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 Red Wheelbarrow || Milo

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ANIMAL I HAVE BECOME

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MessageSujet: Red Wheelbarrow || Milo   Jeu 26 Oct - 2:30


« so much depends upon a red wheelbarrow »



Milo & Lazlo
featuring

La réminiscence d'un gémissement d'agonie résonnait encore dans ses tympans. Un gémissement qui n'avait rien d'animal, qui faisait encore frémir ses plumes toutes neuves. La sensation d'un poids sur sa frêle carrure, le noir tout autour d'elle. Une inspiration profonde, pour calmer son instinct qui hurlait au danger. Tout autour d'elle n'était que chaleur, pression et noirceur. Tout autour d'elle n'était que prison, danger, et mort imminente. Charriées par sa respiration, les odeurs se mélangeaient et lui faisaient chavirer le coeur. Celle, omniprésente, de la sueur humaine. Celle, un peu aigrelette, de l'eau croupie. Il fallait qu'elle se dépêtre de sa prison, là, tout de suite. Alors, redoublant d'efforts, elle battit des ailes et du bec autant que possible.
Un léger rai de lumière capta son attention, et elle décida de la suivre. Comme un papillon attiré par un néon, elle savait qu'elle n'aurait pas d'autre but ce soir. Rejoindre la lumière. Rejoindre l'extérieur. Essayer de ne pas mourir. Poussée par le leitmotiv, elle remonta le long d'un tunnel qui n'en finissait plus de la serrer. Un étau d'une matière qui n'avait rien de naturel, qui ne pouvait qu'avoir été fait par l'Homme. Tissé. Le terme, aussi incongru que contre-nature, lui était arrivé comme un souvenir lointain. Aussi lointain que ce gémissement qui s'effaçait progressivement de sa mémoire.

Au terme d'une bonne poignée de minutes éreintantes, elle avait fini par se dépêtrer de sa prison tissée. L'air frais la frappa de plein fouet, et elle ne put s'empêcher un claquement d'ailes approbateur. La nuit était jeune, chaque minute passée à la faveur de la Lune la rendait plus gaillarde que la précédente. D'un bond, elle se retourna pour considérer la prison de laquelle elle s'était extirpée. Un amas informe de tissus chamarrés, qui n'avait plus rien d'effrayant maintenant qu'il ne la serraient plus autant. Incertaine, la colombe poignardée y mit quelques coups de becs. Avant que ne reviennent les pensées.

C'est à moi, ça. Mon autre moi. Celui qui hurlait.

Un frisson ébouriffa ses plumes, la poussant à se renfoncer dans ses ailes. Sa prison de chairs. Laz...lo. Une chaleur sourde dans son jabot. La sensation de ne pas être seule, alors qu'il n'y avait pas âme qui vive là où elle se trouvait. La même sensation qu'elle avait eue lorsqu'elle s'était réveillée pour la première fois. Elle n'était pas seule, parce qu'il y avait quelque chose qui sommeillait en elle. Quelque chose de différent, de non-oiseau, mais d'inoffensif. Une impression qui ne la quittait pas, qu'elle ressentait même quand elle était assoupie.
Sauf qu'elle était libre, ce soir. Laz-lo serait l'observateur, ce soir. Paresseusement, profitant de chaque soupçon d'air, de chaque sensation, elle étira ses ailes engourdies. Les battit deux-trois fois pour évaluer la qualité du vent, pour cumuler toutes les données du lieu qui l'entourait.

Une ruelle étroite et sombre, une poubelle éventrée à proximité de l'amas de vêtements bigarrés, une faim tenace qui tordait son estomac. A petits bonds, la colombe rejoignit la poubelle pour tester son contenu du bout du bec. Pas de graines. Juste le goût âcre de la pourriture, mais cela devrait suffire. Parce qu'elle n'avait pas beaucoup de temps devant elle, et parce qu'elle n'avait pas l'intention de rester trop longt...
Un bruit, derrière elle. Son instinct qui s'affola immédiatement, la poussant à lever le bec de son repas. Fluctuations de l'air alors que quelque chose de plus gros venait de tomber non loin d'elle. Froissement de pelage, pattes de velours sur le bitume. Danger. Sans attendre plus longtemps, elle étira ses ailes. Les fit claquer brutalement, pour s'élever et s'enfuir de cette ruelle. Juste assez rapide. Le chat derrière elle n'aurait que deux plumes d'un gris bleuté à se mettre sous la dent.

Tant pis pour son déjeuner. Ses sens aussi alertes l'un que l'autre par le danger qu'elle venait d'éviter de justesse, elle préféra prendre d'avantage de hauteur que risquer ses plumes une nouvelle fois. Sous son corps, la ruelle s'étrécissait à vue d'oeil. Au-dessus d'elle, la Lune se révélait toujours plus, bien que partiellement cachée par des nuages. Un bon signe, les nuages. Un courant d'air chaud la poussa vers le haut, lui permettant de planer. La liberté était enfin là.
La liberté, c'était ça. C'était de s'élever toujours plus haut, de ne plus apercevoir de ce qui se qualifiait d'Humanité que des silhouettes lointaines ou des points abstraits de lumière. C'était de se laisser porter par le vent, enfin. Son premier éveil, elle l'avait vécu dans un espace cloisonné, fractionné. Elle l'avait vécu avec une humaine immense dont les pattes ne cessaient de la toucher, qui semblait tenter de communiquer avec elle sans qu'elle ne comprenne quoi que ce soit. Son premier éveil s'était fait dans la douleur, l'incompréhension et la terreur.
Mais là, c'était entièrement différent. Joueuse, fière d'avoir échappé aux Hommes et aux prédateurs, la colombe poignardée s'offrit un looping avant de se laisser porter par le courant d'air chaud, au dessus de la ville. Une multitude de nouvelles notions s'emmêlait sous son crâne. Ces masses sombres, c'étaient des immeubles. C'était là que les Humains nidifiaient. C'était là qu'ils trouvaient leur nourriture, c'était là qu'ils trouvaient de quoi se nourrir. Des nids contre-nature qu'ils avaient construit pendant des années, une multitude de vies différentes.

Et mon nid à moi, il est où ?

Elle vira de côté, scannant la pénombre. L'odeur sur les vêtements était caractéristique, elle saurait la retrouver facilement. Celle d'autres oiseaux, pas entièrement comme elle mais résolument de son espèce. Sous sa tâche pectorale, son petit cœur cognait. C'était un nid, sans l'être tout à fait. Un nid creux dans lequel il manquait quelque chose. Ou plutôt quelqu'un. Une pensée parasite, une de plus. L'Observateur et elle étaient d'accord, pour une fois.
Autant qu'elle s'en rapproche. Les bâtiments sous son corps défilaient, portée qu'elle était par le vent. Des arbres de bois, de béton et de briquettes aux habitants assoupis pour la plupart. Une atmosphère apaisante, si apaisante qu'elle en baissa sa garde pendant de longues minutes, peut-être même des heures.

Un peu trop. Elle n'avait pas entendu le froissement de ses ailes, ou senti les fluctuations du vent, si bien que lorsque les serres du prédateur frôlèrent son dos, son cœur manqua un battement. Panique. Danger. Déboussolée, elle battit brièvement des ailes et se retrouva nez à nez avec un aigle à la ramure immense. Un monstre. Qui devait faire facilement dix fois sa taille. Un seul coup de bec et elle était cuite.
Cuite. Sans réfléchir plus longtemps, poussée par l'adrénaline et son instinct qui lui hurlait de s'enfuir, elle piqua vers les bâtiments en contrebas. S'il était imposant et bien plus rapide qu'elle, rien ne garantissait qu'il pourrait se faufiler aussi facilement qu'une colombe dans les espaces exigus. C'était présomptueux de sa part, mais c'était la seule solution qu'elle avait en l'instant pour survivre.
Alors elle s'exécuta, rabattit ses ailes le long de ses flancs et se laissa tomber. Avisa une ruelle à l'air étroit pour s'y engouffrer. Des escaliers de métal flanquaient des murs de briquettes, rendant tout le couloir ardu à pratiquer. Un avantage. Profitant de sa petite taille pour slalomer entre les obstacles, elle se rapprocha du sol avant de se redresser le plus vite possible et rejoindre une zone plus dégagée. Avant de piquer de nouveau vers une ruelle adjacente et recommencer. Encore, et encore.

Sans surprise, l'aigle n'eut aucun mal à la suivre. Elle était jeune et ses sorties avaient été plus que rares, quand lui était un prédateur de nature. Alors, quand il rejoint son niveau de quelques placides battements d'ailes, elle se crut perdue.
Avant de réaliser que rien dans son comportement n'était agressif. L'oiseau de proie en face d'elle ne semblait ni hostile, ni affamé. Ami ? Ou jouant avec sa proie ? Un instinct contre-nature, probablement des restes de sa prison de chair, lui dicta de se rapprocher. Un instinct néfaste qu'elle écouta pourtant spontanément. Parce que l'Observateur avait peut-être raison. Peut-être que l'aigle n'était pas si mauvais, si ? Il y avait quelque chose dans son odeur...
La colombe poignardée se ravisa. Effectua une pirouette et plongea de nouveau dans les tréfonds de la civilisation, terrifiée. Que venait-elle de faire ? Ecouter son humain était contre sa nature profonde, que l'aigle veuille jouer ou la dévorer n'y changeait rien. Ses forces faiblissaient, tant à cause de la course-poursuite que du jour qui se levait, ce n'était surtout pas le moment de se faire dévorer ! Sous le coup de la panique, épuisée, elle ne remarqua pas tout de suite les câbles téléphoniques tendus d'un bout à l'autre de la ruelle. Ses ailes s'y accrochèrent, déstabilisant tout son équilibre, l'attirant vers le sol sans qu'elle ne parvienne à se redresser. Battre vainement des ailes pour amortir la chute. Elle atterrit brutalement sur le flanc et roule-boula quelques instants avant de heurter violemment une poubelle. Sonnée, le corps tout engourdi par sa chute, elle se traîna tant bien que mal dans un recoin sombre. Et finit par s'évanouir.

***

Ce fut la douleur qui le tira de l'oubli. Une douleur fracassante, comme celle d'une multitude de coups de masse sur tout son corps. Une douleur impossible à contrôler, impossible à arrêter, alors que chacun des os de son corps semblaient se briser pour se reconstruire un à un. Et ses membres de pousser, de s'agrandir, de s'étirer toujours plus alors qu'une multitude d'épines s'enfonçaient dans ses chairs encore trop tendres. Un hurlement d'agonie enfla dans ses muscles pour finalement éclater dans des poumons qui se dépliaient. Son corps tout entier semblait à la fois se disloquer et se remettre en place, dans une souffrance qui lui donnait à la fois l'envie d'achever le travail en arrachant tout et une prodigieuse nausée.
Arracher tout. Ses bras, ses doigts, ses hanches, sa poitrine, tout arracher. Tout arracher pour que ça cesse, tout arracher pour ne plus souffrir. Tout mais pas ça. Ses os grinçaient et le goût du sang envahissait ses papilles, sa gorge et son souffle. Comme à l'Arène. Comme lorsqu'on lui avait arraché le cœur.

Recroquevillé, il glissa des moignons de doigts le long de son crâne. Attrapa quelques mèches de cheveux éparses qui venaient de repousser pour les serrer, le front posé à même un sol qui n'était pas assez froid. Pas assez froid pour apaiser la douleur, pas assez froid pour l'empêcher de pousser un nouveau gémissement d'agonie. Le rêve avait été beau, le temps qu'il avait duré. Toute la nuit durant, il avait eu cette impression cathartique d'être porté par les airs. Le rêve d'être un oiseau. Un rêve lointain qu'il regrettait à présent, tant la douleur était atroce.
A mi-chemin entre le cauchemar et l'épuisement, il rendit les armes. Son front et ses genoux toujours fermement vissés au sol dans un amas informe de plumes grises et rouges, tout son corps tremblant encore, Lazlo se savait incapable de bouger. Parce que s'il tentait de se redresser, il savait pertinemment qu'il s'évanouirait. Parce qu'il avait le cœur au bord des lèvres et le corps au bord du naufrage. Parce que la colombe, furieuse de se réveiller captive, piaffait bruyamment sous son crâne pour qu'il la laisse ressortir.

Maisy l'avait prévenu. Mais elle ne l'avait clairement pas assez prévenu. Ce n'était pas faute d'avoir tenté de le convaincre de passer la nuit chez elle. Elle avait même exhibé une cage dorée en lui disant qu'il y serait plus en sûreté. Mais il avait refusé sa proposition en prétextant que tout se passerait bien.
Force était de constater que ce n'était clairement pas le cas. Rassemblant ses forces, la gorge nouée par les hauts-le-coeur, il finit par se contraindre à ce qu'il aurait préféré n'avoir jamais plus à faire.

-... A l'aide...




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MessageSujet: Re: Red Wheelbarrow || Milo   Mar 31 Oct - 9:18


Red Wheelbarrow
Les yeux scrutant le bitume, l’aigle cherchait la moindre proie à abattre, la faim le prenant à l’estomac. La lune bien pleine en cette nuit faisait rugir l’animal, me renvoyant dans mes tranchées, plus compliqué que d’habitude à garder le moindre contrôle, aussi infime qu’il puisse être. Mais cette même lune faisait régner une atmosphère féérique au sein de la Nouvelle-Orléans. Bien que je ne sois pas en contrôle, je sentais l’aigle profiter pleinement de cette nuit, malgré la fraîcheur automnale. Planant à la lueur de cette lune, l’oiseau virait selon les courants, les ailes étirées au maximum. Son regard fut attiré par des hommes courant à-travers les rues, j’aurais cherché à les qualifier d’autre chose comme des membres de mafia, des délinquants, mais pour la bête, ce n’était que des hommes, des animaux d’une autres espèces, bien plus forts que lui, inintéressants. Non, l’animal cherchait plus petits. Des rats, des écureuils, n’importe, tant que ses serres pouvaient l’attraper. Mais chasser en ville n’était pas chercher la facilité. Les proies étaient moins fréquentes et surtout, les habitations compliquaient la tâche. Mais rien ne décourageait le prédateur. Un repas de choix s’infiltra d’ailleurs dans son champ de vision. Une petite colombe semblait profiter du calme de la nuit. L’aigle la suivit un instant, prêt à l’attaquer à la moindre occasion. La trajectoire dérivait de temps à autre mais le petit oiseau ne semblait pas se douter de ce qui le traquait. L’aigle volait légèrement plus haut qu’elle, à une large distance, sa vue le lui permettant.

Il la suivit ainsi durant de longues minutes, ne trouvant pas le moment propice pour attaquer. Une trajectoire impossible, un changement soudain de direction pour elle. Mais ce moment finit par arriver. La petite colombe ralentit son rythme, comme rêveuse et l’aigle plongea, toutes serres en avant. La distance se rétrécit jusqu’à ce que le prédateur puisse sentir la douceur des plumes de la malheureuse du bout des serres. Mais celles-ci claquèrent dans le vide, la proie remarquant soudain sa présence et trouvant le moyen de l’éviter de justesse. L’esprit de l’aigle bouillonna, mécontent de cet échec et il fila à la suite de la malheureuse. Profitant de son avantage de taille, il tenta de la rattraper avant qu’elle n’atteigne les bâtiments, sachant qu’il aurait plus de peine à la suivre là-bas. Mais alors qu’il se rapprochait d’elle, mon esprit à moi fut réveillé par une odeur familière. Je n’arrivais pas à dire exactement à qui elle appartenait mais cette colombe n’était pas une colombe ; c’était un métamorphe, comme moi. Ce devait être quelqu’un que j’avais connu avant ma transformation car je reconnaissais facilement ceux d’après. Intrigué, je tentai de faire taire l’esprit de chasse de l’aigle pour qu’il ralentisse et se contente de la suivre.

La poursuite dura assez longtemps, zigzagant entre les immeubles, évitant les escaliers, poubelles et autres abominations humaines, montant, descendant, remontant. L’aigle reprit du terrain sur la colombe durant une ligne droite, trahissant ainsi ses intentions envers elle. Il y eut un petit temps de battement, la proie semblant juger le prédateur jusqu’à ce qu’elle ne se ravise et plonge. L’aigle s’élança à sa poursuite mais se stoppa net en voyant devant lui des câbles. La colombe en revanche fonça droit dedans, perdit l’équilibre et chuta. Mon esprit cria à l’aigle de foncer pour tenter de la rattraper mais malheureusement, le son étouffé de son corps frappant le sol suivit par une poubelle se fit entendre. L’aigle se posa non loin d’elle, la regardant se traîner à l’abri des regards alors que je tentais de reprendre le dessus de mon corps. Je devais l’aider, savoir qui était le malheureux propriétaire de cette odeur. La transformation se fit, la douleur me provoquant des gémissements. Heureusement, plus je me transformais, plus rapidement tout se passait. La douleur ne durait plus si longtemps et le traumatisme d’après-changement n’était plus aussi violent.

Je retrouvai donc assez rapidement mon corps nu et filai où se trouvait la colombe. Mais la vision attendue fut toute autre. Je retrouvai devant moi une masse difforme entre l’oiseau et l’humain. Impossible à ce stade d’identifier l’individu. L’horreur dura quelques minutes, les cris bousculant cette nuit si paisible. La souffrance de l’inconnu me provoqua un sentiment étrange, entre la compassion et le dégoût. Je n’avais jamais assisté à une transformation, malheureusement toujours acteur. Renvoyais-je une image similaire lors des miennes ? Je voulais l’aider mais tant qu’il n’était pas plus humain, me trouver à ses côtés pouvait être dangereux pour moi. Entre l’esprit animal qui l’habitait encore un peu et le risque que je me prenne un coup involontaire. Je me contentai donc de faire le guet en attendant, prêt à agir si quelqu’un venait par ici, prêt à protéger cet inconnu.

De faibles paroles m’arrachèrent à ma garde et je me retournai vivement. L’animal n’était plus et je reconnus enfin l’individu. Lazlo. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine et j’accourus vers lui. Je ne savais pas que l’oiseleur était devenu oiseau, n’ayant jamais réfléchi à une telle possibilité. Les êtres surnaturels grouillaient à la Nouvelle-Orléans mais aurais-je seulement imaginé un jour croiser mon ami d’infortune dans une telle situation ? Jamais. Je m’agenouillai devant lui alors que le mélange désagréable de sentiments m’attrapait à la gorge sans vouloir me lâcher. Un vilain mélange de peur, de joie et de souffrance. J’avais peur qu’il n’arrive pas à passer outre le mal qui l’habitait, j’étais heureux de retrouver cet allié d’autrefois mais je souffrais de sentir les souvenirs me revenir en mémoire. On en avait vécu des choses mais je n’avais pas envie de m’en rappeler. Revoir le visage de mon père alors que la vie le quittait, entendre les applaudissements du combat terminé, me remémorer ce discours de fin qui m’avait laissé un goût amer mais surtout, retrouver ce sentiment de haine qui ne m’avait pas lâché durant de longs mois. Cette haine qui m’avait poussé dans mes retranchements et m’avait plongé dans tous ces vices. Les yeux ne quittant pas ceux de Lazlo, j’attrapai ses mains pour les serrer, pour lui montrer que j’étais là. Je savais ce qu’il ressentait, à quel point la douleur pouvait être affreuse et à quel point plus rien autour de nous n’avait d’importance tant on aimerait que ça cesse. Mais en plus de cette transformation qui lui prenait toute son énergie, l’oiseleur avait fait une sacrée chute. Je quittai son visage du regard pour inspecter son corps encore nu, cherchant un signe de blessure ou de fracture. Hormis des hématomes et des éraflures futiles, rien ne semblait mettre sa vie en danger. Le vrai mal venait de ce qu’il se passait à l’intérieur de lui-même, de ce combat éternel entre lui et l’animal. Et malheureusement, de ce côté-là, je ne pouvais pas faire grand-chose à part le soutenir et tenter de partager mes propres expériences.

Il aurait fallu que je le déplace, que nous allions chez lui ou chez moi, là où se trouvait de quoi l’aider, mais il était trop faible pour l’instant. J’avais peur qu’il ne s’écroule à peine relevé et mon corps frêle n’arriverait pas à supporter tout le poids de Lazlo. Nous aurions pu nous retransformer en oiseaux pour que l’aigle porte la colombe, seulement, il ne semblait pas maîtriser son animal et ses transformations. Non, il n’y avait pas de solution, je devais faire ce que je pouvais ici et maintenant. Mes yeux se reposèrent dans les siens et l’une de mes mains vint se poser contre sa joue. Mes transformations ne me provoquaient plus d’affreuses fièvres et le froid de la nuit m’avait refroidi le corps. Le contact froid de ma main contre sa joue l’aiderait sûrement, bien que ça ne restait qu’une aide mineure. Je ne savais franchement pas quoi faire. Je n’avais que mon propre corps pour l’aider et à part ce genre de gestes, je ne pouvais rien faire d’autre. Cherchant d’abord à lui rendre sa position plus agréable et pour qu’il n’ait pas à supporter son poids, je le contournai pour me placer derrière lui. Je ramenai son dos contre mon buste et l’entourai de mes bras. Mon visage vint se placer contre son épaule. Peut-être que la fraîcheur de mon corps en entier l’aiderait également contre la fureur de son corps. - Ça va aller Lazlo. Je suis là, je vais t’aider. Ma voix se voulait être douce et rassurante alors qu’une de mes mains effectuait des cercles contre sa peau. - Ne cherche pas à lutter contre la douleur, laisse-toi aller. Ça sera bientôt fini. Je l’espérais sincèrement, pour lui.
Codage par Libella sur Graphiorum


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MessageSujet: Re: Red Wheelbarrow || Milo   Sam 4 Nov - 2:38


Démuni. Il n'y avait rien de pire que la sensation d'être pris au piège dans son propre corps. D'être complètement démuni face à son propre corps. Ce moment où la douleur devenait trop insoutenable pour être contenue, ce moment où l'esprit se perdait dans l'agonie, incapable de lutter. Oui, Maisy l'avait prévenu. Oui, elle l'avait mis en garde, et oui, il avait prétendu que ça ne pouvait pas être si terrible que ça. Quelle idée il avait eue. Son corps tout entier le lui faisait regretter, et il n'avait aucun moyen d'apaiser la douleur. Aucun autre moyen qu'attendre que ça passe, d'attendre en espérant que la transformation ne le tue pas au passage. Agenouillé au sol, le nez dans ses coudes, il se sentait misérable. Appeler à l'aide n'était pas dans ses prérogatives, mais il y avait été forcé, bien malgré lui. Parce que la nausée était trop forte. Parce que le froid qui s'était abattu sur ses membres s'accompagnait de sueurs froides. Parce que tous ses muscles le lançaient tellement qu'il se savait incapable de se redresser sans aide. Parce que la colombe, furieuse d'être de nouveau captive dans son esprit, s'égosillait si fort qu'elle lui flanquait une migraine abominable. Parce qu'il se sentait si perdu, confus par la violence de ce réveil, qu'il n'était pas sûr de ne pas être en train de perdre la tête.
Il savait, pour l'avoir vécu, qu'il arrivait que la conscience décide de faire une pause pour pouvoir supporter la violence des sentiments, des situations ou des douleurs. Manifestement, ce n'était pas le cas pour lui dans cette maudite ruelle.

Trop d'informations et un seul leitmotiv. La souffrance. Tellement obnubilante, si omniprésente que son cerveau n'arrivait pas à enregistrer toutes les autres informations qui se bousculaient, charriées par ses sens exacerbés. Les seuls sons qu'il parvenait à entendre, c'étaient ses cris, c'étaient ses os, ses muscles, sa peau, ses cheveux qui repoussaient et se reformaient avec une lenteur exécrable. Les seuls odeurs qu'il sentait, c'était celles du sang, le sien, des plumes enchevêtrées tout autour de lui, de sa propre sueur. La seule chose qu'il voyait, c'était la pénombre, striée de mouches blanchâtres qui filaient entre ses yeux et ses paupières, manifestes du mal qui résonnait dans tout son corps. La seule chose qu'il sentait, c'était sa peau qui se déplaçait, c'était le froid dans ses os et sur sa peau, c'était la fraîcheur brûlante des pavés où il se trouvait. Le seul goût qu'il avait sur le palais, c'était celui du sang. Aucune autre information ne lui parvenait. Il aurait pu avoir des spectateurs qu'il n'en aurait eu aucune idée. Il aurait pu être en danger qu'il ne l'aurait pas su.

Aussi, quand il sentit deux mains solides arracher ses doigts de ses propres cheveux pour les tenir fermement, Lazlo sursauta. Releva un regard injecté de sang vers l'être humain qui lui faisait face, caché par un rideau de cheveux que sa respiration erratique soulevait difficilement tant ils étaient trempés de sueur. Tout ce qu'il réussit à apercevoir, ce fut un regard. Une paire d'yeux marrons, presque noirs, qu'il connaissait parfaitement. Un regard droit, perçant sans le vouloir, qui vous sondait l'âme si vous ne vous y attendiez pas. Qui avaient déjà sondé la sienne des années auparavant, quand ils s'étaient rencontrés à cause de cette maudite Arène. Milo.
Milo était un rêve insaisissable, Milo avait disparu du jour au lendemain. Enfin, il n'avait pas disparu. La douleur n'était pas la même, à l'époque, elle était plus interne que physique, tout en restant bien réelle. Milo, c'était la honte, la rage et la culpabilité. Milo, c'était le salut, le renouveau, la vie qui disait qu'elle s'en foutait. Milo, c'étaient les petites roues du grand vélo de la douleur et de l'acceptation. A moins que c'est ce que Lazlo était pour lui. Il n'avait jamais réellement su qui avait soutenu l'autre, qui avait laissé l'autre le premier. Car une fois qu'ils avaient retrouvé leur équilibre, ils avaient enlevé lesdites petites roues, et avaient filé dans des directions diamétralement opposées. Ils s'étaient perdu de vue, une relation qui s'essoufflait naturellement, pour ne pas avoir à retomber dans la douleur encore.
Et c'était dans une autre forme de douleur qu'ils se retrouvaient. Le regard sombre, presque d'encre de son ancien ami forçait le sien à s'y raccrocher, alors que l'Oiseleur pressait fermement les doigts du brun pour garder conscience. Il était bien incapable de faire autrement, de toutes façons. Il l'avait cru mort. Sincèrement.

La colombe poignardée dans sa tête claqua furieusement des ailes, lui arrachant une grimace douloureuse. Les odeurs environnantes lui parvenaient pèle-mêle, mais au milieu d'entre elles, une odeur bien distincte. Celle de l'aigle qui l'avait pourchassé toute la soirée. D'un regard, Lazlo interrogea silencieusement son étrange sauveur. Etait-ce lui, son prédateur ? La colombe claqua une nouvelle fois des ailes pour répondre à la place de Milo, ravivant la migraine qui tempêtait déjà bien trop fort sous son crâne. Oui. Selon elle, oui.
Oui, Milo était un aigle. Un semblable.
Quelqu'un qui pouvait l'aider.
Mais voulait-il seulement l'aider ? Après tout, l'aigle l'avait pourchassé sans relâche toute la nuit durant. Avait été à deux doigts de l'attraper d'un vigoureux coup de serres, et il était cuit. Cela voulait-il dire que Milo avait de mauvaises intentions vis à vis de lui ? Qu'il avait mal digéré qu'ils s'éloignent, toutes ces années auparavant ?

Ses pensées étaient confuses, rendues plus brouillonnes par la fièvre qui gonflait dans tout son système. Aussi eut-il un mouvement de recul instinctif quand son ancien ami approcha sa main de son visage, mû par la méfiance naturelle de la colombe et sa vision floue. Mais le geste n'avait rien d'agressif. La main de Milo était fraîche, et Lazlo finit par baisser sa garde pour presser son visage contre sa paume. La sensation lui faisait du bien. Se concentrer sur le contact lui permettait de penser à autre chose que sa prison de chairs meurtries. Jusqu'à ce que la main le relâche, et que l'Oiseleur enfonce son visage dans ses coudes, contenant comme il pouvait le hurlement que lui provoqua une nouvelle salve de douleur.
Son corps était hérissé d'épines. Son corps tremblait comme une feuille. Son corps refusait de l'écouter, quoi qu'il tente de lui dire. Son corps se contracta violemment alors que des mains attrapaient ses épaules, ses muscles des charbons ardents qui le brûlaient de l'intérieur. Le moindre contact était abominable. Pour autant, chacun des gestes de Milo, prudemment mesurés, allégeaient quelque peu sa souffrance.

Un torse frais dans son dos. Des bras qui le soutenaient fermement, alors que ses jambes menaçaient de se dérober sous son poids. La sensation de perdre le contrôle, la sensation qu'il s'effondrerait s'il ouvrait trop vite les yeux. Aspirant l'air à grandes goulées, Lazlo se rappela que si Milo était effectivement l'aigle, il savait pertinemment tout ce qui se passait dans son corps. Il l'avait probablement déjà vécu. Autant placer sa confiance dans ses gestes. D'autant que la fraîcheur de sa peau était bienvenue, engourdissait quelques peu les pics de douleur. Sa voix. Les yeux obstinément clos, Lazlo acquiesça lentement, se concentrant sur la voix de son ancien ami. Une voix qu'il n'aurait jamais cru entendre encore.
Se concentrer sur Milo. Sur sa voix, sur ses gestes, sur la force tranquille qu'il appliquait à le tenir debout. Reprendre des forces, se concentrer sur sa respiration, laisser la douleur s'évanouir d'elle-même. Au terme de minutes bien trop longues, Lazlo réussit enfin à rouvrir les yeux. A chuchoter difficilement, la gorge embrasée :

-T'as pris du muscle... Milo.

C'était la première chose qui lui venait en tête, maintenant que ses pensées s'ordonnaient d'avantage d'elles-mêmes. Un constat qu'il commençait à ressentir de façon plus claire, maintenant que ses idées le devenaient aussi. Ils avaient changé, tous les deux. Lazlo ressemblait à Jésus, et Milo était son Sauveur. La respiration toujours erratique, il referma les yeux et laissa aller sa tête contre celle du brun. Laissa les dernières vagues de douleur, moins intenses que les premières, arrêter temporairement tout son système.

-...et t'as failli me bouffer, aussi.

Il tenta un rire. Trop tôt. Chacun de ses muscles lui rappelèrent leur existence, et il dut taire son ricanement bien plus tôt que prévu. Instinctivement, il porta ses mains aux bras qui le maintenaient. Ses jambes reprenaient contenance elles aussi, et si son corps lui donnait l'impression qu'il venait de se faire renverser par une voiture, au moins maintenant, il parvenait à se tenir debout avec moins de difficulté. Il était temps de tester sa théorie. Doucement, il pressa les bras de Milo pour lui intimer silencieusement de le relâcher. Le sol l'attirait moins que quelques instants auparavant, mais ce n'était pas encore gagné. Ses jambes flanchèrent au bout de trois pas à peine. Se raccrochant aussitôt à l'épaule de son ancien ami, l'Oiseleur grimaça. Sa tête tournait affreusement, et son corps était transcendé de frissons.

-Je suis... désolé pour tout ça...

Désolé que leurs retrouvailles soient aussi pitoyables. Désolé d'avoir l'air aussi diminué. Désolé d'infliger ça à Milo alors qu'il avait probablement affreusement mal dans chacune des particules de son propre corps. Mais il restait là, à ses côtés, malgré les circonstances.
Comment avaient-ils réussi à s'éloigner autant ?
Lazlo jeta un regard circulaire à la rue, malgré que sa vision soit toujours aussi floue. Distingua une vieille enseigne qu'il reconnaissait parfaitement, une ancienne peinture sur un des murs de briquettes devant laquelle il passait régulièrement quand il partait rejoindre le Marché Noir. Dans sa course, la colombe les avait entraînés dans son quartier. Près de son usine désaffectée. Près de son nid.

-On est pas loin de chez... moi.

Il y avait peu à parcourir. A vol d'oiseau, l'usine n'était qu'à deux rues de là où ils se trouvaient actuellement. Restaient qu'ils devaient parvenir à aller jusque là. Et, comme il avait pu le constater dans toute sa gloire lorsque Milo le tenait tout contre son corps, ils étaient nus comme au premier jour.
Lazlo grimaça. Les rues n'étaient pas sûres, d'ordinaire. Mais alors pour deux hommes nus comme des vers, ils allaient devoir redoubler de vigilance. C'était un coup à se faire gentiment cueillir par la Milice et jeter aux Arènes pour dépravation, cette histoire.

-Sauf qu'on est pas... super présentables...

Epuisé par toutes ces considérations, il se reposa contre Milo. Cala son front brûlant de fièvre contre son épaule, la fraîcheur de sa peau apaisant ses sensations. Ils trouveraient une solution.


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MessageSujet: Re: Red Wheelbarrow || Milo   Sam 4 Nov - 12:45


Red Wheelbarrow
Je sentis Lazlo se laisser aller contre moi, m’indiquant que ce que j’essayais de faire n’était pas aussi inutile que je le pensais. Après tout, le plus dur était de garder ce contact avec la réalité, de ne pas se laisser submerger par l’animal et se retrouver dans les abysses de l’esprit. C’était pourquoi chaque contact restait important, comme une corde tendue vers la sortie, un rappel que la vraie vie se trouvait dehors, pas dans cette cage bestiale. Mais tout seul, lors des premières transformations, je trouvais que c’était le plus difficile. Réussir à trouver cette limite entre nous-même et l’animal, comprendre la différence entre la douleur physique et la douleur psychologique, différer le monde réel, notre monde, de ce monde imaginaire qu’essayait de nous montrer notre esprit, de nous faire croire que l’instinct animal pouvait prendre le dessus et tout ça, dans une douleur atroce qu’on en vient à réfléchir à comment mettre fin à nos jours, faire stopper ce cauchemar, espérer que rien de tout ça ne soit jamais arrivé et retrouver une simple vie d’humain insignifiant. Dos au mur, face au jugement final, méritant ou non de continuer sur ce chemin appelé la vie. Je l’ai vécu comme une sorte de dépassement de moi-même. Si j’arrivais à surpasser cet instant de douleur extrême, alors plus rien ne m’arrêterait dans la vie. Et je comptais sur Lazlo pour arriver à en faire de même, je serais là pour m’en assurer, pour ne pas le laisser tomber une fois de plus à-travers cette nouvelle épreuve. À croire que nous étions faits pour être ensemble dans les moments douloureux. Nous étions à tour de rôle apparu à l’autre comme une lumière pour nous guider dans la nuit. Sortis de nulle part, mais prêts à tout pour redonner ce si beau sourire sur le visage de l’autre. J’avais une confiance aveugle en lui et j’espérais qu’il en était de même pour lui.

Les tremblements du corps de Lazlo semblaient se calmer et ses muscles se relâchaient entre mes bras. La douleur s’effaçait petit à petit et j’étais content de constater cette évolution. Lazlo allait s’en sortir, je le savais, il en était largement capable, surtout après tout ce qu’il avait vécu. Je fus heureux d’entendre à nouveau le son de sa voix, malgré la faiblesse de celle-ci. Un petit sourire s’afficha sur mon visage à sa remarque. S’il était capable de me dire des choses comme ça, c’est qu’il était en bonne voie. - Et toi des plumes Lazlo… Je te pensais pas de ce genre-là. Ma main vint doucement caresser le bord de sa tête alors que celle-ci se laissait aller contre mon épaule. Son autre remarque me provoqua un léger rire, rire très vite interrompu en sentant le blond victime de sa propre plaisanterie. Mes bras le serrèrent instinctivement, prêt à le soutenir si ses jambes venaient à le trahir. Mais Lazlo passa encore une fois au-dessus de ça et me démontra gentiment que je pouvais relâcher mon étreinte. Je le laissai doucement aller, restant à ses côtés, prêt à le rattraper au moindre faux pas. L’un de mes bras s’accrocha autour de sa taille en le voyant à nouveau flancher. Il était trop tôt pour que l’oiseleur puisse marcher. Il s’excusa mais je n’en avais pas besoin. - Tu n’as pas à t’excuser… Après tout, comme tu le dis si bien, j’ai failli te bouffer. Et sans cette panique, t’aurais pas fini dans ces câbles. J’aurais dû reconnaître tout de suite ton odeur et ne pas essayer de te suivre… Mon regard chercha le sien. - J’préfère encore que ce soit moi qui sois là, plutôt qu’un étranger. On sait jamais sur qui on peut tomber en ces temps de galère. Surtout que même si mes muscles me faisaient souffrir, ce n’était rien comparé à ce que Lazlo endurait.

Le blond regarda autour de lui et m’indiqua qu’on ne se trouvait pas si loin de chez lui. Je jetai un coup d’œil à mon tour mais ne reconnus pas vraiment où nous nous trouvions. J’avais perdu mes repères en suivant la colombe. Il continua en me faisant remarquer l’état dans lequel nous nous trouvions. Un nouveau petit rire me prit. Je n’avais pas l’habitude de me retrouver dans un tel état dans la rue, faisant toujours en sorte de ramener l’aigle jusqu’à mon appartement avant de me transformer. Je n’étais pas gêné de cet état, surtout que l’oiseleur m’avait déjà vu ainsi, mais j’étais plutôt inquiet de ce qui pourrait arriver si quelqu’un d’autre nous apercevait.

Le contact du front brûlant de Lazlo contre mon épaule me fit réaliser que de toute façon, nus ou pas, l’oiseleur devait se reposer avant d’entamer un quelconque voyage. - Il faut que tu reprennes des forces avant qu’on essaie de bouger. On va se poser un petit moment le temps que tu retrouves tes esprits et ensuite on ira chez toi. J’veux pas qu’on se retrouve coincés devant je-sais-pas-qui et qu’on soit dans la merde. Je regardai le fond de la ruelle dans laquelle nous nous trouvions et y emmenai doucement Lazlo. Un petit recoin nous cachait des regards indiscrets, parfait pour ne pas se faire surprendre par la milice. - Installe-toi là, même si je sais que c’est pas l’endroit le plus agréable… Je l’aidai à s’assoir, puis me posai à ses côtés, faisant confiance à mon ouïe fine pour repérer le moindre bruit suspect. Tout en restant vigilant à notre environnement, je replongeai mon regard dans celui de Lazlo, une question me brulant les lèvres depuis le début de nos retrouvailles. - Qu’est-ce qu’il s’est passé Lazlo… Pour que t’en arrives là…

Codage par Libella sur Graphiorum

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