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 this could be heaven or this could be hell (orfeo)

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MASTER OF ILLUSIONS

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↳ Arrivé depuis le : 20/10/2017
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↳ Métier : assistante d'Esperanza O'Connell, au Mary Rose. Anciennement barmaid.
↳ Opinion Politique : neutre. Pro gouvernement pour les apparences, coincée dans ce rôle qui la fait se sentir comme un imposteur.
↳ Niveau de Compétences : Un travail acharné dès l'adolescence lui a permis d'atteindre un niveau 3 général ( niveau 4 en perception de fantômes, niveau 3 en rêves prémonitoires, elle pratique le reste de façon très sporadique et très superficielle.) Cependant, en raison des événements qui ont bouleversé sa vie et de la magie qui disjoncte, ses compétences générales sont retombées au niveau 2.
↳ Playlist : way down we go + kaleo
hard times + seinabo sey
sober + p!nk
cupid carries a gun + marilyn manson
sin + nine inch nails
criminal + fiona apple
take me down + the pretty reckless
gods and monsters + lana del rey
humanity + scorpions
cold little heart + michael kiwanuka
↳ Citation : Before embarking on a journey of revenge first dig two graves.
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MessageSujet: this could be heaven or this could be hell (orfeo)    Jeu 2 Nov - 19:43

this could be heaven or this could be hell  
Beatriz & Orfeo
Up ahead in the distance, I saw a shimmering light.My head grew heavy and my sight grew dim. I had to stop for the night.

Noah n’arrêtait pas de pleurer, et je ne savais plus quoi faire pour qu’il se calme enfin. Le bébé braillait à pleins poumons, son visage s’était coloré d’un beau rouge brique  - celui de la colère – et il était poisseux de larmes et de morve. Quand je le voyais dans cet état, je ne comprenais vraiment pas l’engouement des adultes envers les enfants en bas âge et par extension envers les bébés. Ce n’était que mon opinion, mais je les trouvais vraiment laids et passablement inutiles. Ils ne faisaient rien d’autre à part manger et dormir, ils étaient complètement dépendants de leurs parents et seuls, ils ne survivraient pas. Noah ne faisait pas figure d’exception. Ce n’était pas parce qu’il était sorti de mon vagin que ça le rendait exceptionnel. Pourtant, tous les adultes autour de moi semblaient penser que ce n’était pas pareil quand c’était son enfant à soi. C’était comme s’il existait une loi universelle qui poussait les jeunes parents à adorer leurs enfants, à plus forte raison quand le parent concerné était une femme – le fameux instinct maternel, vous savez. Manque de chance, je faisais partie des exceptions à cette règle qui semblait pourtant immuable, gravée dans le marbre. Je ne faisais pas partie de ces parents qui tombaient en pâmoison devant leurs rejetons. Et quand ces pensées délétères venaient m’assaillir, la culpabilité venait me grignoter de l’intérieur. Quelle mère digne de ce nom pensait cela de son bébé ? Une mère dont l’enfant n’était pas désiré, probablement. Car c’est là que le bât blesse, je n’ai jamais voulu cette situation, je ne faisais que la subir et j’essayais de m’adapter autant que possible à tous ces changements qui avaient bouleversé ma vie. J’en venais même à penser que l’Apocalypse, la vraie ; celle qui avait noyé New York et toute la moitié  nord du pays était de la gnognotte à côté de ce que je vivais en tant que jeune mère.  

Je n’arrivais donc pas à calmer Noah et j’avais pourtant tout essayé. Sa couche était propre, il n’avait apparemment pas faim et ses vêtements n’étaient pas trop serrés. J’avais même vérifié s’il n’avait pas de fièvre. Si j’avais bien appris quelque chose ces derniers mois, c’est que les bébés ne pleuraient pas sans raison parce qu’ils n’avaient pas encore la notion de caprice. Je ne faisais donc pas partie de ces parents qui laissaient pleurer le petit pour leur apprendre la vie, leur apprendre très jeunes la frustration ferait apparemment d’eux des adultes responsables et raisonnable. Aussi l’entendre pleurer me déchirait-il le cœur bien plus que les oreilles. Ça me faisait tout simplement mal de me sentir aussi impuissante face à la détresse de mon propre fils. Alors je surmontai mes réticences pour le prendre dans mes bras et le serrer contre moi tout en le berçant. Je faisais les cent pas dans la pièce parce que j’avais besoin de bouger, de me dégourdir les pattes. Cela n’eut pas vraiment l’effet escompté. Peut-être sentait-il mon hostilité envers lui et dans ce cas je n’y pouvais pas grand-chose, à part prendre sur moi, comme d’habitude. Je n’étais pas une mère, j’étais une sorcière avant tout. Et gérer le gros chagrin d’un bébé ne faisait définitivement pas partie de toutes ces choses que j’ai apprises pendant mon périple. Je m’arrêtai brutalement, comme si je venais d’avoir une idée. Quelle idiote ! Pourquoi je n’y avais pas pensé plus tôt ? J’étais une sorcière bon sang, et il n’y avait aucun problème que la magie ne saurait pas résoudre. Alors je revins m’installer dans le fauteuil, Noah dans mes bras et je me concentrai très fort pour capter la première onde magique venue. Mon fils sembla comprendre que quelque chose se passait puisqu’il cessa de pleurer pour me regarder attentivement. Je ne m’arrêtai pas pour autant, je m’efforçais de rassembler le peu de magie que je parvenais à capter. J’étais en train d’essayer de créer une illusion, qui consistait à faire flotter des boules de lumière à la manière d’un mobile, et de les faire tournoyer pour distraire Noah. Sauf que la magie devenait une denrée rare à cause des brèches ouvertes vers Darkness Falls, et je ne parvenais pas à en rassembler suffisamment pour faire ce que je voulais. Alors les légères lignes lumineuses que j’avais tracées dans les airs s’évanouirent presque aussitôt. Il en résulta un début de migraine extrêmement désagréable et je mis quelques instants avant de me stabiliser, de me reconnecter au monde réel.  

J’avais échoué.

Ce constat était particulièrement amer et me laissa un goût désagréable dans la bouche. J’étais épuisée, au bout du rouleau et je n’étais plus capable de mobiliser même une quantité infime de magie pour tenter d’en faire quelque chose. D’ailleurs, non contente d’avoir raté mon illusion, je me rendis compte que je saignais du nez. En effet, lorsque je portai mes doigts à mon visage, ils étaient poisseux de sang. Fait chier. Tenant Noah d’un bras, je me levai pour partir à la recherche d’un mouchoir. J’en attrapai un, pour ensuite le presser contre mon nez qui continuait à saigner. La douleur était tellement forte que j’en avais les larmes aux yeux, je battais exagérément des paupières pour les chasser. Elles roulaient sur mes joues blêmes et mon maquillage dégoulinait. En m’essuyant les yeux je m’étais transformée en panda. Nous avions bien piètre allure tous les deux. L’avantage , c’est que j’avais enfin réussi à le calmer. Il jouait à présent avec mes cheveux. C’est à ce moment là qu’on sonna à ma porte. Pressant le mouchoir imbibé de sang contre mon nez, j’allai ouvrir, priant pour que mon visiteur soit dissuadé de s’incruster en voyant que ce n’était pas le moment.  

« Qui c’est, à ton avis ? » chuchotai-je au bébé, le calant un peu mieux contre moi, avant de presser mes lèvres dans ses cheveux blonds. « On attendait quelqu’un ? »  

Il n’y avait qu’une façon de le savoir. J’ouvris la  porte, défaisant les verrous un par un, puis je m’écartai légèrement pour laisser passer Orfeo. Mon regard s’éclaira aussitôt que je le reconnus. Peu importaient les circonstances de ses visites, j’étais toujours contente de le voir. Je lui adressai un sourire timide. Bien que je le connaissais depuis quelques mois il avait ce truc qui m’intimidait, un charisme que je n’avais vraisemblablement pas et qui me faisait me sentir toute petite face à lui.

« Entre. » l’accueillis-je le plus chaleureusement possible – j’avais maladroitement planqué mon mouchoir ensanglanté dans ma manche, ni vu ni connu. « Tu veux quelque chose à boire ? Je crois qu’un thé s’impose. Ou du café. Ou un cocktail sans alcool. Je dois encore avoir du sirop et de la limonade quelque part. »  

En tant que barmaid je savais faire les cocktails comme personne, et quelque part ça me manquait de ne plus en faire autant qu’avant, Prohibition et rationnement des ressources oblige. Noah, lui, jouait toujours avec mes cheveux. C’était toujours ça de gagné.  
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↳ Playlist : Danse macabre ~ Delain / Innocence ~ Tarja / Edge of the blade, Beyond the Matrix ~ Epica / We are murderrs ~ Xandria / Wings of Madness ~ Serenity
↳ Citation : "We both strive for the same end. Only our methods differ. Do you not see that? Peace. Stability. A world where men live without fear."
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MessageSujet: Re: this could be heaven or this could be hell (orfeo)    Sam 2 Déc - 2:00



this could be heaven or this could be hell
Up ahead in the distance, I saw a shimmering light.My head grew heavy and my sight grew dim. I had to stop for the night.



Un coup d’oeil dans le miroir de la salle de bain. Quelques secondes suffisantes pour voir les cicatrices toujours présentes sur son corps. Son aîné ne l’avait pas loupé. D’ailleurs, il n’avait toujours pas pu reprendre son boulot, malgré les soins procurés par un autre sorcier. Les blessures étaient trop profondes pour se résorber en une seule fois. Il lui faudrait plusieurs semaines encore, en comptant la réhabilitation. Encore heureux qu’il n’ait été touché que sur le haut du corps, il pouvait au moins se déplacer dans les rues de la Nouvelle-Orléans sans avoir besoin d’un accompagnateur. Il n’aurait clairement pas accepté de devoir se faire aider pour le moindre mouvement, geste. Ca l’aurait envoyé sept cent cinquante ans en arrière, à cette époque où le retard mental lui avait bouffé la vie. Aujourd’hui encore, il ressentait une espèce de frustration à l’encontre de cette période. Il ne savait pas pourquoi il avait eu ces problèmes, préférant se dire jour après jour qu’il s’agissait simplement du mauvais œil qui avait été attiré sur sa famille. Après tout, les fratricides étaient communs dans leur dynastie, et il ne pouvait y avoir qu’une seule raison à cela : Dieu qui avait décidé de les punir. Pourquoi ? Il n’y avait aucune idée… Si seulement il était au courant du viol, de l’inceste dont il était issu… Son discours changerait certainement.

Néanmoins, il y avait eu un effet positif à cette seconde – presque – mort : il était en pleine possession de ses pouvoirs, là où nombre d’autres les voyait s’éteindre, ou ne plus répondre. Les raisons n’étaient pas claires, mais cela ne l’intéressait plus. Le sang humain qu’on lui avait injecté, pour éviter son décès lui avait permis de récupérer une vivacité certaine, et il lui permettait désormais de reprendre ses entraînements avec plus de régularité. Cependant, il ne se rendait pas compte de la noirceur qui l’enveloppait, l’étouffait un peu plus à chaque utilisation interdite. En avait-il quelque chose à faire ? Non. Il se glissait dans la malédiction familiale, s’en paraissait avec panache et appréciation. Si son aîné n’en voulait plus, lui la garderait. Comme si cela pouvait le détacher de cet être. Il disait l’aimer ce frère, et c’était certainement vrai, réel. Cependant, il savait aussi qu’il mourrait de sa main un jour. Et cette connaissance l’empêchait de lui faire confiance autant qu’une partie de lui le voudrait. La lucidité prévalait sur le reste, dont l’amour fraternel. Combien de temps se mentiront-ils encore, à tenter de se sauver tout en s’attirant chacun vers les ténèbres ? Bientôt, leurs rôles s’échangeront, la lumière retrouvera les ombres, et les ténèbres retrouveront la clarté.

Un coup de poing explosa la glace en dizaines de morceaux. La peau de sa main fut écorchée à plusieurs reprises, mais qu’importait : il avait repris le contrôle sur ses pensées. Respiration lourde, il se recula de quelques pas. Le regard se posa sur le sang s’écoulant de ses doigts. Heureusement que ce n’était que des éraflures… Ses réflexes de pompiers prirent le dessus, et un bandage fut bien vite enroulé autour des petites blessures. De quoi les camoufler, alors qu’il enfilait une chemise blanche sur son épaule. Il ignorait la souffrance que provoquaient les gestes, refusant de se laisser aller à une telle faiblesse. Et puis, se vautrer en attendant que ça passe était la meilleure des idées pour que rien ne s’arrange. De plus, il fallait qu’il aille voir certaines personnes. Lucrezia, qui ne donnait plus de nouvelles. Mais aussi Beatriz, qu’il avait en quelque sorte pris sous son aile. Il avait un peu assisté à un accouchement et un déni de grossesse, ça rapprochait quand même…

Ce fut d’ailleurs cette dernière qu’il décida de passer voir en premier, chez elle. Après tout, elle n’habitait qu’à quelques pas de chez lui… Un manteau fut attrapé en même temps que ses clefs, et il quitta l’appartement en trombe.

Quelques pas dans les ruelles vides d’ambiance de la Nouvelle-Orléans, avant que ses doigts n’actionnent la sonnette de chez son amie. Quelques secondes d’attente, longues, trop longues, pour entendre les verrous se déclencher, et la porte s’ouvrir sur les boucles rousses de Beatriz. Un léger sourire pointa le bout de son nez, jusqu’à ce que ses yeux accrochent le maquillage réduit à néant, et son odorat l’odeur de rouille un peu trop présente. Un sourcil se arqua, mais il ne pipa mot pour le moment. Ses lèvres se posèrent simplement sur le front de la jeune femme, avant s’ébouriffer le peu  de cheveux de Noah. Noah, un nom qui lui évoquait en temps normal tout autre chose. Un souvenir de sa vie passée en l’occurrence. Une époque révolue, dieu merci. Même si Mikkel lui avait remis dans la face ce qu’il était vraiment.. Non, mieux valait ne pas y repenser.

« Beatriz, tu vas bien ? » Sourire retrouvé, manipulé. Elle irait certainement lui mentir, chose qu’il pouvait comprendre, mais qu’il n’appréciait guère. Son regard devait d’ailleurs le montrer, si elle parvenait à lire derrière les iris bleues. La porte se referma derrière lui. « Un cocktail sans alcool, pourquoi pas, mais seulement si tu es en forme pour le faire. Laisse-moi prendre Noah dans les bras le temps de. » Le gamin changea de bras, riant et tirant sur le col de la chemise d’Orfeo. Sourire amusé de la part du sorcier, qui n’avait jamais eu l’occasion d’user de sa fibre paternelle avant cette rencontre. Il se déplaça dans l’appartement, laissant ses yeux balayer la pièce principale. Puis son regard se reposa sur le visage de la rousse. « Tu sembles mal en point. Tu as pleuré. » Affirmation, curiosité malsaine d’un côté, il n’hésita pourtant pas.

« Tu sais que tu peux me parler, si quelque chose ne va pas. »

Il était toujours là pour aider, sans arrière-pensée qu’on disait souvent. Pourtant, il s’agissait surtout d’oublier l’horreur, celle qui condamnait sa lucidité. L’Enfer toujours présent dans l’inconscient, qui prenait le pas sur son esprit. De simples éclats, rien de bien grave. Combien de temps tiendra-t-il encore, dans cette gentillesse et douceur qui l’avait tant caractérisé…

_________________
+Danse Macabre+
Look at what he can do. Let him show the world how powerful we can be. Because those with the greatest power protect those without. 



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MessageSujet: Re: this could be heaven or this could be hell (orfeo)    Mar 19 Déc - 9:46

this could be heaven or this could be hell  
Beatriz & Orfeo
Up ahead in the distance, I saw a shimmering light.My head grew heavy and my sight grew dim. I had to stop for the night.

En tout et pour tout, je ne connaissais Orfeo que depuis six mois, depuis la naissance de mon fils parce que c'est à ce moment là que tout a commencé. Pourtant, j'avais l'impression que je le connaissais depuis plus longtemps que ça, parce qu'il y avait ce lien si particulier qui nous unissait. Il m'avait repêchée alors que je me trouvais totalement déstabilisée en raison des gros changements qui étaient survenus dans ma vie dernièrement. Pour sûr, un accouchement surprise, ce n'était pas rien comme changement. Ça avait foutu ma vie en l'air, ça m'avait mise sens dessus-dessous, ça avait été une onde de choc comparable à un séisme qui avait tout ravagé sur son passage. Le hasard – ou bien la chance – avait voulu qu'Orfeo passe par ici à ce moment-là. Peut-être que mon karma n'était pas si pourri en fin de compte, puisque aujourd'hui Orfeo était l'une des personnes qui comptaient le plus pour moi. Il avait été là au moment où tout foutait le camp, et pour cela je lui en serais éternellement reconnaissante. Pour ainsi dire, le pompier nous avait pris sous son aile, Noah et moi, de telle sorte que je me sentais beaucoup moins seule,  beaucoup moins démunie. Il m'arrivait parfois de penser que je ne méritais pas ce cadeau du ciel, parce que j'avais abandonné bien des personnes derrière moi et occasionné des dommages irréversibles. Je portais mon âme maudite comme un fardeau, comme le Christ avait porté sa croix, sauf qu'au bout du chemin il n'y avait pas de pardon, pas de salut, pas de rédemption. Il n'y avait que la promesse d'une éternité de tourments, parce qu'il n'était pas facile de purifier son âme de ses propres péchés, parce que quand les ténèbres avaient apposé leur marque il était dès lors impossible de s'en débarrasser. J'en savais quelque chose, c'était une lutte de tous les instants. Je ne bénéficiais d'aucun répit, il suffisait d'un rien pour que je bascule à nouveau, la tête la première, et dès lors, tous mes efforts seraient anéantis.

On ne peut pas changer sa véritable nature.
C'était toujours là, planquée sous l'hypocrisie de l'existence et ses faux semblants. Ça nous laisse croire qu'on peut être maître de son destin, qu'on peut faire des choix qui entraîneront certaines conséquences, mais la fin, elle, était toujours la même, quelle que soit la route que l'on décide d'emprunter.
C'était désolant, de voir autant de fatalisme chez une personne aussi jeune, mais mon expérience m'a appris qu'en réalité, je n'y pouvais pas grand-chose. Le mal m'avait choisie, et il m'aura quoiqu'il arrive , quoique je puisse faire pour laver mon karma de mes mauvaises actions.

Alors, quand Orfeo m'embrassa sur le front et  me demanda si j'allais bien, je ne savais pas vraiment quoi lui répondre.  J'étais tentée de faire semblant d'aller bien, parce qu'en réalité personne ne prêtait attention à mes états d'âme. Ce n'était pas spécialement dirigé contre moi, à dire vrai, quand une personne posait cette question fatidique à une autre personne, elle ne s'attendait pas forcément à ce que son interlocuteur fasse un exposé en deux parties deux sous parties de ses menus malheurs, aussi se bornait-il à répondre un ça va vide de sens, parce que ça n'engageait à rien. Seulement, Orfeo n'était pas n'importe qui et surtout, il savait pertinemment que ça n'allait pas. Il savait que je ne m'en sortais pas avec le bébé et que ma magie partait en vrille. Était-ce ce qu'il avait besoin d'entendre ? Souhaitait-il que je verbalise tout ça ? Ce faisant, ne leur conférerais-je pas une réalité que je ne souhaitais pas leur donner ? Ce n'était pas parce qu'on ne nommait pas une chose qu'elle n'existait pas. Ce n'était pas non plus en planquant la pourriture sous le tapis qu'elle allait disparaître. Orfeo, cependant, ne semblait pas s'attendre à ce que je lui réponde à brûle-pourpoint, il s'intéressa à mon histoire de cocktail sans alcool et dut juger ma proposition alléchante – à moins qu'il veuille tout simplement me faire plaisir en me permettant de m'amuser pendant quelques précieuses minutes - puisqu'il accepta que je lui en fasse un, à condition que je sois en forme pour le faire.

Bien trop heureuse de pouvoir lui refourguer Noah, je lui adressai un sourire rayonnant avant de lui donner l'enfant et de rajuster mon chemisier. Il faut dire qu'en tant que jeune mère allaitante j'avais toujours l'air d'être déraillée. Au moins le bébé ne braillait-il plus, ce qui était toujours ça de pris. Ces quelques secondes de silence étaient les bienvenues. Comme promis, je m'attelai à la tâche, sortant les différentes briques de jus du frigo et, minutieusement, je les versai étape par étape dans un shaker. Cela ne distrait pas Orfeo pour autant puisqu'il revint à la charge, avisant mon visage fatigué et maculé de traces de maquillage noirâtres, maquillage qui avait coulé pendant ma crise de larmes. Il venait de le souligner, ce qui me valut de me renfrogner. Il ajouta ensuite que je pouvais lui parler si j'en ressentais le besoin. J'adressai à l'italien un regard torve. Malgré l'affection que je lui portais, ce n'était pas facile de lâcher prise. Je poussai le verre plein vers Orfeo puis je sortis une cigarette d’un paquet à moitié écrabouillé et la coinçai entre mes lèvres desséchées.

« Tu ne me balanceras pas, hein ? » m'enquis-je en l'allumant. Puis j'en tirai une latte, non sans soupirer de plaisir. « J'aérerai après, je n'aime pas non plus quand une pièce est aussi enfumée qu'un bocal. »

C'est surtout que je ne voulais pas risquer que quelqu'un nous voit si j'ouvrais la fenêtre. En fumant cette simple cigarette j'étais en train d'enfreindre une des règles de la Prohibition, et si je n'avais pas un minimum confiance en Orfeo, je ne me serais jamais risquée à le faire devant lui. Le discernement me faisait certes cruellement défaut ces temps-ci mais je n'étais pas non plus suicidaire. Alors, pourquoi je n'arrivais pas à lâcher prise, à lui faire part de mes tourments ? Probablement était-ce parce que je continuais à m'auto-censurer. Je lâchai un profond soupir, non sans expirer un nuage de fumée, puis je posai mes fesses contre le meuble derrière moi, et je m'y appuyai en croisant les chevilles devant moi.

« J'ai essayé de créer une illusion pour distraire Noah. » annonçai-je de but en blanc, tout en vérifiant machinalement que mon nez ne saignait plus. « Mais comme tu peux le voir ça n'a pas été très concluant. Je n'ai même plus assez d'énergie pour créer la moindre petite étincelle et ça m'énerve. »

C'était peu de le dire car en réalité, j'étais horriblement frustrée. La magie était toute ma vie depuis de nombreuses années, j'avais consacré toute mon adolescence à son apprentissage et je regrettais le temps où j'étais une sorcière puissante, quoique maléfique. J'esquissai une moue dégoûtée. Bien évidemment ma magie défaillante n'était pas la seule source de mes tourments, bon nombre d'autres facteurs entraient aussi en jeu.

« Alors oui , j'ai pleuré, mais franchement, est-ce si surprenant ? » Tu voulais la vérité, Orfeo, et la voilà presque toute nue. « Je suis au bout du rouleau, Orfeo. Mes nuits sont peuplées de rêves bizarres quand j'arrive à fermer l'œil et quand je ne rêve pas c'est Noah qui me réveille pour sa tétée. J'ai les seins gercés à force d'allaiter et ils sont si douloureux et enflés que j'ai l'impression qu'ils vont exploser, et c'est actuellement la partie la moins sexy de mon corps. » Et tant pis pour les détails sordides car en tant que pompier, Orfeo en avait sûrement vu d'autres. « Qui plus est j'ai toujours l'air d'être enceinte de trois mois et je me trouve affreuse à chaque fois que je me regarde dans la glace. Alors oui j'en ai ras le bol et j'ai perpétuellement des envies de meurtre. »

Ma voix tremblait de rage et montait dans les aigus. Par-dessus le marché, les larmes menaçaient de déborder à tout moment, et j'éprouvais de grosses difficultés à contenir cette fureur qui me bouffait de l'intérieur . Je tirai sur ma cigarette avec agacement , puis je détournai les yeux pour regarder le plafond.

« Mais à part ça tout va bien. » ironisai-je en reniflant piteusement.

Mon nez, entre temps, s'était remis à saigner.  
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MessageSujet: Re: this could be heaven or this could be hell (orfeo)    Sam 27 Jan - 1:45



this could be heaven or this could be hell
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L’enfant contre lui, il évita les mouvements brusques, sans pour autant quitter Beatriz du regard. Il était inquiet, comme le prouvait ses réflexions et questions. Elle semblait éviter les interrogations, ne répondant que par le silence. Pourtant, il s’accrochait, revenait à la charge, cherchant la faille, la petite bête. L’autre allait finir par le mettre à la porte… Cette pensée lui arracha un sourire, alors que Noah réclamait son attention en accrochant ses petits doigts à ses cheveux. Il détourna son attention, la laissant respirer quelques minutes. Le gamin portait le même nom qu’un fragment de son passé aujourd’hui revenu à la vie… Il s’interrogeait : est-ce Dieu qui lui remettait ses souvenirs sur le chemin, comme pour le punir du manque de foi de ces dernières années ? Orfeo avait été croyant, comme tout le monde à son époque. Peur de l’Enfer, besoin d’un accompagnement divin. On priait, on se battait pour lui. Et finalement, tout s’était effrité. Toute sa foi, seul fragment de son éducation moyen-âgeuse, balayée durant des siècles, brûlée en même temps que son enveloppe corporelle… Et puis, avec l’Apocalypse, les églises s’étaient écroulées. Il n’avait plus eu l’occasion d’aller prier depuis longtemps. C’était peut-être le moment d’aller demander pardon au Père…

Il observa la rousse du coin de l’oeil, alors qu’elle reprenait ses réflexes de barmaid. Au moins, elle avait l’air mieux ainsi… Les paupières se fermèrent quelques secondes, jusqu’à ce qu’un bruit de verre raclé lui parvienne. Il les rouvrit, observant le contenu coloré, un sourire aux lèvres, avant de s’en emparer, tout en faisait attention à Noah. S’il pouvait éviter de lui renverser la labeur de sa mère dessus…

Une cigarette ? Il haussa un sourcil, mais garda les lèvres pincées. Son regard exprimait une légère désapprobation, et il entreprit de décaler Noah, mais il n’empêcha pas Beatriz d’en fumer une. Il n’était ni son père, ni son frère, et même si la voir se gâcher la santé lui faisait de la peine, il n’avait pas son mot à dire. Tant qu’elle faisait attention à ne pas rendre le gamin malade, il n’avait pas à l’arrêter. « Tu fais comme tu le sens, c’est chez toi après tout. Et non, je ne te balancerai pas, mais sache que ce n’est pas pour autant que je cautionne. » L’alcool, le tabac et la drogue, voilà les vices qui courraient désormais les rues. Orfeo n’y avait jamais touché, trop conservateur, trop peureux peut-être. Ou simplement voyait-il les conséquences et les ravages de ces addictions au quotidien. Les gens s’écroulaient, se brisaient à ses pieds, alors qu’il les récupérait, tentait de les sauver. Dépravés comme ils étaient, il les laisserait bien pourrir.. Qu’ils crèvent, ça leur apprendrait…

Il ne la quittait pas du regard, quand elle se déplaça, s’assit sur un vieux meuble. Il la couvait, la protégeait. Comme Lucrezia, elle avait désormais son importance à ses yeux. Et Dieu savant qu’il pouvait être lourd à cause de cela. Surprotecteur, parce que c’était ainsi que son aîné s’était comporté avec lui, jusqu’à la mort et après... Il écouta, sans un mot, sans un tic, les explications de Beatriz. Il la vit se mettre à nue, sans même tenter de l’arrêter. Parce que c’était ce qu’il réclamait, non ? Qu’elle lui parle, qu’elle arrête de se cacher derrière un masque. Qu’elle lâche prise, sinon, elle finirait brisée. Il en avait déjà vu, avec Darkness Falls, puis l’Apocalypse. Il en avait vu, des dizaines, si ce n’était des centaines. Et il refusait que la rousse s’ajoute à ce flot incessant. Elle n’en était pas encore à ce point, il ne voulait pas y croire.

Il ne tiquait ni sur les mots, ni sur le ton, ni sur les descriptions. Pour quelqu’un qui avait fini mort brûlé vif et quasiment bouffé par un loup, qui avait vu des suicidés et des tués, des dépressifs et blessés, plus rien ne pouvait le surprendre ou le dégoûter. Il attendait juste qu’elle termine, alors que Noah s’était figé dans ses bras. Sentait-il l’agacement de sa mère ? L’italien n’était pas très au fait de comment fonctionnait un bébé, ce qui n’était pas étonnant puisque de un, il n’en avait jamais eu, et de deux… Un bébé ne faisait pas la discussion, donc en apprendre plus ainsi était relativement compliqué.

Un saignement pour clôturer la tirade, et il se rapprocha dans un silence de plomb. La magie s’enroula autour de ses doigts, et un simple contact sur le nez lui permit de stopper la perte de sang, et de la soigner au passage. « Tu sais, il faudrait te ré-entraîner si tu veux parvenir à faire des illusions à nouveau. Et ce n’est pas une fin en soi que d’avoir moins de pouvoirs. » Son regard s’enfonça dans celui de Beatriz. Pourrait-elle le comprendre, elle qui avait cherché le pouvoir pendant si longtemps ? Il ne pouvait comprendre, alors même qu’il était en train de prendre la même pente dangereuse. Il s’enfoncerait, inexorablement. « Ca va finir par passer, pour ton corps. Evidemment, je conçois qu’avec un enfant, ce soit nettement plus compliqué à appréhender. Tu peux toujours demander à quelqu’un de le garder quelques heures ou quelques jours, pour t’occuper à nouveau de toi. Ce n’est pas en t’enfonçant dans la négativité que tu vas t’en sortir. » Il n’y avait pas réellement de jugement dans son ton, même si les mots pouvaient laisser percevoir autre chose. Noah commençait à s’agiter dans ses bras, et un instant, il eut peur de le voir pleurer. Alors, l’illusion se glissa dans l’esprit du bébé, pour le calmer, rapidement. Ce n’était certainement pas le meilleur des moyens, néanmoins, il préférait éviter une crise alors que Beatriz était mal en point. « Je peux passer le garder si nécessaire, tu le sais. » Il était là, et il avait du temps pour se le permettre, d’autant plus avec l’arrêt maladie qu’il se coltinait ces derniers jours. C’était déjà un miracle qu’on lui ait permis de sortir de l’hôpital…

Ses doigts effleurèrent la chevelure naissante du gamin. Il avait reposé son verre sur la table, et entreprenait de guider Beatriz jusqu’au canapé, pour l’obliger à s’asseoir dedans. Rester debout n’allait rien apporter de bon… « Je te fournirai des somnifères ou des potions, pour les cauchemars. Il est temps que tu fasses une nuit complète. » Sourire tendre envers la protégée. Mieux valait qu’elle ne se tue pas au manque de sommeil...

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MessageSujet: Re: this could be heaven or this could be hell (orfeo)    Mer 28 Fév - 18:09

this could be heaven or this could be hell  
Beatriz & Orfeo
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Lorsque j'avais demandé à Orfeo s’il allait me balancer parce que j'avais osé fumer une cigarette devant lui, c'était davantage un trait d'humour que l'expression d'une crainte d'être dénoncée. Bien sûr que je faisais confiance au sorcier, il ne manquerait plus que je remette sa probité en doute à cause d'une futilité. Futilité qui, par les temps qui courent, risquait de me coûter très cher mais ne dit-on pas que le diable se cache dans les détails ? Pour les larbins du gouvernement, cela ne faisait guère grande différence, la Prohibition a été mise en place pour limiter l'exposition des citoyens de la Nouvelle Orléans à la violence. Ce n'était pas le tabac qui était en soi un problème, n'en déplaise aux soucis de santé que sa consommation excessive pouvait générer, le vrai problème était la contrebande et autres trafics illégaux que cette substance tant convoitée pouvait susciter. Et qui dit trafic illégal dit violence et rixes entre bandes rivales. Le même raisonnement pouvait s'appliquer à l'alcool ou à la drogue. En tant qu'ancienne barmaid, je me rappelais de ces clients qui avaient l'alcool agressif et que j’avais dû mettre dehors pour que la sécurité des autres usagers ne soit pas menacée. Mais Orfeo faisait bien de me le rappeler. Je n'étais plus dans mon bar, mais chez moi, et chez moi, j'avais instauré mes propres règles. Je respectais la Prohibition presque à la virgule près, je pouvais bien me permettre un petit écart de temps à autres. Alors que je tirais la première latte salvatrice, je haussai simplement les épaules lorsque Orfeo me dit qu'il n'allait pas me balancer mais qu'il ne cautionnait pas pour autant. Je n'avais rien d'autre à ajouter, aussi levai-je le pouce tant pour le remercier que pour lui signifier que le message était reçu.

Je tirais donc sur ma cigarette, tout en observant Orfeo et Noah. Tant que je fumais, je restais scrupuleusement loin d'eux, pour ne pas les incommoder avec les vapeurs nocives qui émanaient de ma clope. Il était intéressant de souligner que, même si je parlais à quelqu'un qui m'était cher, je gardais mon bras plié en travers de mon corps, comme si j'étais en train d'ériger une barrière entre le monde extérieur et moi. A ce qu'il paraît, garder les bras croisés pendant une conversation était un signe de fermeture. Lorsque je m'en rendis compte, je laissai mon bras le long de mon corps mais l'envie de le replier me taraudait, aussi je me mis à triturer le bord du meuble contre lequel je m'étais appuyée. Maintenant que j'avais commencé à m'ouvrir, il n'était plus question de reculer. Puis il fallait l'avouer, j'en avais gros sur le cœur et décharger toute ma frustration me faisait du bien. Cela faisait bien des mois que je prenais sur moi, que j'encaissais sans broncher, sans songer un seul instant aux dommages que cela pourrait avoir sur mon propre corps. Ma carcasse, faite de chair et de sang, avait enduré des choses terribles, qui allaient parfois au-delà de l'imaginable. Je me sentais vide, exsangue, dépourvue d'émotions, parce que c'était le seul moyen que je connaissais pour survivre, parce que je ne voulais pas que mes vieux traumatismes me sautent à la gueule comme un diable à ressorts jaillit de sa boîte. J'avais tout verrouillé soigneusement, veillant scrupuleusement à ce qu'il n'y ait aucune fuite. Orfeo, cela dit, avait raison. Je ne pouvais pas rester ainsi. Je pouvais éventuellement tenir bon encore un moment, mais je n'avais aucune garantie que cela s'inscrira dans la durée.

Pour le moment, je tenais le coup et c'était le principal.
Le reste n'avait pas d'importance.

Je ne bronchai pas lorsque Orfeo s'approcha de moi.  Je tirais toujours sur ma cigarette, en silence, me bornant à observer de loin ce qui se passait pourtant dans ma propre maison. Je retins ma respiration une fraction de seconde lorsqu'il effleura mon nez ensanglanté. Je sentis la magie du sorcier, chaude et rassurante, circuler dans mes veines alors que ma blessure se refermait, si bien que bientôt, il n'y paraissait plus rien. La guérison. Voilà une branche de la magie que je ne maitrisais pas et pourtant cela pourrait m'être fort utile. Je ne savais pas soigner, réparer. Je ne faisais que détruire, soumette, torturer. La magie noire ne faisait pas le bien, ce qu'elle donnait, elle finissait toujours par le reprendre. Peut-être que j'étais en train de payer mon prix. J'aurais voulu dire que j'avais compris la leçon mais dans le fond je savais pertinemment que c'était un mensonge. Orfeo évoquait la possibilité que je m'entraîne à nouveau. La proposition était séduisante mais je n’étais pas certaine que me replonger dans la magie soit une bonne chose. Mes vieux démons étaient toujours là et attendaient la moindre occasion pour surgir. Mais le message était très clair. Je devais reprendre du poil de la bête. M'occuper un peu de moi. Je ne serai jamais celle que j'ai été avant, mais avoir un bébé ne devait pas être un obstacle. Je n'opposai aucune résistance lorsqu'il m'amena jusqu'au canapé et m'invita à m'y asseoir. J'avais eu le temps de terminer ma cigarette de toute façon. J'acquiesçai doucement lorsqu'il parla de potions et de somnifères.

« Tu crois que ça m'aidera vraiment ? » m'enquis-je en levant vers le sorcier mon visage fatigué, alors que des cernes violacés creusaient mon regard terne. « Je veux dire…les potions. »  Je n'osais pas avouer que c'était un art auquel je ne m'étais jamais vraiment intéressée. « Je ne sais pas si quelque chose de cataclysmique est en train de se préparer ou si ma magie est vraiment en train de partir en vrille mais je fais de plus en plus de rêves étranges. Ils ne sont toutefois pas suffisamment précis pour pouvoir être qualifiés de prémonitoires, j'avoue que je ne fais plus tellement la différence. »

J'esquissai une moue dubitative, peu convaincue par mes propres paroles. Ces rêves ont été pendant longtemps la seule façon dont mes dons se sont manifestés, et j'avais la très nette impression d'avoir régressé, sur bien des plans. Ce n'était pas une situation très agréable mais je souffrais en silence. Le seul moyen que je connaissais pour y remédier serait de prendre du sang humain pour me requinquer un peu mais cette possibilité était clairement à proscrire. Je ne voulais pas que ça finisse comme la dernière fois.

« Ça me manque, tu sais. » confessai-je à voix basse, comme si je craignais que quelque inconnu n'écoutât la conversation. « Mes pouvoirs. » Quand j'y pense, c'est vrai que cela faisait un petit moment que je n'avais plus pratiqué d'exorcisme, au point que je n'étais plus certaine de savoir comment faire. « C'est fatiguant de lutter contre sa vraie nature, mais je crois que je n'ai pas d'autre choix. La dernière fois… » Je m'interrompis, le temps de reprendre mon souffle. « Tu sais combien le sevrage a été difficile. Mon corps continue d'en réclamer, en permanence mais…je ne peux pas.  Même un petit sort de rien du tout pourrait me faire retomber dans mes vieux travers. Je ne suis pas sûre d'être capable de gérer mes vieux démons s'ils reviennent. »

C'était un fait. Lorsque j'étais enceinte, tout mon corps était gangrené par la magie noire. Plus je sentais la puissance monter en moi, et plus j'en redemandais. La seule façon de m'arrêter était de cesser de m'approvisionner en sang humain. Un moteur, quelqu'il soit avait besoin de carburant pour tourner. Ce n'était pas plus de la magie que de la pure mécanique. Je me mordillai la lèvre inférieure, songeuse.

« Quand je te dis que j'ai des envies de meurtre, ce ne sont pas des mots en l'air.» Ma main se crispa sur mon genou. « J'ai vraiment envie de tuer. De soumettre. De faire du mal. En particulier quand les choses ne vont pas exactement comme je le voudrais. » J'eus les larmes aux yeux alors que je songeais que parfois, c'était à Noah que je voulais faire du mal. « Mais je me contiens, même si c'est dur. Comme je te l'ai dit, mes vieux démons ne sont jamais loin. »

Et comme j'étais épuisée, un rien me poussait à bout, parce que ma patience s'effritait à chaque petite contrariété du quotidien. Oui, pour le moment, je me contenais, mais pour combien de temps ? 
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MessageSujet: Re: this could be heaven or this could be hell (orfeo)    Sam 10 Mar - 0:00



this could be heaven or this could be hell
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Le gamin avait attiré une bonne partie de son attention, et finalement, c’était peut-être la meilleure chose qui pouvait arriver. Ainsi, le regard se détacha quelques secondes, minutes, de Beatriz et sa cigarette, fumée toxique et nocive qu’il n’approuvait pas. Néanmoins, il n’était pas son père ou son frère. Il n’était qu’un être lambda, arrivé dans sa vie voilà moins de six mois. Avant, il n’était rien d’autre qu’un de ceux qu’on regardait sans faire attention, quand il passait dans la rue à côté. Un simple pompier, qui était là pour sauver ceux dans le besoin, et surtout les plus riches. Au moins, sur ce point-là, il n’avait pas été tant dépaysé avec son Italie natal, et ce Moyen-Âge si longtemps : les puissants avaient toujours plus de valeurs que le bas-peuple. Soyez riche, et vous aurez le monde à vos pieds. Tout vous sera dû, alors que le reste de la population crèvera dans la rue. Comment l’être humain avait-il fait pour survivre jusqu’ici ? Comment avait-il fait pour ne pas crever, avec toutes les conneries qu’il faisait ? C’était hallucinant la chance qu’il avait… Il soupira doucement à ses pensées, puis s’en détacha, pour revenir sur la jeune femme. Elle avait besoin de lui aujourd’hui, ce n’était pas le moment de dériver.

Il l’observait, la détailla, sans vergogne. Ca aurait pu paraître malsain, si ça n’avait pas été lui. Il ne cherchait pas à voir ses formes, mais à comprendre son comportement. Elle était renfermée au début, puis, petit à petit, elle essayait de s’ouvrir, même s’il sentait, savait que ce n’était pas naturel. Au moins, elle faisait un pas en avant, et c’était le premier pour s’en sortir. Il ne pouvait que l’encourager, ce qu’il fit d’ailleurs, avec un sourire, et un soin sur le nez. Magie blanche souvent utilisée, contrairement à elle, et sa préférence pour la noire. C’était toujours étrange à quel point les sorciers étaient tous différents. Chacun ses forces et faiblesses, chacun préférait un domaine à un autre. Lui, c’était les illusions et la guérison. Parce qu’ils lui étaient utiles, alors, il y concentrait ses forces, et ses entraînements. Rafael n’apprécierait pas de le savoir, lui qui considérait les mages comme… Des monstres, des êtres à tuer, tout simplement. Enfin, il ne changerait pas sa haine, même avec toute la meilleure volonté du monde. Alors, autant s’occuper de quelqu’un qui en avait besoin, et que l’Italien savait qu’il pouvait remonter. Beatriz.

« Je ne sais pas si c’est le mieux, à cause des dépendances que cela peut créer. Mais ça me semble une bonne idée pour dans un premier temps réguler ton sommeil, et des cauchemars. » Pour la calmer aussi, faire en sorte que les émotions et changements d’hormones ne soient pas aussi violents. C’était une possibilité qu’il ne fallait pas négliger dans son état. Il soupira aux propos suivants, glissa ses doigts dans ses cheveux d’une main, retenant le bébé de l’autre. « Je sais qu’il y a pas mal de soucis, d’histoires d’enfer qui se rouvre… J’y ai fini il y a peu, donc ça crée peut-être des interférences avec tes pouvoirs… Mais si quelqu’un est bien au courant à ce sujet, c’est le Gouvernement. Et il ne dévoilera rien, évidemment. » Ca lui restait en travers de la gorge, bien sûr. Il n’avait jamais caché son rapport avec les dirigeants, la haine latente, dévorante, qu’il leur portait. Ils étaient ce qu’il haïssait le plus, encore plus depuis qu’il avait appris que leur porte-parole en voulait à une de ses amies. C’était glacial, et ça le bouffait de l’intérieur.

Il l’écouta, la consola. Il était une oreille attentive, sans jugement. Juste avec un sourire, de la tendresse. Rien d’autre. Et pourtant, une part de lui analysait, repérait les failles. Pour les utiliser à l’occasion. Evidemment… « Ca manquerait à n’importe qui Beatriz tu sais ? Tu n’as pas à avoir honte ou te sentir mal à ce sujet. » Puis il tâtonna, hésita. Avant de reprendre. « Il faudra que tu affrontes tes démons un jour. Tu ne peux pas te détruire sous prétexte qu’ils prendront ton cœur ou ton âme. Tu es plus forte qu’eux, sache-le. » Son regard s’enfonça de celui de la jeune femme, le soutint. Il était sincère, sérieux dans ses paroles. Peut-être qu’elle ne le croirait pas, mais il continuerait à le répéter. Jusqu’à ce que ça rentre dans son crâne. Quant à la suite… Il ne put s’empêcher de serrer un peu plus le gamin contre lui. C’était mauvais, évidemment. Néanmoins, il ne pouvait pas lui en vouloir. Lui aussi avait déjà eu ces envies parasites, de celles qui vous prenaient aux tripes et au cœur, de celles dont il était difficile de se débarrasser. Et parfois, le meilleur moyen…

« Laisse-toi aller ? Sors, va dans une mafia, et tue. » Oui, Orfeo qui lui disait de tuer, c’était un peu étrange. « Si tu te retiens, si tu réfrènes ta volonté, ça finira par exploser, ou par te tuer. Et tu n’as pas envie de résister, à ce que je vois. » Légèrement sarcastique, agacé sur le coup, avant qu’il se calme. « Trouve un moyen d’extérioriser cela, sans forcément aller jusqu’aux extrêmes. Dégage-toi des moments, sans enfant, sans personne. Tout pour ne pas péter un câble. »

Il était à la fois dur et empathique. Il pouvait comprendre, mais ne pouvait pas cautionner. C’était ainsi. La gentillesse n’était jamais pure, elle se devait de côtoyer l’horreur pour ressortir…


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MessageSujet: Re: this could be heaven or this could be hell (orfeo)    Mer 11 Avr - 21:31

this could be heaven or this could be hell  
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Orfeo me parlait de remèdes, de potions. Je l'écoutais d’une oreille distraite, pas vraiment attentive. Je n'étais jamais très à l'aise quand la conversation s'orientait sur un sujet que je ne maîtrisais pas. Les remèdes, en l'occurrence, n'étaient pas ma spécialité aussi n'avais-je rien à ajouter aux observations du sorcier, de plusieurs siècles mon aîné. Je savais que ces petites potions pouvaient entraîner, à plus ou moins long terme, de l'accoutumance. Ce n'était pas vraiment différent des médicaments en fin de compte. Les prises répétées pouvaient créer une certaine dépendance et qui plus est, les effets finissaient inévitablement par s'estomper, ce qui poussait à augmenter la dose. En l'espace d'un instant, je me demandai quel effet cela aurait si je finissais par m'accoutumer à ces potions de sommeil, et si j'avais besoin d'un dosage toujours plus fort, toujours plus corsé. Un frisson me dévala l'échine. Je n'avais pas envie de savoir, en fin de compte, parce qu’en réalité je ne savais que trop bien ce que c'était, d'être accro à une substance. Le sang humain que l'on s'injectait directement dans les veines était cette substance dont j'ai eu tant de mal à me sevrer. Je savais ce qu'était le manque, la souffrance que cela générait quand le corps réclamait si fort ce dont il avait besoin. Je me souvenais également de la sensation grisante procurée par chaque prise, quand je sentais ma propre magie vibrer dans chaque parcelle de mon être. Tout ça je le savais, et je n'étais pas certaine de vouloir réitérer l'expérience, remplacer une addiction par une autre addiction. J'avais eu trop de mal à me sortir de toute cette merde pour seulement songer à y replonger, la tête la première de surcroît. Avec tout ce qui se passait en ce moment, mes pouvoirs qui disjonctaient sévèrement, je n'étais pas certaine que ces remèdes soient aussi efficaces qu'ils semblaient l'être sur le papier.

J'ai si peur, Orfeo.
Le vois-tu ?
Je n’avais pourtant pas l'air d’être une princesse en détresse qu'il fallait sauver bien malgré elle.
J'étais capable de me sauver toute seule…autrefois.

Lorsque Orfeo évoqua Darkness Falls, je l'écoutai cette fois très attentivement. À l'évidence le sorcier n'avait pas les mêmes croyances que moi, qu'il emploie la dénomination enfer était en soi très parlant. Du point de vue des relations monothéistes je serais plutôt agnostique, pire, en d'autres temps j'aurais été considérée comme hérétique. Il fallait pourtant être croyant pour pratiquer des exorcismes, j'en étais intimement convaincue. Cependant, ce qui s'appelait autrefois le Vatican n'avait pas le monopole en la matière. Je vénérais d'autres dieux, d'autres entités, et c'était dans mes prières que je puisais la force nécessaire pour pratiquer ma magie. Tout ça pour dire que je n’avais sans doute pas la même vision de ce qu'était l'Enfer pour Orfeo Pour eux, ça avait quelque chose de rassurant de s'imaginer un endroit où les méchants étaient punis comme ils devaient l'être. Cela les réconfortait de savoir que la justice pouvait s'exercer bien au-delà des chairs et de la terre. Parlant de justice, Orfeo venait de critiquer la façon dont le gouvernement essayait de protéger ses citoyens . J'esquissai une légère moue. Certes, le gouvernement ne nous disait pas tout, mais s'il nous cachait toutes ces choses, c'était pour notre bien à tous. Tout du moins, j'osais l'espérer, parce qu'en mon for intérieur je savais que dans le fond, ils ne faisaient que protéger les humains des gens comme nous. Sinon, pourquoi ils auraient entraîné une milice pour nous traquer et nous descendre si nous faisions trop de grabuge ? Ce ne fut cependant pas ce qui m'interpella le plus dans le discours de l'italien, qu'il s'agisse de sa vision personnelle de l'Enfer ou de son manque de sympathie à l'égard du gouvernement. De son propre aveu, le sorcier y était allé récemment, ce qui me fit écarquiller les yeux.

« Comment ça, tu y es allé récemment ? » m'enquis-je, gagnée par la curiosité. « C'est comment là bas ? C'est vraiment possible d'y aller ? Les rumeurs sont donc vraies, il y a des espèces de portails menant vers l'autre monde qui ont été ouverts ? Et que ce sont ces portails qui pompent toute l'énergie magique des êtres surnaturels ? » Cela ne faisait que confirmer ce que je savais déjà, en réalité. Au cours de ma vie j'étais restée auprès de suffisamment de sorciers pour comprendre que chacun et chacune avaient une vision très personnelle de ce qu'était l'Autre Monde. N'y étant jamais allée, je ne savais donc pas à quoi cela pouvait bien ressembler. Je me mordillai la lèvre inférieure, un peu gênée de l'avoir assailli de questions. « Désolée, je me suis laissée emporter, je n'y ai jamais foutu les pieds du coup j'ai envie de savoir. Je ne projette pas de faire une excursion à Darkness Falls, rassure-toi, je n'ai pas les épaules pour faire ce genre de folie actuellement, c'est juste de la curiosité scientifique, rien d'autre. Promis juré. »

Croix de bois, croix de fer, si je mens…

Puis connaissant les méthodes du gouvernement je me doutais bien que les brèches qui ont été recensées n'étaient pas si faciles d'accès, surtout si on pouvait tomber dedans et se retrouver à Darkness Falls par accident. Ils avaient probablement envoyé les Shadowhunters les plus aguerris sur le terrain pour repousser toute tentative d'intrusion…ou d'empêcher que les créatures qui s'y trouvaient d'en sortir, d'ailleurs. Or, j'avais autant envie de me retrouver face aux miliciens que nez à nez avec un de ces monstres, surtout si mes pouvoirs ne fonctionnaient pas. Orfeo n'avait-il pas confirmé que cet autre monde avait une incidence sur nos pouvoirs ?

Pourtant, l'étincelle d'intérêt qui s'était allumée dans mon regard quelques instants plus tôt avait disparu, noyée dans mes propres peurs, mes propres doutes. Pour la première fois depuis très longtemps, j'avais osé parler à voix haute des maux qui me grignotaient. Je le voyais qui me regardait, qui me jaugeait, qui me jugeait, peut-être. Le dos droit et fier, la tête redressée, je ressemblais à une présumée coupable qui attendait sa sentence. Je n'étais pas bien différente de celle que j'étais jadis, celle qui a combattu dans les arènes et qui en est ressortie victorieuse. J'avais vécu depuis, ma vie s'était nettement compliquée, déjà qu'elle n'était pas nécessairement facile auparavant. J'étais plus forte que mes démons, disait-il. J'étais une guerrière, une survivante. Pourtant j'avais peur, parce que j'étais humaine, parce que j'étais mortelle. Pour apprivoiser ma noirceur, mes propres ténèbres, il fallait que je les affronte. C'était logique dans le fond, mais je manquais terriblement de courage pour le coup.

Ce n'était pas tout. Orfeo avait d'autres conseils à me prodiguer. Puisque j'étais supposée affronter mes démons, les assumer, il me conseilla d'aller dans une mafia et…de tuer ? je n'étais pas certaine d'avoir bien compris mais Orfeo continua, imperturbable, jusqu'à la sentence ultime : si je réfrénais trop ma véritable nature, ça allait finir par me tuer. J'émis un sifflement sidéré et je croisai à nouveau les bras. C'était mauvais signe, ça voulait dire que je me refermais. En réalité je n'en croyais pas mes oreilles.

« Une mafia hein ? » Merde alors, j'étais tellement sciée. « Je ne fréquente pas ce genre de milieu. » Tu le sais, pourtant. semblait lui dire mon regard chargé de reproches. « Tu as cependant raison sur un point : je ne compte pas résister. » Mon regard se durcit. « J'ai grandi dans un environnement où il était compliqué d'avoir un don. Une bonne partie de ma vie, j'ai été contrainte à me cacher, à rentrer dans le rang. » Mes vieilles douleurs remontaient à la surface. « Ma famille hait les surnats. » C'était dit. « Tu ne t'es jamais demandé pourquoi je ne reçois jamais la visite de mon frère, ou de ma mère ? »

On ne se connaissait que depuis quelques mois à peine et je commençais à lui faire confiance. Aussi était-il normal qu'il ne sache pas tout de moi. Si je me mettais à parler aujourd'hui, autant continuer sur ma lancée. Mon passé faisait partie de ces démons que je devais expier.

« Ma mère préférait me croire folle plutôt que d'admettre que j'avais des visions. M'envoyer chez le psy dès mon plus jeune âge, c'était son idée. Depuis toute petite les médecins se sont succédés pour déboulonner chaque rouage de mon cerveau pour tenter de savoir ce qui cloche chez moi. » Ce n'était pas le pire. Je me rappelais de ces fois où elle m'avait enfermée le temps que mes crises de démence passent. « Mon père avait honte de moi. Il est mort quand j'avais seize ans, des suites d'une longue maladie. Il était faible. Il s'écrasait face à elle. Elle me maltraitait et il se taisait. Par son silence , il était complice. Quant à mon frère…il nous hait tellement qu'il est devenu shadowhunter. Il ne sait pas que j'ai transformé ma propre sœur en métamorphe. Il me tuerait probablement de ses propres mains s'il l'apprenait. »

C'était un euphémisme. Pendant des années, Emmett m'a accusée d'avoir une influence trop négative sur ma sœur. Caroline enviait mes pouvoirs, elle voulait tellement être autre chose qu'une humaine insignifiante qu'elle avait supplié que je la transforme. Ma mère, bien sûr, désapprouvait cette fascination morbide de ma sœur pour ma magie.

« Quand j'ai eu quinze ans, je me suis enfuie. Je suis allée rencontrer d'autres personnes comme moi, pour comprendre et perfectionner mon talent. Pour embrasser ma vraie nature. C'est ça qui me manque aujourd'hui. Je ne veux plus m'excuser d'être ce que je suis. J'ai besoin de tout réapprendre. »

Indirectement, je lui demandais d'être mon instructeur, qu'il me forme, qu'il m'entraîne. C'était devenu une habitude, d'apprendre auprès des autres. Orfeo avait l'expérience, la maîtrise. Le charisme. Il fallait que je reprenne du service si je voulais me réconcilier avec moi-même. Comment le pourrais-je, si je refusais obstinément de recevoir du sang humain et que mes pouvoirs continuaient à déconner ?  
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MessageSujet: Re: this could be heaven or this could be hell (orfeo)    Mer 6 Juin - 23:47



this could be heaven or this could be hell
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Il avait cherché, évoqué des solutions. Certes, certaines étaient extrêmes, ne plurent pas à Beatriz. Cependant, Orfeo, il avait suffisamment pris de pincettes dans sa vie. Et s’il ne cherchait pas à blesser la jeune femme, peut-être qu’il s’y était très mal pris… Enfin, il avait plusieurs siècles de retard sur les relations sociales, et pas qu’avec les femmes. Peu auraient apprécié qu’on leur dise que pour juguler leurs envies de meurtres, ils n’avaient qu’à rentrer dans une mafia et laisser leurs pulsions prendre le dessus. Qui voudrait réellement tuer ? Qui serait capable d’en faire autant ? Avoir des envies était une chose, leur céder en était une autre. Pourtant, Orfeo savait à quel point il était dangereux de tout garder en soi, au risque d’exploser. Lui-même sentait le serpent autour de son cœur, le venin pulsant dans ses veines. Parfois, il était sur le point de craquer, de se laisser tomber dans l’abîme, et à la dernière seconde, il se raccrochait. Parce qu’il ne pouvait pas chuter. Il y avait trop de gens qu’il se devait de protéger. Beatriz, Maggie, Lucrezia, Rafael… Et il plaçait son frère dans la liste de ceux qui comptaient pour lui. Putain, il était vraiment à côté de la plaque…

Puis il y eut des questions, trop de curiosité, et ça le tendait. Comment pouvait-elle avoir l’air si… Heureuse et détendue à l’évocation de Darkness Falls ? C’était impensable pour lui, et pourtant, la rousse était bien en train de lui faire subir un interrogatoire dans les règles. Un instant, ses iris s’enflammèrent, mais il se retint de faire la moindre remarque. Et puis, il avait le gamin dans les bras, qui occupait une bonne partie de son temps de réflexion disponible. Il ne pouvait pas s’énerver avec Noah contre lui, non. Il lui fallait montrer ce qu’était le contrôle, et non la violence. Quand elle s’excusa, il ne put s’empêcher de laisser un sourire glacial se dessiner sur ses lèvres. « Ne t’inquiète pas, je ne t’en empêcherai si tu veux y aller. Peut-être que tu auras besoin de voir de tes propres yeux ce que je vais te décrire. » Ca lui fera une bonne frayeur certainement. Ou ça la rendra folle. Evidemment, il était inquiet, sauf que c’était à elle de décider de ce qu’elle voulait faire. Elle n’était plus une enfant. Et lui, il ne pouvait pas la surprotéger en permanence, non ?

« C’est vrai, que des failles s’ouvrent de façon plus ou moins aléatoire et aspirent les personnes marchant au travers, qu’elle soit surnaturelle ou non. » Il s’arrêta, sembla réfléchir. « Je ne sais pas si ce sont elles qui perturbent les flux magiques… Il faudrait voir avec les autorités pour le savoir. » Que pouvait-il ajouter de plus ? Il n’était pas au courant, il ne comprenait même pas de quoi il s’agissait réellement. C’était trop complexe pour lui, mais peut-être que Beatriz trouverait quelqu’un pour lui expliquer plus en détails de quoi il en retournait… « C’était… L’horreur à l’état pur. L’Apocalypse à perte de vue. L’air irrespirable. Des cendres partout. Et des monstres. Fais-toi attraper par l’un d’entre eux, et même la mort te semblera douce. » Sinon, elle deviendrait l’un de ces monstres. Et jamais elle ne reviendrait par ici, il le pensait au plus profond de lui-même. Alors, il essayait de lui dire de faire attention. Mais pouvait-il réellement l’empêcher de bouger ? Non. C’était à elle de faire son choix. Si elle voulait saisir l’opportunité d’aller en enfer, qu’elle fonce. Mais elle le regrettera amèrement. « C’est marche ou crève. » L’adage n’avait jamais autant eu de sens qu’en parlant de Darkness Falls…

Il supporta le regard empli de reproches, les sifflements brûlants de la jeune femme. Pour une fois, son expérience centenaire lui permettait de ne pas baisser les yeux, ou de s’excuser. Il assumait ce qu’il proposait, notamment parce qu’il savait à quel point la nature d’un sorcier pouvait lui être fatale. Et puis, avoir des dons, c’était utile dans un tel monde. Et les développer pour survivre était le plus important. Il soupira : « Tu peux ne pas les fréquenter aujourd’hui, mais peut-être demain. J’en ai fait partie d’une pendant deux ans presque… » L’aveu qui tombait, gai couperet sur l’autel de l’assassinat. Il avait lui-même les doigts noircis d’un sang qui ne lui appartenait pas. Ces liquides carmin si vitaux, qu’il avait nettoyé à de nombreuses reprises, et parfois fait couler, quand la situation l’exigeait. « Les sorciers ont toujours été considérés comme des démons… » Réponse à ses propos, ceux soulignant que sa famille détestait sa nature, comme c’était souvent le cas. Finalement, que ce soit il y a mille ans ou vingt, les gens n’avaient pas changé de comportement… Le sourire était triste désormais, quand ses pensées se glissaient sur son frère et son grand-père.

Et il écouta, silencieux. Il jouait doucement avec les cheveux de Noah, qui… Gazouillait et commençait à dodeliner au son de la voix de sa mère. Aucun mot ne vint la perturber dans son récit, elle qui semblait ne jamais évoquer son passé. Et Orfeo était suffisamment intelligent pour la laisser couler. Et après tous ses mots, il ne sut quoi répondre, à défaut de paraître égoïste. Alors, il ajouta simplement d’une voix douce, après des secondes bien trop longues : « Il te faudra du temps pour retrouver tes aptitudes j’imagine. Mais tu n’es pas stupide, et tu as l’air d’une élève studieuse. Il faut juste faire attention à ne pas trop t’épuiser. » Le regard était droit dans le sien, lueur d’inquiétude dansant dans le fond des pupilles. Il appréciait bien trop la jeune femme pour la voir foncer droit à la mort, malgré tout.

Et il posa sa voix, lui aussi avait de nombreux événements à raconter. Si elle s’était ouverte sur son passé, à lui d’en faire autant. « A mon époque… Mon grand-père détestait la magie. Il a traqué tous les êtres en possédant, et les a brûlés. J’ai fini par y être initié, par un de ses ennemis. Et mon frère a fini par me mener au bûcher lui-même. » Il était amer, puisqu’il ne savait toujours pas le pourquoi du comment de ce geste. « Et aujourd’hui, ce même frère voue une haine sans limite aux sorciers. Il aurait préféré que je sois transformée en zombie plutôt que de rester mage. » Devenir un monstre, au profit d’un autre, traqué par le gouvernement. Bordel… Profonde inspiration, pour calmer les tremblements qui semblaient monter, en même temps que les souvenirs…


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MessageSujet: Re: this could be heaven or this could be hell (orfeo)    Sam 30 Juin - 0:13

this could be heaven or this could be hell  
Beatriz & Orfeo
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De toute évidence mes questions ne plaisaient pas à Orfeo Aussi naturellement que l'on pouvait parler de la pluie ou du beau temps, j'avais évoqué Darkness Falls, présentant cet univers parallèle au nôtre comme une curiosité scientifique qui serait intéressante à étudier. N'ayant pas la longévité d'Orfeo, j'envisageais cette réalité parallèle avec ma perception purement humaine. Puisque j'étais une toute jeune sorcière, un bébé en comparaison avec mes aînés, mes questions pouvaient paraître insouciantes, voire même carrément naïves. Pourtant, que ce soit de bonne grâce ou non, le maître répondait aux questions que l'élève – moi en l'occurrence – posait. Je l'agaçais, je le sentais. J'avais senti cette tension qui flottait dans l'air, signe que le temps pouvait tourner à l'orage à tout moment. Loin de me laisser impressionner, j'avais tenu mon cap. Je voulais savoir. Ma curiosité était sans limites, j'étais toujours avide de nouvelles connaissances. Ce désir ardent de savoir, de comprendre me faisait parfois commettre nombre d'imprudences. Sans doute était-ce de cela qu'Orfeo voulait me protéger. Il me connaissait comme s'il m'avait faite. Preuve en est, il venait de me dire que j'avais besoin de faire les choses pour les comprendre, que je devais le voir de mes propres yeux pour me faire une meilleure idée. Me voilà désormais suspendue à ses lèvres, presque impatiente d'avoir la suite. Je pourrais y aller, oui, vivre cette expérience en temps réel, mais je n'avais pas la possibilité de monter une telle expédition.

D'une, je n'étais pas suicidaire au point d'y aller seule sans m'assurer au préalable que je puisse rentrer – le tout était de ne pas rester coincée là bas.
De deux, je n'étais pas égoïste au point de demander à quelqu'un de risquer sa peau pour m'y accompagner, surtout si la réalité était aussi terrible qu'Orfeo le prétendait.
De trois, pour autant que je sache, la plupart des gens qui accédaient à Darkness Falls s'y retrouvaient par accident. Ils tombaient sur ces brèches par hasard. Ce qui m'amenait au point quatre.
De quatre, je ne savais pas où se trouvaient ces fameuses brèches, ni même comment elles fonctionnaient.

Aussi lorsque Orfeo me dit que ces brèches s'ouvraient de façon aléatoire, je ne fus presque pas étonnée. Je me doutais bien que le gouvernement n'allait pas les laisser libres d'accès, elles étaient beaucoup trop dangereuses pour un individu lambda. De plus, le gouvernement était avare d'informations en ce qui concernait ces ouvertures. Ils pensaient que c'était en nous maintenant dans l'ignorance qu'ils parviendront à nous protéger le mieux mais je n'étais pas certaine que ce soit la meilleure façon de s'y prendre. Je préférais savoir à qui ou à quoi j'avais affaire plutôt que d'avancer à l'aveuglette, sans avoir la moindre idée où je foutais les pieds. C'était important pour moi d'être capable de mesurer une situation donnée afin de trouver une solution adaptée. Visiblement, en ce qui concerne la fluctuation de la magie, Orfeo n'en savait pas plus que moi. Il insinua que le gouvernement en savait sans doute plus que nous mais n'approfondit pas son propos. Ce qu'il me dit ensuite m'intéressa bien davantage. Enfin, on rentrait dans le vif du sujet. Il ne lésina pas sur les qualificatifs négatifs pour évoquer ce qu'il avait vu là bas. Horreur. Apocalypse. Irrespirable. Cendres. Monstres.

Mort.

La menace était à peine voilée, presque palpable. Marche ou crève, avait-il dit, ce qui était on ne peut plus parlant. Il ne faisait pas bon vivre à Darkness Falls, et cela ne m'étonnait pas non plus. Ce n'était pas pour rien que cet endroit était réputé pour être l'enfer des sorciers. La vision qu'il me dépeignait de cet univers parallèle correspondait en tout point à l'enfer tel qu'il était représenté dans la Bible. L'idée sous-jacente était de dissuader les pécheurs, les hérétiques de commettre leurs forfaits. J'ignorais si cela était en lien avec ma nature de sorcière mais pendant mon enfance j'ai reçu une éducation religieuse très stricte. Quoiqu'il en soit, il tenait vraiment à son idée de mafia puisqu'il souligna qu'aujourd'hui je ne fréquentais pas de tels milieux mais que cela allait inévitablement finir par arriver…comme s'il avait vu l'avenir et que cette vision abondait en ce sens.

« Tu as l'air bien sûr de toi. » soulignai-je, sourcils froncés. « Est-ce que tu as vu l'avenir qui m'était réservé pour pouvoir affirmer cela ? Que je finirai par vendre mon âme à une mafia ? Ou alors, tu me connais bien mieux que je me connais moi-même. »

Pourtant, il ne croyait pas si bien dire lorsqu'il affirmait que je pourrais rejoindre une mafia. Sauf qu'à cette époque là j'ignorais encore que cela finirait effectivement par arriver. Nous n'en étions cependant pas encore là, aussi je me contentai d'esquisser une moue sceptique. Sans doute était-ce plus confortable pour moi de m'imaginer qu'Orfeo avait simplement eu une vision, et que cette vision n'était pas gravée dans le marbre puisqu'il pouvait se passer tout un tas de choses entre temps. Ces visions ne concernaient qu'un instant T, et ce n'était qu'une possibilité parmi tant d'autres. Par la suite, Orfeo accueillit le récit de mon passé dans un silence quasi religieux. L'atmosphère devint tout de suite beaucoup trop lourde, trop oppressante. Il brisa cette aura presque mystique en me rassurant sur mon aptitude à recouvrer rapidement mes anciennes capacités. Il me faudra du temps, de l'énergie, de la patience pour atteindre un résultat convenable mais j'étais sûre d'y arriver.

« J'ai conscience de tout cela. » dis-je tout doucement. « C'est pour ça que j'hésite encore. Je ne sais pas bien quel impact cela pourrait-il avoir sur moi. Sur Noah. Je sais qu'il est particulièrement stressé et il fait des cauchemars. Tu crois que c'est possible qu'il ait la magie lui aussi ? Normalement les dons apparaissent de façon aléatoire, mais…je pratiquais beaucoup la magie noire quand il était dans mon ventre et je sais que la magie noire a toujours un prix alors…s'il y a une infime possibilité qu'il possède lui aussi la magie alors je dois tout réapprendre, pour pouvoir lui apprendre à mon tour quand le moment sera venu. »

Mon ton était ferme, mon regard décidé. Au final, Orfeo et moi avions été livrés à nous-mêmes lorsque notre magie s'est révélé et dans son cas comme le mien, personne ne nous avait aidés à faire face, alors nous avons dû nous y prendre autrement. Je ne savais que trop bien ce que c'était de grandir dans une famille gangrenée par la haine du surnaturel, et je ne voulais pas qu'il en soit de même pour mon fils. Mes prunelles se posèrent sur l'italien et quelque chose tremblait au fond de moi, parce que je connais tout ce qu'il me décrivait. Alors, tout doucement, je quittais l'endroit où je m'étais postée pour m'approcher du sorcier et je posai une main tendre sur sa joue, presque maternelle.

« Je suis désolée que tu aies subi tout cela. » Silence. Je n'avais pas l'habitude de compatir. « Je suis peut-être jeune comparé à toi, mais ce dont je suis certaine, c'est que les autres ont peur de nous parce que nos dons sont incompris. Nous vivons dans un monde où nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes. J'ai appris à ne rien attendre des autres parce que je sais que je finirai par être déçue un jour ou l'autre alors pas d'attentes, pas de déceptions. C'est mieux comme ça. »

Je laissai retomber ma main le long de mon corps, parce que la situation devenait un peu trop étrange. Je caressai doucement les cheveux blonds de mon fils, puis je plantai mon regard dans celui d'Orfeo.

« Ça vaut ce que ça vaut mais je ne pense pas que tu sois quelqu'un de néfaste, Orfeo. » Mes prunelles d'ordinaire si pleines d'aplomb se mirent à trembler. « Il y a quelques mois à peine, quand Noah est né, tu m'as sauvé la vie. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait, je n'avais même pas conscience que j'étais enceinte mais…tu as été là et ça je ne l'oublierai jamais. Sans toi, je ne sais pas ce que j'aurais fait, ni même ce que je serais devenue. Tu nous as sauvés tous les deux, Orfeo. Et ça c'est important, bien plus que tout le reste. Ce qui compte, ce n'est pas ce que l'on est mais ce que l'on fait. »

De cela, j'en étais profondément convaincue. Je ne pensais pas que les autres soient foncièrement mauvais, tout était question de choix. C'était notre environnement qui nous façonnait, qui faisait que nous devenons ceux que nous sommes aujourd'hui. L'un comme l'autre avions grandi parmi les monstres, ce n'était pas pour autant que nous étions devenus des monstres à notre tour.   
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MessageSujet: Re: this could be heaven or this could be hell (orfeo)    Sam 21 Juil - 16:56



this could be heaven or this could be hell
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Il fatiguait, il était particulièrement tendu maintenant qu’ils en venaient à évoquer Darkness Falls. Jamais il n’aurait pensé devoir parler des horreurs qui peuplaient ce lieu à Beatriz, mais elle était bien trop imprudente et curieuse. D’un côté, c’en était des qualités dans le monde des sorciers. Sans curiosité, rien n’était appris, et on ne repoussait pas les limites de ses pouvoirs en restant dans son coin, à attendre que cela vienne. Non, il fallait aller chercher les opportunités, les créer, et c’était exactement ce que faisait la rousse : parce qu’elle n’avait pas peur. Etonnamment, après s’être retrouvé en enfer une fois, on faisait plus attention, on se demandait si ça en vaut la peine. Orfeo était effrayé oui, lui qui avait tant survécu, lui qui avait tué des dizaines et des dizaines de personnes, d’êtres en tous genres, car c’était marcher ou crever. Et encore, que se serait-il passé si la Mort l’avait cueilli à nouveau ? Y avait-il neuf couches à l’Enfer, comme semblait le dire cette œuvre d’Alighieri, qu’il avait eu entre les mains après son retour ? Alors, peut-être se serait-il enfoncé un peu plus dans les étages, descendant dans l’horreur et le macabre… Finalement, peut-être qu’il n’avait même pas vécu le pire.

Il avait peut-être été trop loin, avait utilisé des mots et des qualificatifs à ne pas ressortir. Cependant, Orfeo n’avait plus le temps de prendre des pincettes, ou d’agir correctement. Elle parlait, sous-entendait vouloir aller à Darkness Falls, et pourtant, la mafia et l’idée de tuer la débequetait au plus haut point. Se rendait-elle compte du paradoxe qu’elle montrait ? L’italien ne la quitta pas du regard, n’hésitait plus. Il pouvait être bon, gentil, bienveillant. Néanmoins, pour certains, ce n’était pas ce qu’il montrait. Parce que ce n’était pas ce qu’il fallait, ce qui la motiverait, ce qui la stimulerait. « Il n’y a que très peu de psychopathes dans une mafia Beatriz. La plupart des membres ne sont que des personnes cherchant à s’en sortir, ou d’autres cherchant un moyen comme un autre de se battre, et de progresser. » Pause, regard glacial. « J’en ai vu passer des personnes comme toi. Alors oui, je me doute qu’il y a une grande possibilité que tu rejoignes une mafia. » Il n’y avait pas de bien ou de mal dans ses propos. En soit, il fallait jouer selon les règles si on voulait s’en sortir, et certainement que Beatriz finirait par le faire, si elle n’avait pas la force de s’y opposer. Lui avait mis des années à en sortir… « Je peux me tromper. Et j’espère que ce sera le cas. » Mais il n’en était pas convaincu. Elle avait trop de points communs avec tous les autres, et avec lui-même.

Oui, elle avait conscience que le chemin serait long, qu’elle aurait à tout réapprendre, à tout comprendre. Il lui faudrait aussi résister, au côté obscur de la force. Quand elle aurait à nouveau la capacité de modifier à jamais la vie de quelqu’un, prendra-t-elle le risque de le transformer dès que possible, pour son propre intérêt ? Là était le problème avec la magie… Quant à ses inquiétudes pour Noah… « Je ne me suis jamais posé la question, si la magie noire pouvait avoir un impact sur un enfant dans le ventre de sa mère… Mais jusqu’ici, on m’a toujours répété que ce n’était pas héréditaire. Peut-être que cela a juste impacté en partie son développement. Je vais essayer de faire des recherches à ce sujet. » Il ne pouvait pas vraiment la rassurer plus que cela. Aussi… « Peut-être simplement qu’il ressent ton stress. » Il en avait entendu parler, de ces éponges qui se rendaient malade avec le stress ou les émotions perçues chez les autres… Le bébé devait être ainsi.

Orfeo observa la rousse s’approcher, elle qui avait mis de la distance exprès, à cause de la colère ressentie. Ca le détendait malgré tout, de savoir qu’elle ne le détestait pas, malgré les propos prononcés, malgré le ton glacial. Il avait du mal ces derniers temps, avec les relations humaines. Ce n’était pas faute d’avoir essayé, mais toutes s’effritaient, comme si le monde se destinait à la Mort… Il soupira doucement, s’empêcha de laisser son esprit penser à Lucrezia. Celle qui l’avait sauvé avait disparu, péri. Etait-ce à cause de son attaque inconsciente sur Ivanov ? Etait-il remonté jusqu’à la femme ? Les dents étaient serrées à cette simple idée, et il nota de juste le tuer par la suite, sans se douter une seule seconde que des événements futurs allaient pouvoir l’entraver… Le contact de Beatriz le troubla, et il laissa son regard s’enfoncer dans le sien. Oui, la vie des sorciers avait tendance à être semblable… « Les gens ont peur car nous sommes les seuls à être capables de transformer quelqu’un pour le rendre entièrement dépendants à nous. Nous pouvons rendre quelqu’un inhumain, et dans la tête de beaucoup, cela suffit à nous haïr. » Pause, soupir. « Et aussi, nous sommes aussi vieux que l’humanité elle-même, contrairement aux nouveaux surnaturels… »

Les parasites, c’était un sort loupé. Leurs pouvoirs étaient bien plus importants que ceux des autres car, même s’ils se loupaient, ils pouvaient créer un désastre sur toute la population. Et il fallait en avoir pleinement conscience. « Cela fait longtemps que je n’attends plus rien des autres non plus. » La confiance, c’était abjecte comme notion. Et si Orfeo aidait, jamais il n’avait attendu quelque chose en retour. Tout comme l’amour, la famille, tout était faux à ses yeux, et il avait tout fait pour qu’ils n’aient plus d’existence…

Il remit un cheveu de Beatriz derrière son oreille, du bout des doigts, l’écoutant terminer son discours. C’était agréable, mignon, mais cela ne suffirait pas. Il était quelqu’un de néfaste, c’était un fait. « Tu sais, pour finir à Darkness Falls, il faut avoir fait quelque chose de mauvais dans sa vie. » Qu’avait-il bien pu faire lui ? Il n’en savait rien. Ce n’était pas parce qu’il avait choisi de l’aider elle, de l’obliger à s’en sortir que cela effacerait tout le passé. Le sourire se fit triste sur ses lèvres, le regard se voila. « Sans moi, tu t’en serais sortie Beatriz. Tu es forte, bien plus forte que tu ne le penses. Je n’ai été qu’un soutien, le temps que tu prennes conscience de ce qui se passait. D’autres auraient pu l’être. Tu as parfaitement rebondi, et je suis fier de toi. » Oui, elle s’en était sortie, et que ce soit avec ou sans lui, elle y serait arrivée. C’était dans ses gênes, dans son caractère, et personne n’aurait pu l’en empêcher. Si lui n’était pas néfaste, elle non plus, et elle n’avait pas à l’encenser. Elle s’était battue, avait eu un nouveau travail. Et aujourd’hui, elle voulait comprendre à nouveau sa nature, pour le bien de son fils…. « Fais toujours ce que tu veux faire, et pas ce qu’on te demande de faire. » Et c’était vrai par rapport à la mafia ces mots. Si elle parvenait à s’en échapper, parce qu’elle ne désirait pas y aller, c’était le mieux.

Et il n’était pas revenu sur son passé. Une fois était largement suffisante…



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