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 You'd fight and you were right, but they were just too strong (arixie)

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MASTER OF ILLUSIONS

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↳ Niveau de Compétences : Un travail acharné dès l'adolescence lui a permis d'atteindre un niveau 3 général ( niveau 4 en perception de fantômes, niveau 3 en rêves prémonitoires, elle pratique le reste de façon très sporadique et très superficielle.) Cependant, en raison des événements qui ont bouleversé sa vie et de la magie qui disjoncte, ses compétences générales sont retombées au niveau 2.
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MessageSujet: You'd fight and you were right, but they were just too strong (arixie)    Lun 13 Nov - 18:33

You'd fight and you were right, but they were just too strong  
Beatriz & Aritza
Now that the smoke's gone and the air is all clear, those who were right there got a new kind of fear - Filter "Hey, man, nice shot"

Voilà bien longtemps que je n’avais pas tenté de me faufiler hors de la ville. D’un point de vue extérieur, la Nouvelle-Orléans ressemblait à une ville en état de siège, et c’était probablement le cas. On n’y entrait pas comme dans un moulin, les entrées et les sorties étaient strictement réglementées. J’avais obtenu un laisser-passer en échange des services rendus au gouvernement mais je n’avais pas beaucoup l’occasion de l’utiliser. A dire vrai, je n’étais plus sortie de la ville depuis ce soir d’été, il y a un peu plus d’un an. Ce n’était pas si éloigné dans le passé quand on y pense, mais j’avais l’impression d’avoir vécu plusieurs vies depuis. C'était d'autant plus vrai que je n'avais pas beaucoup de souvenirs de cette période, c'était comme si ma mémoire s'était dissoute dans le néant. Je me sentais flotter, glissant entre la conscience et l'inconscience alors que mon esprit refusait de se rappeler. Beaucoup trop occupée, je perdais la notion du temps. Les jours passaient, puis les mois, puis une année. Des jours, puis des semaines puis des mois venaient s'ajouter à l'année écoulée, rajoutant plus de poids dans la balance, mais ce n'était que du vent, quelque chose qui n'était même pas tangible.

Ce dont j'étais véritablement certaine, c'est que ça s'est passé il y a exactement quinze mois, soit une grossesse menée à terme et les six mois d'existence qui ont suivi la naissance de mon fils. Ainsi, une demi année s'était écoulée, alors que je ne voyais pas le temps passer. Il filait entre mes doigts, de la même façon qu'on ne pouvait pas attraper et garder une poignée de grains de sable au creux de son poing. Le temps passait, et la brume ne se dispersait pas. Pire, le brouillard semblait aller en s'opacifiant. Il était de plus en plus moite, de plus en plus compact, de plus en plus oppressant. Je le sentais peser sur ma poitrine comme s'il était doté d'une volonté propre et qu'il comptait m'étouffer. Il me glaçait jusqu'au plus profond de mon âme, et j'avais beau me couvrir, il faisait toujours aussi froid. Et quand je me regardais dans le miroir, je voyais le vide abyssal qui me contemplait en retour. Peut-être qu'il n'y avait rien au bout du tunnel, peut-être que je m'acharnais pour rien. Plus j'avançais dans le couloir de la mort, et plus je me disais que nous n'avions aucune chance d'en réchapper. Je n'étais pas assez optimiste pour croire à une éventuelle rédemption. Je savais juste que là où j'allais, rien ni personne ne m'attendait. Et le moment venu, je serai seule pour faire face à mes fautes.  

Ça ne changerait pas beaucoup de d'habitude, songeai-je tandis que je filais comme une ombre dans la nuit noire, déterminée à rejoindre mon lieu de rendez-vous. Les rues et ruelles étaient exceptionnellement désertes, on n'entendait que le bruit de mes talons qui claquaient sur le bitume et ma respiration saccadée, tandis que je m'échinais tant bien que mal à réprimer une bouffée d'angoisse. Ça ne m'avait pas particulièrement bien réussi jusqu'à présent, mon cœur cognait dans ma poitrine et le sang battait à mes tempes. Un frisson glacé venait de me dévaler l'échine, et, même si je savais pertinemment que ça ne servirait à rien, j'avais resserré les pans de ma veste autour de mon corps frêle. Pour quelle raison étais-je en train de déambuler dans les rues de la ville, déjà? Pourquoi je m'acharnais à sortir le soir, voire tard dans la nuit alors que je craignais les ombres qui dansaient sur les murs et qui se planquaient entre les réverbères? Je pouvais presque les imaginer en train de me suivre, je ressentais ce picotement désagréable dans ma nuque comme si on était en train de me fixer avec insistance. Bien sûr, lorsque je me retournais il n'y avait personne, pas même l'ombre d'un fantôme, si bien que je venais à me demander si ce n'était pas mon imagination qui me jouait des tours.

Alors je poursuivais ma route, en m'efforçant d'ignorer cette sensation déplaisante. Il n'empêche que ça me reprenait à chaque foutu pas que je faisais, et que ça montait crescendo. J'en venais même à accélérer le rythme de ma marche, alors même que les frontières de la ville m'apparaissaient très nettement. Je devais me calmer, ne pas penser à ce que je m'apprêtais à faire,  aux personnes que je risquais de rencontrer. Il suffisait que je montre mon laisser-passer, voire que je graisse la patte aux plus récalcitrants. Je n'avais qu'un sas de décontamination à franchir, des contrôles à passer. Je me savais clean, tout du moins, selon les critères officiels, je n'avais dès lors pas à m'inquiéter. Oui mais voilà, je risquais tout de même de faire une mauvaise rencontre, une rencontre qui risquait de tout faire sauter, boum, à la manière d'une marmite sous pression qui ne pouvait plus rien encaisser. Ça ne tenait à rien, que mes souvenirs remontent à la surface et m'explosent à la gueule, bang, cocktail molotov de cris et de larmes, de peur et de sang. Peut-être était-ce la raison pour laquelle je me sentais si peu tranquille, presque fébrile, alors qu'un fin voile de sueur commençait  à perler sur mon front blême. En cet instant précis, j'étais aussi pâle que les fantômes que j'étais supposée chasser en dehors de ces murs.

Je passai le sas de décontamination presque sans encombre. Il faut dire que mon frère aîné, un shadowhunter chevronné, s'était porté garant pour moi, bien que je ne lui parlais plus depuis des mois. Je me rappelais très bien de la teneur de notre dernière dispute, celle-là même qui a bien failli nous séparer. Comme toujours, nous nous étions disputés à propos de Noah, à propos de mon manque d'implication le concernant. Que cet enfant ne soit pas désiré n'était pas le propos aux yeux d'Emmett. Il avait osé me claquer en pleine figure que j'avais de la chance d'avoir un enfant, car sa femme et lui n'ont jamais pu en avoir un, et que je devrais m'estimer heureuse. La dernière chose que je me souvenais lui avoir dit, c'est que s'il désirait autant avoir un enfant, il n'avait qu'à prendre le mien, je lui cédais mon fils volontiers, et puisqu'il était de notre sang, c'était tout bénef'. Je me demandais s'il se souvenait de cette conversation, s'il regrettait de m'avoir jeté ces mots au visage, ces mots qui m'avaient encore plus meurtrie. Je ne savais pas si j'allais lui pardonner un jour, ou même si j'avais envie de lui pardonner, parce que j'avais la rancune particulièrement tenace. Bien sûr, qu'il n'en savait rien. Je n'ai jamais parlé à Emmett des circonstances dans lesquelles Noah est venu au monde. Il ne savait rien de mon viol et du traumatisme qui a suivi. Caroline, elle, avait peut-être deviné. Si elle savait, en tout cas, elle n'en a rien dit à notre frère, car il ne se serait jamais permis de me dire de telles horreurs s'il avait su, pas vrai?  

Pas vrai?

Voilà qu'à présent j'en doutais. Revoir Emmett après tout ce temps m'avait bouleversée bien plus que je l'aurais pensé. J'aurais voulu lui dire que j'étais désolée pour tout, qu'il me manquait, que j'aimerais que les choses redeviennent comme avant, mais je ne lui dis rien de tout cela, à la place, je me contentai de tourner les talons et de foutre le camp sans lui accorder un regard. Je n'avais même pas le cœur à me réjouir de cette – petite – victoire, je n'osais même pas me dire que j'avais réussi à franchir les murs. Ça me paraissait bien secondaire à présent. Je pensais à Emmett, au regard froid qu'il m'a  jeté lorsqu'il m'a reconnue, et à cette douleur qui me lacérait le cœur. En cet instant, les larmes me brûlaient les paupières, tandis que je m'efforçais de les retenir, parce que j'avais trop de fierté pour me permettre à pleurer.  

Peu importait à quel point la victoire fut amère, j'avais une mission à accomplir et les contrôles ne constituaient qu'une petite étape. Je n'étais pas encore arrivée à destination, il pouvait se passer tout et n'importe quoi entre temps. Les bois n'étaient pas sûrs malgré la poignée d'habitants qui y vivaient, et les plaines n'étaient pas davantage sécurisées. Depuis que des brèches vers Darkness Falls avaient été ouvertes, des monstres plus affreux les uns que les autres peuplaient nos contrées, comme si nos cauchemars prenaient vie sous nos yeux effarés. Et le temps qu'on s'aperçoive de leur présence, il était déjà trop tard.  

Je venais de rouler sur le sol, fauchée par quelque chose qui venait de ma gauche.  

Une rose pourpre était en train de fleurir sur ma tempe, là où le choc m'avait atteinte. Je sentais un liquide chaud et poisseux couler sur mon visage et plaquer mes cheveux roux contre ma peau. Je me redressai péniblement, à moitié étourdie, scrutant les environs pour tenter de voir d'où le coup était parti. Mais il n'y avait rien, rien d'autre qu'une odeur pestilentielle qui me soulevait le cœur. Je voulus crier mais aucun son ne franchit ma gorge. L'angoisse que j'avais ressentie quelques instants plus tôt se mua en une véritable terreur. Un éclair de conscience déchira le cocon de panique qui m'enveloppait toute entière.  

Mon bébé.

Je voulais rentrer auprès de lui, serrer son petit corps chaud contre le mien, me laisser bercer par sa respiration douce et rassurante. Noah n'avait jamais eu de père, voilà qu'il allait perdre sa mère également. Sans que je puisse les retenir, les larmes roulèrent sur mes joues, inondèrent mon visage ensanglanté.  

Faible.  
C'était tout ce que j'étais.  
Et peut-être étais-je en train de le payer.  
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MessageSujet: Re: You'd fight and you were right, but they were just too strong (arixie)    Jeu 7 Déc - 11:48

Tic-tac.
Tic-tac.
Bruissement illusoire du temps qui passe. Les aiguilles de l’horloge murale ont cessé de se mouvoir il y a quelques semaines de cela. Les ustensiles électriques et électroniques nous lâchent les uns après les autres. Cela semble se produire en vague. De faibles va-et-vient. Une routine pour certains. Une fatalité inébranlable pour d’autres. L’énergie solaire est un mythe. Un vaste réseau de mensonges. Comme si quelques panneaux bancals plantés dans un champ imberbe à la récolte pouvaient changer la face du monde. Pouvaient rendre un espoir dans un tel décor de désolation. Jolie consolation. Ersatz d’un rêve d’autre chose. D’ailleurs. De mieux. Ou pas. Quelques contes pour enfants. Un schmilblick de légendes urbaines.
Risible.
Ridicule.
Mal nécessaire à maintenir quelque chose dont nul ici présent n’ignore jusqu’à l’extinction.

Tic-tac.
Tic-tac.
Le temps passe. Le temps nous dépasse. Il se moque bien de nous laisser pourrir dans son sillage. Il baigne dans l’indifférence la plus totale. Aucun regard vers l’arrière. Aucun arrêt sur image. Aucun cliché à prendre pour classer dans le néant des annales d’une histoire sans fin. Aucun regret. Aucun scrupule.

Tic-tac.
Tic-tac.
Le temps ne fuit pas. Le temps vit. Le temps sur-vit. Entité supérieure. Egoïste. Egocentrique. Nombriliste ultime et incontournable. Maître de l’univers. Destructeur de monde. Evolution par excellence que l’homme ne réussira jamais à égaler. Aucune conscience propre. Aucune notion de l’autre. Liberté absolue. Aucune chaîne. Aucune barrière. Aboutissement suprême.

*Jalousie.
Envie.
Contamination.

La réalisation d’une réalité qui nous dépasse. L’acceptation de ce qui est, de ce qui a toujours été et de ce qui jamais ne sera. Alors je le laisse m’effleurer. Me caresser. Me promettre des choses futiles dont je sais qu’il ne pourra que s’en lasser. Il tente de m’emporter. Le vent s’engouffre sous mes vêtements. Se tortille autour de mes jambes. Vient inviter ma crinière folle qui se prête bien volontiers à son jeu. J’observe d’un air abstrait la ligne de l’horizon rendue invisible de par la tombée de la nuit. Encore une constante que le temps aime à narguer. Délaisser. Abandon brutal et guttural. Dans le lointain, j’entends la brise qui glousse. Je devine son sourire narquois. Son plaisir inapproprié. Ou peut-être bien qu’il ne l’est pas. Inapproprié je parle. Lui qui nous côtoie. Lui que nous encombrons à longueur de journées, de nuitées, d’années. Lui qui est omniprésent. Lui qui est omniscient. Vois comme nous l’obligeons à partager ce qui est sien depuis la nuit des temps. Nous avons beau être éphémères, nous restons parasites. Nous demeurons virus. Nous empoisons une terre qui n’a jamais demandé à nous accueillir. La Communauté a beau se démener corps et âme en quête de pardon … jamais, ô grand jamais, cela sera suffisant pour répondre de nos péchés. La famine n’est pas un fléau. La guerre n’est pas une punition. Elles ne sont guère plus que conséquences de nos crimes châtiés …

Un râle dans mon dos me sort de ma rêverie. Un instant encore, je m’autorise à persister de l’autre côté. Je finis pourtant par m’en arracher. Par revenir là où je ne suis finalement pas désirée. Ou plus. Reine déchue de son trône de bois. Femme bafouée dans son honneur. Seuls les chiens daignent encore m’accorder un semblant d’attention. Eux et les malades. Les blessés. Les mourants.
Je laisse son temps à ses obligations morales et pénètre l’infirmerie. Des corps en agonie gisent çà et là. Des draps ont été érigés vulgairement autour des lits de fortune. Ils font office de moustiquaires au moins autant que de sas de décontamination. Ou encore d’écran de protection. Visuelle. Sensorielle. Cela ne donne même pas l’illusion de. La dernière sortie a été une véritable catastrophe. Un échec sur tous les fronts. Aucune provision. Pas la moindre récolte. Chasse infructueuse. Une embuscade. Combat à la vie à la mort. Quelques pertes à peine de leur côté. Bien trop du nôtre. Amputations. Brûlures. Morsures. Nous avons dû achever à la main deux de nos compagnons. Quelqu’un a bien dû s’y coller …

Peine. Colère. Souffrance. Tristesse. Hargne. Rancœur.
Les émotions nous submergent et nous rattrapent. La chapelle n’est depuis longtemps déjà plus assez grande que pour tous nous accueillir en son sein. Qu’ils sont simples d’esprits ceux qu’ils pensent qu’une relique est requise pour prier après l’expiation.

*Que Dieu nous pardonne.
De n’être.
Que des hommes.

Je me balade entre les corps. Parmi les visages. Bientôt nous allons manquer de ressources. Nous ne pourrons sauver tout le monde. Surtout pas en sachant que le monstre rôde toujours. Que la prochaine expédition risque fort bien de se résoudre par un décompte bien plus désastreux. Les troupes commencent déjà à se former. Le haut conseil déjà à se rassembler. Il en va de soi que je n’ai pas été conviée. Peu importe. Je connais la Communauté depuis bien des années. Plus que beau nombre d’entre eux. Plus que certains réunis. Je l’ai vu naître. Je l’ai poussée à s’ériger. Je l’ai encouragée à évoluer. À se développer. Nous sommes sœurs de cœur. Nous sommes alliées de sang. Je suis Elle. Elle est moi.

*Indissociées
Indissociables.
Et si l’un de nous deux tombe …

Je donne quelques dernières consignes au personnel soignant. Les réserves seront évaluées demain dès l’aube. Le pronostic vital des plus amochés ne dépend désormais plus de Sa seule volonté. Et nous savons tous que les voies du Seigneur sont impénétrables.
Je me force à leur gratifier d’un ersatz de sourire. Ils sont bien peu à me le rendre. Trop fatigués. Trop épuisés. Trop démoralisés. Et puis il y a moi. La paria. La traîtresse. La pècheresse. Je leur pardonne bien volontiers de ne pas comprendre. Cela importe peu. Je continuerai à me relever. Et à avancer. Avec eux. Entre eux. Pour eux.
Je n’ai besoin d’aucune reconnaissance. D’aucun ami. D’aucun confident.
Je suis celle que je suis.

~.~

Il est tellement facile de quitter le campement. Cela ne devrait pas être le cas. Cela implique qu’en sens inverse, la défense laisse tout autant à désirer. Il est là un point impératif qu’il me faudra rapporter. Mais pas maintenant. Pas ce soir.
Armée d’une paire de gants et d’une batte de baseball, une casquette vétuste de l’armée enfoncée sur la tête, je m’engouffre dans la nuit noire. Mes pas sont comme du velours. Mon corps se déplace au gré du vent. Il va sans dire que ce dernier a profité de l’occasion pour m’accompagner. Pour me dorloter. Nous flirtons ouvertement l’un avec l’autre. L’un envers l’autre. Il me propose une danse qu’il me serait bien fâcheux de refuser. Un manque que je n’avais plus ressenti depuis bien longtemps. Je devrais peut-être sortir plus souvent. Encore faudrait-il qu’on m’en accorde la permission. Mais laissons ces divagations pour plus tard. Demain je suis assurée de passer au confessionnal. Le mal étant déjà fait … pourquoi s’éterniser à le réfuter ?

J’ignore pendant combien de temps je marche exactement. De combien de lieux je me suis éloignée du camp. Est-ce seulement important ? Est-ce que je compte vraiment y retourner ? Nous connaissons tous deux la réponse à cette rhétorique. Alors nous gardons le silence. Nous taisons la vérité. Pour une fois dans notre vie … et si nous nous contentions de rêvasser ?
Un nouveau bruissement. Mon pas s’arrête net. Le vent se meurt tout autant. Mes sens s’éveillent à leur alerte maximale. Un troisième souffle. Une brise. Une ombre. Elle nous entoure. Elle nous observe. Elle juge. Elle jauge. Nous sommes deux dans ce cas. Mes phalanges malaxent le bois qu’elles enserrent. Il me tarde de découvrir les contours de son visage. Les affres de son haleine fétide. L’absence d’essence pour subvenir à son être.
Mais c’est sans compter une tierce présence qui s’invite à la scène. Nos attentions réciproques se tournent à l’unisson vers cette intrusion. Un cœur affolé. Une course effrénée. Panique. Peur. Souffrance. Je sens plus que je ne devine l’excitation provoquée dans les entrailles de l’Ombre. Il me faut agir et il me faut agir MAINTENANT. Une fraction de doute. Un semblant d’hésitation. Et tout se terminera avant même d’avoir débuté.

La batte part vers l’avant. Fend l’air. Percute le crâne en plein mouvement. Le corps est stoppé net dans son ascension. Il tombe vers l’arrière. Roule au sol. L’Ombre révèle ses crocs et me crache son venin. Il hisse à l’image d’un cobra auquel je viens de dérober le repas. Il se réfugie derrière un arbre. Se fond et se morfond dans le décor. Je m’impose entre celui que je ne vois pas et celle qui gît à terre. Entre un prédateur et son repas. Ce repas au palpitant qui cogne tellement fort contre sa cage thoracique. Ce repas qui bouge. Qui se relève péniblement. Mes mains s’agrippent à mon arme blanche. Je ne la regarde pas. Peut-être même qu’elle ne me voit pas. Je me trouve à quelques mètres de son propre emplacement. Entre l’endroit de sa chute et le perchoir de son persécuteur. Nous jouons au jeu du chat et de la souris. Il reste désormais à déterminer qui tiendra quel rôle.

- « Qu’est-ce que tu fais ici ? »

Cela ressemble à un reproche. Ce n’est aucunement le cas. Nous avons tous notre libre arbitre. Je sais ce qu’elle vaut sur le terrain. Peut-être mieux qu’elle ne le perçoit elle-même. Mais ce soir elle n’est clairement pas en état. Elle est en fuite. Elle est en quête. De réponses. De questions. D’aucun. De tous. Peu importe. Elle est inconsciente. Elle est perdue.
Les voies du Seigneur …

*Tic-tac.
Tic-tac.
Une souris verte.
Qui tombait dans l’herbe.

- « Commence par te calmer. Le chant de ton cœur est en train de le stimuler.

Je décris des cercles tout autour de sa personne. Mon regard fixement posé sur les Ténèbres qui nous entoure. Je sais qu’il est toujours là. Qu’il observe. Qu’il calcule. Du moins un minimum. Elle, elle est faible. Elle est facile. Elle le fait saliver. Mais je suis toujours là. Je le nargue. Je le provoque. Il pèse le pour et le contre entre l’opulence de la nutrition et l’ivresse de l’altercation.

- « Tes larmes, quant à elles, attisent sa curiosité. »

Il désire les lécher.
Il aspire à les goûter.

- « Es-tu prête à lui concéder ce caprice ? »

Cesse de te lamenter.
Tu devrais plutôt t’en inspirer.
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