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 Monsters helping monsters • Itzal&Persephone

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MASTER OF ILLUSIONS

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MessageSujet: Monsters helping monsters • Itzal&Persephone   Jeu 2 Nov - 13:18


Itzal&Perséphone
 




Itzal. Un charmant jeune homme, fort sympathique. Dans le sens où nous avions conversé plusieurs fois sans jamais finir nous étriper ou nous poignarder mutuellement dans les cris et les larmes... Il fallait dire aussi qu'il y avait peu de monde que je ne trouvais pas sympathique... Alors que paradoxalement, il y avait tout de même pas mal de monde que j'étripais dans les cris et les larmes ! Quoi qu'il en soit, il s'agissait d'un charmant personnage. Quelqu'un que j'avais rencontré au sein même du Gouvernement, un petit soldat comme moi avec un air léger de tête brûlée... Dans le sens rebelle bien sûr. Rien à voir avec du feu, son odeur ou les bonbons. J'aurais presque pu dire qu'il m'inspirait une certaine gentillesse... En tout cas je n'avais pas envie de le dépecer au premier regard.

Enfin tout ça pour dire j’avais été désolée d’apprendre que le charmant brun, de par sa transformation en créature avide d’énergie vitale, était passé de bon soldat à ennemi de la couronne. Je l’avais alors considéré comme mort, puisque de toute façon il le serait bientôt, soit par exécution publique soit par exil en dehors des murs ou peu importe ce qu’ils pouvaient imaginer là haut pendant leurs pauses café. Et puis je l’avais oublié le sympathique Itzal... Jusqu’à ce matin. 
Retrouvée coincée à l’accueil le temps que tous les arrivants soient contrôlés en identité et en absence d’armes, j’avais surpris une discussion sur Itzal entre deux hommes d’un certain âge dont l’un d’eux semblait être plus affecté par la situation bien qu’il m’avait semblé rester d’une dignité exemplaire. Les deux hommes disaient qu’on ne savait pas trop quoi faire du nouveau voleur d’énergie, on attendait qu’il soit jugé et pendant l’attente, sûrement serait il jeté dans des cachots sombres et humides où il serait déjà un miracle qu’il ne devienne pas rapidement fou. Je m’étais alors penchée en avant et avait proposé de garder le jeune homme bien au chaud dans mon laboratoire, en promettant qu’il y serait bien traité... Dans la mesure du possible. Une solution qui éviterait qu’Itzal occupe une place de prison et donnerait en même temps une chance à la science de se développer plus encore. 
Ensuite, j’avais vaqué à mes occupations sans aucune nouvelle jusqu’à tard dans l’après midi, quand soudain quelques toquements à ma porte m’avaient fait relever le nez de mon travail et je m’étais bientôt retrouvée avec le corps ligoté d’Itzal dans mon bureau. 
Maintenant nous en étions là : seuls, lui sagement attaché à ma table d'opération et moi revêtue de ma tenue de bouchère scientifique, toute prête à découper ses muscles dans le sens des ligaments si ça pouvait servir à la science.

-  Estime toi heureux, au moins ici tu n’es pas entrain de moisir à petit feu.

Je n'avais pas dit grand chose de plus à l'homme. J'aurais sûrement pu me présenter glorieusement comme ça sauveuse mais quelque chose dans son expression me disait que cette situation là ne lui plaisait pas grandement non plus... Ou n'était-ce qu'une intuition ? En tout cas, je gardais la remise des lauriers pour plus tard éventuellement, tandis que je préparais soigneusement mon petit matériel sur une table adjacente.

-  Enfin ceci dit on ne peut pas non plus juste jouer au échecs. Si je peux obtenir quelques résultats de toi... Ne bouge pas ça va faire mal.

Je dis un enfonçant une intraveineuse d'une taille assez conséquente dans son bras, comme s'il avait pu bouger vu comment on semblait l'avoir saucissonné ! Normalement c'était moi qui attachaient mes propres patients sur ma table de tortures, mais la civière sur laquelle on m'avait apporté Itzal me semblait toute adéquate à l'emploi que je comptais en faire... D'autant plus que je n'avais absolument pas envie de le déplacer d'un endroit à un autre, même sous sédatif.

- Et si j'arrive à faire ce que je veux avec ma petite expérience tu me remercieras. Donc cesses de me lancer ses regards d'outre tombe. En plus ça te fait des rides.

Alors même que je n'étais pas entrain de le regarder, tournée vers une armoire contenant des liquides en tout genre. Il me semblait juste sentir le poids d'un regard qui lançait des éclairs peser sur mon dos et ça commençait tout doucement à brûler.

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MessageSujet: Re: Monsters helping monsters • Itzal&Persephone   Dim 5 Nov - 14:57

Monsters helping monsters
C’est fatiguant, d’attendre la mort. Surtout quand elle n’arrive pas. Cela faisait quelques jours déjà que tout le monde faisait la danse du ventre autour de lui et il avait fini par comprendre que personne ici ne savait quoi faire de lui. Ou plutôt, que quelque chose se préparait. Il y a quelques jours encore, il faisait partie de ce système. S’il s’y était intéressé, s’il s’y était impliqué comme son père l’aurait souhaité, peut-être aurait-il su ce qui se tramait. Il n’était pas le seul voleur d’énergie à avoir été capturé et retenu dans une cellule pourrie. Pendant plusieurs jours. Alors que dans les faits, le sort réservé aux abominations comme eux était la mort, tout simplement. Et nul besoin de faire des ronds de jambes pendant des plombes pour jeter un type dans une arène pleine de fauves – foutue bonne femme qu’il avait vu jeter ses bestioles sur quelques pauvres condamnés à mort pour allez savoir quelle raison… – ou simplement lui coller une balle dans le buffet. Il avait fini par comprendre que peut-être, il n’allait pas mourir. Pas tout de suite, en tout cas. Visiblement, il avait eu, encore une fois, de la chance, toute proportion gardée. Il avait cru rendre l’âme quelques nuits, après avoir été mordu par un zombie, aux heures les plus sombres de son agonie. Quand il s’était arraché des bras de Priya au petit matin, toujours en vie, mais transformé, il n’avait pas su décider s’il avait eu de la chance ou pas. Puis il avait essayé de fuir, le soir même, et ce petit démon armé d’un sabre, cette sale gamine sans émotions, l’avait rattrapé et lui avait collé la trempe de sa vie avant de le ramener jusqu’aux cachots du tribunal, où là encore, il s’était dit que cette fois, ça y était. C’était fini. À bien y réfléchir, c’était là une réflexion, et une situation, qu’il avait traversé plus d’une fois dans sa vie. Et une fois encore, il n’allait pas mourir tout de suite.

Il n’en savait pas plus. S’en prendre aux soldats qui passaient par là pour leur jeter de quoi boire ou manger de temps en temps ne servait à rien, il ne récoltait que des coups, mais ça lui permettait d’en donner en retour. Plus d’une fois, le bruit de la porte de sa cellule qui s’ouvrait lui avait fait croire que ça y était, qu’ils venaient le chercher pour en finir. Et c’était cette situation-là, précisément, qui commençait à le fatiguer. Il aurait voulu en finir. De préférence en survivant à toute cette histoire, mais s’il devait mourir, alors que ce soit vite fait bien fait. Au lieu de quoi, il ne se passait rien, à part qu’il était enfermé, qu’il crevait de faim – et pas de nourriture, ce dont les gens, ici, ne semblait pas avoir conscience, ou bien peut-être n’en avaient-ils rien à foutre – et que pour casser la routine de temps en temps il avait le plaisir de subir les visites de son ancien patron, qui avait à présent les mains libres pour lui faire payer son insubordination. Itzal n’avait pas eu de nouvelles de son frère. Son père, n’en parlons pas. Le pauvre vieux devait bouffer ses papiers de rage et de honte, pensez-vous, son foutu gosse qui faisait encore des siennes, et cette fois, la honte absolue, l’humiliation totale, et d’abord, quel fils ? La chance qu’il avait, le vieux sournois, de l’avoir adopté, finalement… Ce qui les liait, c’était une signature sur un papier, c’était si facile de jeter ça aux oubliettes, et les vingt ans de vie familiale avec, et lui aussi, au sens littéral du terme…

Puis, enfin, il s’était passé quelque chose. Deux types l’avaient emmené, les mains attachées à une civière de sorte qu’il ne pouvait pas les toucher, et pourtant il en avait eu envie, de façon complètement aveugle et instinctive, son âme criait famine. Au lieu de le jeter devant un quelconque tribunal, ou dans l’arène, ou même dans la première salle venue pour en finir avec lui, il se retrouva dans ce qui ressemblait fort à un laboratoire. Bordel, il aurait dû s’en douter. Est-ce qu’il n’avait pas entendu parler de ça, du Gouvernement qui tentait de mettre à profit l’existence des voleurs d’énergie, et qui menait des recherches en ce sens ? C’était sa faute, s’il n’avait pas été aussi je-m’en-foutiste, il aurait eu quelques réponses. Au lieu de quoi, il suivait des yeux cette foutue garce de Persephone Wilson, qui allait et venait dans la pièce comme si elle était dans son salon. De tous les foutus timbrés qui hantaient les couloirs des bâtiments officiels, il avait fallu que ce soit elle. La seule qu’il avait crue un peu différente des autres, la seule qui ne cadrait pas avec le décor, les règles, les autres membres du gouvernement. Impossible de ne pas remarquer qu’elle était perchée, mais à l’époque où ils se croisaient, il avait passé outre ça et le fait qu’elle travaillait pour les affreux, parce qu’après tout, il était dans le même cas. Et en elle, en quelque sorte, il s’était reconnu. Il leva les yeux et fixa le plafond grisâtre qui pesait sur lui. Il était vraiment trop con. Il avait été con de se laisser mordre par un foutu zombie, con de croire que Priya l’accepterait malgré sa transformation, et très, très con d’avoir tenté de fuir La Nouvelle-Orléans. Il sentit Persephone s’approcher de lui, la vit entrer dans son champ de vision et ne put s’empêcher d’esquisser un sourire tordu. Il avait l’impression que sa vision clignotait. Le décor était stable, mais pas elle. Tout son corps était tendu et rien que de la voir, d’imaginer le sang et l’énergie dont elle était faire, il sentit la violence de la faim. « Tu peux te raconter tout ce que tu veux, si ça t’aide à dormir. Tu n’es en rien différente de tous les autres. » Malgré tout ce qu’ils avaient pu se dire sur le sujet. Tout ce qu’il avait gobé les yeux fermés tant elle l’amusait. Parce qu’en attendant, il était là, sans défense, et elle pas. Mais il savait qu’il y avait peu de chance que ses paroles la touchent. Fut un temps où ça l’amusait. Sa hauteur. Intouchable timbrée, femme hiératique aux passe-temps douteux. C’était avant.

Quand elle lui enfonça un tube dans le bras, il lâcha une bordée de jurons, et l’insulta, elle aussi, en espagnol. Vénézuélien il était, et il l’avait toujours été, malgré l’argent, les belles fringues, les études, l’apparat que son père avait fait peser sur lui dans l’espoir de le transformer. Eh bien voilà, transformé, il l’était. Mais il était toujours ce gosse des rues, il mourrait en gosse des rues. Ruant littéralement dans les brancards, il sentit soudain son poignet droit se défaire de son entrave. Jamais il n’aurait pu faire ça avant. Son corps avait changé, ce qui alimentait ses muscles n’était plus seulement du sang. Il était plus fort. Il libéra son autre bras, puis ses jambes. Elle lui tournait le dos. Encore un peu et elle chantonnerait ou siffloterait. En cette seconde, toute sa colère était concentrée sur elle. Elle représentait tout ce qu’il haïssait dans ce monde, et dans ce gouvernement. Et, par-dessus tout, comme un raz-de-marée arasant tout sur son passage, il y avait la faim. Celle qu’il savait ne pas pouvoir contrôler, celle à cause de quoi il s’en était déjà pris à une femme, la veille, avant de tenter de s’enfuir. Il l’avait tuée et il repensait sans cesse. Mais l’idée de tuer Persephone, là, tout de suite, ne lui causait aucun remords.

D’un seul mouvement, il se leva, sans faire attention à la perfusion toujours enfoncée dans son coude, passa son bras autour du cou de Persephone qui n’était même plus humaine à ses yeux, mais simplement de quoi calmer sa faim dévorante, se saisit de son menton de l’autre main et à ce seul contact, il sentit l’énergie de la femme courir sur sa peau. Et avec elle, encore une fois, ces foutues images, en vrac, sans son, impossible à déchiffrer. Dont la violence, cependant, et le produit de l’intraveineuse qui commençait à faire effet, lui tira un sursaut, et presque aussitôt, il la lâcha et trébucha en arrière contre la table. Il arracha l'aiguille de son bras d'un geste violent non sans jurer à nouveau, la tête comme un tambour battu par les souvenirs abscons et infâmes de la femme qui se tenait face à lui.

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MessageSujet: Re: Monsters helping monsters • Itzal&Persephone   Sam 11 Nov - 22:32


Itzal&Perséphone




Décrochant quelques fioles de mon étagère en verre, je laissais les flammes se déchainer derrière moi, comme en présence d'un incendie incontrôlable que j'espérais pourtant pouvoir encadrer. C'était ça la science : partir du fait que tout était possible pour rendre enfin l'impossible accessible. Des réalisateurs de rêves voilà ce que nous étions. Ou une façon de voir les choses tout du moins. J'avais toujours pensé que tout le monde vivait dans l'univers qu'il se créait, une question d'interprétation. Et moi je changeais mes interprétations au fil des jours et de mes envies.

« Tu peux te raconter tout ce que tu veux, si ça t’aide à dormir. Tu n’es en rien différente de tous les autres. »

J'agitai la main en signe de désintérêt total tout en restant concentrée sur mes mélanges. Que de mots, que d'insultes et de critiques dédiés à tourmenter ma conscience qui s'étaient répercutés contre ces murs blancs aseptisés. Des gens en colère, des gens désespérés qui dans un dernier élan de fierté et de vie crachait les ultimes gouttes de leur venin comme on se fait dessus au moment de mourir.. Charmant Pers, très charmant. Une poète dans l'âme.
Des insultes en espagnol soudain. Je levai un regard appréciateur vers le brun.

- Oh merci pour le cours de langue. Tu me donneras la traduction quand tu seras plus calme, ce serait sympa.

Puis je m'en allais de nouveau, me reconcentrant sur mon travail une dernière fois avant de consacrer mon attention toute entière au voleur d'énergie pendant un grand moment. Mais je n'eu pas le temps de me tourner une fois de plus pour continuer mon joli programme tout tracé car bientôt un bras vint brutalement enserrer mon cou, coupant net ma respiration. Je n'avais pas entendu Itzal se libérer de ses liens, je ne l'avais pas senti s'approcher et au moment même où nos peau entrèrent en contact, le monde autour de moi disparu.


Un autre visage que me renvoyait le miroir. Une autre époque. Bientôt les traits Andrew remplacèrent la vision de mon ancien moi, il souriait, je me souvenais encore du goût de ses lèvres sur les miennes, de la chaleur de ses mains sur ma peau... Jamais personne n'avait su m'inspirer les émotions que cet homme avait réveillé en moi. C'était l'amour de ma vie. Lui aussi s’évanouit. Aux premières traces du décor, je reconnu la scène tout entière. Je l'avais tellement vécu et revécu dans mes songes, encore et encore jusqu'au dégoût le plus total. Ma sœur, mon reflet en tout point qui me hurlait toute sa rage au visage, toute sa jalousie et sa frustration avant de me pousser violemment en arrière. La sensation de douleur ne dura qu'un instant avant que les images de l'Enfer ne défilent à leur tour. Il me sembla voir d'autres choses ensuite, ma jumelle à nouveau puis la nouvelle de sa mort et plus rien.


Quand mes yeux se rouvrirent j'étais assise sur le sol, le dos appuyé contre une armoire et les mains relevée à ma gorge douloureuse. Je n'avais plus aucun souvenir, juste une énorme impression de vide entre le moment où j'avais senti la main d'Itzal se refermer sur moi et maintenant où j'étais laissée là vidée de mes forces, incapables de faire plus que de relever des yeux vides vers le voleur d'énergie.

- C'était quoi...

Je soufflai, parlant difficilement. J'aurais eu du mal à l'arrêter si l'homme maintenant libre de tout lien avait tenté de s'enfuir, même mes pouvoirs étaient inutilisables. J'allais lui demander ce que c'était tout ça, mais en réalité je savais : il venait de se nourrir de mon énergie. Quasiment toute mon énergie... Quasiment.

- Tu ne finis pas le travail ?

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MessageSujet: Re: Monsters helping monsters • Itzal&Persephone   Mar 14 Nov - 21:55

Monsters helping monsters
Qu’est-ce qu’il lui arrivait, bordel ? Il ne savait pas encore ce qu’il était devenu qu’il devait déjà en subir les conséquences. Le terme « faim » lui venait naturellement à l’esprit mais une fois la crise passée, ne restait que l’amertume et l’horreur des actes commis. Du moins l’avait-il ressenti ainsi quand il s’en était pris à cette inconnue dans une ruelle, avant de tenter de s’enfuir. Face à Persephone, il se sentait moins coupable, mais pour la seconde fois de son existence, il était victime de son propre corps, incapable de se contrôler, il n’était plus à la barre de son navire et cela le rendait fou. Son crâne vibrait encore des ondes de choc qui l’avaient traversé quand il avait touché Persephone, son corps, abruti par la drogue qu’elle lui avait injectée et par le contrecoup de ce contact physique entre eux, semblait décidé à ne plus vouloir lui obéir. D’un geste rageur, il arracha la perfusion de son bras sans se soucier des dégâts. Il aurait bien voulu pouvoir poser la question à quelqu’un, n’importe qui, mais personne, absolument personne ne s’intéressait à son cas, ne se demandait où il était, ce qu’il faisait, s’il allait bien et ce qu’il était en train de vivre. Personne ne pouvait lui dire, aussi, ce qu’il venait de voir. Pénibles et douloureuses images, dépourvues de sons, orgies de couleurs, des flashes d’une vie qui n’était pas la sienne, et pire encore, qui était manifestement celle de la femme honnie qui se tenait face à lui, l’air tout aussi secouée que lui. Il leva la main, pressa sa tempe de la paume de sa main puis trébucha en avant, tombant à genoux.

« C’était quoi ? » Bonne question. En matière de contagion zombie, il y avait les rumeurs, les on-dit, les non-dit, les fantasmes absolus, et au milieu de tout ça, probablement, la vérité. Il devait s’estimer heureux de ne pas être mort, même si ces derniers jours, il s’était dit qu’il aurait mieux valu qu’il y reste, peut-être, pour le bien des peu de personnes qui tenaient à lui… si ce n’était que lui-même était trop attaché à la vie pour se permettre de se complaire dans ce genre de sentiments dégoulinants. Heureux aussi de ne pas, à l’image de la culture populaire pré-apocalypse, s’être transformé à son tour en zombie. Mais s’il y avait bien une personne dans cette pièce qui pouvait expliquer ce qui venait de se passer, c’était bien elle, elle et le foutu gouvernement pour qui elle menait ses foutues expériences. Et c'était bien elle, aussi, qui s'était invitée dans sa tête à coups de visions sans queue ni tête. Elle, ou son reflet dans le miroir, il n'en savait rien, ne savait pas qui était cet homme, mais il captait sans mal, et sans le vouloir, l'urgence de ces visions, le drame qui les teintait de mort, captait la trahison sur le visage parfait, symétrie opposée du double de... qui ? Persephone ? Il en avait l'impression sans en avoir eu la confirmation car les personnes qu'il avait vues, il ne savait pas qui c'était, ou peut-être Persephone était-elle schizophrène, une pensée qui l'avait traversé plus d'une fois par le passé. Comme les répliques d'un séisme, des flashes s'attardaient dans son esprit, et il résista à l'envie de se taper la tête contre le sol. « J'en sais rien. À toi de me dire... » Un voleur d'énergie. Le nom était clair. Mais il était clair aussi que le processus n'impliquait pas seulement de voler de l'énergie à quelqu'un... Savait-elle seulement ce qu'il avait vu ? Elle avait l'air secoué physiquement, mais il songea soudain que si elle avait su le reste, elle aurait réagi avec plus d'énergie que  cela - même s'il lui en avait piqué pas mal.

Un sourire mauvais naquit sur ses lèvres. S'il avait pu en finir avec elle, il l'aurait fait. Du moins ne voyait-il rien, moralement parlant, qui puisse l'en empêcher. Comme les choses changeaient vite... Il avait tué une femme, il en était sûr, et cela le hanterait toute sa vie. Mais quelques jours plus tard, il avait appelé de ses vœux la mort de Persephone. Seulement, il n'en avait pas la force. Et pas envie, non plus, de se faire à nouveau assaillir d'images incompréhensibles à lui en donner la migraine. « Crois-moi, j'en ai envie. Combien de rats de laboratoires applaudiraient des deux mains si je le faisais... » Oh, la frustration de ne pas pouvoir se lever pour lui sauter à la gorge, là, tout de suite... Il la contempla quelques secondes, cherchant dans son visage les expressions inconnues qu'il avait vues sur ce visage et son reflet dans le miroir. « Qu'est-ce que tu sais des gens comme moi, finalement ? Je crois que je ne t'ai pas seulement volé de l'énergie. Je t'ai vue... » Il n'avait rien compris à ces visions. Mais il savait que lui en parler serait un coup porté plus efficace que s'il lui avait asséné une gifle. En tout cas, s'il avait été à sa place, c'est comme ça qu'il l'aurait ressenti. « Toi, ou une autre. Des jumelles... » Ce n'était pas comme s'ils avaient papoté des heures autour d'un café. Ils n'avaient jamais abordé de sujets personnels à chacun. Mais il avait cru qu'elle était plus que ce qu'elle disait être. Il s'était peut-être trompé quant à sa capacité à compatir à quoi que ce soit, mais il avait eu raison sur le reste, sur tout ce qu'elle cachait, et dont il avait eu un aperçu soudain.

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MessageSujet: Re: Monsters helping monsters • Itzal&Persephone   Mer 29 Nov - 22:29


Itzal&Perséphone




Alors ça c’était drôle. Le patient qui venait d’attaquer son soignant quasiment jusqu’à ce que mort s’en suive, voulait maintenant des explications sur ce qui venait de se passer. J’en aurais ri si j’en avais encore eu la force. La seule chose qui me rassurait à ce moment était que malgré le fait que l’homme venait de se repaitre, il ne semblait pas en bien meilleur état que moi... enfin si quand même un peu, mais c’était tout relatif. 
Quoi qu’il en soit, je me retrouvais à présent agitée d’une excitation maladive (mentalement, puisque l’agitation physique était évidemment endiguée sous des tonnes d’épuisements) d’un scientifique qui vient de subir une de ses propres expériences et d’y survivre. Il allait falloir que je relève tout ça plus tard dans mon dossier sur les voleurs d’énergie. 

- Tu sais ce qui s’est passé non ? Ce n’est pas le première fois. 

Ma voix ne portait plus beaucoup mais dans ce laboratoire de taille moyenne et parfaitement isolé phoniquement, il y avait peu de chances pour que l’homme ne m’entendent pas. Et puis de toute façon ma question était à la limite du rhétorique. 
Dans un soupire de lassitude en remarquant à quel point aligner de simples mots me donnait envie de dormir pour le prochain semestre, je laissai ma tête reposer contre l’armoire derrière moi en fermant les yeux. Itzal aurait largement eu l’occasion de me tuer dans cette position d’une totale vulnérabilité. Pourtant je ne bougeais pas et je ne réagis pas davantage quand l’homme avoua son envie de m’ôter la vie. 

- Oh voyons... 

Inspiration pour la longue sentence à venir. 

- Il y en a certains qui m’apprécient tu sais... et les autres sont morts. Ou le seront très bientôt. Mais ne leur dit rien, c’est une surprise.

Sûrement quelque peu suicidaire dans ma position, mais il y avait des moments où mon instinct de survie flanchait quelque peu, généralement quand il y avait Kenneth dans les parages d’ailleurs... sûrement était il entre les murs du Gouvernement aujourd’hui. 

« Qu'est-ce que tu sais des gens comme moi, finalement ? Je crois que je ne t'ai pas seulement volé de l'énergie. Je t'ai vue... »


On ne savait rien de plus que ce que l’on découvrait en général. On établissait nos rapports puis ils allaient aux grandes puissances de ce monde et sûrement eux faisaient-ils le tri entre ce qui les intéressaient ou non. 

- En réalité pas grand chose... 

Le reste de mes mots se perdit dans la suite des siens alors que mes yeux se rouvriraient douloureusement dans une expression de parfaite incrédulité. 
« Des jumelles » il avait dit. La douleur sut refermer parfaitement mes lèvres. La plaie était encore trop vive pour que je supporte qu’on parle de Sera et moi, car il était quasiment certain que c'était de cela qu'il s'agissait. J’y pensais déjà trop souvent de mon côté. 
Se pouvait-il tout de même qu’il s’agisse d’une plaisanterie ? Mais comment aurait-il sut pour nous ? Il n’existait aucun dossier, aucune trace. J’en doutais en tout cas. Qui aurait prit le temps de s’y intéresser ? 
Quoi qu’il en soit, la surprise m’avait quelque peu réveillée sur le moment, aussi je redressai la tête, le regard planté dans celui du brun, plus intéressée que jamais.

- À quoi ressemblaient-elles ?

Et plus important encore :

- Qu'est ce que tu as vu d’autre ?


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MessageSujet: Re: Monsters helping monsters • Itzal&Persephone   Dim 3 Déc - 22:12

Monsters helping monsters
Comment savait-elle que ce n’était pas la première fois qu’il s’en prenait à quelqu’un ? Pendant quelques secondes, il eut un horrible doute : et si cet espèce de transfert de souvenirs se faisait dans les deux sens ? Et s’il n’y avait pas que lui qui avait vu des choses, mais elle aussi, des choses à propos de lui ? Il n’avait pas vraiment de point de comparaison, vu que la seule autre personne à qui il s’en était pris était morte. Et il avait pris ce déferlement d’images pour un genre de contrecoup, compte tenu de son état d’alors. Mais ça avait recommencé avec Persephone. Deux fois, ce n’était plus une coïncidence. C’était un schéma. Et il avait désespérément besoin d’en savoir plus, mais il vit bien la même soif de connaissance sur le visage de la scientifique. Il savait bien comment elle était, barjot, et ça ne l’avait jamais dérangé jusqu’à aujourd’hui. Parce qu’aujourd’hui, c’était lui le cobaye. Et autant dire que les propos que tenaient Persephone en cette seconde n’avait rien de très équilibrés. Elle avait simplement supposé qu’il avait déjà attaqué quelqu’un. Il reprenait son calme peu à peu. Il avait l’esprit embrumé par la drogue mais se sentait malgré tout un peu mieux que tout à l’heure. Alors ce serait ça, sa vie, désormais ? Sentir la faim creuser des sillons dans tout son corps jusque dans les tréfonds de son âme, jusqu’à ne plus tenir, jusqu’à se jeter sur un passant et se nourrir de son énergie, puis tout recommencer, encore et encore ? Et se coller le film de leur vie totalement inintéressante en haute définition à chaque fois ? La perspective était franchement déprimante, mais pour l’heure, il fallait déjà qu’il survive. Il fallait y aller étape par étape. D’abord, échapper aux griffes de cette folle, ensuite il verrait concernant sa vie à venir. Il avait envie de se lever et d’aller tordre son cou fin et gracile, il en avait vraiment envie, mais son corps ne suivait pas du tout les ordres.

Au lieu de quoi, il resta vautré là où il était, exactement comme elle, deux reflets dans un miroir. D’ailleurs, en parlant de ça, les images revinrent danser devant ses yeux. Il n’y comprenait toujours rien, et comme en plus il n’y avait pas de son, ça rendait les choses encore plus difficiles à saisir. Mais même ainsi, il restait dans son esprit une sensation de malaise. De souffrance. De colère. Et d’une profonde solitude. Toutes ces choses par lesquelles il venait de passer au fond de sa cellule, d’ailleurs. Ainsi, il regarda calmement Persephone pendant qu’elle répondait à sa question. Quelle charité, quelle bonté d’âme… Elle ne savait pas grand-chose, hélas. Ses propres mots. Jusqu’à ce qu’elle s’interrompe soudain, plus intéressée par ses mots sur ce qu’il avait vu d’elle – parce que c’était bien une partie d’elle qui s’était imprimée dans son esprit à lui, il en était certain. Et elle voulait savoir, bien sûr. Il aurait  voulu savoir aussi, à sa place. Il esquissa un sourire en coin. Malgré sa situation, voilà qu’il avait l’avantage. « À quoi elles ressemblaient ? À toi. Pas littéralement, encore qu’elles étaient blondes aux yeux bleus. Mais c’est ce que je ressens sans savoir pourquoi. Elles te ressemblaient, au-delà du physique… » Il ne comprenait pas ce qu’il avait vu et avait bien du mal à l’exprimer avec des mots, mais il ne doutait pas que ses propos cryptiques feraient sens pour Persephone, s’il s’agissait bien de choses la concernant. Quand elle lui demanda ce qu’il avait vu d’autre, il garda le silence quelques instants, la contemplant calmement. Quelle femme étrange. Vraiment. Il soupira, refusant de baisser sa garde. « À quel point tu veux savoir ? Est-ce que c’est assez important pour toi pour que tu me foutes la paix avec tes aiguilles et tes expériences ? » Il n’y avait aucun mal à marchander. Tout était bon pour survivre. Même s’il savait qu’au final il finirait dans l’arène. Il n’y avait aucun moyen qu’elle le laisse s’enfuir. Une pensée qui amenait d’ailleurs d’autres questions.

« Pourquoi est-ce qu’ils te laissent faire ça ? Qu’est-ce qu’ils en ont à foutre de savoir comment est fait un voleur d’énergie à l’intérieur ? » Si elle répondait à sa question, peut-être qu’il répondrait à la sienne. Peut-être qu’il lui parlerait de ce type qu’il avait vu, de ce lien qui semblait les unir tous les trois, lui et les deux blondes, si forts que même sans son, même sans rien en voir, il en avait ressenti l’intensité. Elle en cachait, des choses, sous ce crâne tourmenté.

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Dernière édition par Itzal Macaro le Dim 17 Déc - 15:56, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Monsters helping monsters • Itzal&Persephone   Ven 15 Déc - 20:56



Itzal&Perséphone




Des forces, c’était ce qu’il me fallait. J’avais une seringue d’adrénaline quelque part dans mon laboratoire mais impossible de l’atteindre et une petite voix me disait que demander à l’homme de me la passer était une idée relativement mauvaise. 
Alors du sucre. Des sucres rapides de préférence pour donner un coup de fouet décisif à mon corps. 
Ma tête appuyée contre le meuble se tourna lentement vers le petit frigidaire à ma gauche dans un mouvement qui transpirait presque la fatigue. 

« À quoi elles ressemblaient ? À toi. Pas littéralement, encore qu’elles étaient blondes aux yeux bleus. Mais c’est ce que je ressens sans savoir pourquoi. Elles te ressemblaient, au-delà du physique… »

Seraphina. C'était Seraphina. J'en aurais eu un frisson si mon corps avait encore été capable de produire de telles choses. En tout cas ces informations ne me suffisaient pas. Il m'en fallait plus. Je devais savoir ce qu'il avait vu et ce qu'il en avait deviné.
Une fois que j’eus atteint la poignée avec mon regard et suffisamment étudié la distance qui nous séparaient, il me fallait regrouper mes forces pour tendre mon bras.
Pas que j'avais peur pour quoi que ce soit, je n'avais rien à me reprocher – pas de ce côté là tout du moins – mais j'étais régulièrement habitée d'une curiosité maladive... Et il y avait peut-être aussi le fait que je n'aimais pas beaucoup qu'on s'introduise dans mes souvenirs sans mon autorisation. Mais puisque c'était fait, autant partager l'expérience.

« À quel point tu veux savoir ? Est-ce que c’est assez important pour toi pour que tu me foutes la paix avec tes aiguilles et tes expériences ? »

Tout ! Je voulais tout savoir ! Le moindre détail, chaque image l'une après l'autre, décrite, décryptée, découpée, déchirée, déchiquetée. En tout. Petits. Petits. Petits. Morceaux.

- Hum pourquoi pas ? Dans mon état actuel de toute façon je me vois mal taper autre chose que la discussion.

Ma main se leva doucement, comme si des poids y étaient attachés et je dus me concentrer durement pour enfin accrocher ma main au meuble réfrigéré. 

- Tu peux t’asseoir je t’en prie. Je ne te toucherai plus. 

Pas pour l'instant. Comment aurais-je pu ?
Enfin je réussis à tirer la porte vers l’avant. Un instant je cru qu’elle allait se refermer mais les gonds me firent grâce de leurs caprices et je pu enfin lorgner ce qui m’intéressait depuis le début. 
Mes doigts se refermèrent avidement sur une brique en carton que je sortis de la porte avant de la faire glisser sur le sol jusqu’à l’homme et de me prendre une pour moi. 

- Raconte moi ce que tu as vu. 

Je n’avais aucune idée de si oui ou non le jus de pomme pouvait avoir une influence ou non sur lui. Ce serait l’occasion de tester cela aussi, s'il acceptait mon invitation au goûter.
Il me fallut encore un moment pour sortir la paille de sa prison de plastique assurément mieux gardée que les banques de ce pays (vu la force que cela demanda), mais je me concentrai là dessus comme si c’était ma dernière chance de survie alors que j’attendais, balançant entre la réticence et l'impatience, ce qu’allait me dire Itzal. Il y avait une partie de moi qui voulait reprendre mes machines de torture et un bâillon pour faire taire enfin le charmant voleur d’énergie. Mais même si l’autre partie n’avait pas été bien plus curieuse, je n’aurais pas eu la force de faire quoi que ce soit. 
Enfin, la pointe de la paille piqua l’opercule, avec une lenteur qui me parut exagérée de sa part, et mes lèvres purent se refermer sur la boisson guérisseuse. 

- J'ai quand même entendu dire que la nourriture normale n’avait pas de goût pour vous. 

Parce que nous n’étions tout de même pas que des apprentis sorciers lancé dans la guerre sans aucun information. 

- Mais peut-être le nutriments fonctionnent ils toujours...

Lancé en haussant les épaules. Ou tout du moins j'avais l'impression de l'avoir fait.

« Pourquoi est-ce qu’ils te laissent faire ça, d’ailleurs ? Qu’est-ce qu’ils en ont à foutre de savoir comment est fait un voleur d’énergie à l’intérieur ? »

Second haussement d'épaules. Ou semblant. Je relâchai doucement et avec un regret énorme mon jus de pomme. Il me faudrait peut-être une deuxième brique.

- J'imagine que si l'un d'entre eux venait à se transformer, ça les arrangerait beaucoup d'avoir un remède miracle sous la main... Mais ce n'est qu'une supposition.

Je dis, plutôt fière de ma logique mais sans trop l'afficher non plus. Il me fallait être humble et calme maintenant que je venais de frôler la mort - une deuxième fois.


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MessageSujet: Re: Monsters helping monsters • Itzal&Persephone   Dim 17 Déc - 16:35

Monsters helping monsters
Il aurait dû être étonné de voir qu’elle acceptait aussi facilement ses conditions, mais évidemment, il ne le fut pas. Si ça avait été leur première rencontre, il se serait méfié un peu plus. Mais il avait bien assez souvent discuté avec elle avant toute cette histoire pour savoir que sa fidélité au Gouvernement et à ses règles était plutôt souple et qu’elle s’accommodait très bien de briser les règles si cela servait sa propre curiosité ou son propre intérêt. Cela le faisait marrer, avant. Quand il n’y avait rien d’autre entre eux que de la curiosité inoffensive. Aujourd’hui, il n’avait pas d’autre choix que de prendre ça comme le gage de sa bonne foi. Bien sûr, rien ne l’empêchait de lui mentir. Il n’avait aucune idée de combien de temps est-ce que sa faiblesse allait durer. Pour l’heure, peu importaient ses promesses, elle n’aurait même pas pu se lever. Mais pour combien de temps ? Et surtout, que se passerait-il, dans cinq, dix ou vingt minutes, quand les gardes reviendraient pour le récupérer et les trouveraient en train de tranquillement discuter, apprendraient qu’Itzal avait agressé Persephone ? Pas grand-chose pour elle. Et lui, eh bien… Il était déjà mort, de toute façon, non ? Dans le pire des cas, cela ne ferait qu’accélérer les choses, et il n’avait rien contre. Ou bien peut-être les effets de la drogue se dissiperaient plus vite que les effets de son vol d’énergie sur Persephone, et alors il pourrait la planter là et tenter de s’évader. Il n’y croyait pas une seconde, il avait parcouru en long et en large les sous-sols du bâtiment et il n’avait aucune chance d’y arriver. Malgré tout, cette simple idée, cette éventualité utopique, suffisait à le consoler un peu.

Il regarda Persephone se traîner jusqu’à un petit frigo. Elle n’avait pas la forme. Pourtant, il n’avait pas l’impression de l’avoir complètement drainée de son énergie. D’ailleurs, elle était en bien meilleure forme que la femme qu’il avait agressée quelques heures auparavant et qu’il avait tuée. Il n’avait aucun contrôle sur ce qu’il faisait, ne discerner pas la différence entre ce qu’il avait fait à cette inconnue et ce qu’il avait fait à Persephone. Il n’aurait probablement pas me temps d’apprendre… Il baissa les yeux sur la brique de jus de fruit qu’elle fit glisser sur lui, sans faire un geste pour s’en emparer. Il n’avait pas soif. Ni faim. Ou plutôt si, il avait soif et faim, mais ce jus de pomme ne lui faisait absolument pas envie. Il détourna les yeux, le temps de calmer l’affolement qui le gagnait de nouveau. Mais bordel, qu’est-ce qu’il était devenu ? Il reporta son attention sur Persephone pour se changer les idées. Elle devait vraiment avoir des trucs à régler avec son propre passer, pour lui offrir un tel répit rien que parce qu’elle voulait savoir ce qu’il avait vu. Ce qu’il avait vu… avait un caractère tordu, mais c’était logique, probablement, compte tenu du personnage. Qui malgré tout continuait à le regarder comme s’il était la huitième merveille scientifique du monde. Il contint un juron dégoûté et, la voyant gober son jus de fruit comme il aurait avalé un shot de vodka, repoussa vers elle la brique qu’elle avait tenté de lui faire avaler. « Tiens, t’en as plus que besoin que moi on dirait. » Une façon de valider ce qu’elle avait dit plus tôt. Apparemment, la « nourriture normale » n’était pas à son goût. Ou bien peut-être n’était-ce que temporaire. Encore quelque chose que ni lui ni elle ne saurait, au final, puisqu’il ne vivrait pas assez longtemps pour faire le test.

Sauf qu’il y avait une raison à tout cela ; à leur présence à tous deux dans ce labo, lui en tant que cobaye et elle comme scientifique. Le Gouvernement s’intéressait aux voleurs d’énergie, et ce n’était pas forcément une bonne nouvelle. L’explication qu’elle avança n’avait rien de convainquant. D’ailleurs, il se mit même à rire, tout bas, brièvement. Ah ouais ? Alors comme ça, leurs bons dirigeants s’inquiétaient d’être un jour transformés, ou leurs proches, par exemple… leur fils ? Itzal songea un moment à son propre père, membre du Gouvernement, qui devait être au courant désormais, qui devait savoir que son fils croupissait en prison, devenu un voleur d’énergie, attendant son exécution. Cela ne l’avait pas fait se déplacer pour autant. Pas d’adieu larmoyant, même pas de dernière visite pour lui faire une dernière fois la morale. Alors non, l’hypothèse de Persephone, il n’y croyait pas une seconde. « C’est des conneries. Tu mens, ou alors t’en sais rien. Et tu t’en fous probablement, hein ? Tant que ça t’amène des types comme moi dans ton labo. » Mais elle n’était pas si froide qu’elle voulait le paraître. Il le savait, maintenant. Maintenant qu’il avait eu un bref aperçu de ce qui se passait dans sa tête, des souvenirs qui agitaient son quotidien. « Est-ce que ça ferait une différence, si à ma place, c’était cette blonde dont tu as le souvenir qui était attachée à une table ? Ou ce type auquel tu penses encore ? » La scène qu’il avait captée ne faisait aucun doute. Il commençait à se dire que c’était Persephone elle-même qui était concernée, tout en cherchant encore où se faisait la connexion entre elle et cette blonde… Ah ça oui, elle devait y penser, à ce mec, pour que lui, Itzal, un inconnu, ait eu une vision aussi claire de lui. On ne gardait en soi que les choses et les gens importants. Et plus encore que les garder, on les trimballait partout où on allait. Ils ne nous quittaient jamais, pas tant qu’on avait fait la paix avec eux.

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MessageSujet: Re: Monsters helping monsters • Itzal&Persephone   Mar 2 Jan - 21:46


Itzal&Perséphone
 





Si je n’avais pas suggéré qu’on place Itzal ici pendant quelques temps, où serait il maintenant ? J’en avais une vague idée. Après tout, il dérangeait le Gouvernement, il était en trop, il occupait une place et son maintien en vie coûtait obligatoirement des ressources, donc de l’argent. Voilà quelque chose qui, en ce monde, n’avait pas attendu de pénurie pour être ardemment convoité. De toute façon, sûrement le jeune homme aurait il préfère être mort à l’heure qu’il était. Mais je trouvais égoïstement que ça aurait été dommage, et parce qu’il m’était sympathique - ce que j’avais déjà mentionné - et parce que j’étais tout de même curieuse d’en apprendre un peu plus sur lui et ses semblables. 
Alors le voilà plus ou moins en vie, plus ou moins à cause de moi.

« Tiens, t’en as plus que besoin que moi on dirait. »

Je tentais d’attraper la brique en chemin mais mes réflexes n’étant toujours pas revenus, le carton vint se heurter contre l’armoire juste à côté de moi. Précautionneusement, je saisi la boisson. 

« C’est des conneries. Tu mens, ou alors t’en sais rien. Et tu t’en fous probablement, hein ? Tant que ça t’amène des types comme moi dans ton labo. »

J’haussai les épaules en ingérant une gorgée de la nouvelle brique, effet placebo ou non, ma méthode semblait marcher, mais je n’avais pas envie de me lancer dans un débat avec Itzal. Je lui avais dit ce que je pensais, je ne pouvais pas faire beaucoup mieux. Non, je ne voulais pas faire mieux. Pas envie. Pas la motivation. 
En plus, à dire vrai, les mangeurs d’énergie n’étaient pas mes cobayes préférés. Non depuis le début je m’étais faite une spécialité des métamorphes. De superbes créatures, bien plus charmantes que les monstres assoiffés de vie... Mais bon, j’appréciais Itzal, alors je pouvais bien faire une exception pour lui.  
En prenant mes précautions, je parvins lentement à m’étirer. 

« Est-ce que ça ferait une différence, si à ma place, c’était cette blonde dont tu as le souvenir qui était attachée à une table ? Ou ce type auquel tu penses encore ? »

Soudain mon regard s’assombrit. Ça n’arrivait pas souvent, à moi avait une philosophie toute particulière de la vie et qui ne voyait que ce que mon voile de folie me permettait de voir. Mais lorsqu’on abordait le sujet de ma sœur, tout était différent, plus clair, plus certain et totalement hasardeux à la fois... la rage coulait encore dans mes veines sans que je ne sache trop vers qui la diriger à présent. 

-  Si elle était à ta place crois moi qu’elle ne serait plus en état de jacasser. 

Et cette idée m’aurait plu, d’avoir ma jumelle sous mes objets de torture pour lui faire subir physiquement des douleurs qu’elle n’avait même pas pu m’infliger, dans le seul but de conclure ma vengeance en beauté. 
Même ma voix m’était presque difficile à reconnaître sous ses sombres intonations. Mais si j’avais parlé de Sera, je laissai bien volontiers le sujet du « type » couler. Je ne voulais pas parler de lui. Non, cette fois-ci je ne pouvais pas. 
J’avais fermé les yeux l’espace d’un instant pour remettre un rideau noir sur mes obscures pensées puis étiré mes jambes un peu davantage.

-  Enfin c’est toi qui est là maintenant. Rien ne sert de faire des hypothèses, non ?

Mon air c'était adoucit à nouveau, il fallait se concentrer sur les faits. De façon. Parfaitement. Scientifique.

- Alors tu as vu des images, c'est ça ? Des souvenirs entre-coupés ?


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MessageSujet: Re: Monsters helping monsters • Itzal&Persephone   Dim 7 Jan - 16:48

Monsters helping monsters
La réponse de Persephone ne fit même pas hausser un sourcil à Itzal. Il semblait que rien de ce qu’elle pourrait dire ou faire ne l’étonnerait plus, à présent qu’il avait eu l’honneur de passer par son labo. Comme si leur relation, d’abord quasi anodine, avait pris une tournure horriblement anormale. Et qu’attendre de plus d’une femme comme elle ? Des pleurnicheries, une larme nostalgique, tout ça l’aurait déçu. Il n’avait pas cru une seule seconde qu’elle puisse lui servir ce genre de chose et elle ne l’avait pas fait. Qui était cette blonde ? Il n’en savait rien, ne le saurait peut-être jamais. Il ne pouvait que supposer qu’elle était importante pour Persephone, qu’elle appartenait à son passé puisqu’il s’agissait d’un souvenir, d’un passé avec lequel clairement, elle n’avait pas fait la paix, qui peut-être, même, avait fait d’elle la femme quelque peu dérangée qu’elle était. Surtout au regard de ses sentiments pour cette inconnue. Il y avait du meurtre dans la voix de Persephone, et une certaine satisfaction avec, quand bien même elle avait pu lui faire subir ce dont elle rêvait ou n’en avait pas eu l’occasion. Itzal nota qu’elle ne fit nulle mention du type dont il avait pourtant parlé, comme pour tendre un bâton, ouvrir une porte, mais Persephone, par son silence, la refermait brutalement, cette porte. Et en apprenait bien plus à Itzal en se taisant qu’en lui donnant des explications. Plus que la blonde, ou au moins de manière différente, ce mec comptait pour elle.

Lui, était bel et bien là, en vie, en train de « jacasser » sur commande puisque plus rien ne semblait compter pour elle que ce qu’il avait vu, pas même son job dont elle était folle amoureuse. Elle ne comptait pas le tuer. De toute façon, ce n’était pas son rôle à elle. Tant qu’il était là, il n’était pas dans l’arène. Il commençait à se calmer et à entrapercevoir les contours de ce répit morbide que cet endroit ignoble lui offrait, surtout si elle oubliait complètement de lui enfoncer ses trucs dans la peau. Bien sûr elle voulait tout savoir, en détail. Avec la même obsession qu’elle affichait quand, avant, elle lui parlait de son travail. « Qu’est-ce que ça peut te faire, ce que j’ai vu ? Ce sont des images que tu portes en toi, tu les connais mieux que moi, tu sais exactement de quoi il s’agit. » Il n’avait rien à lui apprendre qu’elle ne sache déjà, après tout. C’était sa vie à elle. Ses conneries à elle, ses fantômes, ses squelettes. Sa tête était un terrain conquis pour elle et il n’avait rien d’un explorateur capable d’y dénicher des nouveautés. « La blonde était en colère. Elle te hurlait dessus. Elle t’a poussée, et à mon avis, elle t’a tuée, vu ce que j’ai vu ensuite. » Ce qui voulait dire qu’elle était passée par Darkness Falls, une information qu’il n’avait pas encore imprimée, et il lui lança un regard qui voulait tout dire. Si passionnante, cette femme, dans tous ses mystères, ces choses qu’elle voulait cacher et que malgré lui il avait vues. Dispute pour un homme ? « Tu l’aimais, ce type ? » Pour être froide comme la glace, prétendre n’avoir rien ni personne, se blinder à en devenir folle, il fallait bien avoir aimé, elle ou lui, Itzal n’en savait rien, et il fallait bien aussi avoir été blessée au-delà du soutenable.

Il eut soudain une pensée bizarre, hors contexte, et ne put s’empêcher de sourire. « T’as quel âge, en fait ? » Est-ce qu’elle était une de ces personnes nées des siècles plus tôt, en fait ? La question était malpolie et hors contexte, un peu comme lui, quoi. Au moins, il reprenait du poil de la bête, petit à petit, se sentait à nouveau lui-même.

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MessageSujet: Re: Monsters helping monsters • Itzal&Persephone   Jeu 11 Jan - 22:17


Itzal&Perséphone




Des mauvais choix j'en avais fait. Il se disait que tout le monde en faisait, il n'y avait que la gravité et la quantité qui changeaient. Moi je voguais d'une terrible décision à une autre en me persuadant que je faisais la bonne chose car si je me rendais compte de ce que j'avais fait, tout tomberait en morceaux. C'était déjà arrivé et vu les dégâts que ça avait fait, je savais que je ne supporterais pas une deuxième catastrophe. Alors je vivais tête haute, avec une grande confiance en mes effroyables bêtises. Portant fièrement et joliment (il faut le dire) les traits de la folie.

« Qu’est-ce que ça peut te faire, ce que j’ai vu ? Ce sont des images que tu portes en toi, tu les connais mieux que moi, tu sais exactement de quoi il s’agit. »

Prenant une grande inspiration – pour changer des soupires parce que sinon j'allais sûrement faire de l'hyperventilation - pour me donner du courage je commençai : 

- Ce qui m’intéresse c’est ce que tu as perçu de ton côté. Si ce sont des rêves ou des souvenirs, si tu as entendu quelque chose ou constaté seulement des images. Est-ce que c’étaient des clichés ou des petits films entrecoupés ? As-tu ressenti mes émotions ou n’étais-tu que spectateur ? 

L’intérêt était plus scientifique que personnel de ce point de vue là. A croire que malgré tout, j’étais professionnelle en toutes circonstances. Bon et comme dit, je voulais aussi savoir à quel point il en avait vu de moi et qu’est ce qu’il en avait retiré, mais pour l’instant je n’en dis pas plus. Ça c’était personnel. Il fallait cacher le personnel. L'enterrer. Bien que j'avais l'impression d'essayer de cacher un immeuble sous une plume... De toute façon dans deux minutes j'allais changer d'avis. Ca ne faisait aucun sens.

« La blonde était en colère. Elle te hurlait dessus. Elle t’a poussée, et à mon avis, elle t’a tuée, vu ce que j’ai vu ensuite. »


Je soupirai. Ce souvenir là il me semblait l’avoir tellement usé et déformé qu’il ne pouvait plus m’atteindre aussi profondément qu’il l’avait fait en Enfer. J’avais tellement sassé et ressassé, je l’avais haït, intégré, ingéré. Il faisait partie de moi, avait construit le monstre, la folie et remplacé l’analyste de souris et analyste d’être humains. 
Je posai ma brique juste à côté de l’autre avant de les pousser un peu plus loin. Je me sentais mieux, mais pas encore de quoi se lever pour le moment. 

« Tu l’aimais, ce type ? »

A sa question, mes yeux se plantèrent plus durement dans ceux du brun. Il me sembla que mon cœur manqua un battement.

- À ton avis.

Autant répondre oui, mais je n’avais pas envie de lui donner ce plaisir. J’étais certaine qu’Itzal connaissait la réponse. Il n’avait pas besoin que je la lui donne avec trois petites lettres. Et j’espérais clairement que ça clorait le sujet de lui en donner si peu. 

« T’as quel âge, en fait ? »

Une porte de sortie ! Un autre sujet ! Miracle, je servis un sourire à Itzal.

- Trente-et-un ans. Ne dis pas que je les fait. Et toi ?


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MessageSujet: Re: Monsters helping monsters • Itzal&Persephone   Sam 20 Jan - 15:44

Monsters helping monsters
La situation reprenait lentement des airs de normalité, ce qui la rendait d’autant plus absurde. Plus calme maintenant qu’il avait l’assurance de ne pas se retrouver ouvert en deux sur une table en inox dans les dix prochaines minutes, Itzal lissait petit à petit l’amertume et la rage s’évacuer de ses veines, décidé à profiter de ce fragile moment avant qu’il ne s’évanouisse. Irrémédiablement, une paire de miliciens finirait par revenir le chercher pour le recoller dans sa cellule, ou le jeter directement dans l’Arène. Pendant ces précieuses minutes, il pouvait se payer le luxe ne pas y penser. Persephone, quant à elle, redevenait petit à petit cette froide scientifique à la curiosité mal placée qu’il croisait sans cesse dans les couloirs et qui le faisait tant marrer à l’époque où il n’était pas la victime de ce tempérament instable et exigeant. Par ses questions, elle tentait d’établir une distance pourtant inatteignable compte tenu qu’ils parlaient de sa vie et de son passé, et Itzal voyait bien qu’elle tenait de s’abriter derrière les faits, froids et concrets, mais en ce qui le concernait, ça ne prenait pas. Il avait eu soudain accès à une facette de cette femme qu’il n’aurait jamais soupçonnée, qu’il aurait préféré d’ailleurs ignorer tant la vie personnelle des gens l’intéressait peu, mais ce qui était fait était fait. Et les questions de Persephone ne déclenchaient en Itzal qu’un amusement cynique. Peu lui importait au final de lui donner ce qu’elle voulait. C’était son problème à elle, un problème qu’elle tentait de gérer d’une façon ou d’une autre, peu importait la façon. Il dut prendre le temps de réfléchir car les images lui avaient littéralement sauté à la gueule sans prévenir et il n’avait pas vraiment pris le temps d’analyser le moment en lui-même où c’était arrivé.

« Pas de son, non. Pour ce que j’ai ressenti… C’est difficile à dire. Je ne sais pas si c’est de l’interprétation de ma part ou si j’ai vraiment ressenti des émotions, que ce soit les miennes en voyant ces conneries, ou les tiennes, ou même celles de ta blonde et de ton type. » Quelle horreur ce serait, s’il ressentait, en quelque sorte, les émotions des autres. Mais c’était probablement inévitable. Ce n’était pas comme s’il était au cinéma, assis devant un écran à regarder un film linéaire comme un spectateur détaché, après tout. Il semblait bien qu’il s’agissait d’une sorte de connexion, d’esprit à esprit, alors bien sûr que c’était plus que des images. La réponse acerbe de Persephone lui arracha un sourire moqueur. Il n’avait pas d’avis sur la question, il voulait juste la faire parler. Ce n’était pas comme s’il n’y avait que l’amour, dans cette vie, et ce n’était pas comme si elle s’était un jour montrée intéressée par ce genre de saloperie. Le lien entre ce type et elle le plus évident, le plus téléphoné, était l’amour, et c’était bien de cela dont il s’agissait, surprise surprise. Itzal haussa les épaules. Par sa question, il changeait de sujet, et le soulagement de Persephone et la rapidité avec laquelle elle lui renvoya la balle sur un sujet dont elle se fichait probablement le conforta dans l’idée que malgré ses propos cinglants et sa hauteur, tout cela était un sujet de conversation qui la dérangeait, distance scientifique ou pas. Il lui rendit son sourire, tout aussi factice, déçu, malgré tout, qu’elle ne lui ait pas annoncé avoir trois mille ans ou un truc comme ça. Il zappa sagement sa remarque sur le fait qu’elle faisait son âge ou pas. Elle était déjà bien assez pénible comme ça. [color=indianred]« Trente-six. » C’était déjà bien trop long, comme vie, quand on y pensait. Trente-six ans de souvenirs entassés comme à la décharge, et qu’il fallait se traîner en permanence. Ou trente et un, en l’occurrence.

« Qu’est-ce que tu vas leur dire, à tes potes de la milice, quand ils vont revenir me chercher ? » Elle n’avait aucun pouvoir ici. En tout cas, pas celui de lui épargner la mort. Pourtant, il ne comprenait toujours pas ce qu’il faisait ici, au final. Le gouvernement qui perdait son temps à envoyer des voleurs d’énergie dans des labos ? Sur ce sujet-là, précisément, elle devait bien savoir ce que c’était que ce bordel. Ce qu'elle dirait à ses chefs dans son rapport. « Qu’est-ce que je fous là, Persephone ? » Il ne lui restait plus beaucoup de temps.

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MessageSujet: Re: Monsters helping monsters • Itzal&Persephone   Lun 29 Jan - 21:01


Itzal&Perséphone




Pas de son donc. Peut-être des images, peut-être des films, mais pas de son. C'était très bien, ça m'arrangeait. Voir était déjà bien suffisant... Sauf si on pouvait prendre le contrôle de ce pouvoir. L'utiliser, l'apprécier à sa juste valeur. Voir ça comme une capacité et non une malédiction. Moi dont la curiosité était souvent intarissable, assurément je pourrait adorer de posséder une telle force... Mais pas tous les inconvénients qui allaient avec.
J'aurais presque pu prendre un petit carnet de notes pour ne pas perdre une miette de ce qu'Itzal me confiait. Mais honnêtement, je doutais d'oublier quoi que ce soit... Et puis de toute façon je n'avais toujours aucune envie de me lever. La gravité était encore beaucoup trop forte.
A l'évocation de mon histoire exprimée en « conneries », je tiquai cependant et relevai les yeux d'un air de défi vers le brun.

- Un peu de respect pour mes souvenirs je te prie.

Comme si on pouvait parler de respect dans une situation pareille. Qu'il ose seulement relever, je ne faisais jamais que mon travail ici. Je le faisais bien en plus. Et encore une fois, ça lui avait sauvé la vie ! Et ça avait faillit me tuer.
Mais encore une fois, tout ça n'était évidemment pas qu'un geste de bonté, je n'étais pas Sainte Perséphone, je ne l'étais plus. Un passage en Enfer ça vous change un Ange... A une époque j'aurais voulu le faire s'échapper d'ici, j'aurais risque ma vie plus qu'en prenant sûrement à charge un dangereux prisonnier mal attaché. Mais à une autre époque je l'aurais aussi juste laissé pourrir en prison, totalement indifférente à son sort. Peut-être que le temps qui m'éloignait de Darkness Fall m'éloignait aussi du monstre que ce lieu avait fait de moi...

« Trente-six. »

Ah. Oui. Sûrement ce qu'il y avait de noté sur la fiche médicale. J'haussai les épaules, rien de neuf à l'horizon mais s'il voulait aussi qu'on parle horoscope j'étais prête. Pas comme si je comptais m'enfuir à toutes jambes dans les secondes qui suivaient.

« Qu’est-ce que tu vas leur dire, à tes potes de la milice, quand ils vont revenir me chercher ? »


Sondant le regard du voleur d'énergie, je tentais d'y lire ses émotions. Sa peur, son inquiétude, peu importe quoi de plus profond que du mépris. C'était trop simple de mépriser, détester, juger. Moi j'essayais de comprendre... Peut-être aussi parce que c'était mon métier, peut-être parce que j'étais faite comme ça.
Enfin ce n'était pas non plus comme si j'allais lui en vouloir de me haïr pour avoir levé mes armes scientifiques vers lui. Mais honnêtement cette fois-ci il avait échappé au pire. A la prochaine danse, il serait attaché correctement et je ferais mon travail comme je savais le faire.

- Je leurs dirait que je n'en ai pas fini avec toi.

Enfin je me relevai doucement, vraiment doucement, les mains toujours accrochée derrière moi cependant. Pendant un moment j'évaluais mon équilibre avant d'estimer que je pouvais correctement reprendre la conversation.

« Qu’est-ce que je fous là, Perséphone ? »


- Tu es là parce que - malheureusement pour toi - je te trouve sympathique et que je pensais que le sort qu'ils te réservaient était un peu trop lugubre.

Encore une fois je m'étirais avant de faire un pas vers mon bureau.

- Puis qui sait ? Tu feras peut-être de moi une super chercheuse ! … Bon. Il se fait tard.

J'appuyai sur un bouton qui communiquait avec l'autre côté de la porte insonorisée.

- Vous pouvez venir le chercher.

Avant de laisser les portes s'écarter et deux miliciens entrer pour récupérer un Itzal debout et libre de ses mouvements. Peut-être que ça les surpris, peut-être qu'ils avaient déjà vu bien pire.

- Bonne nuit Itzal. Reposes toi bien, on se revoit demain.



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