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 You'd fight and you were right, but they were just too strong (arixie)

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MASTER OF ILLUSIONS

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↳ Opinion Politique : neutre. Pro gouvernement pour les apparences, coincée dans ce rôle qui la fait se sentir comme un imposteur.
↳ Niveau de Compétences : Un travail acharné dès l'adolescence lui a permis d'atteindre un niveau 3 général ( niveau 4 en perception de fantômes, niveau 3 en rêves prémonitoires, elle pratique le reste de façon très sporadique et très superficielle.) Cependant, en raison des événements qui ont bouleversé sa vie et de la magie qui disjoncte, ses compétences générales sont retombées au niveau 2.
↳ Playlist : way down we go + kaleo
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MessageSujet: You'd fight and you were right, but they were just too strong (arixie)    Lun 13 Nov - 18:33

You'd fight and you were right, but they were just too strong  
Beatriz & Aritza
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Voilà bien longtemps que je n’avais pas tenté de me faufiler hors de la ville. D’un point de vue extérieur, la Nouvelle-Orléans ressemblait à une ville en état de siège, et c’était probablement le cas. On n’y entrait pas comme dans un moulin, les entrées et les sorties étaient strictement réglementées. J’avais obtenu un laisser-passer en échange des services rendus au gouvernement mais je n’avais pas beaucoup l’occasion de l’utiliser. A dire vrai, je n’étais plus sortie de la ville depuis ce soir d’été, il y a un peu plus d’un an. Ce n’était pas si éloigné dans le passé quand on y pense, mais j’avais l’impression d’avoir vécu plusieurs vies depuis. C'était d'autant plus vrai que je n'avais pas beaucoup de souvenirs de cette période, c'était comme si ma mémoire s'était dissoute dans le néant. Je me sentais flotter, glissant entre la conscience et l'inconscience alors que mon esprit refusait de se rappeler. Beaucoup trop occupée, je perdais la notion du temps. Les jours passaient, puis les mois, puis une année. Des jours, puis des semaines puis des mois venaient s'ajouter à l'année écoulée, rajoutant plus de poids dans la balance, mais ce n'était que du vent, quelque chose qui n'était même pas tangible.

Ce dont j'étais véritablement certaine, c'est que ça s'est passé il y a exactement quinze mois, soit une grossesse menée à terme et les six mois d'existence qui ont suivi la naissance de mon fils. Ainsi, une demi année s'était écoulée, alors que je ne voyais pas le temps passer. Il filait entre mes doigts, de la même façon qu'on ne pouvait pas attraper et garder une poignée de grains de sable au creux de son poing. Le temps passait, et la brume ne se dispersait pas. Pire, le brouillard semblait aller en s'opacifiant. Il était de plus en plus moite, de plus en plus compact, de plus en plus oppressant. Je le sentais peser sur ma poitrine comme s'il était doté d'une volonté propre et qu'il comptait m'étouffer. Il me glaçait jusqu'au plus profond de mon âme, et j'avais beau me couvrir, il faisait toujours aussi froid. Et quand je me regardais dans le miroir, je voyais le vide abyssal qui me contemplait en retour. Peut-être qu'il n'y avait rien au bout du tunnel, peut-être que je m'acharnais pour rien. Plus j'avançais dans le couloir de la mort, et plus je me disais que nous n'avions aucune chance d'en réchapper. Je n'étais pas assez optimiste pour croire à une éventuelle rédemption. Je savais juste que là où j'allais, rien ni personne ne m'attendait. Et le moment venu, je serai seule pour faire face à mes fautes.  

Ça ne changerait pas beaucoup de d'habitude, songeai-je tandis que je filais comme une ombre dans la nuit noire, déterminée à rejoindre mon lieu de rendez-vous. Les rues et ruelles étaient exceptionnellement désertes, on n'entendait que le bruit de mes talons qui claquaient sur le bitume et ma respiration saccadée, tandis que je m'échinais tant bien que mal à réprimer une bouffée d'angoisse. Ça ne m'avait pas particulièrement bien réussi jusqu'à présent, mon cœur cognait dans ma poitrine et le sang battait à mes tempes. Un frisson glacé venait de me dévaler l'échine, et, même si je savais pertinemment que ça ne servirait à rien, j'avais resserré les pans de ma veste autour de mon corps frêle. Pour quelle raison étais-je en train de déambuler dans les rues de la ville, déjà? Pourquoi je m'acharnais à sortir le soir, voire tard dans la nuit alors que je craignais les ombres qui dansaient sur les murs et qui se planquaient entre les réverbères? Je pouvais presque les imaginer en train de me suivre, je ressentais ce picotement désagréable dans ma nuque comme si on était en train de me fixer avec insistance. Bien sûr, lorsque je me retournais il n'y avait personne, pas même l'ombre d'un fantôme, si bien que je venais à me demander si ce n'était pas mon imagination qui me jouait des tours.

Alors je poursuivais ma route, en m'efforçant d'ignorer cette sensation déplaisante. Il n'empêche que ça me reprenait à chaque foutu pas que je faisais, et que ça montait crescendo. J'en venais même à accélérer le rythme de ma marche, alors même que les frontières de la ville m'apparaissaient très nettement. Je devais me calmer, ne pas penser à ce que je m'apprêtais à faire,  aux personnes que je risquais de rencontrer. Il suffisait que je montre mon laisser-passer, voire que je graisse la patte aux plus récalcitrants. Je n'avais qu'un sas de décontamination à franchir, des contrôles à passer. Je me savais clean, tout du moins, selon les critères officiels, je n'avais dès lors pas à m'inquiéter. Oui mais voilà, je risquais tout de même de faire une mauvaise rencontre, une rencontre qui risquait de tout faire sauter, boum, à la manière d'une marmite sous pression qui ne pouvait plus rien encaisser. Ça ne tenait à rien, que mes souvenirs remontent à la surface et m'explosent à la gueule, bang, cocktail molotov de cris et de larmes, de peur et de sang. Peut-être était-ce la raison pour laquelle je me sentais si peu tranquille, presque fébrile, alors qu'un fin voile de sueur commençait  à perler sur mon front blême. En cet instant précis, j'étais aussi pâle que les fantômes que j'étais supposée chasser en dehors de ces murs.

Je passai le sas de décontamination presque sans encombre. Il faut dire que mon frère aîné, un shadowhunter chevronné, s'était porté garant pour moi, bien que je ne lui parlais plus depuis des mois. Je me rappelais très bien de la teneur de notre dernière dispute, celle-là même qui a bien failli nous séparer. Comme toujours, nous nous étions disputés à propos de Noah, à propos de mon manque d'implication le concernant. Que cet enfant ne soit pas désiré n'était pas le propos aux yeux d'Emmett. Il avait osé me claquer en pleine figure que j'avais de la chance d'avoir un enfant, car sa femme et lui n'ont jamais pu en avoir un, et que je devrais m'estimer heureuse. La dernière chose que je me souvenais lui avoir dit, c'est que s'il désirait autant avoir un enfant, il n'avait qu'à prendre le mien, je lui cédais mon fils volontiers, et puisqu'il était de notre sang, c'était tout bénef'. Je me demandais s'il se souvenait de cette conversation, s'il regrettait de m'avoir jeté ces mots au visage, ces mots qui m'avaient encore plus meurtrie. Je ne savais pas si j'allais lui pardonner un jour, ou même si j'avais envie de lui pardonner, parce que j'avais la rancune particulièrement tenace. Bien sûr, qu'il n'en savait rien. Je n'ai jamais parlé à Emmett des circonstances dans lesquelles Noah est venu au monde. Il ne savait rien de mon viol et du traumatisme qui a suivi. Caroline, elle, avait peut-être deviné. Si elle savait, en tout cas, elle n'en a rien dit à notre frère, car il ne se serait jamais permis de me dire de telles horreurs s'il avait su, pas vrai?  

Pas vrai?

Voilà qu'à présent j'en doutais. Revoir Emmett après tout ce temps m'avait bouleversée bien plus que je l'aurais pensé. J'aurais voulu lui dire que j'étais désolée pour tout, qu'il me manquait, que j'aimerais que les choses redeviennent comme avant, mais je ne lui dis rien de tout cela, à la place, je me contentai de tourner les talons et de foutre le camp sans lui accorder un regard. Je n'avais même pas le cœur à me réjouir de cette – petite – victoire, je n'osais même pas me dire que j'avais réussi à franchir les murs. Ça me paraissait bien secondaire à présent. Je pensais à Emmett, au regard froid qu'il m'a  jeté lorsqu'il m'a reconnue, et à cette douleur qui me lacérait le cœur. En cet instant, les larmes me brûlaient les paupières, tandis que je m'efforçais de les retenir, parce que j'avais trop de fierté pour me permettre à pleurer.  

Peu importait à quel point la victoire fut amère, j'avais une mission à accomplir et les contrôles ne constituaient qu'une petite étape. Je n'étais pas encore arrivée à destination, il pouvait se passer tout et n'importe quoi entre temps. Les bois n'étaient pas sûrs malgré la poignée d'habitants qui y vivaient, et les plaines n'étaient pas davantage sécurisées. Depuis que des brèches vers Darkness Falls avaient été ouvertes, des monstres plus affreux les uns que les autres peuplaient nos contrées, comme si nos cauchemars prenaient vie sous nos yeux effarés. Et le temps qu'on s'aperçoive de leur présence, il était déjà trop tard.  

Je venais de rouler sur le sol, fauchée par quelque chose qui venait de ma gauche.  

Une rose pourpre était en train de fleurir sur ma tempe, là où le choc m'avait atteinte. Je sentais un liquide chaud et poisseux couler sur mon visage et plaquer mes cheveux roux contre ma peau. Je me redressai péniblement, à moitié étourdie, scrutant les environs pour tenter de voir d'où le coup était parti. Mais il n'y avait rien, rien d'autre qu'une odeur pestilentielle qui me soulevait le cœur. Je voulus crier mais aucun son ne franchit ma gorge. L'angoisse que j'avais ressentie quelques instants plus tôt se mua en une véritable terreur. Un éclair de conscience déchira le cocon de panique qui m'enveloppait toute entière.  

Mon bébé.

Je voulais rentrer auprès de lui, serrer son petit corps chaud contre le mien, me laisser bercer par sa respiration douce et rassurante. Noah n'avait jamais eu de père, voilà qu'il allait perdre sa mère également. Sans que je puisse les retenir, les larmes roulèrent sur mes joues, inondèrent mon visage ensanglanté.  

Faible.  
C'était tout ce que j'étais.  
Et peut-être étais-je en train de le payer.  
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MessageSujet: Re: You'd fight and you were right, but they were just too strong (arixie)    Jeu 7 Déc - 11:48

Tic-tac.
Tic-tac.
Bruissement illusoire du temps qui passe. Les aiguilles de l’horloge murale ont cessé de se mouvoir il y a quelques semaines de cela. Les ustensiles électriques et électroniques nous lâchent les uns après les autres. Cela semble se produire en vague. De faibles va-et-vient. Une routine pour certains. Une fatalité inébranlable pour d’autres. L’énergie solaire est un mythe. Un vaste réseau de mensonges. Comme si quelques panneaux bancals plantés dans un champ imberbe à la récolte pouvaient changer la face du monde. Pouvaient rendre un espoir dans un tel décor de désolation. Jolie consolation. Ersatz d’un rêve d’autre chose. D’ailleurs. De mieux. Ou pas. Quelques contes pour enfants. Un schmilblick de légendes urbaines.
Risible.
Ridicule.
Mal nécessaire à maintenir quelque chose dont nul ici présent n’ignore jusqu’à l’extinction.

Tic-tac.
Tic-tac.
Le temps passe. Le temps nous dépasse. Il se moque bien de nous laisser pourrir dans son sillage. Il baigne dans l’indifférence la plus totale. Aucun regard vers l’arrière. Aucun arrêt sur image. Aucun cliché à prendre pour classer dans le néant des annales d’une histoire sans fin. Aucun regret. Aucun scrupule.

Tic-tac.
Tic-tac.
Le temps ne fuit pas. Le temps vit. Le temps sur-vit. Entité supérieure. Egoïste. Egocentrique. Nombriliste ultime et incontournable. Maître de l’univers. Destructeur de monde. Evolution par excellence que l’homme ne réussira jamais à égaler. Aucune conscience propre. Aucune notion de l’autre. Liberté absolue. Aucune chaîne. Aucune barrière. Aboutissement suprême.

*Jalousie.
Envie.
Contamination.

La réalisation d’une réalité qui nous dépasse. L’acceptation de ce qui est, de ce qui a toujours été et de ce qui jamais ne sera. Alors je le laisse m’effleurer. Me caresser. Me promettre des choses futiles dont je sais qu’il ne pourra que s’en lasser. Il tente de m’emporter. Le vent s’engouffre sous mes vêtements. Se tortille autour de mes jambes. Vient inviter ma crinière folle qui se prête bien volontiers à son jeu. J’observe d’un air abstrait la ligne de l’horizon rendue invisible de par la tombée de la nuit. Encore une constante que le temps aime à narguer. Délaisser. Abandon brutal et guttural. Dans le lointain, j’entends la brise qui glousse. Je devine son sourire narquois. Son plaisir inapproprié. Ou peut-être bien qu’il ne l’est pas. Inapproprié je parle. Lui qui nous côtoie. Lui que nous encombrons à longueur de journées, de nuitées, d’années. Lui qui est omniprésent. Lui qui est omniscient. Vois comme nous l’obligeons à partager ce qui est sien depuis la nuit des temps. Nous avons beau être éphémères, nous restons parasites. Nous demeurons virus. Nous empoisons une terre qui n’a jamais demandé à nous accueillir. La Communauté a beau se démener corps et âme en quête de pardon … jamais, ô grand jamais, cela sera suffisant pour répondre de nos péchés. La famine n’est pas un fléau. La guerre n’est pas une punition. Elles ne sont guère plus que conséquences de nos crimes châtiés …

Un râle dans mon dos me sort de ma rêverie. Un instant encore, je m’autorise à persister de l’autre côté. Je finis pourtant par m’en arracher. Par revenir là où je ne suis finalement pas désirée. Ou plus. Reine déchue de son trône de bois. Femme bafouée dans son honneur. Seuls les chiens daignent encore m’accorder un semblant d’attention. Eux et les malades. Les blessés. Les mourants.
Je laisse son temps à ses obligations morales et pénètre l’infirmerie. Des corps en agonie gisent çà et là. Des draps ont été érigés vulgairement autour des lits de fortune. Ils font office de moustiquaires au moins autant que de sas de décontamination. Ou encore d’écran de protection. Visuelle. Sensorielle. Cela ne donne même pas l’illusion de. La dernière sortie a été une véritable catastrophe. Un échec sur tous les fronts. Aucune provision. Pas la moindre récolte. Chasse infructueuse. Une embuscade. Combat à la vie à la mort. Quelques pertes à peine de leur côté. Bien trop du nôtre. Amputations. Brûlures. Morsures. Nous avons dû achever à la main deux de nos compagnons. Quelqu’un a bien dû s’y coller …

Peine. Colère. Souffrance. Tristesse. Hargne. Rancœur.
Les émotions nous submergent et nous rattrapent. La chapelle n’est depuis longtemps déjà plus assez grande que pour tous nous accueillir en son sein. Qu’ils sont simples d’esprits ceux qu’ils pensent qu’une relique est requise pour prier après l’expiation.

*Que Dieu nous pardonne.
De n’être.
Que des hommes.

Je me balade entre les corps. Parmi les visages. Bientôt nous allons manquer de ressources. Nous ne pourrons sauver tout le monde. Surtout pas en sachant que le monstre rôde toujours. Que la prochaine expédition risque fort bien de se résoudre par un décompte bien plus désastreux. Les troupes commencent déjà à se former. Le haut conseil déjà à se rassembler. Il en va de soi que je n’ai pas été conviée. Peu importe. Je connais la Communauté depuis bien des années. Plus que beau nombre d’entre eux. Plus que certains réunis. Je l’ai vu naître. Je l’ai poussée à s’ériger. Je l’ai encouragée à évoluer. À se développer. Nous sommes sœurs de cœur. Nous sommes alliées de sang. Je suis Elle. Elle est moi.

*Indissociées
Indissociables.
Et si l’un de nous deux tombe …

Je donne quelques dernières consignes au personnel soignant. Les réserves seront évaluées demain dès l’aube. Le pronostic vital des plus amochés ne dépend désormais plus de Sa seule volonté. Et nous savons tous que les voies du Seigneur sont impénétrables.
Je me force à leur gratifier d’un ersatz de sourire. Ils sont bien peu à me le rendre. Trop fatigués. Trop épuisés. Trop démoralisés. Et puis il y a moi. La paria. La traîtresse. La pècheresse. Je leur pardonne bien volontiers de ne pas comprendre. Cela importe peu. Je continuerai à me relever. Et à avancer. Avec eux. Entre eux. Pour eux.
Je n’ai besoin d’aucune reconnaissance. D’aucun ami. D’aucun confident.
Je suis celle que je suis.

~.~

Il est tellement facile de quitter le campement. Cela ne devrait pas être le cas. Cela implique qu’en sens inverse, la défense laisse tout autant à désirer. Il est là un point impératif qu’il me faudra rapporter. Mais pas maintenant. Pas ce soir.
Armée d’une paire de gants et d’une batte de baseball, une casquette vétuste de l’armée enfoncée sur la tête, je m’engouffre dans la nuit noire. Mes pas sont comme du velours. Mon corps se déplace au gré du vent. Il va sans dire que ce dernier a profité de l’occasion pour m’accompagner. Pour me dorloter. Nous flirtons ouvertement l’un avec l’autre. L’un envers l’autre. Il me propose une danse qu’il me serait bien fâcheux de refuser. Un manque que je n’avais plus ressenti depuis bien longtemps. Je devrais peut-être sortir plus souvent. Encore faudrait-il qu’on m’en accorde la permission. Mais laissons ces divagations pour plus tard. Demain je suis assurée de passer au confessionnal. Le mal étant déjà fait … pourquoi s’éterniser à le réfuter ?

J’ignore pendant combien de temps je marche exactement. De combien de lieux je me suis éloignée du camp. Est-ce seulement important ? Est-ce que je compte vraiment y retourner ? Nous connaissons tous deux la réponse à cette rhétorique. Alors nous gardons le silence. Nous taisons la vérité. Pour une fois dans notre vie … et si nous nous contentions de rêvasser ?
Un nouveau bruissement. Mon pas s’arrête net. Le vent se meurt tout autant. Mes sens s’éveillent à leur alerte maximale. Un troisième souffle. Une brise. Une ombre. Elle nous entoure. Elle nous observe. Elle juge. Elle jauge. Nous sommes deux dans ce cas. Mes phalanges malaxent le bois qu’elles enserrent. Il me tarde de découvrir les contours de son visage. Les affres de son haleine fétide. L’absence d’essence pour subvenir à son être.
Mais c’est sans compter une tierce présence qui s’invite à la scène. Nos attentions réciproques se tournent à l’unisson vers cette intrusion. Un cœur affolé. Une course effrénée. Panique. Peur. Souffrance. Je sens plus que je ne devine l’excitation provoquée dans les entrailles de l’Ombre. Il me faut agir et il me faut agir MAINTENANT. Une fraction de doute. Un semblant d’hésitation. Et tout se terminera avant même d’avoir débuté.

La batte part vers l’avant. Fend l’air. Percute le crâne en plein mouvement. Le corps est stoppé net dans son ascension. Il tombe vers l’arrière. Roule au sol. L’Ombre révèle ses crocs et me crache son venin. Il hisse à l’image d’un cobra auquel je viens de dérober le repas. Il se réfugie derrière un arbre. Se fond et se morfond dans le décor. Je m’impose entre celui que je ne vois pas et celle qui gît à terre. Entre un prédateur et son repas. Ce repas au palpitant qui cogne tellement fort contre sa cage thoracique. Ce repas qui bouge. Qui se relève péniblement. Mes mains s’agrippent à mon arme blanche. Je ne la regarde pas. Peut-être même qu’elle ne me voit pas. Je me trouve à quelques mètres de son propre emplacement. Entre l’endroit de sa chute et le perchoir de son persécuteur. Nous jouons au jeu du chat et de la souris. Il reste désormais à déterminer qui tiendra quel rôle.

- « Qu’est-ce que tu fais ici ? »

Cela ressemble à un reproche. Ce n’est aucunement le cas. Nous avons tous notre libre arbitre. Je sais ce qu’elle vaut sur le terrain. Peut-être mieux qu’elle ne le perçoit elle-même. Mais ce soir elle n’est clairement pas en état. Elle est en fuite. Elle est en quête. De réponses. De questions. D’aucun. De tous. Peu importe. Elle est inconsciente. Elle est perdue.
Les voies du Seigneur …

*Tic-tac.
Tic-tac.
Une souris verte.
Qui tombait dans l’herbe.

- « Commence par te calmer. Le chant de ton cœur est en train de le stimuler.

Je décris des cercles tout autour de sa personne. Mon regard fixement posé sur les Ténèbres qui nous entoure. Je sais qu’il est toujours là. Qu’il observe. Qu’il calcule. Du moins un minimum. Elle, elle est faible. Elle est facile. Elle le fait saliver. Mais je suis toujours là. Je le nargue. Je le provoque. Il pèse le pour et le contre entre l’opulence de la nutrition et l’ivresse de l’altercation.

- « Tes larmes, quant à elles, attisent sa curiosité. »

Il désire les lécher.
Il aspire à les goûter.

- « Es-tu prête à lui concéder ce caprice ? »

Cesse de te lamenter.
Tu devrais plutôt t’en inspirer.
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MessageSujet: Re: You'd fight and you were right, but they were just too strong (arixie)    Mer 31 Jan - 9:25

You'd fight and you were right, but they were just too strong  
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« Je... »

Le balbutiement mourut dans ma gorge serrée par l'angoisse. J'étais tellement sonnée par le coup que je venais de recevoir à la tête que je mis quelques instants pour réaliser où je me trouvais. Alors, de là où me justifier quant à ma présence ici, il y avait tout un monde. Je plissai les paupières, ne serait-ce que pour tenter de voir à travers l'obscurité, mais je ne voyais rien, rien d'autre qu'un tourbillon indistinct de formes et de couleurs, et ça me tournait sur le cœur. Le corps endolori, perclus de courbatures, je tâchais de me redresser péniblement, mais chacun de mes membres me paraissait si lourd qu'il m'était impossible de bouger. Je serais bien restée là, face contre terre, jusqu'à ne faire qu'un avec la terre battue, jusqu'à me laisser complètement absorber par le sol aride. Un mal de crâne atroce me vrilla toute entière et je réprimai une violente nausée. Le coup m'avait amochée bien plus que je l'avais anticipé. Je pourrais me relever, si seulement le décor desséché s'arrêtait de tourner. Dans ce chaos il m'avait semblé entendre une voix, une voix résolument féminine qui s'était étonnée de ma présence en ces lieux. d'où la tentative de réponse avortée, qui ressemblait davantage à un borborygme étouffé qu'à des mots clairs, intelligibles et cohérents. Faute de pouvoir faire mieux , cette femme, qui qu'elle soit, allait devoir s'en contenter. Les ténèbres étaient tellement compactes au-delà des murs de la ville qu’on n'y voyait rien. Je ne voyais plus la chose qui m'avait attaquée.. Avait-elle battu en retraite ? s'était-elle éloignée pour mieux revenir, tous crocs dehors, prête à en découdre ? Était-ce cette femme qui l'avait chassée ? Comment avait-elle fait, bon sang ?

Je me redressai enfin, et me mis en position assise. Je tombai nez à nez avec ma sauveuse, coiffée d'une casquette. Elle tenait une batte de base-ball à la main. C'était probablement l'arme qu'elle avait utilisée pour chasser le monstre. Je fus tentée de faire jaillir une étincelle de mes doigts pour éclairer les environs, mais dans le fond, je n'étais pas certaine que ce soit une bonne idée, la lumière allait sûrement rameuter d'autres créatures. Il fallait partir d'ici, c'était même évident, et j'aurais probablement déjà foutu le camp si j’avais pu. Il faut que je me calme. Les battements de mon cœur allaient stimuler l’ennemi. Plus facile à dire qu'à faire. Je me remettais à peine de l'agression, la panique pulsait dans mes veines et l'angoisse grimpait en flèche. Je n'avais pas les idées très claires, je ne pouvais pas me calmer sur commande, à moins de faire preuve d'un self-control exemplaire. Ce qui était en l'occurrence impossible. Un pic de douleur me transperça le crâne, et par réflexe je portai une main tremblante à mon front. Je frissonnai de dégoût lorsque je réalisai que je saignais. Je n'y voyais toujours rien, bien sûr, mais j'étais encore capable de sentir l'humidité sous mes doigts raides. Je laissai échapper un juron. Ce truc ne m'avait pas loupé. Après un effort surhumain, je parvins enfin à me mettre debout, mais mes jambes étaient toujours aussi flageolantes.

Je ne suis pas faible.

C'était pourtant ce que cette femme semblait penser. Elle ne se gênait pas pour me le dire, d'ailleurs. Les battements frénétiques de mon cœur étaient un cri de ralliement. Mes larmes servaient d'appât. Non. J'étais l'appât.

Mes joues portaient encore des traces de larmes séchées.
Ma plaie à la tempe continuait de pisser le sang et de poisser mes cheveux roux.
Ma peur empoisonnait chacune des cellules de mon corps.
Je ne suis pas faible.

« Il est parti ? » balbutiai-je enfin, avec une voix tellement rauque que je pourrais faire concurrence à Bonnie Tyler. « Et c'était quoi, cette chose qui m'a attaquée ? »

Je savais que les alentours de la ville étaient infestés de rôdeurs, et il me semblait que ça pullulait depuis l'ouverture des brèches vers Darkness Falls. Du reste, il n'était pas rare que ceux qui revenaient en ville après s'être aventurés à l'extérieur relatent des faits similaires – si tant est qu'ils survivent à une telle attaque, bien entendu. Les humains lambda n'étaient pas capables de survivre à une telle rencontre, à moins d'être entraînés à combattre ces créatures. Moi-même je ne faisais pas le poids face à eux. La magie était sans effets sur ces créatures tout droit sorties de l'Enfer.

« C'était un rôdeur, pas vrai ? » Je tentais de maîtriser mes tremblements de ma voix mais rien n'y fit, ma peur était toujours perceptible. « Si c'était un rôdeur alors il faut l'éloigner le plus possible des zones habitables.  Je ne peux pas utiliser la magie contre eux, je ne peux même pas les distraire au moyen d'une illusion. Par contre on peut les semer. »

Ou les tuer, songeai-je sans toutefois oser le dire tout haut. Puis, peut-être que c'était autre chose qu'un rôdeur. Dans le fond, personne ne savait exactement ce qui s'était échappé des brèches ouvertes. Je n'avais pas vécu l'expérience d'avoir été piégée dans un monde parallèle, comme cela avait été le cas pour bon nombre de mes confrères et consoeurs. J'étais encore un bébé, en comparaison de ces âmes vieilles de plusieurs siècles. Et comme tous les bébés, je pleurais parce que j'avais peur, ou parce que j'avais mal, ou bien pour les deux à la fois, parce que j'avais gardé mes réflexes d'humaine. J'étais une sorcière, il est vrai, mais j'étais avant tout une humaine, une mortelle, avec tout ce que cet état  impliquait. Avoir peur faisait partie du lot.

«Je ne suis pas faible. » coassai-je finalement, en réponse à l'injonction de cette femme. « Je ne lui cèderai rien du tout. »

D'ailleurs, je ne pleurais plus.
C'était un bon début, non ?

Le simple fait de penser à autre chose m'avait été bénéfique puisque les battements sourds de mon cœur s'étaient calmés. Pourvu qu'on n'aille pas se battre. J'étais certes debout mais cela ne voulait pas dire pour autant que j'étais prête à castagner du zombie. J'étais blessée, le plus urgent serait de me soigner pour que je sois pleinement efficace mais cela ne semblait pas à l'ordre du jour. Si seulement j'avais eu le don de guérison, j'aurais pu faire quelque chose mais la magie curative n'étant pas ma spécialité, j'étais encore, jusqu'à preuve du contraire, dépendante des autres pour me soigner. Et tant que je n'étais pas en pleine forme, je risquais d'être un boulet accroché à son pied et non une partenaire de chasse digne de ce nom.  
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MessageSujet: Re: You'd fight and you were right, but they were just too strong (arixie)    Jeu 8 Fév - 8:50

Je dois bien avouer qu’il n’y a pas que lui attiré par tout ce chaos ambulant. Même si je ne sens pas son pouls courir le long de mes veines, même si je ne goutte par le fer de la plaie béante me chatouiller les papilles, même si je devine plus que je ne perçois l’adrénaline qui tente de se frayer un chemin par-delà les brèches de sa semi-conscience … je SAIS. Je comprends. J’imagine. Je salive rien qu’à l’idée que cela pourrait l’amener à nous. Jamais, ô grand jamais, je n’aurais pensé aller jusqu’à blesser volontairement un des nôtres pour attiser la proie. Fait est pourtant d’admettre que le résultat est flagrant. Il s’impatiente. Il pouffe. Il crisse. Il bouge. Trop vite par rapport à son habitude. C’est rauque. C’est brut. C’est … bestial.

*Vérité blessante.
Lancinante.
Brûlante.
Boum-boum.
Cœur absent.
Palpitant omniprésent.

Je sens ma propre anatomie se plier à cette symbiose qu’est le diapason. Mes muscles se crispent. Mes sens s’affûtent. Il y a bien longtemps que je n’ai plus chassé de mes propres mains. Je me demande vaguement si j’y ai été seulement convié par le passé. Ma mémoire me fait défaut. Elle zappe certains passages de ce qui a été, mais n’est désormais plus. Mal nécessaire. Souvenirs factices. Ce qui est, n’est plus à refaire. Ce qui a été fait, ne peut être défaut. Et l’incontournable : l’avenir appartient à ceux qui vont de l’avant.

*Tic. Tac.
Tic. Tac.
Me vois-tu?
Me sens-tu ?
Loup, y es-tu ?

Les images se brouillent. Se rencontrent. Se mêlent. Se mélangent. Je secoue à peine la tête, histoire de récupérer mes esprits. J’entends, mais écoute à peine les barbouillis de fin de gorge de celle qui peine à se redresser. Je tente de me concentrer sur le Mal qui rôde toujours. Qui ricane dans le noir. Qui se gorge de cet aura de Ténèbres qui nous entoure. La peur est bien le sentiment par excellence qui s’avère être absent de la donne. Sous mes gants de cuir, je sens comme le bois qui respire. Comme la batte qui aspire à plus. Maintenant qu’elle a léché le carmin de notre alliée, elle s’impatiente d’autant plus à découvrir ce que je lui réserve encore. Elle n’est guère seule à s’en délecter.

Deux fentes rouges semblent percer la nuit et se poser sur moi. Même si je la sais illusion, c’est le visage de feu mon mari qui me traverse l’esprit. Qui s’imprègne dans ma rétine. Qui me file le tournis. À ce moment bien précis de notre altercation silencieuse, je n’ai qu’une envie. Celle de me pencher vers l’avant et de déverser tripes et boyaux. Je sens mes jambes qui vacillent. Je sens mes barrières s’effritent. Une main géante s’enroule autour de moi et s’apprête à m’étouffer.

*A. Moi.
Pour toujours.
A jamais.
A-ri-tzaaaaaaaaaaaaaaaaaaa.

L’espace d’un instant seulement. une fraction de seconde. Un battement de cil. Une petite éternité vient pourtant de s’écouler. Puis tout se dissipe. Un souffle nocturne vient emporter les bribes de mon imagination. Vient flouer momentanément cette image qui pourtant ne me quitte jamais. À travers le brouillard ainsi créé, je la vois sourire de plus belles. Ses canines luisent sous les rayons de la lune. Elle a trouvé mon point faible. Le choix de son repas n’en devient que plus appétant. Certes elle veut toujours manger, mais d’abord elle voudra jouer. Elle voudra épuiser. Elle voudra faire pleurer.
Bien, nous sommes deux dans ce cas.

*Bombe à retardement.
Champignon nucléaire.
Décompte activé.
Échec à la Reine.

- « Est-ce seulement important ? »

Rôdeur, chapardeur, emmerdeur … quelle différence ? Ses intentions à notre encontre restent sensiblement pareilles. Les miennes également. Il ne reste plus qu’à déterminer ce que notre charmante belle au bois dormant souhaite en conclure.
Ses paroles pourraient bien m’arracher un sourire si la situation n’était pas aussi ironique. La faiblesse est non seulement un fait, c’est également un état d’âme. Une façon de penser, d’évoluer, de se tenir, de se mouvoir. Des mots ont beau sortir de sa bouche, ils semblent en total désaccord avec ses actions. Quand bien même, il n’y aura pas de solution miracle pour se sortir de ce gouffre. La bête n’a pas d’horloge biologique qui lui grignote les entrailles ou encore lui vrille les neurones. Peut-être craint-elle le lever du soleil. Ou peut-être pas. Mais es-tu vraiment prête à attendre la réponse à cette énigme ? Aimerais-tu seulement voir ce qui nous fait face ? Ou préfères-tu laisser place à ton propre degré d’imagination ? L’un sera forcément plus contraignant à affronter. Tandis que l’autre tu peux toujours choisir d’en faire un allié.

*Choix multiple.
Réussite non-garantie.
Doute.
Crainte.
Arrêt sur image.
Agis !


- « Alors c’est le moment de le lui prouver Trix’, car lui il ne va clairement pas attendre ton feu vert. »

Et comme pour donner raison à cette seule affirmation, une ombre nous fonce droit dessus. Je n’ai que le temps d’esquiver vers la droite tout en tirant le boulet humain dans mon sillage. Pour ne pas me faire entraîner dans son élan, je garde mes doigts gantés enserrés autour de son poignet (que j’agrippe probablement un peu trop fort et sans la moindre once de délicatesse, mais elle me pardonnera) tandis que de l’autre main je m’accroche de plus belle à notre seule arme de fortune. Il ne fait pas être un génie pour en conclure qu’elle ne fera pas le poids bien longtemps. Tant pis, il va falloir improviser. Et en parlant d’improvisation, je manque de me prendre un arbre tout droit sorti de nulle part en plein dans la colonne vertébrale. Je le frôle plus que je ne l’effleure. Il m’arrache un frisson bien malgré moi. C’est comme si un astre invisible tendait un membre cadavérique en notre direction. Il me rate de peu. Je le fusille du regard. Il n’y peut rien le pauvre. Je devrais, au contraire, plutôt le remercier. Après tout, c’est l’essence même d’un de ses descendants qui repose désormais au creux de ma paume droite.

Je nous tire un peu à l’écart de son tronc. Nous oblige à retrouver un espace plus ouvert. Certes plus propice à cafter quant à notre exacte position, mais autrement plus efficace à la défense. Pour autant qu’on puisse la qualifier de telle.

- « Tu tiens sur tes jambes ? »

Ce n’est pas vraiment une question. Peu importe la réponse d’ailleurs, elle n’a pas vraiment le choix si elle veut retrouver son fils de l’autre côté du mur. Je pourrais aisément lui balancer cet argument pour la secouer un peu. Pour lui glisser juste ce qu’il faut de hargne pour lui rendre ses esprits. Un peu à l’image d’une bonne gifle bien cinglante. Mais cela ne ferait qu’attiser le brasier de l’autre. Un acte irréfléchi causerait assurément notre perte à toutes les deux. Et autant ma vie n’importe rien grand-chose à cette terre et la quasi-totalité de sa population, j’ai appris à y tenir un minimum. Je n’ai pas traversé toutes ses épreuves pour me retrouver acculée ainsi dans un trou. Et ce n’est pas pour te vexer petit, mais il est hors de question que je laisse une Ombre emporter mon repenti dans son antre.

- « J’ignore ce que c’est, mais je pense deviner ce qu’elle veut. Si par miracle on arrive à la semer, elle déversera sa colère et sa frustration sur autrui. Et tu sais pertinemment que je ne peux en aucun cas me permettre de mettre en danger ma famille. »

Elle l’est. Malgré la trahison. Malgré la honte. Malgré les reproches, les insultes, les supplices, les suppliques. Elle l’est et le restera à jamais. Elle est moi. Je suis elle. J’ai fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui. Elle a pris en son sein la fille que j’étais et en a recraché la femme que je suis devenue. Elle est mon tout. Elle est mon à jamais. Et ce n’est pas une aberration des Profondeurs qui arrivera à me prendre cela !

- « Ça te dit une petite partie de chasse ? »

Car après s’être repu de notre âme,
La faim de la Bête s’accroîtra.
Et quel joli encas que voilà.

*Gratte, gratte la paroi.
Crissent les ongles acérés sur l’écorce.
Les babines se retroussent.
Les canines se dévoilent.
Claque, claque.
Echo qui se rapproche.
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MessageSujet: Re: You'd fight and you were right, but they were just too strong (arixie)    Mer 7 Mar - 18:28

You'd fight and you were right, but they were just too strong  
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Now that the smoke's gone and the air is all clear, those who were right there got a new kind of fear - Filter "Hey, man, nice shot"

Est-ce seulement important ? rétorquait-elle en guise de réponses à mes questions. Un éclat de lucidité transperça le voile opaque qui m'embrumait l'esprit, alors que je sentais l'indignation poindre face à tant de détachement. Bien sûr que c'était important, de savoir à quel genre de monstre j'avais affaire. C'était important parce que savoir, c'est pouvoir. Si je parvenais à identifier le mal qui rôdait alors je pourrais peut-être trouver une solution. Or, pour trouver un moyen de combattre notre ennemi commun, il fallait que je sache ce qu'il était, ce à quoi il aspirait. Je ne pouvais pas me contenter d'une moitié de réponse, surtout quand il était question de vie ou de mort. Peut-être donnais-je l'air d'en faire trop, mais une telle réaction ne me semblait pas tant absurde. Ma magie, fut-elle puissante à une époque, n'était pas le remède à tous les maux. Ma magie était dans certains cas complètement inefficace. S'il s'agissait d'un esprit errant ayant possédé le corps d'un humain je pourrais mettre en place un rituel pour l'exorciser. S'il s'agissait d'un esprit tout court je pourrais le chasser définitivement d'ici. S'il s'agissait d'une autre créature, en revanche, je ne serai pas du tout en mesure de me défendre. Je n'avais que la magie pour me sauver, pour m'extirper de bien des situations délicates. Je n'avais jamais songé à apprendre le combat rapproché, à me servir de mes poings, de mes pieds. J'étais de ceux qui pensaient que la magie allait suffire, qu'avec la magie j'étais prête à parer toutes sortes de menaces. Comment aurais-je pu penser le contraire, alors que c'est précisément ma nature de sorcière qui m'avait permis de remporter les Hunter's Seasons ? Dans l'histoire, j'étais le chêne et non le roseau. J'avais appris à résister et non à m'adapter. Et à présent que la magie s'amenuisait, je perdais la seule arme dont j'ai appris à me servir.

Là, par exemple, une telle maîtrise aurait pu m'être utile.
Or, j'étais tout sauf utile.

C'était encore le plus dur à admettre, que j'étais devenue faible et inutile. Quand bien même ma magie aurait été efficace pour combattre ces monstres, mon état de santé était tellement mauvais que je ne pouvais pas utiliser mes pouvoirs sans provoquer une catastrophe. La magie était devenue trop aléatoire, j’avais perdu la main. Pour quelqu'un qui avait expérimenté la puissance, le déclin était insupportable. Pourtant, au train où les événements allaient, il faudra bien que je m'y fasse. Ce qui était jadis ne sera jamais plus. Ceci dit, cette attaque surprise était une mise à l'épreuve intéressante. Face à cet ennemi invisible, je devais sortir de ma zone de confort, mobiliser des ressources auxquelles je n'avais pas accès habituellement. Modifier ma stratégie de défense, si tant est que j'en aie une, en fonction des nouveaux éléments que j'allais découvrir en étudiant les environs bien attentivement. Oublier tout ce que je savais pour embrasser, peut-être, de nouvelles connaissances.

Savoir, c'est pouvoir.
Sans connaissance, point de salut.
Je ne pouvais plus me permettre d'être la proie. Je devais dompter ma peur, puiser à l'intérieur pour ouvrir le champ des possibles.
Peut-être que l'ennemi, c'était moi-même en fin de compte.


On ne s'improvisait pas combattant du jour au lendemain. On le devenait. J'étais vaillante, autrefois, mais désormais, je m'étais effacée, je m'étais laissée broyer par la machine gouvernementale. Le régime s'échinait à bannir toute forme de violence de la société pour assurer la sécurité de ses citoyens. Quand chaque contrevenant était susceptible d'être envoyé combattre dans les arènes, il n'y avait pas d'autre choix que de devenir doux comme des agneaux. Je véhiculais une image lisse, aseptisée, parce qu'il n'y avait qu'en me montrant irréprochable que je pouvais prétendre à quelques avantages. Travailler au Mary Rose me garantissait une place confortable que je n'échangerais pour rien au monde. J'avais bien trop à perdre à m'écarter des règles établies pour le bien de tous. Comme toute chose en ce monde, ces avantages avaient un prix. Si je devais être envoyée une nouvelle fois  dans les arènes, il n'était pas certain que je sois encore capable d'en réchapper. J'étais certes maligne, mais j'avais perdu mes réflexes de survie les plus fondamentaux. Je ne savais plus comment réagir en situation de danger, et j'aurais pu mordre la poussière si ma sauveuse n'avait pas surgi des ténèbres oppressantes. Ma sauveuse, qui, par ailleurs, semblait plutôt bien me connaître parce qu'elle m'avait donné un petit surnom.

Aritza.

Désormais certaine de l'identité de mon interlocutrice, je me redressai complètement. Je me sentis un peu plus en confiance, un peu mieux armée face au danger. Aritza était une femme forte, indépendante, et elle savait comment survivre au-delà de ces murailles, ce qui nous conférait un avantage non négligeable. Comment avais-je pu ne pas la reconnaître ? Pour ma défense, j'avais reçu un sacré coup sur la tête, l'obscurité était très dense en dehors des limites de la ville, et la casquette qui était vissée sur sa tête la rendait méconnaissable. Je n'eus cependant pas le temps de m'épancher sur ces retrouvailles inattendues. La bestiole s'était éloignée pour mieux revenir nous attaquer. Aritza m'empoigna par le bras et me traîna manu militari à l'abri. Je grimaçais de douleur non à cause de mon poignet enserré entre ses griffes, mais parce que je m'étais foulée la cheville dans ma chute, et je boitais un peu. Je regardais tout autour de moi, tentant de distinguer quoi que ce soit mais je n'y voyais goutte. Je n'avais pas d'autre choix que de me fier à Aritza qui, contrairement à moi, avait parfaitement l'air de savoir ce qu'elle faisait. Quoique…Je sursautai lorsque ma sauveuse fit une embardée sur la gauche. Mon cœur piqua un sprint dans ma poitrine et l'adrénaline pulsait dans mes veines et me bourdonnait presque aux tempes. Ça me rendait dingue de ne pas savoir où se trouvait la bête. À chaque mouvement d'Aritza , mon angoisse montait crescendo et je me faisais violence pour ne pas trembler. Je laissai échapper un juron lorsque je me rendis compte que ce n'était pas le monstre qui nous avait frôlées, mais un putain d'arbre mort.

«  Je crois que je me suis foulée la cheville. » haletai-je lorsqu'elle me demanda si je pouvais tenir sur mes jambes. « Je me suis mal réceptionnée quand je suis tombée. Ce n'est rien. J’ai connu pire. »

J'avais survécu à un accouchement sans même avoir eu la possibilité de m'y préparer, je pouvais donc bien supporter une cheville foulée, même si dans notre cas cela pouvait s'avérer franchement handicapant. Il fallait bien que l’on bouge d'ici de toute façon, c'était une question de vie ou de mort, au sens littéral du terme. En présence d'un ennemi invisible, la moindre erreur pouvait être fatale. Avec ma cheville blessée j’avais conscience d'être un poids mort, mais par chance, Aritza ne semblait pas vouloir m'abandonner là. Elle me protégeait, au péril de sa vie, j'avais donc tout intérêt à me montrer à la hauteur, même si mon pied me lançait, même si la souffrance rampait le long de mes muscles et de mes os, se réverbéraient dans mon mollet puis dans mon genou. Je ne pouvais pas poser un pied à terre sans hurler de douleur et pourtant, je serrais les dents, ignorant les larmes qui me montaient aux yeux.

Aritza me parla de notre assaillant. Cela eut au moins le mérite de me faire penser à autre chose qu'à mes blessures. Elle savait. C'était un sentiment qui ne s'expliquait pas, c'était plutôt une conviction profonde, presque une certitude. Je sentais qu'Aritza était en phase avec la bête. Elle seule était capable d'anticiper ses envies, ses besoins. Aritza n'était définitivement pas une proie. Elle était une chasseresse, et elle allait traquer le rôdeur qui voulait faire de nous son casse-croûte. C'était effrayant, et en même temps fascinant. J'étais pour ma part incapable de voir au-delà de ma propre soif de sang. Ma muraille était bien plus épaisse qu'on pourrait le penser. J'étais obligée, si j'espérais survivre. Il n'y avait qu’en les circonscrivant que j'avais été capable de maîtriser mes propres démons. Pourtant, la perspective d'une partie de chasse avait ravivé mes appétits voraces. Elle me parlait de sa famille, de la nécessité de semer le monstre quelque part où il ne pourra atteindre personne. Moi aussi je protégeais ma progéniture, à ma manière. Elle préférait l'affrontement, j'optais plutôt pour la fuite. Mais seule, je n'irai pas bien loin. Ma survie dépendait de quelqu'un d'autre, désormais.

« Alors il faut l'éloigner. » acquiesçai-je d'une voix qui se voulait assurée. « Tu as raison, il faut éloigner la menace pour éviter les pertes humaines. » Ou non humaines d'ailleurs, puisque des surnats habitaient aux alentours de la ville, dans le bayou. « Je connais un endroit, un peu plus loin dans le bayou. C'est une maison en ruines, plus personne n'y habite. L'endroit était hanté par un esprit frappeur, tellement agressif que la famille qui logeait là a dû partir. Je me souviens d'avoir chassé le fantôme et purifié les lieux. On pourrait y aller , en profiter pour semer notre copain dans les marécages et nous pourrions accessoirement nous mettre à l'abri. »  

Et aussi, je pourrais trouver de quoi soigner mon pied. Faire une attelle, quelque chose dans ce genre là. Soigner la plaie que j'avais à la tête, tant qu'on y était. Une fois remise sur pied, je serai bien plus efficace qu'en souffrant le martyr.

« Je crains que nous soyons obligées de chasser en utilisant les bonnes vieilles méthodes. » marmonnai-je en grimaçant. « Ma magie est complètement inefficace contre les rôdeurs. Je crois que je pourrais bricoler une torche. Je crois que j'ai un briquet dans ma poche. » On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a. « La lumière capterait leur attention. S’ils voient une quelconque lueur, ils pourraient être tentés de la suivre. Et une fois qu'on se sera éloignées du camp, on pourrait lancer la torche,  pour allumer un brasier. Si on les crame ils ne reviendront plus à la charge. Le truc c'est que le feu peut se propager et là, ça craindrait un max. »

Tout à me laisser aller à mes réflexions, je m'étais arrêtée de marcher. J'étais plongée dans une sorte de transe, déconnectée du monde réel, les idées défilant dans ma tête sans discontinuer. Puisque j'étais totalement déconnectée de la réalité, j'étais par définition inconsciente du danger qui menaçait toujours, et donc, complètement vulnérable.  
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MessageSujet: Re: You'd fight and you were right, but they were just too strong (arixie)    Jeu 5 Avr - 9:19

Sa cheville a rendu les armes qu’elle me lâche. Il ne manquait plus que ça. Non pas que cela empêche quoi que ce soit, c’est juste que ça ralentit considérablement la cadence. Et ayant déjà eu l’honneur de se voir un avant-goût de ce que notre assaillant a en stock, il ne porte guère au doute que cette blessure factice se révèle plus handicapante très prochainement. Je peux difficilement la supporter tout en gardant tous mes sens en alerte et ma batte en position offensive. Elle va devoir se faire violence et ravaler sa fierté de gamine de la ville. Et s’il faut vraiment en arriver là, je l’aiderai à relativiser. Un bon gros coup de coude dans l’arête du nez devrait faire l’affaire. Rien de mieux pour oublier une douleur que de s’en découvrir une plus importante encore.
Mais gardons cette option en rab. Si je calcule mal mon coup et qu’elle perd connaissance …

*A moi, tu es.
A moi, elle est.
Partager ?
Jamais !

Elle suit tant bien que mal la danse improvisée que je lui impose. Elle ne rechigne pas. Ne râle pas. Mord sur ses dents et continue sur notre lancée. Au moins je ne me suis pas trompée sur ses réelles aspirations. Si pas pour elle, au moins pour sa progéniture. Je ne peux que comprendre. Nous voilà deux mères à combattre un mal nécessaire qui ne sera jamais dévoilé au grand jour. Il est certaines vérités qui se doivent de rester dans l’ombre. Qui nous nous évertuons à cacher de ceux et ce qui nous tient réellement à cœur. L’ignorance, le pain bénit des Dieux. Tout comme il est dit que ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort. Alors pour eux, alors pour lui … nous nous devons de nous accrocher. Nous nous devons de perpétrer. Car en notre absence, qui pourrait bien les protéger de tels atroces cauchemars ?


*La Bête rôde sous le lit.
Une main griffue passe sous le tapis.
Toc.
Toc.
Toc.

Elle propose d’éloigner la menace. À défaut de pouvoir l’annihiler, il me semble effectivement que c’est la seule option qu’il nous reste. Nous avons déjà trouvé l’appât, reste plus qu’à déterminer notre destination. Comme par magie, elle balance la réponse recta dans la sauce. Le plan semble se dessiner dans son imagination au fur et à mesure que les paroles fusent. Même si ce n’est que l’espace d’un instant, elle oublie sa douleur. Elle reporte à plus loin et plus insignifiant sa propre petite personne. Elle fait abstraction de la subjectivité pour faire place aux faits.
Parfait ! C’est exactement ce qu’il me manquait dans cette course frénétique contre le temps.

Je me contente d’acquiescer en silence et nous voilà déjà à nous enfoncer davantage dans la pénombre et l’inconnu. Les mots continuent à couler. Je me demande vaguement si elle a seulement conscience que son pilote automatique vient de s’enclencher. Par certitude, je garde mes phalanges bien ancrées autour de son poignet. Elle ne doit même pas s’en rendre compte. Raison de plus pour garder cette position. Certes elle limite ainsi mon champ d’action, mais mieux vaut prévenir que guérir. Si elle chute une deuxième fois sur la même cheville, je ne donne pas chère de nos déjà si maigres chances de survie.
Je suis pourtant optimiste dans l’âme. J’ai la folie du chasseur et la hargne de l’animal blessé. Ajoutez à cela mon instinct de débrouillardise et cette fichue manie hyper-protectrice … cela vaut bien l’appellation de cocktail Molotov, non ?

*Je sais.
Tu sais.
Nous savons.
Mais qui de nous deux …
Aspire véritablement à l’autre ?

Tout à coup elle s’arrête. Je réprime de justesse un juron que nous qualifierons plus posément de soupire. Sans probablement le vouloir, elle vient de nous couper dans notre élan. Et la Bête l’a senti. Et la Bête en sourit. Sa cadence ralentit également. Elle se rapproche de nous. Une fois de plus, elle nous jauge. Elle nous juge. Je l’imagine sans le moindre mal se lécher des babines retroussées. Faisant apparaître sous les rayons de la lune des canines bien trop blanches. Des crocs tout juste bon à recouvrir d’une jolie tartine de carmin. Si seulement on pouvait éviter que ce soit le nôtre …

*Flesh & Bones.
And blood.
And tears.
All.
For.
Me.

Je me retourne assez violemment vers ma comparse d’infortune. Je plante mes prunelles au taquet dans les siennes. Rien ne s’y reflète. Si ce n’est une absence totale de sens de la réalité. Un voile opaque semble lui obscurcir la vue. Comme si elle vaguait et divaguait ailleurs. Peut-être en quête de réponse. Plus probablement en y trouvant une quelconque forme de réconfort. Comment lui en vouloir ? Je m’en veux presque de devoir l’extirper de cette bulle d’utopie latente. Presque. Le réel est ici. Le réel se déroule maintenant. Et par la porte ou par la fenêtre, même une sorcière ne peut éternellement y échapper.
Je lui accorde néanmoins un certain répit, si ce n’est un répit certain, en retenant la gifle qu’elle mérite. Il n’y a pas à dire, dans pareilles circonstances c’est d’office la méthode la plus radicale qui paie. Et encore, niveau radicalisme je peux aisément monter de quelques crans encore. Je me rabats donc sur l’option numéro deux. Je relâche son poignet toujours emprisonné et coince sa mâchoire entre mes doigts experts. J’attire son visage vers le mien, non sans y mettre une once de défi et d’autorité.

- « Ressaisis-toi ! »

Je dessers à peine les dents. Les mots sont volontairement durs. Et murmurés. Je ne veux pas que notre persécuteur prenne notre mini-altercation pour une preuve supplémentaire de notre indéniable faiblesse. Peine perdue, je vous l’accorde. Mais qui ne tente rien …

Je garde la position encore quelques secondes. Si un regard pouvait en fusiller un autre …
Je finis pourtant par la relâcher. De manière plus douce qu’elle ne l’a peut-être anticipé. Bien. La prévision de ce qui peut suivre est au moins aussi efficace que la sentence elle-même. En espérant que ça lui ait remis quelques neurones en place le temps d’échafauder davantage notre plan branquignole.

- « Oublie la torche, l’odeur de ton sang fera largement l’affaire. La lumière risque d’attirer l’attention d’autres indésirables. Et crois-moi, un seul prédateur de la sorte ça suffira largement tant que nous ne sommes que deux. »

Mes sens restent en alerte. Je ne l’entends plus. Ni bouger. Ni respirer. Ni rien. Les présages qui nous entourent ne font que s’alourdir. Il faut qu’on décampe d’ici avant qu’il ne passe à la phase suivante. J’ignore ce qui lui traverse exactement l’esprit, pour autant qu’il en ait un, mais je peux non sans mal lancer quelques pronostiques.

*Hush little baby,
Don’t say a word.
Mama’s gonna buy you a mocking bird.

Et j’engage rapidement sur la suite tandis qu’il nous en laisse encore l’opportunité :

- « Suis-moi, je pense connaître l’endroit dont tu parles. »

Ce qui ne devrait guère la surprendre. Quand on vit à l’extérieur du mur, on doit d’autant mieux connaître notre environnement. C’est la menace la plus importante qui nous entoure. En tout temps et à toute heure de la journée. Bien au-delà du régime dictatorial du Gouvernement. Et bien  plus traître que ces animaux déchaînés que les bouches de l’Enfer s’évertuent à recracher. Après tout, leur mode de pensées est la plus vieille de l’histoire : tuer ou être tué.

Malgré la pénombre et le manque effarant de repères, nous avançons assez bien. Je suis certaine que sa cheville lui en fait voir de toutes les couleurs. Elle n’a qu’à la considérer comme un mal nécessaire, voire une précieuse alliée. Après tout, en temps de guerre c’est la douleur qui nous confirme qu’on se trouve toujours de ce côté-ci de la force.

On finit par distinguer à une petite vingtaine de mètres de distance les ruines précédemment citées.

- « Tu peux le rappeler ? L’esprit frappeur je parle ? Ou tout autre poltergeist qui rôde potentiellement dans les parages ? »

Personnellement je n’y connais rien en magie. Cela n’a jamais eu le moindre attrait pour moi. Ce qui est d’une logique imparable vu la relation conflictuelle qu’elle semble entretenir avec la Foi depuis des générations. Mais parfois, souvent même, il faut savoir faire avec les moyens du bord. Alors si à cette occasion unique elle peut nous être d’une quelconque assistance, qui suis-je pour lui cracher aux principes autrement si amoraux ? Je brûlerai quelques cierges supplémentaires pour le salut de mon âme … quand bien même elle est de toute évidence d’ores et déjà condamné à une vie d’errance dans le purgatoire. Il ne lui reste plus qu’à déterminer lequel.

- « Je … »

Viens de perdre ma concentration.
Viens de donner l’avantage à l’ennemi.
Viens de me ramasser ses griffes acérées dans le dos.

Je lutte contre l’envie irrépressible de me laisser aller à la facilité. Je lutte pour rester debout. Je lutte pour ne pas lui montrer à elle l’étendue réelle de la blessure, et à lui qu’il a gagné le coup.
Je mords sur mes dents et prends sur moi.
Comme d’habitude.

- « Appelle qui tu veux, improvise à mort, chante une connerie si ça peut t’aider à décompresser, mais FAIS QUELQUE CHOSE ! »

*Grin in the dark.
Petit.
Petit.
Petit.


Dernière édition par Aritza S. Belmonte le Jeu 24 Mai - 17:00, édité 1 fois
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↳ Niveau de Compétences : Un travail acharné dès l'adolescence lui a permis d'atteindre un niveau 3 général ( niveau 4 en perception de fantômes, niveau 3 en rêves prémonitoires, elle pratique le reste de façon très sporadique et très superficielle.) Cependant, en raison des événements qui ont bouleversé sa vie et de la magie qui disjoncte, ses compétences générales sont retombées au niveau 2.
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MessageSujet: Re: You'd fight and you were right, but they were just too strong (arixie)    Ven 4 Mai - 22:11

You'd fight and you were right, but they were just too strong  
Beatriz & Aritza
Now that the smoke's gone and the air is all clear, those who were right there got a new kind of fear - Filter "Hey, man, nice shot"

Plongée dans une sorte de transe, je débitais des paroles sans queue ni tête, tout du moins, qui pouvaient paraître incompréhensibles à quelqu'un qui n'était pas sur la même longueur d'ondes que moi. Au cours de ces dernières minutes, j'avais évoqué pêle-mêle le bayou, une maison abandonné, des esprits frappeurs et une torche fabriquée de façon artisanale. Dans toute cette mélasse de mots, il y avait à prendre et à laisser mais je ne m'en rendais pas compte, trop occupée à réfléchir tout haut. C'était un phénomène fréquent sur lequel je n'avais pas nécessairement une emprise. Aritza, elle, ne comptait pas me laisser divaguer sans réagir. Il est vrai que le moment était mal choisi. Chaque seconde d'inattention pouvait nous mettre en danger de mort. Je n'étais pas plus avancée sur la nature de la chose qui nous poursuivait avec tant d'acharnement mais je savais qu'une confrontation risquait d'être fatale. Je le sentais. Je percevais des dizaines d'informations différentes mais je n'arrivais pas à faire le tri. Résultat, mes sens étaient embrouillés et je n'étais plus capable de m'orienter dans le noir, d'autant plus que je me trouvais à l'extérieur de la ville. Mon état de transe était en partie provoqué par la panique, et quand elle se combinait à la douleur qui vibrait dans mon être tout entier, je ne répondais plus de rien. Littéralement. Plus d'image, plus de son, j'étais immobile, vulnérable, paralysée. Offerte.

Ressaisis-toi !

L'ordre claqua dans l'air dense, se fraya péniblement un chemin jusqu'à mon cerveau. Cela me faisait le même effet qu'un claquement de doigts qui sortait le patient de sa léthargie au terme d'une séance d'hypnose. Mon regard embrassa l'obscurité opaque, n'y voyait rien du tout, je ne pouvais même pas dire avec exactitude où se trouvait Aritza. Heureusement qu'elle me tenait fermement, je commençais à avoir des fourmis dans le bas du visage tant elle me serrait, mais au moins, je savais qu'elle était là, près de moi. Devant moi, plus précisément. Le temps de cligner des yeux et une silhouette sombre se distingua très nettement dans mon champ de vision. J'eus le souffle coupé quelques instants, le temps sans doute de me préparer à la sentence qu'elle allait prononcée. Contre toute attente, elle ne me sermonna pas. Au contraire, elle venait de me relâcher et presque aussitôt, je sentis mon propre sang se remettre à circuler dans le bas de mon visage. Ce n'était pas une sensation très agréable, loin s'en faut. Elle me dit ensuite d'abandonner l'idée de fabriquer une torche, parce que l'odeur de mon sang fera très bien l'affaire. Je frémis d'horreur lorsque je réalisais que c'était moi, qui allais servir d'appât. Il était trop tard pour protester, pas vrai ? De toutes les façons, j'avais moi-même proposé d'utiliser la lumière pour détourner son attention. L'un dans l'autre, c'était la même chose. Je me gardai bien d'arguer que mon sang allait attirer tous les prédateurs qui se trouvaient sur notre chemin. Aussi je n'eus rien d'autre à faire qu'acquiescer bravement, tout en m'efforçant de dissimuler le dégoût que cette perspective suscitait.

Elle pensait connaître la maison abandonnée que je venais d'évoquer.
Je la suivis donc.
On accéléra la cadence, tant pour semer la créature que pour nous mettre à l'abri plus vite.

À mesure que nous nous enfoncions dans le bayou, je sentais la douleur s'estomper. C'était mauvais signe, quand on commençait à s’y accoutumer. C'était comme si je perdais progressivement pied avec la réalité. Il ne manquerait plus que je m'évanouisse. J'étais pourtant tentée de le faire. Ce n'était que mon pied, mais la douleur était tellement intense que je pourrais aisément tourner de l'œil si je n'étais pas en train de lutter furieusement pour ma survie. Aritza me demanda alors si je pouvais rappeler le fantôme. Je hochai négativement la tête.

« On ne peut pas. » haletai-je, essoufflée par l'effort. « Je suis une exorciste, mon boulot consiste à renvoyer les fantômes dans l'au-delà. Les faire rejoindre la lumière. Je ne peux pas les invoquer. »

Je n'étais même pas sûre que cela soit possible en réalité. Un sorcier ne pouvait pas invoquer des démons, même avec un rituel parce que je ne croyais pas en l'existence de telles créatures. En revanche, un sorcier pouvait ramener un mort à la vie en utilisant la nécromancie et en y laissant une partie de son âme. J'avais moi-même endommagé la mienne en transformant ma sœur en métamorphe. Nous autres sorciers avons certes des dons qui dépassaient l'entendement mais de là nous demander de réaliser l'impossible…

Je sentis quelque chose me frôler à une vitesse bien trop rapide pour ma perception d'humaine. J'entendis Aritza commencer une phrase mais elle n'eut pas le temps de la finir. L'odeur métallique du sang me monta aux narines, embaumant l'atmosphère et réveillant ma faim. Bien sûr que je n'avais pas besoin de sang pour me nourrir, je n'étais pas une créature, le sang ne m'était utile que pour stabiliser mes pouvoirs défaillants. Il fut un temps où les injections de sang me rendaient puissante et plus j'en avais, plus j'en demandais. C'était un cercle vicieux dont j'ai eu toutes les peines du monde à m'extraire, et même si aujourd'hui mon addiction était en sommeil, je n'étais pas à l'abri de replonger un jour ou l'autre. Ma soif de puissance magique n'était cependant pas un problème qu'il fallait régler en urgence. Quelqu'un était blessé et ma propre blessure, à côté, semblait bénigne.

« Aritza ! » m'époumonai-je, alors que je sentais ma propre panique monter crescendo. « Tiens bon, la maison est proche ! On va trouver quelque chose pour te soigner ! »

Et j'y croyais dur comme fer, que j'allais pouvoir la guérir, ou tout du moins l'y aider. C'était ce qu'elle voulait, non, que je fasse quelque chose ? Le plus urgent était de nous mettre à l'abri, de nous barricader à l'intérieur. Alors je pris le bras de mon aînée pour le passer autour de mes épaules et la soutenir. Clopin-clopant, je me remis en route, endommageant davantage ma cheville blessée. Quelle importance, puisque je sentais de moins en moins la douleur. Bientôt, j’accélérai la cadence, engloutissant les derniers mètres qui nous séparaient de la maison à l'abandon.

Cinq mètres.
Quatre mètres.
Trois mètres.
Deux mètres.

Aidée par ma comparse, je m'appuyai contre le battant de toutes mes forces. Les planches pourries cédèrent sous notre poids dans un nuage de poussière. Aussitôt je me ruai à l'intérieur et, une fois que je me fus assurée qu'Aritza était bien rentrée, je jetai un coup d'œil circulaire au vestibule.

« Le meuble ! » m'écriai-je en désignant le guéridon qui trônait dans l'entrée. « On va mettre le plus de meubles possibles derrière la porte pour l'empêcher d'entrer. Tu peux faire ça, Aritza ? »

J'espérais qu'elle avait encore suffisamment de forces pour m'aider à déplacer tous ces meubles.

«  La dernière fois que je suis venue, je ressentais la présence d'esprits qui hantaient les lieux. Aujourd'hui il n'y a plus rien. » Ce qui voulait dire que mon exorcisme s'était avéré particulièrement efficace. «  Ils étaient toute une famille à habiter ici. C'était la mère qui ressentait une présence et qui a commencé à prétendre qu'il y avait autre chose entre ces murs. Bien entendu son mari ne l'a pas crue. Il avait tendance à tout rationaliser. Quand on veut se débarrasser de son chien on prétend qu'il a la rage. Bah là c'était pareil. » Sauf que le chien en question n'était pas l’épouse à moitié folle mais la maison nouvellement acquise. «  Ces gens venaient de Memphis, dans le Tennessee. La ville du King et du twist. Ils ont migré à la Nouvelle en même temps que nous tous, quand la vague de froid s'est abattue sur la moitié nord du pays. »  À en juger la façon dont je parlais de ces événements, on aurait dit que j'étais en train de présenter la météo. « D'après son mari, elle n'a jamais accepté ce déménagement. Alors tous les prétextes étaient bons pour partir…une fois encore. Quand il s'est avéré que la maison était effectivement hantée, ils sont partis en laissant tout sur place, parce qu'ils pensaient que chaque chose présente dans cette maison était contaminée par ces présences nuisibles. On devrait pouvoir trouver quelque chose pour te soigner. »

Je terminai mon explication en haussant les épaules. Bah quoi ? Elle m'avait suggéré de chanter une connerie, non ? Au lieu de cela, je lui avais raconté une histoire. En soi on s'en foutait de ce qui s'était passé ici, mais l'essentiel était qu'elle se raccroche à ma voix pour ne pas sombrer à son tour. Je n'avais aucune garantie que cela fonctionne mais ça valait le coup d'essayer.
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You'd fight and you were right, but they were just too strong (arixie)

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