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 it's a new morning and you're going home (riley)

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MASTER OF ILLUSIONS

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↳ Métier : assistante d'Esperanza O'Connell, au Mary Rose. Anciennement barmaid.
↳ Opinion Politique : neutre. Pro gouvernement pour les apparences, coincée dans ce rôle qui la fait se sentir comme un imposteur.
↳ Niveau de Compétences : Un travail acharné dès l'adolescence lui a permis d'atteindre un niveau 3 général ( niveau 4 en perception de fantômes, niveau 3 en rêves prémonitoires, elle pratique le reste de façon très sporadique et très superficielle.) Cependant, en raison des événements qui ont bouleversé sa vie et de la magie qui disjoncte, ses compétences générales sont retombées au niveau 2.
↳ Playlist : way down we go + kaleo
hard times + seinabo sey
sober + p!nk
cupid carries a gun + marilyn manson
sin + nine inch nails
criminal + fiona apple
take me down + the pretty reckless
gods and monsters + lana del rey
humanity + scorpions
cold little heart + michael kiwanuka
↳ Citation : Before embarking on a journey of revenge first dig two graves.
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MessageSujet: it's a new morning and you're going home (riley)    Lun 6 Nov - 19:49

it's a new morning and you're going home  
Beatriz & Riley
This city desert makes you feel so cold, it's got so many people, but it's got no soul. And it's taken you so long to find out you were wrong, when you thought it held everything - Gerry Rafferty "Baker street"

Ce fut un rêve qui m’avait amenée jusqu’ici. Aussi me tenais-je debout devant le Old Absynthe House, hésitant encore à entrer. Je n’étais pas tout à fait sûre de ce que j’avais vu, les rêves prémonitoires étaient toujours teintés d’incertitudes. Pourtant, tandis que j’examinais attentivement les lieux, j’avais la conviction profonde que je me trouvais au bon endroit. Ce que je ressentais dès lors dépassait la simple intuition, le basique sentiment de déjà-vu. C’était autre chose, de beaucoup plus insidieux, d’infiniment plus vicieux. C’était une émotion qui rongeait l’âme et les certitudes. Cette émotion, c’était la peur. En soi, avoir peur n’avait rien d’exceptionnel. Compte tenu du contexte actuel , tout le monde avait peur, et c’était en jouant sur les craintes de tout à chacun que le gouvernement asseyait son emprise sur la population. Moi aussi j’avais peur, que ce soit pour moi ou mon enfant, parce que je ne pouvais pas garantir qu’il puisse grandir dans la sérénité d’un avenir qui lui tendait les bras. Tout pouvait s’arrêter du jour au lendemain, on pouvait se retrouver cloué au pilori au moindre pas de travers – je fréquentais suffisamment les chiens du gouvernement pour connaître leurs méthodes. Et quand je voyais le Old Absynthe House, je comprenais pourquoi la personne qui travaillait là était susceptible d’avoir de très gros ennuis. Il s’agissait d’un bistrot, tout ce qu’il y avait de plus classique. On y servait à boire, les habitués venaient y jouer, en bref, l’établissement représentait tout ce que le gouvernement poursuivait et condamnait avec acharnement. En tant qu’ancienne barmaid je ne savais que trop bien les dégâts que la Prohibition avait causé à notre métier. Puisque nous n’étions plus autorisés à servir de l’alcool, il ne restait plus que les boissons sans alcool, et le reste était planqué dans les caves. Au Mary Rose, il m’arrivait de servir de l’alcool en douce aux clients en échange d’un généreux pourboire et de mon silence. Ce n’était certes pas grand-chose mais de la sorte, j’avais l’impression d’accomplir un acte militant. Soyons toutefois d’accord sur un point : même s’il m’arrivait d’enfreindre les règles de temps à autres, juste un tout petit peu, , il ne demeurait pas moins que je n’avais aucune velléité de m’opposer ouvertement à ceux qui nous dirigent, j’avais bien trop à perdre.  

Cela ne me dissuada pas d’entrer. Me disant que c’était un mal pour un bien, je poussai la porte de l’établissement et je fus immédiatement enveloppée d’un cocon de chaleur douillet, qui me donna inévitablement envie de m’y blottir. Jetant un regard circonspect à l’intérieur de la taverne, je m’avançais, tout en enlevant le foulard que je gardais autour du cou et qui dissimulait bon nombre de mes tatouages. Mes boucles rousses cascadèrent sur mes épaules raides et je me rendis bientôt compte que j’étais habillée de façon beaucoup trop distinguée pour me fondre dans le moule. En effet, le Mary Rose était beaucoup plus chic que cet endroit, et j’étais davantage en contact avec de la clientèle huppée et exigeante qu’avec le poivrot du coin. Je caricaturais certes un peu, mais c’était le meilleur moyen que j’avais pour décrire mon ressenti. Sur ce ; je me raidis davantage. D’ici à ce qu’on me prenne pour une émissaire du gouvernement, il n’y avait pas loin, or , je n’étais pas ici pour faire le sale boulot, j’étais ici pour prêter main forte à une collègue qui avait potentiellement des ennuis – avec de tels rêves, nous n’étions jamais sûrs de rien. C’était tout de même étrange de la qualifier de collègue alors que je ne la connaissais même pas, j’étais même certaine de ne jamais avoir mis les pieds ici auparavant. Cela n’empêcha toutefois pas de me sentir liée à elle, comme si je la connaissais depuis toujours et que nous étions vouées à nous rencontrer pour une raison qui m’était encore inconnue. Je secouai la tête pour chasser ces pensées de mon esprit. C’était vraiment une idée stupide, je pourrais tout aussi bien faire demi tour et faire comme si de rien n’était, ça ne changerait pas grand-chose à l’histoire. Il est vrai que l’idée de fuir était tentante mais je ne la mis pas à exécution. Maintenant que j’étais là il était hors de question que je rentre bredouille. De toute façon j’étais déjà repérée, alors si j’espérais faire une entrée discrète c’était plutôt raté. Ignorant les regards suspicieux des quelques usagers qui se trouvaient là, je m’avançai résolument vers le comptoir.  

« Excusez-moi ? » Je venais d’interpeller un des employés qui me regarda de la tête aux pieds avec dédain. « Je ne suis pas venue mettre mon nez dans vos affaires, je viens en tant qu’amie. Enfin je crois. »  

Ça n’avait aucun sens, ce que j’étais en train de raconter mais peu importe. Ce n’était pas lui que j’étais venue voir, aussi n’avais-je pas à me justifier auprès de ce type. Nerveuse, je me mis à pianoter sur le comptoir, faisant claquer mes ongles impeccablement vernis sur la surface plastifiée. Je commençais à me dire que c’était une erreur de débarquer ici sans avoir de plan mais il était trop tard pour reculer. Bien décidée à ne pas lâcher le morceau, je crus bon d’insister :  

« Ecoutez. J’ai entendu dire que votre patronne a des ennuis, et je suppose que vous voulez garder votre travail, alors je vous serais très reconnaissante si vous me laissiez lui parler. » Puis, réalisant que ça sonnait comme du chantage, je m’empressai d’ajouter : «  Je ne vous dirai pas comment je le sais parce que vous ne me croiriez pas mais je pense que je peux l’aider. » Sinon, je n’aurais pas rêvé d’elle et de cet endroit, n’est-ce pas ? « S’il vous plaît. » 

Ma voix s’évanouit dans une supplique angoissée. L’autre me regarda de travers et je me raidis, parce que ce n’était pas bon du tout. Je m’attendais à me faire refouler quand il tourna brutalement les talons et disparut dans une pièce annexe. Je roulai des yeux, exaspérée. La confiance règne, on dirait ! Quoiqu’il en soit une telle réaction n’était pas vraiment étonnante. Dans un tel climat de suspicion, les doutes de cet employé étaient tout à fait légitimes. L’homme ne revint pas, comme je l’avais anticipé. À la place, une toute autre personne venait de débarquer.  

C’était elle, la fille que j’ai vue dans mon rêve.

Elle se tenait devant moi, en chair et en os.  

Désormais, il se posait un problème de taille : qu’allais-je pouvoir lui dire ? Elle me prendra pour une folle, c’était même sûr et certain. Je ne pouvais rien faire d’autre, à part ouvrir et fermer la bouche plusieurs fois, alors qu’aucun son ne sortait de ma gorge nouée. Putain. Dans quelle galère je me suis encore fourrée ?  
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↳ Métier : Gérante du "Old Absinthe House"
↳ Opinion Politique : Résistante engagée et enragée par le deuil
↳ Niveau de Compétences : Redescendu au niveau 2, depuis la mort de son mari
↳ Playlist : COLDPLAY | paradise ; FRANK SINATRA | my way ; BRUNO MARS | when i was your man ; RAY CHARLES | georgia on my mind ; JANELLE MONAE | tightrope ; FETTY WAP | trap queen ; JOHN LEGEND | all of me ; BILL WITHERS | ain't no sunshine ; MELODY GARDOT | preacherman ; CURTIS HARDING | wednesday morning atonement ; JORDA SMITH | i am
↳ Citation : “Au commencement des temps, les mots et la magie étaient une seule et même chose.” S. Freud
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MessageSujet: Re: it's a new morning and you're going home (riley)    Mar 7 Nov - 23:00

it's a new morning and you're going home  
Beatriz & Riley
This city desert makes you feel so cold, it's got so many people, but it's got no soul. And it's taken you so long to find out you were wrong, when you thought it held everything - Gerry Rafferty "Baker street"

Ce matin-là, au moment elle sortait de la salle de bain pour aller s'habiller, Riley poussa un cri d'horreur en voyant un truc galoper devant elle. C'était un rat. Une saloperie de rat gris, aussi gros qu'un cochon dinde. La bestiole avait traversé le couloir pour aller se réfugier dans l'ancienne salle de réception que Riley avait aménagé en chambre, depuis qu'elle était venue s'installer à perpétuité au Old Absinthe House. Après un temps de surprise, la jeune femme s'était précipitée à sa suite pour voir où l'animal allait se faufiler. Une fois entrée à l'intérieur de la pièce, elle referma rapidement la porte derrière elle, pour ne pas qu'il s'échappe. La salle était vaste, mais faute de moyens, Riley n'avait pas pu la combler de beaucoup de meubles. Il y avait un vieux lit en fer forgé blanc sur lequel elle dormait. Un vieux cellier lui servant à présent d'armoire pour ranger ses vêtements et divers effets personnels. Aux quatre coins de la pièce étaient empilées les tables et chaises en bois servant autrefois à accueillir les convives ayant réservé les lieux. Avec la Prohibition, les soirées dansantes et autres fêtes arrosées d'alcool n'avaient plus lieux d'être dans son établissement. Sur le sol, un immense tapis brodés de motifs vaudou recouvrait toujours le parquet presque en son entier. Riley avança doucement les pieds nus et humides sur celui-ci, regardant chaque centimètres carrés autour d'elle. Délicatement, elle grimpa sur le lit et s'immobilisa pour ne plus faire de bruit. Où était passée cette sale bête ? Elle ne pourrait plus se cacher bien longtemps maintenant que la jeune femme avait découvert son existence et si elle ne voulait pas montrer le bout de son nez moustachu, la jeune femme allait l'y obliger. Riley savait une chose sur les rats, ils avaient peur de l'eau, une peur bleue. Si elle ne pouvait pas inonder sa maison pour le chasser, elle pouvait au moins lui en donner l'illusion. Alors, la sorcière ferma les paupières et fit le vide dans son esprit. « Aquæ diluvii inundaverunt super terram » murmura-t-elle du bout des lèvres. Bientôt, les murs se mirent à vibrer, les meubles à trembler autour d'elle. La salle semblait être soumise à une pression inexplicable, comme une force dilatant la charpente. Tout à coup, un craquement déchira le silence de la pièce et les murs cédèrent autour de Riley pour venir l'engloutir sous une énorme vague. Un déluge balaya les tables, les chaises et fracassa le cellier. Lorsque la sorcière ouvrit les yeux, elle avait de l'eau jusqu'à la poitrine, mais ne s'en préoccupa pas. Elle inspecta la surface de l'eau, le reflux des vagues maltraitant le mobilier. C'est alors qu'elle entendit un petit cri strident à sa gauche. Il était là, coincé contre la vieille cheminée. Cette saleté de rat flottait sur une morceau de bois en criant à tue tête. « Ah-ah ! » s'écria Riley en signe de victoire. Elle leva la main en l'air et instantanément l'illusion s’évanouit. L'eau disparue autour d'elle, laissant la pièce aussi intacte qu'à son entrée et le rat fortement déboussolé à sa merci en plein milieu du tapis. Ni une, ni deux, la sorcière sauta du lit, attrapa une boite à chaussures au passage et piégea le rat à l'intérieur. « Je t'ai eu » dit-elle avec un certain sourire aux lèvres.

Après avoir jeté le rat dans la benne à ordures, Riley partagea une bonne partie de la matinée à chercher les recoins par lesquels l'animal avait pu entrer dans sa maison et faire l'inventaire de ses stocks. Ceux-ci s'étant fortement amenuisés ces dernières années, la sorcière eût fini son comptage peu avant l'heure d'ouverture. Comme à son habitude, elle vit la carrure massive de Cristóbal débarquer dix minutes tapantes avant le début de son service. Sa ponctualité la fascinait, elle était presque militaire. Avec le temps, elle s'était habituée à sa présence au point qu'elle avait parfois l'impression qu'il avait toujours fait partie de ses employés. Pourtant ce n'était pas le cas, elle connaissait Eliott son deuxième serveur depuis bien plus longtemps. Le petit jeunot avait été engagé par Riley et son mari lorsque celui-ci était encore en vie. Il y avait eu aussi Livia pendant un temps, bien avant que celle-ci ne décide lui tourner le dos. A présent, elle voyait l'ancien ami de son frère venir travailler quatre jours sur sept dans son bar, lui apportant une aide précieuse et un soutien qu'elle n'avait pas obtenu à la suite du décès de Martin. La jeune femme profita donc de sa présence, pour lui laisser assurer l'ouverture matinale, pendant qu'elle s'affairait à trouver de quoi repousser les rongeurs. Si ces vermines commençaient à envahir son établissement, elle n'aurait plus à se soucier d'une descente de la milice pour faire fermer le Old Absinthe House. Par ailleurs, l'idée de dormir avec de tels invités dans les parages l'enchantait autant que de servir un verre à Hunters. Si seulement se débarrasser de lui était aussi facile que d'éliminer les rongeurs, Riley pourrait dormir sur ses deux oreilles.

Perdue dans ses pensées, la jeune femme sursauta lorsqu'elle entendit la voix de Cristóbal lui parler. « Patronne ? » lui demanda-t-il doucement. Elle était en train de préparer une concoction à base de feuilles de rhubarbe et d'un reste d'absinthe, autant dire un cocktail létal pour tout individu vivant sur cette terre. « Cristóbal, ne m'appelle pas comme ça, s'il te plaît » soupira-t-elle devant son excès de respect. Riley préférait la familiarité aux conventions sociales. Lorsqu'on entrait dans son bar, on entrait chez elle et donc, les marques de respects pompeuses n'avaient plus lieu d'être. Le seul patron de cet endroit resterait à jamais Martin pour la jeune femme. Se voir affubler du titre de patronne lui rappelait la pièce manquante de sa vie personnelle. « Une petite rousse. Jeune. Les yeux marrons, tatouages apparents... Ça te dit quelque chose ? » lui demanda Cristóbal en s'approchant d'elle. Riley fronça les sourcils, surprise par sa question si vague. Elle chercha quelques instants dans son esprit, très vite recentré sur la tâche qu'elle était en train d'accomplir. Elle versa quelques gouttes d'un liquide verdâtre dans le gobelet en acier posé devant elle, puis referma la goupille rapidement. « Rousse ? Non, ça ne me dit rien. Pourquoi ? » demanda-t-elle en agitant vigoureusement le shaker qu'elle tenait. Elle lui fit faire un saut périlleux dans sa chaque main, avant de le reposer sur la table, sous les yeux ébahis de son employé. « Elle veut te parler. Elle attend au bar. Elle a dit qu'elle savait que tu avais des problèmes » reprit Cristóbal avec une pointe d'inquiétude dans la voix. Riley stoppa son entreprise d'extermination pour enfin daigner poser un regard sur le visage carré de son barman. Froncer les sourcils ainsi ne le rendait vraiment pas engageant. Est-ce qu'il avait dit tatoué ? La mémoire de la sorcière se réveilla soudainement, tel un éclair de lucidité l'ayant traversé. « C'est pas possible... » bafouilla-t-elle à son attention, avant de quitter la pièce précipitamment.

Cela faisait un petit moment que Riley n'avait pas fait de rêves prémonitoires. D'ailleurs, ce n'était pas la capacité la plus développée chez elle pour une sorcière. Ces derniers temps, ses rares heures de sommeil avaient été ponctuées de violents cauchemars impliquant le monstre qu'elle avait rencontré dans la mine avec Cassidy. Autant dire qu'elle n'avait prêté que peu d'attention au visage d'une demoiselle à la chevelure rousse apparue dans ses songes. Riley voyait tellement de clients défiler dans son bar, qu'elle s'était dit qu'elle l'avait déjà croisé auparavant. Mais à présent, les images revenaient clairement à son esprit. Ces cheveux flamboyants, ces tatouages, les pleures de ce bébé... Elle était telle qu'elle la voyait en face d'elle, la lumière du jour éclairant davantage ses traits. « Tu... Tu en as mit du temps pour venir » bredouilla Riley dans un soupir. La jeune femme savait que l'incongruité de sa remarque n’effraierait pas son interlocutrice, car en son for intérieur, celle-ci savait qu'elle était aussi une sorcière. Elle le sentait, elle en était certaine. « Excuse-moi, je suis malpolie. Je te sers quelque chose ? C'est la maison qui offre » se reprit-elle en essayant d'être la plus naturelle possible. Un sourire resta pourtant accroché à ses lèvres, fi de toutes méfiances. Elle connaissait cette fille, même si elle ignorait tout d'elle. Le sentiment était étrange, mais pas inconnu pour une sorcière.
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there is never a perfect answer in this messy, emotional world. perfection is beyond the reach of humankind, beyond the reach of magic. in every shining moment of happiness is that drop of poison: the knowledge that pain will come again.


Dernière édition par Riley J. Nott le Sam 18 Nov - 16:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: it's a new morning and you're going home (riley)    Dim 12 Nov - 21:42

it's a new morning and you're going home  
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This city desert makes you feel so cold, it's got so many people, but it's got no soul. And it's taken you so long to find out you were wrong, when you thought it held everything - Gerry Rafferty "Baker street"

Convaincre cet employé de me laisser voir sa patronne n'avait pas été une mince affaire. Bien au contraire, j'avais vu sa réticence dans son regard, alors qu'il me détaillait de la tête aux pieds. Je l'avais vu me scruter, m'analyser, me disséquer, comme s'il avait le pouvoir de déterminer si j'étais digne de confiance rien qu'en m'étudiant de la sorte. En réalité, cette inspection méticuleuse m'avait foutu la chair de poule. On ne pouvait pas dire que la patronne du Old Absynthe House ne savait pas s'entourer. Je n'osais dès lors imaginer dans quelles embrouilles elle s'était fourrée. Pour que je doive montrer patte blanche, le gouvernement devait fourrer un peu trop son nez dans les affaires de sa gérante. Ce qui en soi me paraissait logique, surtout si on me prenait pour une des leurs. Je ne saurais dire d'où me venait ce sentiment cuisant qui m'avait prise aux tripes dès lors que ce mec m'avait considérée de son regard suspicieux. Officiellement, je faisais partie de ceux qui soutenaient la dictature en place. On me laissait tranquille et c'était très bien comme ça. Aussi n'y avait-il aucune raison valable pour que je me sente vexée si on m'assimilait à eux. C'était tout de même étrange, que mon premier réflexe soit de me désolidariser de tout ce qui se passait. Néanmoins, je n'eus pas le temps de songer davantage à ma réaction épidermique, car quelques secondes – ou minutes ? - plus tard, la gérante du bistrot se tenait devant moi, telle que mes rêves l'avaient dépeinte. Petite, brune, mince, elle ne devait pas être beaucoup plus âgée que je l'étais, et elle se retrouvait gérante d'un bar bicentenaire. Plus je la regardais et plus je voyais ses traits fatigués, comme si elle avait vécu une épreuve difficile récemment. Je détournai les yeux lorsque je réalisai que je la fixais, parce que c'était très impoli de dévisager les gens. Il n'empêche que des questions sans réponses trottaient dans ma tête, parce que j'avais l'impression de pénétrer dans un univers diamétralement opposé au mien, et bien plus que l'appréhension, ce fut la curiosité qui prit le dessus. Je voulais savoir ce que toute cette histoire impliquait, pourquoi je l'avais aperçue, elle, dans mes rêves et pas une autre.

Je haussai un sourcil sardonique lorsqu'elle me dit que j'avais mis du temps pour venir. J'avais effectivement tardé à rappliquer car je n'avais pas du tout élaboré de plan. Ça ne me ressemblait pas. Je n'avais pas l'habitude d'improviser, et ça me rendait nerveuse. J'aimais ressentir que j'avais une certaine maîtrise sur le cours des événements, que je n'étais pas une marionnette que l'on manipulait à sa guise. J'aimais quand tout était carré, délimité, j'aimais savoir où j'allais, car la prévisibilité m'apportait un sentiment de sécurité qui était très précieux ces temps-ci. Aussi ne répondis-je rien à sa remarque, parce qu'il n'y avait rien à répondre. J'avais mis du temps à venir, oui, mais maintenant j'étais là, et c'était le plus important. Qu'elle eut anticipé ma venue ne m'étonnait même pas. à cette pensée, le sentiment de familiarité que j'avais éprouvé en la voyant revint au galop. J'étais certaine de ne l'avoir jamais vue auparavant, mais nous étions reliées par ce fil invisible et à en croire ces rêves prémonitoires, nos destins étaient voués à se croiser. C'était une logique qui échappait au commun des mortels et pourtant je la ressentais au plus profond de moi, c'était comme une certitude qui émergeait de l'océan de doutes et de tourments qu'était ma vie ces temps-ci. Je ne me laissai toutefois pas déstabiliser par cette sensation rassurante et même réconfortante, oserais-je dire. Je ne connaissais cette fille ni d'Eve, ni d'Adam, elle trempait dans des magouilles qui me dépassaient complètement et je n'étais pas encore certaine de ce que je pouvais réellement faire pour elle, aussi me sentais-je tout à fait légitime de ressentir de la méfiance à son égard. Qu'elle ne prenne pas la soudaine distance que j'avais instaurée entre nous personnellement, j'agissais ainsi avec tout le monde, rares étaient ceux qui pouvaient se targuer de m'approcher. J'étais incapable de tisser des relations durables parce que je ne m'attachais pas. Aussi loin que je me souvienne je n'ai jamais eu beaucoup d'amis, j'allais et venais dans la vie des gens comme un courant d'air. Ce fut donc avec une certaine réserve que j'acceptai qu'elle m'offre à boire. Je me hissai sur le tabouret accoté au bar et je déposai mon sac à main non loin de moi, de telle sorte que je puisse garder un œil sur mes affaires. On ne sait jamais, après tout, même si l'endroit n'avait pas l'air mal famé. Ne dit-on pas que prudence est mère de sûreté ? Une fois installée, je me décidai à commander ma boisson gratuite.

« Un diabolo menthe, s'il te plaît. » répondis-je, la voix un peu rauque – je me mis à toussoter légèrement pour m'éclaircir la gorge. « Ce n'est pas très original mais ça désaltère. »

J'adressai un sourire poli à la sorcière lorsque j'eus passé ma commande et, toujours aussi tendue, je me mis à pianoter sur la surface du bar. Voilà que ça me reprenait. Une partie de moi voulait directement passer aux choses sérieuses, c'est à dire évoquer les raisons précises de ma venue – y en avait-il seulement ? - mais mon côté raisonnable ne voulait pas brûler les étapes. Si elle avait réellement des emmerdes avec le gouvernement comme je le pressentais, elle ne m'en parlera pas à moins de se sentir en confiance avec moi. Puis il y avait cet homme, l'employé à qui j'avais eu affaire quelques instants plus tôt qui continuait à rôder autour de nous tel un vautour, ce qui n'allait pas faciliter nos échanges. Il fallait trouver un moyen de s'en débarrasser, aussi nous pourrons discuter en toute tranquillité.

« Tu ne saurais pas me dire où sont les sanitaires, par hasard? » demandai-je soudainement, en m'assurant que l'homme entende bien ce que j'étais en train de dire. « Je crois qu'il y a des tâches de lait sur mon chemisier, elles n'y étaient pas tout à l'heure. » Je me mordillai la lèvre inférieure d'un air gêné. « Mon fils est encore un bébé et je l'allaite alors forcément il y a des fuites. Tous mes vêtements sont tâchés et sentent le lait caillé. »

L'histoire ne disait pas si mes vêtements étaient véritablement tâchés ou si ce n'était que du bluff, mais je devais bien trouver un moyen de parler à la gérante du Old Absynthe House en seul à seul sans oreilles indésirables à proximité. Et comme aucune idée lumineuse ne m'était venue en tête, j'avais improvisé, ne lésinant pas sur les détails peu ragoûtants. D'habitude, les hommes ne pouvaient pas supporter d'entendre parler d'allaitement et de seins gercés à force de servir de garde-manger aussi espérais-je que ma tentative de diversion soit efficace. Alors, je mis à croiser les doigts sous le comptoir. Je priais pour que la jeune femme comprenne ce que j'essayais de faire, et s'arrange pour que nous puissions parler en toute discrétion.
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MessageSujet: Re: it's a new morning and you're going home (riley)    Sam 18 Nov - 23:43

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Rêver d'enfants n'était pas inhabituel pour la sorcière, dont la fertilité était pourtant nulle et non avenue. La fratrie pullulante des Nott avait toujours été vecteur d’instinct maternel pour Riley, de même que pour son frère Ashley, second chef de famille. Dès leur plus jeune âge, le frère et la sœur s'étaient vus contraints d’exercer le rôle de parents, à défaut d'en avoir de véritables pour les élever. Non pas qu'ils fussent nés orphelins, mais plutôt que les deux adultes leur servant de géniteurs ne s'étaient jamais vraiment montrés responsables ; préférant s'injecter dans les veines la dernière merde du coin achetée avec le peu d'argent gagnés par l'un ou l'autre et oubliant souvent de rapporter de quoi manger à la maison. L'école publique comme celle de la rue avait rapidement pris le relais sur leur éducation. La seule figure positive les ayant jamais aidé fût leur tante maternelle, auprès de qui vivaient encore les cadets de Riley jusqu'à l'Apocalypse. Depuis, la sorcière n'avait plus de nouvelles. Elle espérait qu'ils aient trouvé refuge dans la Communauté ou même au sein du Gouvernement, si cela leur permettait d'avoir une vie meilleure et une enfance plus heureuse que la sienne. Quelque part, la jeune femme n'était pas mécontente que la lignée des Nott ne se perpétue pas avec elle et son grand-frère Ashley, en supposant celui-ci soit encore en vie. Elle ne pourrait rien offrir d'autre à un supposé enfant, qu'une famille dysfonctionnelle et mono-parentale dont elle avait bien trop soupé pour répéter le fléau. Par ailleurs, Riley ne ressentait pas le besoin d'enfanter une quelconque marmaille. Elle avait déjà bien à s'occuper quotidiennement. Ces enfants à elle s'appelaient Cassidy, Alejandro, Justin, Alistair, Lena ou encore Raquel. Tout autant de compagnons de résistance, d'amis ou de simples connaissances dont elle prenait soin, comme s'il s'agissait de sa progéniture.

Si Riley n'aurait jamais d'enfants à elle, cela ne voulait pas dire qu'elle était incapable de comprendre les besoins d'une mère. Après tout, elle restait une femme elle-même. L'attachement et le dévouement étaient des qualités la qualifiant au plus haut point. Dès lors, la sorcière accueillie sans méfiance la visiteuse incongrue que lui présenta son employé. Contrairement à celui-ci, elle ne montra aucun signe d'hostilité à son égard, alors que la raison de sa présence en ces lieux aurait du la rendre nerveuse. Elle savait qu'elle avait des ennuis. Riley en oublia presque cette phrase, lorsque le souvenir de son rêve prémonitoire lui revînt en tête. Cette fille ne venait pas en ennemie, mais en amie. Elle en était certaine. Toute aussi certaine que la jeune rousse était une sorcière, dont l'aura magique la frappa profondément en sa présence. Ses pouvoirs devaient être plus puissants que ceux de Riley. Il y avait même autre chose que la propriétaire des lieux n'arrivait pas à distinguer dans ces vibrations ésotériques. Quelque chose de flou et d’inexplicable, qui ne la rendit que plus ravie de l'avoir enfin en face d'elle. « Je te prépare ça » opina la jeune femme en lui adressant un sourire. De prime abord, la rousse avait beaucoup plus un physique à boire de l'alcool. Avec ses tatouages et ses vêtements sombres, l'on aurait pu s'attendre à ce qu'elle affectionne plus particulièrement les breuvages alcoolisés que les boissons sucrées. Néanmoins, Riley repensa au bébé aperçu dans son rêve et félicita intérieurement son invité de sa sobriété. Celle-ci lui confirma d'ailleurs sa prémonition, en lui demandant le chemin des toilettes pour se nettoyer. Lorsque la jeune mère lui intima à voix basse les désagréments de l’allaitement, la sorcière se sentit à la fois gênée et impuissante, avant de comprendre qu'elle cherchait simplement à lui parler en privé. Riley jeta un regard discret en direction de Cristóbal, essuyant nonchalamment des verres non loin d'elles. Elle le soupçonnait très fortement de tendre l'oreille pour les écouter. « Oui, bien sûr. C'est à l'étage. Première porte à droite » répondit Riley en lui adressant un clin d’œil. En réalité, elle venait de lui donner l'indication pour accéder aux terrasses. Là-haut, elles seraient plus à l'aise pour parler.

A ces indications, la rousse prit alors la direction de l'étage supérieur, pendant que la brune s'occupait à préparer le verre qu'elle avait lui avait promis. « Alors, qui est-ce ? » demanda timidement la voix de Cristóbal à ses côtés. Riley cacha un roulement d'yeux, tandis qu'elle remplissait un verre de glace pillée. Malgré la douceur dans sa voix, il ne lui avait pas fallu plus de cinq secondes pour venir s'enquérir de l'identité de la nouvelle cliente. « Une amie » lui répondit la jeune femme. Elle ne pouvait vraiment lui en vouloir. C'était elle-même qui l'avait missionné de lui indiquer tout les nouveaux venus dans l'établissement. Avec la Prohibition, chaque nouvelle tête était un possible indicateur. Chaque client pouvait la dénoncer et ce, à tout moment. Dès lors que Riley estimait qu'un client était digne de confiance, elle autorisait ses employés à lui servir de l'alcool (moyennant une contrepartie financière assez élevée). « Tu n'as pas dû la voir depuis longtemps alors » fit remarquer son collègue, comme si de rien n'était. Elle voyait parfaitement où il voulait en venir. Mais au lieu de tout nier en bloc, comme il devait s'y attendre, elle décida de faire preuve de franchise. « En fait, je ne l'ai jamais vu » lâcha-t-elle à la volée, avant de s'éclipser à l'étage, un verre pétillant à la main.

Riley rejoignit la rousse qui s'était installée sur l'une des chaises traînant encore sur le balcon panoramique du Old Absinthe House. Celui-ci offrait une splendide vue sur l'ensemble du quartier français, aujourd'hui en délabrement. La brune aimait beaucoup venir ici le matin, pour fumer une cigarette à son réveil. Bien entendu, elle n'allait pas jusqu'à s'appuyer sur la rambarde, à la vue de tous. Elle s'asseyait discrètement dans l'encolure des portes fenêtres, à regarder le ciel prendre petit à petit des couleurs. C'était l'un des rares moments durant lesquels Riley se sentait sereine, ou du moins pas encore oppressée. « Tiens » dit-elle en tendant le verre de menthe à son invitée. Elle tira une chaise pour s'installer à ses côtés. Le soleil tapait durement au-dessus de leur tête. Dans quelques heures, cette partie du bâtiment serait à l'ombre. La température deviendrait alors des plus agréables pour y déguster un verre de spiritueux. « Excuse Cristóbal. Il a pour consigne de se méfier de tous les nouveaux clients » avoua Riley, en baissant les yeux, gênée. Il ne faisait que son travail. Il n'avait pas partagé le rêve de la sorcière, ni le sentiment qu'elle avait ressenti en se réveillant. Celui d'un apaisement. « Et excuse-moi pour ma remarque. C'est juste que...je savais que tu allais venir » répéta-t-elle à nouveau, cette fois-ci sans trembler. Elle croisa le regard de la rousse qu'elle semblait déjà connaître, alors qu'elle venait simplement de la rencontrer. Peut-être leur chemin s'était-il réellement croisé par le passé ? « Je m'appelle Riley » lui dit-elle en lui tendant la main.

voilà à quoi ressemble le vrai old absinthe house:
 
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MessageSujet: Re: it's a new morning and you're going home (riley)    Mar 28 Nov - 19:47

it's a new morning and you're going home  
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J'adressai un sourire poli lorsque la jeune femme m'annonça préparer la boisson que j'avais commandée. Un diabolo menthe. C'était une boisson très ordinaire, pas de quoi alerter ces chiens de miliciens venus contrôler inopinément les bars et autres bistrots de la ville à la recherche d'éventuels contrevenants à la Prohibition. L'homme de main de la patronne du Old Absynthe House ne m'inspirait pas confiance et j'avais le sentiment qu'il fallait que je prévienne la brunette. Oui, mais comment m'y prendre ? Je ne pouvais décemment pas le mettre en cause en sa présence, et affirmer que je ne le sentais pas n'était pas suffisant. J'avais besoin de preuves concrètes pour le confondre, pour craqueler la couche de vernis impeccable dont il était couvert. Alors, je n'avais rien de mieux à faire à part attendre, et faire comme si de rien n'était. Lorsqu'elle m'indiqua enfin où étaient les toilettes pour dames, je lui jetai un regard hésitant, avant de hocher la tête avec gravité. Etage. Première porte à droite. Mon cerveau enregistra péniblement l'information, et je me sentis frustrée que mon plan ait échoué aussi lamentablement. Ce sentiment ne dura cependant qu'un temps : du coin des yeux, je l'avais vu m'adresser un clin d'œil, à peine perceptible. Je ne saurais dire si je l'avais réellement perçu ou si ce n'était que mon imagination qui me jouait des tours, mais dans le pire des cas, je pouvais toujours m'isoler aux toilettes pour réfléchir à la suite de mon plan. Après tout, il arrivait très fréquemment que les plans ne se déroulent pas toujours comme prévu et qu'il fallait les réaliser en plusieurs temps. J'adressai un nouveau sourire contrit à ces messieurs dames, avant de me lever de mon tabouret, récupérer mes affaires et emprunter le chemin indiqué par la patronne, tout en priant pour que mon expression navrée soit suffisamment convaincante – j'étais censée avoir tâché mon chemisier tout neuf avec mon lait, il y avait de quoi être désolée car des auréoles humides pile à cet endroit là, c'était franchement gênant.

Je tournai alors les talons, et traversai la salle pour atteindre la porte qui mènerait au premier étage, conformément aux indications de l’autre sorcière. Ce ne fut qu'une fois arriver en haut de l'escalier que je me rendis compte qu'on ne m'avait pas du tout indiqué l'emplacement des toilettes comme je l'avais présumé. La seule porte que je voyais menait aux terrasses, lesquelles étaient désertes. En l'espace d'un instant je crus que je m'étais trompée, mais je me trouvais au bon endroit. Le doute, insidieux, vint parasiter mon esprit. M'avait-elle envoyée dans un traquenard ? ça se pouvait d'autant plus que l'employé savait très probablement où se trouvaient les toilettes pour dames, et il se trouvait que la patronne ne m'avait pas envoyée au bon endroit. Pestant intérieurement, je me mis à maudire mes rêves prémonitoires devenus très imprécis. Ma puissance n'étant plus ce qu'elle avait été, il n'était pas absurde que je me sois trompée en interprétant ce que j'avais vu. Le truc, c'est que je ne pouvais plus vraiment m'échapper. Pourtant, même en tendant l'oreille, je ne décelai aucune présence indésirables. Mes craintes étaient sûrement infondées, mais j'estimais que j'avais quand même raison de me méfier, parce qu'on n'est jamais trop prudent. Je m'enjoignis toutefois à me calmer puis, décidant de faire un minimum confiance à cette femme, je franchis la fameuse porte et me rendis sur la terrasse. À pas mesurés, je faisais le tout de la terrasse, avant de m'aventurer près du bord. La vue n'était pas si mal, je m'autorisai même à m'asseoir sur un siège pour mieux en profiter. A dire vrai, le cadre était parfait pour fumer une cigarette, et si j'en avais dans mon sac, je ne pris pas le risque d'en sortir une.

Alors je patientais, un peu nerveuse. Je continuais à guetter la porte, comme si je m'attendais à voir un ennemi surgir sur la terrasse. Et si c'était ce mec qui était venu pour me jeter par-dessus la balustrade pour m'empêcher de parler ? En tombant du premier étage je pouvais me faire très mal mais pas mourir, n'est-ce pas ? le soulagement me gagna quand je reconnus la sorcière. Son homme de main n'était pas là. Non seulement elle m'apportait la boisson commandée, mais en plus nous pouvions parler en toute liberté. Je savais cependant que cette accalmie serait de courte durée, aussi je devais faire vite, aller à l'essentiel. Je soufflai un merci lorsqu'elle me tendit mon verre. La paille entre les lèvres, j'aspirai un peu du liquide vert qu'il contenait. Je ne cillai pas lorsqu'elle tira une chaise pour s'installer à mes côtés. Elle me pria d'excuser Cristobal, chargé de filtrer la clientèle. Je tiquai en entendant le nom de l'homme de main. Était-il celui que j'avais vu en rêve ? Je ne saurais dire, je ne me rappelais pas bien des visages de ces silhouettes, je ne saurais même pas dire s'ils étaient blonds ou bruns, parce qu'à mon sens on ne pouvait faire confiance à personne, le danger pouvait revêtir plusieurs apparences différentes. Je tiquai une nouvelle fois lorsqu'elle me dit qu'elle savait que j'allais arriver. Elle. Elle s'appelait Riley. Je m'autorisai un sourire.

«  Et moi c'est Beatriz. » me présentai-je à mon tour, en serrant la main qu'elle me tendait – la poignée de main était franche, le regard direct transperçait l'âme. « Beatriz Deveraux. »

Je réfléchis quelques instants, n'ayant pas encore décidé comment j'allais lui annoncer ça. Devrais-je dire que je travaillais au Mary Rose, au risque de la faire frémir en mentionnant un vivier de soutiens au gouvernement ? Je décidai de passer cette information sous silence. Aujourd'hui je n'étais pas une des leurs, par contre, j'étais venue aider une autre surnat dans le besoin, et nous savions toutes les deux comment le gouvernement nous considérait.

« Je sais que mes méthodes peuvent être parfois brutales et annoncer à une inconnue qu'elle a des ennuis aussi froidement peut paraître…inapproprié. » Je bus une gorgée de limonade mentholée, pour me désaltérer. « Je ne pouvais pas faire autrement. Il devait savoir que je sais. Ecoute. Je ne suis pas en train de remettre en cause ton jugement mais…ce Cristobal, est-ce que tu lui fais confiance ? »

C'était la question qui tue, une question à laquelle il était difficile de répondre à brûle-pourpoint. Pourtant c'était une question nécessaire, car il fallait bien choisir de qui on souhaitait s'entourer, non seulement pour le bien de son business mais aussi pour son propre salut.

« J'ai fait un rêve. » annonçai-je de but en blanc. « J'ai vu des ombres, ici même, des ombres qui n'avaient pas de visage. Je ne saurais te dire de qui il s'agit précisément mais je me suis dit que si ces silhouettes n'étaient pas identifiables, c'est parce que le danger peut venir de n'importe où et surtout de là où on ne le soupçonne pas. »

Ça avait l'air carrément dément ce que je disais, mais en fait c'était terriblement sensé. A défaut de pouvoir savoir en qui je pouvais avoir confiance, je n'avais confiance en personne. C'était certes radical mais au moins je pouvais éliminer les intrus et les personnes toxiques. J'inspirai profondément puis je me jetai à l'eau.

« Je travaille au Mary Rose. » révélai-je avec prudence – à quoi bon le cacher, je lui avais dit mon nom, si elle prenait la peine de faire des recherches à mon sujet, elle l’aurait su tôt ou tard. « Je ne suis pas censée divulguer ce genre d'information mais...en tant qu'assistante je vois beaucoup de monde. Je ne connais pas forcément les noms de ceux qui viennent chez nous, mais je n'oublie jamais un visage. » Je marquai une pause, le temps de laisser Riley assimiler ce que j'étais en train de lui dire. Avait-elle compris ce que j'essayais de lui dire ? « Ce Cristobal…je l'ai vu traîner dans le coin plusieurs fois. Et il semblait proche de certains mecs de la milice. »

Mes lèvres se tordirent de dégoût lorsque je mentionnai les miliciens tant je ne les portais pas dans mon cœur. Ceci étant dit, en affirmant qu'il était proche d'un groupe de miliciens, je ne prétendais pas qu'il en faisait partie. Là se trouvait toute la nuance. Tant pis si on me considérait comme une balance. On m'avait certes obligée à collaborer avec le gouvernement mais je ne serai jamais loyale qu'envers les surnat, car j'avais peu de respect pour ceux qui nous traquaient sans relâche et voulaient notre mort à tous.
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MessageSujet: Re: it's a new morning and you're going home (riley)    Jeu 7 Déc - 17:06

it's a new morning and you're going home  
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La sorcière avait parfois du mal à supporter l'éternelle inquiétude de son nouvel employé. Certes, elle était touchée de voir que Cristóbal lui témoignait de la compassion et qu'il prenait son rôle de garde-fou très au sérieux. Elle avait besoin d'avoir quelqu'un sur qui se reposer un peu, car les ennuis étaient monnaie courante avec Riley. C'était la vie qu'elle avait choisi ou plutôt celle qu'on lui avait imposé après avoir abattu son futur mari d'une balle dans la nuque. C'est après cet événement qu'elle s'était engagée corps et âme dans la Résistance. Malgré le danger constant qu'elle encourait, pour rien au monde, elle ne ferait machine arrière. Cela avait été décidé à son encontre, il y a plus d'un an maintenant. Quant au trafic d'alcool auquel elle se vouait volontiers, il en valait de la survie de son commerce, mais aussi de sa maison. Le Old Absinthe House était le seul bien qu'elle possédait, légué par son défunt fiancé. Jamais au grand jamais, elle ne laisserait le Gouvernement mettre la main dessus. C'est d'ailleurs pour cette raison, que depuis quelques temps maintenant, la sorcière se voyait forcée de céder au chantage d'un milicien ayant découvert son trafic. La règle du jeu était simple, bien que partialement déloyale pour Riley. Six bouteilles contre la protection de son établissement. Si la sorcière ne le fournissait pas en alcool, il la dénoncerait aux autorités pour vente illégale...d'alcool. Un comble. Un piège vicieux dans lequel la jeune femme ne pouvait se dépêtrer.

La sylphide rousse répondit à sa main tendue en la serrant. Elle s'appelait donc Beatriz. Voilà, les présentations faites. Son nom ne lui dit vaguement quelque chose, mais la sorcière n'arrivait pas à se souvenir très clairement de quoi. Dans son bar, tout ses clients l'appelaient "Riley" ou "patronne", pour la charrier. Elle en faisait de même avec eux. En fille de camés, son patronyme n'avait jamais brillé sous les feus de la célébrité ou de la richesse. Ainsi, elle n'en portait que peu d'attention. A la suite de leur poignée de main généreuse, son invité reprit la parole avec pour le moins autant de mystère que Riley venait d'en faire avec Cristóbal. D'ailleurs, c'est étrangement à lui qu'elle fit à nouveau mention. « Cristóbal ? » répéta-t-elle, profondément surprise. Elle ne s'était pas attendue à une telle interrogation. Si la franchise de son interlocutrice en l'effleurait guère, sa méfiance envers son barman, la laissait dubitative. Pourquoi lui ? La rousse dû sentir son trouble, car elle reprit très rapidement la parole pour lui mentionner un rêve qu'elle avait eu. A ces mots, Riley tiqua et se mit à l'écouter avec attention. Elle aussi, pensa-t-elle, intérieurement. Elle n'avait plus de doute à avoir, elle aussi était une sorcière. Les rêves prémonitoires étaient familiers chez elle et ses consœurs. « Et bien, si ça peut te rassurer. Je sais d'où vient ce danger et Cristóbal n'a rien à voir là-dedans » la rassura Riley, après avoir acquiescé longtemps à son discours. Elle savait parfaitement qui étaient les ombres que Beatriz avaient aperçu dans son rêve. Il s'agissait de miliciens. Tous rôdaient dans les parages et plus précisément ce salaud de Carter Hunters. Celui-là même qui la faisait chanter.

La propriétaire du bar fût touchée de l'attention de la rousse d'être venue la prévenir du danger l'encerclant, même si elle arrivait certainement un peu tard pour être efficace. Elle était prête à la remercier de vive voix, avant d'entendre le nom de l'endroit où elle travaillait. Le Mary-Rose. Riley eût un mouvement de recul à cette révélation. Le Mary-Rose était un bar connu pour accueillir tout le gratin du Gouvernement. Tous les gens et clients qui le fréquentaient partageaient de près ou de loin la politique de celui-ci. Tous étaient potentiellement responsable de près ou de loin de la mort de Martin. La sorcière frissonna de stupeur. Elle venait de faire entrer une ennemie dans sa maison. Riley se leva précipitamment et tourna le dos à son invitée dorénavant indésirable. Elle l'écouta d'une oreille distraite déballer son emploi, tandis qu'une terrible inquiétude crispait ses nerfs. Le Mary-Rose, la milice, le Gouvernement. Cette fille ne pouvait pas dire vrai. Se pouvait-il qu'elle se soit trompée sur l'interprétation de son rêve ? Qu'elle se soit trompé à propos de Beatriz ? Celle-ci n'était pas une amie, mais une ennemie dont sa vision nocturne était un avertissement. Elle aurait du se méfier d'elle. A la nouvelle mention du prénom de son employé, Riley se retourna vers la rousse, le visage fermé. « Il... » bafouilla-t-elle, incapable de trouver quoi répondre. Si ce qu'il disait était vrai, Riley l'ignorait. En dehors du bar, en dehors de la Résistance, elle ne savait rien des agissements de Cristóbal. Il parlait peu de ses amis. Il n'avait guère de famille non plus, mais l'Apocalypse avait fait de nombreux orphelins. Au-delà de ça, elle ne le connaissait rien de ses loisirs ou même de ses habitudes. Aurait-elle du s'en soucier davantage ? Riley pensait que chacun avait le droit à son jardin secret.

Dorénavant, la sorcière doutait fortement du bien fondé d'avoir accueilli si facilement la rousse dans son établissement. Ce n'était pas dans ses habitudes. Comme elle l'avait avoué précédemment, elle se méfiait des nouvelles têtes entrant dans son bar et pourtant, elle n'avait guère analysé l'intrus, alors que son propre employé semblait avoir flairer le traquenard à plein nez. « Écoute. Je ne sais pas ce que tu essaies de faire en proférant de telles accusations envers un individu dont visiblement tu ne connais absolument rien, mais l'ensemble de mes employés sont des personnes de confiance et aucun d'eux n'irait divulguer des informations sur la clientèle derrière mon dos » lui dit-elle, le ton tranchant. Si Beatriz n'avait pas compris à quoi elle faisait référence, c'était bien évidemment au fait que cette dernière lui ait avoué qu'elle brisait les règles de confidentialité du Mary-Rose en venant lui parler. Riley savait qu'aucun de ses deux barmans ne s'autoriserait une telle chose, par loyauté envers elle. Du moins, elle voulait s'en persuader. « Je t'ai également vu dans un de mes rêves. Je n'y avais pas prêté attention, avant que tu franchisses cette porte et peut-être que j'ai fait une erreur » confia-t-elle, en baissant les yeux, songeuse. Pourquoi baissait-elle sa garde aussi facilement en ce moment ? Riley était en colère contre elle-même et contre Beatriz. Mais elle n'arrivait pas à être en colère contre Cristóbal. Elle ne voulait pas croire qu'il lui avait menti sur ses agissements. Il avait connu son frère Ashley, il faisait partie de la Résistance, il travaillait pour elle. Non, c'était impossible. Impossible qu'elle dise vrai. « Je te remercie de l'avertissement, mais pour les problèmes que j'ai, tu ne peux pas m'aider. Pas toi » déclara Riley, avec regrets. Elle ne voulait pas se montrer plus ferme qu'elle ne l'avait déjà été. La rousse n'y était pour rien et elle ne pouvait pas rien résoudre de ces histoires. Pas elle. Pas une sympathisante du Gouvernement.
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MessageSujet: Re: it's a new morning and you're going home (riley)    Jeu 18 Jan - 10:12

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Ouvrir les yeux sur la réalité pouvait s'avérer douloureux, aussi étais-je parfaitement en mesure de comprendre pourquoi tant de personnes préféraient se réfugier dans une bulle aseptisée, où le monde semblait moins moche qu'il en avait l'air. N'était-ce pas ce que le gouvernement s'efforçait de faire depuis plusieurs années, à grands renforts de propagande et de discours sécuritaires ? Or, si Riley était vraiment le genre de fille que je pensais, alors ça m'étonnait qu'elle se montre aussi complaisante envers son employé. Encore une fois, je comprenais que quand on gérait un business, on préférait s'entourer de personnes en qui on avait confiance et c'était humain. Cependant, je n'étais pas de ceux qui préféraient entretenir les mensonges et les faux semblants. Je savais me montrer mielleuse quand c'était nécessaire  - et mon boulot, notamment, nécessitait que je fasse des courbettes aux individus les plus hauts placés de la société – mais je savais également remettre les pendules à l'heure. Je détestais faire ça, mais l'attitude de Riley envers son homme de main commençait sérieusement à me taper sur le système. Bon sang. Comment faisait-elle pour ignorer tous les signes ? Les rêves étaient suffisamment clairs, non ? Une menace planait sur la gérante de l'Old Absynthe House et plus que jamais, il était nécessaire de resserrer les rangs, voire même de faire des purges régulières pour se débarrasser de la brebis galeuse. Je jetai un coup d'œil exaspéré à l’autre sorcière tandis que je sentais mon propre agacement monter crescendo. Elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait pas que j'avais pris énormément de risques pour venir jusqu'à elle, pour la rencontrer. Elle me devait au moins le bénéfice du doute, je ne pouvais pas retourner à ma vie en ayant l'impression d'avoir échoué. Je devais essayer encore une fois de lui faire entendre raison, mais là, présentement, elle ne me donnait pas spécialement envie de m'investir dans sa cause, surtout si cette cause était perdue d'avance.

Ma loyauté allait vers les autres sorciers, quoiqu'il arrive, j'étais fidèle aux miens. Je pourrais me saigner pour aider un confrère dans la tourmente. Mais en allant voir cette Riley, malgré ses airs doucereux, j'étais en train de me demander si je n'avais pas fait une erreur. Je ne savais toujours rien à son sujet, et le peu que j'avais vu d'elle ne me donnait pas envie d'en savoir davantage. Alors, quand elle affirma qu'elle savait déjà d'où provenait le danger et que son Cristobal n'avait rien à voir là dedans, je sentis une violente envie de rire me chatouiller les côtes. Ce n'était pas un rire amical, chaleureux, c'était plutôt un rire froid, sans âme, presque dément. Bien sûr, je ne riais pas vraiment, ce serait d'ailleurs très impoli de lui rire au nez alors qu'elle m'avait offert son hospitalité. Je contenais donc mon hilarité, il n'empêche que j'avais esquissé un rictus qui tenait davantage de la grimace et une lueur dangereuse s'était allumée dans mon regard ordinairement glacé. Se pouvait -il qu'elle soit tellement aveuglée par l'affection  -ou peu importe ce qui les liait - qu'elle avait envers son employé que son jugement s'en retrouvait anéanti ? Oh, j'avais bien vu comment il la regardait, et il n'y avait pas que de l'inquiétude dans ses yeux. Mon empathie était certes très limitée mais il fallait être aveugle pour ne pas le voir. J'étais peut-être plus jeune qu'elle, mais je ne connaissais que trop bien la nature humaine et en particulier le désir masculin, et cette volonté, même inconsciente, qu'ils avaient de nous démolir, de nous avilir. Un frisson glacé me dévala l'échine tandis que je me rappelai, en l'espace d'un instant, le regard concupiscent qu'avait ce porc de milicien lorsqu'il m'avait violée, et aucune excuse au monde ne pourrait justifier son geste. Mon verre trembla dans ma main et la menthe menaça de déborder mais je fis diversion en posant un peu trop brutalement ma boisson sur la table voisine.

En fait, toute cette histoire était en train de me coller des angoisses et à l'évidence, je n'étais pas prête à affronter mes vieux démons. Pendant des mois, je m'étais efforcée de ne pas avoir affaire aux miliciens, de rester loin d'eux pour ne jamais croiser le géniteur de Noah, et cette Riley, d'une certaine façon, me ramenait en plein dedans, alors non, il était absolument hors de question que je parte sans obtenir gain de cause. Même si sa réaction ne me plaisait pas, même si elle me donnait envie de la secouer. Ce qu'elle me dit alors me laissa sans voix. J'étais en train d'accuser un homme innocent d'agissements abjects, je me permettais de juger quelqu'un dont je ne savais rien. Ne faisait-elle pas la même chose en me cataloguant d'emblée parmi ses ennemis ? N'avait-elle vraiment conscience de rien ? Ou le fait de croire que j'étais la méchante dans cette affaire était beaucoup plus confortable pour elle ? En même temps, admettre que l'on s'est trompée sur une personne n'était pas évident, c'était un coup directement porté à sa fierté mais je ne pouvais pas la laisser piétiner la mienne sans réagir.

« Tu crois vraiment que ça me fait bander de jouer les oiseaux de mauvais augure ? » Oui, j'étais vulgaire, mais peut-être que si je cessais de la brosser dans le sens du poil elle allait enfin m'écouter – même si techniquement, bien sûr, je ne disposais pas des organes qu'il fallait pour bander, comme je le disais si bien. «Je savais qu'en venant ici ça n'allait pas être une mince affaire de te faire entendre raison mais j’étais loin de m'imaginer que tu puisses être aussi conne. »

Oui, j'avais osé la traiter de conne, mais elle s'était vue, à défendre ce type comme si sa vie en dépendait ? J'avais la nausée, mes tempes bourdonnaient alors que je laissais la rage me consumer. Ce sentiment délétère se décuplait d'autant plus que j'étais sur le point de faire une attaque de panique en raison des souvenirs qui revenaient à la surface.

« Je ne sais pas si c'est la mort de ton compagnon ou peu importe ce qu'il était pour toi qui t'a lavé le cerveau mais bordel, réfléchis-y deux minutes ! » J'avais beau être en colère, ma voix restait dangereusement neutre tandis que je déployais toute mon énergie à rester calme. Cohérente . Froide et rationnelle, comme je l'étais habituellement. « Tu crois vraiment que j'aurais pris tous ces risques pour venir te voir si mes soupçons n'étaient pas un minimum fondés ? »

Mon cœur loupa un battement et je portai ma main à mon front, juste le temps de me ressaisir.

« Je suis une maman, Riley, et mon fils est âgé de quelques mois seulement. Je fais ce qui me semble juste pour le protéger et lui assurer un avenir, même si ça signifie de me mettre en danger pour essayer de faire entendre raison à une putain de sorcière complètement aveugle à ce qui l'entoure. »

Oui , je parlais bien de toi, Riley , au cas où ce ne serait pas assez clair pour toi. Un tel manque de discernement me mettait en rogne. Vraiment.

« Oui, je travaille pour le gouvernement mais tu sais quoi ? ça fait des années qu'ils me surveillent et ce job est en quelques sortes ma planche de salut, mais je ne suis pas certaine que ça signifie quelque chose pour toi, toi qui crois mieux savoir que tout le monde et qui te permets de me prendre pour une fouteuse de merde alors que tu ne me connais même pas. » Après tout, elle ne l'avait pas volé, elle m'avait insultée en premier alors je ne me privais pas de lui rendre la monnaie de sa pièce. « Mais si tu t'obstines dans ta connerie alors soit. Il ne faudra pas venir chialer quand tu te seras faite entuber après qu'ils aient bien profité de toi. Ce ne sera pas faute de t'avoir prévenue. »

Tandis que je m'énervais toute seule je sentais les larmes rouler sur mes joues. Putain. Cette fille m'avait tellement poussée à bout qu'elle m'avait fait chialer, alors que je m'efforçais de rester forte, digne malgré ma vie qui partait en vrille depuis quelques mois.  Ce qui n'était pas prévu dans mon numéro de théâtre, en revanche , c'est que j'allais faire exploser le verre que j'avais posé sur la table sans même le toucher. Sous l'effet de la colère, mon énergie magique s'était manifestée et elle pouvait s'estimer heureuse que je n'eus pas provoqué d'autres dégâts. Comment le pourrais-je, de toute manière, puisque mes pouvoirs étaient en berne depuis quelques temps  et que ça faisait encore plus longtemps que je n'avais pas pris de sang humain pour me requinquer.
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MessageSujet: Re: it's a new morning and you're going home (riley)    Ven 26 Jan - 15:47

it's a new morning and you're going home  
Beatriz & Riley
This city desert makes you feel so cold, it's got so many people, but it's got no soul. And it's taken you so long to find out you were wrong, when you thought it held everything - Gerry Rafferty "Baker street"

Le ton de la conversation commençait à changer profondément. Tout d'abord, les révélations, puis les accusations allant de paire avec celles-ci distillaient une odeur de cyanure dans l'atmosphère. Ce qui s'était annoncé comme une visite providentielle, voire amicale, était en train de tourner au drame. Son empathie pour les sorciers avaient poussé Riley à baisser sa garde, laissant trop de liberté à la rousse et la faisant abuser de son hospitalité. La jeune femme avait oublié que le fait d'être doté de pouvoirs magiques n'inspirait pas forcément à faire le bien. Si Riley utilisait ses capacités pour venir en aide aux gens, le contraire était également possible. Tous les sorciers n'étaient pas porteurs de bonnes intentions, ni tout blanc, ni tout noir. Elle en avait déjà eu la preuve avec Orfeo. Coincé entre deux eaux, il ne pouvait faire un choix ou ne le voulait. Beatriz était-elle de ceux-là ? De ces lâches sans scrupules profitant des avantages que pouvait leur apporter les deux camps, sans prendre le courage d'en choisir un ? La barmaid ne pouvait accepter la réalité que lui présentait la rousse. C'était remettre en cause les six derniers mois, depuis que Cristóbal était entré dans sa vie. Riley avait retrouvé tellement de choses grâce à lui. Une part de son frère disparu, une certaine tranquillité, un nouvel allié dans la Résistance. Tout simplement une personne sur qui compter en toutes circonstances. Il était cette présence masculine réconfortante qu'elle avait perdu avec le décès de Martin. Les deux hommes étaient différents l'un de l'autre, mais pour la première fois depuis deux ans, la sorcière se sentait soutenue. Elle avait l'impression d'avoir sorti la tête de l'eau, alors que visiblement elle avait inspiré dans une vulgaire bulle.

Son remerciement ne sembla pas plaire à la rousse. Riley s'était pourtant efforcée d'être courtoise, tout en restant ferme pour s'assurer que le message soit clair. Peut-être un peu trop, à en juger par la vulgarité avec laquelle Beatriz lui répondit. Ses émotions devaient trop biaiser son jugement pour qu'elle soit capable d'entretenir une conversation convenable avec quelqu'un. Ce n'était pas autant qu'elle était prête à lui laisser le bénéfice du doute. Elle avait parfaitement entendu l'avertissement de la sorcière. Y croire était une autre histoire. « Et bien j'ai compris le message, merci » lui accorda gentiment Riley, sans se rendre compte qu'elle ne faisait qu'envenimer les choses. La suite manqua de lui couper le souffle. La rousse péta un câble et l'insulta de front. La sorcière ouvrit grands les yeux, estomaquée. Venait-elle vraiment de la traiter de conne ? « J'te demande pardon ? » souffla-t-elle, les poings sur les hanches. L'attaque devenait personnelle. Venir dans son bar pour cracher sur l'un de ses employés était une chose, mais la rousse venait de passer un nouveau cap dans l'impolitesse. En un battement de cils, le visage de Riley se ferma. Sourcils froncés, mâchoire crispée et narines bombées. L'escalade grivoise continua à la grande défaveur de Beatriz qui ruina toutes ses chances de convaincre son interlocutrice en atteignant le point de non-retour à l'évocation de la mort de son compagnon. Cette fois, elle en avait trop entendu. Si elle n'avait pas eu à faire à un sorcière, elle l'aurait probablement fait taire, en lui donnant l'illusion de suffoquer. « Tu peux finir ton verre et te casser de mon bar » lui dit-elle en revanche d'un ton sec. Riley lui lança un dernier regard entendu, puis commença à tourner les talons pour redescendre en salle. Si la conversation s'éternisait, les éclats de voix allaient alerter les clients, mais également les passants en-dessous du balcon qui donnait pignon sur rue. Elle lui avait causé déjà assez de problèmes comme cela, pour ne pas attirer l'attention des miliciens ou des drones du Gouvernement volant un peu partout. Manquerait plus que leur conversation soit enregistrée.

Mais la rousse n'en avait rien à faire. Elle reprit la parole de plus bel, avec toujours plus de vulgarité, forçant Riley à se stopper pour l'écouter. Elle semblait être partie en guerre contre elle. Une cible ne lui avait-elle pas suffi ? La barmaid commençait à se poser des questions sur la santé mentale de son incendiaire. Sa bile se déversa sur elle avec une violence inédite et gratuite. C'était elle l'ennemie à présent. La rousse retourna la situation avec une facilité déconcertante, transformant Riley en un monstre d'égoïsme outrancier. Qu'avait-elle fait pour mériter cela ? Beatriz croyait-elle vraiment qu'elle n'avait aucune conscience du pétrin perpétuel dans lequel elle vivait ? Le simple fait d'être vie était un problème en soi. Sa résistance, sa contrebande, son obstination faisaient d'elle un point noir pour le Gouvernement. La jeune femme savait tout cela, mais pour rien au monde elle ne voudrait arrêter son combat et elle n'avait certainement pas besoin qu'une inconnue vienne lui donner des leçons. Lorsque Riley se retourna, la gifle parti toute seule, sans préméditation. Ce fut comme si les muscles de son bras s'activèrent d'eux-mêmes, en croisant le regard de la rousse. Elle ne l'avait certainement pas prédite en rêve celle-là. Pourtant, elle était bien réelle. « Tu ne sais rien de moi. De ma vie, de mes employés, de mon mari, ni de tout ce que ce putain de Gouvernement m'a fait ! Si ça te plaît de leurs lécher les bottes pour avoir de quoi élever ton fils, génial pour toi ! J'espère qu'aucun malheur ne t'arrivera jamais, parce que ce jour-là, je doute que ta pétasse de patronne prenne soin de lui. Les civiles, ils s'en tapent ! » lui dit-elle avec ferveur. Riley bouillonnait de l'intérieur. Les larmes étaient au bord du précipice, prêtes à couleur le long de ses joues. Comment cette fille pouvait-elle l'insulter de cette manière ? Avait-elle seulement écouté les dernières paroles qu'elle lui avait craché au visage ? Elle non plus ne la connaissait pas. Elle ne devait ses injures qu'à tout ce que les habitués du Old Absinthe House savaient déjà. Elle était seule et son futur mari avait été tué. Le Gouvernement ? Voilà des années qu'il l'avait "entubé" comme elle disait. Rien de nouveau à lui apprendre, sinon la triste vérité batelant son quotidien. Comme un coup de canon, le verre de Beatriz s’abattit sur la table et explosa. C'était le pompon. Cette fille n'avait vraiment aucune tenu. Riley espérait qu'elle ne fasse pas de même au Mary-Rose. « Je suis peut-être aveugle, mais toi t'es sourde. Tu peux quitter mon bar, maintenant ! » hurla-t-elle en pointant l'escalier vers la sortie. Ce n'était pas une invitation. Son regard était sans appel. Elle s'écarta du chemin pour lui laisser la place de passer et regagner la sortie. L'humiliation était terminée.
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MessageSujet: Re: it's a new morning and you're going home (riley)    Ven 23 Fév - 9:41

it's a new morning and you're going home  
Beatriz & Riley
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Je pourrais m'excuser, prétendre que mes mots ont dépassé ma pensée, assurer que tout ceci n'était qu'un regrettable accident. Je pourrais expliquer en long, en large et en travers que j'avais mes raisons de me comporter de la sorte, que d'habitude je n'étais vraiment pas comme ca et promettre qu'à l'avenir, ça ne se reproduira plus. Je pouvais le faire, il est vrai, mais m'excuser reviendrait à admettre que j'avais momentanément perdu le contrôle de les nerfs et il en était absolument hors de question. En réalité, je ne regrettais rien de ce que j'aie pu dire, même si cela devait me faire passer pour une connasse aux yeux de la gérante de l'Old Absynthe House. Je me moquais bien de l'image que j'avais auprès d'elle. Elle pouvait tout aussi bien me prendre pour l'hystérique de service que ça ne me faisait ni chaud ni froid. Je ne lui devais rien du tout, et c'était tant pis pour elle si elle préférait rester dans son aveuglement. Elle paiera son ingratitude bien assez tôt. Certes, il était présomptueux de ma part de m'imaginer que Riley avait désormais une dette envers moi, mais c’était la stricte vérité. Après tout, de la même façon que je ne lui devais rien, elle ne me devait rien non plus. Je n'étais même pas obligée de l'avertir, à la base, mais je l'ai fait quand même parce que j'ai cru comprendre qu'une de mes sœurs sorcières avait besoin d'aide et qu'il était de mon devoir de lui prêter assistance. Réflexion faite, j'aurais peut-être dû m'abstenir et la laisser dans sa merde. Et peut-être que je n'aurais pas dû l'insulter, parce qu'en dehors de nos pouvoirs communs je ne savais pas grand-chose d’elle mais bon sang, je devais la faire réagir d'une façon ou et c'était la seule solution viable qui s'était imposée à mon esprit. Quand la personne en face s'avérait si peu réceptive à la manière douce, alors on n'avait pas d'autre choix que recourir à la manière forte.

En l'occurrence c'est ce que j'ai fait, et je l'ai fait parce que c'était nécessaire.
De plus, c'était le seul moyen d'avoir toute son attention.
Force est de constater que ma technique avait particulièrement bien fonctionné , et le résultat était même au-delà de mes espérances.
Je n'aurais définitivement pas obtenu meilleur résultat si j'avais continué à la brosser dans le sens du poil.

Lorsqu'elle s'indigna – à juste titre, puisque c'était l'effet recherché – je crus que j'avais remporté cette manche, qu'elle allait enfin m'écouter et prendre pour argent comptant ce que j'étais en train de lui expliquer. À l'évidence je m'étais trompée. Au moment même où je vis son expression se fermer, je compris que c'était une cause perdue d'avance et je n'avais ni le temps ni l'énergie à gaspiller pour convaincre une sorcière bouchée. Le déni pouvait faire des ravages. J'en savais quelque chose puisque j'étais la fille qui avait fait un déni de grossesse jusqu'à se retrouver du jour au lendemain avec un bébé dans les bras sans même savoir comment il a pu arriver là. Si je me permettais d'agir de la sorte, c'est justement parce que je savais parfaitement ce que c'était. Si elle ne voulait pas me croire sur parole, elle pouvait au moins croire en mon expérience. La seule difficulté était de savoir comment j'allais m'y prendre pour lui ouvrir les yeux. Les mots étant insuffisants, je pouvais peut-être lui montrer….Si seulement elle m'en laissait le temps, au lieu de me jeter dehors comme une malpropre.

« Je me casse avec plaisir. » lançai-je, hargneuse, tandis que Riley tournait les talons pour mieux me laisser en plan. « J'ai suffisamment perdu mon temps de toute façon. »

Elle n'en valait pas la peine et c'était évident à présent. Pourquoi ne l'avais-je pas compris plus tôt ? Si j'avais pu avoir une vision sur ce qui allait arriver, cela m'aurait épargné un temps précieux. Là, j’avais l'impression d'être tombée dans un piège, et que Riley avait été utilisée comme appât par le gouvernement pour me faire tomber. J'avais tant à risquer, tant à perdre. J'étais en colère, contre Riley, contre moi-même. Je m'attendais déjà à voir ce satané Cristobal faire son rapport aux autorités et me mettre une tentative de rébellion sur le dos en raison de mes fréquentations. Si je me tenais ici, à tenter d'avertir cette pimbêche qu'un danger la menaçait, c'est que j'étais forcément complice, non ? En la voyant s'arrêter dans sa course, j'ai pensé rien qu'un instant qu'elle allait m'écouter, enfin.

Grossière erreur.
Je sentis ma joue cuire là où sa main m'avait heurtée.
Choquée, je portai mes propres doigts à ma pommette endolorie, les yeux écarquillés, la bouche grande ouverte.
Cette garce m'a frappée.
Je n'en revenais pas. Elle a osé, putain.

J'allais tout naturellement rétorquer pour lui montrer de quel bois je me chauffe, mais elle ne m'en laissa pas l'occasion. Elle aussi, avait encore des choses à dire. Un message à faire passer. Oui, je ne savais rien d'elle, mais en revanche je savais que le gouvernement ne me voulait pas que du bien. J'avais déjà eu affaire à leur justice, tout comme Matthias, tout comme Maggie qui avait également perdu son compagnon à cause de ces maudits jeux. Je ne relevai pas quand elle se permit à son tour d'insulter ma patronne. À mon humble avis elle se moquait bien de savoir ce qu'on pouvait bien penser d'elle. Par contre, je ne tolérais pas qu'elle se permette de remettre en question tout ce que je sacrifiais pour assurer un avenir correct à mon enfant. Riley n'était pas une mère, elle ne pouvait pas comprendre.

Lorsqu'elle me somma une dernière fois de quitter les lieux, je décidai de tenter le tout pour le tout. Apparemment la diplomatie ne suffisait pas pour lui faire entendre raison. Les insultes n'étaient pas davantage efficaces. Il ne restait plus que la violence. Non, je n'allais pas m'abaisser à la gifler à mon tour, j'avais passé l'âge de tirer les cheveux d’une voisine qui m'aurait contrariée. J'étais une sorcière redoutable, dont le potentiel de dangerosité n'était plus à démontrer. Je voulais lui montrer comment j'avais réussi à survivre dans ces arènes de la mort. Elle finit par s'écarter pour me laisser passer. Avant de lui laisser le temps de filer, j'agrippai son poignet, enserrai les os fragiles au creux de mon poing.

« Pas si vite. » Ma voix claqua comme un fouet, alors que je tenais le bras de l'autre sorcière, bien déterminée à ne pas la laisser partir. « Tu crois que tu es la seule à qui le gouvernement a fait des misères ? Je le redis une fois encore, je m'appelle Beatriz Marianne Deveraux, ce nom ne te dit rien ? Hunter's Seasons, 2012, New York City. Je suis une des gagnantes de cette édition. »

Et tandis que je parlais, j'accentuais cette pression sur son poignet. Sentait-elle la douleur qui rampait le long de ses veines, comme si un feu furieux et dévorant s'était allumé en son sein ? Cette douleur n'était pas réelle, il ne s'agissait que d'une illusion, mais la sensation était tellement désagréable qu'en général, mes victimes préféraient ne pas la ramener. De seconde en seconde, j'augmentais l'intensité de la douleur, laquelle était proportionnelle à la colère froide que je ressentais.

« Avant que je ne sois jetée dans les arènes, personne ne savait que j'étais une sorcière. » déclamai-je d'une voix forte. « J'ai choisi de révéler ma vraie nature pour survivre. Tout ce que j'ai fait ces dernières années, c'était uniquement pour sauver ma peau. » Matthias avait choisi de profiter de l'argent et des paillettes. Moi, j'ai choisi de collaborer. « Les jeux m'ont détruite, tout comme ils ont détruit tous ceux qui passaient par là. Mais j'ai également compris que si j'ai réussi à survivre, c'est parce que je suis bien plus forte que j'en ai l'air. »

La menace, elle, était à peine voilée. Elle n'avait aucun intérêt à se mettre à dos Beatriz Deveraux parce que je pouvais faire de sa vie un enfer. Littéralement. La sensation de brûlure s'estompa, et se transforma en quelque chose d'autre. Des images se dessinaient dans l'esprit de l'autre sorcière, sans que je vienne rompre le contact.

« On fait tous des choses qui nous déplaisent pour survivre. » achevai-je froidement, alors que je rassemblais toutes mes forces pour lui montrer ce que je savais sur son employé. « Ce n'est pas avec gaieté de cœur que j'acquiesce à tout ce que le gouvernement peut dire. Ne te méprends pas je ne suis pas en train de dire que je me désolidarise, mais tu serais gentille de pas me prendre pour un toutou qui donne la patte dans l'attente d'une récompense. Comme je te le dis depuis tout à l'heure, je me contente de survivre, et je ne voudrais pas que tous mes efforts soient réduits à néant juste parce que je fréquente les mauvaises personnes. » L'image, elle, devenait toujours plus précise. « Tu peux être sûre que cet incident sera rapporté aux autorités. Ce mec est une taupe, je ne vois pas ce que je peux dire de plus. Si demain on vient m'arrêter pour me reprocher mes fréquentations, je saurai où il faudra venir faire une réclamation. »

L'image flotta dans l'esprit de la sorcière quelques secondes à peine.
C'était cependant suffisant pour montrer ce que j'avais à montrer.
Il y avait le fameux Cristobal, en train de discuter avec un des ténors du gouvernement.
Tu reconnais cette veste, Riley ?
Je n'eus cependant pas le temps d’en monter davantage. Mobiliser toute cette magie me demandait un effort considérable, mon nez était en train de saigner et mon corps s'était mis à trembler alors que toute mon énergie vitale était en train de me quitter. L'illusion s'évapora en un trait de temps. Je m'agrippai de justesse à la patronne de l'Old Absynthe House, alors qu'un voile de ténèbres envahissait mon champ de vision.
Je venais de m'évanouir, à bout de forces.
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MessageSujet: Re: it's a new morning and you're going home (riley)    Lun 26 Fév - 22:38

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Beatriz & Riley
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La rouquine venait de lui attraper le bras, alors qu'elle était sur le point de quitter la place. Cette mascarade ne semblait avoir aucune fin. Qu'est-ce que Riley pouvait bien lui avoir fait pour mériter un tel traitement ? La sorcière n'avait plus aucune patience. Son seul objectif était de jeter l'intruse hors de chez elle, mais celle-ci ne semblait pas l'entendre de cet avis. Comme c'était étonnant. « Lâche-moi » lui ordonna-t-elle, en la fusillant du regard. Beatriz rouvrit la bouche pour lui décliner son identité. Beatriz Marianne Deveraux. Ancienne concurrente des Hunter's Seasons, de 2012 à New York. Gagnante de l'édition. Maintenant, Riley comprenait mieux pourquoi son visage lui semblait si familier. « Jamais entendu parlé » mentit-elle, en détournant le regard. Mais la rousse ne lâcha pas la prise autour de son avant-bras. Au contraire, la brune sentit bientôt une chaleur lui envahir l'épiderme. Une vive brûlure embrasa sa chair, à l'endroit où Beatriz la tenait. La sorcière savait ce que c'était. Une illusion, comme celle qu'elle pouvait créer. Néanmoins, la douleur n'avait rien d'irréelle. La rousse la torturait volontairement. Elle l'écouta évoquer son passé après les jeux, sans bouger, soumise à sa magie. Ce qu'elle entendait lui faisait froid dans le dos. Si Riley avait pu avoir quelques réserves sur la santé mentale de la rouquine, elle n'en avait plus aucune à présent. Cette fille n'était pas son amie et elle n'était pas venue pour lui venir en aide. « T'es complètement cinglée » lui dit-elle, en secouant lentement la tête de droite à gauche. Beatriz avait gagné, elle était terrifiée. Son regard ne mentit pas lorsqu'elle tenta à nouveau de retirer son bras.

Soudain, la douleur disparut sur sa peau. A la place, la jeune femme fût prise comme d'un violent vertige. Le décor autour d'elle se déforma sous l'effet de vagues l'effritant peu à peu. La luminosité baissa, puis les murs autour d'elles tombèrent pour s'ouvrir sur la salle d'un club bondé. Une musique entêtante couvrît les paroles continues de Beatriz. Riley battît des paupières pour tenter de reprendre ses esprits. Où se trouvait-elle ? En rouvrant les yeux, la jeune femme avait fait un bon en avant dans la salle. Elle voyait à présent la rousse déambuler devant elle, le sourire aux lèvres, s'arrêtant pour saluer ce qui semblait être des habitués. Était-ce le Mary-Rose ? Riley regarda autour d'elle, sans vraiment comprendre ce que signifiait cette illusion. Elle cligna des yeux plusieurs fois sur la silhouette d'un homme assis au bar. C'était Rafael Morienval. Chef des services secrets. Chargé de la protection au Gouvernement. Numéro 1 sur la liste de la Résistance. Il avait donné l'ordre de tirer le jour où Martin avait été tué. Les poings de la sorcière se serrèrent en le voyant, puis la jeune femme se figea sur place lorsqu'elle reconnut l'homme de dos venant apposer une main fraternel sur l'épaule du militaire. Cette veste noire. Cette chevelure. L'étranger se retourna et Riley en perdit le souffle. Elle glissa sur le sol, entraînée par le poids de la douleur déformant sa poitrine.

L'illusion de Beatriz se brisa à l'instant où la sorcière heurta le parquet. Elle entendit des pas précipités venant de l'escalier. Sans s'en rendre compte, la brune avait crié. Que s'était-il passé ? La jeune femme mit quelques instants à faire le point sur l'espace qui l'entourait. Elle avait quitté la fièvre du Mary-Rose pour revenir dans la moiteur du Old Absinthe House. « Patronne ! » hurla une voix masculine. Bientôt le visage de Cristóbal apparut dans son champ de vision. Elle sentit sa main contre visage, la presser, puis la secouer. « Riley ! Est-ce que ça va ? » lui demanda-t-il, profondément inquiet. La sorcière le fixa d'un air vide, encore sous le choc de ce qu'il venait de se dérouler devant ses yeux. Finalement, elle attrapa la main qu'il lui tendait pour se redresser. Elle passa sa paume sur son front pour balayer la douleur lui martelant le crâne. Elle haletait. Jamais elle n'avait été témoin ou plutôt victime d'une telle illusion. Devait-elle croire ce qu'elle venait de voir ? Ses yeux se posèrent sur le corps de Beatriz elle aussi allongée sur le sol, complètement évanouie. Cette fille était vraiment folle. Construire une illusion de la sorte pouvait lui coûter la vie. Riley devait-elle déduire quelque chose de ce geste insensé ? « Aide-moi. Je veux dire, aide-la » ordonna-t-elle à Cristóbal. Elle désigna la rouquine d'un balancement du menton. Le brun l'abandonna pour aller se pencher au-dessus du corps de la rousse. Il écouta sa respiration d'une oreille. Elle semblait respirer. Riley soupira de soulagement. « Va l'allonger dans ma chambre s'il te plaît. Et va chercher de quoi nettoyer par terre » lui ordonna-t-elle à nouveau, en pointant du doigt les casseaux de verre sur la terrasse. Il hésita un moment, avant de finalement s’exécuter, non sans lancer un drôle de regard à sa patronne. En réalité, la sorcière avait besoin d'être seule quelques instants pour encaisser ce qui venait de se passer. C'était comme un cauchemar. Elle ressentait encore les effets de l'illusion sur son psychisme. La tête lui tournait. Entre deux œillades, elle pouvait revoir la silhouette de Cristóbal dans la foule du Mary-Rose. L'image était imprimée sur sa rétine, incrustée à l'intérieur. Mais Dieu savait que la jeune femme aurait voulu ne jamais la voir. Que faisait-il là-bas ? Qui était-il ? Lorsqu'il réapparut à ses côtés, la sorcière ignora la main qu'il lui tendait. Elle se contenta de le fixer avidement. Comme si elle allait pouvoir percer à jours ses intentions d'un seul regard. Pourquoi les sorciers ne pouvaient-ils pas lire dans les pensées ? « Qu'est-ce qui s'est passé ? » lui demanda-t-il, le visage toujours aussi sérieux. Riley se releva avec difficulté. Elle passa devant lui, sans même daigner répondre et rejoigna Beatriz allongée dans sa chambre. La rouquine avait saigné du nez. Tout à coup, la sorcière se demanda si elle devait vraiment l'aider ou attendre simplement qu'elle se réveille pour la foutre dehors. Elle sentit le regard de Cristóbal se poser sur elle, oppressant, agaçant. Qui devait-elle croire ? A qui devait-elle faire confiance ? Pour le moment, sa méfiance se tournait vers Beatriz. Cette fille était venue la voir pour s'en prendre à elle personnellement. En l'espace d'un quart d'heure, elle l'avait insulté, menacé et torturé. Il fallait qu'elle parte. Qu'elle parte au plus vite. « Reste avec elle et dès qu'elle se réveille. Tu peux la raccompagner vers la sortie » déclara Riley à haute voix, avant de sortir de la chambre pour descendre en salle et se servir un verre d'alcool bien mérité.
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MessageSujet: Re: it's a new morning and you're going home (riley)    Mer 11 Avr - 21:36

it's a new morning and you're going home  
Beatriz & Riley
This city desert makes you feel so cold, it's got so many people, but it's got no soul. And it's taken you so long to find out you were wrong, when you thought it held everything - Gerry Rafferty "Baker street"

Aux grands maux les grands remèdes, disait-on. Tentant le tout pour le tout, j’avais agrippé cette Riley par le bras, la contraignant à m'écouter. Exercer cette contrainte m'avait déjà coûté beaucoup d'énergie mais je devais aller jusqu'au bout du processus, lui montrer ce que je voulais lui montrer pour qu'elle comprenne enfin que je disais la vérité, que je n'étais pas une menteuse. Une colère sourde grondait en mon for intérieur et cette impulsion me donnait suffisamment d'énergie mais mes ressources n'étaient pas éternelles, et le retour du bâton fut particulièrement violent. Je n'avais pas lâché Riley malgré ses suppliques. Elle affirmait ne jamais avoir entendu parler de moi, mais je savais qu'elle mentait. Je l'avais vu dans son regard, qu'elle m'avait reconnue. Si elle savait qui j'étais, alors elle savait certainement de quoi j'étais vraiment capable. Quant à la folie, elle n'avait pas grand-chose à voir là dedans. Non, je n'étais pas cinglée, je savais même parfaitement ce que je faisais. C'était probablement le plus effrayant dans le fond, que je sache exactement  ce que je faisais. Cela voulait dire que je faisais mal à cette fille de façon volontaire, délibérée. En cet instant précis, je ne m'encombrais plus de scrupules, je faisais ce qu'il y avait à faire, point. Je n'avais jamais prétendu être une gentille sorcière de toute façon. Il n'y avait plus que la colère, l'exaspération, l'urgence qui se mélangeaient dans ma tête et dans mon cœur, le tout donnait un cocktail particulièrement instable et potentiellement explosif.  

Puis, tout fut terminé.
J'avais brûlé tout mon carburant.
Plus d'énergie, plus d'illusion.  

Lorsque l'image s'évanouit, je me sentis envahie par un profond sentiment de vide, un vide abyssal qui provoqua une immense détresse émotionnelle, au point que je réprimais une furieuse envie de pleurer.
Je n'eus cependant pas le temps de fondre en larmes, puisque je m'étais évanouie, tombant comme une mouche.  

x

Lorsque je me réveillai, je me trouvais allongée dans un lit, dans une chambre. Le corps douloureux  -j'avais dû me faire mal en tombant – je me redressai péniblement, non sans grimacer. Qu'est-ce qui s'est passé ? Une violente migraine me martelait le crâne et la tête me tournait encore. J'avais la nausée, putain, j'avais envie de rendre le contenu de mon estomac. Il était impossible que ce soit le diabolo menthe qui m'ait tourné sur le cœur à ce point. Il y avait forcément un truc dans mon verre, et j'avais bu ça sans chercher à savoir si mon verre avait été piégé. Aussi désarticulée qu'une poupée de chiffon, je me laissais tomber dans le lit et je fermai les yeux, pour empêcher le monde de tanguer. Petit à petit, les souvenirs remontaient à la surface. Je n'avais pas été droguée, j'avais utilisé la magie pour faire comprendre quelque chose d'important à une de mes sœurs sorcières. Une illusion qui m'avait coûté beaucoup d'énergie. Dès lors, il n'était guère étonnant que je me sente aussi vaseuse, aussi diminuée. Une injection de sang humain aurait suffi à me remettre sur pieds mais je n'en avais pas à disposition. Je regrettai presque de ne pas être en mesure de m'en procurer, en cas d'urgence.

Pouvait-on considérer cette situation comme une urgence ?
Rien n'était moins sûr, car je l'avais moi-même provoquée.

C'était du suicide, comme méthode, mais cela s'était avéré d'une efficacité remarquable. Le résultat était même au-delà de mes espérances. C'était rassurant, dans un sens. J'étais encore capable de pratiquer la magie, j'étais juste dans une mauvaise passe. Si seulement je pouvais m'en sortir…Je n'avais cependant personne pour partager ma réussite, aussi ma joie fut-elle de courte durée. J'ouvris à nouveau les yeux. Le monde tanguait moins, je me sentais un peu plus stable que tout à l'heure. Mon état n'était pas revenu à la normale pour autant. Comme si je n'avais pas assez d'un problème à gérer, je me retrouvai presque nez à nez avec le fameux Cristobal. Réveillée pour de bon, je me redressai et eus même un mouvement de recul.  

Il ne s'appelait pas vraiment Cristobal, du reste.  
Nuño Esteban Lopez serait plus approprié.  
Ce n'était pas un barman. C'était un escroc. Un arnaqueur. Un imposteur.  
Un foutu menteur, et c'était à cause de ce mec là que je m'étais mise en défaut.

« Ne m'approchez surtout pas. » grondai-je, menaçante, indignée à l'idée que Riley ait posté son chien de garde dans la chambre pendant que j'étais dans les vapes. « C'est elle qui vous a demandé de me surveiller ? Comme c'est mignon. »

En réalité ça me donnait surtout envie de vomir mais bien sûr, je me gardai bien de le préciser. En lieu et place d'une réplique bien sentie, je mis mes jambes hors du lit et me levai péniblement. Je titubais tellement que je dus m'accrocher à la commode et je fis tomber quelques objets au passage. Tant pis. Elle pouvait toujours aller se faire foutre, pour que je fasse le ménage en partant. Si elle ne s'était pas montrée si stupide, si aveugle, je n'aurais pas recouru à de telles extrémités.  

« Ne vous fatiguez pas, je sais où est la sortie, je n'ai pas besoin d'une nounou. » Je lâchai le bord du meuble, toisai le barman de mes prunelles furibondes. « Elle vous fait peut-être confiance mais vous ne me la ferez pas. Pas à moi. »  

Mon cœur cognait à tout rompre dans ma poitrine, tandis que je sentais l'affolement me gagner. Cela faisait tellement longtemps que je ne m'étais pas retrouvée dans la même chambre qu'un homme. J'en avais des sueurs froides. Sa seule présence suffisait à réveiller mes vieux traumatismes. J'avalai une goulée d'air, complètement paniquée.

« Écartez vous putain. » Ma voix était stridente, alors que je contournais l'homme pour ne pas le toucher, tout en le gardant à distance. « Ne me touchez pas. »  

Une fois que je me fus assurée d'être hors de sa portée, je m'engouffrai dans le couloir pour regagner le bar, direction la sortie. Au lieu de me paralyser, la peur me donnait des ailes. Sans adresser un mot à la patronne du Old Absynthe House, je traversai la salle, ignorant superbement les autres usagers qui me dévisageaient comme une bête curieuse. Une fois dehors, je m'autorisai un temps d'arrêt. Cela fut suffisant pour ramasser une pierre qui se trouvait non loin de là, puis je la serrai dans mon poing.  

J'hésitais.  
J'hésitais parce que ce n'était pas un comportement très mature, que je regretterai sans doute d'avoir fait ça dans quelques jours, mais j'étais trop en colère pour essayer de me raisonner.  
Cette fille ne valait pas la peine que j'aie des scrupules à ne pas abîmer la façade de son bar.

Alors, je bandais mes muscles et lançai la pierre dans une vitre d'une des portes d'entrée. Il y eut un bruit de verre brisé, puis, si on y regardait d'un peu plus près, on verrait l'éclat d'une chevelure rousse passer entre les débris de verre brisé et disparaître au coin de la rue.

FIN DU RP
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