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 Nos vies. Mon choix. [Nolan, Enya & Tim]

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RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: Nos vies. Mon choix. [Nolan, Enya & Tim]   Jeu 30 Nov - 18:34


« une petite citation parce que ça fait joli »



Nolan & Enya & Tim
featuring

Il n’avait pas le droit. Je lui avais déjà dis il y a longtemps et je sais qu’il l’avait bien compris il y a peu. Il n’avait pas le droit. Et ne l’aura jamais. Mourir ? Quelle idée stupide, incongru. Il n’a pas échappé à la mort pour se laisser avoir de cette manière. Le jour où il se laissera prendre par elle, il faudra que ce soit avec panache. Quelque chose de beau, de fun. Un peu comme Maarten. Lui aussi tenait debout par miracle, il s’en voulait pour Bastien et n’avait pas une haute estime de lui-même et paf, le jour où il a fallut, il est mort en sauvant une vie. J’aurai préféré qu’il s’abstienne ou qu’il se démerde pour se sauver également mais d’un autre côté… il est mort avec panache, allant à l’encontre de tout ce qu’il voyait en lui de grisâtre et inutile. C’était un mec bien qui, au final, a su ne rien lâcher jusqu’au bout. Je ne serai probablement plus là, ou pas tout à fait le même sans avoir croisé ce bougre de cabot. Alors, lui, cet abruti de jumeau Wiggins n’avait pas intérêt à rater la négociation avec la faucheuse. D’ailleurs, il n’avait pas à négocier. Il ne mourrait pas ici, dans ce putain de lit d’hôpital. Cela ne pouvait se passer ainsi, c’est un fait. Son chemin, sa petite ligne colorée allait continuer droit devant lui avec autant de merdes qu’on peut l’imaginer mais lui aussi, fera un gros fuck à tout ça pour avancer jusqu’au bout. Je lui ai dit qu’il devait mériter sa vie, il n’avait encore rien fait dans ce sens, pas assez. Alors se laisser berner par un rein défectueux… ça va hein ! Il peut trouver mieux, j’en suis certain. J’en suis convaincu.
Putain. Quel con celui la ! S’il pouvait se voir, il serait d’accord. Il fait de la peine avec ce teint, c’est ridicule. Risible. Stupide. Je le revois dans le même état près de vingt ans en arrière. J’aurai juré que ça ne reproduirait pas. J’aurai juré que le trio existerait toujours et que je n’avais pas de frère alors bon… ce qu’on croit quand on est gosse… c’est foncièrement de la connerie. Ca pourrait presque être nuisible mais au final, je sens que le gamin de mon enfance n’est pas bien loin. Qu’entre nos deux corps d’adultes, nos deux êtres d’enfants se font face. Je ne suis pas sûr de leur réaction mais personnellement, j’aimerai l’engueuler, le frapper aussi. Qu’on se le dise, cette fois-ci j’ai bien trop peur qu’un de mes coups le tue. On dirait un sucre déjà fragilisé. Il faut que je fasse appeler son frère, j’imagine qu’il ne veut pas que Nolan meurt. Enfin, plus aujourd’hui…. Je ne suis pas bien sûr pourtant que mon cousin aurait voulu de sa présence. Je ne suis pas bien sûr qu’il veuille de la mienne. Et vu que j’emmerde sa volonté…. Je souris alors que mes yeux sont tristes et inquiets. Ma comédie ne dupe personne. Enfin, pas Enya en tout cas. Je la sens s’approcher et glisser sa main dans la mienne. Je me penche légèrement en tournant ma tête et embrasse ses cheveux. Ce n’est qu’un crétin… Je ne lui ai jamais demandé d’entamer une conversation avec la mort mais de lui cracher dessus… Il n’écoute rien, ne fait qu’à sa tête… Quand on était gosse c’était pareil ! Je m’agace, quitte le réconfort d’Enya pour étaler mes mains dans les airs, faire le tour du lit, taper l’épaule de mon cousin. Tu es si rigiculement faible que ça n’a plus rien de fun de te taper…. J’aurai dû en profiter plus tôt… Oui, en profiter. Ca fait deux ans que je sais qu’il ait en vie et je n’ai rien fait pour me rapprocher de lui. Pas après la mort de Bastien et tout ce qu’il s’est suivi après. Pourtant… pourtant il n’y a qu’à voir ces dernières semaines, on aurait pu se soutenir, s’aider… peut être que certains problèmes auraient été évité… Peut être que j’aurai su plus tôt pour cette histoire de rein à la con. Je n’ai pas connu mon frère et voila qu’un autre membre de ma famille a peine retrouvé decide de se barrer. C’est un égoïste… il croit peut être que la vie après celle-ci sera plus fun ? Qu’il pourra nous regarder nous débarque comme des macaques dans une cage en bouffant du pop-corn ? Je m’approche. Au-cune originalité au passage… Je recule. Il y a rien de tout ça après… j’ai vu ce qui peut exister pour l’après et sérieux… ça présage rien de bon pour notre grande sortie ! Contente-toi d’être ici plutôt que d’espérer le pop corn… Je parle. Je parle. Ca m’évite de plonger dans l’abysse que sa présence ici me laisse entrevoir. Je suis attaché. Attaché à ce crétin de cousin. Il aurait pu m’éviter ça…. J’ai beau savoir qu’il n’y peut rien, ça me fait du bien de l’engueuler. C’est plus simple et peut être qu’il va finir par se réveiller à force d’en avoir marre de se faire insulter… Mon regard se pose sur Enya et je réalise que je ne lui ai jamais parlé de mon séjour en enfer avec Orféo. Ce petit temps dans un monde que je ne souhaite à personne. On s’était dit pas de secret mais …. Que pouvais-je lui raconter sur le sujet ? Que pour une fois j’étais pas volontaire mais que le pas de chance m’avait poursuivi ? Que le monde qui a été fut un temps inventé pour les morts est une horreur bien pire que ce qu’on nous a décrit ? Que ce monde était plus proche de nous qu’on pourrait le croire ? Non… Et puis, je ne voulais pas en parler, le revivre… la seule chose que j’ai fait c’est simplement d’être plus dur lorsqu’on se battait, moins apte à des pauses...ludiques… Enya, je… Tim ? Mon regard se tourne vers Kara, l’infirmière que je connais depuis quelque temps maintenant. J’hoche la tête à l’interrogation qu’elle porte dans ses yeux vis-à-vis de la présence d’Enya. Qu’elle parle, de toute façon, Enya aurait fini par savoir ce que j’avais derrière la tête… J’ai tes analyses, tu es compatible. Si tu es toujours volontaire, il va falloir agir vite. Sans aucun doute Un sourire se glisse sur le visage de Kara et elle quitte la pièce non sans lancer un dernier coup d’œil à Enya. Quant à moi, je me passe une main dans mes cheveux en laissant un léger silence pesant s’installer.



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MessageSujet: Re: Nos vies. Mon choix. [Nolan, Enya & Tim]   Sam 16 Déc - 23:31

Mes yeux vont de Tim à Nolan, de Nolan à Tim. Il est arrivé il y a à peine quelques minutes et déjà, je sens la catastrophe arriver. Parce que je connais ce regard dans les yeux de mon petit ami. Parce que j’ai lu le dossier du patient. Parce que j’ai la poisse, aussi. Et pourtant, j’espère vivre autre chose, ne pas en arriver là.
Lorsque le patient est arrivé, je ne le connaissais pas. Nolan Wiggins. Le portrait caché du ministre Liam Wiggins. D’ailleurs en le voyant, j’ai cru que le ministre s’était habillé en civil et avait fait une attaque, pas de bol, le seul jour où il n’est pas impeccable, il se retrouve à l’hôpital. Mais non, ce n’était pas Liam Wiggins, l’homme qui avait fait la une d’un bon paquet de mes émissions radio nocturnes. C’était son frère jumeau, Nolan, pas ministre celui-là. Pas aussi sage et rangé que son frère, apparemment. Je souris. Les subtilités des liens du sang. On me l’avait confié. Pas parce qu’il entrait dans mon champ de compétences. Pas parce que j’étais la seule disponible. Mais parce que dans une case, là, il y avait noté « Contacter Timothée Morel en cas de défaillance rénale. » Alors le brancardier m’avait fait appeler. Et j’avais rencontré Nolan Wiggins, cet inconnu, dont le contact d’urgence était l’homme qui partageait ma vie. Un homme entre la vie et la mort à cause d’une défaillance rénale. J’avais contacté Timothée. Il était arrivé plus vite que son ombre, lui qui avait réussi à arriver en retard à notre premier vrai rencard parce qu’il avait oublié à quelle heure on était censés se retrouver. Et j’avais assez vite additionné deux et deux. Mais depuis qu’il était entré dans la chambre, Wiggins sur le lit branché à ses perfusions, les machines qui bipaient régulièrement, je n’avais rien dit. Il semblait sincèrement….apeuré. Inquiet. Ma main se glissa dans la sienne au bout de plusieurs minutes de silence. Et alors il se mit à parler.
« Ce n’est qu’un crétin… Je ne lui ai jamais demandé d’entamer une conversation avec la mort mais de lui cracher dessus… Il n’écoute rien, ne fait qu’à sa tête… Quand on était gosse c’était pareil ! »
Je ne répondis rien. Il continua à parler, à s’énerver, à s’adresser à Nolan. A lui dire que après, c’était plus nul qu’ici. A lui dire qu’il n’avait pas le droit. Et j’étais là à le regarder. Timothée faisait son Timothée. Il déniait, il prenait ça sur le ton de l’humour pour masquer sa peine. Il faisait le brave. Je l’aimais pour cela. Mais je savais aussi que cela le menait souvent à faire des bêtises plus grandes que lui. J’avais compris que Nolan était de la famille, un cousin, détail que Timothée ne m’avait jamais précisé, même quand je lui délivrais mes pamphlets contre Liam Wiggins. Qu’il avait une maladie chronique des reins, qu’il avait déjà eu une greffe. Qu’ils s’entendaient bien, vraiment bien. Que Nolan allait mal et de plus en plus mal depuis quelques temps.

L’infirmière, Kara, arriva et brisa le tabou qui régnait dans la chambre. De toute évidence, ils se connaissaient déjà. Ni elle, ni lui ne m’en avaient parlé. Je comprenais pourquoi, d’un côté. Timothée ne voulait probablement pas me parler de ce qu’il envisageait si son cousin venait à défaillir. Kara avait gardé le secret professionnel. Ou était loyale. Mais une part de moi se sentit emplie d’une jalousie difficile à définir. Pas parce que Kara était charmante, sympa et que je n’aimais pas la relation qu’ils avaient. Cela importait peu. Mais il lui avait parlé, à elle, et pas à moi. Il lui avait demandé de faire des analyses de compatibilité. Et il ne m’avait jamais parlé, ni de son cousin, ni de cette éventualité. Cette éventualité que Nolan Wiggins aie besoin d’un nouveau rein et que Timothée soit le donneur. Alors quand il posa de nouveau le regard sur moi, une fois Kara partie, je baissai les yeux. Les fermai une seconde.
« Je suppose que si je te dis que tu y risques ta vie, ça ne t’empêchera pas de le faire ? »
Je rouvris les yeux, regardai de nouveau Tim. C’était ça, notre vie. Nous faisions des choses qui mettaient notre sécurité, notre confort, potentiellement notre vie en danger. Et nous le faisions quand même. C’était qui nous étions. Ironique, non, comme la vie avait rapproché deux masochistes ? La douleur n’en était que plus grande. Je ne pouvais pas lui en vouloir, parce que j’agissais comme lui. Si j’étais à sa place, avec quelqu’un que j’aimais sur le lit d’hôpital, je le ferais. Même si ce n’était pas de la famille. Si c’était Vaas, ou Lucrezia, ou même Noah bon sang, je le ferais. Et même si mon cœur était serré, je savais qu’il prenait l’unique décision qu’il pouvait prendre. J’aurais tellement aimé qu’il y ait une alternative.

« Pourquoi tu ne m’en as pas parlé ? Avant aujourd’hui. Avant qu’il soit trop tard ? »
C’était peut-être le seul reproche que je pouvais lui faire. D’avoir gardé le secret. De ne m’avoir jamais parlé de tout ça. J’étais là, devant le fait accompli, et qu’est-ce que je pouvais faire ? Je l’aimais, alors j’allais le soutenir, et si ça signifiait l’accompagner et risquer de le perdre dans l’opération, alors soit. J’aurais juste aimé savoir. Me préparer. Qu’il me fasse confiance assez pour me parler. Et alors que la partie rationnelle de moi-même savait pertinemment que ce n’était pas une question de confiance, la partie irrationnelle était déçue.

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MessageSujet: Re: Nos vies. Mon choix. [Nolan, Enya & Tim]   Mar 20 Mar - 15:49

Je me sens déjà glisser et je ne cherche même pas à me rattraper. Il n’y a aucune excuse à mon silence ni à mes actes. Mon erreur est pleine, vraie et je la referai. Encore et encore. Enya le sait. Je le vois à son regard qui se pose sur moi après s’être fermé une seconde. Signe de sa déception. Signe de cet effort qu’elle se voit faire, encore. Tout ça… tout ça parce qu’elle est tombée amoureuse d’un crétin, moi. Un crétin bien incompétent dans l’art d’être à deux, de vivre à deux… bref de penser couple. A moins que ce soit simplement le fait de ne pas aimer parler de mes tourments. Mes tourments, ma peine, mon fardeau, ma vie. Pas besoin de l’emporter dans des « et si »… en réalité c’était surement un espoir que je formulais dans le silence. Celui que ce jour n’arrive jamais. Que mon cousin ne s’y retrouverait jamais, dans ce foutu lit. Et pourtant… il y est… calme, paisible et incroyablement faible. J’aimerai qu’il se réveille, que ce soit une fausse alerte, une intox alimentaire… une banane pourrie …. Je soupire, les yeux posés sur lui. Je soupire, les yeux posés sur elle. « Je suppose que si je te dis que tu y risques ta vie, ça ne t’empêchera pas de le faire ? » Enya ne devrait pas avoir à subir ça. Ce ton lasse presque blessé. Elle l’est surement d’ailleurs. Je sens encore sa main passer sur mon torse nu, embrasser mon épiderme juste avant de se lever et partir travailler. Elle ne s’attendait pas à découvrir tout ça sur ma famille et sur moi. Elle s’attendait simplement à aider et sauver. Elle s’attendait à me retrouver au soir, peut être même le midi si le temps m’avait permi de prendre le déjeuner avec elle comme je le fais parfois. Elle s’attendait à ce que l’on s’aime en rentrant, à ce que l’on plaisante, à ce que l’on s’agace de ce monde, à ce que l’on protège notre univers à nous deux. Pas à ça. Pas à cette famille blessée, politisée, incarcérée… malade. Pas à cette décision. Pas à cet énième risque.

Je ne prends pas la peine de lui répondre par des mots, mon regard suffit. Enya avait su comprendre qui j’étais avant même que nous assumions ce que nous étions. Le lendemain de l’apparition de notre bulle, elle savait. Elle savait autant que je savais qui elle était. C’est assez contraignant puisqu’il nous est plus difficile d’assumer nos volontés contraires dans ce genre de situation. Il nous est impossible de museler l’autre au risque d’être nous même muselé. Au risque de ne plus voir ce que nous aimons tous les deux chez l’autre. Je suis désolée Enya mais l’imbécile dans ce lit n’a pas le droit de mourir aujourd’hui. Ni demain. Il se doit de prouver au monde à quel point ses nombreuses chances sont justifiées. « Pourquoi tu ne m’en as pas parlé ? Avant aujourd’hui. Avant qu’il soit trop tard ? » Mes yeux se portent un moment sur mon cousin. Il peut rire derrière son inconscience. Il peut me dire à quel point je suis aussi stupide que par le passé. A quel point je ne fais jamais simple. A quel point mes décisions provoquent tout l’inverse de ce que je souhaitais. Il peut, oui. Mais je préférerai qu’il le fasse franchement, bien éveillé, bien présent. « Je suis désolé » Je le suis toujours. Je le suis sincèrement mais je recommence, encore et encore. Comment fait-elle pour rester ? Les pas qui nous séparent son vite derrière moi. Un sourire tente de se poser sur mon visage mais rien d’amusement ne me vient. Rien qui puisse atténuer ce qu’elle ressent. Mes doigts puis ma main droite se posent sur sa joue. Mon pouce prend sa place, carresse sa peau pendant que mes yeux se greffent aux siens. Puis je me rapproche, d’abord nos lèvres se touchent puis juste nos fronts. Ma main est passée derrière et je laisse nos souffles s’entremêler. Cette proximité me fait un bien fou. Je l’aime voila pourquoi. « Je suis désolé d’être continuellement désolé de ces silences, des découvertes que tu fais, de l’inquiétude que je fais naitre en toi. » J’inspire profondement. « et je suis profondément reconnaissant que tu m’aimes…malgré tout. » Ma main pianote un instant sur son dos. Je t’aime, n’en doute pas okay ? Je crois simplement que je suis incapable de tout te dire sur mon monde. Peut être pour t’éviter de t’en inquiéter ou pour simplement te laisser libre de t’exprimé sur mon ministre de cousin… ou peut être car je n’assume pas totalement d’où je viens. Je me détache d’elle, de son front et me tourne vers mon cousin. Sourcils froncés je me demande s’il peut réellement tout entendre. Soupire. Il ne sera pas d’accord tu sais ? Il va vouloir me frapper à son tour… s’il parvient à lever le bras. Mais ce choix je ne me l’accorde pas. C’est mon cousin, je le laisserai pas mourir qu’importe la distance qu’il y a pu avoir entre nous. Et puis… il ne pourra plus me dire que sa vie n’a pas de sens…. Puisqu’il aura mon sublime rein ! Rien que pour lui, il devra se bouger le cul ! Un léger sourire apparait sur mes lèvres. Je ne pourrais plus courir comme je le fais alors il devra faire sa part pour compenser…

Mon regard s’accorde une pause dans celui d’Enya. Il doit vivre, il a encore des choses à prouver et à changer. Mon inspiration suivante se veut plus profonde avant d’attraper la main d’Enya et de l’inviter à s’asseoir sur moi dans le fauteuil à côté de mon cousin. [color=blueangel] Que voudrais-tu que je fasse ?[color]Je noie mon visage dans son cou. « Que pourrais-je dire pour effacer l’inquiétude que tu ressens ? pour éradiquer la déception ? »

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MessageSujet: Re: Nos vies. Mon choix. [Nolan, Enya & Tim]   Ven 6 Avr - 17:30

« Je suis désolé »
Combien de fois avais-je entendu cette phrase ? Combien de fois l’avais-je prononcée ? Combien de fois ces quelques mots s’étaient-ils interposés entre Timothée et moi ? Nous faisions comme bon nous semblait, avec à peine une pensée pour la personne sensée partager notre vie, et une fois que nous l’avions fait, nous nous excusions. Nous étions désolés. Malgré toutes les fois où nous avions été désolés, il n’avait pas appris. Nous n’apprenions pas. Et je ferme les yeux alors que sa main se pose sur ma joue. Inspire un grand coup. Tente de juguler la déception, la peur, cette pointe de colère qui vient s’y mêler.
« Je t’aime, n’en doute pas okay ? Je crois simplement que je suis incapable de tout te dire sur mon monde. Peut être pour t’éviter de t’en inquiéter ou pour simplement te laisser libre de t’exprimé sur mon ministre de cousin… ou peut être car je n’assume pas totalement d’où je viens. »
Je n’en doute pas. Je crois que je n’en ai jamais douté, au fond. Comme je n’ai jamais vraiment douté de ces sentiments que j’ai pour lui. Depuis ce soir-là, sur le toit, je crois que c’est là que Timothée est devenu plus que juste un gars rencontré quelque part. C’est là que j’ai voulu qu’il reste dans ma vie.  Mais déjà Timothée se détourne et reparle de son cousin. Son cousin. Le clone du ministre Wiggins. Timothée est cousin avec les Wiggins. Je me suis emportée de nombreuses fois contre le ministre. Jamais il n’a ouvert la bouche, jamais il n’a même laissé transparaitre qu’il le connaissait.

Mais ils sont de la même famille. Et je ne peux pas m’empêcher d’avoir de l’empathie pour Nolan Wiggins. Je ne le connais pas. De nom. Il y a quelques trucs louches dans l’histoire des Wiggins. Mais là, sur ce lit d’hôpital, entre la vie et la mort, je me dis que bordel, il mérite d’être sauvé. Mais pas comme ça. J’aurais juste voulu que ça se passe autrement. Timothée essaie de blaguer mais le cœur n’y est pas, ni chez lui, ni chez moi. Mes yeux sont fixés sur Nolan Wiggins. L’homme qui, malgré lui, va peut-être tuer l’homme que j’aime. Il se réveillera sans rien en savoir. Peut-être même que tout se passera bien. Que Timothée ira bien, qu’ils pourront blaguer sur le fait de partager des organes. J’espère. Mais il y a cette voix en moi qui me répète, dans un souffle, que ça ne va pas bien se passer. Je travaille ici. J’ai déjà assisté à des transplantations d’organe. Dans l’ancien monde, avant l’apocalypse, c’était déjà compliqué, risqué. Ici, maintenant, avec les moyens que l’on avait, ce risque était décuplé. Timothée pouvait y rester. Et j’avais beau savoir qu’il ne m’avait rien dit de son projet en partie pour cette raison, je ne pouvais pas m’empêcher de me dire que je ne voulais pas le savoir maintenant. Je n’étais pas prête. Je n’étais pas préparée à sacrifier un homme pour un autre. Je sursaute alors que Tim prend ma main et me laisse emmener dans le fauteuil, sur ses genoux.

« Que voudrais-tu que je fasse ? Que pourrais-je dire pour effacer l’inquiétude que tu ressens ? pour éradiquer la déception ? »
Et tout à coup, je n’en peux plus. Son visage dans son cou, ses suppliques, ça devient trop. Je me lève, un peu trop brusquement, un peu trop méchamment. Je fais quelques pas. Tente de retenir les larmes qui me montent aux yeux pendant quelques secondes, avant de me rendre à l’évidence. Elles sont plus fortes que moi et ma volonté. Alors je me tourne vers Timothée, poings serrés, gorge nouée.
« Il ne s’agit pas d’effacer, Timothée. C’est facile, de me placer devant le fait accompli et de t’excuser. Tu m’en aurais parlé, avant, quand tu as fait les tests, j’aurais compris. Je ne t’en aurais pas empêché. Mais ça… », dis-je en balayant la pièce de la main. « Ca, c’est lâche. De me dire tout ça maintenant, c’est lâche. Parce que tu pourrais mourir sur cette table d’opération et moi je suis juste là pour pleurer. »
J’essuie rageusement une larme qui commettait l’affront de rouler sur ma joue.
« On avait dit qu’on ne ferait plus ça. Après l’histoire de la bombe, cette nuit-là, on s’était dit qu’on arrêtait les secrets. Et c’est ce que j’ai fait, je t’ai prévenu pour Lazlo. Mais tu es parti au ravitaillement sans rien me dire. Et maintenant, tu prévois de donner ton rein à ton cousin, dont j’apprends la filiation avec toi d’ailleurs. Je suis où, dans tout ça ? Où est ma place ? Tu ne m’en fais pas, Tim, tu fais les choses et tu te fous bien de moi dans l’histoire. »
Je soupire. Les choses sont tellement compliquées. Ce qui était sensé être une histoire idyllique de deux tourtereaux qui se sont rencontrés par hasard un soir à l’hôpital était devenu compliqué. Dès l’Arène, dès le soir où on s’était retrouvés, ça avait été compliqué.

« Tu deviens comme Noah. »
Le silence tomba alors que je pris conscience de ce que je venais de dire. Et ça faisait mal.
« Tu me mens, tu ne me dis rien de ta vie, je ne sais même pas qui est ta famille. Je découvre des pans entiers de ta vie, de tes décisions. Si tu meurs, Timothée, c’est moi qui souffres. Toi, tu t’en fous, tu es mort. Je dois vivre. Je méritais au moins de le savoir. Si l’aide-soignante n’était pas venue, si elle n’avait pas lâché le morceau, est-ce que tu m’aurais au moins mise au courant ? Ou est-ce que je l’aurais appris une fois ton corps à la morgue ? »
Toutes mes peurs remontaient d’un coup. L’abandon, le secret, l’impression de n’être pas voulue pour moi mais pour une raison quelconque. Noah cherchait Aida. Tim cherche…je ne sais quoi. Et moi je ramasse les pots cassés et mon cœur en miettes.
« J’ai besoin d’air », dis-je dans un souffle avant de sortir de la pièce, me dirigeant vers l’entrée principale. Les larmes coulent encore sur mes joues. Je n’essaie même plus de les chasser.

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MessageSujet: Re: Nos vies. Mon choix. [Nolan, Enya & Tim]   Dim 15 Avr - 10:43

Nos vies, mon choix.
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Ça devait bien arriver un jour, j’imagine. A partir du moment où je l’avais vu venir, à partir du moment où même Liam l’avait vu venir. Ça devait bien arriver un jour. Et pourtant, on n’est jamais prêt pour ça : pour le moment de trop, le geste de trop, le battement de cœur de trop, la seconde de trop, ce petit détail que le corps n’accepte pas, la goutte qui fait déborder le vase. Ça devait arriver un jour, j’ai la chance d’avoir été prévenu, il fallait que je m’y attende, et je m’y suis attendu, et pourtant, bam. Un coup sec derrière la nuque. Pas grand-chose de plus : le vertige de trop, celui qui n’est pas passé, celui qui a refusé de passer alors même que j’étais de sortie, alors même que j’étais dans la rue, sans Giulietta, sans Faustine, sans quiconque du Blackbird pour s’occuper de moi, savoir quoi faire, non. Je l’avais vu, je le savais en plus, et je suis sûr que si j’avais un peu plus prêté attention aux détails, j’aurais même pu reconnaître la rue où j’ai commencé par tituber, une douleur dans la poitrine, comme la dernière fois, cette rue où je me suis appuyé contre le mur, pour le reposer, un peu. Pas grand-chose, hein, juste quelques secondes, une dizaine, une poignée de secondes ! Le temps que ça passe, le temps que je respire un peu, le temps que je reprenne mes esprits ; c’est fou le nombre de conneries qu’on peut se raconter, quand même, quand on n’a pas envie de regarder la réalité en face, quand on refuse de voir que non, ça ne va pas passer, non on ne va pas respirer mieux, que oui, nos jambes sont en train de flancher, et que lentement, on glisse le long du mur sans pouvoir rester debout. Ça devait bien arriver un jour.

Du bruit. Un cri. Ce que je comprends comme étant des cris. Des mains qui me touchent, qui me portent, qui me déplacent alors qu’elles ne sont que brûlures, que silhouettes, qu’ombres parmi les ombres. Est-ce que les ombres naissent de mon esprit, est-ce que ce ne sont que des illusions pétries d’illusions, vestiges de spectres que je crée dans un délire qui m’échappe, que je ne contrôle pas, que je ne contrôle plus. BAM, BAM, BAM fait mon cœur dans ma poitrine. Arythmique. Il n’a plus de cohérence, je n’ai plus de cohérence. Les mots n’ont plus de sens. La poigne qui serre ma petite main n’a pas de sens, plus de cohérence. C’est un soupir que je coasse, sans plus savoir comment former les sons, former les mots, former les phrases. Mes pensées sont un puzzle dans lequel on a donné un grand coup de pieds : éparpillées, elles n’ont plus le moindre sens, le motif est perdu. Pincement, perfusion, j’imagine. Je ne sais pas, j’essaye de saisir l’ombre qui s’agite, elle se rassemble et se densifie en une main, en un visage, qui aussitôt explose à nouveau en poussière quand je détourne le regard. Un bruit, déplacement. Puis les lumières. Irrégulièrement régulières. Qui défilent, comme des vagues venant heurter mes rétines, progressivement. J’ai dix ans. J’ai douze ans. J’ai huit ans. Urgences. Y-a-t-il encore des urgences ? Est-ce que c’est même une urgence que de m’amener là où on ne pourrait rien faire pour moi ? Y-a-t-il encore des urgences urgentes dans ce monde en naufrage qui se brise sur les falaises, sur les récifs, esquif fragile qui se fait malmener, une civilisation à l’aube de sa décadence ? Est-ce que ça vaut ne serait-ce que le coup, de… tu comptes faire quoi au juste ? Les poussières d’ombre se rassemblent une nouvelle fois, quand on se penche vers moi, je crois y voir mes yeux. Mon nez. L’angle de ma mâchoire. Sa colère « Rien » je souffle, je balaie la cendre, le trait se trouble et devient étranger, se rassemble une nouvelle fois, dans des mots qui n’ont toujours pas le moindre sens. Je retrouve le même nez, mais le reste diffère. Hormis ça, cette fossette, que je partage. « Tim… Nolan. » J’ai une main qui veut s’agiter, repousser mon cousin, on me retient. On plaque sur mon nez, sur ma gorge, sur ma respiration de quoi m’aider à respirer. Me faire respirer. Et pendant une fraction de seconde, les mots et les phrases s’éclaircissent, on me demande mon nom. Oh ? Contacter. Oh. Je ne peux pas appeler Giulietta, je ne veux pas l’inquiéter. Je ne peux pas appeler Liam, je ne veux pas… alors le cousin revient. « Nolan, Tim… Tim Morel. Morel. » Je souffle, épuisé, essoufflé. Les bruits, les lumières, tout disparaît à nouveau, comme une moquerie, arrachée après un aveu volé. Donné. Je ne sais pas. Qu’est-ce que j’ai dit, déjà ? Quelque chose. Je crois.

Et une nouvelle fois, le bruit. Plus calme. Et pas de mouvements. Mais du bruit, vraiment. Des voix. Des mots. Des syllabes. Qui n’ont toujours pas de sens, qui n’ont toujours pas de cohérences. Des silhouettes, aussi. Lentement, elles se rassemblent, se stabilisent, cessent de m’échapper. Je ne la connais pas, elle. Je ne crois pas. Peut-être ? Je ne sais pas. Mais lui… J’essaye de l’appeler, sans bruit, ma voix se bloque dans ma gorge. Et je me tais. J’écoute, sans comprendre ce qui les trouble. Sans comprendre la dispute qui s’interpose. Elle est qui ? « Je t’aime, n’en doute pas okay ? » AH. Donc le petit cousin a une petite copine. C’est chouette. Mais je perds le fil, un instant. Le temps de fermer les yeux, une seconde, de sentir et d’entendre mon cœur peiner à continuer son boulot. Dans mes yeux entrouverts, je sursaute sous un mouvement, trop brusque : elle se lève. « Il ne s’agit pas d’effacer, Timothée. C’est facile, de me placer devant le fait accompli et de t’excuser. Tu m’en aurais parlé, avant, quand tu as fait les tests, j’aurais compris. Je ne t’en aurais pas empêché. Mais ça… » Je referme les yeux. Ca n’a pas de sens, des tests ? Je n’ai pas envie d’écouter. Tim, Tim, ne peux-tu pas aller faire cette dispute dans le couloir, pas ici ? Je... « Ca, c’est lâche. De me dire tout ça maintenant, c’est lâche. Parce que tu pourrais mourir sur cette table d’opération et moi je suis juste là pour pleurer. » Mon cœur s’égare, il a compris avant moi ce que je viens d’entendre. Opération. Timothée est malade ? Tests. Qui d’autre a fait des tests ? « Non… » C’est un souffle, à peine audible. Englouti dans la suite des propos de la fille. Avalé dans ma terreur. Dans mes yeux ouverts, grands ouverts. « J’ai besoin d’air » qu’elle dit, j’en ai besoin aussi. Sauf qu’elle sort de la pièce, et moi, tout ce que je fais, c’est que j’ouvre les yeux, vraiment. « Tim ? » J’ai du mal à rassembler mes pensées, certaines pièces du puzzle sont cassées, tordues, égarées. Pour le moment. Mais le motif est suffisamment clair, je crois, suffisamment logique, je crois aussi, pour ne pas pouvoir m’échapper. « Tim ? » je fais à nouveau. Plus fort, un peu plus fort. « C’était quoi ça ? Qu’est-ce que tu fais, Tim ? Qu’est-ce que tu as fait ? » Voix cassée, fluctuante. Je tente de libérer une main pour aller à mon côté, vérifier, mais je n’arrive même pas la faufiler sous mon tee-shirt. « De quelle opération est-ce qu’elle parle, qu’est-ce que tu as fait ? »

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MessageSujet: Re: Nos vies. Mon choix. [Nolan, Enya & Tim]   Mar 24 Avr - 23:03

Rien. Je ne peux rien faire. Elle ne peut rien faire. Les sentiments nous prennent comme ça et nous secouent ou nous entravent. C’est ainsi. Nous réagissons tous différemment et nous aimerions que cela en soit autrement. Toujours. A chaque fois. Nous voulons moins de souffrance. Nous voulons plus d’amour. Puis dans la complexité de nos vies qui s’entremêlent on finit par espérer que l’amour soit moins et que la souffrance soit plus. Nous existons et choisissons par des sentiments qui s’entrechoquent sans se comprendre. Une lutte de titans qui embrase et détruit puis… peut être… plus tard… qui nous font avancer. Encore faut-il trouver la marche avant, l’embrayage et comprendre le fonctionnement. Encore faut-il parvenir à s’écouter. A démêler le vrai du faux. La réalité de l’imaginaire. Je cherche à le sauver mais je nous détruis. Je le sens dans ses yeux lorsqu’elle se lève d’un bon, m’offre son dos puis se tourne avec la colère dans les yeux. La colère de ne pas être entendu. La colère d’être si peu dans mes choix. Elle est pourtant plus importante qu’elle ne le pense. Bien plus. Elle m’a sauvé. Elle ne le sait pas, je ne le lui ai jamais dit. Et ces mots…. Ce « je t’aime » auquel on accorde tant d’importance n’a en réalité qu’un centième de vérité, de sens. Il n’exprime pas ce calme que je ressens au milieu de la tempête à chaque fois que sa peau touche la mienne. A chaque fois que son souffle partage mon oxygène. A chaque fois qu’elle me sourit. Enya m’a sauvé lorsque personne n’était là. Lorsque personne ne pouvait m’atteindre car je ne voulais pas être touché. Maisy avait essayé, elle avait tout donné, m’avait offert le réconfort d’une habitude : sa présence, son sourire, sa folie. Cela n’avait pourtant pas suffit et aujourd’hui j’ai peur de l’avoir perdu elle aussi. De la même manière que je sens disparaitre le souffle d’Enya. Va-t-elle finir par disparaitre à son tour ? Vais-je parvenir à la faire fuir ? Elle aussi ? J’en ai le souffle coupé.

Je ne veux pas. Je ne veux pas l’entendre. Entendre cette vérité qu’elle extirpe de ses lèvres. Cette lame qu’elle abat sur moi, perfore mon corps et blesse mes certitudes. Noah. Je ne pensais pas entendre de nouveau ce prénom. Pas de sa bouche. Pas de cette manière. Pas avec cette arme braquée sur moi. Pas avec cette colère et cette déception. Ne lui avais-je pas dit que Noah était un con de ne pas lui laisser une place dans sa vie ? Et encore pas « une » place mais « La » place. J’en espérais tellement plus de nous deux à cette époque. Je voulais espérer. Bastien.. son fantôme.. m’avait amené à vouloir plus. A rêver plus. A donner une chance en ce que l’avenir pouvait nous réserver. Il avait réussi à m’ouvrir les yeux et ceux-ci étaient retombés sur elle. Cette médecin désireuse d’élever des moutons en papoisie. C’était bon signe. Et à l’époque elle avait Noah, cet abruti qui l’avait oublié. Cet abruti qui ne s’était pas rendu compte de ce qu’il avait. Cet abruti… Cet abruti aujourd’hui… c’est moi ? J’aurai aimé pouvoir me rassurer, me dire que c’est sa bipolarité qui parle mais là… aucune maladie n’est présente si ce n’est ma folie. Ma folie de jouer avec elle, avec ses sentiments, avec les miens… avec notre monde. Je joue. Je joue depuis quand ? Qu’est-ce que j’espérai ? Je ne sais plus si je suis celui dont elle est tombée amoureuse. Trop de choses ont bousculer nos vies. Je suis devenu Noah. Je suis devenu celui qui la fait souffrir. Je suis celui qui lui cache sa vie. Celui qui masque son passé et ses pensées. Je suis… l’abruti. J’en suis tellement désolé. Tellement que je ne la retiens pas. Je ne la rattrape. Je la vois partir. Je reçois tous ses sentiments en plein face, sans bouger. On pourrait croire que je suis calme au milieu de la tempête mais c’est impossible, Enya a quitté la pièce…. La tempête en est donc que plus violente. Qu’ai-je fait ? Que dois-je faire ? Que dois-je lui dire ? Dois-je la laisser disparaitre ? Rencontre une bulle ? « Tim ? » Je n’ai pas envie de ça mais elle n’a pas envie de ce que je lui offre. A-t-elle raison ? Est-ce lâche ? Pourquoi les femmes de ma vie me balancent toutes ça ? Il faudrait peut être que je me mette à les croire. Alors merde, que dois-je faire pour être moins lâche ? Lui courir après, lui faire comprendre tout… tout ce que j’ai en moi, tout ce que je suis, tout ce qu’elle est ? ou lâcher prise ? Accepter qu’elle mérite mieux ? Que je ne suis qu’une bulle vide ? « Tim ? » « Nolan... la ferme je…Nolan ! » Je me détourne. Efface ce souvenir. Efface sa disparition. Efface la crainte sourde de l’avoir perdu. Efface le doute.

« Je t’avais dit de … » « C’était quoi ça ? Qu’est-ce que tu fais, Tim ? Qu’est-ce que tu as fait ? » Je le savais. Je le connais. « Je te l’avais dis Enya… qu’il voudra me buter et… » Je me tourne vers le vide de la pièce. Je revois son dos disparaitre dans l’encadrement de la pièce. Mes yeux s’arrêtent. Mes yeux s’éteignent. Mes yeux s’abaissent. Je soupire. Enfin, j’essaye car ma respiration se bloque. « De quelle opération est-ce qu’elle parle, qu’est-ce que tu as fait ? » Ma tignasse s’agite, éradique mes pensées, facile le schéma de mes préoccupations. Nolan. D’abord, Nolan. D’abord sa vie. D’abord, lui. Je suis désolé.. Elle ne pourra jamais entendre cette énième excuse. Elle ne verra que mon absence à sa poursuite. Elle ne saura pas ce qu’elle est pour moi. Elle ne saura pas qu’elle m’a sauvé. Elle ne saura pas que je voudrais être le dernier abruti de sa vie mais que je suis incapable de le lui faire comprendre. Elle ne saura pas et peut être que je ne parviendrais pas à rattraper ça. Ce silence. Ce choix. Ce choix que j’entame à la place de tout le monde. J’attrape la main de Nolan qui cherche une cicatrice qu’il ne trouvera pas. Pas encore. « Ne t’emballe pas, tu ne me dois pas encore une reconnaissance éternelle, la prison, l’injection létale ou un remplacement ministériel… » Je lui souris, un très grand sourire. Je le charrie pour mieux faire passer la vérité ou pour le mettre dans le ton. Oui, parce que je sais qu’il ne sera pas d’accord avec mes plans. Je devrais le présenter à Enya oui… ils seraient contents tous les deux de s’exprimer sur ma bêtise profonde. Une présentation tardive… certes, mais qu’importe. Je pose une fesse sur le lit en m’imposant totalement. Comme à la maison cousin. Comme à la maison… « Mais ça ne va pas tarder… » Je lève les mains. « Non, ne me frappe pas ! Tu es trop faible pour lever le petit doigt tu sais…. » Mon visage sourit, mes yeux ne parviennent pas à transmettre la même énergie. Je suis vidé. Pas inquiet mais vidé. Enya est partie avec le calme dont j’ai besoin. L’aide soignante entre dans la pièce et constate le réveil de Nolan. Elle en réfère en gueulant dans le hall, informant au passage tout l’hôpital. Qui aurait pu croire qu’une si frêle personne ait autant de coffre ? C’est autour de Jooley d’entrer, d’observer les constantes, de faire son job. On s’observe un instant sans un mot et elle repart probablement pour informer Enya, en charge du dossier. Je tape dans mes mains pour me redonner de l’énergie ou un faux semblant. « Je suis tout excité ! Que vais-je bien pouvoir te demander après l’opération ? Ton frère a grillé les meilleures idées mais je suis sûr que je peux trouver plus original ! »

Dérision, humour, légèreté. Tout pour le distraire. Vanner l’étrange relation sacrificielle des deux frères est la meilleure méthode. Peu habile, peut être mais je m’en fous. Je m’en fous car je sais qu’il va réagir et je me sens beaucoup plus maitriser ce terrain. La greffe c’est un calcul simple. Pas de lâcheté. Pas de sentiments déroutants. Juste un fait : il va mourir et il peut ne pas mourir. Ce qui va déterminer la fin de l’histoire ? Mon rein. Simple. C’est simple.
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MessageSujet: Re: Nos vies. Mon choix. [Nolan, Enya & Tim]   Lun 7 Mai - 23:51

Nos vies, mon choix.
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La certitude est là, palpable, tout comme l’horreur. Et la colère. La peur. Et la colère. La compréhension. Et la colère. La colère épuisée, la colère asphyxiée, la colère d’une scène déjà vécue, déjà subie, la colère d’une répétition, d’un bis repetita placent qui ne placent pas du tout. La colère de me retrouver une nouvelle fois perdu dans un lit d’hôpital, impuissant, à être l’objet des médecins et des choix de ma famille. Parce que c’est bien ce qu’il entend faire à ma place, Tim, non ? Choisir, décider pour moi, m’imposer son choix, m’imposer sa décision parce qu’il pense que c’est la chose à faire, parce qu’il pense mieux savoir que moi ce qu’il me faut, parce que… parce que quoi, au juste ? Je l’appelle, d’une voix trop faible pour être entendu. Puisqu’il ne réagit pas. Je l’appelle une seconde fois. Pour comprendre, pour… « Nolan... la ferme je…Nolan ! » Je me tasse dans le lit, les yeux plissés de fatigue. C’était quoi ça, à quoi est-ce que je viens d’assister, hein ? La fille, qui est-elle, et lui, pourquoi est-ce qu’il ? La certitude est là, palpable dans mon esprit et pourtant je veux la remettre en doute. « Je t’avais dit de … » Je secoue la tête, il ne m’a rien dit du tout, il… je veux comprendre. Je veux surtout qu’il me dise que je me trompe. Que je me trompe lorsque je déduis, trop vite, la logique de ses mots, les silences de ses propos. Pourquoi est-ce qu’elle parle d’opération, pourquoi est-ce qu’il m’impose ça, pourquoi est-ce qu’il… « Je te l’avais dis Enya… qu’il voudra me buter et… » « Tim ! » Elle est sortie, la fille, mais moi, moi je suis encore là, aux dernières nouvelles. Moi je suis encore dans le coin, moi je veux des réponses, moi je m’inquiète. Son prénom se fait supplique entre mes lèvres, supplique mêlée de colère. Qu’est-ce qu’il a fait ? J’essaye de me redresser, mais la fatigue m’attache au matelas plus que n’importe quelle perfusion. Je suis obligé de contenter de mes yeux, pour fixer mon cousin. Et faire étalage de tout mon désaccord.

Ma main tente de se faufiler sous mon tee-shirt, je cherche une réponse puisqu’il ne m’en donne pas. J’ai besoin de savoir, j’ai peur de savoir. Et Tim me retient, comme un aveu, un aveu qu’il dément aussitôt. « Ne t’emballe pas, tu ne me dois pas encore une reconnaissance éternelle, la prison, l’injection létale ou un remplacement ministériel… » Une reconnaissance éternelle. Ses mots me glacent le sang, son sourire m’est insupportable. « T’es sérieux, mec ? » Il est sérieux ? Il croit vraiment qu’on peut plaisanter de ça, avec moi ? J’ai du mal à rassembler mes pensées, j’ai du mal à respirer, j’ai du mal à accepter ce qui est en train de se jouer autour de moi. Il s’assoit sur le bord du lit, je le foudroie du regard sans parvenir à lui cracher de reculer. De me laisser tranquille. De ne pas, surtout pas songer à faire ça. « Mais ça ne va pas tarder… Non, ne me frappe pas ! Tu es trop faible pour lever le petit doigt tu sais…. » Je ne peux pas le frapper, non. Je n’arrive même pas à lever le bras, c’est tout juste si me redresser est à ma portée. Je ne peux pas le frapper, je ne peux que le regarder. Fermer les yeux pour ne pas le voir, pour ne pas voir le sourire de son visage, pour ne pas voir le reste. Ca ne va pas tarder. Mes lèvres articulent des syllabes inaudibles. Je répète après coup, mais il n’y a pas plus de bruit qui m’échappe, et la porte qui s’ouvre me force à rouvrir les yeux. Une aide-soignante. Qui entre, qui sort, qui hurle que je suis réveillé. Le ballet se poursuit, une autre prend le relai. Et moi, je ne parviens toujours pas à articuler le moindre mot. Ca ne va pas tarder. Reconnaissance éternelle. Est-ce que j’aurais dû appeler Liam, plutôt ? Est-ce que je n’aurais pas dû… pourquoi est-ce qu’on ne m’a pas laissé dans un coin ? Un homme à l’organisme défaillant, ça n’a rien à faire dans le coin, non ? Un homme à l’organisme destructeur, ça n’a rien à faire dans le coin, ça n’a pas à solliciter des frères, des cousins, un peu d’ADN et de comptabilité pour… la porte s’ouvre, s’entrebâille, me voilà à nouveau seul avec Tim qui se relève d’un bond, tape dans ses mains comme un gosse tout excité. Je ne le comprends pas, je ne comprends pas à quoi il joue. Je n’aurais pas supporté de le voir s’inquiéter, être en colère contre moi mais j’ai l’impression que ça n’aurait pas été pire que ça. Que ce qu’il me fait subir. Pas pire de ce qu’il ose me dire. « Je suis tout excité ! Que vais-je bien pouvoir te demander après l’opération ? Ton frère a grillé les meilleures idées mais je suis sûr que je peux trouver plus original ! » Piqué au vif, je me redresse dans un mouvement brusque, je prends appui sur mes coudes, je vais même jusqu’à entamer un mouvement pour me lever. Je m’arrête en bon chemin, pris d’un vertige qui me cloue au lit, encore. Et je regarde Tim avec toutes les émotions fortes que je peux rassembler. Avant de cracher. « Tu crois que c’est un jeu, Tim ? » Je reprends ma respiration, une respiration laborieuse. Il n’y a pas que le rein, qui va mal. Il y a tout le reste. C’est une cascade, une cascade qui se produit, un petit dérèglement qui a traîné, des conséquences et des dégâts qui en entraînent d’autres. « Tu crois que… tu ne peux pas me faire ça, tu ne peux pas tout considérer avec autant de légèreté. Et mon libre-arbitre, dans tout ça, tu y as pensé ? » La colère se partage ma voix avec des larmes à peine retenue. « Ne fais pas ça, Tim, je t’en supplie, si tu ne veux pas que je te haïsse, ne me force pas à t’être redevable. J’ai saccagé le cadeau que Liam m’a fait, ne me laisse pas porter en plus la culpabilité de t’infliger ça. » J’inspire, je déglutis. D’un vague geste de la main, je désigne la porte. Le couloir. La fille. « C’est qui, elle ? Je sais pas qui c’est, mais écoute la. Arrête de prendre des décisions pour les autres. Ne fais pas comme Liam. » Ne me pousse pas à te haïr. A te haïr et à me pousser à donner ma vie pour toi. Ne m’inflige pas cette loyauté que j’ai envers mon frère, malgré toutes ces années. Je t’en supplie, Tim. Ne m’impose pas ça. Laisse moi crever s’il n’y a pas d’autre solution.

Je me lève pour faire un pas, partir, m’écrouler. Sans aucune force.


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MessageSujet: Re: Nos vies. Mon choix. [Nolan, Enya & Tim]   Dim 13 Mai - 22:33

Simple. C’est un plan simple. Et c’est précisement ce qui me fait croire que ce plan est juste. Sans rein, il meurt et il ne doit pas mourir. Il ne devait pas mourir il y a plus de 10 ans, il ne mourra pas dans les jours à venir. Moi non plus. La médecine n’est plus au même niveau qu’avant les bouleversements ayant touché notre monde mais elle reste de bon niveau. Je suis confiant. Contrairement  à Enya, je suis confiant. Il doit vivre, et je ne vois aucune raison à ma mort. Mon objectif est juste. Juste et nécessaire. Simple. Je ne dis pas que je ne peux pas gérer des situations compliquées mais, il est évident qu’aujourd’hui, je ne veux que le voir survivre. Enya, aussi maladroit que cela puisse être, n’est pas ma priorité. La vie est plus importante. Sa vie. La mienne, celle d’Enya, celle que nous vivons ensemble existera encore demain. Je crois. J’espère. Quelque part, je veux croire qu’elle me comprenne encore et qu’elle accepte, encore. Qu’elle pardonne mes silences et mes choix. Nolan est mon cousin, elle ne le savait pas y a deux heures, elle le sait à présent. Elle peut comprendre. Elle aurait fait pareil pour sa famille. Quoiqu’elle puisse dire, elle l’aurait fait. Elle peut comprendre ce choix. Elle le doit. Inconsciemment je parviens à débattre de la justesse de mes actions, celles qui ont contribué à ce moment précis et celles qui conduira au résultat de cette opération. J’essaye de me convaincre de toutes les bonnes raisons qui gravitent autour de cette situation. Je me convaincs. J’ai raison. J’ai raison mais je sais quelque part, j’ai merdé.

T’es sérieux, mec ? Oui. Bien sûr que je le suis et j’enchaine malgré tout. Malgré le désaccord que je lis dans ses yeux ensommeillés. Il ne va pas aimer. Bien qu’il n’ait aucune raison à ne pas aimer l’idée de vivre encore un peu grâce à un don pas tout à fait anonyme. N’est-ce pas ? Pourquoi serait-il contre ? C’est évident comme décision, pas vrai ? Mourir ou vivre. Je crois que nous avons déjà eut une conversation sur le sujet. Vivre ou mourir. Il n’est pas son frère et il doit vivre pour lui, Nolan. Il n’est pas Liam, il est Nolan avec un cœur qui bat toujours en son nom. Par conséquent, il doit vivre. Il doit car il le peut. Pour tous les autres qui auraient aimé, il n’a pas le choix. Il ne peut pas lutter. C’est simple. Il pourra vivre. Alors je le titille. Je le titille car je peux le faire et que ça me détend. Cela rend la situation moins dramatique que son regard ne le laisse penser. Cela rend la situation moins dramatique que la réaction d’Enya ne laisse penser. Bref, ça semble mieux bien que totalement moins adapté. Mais ça, je m’en fous. J’essaye du moins. J’essaye de me convaincre. Touché. Il se redresse, plus ou moins. Je me rapproche, amorce un placage que j’annule au dernier moment. Le titiller OK, le pousser à bout… peut être pas. Enfin… la limite est si fine que je l’ai peut être dépassé ? Qui sait… ? Je me sens quelque peu perdre pieds. En particulier lorsque son regard s’échoue de nouveau sur moi. Un regard beaucoup plus expressif et un instant j’ai l’impression d’avoir roulé sur son chien. Ce qui n’est pas le cas, loin de là… on parle de sa vie, pas de son adorable toutou.

Tu crois que c’est un jeu, Tim ? J’hésite à répondre oui. J’hésite à répondre non. Quelle réponse sera susceptible de l’agacer le plus ? Il enchaine. Je l’observe et patiente entre chaque mot pour chaque respiration. C’est chaotique. Tellement qu’on pourrait croire que le comique du moment, c’est lui. Enfin, ça le serait si je ne connaissais pas la gravité de sa situation, si on était pas dans un hôpital et si j’étais un parfait connard. Ce que je ne suis pas, n’en doutez pas. Son libre arbitre ? Tant que celui-ci approuve et laisse faire, il ne me dérange pas. Mais ce serait trop beau pour être vrai… nous le savons. Pourquoi ce serait simple ? Parce que l’équation est simple. Pour moi. Pas pour tout le monde. Pas pour lui. Monsieur veut le libre arbitre pour ouvrir les bras à la mort et se dire « c’est pas grave si je meurs, tout le monde s’en fout ». Et bien non, il n’est pas seul sur ce coup. Ne fais pas ça, Tim, je t’en supplie, si tu ne veux pas que je te haïsse, ne me force pas à t’être redevable. J’ai saccagé le cadeau que Liam m’a fait, ne me laisse pas porter en plus la culpabilité de t’infliger ça. Ne fais pas ça, Tim, je t’en supplie, si tu ne veux pas que je te haïsse, ne me force pas à t’être redevable. J’ai saccagé le cadeau que Liam m’a fait, ne me laisse pas porter en plus la culpabilité de t’infliger ça.  Sa litanie dure un petit moment. Une enfant aurait déjà été lassé de jouer à la corde à sauter… bref. Bêtise dite, ce qu’il me dit prend ma tête, la pose sur un piquet et shoot dedans.  Ce qu’il me dit, m’agace, m’énerve et me donne envie de briser sa mâchoire. Ce n’est pourtant pas le jour ni le lieu et encore moins, le moment de me laisser emporter par cette colère qui dandine en moi depuis bien trop longtemps. Je sais qu’un jour le vase va déborder, ce n’est juse pas le moment. C’est idiot tente alors de se lever et vacille. Dans un grognement de contestation à cette prise d’initiative débile, je le rattrape et le rallonge de force dans son lit. Chouine autant que tu veux tu ne sortiras pas de ce lit tout de suite… Je m’arrête un instant. Une demi-seconde.

Avec moins de legereté, je vais t’expliquer tes options… Je me penche vers lui, effaçant mon sourire puis me recule. Tu meurs dans ce lit sans avoir reposé le pied au sol disant Adieu à Gui, ton frère, Elias, Gavin, tes potes, ta baraque, ton identité, ta vie, tes moments de joies et de peine, tes fous rires à venir, ta connerie, tes erreurs, moi et mon sens de l’humour… J’hausse les épaules. ou tu prends mon putain de rein, tu survis afin de VIVRE en TON nom, tu sais celui que je t’ai conseillé de graver sur ton front y a quelque mois ? et tu arrêtes de masquer ton état de santé afin de gambader dans ce  monde. Fais des gosses à Gui, adopte une meute de loup, dresse des poissons rouges, conduit une révolution bref fais ce que tu veux … Je soupire. Ton libre arbitre il est bien mignon mais si tu l’utilises pour refuser mon rein ce sera aussi la dernière fois que tu pourras l’utiliser…. Quittant l’assise du lit, je me dirige vers la commode sur la droite afin de servir deux verres d’eau. Je bois le premier et regarde Nolan un instant avant de boire le deuxième. Je te prierai aussi de ne pas me comparer à ton frère et pitié… d’arrêter de me sortir que tu lui dois tout. Il n’a rien choisi du tout à l’époque. C’était un gamin comme toi. Tes parents ont fait le choix de mettre Liam sur le billard pour que toi tu puisses vivre. Le seul choix de ton frère te concernant c’est de te faire accuser d’un meurtre et d’attendre de te voir crever. Alors je veux bien qu’aujourd’hui vous vous soyez retrouvés mais ne me compare pas à lui et ne le proclame pas Dieu de ta vie. Il est bien des choses mais certainement pas ton sauveur ! Voila, je suis énervé. Je le sens, ça m’agace. La relation avec son frère m’agace. J’ai conscience que les relations familiales n’ont pas de sens mais la leur est encore pire. Je ne sais pas si j’aurai pu pardonner mon frère de m’avoir fait sentir n’être rien qu’un distributeur de service…. Nolan, de ce que j’ai saisi, n’avait de vie que pour aider son frère. Et aujourd’hui, il me ressort un truc pareil ? Non. C’est mort. J’ai envie d’une bière. C’est dingue… à chaque fois qu’on se voit…. Bref. Laisse tombé. Mon rein, tu vas le prendre. Je te le donne. Je ne suis PAS ton frère. La reconnaissance éternelle, je n’en ai absolument rien à faire. Une bière de temps en temps, je ne serai pas contre mais ensuite… Je m’arrête, sert deux autres verres d’eau et en apporte un à Nolan. En fait, si… quand t’aura mon sublime rein, tu devras faire l’effort d’arrêter de te sentir redevable. Tu m’épuises et j’ai pas envie que tu épuises mon rein…
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MessageSujet: Re: Nos vies. Mon choix. [Nolan, Enya & Tim]   Dim 27 Mai - 18:49

« Enya, on te cherche depuis deux bonnes minutes. Wiggins est réveillé. »
Je hoche la tête pour signifie que j’ai entendu, et Jooley repart à l’intérieur, me laissant seule dans l’allée près de l’hôpital. J’inspire un grand coup, passe une main sur mes joues pour effacer mes larmes. Déglutis péniblement. Il va falloir que j’y retourne. Que je fasse mon boulot de médecin en oubliant Timothée et son comportement. J’aimerais rester seule encore quelques minutes, mais je sais aussi que plus je vais rester là, moins j’aurais le courage de retourner dans cette chambre. Alors je rentre à mon tour, et me dirige vers la chambre.

Timothée y est encore, et au vu de ce que j’entends de loin, Nolan n’est pas ravi des nouvelles.  Timothée parle quand j’entre dans la chambre.
« Tu m’épuises et j’ai pas envie que tu épuises mon rein… »
Je me racle la gorge pour signaler ma présence. Les deux hommes semblent énervés, au milieu d’une dispute. Au moins, Wiggins semble avoir la même réaction que moi à l’annonce de Tim. Peut-être qu’il sera de mon côté. Peut-être qu’il pourra mettre un semblant de raison dans le crâne de Timothée. Peut-être qu’à nous deux, on pourra le convaincre de ne pas faire ce qu’il a prévu de faire.

« [color=#4da8faDésolée de vous interrompre. Monsieur Nolan, je suis Enya Rivers, le médecin qui vous a pris en charge. Je suppose que Monsieur Morel vous a déjà fait part de son intention.[/color] »
J’évite soigneusement de regarder Timothée. C’est trop dur, trop douloureux. Je pourrais exploser rien qu’en croisant son regard. Alors je garde mon attention toute portée sur Nolan. Il ressemble comme deux gouttes d’eau à son frère. Un frère que je n’aime pas vraiment. Enfin, je ne le connais pas, à vrai dire. Mais je n’aime pas ses actions. Liam Wiggins est un autre ministre corrompu par le pouvoir et le gouvernement en place. Un complice de tout ce qui se trame ici. Il parait que son frère est nettement différent. Le fait est que je n’ai aucun moyen de le vérifier. Nolan Wiggins a disparu de la circulation il y a des années. Les informations sur lui sont quasiment nulles. Il aurait tué quelqu’un, aurait disparu, serait revenu, aurait purgé sa peine. Le reste, c’est le mystère absolu. Alors, je suis disposée à lui accorder le bénéfice du doute, innocent jusqu’à preuve du contraire.

« Monsieur Wiggins, je sais que vous êtes probablement fatigué, mais il faut qu’on discute sérieusement. Votre état de santé est préoccupant. »
Je soupire. Je n’aimais pas ces moments. Cet aspect de mon travail qui m’obligeait à donner aux gens des mauvaises nouvelles ou un ensemble de choix tous plus mauvais les uns que les autres. Je détestais encore plus cet aspect aujourd’hui, parce que j’étais personnellement impliquée dans ce qui allait se passer.
« Votre rein est sur le point de lâcher. On parle de jours, peut-être une semaine ou deux, avant qu’il ne soit hors service. Et après ça….je suppose que vous connaissez la suite. Le fait est que dans l’état actuel, nous ne pouvons pas le sauver. Il vous faut un donneur. »
Je jette enfin un coup d’œil à Timothée, une seconde, pour m’assurer qu’il ne m’interrompe pas. Je suis médecin, maintenant, pas sa petite amie. Je dois faire mon job de médecin.
« Ti – Monsieur Morel a déjà fait les tests et il s’avère qu’il est compatible. Néanmoins, je dois vous informer que cette opération pourrait s’avérer fatale pour lui. Et pour vous, pour être honnête. Et les complications potentielles habituelles ne pourront pas être gérées comme elles l’ont été la dernière fois. »

Je m’approchais du lit, pris une voix plus douce.
« Je suis désolée, monsieur Wiggins, mais vous n’avez pas beaucoup d’options. Vous pouvez accepter l’offre de Timothée, en étant tous deux conscients des risques. Ou vous pouvez attendre qu’un autre donneur compatible soit disponible. Je suppose que nous pouvons vous mettre en haut de la liste, vu vos relations. Mais même avec ça, nous ne disposons que de quelques jours, et il n’est pas garanti que nous trouvions un donneur à temps. »
Je me pinçai les lèvres. Il n’y avait pas de bon choix. Et j’avais envie de dire à Nolan de ne pas choisir Tim. J’en avais envie avec tout mon être. Mais je ne pouvais pas lui demander ça. Je ne pouvais pas demander à cet homme de risquer sa vie pour éventuellement sauver celle de Tim. Je ne pouvais pas lui demander de renoncer à vivre. Surtout que Timothée semblait bien décidé à donner son fichu rein.
« Je suis consciente que c’est une décision difficile à prendre. Je peux vous laisser seuls, pour que vous en discutiez, si vous voulez. Je n’attends pas une réponse dans la minute, vous pourrez décider plus tard. Je suis là aussi pour répondre à vos questions, si vous le souhaitez. En attendant, avez-vous besoin de quelque chose ? »

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MessageSujet: Re: Nos vies. Mon choix. [Nolan, Enya & Tim]   Jeu 31 Mai - 23:53

Nos vies, mon choix.
Timothée & Enya & Nolan



Ne fais pas comme Liam. Est-ce qu’il comprend, le cousin, ce que je veux dire par là ? Ne fais pas comme Liam, ne comprends pas trop tard, ne comprends pas après coup que tout ce qui nous liait disparaîtra en même temps que la greffe. Ce n’est pas que je n’en veux pas, de ce rein, ce n’est pas que j’aie envie de crever - je meurs de trouille à l’idée de crever, ce qui est complètement contreproductif - ; ce n’est pas ça. C’est que je ne veux pas, je ne veux plus, je ne peux plus vivre au dépend de la santé de quelqu’un d’autre. Je ne veux plus dépendre de quelqu’un, je ne veux plus devoir quelque chose d’aussi important que ça à quelqu’un. Je ne suis pas stupide, ou du moins pas à ce point-là. La greffe, déjà avant, ce n’était pas comme une partie de docteur maboul ; je ne suis pas stupide, il y a autant de chance que tu y restes autant que moi, Tim, et que même si nous sommes compatibles, les risques d’un rejet sont juste énormes. Je ne suis pas stupide, bien au contraire. Et je veux être libre, libre de cette reconnaissance et de cette culpabilité qui m’étouffent dès que je pense à mon frère, dès que je pense à Liam, à ses propres angoisses, à son teint si pâle au sortir de l’hôpital, à cette cicatrice qu’on partage. Je ne suis pas stupide, et même si j’ai la réputation d’être qu’un mec immature, sur ce sujet… je ne plaisante pas. Tu crois que c’est qu’un jeu, Tim ? Est-ce que tu vois ce que ça implique ? Je sais pas qui était la fille, tout à l’heure, mais écoute-la, putain. Ne fais pas comme Liam, putain, ne regrette pas cinq, dix, vingt ans après. Je veux qu’il comprenne, mais je sens, je vois que tout ce que je raconte, dans le meilleur des cas, ça l’énerve, dans le pire, ça rentre dans une oreille pour sortir de l’autre côté. Je veux qu’il comprenne, mais il ne m’entend pas. Alors j’essaye de me barrer, de me casser.

Et je m’écroule. Rattrapé de justesse par Timothée, qui en profite pour me rallonger de force dans le lit, sans que je ne parvienne à me défaire, à me débattre : j’ai la respiration sifflante, des vertiges, cette douleur dans la poitrine qui n’en finit pas, et la nausée pour couronner le tout. Chouine autant que tu veux, tu ne sortiras pas de ce lit tout de suite… Je souffle des mots inaudibles en tentant, en vain, de me redresser une nouvelle fois. Va te faire foutre, Tim, s’il sait lire sur les lèvres, il comprendra. Peut-être. Avec moins de légèreté, je vais t’expliquer tes options... Tu meurs dans ce lit sans avoir reposé le pied au sol, disant Adieu à Giu, ton frère, Elias, Gavin, tes potes, ta baraque, ton identité, ta vie, tes moments de joies et de peine, tes fous rires à venir, ta connerie, tes erreurs, moi et mon sens de l’humour... Je ferme les yeux. J’aimerai bien qu’il se taise, tiens. ou tu prends mon putain de rein, tu survis afin de VIVRE en TON nom, tu sais celui que je t’ai conseillé de graver sur ton front y a quelque mois ? et tu arrêtes de masquer ton état de santé afin de gambader dans ce  monde. Fais des gosses à Giu, adopte une meute de loup, dresse des poissons rouges, conduis une révolution bref fais ce que tu veux... Si je rouvre les paupières, ce n’est que pour le foudroyer du regard. Je veux qu’il se taise, je veux tellement qu’il se taise, je veux qu’il arrête de me faire remarquer à quel point l’avenir est instable, à quel point je suis incapable de me projeter dans trois, quatre, six, dix mois, je veux qu’il arrête de me forcer à regarder à quel point… à quel point ça fait six ans que je vis au jour le jour. Véritablement. Il soupire, je soupire aussi. En écho. Ton libre arbitre il est bien mignon mais si tu l’utilises pour refuser mon rein ce sera aussi la dernière fois que tu pourras l’utiliser… ll se lève, attire une nouvelle fois mon regard. « Au moins je l’aurais utilisé » je rétorque d’une voix rauque,  d’une voix qui se crispe sitôt qu’il parle de Liam. En des mots durs, trop dur. J’articule en silence qu’il n’a pas à parler de ce qu’il ne sait pas. Qu’il ne sait pas, qu’il n’est pas au courant des yeux chargés de larmes de Liam, quand il a appris la vérité, sa colère, sa déception, son attitude quand il a compris, quand il a fini par comprendre. Ne parle pas de ce que tu ne sais pas, j’ai envie de lui dire. Mais pour être honnête, si je me contente d’articuler silencieusement ça, c’est que je me rends compte que j’ai dû mal, vraiment du mal à suivre ce qu’il me dit. Si je m’écoutais, je me roulerai en boule et je plaquerai mes mains sur mes oreilles pour ne plus l’entendre, je les plaquerai ensuite sur mes yeux, pour ne pas voir les murs de l’hôpital, et enfin, je les mettrai sur mes lèvres pour étouffer le cri de rage que j’ai envie de lancer. Mais tout ce qu’elles font, mes mains, c’est glisser vers mon côté, chercher la cicatrice de ma greffe, comme pour en sentir la proximité. … Mon rein, tu vas le prendre. Je te le donne. Je ne suis PAS ton frère. La reconnaissance éternelle, je n’en ai absolument rien à faire. Une bière de temps en temps, je ne serai pas contre mais ensuite… En fait, si… quand t’aura mon sublime rein, tu devras faire l’effort d’arrêter de te sentir redevable. Tu m’épuises et j’ai pas envie que tu épuises mon rein… J’essaye de me redresser, pour prendre le verre. Et forcément, ça me revient en pleine gueule. La voix de Liam. Vingt-cinq foutues années plus tôt. Bois pas trop vite, ça pourrait te donner mal à la tête. Je trempe à peine mes lèvres. « Il est hors de question que… » La porte s’ouvre m’interrompt. C’est la fille de tout à l’heure.

« [color=#4da8faDésolée de vous interrompre. Monsieur Nolan, je suis Enya Rivers, le médecin qui vous a pris en charge. Je suppose que Monsieur Morel vous a déjà fait part de son intention.[/color] » Monsieur Nolan, je dois avoir un air profondément interloqué en entendant ça, mais tout à ma stupeur, je me sens acquiescer. Ouais, l’autre débile de cousin m’a fait part de son intention de me sauver la vie, et de risquer la sienne. Sur le pari fou qu’une greffe qui a déjà échoué une fois n’échoue pas la seconde. « Monsieur Wiggins, je sais que vous êtes probablement fatigué, mais il faut qu’on discute sérieusement. Votre état de santé est préoccupant. » Je fais une grimace. « Appelle moi juste Nolan, s’il te plaît » Je souffle d’une voix certainement incompréhensible. Mon état est préoccupant. Je sais. « Votre rein est sur le point de lâcher. » « Je sais » Je souffle, en français, histoire de ne pas trop avoir l’impression de la couper. « On parle de jours, peut-être une semaine ou deux, avant qu’il ne soit hors service. » « Je… je sais » Et j’ai la voix d’un enfant pris en faute, la main dans le pot de bonbons et la convocation chez le dentiste dans la poche. « Et après ça… je suppose que vous connaissez la suite. Le fait est que dans l’état actuel, nous ne pouvons pas le sauver. Il vous faut un donneur. » Il vous faut. Je déglutis. Dis comme ça… « Ti – Monsieur Morel a déjà fait les tests et il s’avère qu’il est compatible. » J’hoche la tête. « C’est mon cousin… » Sur le ton de l’excuse. « Néanmoins, je dois vous informer que cette opération pourrait s’avérer fatale pour lui. Et pour vous, pour être honnête. Et les complications potentielles habituelles ne pourront pas être gérées comme elles l’ont été la dernière fois. » La dernière fois.

Je me redresse suffisamment pour me prendre la tête entre les mains. Merci, merci beaucoup madame-la-pote-ou-plus-de-Timothée. Merci de me conforter dans ma décision. Merci de… « Je suis désolée, monsieur Wiggins, mais vous n’avez pas beaucoup d’options. » « Je sais » et cette fois, je le lui dis en anglais. Parce que oui, je sais que je n’ai pas des masses d’options. J’en ai pourtant plus que celles qu’elle énonce. J’ai la possibilité qu’a évoquée Liam. J’ai la possibilité de tout refuser, aussi. Je veux avoir cette possibilité, la tenir dans le creux de mes mains, juste pour la sentir, juste pour me sentir libre, libre de faire un choix. Je ferme les yeux. « Je suis consciente que c’est une décision difficile à prendre. Je peux vous laisser seuls, pour que vous en discutiez, si vous voulez. Je n’attends pas une réponse dans la minute, vous pourrez décider plus tard. Je suis là aussi pour répondre à vos questions, si vous le souhaitez. En attendant, avez-vous besoin de quelque chose ? » Me laisser encore avec Timothée, ce serait me faire douter, me pousser à douter. Je connais mon cousin, je sais à quel point il peut être têtu, tenace et même convainquant, je sais à quel point, aussi, ça peut finir par être tentant, sa proposition. Son obligation. Et je sais surtout que… « Je suis au courant, depuis plusieurs mois. J’ai eu le temps de réfléchir et… je ne veux pas d’autre donneur. » C’est une certitude. Je secoue la tête. « Je… »

A la base, je pensais lui dire que je ne voulais pas de donneur tout court. Que je voulais juste qu’on appelle mon frère, que je puisse lui expliquer. A la base, je pensais juste lui demander qu’on appelle Giu, aussi. Et qu’on me laisse un peu de temps, avec eux. Giu’, Liam, Timothée, Faustine. A la base, je pensais juste… je ne sais pas trop. Refuser. Choisir. Avoir la satisfaction de choisir. A la base. Seulement, je n’arrive pas à finir ma phrase, seulement, c’est trop tard, seulement, je m’évanouis avant de pouvoir lui dire clairement que je n’en veux pas, du rein de Timothée, seulement, c’est trop tard, juste trop tard.

Et c'est dommage, aussi.

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MessageSujet: Re: Nos vies. Mon choix. [Nolan, Enya & Tim]   Mar 5 Juin - 16:18

Oui, s’il te plait, protège le car il te protégera. Protège ce rein, accepte le, apprécie le et il te le rendra bien. Il fait bien son taff dans mon corps et il est tout aussi déterminer à faire la même chose avec Nolan. Je n’en ai aucun doute. Mon rein fera le travail, il lui permettra d’avoir encore des années devant lui. Une vie. Pour lui pas pour son frère, pas pour ses doutes et ses peurs. Juste pour lui. Je ne lui mens pas : son libre arbitre, je veux qu’il l’use jusqu’à la moelle mais surtout sur la durée. Qu’il fasse des erreurs, qu’il ait mal, qu’il rate ses objectifs… qu’importe car le reste de sa vie compensera les ratés par des fous rires, par des projets, par des sourires. Je ne suis pas près à le voir disparaitre. Mon égoïsme a perdu mon frère puis, a perdu du temps avec Nolan. Trop d’années. Beaucoup trop. Peut être d’ailleurs que je devrais faire un effort avec Liam. Un peu plus que ces regards de loin, lourds de sens et de méfiances. Après tout, je le vois bien dans le regard de Nolan, il déteste m’entendre attaquer les erreurs de son frère. Il lui a peut être pardonné et si le principal concerné y est parvenu, je n’ai plus qu’à accepter. Pourtant, j’ai du mal à croire que Liam puisse redevenir le cousin que j’ai tant apprécié par le passé, que je respectais. Je n’ai rien à lui pardonner, je le sais. J’en ressens toutefois le besoin. En réalité…. En réalité peut être que je projette ma culpabilité sur la sienne. Je ne suis toujours pas parvenu à passer outre mes choix et mes échecs concernant mon frère voir même Nolan, alors comment Liam pourrait, lui, être pardonné ? C’est idiot. C’est complètement illogique mais l’esprit humain est un mystère…. Le mien m’échappe. Il court droit devant, s’obstine à glisser entre mes doigts lorsque je pense l’avoir attrapé… Je devrais m’y être habitué.

Enya. Je ne la vois pas arriver. Je la sens. Nul besoin de me tourner vers elle car sa présence illumine la pièce, accélère les battements de mon cœur, titille ma peau. Elle est là. Je prends une bonne inspiration. J’ai besoin de sentir sa main contre moi, dans la mienne, contre mon dos. J’en ressens toute l’urgence. Elle est ma bulle qu’elle le comprenne ou non. Aujourd’hui plus encore qu’hier. Malgré toutes mes erreurs, tous mes silences, tous nos silences, toutes nos différences. Elle est un pont vers l’apaisement. L’urgence de la sentir contre moi, avec moi, me laisse face à une abysse. Le changement est soudain. Radical. Juste sa voix, juste son sérieux, juste sa détermination à regarder droit devant elle, Nolan. La distance qu’offre sa voix me brise et me laisse là, face à l’abysse. A cet instant, je comprends que mes excuses seront difficiles à être accepté. J’aurai peut être dû lui courir après, lui déballer ma vie, mes doutes…. Là… tout de suite. Dès que…. Non, c’était déjà trop tard, pas vrai ? Mes yeux lui posent la question lorsqu’ils interceptent leurs homologues. J’ai merdé. Je me sens m’assoir près du gouffre, l’observer, me demander quel pas faire pour m’éjecter de cette plateforme au bord du vide. Sa froideur. Son silence. Enfin… elle parle mais … je le ressens. Elle fait son travail, elle assume mais si elle pouvait, elle ne serait pas dans cette pièce. Elle ne serait pas revenue. Face à Nolan, son état. Face à Enya, son état. Face à eux, je suis seul. Cela faisait longtemps. Ce sentiment, cette perte, brutale. Je suis seul contre eux, contre leur détermination, leur inquiétude. Je suis seul avec mes propres décisions. Quel pas pour sortir du gouffre ? ….cette opération pourrait s’avérer fatale pour lui… Je n’entends pas la suite. Ma tête se redresse, mes prunelles s’activent, se fixent sur Enya et foudroient. Pourquoi ? Pourquoi lui dire ça ? Ce n’est pas important, tout ira bien. Tout. Elle doit l’inquiéter sur sa propre santé, pas la mienne. La vie ne semble pas vouloir de ma mort alors laissez moi faire. Merde. Merde. Merde ! La rage se glisse comme une mer agitée dans mon gouffre, se fracasse sur la roche, se brise dans un son rauque. Pourquoi tout ceci doit être compliqué ? Pourquoi faut-il convaincre que c’est la meilleure des solutions ? Il n’y a rien, rien à réfléchir. Je ne risque rien. Il risque tout. Merde. Ma main se resserre sur le cadre du lit, mes jointures blanchissent, ma mâchoire se serre et mes yeux se reportent sur un clignotement lumineux de son appareillage. « Je suis au courant, depuis plusieurs mois. J’ai beau le savoir aussi, savoir qu’il a joué avec le feu, je n’ai qu’une envie c’est de le frapper de nouveau. Quel idiot ! J’ai eu le temps de réfléchir et… je ne veux pas d’autre donneur. La ferme, Nolan. La ferme. S’il te plait. Je… Un coup d’œil face au suspens qu’il nous offrait et un constat… le voila reparti vers Morphée. Je soupire, relâche la pression exercée sur le cadre du lit et me laisse tout simplement tomber. Genoux pliés, je suis accroupie, les deux mains accrochées en hauteur au cadre. Mes prunelles cachent mes pupilles au monde, mes bras protègent mon visage et le lit, mon souffle rauque. A son silence, une idée était apparue. Moins d’une fraction de seconde. Là, à présent, mon esprit luttait. Le faire maintenant ou le laisser mourir. Faire la sourde oreille ou entendre ses volontés. Respecter ou non son libre arbitre. Le voir disparaitre ou le voir vivre.

Je ne sais pas où se trouve la lacheté dans ce choix. Lâche de ne pas aller au devant de son choix ou lâche de ne pas être capable d’accepter son choix de mourir ? Est-ce encore un choix d’égoïste ? Et si c’est le cas, lequel de nous deux agit le plus comme un égoïste ? Celui qui ne voit pas la peine que sa disparition infligerait ou celui qui se refuse à vivre sa mort ? On doit le faire… Ma voix est étouffée par ma position, semble douter. Je soupire puis inspire un bon coup, tourne légèrement la tête pour la dégager de mes bras. On doit le faire. Il n’aura pas d’autre donneur que moi. Ce n’est pas ce qu’il a dit mais il n’a pas non plus dit qu’il ne voulait pas de rein. Le doute. L’interprétation. Enya sait tout autant que moi ce que j’ai en tête. Elle sait ce que ça sous-entend, ce que ça implique. Elle a toutes les armes pour me protéger et laisser Nolan à sa vie mais elle sait aussi que je trouverais un autre moyen. Il ne peut pas mourir. Tu comprends ? Il ne peut pas mourir.

Vingt-six heures plus tard.
Je suis allongé dans l’herbe. Cela fait un petit moment que j’observe le ciel à la recherche d’une quelconque inspiration. Peut-être un singe bondissant ? Un roi canard dans un avion ? Un anneau magique ? Une… je penche le visage sur la gauche, ferme un œil, un centaure à bicyclette ? Je souris, dégage une main de sous mon crâne et lève la main vers le ciel. Mes doigts jouent avec la lumière, tente de l’attraper, d’en faire sienne, se referme puis s’ouvre d’un coup. J’ajoute un bruitage, laisse ma main en suspend dans l’air et observe le résultat. Il ne se passe rien. Dans mon esprit, une explosion de feu d’artifice. Les joies de l’imaginaire. Mon sourire s’assombrit puis j’entends mon prénom, je me redresse sur un coude, observe un groupe de personne près d’un arbre. J’ai toujours aimé ce parc, les jours de soleil, c’était un refuge. Je me lève d’un bon, m’avance vers la troupe que je ne distingue pas mais que je connais. Quelque chose de rassurant se dégage d’eux. Lorsque je commence à les distinguer, je m’arrête. Non. Non. Non…. Pas ça. Pas un rêve. Pas une illusion. Non, par pitié. Non. C’était si parfait. Ca pourrait être si parfait si seulement, si seulement c’était vrai. Tout ça, cette table. Cette famille. Ils ont tous dans les 10 ans, pourtant je les reconnais. Sans une hésitation. Bastien, Nolan, Liam, Enya, Vaas, Margareth, Maisy, Loon, Kenny, Lu, Maarten, Jo, Sam… J’avance d’un pas. Je n’aurai pas dû. Je n’aurai pas dû avancer. Je n’aurai pas dû comprendre. Mon corps s’échoue sur le sol. J’ai mal, je suis engourdi. Un œil s’ouvre, se referme puis recommence de sorte à mobiliser un effort de la part de son partenaire. La lumière est artificielle, je devine deux silhouettes sur le côté. J’aimerai parler mais je n’y parviens pas. Nolan ? Enya ? Mes yeux se referment. Je suis de nouveau dans ce parc, il s’est mis à pleuvoir. Ce n’est pas un problème, j’ai toujours aimé celle-ci mais j’ai mal. J’ordonne à mon corps de se redresser et lorsque j’y parviens, je manque de m’étouffer dans la surprise. Quelle taille je fais ? Mon œil s’ouvre, une fois, deux fois. Je les vois, Enya est au chevet de Nolan. Viens ici. Viens… Enya… je… Je ne parviens pas à revenir dans cette réalité, mon esprit m’emporte dans ce parc qui me semble bien grand. Je me sens perdu au milieu de tout cette immensité puis mon regard se porte sur mon corps. J’en sursaute. Bordel. Bordel. Et puis…. Trou noir.
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RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: Re: Nos vies. Mon choix. [Nolan, Enya & Tim]   Dim 1 Juil - 14:20


« You'll be fine »


La tension est palpable dans la pièce. Pas seulement parce que Timothée et moi nous sommes disputés. Mais aussi parce que Nolan semble réticent à laisser Tim aller au bout de son plan. Et parce que Nolan semble défait. Mon travail m’oblige à lui expliquer clairement sa situation, sans rien lui cacher. Mais au plus je parle, au plus je me rends compte qu’il est bien conscient de tout ce que je lui raconte. Qu’il l’a vue venir, sa défaillance. Qu’il n’est pas franchement étonné d’avoir atterri dans ce lit d’hôpital. Et j’aimerais tellement pouvoir lui offrir une échappatoire. Une solution miracle. Une opération sans danger, sauver son rein. On pensait que la médecine atteindrait un point de progrès où elle serait capable de réaliser des miracles. Mais l’apocalypse ne lui en avait pas laissé le temps. Et nous nous retrouvions dans une situation où la médecine avait les connaissances, mais pas les moyens. Où une greffe qui aurait pu être bénigne avant, devenait une opération des plus risquée aujourd’hui. C’était injuste. Nolan n’avait pas d’option qu’on pouvait considérer comme bonne. Et moi non plus, en fait.

« Je suis au courant, depuis plusieurs mois. J’ai eu le temps de réfléchir et… je ne veux pas d’autre donneur. »
Je me raidis. Parce que sa phrase pouvait avoir deux sens. Soit il ne voulait pas d’autre donneur que Tim, et dans ce cas il acceptait sa proposition. Soit il ne voulait pas de donneur du tout, et choisissait d’accepter sa propre fin. Les implications étaient nettement différentes. Sauf que Nolan n’eut pas le temps de préciser sa pensée et s’évanouit. Je jetai un coup d’œil aux constantes, qui restaient stables. Timothée, lui, s’était recroquevillé près du lit.
« On doit le faire. Il n’aura pas d’autre donneur que moi. » Sa voix était implorante. Il semblait réellement en détresse, et pendant une seconde, j’eus l’envie furieuse de le prendre dans mes bras. Mais quelque chose m’en empêcha. La colère, encore. Ce sentiment amer de trahison et de confiance perdue, au fond de ma gorge. Comme un goût de déjà-vu. Je secouai la tête.
« Non, je ne peux pas faire ça. »
Et je sortis de la pièce. Partis m’isoler en salle de garde, loin de toute cette histoire, loin des questions qu’il fallait se poser mais que je refusais de me poser. Je continuai ma garde comme si de rien n’était, mais Nolan Wiggins et son foutu rein me poursuivirent pendant des heures.

Trois heures, exactement. Et puis on me bipa en urgence, dans la chambre du patient. Ses constantes faisaient n’importe quoi. Une nouvelle crise. Le médecin chef me regarda paniqué ; c’était pire qu’une simple crise. Ce n’était plus une question de jours, mais d’heures. La décision devait être prise, et maintenant. Et c’était à moi de la prendre. Timothée était toujours là, et je lus dans son regard qu’il était toujours décidé. J’avais le choix de condamner Nolan Wiggins, ou de risquer leurs vies à tous les deux. Et le patient n’avait pas donné d’instructions claires. Je fermai les yeux quelques secondes, m’efforçant d’inspirer calmement en refoulant les vagues de panique qui menaçaient de s’emparer de moi.
« Préparez-les pour l’opération. », dis-je en rouvrant les yeux. Je m’avançai vers Timothée, plantai mon regard dans le sien. « Tu as intérêt à ne pas mourir. Tu m’entends ? Ne meurs pas. » Puis je l’embrassai. Comme si c’était la dernière fois, parce que c’était peut-être bien la dernière, quoiqu’il arrive. Et ensuite, je les regardai partir. Incapable de distinguer des mots cohérents dans ce que me disait le médecin chef. Mon monde menaçait de s’écrouler, encore. Je risquais de perdre quelqu’un à qui je tenais, encore. Comme un refrain de ma vie, que j’essayais d’effacer en vain. Le médecin chef interrompit ma garde, me renvoya chez moi. Je n’étais pas capable d’être médecin, pour l’instant. J’étais juste Enya, seule, terrifiée. J’étais celle qui venait peut-être d’envoyer son petit ami à la mort, en respectant sa décision.

On m’appela le lendemain. L’opération avait été compliquée. Ils avaient failli perdre Nolan, puis Timothée. Les deux étaient en vie. Mais le chirurgien avait été honnête : ça ne durerait peut-être pas, impossible de prévoir la suite des évènements. Alors il fallait me préparer à tout. J’avais emmené quelques affaires dans un sac, au cas où je devrais passer la nuit à l’hôpital, et j’étais partie de chez moi. La boule au ventre.

Nolan et Timothée avaient été placés dans la même chambre stérile, afin de pouvoir monitorer leurs constantes et éviter tout risque d’infection extérieure qui pourrait aggraver leur état. On me fit passer tout un protocole avant de me laisser entrer. Une fois à l’intérieur, il n’y avait que nous trois. Deux hommes endormis, leurs corps se battant pour rester intact, et moi. Au bord de la crise de nerfs. Je pris une chaise et la plaçai en face de leurs deux lits. Remontai mes genoux contre moi. Et attendis.
« Je suis désolée », murmurai-je à l’intention des deux hommes autant que pour moi.

Nolan fut le premier à se réveiller. Doucement, je m’approchai de lui.
« Nolan, c’est Enya. Vous êtes toujours à l’hôpital. On a dû faire la greffe, Nolan. Je… »
Les larmes me montèrent aux yeux. J’avais fait ce que je devais faire. Je n’avais pas eu beaucoup de choix. Je regrettais. J’aurais voulu faire autrement. J’étais contente qu’il soit en vie. J’étais terrifiée que Timothée ne se réveille pas. J’étais tout aussi terrifiée de ce qu’il se passerait après. J’avais vu ma vie changer en un quart de seconde. J’étais perdue, et j’étais désolée.


_________________


Take me out tonight, Take me anywhere, I don't care
And in the darkened underpass I thought Oh God, my chance has come at last
But then a strange fear gripped me And I just couldn't ask


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Nos vies. Mon choix. [Nolan, Enya & Tim]

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