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 Shadow Dancers

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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: Shadow Dancers   Jeu 23 Nov - 15:42

Shadow Dancers

 

You know how to dance in sunlight when everything is going fine, but you have to learn to dance in darkness when the sun is gone and nothing is going well.*

L’échine s’étire, s’allonge, se distord. Dans le miroir, il y a sur son dos, des taches bleues, des taches noires, le rouge d’une griffure, le jaune d’un amour passé. Multicolores, la peau arlequine est sensible. Alors qu’elle passe ses doigts sur le satin entaché de son corps, des vagues de douleurs glissent sur le derme blessé. Tant de coups, tant d’accrocs. C’est presque rassurant de voir que les hommes s’attachent à la vie, se débattent, même au bord de l’asphyxie.  Mais qu’en sera-t-il quand la proie sera plus forte qu’elle ? Et quand elle se déshabillera sous la couverture d’un nom mensonger ? Comment peut-elle être la douce et fragile Aurore alors qu’on devine sur ses côtes, les doigts insidieux de celui qui tenta de se débattre ? L’homme le plus naïf ne saurait que se méfier de ce corps bleui de tant de batailles gagnées et de celles, presque perdues, qui laissèrent sur sa peau tant de marques. Elle maudit ce corps fragile, cette peau sensible qui, si vite, s’habille des couleurs mordorées de ses meurtres. Dans sa jeunesse, le phœnix a la conscience aiguë qu’il lui faudra apprendre.

Kriss soupire et passe sur son corps fin, un cadeau d’Aritza. Une robe de velours, douce et agréable, qui dévoile le  haut de son dos sans défaut, comme épargné des griffures et autres désordres agressifs. Une robe simple qui avale la pâleur de sa peau pour la cacher dans les ombres. Elle sera parmi les grands bandits, trafiquants et autres habitants des ruelles noires et sinueuses, de ce paradis violent qu’est la nuit, aussi invisible qu’une ombre. Pareille à eux, animal nocturne, qu’embrasent les étincelles d’une lumière éblouissante. Et aussi, s’affichant comme une petite proie, une putain, à la gorge si pale qu’il serait facile d’y porter ses crocs, aux jambes si longues, qu’elle semble prête à chuter de ses talons, pourtant pas si hauts. Un appât, pour qui serait prêt à se laisser surprendre, pour une proie facile qui apaiserait sa faim. Le regard noirci par un maquillage simple et ombrageux. Les lèvres nues, comme ses poignets, ses doigts. Elle a de la féminité les prémisses simples et instinctifs. Il lui manque encore cette grâce élégante qu’ont les reines aux ports fiers, cette assurance maligne qu’ont les dames de la Nuit, cette Moira chez qui elle s’en va, ou même, cette femme qui lui offrit la robe, comme pour mieux l’aliéner à sa cause.

C’est la seconde fois qu’elle entre dans la bibliothèque, mais la première fois, si bien accompagnée, elle gagna son passe-droit. Aussi Kriss s’élance sans crainte et rejoint les insomniaques sans que nul ne s’intrigue de sa présence. Bien au contraire, la petite sauvage s’empare des dés qu’on lui tend avec facilité, parie quelques argents, en perds – c’est que l’argent lui-même ne lui importe guère, elle dissimule son impatience, entre ses lèvres souriantes et en gagne davantage – doublant alors sa mise sans se soucier d’une mauvaise fortune. Ne lui importe que ce qui s’en vient, ce qui s’annonce à grand cri, le début des combats. Et quand on lui demande, faussement intéressé, le pourquoi de son poignet bleui, où on devine des traces de doigts, elle répond d’une histoire savante. Ici même, elle ne donne son vrai nom. C’est que, dans le fond, qu’elle se glisse parmi les plus grands à la recherche de petits secrets pour ses commanditaires, ou qu’elle se déplace parmi les ombres avinées, c’est du pareil au même. Elle ne saurait être tout à fait elle-même. Kriss préfère le masque de ses existences multiples, comme mille facettes qu’elle expose au monde, dissimulant les autres.

Cela commence enfin. La jeune femme range l’argent gagné dans la petite pochette qu’une chaine fine retient à son poignet. Kriss s’avance, glissant entre les corps excités d’une foule qui se rassemble. Au centre, le ring comme une scène pour le public de loups qui se lèchent les babines. Cela commence, des hommes emmènent deux zombies. En silence, Kriss salue les porteurs de la mort, se rappelant dans une réminiscence celle qui lui offrit une seconde vie. Entre alors un homme, au torse nu, un géant, un colosse. De ces hommes plein de muscles qui portent en étendard leur puissance. Il rugit, brutal dans ses gestes, criant à ceux qui l’acclament, agitant la foule de vagues de trépignements. L’excitation monte, grondement qui s’enflamme et remonte, le long des échines dorsales. Kriss comprends alors que le combat n’en est vraiment un, c’est un début, un moyen de chauffer la salle, un spectacle sans suspense. Et alors que les zombies se jettent de lui, l’homme fort les entraine dans un combat brutal, sanguinaire, frappant d’abord leurs bras, leurs jambes, s’amusant à faire durer le spectacle sans se fatiguer vraiment, pour enfin briser leurs cranes dans ses mains d’étrangleurs.

Un colosse, les muscles saillants, certaines dents manquantes, immense et grand, parfois un peu lent. Un broyeur d’os, un destructeur de visages, une brute épaisse sans plume ni respect pour sa propre peau. Kriss ne peut rien apprendre de lui. Jamais ses doigts n’auront la puissance des siens. Jamais son corps ne pourra broyer un autre par son seul poids. Jamais ses bras ne seront aussi gros que les siens et son crâne, jamais, ne sera aussi dur.  Kriss a un corps de femme, long et fin, qui frissonne quand il gèle, et des os de verres qui se brisent sous les coups. Elle est fragile, et sensible. Brutale parfois, mais jamais en force. C’est qu’elle ploie souvent sous la charge, se blesse pour mieux tuer. C’est sa volonté qui forge son corps, c’est sa volonté qui entaille et qui  blesse plus que ses griffes de petite chatte affamée. Elle est comme l’araignée qui tisse sa toile. Elle brode son identité pour mieux dissimuler ses pièges. Elle est à cet homme immense, ce que l’ombre est à la lumière. Une projection de son âme violente qui caresse les murs alors qu’il se dresse sans faille. Il n’y a rien que le colosse pourrait lui dire, ou qu’elle puisse apprendre en l’espionnant qui ne pourrait l’aider. Il est inutile et vain. Frustrée, Kriss se recule dans la foule. L’extinction des morts lui laisse un gout amer entre les lèvres. Son sourire c’est éteint et sa joie a explosé entre les doigts du gladiateur. C’est qu’elle aime la métaphore désenchantée de ces poupées de la mort. Le spectacle fut une déception.  

L’atmosphère change, un air nouveau fait vibrer les cœurs avides de sang. C’est comme un silence, dans le brouhaha, l’attention se concentre, les regards se posent sur la silhouette de celui qui affrontera le colosse. Les pupilles de Kriss se posent sur lui et s’écarquillent, c’est qu’elle manque un instant de perdre son souffle tant il capture son attention. L’homme a la légèreté diaphane des danseurs Etoile. Sans la pureté cristalline de ceux dont la pâleur blesse son œil et affadie ses humeurs. Non, il est d’une autre tonalité, sombre et lourde, comme un vol de nuit. La danse des ombres, qui glissent et tombent, comme les feuilles mortes. Il porte sur son visage un masque, comme elle porte ses noms. Il se cache dans l’ombre, qui reste, l’habille, même sous la lumière du Bones, du velours délicat des ténèbres douces. Il a la finesse d’une calligraphie chinoise. Une ligne noire, racée, sur une page blanche. Tout aussi mystérieuse, tout aussi légère et mouvante quand bien même il est immobile. Le vent pourrait sans doute plier son corps dans tous les sens, tordre son âme qu’elle imagine aussi noire que son masque.  Et sans doute, le colosse le réduira en pièce. Et pourtant, il ne semble pas avoir peur.

Kriss non plus n’a pas peur. Comme un aimant, elle s’approche, tant et tant, qu’elle se retrouve au premier rang. Et, pariant tout son argent sur l’homme masqué sans pour autant le quitter les yeux,  elle découvre chacun de ses gestes avec la plus grande des fascinations. Il a la beauté chinoise des ombres insaisissables. S’il doit mourir, elle ne veut rien manquer de sa fin. Fut-elle aussi belle et pure que la silhouette qui a accroché son regard.




*Therese May

_________________



The mad ones, the ones who are mad to live, mad to talk, mad to be saved, desirous of everything at the same time, the ones who never yawn or say a commonplace thing, but burn, burn, burn. J. Kerouac
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