AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Inked [Marcus]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 570
↳ Points : 437
↳ Arrivé depuis le : 14/06/2017
↳ Age : 22
↳ Avatar : Rick Genest
↳ Age du Personnage : 30 ans
↳ Métier : Thanatopracteur
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement, mais il garde ça pour lui et ne se préoccupe que de sa petite personne
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2 général ; niveau 3 en détection de mensonges et en influence sur les animaux/Skinchangers
↳ Playlist : E Nomine - Mitternacht ; Oomph! - Leis ganz leis ; Marilyn Manson - Disassociative ; Fantômas - Delìrivm Còrdia ; Twenty One Pilots - Semi-Automatic ; The Neighbourhood - Afraid ; Radiohead - Creep ; Gesaffelstein - Hate or Glory ; Nine Inch Nails - Demon Seed
↳ Citation : « The boundaries which divide Life from Death are at best shadowy and vague. Who shall say where the one ends, and where the other begins? »
↳ Multicomptes : Aucun
↳ Couleur RP : #997a8d



les petits papiers
↳ Copyright: Schizophrenic & Tumblr
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Inked [Marcus]   Sam 4 Nov - 12:42



Inked

Marcus ✪ Leander


Deux billes lactescentes à la place des yeux. Une fosse noire à la place de la bouche, large, vide, bordée de longs pics émailleux acérés et tordus. Tout autour, une espèce de peau rougeâtre. Ecaillée. Encroûtée. De la chair morte, comme brûlée, qui s’effrite au-dessus de la mâchoire disloquée. Se craquèle sur le nez rongé jusqu’à l’os. Se déchire sur les angles pointus du faciès monstrueux, dont la beauté putride maintient Leander fébrilement cramponné au-dessus du lavabo.

Encore quelques secondes de concentration, et le reflet infernal finit par s’effacer pour laisser place à son double plus humain, mais aussi – paradoxalement – plus étranger. Visage sain, intact derrière le trompe-l’œil, sous la couche d’encre illustrant une décomposition factice. Visage qui n’apparait toujours que pendant deux ou trois minutes, cinq au maximum, avant d’être à nouveau radicalement déformé. Le regard braqué sur ses propres prunelles, Leander commence à compter. Un. Deux. Trois. Cette fois, ça tiendra plus longtemps. Régulièrement, il s’entraîne. Il essaye de battre ce record idiot, comme si chaque nouvelle victoire affirmait un peu plus sa supériorité, son ascendant sur la Chose qui le possède, et dont il ne connait bien que la morbide apparence. Quatre. Cinq. Six. Sept. Huit. Neuf

Lentement, il lève les doigts, effleure une joue marbrée de noir. Trop rares sont les moments où il peut contempler et examiner à sa guise ces tatouages-là. Une frustration à la hauteur du prix qu’ils lui ont coûté. Sans cesser d’égrener les secondes dans sa tête, il se tourne un peu et laisse vagabonder son regard sur les arabesques sombres, appréciant les multiples tracés qui ornementent sa peau, de la naissance de sa gorge jusqu’au sommet de son crâne.

Regarde ce que tu es devenu, Jules. La voix d’Eva, comme un lointain écho du passé, semble tinter lugubrement dans la salle de bain miteuse et mal éclairée. L’espace d’un instant, il a presque l’impression de sentir, dans son dos, tout le poids de Son regard bouleversé, humide de colère et empli d’un chagrin sans nom.


***


Dans un monde aussi détraqué, trouver une occupation les jours de congé n’est pas ce qu’il y a de plus évident. Une occupation agréable et sécurisée, s’entend. Bien sûr, il pourrait rester chez lui à s’exercer, pratiquer son don d’influence sur ses animaux… Ce serait utile et pas franchement déplaisant, mais il a parfois besoin d’oublier un peu le monstre dans le miroir. Tout comme il a parfois besoin de sortir, même si c’est pour se retrouver dans des rues plus ternes et tristes encore que son appartement.

Resserrant le col de son manteau, Crowell s’enfonce dans les méandres glauques du nord de la ville. Loin de lui l’idée de regagner une zone plus accueillante. Car qui dit plus accueillante dit aussi plus fréquentée, et il n’a absolument pas envie d’affronter la foule en cette fin d’après-midi. Quand, à cette heure-ci, certains cherchent spontanément un point de rassemblement, bar ou autre établissement convivial débitant un peu de chaleur humaine, lui… eh bien, ça ne lui effleure même pas l’esprit. Les pseudo-fêtes, les entrevues charnelles et alcoolisées, les orgies clandestines en tout genre… non, rien de tout cela ne saurait lui arracher le plus infime frisson d’excitation. Il ne juge pas les gens qui s’y adonnent – chacun devrait être libre de faire ce que bon lui semble, en particulier lorsqu’il s’agit de se distraire et d’échapper quelques heures à l’ignoble merde dans laquelle ils sont tous en train de patauger, et dans laquelle ils vont tous finir. Disons simplement qu’il n’éprouve face à ces pratiques qu’un profond et inébranlable désintérêt.

Il voyait les choses différemment, avant. Avant l’apocalypse, lorsqu’il était plus jeune et plus optimiste. Plus sociable, aussi. Etudiant, il ne boudait pas les invitations, ne rechignait pas à sortir boire un verre avec quelques amis, ni à les suivre au théâtre, dans une manifestation ou un concert. Mais rien de cela n’a de sens, aujourd’hui. Quand il y repense, il n’a pas vraiment l’impression d’avoir vécu ça. D’avoir jamais été ainsi. C’est un peu comme regarder un film retraçant la vie d’une autre personne, vous voyez ? Une personne qui vous ressemble, dont vous avez été proche, mais qui est aussi très différente, très dissociable de vous. Il y a des choses qu’il ne se croit plus capable de faire. Qu’il ne se pense plus capable de ressentir. Et il se demande parfois si c’est un fait commun à beaucoup de survivants, ou si c’est juste la parade que son cerveau malade a inventée pour pouvoir continuer à fonctionner à peu près normalement.


***


Au loin, l’épais brouillard se dissipe, et émergent alors les contours rassurants d’une destination familière. Toujours fidèle au rendez-vous, dressée tel un rempart d’espoir au milieu des décombres, la devanture sombre et bizarre se distingue de ses voisines décrépies, délabrées, laissées à l’abandon. De fins rayons de lumière filtrent à travers les stores tirés, invitant à entrer malgré la pellicule de poussière qui recouvre la vitre. Leander pousse la porte sans une once d’hésitation.

Il ne compte plus le nombre d’heures passées ici. A une époque, c’était sa seconde maison. Un refuge où il pouvait enfin être lui-même, où il pouvait s’exprimer librement. Laisser courir son imagination, la coucher avec euphorie sur le papier, avant de la faire décalquer sur sa chair tremblante d’impatience. Les murs chargés de souvenirs exaltants. Bouffées de joie intense. Pures exultations devant l’irréfutabilité du changement, le pouvoir de l’esprit sur le corps, la créativité en plein essor. Des moments de bonheur comme il n’en a, au final, que peu connus dans sa vie. Doucement, il s’avance sous le néon jaunasse. Personne n’est là pour l’accueillir, mais le vrombissement du dermographe, provenant d’une pièce adjacente, lui confirme que le propriétaire des lieux est bel et bien de service. Le tatoué décide donc de s’installer confortablement pour attendre. Il pose sur une table basse la pochette avec laquelle il est venu, et qui contient les croquis accouchés ou retravaillés depuis sa dernière visite. Retire son manteau. S’enfonce dans un vieux fauteuil déchiré, devant une pile de magasines qui semblent avoir traversé toutes les guerres.

L’établissement, plutôt vétuste, ne paie pas de mine. Sans parler de la décoration, complètement atypique et passablement sinistre. Mais quelle importance, quand on sait qu’il s’agit là du repère d’un véritable dieu ! Un artiste incroyable, talentueux, audacieux, sans tabou, toujours prêt à vous suivre et à vous pousser dans les projets les plus fous. Leander éprouve beaucoup de respect pour cet homme, pour celui qui l’a accompagné à travers cette forme d’art, de reconstruction. Par extension, il aime aussi cet endroit étrange et lugubre, encore intact malgré les catastrophes qui ravagent régulièrement le quartier. Encore ouvert malgré la Censure. Rare oasis de liberté où l’originalité, l’inventivité, l’affirmation de soi sont des choses que l’on valorise et que l’on encourage sans retenue.

Il attrape un magazine, histoire de s’occuper les mains. Tant qu’il le pourra, il continuera de venir et de gorger d’encre son épiderme. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il lui reste des zones à noircir – au niveau des jambes, notamment – et puis il y a les retouches, bien entendu. Celles qui s’imposent avec le temps ou sur un coup de tête, parce que l’on a brusquement envie de réarranger un assemblage ou de redessiner un motif en particulier. Parcourant des yeux des photographies jaunies, Crowell se laisse peu à peu bercer par le bruit du vent, dehors, et celui de la machine à tatouer, dedans. Il est à deux doigts de somnoler lorsque, soudain, le grincement de la porte le tire de sa torpeur. Du coin de l’œil, il tente d’identifier la silhouette surgie dans l’entrée. Tiens… ? Un pressentiment joyeux qui se change bientôt en évidence, l’esquisse d’un sourire amusé sur les lèvres.

« Salut », lance-t-il finalement d’une voix douce, un peu rauque, en lâchant le magazine sur ses genoux.

Lui, ici. Pourquoi est-ce que ça ne le surprend même pas ?

_________________

Never mind that noise you heard,
it's just the beasts under your bed.
In your closet. In your head.


Spoiler:
 


Dernière édition par Leander J. Crowell le Dim 28 Jan - 9:57, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4910-leander-crush-on-the-grim

RUNNING TO STAND STILL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1167
↳ Points : 555
↳ Arrivé depuis le : 16/04/2017
↳ Age : 19
↳ Avatar : Stephen James
↳ Age du Personnage : 27
↳ Métier : Peacekeeper
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement, méfiant vis-à-vis de la Résistance
↳ Playlist : Woodkid - Conquest Of Spaces ⋆ Eivør - Into the Mist ⋆ Arctic Monkeys - Do I wanna know ? ⋆ Elias - Cloud ⋆ Mc Solaar - La Belle et le Bad Boy ⋆ Matmatah - L'Apologie ⋆ Of Monsters And Men - Thousand Eyes ⋆ Missio - Anthem for the Broken ⋆ Boy Epic - Trust
↳ Citation : « L'anarchie est la plus haute expression de l'ordre. »
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #6666cc



les petits papiers
↳ Copyright: Electric Soul (vava) + Grey Wind (signa)
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Inked [Marcus]   Jeu 21 Déc - 12:57


Les jours passent et se ressemblent. L'impression d'être enfermé dans une spirale infernale se fait de plus en plus forte. Tourne le temps, identique à lui-même, en boucle. Tourne sa tête, dans les mêmes réflexions encore et encore. Tourne en rond son corps tout entier, tel un lion en cage, à s'en rendre bêta. Les minutes se répètent, inlassablement. Sa frustration ne se calme pas, mais n'empire pourtant pas. Il pourrait continuer de se contenter de se calmer en rongeant ses pauvres ongles qui n'ont rien demandé. Mais il ne le peut plus, il l'a déjà beaucoup trop fait pour pouvoir leur régler leur compte davantage. De temps à autres, il s'arrête. Près de sa fenêtre, il observe un moment de calme alors que ses yeux se portent sur ce qu'il se passe en bas de chez lui. Inexpressifs sont ceux qui traversent les rues en une heure si matinale. À l'ombre des lampadaires, ils ne sont que sombres silhouettes mouvantes. Pas un bruit ne rompt le silence de cet axe secondaire. Ils pourraient être morts que ça n'y changerait rien. Dans le fond, ils le sont sûrement déjà, au moins de l'intérieur.

La plus grande qualité des morts est certainement leur silence. Ils sont faciles à supporter puisqu'ils ne se plaignent pas, ne hurlent pas, ne chantent pas, ne rient pas. Aucun son ne sort jamais de leur bouche. Ils sont tranquilles les morts, personne ne vient les déranger dans leur monde, pas plus qu'ils ne viennent déranger les vivants. Mais ces morts-là cohabitent avec les vivants tels que l'italien. Ce dernier n'est nullement gêné par leur présence, qu'il affectionne au contraire. Les observer passer le rassure presque. Au moins, il semblerait qu'un peu de calme et d'indifférence soit encore possible. Les morts n'ont pas d'avis, eux. Stables dans leur inexpression, ils se contentent de faire ce que l'on attend d'eux. Ils se lèvent avant l'aube pour travailler sans se poser de question. Ils s'enferment dans un quotidien ennuyant de plein gré, parce qu'il le faut bien pour subvenir à ses besoins sans s'impliquer dans quelque mauvaise aventure que ce soit. Les morts, ce sont avant tout d'excellents survivants. Il les envie. Il aimerait bien être comme eux, inanimé de toute pensée douloureuse à son équilibre.

Mais ce n'en est pas le cas. Il bouillonne constamment de l'intérieur, en bon engrenage en surchauffe attendant d'être réparé. Enlisé, il s'enfonce de plus en plus, sans pourtant chercher à attraper cette branche non-loin de lui. Il le pourrait facilement, mais toute envie de résister l'a abandonné. Ce n'est pas ça, qui le sauvera de la folie, il le sait. Ce serait tellement plus simple, il le sait. Il l'a bien tenté, une fois. Il a bien voulu la saisir, animé d'un profond désir d'entrer dans le moule parfait de la conformité, mais la branche n'était pas assez solide pour  le supporter. Elle s'est brisée, et il est retombé dans son cercle infernal. Depuis, il ne veut plus le tenter, même si c'était fort longtemps en arrière de cela, alors qu'il n'était encore qu'un gosse. Un pauvre gosse dérouté. Maintenant il attend. Il attend de pouvoir faire un reboot de ses émotions. La tant attendue mise à jour se rapproche à grand pas, ce n'est plus qu'une affaire d'heure. Pendant un temps, il sera de nouveau tranquille, ayant enfin pu réprimé tout ce qui chargeait son cœur.

Il sature. Non plus l'homme à la peau gravée de tous les maux mais son compagnon, d'espèce différente mais d'âme pure. Sûrement le seul en lequel l’italien peut placer une confiance aveugle. Dans un couinement, il s'assied auprès de son maître. Son regard vient peser sur le brun, qui abandonne alors son inactivité passagère pour lui jeter un regard. Et toi Nero, tu n’en as pas marre ? Marre de ce grand ronchon qui lui sert de protecteur. Marre du quotidien répétitif dans lequel il se retrouve enfermé. Marre tout simplement de le supporter. Mais Marcus ne trouve aucune réponse dans les yeux noisette de son compagnon à quatre pattes. La tête légèrement inclinée, le malinois dresse les oreilles, comprenant qu’il lui faudra abattre plus d’une carte supplémentaire pour se faire comprendre cette fois-ci. D’un aboiement, il provoque un mouvement de recul chez le brun, le rappelant à remettre ses idées au clair, ne serait-ce que passagèrement. Figé, l’homme ne dit plus rien, remis à l’ordre le temps d’un instant. Bien vite, il s’énerve contre lui-même et se maudit pour avoir oublié l’essentiel. Nul besoin de prier son chien de le suivre, celui-ci s’élance sans traîner vers la porte, bien loin de cacher son enthousiasme. Il trépigne, alors que l’italien lace ses chaussures. Son regard de glace se pose sur le canidé, aboyant pour le presser.

De longs instants, ils semblent errer sans but ni raison à travers les petites ruelles de la Nouvelle-Orléans. Nulle envie ne les pousse à rentrer, ils se laissent guider par leur improvisation. Ce coin ne leur parle pas, tant pis, ils tournent à l’opposé. Celui-là leur inspire confiance, ils s’y engouffrent sans se poser davantage de questions. Cependant, ils évitent tout de même avec grand soin l’ouest de la ville, où l’italien a trop l’habitude de traîner en service, au milieu des précieux, pour faire office de bouclier pour ce Gouvernement qui l’excède depuis trop longtemps. Traversant finalement une rue plus fréquentée, il subit le regard affamé du malinois devant une boulangerie. « Ok, ok, on s’arrête. » soupire-t-il alors. Le pauvre porte-feuille glissé dans sa veste ne sera pas à ça près. Marcus disparaît quelques instants, pour réapparaître un sac en papier dans les mains. Le chien, plus que satisfait, couine presque d’excitation à ses pieds. « Doucement. » s’exaspère le tatoué face cette expressivité trop marquée. D’un geste, il le somme de s’asseoir avant de sortir enfin le croissant tant souhaité. Par petits bouts, il en donne la moitié à Nero, avant de remettre la fin dans le sac pour plus tard. Future récompense pour la patience dont fera preuve son compagnon.

Et finalement, ils arrivent enfin à l’endroit où ils vont passer une bonne petite part de leur journée. Perdu dans les quartiers nord de la ville, le tant fréquenté salon de tatouage, certainement la seule raison pour l’italien d’aller volontairement se perdre dans les coins les plus malfamés. Cela fait trop longtemps qu’il n’y est pas venu. La devanture se rapproche de plus en plus, le titillant d’une émotion croissante. La hâte, sûrement. De glisser ses pensées dans une image. De s’exprimer silencieusement par la symbolique. De laisser l’aiguille graver ses maux sur sa peau. Pour les ranger et s’en débarrasser, jusqu’à ce qu’une nouvelle raison le pousse à revenir. Et lorsqu’il se décide à entrer, il découvre sans surprise qu’un autre habitué des lieux ne déroge pas à ses manies. « Encore là ? » remarque-t-il à demi amusé. Face à lui, le seul, l’unique, Leander. Certainement l’homme le plus tatoué de la ville. Mais presque toujours présent à chaque fois où, enfin, l’italien a assez économisé pour revenir traîner par ici et commencer à dresser son prochain projet. Le chien, plus poli que son maître, vient rapidement saluer l’homme avant d’aller se glisser sous un fauteuil, comme il en a l’habitude à chaque venue.

Le brun ne tarde pas non plus à s’installer lui aussi. D’un regard, il s’assure que rien n’ait changé, avant de reporter son attention sur le premier arrivé. « Tu attends depuis longtemps ? » Histoire de se faire une idée avant d’engager la conversation sur un sujet plus intéressant tel que celui de leur passion commune à se graver l’épiderme au dermographe. Si Marcus a encore assez de marge avant de se retrouver sans aucune surface libre, il est toujours un peu plus surpris à chaque fois de constater que Leander parvient encore et toujours à faire quelques réalisations. Admiratif, peut-être, dans le fond, face à cet homme qui en est allé jusqu’à tatouer son visage.

HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4679-do-you-wanna-know-me En ligne

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 570
↳ Points : 437
↳ Arrivé depuis le : 14/06/2017
↳ Age : 22
↳ Avatar : Rick Genest
↳ Age du Personnage : 30 ans
↳ Métier : Thanatopracteur
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement, mais il garde ça pour lui et ne se préoccupe que de sa petite personne
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2 général ; niveau 3 en détection de mensonges et en influence sur les animaux/Skinchangers
↳ Playlist : E Nomine - Mitternacht ; Oomph! - Leis ganz leis ; Marilyn Manson - Disassociative ; Fantômas - Delìrivm Còrdia ; Twenty One Pilots - Semi-Automatic ; The Neighbourhood - Afraid ; Radiohead - Creep ; Gesaffelstein - Hate or Glory ; Nine Inch Nails - Demon Seed
↳ Citation : « The boundaries which divide Life from Death are at best shadowy and vague. Who shall say where the one ends, and where the other begins? »
↳ Multicomptes : Aucun
↳ Couleur RP : #997a8d



les petits papiers
↳ Copyright: Schizophrenic & Tumblr
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Inked [Marcus]   Ven 19 Jan - 11:45


Doucement, il se redresse dans son fauteuil, et le sourire qui a germé sur ses lèvres s’étire encore, malicieux. « Que veux-tu, on ne change pas les bonnes habitudes. » Marcus. Nero. Ils font presque partie des meubles, eux aussi, et ces retrouvailles des plus prévisibles ne sont pas déplaisantes… au contraire. Tout est à sa place, maintenant. Comme les autres fois. Comme ce jour de mai 2013 où, la tête pleine de rêves et de projets, il a enfin osé franchir le seuil de ce sanctuaire, pénétrant avec délices dans un monde qui lui était jusqu’alors inconnu. Un monde dont il n’est, aujourd’hui, absolument pas capable de ressortir. Bien trop addict à l’encre et aux morsures de l’aiguille.

En voyant Nero trottiner dans sa direction, il glisse un bras le long de l’accoudoir et se permet une petite gratouille sur le crâne du canidé, juste avant que celui-ci ne file vers son refuge de prédilection. Leander repose ensuite son regard sur Marcus. Un regard paisible, serein. Parfait reflet de son état intérieur, de ce sentiment doux et chaud qui continue de se diffuser tranquillement en lui, et ce, malgré l’irruption des deux acolytes dans sa zone de confort. A la maison. En sécurité. Quelque chose qui ne s’explique pas, qui ne se comprend pas vraiment. Quelque chose qui se ressent, tout simplement. Dans certains endroits, en compagnie de certaines personnes. Bouffée d’air frais après la tempête. Soulagement palpable après les affres du stress. Et bon sang, qu’est-ce que ça peut faire du bien… !

« Je ne sais pas… peut-être dix minutes. » Le temps passé ici lui importe peu, à vrai dire. Ce ne sera jamais du temps gaspillé. Quand bien même le tatoueur n’apparaîtrait que pour fermer le salon, il n’aurait pas l’impression d’avoir gâché sa journée. Mais tout le monde ne peut se payer le luxe d’une telle souplesse, n’est-ce pas ? Marcus, en tant que peacekeeper… – Car oui, Leander est au courant. En l’espace de quatre ans, il a quand même eu l’occasion de l’apercevoir deux ou trois fois en uniforme, dans l’exercice de ses fonctions. « Passe avant, si tu préfères. Je ne suis pas pressé. J’étais surtout venu pour… disons, changer d’air. Discuter un peu avec notre ami, si tant est qu’il se décide à sortir de son trou. J’ai quelques idées à lui montrer. » Il jette un regard bienveillant en direction de la porte, celle derrière laquelle continue de vrombir le dermographe. Puis il hausse les épaules, arrangeant. « Au pire, pour ces trucs-là, je peux revenir plus tard. »

Un élan de loquacité bien rare… Il faut croire qu’il est véritablement de bonne humeur. C’est étrange, quand il y pense. La présence d’un policier, juste à côté de lui, devrait plus le crisper qu’autre chose. Mais voilà : Marcus, avant d’être un représentant du Gouvernement, est surtout un congénère respecté, un camarade avec qui il partage une passion commune… jusqu’à un degré peu commun. Parce que non, il n’est pas courant de rencontrer quelqu’un avec un goût aussi prononcé – certains diront excessif – pour l’art du tatouage.

Quand il a commencé à se faire tatouer, il n’était pas très soutenu par son entourage. Les critiques désobligeantes et déplacées de Ruben, qui finissaient toujours par lui parvenir d’une façon ou d’une autre… les moues dubitatives, vaguement condescendantes, de Louise… les silences gênés d’Eva, son attitude fuyante ou, au mieux, ses questions chargées d’incompréhension… Personne ne semblait accepter cet amour grandissant, cette activité devenue pourtant si importante, si vitale à ses yeux. Personne ne voulait faire l’effort de se mettre à sa place, de s’ouvrir à cet univers, de chercher à comprendre, sans le poids du jugement. Et puis, au milieu de tout ça, heureusement… il y avait parfois autre chose. Il y avait notamment ce jeune homme. Ce client régulier, silencieux, qui attendait là, flanqué de son chien, quand lui débarquait avec ses liasses de dessins. Au fil des années, ils ont pu contempler leur évolution respective. Se découvrir, d’une certaine manière, à travers une observation bienveillante, celle des imposantes œuvres d’encre qui, au fur et à mesure, venaient s’accumuler sur leurs épidermes. Regards admiratifs, approbations muettes. Encouragements tacites. La barrière du silence a mis du temps à tomber, sans doute à cause de leur nature peu bavarde, et peut-être, aussi, d’une espèce de pudeur consciencieuse. Mais elle est tombée, enfin, après une énième rencontre qui semblait presque avoir perdu le goût du hasard.

« Alors, tu en es où, toi ? Un nouveau projet à concrétiser ? Tu as fait le plein d’inspiration ? » Le magasine atterrit souplement sur la table. Repliant ses jambes contre lui, Leander se pelotonne dans le vieux fauteuil, un bras nonchalamment posé sur l’accoudoir, l’autre soutenant son menton, tandis qu’il détaille Marcus avec attention. Curieux de savoir ce que son comparse, dont il apprécie l’audace et le sens de la démesure, envisage comme prochaine réalisation. Il sait que ce genre de question peut s’avérer délicate, et ne s’attend pas à de longues explications. Juste… échanger un peu, en toute simplicité. En toute décontraction. C’est ce dont il a envie, aussi surprenant que cela puisse paraitre. Ou pas, d’ailleurs. Car, avec cet homme, il a le délicieux sentiment de pouvoir être qui il veut. De pouvoir être pleinement, irréfutablement, ce nouveau lui. Leander. Son passé ne viendra pas le chercher ici, dans ce regard neutre, entre ces quatre murs où Jules Crowell n’a jamais connu aucune forme d’existence. « Rappelle-moi… c’était quoi, déjà, ton dernier ? » Son regard vadrouille sur les épaules de l’Italien, alors qu’il tente de se remémorer chaque image, chaque pièce de ce puzzle de chair et d’encre, ou du moins, toutes les informations graphiques que son œil a été autorisé à collecter. Même si, avec le temps, il a fini par largement dépasser son homologue d’un point de vue quantitatif… au fond, une part de cette fascination initiale est toujours intacte, et probablement que Marcus, à ses yeux, fera toujours figure de modèle en la matière.


HRP:
 

_________________

Never mind that noise you heard,
it's just the beasts under your bed.
In your closet. In your head.


Spoiler:
 


Dernière édition par Leander J. Crowell le Dim 28 Jan - 10:00, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4910-leander-crush-on-the-grim

RUNNING TO STAND STILL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1167
↳ Points : 555
↳ Arrivé depuis le : 16/04/2017
↳ Age : 19
↳ Avatar : Stephen James
↳ Age du Personnage : 27
↳ Métier : Peacekeeper
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement, méfiant vis-à-vis de la Résistance
↳ Playlist : Woodkid - Conquest Of Spaces ⋆ Eivør - Into the Mist ⋆ Arctic Monkeys - Do I wanna know ? ⋆ Elias - Cloud ⋆ Mc Solaar - La Belle et le Bad Boy ⋆ Matmatah - L'Apologie ⋆ Of Monsters And Men - Thousand Eyes ⋆ Missio - Anthem for the Broken ⋆ Boy Epic - Trust
↳ Citation : « L'anarchie est la plus haute expression de l'ordre. »
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #6666cc



les petits papiers
↳ Copyright: Electric Soul (vava) + Grey Wind (signa)
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Inked [Marcus]   Ven 26 Jan - 2:04

Des habitués. L’italien acquiesce silencieusement, un léger sourire en coin traduisant son amusement. Des habitués. Le mot semble largement approprié à les qualifier. Il ne leur manquerait qu’à augmenter légèrement leur fréquence de visite pour qu’ils soient presque considérés comme des habitants du salon. Ils n’en sont qu’à deux petits doigts. Depuis combien de temps fréquentent-ils le coin ? Il n’en a aucune idée, cela remonte tellement que la date s’est progressivement effacée de sa mémoire. C’est comme s’ils avaient tous deux été présents depuis toujours, et qu’ils le seront encore pendant fort longtemps. Ici, le temps ne semble pas s’écouler. Le dermographe et l’ouverture de la porte tant guettée rythment l’écoulement du sablier. L’attente n’en est pas vraiment une, les esprits sont bien trop baignés dans les projets sur le point de se réaliser pour daigner se préoccuper réellement du temps passé sur les lieux. Le malinois lui-même semble ne pas prendre compte des minutes qui passent, sagement installé jusqu’à ce qu’une tête familière fasse son apparition. Il la salue alors, avant de retourner à sa place. Il ne se plaint jamais, trop habitué à ce genre d’après-midi pour manifester la moindre impatience. Si personne ne souffre des heures qui avancent peu à peu, tout est alors pour le mieux dans le meilleur des lieux.

Et l’homme à la peau aux mille tatouages que certains jugeraient plus lugubres les uns que les autres, ne semble pas avoir changé. Peut-être dix minutes, sûrement davantage pense l’italien. Une journée somme toute normale, à ne pas compter réellement. S’il s’y est intéressé principalement pour se faire une idée, il ne peut effectivement pas se permettre d’attendre indéfiniment. Mais il pourra repasser, lui aussi, un de ces jours. Sûrement pas de suite, mais il le pourra, comme toujours. Enfin, si effectivement, Il se décide à pointer finalement le bout de son nez en dehors de la pièce d’où résonne la douce berceuse du dermographe. Un haussement d’épaules peu convaincu, un regard jeté vers la porte, et il se retourne vers Leander. « Si ça ne te dérange pas alors. » Il ne veut pas non plus s’imposer. « Je ne travaille que de nuit aujourd’hui, j’ai un peu de temps devant moi. » Comme toute la semaine, à son plus grand malheur. Vivre comme un oiseau de nuit ne lui plaît que très peu. C’est tout un rythme de vie qui doit se changer temporairement, pour se réadapter ensuite, non sans peine. Si, bien entendu, il ne se laisse pas emporter dans une nouvelle spirale de contradiction

S’il n’est pas surpris à l’évocation de futurs projets à l’état encore larvaire, il se redresse légèrement, piqué d’intérêt. L’envie, l’imagination, deux grands piliers à cette passion qu’ils partagent. Savoir que l’autre en est encore est toujours animé l’inspire d’une certaine manière. Il a en face de lui la preuve même que la passion ne s’arrête pas une fois la majorité de la surface de son épiderme imprégnée d’encre. Non, loin de là. Il y a toujours à faire, toujours. C’est peut-être même au moment où la place commence à manquer, que l’envie est la plus grande. Un certain manque naît de l’éloignement du dermographe, s’il n’est pas comblé régulièrement par des retouches ou des couvertures de pièces trop anciennes et abîmées pour être correctement récupérées. Il en a connu, hélas, suite à des blessures de service. L’inconvénient du métier, sûrement. Mais il s’agit aussi de ce qui l’a en partie poussé à osé ses premières grosses pièces, à se lancer dans des projets qu’il n’aurait pas pensé pouvoir réaliser à ses débuts. La divine et le mortuaire sont encore présents pour le lui rappeler, bien moins anciens que les histoires et les passions logées le long de ses bras.

Où en est-il ? Un sourire lui échappe, esquisse timide mais pourtant présente. Il n’a pas pu questionner Leander que, déjà, la question supposée par son regard lui est retournée. Ses larges épaules se reculent doucement vers l’arrière du fauteuil pour y prendre un peu plus d’appui. Ah, où il en est. « J’avance doucement mais sûrement. » Ses jambes. Ces deux jambes qu’il n’avait jamais particulièrement souhaité graver abondamment font désormais l’objet de tous ses projets, ou presque. « J’ai une idée, pour une cuisse. » commence-t-il. La gauche, assurément, pour continuer sur sa toute bonne lancée. Chaque chose en son temps, il ressent le besoin de lier son évolution, de ne pas s’éparpiller. Sans doute parce que son esprit peine à trancher entre deux positions, il lui faut retrouver un semblant de clarté. Et, en ces temps, les idées ne manquent pas, bien au contraire. Pourtant, il s’efforce de les contrôler, de les étudier avec attention, faisant les recherches nécessaires à leur dressage, avant de potentiellement rencontrer leur ami comment pour dresser une esquisse ; si son porte-monnaie le lui permet. S’il est là, il est aisé d’en déduire son était. Le malinois, toujours sagement installé, en témoigne, ayant encore mémoire de cette viennoiserie qu’il a pu avaler plus tôt. Les temps ne sont pas trop catastrophiques en ce moment, il faut en profiter.

Nullement dérangé de confier son plus proche projet à Leander, il ajoute : « Un éléphant. » Non, il ne pense pas à Ganesh. La divinité n’est pas dans ses plans, bien qu’une déesse indienne orne déjà son torse. L’italien a plutôt imaginé l’éléphant, l’animal, la noble espèce de sagesse et d’intelligence le symbole. Revu à sa sauce, selon toutes les croyances existantes. Associé aussi à la protection, la chance, la bonté, la sincérité et la paix, entre autres. Ses interprétations sont multiples, mais ce n’est pas principalement ce qui l’intéresse. Avant de chercher un sens, Marcus cherche un visuel. Une image dégageant en partie calme et puissance. Un tracé d’apparence plus banal de pas son réalisme, mais qui n’en sera pas dénué d’importance. Qu’il puisse obtenir l’effet souhaité à chaque regard qui lui sera posé dessus. Mais il ne peut pas tout dire, comme toujours. Pour ne pas dévoiler toutes ses pensées, risquant aussitôt de faire perdre à son art toute sa beauté. Il laisse son homologue émettre ses propres hypothèses.

« Le dernier, c’est un portrait de singe. » Non pas au sens figuré, loin de là. Humeur portée vers des créatures presque totalement perdues depuis que le monde a piqué du nez. Faiblesses de l’esprit humain, de son esprit, attachées à sa chair à tout jamais. Guide qui l’aide à retrouver un peu de satisfaction, probablement. Période de retour aux sources, aussi, sûrement. À ceux qui étaient là avant lui et qui ne sont plus. Mais il y en aurait encore tant, à dire. À défaut de s’étaler sur le sujet, il préfère s’intéresser à Leander. « Et ces petites idées alors, elles sont précises ? » De la curiosité, qui n’a pas été satisfaite. Le besoin de savoir aussi où en est ce semblable, qui a évolué en même temps que lui, bien que plus rapidement. Oh, il n’attend pas de réponse précise, pour ne donner lui-même que de vagues lignes, mais manifeste un certain intérêt à la possibilité d’en apprendre plus.

HRP:
 

_________________
We dream, we wake on a cold hillside, we pursue the dream again. In the beginning was the dream, and the work of disenchantment never ends.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4679-do-you-wanna-know-me En ligne

Contenu sponsorisé








MessageSujet: Re: Inked [Marcus]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Inked [Marcus]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» grand ménage ( pv : Marcus Flint)
» Marcus Flint [validée]
» Marcus parle des victimes qu'il doit affronter à la ECW !
» Marcus parle de Alpha et un peu de ses adversaires.
» Z! True Long Island Story #1 [Marcus Cor Von]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MERCY IN DARKNESS .} :: The Third Chapter: New Orleans :: Northern New Orleans-