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 this could be heaven or this could be hell (orfeo)

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MASTER OF ILLUSIONS

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↳ Opinion Politique : neutre. Pro gouvernement pour les apparences, coincée dans ce rôle qui la fait se sentir comme un imposteur.
↳ Niveau de Compétences : Un travail acharné dès l'adolescence lui a permis d'atteindre un niveau 3 général ( niveau 4 en perception de fantômes, niveau 3 en rêves prémonitoires, elle pratique le reste de façon très sporadique et très superficielle.) Cependant, en raison des événements qui ont bouleversé sa vie et de la magie qui disjoncte, ses compétences générales sont retombées au niveau 2.
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MessageSujet: this could be heaven or this could be hell (orfeo)    Jeu 2 Nov - 19:43

this could be heaven or this could be hell  
Beatriz & Orfeo
Up ahead in the distance, I saw a shimmering light.My head grew heavy and my sight grew dim. I had to stop for the night.

Noah n’arrêtait pas de pleurer, et je ne savais plus quoi faire pour qu’il se calme enfin. Le bébé braillait à pleins poumons, son visage s’était coloré d’un beau rouge brique  - celui de la colère – et il était poisseux de larmes et de morve. Quand je le voyais dans cet état, je ne comprenais vraiment pas l’engouement des adultes envers les enfants en bas âge et par extension envers les bébés. Ce n’était que mon opinion, mais je les trouvais vraiment laids et passablement inutiles. Ils ne faisaient rien d’autre à part manger et dormir, ils étaient complètement dépendants de leurs parents et seuls, ils ne survivraient pas. Noah ne faisait pas figure d’exception. Ce n’était pas parce qu’il était sorti de mon vagin que ça le rendait exceptionnel. Pourtant, tous les adultes autour de moi semblaient penser que ce n’était pas pareil quand c’était son enfant à soi. C’était comme s’il existait une loi universelle qui poussait les jeunes parents à adorer leurs enfants, à plus forte raison quand le parent concerné était une femme – le fameux instinct maternel, vous savez. Manque de chance, je faisais partie des exceptions à cette règle qui semblait pourtant immuable, gravée dans le marbre. Je ne faisais pas partie de ces parents qui tombaient en pâmoison devant leurs rejetons. Et quand ces pensées délétères venaient m’assaillir, la culpabilité venait me grignoter de l’intérieur. Quelle mère digne de ce nom pensait cela de son bébé ? Une mère dont l’enfant n’était pas désiré, probablement. Car c’est là que le bât blesse, je n’ai jamais voulu cette situation, je ne faisais que la subir et j’essayais de m’adapter autant que possible à tous ces changements qui avaient bouleversé ma vie. J’en venais même à penser que l’Apocalypse, la vraie ; celle qui avait noyé New York et toute la moitié  nord du pays était de la gnognotte à côté de ce que je vivais en tant que jeune mère.  

Je n’arrivais donc pas à calmer Noah et j’avais pourtant tout essayé. Sa couche était propre, il n’avait apparemment pas faim et ses vêtements n’étaient pas trop serrés. J’avais même vérifié s’il n’avait pas de fièvre. Si j’avais bien appris quelque chose ces derniers mois, c’est que les bébés ne pleuraient pas sans raison parce qu’ils n’avaient pas encore la notion de caprice. Je ne faisais donc pas partie de ces parents qui laissaient pleurer le petit pour leur apprendre la vie, leur apprendre très jeunes la frustration ferait apparemment d’eux des adultes responsables et raisonnable. Aussi l’entendre pleurer me déchirait-il le cœur bien plus que les oreilles. Ça me faisait tout simplement mal de me sentir aussi impuissante face à la détresse de mon propre fils. Alors je surmontai mes réticences pour le prendre dans mes bras et le serrer contre moi tout en le berçant. Je faisais les cent pas dans la pièce parce que j’avais besoin de bouger, de me dégourdir les pattes. Cela n’eut pas vraiment l’effet escompté. Peut-être sentait-il mon hostilité envers lui et dans ce cas je n’y pouvais pas grand-chose, à part prendre sur moi, comme d’habitude. Je n’étais pas une mère, j’étais une sorcière avant tout. Et gérer le gros chagrin d’un bébé ne faisait définitivement pas partie de toutes ces choses que j’ai apprises pendant mon périple. Je m’arrêtai brutalement, comme si je venais d’avoir une idée. Quelle idiote ! Pourquoi je n’y avais pas pensé plus tôt ? J’étais une sorcière bon sang, et il n’y avait aucun problème que la magie ne saurait pas résoudre. Alors je revins m’installer dans le fauteuil, Noah dans mes bras et je me concentrai très fort pour capter la première onde magique venue. Mon fils sembla comprendre que quelque chose se passait puisqu’il cessa de pleurer pour me regarder attentivement. Je ne m’arrêtai pas pour autant, je m’efforçais de rassembler le peu de magie que je parvenais à capter. J’étais en train d’essayer de créer une illusion, qui consistait à faire flotter des boules de lumière à la manière d’un mobile, et de les faire tournoyer pour distraire Noah. Sauf que la magie devenait une denrée rare à cause des brèches ouvertes vers Darkness Falls, et je ne parvenais pas à en rassembler suffisamment pour faire ce que je voulais. Alors les légères lignes lumineuses que j’avais tracées dans les airs s’évanouirent presque aussitôt. Il en résulta un début de migraine extrêmement désagréable et je mis quelques instants avant de me stabiliser, de me reconnecter au monde réel.  

J’avais échoué.

Ce constat était particulièrement amer et me laissa un goût désagréable dans la bouche. J’étais épuisée, au bout du rouleau et je n’étais plus capable de mobiliser même une quantité infime de magie pour tenter d’en faire quelque chose. D’ailleurs, non contente d’avoir raté mon illusion, je me rendis compte que je saignais du nez. En effet, lorsque je portai mes doigts à mon visage, ils étaient poisseux de sang. Fait chier. Tenant Noah d’un bras, je me levai pour partir à la recherche d’un mouchoir. J’en attrapai un, pour ensuite le presser contre mon nez qui continuait à saigner. La douleur était tellement forte que j’en avais les larmes aux yeux, je battais exagérément des paupières pour les chasser. Elles roulaient sur mes joues blêmes et mon maquillage dégoulinait. En m’essuyant les yeux je m’étais transformée en panda. Nous avions bien piètre allure tous les deux. L’avantage , c’est que j’avais enfin réussi à le calmer. Il jouait à présent avec mes cheveux. C’est à ce moment là qu’on sonna à ma porte. Pressant le mouchoir imbibé de sang contre mon nez, j’allai ouvrir, priant pour que mon visiteur soit dissuadé de s’incruster en voyant que ce n’était pas le moment.  

« Qui c’est, à ton avis ? » chuchotai-je au bébé, le calant un peu mieux contre moi, avant de presser mes lèvres dans ses cheveux blonds. « On attendait quelqu’un ? »  

Il n’y avait qu’une façon de le savoir. J’ouvris la  porte, défaisant les verrous un par un, puis je m’écartai légèrement pour laisser passer Orfeo. Mon regard s’éclaira aussitôt que je le reconnus. Peu importaient les circonstances de ses visites, j’étais toujours contente de le voir. Je lui adressai un sourire timide. Bien que je le connaissais depuis quelques mois il avait ce truc qui m’intimidait, un charisme que je n’avais vraisemblablement pas et qui me faisait me sentir toute petite face à lui.

« Entre. » l’accueillis-je le plus chaleureusement possible – j’avais maladroitement planqué mon mouchoir ensanglanté dans ma manche, ni vu ni connu. « Tu veux quelque chose à boire ? Je crois qu’un thé s’impose. Ou du café. Ou un cocktail sans alcool. Je dois encore avoir du sirop et de la limonade quelque part. »  

En tant que barmaid je savais faire les cocktails comme personne, et quelque part ça me manquait de ne plus en faire autant qu’avant, Prohibition et rationnement des ressources oblige. Noah, lui, jouait toujours avec mes cheveux. C’était toujours ça de gagné.  
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MessageSujet: Re: this could be heaven or this could be hell (orfeo)    Sam 2 Déc - 2:00



this could be heaven or this could be hell
Up ahead in the distance, I saw a shimmering light.My head grew heavy and my sight grew dim. I had to stop for the night.



Un coup d’oeil dans le miroir de la salle de bain. Quelques secondes suffisantes pour voir les cicatrices toujours présentes sur son corps. Son aîné ne l’avait pas loupé. D’ailleurs, il n’avait toujours pas pu reprendre son boulot, malgré les soins procurés par un autre sorcier. Les blessures étaient trop profondes pour se résorber en une seule fois. Il lui faudrait plusieurs semaines encore, en comptant la réhabilitation. Encore heureux qu’il n’ait été touché que sur le haut du corps, il pouvait au moins se déplacer dans les rues de la Nouvelle-Orléans sans avoir besoin d’un accompagnateur. Il n’aurait clairement pas accepté de devoir se faire aider pour le moindre mouvement, geste. Ca l’aurait envoyé sept cent cinquante ans en arrière, à cette époque où le retard mental lui avait bouffé la vie. Aujourd’hui encore, il ressentait une espèce de frustration à l’encontre de cette période. Il ne savait pas pourquoi il avait eu ces problèmes, préférant se dire jour après jour qu’il s’agissait simplement du mauvais œil qui avait été attiré sur sa famille. Après tout, les fratricides étaient communs dans leur dynastie, et il ne pouvait y avoir qu’une seule raison à cela : Dieu qui avait décidé de les punir. Pourquoi ? Il n’y avait aucune idée… Si seulement il était au courant du viol, de l’inceste dont il était issu… Son discours changerait certainement.

Néanmoins, il y avait eu un effet positif à cette seconde – presque – mort : il était en pleine possession de ses pouvoirs, là où nombre d’autres les voyait s’éteindre, ou ne plus répondre. Les raisons n’étaient pas claires, mais cela ne l’intéressait plus. Le sang humain qu’on lui avait injecté, pour éviter son décès lui avait permis de récupérer une vivacité certaine, et il lui permettait désormais de reprendre ses entraînements avec plus de régularité. Cependant, il ne se rendait pas compte de la noirceur qui l’enveloppait, l’étouffait un peu plus à chaque utilisation interdite. En avait-il quelque chose à faire ? Non. Il se glissait dans la malédiction familiale, s’en paraissait avec panache et appréciation. Si son aîné n’en voulait plus, lui la garderait. Comme si cela pouvait le détacher de cet être. Il disait l’aimer ce frère, et c’était certainement vrai, réel. Cependant, il savait aussi qu’il mourrait de sa main un jour. Et cette connaissance l’empêchait de lui faire confiance autant qu’une partie de lui le voudrait. La lucidité prévalait sur le reste, dont l’amour fraternel. Combien de temps se mentiront-ils encore, à tenter de se sauver tout en s’attirant chacun vers les ténèbres ? Bientôt, leurs rôles s’échangeront, la lumière retrouvera les ombres, et les ténèbres retrouveront la clarté.

Un coup de poing explosa la glace en dizaines de morceaux. La peau de sa main fut écorchée à plusieurs reprises, mais qu’importait : il avait repris le contrôle sur ses pensées. Respiration lourde, il se recula de quelques pas. Le regard se posa sur le sang s’écoulant de ses doigts. Heureusement que ce n’était que des éraflures… Ses réflexes de pompiers prirent le dessus, et un bandage fut bien vite enroulé autour des petites blessures. De quoi les camoufler, alors qu’il enfilait une chemise blanche sur son épaule. Il ignorait la souffrance que provoquaient les gestes, refusant de se laisser aller à une telle faiblesse. Et puis, se vautrer en attendant que ça passe était la meilleure des idées pour que rien ne s’arrange. De plus, il fallait qu’il aille voir certaines personnes. Lucrezia, qui ne donnait plus de nouvelles. Mais aussi Beatriz, qu’il avait en quelque sorte pris sous son aile. Il avait un peu assisté à un accouchement et un déni de grossesse, ça rapprochait quand même…

Ce fut d’ailleurs cette dernière qu’il décida de passer voir en premier, chez elle. Après tout, elle n’habitait qu’à quelques pas de chez lui… Un manteau fut attrapé en même temps que ses clefs, et il quitta l’appartement en trombe.

Quelques pas dans les ruelles vides d’ambiance de la Nouvelle-Orléans, avant que ses doigts n’actionnent la sonnette de chez son amie. Quelques secondes d’attente, longues, trop longues, pour entendre les verrous se déclencher, et la porte s’ouvrir sur les boucles rousses de Beatriz. Un léger sourire pointa le bout de son nez, jusqu’à ce que ses yeux accrochent le maquillage réduit à néant, et son odorat l’odeur de rouille un peu trop présente. Un sourcil se arqua, mais il ne pipa mot pour le moment. Ses lèvres se posèrent simplement sur le front de la jeune femme, avant s’ébouriffer le peu  de cheveux de Noah. Noah, un nom qui lui évoquait en temps normal tout autre chose. Un souvenir de sa vie passée en l’occurrence. Une époque révolue, dieu merci. Même si Mikkel lui avait remis dans la face ce qu’il était vraiment.. Non, mieux valait ne pas y repenser.

« Beatriz, tu vas bien ? » Sourire retrouvé, manipulé. Elle irait certainement lui mentir, chose qu’il pouvait comprendre, mais qu’il n’appréciait guère. Son regard devait d’ailleurs le montrer, si elle parvenait à lire derrière les iris bleues. La porte se referma derrière lui. « Un cocktail sans alcool, pourquoi pas, mais seulement si tu es en forme pour le faire. Laisse-moi prendre Noah dans les bras le temps de. » Le gamin changea de bras, riant et tirant sur le col de la chemise d’Orfeo. Sourire amusé de la part du sorcier, qui n’avait jamais eu l’occasion d’user de sa fibre paternelle avant cette rencontre. Il se déplaça dans l’appartement, laissant ses yeux balayer la pièce principale. Puis son regard se reposa sur le visage de la rousse. « Tu sembles mal en point. Tu as pleuré. » Affirmation, curiosité malsaine d’un côté, il n’hésita pourtant pas.

« Tu sais que tu peux me parler, si quelque chose ne va pas. »

Il était toujours là pour aider, sans arrière-pensée qu’on disait souvent. Pourtant, il s’agissait surtout d’oublier l’horreur, celle qui condamnait sa lucidité. L’Enfer toujours présent dans l’inconscient, qui prenait le pas sur son esprit. De simples éclats, rien de bien grave. Combien de temps tiendra-t-il encore, dans cette gentillesse et douceur qui l’avait tant caractérisé…

_________________
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MessageSujet: Re: this could be heaven or this could be hell (orfeo)    Mar 19 Déc - 9:46

this could be heaven or this could be hell  
Beatriz & Orfeo
Up ahead in the distance, I saw a shimmering light.My head grew heavy and my sight grew dim. I had to stop for the night.

En tout et pour tout, je ne connaissais Orfeo que depuis six mois, depuis la naissance de mon fils parce que c'est à ce moment là que tout a commencé. Pourtant, j'avais l'impression que je le connaissais depuis plus longtemps que ça, parce qu'il y avait ce lien si particulier qui nous unissait. Il m'avait repêchée alors que je me trouvais totalement déstabilisée en raison des gros changements qui étaient survenus dans ma vie dernièrement. Pour sûr, un accouchement surprise, ce n'était pas rien comme changement. Ça avait foutu ma vie en l'air, ça m'avait mise sens dessus-dessous, ça avait été une onde de choc comparable à un séisme qui avait tout ravagé sur son passage. Le hasard – ou bien la chance – avait voulu qu'Orfeo passe par ici à ce moment-là. Peut-être que mon karma n'était pas si pourri en fin de compte, puisque aujourd'hui Orfeo était l'une des personnes qui comptaient le plus pour moi. Il avait été là au moment où tout foutait le camp, et pour cela je lui en serais éternellement reconnaissante. Pour ainsi dire, le pompier nous avait pris sous son aile, Noah et moi, de telle sorte que je me sentais beaucoup moins seule,  beaucoup moins démunie. Il m'arrivait parfois de penser que je ne méritais pas ce cadeau du ciel, parce que j'avais abandonné bien des personnes derrière moi et occasionné des dommages irréversibles. Je portais mon âme maudite comme un fardeau, comme le Christ avait porté sa croix, sauf qu'au bout du chemin il n'y avait pas de pardon, pas de salut, pas de rédemption. Il n'y avait que la promesse d'une éternité de tourments, parce qu'il n'était pas facile de purifier son âme de ses propres péchés, parce que quand les ténèbres avaient apposé leur marque il était dès lors impossible de s'en débarrasser. J'en savais quelque chose, c'était une lutte de tous les instants. Je ne bénéficiais d'aucun répit, il suffisait d'un rien pour que je bascule à nouveau, la tête la première, et dès lors, tous mes efforts seraient anéantis.

On ne peut pas changer sa véritable nature.
C'était toujours là, planquée sous l'hypocrisie de l'existence et ses faux semblants. Ça nous laisse croire qu'on peut être maître de son destin, qu'on peut faire des choix qui entraîneront certaines conséquences, mais la fin, elle, était toujours la même, quelle que soit la route que l'on décide d'emprunter.
C'était désolant, de voir autant de fatalisme chez une personne aussi jeune, mais mon expérience m'a appris qu'en réalité, je n'y pouvais pas grand-chose. Le mal m'avait choisie, et il m'aura quoiqu'il arrive , quoique je puisse faire pour laver mon karma de mes mauvaises actions.

Alors, quand Orfeo m'embrassa sur le front et  me demanda si j'allais bien, je ne savais pas vraiment quoi lui répondre.  J'étais tentée de faire semblant d'aller bien, parce qu'en réalité personne ne prêtait attention à mes états d'âme. Ce n'était pas spécialement dirigé contre moi, à dire vrai, quand une personne posait cette question fatidique à une autre personne, elle ne s'attendait pas forcément à ce que son interlocuteur fasse un exposé en deux parties deux sous parties de ses menus malheurs, aussi se bornait-il à répondre un ça va vide de sens, parce que ça n'engageait à rien. Seulement, Orfeo n'était pas n'importe qui et surtout, il savait pertinemment que ça n'allait pas. Il savait que je ne m'en sortais pas avec le bébé et que ma magie partait en vrille. Était-ce ce qu'il avait besoin d'entendre ? Souhaitait-il que je verbalise tout ça ? Ce faisant, ne leur conférerais-je pas une réalité que je ne souhaitais pas leur donner ? Ce n'était pas parce qu'on ne nommait pas une chose qu'elle n'existait pas. Ce n'était pas non plus en planquant la pourriture sous le tapis qu'elle allait disparaître. Orfeo, cependant, ne semblait pas s'attendre à ce que je lui réponde à brûle-pourpoint, il s'intéressa à mon histoire de cocktail sans alcool et dut juger ma proposition alléchante – à moins qu'il veuille tout simplement me faire plaisir en me permettant de m'amuser pendant quelques précieuses minutes - puisqu'il accepta que je lui en fasse un, à condition que je sois en forme pour le faire.

Bien trop heureuse de pouvoir lui refourguer Noah, je lui adressai un sourire rayonnant avant de lui donner l'enfant et de rajuster mon chemisier. Il faut dire qu'en tant que jeune mère allaitante j'avais toujours l'air d'être déraillée. Au moins le bébé ne braillait-il plus, ce qui était toujours ça de pris. Ces quelques secondes de silence étaient les bienvenues. Comme promis, je m'attelai à la tâche, sortant les différentes briques de jus du frigo et, minutieusement, je les versai étape par étape dans un shaker. Cela ne distrait pas Orfeo pour autant puisqu'il revint à la charge, avisant mon visage fatigué et maculé de traces de maquillage noirâtres, maquillage qui avait coulé pendant ma crise de larmes. Il venait de le souligner, ce qui me valut de me renfrogner. Il ajouta ensuite que je pouvais lui parler si j'en ressentais le besoin. J'adressai à l'italien un regard torve. Malgré l'affection que je lui portais, ce n'était pas facile de lâcher prise. Je poussai le verre plein vers Orfeo puis je sortis une cigarette d’un paquet à moitié écrabouillé et la coinçai entre mes lèvres desséchées.

« Tu ne me balanceras pas, hein ? » m'enquis-je en l'allumant. Puis j'en tirai une latte, non sans soupirer de plaisir. « J'aérerai après, je n'aime pas non plus quand une pièce est aussi enfumée qu'un bocal. »

C'est surtout que je ne voulais pas risquer que quelqu'un nous voit si j'ouvrais la fenêtre. En fumant cette simple cigarette j'étais en train d'enfreindre une des règles de la Prohibition, et si je n'avais pas un minimum confiance en Orfeo, je ne me serais jamais risquée à le faire devant lui. Le discernement me faisait certes cruellement défaut ces temps-ci mais je n'étais pas non plus suicidaire. Alors, pourquoi je n'arrivais pas à lâcher prise, à lui faire part de mes tourments ? Probablement était-ce parce que je continuais à m'auto-censurer. Je lâchai un profond soupir, non sans expirer un nuage de fumée, puis je posai mes fesses contre le meuble derrière moi, et je m'y appuyai en croisant les chevilles devant moi.

« J'ai essayé de créer une illusion pour distraire Noah. » annonçai-je de but en blanc, tout en vérifiant machinalement que mon nez ne saignait plus. « Mais comme tu peux le voir ça n'a pas été très concluant. Je n'ai même plus assez d'énergie pour créer la moindre petite étincelle et ça m'énerve. »

C'était peu de le dire car en réalité, j'étais horriblement frustrée. La magie était toute ma vie depuis de nombreuses années, j'avais consacré toute mon adolescence à son apprentissage et je regrettais le temps où j'étais une sorcière puissante, quoique maléfique. J'esquissai une moue dégoûtée. Bien évidemment ma magie défaillante n'était pas la seule source de mes tourments, bon nombre d'autres facteurs entraient aussi en jeu.

« Alors oui , j'ai pleuré, mais franchement, est-ce si surprenant ? » Tu voulais la vérité, Orfeo, et la voilà presque toute nue. « Je suis au bout du rouleau, Orfeo. Mes nuits sont peuplées de rêves bizarres quand j'arrive à fermer l'œil et quand je ne rêve pas c'est Noah qui me réveille pour sa tétée. J'ai les seins gercés à force d'allaiter et ils sont si douloureux et enflés que j'ai l'impression qu'ils vont exploser, et c'est actuellement la partie la moins sexy de mon corps. » Et tant pis pour les détails sordides car en tant que pompier, Orfeo en avait sûrement vu d'autres. « Qui plus est j'ai toujours l'air d'être enceinte de trois mois et je me trouve affreuse à chaque fois que je me regarde dans la glace. Alors oui j'en ai ras le bol et j'ai perpétuellement des envies de meurtre. »

Ma voix tremblait de rage et montait dans les aigus. Par-dessus le marché, les larmes menaçaient de déborder à tout moment, et j'éprouvais de grosses difficultés à contenir cette fureur qui me bouffait de l'intérieur . Je tirai sur ma cigarette avec agacement , puis je détournai les yeux pour regarder le plafond.

« Mais à part ça tout va bien. » ironisai-je en reniflant piteusement.

Mon nez, entre temps, s'était remis à saigner.  
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MessageSujet: Re: this could be heaven or this could be hell (orfeo)    

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