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 We've got to live, no matter how many skies have fallen || Priya

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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: We've got to live, no matter how many skies have fallen || Priya   Sam 11 Nov - 0:29

We've got to live, no matter how many skies have fallen
Un ancien monde, voilà ce que cette petite sauterie lui évoquait. Encore que qualifier de « petit » le bal masqué auquel il participait plus ou moins volontairement aurait été faux-cul. Il reconnaissait bien là tout ce qui avait fait sa vie pendant si longtemps. Le faste, pour commencer : des lieux, de la déco, des habits, du moindre geste calculé au millimètre pour être parfaitement et désespérément coincé entre la grandiloquence et la grâce. Des centaines de robots qui allaient et venaient dans une chorégraphie usée jusqu’à la corde de mains qui effleuraient des bras, de sourires tièdes qui répondaient à des saluts hypocrites, de regards scrutateurs évaluant la fortune ou la puissance de ceux qui les croisaient, le tout dans une bonne ambiance de méchancetés murmurées aux oreilles et d’éclats de rire sur fond de coupes qui s’entrechoquaient. Et avec quoi trinquait-on, dans ce monde qui se voulait nouveau mais qui n’avait pas changé d’un iota ? Itzal renifla une énième fois son verre à la recherche d’une trace d’alcool, même subtile. Ces gens-là adoraient pondre des lois qu'ils se faisaient un devoir de ne pas respecter eux-mêmes. Itzal savait bien pourquoi. Plus on avait de pouvoir et moins on avait l’impression d’être forcé de se soumettre aux règles. Mais cette fois, il semblait que la loi avait été suivie à la virgule près. Quiconque avait organisé cet événement voulait la jouer clean. De sorte qu’en cette seconde, le Vénézuélien était appuyé contre ce qui s’appelait encore, faute de mise à jour dans le dico, un putain d’open-bar, derrière lequel un barman servait diligemment aux rares intrus comme lui des boissons sans alcool.

Les autres, les vrais, invités parce qu’ils avaient le pouvoir, l’argent, les connexions, les leviers ou tout ça à la fois, allaient et venaient dans la vaste salle et attendaient qu’un des douze larbins en uniforme leur amène de quoi boire et manger sur un plateau. Il y avait des jours où Itzal se disait qu’il regrettait son ancienne vie, tout en sachant qu’il n’y avait jamais trouvé sa place, que ses perpétuels auto-sabotages trouvaient forcément leur source dans son inadaptabilité. S’il avait eu encore un doute, ils auraient été balayés ce soir. Et pourtant, il y avait une part de lui qui serait toujours, même à son corps défendant, un gosse de riche. Il y avait bien eu toutes ces années où il n’avait plus jamais manqué de rien, où il avait même eu trop, à s’en faire exploser le bide, le crâne et la santé mentale. Ce monde pour lequel il n’avait pas été façonné, dans lequel on avait tenté à toute force de l’incruster, alors que ses contours étaient trop imparfaits, trop grossiers, n’avait jamais été le sien. Mais il en avait profité, fut un temps. Sans jamais cesser de le détester. Schizophrénie sociale qui avait rendu sa jeunesse si chaotique, la déception de son père si abyssale et qui faisait qu’aujourd’hui, tout en méprisant ce qu’il voyait, il en reconnaissait tous les codes, toutes les règles et aurait su, si l’envie l’avait pris, y évoluer sans trop faire de dommages aux apparences.

Sous le loup noir qui recouvrait ses yeux et son nez, à l’ornementation sobre comme il se devait pour les hommes, son regard se posa sur une femme grande et agile, qui marchait droit vers lui. Instinctivement, il tira sur le col de sa chemise et rajusta sa veste de costard – il fallait toujours être prêt à tout et il avait encore pas mal de ses anciennes affaires dans ses placards, même si la majorité était partie dans tous les mont-de-piété de la ville et que la saignée continuait tous les jours, il fallait bien nourrir son homme. « Pourquoi est-ce que tu restes dans ton coin ? Viens danser ! » Dans une alcôve, un orchestre composé de vrais être humains jouaient une musique d’ascenseur, en tout cas aux oreilles d’Itzal. Il n’arrivait pas à croire qu’il y avait encore des gens dans ce monde qui faisaient de la musique pour vivre. Mais s’il se demandait à quoi ça pouvait bien servir, il avait sa réponse. Sans cesse, il fallait se rappeler que cette clique-là ne vivait pas dans la même réalité que le reste de la population. Oui, les puissants organisaient des bals masqués et faisaient venir des orchestres. Et valsaient sagement en couple comme s’ils étaient jugés par leurs pairs, ce qui était probablement le cas. C’était comme ça. Il baissa les yeux sur celle par qui tout cela était arrivé. Jamais il n’aurait cru se pointer à nouveau à ce genre d’événement, mais cette fille l’avait convaincu grâce à un gros mensonge : elle lui avait dit qu’il y aurait de l’alcool, et il l’avait crue parce que c’était le genre de la maison, et qu’il y avait vu une petite vengeance mesquine, et parce qu’il pouvait bouffer à l’œil. Pas parce que tout ça lui manquait. Quant à l’idée d’évoluer au milieu d’eux tous, masqué, alors qu’il était, à leurs yeux, une abomination, oui, cela aussi lui avait plu. Maintenant, il s’ennuyait juste. Et il s’agaçait de ce cinéma. « Allez, souris… »

Il la laissa passer son bras sous le sien et l’entraîner dans la pièce, juste pour marcher, évoluer au milieu des autres. Il n’avait certainement pas envie de danser. Son regard scrutait la foule et il se sentait investi d’anciens réflexes, de souvenirs d’anciennes fêtes auxquelles il avait participé ou seulement assisté, debout contre un mur, hiératique, à « protéger ou mourir en essayant ». Sous les masques, il pensait parfois reconnaître un visage, un regard, un sourire. Parfois, c’était une silhouette, une démarche, une posture, une voix. Il n’avait jamais vraiment coupé les ponts. Et les images qui lui revenaient petit à petit le rendaient de plus en plus maussade. Au bout de cette route des souvenirs, de ce défilé de cocktails et de personnes dans le temps, il n’y en avait qu’une, dont il aurait voulu oublier l’existence. Il passa un bras dans le dos de sa partenaire d’un soir, l’attirant plus près de lui, bouclier sans saveur et sans intérêt contre le souvenir de ce qui comptait vraiment.

Souvent, il avait cru la voir, ou l’entendre, surtout au début. À chaque recoin de rue, derrière chaque porte, quand bien même il n’y avait aucune raison qu’elle traîne dans les bas-fonds où il avait été forcé de se réfugier, rejeté par la clique des puissants une bonne fois pour toutes, et jusque dans ses rêves. Ça avait duré le temps que le quotidien d’avant ne s’efface peu à peu, celui où elle était effectivement en permanence sous ses yeux, remplacé par un autre d’où elle était absente. Cela faisait un moment qu’il n’avait plus eu cette impression d’être traversé par un courant électrique. La fin d’une phrase captée à la volée, et alors qu’il tournait son regard dans la direction d’où provenait la voix, une silhouette qui lui tournait le dos, aux courbes jamais vraiment oubliées. Il aurait pu s’en douter. En fait, il y avait pensé. Il y avait une chance, infime, qu’elle soit là, elle aussi. « Viens ! » supplia sa cavalière, le tirant à elle, au moment où Priya se retournait ; elle lui rentra dedans, doucement, pas de quoi le faire flancher, et par réflexe, il leva les mains, les posa sur ses bras pour l’empêcher de tomber, puis les ôta aussitôt. « Ne me touchez pas ! » Le souvenir le traversa comme une décharge électrique. Il aurait préféré mettre ses mains au feu. Mais peut-être n'était-ce pas elle. Voilà ce qu'il fallait se dire. Il entraîna sa partenaire vers la piste de danse, tout plutôt que de rester face à elle, ou celle qu'il croyait qu'elle était. Il aurait mieux fait de partir, tout simplement. La danse n’était pas son truc, et ce n’était pas faute d’avoir suivi des cours avec son frère quand ils étaient adolescents, puisqu’il fallait être parfait en tout. Et tandis qu’il valsait plus ou moins efficacement sur la piste de danse, ironiquement, le souvenir d’une autre valse, privée, « pour s’amuser », l'assaillit, et comme elle s’était foutue de sa gueule et de ses mouvements maladroits, et comme il n’en avait rien eu à foutre parce qu’elle riait si rarement et qu’il adorait l’entendre rire. Il aurait mieux fait de partir.  

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MessageSujet: Re: We've got to live, no matter how many skies have fallen || Priya   Lun 13 Nov - 10:44

We've got to live, no matter how many skies have fallen
Itzal&Priya
Il était enfin là, le grand jour, le jour du bal. Un bal pas comme les autres où les convives devraient porter un masque. Dans un monde où le luxe se faisait si rare, dans lequel le faste n’était réservé qu’aux privilégiés de la société, Priya se devait de préserver l’illusion. Continuer d’entretenir les apparences en organisant des soirées somptueuses qui amuseraient les hauts placés de ce qu’il restait du monde. Et puis au fond elle préférait ça plutôt que d’être relayée au plus bas de l’échelle sociale. Par les temps qui couraient c’était œil pour œil, dent pour dent et la jeune indienne était bien contente d’avoir su tirer son épingle du jeu. Il restait quelques heures avant que les invités ne viennent envahir la salle de bal. La jeune femme était sur tous les fronts. Il fallait que tout soit parfait, des nœuds papillons des serveurs au dosage de sel dans les amuses-bouche en passant par l’orchestre. Pour la énième fois, Priya vérifia la liste des invités, briefa son équipe, elle n’avait pas le droit à l’erreur. Le stress était à son paroxysme. De loin on voyait Priya s’agiter, parcourir la salle de long en large. On lui avait imposé un nouveau garde du corps, à son plus grand regret. La jeune femme avait tout fait pour refuser, sa dernière expérience lui ayant laissé quelques souvenirs douloureux, mais elle n’avait finalement pas pu s’y opposer.

Les heures défilèrent et ce fut une Priya épuisée mais resplendissante qui fit son apparition au Royal Sonesta tandis que la nuit recouvrait la Nouvelle-Orléans. Les premiers invités ne tarderaient pas à arriver. Tout était prêt pour les accueillir. Elle espérait que la soirée serait réussie. Elle était vêtue d’une magnifique robe couleur carmin. Ses longs cheveux bruns retombaient en cascade sur ses épaules tandis qu’un masque vénitien noir lui barrait le regard. Au début Priya fit un dernier tour pour s’assurer qu’il n’y avait aucun souci, puis elle resta près de la personne qui vérifiait la liste des invités et de leurs accompagnants. Puis lassée d’être suivie par l’homme chargé de sa protection, lorsqu’il y eut plus de monde, l’indienne prit un malin plaisir à se perdre dans la foule. Le brouhaha des conversations la ravissait. Pour l’instant tout se déroulait à merveille. Elle se fit alpaguer par une femme d’un certain âge qu’elle eut du mal à reconnaître sous son masque d’oiseau. Priya finit par deviner l’identité de son interlocutrice malgré ça, elle ne parvint pas à se concentrer sur ce qu’elle racontait. En effet une drôle de scène attira son regard plus loin. Ce n’était pas vraiment la scène en question mais plus les protagonistes qui l’interpellèrent. Un protagoniste, une silhouette, bien trop reconnaissable pour qu’il s’agisse d’une erreur. Itzal. Un visage masqué sous un loup noir, un visage que Priya avait gardé longtemps dans un coin de sa tête, comme un souvenir lointain. Ce n’était pas tant la présence de ce dernier à ce bal qui la perturbait –bien que cela lui semble surprenant- mais plus la jeune femme qui lui tirait le bras.

« … Ce bal est une véritable réussite… » Continuait la femme tandis que Priya n’écoutait rien.

Sans vouloir se l’avouer, Priya se rendit compte que son cœur s’était mis à battre plus fort. Etait-ce de la colère ou de la jalousie ? Peut-être un peu des deux. Pourquoi était-il là ? Au milieu de gens qu’il détestait ? Avec cette fille en plus ? L’indienne reporta furtivement son attention sur son interlocutrice.

« Je suis navrée Madame Fisher, j’ai une affaire à régler, si vous voulez bien m’excuser. En attendant profitez bien de votre soirée. » Dit Priya dans un sourire poli tandis qu’elle s’éclipsait déjà en direction de sa cible. Son garde du corps qui la gardait à l’œil de loin se mit à la suivre sans qu’elle ne le remarque. Non, Priya était bien trop furieuse, on aurait facilement pu la comparer à une fusée perçant le ciel. Impact dans trois, deux, un. Au moment de la bousculade, Priya était encore à bonne distance. D’ailleurs la victime lui ressemblait fortement. Sans la moindre gêne, l’organisatrice de la soirée barra la route à son ex garde du corps (à défaut d’être un ex tout court, cela était trop brutale comme appellation) et toisa sa cavalière en ôtant son masque. Elle n’avait pas réfléchi à ce qu’elle dirait, pressée par son instinct. Malgré tout la jeune indienne ne perdit pas de sa superbe et finit par articuler « Bonsoir, je viens vérifier que tout se passe pour le mieux pour vous. (elle concentra son regard sur le vénézuélien) Itzal je suis surprise de te voir ici, en si bonne compagnie. » Avoua-t-elle en faisant des efforts pour masquer toute l’amertume de sa voix. Derrière elle le molosse qui avait vu sa patronne foncer vers les deux personnages arriva près d’elle, demandant discrètement à la jeune femme si tout se passait bien. Elle fit un signe de la main, montrant à quel point il était mal venu pour l’homme d’intervenir. Le colosse abdiqua et disparut dans un haussement d’épaules résigné.

« Mademoiselle Gadhavi merci pour l’invitation ! Le bal est super. » dit l’autre femme qui accompagnait Itzal.

Priya serra les dents. Elle regrettait d’avoir placée cette fille sur sa précieuse liste. Jamais au grand jamais elle n’aurait pensé que quelqu’un convierait un des fantômes de son passé à sa soirée. Tous sauf celui là en tout cas. Le pire.




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MessageSujet: Re: We've got to live, no matter how many skies have fallen || Priya   Mer 15 Nov - 22:23

We've got to live, no matter how many skies have fallen
Il la vit approcher du coin de l’œil. Bien sûr que c’était elle. Il l’avait reconnue tout de suite et ça n’avait été qu’un caprice de gosse de sa part de nier l’évidence. Il avait l’impression que cela faisait une vie entière qu’il niait sa seule existence. Au pied du mur, plus moyen de repousser tout ça dans un coin de sa tête, plus besoin de se changer les idées, de se convaincre que c’était mieux comme ça pour lui. Il l’avait sous les yeux et les souvenirs s’invitaient dans la danse, qu’il le veuille ou non. Pour ces centaines de fois où il s’était dit qu’elle s’était fichue de lui qu’il ne comptait pas à ses yeux, qu’il s’était trouvé une vie et que c’était très bien ainsi, en une sorte d’auto-envoûtement auquel il ne croyait même pas, il avait suffi qu’il la repère là, ce soir, dans la foule, pour que toutes ses bonnes résolutions se fassent la mal. Et bien sûr, bien sûr ! elle l’avait reconnu aussi. Et s’il aurait bien voulu faire comme si de rien n’était, s’ils auraient pu se voir et s’ignorer, il semblait que ce n’était pas ainsi que les choses allaient se passer. Elle marchait droit sur lui, et pendant une seconde il songea à planter là sa partenaire et à s’enfuir. S’enfuir, c’était ce qu’elle l’avait forcé à faire. Elle l’avait chassé, les derniers mots qu’elle avait prononcés à son intention étaient ceux-là. Et lui était là, toujours là. Pourtant, ce n’était pas faute d’avoir essayé de se barrer, mais elle ne pouvait pas le savoir. Il remarqua avec amusement qu’une armoire à glace lui avait emboîté le pas, sans chercher à se dissimuler. Son garde du corps. Sérieusement. C’était vraiment le monde à l’envers. D’un regard, il condamna le molosse pour tout ce qu’il faisait de mal, mais de quel droit ? Ce n’était plus lui, Itzal, qui devait la protéger. Elle était devenue le problème d’un autre. Encore qu’elle s’apprêtait à redevenir le sien dans peu de temps. Il fit pirouetter sa partenaire une dernière fois avant que Priya ne se plante devant eux.

Il savait, bien sûr, exactement à quoi elle ressemblait. Pendant longtemps, silencieusement, il avait étudié chaque millimètre de sa personne et de son visage, quand il travaillait, et qu’elle vaquait à sa vie, que leurs trajectoires ne se croisaient jamais si ce n’était des regards. Il avait fini par apprécier, puis par aimer ce visage. Il avait mis des mois à ne plus l’invoquer chaque jour, tantôt avec rage, tantôt avec dépit. Tout ça s’envola quand elle ôta son masque. Bien sûr qu’elle n’avait pas changé. Tout droit sortie de ses cauchemars, mais bien réelle, cette fois. Il se demanda ce qu’elle allait dire, ravi de ne pas avoir à entamer la conversation. Il n’aurait absolument pas su quoi lui raconter. Son entrée en matière, vide de sens, lui rebondit dessus comme sur un mur, avant qu’elle ne pose son regard sur sa partenaire. Itzal adressa un sourire moqueur au garde du corps, fraîchement renvoyé dans les cordes. Pauvre gars… Il avait été à sa place, lui aussi. On ne pouvait pas dire que les débuts de leur relation, à Priya et à lui, avaient été faciles. Il reporta son attention sur elle, se contenta de marmonner : « Surpriiiiise… » Elle ne savait pas qu’il n’avait pas quitté la ville. D’ailleurs, avait-elle cru qu’il allait obéir à ses injonctions ? Elle n’aurait pas eu tort, cela dit, il avait bel et bien tenté de s’en aller, comme elle le lui avait ordonné, quand elle l’avait foutu à la porte de son existence. À ses côtés, sa partenaire semblait extatique de rencontrer leur hôtesse. Itzal passa un bras autour de sa taille. « Oui, super, merci de venir aux nouvelles. Grace, je te présente Priya. Priya, voici Grace. » Et que dire d’autre ? « Priya, mon ex-cliente ex-autre chose » et « Grace mon coup d’un soir dont je viens de me souvenir le prénom au dernier moment » ? C’était puéril à souhait, c’était mentir, aussi, mais il savoura ce moment, et la façon dont le regard de Priya allait de Grace à lui.

Se posait-elle des questions ? Était-elle jalouse ? Il ne s’était jamais imaginé une situation pareille. Sur la fin de leur colocation/collaboration/autre chose, ils vivaient ensemble, en quasi vase-clos. En toute honnêteté, si un type avait débarqué à ce moment-là pour lui mettre la main dessus, il aurait été fou de rage. Se laissait-elle approcher, à présent, ou bien cela non plus, ça n’avait pas changé ? Ne m’approchez pas ! Il lui avait fallu du temps pour trouver la bonne distance entre ce que Priya supportait et ce que son job à lui exigeait. Ne me touchez plus jamais ! La vanne des souvenirs était ouverte. « Tu as toujours su organiser ce genre de sauterie, félicitations. Je vois que les choses marchent toujours aussi bien pour toi. » Il songea soudain que si elle appelait la sécurité, si elle ordonnait qu’on le foute dehors, il aurait des ennuis. Il n’était pas censé être là, pas seulement parce qu’il était un voleur d’énergie, ce qui était la seule chose que Priya savait de lui, la toute dernière chose. Mais ça lui importait peu. Tout d’un coup, il se rappelait pourquoi il avait tenté de fuir la ville, pourquoi il avait cru ne plus rien avoir ici, au point de tenter une folie, et d’être rattrapé par le gouvernement. C’était pour elle. Enfin, à cause d’elle. Et avant cela, avant leurs adieux violents, il y avait eu tout ce qui avait été et ce qui aurait pu être. Il se colla un peu plus à Grace, ancra son regard dans celui de Priya, esquissa un petit sourire mécanique. « Tu veux qu’on s’en aille ? » Il entendit vaguement Grace protester mais n’en avait rien à faire, d'elle. N’en avait jamais rien eu à faire. Encore moins en cette seconde, alors que Priya et lui se faisaient face.  

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MessageSujet: Re: We've got to live, no matter how many skies have fallen || Priya   Ven 17 Nov - 9:54

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Itzal&Priya
L’impulsion de trop et voilà que Priya se retrouvait dans une situation délicate. Elle aurait sûrement préféré qu’un des convives prenne feu, cela aurait au moins été plus facile à gérer que cette drôle de mascarade. Comme si cela ne suffisait pas, Itzal crut bon de faire les présentations. Priya cligna des paupières, comme pour s’assurer qu’elle n’était pas en pleine hallucination. Après tout le stress pouvait parfois provoquer de drôles d’effets secondaires. Malheureusement après quelques secondes rien ne changea. Grace était toujours là, souriant bien trop largement au goût de l’indienne. Sûrement qu’elle était fière. Une drôle de lueur illumina soudain les yeux noisettes de Priya. Le genre de signe qui ne laissait paraitre rien de bon, au contraire. « Enchantée, Grace. Itzal ne m’a jamais dit qu’il avait une sœur… » le regard fixé vers son ex-employé, Priya examina la moindre réaction. La jeune femme en question se mit à rire. Sans le savoir elle allait répondre à la question que Priya n’osait poser. « Non je ne suis pas sa sœur, on sort ensemble. » répondit Grace avec fierté. Immédiatement l’indienne lança un regard curieux vers Itzal. Il se contentait d’une bien piètre consolation. En réalité Grace était plutôt ce qu’on pouvait appeler une « jolie femme » mais bien évidement, dans l’esprit de Priya, elle ne lui arrivait pas à la cheville. Cette réflexion apaisa un temps la jalousie qui brûlait en elle.

Mais après réflexion elle se dit que si cette femme avait réussi à traîner Itzal jusqu’ici, c’est qu’elle devait énormément compter pour lui. Après tout aussi loin que Priya pouvait s’en souvenir, le vénézuélien n’avait jamais été homme à aimer ce genre de soirée mondaine. Bien au contraire. La jalousie devint brasier. Néanmoins Priya, experte dans l’art du paraître, ne laissa rien filtrer. Le feu brûla de plus belle lorsqu’Itzal la félicita. Cette fois ce fut deux braises noisettes qui fusillèrent l’ancien garde du corps. Ses remarques il pouvait se les garder. En d’autres circonstances Priya n’aurait pas hésité à lui faire entendre le fond de sa pensée. Mais il y avait du monde autour d’eux, il était inutile de faire un scandale. Et puis cette fille, Grace, ne comprendrait sûrement pas la colère soudaine de leur hôte. Le vase fut plein lorsqu’Itzal demanda s’ils devaient partir. L’autre jeune femme pesta. Priya aurait voulu les mettre à la porte tous les deux. Ils venaient de gâcher sa soirée, sa magnifique soirée qu’elle avait mis tant de temps à organiser. Voilà que deux parasites venaient ruiner sa fête.

« Non voyons, restez. De toute façon certaines personnes ont visiblement du mal à comprendre quand on leur dit de s’en aller. » les mots fusèrent aussi violemment qu’un poignard lancé à toute vitesse.

Et le poignard en question se dirigea tout droit vers Itzal. Que dire de plus ? Priya bouillonnait, elle n’en revenait pas. Non seulement Itzal n’était pas parti mais pire, il osait se montrer ici, exposant sa nouvelle conquête comme si tout ce qu’ils avaient vécu tous les deux n’avait été qu’un tas de poussière qu’on anéantissait d’un souffle. L’indienne n’était ni poussière, ni prête à subir cet affront. Elle replaça son masque, ses yeux brillant d’une colère non dissimulée cette fois. « Je vous laisse profiter. Je ne voudrais pas gâcher cette soirée en amoureux. » lança-t-elle en tournant les talons. Cette fois s’en était trop, Priya sentait que si elle restait une minute de plus face au couple elle exploserait. Chaque personne qui connaissait le phénomène savait qu’une Priya en colère ne donnait jamais rien de bon.

Alors que l’indienne fendait la foule dans l’autre sens, elle s’en voulut de s’être montrée si faible. Itzal devait jubiler intérieurement. Il avait gagné. Elle avait perdu tout ce temps à se persuader qu’elle avait fait le bon choix, que la vie sans lui serait plus simple, qu’il souffrirait moins ainsi. Bien qu’elle ne se l’avoua jamais, l’absence d’Itzal avait été un poids. Elle n’avait pas cherché à le remplacer, elle ne s’était jamais sentie prête pour ça. Cette rencontre la mettait hors d’elle. Elle se sentait idiote. Tête baissée, Priya ne prit pas garde au serveur au milieu de sa trajectoire. Elle percuta l’homme de plein fouet, faisant tomber son plateau dans un bruit sourd. Les regards se tournèrent tous vers l’incident. « Faites attention où vous allez ou vous ne retravaillerez plus jamais de votre vie ! » dit-elle, rejetant la faute sur le pauvre homme qui se confondit en excuses. Mais Priya était bien trop énervée pour y prêter quelconque attention. Il fallait qu’elle se calme avant que la soirée entière ne tourne au vinaigre, avant qu’elle ne passe pour une hystérique. Elle avait une réputation à tenir après tout.




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MessageSujet: Re: We've got to live, no matter how many skies have fallen || Priya   Dim 19 Nov - 0:28

We've got to live, no matter how many skies have fallen
Qu’elle puisse croire qu’il s’était pointé ici avec sa sœur, qu’il puisse même avoir une sœur, plus que la méprise elle-même, arracha une moue à Itzal. Il n’avait pas de sœur, si ce n’était Brooke, et Priya connaissait l’existence de Brooke. Tout comme elle savait qu’il n’avait pas de sœur. Elle savait qu’il était orphelin, elle savait qu’il avait été adopté, elle connaissait le nom de son père. Elle en savait plus sur lui que n’importe qui parce qu’il lui en avait dit plus qu’à n’importe qui. Parce qu’il y avait une époque où tous deux s’apprêtaient, sans en faire toute une histoire, à laisser tomber leurs défenses, peut-être pour la première fois de leur vie. Bon, soit, la fin de cette belle histoire, c’était sa faute à lui. Ce qui ne l’empêcha pas d’esquisser un sourire narquois quand Grace annonça gaiement qu’elle n’était pas sa sœur. Il regardait déjà Priya quand celle-ci, en réaction, braqua son regard sur lui. Il ne démentit pas Grace, et il ne se cacha pas que c’était simplement pour faire réagir Priya. Il avait l’impression de savoir ce qu’elle pensait en cette exacte seconde. Il ne connaissait que trop bien ce regard exaspérant, cette froideur un peu moqueuse, mais à peine, comme si en vérité il ne valait même pas la peine qu’elle le juge, cette attitude qu’elle lui avait servi tant de fois quand il avait commencé à travailler à sa protection. Et qui avait rendu leurs débuts si chaotiques. Finalement, la glace se transforma en flammes quand il ouvrit la bouche. Il avait réussi à lui arracher une réaction, même si personne d’autre que lui en cette seconde pouvait la remarquer. Il l’avait mise en colère, ou rendue jalouse, ou encore autre chose, peu importait, c’était quelque chose et c’était déjà ça. Et ensuite, quoi ? Il n’avait déjà pas prévu de la revoir, ni ce soir ni jamais, alors ce n’était pas s’il avait un plan.

Grace laissa échapper un soupir de soulagement quand Priya les autorisa à rester, parce que c’était exactement de ce la qu’il s’agissait, Itzal ne se faisait aucune illusion : c’était elle qui avait le pouvoir, ici, c’était elle la maîtresse de maison, et c’était elle qui, sur un seul geste, un seul mot, pouvait les faire jeter dehors, voire pire. Et pourtant, devant tant de générosité de sa part, le Vénézuélien ne fut pas vexé, mais simplement dérouté. Soudain, il eut envie de lui expliquer, de lui dire pourquoi il était là, pas là ce soir, ici, mais là, à la Nouvelle-Orléans. Comme pour se justifier, lui promettre qu’il avait essayé, qu’il avait voulu partir, que c’était bien la seule chose sur laquelle ils avaient fini par tomber d’accord ce jour-là, quand elle l’avait jeté de chez elle. Elle avait été claire sur ce qu’elle pensait de lui à présent qu’il avait changé et s’il avait lutté pour la faire changer d’avis, s’il lui avait fait mille promesses qu’il n’aurait de toute façon pas pu tenir, de changer, de s’assagir, de l’écouter, de rester à ses côtés, ça n’avait pas suffi, et alors il avait compris qu’il la dégoûtait vraiment, ou qu’il lui faisait peur, ou qu’elle avait honte de lui. Il avait compris qu’elle était sérieuse. Pas forcément dans sa volonté de le voir partir, mais dans le fait qu’elle avait besoin qu’il s’en aille. Il n’avait pas voulu y réfléchir plus. Il en avait eu ras le bol de ses non-dits, de ses trouilles, de ces remparts de glace dont elle s’entourait au moindre problème. Il avait plus ou moins lâché l’affaire, c’était vrai. Il s’était battu, mais autant qu’elle. Elle avait gagné, il était parti. Pour elle, du moins, il était parti. Mais les choses ne s’étaient pas passées comme il l’avait espéré, et elle n’en savait rien. Petit quiproquo temporel et géographique, donc. Il ouvrit la bouche, faillit, donc, gémir comme un gosse – mais je suis parti, tu comprends pas ? Mais à quoi bon ? Cette soirée serait à ranger dans un coin de son esprit. Il allait repartir pour huit mois à tenter de l’oublier. Et cette fois, il ferait très attention à ne plus jamais la croiser. Ce serait facile, pour lui. Il vivait dans cette ville en sachant qu’elle y vivait aussi. Elle, elle l’avait cru parti à jamais.

« On m’avait dit qu’elle était froide, mais je ne m’attendais pas à ça. Quelle garce. » Itzal détourna les yeux de Priya, qui s’éloignait d’un pas raide, pour les poser sur sa cavalière. Il ôta son bras de sa taille et rajusta son masque sur son visage. « Sois pas jalouse. Tu ne lui arriveras jamais à la cheville. » Il vit Priya tacler le serveur et ne put s’empêcher de sourire quand elle se mit à l’agonir de toute sa rage. Sans un mot de plus pour sa future-ex-conquête, il la planta là et traversa la salle, droit vers Priya, qui s’était attirée tous les regards et même quelques secondes de silence gracieusement offertes par l’orchestre qui avait cessé de jouer. Le serveur enchaînait les courbettes avec la tête d’un type sur l’échafaud. C’est que si elle le voulait, Priya pouvait vraiment ruiner la vie de ce pauvre gars. Itzal arriva à son niveau, son visage bien dissimulé derrière son masque, de sorte qu’elle seule pouvait savoir qui il était, et s’interposa entre le serveur et elle. « Me feriez-vous l’honneur d’une danse ? » Ou, comme il l’aurait dit s’ils n’avaient été que tous les deux : j’en ai pas fini avec toi. Impro totale, mais autant il avait eu envie de partir en courant quand il l’avait vue, maintenant qu’elle lui avait tourné le dos, il n’avait qu’une envie, la retenir encore un peu. Pourquoi faire ? La torturer ? Se torturer lui-même ? Ruiner cette soirée, pour lui comme pour elle ? Probablement un peu tout à la fois. « Allez, Priya. Les gens te regardent. » Ah, ce cérémonial des puissants qu’il n’avait jamais pris la peine de s’imposer…

Il tendit la main, sans prendre celle de Priya cependant, sachant très bien ce qu’elle pensait des contacts qu’on lui imposait. Si elle était dans le même état d’esprit que lui, elle aurait envie de refuser, mais elle accepterait. S’ils avaient bien un trait de caractère commun, tous les deux, c’était la fierté. Là-dessus, Itzal vit le garde du corps du coin de l’œil, qui avait surgi des ombres dans lesquelles Priya l’avait renvoyé tout à l’heure, et qui leur fonçait dessus comme un bulldozer. Bon sang que ces gens étaient pénibles. Enfin, sauf quand c’est lui qui avait brillamment mené cette carrière, bien évidemment. 

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MessageSujet: Re: We've got to live, no matter how many skies have fallen || Priya   Mar 21 Nov - 11:11

We've got to live, no matter how many skies have fallen
Itzal&Priya
C’était le genre d’instant de malaise que personne n’aimait endurer. Encore moins quelqu’un comme Priya. Elle était au bord de la crise de nerfs. Les regards plantés sur elle comme des milliers d’yeux accusateurs et curieux la poussèrent à garder son calme, enfin, en apparence. Elle se reprit alors que l’employé continuait ses courbettes dans l’espoir d’obtenir le pardon de la jeune femme. Tout le monde sembla pendu à ses lèvres, attendant de savoir ce qu’il adviendrait du jeune serveur. Si la reine de la soirée lui couperait la tête ou non. Priya voulut tous les envoyer bouler, elle était tellement perturbée qu’elle aurait voulu disparaître. Elle s’en voulait de réagir de la sorte, de se laisser emporter par ses émotions. Mais le choc de revoir Itzal alors qu’elle le pensait disparu à jamais s’avéra dur à encaisser. Car elle ne s’y était jamais réellement préparée, elle avait préféré mettre cette partie de sa vie entre parenthèses, ne plus y penser pour ne pas souffrir. Le silence alentour devint pesant, l’orchestre avait cessé de jouer comme pour laisser l’attention de l’assemblée se concentrer sur Priya. Fort heureusement l’homme masqué vint à son secours. Le sauveur mit ainsi un terme aux excuses du serveur et fit retomber la pression en proposant une danse. Les yeux noisettes de Priya se mêlèrent à ceux d’Itzal. Une partie d’elle le maudissait car il venait la tirer d’une situation délicate qu’il avait lui-même provoqué. Priya n’endosserait jamais la responsabilité d’une telle perte de contrôle. Elle hésita jusqu’à ce qu’Itzal insiste. Un sourire factice courba alors les lèvres de la jeune femme.

« Avec plaisir. » fut-elle contrainte de répondre en se saisissant de la main de son partenaire du jour.

L’orchestre reprit aussitôt. Quelques moues déçues s’affichèrent sur les visages de ceux qui espéraient un peu plus d’action. Les conversations reprirent leur cours tandis que Priya se laissait accompagner sur ce qui servait de piste de danse. Elle n’en revenait pas. Itzal l’avait eue. Son attention avait été noble, d’ailleurs Priya fut surprise qu’il ait abandonné sa conquête pour venir la sortir de là. De sa main libre l’indienne replaça son masque et tandis qu’elle se positionnait face à Itzal pour entamer une danse, elle scruta la salle une dernière fois. « Tu as réussi à te débarrasser de ton pot-de-colle ? Pas sûre qu’elle apprécie… » Le garde du corps de Priya quant à lui lançait un regard curieux au cavalier de sa patronne. Dans la vie la jeune femme ne se laissait approcher par personne et piquait souvent des crises lorsqu’il s’agissait de contact humain. Elle ne supportait pas qu’on la touche ni même qu’on l’effleure. Il en avait fallut du temps et de la patience au vénézuélien pour être le seul capable d’une telle prouesse. Au fur et à mesure que les minutes s’écoulaient, la jeune femme réalisa qu’elle n’était pas entrain de rêver. Pourtant la situation semblait abracadabrante. Bien loin d’être un songe ou un mauvais tour joué par son imagination, Itzal était bien réel. Priya l’avait chassé, n’avait osé imaginer ce qui avait pu advenir de lui. Elle s’était refusée d’y songer durant des mois et n’avait jamais envisagé de le revoir. Elle avait tiré un trait. Ou du moins elle avait essayé de se persuader que c’était le cas.

« Itzal pourquoi tu n’es pas parti ? » demanda Priya entre deux pas de danse.

La question la démangeait depuis qu’elle avait croisé son regard. S’il n’était pas parti depuis tout ce temps, cela voulait dire que jamais il n’avait essayé de la recontacter. Mais l’indienne savait au fond, malgré son caractère, qu’elle ne pouvait le lui reprocher. Elle avait été parfaitement détestable et claire. Il lui faisait peur, elle ne voulait plus de lui, elle avait insisté pour qu’il s’en aille. Au fond elle n’aurait jamais pu lui avouer qu’elle aurait pu s’habituer à la situation, qu’au fond elle aurait fini par l’accepter. Tout ceci était bien trop compliqué, bien trop rapide. Priya se sentait encore fragile, les relations humaines étaient l’une de ses plaies. Elle avait eu peur. S’abandonner à un homme était déjà un exploit de sa part, s’abandonner à un homme qui n’en était plus vraiment un s’était avéré impossible sur le coup. Elle avait eu peur pour elle mais aussi pour lui. Et bien que ses sentiments furent bien réels, elle ne s’était pas sentie prête et avait préféré cette option. Bien que cela lui ait demandé des efforts considérables. A croire que Priya avait été parfaitement convaincante, peut-être même un peu trop. Elle le savait  aussi fier qu’elle. Que donnaient deux têtes aussi brûlées l’une que l’autre ? Un couple dansant lors d’un bal masqué. Drôle d’ironie, drôles de retrouvailles, drôles de circonstances.

Perdue dans ses pensées à l’abri derrière son masque, se laissant porter par la musique, Priya en oublia presque le contexte. Elle n’était pas venue ici pour se livrer à une danse romantique, et Itzal n’était pas venu ici seul. La jeune femme qu’il avait précédemment laissée en plan ne sembla pas apprécier de se faire remplacer de la sorte. Elle avait discrètement fendue la foule pour arriver près du couple d’ex-quelque-chose. Elle avait décidément mal choisi son moment pour exister celle-là. Priya qui la vit arriver du coin de l’œil fit mine de l’ignorer, comme si elle avait été totalement insignifiante à ses yeux. Grace sembla enfin comprendre. Elle se mit à tapoter sur l’épaule d’Itzal avec la mine d’une enfant boudeuse. « Itzal tu es venu avec moi je te signale ! » râla-t-elle. Priya se détacha de son cavalier. Elle sentit le scandale arriver. Pour la première fois de la soirée elle fit signe à son garde du corps qui se tenait dans un coin un peu plus loin. Le compte à rebours fut lancé. Soit Grace comprenait d’elle-même soit elle se ferait raccompagner vers la sortie. A moins bien sûr qu’Itzal ne décide de repartir avec sa conquête. Priya retint son souffle. Et s’il avait seulement eu pitié d’elle ? Et s’il était simplement venu la sortir d’une situation délicate avant de repartir dans les bras de l’autre femme ? L’indienne ne laissa rien paraitre, elle croisa simplement les bras, attendant que le sort décide. Elle se sentit bête mais elle avait simplement voulu avoir des réponses. Si Itzal s’en allait elle craignait de ne pas le revoir de sitôt et que toutes ses questions restent sans réponse. Un suspens intenable se mit alors en place à mesure que son molosse approchait.





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MessageSujet: Re: We've got to live, no matter how many skies have fallen || Priya   Jeu 23 Nov - 7:54

We've got to live, no matter how many skies have fallen
Forcément, il avait agi sur une impulsion, poussé par des sentiments contraires ; l’envie de la retenir encore un peu, la colère de la voir obtenir le dernier mot, le désir de la tirer de ce mauvais pas complètement anecdotique à ses yeux mais dont il savait qu’elle devait s’en faire tout un monde, le besoin de faire quelque chose, n’importe quoi, pour ne pas que leur dernier moment ensemble soit celui-là, une rencontre due au hasard et une confrontation stupide, ni enragée comme il l’aurait voulu ni définitive comme ils l’auraient tous les deux mérité. Envie, colère, désir besoin, cela résumait bien tout ce qu’elle avait éveillé en lui, et s’il avait pris quelques secondes pour se calmer et réfléchir, il aurait tourné les talons et serait parti car c’était là, en vérité, la seule chose à faire, la chose plus raisonnable : partir, et que plus jamais, cette fois, ils ne se revoient. Mais ces quelques secondes, il ne se les accorda pas, et il était là désormais, face à elle, la main tendue, dans un silence tout relatif mais qui lui paraissait de mort, dans une seconde qui s’étirait depuis une éternité. Il lui avait donné l’occasion de le rembarrer devant tout le monde, mais cela, il s’en fichait et elle le savait. Plus que l’humiliation publique, ce serait son refus à elle qui l’aurait blessé – encore. Le regard des autres, il s’en fichait, elle le savait, dès le départ il avait été plus ou moins immunisé à ses regards à elle, à tout le jugement qu’ils véhiculaient quand elle posait les yeux sur lui, quand elle ne le voyait que comme l’inconnu sans visage chargé de sa protection. Il pouvait imaginer tout ce qui lui passait par la tête. Le combat épique entre les apparences qu’elle voulait forcément, désespérément sauver, et sa fierté, qu’elle n’avait pas envie de ravaler. Il songea qu’à sa place, il l’aurait envoyée balader, mais parce que les enjeux pour lui n’étaient pas les mêmes que pour elle, même si tous deux se rejoignaient sur un seul et même point : la présence de l’autre. Et finalement, elle accepta sa demande. Il en fut surpris, et se gifla mentalement de ressentir du soulagement, et même, de la satisfaction. Il détestait danser, il la détestait, elle, et voilà qu’il souriait comme un abruti en la menant sur la piste de danse où les couples avaient recommencé à bouger, en même temps que l’orchestre et le reste du monde. Oui, le monde tournait toujours, avec ou sans eux.

Et maintenant quoi ? Absence de plan, improvisation totale, et il avait déjà besoin de toute sa concentration pour ne pas marcher sur les pieds de Priya pour en plus trouver un sujet de conversation. Heureusement, elle pouvait faire les deux à la fois – sans effort, avec grâce, comme toujours. Il laissa échapper un petit rire bref, sans même se retourner pour voir où en était sa compagne d’un soir. Elle n’était pas si collante que ça, pas du tout, même. Itzal l’avait rencontrée quelques jours plus tôt et s’était laissé entraîner dans cette histoire par ennui et par défi. Il n’avait pas prévu de prolonger l’expérience plus que de raison avec Grace. Avant Priya, il n’y avait eu que des Grace, et il n’y aurait que des Grace après elle, mais comment Priya aurait-elle pu le savoir ? Il n’avait pas eu le temps de lui dire à quel point elle avait été unique dans son existence, et il n’avait pas su le lui faire comprendre non plus. Tout ça avait-il encore du sens ? « C’était son destin. Contrairement à ton pot-de-colle à toi. Tu ne l’as pas encore dressé ? » C’est qu’il y en avait, des règles à respecter, avec Priya, des distances à tenir, des gestes à bannir, des paroles à réfréner. Ce n’était pas choquant en soi. Il n’y avait d’intrusion plus invasive de la vie privée que la présence d’un garde du corps. Ils étaient partout, tout le temps, jusque dans le cercle très privé du client, entendaient et voyaient tout, jusqu’aux secrets les plus protégés, les plus crades parfois. Leur silence était littéralement une condition à leur travail. Itzal en avait vus, des trucs, en avait entendus. En l’occurrence, le garde du corps actuel de Priya était particulièrement visible, ce qui rendait sa présence pénible même pour les autres. Il faillit plaisanter, lui dire qu’il devait lui manquer, que pour elle, il n’y avait pas de meilleur garde du corps que lui. Mais les mots restèrent coincés dans sa gorge quand elle lui demanda tout bas pourquoi il était encore là.

Soudain, il se souvint de ce qu’il ressentait pour elle : de la colère. Et encore, dans les bons jours. C’est vrai, pourquoi n’était-il pas parti, après ce qu’elle lui avait dit ? Était-elle à ce point sûre de son importance pour lui pour s’étonner de ne le voir encore là, s’étonner qu’il n’ait pas obéi ? Il sentit ses muscles se contracter et ses pas de danse se faire plus secs. Mais en vérité, il avait tenté de s’en aller, moins pour lui obéir que parce qu’il s’était dit qu’il n’y avait plus rien pour lui dans cette ville. Pas si elle choisissait de ne pas se battre pour lui. Voulait-elle vraiment qu’il s’en aille ? « Je me suis dit qu’il y avait assez de place pour nous deux dans cette ville. Que je n’avais pas à renoncer à ma vie en plus de tout le reste. » Tout le reste, c’est-à-dire elle. Et son humanité, bien sûr, puisque ça, il avait dû s’asseoir dessus quand il était devenu un voleur d’énergie. Il ne mentait pas dans ses intentions, c’était une réflexion qu’il se faisait aujourd’hui, avec le recul. Mais dans les faits, il avait bel et bien essayé de partir. Avait-il seulement envie de le lui dire ? De lui avouer qu’il avait tenté de fuir, comme un aveu de sa part qu’il l’abandonnait tout comme elle l’avait abandonné, lui ? Et de lui avouer, aussi, que désormais, il était devenu le chien du gouvernement ? Voilà où se situaient les limites de sa fierté, une limite qu’il ne pouvait se résoudre à franchir. Le jugement de Priya comptait encore pour lui, après tout ce temps. « Pourquoi tu ne m’as pas demandé de rester ? » ajouta-t-il plutôt. Oh, ils avaient fait le tour de la question, à l’époque. Il n’avait pas envie d’entendre ses dures paroles encore une fois.

Heureusement, on pouvait toujours compter sur un rendez-vous d’un soir délaissé pour casser l’ambiance. Fatiguée d’être la troisième roue du vélo, Grace venait de surgir à leurs côtés. Franchement, qu’est-ce qu’elle attendait de lui ? Elle venait de ce monde-là, elle. Elle aurait pu se trouver dix nouveaux cavaliers dans cette salle. Pourquoi le coller, lui ? Il était la bizarrerie, l’anomalie, et elle seule – et Priya évidemment – le savait. C’était ça qui motivait son intérêt pour lui, le secret, l’interdit ? Il n’avait rien à faire là, après tout. Son regard capta celui que Priya lança à son garde du corps et il vit l’armoire à glace s’avancer. Ah, ce pouvoir sur les gens… Il fut tenté de les laisser se débrouiller entre eux. Ce n’était plus son monde, si ça l’avait jamais été un jour. Mais c’était bien un peu sa faute à lui s’ils en étaient là. Et de quoi aurait l’air Priya si elle mettait dehors la fille d’un ponte du gouvernement sans raison valable ? Ici, ce soir, elle était la maîtresse de maison, mais ensuite, que dirait-on ? « C’est bon, rappelle ton pitbull. Moi aussi, je sais me débarrasser des indésirables, tu te souviens ? » Des souvenirs défilèrent dans son esprit alors qu’il disait ça, des moins agréables jusqu’aux moments les plus importants qu’ils avaient pu vivre, quand il n’était plus tout à fait, ou plutôt, plus seulement son garde du corps, et elle sa cliente. En passant par les pires, évidemment, et cette fois où elle avait failli mourir sous garde. Il se saisit du bras de Grace et l’entraîna vers le bar. Mais il se figea au bout de trois pas et se retourna vers Priya, pointant le doigt vers elle, se fichant des conventions sociales. « Je ne pars pas. Attends-moi. » Tout le contraire de ce qu’ils s’étaient dit des mois plus tôt.

Il marcha jusqu’au bar avec Grace à la remorque, qui se débattit mollement. « Qu’est-ce que tu fais ? » « N’attire pas l’attention sur nous. Tu sais que je ne suis pas censé être ici et c’est toi qui m’as fait rentrer, j’ai pas besoin de te faire un dessin. Tu veux te mettre Priya à dos ? » Il savait l’importance que ce cirque avait pour Grace. Et il n’avait aucun problème à lui mentir, à lui faire croire que Priya puisse s’intéresser à elle. Il regretta juste d’avoir appelé Priya ainsi et non pas Miss Gadhavi ou un autre titre ronflant, mais c’était trop tard. Le regard de Grace passait de lui à Priya. « Vous vous connaissez… Bon, toi et moi, on repart ensemble tout à l’heure. » Encore un ordre. Ces gens étaient tous les mêmes. Itzal n’était pas sûr que ça suffirait à la calmer mais il s’en foutait. Il tourna les talons sans plus s’occuper d’elle et s’enfonça de nouveau dans la foule des danseurs, à la recherche de Priya, mais il ne la voyait plus. Et cette pensée, au lieu de le soulager, lui serra la gorge, avec l’impression que tout recommençait. Elle ne l’avait donc pas attendue ? Il était vraiment trop con de s’être fait avoir. Et malgré tout, il la cherchait du regard comme un désespéré, bouillonnant de rage contre elle, contre lui-même et contre le reste du monde, planté comme un piquet au milieu des danseurs, persuadé d'avoir gâché quelque chose qui n'avait jamais existé, de l'avoir laissée disparaître encore une fois.

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MessageSujet: Re: We've got to live, no matter how many skies have fallen || Priya   Mar 28 Nov - 13:11

We've got to live, no matter how many skies have fallen
Itzal&Priya
La seule chose dont Priya fut certaine pour l’instant était qu’Itzal n’avait en rien perdu de sa superbe. Il n’avait pas non plus perdu son sens de la répartie. Ce qui arracha un sourire à la jeune femme. Sourire qu’elle tenta de masquer aussitôt. Oh non, son pot-de-colle à elle n’était pas dressé. Cela ne serait tarder. Il comprendrait de lui-même à qui il avait à faire. Ce n’était pas le premier que Priya épuiserait et sûrement pas le dernier -bien qu'il s'avéra plutôt coriace- tant pis si elle se faisait une réputation de garce. Elle était là pour faire son travail et n’aimait pas qu’on traîne dans ses pattes même si cela concernait sa sécurité. « C’est celui qui a tenu le plus longtemps après toi. » se contenta-t-elle de répondre entre deux pas de danse. Jamais Priya n’aurait envisagé sa soirée d’une telle manière. Cela faisait une éternité qu’elle n’avait pas dansé avec qui que ce soit. En même temps quiconque l’approchait de trop près pouvait apercevoir ses crocs. Qui serait assez fou pour se heurter à une tigresse dans son genre ? Seul Itzal l’avait été et la jeune femme ne doutait pas qu’il devait amèrement le regretter à l’heure actuelle. D’où sa question.

Au moment même où les mots sortirent d’entre ses lèvres, Priya put sentir les muscles de son cavalier se contracter. Elle avait abordé un sujet fâcheux, un sujet aussi brûlant que du magma en fusion. Elle n’avait pu se retenir, cette question lui taraudait l’esprit depuis qu’elle l’avait aperçu. Elle devait saisir l’occasion. C’était elle qui avait rejeté Itzal pourtant à ce moment précis elle n’avait qu’une seule crainte : qu’il lui échappe. Elle ne le laisserait pas disparaître sans avoir obtenu une réponse. Réponse qui ne tarda pas à venir. Cette dernière donna l’impression à Priya qu’une cascade glacée lui coulait le long de l’échine. Elle n’avait soudainement plus du tout envie de danser, elle n’avait soudainement plus envie d’être entourée de cette foule bourgeoise, elle avait envie d’être seule. Seule face à cet homme qui bien malgré elle, continuait d’éveiller son palpitant par sa simple présence. Elle avait renié ses sentiments, renié ce manque et aujourd’hui elle se retrouvait sous ce flot qu’elle avait tant voulu rejeté. Comme si elle avait retenu sa respiration ces derniers mois et que le vénézuélien s’apparentait alors à une bouffée d’air fraîche. Néanmoins l’indienne n’en n’oublia pas sa fierté, et même si au fond elle était contente qu’Itzal n’ait pas quitté la Nola, elle était furieuse de l’avoir ignoré tout ce temps. De ne pas avoir su qu’il arpentait encore le même environnement sans jamais le voir. Qu’avait-il fait ? Qu’était-il devenu ? Avait-il fréquenté d’autres filles ? Un tourbillon de questions embruma l’esprit de la jeune femme. Si bien qu’elle manqua de trébucher mais se redressa aussitôt. Elle avait assez attiré l’attention pour une vie entière et devait rester de marbre malgré la tourmente. Tourmente qui empira lorsqu’Itzal se fit curieux lui aussi. Ce ne fut plus une cascade de glace qui courra le long de son échine mais bien une coulée de lave. Pourquoi ne lui avait-elle pas dit de rester ? Et bien elle avait failli le faire oui, si le vénézuélien avait insisté d’avantage. Elle avait été à deux doigts de craquer. Mais elle ne pouvait l’avouer.

Fort heureusement Grace vint la sortir de l’impasse. Sa rivale d’un soir –si toute fois on pouvait employer ce terme- réclama son cavalier. Elle devait être de ses filles qui avaient toujours eu toute l’attention du monde et qui ne supportaient pas se retrouver dans l’ombre. Priya abdiqua, soulagée de ne pas avoir eu à donner de réponse. Elle acquiesça lorsqu’Itzal lui indiqua qu’il reviendrait. C’était là toute l’ironie de leur histoire. La jeune femme regarda partir le vénézuélien et tourna les talons pour aller à la rencontre de son employé qui s’avançait à travers les invités. Elle resta à une distance correcte et hocha positivement la tête lorsque l’homme lui demanda si tout allait bien. « J’apprécie vraiment les efforts et l’implication mais cet homme ne me fera aucun mal, et encore moins la pimbêche qui l’accompagne. Je ferais signe si j’ai besoin d’aide. » le ton était sec. La vérité était que Priya était agacée mais surtout déstabilisée par le retour d’Itzal dans son existence. Qu’en serait-il après cette soirée ? Alors qu’une multitude d’interrogations prenaient vie dans son esprit, on interpella l’indienne. Un petit homme bouffi au front luisant vêtu d’un tablier venait apparaître sous ses yeux. « Miss Gadhavi pouvez-vous venir en cuisine un instant s’il-vous-plait ? » demanda-t-il à Priya. Cette dernière acquiesça et s’éclipsa derrière le chef. Toujours dans son sillage son garde du corps la suivait à bonne distance, résigné mais toujours aux aguets. Alors qu’elle arrivait près des fourneaux, la jeune femme se retourna vers son armoire à glace d’employé. Pour la première fois de sa vie elle s’adressa à lui avec un certain enthousiasme. « Dimitri pouvez-vous aller chercher l’homme avec qui je discutais ? Dites lui de me retrouver dans le hall dans 15 minutes. Je vais gérer ça, ne vous en faites pas pour moi. » dit-elle en désignant le chef du doigt. Le grand russe acquiesça et tourna les talons. Il n’aurait pas eu l’audace de contredire Priya, sachant déjà que s’il n’obéissait pas, elle irait le faire elle-même et qu’il était inutile de l’en dissuader.


Cela prit vingt minutes à l’organisatrice pour régler l’affaire en cuisine. Il s’agissait de goûter un plat dont l’ingrédient principal avait dû être changé à la dernière minute. Priya quitta rapidement l’espace culinaire pour se faufiler dans le hall sans être vue. Elle emprunta un couloir étroit d’habitude réservé au personnel. Cinq minutes plus tard elle se retrouvait dans un coin de l’entrée. Elle fut contente en apercevant son garde du corps caché dans un recoin puis s’en voulut de chercher aussi désespérément Itzal des yeux. L’ironie suprême était là : elle avait peur que cette fois il soit définitivement parti.



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MessageSujet: Re: We've got to live, no matter how many skies have fallen || Priya   Dim 3 Déc - 15:42

We've got to live, no matter how many skies have fallen
Planté tout seul au milieu de cette salle de balle, plus statique que jamais, et alors qu’autour de lui les couples virevoltaient au son d’une musique ringarde, Itzal se rappela soudain pourquoi il avait toujours détesté ce milieu. C’était comme s’il était condamné à toujours répéter les mêmes erreurs. Comme si le temps suffisait à lui faire oublier ses bonnes résolutions, et pire encore, sa nature profonde. Il avait toujours été rétif, dès le départ, mais à chaque étape de son existence depuis le jour de son adoption il avait joué le jeu. La vie de château, les bonnes manières, les grandes écoles, le réseautage. Et peut-être qu’il avait vraiment essayé, a tout début, alors enfant, déraciné de son pays, de ses amis et de sa vie d’avant, de se forcer à jouer le jeu. Mais ce n’était tout simplement pas lui. Et il avait dilapidé l’argent, s’était battu, avait brisé les règles, terni la réputation de sa famille, foiré ses études. Même pas exprès. Même pas par défi. Il aurait bien voulu adorer ça, personne ne cracherait sur l’argent et le confort qu’il vous amenait. Mais ça n’avait pas été suffisant pour lui. À naître orphelin, on arrivait dans ce monde sans entraves, totalement libre, et il avait été adopté bien trop tard pour que cela change. Tout lui paraissait vain, ces gens autour de lui ressemblaient à de tristes clowns s’agitant dans une salle de bal fantôme sur le rythme d’un orchestre à la musique morte, dans ce qui s’apparentait à une scène décadente : plus que la ville qui crevait de faim dans la crasse, là-dehors, c’était cet endroit qui lui rappelait plus que jamais que le monde touchait à sa fin, que leur société ne se remettrait jamais de ce qu’elle avait traversée.

Dans cet océan de vanité et d’apparat misérable, il ne pouvait pas nier que Priya avait été une des rares exceptions à la règle. Elle avait été tout aussi hautaine, tout aussi glaciale, tout aussi détachée des choses de ce monde que les autres. Aux yeux d’Itzal, son travail était à l’image des gens qu’elle réunissait lors de ces fêtes indécentes qu’elle organisait. Et si elle n’avait pas su changer sa vision des choses, elle s’était malgré tout arrogé une place dans son quotidien, avait su dépasser ce qu’elle représentait, avait, dans l’esprit obtus du Vénézuélien, être plus. Plus qu’une simple bonne femme richissime et anonyme comme il en avait croisés des tas. Plus qu’un simple mouton du Gouvernement, plus qu’une idiote sans profondeur n’ayant même pas conscience de profiter d’un système vieux comme le monde et qui ne changerait jamais. Là était leur point commun, le fait qu’ils ne se voilaient la face ni l’un ni l’autre. C’était la moindre des choses, la moindre des décences, à défaut d’autre chose. Deux enfants nés dans la poussière qui aujourd’hui portaient masques et costumes clinquants. Itzal avait déchu, encore, toujours, et elle avait su maintenir sa position. Il l’avait souvent accusée, à part lui, dans ces moments qui avaient suivi leur séparation, de vouloir se débarrasser de lui par peur de ce que sa présence pourrait causer à sa réputation. Tout comme son propre père l’avait fait avant elle. Il avait cru qu’ils partageaient de nombreux points communs et pourtant des choses fondamentales les séparaient et les sépareraient toujours.

Pourquoi l’aurait-elle attendu ? C’était la question qu’il se posait alors qu’il restait planté là, qu’il la cherchait des yeux tout en sachant qu’elle n’était pas dans la salle. C’était comme le vélo, ce genre de choses ne s’oubliaient pas : chercher Priya dans une foule remuante et bruyante, il l’avait fait des milliers de fois, il connaissait parfaitement sa silhouette, sa taille, ses gestes, sa démarche, de dos, de profil ou de face… Tout ça n’avait été qu’un rêve éveillé, finalement. Puis il vit le garde du corps de Priya qui se dirigeait vers lui, impossible à manquer vu comme il se frayait un chemin au milieu des invités comme un brise-glace, l'air de mauvais poil. « Miss Gadhavi souhaite vous voir dans le hall. » Itzal le fixa quelques secondes, incrédule. « Et alors ? Qu’est-ce que tu fous là ? T’es son garde du corps, pas son coursier, connard. » Quelques visages se tournèrent dans sa direction en l’entendant s’exprimer ainsi, et le garde du corps serra les mâchoires et les poings, mais Itzal s’en contrefoutait. La règle numéro un de ce métier n’était pas difficile à apprendre : ne jamais quitter son client d’une semelle. Ce n’était pas parce que c’était la fête, que les invités étaient tous des bourgeois à l’air empâté et trop sympa, que l’ambiance était à la cool, qu’il fallait baisser sa garde. Même en suivant toutes les règles, la situation pouvait mal tourner, il était bien placé pour le savoir. Il crut sentir de nouveau la chaleur de sa chemise blanche qui collait à sa peau à mesure que le sang de Priya l’imbibait, ce jour où la résistance avait attaqué. Un jour exactement comme celui-ci.

Il poussa le garde du corps rudement hors de sa route et traversa la salle de bal sans plus d’égard pour les invités que l’autre n’en avait eu tout à l’heure. Il sentit que l’autre lui emboîtait le pas et eut envie de lui hurler dessus. Ce n’était pas lui qu’il devait suivre, bordel ! S’attendant à trouver Priya dans le hall, il tourna en rond un moment avant de se rendre à l’évidence : elle n’était pas là. L’autre idiot avait disparu de sa vue, au moins savait-il se faire discret, à moins qu’il ne soit parti à la recherche de sa cliente, encore mieux. Itzal alla jusqu’aux portes gardées par quatre vigiles à différents degrés d’attention, entre un qui bâillait carrément et un autre qui porta la main à son arme en voyant débouler Itzal, avant de se détendre. Si Priya était passée par là, volontairement ou pas, ces quatre débiles ne seraient pas là tranquillement à attendre la fin de la soirée. Il retourna dans le hall et la vit enfin, qui semblait tourner en rond tout comme il l’avait fait quelques minutes plus tôt. Il refusa de reconnaître que ce qu’il ressentit en cette seconde fut un immense soulagement. Il marcha droit sur elle, en colère. « Pourquoi est-ce que tu envoies ton chien de garde me faire passer un message ? Je t’ai dit des centaines de fois que ton garde du corps est censé te coller aux basques. Que ça te plaise ou non, je… il doit rester avec toi. » Ce n’était plus lui, son garde du corps. Il se serait baffé pour ce lapsus. Mais peu importait. Elle savait très bien ce qu’il voulait dire. « Rien n’a changé, pour toi. T’es toujours cette ambassadrice flamboyante du gouvernement, et le monde extérieur continue de crever la dalle. Il y aura toujours des gens pour s’en prendre à toi. » Bien sûr, il ne l’accusait pas d’être ce qu’elle était. Que certains soient pleins aux as et d’autres non, il s’en foutait bien. Les grandes causes aussi, il s’en foutait. Il l’accusait simplement – excusez du peu – de jouer avec sa propre vie. Elle aussi savait très bien ce qu’il en était.

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MessageSujet: Re: We've got to live, no matter how many skies have fallen || Priya   Mer 6 Déc - 12:44

We've got to live, no matter how many skies have fallen
Itzal&Priya
Elle ne la vit pas tout de suite, cette silhouette qui s’approchait d’elle d’un pas déterminé. Elle retint un sursaut lorsqu’enfin Itzal se trouva de nouveau face à elle. Cette fois ils étaient seuls –si on oubliait le colosse Russe dans le coin de la pièce-. Seuls avec leur passé qui refaisait surface dans leurs yeux. Priya tenait son masque dans sa main droite, son visage ainsi dégagé laissait entrevoir les bribes d’émotions qui la traversait en ce moment même. La jeune femme restait digne pourtant elle sentait son cœur s’emballer dans sa poitrine. Ce n’était pas le moment de flancher, maintenant il faudrait assumer les choix du passé. Les choix douloureux, les questions et les sentiments refoulés. Pour l’instant Priya se faisait enguirlander comme une gamine. Ses sourcils se froncèrent légèrement, elle n’avait pas changé, elle n’aimait toujours pas les réprimandes. Elle ne dit mot jusqu’à ce qu’Itzal ait terminé. Elle avait simplement croisé les bras, regardant l’homme en face d’elle avec une moue amusée. Il se trahissait si facilement que c’en était presque attendrissant. Elle finit par soupirer en lâchant ses bras. « Oui oui je sais tout ça. Mais tu sais aussi que quand j’exige quelque chose je l’ai. Et puis je suis en vie, c’est ce qui compte. » dit-elle avec une pointe de malice dans la voix. Rien n’avait changé, ils continuaient de se chamailler comme deux enfants. Deux enfants qui tiennent drôlement l’un à l’autre sans vouloir se l’avouer. « Alors comme ça je suis flamboyante ? » continua-t-elle avec un peu plus de malice.

Au loin on continuait d’entendre la musique de l’orchestre comme si elle sortait d’un bocal. Priya ne pouvait se permettre de s’absenter longtemps, auquel cas on finirait par remuer ciel et terre pour la retrouver. Néanmoins elle ne se voyait pas avoir cette conversation au milieu de cette foule grouillante aux oreilles bien trop curieuses. Et puis elle avait besoin de calme pour mettre ses idées en place. Ces idées qui se bousculaient de plus en plus dans son esprit. Elle finit par soupirer en secouant légèrement la tête. Sa main libre se porta à son front. Bien qu’elle eut la réputation d’une femme de glace au cœur de pierre, Priya n’en restait pas moins une humaine. Humaine blessée à plusieurs reprises, une humaine malade, traumatisée qui avait un rapport aux sentiments bien particulier. Et aujourd’hui Itzal venait bousculer le peu d’équilibre qu’elle était parvenue à mettre en place ces derniers mois. Aurait-elle la force d’affronter une situation d’une complication sans nom ? Et si finalement c’était elle qui rendait la chose aussi complexe ? Par son entêtement, par sa peur… Elle releva son regard noisette vers le Vénézuélien. « Bon maintenant dis-moi tout. Pourquoi tu es resté ici ? Pourquoi tu ne me l’as pas dit ? Peut-être que les choses auraient été différentes… Aujourd’hui tu resurgis alors que je pensais ne jamais te revoir. Avec cette fille en plus… Alors quoi ? On fait quoi maintenant ? Maintenant que je sais que tu es là. » murmura-t-elle en soupirant une nouvelle fois. Elle se mit à marcher lentement dans l’espace tamisé qu’offrait le hall, comme pour évacuer toute la pression qui l’envahissait peu à peu.  

Au fond Priya se doutait bien de la raison qui avait poussé Itzal à ne rien dire. Mais elle voulait l’entendre de sa propre bouche. Elle ne lui reprochait rien, elle savait qu’elle avait été une véritable garce avec lui. Mais comprendrait-il un jour pourquoi elle avait agis comme ça ? Peut-être que non. Et s’il ne comprenait pas de lui-même jamais Priya n’avouerait qu’elle avait été à deux doigts de craquer. Qu’elle s’était simplement laissé envahir par la peur. Peut-être que si Itzal avait su pour son passé, peut-être que si elle lui avait avoué… Et voilà que l’Indienne replongeait dans son questionnement incessant, qu’elle se maudissait, et qu’elle maudissait Grace d’avoir choisi Itzal pour l’accompagner à cette soirée. Avec tous les hommes qu’il y avait en ville il avait fallu que cela tombe sur lui. La jeune femme aurait pu continuer à vivre sa vie, a ignorer la présence  de cet homme qui lui avait fait reprendre espoir. On devinait la frustration qui bouillonnait sous cette chevelure, Priya prit une grande inspiration et revint à la charge, revenant faire face au Vénézuélien comme une furie. Ses longs cheveux virevoltèrent tandis que son visage se fermait un peu plus « Allez dis le moi que tu m’en veux, qu’on en finisse. Qu’est-ce que tu comptes faire maintenant ? Disparaître ? Et comment je pourrais savoir que ce sera pour de bon ? » sa voix tremblait légèrement.

Priya perdait les pédales, elle ne voulait pas se montrer faible, elle ne voulait pas se montrer fragile. Surtout pas avec son garde du corps qui les observait du coin de l’œil. Mais en même temps, faire face à son passé sans aucune porte de sortie était une épreuve difficile. Pourtant l’Indienne avait vécu bien pire que ça et avait fait face à des situations bien plus douloureuses. Alors pourquoi flanchait-elle devant cet homme qu’elle avait pourtant détesté au début ? Et bien parce qu’il avait été le seul synonyme d’espoir depuis un moment. Pour une fois Priya avait cru qu’elle pourrait prendre une pause dans le tourbillon qu’était devenue son existence. Qu’elle pourrait s’abandonner à quelqu’un. Et pourtant l’espoir s’était brisé en mille morceaux en même temps que l’humanité d’Itzal. Elle était maudite, elle commençait à l’accepter et pourtant le destin se jouait à nouveau d’elle. Une épreuve de plus qu’elle saurait surmonter, il lui fallait juste pour l’instant encaisser le choc et tout irait bien.



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MessageSujet: Re: We've got to live, no matter how many skies have fallen || Priya   Sam 9 Déc - 17:51

We've got to live, no matter how many skies have fallen
Elles étaient loin, les belles résolutions. Celles qu’il se répétait en boucle alors qu’il partait de chez Priya, ce jour-là, après qu’elle l’eut jeté dehors comme s’il n’était qu’un chien errant tout juste bon à recevoir un coup de pied. Toute sa colère envers elle, toute sa rage, son incompréhension, la fièvre qui dévorait encore son corps et son esprit, la désorientation alors qu’il comprenait que sa vie allait changer, encore, et que ce serait au prix d’une perte incommensurable, pour la première fois de son existence. L’impression d’avoir fait la pire connerie de sa vie, mais le refus, aussi, de l’assumer seul. Parce qu’elle aussi était en faute. Pour une raison qu’il ne s’expliquait pas alors, elle ne voulait plus de lui. Elle le lui avait dit. Après qu’il eut passé des heures à trembler et à grelotter et à se tordre de douleur entre ses bras, quand, au cœur même de la folie qui s’emparait de lui, il la sentait encore à ses côtés. Des tréfonds de son martyre, il s’était raccroché à cela : elle restait avec lui. Au moins, il y avait ça. Mais il s’était trompé, et il n’avait d’autant plus rien compris quand elle l’avait finalement chassé de chez elle. Il y avait plus, forcément plus que cette simple transformation dont il était victime. Il aurait pu comprendre qu’elle ait besoin de temps, d’espace, ou même qu’elle soit folle de rage contre lui. Mais croire qu’elle le virait de sa vie simplement pour protéger sa carrière au sein du gouvernement, ou parce qu’il la dégoûtait, ou parce qu’elle ne supportait plus sa vue, ou pire, parce qu’elle avait peur de lui, désormais… Elle lui avait dit tout cela, et même pire, et il n’avait cru à aucune de ses excuses, mais de longues heures de cris et de supplications n’avaient pas suffi à ce qu’elle lui dise la vérité. En revanche, cela avait eu raison de sa patience à lui. En cela, il était coupable, de ne pas être resté toute la journée, et toute la semaine, même, pour tenter de la convaincre que ça pouvait marcher.

Il y était arrivé une première fois, après tout. À l’approcher, aussi distante soit-elle. À lui arracher un sourire, aussi grave soit-elle. À la faire rire, à la toucher, à la convaincre qu’ils pouvaient vivre quelque chose de plus grand que leurs vies respectives. Il l’avait fait, et il aurait peut-être pu le refaire. Mais les circonstances étaient différentes et peut-être était-il encore trop malade, ou peut-être la faim commençait déjà à se faire sentir sans qu’il puisse l’identifier, ou peut-être simplement qu’il savait exactement pourquoi elle faisait ça. Et que, de la même façon qu’il serait mort cent fois pour elle, comme son métier l’exigeait, s’il fallait donner une explication digne de raison et pas du cœur, sans qu’elle puisse l’en empêcher, peut-être avait-il su que cette fois, c’était elle qui se sacrifiait, en quelque sorte. Et qu’il n’avait pas pu le supporter. Alors il avait choisi la facilité. Il l’avait laissée le chasser. Et il lui en avait voulu. Plus jamais. Plus jamais elle, évidemment, mais plus jamais ça, tout simplement. Oui, il allait partir, comme elle lui avait ordonné. Non, il ne reparaîtrait plus devant elle. Ils se quittaient, en vérité, chacun conscient de faire ce choix en toute connaissance de cause, ils se quittaient, et Itzal, dans les heures qui avaient suivi, s’était fait toutes les promesses du monde, et ça l’avait aidé, de la détester. Il était né sans rien et quand on lui donnait, on lui reprenait toujours, et il avait cru qu’elle ne serait pas de ce genre-là, mais elle, elle, elle, etc. Oh, la rage qui l’habitait alors, les choses qu’il avait faites, sous le coup de cette colère, de la faim, de la folie… Tout ce dont il l’avait accusée par la suite, puisqu’elle était absente…

Eh bien cette glorieuse sortie finissait aux chiottes, ici, maintenant, alors que finalement, ils se retrouvaient face à face. Tout ça pour ça. C’était bien la peine de s’être fait subir tout ce cirque. Encore qu’en ce qui le concernait, tout s’était fini quelques heures à peine ses grands projets de fuite à travers le pays. C’était risible, avec le recul. Mais bien sûr, elle voulait savoir. Lui avait eu le temps d’accepter mille fois qu’il était toujours ici, qu’il vivait toujours sous le même ciel qu’elle, et que quand il marchait dans une ruelle, elle marchait quelque part ailleurs, non loin de lui. Pour elle, c’était différent, et elle voulait savoir, elle exigeait des explications. Et s’il l’avait vraiment haïe autant qu’il avait tenté de s’en convaincre, s’il avait vraiment voulu se venger comme il se l’était répété cent fois, il l’aurait plantée là, l’aurait laissée avec ses questions et ses regrets. Mais bien sur, il ne la haïssait pas. Et il n’y avait plus rien en lui qui aurait voulu la faire souffrir. Même si c’était trop tard, même si c’était fini, même si leurs adieux dataient de tous ces mois et qu’ils auraient dû en rester là. Il leva les bras en un geste de dépit, s’arrêta dans son geste, laissa retomber ses mains le long de ses flancs. « Je ne suis pas resté. Je suis parti, du moins j’ai essayé. Il n’y avait vraiment plus rien qui me retenait ici. J’ai attendu la nuit, et je suis parti. Mais c’est pas si facile de se tirer de cette putain de ville. Pas pour les gens comme moi. » Et par là, il énonçait l’évidence, comme si le besoin s’en faisait sentir. Si à une époque ils évoluaient sur un même pied d’égalité, ce n’était plus le cas. Elle appartenait à un monde et lui à un autre, et leurs mondes n’étaient pas destinés à se croiser ou même à entrer en collision. « J’ai été rattrapé à l’extérieur des murs, je te passe les détails. » Parce que ça n’avait rien de glorieux. Parce qu’elle n’avait probablement pas envie d’entendre ça, la capture, la prison, le labo, et sa certitude, à lui, qu’il allait mourir. Dans ces moments-là, il ne s’était probablement jamais senti aussi seul et abandonné de toute son existence pourtant parsemée de moments pathétiques dans ce genre-là. « Je n’ai pas été exécuté parce que le gouvernement venait de mettre en place leur programme de nettoyeurs. Voilà le deal que j’ai accepté. » Et il la mettait au défi de le juger. Et en même temps, si elle l’avait fait, il en aurait été dévasté, probablement.

Il avait complètement oublié où ils étaient, et qu'ils étaient dans un lieu relativement public. Il eut un mouvement d’humeur et se détourna à moitié d’elle. « Qu’est-ce que j’aurais dû faire, revenir directement frapper à ta porte ? Je ne t’en veux pas aujourd’hui, Priya, mais à l’époque, j’étais fou de rage, et fou tout court aussi, peut-être. Que je sois parti ou pas, ça ne changeait rien à tout ce que tu m’avais dit à l’époque. Je suis resté et je me suis refais une vie, c’est tout. Et je me fous de cette fille, là-bas, et je ne suis pas venu pour te faire du mal ou t’accuser de quoi que ce soit. On n’en est plus là. C’est le hasard, c’est… » Il commençait à sonner comme un désespéré et trouvait injuste de devoir se justifier, soudain. Même s’il ne pouvait pas l’accuser, elle, de ne pas l’avoir cherché. « Je ne sais pas ce qu’on va faire. Et si on peut y faire quoi que ce soit. Tu as très bien vécu ta vie pendant tout ce temps, et que je sois toujours en ville ne devrait rien y changer. On va juste se séparer ce soir et il y a peu de chance qu’on se revoit. Tu es toujours… toi. » Et il la regarda enfin, tout entière, l’embrassant du regard, ce qu’il ne s’était pas encore autorisé à faire, parce qu’il craignait de trop en souffrir. Mais c’était la vérité. Il ne la perdrait pas ce soir, parce qu’il l’avait perdue des mois plus tôt. Il toucha son bras, là où sous sa manche se trouvait sa cicatrice. « Et moi, j’ai changé. Et j’imagine que ça fait de nous deux personnes absolument pas destinées à se croiser un jour à nouveau. Ça devrait rendre les choses plus faciles pour toi. » Même si ça ne les avait pas rendues plus faciles pour lui. Il ne voulait pas qu’elle souffre. Ou bien si… Peut-être qu’il voulait qu’elle passe par les mêmes tourments qu’il avait traversés. Mais au final, il fallait bien qu’ils continuent leur vie.

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MessageSujet: Re: We've got to live, no matter how many skies have fallen || Priya   Mer 13 Déc - 11:17

We've got to live, no matter how many skies have fallen
Itzal&Priya
L’ambiance chaleureuse de la soirée contrastait avec le froid glacial qui s’était emparé du hall d’entrée. Les retrouvailles prirent des allures de règlement de comptes, du moins pour Priya qui préféra attaquer plutôt que de se faire avoir par l’adversaire. Perdre la face aurait été inadmissible pour l’Indienne. Elle ne savait pas ce que pouvait ressentir Itzal, elle ne pouvait se mettre à sa place. Lui en voulait-il assez pour lui faire tous les reproches du monde ? Pointer ses erreurs du doigt ? Priya n’aurait pu le supporter. Elle était consciente de ses agissements et n’avait besoin de personne pour les lui rappeler. Ainsi les questions fusèrent. La jeune femme marchait lentement lorsqu’elle obtint une première réponse. Elle posa un œil curieux sur le Vénézuélien qui racontait sa tentative de fuite. Il avait donc tenté de partir pour de vrai, tout ceci n’avait rien d’une mascarade. La suite noua l’estomac de la jeune femme. On l’avait rattrapé puis contraint à faire le sale travail. Bien sûr que Priya avait entendu parler de ce programme, mais jamais elle n’aurait pensé qu’Itzal ne devienne l’un de ces cobayes. Son visage se ferma, elle lança quelques regards inquiets autour d’eux. Dimitri ne sembla pas réagir. Il ne fallait pas qu’on donne l’alerte, qu’on prévienne les convives qu’un voleur d’énergie se trouvait parmi eux. L’Indienne avait stoppé sa marche, silencieuse. Elle lança un regard désolé vers Itzal. Elle s’en voulut un peu plus d’avoir insisté pour qu’il parte. Si elle ne lui avait pas demandé de quitter la ville alors peut-être que le Vénézuélien ne se serait pas retrouvé à faire cette sale besogne. Malgré ce que certains pouvaient dire, Priya n’était pas monstrueuse, elle était capable d’empathie. Simplement elle préférait ne rien laisser paraître, elle avait appris à encaisser en restant impassible. C’était devenu une question de survie dans la période la plus sombre de sa vie. « Je suis désolée Itzal… Quand je t’ai demandé de partir c’était justement pour éviter ça… » elle soupira. Elle avait presque murmuré sa dernière phrase, terrorisée à l’idée qu’on les surprenne et qu’on comprenne de quel sujet ils discutaient.

Alors qu’elle s’était rapprochée, la suite du discours de son « ex-quelque chose » la heurta de plein fouet. Elle obtenait les réponses aux questions qu’elle se posait depuis qu’elle l’avait revu, malgré ça elle ne pouvait s’empêcher de se sentir mal à l’aise. Comment pouvait-elle lui en vouloir de ne pas être revenu alors que c’était elle qui avait tant insisté pour qu’il disparaisse ? Le paradoxe Priya. Elle ne lui en voulait pas au fond, c’était à elle-même qu’elle en voulait. C’était elle qui avait provoqué toute cette situation. Alors que leur regard se mêlait, Priya mit un instant à comprendre ce qu’Itzal venait de dire. Il y avait peu de chance qu’ils se revoient, cette fille n’était rien. Beaucoup d’informations qu’elle assimila sans difficulté, en restait une qui avait du mal à faire son chemin. Le Vénézuélien semblait avoir été dupé par la froideur feinte de la jeune femme. Il se trompait sur toute la ligne. Elle n’avait pas « très » bien vécu comme il pouvait le penser. Elle avait survécu car elle le pensait loin. Elle n’avait pas eu le choix, elle avait dû continuer à vivre son existence avec cette drôle d’amertume qui lui rongeait le cœur.

« Tu te trompes. Tu te trompes sur toute la ligne. Que tu sois en ville ou non change tout. –sa voix partit légèrement dans les aiguës- j’ai vécu ma vie car je te pensais déjà loin, parti pour toujours, alors j’ai accepté que plus jamais ma route ne croiserait la tienne. Car dans mon esprit c’était impossible. Mais là… » elle sembla étrangement en colère.

Le monde à l’envers. Tandis qu’Itzal semblait plutôt calme, résigné à accepter son sort, Priya elle ne supportait pas que tout ne se déroule pas comme elle l’avait prévu. Ce retour inopiné mettait une sacré pagaille dans l’organisation minutieuse qu’était sa vie. C’était encore plus dur de constater qu’Itzal était resté plutôt que de le savoir loin. L’Indienne attrapa le poignet du brun pour l’abaisser lorsqu’il désigna son bras. Elle guetta de nouveau les alentours. Elle ne perdait pas le nord malgré ses joues rouges d’émotions. Elle l’entraina dans un coin à l’opposé de la réception, là où les lumières étaient encore plus tamisées. Dimitri se décala tout en gardant une certaine distance, il toisait Itzal de loin, se demandant sûrement qui était ce type qui parvenait à délier la langue de sa cliente. Priya finit par lâcher sa prise. Ses doigts vinrent se mêler à sa longue chevelure, déliant les boucles qu’elle avait mis tant de temps à mettre en place. Elle s’en fichait, elle était perturbée et faisait beaucoup d’efforts pour garder le contrôle. Comment allait-elle gérer la situation ? Il fallait qu’elle reste maîtresse des choses. Elle détestait que sa vie privée mette à mal sa vie professionnelle pourtant elle ne pouvait faire autrement. Si Itzal partait elle ne saurait jamais si elle le reverrait ou non. « Tu as changé oui, mais moi je ne suis pas la personne que tu imagines. Je  sais ce qu’est la misère. J’ai vécu des choses horribles qui font que je suis comme je suis aujourd’hui. Et toi tu as fait resurgir une partie de moi que j’avais abandonné depuis longtemps. Et je n’ai pas su comment réagir. Mais ce n’est pas l’endroit pour en parler.» dit-elle en se redressant. Elle remit son masque en place comme pour dissimuler ses émotions. Au loin des bruits de pas firent vibrer la moquette, quelqu’un approchait. Priya soupira lorsqu’elle aperçut Grace qui revenait pour la énième fois à la charge. L’Indienne prit de nouveau la poignet d’Itzal et murmura. « Si tu veux on en parlera chez moi, après la fête. Mais reste discret. » sur ces mots elle relâcha sa prise et s’éloigna pour rejoindre Dimitri. Les yeux de Grace lançaient des éclairs. Priya en aurait presque rit si elle n’était pas aussi perturbée. Pour l’instant elle reprit de sa superbe pour retourner dans la salle, après tout elle avait une réception à gérer et ses émotions n’y étaient pas conviées.




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MessageSujet: Re: We've got to live, no matter how many skies have fallen || Priya   Ven 15 Déc - 12:46

We've got to live, no matter how many skies have fallen
Elle n’avait pas l’air tranquille, alors qu’ils parlaient dans le hall, à la merci de n’importe qui pouvant passer par là, ou même du chien de garde qui, à sa décharge, s’était fait discret. Ils parlaient d’eux, et prononçaient des mots qu’ils auraient probablement dû se dire des mois plus tôt, au moment de se quitter. Lui-même ne se sentait pas aussi nerveux. En fait, il avait petit à petit élevé la voix, comme pour donner plus d’intensité à ses explications, comme s’il s’était tu trop longtemps. Comment penser à autre chose qu’à elle, en cette seconde, à présent qu’ils étaient face à face, une confrontation qu’il s’était joué et rejoué des dizaines de fois dans sa tête et dont il sortait bien sûr toujours vainqueur. Rien ne se passait comme il l’avait prévu, mais peu lui importait les autres, ceux qui pouvaient les voir ou les entendre, et se demander qui il était, même s’il avait prudemment gardé son masque sur son visage. Il s’en foutait. Les conséquences, le prix à payer, tout ça n’avait pas d’importance au regard de ce qu’il vivait là, tout de suite. Il pouvait comprendre qu’elle ne soit pas aussi à l’aise que lui. Elle avait tout à perdre, et quelque part, ce serait un peu sa faute à lui, il serait l’instrument de sa chute… Et puis il capta son murmure. « Éviter ça. » Ah, oui, il avait fini par y arriver, à cette raison-là. Il avait fini par accepter que peut-être, en plus du reste, ou même aux dépens du reste, là était la vraie raison du rejet de Priya des mois plus tôt. Mais accepter cela, c’était aussi assumer le fait d’avoir fermé les yeux, de ne pas avoir su la convaincre qu’il n’avait pas besoin de sa protection, et qu’il serait bien mieux à ses côtés d’une façon ou d’une autre. Il lui aurait dit que ça n’était pas une bonne raison pour qu’il la quitte. Il aurait refusé, catégoriquement, et c’était probablement pour cela que c’était là le seul prétexte qu’elle n’avait pas utilisé pour le faire partir – parce qu’il aurait eu l’effet inverse, sur lui. Mais alors, il était coupable, coupable de tout ce temps perdu, et il ne pouvait aussi s’en prendre qu’à lui-même pour avoir cédé à la facilité, avoir fui le conflit, avoir tenté de fuir, littéralement, et s’être fait prendre. Et cette culpabilité-là, il n’était pas prêt à l’endosser.

Pas tout seul. Il balaya ses excuses d’un geste rageur. D’une certaine façon, elle avait été là, avec lui, dans les ténèbres de sa cellule, quand il pensait vivre ses dernières heures. Non pas une présence aimante, un souvenir dans lequel se perdre, mais plutôt une raison de s’accrocher encore un peu parce qu’alors il la détestait, vraiment, et il rêvait de la voir souffrir, et il l’accusait de tous ses maux. Amour ou haine, peu importait, cela avait fonctionné, et il avait tenu le coup. Et puis, finalement, la vie. Sa vie, qui avait repris. Et celle de Priya aussi. Tout paraissait si simple… Une évidence qui, lorsqu’il l’avait évoquée, lui avait arraché la gorge, et voilà que Priya elle-même ne semblait pas prête à faire comme si de rien n’était. Devait-il s’en réjouir ? Quelque part, oui, il était satisfait de savoir que son existence allait changer, par la force. Que de le savoir en ville suffisait à lui faire remettre ses choix question. Mais cela ravivait chez lui de vieilles blessures qu’il pensait avoir refermées. Il vivait très bien, plus ou moins, lui. Et si elle lui avait dit, là, droit dans les yeux, qu’elle était passée à autre chose, ils se seraient quittés de nouveau et ne se serait jamais revus. Et il aurait passé huit nouveaux mois à broyer du noir, mais ils auraient tenu leur promesse une bonne fois pour toutes… Sauf qu’elle ne pouvait pas. Et savoir qu’elle ne pouvait pas faisait soudain prendre conscience à Itzal que du coup, par ricochet, il ne pouvait pas non plus. Il lui en voulait, la détestait encore par certains côtés… mais si elle ne voulait pas faire comme s’il n’existait pas, alors il ne le voulait pas non plus. Par un mimétisme des sentiments tordu. Il leva les mains, un réflexe, comme s’il avait voulu la toucher, la calmer, la faire taire avant qu’elle n’attire du monde.

Au lieu de quoi, elle lui saisit brièvement le poignet, et de nouveau les souvenirs l’envahirent. Il se laissa entraîner dans un coin plus sombre, plongea son regard dans la chevelure de Priya en même temps qu’elle y plongeait ses doigts. Il y avait encore tellement à dire, à raconter, à confier, tous ces trucs qu’ils avaient gardés pour eux par fierté, choisissant de se disputer et de se blesser plutôt que d’être honnête… Même si en vérité, il avait essayé, lui. Oui, voilà. S’il était coupable de tout, nul ne pourrait jamais lui jeter de pierre pour cela. Il lui avait dit à quel point il en était sûr, de pouvoir rester à ses côtés, pour qu’ils vivent enfin cette vie à deux dont ils avaient jeté les fondations sans même s’en rendre compte. Sans même se connaître, sans même se raconter l’un à l’autre. Il savait, oui, il savait qu’elle était comme un abysse, qu’elle marchait sur un fil fragile et menaçait sans cesse de tomber dans ses ténèbres. Combien de fois il les avait décelées dans son regard sombre. S’étaient-ils seulement parlé l’un l’autre de leurs vies ? À l’époque, ils vivaient totalement dans l’instant présent. Jour après jour, heure après heure, ils profitaient de ce qu’ils avaient, et le passé ne comptait pas, et l’avenir non plus, jusqu’à ce qu’il débarque chez elle et détruise tout ce qu’ils auraient pu avoir. Il effleura sa main, qui s’était de nouveau enroulée autour de son poignet. « Chez toi. J’y serai. » Il n’avait même pas réfléchi. Il regretterait cette sorte de promesse dans quelques secondes à peine, il le sentait. Et dans le fond, il n’était pas forcé de la tenir. Il ne lui devait rien, il lui avait tout donné huit mois plus tôt déjà.

Il tourna la tête en même temps qu’elle et vit Grace approcher. Il baissa la main, laissa Priya s’esquiver, s’échapper littéralement, laissant un vide glacial là où elle se tenait juste avant et de nouveau, il sentit la colère flamber. Ce qu’elle lui faisait, après tout ce temps… Pourquoi cette fois n’était-elle pas capable de le laisser partir ? Et pourquoi lui-même n’avait-il pas suivi ses vieilles habitudes ? « On s’en va, j’en ai assez ! » ordonna Grace en suivant Priya du regard, laquelle s’éloignait sans se retourner, son garde du corps sur les talons. « Ouais, moi aussi. » « On va chez toi ? » Itzal détacha son regard de la silhouette de Priya et le posa sur Grace, qui ne souriait pas du tout. Elle allait poser un problème, celle-là ? Il ne pensait pas qu’elle soit aussi puissante que Priya dans la haute société, mais malgré tout… Il fouilla sa poche, en sortit les clés de son petit appartement et les lui lança. « Vas-y, pars devant. J’ai une course à faire. » Grace fit la moue et Itzal faillit se marrer en l’imaginant traverser les rues glauques du quartier pourri où il vivait. Mais elle connaissait le chemin. Petite gosse de riche qui cherchait des sensations fortes en fréquentant le bas peuple… Avant de revoir Priya, Itzal la trouvait marrante, cette pauvre fille. À présent, il ne voyait en elle qu’une menace. Il la laissa lui prendre le bras, et ils sortirent du bâtiment, marchèrent quelques minutes avant qu’il ne se dégage de son étreinte. Elle soupira d’agacement mais disparut dans la nuit. Itzal se demanda quelle promesse il tiendrait ce soir. Celle faite à Priya de la retrouver chez elle, ou celle faite à Grace de la retrouver chez lui. En vérité il avait déjà pris sa décision, mais il avait encore quelques minutes de marche devant lui avant de se l’avouer à lui-même.

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MessageSujet: Re: We've got to live, no matter how many skies have fallen || Priya   Mer 20 Déc - 11:10


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