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 We've got to live, no matter how many skies have fallen || Priya

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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: We've got to live, no matter how many skies have fallen || Priya   Sam 11 Nov - 0:29

We've got to live, no matter how many skies have fallen
Un ancien monde, voilà ce que cette petite sauterie lui évoquait. Encore que qualifier de « petit » le bal masqué auquel il participait plus ou moins volontairement aurait été faux-cul. Il reconnaissait bien là tout ce qui avait fait sa vie pendant si longtemps. Le faste, pour commencer : des lieux, de la déco, des habits, du moindre geste calculé au millimètre pour être parfaitement et désespérément coincé entre la grandiloquence et la grâce. Des centaines de robots qui allaient et venaient dans une chorégraphie usée jusqu’à la corde de mains qui effleuraient des bras, de sourires tièdes qui répondaient à des saluts hypocrites, de regards scrutateurs évaluant la fortune ou la puissance de ceux qui les croisaient, le tout dans une bonne ambiance de méchancetés murmurées aux oreilles et d’éclats de rire sur fond de coupes qui s’entrechoquaient. Et avec quoi trinquait-on, dans ce monde qui se voulait nouveau mais qui n’avait pas changé d’un iota ? Itzal renifla une énième fois son verre à la recherche d’une trace d’alcool, même subtile. Ces gens-là adoraient pondre des lois qu'ils se faisaient un devoir de ne pas respecter eux-mêmes. Itzal savait bien pourquoi. Plus on avait de pouvoir et moins on avait l’impression d’être forcé de se soumettre aux règles. Mais cette fois, il semblait que la loi avait été suivie à la virgule près. Quiconque avait organisé cet événement voulait la jouer clean. De sorte qu’en cette seconde, le Vénézuélien était appuyé contre ce qui s’appelait encore, faute de mise à jour dans le dico, un putain d’open-bar, derrière lequel un barman servait diligemment aux rares intrus comme lui des boissons sans alcool.

Les autres, les vrais, invités parce qu’ils avaient le pouvoir, l’argent, les connexions, les leviers ou tout ça à la fois, allaient et venaient dans la vaste salle et attendaient qu’un des douze larbins en uniforme leur amène de quoi boire et manger sur un plateau. Il y avait des jours où Itzal se disait qu’il regrettait son ancienne vie, tout en sachant qu’il n’y avait jamais trouvé sa place, que ses perpétuels auto-sabotages trouvaient forcément leur source dans son inadaptabilité. S’il avait eu encore un doute, ils auraient été balayés ce soir. Et pourtant, il y avait une part de lui qui serait toujours, même à son corps défendant, un gosse de riche. Il y avait bien eu toutes ces années où il n’avait plus jamais manqué de rien, où il avait même eu trop, à s’en faire exploser le bide, le crâne et la santé mentale. Ce monde pour lequel il n’avait pas été façonné, dans lequel on avait tenté à toute force de l’incruster, alors que ses contours étaient trop imparfaits, trop grossiers, n’avait jamais été le sien. Mais il en avait profité, fut un temps. Sans jamais cesser de le détester. Schizophrénie sociale qui avait rendu sa jeunesse si chaotique, la déception de son père si abyssale et qui faisait qu’aujourd’hui, tout en méprisant ce qu’il voyait, il en reconnaissait tous les codes, toutes les règles et aurait su, si l’envie l’avait pris, y évoluer sans trop faire de dommages aux apparences.

Sous le loup noir qui recouvrait ses yeux et son nez, à l’ornementation sobre comme il se devait pour les hommes, son regard se posa sur une femme grande et agile, qui marchait droit vers lui. Instinctivement, il tira sur le col de sa chemise et rajusta sa veste de costard – il fallait toujours être prêt à tout et il avait encore pas mal de ses anciennes affaires dans ses placards, même si la majorité était partie dans tous les mont-de-piété de la ville et que la saignée continuait tous les jours, il fallait bien nourrir son homme. « Pourquoi est-ce que tu restes dans ton coin ? Viens danser ! » Dans une alcôve, un orchestre composé de vrais être humains jouaient une musique d’ascenseur, en tout cas aux oreilles d’Itzal. Il n’arrivait pas à croire qu’il y avait encore des gens dans ce monde qui faisaient de la musique pour vivre. Mais s’il se demandait à quoi ça pouvait bien servir, il avait sa réponse. Sans cesse, il fallait se rappeler que cette clique-là ne vivait pas dans la même réalité que le reste de la population. Oui, les puissants organisaient des bals masqués et faisaient venir des orchestres. Et valsaient sagement en couple comme s’ils étaient jugés par leurs pairs, ce qui était probablement le cas. C’était comme ça. Il baissa les yeux sur celle par qui tout cela était arrivé. Jamais il n’aurait cru se pointer à nouveau à ce genre d’événement, mais cette fille l’avait convaincu grâce à un gros mensonge : elle lui avait dit qu’il y aurait de l’alcool, et il l’avait crue parce que c’était le genre de la maison, et qu’il y avait vu une petite vengeance mesquine, et parce qu’il pouvait bouffer à l’œil. Pas parce que tout ça lui manquait. Quant à l’idée d’évoluer au milieu d’eux tous, masqué, alors qu’il était, à leurs yeux, une abomination, oui, cela aussi lui avait plu. Maintenant, il s’ennuyait juste. Et il s’agaçait de ce cinéma. « Allez, souris… »

Il la laissa passer son bras sous le sien et l’entraîner dans la pièce, juste pour marcher, évoluer au milieu des autres. Il n’avait certainement pas envie de danser. Son regard scrutait la foule et il se sentait investi d’anciens réflexes, de souvenirs d’anciennes fêtes auxquelles il avait participé ou seulement assisté, debout contre un mur, hiératique, à « protéger ou mourir en essayant ». Sous les masques, il pensait parfois reconnaître un visage, un regard, un sourire. Parfois, c’était une silhouette, une démarche, une posture, une voix. Il n’avait jamais vraiment coupé les ponts. Et les images qui lui revenaient petit à petit le rendaient de plus en plus maussade. Au bout de cette route des souvenirs, de ce défilé de cocktails et de personnes dans le temps, il n’y en avait qu’une, dont il aurait voulu oublier l’existence. Il passa un bras dans le dos de sa partenaire d’un soir, l’attirant plus près de lui, bouclier sans saveur et sans intérêt contre le souvenir de ce qui comptait vraiment.

Souvent, il avait cru la voir, ou l’entendre, surtout au début. À chaque recoin de rue, derrière chaque porte, quand bien même il n’y avait aucune raison qu’elle traîne dans les bas-fonds où il avait été forcé de se réfugier, rejeté par la clique des puissants une bonne fois pour toutes, et jusque dans ses rêves. Ça avait duré le temps que le quotidien d’avant ne s’efface peu à peu, celui où elle était effectivement en permanence sous ses yeux, remplacé par un autre d’où elle était absente. Cela faisait un moment qu’il n’avait plus eu cette impression d’être traversé par un courant électrique. La fin d’une phrase captée à la volée, et alors qu’il tournait son regard dans la direction d’où provenait la voix, une silhouette qui lui tournait le dos, aux courbes jamais vraiment oubliées. Il aurait pu s’en douter. En fait, il y avait pensé. Il y avait une chance, infime, qu’elle soit là, elle aussi. « Viens ! » supplia sa cavalière, le tirant à elle, au moment où Priya se retournait ; elle lui rentra dedans, doucement, pas de quoi le faire flancher, et par réflexe, il leva les mains, les posa sur ses bras pour l’empêcher de tomber, puis les ôta aussitôt. « Ne me touchez pas ! » Le souvenir le traversa comme une décharge électrique. Il aurait préféré mettre ses mains au feu. Mais peut-être n'était-ce pas elle. Voilà ce qu'il fallait se dire. Il entraîna sa partenaire vers la piste de danse, tout plutôt que de rester face à elle, ou celle qu'il croyait qu'elle était. Il aurait mieux fait de partir, tout simplement. La danse n’était pas son truc, et ce n’était pas faute d’avoir suivi des cours avec son frère quand ils étaient adolescents, puisqu’il fallait être parfait en tout. Et tandis qu’il valsait plus ou moins efficacement sur la piste de danse, ironiquement, le souvenir d’une autre valse, privée, « pour s’amuser », l'assaillit, et comme elle s’était foutue de sa gueule et de ses mouvements maladroits, et comme il n’en avait rien eu à foutre parce qu’elle riait si rarement et qu’il adorait l’entendre rire. Il aurait mieux fait de partir.  

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MessageSujet: Re: We've got to live, no matter how many skies have fallen || Priya   Lun 13 Nov - 10:44

We've got to live, no matter how many skies have fallen
Itzal&Priya
Il était enfin là, le grand jour, le jour du bal. Un bal pas comme les autres où les convives devraient porter un masque. Dans un monde où le luxe se faisait si rare, dans lequel le faste n’était réservé qu’aux privilégiés de la société, Priya se devait de préserver l’illusion. Continuer d’entretenir les apparences en organisant des soirées somptueuses qui amuseraient les hauts placés de ce qu’il restait du monde. Et puis au fond elle préférait ça plutôt que d’être relayée au plus bas de l’échelle sociale. Par les temps qui couraient c’était œil pour œil, dent pour dent et la jeune indienne était bien contente d’avoir su tirer son épingle du jeu. Il restait quelques heures avant que les invités ne viennent envahir la salle de bal. La jeune femme était sur tous les fronts. Il fallait que tout soit parfait, des nœuds papillons des serveurs au dosage de sel dans les amuses-bouche en passant par l’orchestre. Pour la énième fois, Priya vérifia la liste des invités, briefa son équipe, elle n’avait pas le droit à l’erreur. Le stress était à son paroxysme. De loin on voyait Priya s’agiter, parcourir la salle de long en large. On lui avait imposé un nouveau garde du corps, à son plus grand regret. La jeune femme avait tout fait pour refuser, sa dernière expérience lui ayant laissé quelques souvenirs douloureux, mais elle n’avait finalement pas pu s’y opposer.

Les heures défilèrent et ce fut une Priya épuisée mais resplendissante qui fit son apparition au Royal Sonesta tandis que la nuit recouvrait la Nouvelle-Orléans. Les premiers invités ne tarderaient pas à arriver. Tout était prêt pour les accueillir. Elle espérait que la soirée serait réussie. Elle était vêtue d’une magnifique robe couleur carmin. Ses longs cheveux bruns retombaient en cascade sur ses épaules tandis qu’un masque vénitien noir lui barrait le regard. Au début Priya fit un dernier tour pour s’assurer qu’il n’y avait aucun souci, puis elle resta près de la personne qui vérifiait la liste des invités et de leurs accompagnants. Puis lassée d’être suivie par l’homme chargé de sa protection, lorsqu’il y eut plus de monde, l’indienne prit un malin plaisir à se perdre dans la foule. Le brouhaha des conversations la ravissait. Pour l’instant tout se déroulait à merveille. Elle se fit alpaguer par une femme d’un certain âge qu’elle eut du mal à reconnaître sous son masque d’oiseau. Priya finit par deviner l’identité de son interlocutrice malgré ça, elle ne parvint pas à se concentrer sur ce qu’elle racontait. En effet une drôle de scène attira son regard plus loin. Ce n’était pas vraiment la scène en question mais plus les protagonistes qui l’interpellèrent. Un protagoniste, une silhouette, bien trop reconnaissable pour qu’il s’agisse d’une erreur. Itzal. Un visage masqué sous un loup noir, un visage que Priya avait gardé longtemps dans un coin de sa tête, comme un souvenir lointain. Ce n’était pas tant la présence de ce dernier à ce bal qui la perturbait –bien que cela lui semble surprenant- mais plus la jeune femme qui lui tirait le bras.

« … Ce bal est une véritable réussite… » Continuait la femme tandis que Priya n’écoutait rien.

Sans vouloir se l’avouer, Priya se rendit compte que son cœur s’était mis à battre plus fort. Etait-ce de la colère ou de la jalousie ? Peut-être un peu des deux. Pourquoi était-il là ? Au milieu de gens qu’il détestait ? Avec cette fille en plus ? L’indienne reporta furtivement son attention sur son interlocutrice.

« Je suis navrée Madame Fisher, j’ai une affaire à régler, si vous voulez bien m’excuser. En attendant profitez bien de votre soirée. » Dit Priya dans un sourire poli tandis qu’elle s’éclipsait déjà en direction de sa cible. Son garde du corps qui la gardait à l’œil de loin se mit à la suivre sans qu’elle ne le remarque. Non, Priya était bien trop furieuse, on aurait facilement pu la comparer à une fusée perçant le ciel. Impact dans trois, deux, un. Au moment de la bousculade, Priya était encore à bonne distance. D’ailleurs la victime lui ressemblait fortement. Sans la moindre gêne, l’organisatrice de la soirée barra la route à son ex garde du corps (à défaut d’être un ex tout court, cela était trop brutale comme appellation) et toisa sa cavalière en ôtant son masque. Elle n’avait pas réfléchi à ce qu’elle dirait, pressée par son instinct. Malgré tout la jeune indienne ne perdit pas de sa superbe et finit par articuler « Bonsoir, je viens vérifier que tout se passe pour le mieux pour vous. (elle concentra son regard sur le vénézuélien) Itzal je suis surprise de te voir ici, en si bonne compagnie. » Avoua-t-elle en faisant des efforts pour masquer toute l’amertume de sa voix. Derrière elle le molosse qui avait vu sa patronne foncer vers les deux personnages arriva près d’elle, demandant discrètement à la jeune femme si tout se passait bien. Elle fit un signe de la main, montrant à quel point il était mal venu pour l’homme d’intervenir. Le colosse abdiqua et disparut dans un haussement d’épaules résigné.

« Mademoiselle Gadhavi merci pour l’invitation ! Le bal est super. » dit l’autre femme qui accompagnait Itzal.

Priya serra les dents. Elle regrettait d’avoir placée cette fille sur sa précieuse liste. Jamais au grand jamais elle n’aurait pensé que quelqu’un convierait un des fantômes de son passé à sa soirée. Tous sauf celui là en tout cas. Le pire.




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MessageSujet: Re: We've got to live, no matter how many skies have fallen || Priya   Mer 15 Nov - 22:23

We've got to live, no matter how many skies have fallen
Il la vit approcher du coin de l’œil. Bien sûr que c’était elle. Il l’avait reconnue tout de suite et ça n’avait été qu’un caprice de gosse de sa part de nier l’évidence. Il avait l’impression que cela faisait une vie entière qu’il niait sa seule existence. Au pied du mur, plus moyen de repousser tout ça dans un coin de sa tête, plus besoin de se changer les idées, de se convaincre que c’était mieux comme ça pour lui. Il l’avait sous les yeux et les souvenirs s’invitaient dans la danse, qu’il le veuille ou non. Pour ces centaines de fois où il s’était dit qu’elle s’était fichue de lui qu’il ne comptait pas à ses yeux, qu’il s’était trouvé une vie et que c’était très bien ainsi, en une sorte d’auto-envoûtement auquel il ne croyait même pas, il avait suffi qu’il la repère là, ce soir, dans la foule, pour que toutes ses bonnes résolutions se fassent la mal. Et bien sûr, bien sûr ! elle l’avait reconnu aussi. Et s’il aurait bien voulu faire comme si de rien n’était, s’ils auraient pu se voir et s’ignorer, il semblait que ce n’était pas ainsi que les choses allaient se passer. Elle marchait droit sur lui, et pendant une seconde il songea à planter là sa partenaire et à s’enfuir. S’enfuir, c’était ce qu’elle l’avait forcé à faire. Elle l’avait chassé, les derniers mots qu’elle avait prononcés à son intention étaient ceux-là. Et lui était là, toujours là. Pourtant, ce n’était pas faute d’avoir essayé de se barrer, mais elle ne pouvait pas le savoir. Il remarqua avec amusement qu’une armoire à glace lui avait emboîté le pas, sans chercher à se dissimuler. Son garde du corps. Sérieusement. C’était vraiment le monde à l’envers. D’un regard, il condamna le molosse pour tout ce qu’il faisait de mal, mais de quel droit ? Ce n’était plus lui, Itzal, qui devait la protéger. Elle était devenue le problème d’un autre. Encore qu’elle s’apprêtait à redevenir le sien dans peu de temps. Il fit pirouetter sa partenaire une dernière fois avant que Priya ne se plante devant eux.

Il savait, bien sûr, exactement à quoi elle ressemblait. Pendant longtemps, silencieusement, il avait étudié chaque millimètre de sa personne et de son visage, quand il travaillait, et qu’elle vaquait à sa vie, que leurs trajectoires ne se croisaient jamais si ce n’était des regards. Il avait fini par apprécier, puis par aimer ce visage. Il avait mis des mois à ne plus l’invoquer chaque jour, tantôt avec rage, tantôt avec dépit. Tout ça s’envola quand elle ôta son masque. Bien sûr qu’elle n’avait pas changé. Tout droit sortie de ses cauchemars, mais bien réelle, cette fois. Il se demanda ce qu’elle allait dire, ravi de ne pas avoir à entamer la conversation. Il n’aurait absolument pas su quoi lui raconter. Son entrée en matière, vide de sens, lui rebondit dessus comme sur un mur, avant qu’elle ne pose son regard sur sa partenaire. Itzal adressa un sourire moqueur au garde du corps, fraîchement renvoyé dans les cordes. Pauvre gars… Il avait été à sa place, lui aussi. On ne pouvait pas dire que les débuts de leur relation, à Priya et à lui, avaient été faciles. Il reporta son attention sur elle, se contenta de marmonner : « Surpriiiiise… » Elle ne savait pas qu’il n’avait pas quitté la ville. D’ailleurs, avait-elle cru qu’il allait obéir à ses injonctions ? Elle n’aurait pas eu tort, cela dit, il avait bel et bien tenté de s’en aller, comme elle le lui avait ordonné, quand elle l’avait foutu à la porte de son existence. À ses côtés, sa partenaire semblait extatique de rencontrer leur hôtesse. Itzal passa un bras autour de sa taille. « Oui, super, merci de venir aux nouvelles. Grace, je te présente Priya. Priya, voici Grace. » Et que dire d’autre ? « Priya, mon ex-cliente ex-autre chose » et « Grace mon coup d’un soir dont je viens de me souvenir le prénom au dernier moment » ? C’était puéril à souhait, c’était mentir, aussi, mais il savoura ce moment, et la façon dont le regard de Priya allait de Grace à lui.

Se posait-elle des questions ? Était-elle jalouse ? Il ne s’était jamais imaginé une situation pareille. Sur la fin de leur colocation/collaboration/autre chose, ils vivaient ensemble, en quasi vase-clos. En toute honnêteté, si un type avait débarqué à ce moment-là pour lui mettre la main dessus, il aurait été fou de rage. Se laissait-elle approcher, à présent, ou bien cela non plus, ça n’avait pas changé ? Ne m’approchez pas ! Il lui avait fallu du temps pour trouver la bonne distance entre ce que Priya supportait et ce que son job à lui exigeait. Ne me touchez plus jamais ! La vanne des souvenirs était ouverte. « Tu as toujours su organiser ce genre de sauterie, félicitations. Je vois que les choses marchent toujours aussi bien pour toi. » Il songea soudain que si elle appelait la sécurité, si elle ordonnait qu’on le foute dehors, il aurait des ennuis. Il n’était pas censé être là, pas seulement parce qu’il était un voleur d’énergie, ce qui était la seule chose que Priya savait de lui, la toute dernière chose. Mais ça lui importait peu. Tout d’un coup, il se rappelait pourquoi il avait tenté de fuir la ville, pourquoi il avait cru ne plus rien avoir ici, au point de tenter une folie, et d’être rattrapé par le gouvernement. C’était pour elle. Enfin, à cause d’elle. Et avant cela, avant leurs adieux violents, il y avait eu tout ce qui avait été et ce qui aurait pu être. Il se colla un peu plus à Grace, ancra son regard dans celui de Priya, esquissa un petit sourire mécanique. « Tu veux qu’on s’en aille ? » Il entendit vaguement Grace protester mais n’en avait rien à faire, d'elle. N’en avait jamais rien eu à faire. Encore moins en cette seconde, alors que Priya et lui se faisaient face.  

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MessageSujet: Re: We've got to live, no matter how many skies have fallen || Priya   Ven 17 Nov - 9:54

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Itzal&Priya
L’impulsion de trop et voilà que Priya se retrouvait dans une situation délicate. Elle aurait sûrement préféré qu’un des convives prenne feu, cela aurait au moins été plus facile à gérer que cette drôle de mascarade. Comme si cela ne suffisait pas, Itzal crut bon de faire les présentations. Priya cligna des paupières, comme pour s’assurer qu’elle n’était pas en pleine hallucination. Après tout le stress pouvait parfois provoquer de drôles d’effets secondaires. Malheureusement après quelques secondes rien ne changea. Grace était toujours là, souriant bien trop largement au goût de l’indienne. Sûrement qu’elle était fière. Une drôle de lueur illumina soudain les yeux noisettes de Priya. Le genre de signe qui ne laissait paraitre rien de bon, au contraire. « Enchantée, Grace. Itzal ne m’a jamais dit qu’il avait une sœur… » le regard fixé vers son ex-employé, Priya examina la moindre réaction. La jeune femme en question se mit à rire. Sans le savoir elle allait répondre à la question que Priya n’osait poser. « Non je ne suis pas sa sœur, on sort ensemble. » répondit Grace avec fierté. Immédiatement l’indienne lança un regard curieux vers Itzal. Il se contentait d’une bien piètre consolation. En réalité Grace était plutôt ce qu’on pouvait appeler une « jolie femme » mais bien évidement, dans l’esprit de Priya, elle ne lui arrivait pas à la cheville. Cette réflexion apaisa un temps la jalousie qui brûlait en elle.

Mais après réflexion elle se dit que si cette femme avait réussi à traîner Itzal jusqu’ici, c’est qu’elle devait énormément compter pour lui. Après tout aussi loin que Priya pouvait s’en souvenir, le vénézuélien n’avait jamais été homme à aimer ce genre de soirée mondaine. Bien au contraire. La jalousie devint brasier. Néanmoins Priya, experte dans l’art du paraître, ne laissa rien filtrer. Le feu brûla de plus belle lorsqu’Itzal la félicita. Cette fois ce fut deux braises noisettes qui fusillèrent l’ancien garde du corps. Ses remarques il pouvait se les garder. En d’autres circonstances Priya n’aurait pas hésité à lui faire entendre le fond de sa pensée. Mais il y avait du monde autour d’eux, il était inutile de faire un scandale. Et puis cette fille, Grace, ne comprendrait sûrement pas la colère soudaine de leur hôte. Le vase fut plein lorsqu’Itzal demanda s’ils devaient partir. L’autre jeune femme pesta. Priya aurait voulu les mettre à la porte tous les deux. Ils venaient de gâcher sa soirée, sa magnifique soirée qu’elle avait mis tant de temps à organiser. Voilà que deux parasites venaient ruiner sa fête.

« Non voyons, restez. De toute façon certaines personnes ont visiblement du mal à comprendre quand on leur dit de s’en aller. » les mots fusèrent aussi violemment qu’un poignard lancé à toute vitesse.

Et le poignard en question se dirigea tout droit vers Itzal. Que dire de plus ? Priya bouillonnait, elle n’en revenait pas. Non seulement Itzal n’était pas parti mais pire, il osait se montrer ici, exposant sa nouvelle conquête comme si tout ce qu’ils avaient vécu tous les deux n’avait été qu’un tas de poussière qu’on anéantissait d’un souffle. L’indienne n’était ni poussière, ni prête à subir cet affront. Elle replaça son masque, ses yeux brillant d’une colère non dissimulée cette fois. « Je vous laisse profiter. Je ne voudrais pas gâcher cette soirée en amoureux. » lança-t-elle en tournant les talons. Cette fois s’en était trop, Priya sentait que si elle restait une minute de plus face au couple elle exploserait. Chaque personne qui connaissait le phénomène savait qu’une Priya en colère ne donnait jamais rien de bon.

Alors que l’indienne fendait la foule dans l’autre sens, elle s’en voulut de s’être montrée si faible. Itzal devait jubiler intérieurement. Il avait gagné. Elle avait perdu tout ce temps à se persuader qu’elle avait fait le bon choix, que la vie sans lui serait plus simple, qu’il souffrirait moins ainsi. Bien qu’elle ne se l’avoua jamais, l’absence d’Itzal avait été un poids. Elle n’avait pas cherché à le remplacer, elle ne s’était jamais sentie prête pour ça. Cette rencontre la mettait hors d’elle. Elle se sentait idiote. Tête baissée, Priya ne prit pas garde au serveur au milieu de sa trajectoire. Elle percuta l’homme de plein fouet, faisant tomber son plateau dans un bruit sourd. Les regards se tournèrent tous vers l’incident. « Faites attention où vous allez ou vous ne retravaillerez plus jamais de votre vie ! » dit-elle, rejetant la faute sur le pauvre homme qui se confondit en excuses. Mais Priya était bien trop énervée pour y prêter quelconque attention. Il fallait qu’elle se calme avant que la soirée entière ne tourne au vinaigre, avant qu’elle ne passe pour une hystérique. Elle avait une réputation à tenir après tout.




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MessageSujet: Re: We've got to live, no matter how many skies have fallen || Priya   Dim 19 Nov - 0:28

We've got to live, no matter how many skies have fallen
Qu’elle puisse croire qu’il s’était pointé ici avec sa sœur, qu’il puisse même avoir une sœur, plus que la méprise elle-même, arracha une moue à Itzal. Il n’avait pas de sœur, si ce n’était Brooke, et Priya connaissait l’existence de Brooke. Tout comme elle savait qu’il n’avait pas de sœur. Elle savait qu’il était orphelin, elle savait qu’il avait été adopté, elle connaissait le nom de son père. Elle en savait plus sur lui que n’importe qui parce qu’il lui en avait dit plus qu’à n’importe qui. Parce qu’il y avait une époque où tous deux s’apprêtaient, sans en faire toute une histoire, à laisser tomber leurs défenses, peut-être pour la première fois de leur vie. Bon, soit, la fin de cette belle histoire, c’était sa faute à lui. Ce qui ne l’empêcha pas d’esquisser un sourire narquois quand Grace annonça gaiement qu’elle n’était pas sa sœur. Il regardait déjà Priya quand celle-ci, en réaction, braqua son regard sur lui. Il ne démentit pas Grace, et il ne se cacha pas que c’était simplement pour faire réagir Priya. Il avait l’impression de savoir ce qu’elle pensait en cette exacte seconde. Il ne connaissait que trop bien ce regard exaspérant, cette froideur un peu moqueuse, mais à peine, comme si en vérité il ne valait même pas la peine qu’elle le juge, cette attitude qu’elle lui avait servi tant de fois quand il avait commencé à travailler à sa protection. Et qui avait rendu leurs débuts si chaotiques. Finalement, la glace se transforma en flammes quand il ouvrit la bouche. Il avait réussi à lui arracher une réaction, même si personne d’autre que lui en cette seconde pouvait la remarquer. Il l’avait mise en colère, ou rendue jalouse, ou encore autre chose, peu importait, c’était quelque chose et c’était déjà ça. Et ensuite, quoi ? Il n’avait déjà pas prévu de la revoir, ni ce soir ni jamais, alors ce n’était pas s’il avait un plan.

Grace laissa échapper un soupir de soulagement quand Priya les autorisa à rester, parce que c’était exactement de ce la qu’il s’agissait, Itzal ne se faisait aucune illusion : c’était elle qui avait le pouvoir, ici, c’était elle la maîtresse de maison, et c’était elle qui, sur un seul geste, un seul mot, pouvait les faire jeter dehors, voire pire. Et pourtant, devant tant de générosité de sa part, le Vénézuélien ne fut pas vexé, mais simplement dérouté. Soudain, il eut envie de lui expliquer, de lui dire pourquoi il était là, pas là ce soir, ici, mais là, à la Nouvelle-Orléans. Comme pour se justifier, lui promettre qu’il avait essayé, qu’il avait voulu partir, que c’était bien la seule chose sur laquelle ils avaient fini par tomber d’accord ce jour-là, quand elle l’avait jeté de chez elle. Elle avait été claire sur ce qu’elle pensait de lui à présent qu’il avait changé et s’il avait lutté pour la faire changer d’avis, s’il lui avait fait mille promesses qu’il n’aurait de toute façon pas pu tenir, de changer, de s’assagir, de l’écouter, de rester à ses côtés, ça n’avait pas suffi, et alors il avait compris qu’il la dégoûtait vraiment, ou qu’il lui faisait peur, ou qu’elle avait honte de lui. Il avait compris qu’elle était sérieuse. Pas forcément dans sa volonté de le voir partir, mais dans le fait qu’elle avait besoin qu’il s’en aille. Il n’avait pas voulu y réfléchir plus. Il en avait eu ras le bol de ses non-dits, de ses trouilles, de ces remparts de glace dont elle s’entourait au moindre problème. Il avait plus ou moins lâché l’affaire, c’était vrai. Il s’était battu, mais autant qu’elle. Elle avait gagné, il était parti. Pour elle, du moins, il était parti. Mais les choses ne s’étaient pas passées comme il l’avait espéré, et elle n’en savait rien. Petit quiproquo temporel et géographique, donc. Il ouvrit la bouche, faillit, donc, gémir comme un gosse – mais je suis parti, tu comprends pas ? Mais à quoi bon ? Cette soirée serait à ranger dans un coin de son esprit. Il allait repartir pour huit mois à tenter de l’oublier. Et cette fois, il ferait très attention à ne plus jamais la croiser. Ce serait facile, pour lui. Il vivait dans cette ville en sachant qu’elle y vivait aussi. Elle, elle l’avait cru parti à jamais.

« On m’avait dit qu’elle était froide, mais je ne m’attendais pas à ça. Quelle garce. » Itzal détourna les yeux de Priya, qui s’éloignait d’un pas raide, pour les poser sur sa cavalière. Il ôta son bras de sa taille et rajusta son masque sur son visage. « Sois pas jalouse. Tu ne lui arriveras jamais à la cheville. » Il vit Priya tacler le serveur et ne put s’empêcher de sourire quand elle se mit à l’agonir de toute sa rage. Sans un mot de plus pour sa future-ex-conquête, il la planta là et traversa la salle, droit vers Priya, qui s’était attirée tous les regards et même quelques secondes de silence gracieusement offertes par l’orchestre qui avait cessé de jouer. Le serveur enchaînait les courbettes avec la tête d’un type sur l’échafaud. C’est que si elle le voulait, Priya pouvait vraiment ruiner la vie de ce pauvre gars. Itzal arriva à son niveau, son visage bien dissimulé derrière son masque, de sorte qu’elle seule pouvait savoir qui il était, et s’interposa entre le serveur et elle. « Me feriez-vous l’honneur d’une danse ? » Ou, comme il l’aurait dit s’ils n’avaient été que tous les deux : j’en ai pas fini avec toi. Impro totale, mais autant il avait eu envie de partir en courant quand il l’avait vue, maintenant qu’elle lui avait tourné le dos, il n’avait qu’une envie, la retenir encore un peu. Pourquoi faire ? La torturer ? Se torturer lui-même ? Ruiner cette soirée, pour lui comme pour elle ? Probablement un peu tout à la fois. « Allez, Priya. Les gens te regardent. » Ah, ce cérémonial des puissants qu’il n’avait jamais pris la peine de s’imposer…

Il tendit la main, sans prendre celle de Priya cependant, sachant très bien ce qu’elle pensait des contacts qu’on lui imposait. Si elle était dans le même état d’esprit que lui, elle aurait envie de refuser, mais elle accepterait. S’ils avaient bien un trait de caractère commun, tous les deux, c’était la fierté. Là-dessus, Itzal vit le garde du corps du coin de l’œil, qui avait surgi des ombres dans lesquelles Priya l’avait renvoyé tout à l’heure, et qui leur fonçait dessus comme un bulldozer. Bon sang que ces gens étaient pénibles. Enfin, sauf quand c’est lui qui avait brillamment mené cette carrière, bien évidemment. 

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MessageSujet: Re: We've got to live, no matter how many skies have fallen || Priya   Hier à 11:11

We've got to live, no matter how many skies have fallen
Itzal&Priya
C’était le genre d’instant de malaise que personne n’aimait endurer. Encore moins quelqu’un comme Priya. Elle était au bord de la crise de nerfs. Les regards plantés sur elle comme des milliers d’yeux accusateurs et curieux la poussèrent à garder son calme, enfin, en apparence. Elle se reprit alors que l’employé continuait ses courbettes dans l’espoir d’obtenir le pardon de la jeune femme. Tout le monde sembla pendu à ses lèvres, attendant de savoir ce qu’il adviendrait du jeune serveur. Si la reine de la soirée lui couperait la tête ou non. Priya voulut tous les envoyer bouler, elle était tellement perturbée qu’elle aurait voulu disparaître. Elle s’en voulait de réagir de la sorte, de se laisser emporter par ses émotions. Mais le choc de revoir Itzal alors qu’elle le pensait disparu à jamais s’avéra dur à encaisser. Car elle ne s’y était jamais réellement préparée, elle avait préféré mettre cette partie de sa vie entre parenthèses, ne plus y penser pour ne pas souffrir. Le silence alentour devint pesant, l’orchestre avait cessé de jouer comme pour laisser l’attention de l’assemblée se concentrer sur Priya. Fort heureusement l’homme masqué vint à son secours. Le sauveur mit ainsi un terme aux excuses du serveur et fit retomber la pression en proposant une danse. Les yeux noisettes de Priya se mêlèrent à ceux d’Itzal. Une partie d’elle le maudissait car il venait la tirer d’une situation délicate qu’il avait lui-même provoqué. Priya n’endosserait jamais la responsabilité d’une telle perte de contrôle. Elle hésita jusqu’à ce qu’Itzal insiste. Un sourire factice courba alors les lèvres de la jeune femme.

« Avec plaisir. » fut-elle contrainte de répondre en se saisissant de la main de son partenaire du jour.

L’orchestre reprit aussitôt. Quelques moues déçues s’affichèrent sur les visages de ceux qui espéraient un peu plus d’action. Les conversations reprirent leur cours tandis que Priya se laissait accompagner sur ce qui servait de piste de danse. Elle n’en revenait pas. Itzal l’avait eue. Son attention avait été noble, d’ailleurs Priya fut surprise qu’il ait abandonné sa conquête pour venir la sortir de là. De sa main libre l’indienne replaça son masque et tandis qu’elle se positionnait face à Itzal pour entamer une danse, elle scruta la salle une dernière fois. « Tu as réussi à te débarrasser de ton pot-de-colle ? Pas sûre qu’elle apprécie… » Le garde du corps de Priya quant à lui lançait un regard curieux au cavalier de sa patronne. Dans la vie la jeune femme ne se laissait approcher par personne et piquait souvent des crises lorsqu’il s’agissait de contact humain. Elle ne supportait pas qu’on la touche ni même qu’on l’effleure. Il en avait fallut du temps et de la patience au vénézuélien pour être le seul capable d’une telle prouesse. Au fur et à mesure que les minutes s’écoulaient, la jeune femme réalisa qu’elle n’était pas entrain de rêver. Pourtant la situation semblait abracadabrante. Bien loin d’être un songe ou un mauvais tour joué par son imagination, Itzal était bien réel. Priya l’avait chassé, n’avait osé imaginer ce qui avait pu advenir de lui. Elle s’était refusée d’y songer durant des mois et n’avait jamais envisagé de le revoir. Elle avait tiré un trait. Ou du moins elle avait essayé de se persuader que c’était le cas.

« Itzal pourquoi tu n’es pas parti ? » demanda Priya entre deux pas de danse.

La question la démangeait depuis qu’elle avait croisé son regard. S’il n’était pas parti depuis tout ce temps, cela voulait dire que jamais il n’avait essayé de la recontacter. Mais l’indienne savait au fond, malgré son caractère, qu’elle ne pouvait le lui reprocher. Elle avait été parfaitement détestable et claire. Il lui faisait peur, elle ne voulait plus de lui, elle avait insisté pour qu’il s’en aille. Au fond elle n’aurait jamais pu lui avouer qu’elle aurait pu s’habituer à la situation, qu’au fond elle aurait fini par l’accepter. Tout ceci était bien trop compliqué, bien trop rapide. Priya se sentait encore fragile, les relations humaines étaient l’une de ses plaies. Elle avait eu peur. S’abandonner à un homme était déjà un exploit de sa part, s’abandonner à un homme qui n’en était plus vraiment un s’était avéré impossible sur le coup. Elle avait eu peur pour elle mais aussi pour lui. Et bien que ses sentiments furent bien réels, elle ne s’était pas sentie prête et avait préféré cette option. Bien que cela lui ait demandé des efforts considérables. A croire que Priya avait été parfaitement convaincante, peut-être même un peu trop. Elle le savait  aussi fier qu’elle. Que donnaient deux têtes aussi brûlées l’une que l’autre ? Un couple dansant lors d’un bal masqué. Drôle d’ironie, drôles de retrouvailles, drôles de circonstances.

Perdue dans ses pensées à l’abri derrière son masque, se laissant porter par la musique, Priya en oublia presque le contexte. Elle n’était pas venue ici pour se livrer à une danse romantique, et Itzal n’était pas venu ici seul. La jeune femme qu’il avait précédemment laissée en plan ne sembla pas apprécier de se faire remplacer de la sorte. Elle avait discrètement fendue la foule pour arriver près du couple d’ex-quelque-chose. Elle avait décidément mal choisi son moment pour exister celle-là. Priya qui la vit arriver du coin de l’œil fit mine de l’ignorer, comme si elle avait été totalement insignifiante à ses yeux. Grace sembla enfin comprendre. Elle se mit à tapoter sur l’épaule d’Itzal avec la mine d’une enfant boudeuse. « Itzal tu es venu avec moi je te signale ! » râla-t-elle. Priya se détacha de son cavalier. Elle sentit le scandale arriver. Pour la première fois de la soirée elle fit signe à son garde du corps qui se tenait dans un coin un peu plus loin. Le compte à rebours fut lancé. Soit Grace comprenait d’elle-même soit elle se ferait raccompagner vers la sortie. A moins bien sûr qu’Itzal ne décide de repartir avec sa conquête. Priya retint son souffle. Et s’il avait seulement eu pitié d’elle ? Et s’il était simplement venu la sortir d’une situation délicate avant de repartir dans les bras de l’autre femme ? L’indienne ne laissa rien paraitre, elle croisa simplement les bras, attendant que le sort décide. Elle se sentit bête mais elle avait simplement voulu avoir des réponses. Si Itzal s’en allait elle craignait de ne pas le revoir de sitôt et que toutes ses questions restent sans réponse. Un suspens intenable se mit alors en place à mesure que son molosse approchait.





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