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 May there be Shade [with Beatriz]

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MessageSujet: May there be Shade [with Beatriz]   Lun 13 Nov - 5:16


« Of course I won't hide when the light is on. »



James Winston &  Beatriz M. Deveraux
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Dire qu’ils ignoraient tous qui était cet homme.

Il trouvait ça amusant. Défiler au travers de cette foule alors que personne ne faisait attention à son identité. Tous ces visages inconnus l’ignoraient comme vermine d’une paroi d’égout. Offusqué ? Aucunement. Il en restera éternellement fasciné. Après tout, James avait choisi le chemin de l’ombre. L’ombre qui rampe, l’ombre discrète et fatidique, l’ombre assassine. Prestigieuse occupation qu’était de ficeler les opérations d’une arène incarnant les plus macabres manifestations de la Mort. Sans avoir la célébrité des vainqueurs, il possédait sans hésitation la fierté des constructeurs. Un architecte du carnage. Voilà un titre qui méritait réflexion. L’Exécuteur se serait-il raffiné ? De bon goût, avec classe et prestance ? Il n’y aucun manquement moral de rire à gorge déployée des malheureux qui luttent pour leur survie. Il avait gagné sa place. Il méritait d’être dans le camp des vainqueurs. Le pouvoir absolu soumis à de rigides commandements politiques. Le prix à payer. Mais il en valait tant la peine.

C’est cette pensée qui lui traversait l’esprit alors qu’il marchait paisiblement au travers de la foule. Dans le quartier ouest toutefois, ce n’est pas n’importe quelle foule. C’était la crème de la crème. Le sommet de la hiérarchie. Et c’est en saluant silencieusement un garde de sécurité que James savait qu’il avait fait le bon choix. Un bon choix vestimentaire également car l’Exécuteur était vêtu avec simplicité mais élégance. L’essentiel pour se fondre dans la masse et se rendre à destination. Car oui, contrairement à la croyance populaire, le coordinateur ne passait pas chaque heure de sa journée à se cloitrer dans le Colosseum. Charmant endroit qu’est cet arène mais aucunement propice à se changer les idées. Voilà pourquoi en ce début de soirée, James s’aventurait dans un des rares lieux qu’il fréquentait régulièrement. Après avoir fourni le mot de passe nécessaire, l’Exécuteur franchi les portes du Mary Rose.

Riche et luxueux. L’établissement par l’exemple pour pavaner sans la moindre culpabilité. Nombreux étaient les clients qui, tout en respectant la fabuleuse Prohibition, aimaient basculer dans l’exagération. À quoi bon montrer ses couleurs sur tous les toits et crier que l’on possède puissance et plus de puissance encore ? Il aimait la provocation mais ironiquement, James avait le faire discrètement. Cela concordait bien avec son redoutable métier. Prenant place à une table vacante sans faire d’histoire, il prit soin de commander un simple verre de whisky, peu importe lequel. Son amour pour l’alcool était pratiquement absent, alors pourquoi se rendre ici de plein gré ? La curiosité de la société. L’étude. La fascination. Un moteur qui fait fonctionner son imagination à plein régime. Portant le verre qu’il venait de recevoir à ses lèvres, James en prit une légère gorgée et balaya les alentours du regard. Ses yeux trouvèrent rapidement une cible qui semblait gérer l’établissement. Ce n’est pas n’importe quelle femme.

La gagnante des Seasons en 2012. Un sourire décora à l’instant son visage neutre et impassible. Il ne s’attendait pas à un tel présent. Offerte sur un plateau d’argent, c’était l’occasion idéale pour s’abreuver en informations. Un vampire et sa soif insatiable. Hochant légèrement de la tête, James la suivit du regard attentivement. Alors qu’elle passa non loin de lui, semblant se diriger vers une autre section, il lui fit signe de la main. Faisant bonne figure de politesse, l’homme se leva alors que la femme arriva près de lui. Le verre de whisky au creux de sa paume, l’Exécuteur ne pouvait manquer cette opportunité.
«  Vous me semblez êtes une femme bien occupée avec la gestion de ce noble établissement. Mais vous comprendre que je ne peux point passer à côté de cette chance extraordinaire! Votre visage m’est familier. Les Hunter’s Seasons. 2012. New York. Vous étiez le visage du triomphe, n’est-ce pas? »

Le sourire de James était impossible à déchiffrer. Que pouvait-il bien cacher derrière cette expression curieuse et intéressée à un événement aussi macabre et tragique? Il ne pouvait surtout pas déclarer à cette femme qu’il était W, l’Exécuteur. Certes, il n’était point dans le feu de la résistance mais en ces temps de conflits répétés, toutes les précautions étaient bonnes à prendre. Dans son esprit, le schéma était déjà fait et décidé, ce serait un discours plus prudent qu’il prononcerait. « Étrange intrusion dans le passé, j’en conviens. James Winston. Journaliste travaillant pour le gouvernement. Tant de questionnements qui me traversent l’esprit en ce moment. Et je dois vous avouer que je meurs d’envie de vous les poser ! »

Déjà une allusion à la mort. Le manège était bien enclenché.




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MASTER OF ILLUSIONS

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MessageSujet: Re: May there be Shade [with Beatriz]   Mar 14 Nov - 21:21

May there be shade  
Beatriz & James
There's no surrender and there's no escape. Are we the hunters? Or are we the prey? - Ruelle  "Game of survival"

Du whisky?

Je fronçai les sourcils en reconnaissant l'écriture en pattes de mouche de mon collègue, lequel avait consigné cette commande incongrue dans un cahier aux pages blanches. Il ne s'agissait pas tant de fliquer les clients qui venaient se divertir au Mary Rose que de surveiller les stocks. Il faut dire qu'avec la Prohibition, l'alcool devenait une denrée rare, et il se vendait très cher. Lorsque l'on voulait contourner le règlement, il fallait y mettre le prix. Je ne jugeais pas, j'étais bien mal placée pour trouver quoi que ce soit à redire. Il m'arrivait parfois de servir un verre en douce à un client et ils n'y voyaient que du feu, tous autant qu'ils étaient. Pourtant, en ce début de soirée, je n'étais pas celle qui avait honoré cette commande particulière. Je ne pouvais pas demander des comptes à mon collègue, celui-ci avait disparu dans la foule afin d'apporter leurs boissons à ceux qui les avaient commandées. Presque instinctivement, mon regard curieux commença à étudier la foule, à la recherche de celui – ou celle – qui avait demandé le fameux whisky.

Le Mary Rose était un établissement fréquenté par le gouvernement et ceux qui gravitaient autour. Aussi respectaient-ils scrupuleusement les règles établies par la Prohibition et en déviaient rarement. Autrefois, l'alcool était de toutes les fêtes, et le champagne était associé au luxe, mais aujourd'hui, le simple fait de boire était un comportement foncièrement négatif. Officiellement, ce choix d'interdire l'alcool s'expliquait par la nécessité de préserver la sécurité des citoyens de la Nouvelle Orléans. L'alcool était bien connu pour échauffer les corps et les esprits, et il n'était pas rare d'assister à des éclats de violence en fin de soirée. En tant qu'ancienne barmaid, j'avais été témoin de scènes de bagarre qui se terminaient toujours par des clients mis à la porte et blacklistés pour une durée plus ou moins longue. À titre plus ou moins personnel, j'avais été témoin des ravages que pouvait causer l'alcool sur les consommateurs. Cela faisait des années que mon frère aîné luttait contre un alcoolisme des plus envahissants. Il avait commencé à boire quand sa femme est morte. Le whisky était sa seule planche de salut. J'ai vu son état se dégrader à mesure que sa dépendance gagnait en intensité. Plus les verres défilaient et plus Emmett devenait une épave. Pendant longtemps, je m'étais sentie responsable de son état. Emmett avait l'habitude de squatter le pub où j'étais barmaid, parce que bien plus que l'alcool, il recherchait surtout ma compagnie. Durant ces heures sombres, je m'étais efforcée de l'aider autant que je pouvais. Plus le gouvernement renforçait les contrôles sur la population et plus il venait difficile de se procurer les substances interdites. Emmett avait cessé de venir boire chez moi, dans mon bar. Il était allé ailleurs, et mon sentiment de culpabilité s'en est allé avec lui. Naïvement, je pensais que la Prohibition allait atteindre ses objectifs, que ça allait empêcher Emmett de se mettre mal jusqu'à être ivre mort, mais je me voilais la face. La Prohibition n'avait jamais rien empêché. Ce qui valait pour l'alcool valait aussi pour la violence. Ce n'était pas parce que toute forme de violence était proscrite que la criminalité a diminué, bien au contraire. J'en avais fait l'amère expérience, et elle avait laissé un souvenir cuisant jusque dans ma chair.

Je fus distraite de mes pensées par un client venu passer commande. Cela eut le mérite de me distraire de ce mystère. Pour un peu, j'en aurais oublié mon mystérieux consommateur de whisky. Je ne m'en préoccupai pas davantage, puisque je fus appelée à vaquer à d'autres occupations. Je fus ainsi amenée à quitter le bar pour traverser la foule qui se densifiait à mesure que la soirée avançait. Une fois encore, le gratin de la population s'était donné rendez-vous pour se distraire autour d'un verre et de petits fours et de canapés hors de prix. Je m'autorisai même à attraper un blini tartiné de tarama. Avec mille précautions, je croquai dedans, veillant à ne pas m'en mettre partout. Le Mary Rose étant un établissement très sélect, ce serait fort regrettable que je ne sache pas manger correctement. Je venais de terminer d'enfourner mon petit-four quand mon regard fut attiré par un homme qui venait de me faire un signe de la main. Je le fixai quelques instants, intriguée. L'homme était seul, il ne semblait pas attendre quelqu'un d'autre. Plus je le dévisageais, plus j'avais l'impression de le connaître. Seulement, j'avais beau réfléchir, son nom ne me revenait pas. Somme toute, il avait l'air assez banal, brun, peau clair, cheveux ébouriffés, habillé aussi élégamment que les autres invités du Mary Rose.

Piquée par la curiosité, je m'approchai de lui. Je m'efforçais de plaquer un sourire avenant sur mes lèvres carmin, bien que je restais sur mes réserves, à une distance respectable. Mes lèvres esquissèrent un rictus amusé lorsque je vis le verre de whisky au creux de son poing. C'était donc lui, qui avait enfreint les règles de la Prohibition sur mon propre territoire. Je maintins mon rictus tandis qu'il égrenait les raisons pour lesquelles il tenait tant à me parler, jusqu'à mentionner la fameuse année 2012.

Les Hunter's Seasons.
Troisième Edition.
Hunter's seasons que j'avais remportés, non sans maudire tous mes adversaires pour m'assurer la victoire.

A ce souvenir, je me raidis. Mon sourire s'était évanoui, et mon regard s'était durci. Par réflexe, je croisai mes bras sur ma poitrine. J'étais tentée de l'envoyer bouler, parce que je ne tenais pas particulièrement à évoquer cette période de ma vie avec lui, mais je n'en fis rien, parce qu'il avait trouvé un autre moyen de piquer ma curiosité.

Il s'appelait James Winston.
Il était journaliste et il travaillait pour le Gouvernement.

« C'est donc vous, qui m'avez pris mon whisky. » dis-je d'un ton faussement accusateur, désignant du menton le verre qu'il tenait à la main. « Ceci étant dit, je trouve cela particulièrement étrange que vous m'interrogiez aujourd'hui pour des faits qui ont eu lieu en 2012, dans une autre ville de surcroît. »

Je m'assis néanmoins à sa table, en face de lui. J'étais bien trop curieuse pour le laisser filer. Sans le savoir – ou peut-être qu'il savait et qu'il cachait particulièrement bien son jeu – il avait touché une corde sensible. Il est vrai que je pourrais fuir, le planter là sans lui donner les explications qu'il attendait, mais fuir reviendrait à faire aveu de faiblesse et il en était hors de question, j'étais bien trop fière pour courber l'échine, en particulier face à un des sbires du gouvernement.

« Je me suis peut-être trompée sur l'idée que je me faisais du métier de journaliste. » susurrai-je d'une voix douce, jambes croisées et mains impeccablement manucurées mises en évidence – on pouvait voir les nombreuses bagues que je portais à chacun de mes doigts, et les bracelets d'or et d'argent qui s'enroulaient paresseusement autour de mon poignet grêle. « Votre boulot ne consiste-t-il pas à rapporter les informations récentes à un public avide de connaître les détails les plus sordides ? N'avez-vous pas tout intérêt à rapporter un scoop avant vos concurrents ? »

Sourire angélique accroché aux lèvres. Le coin de mes yeux se souleva avec malice. Je me foutais de sa tronche, insolente, et je ne m'en cachais pas. Lui, journaliste ? Je n'y croyais pas un seul instant, mais il serait intéressant de voir jusqu'où il était prêt à s'enfoncer dans son mensonge.

« Ne le prenez pas mal, mais je trouve ça vraiment curieux que vous vous intéressiez particulièrement à mon histoire alors que ma patronne a remporté les Forgiven Days beaucoup plus récemment. » Mon regard le sonda attentivement. « Dites-moi pour quel journal vous travaillez, déjà ? » Mon sourire persista, adorable. « Vous vous doutez qu'au Mary Rose, nous recevons beaucoup de clients qui proviennent d'horizons très différents. Il y a des politiciens, bien sûr, mais aussi des scientifiques, des artistes, et même des journalistes. » Pause. Mes doigts effleurèrent la surface de la table. « James Winston ». Je répétai son nom à voix haute, savourant chaque consonne, chaque sonorité. J'esquissai une moue dubitative. « Je suis désolée, votre nom ne me dit rien. »

Cela faisait désormais plusieurs mois que je travaillais pour le compte d'Esperanza, et je commençais à mémoriser les noms de certains clients. Quand on travaillait avec une clientèle haut de gamme, il était important de connaître les noms de ceux que nous étions amenés à côtoyer. Quant à ce James Winston, je n'en avais jamais entendu parler auparavant, aussi attendais-je qu'il m'en dise davantage à son sujet. Peut-être me déciderai-je à parler, s'il se dévoile à son tour. C'est du donnant-donnant.  
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MessageSujet: Re: May there be Shade [with Beatriz]   Jeu 16 Nov - 22:33


« Of course I won't hide when the light is on. »



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Elle non plus ne le connaissait pas. Il va sans dire qu’il s’en réjouissait de cette délicieuse ignorance. Si seulement elle savait… Toutefois, malgré son ignorance face à l’identité réelle du pseudo-journaliste en face d’elle, la jeune femme n’était pas dupe. Ses propos révélaient bien leur véritable nature, elle n’en croyait rien du discours de cet homme au whisky. Elle plaçait certaines questions toute en évidence et l’homme ne pût s’empêcher un sourire à la fois rigide et honnête lorsqu’elle analysait le métier de journaliste. Il est vrai qu’un journaliste habituel ne replongerait point dans le passé au risque de perdre une nouvelle de première heure. L’exclusivité. La joie de pouvoir se positionner en première place et éliminer toute compétition. Devait-il se justifier ? Devait-il explique sa présence et enclencher le manège dans une seconde courbe mensongère et trompeuse ? Il ne pouvait résister à cette tentation si force et si peu subtile. « Vous ne faites pas fausse route en affirmant que mon intérêt devrait être le futur et non cette perte de temps avec le passé. Pourquoi, pourquoi vous demandez-vous ? Je me pose la question moi-même, pourquoi avoir choisi cette vocation ? » Dit-il avec aplomb et assurance. Le mensonge s’épaississait de plus en plus et chaque couche qui y était rajouté le rendait plus exquis mais également plus difficile à digérer. Joignant ses mains sur la table, il croisa habilement ses doigts ensemble alors qu’il hocha de la tête doucement. James savait déjà chaque lettre de chaque mot qui allait franchir ses lèvres dans les prochaines secondes. Un véritable stratagème.  « Je ne crois pas avoir besoin de faire la présentation du Weekly Unit. Une fervente lectrice vous êtes, n’est-ce pas ? »

Cette question glaciale aurait pu faire trembler de peur quiconque n’étant pas favorable à l’ordre politique établi. Comme si James souhaitait prolonger la fissure qu’il venait de créer, il redoubla d’ardeur et jamais il ne quittait les yeux de Trixie. Ce sentiment étrange naissait en lui. Il voulait qu’elle sache. Il voulait jouer. « Nous préparons un article en mémoire de ces temps révolus. Une sorte d’hommage à ces vestiges de notre société. Il est dommage que les Hunter’s Seasons se soient volatilisés après une si courte existence. Un fort prix à payer pour une audace à peine dissimulée. Avant de poursuivre ma raisonnable explication, laissez-moi vous dire pourquoi l’Exécuteur souhaite replonger dans la mémoire du temps. » Prenait-il un risque assez évident en prononçant le surnom qu’il s’était lui-même attribué dans le Colosseum ? Audacieux, prétentieux et orgueilleux. Un outrage à la modestie. Il le dégustait avec ferveur mais patience. « Je crois qu’en accord avec le gouvernement, l’Exécuteur souhaitait faire revivre cette étincelle qui habitait la population à l’époque. Les Forgiven sont tout aussi louables mais d’un point de vue corporel, physiquement parlant dirais-je, ils n’ont pas le même impact. Vous étiez dans le feu de l’action, vous devez savoir ce que ça fait d’avoir tous ces regards avares de sang et de massacre vous dévisager. Je n’ai jamais mis les pieds dans l’arène. Pour le commun des mortels, comment décrieriez-vous cette sensation ? Ce triomphe, cette victoire ?  »

Jouait-il avec le feu ? En prenant une bonne gorgée de son whisky, James soutenait toujours le regard de la femme calmement, sans jamais broncher. Il releva doucement la manche gauche de sa chemise dans un geste mécanique mais qui incarnait une grâce pure complètement contraste à ces propos. Un sociopathe dans une scène d’horreur dont il tenait le contrôle absolu. Ce qui le perturbait légèrement, c’était cette jeune femme. Elle était magnifique. Elle était un paysage somptueux en ces temps sombres et obscurs. Les nombreux bijoux qui décoraient son corps étaient de véritables étoiles scintillantes dans le ciel. Chassant la nuit, faisant de nouveau briller le jour. Il était impitoyable. Mais aussi conciliant. L’Exécuteur laissa le temps à sa partenaire de table d’assimiler ces derniers propos et avança légèrement son torse vers l’avant, rapprochant ses avant-bras vers lui. On aurait pu interpréter ce mouvement soudain comme une tentative de confidence. D’un point de vue extérieur, c’était comme si un homme était sur le point de révéler à sa concubine qu’ils étaient immensément riches. Et c’était exactement le cas. Trixie et James, sans le savoir, s’enrichissaient d’une connaissance néfaste et fausse mais tellement bénéfique. Car il ne faut pas oublier le tout début, toute cette discussion s’est construite autour d’un vulgaire et stupide mensonge. Appréciant en silence les yeux colorés de la jeune femme, James prit une autre gorgée de son whisky, le dégustant en hochant la tête avec certitude. Le jeu n’était pas fini.

Poussant son verre un peu plus loin, l’homme secoua légèrement la tête, comme s’il était désolé de ce qui lui avait été révélé.
« C’est dommage que mon nom ne vous soit pas familier. Vous devez tellement entendre d’histoires en déambulant dans les allées accueillantes de cet établissement. Je ne suis pas assez populaire pour mériter rumeurs et commères dans les environs ? Et malgré tout, vous êtes assise ici pour répondre à mes questions, je me sens choyé ! Ou pour satisfaire votre propre curiosité, qui sait ? » Il n’oserait jamais lui avouer mais cette jeune femme la fascinait. Elle a vécu les Seasons. Vécu. Directement. Instinctivement, James avança sa main vers l’avant pour exécuter une présentation plus formelle. « Vous êtes une personnalité publique plus à l’avant-scène que je peux l’être. Malgré tout, je me meurs d’envie d’entendre votre nom. Pour un journaliste qui souhaite écrire un article digne de mention, chaque détail est important. Chacun d’entre eux. Comme mon identité. Qui suis-je ? Je suis James Winston, journaliste pour le Weekly Unit et aussi, petit scoop pour vous mais uniquement vous, ancien tireur d’élite pour l’armée américaine. » Il s’était avancé davantage pour cette révélation, les deux étant maintenant confinés dans une étrange intimité.



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MessageSujet: Re: May there be Shade [with Beatriz]   Sam 18 Nov - 19:23

May there be shade  
Beatriz & James
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L'avais-je piqué en remettant en cause ses méthodes, pire, en sous-entendant qu'il ne faisait pas correctement son métier ? Ça se pourrait, au vu des mots qu'il m'adressa alors, teintés de demi-mesure, qui révélaient sans trop en révéler. Le voilà qui posait des questions, des questions rhétoriques, des questions sans réponses. Pour sûr, il savait théâtraliser, il avait la grandiloquence des grands dramaturges, il savait créer son petit effet. James Winston, se faisait-il appeler – je n'étais même pas sûre qu'il s'agisse de son vrai nom ou de son pseudonyme. Dans tous les cas, je me promis d'aller jeter un coup d'oeil à ses papiers dès que j'en aurai l'occasion. S'il écrivait pour un journal, qu'il s'agisse d'un journal institutionnel ou bien indépendant, il y avait bien des traces quelque part, non ? Les mots, cependant, ne représentaient que la partie émergée de l'iceberg, une infime partie de ce qu'il voulait réellement dire. Les mots n'étaient là que pour noyer le poisson, détourner l'attention. Je l'écoutais, il est vrai, mais je ne focalisais pas mon attention uniquement sur son discours, j'observais également sa gestuelle, son attitude, sa posture. Le langage du corps révélait beaucoup à quiconque savait le lire, et il s'avérait que j'étais dotée de cette compétence là. Fine observatrice, je n'étais pas de celles que l'on pouvait berner facilement. Dans mon bar, autrefois, j'avais reçu toutes sortes de clients, j'avais appris à les écouter, à anticiper leurs besoins. Certains avaient été faciles à lire, d'autres m'avaient donné du fil à retordre, mais jamais, au grand jamais, j'avais accordé ma confiance à la mauvaise personne, parce que je ne me laissais pas endormir par les discours des menteurs.

Tout naturellement, j'avais demandé pour quel journal il travaillait. Si j'étais véritablement le sujet de son prochain article, il était légitime que je sache quel journal retranscrirait mes propos, pas vrai ? Loin de se laisser décontenancer, James lâcha le nom du Weekly Unit. Il ne prenait pas trop de risques en me donnant le nom du journal le plus pro-gouvernement qui soit. Le journal était le principal vecteur de la pensée unique, extrêmement méliorative envers ceux qui nous dirigeait, un véritable outil de propagande distribué à grande échelle : à chaque habitant son exemplaire. Je recevais le mien tous les matins, et même si je ne le lisais pas de bout en bout, je pourrais jurer que le nom de James Winston n'y figurait pas. Peut-être écrivait-il sous un nom de plume ? Dans cette hypothèse, pourquoi dissimulerait-il sa véritable identité ? S'il faisait partie de la résistance ou s'il intervenait sur la radio pirate, j'aurais pu comprendre qu'il utilise un pseudonyme, mais pour un adorateur du gouvernement, je trouvais ça vraiment bizarre. Je me gardai bien de faire tout commentaire, mais mon regard s'exprimait pour moi. Je n'étais pas dupe, semblait-il lui dire, plein d'éléments ne collaient pas, dans son histoire, mais je lui laissais la chance de s'exprimer jusqu'au bout. Peut-être allait-il dire quelque chose qui allait définitivement capter mon attention, peut-être qu'il ne dira qu'un ramassis de conneries et que j'allais me lasser en moins de temps qu'il faut pour le dire. Il sera alors temps de prendre congé du journaliste, parce que le Mary Rose avait besoin de moi, parce que je ne pouvais pas me permettre de prendre des pauses à rallonge. Je détournai bientôt le regard, non par pudeur ou par timidité, mais parce que je voulais m'assurer rapidement que personne ne me cherchait parce qu'il aurait besoin de moi. Une fois que je me fus assurée que personne ne me demandait en urgence, je reportai mon attention sur James, le laissant continuer sur sa lancée.

Il évoqua la préparation d'un article qui se voulait être une rétrospective à la gloire du gouvernement. Bien entendu, il serait largement question des Hunter's Seasons, et, à en croire ses propos, il regrettait que cette boucherie macabre se soit arrêtée prématurément. Je me mordillai la lèvre inférieure tandis que je réfléchissais à tout ça. Au final je n'avais jamais vraiment su pourquoi les jeux du Gouvernement s'étaient arrêtés, je savais juste que peu après ma participation, le président avait été assassiné de même que des membres de son cabinet. Dans le fond, je ne savais que ce qu'on m'avait raconté, et je ne m'y étais pas davantage intéressée parce qu'il avait fallu quitter la ville pour ne pas se retrouver piégés par la vague de froid qui avait poussé les habitants à déserter New York. En réalité, je n'avais que très peu de souvenirs de cette période et j'avais une excellente raison de ne pas me rappeler : un accident m'avait plongée dans le coma plusieurs semaines, et en mon for intérieur, j'ai toujours su que cet acte avait été prémédité, qu'on avait cherché à me faire taire. Pourquoi m'exprimerais-je donc maintenant, pour les beaux yeux de James de surcroît ? Il me mettait dans une situation délicate. Je n'étais pas certaine d'avoir envie d'évoquer cette période de ma vie, surtout pour un journal qui n'avait aucune indépendance politique. Je regardai à nouveau ailleurs, par dessus mon épaule, m'assurant que tout allait bien. Je tournai vivement la tête lorsque j'entendis ce nom.

L'Exécuteur.

L'étonnement se peignit sur mes traits. Il avait donc survécu à New York, à l'Exil ? Il n'avait pas été assassiné en même temps que le Président et son cabinet ? J'adressai un regard torve au journaliste, et mon visage n'avait plus rien d'avenant, plus rien d'aimable. Il y avait cette flamme qui dansait au fond de mon regard, mais ce n'était pas une flamme douce et agréable, c'était une flamme ravageuse, destructrice. Mes ongles, eux, avaient commencé à racler la peau de mon coude, l'épiderme autour de mes tatouages sombres devenait rouge à mesure que je frottais. Le Gouvernement souhaitait transformer les Forgiven Days, les façonner à l'image des Hunter's Seasons. Il disait que je savais, parce que j'avais vécu l'événement de l'intérieur, parce que j'avais été aux premières loges.

Je savais.
Je savais et on avait essayé de me supprimer.
Qu'il s'agisse du gouvernement lui-même ou de la résistance, quelle importance cela avait-il ?

« Je ne pense pas avoir quoi que ce soit à vous dire à ce sujet. » répondis-je d'un ton dur, le regard abrasif – poussée par ma soudaine bouffée de colère, la magie se mit à crépiter entre nous. Sens-tu l'onde magique qui ondule autour de toi, James ? L'onde magique qui ne demande qu'à s'enrouler autour de ton cou à la manière d'un boa constrictor ? « Je n'ai pas risqué ma peau uniquement dans l'arène. Si vous avez fait quelques recherches  préalables à mon sujet, vous devriez savoir qu'il s'est passé quelque chose d'étrange dans ces arènes, quelque chose qu'ils ont essayé de camoufler. De faire passer ça pour un trucage. Le truc, c'est que vous n'avez pas vraiment anticipé ce que j'allais faire. Le deal, c'était de survivre, non ? Et ce par par tous les moyens»

Cette chose dont je parlais, c'était la magie, James. C'est grâce à elle que j'ai survécu, parce qu'à l'époque, j'étais une sorcière puissante et redoutable, je n'avais jamais cessé de travailler mes dons, j'avais aussi nettement moins de scrupules pour écraser mes adversaires un à un et rafler la victoire. Et maintenant, que suis-je devenue, James ? J'étais une sorcière au bout du rouleau, impuissante, exsangue, incapable d'exercer la moindre magie sans se faire du mal. Alors, j'arrêtai de jouer avec l'onde magique. Au dessus de nos têtes, la lumière se mit à vaciller, mais elle se stabilisa bien rapidement. Il n'empêche qu'en mentionnant le nom de l'Exécuteur, il avait réveillé quelque chose en moi, pourtant enlisé sous des couches d'apathie. Je n'avais pas perdu la moindre miette de ce qu'il disait. Je l'avais vu remonter la manche de sa chemise. Mon regard se posa sur son avant bras, sur la peau pâle, suivant les ramifications de veines bleues que je distinguais très nettement.

Je restai de marbre quand il s'approcha, avançant son torse pour instaurer une espèce de proximité entre nous. A nouveau, comme un réflexe pavlovien, je fis crépiter la magie, provoquant la chair de poule sur les sujets qui se trouvaient à proximité de nous. C'était tellement éloigné de ce que je savais réellement faire. Je posai rapidement les yeux sur le verre qu'il venait de repousser, puis à nouveau sur son visage. Mes lèvres esquissèrent une moue ironique lorsqu'il sembla se vexer de son manque de popularité. Narcissique. Pourtant, il me flattait, lorsqu'il révéla se sentir choyé parce que je répondais à ses questions. Choyer. Voilà un mot qui n'était pas dépourvu de neutralité. Il avança alors sa main pour officialiser les présentations. Je fus néanmoins surprise quand il me qualifia de personnalité publique. Je ne me considérais pas comme une célébrité, j'étais juste l'assistante de la gérante du Mary Rose, rien d'autre. Pourtant, il voulait savoir mon nom. Me rappela son nom et sa profession actuelle, ainsi que sa précédente fonction.

Tireur d'élite pour l'armée américaine.

Voilà qui m'intrigua davantage. Il avait été soldat, avant d'être journaliste. Il avait fait la guerre, il avait probablement servi en Afghanistan, ou pendant la guerre du Golfe, selon l'âge qu'il avait. S'il avait été tireur d'élite, c'est qu'il avait déjà tué. Combien ? Combien d'hommes, de femmes et d'enfants avait-il abattu ? Une dizaine ? Une centaine ? Des milliers, peut-être ? Rien qu'avec cette information, je devinai que pour lui, ce n'était qu'un nombre, sans réelle implication. Ôter la vie était difficile la première fois, c'était une décision très lourde à prendre, mais on finissait par s'y faire. Loin de me laisser rebuter par cette information, mes doigts attrapèrent la main qu'il me tendait afin d'échanger la poignée de main réglementaire.

« Je m'appelle Beatriz Marianne Deveraux, mais je suppose que vous devez le savoir, si vous avez fait vos recherches. » Je lui déclinai mon identité pour lui faire plaisir, néanmoins. Mon regard continuait à l'étudier attentivement. « Alors comme ça vous avez fait l'armée ? Ça me rend encore plus curieuse de connaître votre parcours. Je sais qu'il y a des journalistes de guerre, mais vous ne me semblez pas concerné. Je suppose donc que vous êtes devenu journaliste au terme d'une reconversion professionnelle. Qu'est-ce qui vous a motivé à changer de métier ? De ce que vous me dites, qu'il s'agisse de travailler pour le Weekly Unit ou s'engager dans l'armée, je ne vois qu'une volonté de servir le pays, mais peut-être que je me trompe. »

Mon regard se riva dans le sien, alors que je me penchais à mon tour pour lui faire une petite confidence.

« Sans vouloir vous offenser, je ne pense pas qu'il y ait encore un quelconque drapeau à défendre, surtout depuis l'Apocalypse. Notre ville est une forteresse, elle me fait surtout penser à un micro-état, d'autant plus que le reste du pays est inhabitable. » Je me mordillai une nouvelle fois la lèvre inférieure. « Je vais vous faire une confidence à mon tour. Je ne suis pas née ici. J'ai vécu en Alaska pendant la première partie de ma vie, mais j'ai rapidement eu la bougeotte et j'ai commencé à voyager dans tout le pays. Ma première escale a été dans le Nevada, puis au Nouveau Mexique, puis dans le midwest et enfin j'ai atterri à New York, avant d'être contrainte à bouger ici à cause du climat. J'étais barmaid quand je suis arrivée à la Nouvelle Orléans, mais avec la Prohibition j'ai dû...m'adapter. »

Parce que c'est ce que nous faisons, non ? Nous adapter à notre environnement, comme des caméléons, pour survivre à un environnement particulièrement hostile de la même façon que j'ai survécu aux arènes.  
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May there be Shade [with Beatriz]

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