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 Red Wheelbarrow || Milo

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Milo Aldrin
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MessageSujet: Re: Red Wheelbarrow || Milo   Sam 12 Mai - 11:46


Red Wheelbarrow
Lazlo répondit à mon humour et je me détendis. J’avais craint l’espace d’un instant qu’il ne soit pas d’humeur blagueuse, que le sérieux de tout à l’heure ne l’ait bloqué ainsi, mais il n’avait jamais été comme ça, Lazlo. Il positivait, rendait toujours les choses plus belles qu’elles ne l’étaient et c’est certainement ce côté de lui que je cherchais à chaque fois, dont j’avais besoin. Car j’avais tendance à être son contraire, à broyer du noir, à voir le négatif. Il avait été ma lumière durant de longues périodes, mon phare et aujourd’hui encore, il le serait sûrement. Je me contentai de garder ce sourire ancré sur mon visage à sa réponse, ne cherchant pas à prolonger la blague. Mais Lazlo reprit l’humour en me parlant de mon look. Observais-je un œil critique ? Moqueur ? « On s’organisera un nouveau défilé, t’en fais pas. Et en attendant, j’te conseille d’éviter les murs proches de la cuisine. Y’a plus sympa que l’odeur des ordures pour manger, sans vouloir douter de tes capacités à laver ces sacs. » Je ponctuai ma phrase d’un nouveau sourire, un peu terni par la fatigue.

Mon regard croisa celui de l’Oiseleur, mais il n’était pas tout à fait le même que tout à l’heure. Il semblait pensif. Je mis ça sur le compte de la fatigue et n’y pensai plus, prenant sa place derrière les fourneaux. Sa voix résonna à nouveau dans la pièce et je le regardai un instant, avant de me retourner vers la casserole. Sa tonalité était faiblarde, mais elle avait toutes les raisons de l’être. Je répondis à sa remarque d’un ton calme. « J’suis passé par là surtout, Lazlo… La nuit a été longue et c’est normal que ton corps te dise stop. » Encore un sourire. Un frisson parcourut mon échine en sentant sa main descendre le long de mon bras. Si aujourd’hui ce n’était que le reflet de la faiblesse du blond, il n’en n’aurait pas fallu beaucoup plus autrefois pour m’embraser. Une caresse, une invitation. Mais les choses étaient différentes à présent, le cœur de la Colombe volait vers d’autres horizons et par respect, je ne tenterais rien, même si l’envie était là. Car le souvenir de nos corps s’entrelaçant était toujours présent, que le poids du temps n’avait pu me faire oublier la sensation de sa peau contre la mienne, comment il avait le don de me faire m’oublier. Une époque si lointaine et pourtant si fraîche. C’est pourquoi je le regardai se traîner jusqu’au salon, l’oeil à la fois envieux et compatissant.

Je l’entendis soupirer alors que je m’étais reconcentré sur le café. Je jetai un œil en sa direction et le vis affaissé sur son canapé. J’étais content de le voir se laisser aller, oser lâcher prise. Je me souvenais encore de mes premières transformations et d’à quel point chacune d’entre elles m’avait vidé de mon énergie. C’était encore le cas, mais le temps m’avait endurci, je les supportais bien mieux et surtout, je reprenais bien plus rapidement mes forces. En une nuit, j’étais déjà requinqué et prêt à repartir alors qu’autrefois, une bonne semaine était parfois insuffisante. Je soupirai à mon tour et me mis à la recherche des mugs pour le café. Je fouillai quelques secondes les armoires et il me fallut peu de temps avant de les trouver. J’y transvasai la préparation à l’intérieur et laissai le reste de café sur les fourneaux au cas où l’envie de prendre une seconde tasse nous viendrait. Je finis par attraper les deux récipients pour aller au salon.

La vision de Lazlo à semi endormi m’arracha un nouveau sourire. Elle me remémorait nos réveils ensemble, la douceur de son visage encore apaisé par le sommeil, la lumière faisant briller sa chevelure et le calme. Cette impression de calme. Je la ressentais à nouveau là, tout de suite et je me sentis si bien. La nuit avait été longue, mais nous étions enfin en sécurité. Et même si l’amant n’était plus, j’étais sincèrement heureux de retrouver mon ami. Je lui tendis l’un des mugs et m’assis à ses côtés, prenant garde à ne pas lui prendre trop de sa place.

Lazlo releva ses paupières et pris la parole. Je l’écoutai, un sourire sincère sur le visage. Je comprenais ce qu’il cherchait à exprimer, même si ses paroles étaient confuses. Il devait décidément être exténué. Il ricana en se rendant compte de ses paroles démunies de sens selon ses dires et je le laissai terminer avant de lui répondre, tout en buvant dans mon mug. « J’y repense aussi. Un peu trop souvent à mon goût. Parfois j’essaie de me convaincre qu’il faudrait que j’accepte que ça appartient au passé et qu’y penser n’y changera rien. Mais tout n’était pas tout noir et comme tu dis, on était ensemble. » Contrairement à Lazlo, je n’avais plus de famille, ni ici, ni ailleurs, du moins, pas à ma connaissance. Tout ce qu’il me restait, c’était les connaissances que j’avais pu faire en chemin. Et très peu avaient autant d’importance que l’Oiseleur. Mon regard s’assombrit quelque peu en repensant à cette période et je lâchai ses yeux pour me concentrer sur mon café. « Mais j’arrive pas toujours à discerner le positif du négatif de ce temps et tout fini par se mélanger. » Un gros bordel. « J’saurais pas te dire si c’était mieux avant. Peut-être un peu plus simple, mais tout était si différent. Les lois du monde, de la nature, tout a changé. Il y a tant de trucs qui nous dépassent maintenant. Enfin, regarde-nous. T’aurais pensé un jour finir en colombe ? » Car moi pas. Jamais. Aurais-je pensé un jour que ce genre de choses seraient possibles ? Que des gens seraient capables de telles prouesses ? Je repris une gorgée du mug avant de le reposer devant moi. « J’sais pas… Mais ce dont je suis certain, c’est que sans toi, j’en serais pas là aujourd’hui. » Mon regard chercha à nouveau le sien. Même en laissant de côté la partie sentimentale de notre relation, Lazlo avait toujours été là pour moi quand la vie avait décidé de me laisser sur le bord de la route. Il m’avait relevé, rendu meilleur en un sens. Je lui en serais éternellement reconnaissant. Notre lien était spécial, presque autant que celui qui m’unissait à Liam. Chacun m’avait sauvé à sa manière et chacun était autant important que l’autre.

Lazlo me posa une dernière question et je me surpris à y penser. Et si les choses avaient été différentes effectivement. Et si mon père n’avait pas été abattu dans l’arène ? Et si nous n’étions pas venus jusqu’à la Nouvelle-Orléans ? Aurais-je eu l’occasion de croiser Lazlo à un moment donné ? Mais au lieu de lui répondre sérieusement, je préférai jouer à nouveau la corde de l’humour. « Qui sait, je serais peut-être un grand styliste, t’aurais pu être ma muse, avec ta belle gueule. » Et par réflexe du bon vieux temps, j’attrapai sa main. Me rendant vite compte de ce que je faisais, je baissai la tête et la lâchai. « Pardon… L’habitude. » Mal à l’aise, je n’osai tout de suite regarder Lazlo et me concentrai sur mon café. Les habitudes seraient difficiles à enlever. Je n’avais jamais été quelqu’un de très tactile, mais avec le temps, j’avais pris goût à la peau de l’Oiseleur, à garder contact avec lui. Des petites habitudes toutes simples mais qui m’étaient devenues si naturelles. Je soupirai légèrement et me décidai à affronter le regard du blond, tout en changeant de sujet. « Et à part ça, t’as prévu de faire quoi avec ces toutes nouvelles capacités ? J’aurais pas été un aigle, j’en aurais profité pour aller dégueulasser les belles vestes du gouvernement. Mais je me ferais remarquer un peu trop vite. »


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MessageSujet: Re: Red Wheelbarrow || Milo   Dim 3 Juin - 23:31


Les pensées virevoltaient dans son esprit, sans qu'il ne parvienne à en saisir ni le sens ni la portée. Elles étaient là pourtant, des images, des flashes, des sensations, mais elles allaient si vite. Tellement vite. Aussi vite que le monde qui tanguait et se mouvait inlassablement tout autour de lui, avec cette maudite fièvre. Pour Lazlo, le monde avait toujours été très manichéen. Il avait rapidement fait le tour de ce qu'il voulait et ne voulait pas, de ce qu'il apercevait et comprenait du monde qui l'entourait. Des décisions pas faciles mais nécessaire pour réussir à construire son propre univers malgré la difficulté environnante. Définir des limites, des règles, de nouvelles lois dans son empire n'avait pas été si difficile en réalité. Et si la vision qui en résultait était de l'ordre du blanc et du noir, avec très peu de nuances de gris, il arrivait des moments où toute l'organisation se retrouvait chamboulée. Comme maintenant, alors qu'il était avec Milo, à ce croisement entre le passé et le présent. Car on a beau prétendre tout ce que l'on veut, à moins d'un bon coup sur la tête, on n'oublie pas le passé. On compose autour, mais il fait partie de nos racines.
De ce que l'on est.

Retrouver Milo, c'était retrouver ces racines. Retrouver les vestiges d'une relation qui n'avait jamais été viciée sans jamais avoir perduré. Beaucoup subissent une rupture comme un assassinat, Lazlo aussi, pour certains de ses exs -en témoignaient les petits noms affectueux de ses pigeons-, mais pas avec Milo. Car il n'y avait pas eu de rupture, à proprement parler. Une de ces relations toutes en demi-teintes, au beau milieu de la zone grise. Au delà des sentiments passés, il y avait toujours ce confort entre eux. Une zone d'échange et de partage franche et sereine qu'ils avaient constituée aux premiers moments de leur relation. Avant même d'être un tout, lorsqu'ils étaient deux individus. Cette même zone de libre échange qu'ils retrouvaient à présent, alors que Milo prenait la peine de répondre à des questions dont tous deux savaient que Lazlo aurait oublié l'importance dès le petit matin. Une réalité qu'ils savaient tous les deux, et pourtant. Pourtant Milo avait pris le temps de lui répondre, simplement, clairement, sincèrement. Un effort qui n'était pas nécessaire et qui pourtant faisait chaud au coeur.

Trempant ses lèvres dans le café chaud, ses doigts gourds enroulés autour du mug, l'Oiseleur resta silencieux. Tenta de se concentrer sur la réponse, sachant pertinemment qu'il n'était pas en capacité de tenir une vraie conversation. Fermant les yeux pour se laisser bercer par la mélodie de sa voix, il finit par concéder un léger "hum" plus fiévreux que pensif. Parce qu'au fond, Milo avait raison. Le passé n'était pas plus simple, ce n'était qu'une impression. Il avait ses difficultés, mais il avait aussi ses règles. Des règles complètement chamboulées par l'Apocalypse, puis la migration sur les seules terres encore en capacité d'accueillir l'espèce humaine. Pourtant, des fois, la vie semblait moins difficile. Peut-être n'était-ce au final que le témoignage d'une certaine lassitude plus qu'un fait avéré.
Ou peut-être qu'il était trop enfiévré pour tenir une réflexion vraiment poussée sur la question. Aussi, quand Milo résuma la question par "on était ensemble", Lazlo rouvrit un oeil.

-On s'est pas mal aidés, c'est vrai.

Il y avait eu plus que de l'aide, entre eux. Il y avait cette nécessité de se raccrocher à ce qu'ils connaissaient, de faire confiance à quelqu'un, aveuglément, quitte à s'y perdre. Une forme de désespoir inscrite à même leur relation, une violence qui avait fait leur force. Qui leur avait donné suffisamment d'élan pour repartir de plus belle. Maintenant qu'ils se retrouvaient, cela devait-il signifier une nouvelle période difficile pour eux deux ? Les cicatrices au creux de ses coudes étaient suffisamment marquées, assez récentes pour présumer que oui. De même, Lazlo devait endurer sa transformation et apprendre à faire avec. Et, de ça, il n'oserait jamais en parler à Mikkel. Pas en l'état, en tous cas. Une nouvelle opportunité de s'appuyer l'un sur l'autre, de se soutenir pour révéler le meilleur d'eux-mêmes. L'Oiseleur approuvait cette éventualité. Il avait toujours eu une confiance tendre pour le jeune homme.

Jeune homme qui lâcha un pavé dans la mare, attirant un ricanement rauque, poussif, chez l'Oiseleur.

-Tu parles, j'l'ai toujours su toute ma vie !

L'ironie s'acheva sur un reniflement incontrôlé, tant il ricanait bêtement. S'il avait su qu'il se transformerait un jour en colombe, il aurait probablement réfléchi à deux fois à ce type de privilège. Non seulement parce que ça faisait un mal de chien, mais aussi parce que, une fois son corps humain retrouvé, la liberté de l'envol lui manquait cruellement. Comme une sensation fantôme, elle le poursuivait à chaque pas qu'il faisait. Lui faisait jeter une oeillade jalouse sur ses oiseaux, envieux qu'il était de fendre la brise avec eux.
Milo reprit la parole, et Lazlo retrouva son calme. Hochant faiblement la tête, il approuva.

-Je sais pas non plus où j'en serais sans toi. Peut-être à traîner dans un caniveau, ou peut-être un pourri du Gouvernement. Ou un repris de justice, va savoir.

Il aurait pu, après tout. Quand ils avaient lâché le Colosseum avec Tristan, ils s'étaient retrouvés dans une spirale infernale. Le sorcier sans âge avait fini par disparaître, courant après sa compagne envolée. Et Lazlo s'était retrouvé seul avec un monde, son monde tout entier, qui se faisait la malle. Sa mère ne qui ne se remettait pas de la mort de Dita, le Brun de la Discorde qui venait puis disparaissait de sa vie... Plus rien n'avait de sens, jusqu'à Milo. Jusqu'à ce qu'ils se trouvent et se soutiennent mutuellement, s'improvisant la lumière de l'autre, bien que faiblarde, au bout du tunnel. Comme en ce moment précis. Une bien étrange et douce relation, toutes choses considérées.
Une relation toute chargée de réflexes. La main de Milo s'était posée sur la sienne, une habitude qu'ils avaient prise avec le temps. Parce qu'il en avait fallu, du temps, pour que Milo épouse les habitudes trop tactiles de Lazlo, lui qui n'aimait pas les contacts. Ca avait pris un certain temps, ça aussi. Jusqu'à ce que le jeune homme se sente suffisamment à l'aise pour chercher le contact de lui-même, comme il venait de le faire à présent. Le regard baissé vers sa propre main, au-dessus de laquelle gravitait celle, crispée, de son ami, Lazlo esquissa un sourire.

-Y'a pas de mal, Gucci, tous les créateurs rêvent de tripoter leurs muses !

Gucci, Dior, Prada, tous ces noms tournaient autour d'eux comme des fantômes d'un temps résolument révolu. Auraient-ils toujours existé en 2018 si le monde ne s'était pas effondré ? Quels seraient les nouveaux créateurs de ce nouveau monde ? Eux aussi évoluaient-ils dans le même luxe dégoulinant que les précédents ? Tant d'effigies, d'idoles qui semblaient inscrites dans le marbre et pourtant s'étaient perdues avec l'évolution de la société. Ca lui filait le tournis.
S'accrochant quelques instants au regard noir de son compagnon, Lazlo haussa les épaules. Il n'arrivait pas à garder son attention fixée trop longtemps sur quoi que ce soit, pas même les yeux de son ami. Aussi prit-il son parti de soupirer lourdement et se laisser aller contre lui, posant sa tête contre son épaule. Une autre habitude acquise à la sueur de son front. Un autre vestige du passé qui n'avait jamais réellement été enfoui.

-J'sais pas vraiment. Je veux dire c'est encore tout frais, tout ça. J'ai pas l'impression de vraiment communiquer avec la colombe en fait. Quand elle sort, c'est comme si je n'existais pas. Elle vit sa vie, elle va à droite, à gauche, mais je ne suis qu'un observateur. Et si des fois je capte qu'elle me raconte quelque chose, par des sensations et des piques d'instinct, j'pige pas. J'ai pas encore le dico Anglais-Colombe je crois.

Des fois, il pouvait la sentir. Une impression toute nouvelle, comme un fourmillement au-delà de son corps et de son esprit. Des pensées et des sensations qui ne lui appartenaient pas, sans qu'elles ne soient perçues comme parasitaires. La colombe et lui faisaient corps ensemble, et pourtant étaient encore des étrangers.

-T'arrives à communiquer avec l'aigle, toi ? Genre, t'arrives à te transformer tout seul ou tu comprends quand il réagit à certains trucs ? Et surtout pourquoi ?

Il l'espérait, sincèrement. Parce qu'il voulait comprendre sa nouvelle nature. Sa nouvelle colocataire. A quoi bon autrement avoir reçu ce cadeau, si c'était pour qu'ils vivent dans une incompréhension permanente ? Ca n'avait aucun sens.
Se liquéfiant un peu plus contre l'épaule de Milo, captant autant que possible sa chaleur, il pouvait sentir l'oiseau en faire de même. Si pour beaucoup d'aspects il avait du mal à saisir sa nouvelle amie, force était de constater qu'ils étaient similaires sur bien des points. Joignant la pensée à la parole, Lazlo se redressa, attrapa le bras de son ami pour s'en enrouler, et s'installa plus confortablement contre lui. Il avait froid, la colombe aussi. Et la fièvre recommençait à battre son crâne comme une centaine de tambours africains.

-Mais j'crois que si elle et moi on arrive à communiquer un jour, je me servirai de tout ça. Pour la Résistance. J'ai cru comprendre qu'elle n'était pas immense, elle pourrait me permettre de m'infiltrer dans des coins exigus pour faire du repérage ou d'autres trucs du genre.

Un bâillement à s'en décrocher la mâchoire. Il était bien, là. Au chaud. Au calme. Mais ses pensées continuaient de dévier, encore et encore.

-Tu te sers de l'aigle toi, de temps en temps ? Ou il vit sa vie et s'amuse à bouffer toutes les colombes qu'il croise ?

Pas de reproche, juste une boutade. La force de l'habitude, là aussi.



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MessageSujet: Re: Red Wheelbarrow || Milo   Mar 3 Juil - 23:01


Red Wheelbarrow
Aux côtés de Lazlo, le monde me paraissait plus simple, les problèmes semblaient se mettre sur pause et je me sentais enfin en sécurité, comme autrefois, comme au bon vieux temps. Ce temps où la vie tentait de nous mettre à terre, de nous éliminer à coups répétés, ce temps où tout s’était effondré pour nous deux, mais surtout, ce temps où nous nous étions trouvés. Deux âmes en peine, meurtries, cherchant le réconfort et l’illusion d’un bien-être en l’autre. Ce temps où nous avions tenté de reprendre la valse infernale du monde ensemble, au risque d’en avoir le tournis. Ce temps où ensemble nous étions bien, mais seuls nous n’étions rien. Un temps étrange, comme un rêve, mais un rêve doux, plein de bons moments. Un temps où la réalité paraissait si loin, où le réveil ne semblait jamais arriver. Pourtant il était arrivé mais pas aussi brutalement que je l’aurais pensé. Nous nous étions gentiment lâchés, sortant chacun de notre rêve à notre manière pour reprendre le rythme de nos vies respectives. Et nous nous retrouvions aujourd’hui, sûrement pour revivre la même chose.

Sentir Lazlo à mes côtés me semblait si irréel, comme si les dernières heures n’avaient été que le reflet de mon imagination déjà tant biaisée par les substances illicites. Mais il bien était là, en chair et en os. La fatigue ne rendait pas les choses faciles et le sommeil en effacerait certainement une grande partie. C’est pourquoi j’avais envie de profiter pleinement de ces instants, de m’accrocher à lui encore le temps d’une dernière discussion, avant que le tourbillon infernal de la vie ne nous reprenne. J’avais peur du lendemain, de voir l’oiseleur disparaître et me laisser face à mes démons, de le savoir lui aussi face à cette colombe qu’il ne maîtrisait pas. J’avais peur que nos chemins se séparent et ne se croisent plus, que cette fois-ci était un heureux hasard, un hasard unique.

Alors mes yeux s’accrochèrent à sa silhouette, cherchant à ancrer cette image de lui, comme une photographie qu’on prenait le temps de ressortir pour se remémorer les bons souvenirs. J’ancrai les contours de chaque partie de son corps dans ma mémoire, je pris le temps d’inspirer son odeur, sa nouvelle odeur, quand sa peau toucha la mienne, j’en gardai la sensation. Car tous ces détails peut-être quelconques pour n’importe qui étaient importants pour moi.

C’est pourquoi lorsqu’il se laissa aller contre moi je ne m’éloignai pas. Ce geste qu’il avait pris pour habitude et auquel j’avais eu beaucoup de peine à m’adapter. Toujours à fuir le contact, à rendre ses touchés les plus courts possible, mais qui avec le temps avaient réussi à s’allonger, à me faire aimer cette proximité, à en voir un côté positif, une source de bonheur. J’y avais pris goût, à ce contact et le voir reprendre ces vieilles habitudes me fit chaud au cœur. Je ne bougeai pas, le laissant retrouver sa place, prendre ses aises contre moi et je l’écoutai parler. De ses expériences, de son entente avec la colombe et j’eus un léger sourire, me revoyant vivre mes premiers combats avec l’aigle. Rien n’avait été facile à cette époque et heureusement que Liam avait été là. Lazlo avait-il quelqu’un à qui demander des conseils, comme moi avec le ministre ? Bien sûr, il pouvait me demander tout ce qu’il voulait à ce sujet, je l’aiderais de la meilleure manière possible, mais je ne savais pas s’il était entouré ou s’il avait été lâché seul face à ce cauchemar des premières transformations. J’écoutai donc ses questions, prêt à y répondre le plus précisément possible, même si l’oiseleur paraissait si fatigué et que les paroles semblaient lui passer au-dessus.

Mais avant que je ne puisse le faire, il se redressa et attrapa mon bras pour l’enrouler autour de lui. J’eus un autre sourire face à ce geste de tendresse et le laissai à nouveau s’installer. Une fois qu’il sembla avoir trouvé sa place, je pris soin de serrer mon bras contre lui, laissant mes doigts doucement se balader contre sa peau. Geste innocent et sans arrière-pensées, mon corps cherchant simplement à communiquer avec le sien, à le rassurer, à lui apporter la chaleur dont il avait besoin. Car même si Lazlo était brûlant de fièvre, ses tremblements montraient qu’il avait froid. Son corps luttait toujours contre toute cette nouveauté en lui et il ne pouvait malheureusement rien y faire à part patienter. Mon second bras vint s’enrouler lui aussi autour de lui et je me laissai aller à mon tour dans le canapé, cherchant une position confortable pour tous les deux.

Ce fut qu’une fois à l’aise que j’entrepris de répondre à ses questions. « J’vais pas te mentir, il m’a fallu beaucoup de temps avant de comprendre comment il fonctionnait, comment le dompter. Il m’a fallu beaucoup de transformations et beaucoup de souffrance avant d’enfin réussir à échanger quelques mots avec lui. Encore aujourd’hui, j’ai un peu de peine. » Mon regard se perdit à nouveau dans le vide, repensant à ces nuits de galère. « Parfois c’est moi qui décide, parfois c’est lui. C’est souvent les émotions qui parlent quand il prend les commandes. Genre si j’suis fatigué ou pas trop dans mon assiette, ou encore énervé, il arrive bien plus facilement à prendre le contrôle. » Comme les émotions étaient un problème chez moi, que tout restait à l’intérieur, il aimait s’en servir. « Il adore défier alors ça m’est arrivé plusieurs fois de me retrouver dans la merde parce que l’instinct animal est plus fort que le mien. C’est ce que j’essaie de travailler maintenant. J’aimerais réussir à contrôler cet instinct, mais c’est franchement compliqué. Peut-être que t’auras moins de peine comme la colombe est plus une proie qu’un prédateur. » Sans vouloir sous-estimer la colombe. Mais comparé à l’aigle, le petit oiseau me semblait inoffensif et j’avais souvenir avoir vu que la colombe avait plus de prédateurs qu’elle n’en était un pour les autres. Je laissai échapper un petit rire. « Mais faudra pas t’étonner de voir certains comportement de la colombe t’arriver à toi. Son caractère devient un peu le tien et si pour certains trucs c’est franchement cool, pour d’autre, ça sera plus difficile à gérer. » Les sens, la façon d’agir, de bouger, de penser, tout allait changer pour Lazlo.

L’oiseleur changea quelque peu de sujet pour me confier qu’il comptait utiliser la colombe pour ses missions pour la Résistance. Tout ce qu’il disait était vrai, elle pourrait lui être très utile. Il faudrait d’abord qu’il la maitrise sur le bout des doigts, sinon ce serait beaucoup trop dangereux. Mais je préférai ne pas répondre à cette remarque, ne sachant pas trop qu’en penser. De toute façon, essayer de l’en dissuader maintenant ne servirait à rien. Il était bien trop fatigué pour penser clairement. Je savais que nous attendions que le sommeil nous emporte tout en profitant des derniers instants ensemble.

Il bailla à s’en décrocher la mâchoire et je ne pus retenir de le faire aussi, le réflexe étant si contagieux. Puis il me reposa des questions sur mon expérience avec l’aigle et je posai les yeux sur lui, rigolant à sa petite pique en rapport avec tout à l’heure. « Je l’utilise pour passer les murs et profiter d’aller de l’autre côté. J’cherche des provisions ou n’importe quoi à l’extérieur. J’avoue que j’le laisse un peu plus prendre le contrôle dans ses moments-là puisque je m’en fiche, on est que tous les deux. Il peut chasser et j’peux m’oublier un moment. Ça m’fait du bien. Peut-être qu’on arrivera à sortir une fois ensemble sans qu’il essaie de te bouffer. » Nouveau rire de ma part.

Puis ma pensée de tout à l’heure me revint en tête. Je lui posai la question, tout en continuant de tracer sur sa peau des lignes et des cercles avec mes doigts. « Dis Lazlo… T’es entouré pour tout ça ? J’veux dire, y’a quelqu’un, à part moi, pour t’épauler ? »

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