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 The Unrecorded Hours ▲ Beatriz et Matthias

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RUNNING TO STAND STILL

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↳ Opinion Politique : Ancien vainqueur des jeux établis dès 2012, durant la seconde campagne, Matthias s'est vu embrigader de force dans la propagande du gouvernement. La rancune couve cela dit, féroce.
↳ Niveau de Compétences : Un briquet capable d'aspirer les flammes environnantes. Feu de cheminée ou petits brasiers, une fois le chargeur rempli, les flammes peuvent être réutilisées comme le gaz d'un briquet classique. A recharger uniquement de cette manière, sinon il ne fonctionnera pas.
↳ Playlist : Feeling Good - Nina Simone ║ You know my name - Chris Cornell ║ Canned Heat - Jamiroquai ║ Freedom - Beyoncé ║ The Only Thing That Looks Good On Me Is You - Bryan Adams ║ Killing me softly - Frank Sinatra ║ John The Revelator - Curtis Stigers & The Forest Rangers
↳ Citation : Les blagues : le chemin le plus court vers l'équilibre mental.
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MessageSujet: The Unrecorded Hours ▲ Beatriz et Matthias   Mar 14 Nov - 15:38

   FEATURING Beatriz & Matthias
Il y a cette course dans les bois, ce gout métallique qui tape dans le fond de sa gorge, qui se cogne de façon sanguinaire contre une respiration échevelée. Il y a l’inhumain, là au bord des babines retroussées, au fond des iris éclatés, tapie dans l’ombre d’une âme fantomatique.

Matthias court.

Ou peut-être pas. Quelque chose court dans les bois, viande dégoulinante entre les mâchoires, sang frais sur la cuirasse épidermique, du pollen noir à chaque expirations, tâchant les lèvres humides aux crocs d’acier.

Au loin, il y a des sirènes, des hurlements troublants suivis de pleurs comme des tonnerres. Il n’entend rien pourtant, l’esprit de brume encore accaparé par la colère et l’obscure. C’est si simple en son sein, la couleur rouge en chambre molletonnée. Les griffes se rétractent pour laisser un sentiment de vide qui le fait hoqueter, les muscles jusqu’alors tendu par la fureur et le chaos se relâchent dans un épuisement hors du commun.

Matthias tombe. La créature se recroqueville, repue, ricanante, juste là, sur la marque brulante que l’humain a sur le torse. Il respire mal tout à coup, l’air toxique dans ses poumons, le sang poudreux sur sa langue. Il se laisse choir, remonte ses genoux vers son torse et entoure ses jambes de ses bras. C’est trop brouillon encore, et il lui semble que la souffrance est trop grande pour penser à quoi que ce soit. Matthias voit des étoiles, celle sombres, promesses de désolation et d’amertume. Il se sent sur le point de basculer en arrière au sein de ténèbres infinies. Loin, loin, plus loin encore que le sable de jeux cruels. Il a déjà vécu ça, se sermonne-t-il. Ce n’est rien. Ça va passer. L’odeur de l’hémoglobine sature un corps endolori et il se hisse douloureusement dos à un arbre poisseux. Son prénom résonne quelque part dans la douceur d’un soleil froid, le craquement des brindilles écrasées par des pas légers et l’apparition d’un halo couleur de feu devant ses yeux.
L’expiration est laborieuse et l’inspiration est poignard. Il cille, la sueur sale en gouttelettes corrosives. Il éprouve la même sensation qu'un condamné à mort gratifié d'une grâce de dernière minute. Une cruelle folie l'a quittée, chassée par l'apparition de celle qu’il reconnait enfin… enfin… « T’es qui ? » L’angoisse étreint de façon violente, l’éclair engageant une crise de panique qu’il ravale. Cheveux roux… si, il la connait. Elle a gagné les jeux elle aussi. Fût un temps. Ils se reconnaissent entre eux, le sourire conquérant fait de mirage artificiel et cette lueur enflammé au fond des yeux. De cendres et de sable.

« Non, non, non…. » Il est fébrile, se recule, cherche à échapper aux mains de son amie, la repousse violemment. Si elle est là c’est que tout a recommencé. La mémoire divague et les doigts se serrent autour d’un sol sablonneux.  Il veut se relever mais retombe comme une masse, les coudes rouges et le souffle court. Pas de jeux. On lui avait dit, on lui avait promis. C’est non, il ne veut pas, il a déjà donné. Le seul intérêt d’avoir remporté les Hunter Games c’est de ne plus avoir à jamais y participer.

Jamais.

Il a un hoquet à nouveau, presque comme un sanglot et un cri rauque qui lui perce la poitrine. « Non… ils sont revenus, c’est ça ? » Le gouvernement. Il n’aurait pas dû chercher à fricoter avec la milice. On ne peut pas avoir confiance, en aucun d’entre eux. Il faut sourire de loin. Quelque chose c’est passé – on est venu chercher les Anciens, les Victors comme on les appelle parfois. L’idée le fait rire subitement, des bulles de sang sur la langue, le cauchemar magique derrière ses paupières closes. « Tu devrais me tuer vite la Rouquine…. Il n’y a jamais qu’un seul gagnant. » Un seul. Pas deux. Et lui, il n’était qu’à moitié là. La voix est métallique, celle basse qui glisse sous la peau en un avertissement tonitruant. Il ne se laissera pas faire.

Il y a autre chose – quelque chose – il pose sa main sur son t-shirt lacéré, les lambeaux de coton granuleux sur un torse couvert de bleus. Le rire meurt et il ouvre les yeux, trop bleu, trop flou encore. Elle l’appelle à nouveau. Matthias. C’est son nom. Matthias. Il a gagné la seconde saison et il a du sang sur les mains. Il cille lentement, agite ses doigts sur ses jambes allongés devant lui. Du sang partout. Il ne se souvient pas. Les sourcils se froncent. Il se souvient de chaque mort dans l’arène mais pas des visages.

Ici il ne se souvient de rien.

Pendant un court instant, le temps semble suspendu, même sa respiration fait une halte. Il regarde ses mains, le ciel puis revient sur elle, l’éblouissement crépusculaire des illuminations sur le front.

« Trixie ? »





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Dernière édition par Matthias Petersen le Mar 28 Nov - 16:00, édité 1 fois
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↳ Opinion Politique : neutre. Pro gouvernement pour les apparences, coincée dans ce rôle qui la fait se sentir comme un imposteur.
↳ Niveau de Compétences : Un travail acharné dès l'adolescence lui a permis d'atteindre un niveau 3 général ( niveau 4 en perception de fantômes, niveau 3 en rêves prémonitoires, elle pratique le reste de façon très sporadique et très superficielle.) Cependant, en raison des événements qui ont bouleversé sa vie et de la magie qui disjoncte, ses compétences générales sont retombées au niveau 2.
↳ Playlist : way down we go + kaleo
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sober + p!nk
cupid carries a gun + marilyn manson
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criminal + fiona apple
take me down + the pretty reckless
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MessageSujet: Re: The Unrecorded Hours ▲ Beatriz et Matthias   Sam 25 Nov - 18:08

The unrecorded hours  
Beatriz & Matthias
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« Matthias ! »

L’appel fendit l’atmosphère, et rebondit entre les arbres sans jamais atteindre son destinataire. Je laissai échapper un juron, avant de me mettre à crapahuter dans les hautes herbes de plus belle. Les ronces accrochaient le tissu délicat de ma robe, et il m’arrivait très souvent de batailler pour m’en dégager. Arpenter le bayou sauvage dans cet accoutrement n’était pas l’idée du siècle mais je devais agir dans l’urgence et quand on se laissait happer par le feu de l’action on avait rarement une idée de génie. En l’occurrence je me sentais carrément désorientée, les marécages s’étendaient à perte de vue et il n’y avait pas âme qui vive à des kilomètres à la ronde. Ce bayou avait l’air parfaitement inoffensif et paisible mais c’était loin d’être le cas. Je ressentais la présence de fantômes, d’esprits errants. Même si je ne les voyais pas avec netteté et précision, je savais qu’ils étaient là. Je croyais voir des ombres fureter entre les arbres morts, et l’endroit était tellement sinistre que personne n’avait envie de s’y attarder. Disons que le bayou n’était pas le lieu le plus approprié quand on recherchait une ambiance bucolique. Les environs étaient truffés de pièges pouvant s’avérer mortels et les chances de survie d’un humain ordinaire étaient quasiment nulles.  

D’où l’importance de suivre Matthias à la trace dès lors que j’ai su où il allait. C’était étrange, car Matthias était un individu qui n’était pas dépourvu de bon sens, il était pompier, en tant que tel il était supposé sauver des vies, et non se mettre en danger bêtement. Épuisée par mes nuits trop courtes, la pénurie de magie et l’allaitement, je m’étais endormie dans le fauteuil, Noah dans les bras. Ces temps-ci, mon sommeil, y compris une simple sieste, était peuplé de rêves étranges et d’images parasites. L’ensemble était brouillon, erratique, aussi chaotique que les clignotements frénétiques d’un stroboscope, mais j’ai clairement vu mon ami courir comme s’il avait le diable à ses trousses. Au réveil, une peur viscérale m’avait saisie à la gorge et lacéré mes tripes, en l’espace d’un instant j’ai vraiment cru que j’allais sombrer dans une attaque de panique qui allait me paralyser, mais je me suis ressaisie. L’angoisse dissipée, il me restait toujours cette sensation malaisante dont il était impossible de se débarrasser. Je devais aller voir . Le temps que je me décide à me précipiter à la suite de Matthias, il sera déjà loin. Je faisais aussi vite que je pouvais. Je ne pouvais pas embarquer Noah avec moi, aussi l’avais-je confié aux voisins le temps d’aller chercher Matthias. J’espérais de toutes mes forces qu’il ne se soit pas égaré, dans ce bayou on pouvait aisément finir par tourner en rond et se perdre car la végétation se ressemblait de façon troublante. Puis il y avait ces étangs infestés de créatures encore plus voraces et monstrueuses que des piranhas, et  la couche de vase qui dissimulaient ces points d’eau étaient tellement denses qu’on pouvait les confondre avec les hautes herbes. Ils avaient la même texture que des sables mouvants et ils pouvaient nous engloutir sans qu’on s’apercoive de quoi que ce soit. Le temps de réaliser ce qui nous arrivait et nous étions déjà foutus, le piège mortel se refermait sans nous laisser la possibilité de réagir.  

Pourvu qu’il ne soit pas déjà trop tard.

Je continuais de piétiner la végétation luxuriante, m’écorchant les mollets alors que les ronces s’enroulaient autour de mes jambes. Le regard vif et alerte, je scrutais les environs, guettant le moindre signe du passage de Matthias en ces lieux. Je mobilisais chacun de mes sens pour capter la moindre trace de magie, trace qui aurait pu laisser présager la présence d’un être surnaturel. Conséquence ou non de la raréfaction de la magie, je ne captai aucun signal qui soit exploitable.  

« Matthias ! » m’époumonai-je une nouvelle fois, tandis que je m’enfonçais dans les bois – seul le craquement sinistre des branches mortes me répondait.  

Puis, j’entendis un concert de craquements, m’indiquant la présence d’un autre être vivant dans les environs.  

« Matthias ? » Mon ton était hésitant, incertain. Il était clair que je refusais de servir de goûter à un prédateurs surgi des profondeurs.  

Il y avait quelque chose, pourtant. Ce n’était qu’un frémissement, un sursaut, comme une empreinte, un parfum qui s’était dissipé dans l’air dont il ne restait qu’une lointaine effluve. Un ersatz d’onde magique, à peine décelable, mais bien présente. Je ne l’avais pas imaginée, puisqu’elle avait hérissé mes cheveux sur ma nuque, elle s’était glissée entre les cellules de mon corps avec la précision d’aiguilles d’acupuncture. Un mouvement me fit tourner la tête vers la gauche.  

C’était là, tout près.  

Ça respirait comme un immense poumon, ça palpitait, c’était vivant et c’était humain, je n’avais aucun doute à ce sujet. S’il s’était agi d’un autre surnat, je l’aurais senti. Or, ce n’était pas un surnat. En crapahutant encore un peu entre les hautes herbes, je pus enfin accéder à Matthias, prostré contre un arbre. Lorsque je fus certaine que c’était bien lui, je me précipitai à ses côtés. Comme je l’avais pressenti, mon ami n’était vraiment pas dans son assiette. Au contraire. Je dirais même qu’il n’était pas dans son état normal, il transpirait à grosses gouttes et semblait affolé. T’es qui ? Cette question, pourtant anodine, me heurta avec autant de violence que s’il m’eut donné une claque. La sudation abondante n’était pourtant pas le seul symptôme qu’il présentait. Il y avait les absences, les pertes de mémoire, il y avait la démence aussi. Matthias était totalement désorienté, et je crus en l’espace d’un instant qu’il était possédé – ou qu’il l’avait été.  

«  Matthias, c’est moi. » dis-je doucement, comme pour le rassurer. « C’est moi, Trixie. Tu m’entends ? » 

Si j’avais vraiment affaire à un fantôme, je le saurai bien assez vite. Comme on pouvait s’attendre de la part d’un esprit errant, Matthias réagit avec brutalité, me repoussant avec force. Il n’était pas rare que les fantômes, a fortiori quand ils possédaient le corps d’un humain, fassent preuve d’une grande violence pouvant même nous tuer. J’avais déjà croisé des spectres plutôt agressifs et les exorciser était un exercice périlleux. Alors qu’il me repoussait, Matthias me cogna au visage et ma lèvre inférieure se fendit sous l'impact. Déséquilibrée, je tombai à la renverse, m'écorchant les mains. Un peu sonnée, je vis mon ami divaguer. Qui étaient ces ils qui étaient revenus? Revenus où? Je n'en avais aucune idée. Cela le fit toutefois rire, un rire qui me glaça le sang. Il n'y avait rien d'amusant dans cette situation, rien du tout. D'une voix métallique, il me dit que je devrais rapidement le tuer. Ou le tuer rapidement. Bref. Il n'y avait qu'un seul gagnant, et il avait l'air de s'être résigné.  

Possession?  
Ou simple crise de paranoïa?  
A moins qu'il ne s'agisse d'un délire en relation avec un syndrome de stress post-traumatique?  

Il ne l'avait pas dit de façon explicite, mais j'ai compris qu'il évoquait les arènes, et les Hunter's Seasons. Tous les deux, nous étions des survivants, et notre victoire nous a coûté beaucoup. Beaucoup trop. Loin de me laisser abattre, je m'approchai une nouvelle fois du pompier. Tant pis s'il devait me cogner encore une fois, il pourra me soigner une fois qu'il aura repris ses esprits. D'une façon ou d'une autre, je devais le convaincre qu'il n'était pas dans les arènes mais avec moi, à l'orée du bois. Ma main écorchée se glissa jusqu'à la joue du blond, et mon regard déterminé chercha le sien, perdu, évaporé.  

« Matthias, tu m'entends?  » ma voix était tendue, mais elle se voulait douce et rassurante, presque maternelle. « Oui, c'est moi, Trixie. Shhh, je suis là, ça va aller, regarde, c'est moi. »  

Le rassurer.  
Le mettre en confiance.  
Le convaincre que ce n'est qu'un mauvais rêve.  
Un peu comme je faisais avec Noah quand il faisait un cauchemar – est-ce que les bébés cauchemardent? Je n'en savais rien, mais j'avais l'impression que c'était son cas.  

« Est-ce que tu te souviens où tu es?  » murmurai-je, calmement, posément. « Nous ne sommes pas dans les arènes, Matthias. Il n'y a pas de sable. Pas de spectateurs. Juste nous, et la végétation. Nous sommes dans le bayou sauvage, dans le sud de la ville. Nous sommes dans une sorte de petit bois, tu es adossé contre un tronc. Est-ce que tu le sens dans ton dos? Regarde.  »

Prudemment, je pris sa main et le guidai jusqu'au tronc d'arbre, l'incitant à toucher l'écorce râpeuse. Tu vois, Matthias, c'est un arbre, ce n'est pas un décor factice, une illusion. C'est réel.  

« Personne ne viendra nous chercher, Matthias. » chuchotai-je. « Les Hunter's Seasons étaient en 2012, nous sommes en 2017, tu te souviens? Nous n'avons jamais combattu dans la même arène. Toi, tu as participé à la deuxième édition, et moi, à la troisième. Je t'ai jeté un sort pour que tu gagnes, tu t'en rappelles? Enfin bien sûr, ce n'est pas ça qui t'a fait gagner, mais l'essentiel était que tu le croies.  »

Je le vis alors remuer, me montrer quelque chose. Je m'écartai en avisant ses vêtements tâchés de sang. Du sang partout, mais aucune trace de cadavre. Je fronçai les sourcils.  

« C'est toi qui as fait ça, Matthias? » demandai-je, le plus doucement possible pour ne pas le brusquer. « Tu saurais me dire où c'était? Tu n'es pas blessé, au moins?  »

Il fallait peut-être commencer par là, s'assurer que le sang qui tâchait ses vêtements n'était pas le sien mais celui d'une quelconque créature, surnaturelle ou humaine, d'ailleurs. Je tressaillis à cette idée. Non que je pense Matthias capable d'une telle chose, mais j'avais caché suffisamment de cadavres ces temps-ci.    
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MessageSujet: Re: The Unrecorded Hours ▲ Beatriz et Matthias   Sam 2 Déc - 15:19

   FEATURING Beatriz & Matthias
« C’est moi, Trixie. Tu m’entends ? » Il cille, la douleur brûlant l’œsophage, c’est comme du pétrole bouilli derrière la trachée. Au feu les pompiers, la maison qui brûle… Les yeux se ferment. Derrière l’écran rouge sombre de ses paupières, il peut tout voir, la lumière que dégage Trixie en volutes inquiètes, son nom en courbes urgentes entre ses lèvres, le vert ocre du bayou sauvage tout autour d’eux, comme un linge étouffant.

Il peut voir ci, il peut voir ça.

C’est tout le reste qui lui échappe.

Il rouvre les yeux, se fixe dans ceux de l’autre, cherche les souvenirs enfouis. Les images arrivent en cascades : leurs premières rencontres sous les projecteurs, sourires de pierre, les corps recouverts d’or et d’argent – panneaux publicitaires vivants pour un pouvoir de plomb, les valses et les mensonges en couronnes de perles au bout de la langue. La main est humide contre sa joue et d’autres images affleurent à nouveau : des rires nerveux devenus complices, un enfant aux grands yeux mobiles, des verres de champagne aussi dorée que ses cheveux et des secrets partagés… la tête lui tourne et il se redresse un peu, fronce les sourcils, la main encore crispée sur le tissu du t-shirt éventré. Ça brûle encore mais moins, beaucoup moins. La voix de Trixie est un baume, une pâte blanche cicatrisante. Il s’y accroche comme un noyé en mer s’accrocherait à une bouée. « Il n’y a pas de sable. » Il répète, bêtement. « Pas de spectateurs. » Un cillement à nouveau, la dernière fois il achetait quelque chose… c’était quand ? Il y a quelques heures ? Il lève les yeux vers le ciel. Dans son Oregon natal, il était capable de lire l’heure dans le ciel, mais depuis l’arène c’était différent.

Il n’oppose pas de résistance tandis qu’elle le guide vers l’écorce de l’arbre. Le végétal pulse sous les doigts poisseux, il laisse des traces noires de sang séché, s’enfonce une écharde sous l’épiderme charbonneux. « Personne ne viendra nous chercher, Matthias.» Il lui jette un regard insondable, un frisson muet le long de l’échine. La panique coule hors d’un souffle restreint. « Je t'ai jeté un sort pour que tu gagnes, tu t'en rappelles ? Enfin bien sûr, ce n'est pas ça qui t'a fait gagner, mais l'essentiel était que tu le croies. » Le bourdonnement s’éloigne complètement maintenant remplacé par l’odeur métallique. Couleur rubis sombre, son t-shirt débraillé, couleur quartz fumé son jean élimé, il la regarde silencieusement, n’ose pas parler immédiatement, cherche dans les recoins d’une mémoire défaillante. Il est allé chercher des réponses dans le quartier vaudou mais il n’y a rien. Un vide. Un gouffre. Matthias ferme les yeux, secoue la tête, ramène en arrière des boucles sales sur des cheveux poussiéreux. « Ça va… je vais bien… » La voix est ocre, un filet de sable en travers de la gorge, un filet de sang,  peut-être. La respiration se fait égale maintenant, l’esprit est redevenu clair, les sens ont repris leurs empires. « Qu’est-ce que tu fais là ? » Les doigts viennent se nicher sous la courbe finale des cheveux roux. Intact. Il ne lui a pas fait mal. Il n’est pas sur. « Sorcière. » Murmure-t-il avec une affection qui affleure les voyelles tendues.

Il inspire plus fort. Pas de blessures, pas de douleurs dû à un trou béant dans la peau, le corps fonctionne malgré l’impression fantomatique d’avoir servi à autre chose, à quelqu’un d’encore obscur . « Je… je ne me souviens pas. » Ce n’est pas la première fois. Il la regarde à nouveau, une incompréhension dans l’iris azur qui contemple les perles de sagesses maternelles à la source. « Je ne t’ai pas fait mal ? Noah ? » Il s’appuie sur le tronc, le végétal large et solide derrière lui. Elle a bien fait de l’y mener. « Une bonne douche, c’est de ça dont j’ai besoin. Une tasse de café lacérée de bourbon ne sera pas de refus non plus mais c’est interdit aussi maintenant… foutu cartes de rationnement. » Cartes de mort plutôt. On vous allouait pile le nombre de calories imparties, tant de grammes de pain, tant de carré de beurre, tant de riz. De quoi faire le terreau d’un marché noir aussi efficace que périlleux au sein d’une ville fortifiée et surveillée par un gouvernement omniprésent.

Ça suintait les prochains jeux à venir.

Ils ne viendront plus nous chercher ? Il n’y avait rien de moins certains.

Il tente un demi-sourire qui se fait grimace. « N’aie pas peur… si je fais peur aux sorcières maintenant, où va le monde ? » La plaisanterie trésaille elle-aussi, incertaine. Il tente de rationaliser. « On a dû me droguer… » Il fronce les sourcils. Il ne se souvient pas. Milo ? Non, l’infirmier sait combien Matthias a horreur de tout ça. La milice ? Il fronce le nez, semble se souvenir enfin de quelque chose. « Qu’est-ce que toi tu fais là ? » Il le lui a déjà demandé une première fois, il y a quelques secondes, sans vraiment y prêter attention. « Tu m’as suivi ? » L’arc du sourcil se soulève en même temps que son corps. L’arbre est encore là, solide, inexorable dans sa force. Il oublie un peu plus les quelques minutes passées, celles de la confusion et de la honte, celle du sang chaotique aussi, toute son attention est sur sa précieuse amie dont les cheveux forment des rayons de bronze et d’or autour d’un visage en cœur. Elle n’est pas complice de tout ça, n’est-ce pas ? L’interrogation palpite à l’abri des pensées opaques. Il hésite. Non. Non. Elle sait, elle. Elle a toujours su.

Il cille, prudent et s’écarte légèrement. On ne survit pas sans un minimum de méfiance ancré au fond des réflexes. Un flux de salive acide remonte, tourbillonne dans l’encre d’une âme partagée en secret et il crache sur le côté, le sang noir comme une tâche de vin sur un sol bruni par l’automne. Il est fatigué, les muscles épuisés par une course et une chasse dont il n’a pas conscience. « Mmmm merci… » De quoi, il n’est pas certain. C’est Trixie, elle aide toujours. Il se martèle l’information, s’oblige à ne pas fuir. « On… on est où ? » La question lui échappe et il est trop tard pour la reprendre. Il n’a pas commencé son périple ici, dans le bayou.  Et elle non plus. « C’est pas un bon endroit pour les promenades. » Il maugrée avant de se détacher de l’écorce. La terre nourrit, se fait socle et il tient dans un équilibre précaire. « Comment tu savais… que j’étais ici ? » Il devine mais ne dit rien.

Une part de peur, infime, distante, qui fait tambouriner le cœur et trembler les os.

Une part d’émerveillement, à la manière d’un pôle magnétique, le même attrait qui vous fait pencher au-dessus d’un puits pour en voir le fond.

« Trixie, je vais bien. » C’est stupide. Il range l’intérieur de son haut dans la ceinture de son jean quand bien même cela n’arrange pas plus que ça son allure, perçoit le regard de mère louve de sa camarade d’infortune sur lui. Elle le surveille du bout des cils sertis d’onyx, se fait attentive au moindre écart. « Si tu veux me serrer dans tes bras, tu peux… possiblement très fort au niveau des boobs, je dis pas non. » Le sourire flotte, un peu plus réel maintenant. Il se sent un peu mieux même si toujours nauséeux.

( La violence s'est cachée entre l'émail de ses dents.)

Il faut rire.

Il faut toujours rire, même - surtout -  quand on veut pleurer.





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MessageSujet: Re: The Unrecorded Hours ▲ Beatriz et Matthias   Jeu 21 Déc - 9:52

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Beatriz & Matthias
Feels like I'm frozen, nowhere to run, nowhere to run from here? These walls are closing, closing me in, wearing me thin with fear - Ruelle "Bad dream"

En le voyant ainsi avachi contre cet arbre, les vêtements tombant en ruine et le corps ensanglanté, j'avais imaginé le pire, avant de me ressaisir. Le plus urgent était de vérifier que Matthias n'était pas blessé et donc, par extension, qu'il n'était pas en danger de mort. Il était délirant, comme lors d'une forte fièvre, la sudation était abondante et il était agité, très agité. La douleur lancinante de mon poignet se rappela bientôt à moi. Je laissai échapper un grognement agacé, parce que ce n'était pas le moment que je me blesse, surtout si j'étais supposée tracter Matthias jusqu'à la ville. Dans l'état où il était, je n'étais pas sûre qu'il soit capable de marcher sur de longues distances. Matthias était certes un pompier, et dès lors il était en bonne condition physique, mais il était en état de choc. Cela n'avait rien d'étonnant au final, puisque je l'avais retrouvé au beau milieu de ce bayou sauvage alors même qu'il n'avait rien à faire là. Qui plus est il était couvert de sang, et, de ce que je pouvais comprendre, ce n'était pas le sien. Il s'était sûrement passé quelque chose d'horrible pour qu'il déraille de la sorte. Or, je ne connaissais que trop bien l'état catatonique dans lequel on se trouvait suite à un traumatisme. Je l'avais vécu a plusieurs reprises. Toutes ces fois là, je m'étais trouvée dans l'incapacité de réagir, voire même de penser. Je m'étais rarement sentie aussi impuissante, aussi inutile. Je me suis souvent sentie coupable de n'avoir rien fait pour empêcher l'horreur de se produire. Ce n'était pourtant pas de ma faute. C'est juste que je ne pouvais pas. Matthias non plus n'avait rien pu faire. Comment aurait-il pu, alors que je le voyais avachi contre cet arbre, pantin désarticulé ?

Le mieux que je puisse faire était encore de lui parler, pour le ramener à la réalité. Je voyais la peur dans son regard, son air déboussolé. L'odeur du sang et des tripes était nauséabonde, j'en sentais presque le goût sur le bout de la langue. Aussitôt, ce goût cuivré que je fantasmais réveilla des envies que je m'efforçais pourtant de taire depuis longtemps. En tant que surnat dont les pouvoirs vacillaient en raison des brèches ouvertes vers Darkness Falls, ma puissance dépendait du sang humain que je m'injectais dans les veines pour me donner un petit coup de fouet. Je comprenais mieux pourquoi il était interdit pour les athlètes de haut niveau de recevoir une transfusion sanguine avant une compétition importante, parce que c'était considéré comme du dopage.  La transfusion sanguine améliorait la circulation de l'oxygène dans le sang en augmentant le taux de globules rouges, et ce faisant, augmentait les performances sportives. Lorsque Matthias avait gagné les Hunter's Seasons, il n'était pas vraiment dopé, je lui avais juste donné un coup de main. Je dus me faire violence pour réfréner cette envie de sang qui me taraudait. Mes propres ténèbres piaffaient d'impatience, réclamaient leur ration. Quoique je fasse elles étaient toujours là, tapis dans l'ombre, guettant le bon moment pour se manifester. Mon corps, soumis à cette lutte perpétuelle entre le bien et le mal, était en souffrance et je n'avais rien pour le soulager.

Dans ma chute, je m'étais foulée le poignet.
Ma lèvre fendue emplissait ma bouche d'un goût cuivré dégueulasse, que j'avalai péniblement.

Matthias, heureusement, semblait retrouver ses esprits. Il émergeait tout doucement de son cauchemar éveillé. J'avais presque réussi à le convaincre qu'il n'était pas dans les arènes. Je le lui avais prouvé en lui faisant toucher l'écorce de cet arbre. Il n'était pourtant pas tiré d'affaire pour autant, et moi non plus, d'ailleurs. Mon poignet me faisait mal et l'odeur du sang était entêtante. J'avais besoin de sang, maintenant plus que jamais. Mon regard avisa le t-shirt ensanglanté de Matthias, ses joues sales et poisseuses, ses cheveux blonds teintés d'hémoglobine. Il avait quelque chose de sublime dans l'horreur et sa proximité me faisait mal. Il m'assura que tout allait bien, avant de s'enquérir sur mon état. Je secouai la tête alors qu'il attrapait mes boucles cuivrées. Non, ça n'allait pas mais aucune protestation ne franchit le barrage de mes lèvres. Elles restaient obstinément closes, alors que l'inférieure enflait à vue d’œil. J'adressai un sourire sanglant à Matthias lorsqu'il m'appela sorcière.

Pourquoi je suis là, à ton avis ?
Je suis venue te chercher.
C'est à ça que servent les amis, non ?

Malgré tout, il y avait cette méfiance sous-jacente, ces points d'interrogation. Tu es sûr de ne pas être possédé, Matthias ? Mon regard, lui, posait cette question silencieuse. Il ne se souvenait pas, disait-il. Aussitôt, j'inspectais mon ami d'une œillade experte. Il arrivait qu'après une possession, les hôtes ne se souviennent plus de ce qu'ils avaient dit ou fait. Matthias était couvert de sang, ses vêtements tombaient en ruine, mais il ne savait pas dire pour quelle raison. Qui plus est, je n'étais pas certaine que l'esprit qui l'avait habité  - si toutefois c'était bien une possession – était parti pour de bon. Il voulait savoir si je n'étais pas blessée, égrenait ses souhaits d'une voix un peu éraillée. J'essuyai un filet de sang qui perlait de ma bouche.

« Ce n'est rien, t'inquiètes. » répondis-je d'une voix douce et rassurante. « Je suis juste un peu sonnée, mais j'en ai vu d'autres. Ce ne serait pas le premier esprit errant que j’affronte, il y en  des pires. Quoiqu'il en soit, est-ce que cette chose est partie ? »

Tant qu'à faire je n'aimerais pas que ce truc revienne à la charge pour nous attaquer. Ne sachant pas ce que c'était, je ne pouvais pas mettre en place de stratégie pour nous défendre. Je jetai un regard circulaire aux environs, à l'affût du moindre danger, mais je ne décelai rien du tout. Cette chose n'était vraiment plus là, mais nous n'étions pas tirés d'affaire pour autant. Le bayou, par exemple, était infesté de rôdeurs humanoïdes qui n'avaient rien de sympathique. Il fallait foutre le camp d'ici et vite.

« Je n'ai pas peur. » sifflai-je, un peu trop sèchement, à ses accusations. « J'étais en train d'écouter ce qui se passe, figure-toi. Et ce silence n'augure vraiment rien de bon. Tu peux te relever ? Il va falloir qu'on parte. Tant que je ne saurai pas ce que c'est , nous serons potentiellement en danger. »

Les marécages, sérieusement Matthias, à quoi tu pensais ? Il fallait être fou voire suicidaire pour s'aventurer en ces terres hostiles, où les chances de survie d'un humain ordinaire étaient réduites à néant. Il émit l'hypothèse d'avoir été drogué. Aussitôt j'inspectai ses yeux. Ses yeux qui devraient être injectés de sang, ou ses pupilles dilatées. C'était lui le pompier, non ? Il savait peut-être mieux que moi ces choses là. Moi, je n'étais qu'une sorcière exorciste, mon champ de compétences n'était pas illimité. Il me demanda alors ce que moi je faisais là.

« Je t'ai suivi, oui, mais pas pour les raisons que tu crois. » Aussitôt, l'idée de la possession revint me hanter – sans mauvais jeu de mots. « Je nourrissais Noah quand je me suis assoupie. Je t'ai vu courir dans les bois comme si tu avais le diable aux trousses. » Mes sourcils se foncèrent. « Je me suis rhabillée convenablement, j'ai laissé Noah chez la voisine et j'ai foncé jusqu'ici. »

On ne pouvait pas faire un récit encore plus succinct des derniers événements. Je secouai la tête. Au moins Matthias comprenait-il ce que je lui disais, ce qui me rassura quelque peu. De prime abord, il semblait bien aller. Il était juste un peu sonné.

« Comme quoi ça sert, d'avoir une sorcière dans son entourage. » crânai-je en esquissant un simulacre de sourire. « On est dans le bayou. » Le ton était ferme, sans appel, complètement dépourvu d'humour. « Tu ne t'en souviens vraiment pas ? » Je voulais savoir. Ça me démangeait de comprendre, comme si c'était un besoin viscéral. «  Bon sang Matthias, tu aurais pu tomber sur pire que moi, à quoi tu pensais ? Les marais grouillent de monstres. »

Ils n'auraient fait de lui qu'une bouchée, aussi ne pouvais-je pas m'empêcher de le réprimander, comme un enfant qui aurait fait une grosse bêtise. Ça pour être bête, c'était même carrément crétin. Il me répétait qu'il allait bien, il commençait même à se rhabiller. Je secouai la tête lorsqu'il me dit que je pouvais le serrer dans mes bras, contre ma poitrine.

« Je pourrais… » soufflai-je dans un murmure. « Si tu n'as pas peur que je te fasse un masque au lait maternel. C'est toi qui vois. » Puis, mon regard avisa cette marque, juste là, sur son torse, comme s'il eut été marqué au fer rouge. « C'est quoi ça ? »

Mes doigts glacés effleurèrent alors la peau encrée, découvrant ce qui semblait être un symbole gravé dans sa chair. Un frisson me dévala l'échine.

Matthias…est-ce bien ce que je pense ?
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RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: Re: The Unrecorded Hours ▲ Beatriz et Matthias   Mer 3 Jan - 13:56

   FEATURING Beatriz & Matthias

We die to each other daily. What we know of other people is only our memory of the moments during which we knew them.” T.S. Eliot.

Il a un sourire fait d’anxiété et d’espoir. La vérité se cache au fond des pupilles, il sait que quelque chose ne va pas, quelque chose liée à la fille et sa mallette, la forêt et la pluie de cendres. Il imagine aisément ce que Trixie va lui dire s’il lui en parle « T’es un homme mort mais ça ira. » Il lit son diagnostic dans l’éclat tourmaline de ses yeux. Le regard descend sur la lèvre endommagée puis les jambes. Il s’en veut un peu, n’est pas sur d’en être la cause malgré les évidences. Analyser froidement n’a jamais été dans ses capacités, l’instinct seul guidant la plupart de ses actions. « Je ne suis pas possédé, Trix’, allez… » Il a un rire qui sonne faux, mélange de désinvolture et d’incrédulité. Les fantômes ça existe mais ils sont fait de souvenirs et de cauchemars, la présence nocturne tapie dans un passé qui sait se faire brume et soulever les draps pour mieux se coller à l’épiderme.

Il se relève cahin-caha, les muscles endoloris mais solide sous l’appui de l’écorce de l’arbre derrière lui. « J’ai couru oui… peut-être que l’adrénaline… ou alors je suis somnambule. » Il fronce les sourcils, cherchent avant de hausser les épaules. Tout ceci l’épuise et il n’a plus envie d’en parler. « On est dans le bayou. Tu ne t'en souviens vraiment pas ? » Il secoue la tête, ramène ses cheveux en arrière et fait quelque pas. L’air est lourd par ici, fait d’un opaque brouillard et d’ombres grises. « Va falloir que j’aille voir le doc et j’ai franchement pas de bonnes adresses niveau toubib… » Il la regarde tout à coup, intrigué. Bien sur qu’il aurait pu tomber sur pire mais il n’y pouvait rien. « La ville grouille de monstres aussi. »  Des gens bien mourraient. Des gens bien mourraient toujours. Il avait envie d’un café corsé, de quoi saturer le gout métallique au fond de sa gorge, de quoi se brûler un peu sous l’âpre parfum du breuvage noir.

(Ils sont tous en train de mourir mais ça ira.)

« J’en ai vu un y a pas longtemps… une langue épaisse comme le corps des alligators des marais et de la bave … de partout. C’était pas joli. C’était même sacrément moche. Je crois cela dit que c'était un cauchemar. .. je suis même plus sur en fait ... » Le gouvernement les tenait éloignés et conservait le peuple dans une merveilleuse ignorance. Pour un article sur ce genre de phénomènes, trois sur des conspirations nébuleuses se voyaient imprimé. Noyer le poisson était un concept hautement prisé et qui avait largement fait ses preuves après tout et il est tenté d’y adhérer en cet instant. Le corps enfin de nouveau en repos, le désir devient unilatéral : une douche, un lit et ce café. La fatigue l’emporte déjà et sa nuque l’élance en gerbe chaude. « C'est quoi ça ? » Il glisse les bords rapiécés de son t-shirt à l’intérieur de son jean en un geste inquiet. La marque s’étale, chaotique, sur son torse et tout à coup, il se renfrogne. Ce n’est rien. Ce n’est pas si grave, n’est-ce pas ? « Mmmm je suis tombé. » Ou plutôt une bestiole d’un quintal m’est tombé dessus. Il ne devrait pas occulter, pas avec elle qui a toujours su l’épauler en temps et en heures. « Écoute, » Le soupir vibre au bord des lèvres. « Rentrons. Merci d’avoir euh… assurer mes arrières. Mes devants aussi. » Le sourire s’étire, confiant. Trixie avait parfois une inclination pour le sang et il en était couvert. « Tu l’as dit toi-même, c’est un endroit dangereux et Noah va s’inquiéter. » Les grands yeux innocents lavent des péchés et il n’est pas certain que sa proposition soit adéquate après tout ceci. « Je pourrais venir le voir tantôt d’ailleurs, si tu veux bien. J’ai besoin d’un truc qui réveille avant. » Le poignet frotte un front sale et l’envie de café se fait misère dans son esprit. Il faut qu’il retrouve la fille à la mallette, il a son nom, il trouvera facilement tout le reste. La Nouvelle-Orléans est un monde en soi dont les ramifications en font un labyrinthe digne des Enfers. Les fils rouges n’ont plus qu’à être suivis et il parviendra bien à comprendre. « Ne t’en fais pas, ça va me passer. Je crois que l’air de la forêt ne me fait pas du bien voilà tout. J’ai été habitué aux grands espaces et ici tout est… moite. Ça ou… » Le nez se rebiffe sous l’idée. Il n’en parlerait à personne d’autre exceptés à la rousse, et pour cause. « Ça ou j’ai des remontées d’angoisse par rapport à l’arène et ça me fait faire des crises de somnambulisme. C’est totalement con. » C’est lui qui est con et il s’en veut d’être aussi faible, l’idée même qu’il ne puisse pas contrôler les remontées acides des souvenirs enfouis sous le sable et l’hémoglobine des jeux le plonge dans un gouffre dont les parois sont construites de fautes indélébiles. « Mon t-shirt est foutu. » Les mains glissent dans les poches. Viens semble t-il lui dire. On va pas faire le piquet de grève ici.

Il y a longtemps que Matthias ne regarde plus en arrière, il ne va pas commencer maintenant. Quelque chose se produit et il trouvera mais en attendant il fallait vivre. Il avance un peu, l’oblige à le suivre. « Alors comme ça tu rêves de moi ? » Les sourcils se soulèvent dans un sourire bravache. Même en sursis, il ne sait pas faire autrement que plaisanter.




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