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 (cassidy) Lights from Sirius will take you from Oblivion

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↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures ; et pourtant, il l'a servi pendant plusieurs mois
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MessageSujet: (cassidy) Lights from Sirius will take you from Oblivion   Mer 1 Nov - 20:37

Lights from Sirius will take you from Oblivion
Cassidy & Nolan



J’ai la main crispée sur le journal. L’estomac noué, les nerfs à fleur de peau. On m’a dit qu’il était dans le coin, le papier que je tiens en main le prouve, mais… je n’ai rien à faire ici, c’est une évidence. Aucune des personnes qui m’environnent n’a quoique ce soit à faire dans le coin. C’est ça qui fait la beauté de la chose, c’est justement ça qui justifie notre présence. Et nos respirations. Combien de temps se sont écoulés depuis qu’Elias a définitivement lâché prise ? Je ne sais pas, je n’en sais rien. Mais les semaines ont défilé à toute vitesse, rongée non seulement par le Blackbird, mais aussi par la petite qui dort dans mon appartement. Et qui justifie, en partie, ma nervosité ici. En partie. Trop de choses se bousculent dans ma tête, j’ai bien trop de raison de me sentir mal à l’aise. J’erre, dans le coin, je rechigne à le quitter, je rechigne à rebrousser chemin et à laisser tomber. Et pourtant, c’est ce qui me semble être le mieux. Il me faut un contact, les choses ne vont pas pouvoir durer plus longtemps. Aucun de mes collègues ne sait que je suis ici. Pas même Giulietta. Je me suis juste esquivé. Avec un exemplaire du Blackbird dans les mains, le dernier paru – difficilement paru – avec ma plume en guise d’édito, si télégraphique, si simpliste que la différence avec Elias n’en était que plus flagrante. Une différence difficile à masquer, difficile à cacher, et que j’ai pris le parti de revendiquer. Abel a signé son premier texte officiel dans le Blackbird, ô joie, ô merveilleux. Une belle connerie. Mais surtout, un appel à l’aide caché dans ces quelques lignes visant à attirer l’attention. Et maintenant que l’attention est attirée – on va croiser les doigts pour que ce soit le cas – il faut avancer ses pions. Abel veut être envoyé en Mission, qu’un gus attentif aura pu décrypter. On a changé de chien de garde, qu’un autre gus, encore plus attentif aura pu aussi trouver dans les quelques lignes du BB. Un moyen de prendre contact. Et un contact qui tarde, maintenant que je suis sur place, mes doigts moites abîmant la feuille de chou.

J’ai la main crispée sur le journal, et j’ai fini de faire mon petit tour. Le cinquième, si je compte bien. A mes pieds, Gavin joue son rôle de chien de garde, quand bien même, après la défection de Sirius, c’est moi qui ai pris la relève. Je finis par m’adosser à un mur. Par jeter un regard en direction de mon téléphone et des logs qu’il m’envoie en temps réel sur ce qu’il a pu hacker autour de moi. Le serrurier est toujours le plus à même de forcer des serrures, hein. Je collecte les infos comme je peux, ça a toujours été ma plus-value au Blackbird, ça et le fait de remonter des PCs fonctionnels à partir des multiples carcasses trouvées dans des décharges – les carcasses les moins rouillées. Le serrurier sait craquer des serrures, et ouais, mais il sait aussi utiliser un tournevis. Et bien l’utiliser. Sans compter toute la clique des objets un peu coupants qui lui permettent de faire les clés. Hein. Misère. Je vais un peu loin dans mes métaphores, et toujours personne en vue. En dehors de ceux qui me surveillent. Et qui ne semblent pas des plus aimables. J’appuie sur ma casquette, je passe une main dans cette barbe qui atténue la ressemblance avec Liam, la seule chose que j’aie trouvée pour le moment pour me raccrocher à la certitude que je m’appelle Nolan fucking Wiggins. Et même plus Nolan Wiggins. Juste Abel. Juste Abel. En charge du Blackbird pour le moment, le temps d’une transition. Une transition vers qui ?, vers quoi ? En voilà une excellente question, on y répondra plus tard. En attendant… « Fuck » en attendant, je laisse tomber les pensées philosophiques et je prends mes cliques avant de me prendre des claques. Les gus que j’ai remarqués un peu plus tôt ont forcément fini par voir mon manège, me prennent forcément pour le maillon faible du marché noir – au mieux – ou un indic – au pire – et ont commencé à se déplacer vraiment dans ma direction. « Gavin, on décolle, le piaf se montrera pas. » Et pour décoller, on décolle en urgence, je glisse mon journal dans ma veste histoire de ne pas me balader dans Nola avec non pas un mais deux journaux rebelles sous le coude et, accessoirement, également histoire de sortir le flingue que je ne quitte pas, malgré le coup de feu qui résonne encore à mes oreilles, trop de mois plus tard. Se promener dans le marché noir de Nola sans arme, ce serait du suicide, même un crétin comme moi s’en rend bien compte.

Je me suis esquivé suffisamment vite pour leur échapper, mais je suis désormais totalement grillé, au moins pour la semaine, le mois, si ce n’est le reste de l’année. Autant pour la prise de contact douce, je ne prends pas le moins du monde la direction de mon appartement : mes pas s’infléchissent vers Mississipi river, pour une prise de contact plus risquée, moins polie mais bien plus directe.

Une caravane. Je plisse les yeux, détache la laisse de Gavin pour qu’il se dégourdisse les pattes et profite aussi de l’espace qui nous entoure plus ou moins. Et pour qu’il me lâche les basques, aussi, et qu’il arrête de chouiner. Une caravane. Je consulte encore mon téléphone, c’est la localisation que j’ai notée, retrouvée sur des bouts de papier dans les cartons d’Elias. Des tas de paperasse qui datent d’avant le Blackbird, des tas de paperasse qui datent d’après le Blackbird mais qui concernent toujours un même sujet. Et qui, accessoirement, m’ont permis de remonter jusqu’ici. Mon flingue est toujours à portée de main, ma petite bouteille remplie de potion ce matin également, je m’en envoie une lampée avant de me décider à franchir les derniers mètres qu’il reste. Via le marché noir, c’était l’approche diplomate. Là, c’est du direct, du vrai direct, aussi direct que la réaction que je vais avoir, que je risque d’avoir, que le vent que je risque aussi de me prendre s’il n’est pas là non plus. Mais bon. « Qui ne tente rien n’a rien. », comme on dit par chez nous. Ma bouteille finit dans ma poche, j’enlève la sécurité de mon flingue. Et je me décide à aller frapper. Gavin traîne un peu plus loin, s’il y a le moindre grabuge, avec un peu de chance, il m’alertera. Ou il se planquera, au choix. J’ai le doigt sur la gâchette. Les épaules rentrées dans ma veste, les lunettes de soleil sur le nez, la casquette enfoncée jusqu’aux oreilles. Avec un peu de chance, je ne suis pas directement reconnaissable comme un foutu Wiggins.

Il n’est jamais très intelligent de se pointer chez un anti-gouvernement avec la tronche d’un Ministre, après tout.

« Valdès, tu as eu mon message ? Il faut qu'on parle. »

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MessageSujet: Re: (cassidy) Lights from Sirius will take you from Oblivion   Lun 13 Nov - 14:56


« Lights from Sirius will take you from Oblivion »

Nolan & Cassidy
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L’aube se lève à peine et le ciel s’éclaircit peu à peu, des nuages roses s’étirant paresseusement à l’horizon. En dehors de la ville, sur les chemins déserts qui côtoient les prairies, la brume se disperse doucement et le chant des oiseaux annonce le lever imminent du jour. Sur un terrain qui semble être à l’abandon, une caravane est installée sous les arbres, entourée d’herbes folles et de fleurs des champs. Le courant puissant du fleuve charrie les branches d'arbres, brisées par le dernier orage. Mais à présent, l'ambiance est si calme et paisible, qu'on en oublierait le chaos qui secoue le monde. Ces lieux, encore épargnés par les nuisances des créatures malsaines, permettent au dormeur un sommeil profond. A l'intérieur de la caravane, à la carrosserie rouillée par les intempéries, mon corps inerte repose sur la couchette.

Sous mes paupières closes, mes prunelles bougent, je vois l’invisible par delà le voile de l’inconscience. Mes membres s’agitent et soudain, je tombe lourdement du lit sans pour autant me réveiller, tant la vision qui hante mon esprit est intense. Dans ce rêve, je vois des cadavres ensanglantés qui s’amoncellent, du sang qui recouvre les murs et les sols. C’est le théâtre d’une véritable boucherie qui m’apparaît. Confusément, je sais qu'il ne s'agit pas de mon propre cauchemar mais de celui de Noah, sur lequel je n'ai aucun contrôle. En toute impuissance, j'aperçois l'auteur du carnage qui s’avance vers moi à pas lents, un homme dont le visage m’est dissimulé par un masque d’ombre. Il porte un couteau dans sa main droite et j’entends son rire qui s’envole dans l’obscurité. Il me semble qu'il se trouve là, dans ma caravane, mais je ne suis qu'un simple spectateur et je suis incapable d'agir pour l'arrêter. Alors, la lumière du jour filtre au travers des rideaux de voile translucide et éclaire l’espace d’un bref instant le visage de l'ennemi. Des cheveux mi-longs, plaqués en arrière, une barbe sombre et des yeux d'un bleu étincelants. Morienval... ?

Les yeux grands ouverts, je reprend mes esprits et je me redresse péniblement, me massant mon front douloureux. Je suis seul dans la caravane, il n’y a nulle trace de sang. Tout ceci n'était qu'un autre de ces cauchemars étranges qui défilent dans mon esprit, comme des images étrangères. Encore une fois, je ne ressens aucun malaise en particulier en m'éveillant, seule une sensation d'extrême curiosité. J'y pense encore en chauffant l'eau, puisée dans le fleuve, pour me laver. J'y pense en endossant mes vêtements propres bien qu'un peu trop usés. J'y pense en mettant de l'ordre dans mon campement, en ramassant les journaux abandonnés au bas du lit. L'oiseau noir me nargue en première page, sa silhouette en guise de logo juste au dessus de l'éditorial. Un oiseau de mauvais augure, symbole cynique de ce journal qui raille le gouvernement à coup de pamphlets incisifs. Blackbird.

Mon regard est encore happé par ces quelques lignes, que j'ai déjà lues hier soir et que je balaie encore une fois, les lisant en diagonale, songeusement. Je n'ai pas reconnu Elias dans ces phrases courtes et lapidaires, ce style abrupte et simplifié est celui du mystérieux Abel. Le pseudonyme de mon ancien collègue, démissionnaire au The Mission, n’apparaît nulle part dans ce dernier exemplaire, paru avec tant de retard. Qu'est devenu Elias ? Je n'en sais rien. Mais si le journal satirique semble connaître une baisse de régime dernièrement, il existe toujours, manifestement géré par un autre. Un nouveau chien de garde. Un Abel qui veut être envoyé en Mission.

Les heures défilent, le soleil monte plus haut dans le ciel, jusqu'à atteindre son zénith puis décroître vers l'ouest. Je n'ai pas vu âme qui vive de toute la journée que j'ai passée à faire de la mécanique. En effet, un peu plus loin, derrière ma caravane, se trouve la vieille Mercedes cabossée qui me sert de véhicule. En dépit du nombre de kilomètres à son compteur, elle est encore capable de rouler, lorsque je dispose d'assez d'essence. Après avoir placé les chandelles de sécurité, je me suis glissé sous la voiture pour procéder aux réparations, le corps complètement dissimulé sous la machine. Me concentrer sur cet entretien me permet de trouver la paix de l'esprit et du reste, j'ai besoin d'un véhicule en état de marche pour déplacer ma caravane. Il y a trop longtemps que j'ai la même planque et ce n'est jamais bon.

L'idée d'aller à la rencontre d'Abel, en rôdant dans le marché noir m'a traversé mais il est sans doute trop tôt. A ce que j'avais cru comprendre, Elias avait créé le Blackbird parce qu'il n'approuvait plus le mouvement de résistance tel qu'il était au moment des émeutes de 2015 et qu'il refusait de collaborer avec des terroristes. Si les membres du BB ont des convictions plus modérées sur la manière dont renverser le gouvernement, nos missions ne pourront surement pas leur plaire. Ce que veut cet Abel reste un mystère, j'aimerais le lire davantage, avant de me faire une opinion.

Les mains dans le cambouis, il me semble alors entendre au loin les jappements d'un chien. Métamorphe ou véritable animal ? Telle est la question qui s'allume aussitôt dans mon esprit. Sans être paranoïaque, je reste néanmoins attentif aux bruits qui me parviennent, concentré sur la multitude de sons que j'apprend à discerner de mieux en mieux. Le chien s'est rapproché et je peux à présent l'apercevoir renifler une touffe d'herbe, non loin de moi. Il porte un collier. Je peux donc m'attendre à voir débarquer son maître d'un moment à l'autre. Non pas que les promeneurs soient improbables dans le coin, les gens qui osent se balader dans la campagne existent encore et j'en croise de temps en temps. Les amateurs de nature sont généralement très sympathiques mais cela ne me dispense pas de prudence. Ma main se referme sur une grosse clef à molette, seul objet contondant à ma disposition.

De l'autre coté de la caravane, je perçois des pas qui se rapprochent et je reste immobile. Des coups résonnent contre ma porte close, simplement posée contre le battant, elle n'est pas fermée à clef. Et puis j'entend mon nom qu'on interpelle et mes sourcils se froncent. En dehors de mes collègues et amis, bien peu de personnes connaissent mon identité... Souplement, je me glisse sur l'herbe pour m'extirper de sous la voiture et me redresser, sans un bruit. J'aimerais voir la tête de cet inconnu dont je ne reconnais pas la voix, avant qu'il ne m'aperçoive et je glisse la clef à molette dans la poche de ma chemise, tachée de cambouis.

Dans une inspiration, je concentre alors mon pouvoir pour détacher mon ombre de mon corps. Libre, elle se glisse au travers d'une vitre ouverte pour pénétrer dans la caravane et y flâner. Vu de l'extérieur, au travers des rideaux translucides des fenêtres, on pourrait croire en ma présence. J'espère que ce stratagème distraira l'attention de l'importun, pendant que je contourne la caravane à pas de loup, pour risquer un œil vers le auvent qui surplombe l'entrée.

Ce grand type ne m'évoque rien au premier regard si ce n'est un certain soin à ne pas être reconnu. Mais ce ne sont ni ces lunettes ni sa casquette qui me frappent en priorité. Le flingue qu'il tient dans sa main me prouve aussitôt que j'avais raison de me méfier. Ceux qui se présentent armés à ma porte, viennent rarement avec des intentions innocentes... Me concentrant davantage sur mon pouvoir, je commande à mon ombre de faire tomber un objet dans la caravane. Une bouteille se brise alors, dans un bruit sourd et je profite aussitôt de l'inattention de l'homme armé pour le surprendre. La porte de la caravane s'ouvre, invitant l'agresseur à rentrer pendant que je me faufile derrière lui, bloquant aussitôt sa gorge de mon bras. Saisissant son poignet pour le désarmer, je resserre ma prise contre son gosier.

« C'est ton flingue le message ? On parle plutôt d'une menace dans ces cas là. Oui on va parler. Tu vas commencer par m'expliquer qui t'a donné mon nom et comment tu as réussi à me trouver.»


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MessageSujet: Re: (cassidy) Lights from Sirius will take you from Oblivion   Dim 17 Déc - 18:16

Lights from Sirius will take you from Oblivion
Cassidy & Nolan



Toc, toc, toc, monsieur Valdès, c’est Lapinou. Lapinou qui ? Lapinou-Year. J’ai les mots qui se murmurent d’eux-mêmes sur mes lèvres, comme pour dissiper plus ou moins ma nervosité, comme pour mieux m’occuper l’esprit, comme pour mieux m’aider à me concentrer sur ce qui me fait face. Une caravane. Une porte. Un ancien collègue d’Elias. Un soutien possible, probable, un résistant, un mec respectable ou presque, un mec qui fait ce que je veux faire, plus ou moins. Ou je ne sais pas. Ou alors… Lapinou qui ? Lapinou-Year. Focus, Nolan. Je prends mon inspiration. Une bonne bouffée d’air, une bonne bouffée d’oxygène, mon poing percute la porte, une fois, deux fois, trois fois. Petite pause. Petite phrase. J’aperçois du coin de l’œil mon berger allemand qui joue avec un caillou. J’aperçois aussi presque une branche qui se laisse porter le vent, dans un sifflement aigu de solitude. Ou presque. J’entends, j’entends… Ma voix solitaire. Et mon cœur. Et ma respiration. Et pas grand-chose de plus, j’ai le col relevé, la casquette, les lunettes, et les yeux toujours rivés sur cette porte qui refuse de s’ouvrir. Allez, Valdès, sors de ton terrier, laisse-moi y entrer, aide-moi ou du moins, donne-moi des pistes. J’ai été résistant, comme toi. J’ai été rebelle, j’ai été sur le front, moi aussi, ou presque. Donne-moi une chance. Mes mains sont moites sur mon flingue, que je tiens avec une oreille attentive. Allez, Valdès, Abel est là. Abel veut savoir si tu as eu son message. Allez, Valdès, Abel aimerait avoir de la chance pour une fois. Ou presque. J’inspire, toujours rien. Je me résigne à siffler mon chien, à quitter les liens, à rebrousser chemin quand je me rends compte que la porte n’est pas fermée. Mieux encore : du mouvement. Il est là. « Bordel, Valdès, fais pas le con. » Je ne suis pas le plus patient des Wiggins, merde. Main sur la poignée. Je fronce les sourcils, déverrouille, pousse, ne pousse pas, observe la porte s’ouvrir dans une invitation, alors qu’un bruit de verre brisé titille mes oreilles. Trop simultané, trop bien enchaîné, trop... Je me fige. Trop tard. Je ne l’ai pas vu venir. Comment aurais-je pu le voir venir en même temps ? Je n’ai pas des yeux derrière la tête, aux dernières nouvelles ; niveau organes, d’ailleurs, j’ai tendance à en avoir davantage pas assez que trop, d’ailleurs. Quoiqu’il en soit, je ne vois pas venir son bras, qui bloque ma gorge, qui veut m’immobiliser. Mes réflexes sont là, ce n’est pas les problèmes. Mon coude voltige vers ses côtes, ma paume ouverte va à la recherche de ses partes pour les heurter avec violence, toutes les techniques de combat au corps à corps que je connais sont encore bien ancrée dans mon esprit. Seul manque le physique. Seule manque la force physique. Mes frappes ont beau être techniques, elles sont mollassonnes et sans le moindre effet. Sans effet autre que de mettre en avant que je suis largement surpassé, dominé, et que plus je veux me débattre, plus il presse sur ma gorge. Avec efficacité. « C'est ton flingue le message ? On parle plutôt d'une menace dans ces cas-là. Oui on va parler. Tu vas commencer par m'expliquer qui t'a donné mon nom et comment tu as réussi à me trouver.» Mes doigts se déverrouillent d’autour de mon flingue presqu’immédiatement. Il tombe dans un bruit sourd. Moi, je me concentre sur ce que je veux bien répondre. Qui je suis ? « Abel. » Je tousse, envoie une nouvelle fois mon coude jouer avec les côtes de Valdès – parce que c’est bien évidemment Valdès, non ? – me retourne dans un même mouvement et trébuche sur l’une des marches menant à l’intérieur de la caravane. Je m’écroule sur le sol de la maison ambulante, mes bras amortissant maladroitement le choc. Au moins, le point positif dans toute la manœuvre, c’est que je lui fais face et que je peux détailler son visage. Le point négatif, c’est que j’ai mal de partout, et que ma casquette a commencé à se déloger de mon crâne. Ceci est un échec critique, ceci est un epic fail de toute beauté. J’ai la respiration affolée, le cœur qui bat à toute allure, à croire que je n’ai plus l’habitude de faire ça, terré pendant des mois voire des années dans l’ombre d’Elias. Et du Blackbird. Et de Liam. « Abel, je suis Abel. J’ai eu votre nom en suivant Sirius. »

Je recule jusqu’à heurter une cloison – où un meuble ? Et je me concentre pour flouter mon visage, dans une illusion que je doute pouvoir maintenir bien longtemps mais que je juge nécessaire, maintenant que mon flingue est hors de ma portée. Quel con. « Le flingue, c’est parce qu’on est jamais trop prudent. Et j’étais pas sûr de la validité de l’indic. Et tu répondais pas. Sans compter que… bordel. J’suis Abel, ok ? J’te veux aucun mal. » Niveau charisme, on repassera. Mais ce n’est pas le moment de jouer au courageux, je pense. C’est le moment de trouver un allié, même si ça semble rudement mal barré, cette histoire.

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MessageSujet: Re: (cassidy) Lights from Sirius will take you from Oblivion   Mar 9 Jan - 16:49


« Lights from Sirius will take you from Oblivion »

Nolan & Cassidy
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Loin de se rendre, le gaillard se débat autant qu'il peut, ce qui ne plaide pas vraiment en sa faveur. Sa manière de gesticuler et de me balancer des coups de son bras libre n'a pour effet que de renforcer l'étau autour de sa gorge. Je pourrais bien l'étrangler séance tenante s'il n'accepte pas de me répondre et c'est avec violence que je lui tord le poignet pour qu'il lâche enfin son maudit flingue. Sa voix étouffée prononce enfin un surnom qui résonne aussitôt dans mon esprit, tandis que le beau diable se dégage dans un ultime sursaut. Le laissant choir sans ménagement, je m'empresse de ramasser l'arme qu'il a laissé tomber pendant que mon visiteur se hisse à l'intérieur de la caravane, se dérobant aussitôt à mon inspection. Je n'ai pas bien vu son visage, dissimulé sous cette casquette et ces lunettes sombres, mais à présent que je me rapproche, me postant dans l'encadrement de la porte, je le vois au sol, adossé contre l'armoire murale. Son visage est flou. Pointant sa propre arme dans sa direction, je fronce les sourcil, observant ce brouillard qui remplace sa figure. C'est sans un mot que j'écoute ses explications, notant le stress qui émane de sa carcasse, au travers de sa respiration et des battements trop rapides de son cœur. L'homme parait peu habitué aux agressions. Ses coups étaient trop faibles, ses réactions trop lentes et sa panique bien trop visible.

A ses mots, mon front se plisse dans un rictus sarcastique. Il ne me veut aucun mal hein ? « Ravi de l'apprendre. » Facile à dire quand c'est moi qui tient l'arme. « On se comprend, ne t'en fais pas. En fait, tu as hésité à m'apporter un bouquet de fleurs ou un flingue. Et tu as choisi le flingue. Logique. » J'ignore si ce type est trop maladroit ou simplement très anxieux mais il n'a pas l'air plus habile socialement qu'en matière d'agression. S'il désirait réellement discuter, ce n'est pas en m'agressant de cette manière qu'il aurait eu un bon accueil. Néanmoins, au vu de l'illusion qu'il maintient pour m'empêcher de discerner ses traits, il ne fait aucun doute que cet homme est un sorcier. Il aurait donc pu décider de m'infliger une vague de douleur s'il l'avait voulu. Il me parait clair que son but n'est pas de m'attaquer. Lentement, mon bras armé retombe le long de mon corps et, sans le quitter d'un regard sceptique, je glisse le flingue dans ma ceinture. Je m'avance alors pour pénétrer plus avant dans l'habitacle, sans pour autant cesser de le surveiller. L'expérience m'a appris à rester méfiant avec les inconnus, même si je suis prêt à lui laisser le bénéfice du doute.

« Si tu as suivi Sirius, où est-il maintenant ? Ce n'est pas que je refuse de te croire mais dans ce genre de circonstances, j'aurais préféré qu'il se porte garant de toi en personne. » Dis-je, d'un ton plus conciliant.

Pour être parfaitement honnête, je ne pense pas que ce type cherche à me duper sur son identité. Sa nervosité, son attitude et sa manière d'être ne me donnent pas des impressions de mensonge. Peut-être ais-je juste envie de le sonder un peu, par simple curiosité. D'autre part, il y a si longtemps que je n'ai plus lu d'article de la part d'Elias que je me demande fortement ce qu'il a pu advenir de lui. S'il lui a réellement donné mon adresse et mon nom, pourquoi ne l'a-t-il pas accompagné ? La possibilité qu'Elias soit mort m'effleure, comme elle l'a fait de nombreuses fois, au vu du silence du BB. Baissant les yeux vers l'homme à terre, je lui fais alors signe de se redresser, lui indiquant d'un geste le canapé d'angle qui entoure une petite table, juste derrière lui. Sur celle-ci, se trouve quelques journaux, dont le dernier exemplaire du BB, paru avec tant de retard. Parmi les articles, une phrase sibylline s'est glissée et je reste silencieux quelques instants. Depuis que je l'ai lue, la curiosité n'a pas quitté mon esprit. Abel désirait manifestement joindre les responsables du journal The Mission, où nous sommes reconnus pour nos idéaux extrémistes. Pour quelle raison ? J'imagine que je ne tarderai pas à le savoir. La tension des premières minutes a diminué mais nous restons toujours vigilants. Pourtant, il existe un déséquilibre flagrant entre nous : il connait mon véritable nom, mon visage et le lieu où je vis alors que je n'ai devant moi qu'un visage flouté qui ne m'a offert que son pseudonyme.

La caravane n'est pas grande, je n'ai que quelques pas à faire pour me rapprocher de lui, assez lentement pour ne pas le troubler. Arrivé face à lui, mon regard scrutateur le détaille avec insistance, observant sa stature, sa silhouette et ses vêtements qui ne me paraissent aucunement familier. « Il est difficile de faire confiance à quelqu'un sans voir les expressions de son visage. On se demande ce que tu as à cacher. » Je ne peux me servir que de ce que mes sens surnaturels m'apprennent, son odeur, sa manière de respirer, le rythme des battements de son cœur... Mon sourcil se hausse dans une réplique railleuse. « Je serai patient, une illusion ne dure pas éternellement après tout. Au fait, ton indic était valide, tu l'auras compris à présent. Je suis Valdès. Et j'ai bien reçu ton message, Abel.» Un message qui m'intéresse bien plus que ce que je veux lui montrer.


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MessageSujet: Re: (cassidy) Lights from Sirius will take you from Oblivion   Mer 17 Jan - 0:54

Lights from Sirius will take you from Oblivion
Cassidy & Nolan



Trébucher. Trébucher, reculer. Reculer, obtempérer. Obtempérer, lâcher mon arme. Lâcher mon arme… lâcher mon arme et me traîner, sur les fesses, sur les mains, dans la caravane que j’entendais fouiller, les yeux rivés sur l’homme que je cherchais et qui ne plaisante pas. Il ne plaisante pas, ça non, il me suffit d’entendre mon cœur battre à toute vitesse dans ma cage thoracique pour m’en rendre compte. Il ne plaisante pas, et moi, je ne suis plus et depuis des mois, l’homme de terrain que je pouvais être en 2012. Je ne suis plus, et ce depuis des mois, celui qui encaissait sans broncher les coups à la place de son frère. Celui qui maîtrisait suffisamment bien la self-défense pour aller jusqu’à se fritter avec des baraques. Je ne suis plus celui-là, je suis Nolan, déjà essoufflé, qui se demander comment il peut encore arranger la merde dans laquelle il s’est fourré. Jusqu’au museau. Mes doigts aimeraient se verrouiller à nouveau sur mon flingue, mais mon flingue, c’est dans sa main à lui qu’il se trouve. Mes jambes aimeraient se redresser pour que je lui tienne tête, pour que je me mette debout, que je le dépasse d’une tête, mais c’est sa tête qui me dépasse, qui me jauge, qui me considère. Je ne lui veux aucun mal, que ce soit bien clair entre lui et moi : je commence par l’évidence. Je ne lui veux aucun mal et de toute évidence, je ne peux pas lui faire le moindre mal non plus. Mon cœur bat à toute vitesse, essouffle un organisme déjà trop amoché. Ma respiration est affolée, mes yeux s’agitent, à droite, à gauche, analysent mon environnement dans un réflexe de survie plus ou moins rouillé, plus ou moins utile. La seule chose que je parvienne à faire, la seule chose efficace que je parvienne à faire, c’est cette illusion sur laquelle je me concentre. Elle brouille mes traits, avec peine, elle les agite, s’additionne à une barbe qui commence à être fournie pour mieux faire disparaître ma ressemblance avec un homme que l’on voit un peu trop. Beaucoup trop. Je suis Abel, et je me raccroche à ce surnom, à ce pseudo, à ces quatre lettres qui en cachent cinq, je me raccroche à ce qui me rappelle un peu trop mon frère mais qui me rappelle, aussi, Elias, Sirius, le Blackbird et tout ce qui se joue, là, maintenant. Qui se joue dans ce regard que je lui lance, dans cette certitude que je veux imprimer à mes propos en même temps qu’une offre de paix. Je suis Abel, et je ne te veux aucun mal. Souffle avec moi dans le calumet de la paix. « Ravi de l'apprendre. On se comprend, ne t'en fais pas. En fait, tu as hésité à m'apporter un bouquet de fleurs ou un flingue. Et tu as choisi le flingue. Logique. » J’ouvre la bouche, pour la refermer juste après. Ne pas se démonter. Je ne me démonte pas. Minauder, supplier, piétiner et reculer, ce n’est pas moi. Je redresse le menton. « On vit dans un monde dangereux. » Et bien plus de gens se promènent avec des flingues qu’avec des bouquets de fleur. En dehors des sorciers. Qui font des décoctions de pissenlits pour guérir les ongles incarnés. Comme moi. Enfin, je ne suis pas un ongle incarné, et je n’ai pas non plus besoin d’en soigner mais… je referme la bouche avant de rajouter une connerie trop en adéquation avec l’agitation de mes pensées. J’ai donc préféré le flingue au bouquet de fleurs, oui, mais si j’avais su, non seulement je ne serais pas venu, mais en plus, j’aurai amené des macarons à la place, parce que tout le monde aime les macarons et que je ne vais pas tenir mon illusion plus longtemps.

Un peu de sueur perle à mes temps, quand je me recule davantage à son mouvement. Mon flingue trouve sa ceinture sous mon regard anxieux. Lentement. Je marmonne à nouveau dans ma barbe que je ne suis pas dangereux, que je ne lui veux aucun mal, je me marmonne à moi-même que je ne suis vraiment pas doué. Et je me plaque contre mon appui quand il avance, sans pouvoir fuir davantage. Animal acculé, je n’ose même pas me relever. A dire vrai, je suis bien en train de me demander ce que je pourrais faire pour empirer encore la situation. Surtout que maintenir l’illusion, dans mon état de fatigue, avec mon peu d’entraînement, c’est un marathon que je risque de terminer comme le premier marathonien : à terre, et pas très vivant. Déjà que de base, je ne suis pas très vivant… Il entre davantage dans la caravane, je me recule, après un virage brillamment exécuté, histoire de garder un minimum de distance de sécurité. « Si tu as suivi Sirius, où est-il maintenant ? Ce n'est pas que je refuse de te croire mais dans ce genre de circonstances, j'aurais préféré qu'il se porte garant de toi en personne. » Mon regard anxieux, mon regard méfiant, mon regard tout simplement – donc mon regard couillon – le fixe sans rien dire. J’ai appris au contact de Giulietta qu’en général, moins j’en dis, mieux ça se passe. Surtout que… « Il est… » Qu’est-ce que je viens de penser ? Me taire. « Sirius n’est pas disponible. » J’aurais dû me taire. Il me fait signe de me redresser, indique le canapé, j’y appuie mes bras pour me relever et m’y asseoir, sans baisser une seule fois les yeux. Sacré tour de force que voilà, Nolan, tu peux être fier de toi. Je renfonce la casquette un peu plus sur mon crâne, laisse mes yeux dériver sur la table. Et les journaux. Et mon journal. Le journal dont je suis responsable et si peu apte à gérer. Je me mords la lèvre, mon regard effleure la couverture, affiche l’édito. Trouve Abel. Et Sirius. Et Mission. Je me crispe dès qu’il se rapproche, quittant instantanément mon observation, cherchant mon flingue. Accentuant une illusion que j’avais légèrement relâchée, détournant le regard. « Il est difficile de faire confiance à quelqu'un sans voir les expressions de son visage. On se demande ce que tu as à cacher. » Si tu savais Jean Eudes… S’il savait. « Je serai patient, une illusion ne dure pas éternellement après tout. Au fait, ton indic était valide, tu l'auras compris à présent. Je suis Valdès. Et j'ai bien reçu ton message, Abel.» Un claquement de langue, autant j’admets sans peine qu’il a raison : je ne tiendrai pas l’illusion éternellement (sauf si l’éternité dure une trentaine de seconde encore, ça, je peux le faire), mais autant la seconde partie… Je me redresse enfin. Totalement. Ou presque. Je suis debout sur mes jambes, pour le considérer. Chercher à me tenir droit. Cesser de jouer la victime. Je ne suis pas une victime. Et lui, c’est Valdès. Et moi, je suis Abel.

C’est bien, Nolan, puisque tu connais les prénoms, demain on révisera les couleurs.

J’inspire à fond. J’suis pas un loser ; J’suis pas une victime. Je suis le frère de Liam, je suis un Wiggins, je suis Nolan, bordel. « C’est p’t’être difficile de faire confiance à quelqu’un dont tu vois pas la tronche, mais c’est tout aussi est difficile de faire confiance à un mec qui s’terre dans une caravane. D’ailleurs, t’y es né dans cette caravane, Raphaël, pour ne pas en sortir ? » Ferme-la, Nolan, putain. « J’crois qu’on va d’voir faire des concessions chacun de notre côté. T’as qu’à retenir que je suis Abel et partir du principe que ta face m’intéresse pas, juste le mec qui se cache derrière The Mission. Et moi, je vais partir du principe que je peux te faire confiance parce que Sirius te faisait confiance. » J’inspire. Encore. Mes mains attrapent le journal. L’ouvrent à l’édito, le tiennent devant moi. « Srius a lâché prise. Trop de… trop de trop dans ce putain de monde, Sirius a fait naufrage et je dois tenir le gouvernail. » Je prends mon inspiration. Encore. Respirer, c’est s’imposer une coupure, c’est s’imposer une pause. « Sauf que je sais pas faire ça. Et que j’ai pas… » Mon illusion chancèle. « Je suis un hacker, pas un rédacteur. » Mes mains lâchent le journal, le rejettent sur la table, je me passe une main sur le visage. Tout dans un même mouvement. « Le Blackbird est sur la brèche, l’oiseau attend à tout moment de se prendre une flèche, putain. J’ai besoin d’un allié. Et jusque-là, sauf preuve du contraire, c’était Sirius mon allié, et c’était mon flingue. J’ai pas amené des fleurs, je t’ai amené une offre. » J’aurais dû ramener des macarons. Et une décoction aux pissenlits. Au cas où. Je lutte pour ne pas regarder ses pieds. Au cas où il y aurait un ongle incarné. Au cas où.

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