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 Inked [Marcus]

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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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MessageSujet: Inked [Marcus]   Sam 4 Nov - 12:42



Inked

Marcus ✪ Leander


Deux billes lactescentes à la place des yeux. Une fosse noire à la place de la bouche, large, vide, bordée de longs pics émailleux acérés et tordus. Tout autour, une espèce de peau rougeâtre. Ecaillée. Encroûtée. De la chair morte, comme brûlée, qui s’effrite au-dessus de la mâchoire disloquée. Se craquèle sur le nez rongé jusqu’à l’os. Se déchire sur les angles pointus du faciès monstrueux, dont la beauté putride maintient Leander fébrilement cramponné au-dessus du lavabo.

Encore quelques secondes de concentration, et le reflet infernal finit par s’effacer pour laisser place à son double plus humain, mais aussi – paradoxalement – plus étranger. Visage sain, intact derrière le trompe-l’œil, sous la couche d’encre illustrant une décomposition factice. Visage qui n’apparait toujours que pendant deux ou trois minutes, cinq au maximum, avant d’être à nouveau radicalement déformé. Le regard braqué sur ses propres prunelles, Leander commence à compter. Un. Deux. Trois. Cette fois, ça tiendra plus longtemps. Régulièrement, il s’entraîne. Il essaye de battre ce record idiot, comme si chaque nouvelle victoire affirmait un peu plus sa supériorité, son ascendant sur la Chose qui le possède, et dont il ne connait bien que la morbide apparence. Quatre. Cinq. Six. Sept. Huit. Neuf

Lentement, il lève les doigts, effleure une joue marbrée de noir. Trop rares sont les moments où il peut contempler et examiner à sa guise ces tatouages-là. Une frustration à la hauteur du prix qu’ils lui ont coûté. Sans cesser d’égrener les secondes dans sa tête, il se tourne un peu et laisse vagabonder son regard sur les arabesques sombres, appréciant les multiples tracés qui ornementent sa peau, de la naissance de sa gorge jusqu’au sommet de son crâne.

Regarde ce que tu es devenu, Jules. La voix d’Eva, comme un lointain écho du passé, semble tinter lugubrement dans la salle de bain miteuse et mal éclairée. L’espace d’un instant, il a presque l’impression de sentir, dans son dos, tout le poids de Son regard bouleversé, humide de colère et empli d’un chagrin sans nom.

***


Dans un monde aussi détraqué, trouver une occupation les jours de congé n’est pas ce qu’il y a de plus évident. Une occupation agréable et sécurisée, s’entend. Bien sûr, il pourrait rester chez lui à s’exercer, pratiquer son don d’influence sur ses animaux… Ce serait utile et pas franchement déplaisant, mais il a parfois besoin d’oublier un peu le monstre dans le miroir. Tout comme il a parfois besoin de sortir, même si c’est pour se retrouver dans des rues plus ternes et tristes encore que son appartement.

Resserrant le col de son manteau, Crowell s’enfonce dans les méandres glauques du nord de la ville. Loin de lui l’idée de regagner une zone plus accueillante. Car qui dit plus accueillante dit aussi plus fréquentée, et il n’a absolument pas envie d’affronter la foule en cette fin d’après-midi. Quand, à cette heure-ci, certains cherchent spontanément un point de rassemblement, bar ou autre établissement convivial débitant un peu de chaleur humaine, lui… eh bien, ça ne lui effleure même pas l’esprit. Les pseudo-fêtes, les entrevues charnelles et alcoolisées, les orgies clandestines en tout genre… non, rien de tout cela ne saurait lui arracher le plus infime frisson d’excitation. Il ne juge pas les gens qui s’y adonnent – chacun devrait être libre de faire ce que bon lui semble, en particulier lorsqu’il s’agit de se distraire et d’échapper quelques heures à l’ignoble merde dans laquelle ils sont tous en train de patauger, et dans laquelle ils vont tous finir. Disons simplement qu’il n’éprouve face à ces pratiques qu’un profond et inébranlable désintérêt.

Il voyait les choses différemment, avant. Avant l’apocalypse, lorsqu’il était plus jeune et plus optimiste. Plus sociable, aussi. Etudiant, il ne boudait pas les invitations, ne rechignait pas à sortir boire un verre avec quelques amis, ni à les suivre au théâtre, dans une manifestation ou un concert. Mais rien de cela n’a de sens, aujourd’hui. Quand il y repense, il n’a pas vraiment l’impression d’avoir vécu ça. D’avoir jamais été ainsi. C’est un peu comme regarder un film retraçant la vie d’une autre personne, vous voyez ? Une personne qui vous ressemble, dont vous avez été proche, mais qui est aussi très différente, très dissociable de vous. Il y a des choses qu’il ne se croit plus capable de faire. Qu’il ne se pense plus capable de ressentir. Et il se demande parfois si c’est un fait commun à beaucoup de survivants, ou si c’est juste la parade que son cerveau malade a inventée pour pouvoir continuer à fonctionner à peu près normalement.

***


Au loin, l’épais brouillard se dissipe, et émergent alors les contours rassurants d’une destination familière. Toujours fidèle au rendez-vous, dressée tel un rempart d’espoir au milieu des décombres, la devanture sombre et bizarre se distingue de ses voisines décrépies, délabrées, laissées à l’abandon. De fins rayons de lumière filtrent à travers les stores tirés, invitant à entrer malgré la pellicule de poussière qui recouvre la vitre. Leander pousse la porte sans une once d’hésitation.

Il ne compte plus le nombre d’heures passées ici. A une époque, c’était sa seconde maison. Un refuge où il pouvait enfin être lui-même, où il pouvait s’exprimer librement. Laisser courir son imagination, la coucher avec euphorie sur le papier, avant de la faire décalquer sur sa chair tremblante d’impatience. Les murs chargés de souvenirs exaltants. Bouffées de joie intense. Pures exultations devant l’irréfutabilité du changement, le pouvoir de l’esprit sur le corps, la créativité en plein essor. Des moments de bonheur comme il n’en a, au final, que peu connus dans sa vie. Doucement, il s’avance sous le néon jaunasse. Personne n’est là pour l’accueillir, mais le vrombissement du dermographe, provenant d’une pièce adjacente, lui confirme que le propriétaire des lieux est bel et bien de service. Le tatoué décide donc de s’installer confortablement pour attendre. Il pose sur une table basse la pochette avec laquelle il est venu, et qui contient les croquis accouchés ou retravaillés depuis sa dernière visite. Retire son manteau. S’enfonce dans un vieux fauteuil déchiré, devant une pile de magasines qui semblent avoir traversé toutes les guerres.

L’établissement, plutôt vétuste, ne paie pas de mine. Sans parler de la décoration, complètement atypique et passablement sinistre. Mais quelle importance, quand on sait qu’il s’agit là du repère d’un véritable dieu ! Un artiste incroyable, talentueux, audacieux, sans tabou, toujours prêt à vous suivre et à vous pousser dans les projets les plus fous. Leander éprouve beaucoup de respect pour cet homme, pour celui qui l’a accompagné à travers cette forme d’art, de reconstruction. Par extension, il aime aussi cet endroit étrange et lugubre, encore intact malgré les catastrophes qui ravagent régulièrement le quartier. Encore ouvert malgré la Censure. Rare oasis de liberté où l’originalité, l’inventivité, l’affirmation de soi sont des choses que l’on valorise et que l’on encourage sans retenue.

Il attrape un magazine, histoire de s’occuper les mains. Tant qu’il le pourra, il continuera de venir et de gorger d’encre son épiderme. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il lui reste des zones à noircir – au niveau des jambes, notamment – et puis il y a les retouches, bien entendu. Celles qui s’imposent avec le temps ou sur un coup de tête, parce que l’on a brusquement envie de réarranger un assemblage ou de redessiner un motif en particulier. Parcourant des yeux des photographies jaunies, Crowell se laisse peu à peu bercer par le bruit du vent, dehors, et celui de la machine à tatouer, dedans. Il est à deux doigts de somnoler lorsque, soudain, le grincement de la porte le tire de sa torpeur. Du coin de l’œil, il tente d’identifier la silhouette surgie dans l’entrée. Tiens… ? Un pressentiment joyeux qui se change bientôt en évidence, l’esquisse d’un sourire amusé sur les lèvres.

« Salut », lance-t-il finalement d’une voix douce, un peu rauque, en lâchant le magazine sur ses genoux.

Lui, ici. Pourquoi est-ce que ça ne le surprend même pas ?

_________________

Never mind that noise you heard,
it's just the beasts under your bed.
In your closet. In your head.

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Inked [Marcus]

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