gouvernement certes, cependant elle y travaillait. C'était censé être son camp. Sauf qu'en face, c'était Leslie et qu'elle connaissait une facette de lui qui ne correspondait pas à ce qu'il était en train de faire. Ou bien...

Peut-être que le véritable problème n'était pas là. Elle savait qu'elle aurait dû tenter quelque chose pour venir en aide au costume noir, c'était son devoir, au moins par loyauté envers le camp auquel elle appartenait. Et si elle ne le faisait pas, cela n'avait rien à voir avec Leslie, mais plutôt avec sa condition.
Restée silencieuse et immobile lui avait permis de comprendre ce qui se déroulait réellement. Car si, pendant leurs échanges de menaces, on aurait pu croire à une simple bagarre, il n'en était plus rien. Leslie avait retiré son bras de la gorge du Milicien et le maintenait uniquement en apposant ses mains sur son visage. Personne n'avait une telle force. Et même si l'autre tentait de se débattre, c'était inefficace. Elle savait ce que c'était, elle l'avait déjà vécu une fois. Avec Itzal. Il s'était « nourri » d'elle, avait vu des souvenirs qui la concernaient et depuis, refusait de recommencer. Elle n'en ignorait pourtant pas les dangers mais tout ce qu'elle voyait elle, c'était que ce procédé pouvait donner accès à ses souvenirs et elle se foutait bien du reste. Et si son ami rejetait sans cesse ses supplications, peut-être que Leslie serait moins regardant.

« Leslie ! Arrête ! » criait-elle enfin, comme l'on crierait sur un enfant en train de faire une simple bêtise. Sauf que présentement, c'était plutôt la gamine qui faisait une connerie. Non seulement elle indiquait sa présence alors qu'elle n'avait pas été conviée, mais en plus elle demandait à un ogre d'arrêter de bouffer. Déjà qu'il semblait bien énervé... D'autant que ce n'était sans doute pas des paroles qui allait calmer la situation. Alors elle se penchait rapidement pour récupérer l'arme qui était tombée dans la flaque boueuse, et braquait Leslie sans aucune hésitation. Là encore, c'était une connerie, elle le savait, mais elle avait agi d'instinct, sans réfléchir. Peut-être aurait-elle dû ? Elle ne savait pas se servir d'une arme et puis, après ce petit séjour dans l'eau vaseuse, il ne devait plus être en état de fonctionner. C'était malheureusement la seule idée qu'elle avait eue pour réagir. Elle ne comptait pas tirer, même si c'était encore possible, ce n'était pas son genre. Du moins, c'était ce qu'elle se disait pour se rassurer. Elle était intimement persuadée que la seule personne sur qui elle pourrait faire feu était l'un des tortionnaires qui lui avait fait vivre un véritable calvaire lorsqu'elle était retenue captive par le cirque ambulant. Et ce n'était pas Leslie. Néanmoins, tenir un pistolet entre les mains lui donnait une certaine forme de courage, une envie d'en découdre avec n'importe qui, comme une sorte de pulsion violente qui montait doucement en elle sans qu'elle ne puisse en expliquer l'origine. C'était comme démoniaque. Mais elle s'en fichait bien, sa raison continuait de lui répéter qu'elle ne tirerait pas. Elle voulait juste avoir un argument de poids tandis qu'elle s'apprêtait à ouvrir une nouvelle fois la bouche...

« Lâche-le ! Je sais ce que tu es ! » confessait-elle, dans une neutralité froide. Étrangement, ça ne la dégoûtait pas et ça ne lui faisait pas peur, non. Elle était simplement pleine d'espoir en cet instant, heureuse presque, d'avoir sous les yeux un moyen de contourner le refus d'Itzal.

« Je le sais et... Prends-moi à sa place. » exigeait-elle sans sourciller. Ce n'était pas un acte altruiste, bien au contraire, on ne faisait pas plus égoïste en réalité mais les autres ne pouvaient pas l'imaginer. Elle avait bien conscience que de l'extérieur, cela ressemblait juste à un acte héroïquement stupide et que la situation pouvait à tout moment se retourner contre elle mais ça ne faisait rien. Après tout, lorsqu'elle faisait une bêtise, Sigrid n'était pas du genre à s'arrêter en chemin.


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Quiconque lutte contre des monstres devrait prendre garde, dans le combat, à ne pas devenir monstre lui-même. # Friedrich Nietzsche
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MessageSujet: Re: Welcome to reality [Sigrid]   Mar 24 Oct - 20:06


Des morceaux de vie qui défilent, s’accrochent à la mémoire quand elle s’efforce de les ignorer. Rester sourd à cette existence qui ne m’appartient pas, dans laquelle je m’introduis sans pudeur pour en extraire les plus vils éléments. Il y repense sous la force de la peur, la crainte de sa mort. Comme il se raconte à tout bout de champ que proche de la dernière heure, c’est toute une vie qui défile. Connerie. Il ne revoit pas grand-chose, rien de ses jeunes années, seulement les monstruosités récentes qu’il a accompli au nom des tyrans. Juste sa joie sadique de faire ployer des taulards sans défense quand dans un tout autre contexte, croisés au détour d’une rue en pleine liberté, il se serait tiré sans demander son reste. Minable trouillard, j’en ai les doigts qui s’agrippent avec plus de force contre la chair molle. Ongles pénétrant la chair jusqu’à ce que du sang s’incruste en-dessous. Juge et bourreau, le détruire et le voir mourir en unique besoin. Le jouissif de l’instant dans le ventre, comme la libération sale qui accompagne les corps à corps lubriques, plaisir malsain engourdissant les reins, j’en soupire contre sa gueule déformée par la peur. Sa douleur en éclat rutilant dans ses pupilles dilatées à en éclater.

Mollesse qui commence doucement à disparaître, remplacée par la sensation d’un papier fatigué sous les doigts. Morceau de parchemin contre lequel je m’agrippe avec la ferveur d’un fou en pleine tempête. Je le lâche et il se casse. Brisé, vidé de l’intérieur comme une misérable coquille d’œuf. Ce pouvoir de vie et de mort sur un semblable, divine providence offerte par la décomposition de ces êtres errant entre deux états. L’adrénaline provoquée par cet afflux soudain de puissance, la sensation faussée de tout contrôler, pendant quelques instants. Maître d’une existence, à hésiter entre la conserver ou la faire disparaître. Nulle hésitation cette fois pourtant, il va mourir. Fait avéré puisant sa résonance dans la faim qui me détruit le ventre. Même avec toute la volonté du monde, je serais bien incapable de m’arrêter avant de franchir la ligne. Son cœur s’affole, rythme effréné et respiration saccadée à l’excès. Réseau violacé des veines prêtes à exploser sous la peau blafarde, le bonhomme perd de ses couleurs et se rabougrit à vue d’œil. Ses doigts contre ma gorge se font fébriles, raclent une dernière fois la peau dans un dernier sursaut de conscience et retombent mollement contre les flancs. Soubresaut d’espoir dans la carcasse, sourire carnassier dévoilant les dents du monstre alors qu’il lâche un feulement de satisfaction impure. Ce n’est plus qu’une question de secondes à présent. Une poignée de sable dans le sablier de son existence, celle qui a si rapidement filée entre mes doigts.

La voix explose contre mes tempes. Résonne au-dessus du raffut de mon sang en pleine débâcle. Reconnaissable entre toutes, elle fait courir des frissons contre l’échine. De la colère, rage sourde à laquelle se mêle des relents de malaise. Pas comme ça, pas maintenant. C’est ça l’image que tu veux donner à ta môme, Leslie ? Celle d’un monstre, dénué d’humanité ? Elle allait finir par le découvrir tôt ou tard, cette merde qui tapisse les tréfonds de mon âme et se fait maîtresse de mon univers. A mort les faux semblants, je n’ai plus aucune chance de faire machine arrière. Arrêter et Lui obéir, le corps refuse de le faire. La créature s’acharne, ne veut pas lâcher tant que de la vie se rue encore contre mes doigts. Un nouvel ordre qui claque, je grogne mon mécontentement et scrute avec une attention presque tendre les pupilles vitreuses du milicien qui se rapproche plus de la momie millénaire que de l’être humain.

« - Comme tu voudras. » Je le souffle avec une moue peinée sur les lèvres, ironique au possible et lâche ma victime. Mains en évidence comme le ferait un gosse désireux de prouver qu’il n’est pas fautif. Sans aide pour se maintenir, le corps décharné s’effondre lamentablement à mes pieds. Affreusement mort. Poupée de chiffon bousillée jusqu’au trognon, perdue dans des vêtements étrangement trop grands pour elle. Un dernier regard au charnier, et mon attention se porte lentement sur Sigrid. Insolente tenant en joue son propre géniteur, un éclat de rire proche du nerveux m’échappe devant ce charmant tableau. Carnage sur les lèvres lorsque la proposition s’élève au-dessus de nos têtes.

« - Serais-tu en train de me donner un ordre ? As-tu seulement conscience de ce qui pourrait t’arriver si je t’obéis, Sigrid ? » Pas en avant, menace latente dans le geste. J’ai conscience de l’image que je peux renvoyer. De cette horreur sourde qui court sous la peau, la panique dans la poitrine malgré l’apparente assurance. La mort sur la trogne et dans l’éclat noir du regard qui la fusille et l’écrase. Affolement dans la poitrine, tressaute et se pince le pauvre cœur qui dévale la pente de sa propre déchéance. Prendre le risque et céder, me perdre dans les recoins de Sa mémoire pour prendre part aux moments de sa vie qui me sont étrangers. Délicieuse tentation, elle charme la bête. Le fauve prompt à rompre la distance et se jeter sur elle pour la condamner à son tour. Dévorer cette énergie pulsant sous sa peau, celle qui se sent malgré la distance et qui tente. Mon larcin a retourné les sens, les décuplant au point de conférer au monde un aspect bien différent de celui qu’il pouvait posséder avant le meurtre. Assassinat de sang-froid qui ne laisse aucun remord, nul regret à la surface comme en profondeur. J’ai passé l’âge des regrets. Abandonné mes remords au pied d’une tombe fraîchement refermée. Promettre à sa défunte gamine que le monde crèvera pour venger sa mort. Les douleurs d’un père qui fait à présent face à sa première fille. Troublé entre monstruosité et relents d’humanité, tiraillé entre cette faim affolante qui détruit tout et le besoin de se racheter. De ne pas tout briser à cause d’un élan de gloutonnerie dégueulasse. Je sais ce que tu es… Quoi au juste ? Ce qui se devine à la surface, cette évidence lorsque l’innocence croise ces voleurs d’énergie, avides de tout dévorer. Ce n'est pas tout, ce n'est qu'un morceau de toute l'horreur qui s'abrite sous la peau.

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MessageSujet: Re: Welcome to reality [Sigrid]   Mer 25 Oct - 18:44


« Qu'est-ce que la réalité, sinon un impondérable ? »  H. Melville

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Il fallait qu'il cède à sa demande. Il le fallait absolument. Elle avait face à elle un espoir, une chance, d'avoir un accès à sa mémoire défaillante et elle ne pouvait pas manquer une occasion pareille. Tous ces souvenirs enfouis étaient là, présents quelque part même si elle, elle les avait oubliés. Mais ils étaient encore accessibles, elle en était persuadée, il suffisait de pouvoir s'ancrer profondément dans sa tête et seul un être comme Itzal ou Leslie était capable de défaire les verrous qui lui bloquaient la mémoire. Combien y en avait-il des comme eux ? Combien seraient prêts à accéder à sa demande ? Sans la tuer, aucun probablement. Et puis, très peu lui confierait ce qu'ils avaient pu voir. Elle n'avait rien à leur offrir en échange à tous ces autres, ils l'auraient tuée sans sommation mais Leslie... Il la connaissait, savait des choses sur elle, au moins un peu, et elle avait été gentille avec lui jusqu'à présent. Elle voulait jouer là dessus. Bon. Certes, le menacer avec une arme ce n'était pas très sympa mais ça lui permettait de le garder suffisamment à distance le temps de le convaincre de lui accorder sa requête, qu'il accepte d'ouvrir les négociations plutôt que lui sauter directement dessus et l'assassiner sans aucun remords comme le ferait un autre monstre comme lui. Bien que le comportement de Leslie envers le Milicien ne commence à la faire douter que les choses se passent comme elle le souhaitait. Oui, il lui avait obéi, il l'avait lâché... Mais trop tard de toutes évidences.
Lâchant sa proie, il reportait toute son attention vers elle, se gaussant du tableau qu'elle lui offrait là. Et il y avait de quoi rire. Oui, l'effrontée lui avait donné un ordre. C'était tout autant de l'inconscience que de la bêtise mais il en était toujours ainsi lorsqu'elle cédait à son instabilité latente. Elle ne réfléchissait plus, devenait aussi insolente et provocante qu'excessive, comme si quelque chose intérieurement poussait tous ses défauts à leur paroxysme.

« J'en ai parfaitement conscience ! » répondait-elle, toujours aussi entêtée. Non seulement elle savait, mais en plus, elle avait le résultat sous les yeux au cas où son imagination lui avait fait défaut sur le sujet. Elle jetait un œil au cadavre qui n'avait plus rien d'humain et le désignait d'un léger signe de tête avant de reprendre. « Mais je ne veux pas aller jusque là, je sais que tu peux t'arrêter avant. J'sais pas vraiment ce que ça te fait et pour être honnête, je m'en fous ! Mais je sais que tu vois des trucs en faisant ça et je veux que tu le fasses. Sur moi. Et que tu me racontes ce que t'as vu après. » expliquait-elle, dans une froideur extrême qu'elle n'avait eue à son égard.

Elle savait que s'il accédait à sa demande, elle allait devoir lui faire confiance pour qu'il s'arrête à temps. Si un Milicien entraîné n'avait pas réussi à se débattre, ce n'était pas la gamine frêle et désabusée qu'elle était qui y arriverait. Et même si faire confiance à quelqu'un n'était pas évident pour elle, elle était prête à le tenter, elle était prête à tout en fait.
Au pire que pouvait-il lui arriver de si atroce ? Mourir ? Elle ne voyait pas cela comme une fatalité déprimante. Cela pouvait même être une délivrance dans sa situation. On lui avait volé sa vie, on l'avait forcée à devenir quelqu'un d'autre, à oublier tout ce qui comptait pour elle... Sa famille, ses envies, ses goûts, tout, absolument tout. En fait, elle était morte ce jour là. Au moment où le tortionnaire avait posé ses doigts sur son épaule pour l'enlever, il avait signé son arrêt de mort. Et depuis elle n'avait été qu'en sursis, jour après jour, à vivre dans la peau d'une autre. Encore aujourd'hui, même si elle avait récupéré son identité, ce n'était pas suffisant. Ce sont les souvenirs qui font ce que nous sommes et elle, elle n'était rien d'autre qu'une coquille vide. Ni vraiment morte, ni réellement en vie. Ce n'est pas qu'elle voulait mourir. Elle n'avait rien de suicidaire, bien que l'on puisse en douter au vu de la situation présente, mais elle était prête. Prête à accepter l'éventualité. C'était peut-être même ce qui lui faisait le moins peur en ce monde, elle qui était pourtant effrayée par tant de choses.

Il faisait un pas en avant et elle ne reculait pas, comme vissée au sol par la détermination. Seule trace de sa crainte intérieure, sa main qui tenait l'arme, et qui tremblait. Elle s'en apercevait et, afin d'éviter de se trahir davantage, rompait la visée, levant les mains en guise d'innocence comme Leslie l'avait fait précédemment.

« Vas-y ! Ou il faut que je te supplie ? » sauf que lorsqu'elle était dans cet état-là, elle se savait parfaitement incapable de supplique. Elle était plus douée en provocation. Alors elle rangeait l'arme dans son dos et se préparait à attaquer, avec ce qu'elle avait de plus tranchant, les mots.
« Ou peut-être qu'il faut que je sois désagréable avec toi ? C'est vrai, après tout, qu'est-ce qu'il t'avait fait celui-là hein ? Il t'a tenu la main en attendant qu'on t'emmène en cellule ? Il t'a parlé de lui, de sa vie ? Il t'a considéré comme un être humain alors que tu n'es qu'un monstre ? Non ! Il ne l'a pas fait ! Et tu sais pourquoi ? Parce que c'est moi, qui ait fait ça pour toi ! J'ai voulu avoir de la compassion pour toi mais au final, c'était uniquement de la pitié ! Et c'est tout ce que tu mérites. » balançait-elle avec une mine de dégoût.

Elle ne savait pas si elle arriverait à l'énerver cependant, plus les mots sortaient plus elle se rendait compte qu'elle, elle était en colère contre lui. Lorsqu'ils s'étaient vus au Colosseum, ils avaient passé un moment ensemble à discuter, pour de vrai, pour la première fois. Et elle avait eu la naïveté de croire qu'ils pourraient nouer un lien particulier, un peu dans le genre de celui qu'elle avait réussi à construire avec Lucrezia. Mais c'était faux. C'était n'importe quoi. Rien qu'une illusion de plus. Elle s'était encore une fois trompée sur toute la ligne. S'il l'avait rencontrée à plusieurs reprises, c'était sans doute uniquement parce qu'il l'avait prise pour cible elle aussi ! Comme le Milicien, comme sans doute des dizaines, ou même des centaines d'autres innocents. Sinon pour quoi d'autre s'était-il retrouvé sur sa route si souvent, par pur hasard ? Elle n'y croyait plus. Il n'y avait que la faim qui régissait la vie de ces monstres, et le voilà qui faisait la fine bouche, il était vachement culotté. Encore plus qu'elle. Et il fallait qu'elle finisse de lui débiter le fond de sa pensée.

« Toutes ces fois où on s'est croisés, c'était pas par hasard hein ? Tu me suivais ? J'étais ta cible ! C'est ça ? Ca ne peut être que ça ! Eh bah voilà, c'est le moment, sers-toi, monstre ! » concluait-elle à mesure que des larmes de rage perlaient dans ses yeux.



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MessageSujet: Re: Welcome to reality [Sigrid]   Lun 30 Oct - 20:06


Douloureuse provocation à portée de main. Hurle le sang contre les tempes en une symphonie malsaine, l’instinct de mort en explosion sous la peau. Ce n’est qu’une question de quelques piteux pas. Séparant la créature de sa proie. Rien qu’une enjambée brusque pour agripper la gorge opaline et accentuer les forces jusqu’à lors ridiculement fragiles. Puiser dans une vie nouvelle, y creuser jusqu’à en apercevoir la trame. Bousiller à l’excès la mémoire et les souvenirs qui abondent à chaque vol. Devenir un élément de cette vie qui m’a été étrangère jusqu’à maintenant. Combler les lacunes du géniteur mis de côté sans aucune autre forme de procès. Remplacé par un autre qui n’aura pas été capable de La protéger comme elle aurait dû l’être. Et ressentir de la haine dans le ventre rien qu’à cette seule pensée, de l’acide sur la langue qui assombrit encore plus la raison et fait trébucher le cœur sur ses battements agités. L’entêtement en écho à la destruction d’une morale depuis longtemps infectée. Sa froideur me blesse, entaille la chair et s’infiltre dans les moindres fibres de mon être. La pire offense qu’elle pouvait me faire, imposer de la distance, me repousser. Dents qui se cognent les unes contre les autres dans un spasme de peine incontrôlable. Pour faire taire la douleur qui fuse dans le corps, l’ignorer et se concentrer sur cette chaleur qui incendie tout l’édifice. Se rue dans les veines au rythme des contractions d’un morceau de muscle en pleine crise de folie.

« - Tu ne sais rien Sigrid. Seulement ce que tu veux bien croire, ce qui t’arrange, mais c’est plus complexe que tu ne le crois. » Du froid sur la langue et la voix qui vibre des échos d’une frustration insolente. Ce que je vois, ce n’est rien de plus que du vent. Des images qui écœurent et révulsent, qui s’imposent à celui maîtrisant l’instant et qui disparaissent ensuite. Je crève d’envie de La toucher, de puiser dans Sa mémoire pour cracher sur ce passé qui m’a été dérobé. Rassembler les morceaux épars de nos deux vies dissolues l’une de l’autre quand elles auraient dû être soudées et indissociables. A l’image de ce lien qui s’est forgé avec Zilpha, fort et impossible à détruire. Il est toujours là, à pendre piteusement dans ma poitrine, délesté de sa moitié. J’espérais que Sigrid parviendrait à lui rendre sa tension, sa force et tout ce qui le rendait important. Me faire passer de la survie à l’existence dans son entier. Certainement pas remplacer sa cadette mais combler le vide. Ce manque pernicieux qui continue de se creuser, qui a commencé à prendre racine le jour où elles m’ont été enlevées, l’une comme l’autre. Sombre créature aveuglée par des élans de tendresse paternelle, ce qui se dépeint devant les yeux n’a rien de ce que j’espérais.

« - Parce que tu imagines que j’aurais envie de te faire un compte-rendu de ce que j’aurais pu voir ? Il n’y a rien à raconter. Ce qui se cache dans les recoins sales de la mémoire humaine est un ramassis de honte et d’amertume qu’il est préférable de garder pour soi. » Un soupir amer accompagné des premières notes d’un rire cynique. Crache sur les souvenirs honteusement volés et aussitôt oubliés. Avant de s’étouffer avec mon propre dédain. Contraint au silence, le souffle court face à la virulence des mots. La bouche qui s’ouvre à peine et se referme aussitôt. J’en ai les poings qui se serrent, poussés dans le geste par un souffle de rage qui fait trembler tout le corps. « - De la pitié, voyez-vous ça… » Raclement rauque qui s’arrache d’une gorge asséchée à l’excès. Outrageuse insolente déversant son flot de fiel à mes pieds sans une once de retenue. C’est pousser l’homme dans les retranchements de son caractère déviant. Attiser cette haine toujours en éveil dans l’espoir de la voir exploser. Alimenter sa peine pour mieux le déchirer de l'intérieur. Sourcil qui se hausse légèrement lorsque la prise de conscience se fait dans l’esprit embrumé. Et l’espoir que les mots ne soient choisis uniquement dans l’espoir d’obtenir ce qu’elle désire. Un ramassis de mensonge savamment choisis mais nullement pensés. Difficile d’y croire quand l’éclat de larmes perle au coin de ses yeux.

« - Ma cible ? Certainement pas. Ceux que j’assassine, je m’abstiens d’apprendre à les connaître avant. Pour ce que je vois de leurs pitoyables existences, ça m’est amplement suffisant. » Il y a de l’indignation dans la voix. L’esquisse d’un sourire carnassier sur les lippes à l’évocation du mécanisme adopté par le prédateur. Les connaître, certainement pas. Les anonymes sont les plus faciles à atteindre, ceux dont il devient aisé de se délecter sans se voir accablé d’un remord ridicule. Dépourvus de nom, seulement des corps qui se vident de leur énergie pour servir ma cause, et rien de plus. Les cibles éclosent au gré de la faim, des envies assassines. « - Il est peut-être arrivé, certaines fois, que je force le hasard pour que ma route croise la tienne, mais c’est infime comparé à toutes nos rencontres. » La justification n’a pas lieu d’être et s’extirpe dans un souffle rêche. Regard déviant de sa cible pour s’écorcher contre le sol et les salissures qui le jonchent. Perte de temps que de se justifier, elle ne m’écouterait pas, et ne me croirait pas. Silence venant planer un instant dans la rue déserte, seulement les battements du cœur et le bruit du sang contre les tempes. La respiration dont le mécanisme semble usé, fatigué. Cette douleur dans la poitrine qui enfle à chaque inspiration. Celle du rejet. Celle qui arrache tout sur son passage et ne laisser rien, seulement un charnier à ciel ouvert. Du sang sombre et sale à foison, sel de larmes depuis trop longtemps asséchées pour seulement venir racler sous les paupières. Se dire, dans un sursaut de lucidité, qu’elle aurait fini, tôt ou tard, par découvrir la crasse sous la couche de sympathie. Voir au-delà des conversations échangées au détour d’un heureux hasard, le civilisé sur la trogne pour cacher la décrépitude en-dessous. Géniteur affreusement violent, douloureusement brisé par l’éloignement.

« - J'y verrais les mêmes choses que celles qui jonchaient sa piteuse mémoire. De la violence à revendre et la mort de tant de monde sur la conscience. Monstre ? Dis-moi Sigrid, qu'es-tu donc, toi ? Toi et tes fauves, exécutrice de sentences injustifiées et sanglantes. Crache ta pitié si cela peut te donner bonne conscience, mais on se ressemble toi et moi, plus que tu ne veux bien le croire. » Esquisse légère d’un haussement d’épaule, l’échine se redresse et craque sous le geste. Il est trop tard pour se mordre la langue ou chercher à ravaler l’offense. Fuite et repli, les options sont bannies et ignorées. Inutiles. Alors mon regard se repose sur elle, sonde ces nuances de bleu familières et un nouveau pas me rapproche de là où elle se tient. Fébrile et assuré à la fois, certitude qu’elle ne fera rien tant que sa requête restera sans réponse. Et en même temps, faire taire la voix hurlante de cet instinct fauve qui me dévore le ventre. Monstre. Odieuse vérité crachée de la bouche de ma propre progéniture. En faire un surnom affectueux comme un autre pour essayer au mieux de panser la blessure en train de s’ouvrir sous la peau.

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MessageSujet: Re: Welcome to reality [Sigrid]   Ven 10 Nov - 20:33


« Qu'est-ce que la réalité, sinon un impondérable ? »  H. Melville

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Il niait, prétendant qu'elle n'avait jamais été sa cible. Justifiant même qu'il ne voulait pas connaître ceux qu'il assassinait. Sigrid secouait la tête, les lèvres étirées dans un sourire sarcastique. Qu'elle était conne sur ce coup là. Elle lui avait laissé le bénéfice du doute et il venait de tout faire voler en éclats sans une once de culpabilité dans le regard. Stupide gamine qui ne connaissait vraiment rien aux êtres qui peuplaient ce monde duquel elle avait été tenue à l'écart trop longtemps pour en comprendre toutes les nuances. Elle avait, encore fois, naïvement pensé que le monstre face à elle n'était pas si cruel, et pourtant.C'était logique. Pour lui. Pour tout le monde en fait. Pour tout le monde, sauf pour elle. Elle l'avait traité de monstre mais avait envisagé les crimes qu'il avait commis comme s'ils étaient l'oeuvre d'une personne dotée de sensibilité, comme un humain pas si mauvais que ça, sous le prétexte qu'elle le connaissait un peu. Elle avait pensé à mauvais escient qu'il choisissait ses victimes en fonction de leurs habitudes, de leurs méfaits, de leur mauvaise moralité alors qu'en réalité, il n'en avait rien à faire de tout ça. Il prenait seulement ceux qui lui passaient sous le nez. Comme un véritable être abject, un monstre de barbarie. Sans foi, ni loi. L'insensibilité chevillée au corps. Comme les tortionnaires qui avaient fait d'elle ce qu'elle était aujourd'hui. C'était de leur faute si elle était si naïve si souvent. Ils l'avaient tenue loin de cette ambivalence, lui donnant pour habitude de ranger les gens dans des cases bien carrées. Il y avait les tortionnaires d'un côté et les gentils de l'autre. Et elle avait encore du mal à comprendre que parfois les apparences n'étaient pas ce qu'elles étaient et que certains pouvaient passer d'une case à l'autre sans sourciller. Sans même se rendre compte que parfois, cela lui arrivait à elle aussi.

Il avouait cependant avoir de temps à autre forcé le hasard de leurs rencontres et la jeune femme ne pouvait réprimer un froncement de sourcils tandis que lui, regardait le sol. Elle ne comprenait pas. Soufflé de la sorte cela semblait sincère, en plus de le toucher particulièrement, mais l'explication n'était pas suffisante. Trop brève. Trop évasive. Et Sigrid sentait ses tempes lui marteler le crâne à grands coups de « pourquoi ». S'il n'était pas si bon qu'elle l'avait pensé, cherchant à connaître ses futures victimes pour ne cibler que les vilains, quel intérêt avait-il trouvé à la rencontrer ? Plusieurs fois en plus. Pourquoi forcer un hasard qui s'était pourtant répété à maintes reprises de lui-même ? Cela lui échappait complètement. Mais à quoi bon poser la question ? Il ne lui servirait que des mensonges, comme il l'avait fait jusqu'à ce jour et maintenant qu'elle avait découvert sa véritable nature, elle ne voulait plus croire un mot sortant de sa bouche. Il n'était rien d'autre qu'un Joshua de plus. Un qui se faisait passer pour ce qu'il n'était pas et qui n'avait de cesse de la faire basculer dans la confusion des sentiments qu'elle éprouvait. Un de plus, qui lui donnait l'impression d'être de plus en plus cinglée à force de cogiter. Alors elle gardait le silence, se débattant avec le méli-mélo qu'il y avait dans sa tête, attendant qu'il se décide enfin à passer à l'action. De toutes manières, il n'y avait que ça qui comptait à ce moment là. Mais au lieu de ça, il rouvrait la bouche pour foutre encore plus le bordel dans la tête déjà surchargée de la rouquine.

« Tais-toi ! » répliquait-elle, mâchoires sévèrement vissées l'une à l'autre. Non. Elle ne voulait pas entendre ça. Il n'avait pas le droit de lui dire de telles choses. Ils n'étaient pas semblables. Elle n'était pas un monstre elle, c'était faux. Il ne savait pas pourquoi elle faisait ça, ce qu'elle ressentait à ce sujet. Personne ne le savait même et personne ne le saurait sans doute jamais. Lui il tuait par égoïsme, pour son besoin personnel, elle … Elle rendait service à la société. Elle épurait le monde de tous ces malfrats qui faisaient tant de mal autour d'eux. Des êtres abominables, comme ceux qui l'avaient torturée autrefois, qui méritaient bien pire que la mort. Ils n'avaient absolument rien d'innocent et en procédant à l'exécution, elle sauvait à chaque fois des dizaines de victimes potentielles. C'était ça la vérité. L'on pouvait même dire qu'elle était une bienfaitrice en quelques sortes. Et même si elle savait que certains procès étaient truqués et que, parfois, des innocents allaient tout droit à la mort, elle avait la bonté d'âme de ne pas les faire souffrir trop longtemps parce que justement, elle n'était pas un monstre. Et puis, avec cette manie qu'ont les gens de se faire passer pour ce qu'ils ne sont pas, il y avait fort à parier que même ces « innocents », victimes des procès truqués, étaient en réalité aussi coupables que les autres. Elle, elle ne faisait qu'exécuter les ordres, elle ne décidait pas, n'avait pas le pouvoir de vie ou de mort contrairement à Leslie. Et même si ce n'était là en partie que des excuses pour avoir bonne conscience, elle croyait dur comme fer qu'il y avait un fond de vérité dans tout ça. Et il n'avait pas le droit de la faire douter, de la comparer à l'être cruel et sans cœur qu'il était à se nourrir sur de simples passants, seulement coupables d'avoir été au mauvais endroit, au mauvais moment.

« Tu ne sais rien toi non plus ! Moi je ne fais qu'appliquer les règles et obéir aux ordres, c'est toi même qui me l'as dit. Alors que toi... Toi, tu chasses ! Tu tues pour toi ! C'est toi qui décides ! Tu pourrais éviter d'aller jusque là mais tu ne le fais pas. Pourquoi ? Parce que c'est incontrôlable ? C'est ça ouais, à d'autres ! C'est parce que tu aimes ça, c'est tout ! Contrairement à moi. » lâchait-elle en guise de riposte, le ton glacial, implacable.

Elle n'avait plus aucune sympathie pour celui qui lui faisait face. Elle était déçue de lui, de ce qu'il était, de son comportement. Il n'avait rien à voir avec l'homme à qui elle avait tenu compagnie en cellule. Et elle regrettait d'ailleurs d'avoir été si gentille avec lui, d'avoir cru à ses paroles mensongères. Lui qui lui avait assuré qu'elle n'avait rien d'un monstre cette fois-là, la rassurant même sur le fait qu'elle ne fasse qu'obéir aux ordres de ses « dangereux employeurs » comme il les surnommait, l'accusait maintenant d'exactement l'inverse. Cela aurait pu lui faire mal mais il n'en était rien. Elle avait décidé d'effacer de sa mémoire ce moment de faiblesse, on ne l'y reprendra plus.

« Tu veux vraiment trouver qu'on se ressemble ? Alors fais comme moi, obéis aux ordres. Pioche dans mes souvenirs. Parce qu'en attendant, je t'interdis de penser qu'on a quoi que ce soit en commun toi et moi. Tu es tout ce que je déteste. Un tortionnaire, qui se plait à faire souffrir les autres pour son seul bon plaisir. Je n'ai connu que ça, toute ma vie. Et plutôt crever que de ressembler à un monstre tel que vous tous. » concluait-elle.



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MessageSujet: Re: Welcome to reality [Sigrid]   Lun 13 Nov - 20:07


Récolte ce que tu as semé, misérable fou. A provoquer la chance, pousser ta route contre la sienne jusqu’à ce que l’accident se produise. Il est en train d’avoir lieu, dans l’intime sale d’une rue déserte. Avec un cadavre à mes pieds en unique témoin, le sang contre la gorge des griffures qui se referment déjà. Le cœur battant à tout rompre face à ce visage qui se ferme devant moi. Ces traits qui se déforment et se figent dans un océan de glace qui me détruit de l’intérieur. Me taire, il n’y a que cela à faire. Obtempérer pour lui offrir un semblant de contrôle sur l’instant et attendre que tombe ma sentence. Laisser pleuvoir le rejet, voir se creuser le fossé entre le père et sa fille. Des relents de biles contre la langue et les dents qui se serrent, se crispent jusqu’à rendre les mâchoires douloureuses. Instinct de mort sous la carne, le monstre qui hurle à l’hérésie, s’insurge d’être ainsi traité par une gamine qui espère et croit avoir tous les droits sur cet inconnu à qui elle doit la vie. Piètre reconnaissance qu’elle m’offre, mais que pouvais-je espérer de plus ? Rien, moi qui ait fait de sa vie un champ de ruine. Il n’est plus temps de prétendre, de se dire que si sa mère ne m’avait pas évincé de sa vie, les choses auraient été différentes. Pour tous. Dans l’ironie de l’histoire, l’adolescent aurait certainement dû s’abstenir de s’envoyer en l’air avec celle qui l’accueillait dans ces froides contrées du nord. Erreur de parcours d’un imbécile, battements de cils pour effacer la stupidité et sourire cynique qui se colle sur les lippes. Crache ton venin Sigrid, détruis-moi, ou ce qu’il peut rester de l’homme qui se tient devant toi. Elle provoque, attise la folie de la créature et la souffrance du géniteur.

Sa glace s’insinue sous la peau et laisse le corps de marbre. Se fourvoyer dans des vérités absurdes pour ne pas affronter la dure réalité, ce foutu réflexe de toute une humanité. Elle semble y croire en plus, à ces arguments qu’elle crache en guise de défense. A cette prétendue justice qui n’est qu’un leurre. Un simulacre de bienveillance pour le bien des âmes errants dans cette ville rongée jusqu’à la moelle par l’horreur et la perdition. Elle aussi a été contaminée, dévorée par les paroles fausses et les images de criminels uniquement bons à être condamnés sans de justes procès. Frissons de malaise dégringolent le long de l’échine, sueur froide sous les tissus avec l’envie de regarder ailleurs sans y parvenir. Les pupilles rivées aux siennes, je ne sourcille pas lorsque tombent les accusations. Tuer pour le plaisir, c’est un fait. Une dure réalité pavant mon existence de tombes que je creuse à chaque fois que la faim se fait victorieuse. Arrêter avant de franchir la ligne, et laisser partir la victime pour lui offrir tout le loisir de faire de son bourreau une proie à traquer. Hors de question. Esclave d’ordres donnés par une conscience sale, tuer pour survivre, c’est aussi simple que ça.

Laisser retomber le silence après sa dernière tirade. J’ai le cœur en morceaux, un nœud coulant qui se resserre contre la gorge, un peu plus à chaque inspiration au point de rendre la mécanique difficile, frôle l’asphyxie tant la douleur est insupportable. Un pas en avant pour rompre la distance et s’atteindre à l’immobilisme le temps de trouver quoi dire, quoi faire pour qu’elle efface cet air de dégoût de son joli visage. Redonne à son regard l’éclat qu’elle m’a offert lors de notre dernière rencontre, ce moment où l’impression d’être quelqu’un pour elle m’avait paru réelle. « - Je n’accéderais pas à ta demande. » Le murmure s’arrache avec peine, s’accompagne d’un hochement de tête pour refuser la chose, malgré l’envie impérieuse qui me dévore. Faire taire la faim, l’ignorer, en cet instant l’exercice me semble difficile plus difficile qu’il ne l’a jamais été. « - Parce que je sais ce que je risque de trouver en raclant les recoins sombres de ta mémoire. Le drame qui a touché ta mère le jour où tu as été enlevée. Cet autre que tu as considéré comme un père pendant toutes ces années avant de te retrouver seule loin de tout. L'origine de ton existence, de ce collier que tu portes autour de ton cou. » Piètre excuse pour justifier le refus. Plaider une cause qu’elle ne veut pas connaître et que je ne peux que deviner trop facilement. Témoin du début de son existence, l’un des deux coupables à avoir lancé la mécanique. Spectateur distant du tournant tragique que sa vie à finalement pris, n’en connaître que les choses ayant été gravé sur le papier de ces journaux avides de pathos et autres scandales faisant parler. Le souffle se perd et voilà qu’il revient, ce maudit silence lourd de tout ce qui devrait se dire.

Malgré la glace peinte sur ses traits le corps s’avance, rompt lentement la distance jusqu’à s’immobiliser à une poignée de rien d’elle. Tendre le bras et venir effleurer sa joue de porcelaine, lui jurer que ce n’était rien, un dérapage incontrôlé qui ne représente pas ce que je peux être. Mentir afin de regagner sa confiance, y songer puis se dire que ce serait là une nouvelle erreur à accomplir. Hésitant face à sa propre fille quand il a été si facile de se comporter avec sa cadette. C’est ridicule et l’ombre d’un sourire amer vient ourler mes lèvres tandis que je me fustige dans l’azur sombre de ses yeux. Je joue le rôle de ce géniteur vivant dans une galaxie lointaine, pied au mur qui avoue à son rejeton le lien qui les unit avec un théâtral je suis ton père. Epopée galactique adorée par le môme qui s’est bousillé les yeux à force de la regarder mais qui aujourd’hui prend des airs bien plus familier, alors que le moment semble venu de lever le voile. « - On m’a privé de ma fille une première fois… Jugé trop jeune, trop immature peut-être pour être considéré comme un bon père, je ne supporterais pas de te perdre une seconde fois Sigrid. » Avouer ses erreurs, le jugement hâtif d’une mère voulant protéger sa progéniture en lui offrant quelque chose de mieux, quitte à écarter une pièce centrale du charmant tableau. De la tendresse dans la voix et sur la trogne malgré la tension qui règne toujours sous la peau. La proximité rendant l’attrait indéniable et affreusement attirant.

« - Si on se ressemble toi et moi, ce n’est pas à cause de nos actes, de ces monstruosités que l’on accompli chacun de notre côté mais du lien qui nous unis l’un à l’autre. » Achever l’instant dans un souffle et rester là, planté devant elle à me faire bouffer par les myriades qui se pressent dans ses pupilles. Attendre la chute, parce qu’elle va venir, tôt ou tard, sous n’importe quelle forme mais elle viendra. Endiguer le rejet du mieux qu’il est possible de le faire pour ne pas totalement La perdre. Lui révéler être son père est peut-être aussi la meilleure façon de la voir se détourner et rayer le bonhomme de son existence pour ne plus s’encombrer de questions sans réponses et de déceptions.

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