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 Catch The Wind

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Kriss M. Grimm
SUCKER FOR PAIN

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↳ Opinion Politique : Chaos, Violence rule her world. Freedom could kill her, but she’d rather go on.
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↳ Playlist : Between the bars - Elliott Smith ¦ Seven Nation Army - The White Stripes ¦ John and Jehn - Vampire ¦ Bashung - Madame Rêve ¦ Queen - Killer Queen ¦ Hubert Félix Thiéfaine - Les Dingues et les Paumés

↳ Citation : Madness is the emergency exit. You can just step outside, and close the door on all those dreadful things that happened. You can lock them away. Forever.
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MessageSujet: Catch The Wind   Lun 4 Déc - 15:29

Catch the Wind


 

Her Philosophy of Life was that she might Die at any Moment.
The Tragedy, she said, was that she didn’t.



She was There, she saw the Monster inside you.

C’est long et douloureux. Sauvage et tendre. Comme un murmure dans la nuit qui susurre une vérité cruelle. Comme une chute dans le vide sans s’écraser sur la falaise. Lent et long. Long et douloureux. Plein de cris malgré le bâillon. Remplis de tout le venin de la nuit, qui les couvre de son velours doucereux. La douleur est océane, vague montante, qui grimpe sur le sable innocent des sentiments profonds, intimes, insoupçonnables. Enterrées et furibondes les colères sombres. Elle retire le bâillon, susurre à son amour d’un jour, ce qu’elle recherche, ou ne cherche pas. Apprends des noms, des lieux, des histoires, des petits secrets qu’elle puisse raconter dans le noir. La douleur est volcanique, chacune des délicatesses de Kriss est électrique, elle implose, explose et se répands en déflagrations brutales. Entre ses doigts de fées, les deux crocs de la bête de Darkness Falls sont des armes dont le tranchant et la finesse viennent au bout du moindre des carapaces du Milicien. Les crocs du chat Monstre entre les griffes de la Mina, cruelle, qui offre à sa maitresse sa vengeance, se découvrant alors un autre art. Elle apprend et elle s’apprend et puis, entendant une supplique soudaine de celui qui n’avait plus d’espoir, se retourne. La supplique glisse dans la nuit, de velours, comme le nom de celle qui découvre sa silhouette. Ambre, Ambre aides-moi. Déflagration légère qui glisse, dévore, palpite sur ses lèvres alors qu’elle répète, si doucement que nulle ne pourrait entendre. Ambre, Ambre aides-moi.

Au loin, en hauteur, une jeune femme dont elle perçoit le visage sous un lampadaire. Le visage pale, le corps petit et la longue lame dans son dos, menaçante et innocente dans une métaphore de la jeunesse cruelle. A la fois inattendue et inespérée. Kriss ressent soudain l’immense satisfaction d’être espionnée. L’excitation qui revient le long du long des capillaires de son corps, ce sang lourd, noir, qui glisse et frappe dans les veines, les artères, le cœur qui s’active, venimeux, épousant une nouvelle cadence, celle de la fuite, quand bien même elle reste immobile et légère. Ambre, Ambre, cela souffle sur sa nuque. Menace, griffures et silence.  Ambre, Ambre, cela éveille, réveille, soulage et entrave. Kriss peut presque entendre le hurlement du Minotaure, au loin, résonner contre les murs de la ville. Et ses pupilles, soudain dilatées, ont la noirceur sauvage des petites proies qui montrent les crocs et feulent. D’un coup de son arme croc, arrachant la gorge de celui qui ne mérite plus son intérêt, Kriss achève sa quête, s’en vient dans une révérence à celle, lointaine qui s’avance. Puis, furtive, s’échappe dans les ombres.


Here She is, Looking for the Monster.

Enfin. C’est un soupir entre ses lèvres, une joie qui caresse ses artères, glisse le long de sa peau qui s’arme soudain d’électricité. Enfin. C’est une chaleur dans son cœur qui s’empare de ses poumons, tant plein de ramifications et de détours, aussi sacrilèges, aussi sacrés que les murs du labyrinthe. Son souffle qui s’accélère alors que ses lèvres s’étirent dans un sourire. Ses membres soudains plus chauds, sous le joug d’une excitation toute animale. Les muscles prêts à bondir comme à fuir. Son corps qui se réveille dans la fraicheur du crépuscule. Et qui brule, brule, du feu sacré de la traque et de la chasse, de ce nouveau jeu à venir. Elle est là, Ambre. Kriss peut percevoir son ombre qui glisse le long des murs, sa traque silencieuse. Elle l’a retrouvé, faut dire aussi, Kriss est revenue si près du lieu de son crime.  S’habillant au hasard, d’un pantalon noir, d’un pull aussi vert que ses yeux de jade, découvrant une chemise blanche au col et aux manches. C’est qu’elle est presque sage, parfois, quand il fait froid et qu’elle se cache sous un autre nom. Kriss devrait fuir, sans doute, mais elle a le sacro-saint gout du jeu. Et c’est la première fois qu’on la traque depuis son retour chez les vivants, alors c’est plus fort qu’elle, elle veut s’approcher de ce nouveau monstre. Elle veut le voir de près, elle veut le toucher, elle veut découvrir si ses cornes sont aussi longues et cruelles que celles de son Minotaure. Kriss veut ressentir l’excitation de la fuite, ressentir encore cette pulsion qui lui déchirait les entrailles, qui la rendait si légère et si fine, l’esprit aussi aiguisé qu’une lame. Kriss veut ressentir cette peur, qui accélérait son cœur, lui faisait battre la chamade. Cette peur simple, instinctive, bien loin des complications d’âme que lui octroient ceux qu’elle aime ou déteste, qui blessent son assurance, ses désirs et ses faims. Elle veut ressentir cette peur animale, celle de la biche que chassent les loups, du renard lors d’une chasse à la cour.  Kriss désire jauger les crocs de celle qui la suit. S’ils sont assez blancs, assez luisants, assez purs, pour être dignes de se poser sur sa peau. S’ils sont assez  tranchants, assez cruels, assez incisifs,  pour pouvoir la blesser. Et si, enfin, ils sont assez précieux pour être de dignes trophées, qu’elle pourrait rajouter à sa collection de dents.

Alors, la jeune femme ne change l’allure de son pas, quand bien même, elle n’a nulle arme ni défense que ce soit. Elle ne change, non plus, ni sa destination, ni son souffle. Sans peur, sans doute, s’enfermant probablement dans un jeu qui lui brisera les jambes, habillera sa nuque fine d’une corde ou pire encore, l’emprisonnera à jamais dans une des geôles du gouvernement. Kriss entre dans un petit bar, rescapé des bourrasques, tempêtes et autres désordres gouvernementaux. Elle ferme la porte derrière elle, quand bien même, elle sait que sa suivante la rejoindra probablement vite, elle l’ignore par son geste, s’offrant comme proie facile, l’invitant à entrer. Comme si elle ne savait rien du drame qui se trame, de ce filet qui se resserre, oppressant sa cage thoracique et qui bientôt se refermera, l’asphyxiant.

C’est un vieil homme qui l’accueille, le visage buriné par la vie. La peau noire que couvrent de petites cicatrices. Un vieil homme du Treme, rescapé de la vie, respecté des siens, de ses habitués et des autres, qui jamais ne subit l’apprêté de la vie, comme protégé des autres, de la rapine et du meurtre par sa seule douceur.  C’est un vieil homme aux vieilles mains qui essuie ses verres d’un chiffon blanc alors que Kriss entre et s’installe au comptoir. Elle le salue, gentiment, mais alors que ses yeux se posent sur elle, les voilà qui roulent alors que sa voix sourde gronde, comme il le ferait à une petite fille. C’est qu’il la sait orpheline et seule, peut-être plus seule encore que toutes les âmes qui viennent se perdre ici. Qui trainent et perdent leur temps, buvant des cafés ou autres boissons non prohibées.  

Clara, combien de fois t’ai-je dis de mettre un manteau ?
Tu vas attraper froid !

Un sourire passe sur ses lèvres féminines et un éclat de rire léger les traverse, court et chaste, d’une sincérité rare. Kriss se laisse faire, c’est qu’une infime partie d’elle regrette la protection de ses pères. C’est qu’ils lui manquent, les jumeaux, sans qu’elle ne se le dise. Arthur n’est pas seulement une de ses sources d’information, elle ressent pour le vieil homme, une certaine forme d’affection.

Oh tu sais, je ne tombe jamais malade. Et il ne fait pas si froid.

Elle le rabroue, douce, alors qu’une fossette amusée se forme au bord de ses lèvres. Elle aime quand il la gronde et il le sait. C’est que le père sans enfant a pris sous son aile la moitié de ses habitués et qu’il sait s’occuper d’eux à sa manière, douce et tranquille, quand ils passent la porte de son antre. Une seconde, Kriss se retourne pour jeter un œil sur le groupe de jazz qui anime le bar. Il y a du monde aujourd’hui, le saxophoniste a attiré bien des oreilles musicales. Le son du Jazz percute toujours un peu son âme. Il y a tant de rythmes, tant de souffles, tant de notes. Le Jazz noie ses envies de destruction, l’apaise, éveille dans son esprit animal, une envie de jeu, de provocation, sans que ce ne soit la faim qui parle, ou autres pulsions noires. Juste, une envie de dépravation douce. Alors qu’elle ferme ses yeux pour en découvrir la mélodie, un souffle d’air frais caresse sa nuque. Quelqu’un entre. Ambre sans doute. Kriss dissimule son excitation derrière une fausse indifférence. Arthur répète  la question qui avait caressé son attention sans l’atteindre, toute occupée qu’elle l’était.

Clara, qu’est-ce que je te sers ?

Elle soupire, semble hésiter, caressant des yeux les nombreuses options, puis se retourne vers Ambre, faussement surprise.

Oh tu es déjà là !

Ses yeux sont plein de jeux. Le mensonge brille dans ses pupilles et plus encore, l’envie de découvrir comment celle qui la suit y répond.

Arthur je te présente Ambre.
Ambre, Arthur, il sera notre hôte ce soir.

Elle susurre à Arthur, une fausse vérité, comme en aparté.

Tu te rappelles Arthur, je t’avais parlé de cette amie que je n’avais pas vue depuis longtemps et qui me manquait.

Le vieil homme a la douceur de ces âmes amicales, qui ne voient que le bien et la beauté. Alors dans une infliction heureuse, il répond.

Alors ce sera pour la maison, qu’est-ce qui vous ferait plaisir ?

Les lèvres de Kriss s’étirent, hésitent encore, puis, joueuses, répètent la supplique du milicien dans la même intonation désespérée.

Ambre, Ambre, aides moi.

Elle reprend, soudain sérieuse.

C’est qu’il y a tant de choix ici, je ne sais jamais quoi choisir.

Et le vert de ses yeux sans fond sonde alors le petit monstre qui se tient devant elle. Océan clair, verdoyant, d’une forêt cruelle, d’un feuillage plein d’épines, de multitudes de taches plus sombres. D’innocence et de défi. L’invitant sans détour à venir s’assoir à ses côtés, à la braver, l’instant d’une éternité, pour mieux pouvoir se jouer d’elle. Ou pour, peut-être, si Ambre en a la noblesse et la puissance, lui offrir sa personne en pâture. C’est qu’elle a l’obscur désir qu’on la maltraite. C’est qu’elle a l’obscur besoin de choisir celui qui portera les cornes de son Minotaure.

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MessageSujet: Re: Catch The Wind   Mar 26 Déc - 3:20

Catch the Wind


 

Her Philosophy of Life was that she might Die at any Moment.
The Tragedy, she said, was that she didn’t.


L’ombre se glissa dans les ruelles de cette ville plongée dans la décadence. Silencieusement, elle se mouvait parmi les ténèbres, dans l’espoir peut-être fou qu’elle trouverait une proie ce soir. Proie, voilà bien longtemps que le mot n’avait pas trouvé une place dans son esprit. Des années qu’elle était parvenue à le contenir, et contenir par la même occasion tout ce passé qu’il représentait. N’avait-elle jamais été rien d’autres qu’une chasseresse, une meurtrière, sans aucune connotation positive ? Et là, le coeur aurait dû se serrer, la raison aurait dû se rendre compte que quelque chose clochait. Néanmoins, le robot agissait toujours, supprimant les émotions et les problèmes qu’elles engendraient. Aujourd’hui, elle retombait dans ses travers, avec le fantôme de son géniteur comme guide. Les noms s’ajoutaient sur sa liste, encore et encore. Des identités parmi tant d’autres, qu’elle réduisait à néant. Des êtres qu’elle fauchait, sans prendre la peine de les connaître, de savoir ce qu’ils laissaient derrière eux. En revanche, ce soir, elle errait juste, comme une âme en peine, comme un vulgaire fantôme. Si elle ne portait pas d’uniforme, la noirceur de ses habits et la lame dans le dos ne laissaient pas présager du bon. La Faucheuse au tournant…

Ses pas finirent par la faire sortir de l’ombre, dans l’une des artères faiblement éclairées des quartiers noirs. Et son regard s’accrocha à deux silhouettes non loin, alors qu’un murmure lui était clairement destiné. Ambre, son identité dévoilé, le voile se déchirant. Ses yeux vairons se détournèrent de l’homme, se heurtèrent à la silhouette presque enfantine à ses côtés. Vision en miroir de sa propre personne. La jeunesse, l’innocence qui volait en éclats sous le coup du meurtre. Trop de similitudes alors que la milicienne restait immobile. Son rôle aurait voulu qu’elle aille le sauver. Elle aurait dû oui. Elle aurait pu aussi. Elle avait eu le temps, avait perçu les mouvements, la stupéfaction de l’autre d’être espionnée, observée. Quelques secondes dont elle aurait pu tirer avantage, comme le lui rappelait son pistolet brûlant dans son dos. La gamine aurait été facile à descendre, pour libérer l’autre. Néanmoins, l’italienne avait laissé le meurtre se faire, avec une pointe de satisfaction dans le regard. Une part d’elle hurlait tu as failli, mêlée à cette désagréable sensation d’échec, graines d’humanité que Dante avaient semées dans son coeur. Sentiments destructeurs, ils finiraient par avoir sa peau, elle le savait.

Corps égorgé, sang imprégnant le béton par endroit détruit, preuve du quartier malfamé dans lequel elle avait mis les pieds. Il aurait pu y avoir de la colère, de la peur. La colère, puisqu’un collègue était mort sous ses yeux. La peur, puisque l’innocente fleur s’était révélée d’une dangerosité extrême. Mais, dans le premier cas, il ne s’agissait que d’un milicien corrompu, qu’Ambre aurait fait tomber dans les semaines, mois à venir, et dans le second… N’était-elle elle-même pas ce genre de femmes aussi ? Comment pourrait-elle avoir peur d’elle-même, maintenant qu’elle avait passé un quart de siècle à s’apprivoiser, se connaître ? Ses faiblesses, elle les connaissait par coeur. Et l’autre devait en avoir aussi. Il suffisait de les chercher, et de les trouver. D’ailleurs, la gamine venait de trouver son jeu pour ce soir. Une traque qui s’ouvrait, certainement plus intéressante que les précédentes. Que cherchait-elle ? Ambre s’en doutait, elle ne pourrait pas arrêter la fille. Pourquoi ? Parce qu’on lui demanderait comment elle pouvait être certaine que celle-ci était la tueuse. Et qu’après, ce serait pourquoi ne l’as-tu pas sauvé? Question à laquelle elle n’avait pas de réponses, si ce n’était qu’elle n’en avait pas eu envie. Et le tort lui retomberait dessus. Aussi folle soit-elle, elle n’allait pas se tirer une balle dans le pied de cette façon.

Des ruelles sombres s’enchaînaient sur de nouvelles ruelles sombres, encore et encore. Course-poursuite dans les ténèbres. Elle n’attendait qu’un faux pas pour lui tomber dessus. Pourquoi? Oui, qu’allait-elle faire ? Questions laissées sans réponse, à l’abandon, transportées par le vent. Une ville faite de rêves… La Nouvelle-Orléans aurait pu être cela, s’il n’y avait pas eu la dictature, la pourriture. Et à quoi aurait ressemblé la vie d’Ambre dans ce cas ? Il n’y aurait pas eu la milice pour canaliser son énergie, pour lui donner des ordres, pour la guider. L’adaptation à une vie plus saine, elle l’aurait loupé. Pourtant, ça ne lui aurait pas fait de mal à la petite en manque d’amour, d’attention. Un environnement plus stable, pour se débarrasser de cette odeur de mort qui la suivait depuis son plus jeune âge. Une douce illusion, âcre dans le fond de la gorge.

Disparition de l’autre, rentrée dans une bicoque, un de ces bars ayant échappé à la Milice. A signaler dès son retour dans les rangs, une fois l’arrêt maladie touchant à sa fin. Il y eut pourtant une seconde d’hésitation, alors que les doigts se posaient sur la porte. Etait-ce une bonne idée d’y pénétrer, malgré la Prohibition, malgré son rôle dans cette société ? Les raisons en valaient-elles la peine ? Existaient-elles tout simplement ? Non. Ce n’était pas prudent d’entrer, c’était du suicide… Et pourtant, elle poussa quand même la porte, entrant en même temps qu’un courant d’air glacial. Parfait. Quelques regards se tournèrent dans sa direction, probablement à cause des armes qu’elle se trimbalait. Elle, il n’y avait que la silhouette de l’autre qui l’intéressait, accoudée au bar. Les talons claquaient sur le sol alors qu’elle se dirigeait, visage fermée, vers la gamine. Les paroles la firent sourire froidement, et la voix s’éleva, trop mature, trop monotone : « Un hôte, vraiment ? Je suis donc ravie de le rencontrer. » Dérangeante, Ambre l’était. En tout cas, une première faille était perçue chez l’inconnue. Arthur. Les iris vaironnes s’y accrochèrent, à la silhouette du vieil homme. Il serait le premier qu’elle reviendrait voir dans la journée, pour lui soutirer des informations. Et si torture il devait y avoir, torture il y aurait, qu’importe l’âge de la personne. S’en rendait-elle seulement compte, l’inconnue ?

La supplique répétée, certainement pour l’agacer, à l’image d’une fourchette grattée sur une assiette, ou une craie sur un tableau vert. Pourtant, elle s’en moquait. « Tu n’as pas la bonne intonation. Tu devrais prendre des cours d’imitation. » Aucune moquerie, une simple remarque balancée avec son anglais parfait. Masquer les possibles origines pour ne pas que l’autre ne s’accroche aux détails. Elles jouaient toutes les deux, ne restait plus qu’à savoir laquelle chuterait en première… « Et rappeler un meurtre que l’on a commis, ce n’est guère la chose la plus intelligente à  faire, non ? » Le corps s’était penché, les mots susurrés à l’oreille. Ses fesses furent ensuite posées sur un tabouret. Elle s’imposait reine du lieu. Reine des glaces. On pourrait la reconnaître, comme shadowhunter. Ambre s’en moquait bien, et ses mirettes détaillaient toujours l’inconnue. Quelques secondes pour laisser le silence alourdir l’ambiance, rendre chaque respiration plus malaisante. « Encore moins lorsqu’il s’agit d’un milicien, ne penses-tu pas ? »

La voix s’éleva, plus forte. Et l’atmosphère se tendit un peu plus, comme si un simple mot pouvait briser l’écrin dans lequel les hommes et les femmes présentes s’étaient enfermées. Son visage n’exprimait aucun amusement, la situation semblait vite l’ennuyer. Pourtant, il y avait les battements de son coeur qui s’accélérait, l’adrénaline qui s’infiltrait dans ses veines, pulsait à rythmes réguliers, et rapides. Elle appréciait la situation, même si elle flirtait avec le danger. Elle appréciait jouer avec l’ambiance, quand bien même cela finirait par se retourner contre elle. « Je prendrai un jus de fruits, puisqu’évidemment, vous ne vendez pas d’alcool ici. » Appui sur les derniers mots, comme un sous-entendu. Comme si elle en réclamait. Comme si elle le mettait en garde, ce vieillard. Se mettrait-il dans l’embarras, en répondant mal ? Ses yeux n’avaient pas quitté ceux de l’autre innocente, alors qu’elle continuait, voix douceureuse : « Dois-je t’appeler l’inconnue, ou la tueuse ? » Ou as-tu une identité à me décliner ? L’un comme l’autre lui allait, même si une part d’elle rechignait à l’idée de ne pas avoir toutes les informations en main. Aujourd’hui, il lui faudrait prendre son temps, jouer de patience. Chaque mouvement sur l’échiquier aurait son importance, pour ne pas tout y perdre…

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Kriss M. Grimm
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MessageSujet: Re: Catch The Wind   Mer 3 Jan - 14:24

Catch the Wind


 

Her Philosophy of Life was that she might Die at any Moment.
The Tragedy, she said, was that she didn’t.


De glace et de givre, un visage clair, pale comme la mort, aux lèvres mortifères qui provoquent ou s’agacent. L’inconnue a l’éclat vide d’un néant sans approche. Le sourire sans profondeur, la voix qui menace et qui claque sans pour autant s’émouvoir. La monotonie triste d’une nuit sans fureurs, sans l’excitation terrible des émotions fugaces. Aux premiers abords, une statue de givre qui se mouve pourtant avec grâce. Un corps fin, délié, les muscles saillants. Une finesse juvénile dans un visage glacé par l’acier. Des yeux changeants, aux nuances différentes comme deux fracas d’âmes qui se rejoignent dans la clarté mais s’éloignent dans les couleurs. Les yeux de jade de Kriss les cherchent, quelques secondes, intrigués par l’anormalité de la femme, puis s’éloignent. Il n’y a guère de sentiments qui l’accrochent. Guère de fureur, guère de douceur. Juste un semblant de glace broyée par les traits doux d’une jeunesse encore adolescente. Qui mordille, lui murmure que sa provocation n’est pas du bon ton. La menace. A son oreille. Se rapproche. Si près. Eveillant son instinct de survie, et celui, plus vorace, de la chasse. Ses sens se déploient. L’odorat d’abord, Kriss sent l’odeur de celle qui ose poser ses griffes sur elle. Puis l’ouïe, elle cherche dans l’intonation d’Ambre la moindre des affections, fut-elle douce ou glaciale. Ses lèvres se déchirent dans un sourire, elle répond à la provocation dans un soupir. Offre à Ambre ce qu’elle veut entendre, puisqu’elle le demande.

Je ne suis pas très intelligente.

Le reflet d’une image dans le miroir, n’est-elle pas aussi pur que l’image elle-même ? Même sans sa profondeur, sa complexité, sa finesse et sa capacité à se mouvoir. Si Ambre cherche une image, elle lui dessinera le portrait pale d’une facette facile à extraire de sa propre personnalité. Si Ambre pose des questions, elle répondra du même ton, sans s’émouvoir. Il n’y a que ce qu’elle voudra lui offrir et ce que la chasseresse sera prête à lui donner qui s’échappera de ses lèvres. Alors qu’une vague glacée ronge ceux qui les entoure, et que certains, fuyants, préfèrent s’en échapper. Elle reste de marbre et dans un sourire, dédramatise le meurtre en une métaphore d’amour qui a mal tourné. Puisqu’il reste encore des secrets, elle dissimule sa nature profonde d’une pirouette. C’est qu’elle aime la niche, et aimerait revenir peut-être. C’est qu’elle n’aime pas qu’on la chasse de l’une de ses caches.    

J’aime l’uniforme.

Ses yeux malicieux glissent le long des lignes toniques de celle qui l’accompagne. Un peu narquois, toujours joueurs, ils brillent comme les petites pierres d’eaux dans le lit de la rivière qui ne s’effraient de la morsure froide du torrent qui les fracasse.

Toi aussi, non ?

Un sourire appréciateur avant que ses lèvres ne viennent caresser le verre. Kriss boit le liquide comme si elle l’appréciait. Les vitamines glissent le long de ses pupilles, s’engouffrent sans sa gorge cendrée, se meurent dans son intérieur sans éveiller son appétit. Et puis, avec une grande délicatesse, comme si elle lui offrait un présent, comme si elle lui réservait un honneur rare et prestigieux, elle murmure.

Tu peux m’appeler comme tu le désires Ambre.

Puisque les yeux vairons d’Ambre se sont posés sur sa peau, sur ses os, sur son corps alors qu’elle se saisissait de la mort. Kriss s’estime déjà intime. La relation est déjà personnelle. Mais ce n’est encore de l’amour, elle ne mérite encore son nom. Sa main douce s’en vient se poser sur celle d’Ambre qu’elle écarte du comptoir, faisant tourner la shadowhunter vers elle. La peau est fine, elle sent le muscle et la tension de cette main qui pourrait se saisir d’une arme. De la force, et de la fragilité, dans les étincelles voluptueuses d’une énergie agressive, profonde. Une énergie sans nulle doute oh combien délicieuse. La main arachnéenne libère celle d’Ambre avant qu’elle ne frappe. C’est qu’elle n’est vraiment agressive - incisive, comme à son habitude, mais ses griffes ne lèchent la chair. Au contraire, Kriss est curieuse et s’avance pour mieux lire le visage glacé par la nuit. Elle aimerait la comprendre, les tonalités d’Ambre l’intriguent. Il y a quelque chose de fondamentalement anormal. Il y a un masque sur la peau, un masque qui n’est pas tant matériel. Un masque qui dissimule une vraie personne.  Elle murmure, comme si elle tentait de le percer.  La voix douce, amoureuse, pleine de douceur et de velours, comme si elle parlait à sa mort.

Tu es très belle Ambre. Mais tu es rustre.

L’insulte glisse, épine venimeuse. C’est que la voleuse d’énergie aime la délicatesse.  Elle ne permet à personne qui la menace de manquer d’élégance. Kriss aime les monstres tendres, les cruels, les insatiables. Et Ambre ne semble guère porter de cornes mystiques ou autres apparats qui pourraient la faire frémir. Et pourtant. Est-ce un cœur de pierre, ou l’éclat de l’acier qui la fascine chez l’étrangère ? Est-ce le regard sans émoi, contraste brulant avec ses pupilles chargées d’émotions ? Est-ce cette image dans le miroir, ce reflet blond et juvénile qu’habille la mort du velours ombré des émanations sombres? Cette lame longue et tranchante, cette voix sans doute ni crainte, cette assurance impériale, la légèreté de son pas ?  Ou peut-être est-ce cette excitation qu’elle ressent, profonde et sourde. La petite chatte qui se prépare à bondir sur elle, toutes griffes dehors. Et qui attends sans doute un tremblement dans sa voix, une peur au fond de ses orbites. Kriss ressent l’intime désir de la voir s’approcher, poser ses griffes sur sa peau et mordre son derme de son fer. La connaitre, enfin, puisqu’il n’y a que dans la mort que tu connais une tueuse, que tu comprends un monstre. Elle parle, plus fort.

Pardonne mon amie, Arthur, on ne lui a jamais appris la politesse.

D’un mouvement désinvolte de la main, elle éloigne Arthur. L’attention de l’étrangère est bien trop dispersée, elle la veut pour elle toute seule. La jeune femme veut pouvoir se saisir du mystère de sa carapace sans devoir partager son ire avec tout un chacun. Il y a chez Ambre quelque chose qui la tracasse. C’est comme au bout de ses lèvres, à l’orée de son esprit. Comme la métaphore enchantée de sa propre carcasse. Le Phœnix reconnait une sœur, une porteuse de mort, les ailes sombres d’un corbeau de mauvais augure. Il y a comme le sang de victimes passées qui tachent ses lèvres rouges. Il y a comme un trop plein de clair dans le fond de ses prunelles qui semblent aussi froides que l’hiver. C’est comme une poupée sanglante qui ose s’en venir lui faire une leçon de savoir vivre. Il y a comme un secret. Car Ambre était là, et Ambre n’a rien fait. Alors, peut-être, est-ce juste un face à face, un duel à mort, une entrevue entre deux batailles, le silence qui plonge dans le calme la côte ravagée par une tempête violente. Deux tueuses qui s’affrontent par la parole, avant de sortir les armes. Elles qui n’ont cette facilité sociale des autres, elles qui sont par la voix et les gestes tout aussi monstrueuses, toutes aussi étrangères. Des monstres de foire, ou, peut-être, des détraquées de l’âme.

C’est peut-être la première fois qu’elle rencontre une tueuse comme elle. Le Phoenix est jeune, curieux, il aimerait savoir ce que cela lui fait de tuer. Il aimerait savoir si cela lui a plu de la voir tuer. Il aimerait découvrir si Ambre ressent le même contentement intérieur, cette même sensation d’apaisement quand elle arrache une vie. Ses paupières sont lourdes, elles chutent l’espace de quelques battements. Du même rythme que son cœur, qui bat au rythme du piano. Elle s’égare.

Tu sais pourquoi j’aime le Jazz ? Il est sauvage, indomptable. Les notes montent et descendent, frappent et caressent. Il y a dans le jazz, le désir profond de s’amuser. Une délicatesse, aussi. Les tympans s’affolent. Tant de notes. Il faut complètement se détendre pour apprécier le jazz. Il faut se laisser faire. Etre spectateur.

Un silence, court, ses yeux fixent Ambre. La métaphore est simple, elle parle de la mort. Elle parle de la mort et d’Ambre qui la laisse tuer. Elle parle de la mort et lui susurre son désir brulant de tuer, son besoin sourd, cruel, qui vrille ses entrailles, qui dévore son visage de passion, qui souffle à son cœur un rythme violent et lourd. Qui palpite dans ses pupilles qui se dilatent. Mais sa voix reste calme, aux nuances plus graves.

Et si on est spectateur, si on observe, si on écoute, si on ne dit rien, si on ne fait rien pour arrêter les notes, alors notre cœur bat le même rythme, le sang irrigue nos membres, et on peut danser.

La danse sanglante des armes, des lames, des crocs. Ce désir qui la chevauche soudain, d’une bataille qu’elle pourrait gagner, ou perdre, qu’elle retient tant bien que mal, maintenant la paix orageuse qui les secoue. Elle murmure, et c’est comme un crissement d’âme qui s’échappe de ses lèvres.

J’aime le Jazz parce qu’il fait battre mon cœur plus vite.

Ses yeux menteurs semblent soudain plus doux. Et gracile son cou. La tueuse semble plus légère, plus volatile. Son attention vacille, palpite de notes en notes, comme si le morceau de Jazz, en arrière scène, nourrissait ses pensées. Et puis, affamée, elle demande au miroir de son âme, si elle est unique, si elle est perdue, si elle est seule au monde.

Est-ce que tu aimes le Jazz Ambre ?

Est-ce qu’elle aime la mort ? Est-ce qu’elle aime ce dernier souffle qu’exhale le mourant ? Est-ce que cela la dévore toute entière ? Est-ce que cela la ronge si elle s’y refuse ? Est-ce qu’elle aime la chasse ? Est-ce qu’elle l’aime Elle, puisqu’elle a perçu ce fragment fugace de son âme, son besoin sanglant d’apaiser sa soif ? Est-ce qu’elle aime le Jazz qui fait battre son cœur, soudain plus rapide.





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MessageSujet: Re: Catch The Wind   Lun 12 Fév - 14:28

Catch the Wind


 

Her Philosophy of Life was that she might Die at any Moment.
The Tragedy, she said, was that she didn’t.


Elle ne devrait pas être là. C’était un fait. Il était dangereux pour une shadowhunter de se retrouver dans un bar clandestin, notamment avec des traits aussi caractéristiques que les siens. Un visage de poupon, des cheveux blonds, un corps fin, si ce n’était frêle… Ambre était reconnaissable, d’autant plus qu’elle avait participé à l’arrestation des gérants et la fermeture de nombre de ces lieux. La Prohibition comme seule loi, brandie à chaque fois. On la haïssait, on réclamait sa mort, sa chute. Symbole d’un gouvernement en perdition, éloigné de l’image agréable qu’il était supposé renvoyer. L’insensibilité en guise d’approche. Je ne suis pas très intelligente, ce n’était pas une nouveauté, Ambre l’avait perçu assez rapidement. Pour autant, l’était-elle elle ? Elle s’était glissée dans la gueule du loup, pouvait chuter dans les abysses d’un moment à l’autre. Elle n’était guère plus intelligente, mais elle en donnait l’illusion. Parce qu’elle était douée l’italienne, quand il s’agissait de cacher, de manipuler, que ce soit elle-même ou les autres. Si elle voulait s’ouvrir glaciale, elle le ferait. Si elle voulait apparaître sûre d’elle, les autres en seraient convaincus. Parce que rien ne tremblait, tout apparaissait comme véridique. Le seul souci était sa spécialité à sous-estimer les autres.

L’autre ne semblait pas perturber par l’image que cherchait à renvoyer Ambre. Cela l’étonnait oui. Normalement, il y avait de la fuite chez ses interlocuteurs, ou au moins des muscles qui se tendaient, instinctivement. Parce que l’italienne était un monstre. Le genre avec une tête d’être humain, de poupée, mais pourri de l’intérieur. Cœur noirci dès le plus jeune âge, réduit à néant pour mieux satisfaire les envies d’un géniteur mégalomane. Ses doigts effleurèrent les veines du bois, le sourire titilla la commissure de ses lèvres. « Tu peux aller voir certains de mes collègues, je suis certaine qu’ils seront ravis de jouer avec toi dans leurs uniformes. » Remarque salace, évoquée sans le moindre problème. Elle savait que c’était monnaie courante, de coucher à droite et à gauche, de profiter de la vie et de ses privilèges. Quant à l’uniforme sur elle… C’était le noir qu’elle préférait, pas tant le pouvoir qui en découlait. Noir pour masquer le liquide carmin qu’elle faisait si souvent couler. « J’aime la couleur. Elle est toujours plus utile que le blanc, ne trouves-tu pas ? » Sourire en coin, même si la suite lui déplaisait. Qu’elle connaisse son nom, qu’elle le prononce avec tant d’aisance. Pourtant, elle ne laissait rien paraître la gamine. Juste, elle attrapa un verre, laissa planer un silence, se détaillant dans le reflet léger et déformé. Jusqu’à ce que sa voix réponde dans le même murmure.

« Hé bien ce sera… La morte. » Parce qu’elle le serait bientôt. Et c’était un surnom très approprié, non ? Puis il y eut un contact, une danse amenée par l’inconnue. L’agacement passa dans son regard, furtivement. Néanmoins, elle fut relâchée avant le point de non-retour. Celui qui aurait fait utiliser la force, aurait mené à une dernière envolée macabre. Elle suivait les mouvements de l’autre du regard, l’approche, trop de joie dans les iris. Si Ambre se savait désormais anormale, elle tendait à se rendre compte qu’il y avait différents types d’anormalité. Et l’autre en était un parfait exemple. Plus malléable et joueuse que la tueuse, plus enfantine. Dans le genre Chubby poupée. Flippante. « Rustre. En voilà un mot que l’on n’a jamais utilisé pour me qualifier. Je devrais peut-être t’offrir une faveur, pour t’encourager dans cette voie… » Elle se foutait d’elle, sous couvert d’une fausse réalité. C’était un jeu de faux, jeu d’échec où chacune jouait ses pions, tout en cherchant à se débarrasser des autres. Elles se jaugeaient, s’appréciaient, se détestaient. Deux gamines abîmées par la vie, torturées, y faisant face à la manière aujourd’hui.

Combien d’âmes avaient été fracassés par une existence trop froide, des familles dysfonctionnelles ? Combien d’êtres s’étaient retrouvés sur le bord de la route, sans aide, à juste survivre ? Chacun à sa manière… En y repensant, s’il n’y avait pas eu Dante, elle ne serait certainement plus en vie aujourd’hui. Il n’y aurait pas la rage, le besoin de s’en sortir, qu’importait la situation. C’était ce qui la retenait ce soir encore. Eviter les conneries, déjouer la mort qui s’invitait.

Nouvelle remarque, et le dénommé Arthur fut poussé au loin, dans un langoureux soupir de la gamine. Quand l’autre se retourna vers elle, il n’y eut que quelques mots, lèvres pincées : « Je suis triste maintenant. Tu m’as enlevé mon futur jouet. Je pensais que tu aurais plus de considération pour moi, ma chère amie. » L’appellation roula sous sa langue, vague accent russe offert à l’autre. Elle n’avait pourtant aucune origine de ce côté-là, mais mieux valait être prudente face à quelqu’un comme elle. Néanmoins, elle venait de perdre du regard son principal informateur. Il lui faudrait le retrouver rapidement, si elle souhaitait en savoir plus sur la gamine. Cependant, avait-il de quelconques informations à lui fournir ? Parce que si elle était comme elle, tout avait été supprimé, falsifié, recréé. De la réalité, il ne restait que des fragments, chez la famille, les proches, les quelques-uns qui l’avaient connue avant. Il fallait chercher pour déterrer ce passé si secret, si tueur. Ambre avait fait en sorte qu’il ne reste rien, à part des humains. Et l’autre, avait-elle fait la même erreur ?

Y’avait l’affrontement de deux regards froids, le chocolat contre le vairon. Un bras de fer silencieux désormais terminé, par une allégorie fine et de toute beauté de son interlocutrice. Ambre n’avait pas les mêmes mots, serait certainement incapable de les tenir. Et c’était sur ce point qu’elles différaient. Si l’italienne aimait tuer, c’était plus par habitude, et parce que c’était le seul art où elle pouvait s’exprimer d’elle-même. Petit écrin de liberté dans un monde codifié à l’extrême, où chacun de ses actes, de ses gestes, était décidé par une ombre manipulatrice et destructrice. L’inconnue le comprendrait-elle ? Pourtant, voir les éclats carmins éclabousser le sol inégal avait quelque chose d’agréable, de jouissif. Souvent, cela était lié à la chute du piédestal des tués. Ils se sentaient si parfaits, si puissants, et en une seule seconde, ils fricotaient avec le néant, et y disparaissaient. Elle souriait Ambre dans ces moments-là, comme avec son collègue. Si elle l’avait voulu, elle l’aurait sauvé. Ce n’était qu’une question de seconde, de réaction, des compétences qu’elle possédait. Néanmoins, elle avait laissé l’autre faire son boulot. Entre tueuses, on se soutenait. Entre tueuses, on savait apprécier un beau flot de sang, une belle dernière danse.

Et toi, aimes-tu le Jazz ? Question posée à elle-même, cœur étonné, intrigué. Aimait-elle les dernières danses, le macabre d’une tuerie ? Etait-elle comme l’autre ? Sa tête dodelina, le regard réfléchissait, caché derrière des paupières mi-closes. Puis son menton se posa sur sa main, coude appuyé contre le comptoir. Les dernières notes de musique restèrent en suspens, silence lourd qui écrasait les personnes présentes. Sauf les deux tueuses. Elles étaient les seules à se satisfaire de la situation, de l’atmosphère. Elles s’y baignaient, s’en nourrissaient. D’ailleurs, elle était étonnée Ambre, que les autres restent malgré tout. Cherchaient-ils à se montrer plus forts qu’ils ne l’étaient ? Ou simplement étaient-ils les back-up de la chère Morte ? Les mirettes firent rapidement le tour de la pièce, avant de retomber sur son interlocutrice. Un sourire calme, doux, comme si la froideur s’était fait la malle. Illusion, du début jusqu’à la fin.

Et y’eut le corps qui se mouva, se rapprocha de l’inconnue, envahit, engloutit l’espace vital. Leur taille était plutôt similaire, suffisamment pour qu’Ambre n’ait pas à se briser la nuque pour lui parler. Les doigts effleurèrent la joue pâle, enfantine, avant d’y prendre place. Les regards se heurtèrent, les lèvres se rapprochèrent, stoppèrent à quelques millimètres des autres. « Le Jazz est bien trop linéaire, si l’on cherche à changer, à déconstruire, je ne trouve pas ça très approprié. » Plus proche du rock à vrai dire, que du Jazz dans les tueries. Murmures brûlants, amusés. « Le Jazz écorche, mais il est appréciable quand rien d’autre n’est possible… J’aime m’y glisser pour m’échapper de la routine, et si quelqu’un d’autre apprécie en faire de même, pourquoi l’arrêter ? » L’atmosphère s’était électrisée, alors que la gamine se prenait à un jeu hautement dangereux. Contrairement à l’autre qui n’avait pas imposé le contact trop longtemps, elle, elle continuait. Quitte à se prendre un coup en retour. Mais elle s’y attendait, restait sur ses gardes derrière l’amusement dans les mirettes, et le sourire.

« Alors, que dirais-tu d’une dernière danse, d’un dernier choc, sur une ultime musique ? »

Proposition salace ou violente, qu’importait. Il s’agirait simplement de jouer, et de gagner. Cela était déjà en bonne voie. Elle s’imposait, elle proposait. Elle était déjà prête, là où l’autre pouvait être prise par la surprise. Reine dans son domaine, elle savait qu’elle s’en sortirait. Le pari serait-il pris ?

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Kriss M. Grimm
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MessageSujet: Re: Catch The Wind   Jeu 22 Fév - 16:58

Catch the Wind


 

Her Philosophy of Life was that she might Die at any Moment.
The Tragedy, she said, was that she didn’t.


Du jazz et un tango. Avancées et projections, les phrases qui battent l’air comme les jambes si légères. L’improvisation qui roule dans ses veines comme autant de désirs et de provocations. Le rythme des cœurs qui s’affolent, sous l’orage d’une tempête qui s’annonce, et le tempo pourtant calme, un pas de deux inaltérable. Calme et fatal, une avancée certaine vers cette issue qu’Ambre annonce, comme si elle portait le secret de la mort dans ses yeux vairons. La froideur des visages, marbres mouvants aussi lisses qu’insondables. La pâleur des regards, et cet œil plus sombre, plus martial, qui reste vif, qui la dissèque et qui cherche, sur les lignes de son visage, des réponses que Kriss n’est pas prête à lui offrir. Le rythme des cœurs qui battent, sensibles au jeu comme à la provocation. Le sien, comme un oiseau dans sa cage thoracique, qui aimerait s’envoler, s’échapper. Battre plus fort, quand elle ne s’autorise que des émotions fugaces. Battre plus fort et s’enflammer. Puisqu’Ambre parle le même langage que le sien et lui souffle son vrai nom. Celui qui n’est pas tant celui offert à la naissance, ni même un de ceux qu’elle s’invente. Qui parle de passé et de futur. Combien de fois est-elle morte ? Cela fait longtemps que Kriss ne s’estime plus vivante. Ambre dans son ignorance souffle cette vérité si intime qu’elle attise ses braises, s’invite dans le conte sombre que dicte son corps. Etrangère et familière, jouant de ses mœurs pour tenter d’en extraire l’ardeur.

Il y a de la crainte, peut-être, autour d’elles, alors qu’Ambre dévaste l‘apparat de cette fausse vérité que Kriss tentait d’entretenir. Cette Clara qui se meurt entre ses doigts, bulle de savon multicolore qui implose. C’était comme une illusion, un mirage, une suite de gestes, de mots et d’idées, que la jeune femme avait lentement constitué, jusque obtenir cette métaphore parfaite, cette facette sans tranchant de sa propre personnalité. Mais alors qu’Ambre parle, Kriss sait déjà, qu’elle a tué Clara. Que plus jamais elle ne pourra s’inviter dans l’identité de celle, inventée de toute pièce, et pour autant si réelle, si routinière, si facile. C’est comme un noyau dur qui explose, pour ne plus être qu’une brume éparse, un vague souvenir, une petite colère qu’elle dissimule au fin fond de ses prunelles. Kriss songe, Clara était trop sage, ennuyante. Il ne restera derrière elle rien qui ne puisse la compromettre. Ses yeux jamais ne repassent sur cet Arthur qui prenait si bien soin d’elle. Clara l’aimait mais Ambre a tué Clara, alors de cet amour futile ne reste plus que des cendres.

Les piques d’Ambre sont des morsures comme des baisers sur le cuir fin de son derme fragile. Une ombre qui s’approche, l’entoure, tente de l’enlacer dans une valse sans retour. Son verbe est parfois moqueur, oiseau enchanteur qui piaille à son oreille pour éveiller son agacement. Et parfois il est plein de ces nuances étranges d’un accent qu’elle ne reconnait pas, fugaces et éphémères. C’est comme une épée de Damoclès qui s’installe au-dessus de sa nuque, même si Ambre ne s’arme que de sa voix. Une épée qui menace de chuter quand elle aura les yeux tournés.  Les provocations de la tueuse la laissent insensible, au contraire Kriss en apprécie les audaces, les souligne de sourires. Et même d’une fausse promesse.

Je t’en trouverais un autre.

De jouet. Si d’aventure Ambre réponds à ses questions.

Ambre s’en vient, si près d’elle, et le Phoenix, au travers de ses pupilles, pose ses yeux sur elle. La jauge. La regarde. Comme une comparse, comme une rivale. Comme une épine dans son échine qui menace de paralyser son corps. Comme un moyen et une fin. Une faim qui s’éveille dans ses entrailles. Kriss laisse Ambre caresser son visage, n’a-t-elle, elle aussi, envie de toucher celle qui s’impose comme un reflet ? Cette poupée pale, qui semble enfin s’habiter de quelques émotions. De ces troubles qui font rugir le monstre. D’envie, de désir, et aussi de cette mort qu’elle susurre comme une promesse. La tueuse appose sa chaleur contre la peau, cette main dans laquelle Kriss se laisse happer. La douceur a toujours chez elle ce pouvoir anesthésiant, qui adoucie les traits de son visage et la brutalité de ses pulsions. Ambre s’approche plus encore. Elle ose, se loger dans le feu de son essence, dans le velours de son plumage, ce coffret d’ombres et de lumières comme autant d’électricité dans l’air.

Elle vient.

A fleur de peau, aux abords de ses lèvres. Ses lèvres venimeuses, qui embrassent et qui mordent. Les dévoreuses d’âme, et d’énergie. Ambre vient si proche, et ses pupilles se dilatent. Sa faim, qui était si profonde, si lointaine, comme un écho presque silencieux, un murmure à son oreille. Sa faim soudain se débat contre sa peau, elle aimerait bondir, se jeter sur ses lèvres offertes, ses lèvres joueuses qui viennent flirter avec la mort pour mieux se sentir, peut-être, en vie. Des lèvres de femme, qui, alors qu’Ambre parle, effleurent les siennes, les caressent, les blessent de tant de douceur. Si féminines, si tièdes, des lèvres humaines. La bouche d’une petite proie, qui ne la baise, ni ne la désire. Qui l’affame. Cette chaleur dans son sang noir ou dans le creux de ses reins, qui la consume. Ses paupières plus lourdes, comme brulées par cette énergie rapace qui l’embrase. Ambre est pareille à ces enivrantes secondes qui précèdent la mort. A l’adrénaline qui palpite alors dans son corps, éveillant les rivières de sang épais, et les sens surnaturels de l’abrasive. Une souris qui s’approche d’un chat, et se promet sa mort. Qui l’enserre entre ses filets, usant des douceurs de sa chair. Carnassières ou sexuelles. Appelant à elle toute l’attention de Kriss. Cette énergie qui monte le long de sa colonne vertébrale, qui fait bouillir son sang noir, qui la rend soudain plus sérieuse, hypnotisée par ses lèvres qui appellent la mort, comme par cette voix qui lui souffle la sienne. Et qui éveille, enfin, ce qui lui manque souvent. Une excitation puissante, qui n’est pas tant sexuelle que sensorielle. L’ennui se meurt sans un bruit. Et la réalité aussi.

Ambre a la beauté de ces oiseaux furtifs. La finesse de leur corps étroit. La légèreté de leurs plumes. Leur force, aussi, qu’elle peut sentir frémir sous sa peau si proche. Une énergie profonde, violente, électrique, qui passe sur ses lèvres. Qu’il suffirait d’embrasser pour en anéantir l’essence. En public, Kriss risquerait sans doute que les autres se lient à Ambre, l’humanité même divisée sous le joug d’un gouvernement féroce et implacable, l’humanité toujours s’allient contre les monstres, quand bien même ils ont la douceur des anges. Et Kriss n’a d’angélique que l’apparence. Et puis, le Phoenix est sensible aux âmes chasseresses, à cet oiseau de mauvais augure qui lui souffle sa mort. Il est délicat, et léger, pour ne pas effaroucher le volatile. Son bras se lève, et lentement s’enroule autour de la nuque d’Ambre.  Comme si elle allait l’embrasser, l’embrasser vraiment.  De manière infime, son corps se tends vers elle. De manière intime, elle l’entoure de sa propre chaleur, mêlant son énergie à la sienne.  Sa bouche s’échappe de son omniprésence, aux abords de son âme, et s’en vient à son oreille pour lui murmurer.

Ambre, devrais-je t’appeler la Mort ?

Doux velours, estime qui se glisse quelque seconde dans la pelisse de son assurance. Comme des mots d’amour, le soupir qui se soumet à l’attraction des astres. Comme une lune blanche, qui se découvre une planète, et qui la regarde, la regarde vraiment, tournant autour d’elle d’un amour obsessionnel. Oubliant les étoiles dans le ciel, et les trous noirs fatals. Virevoltant avec lenteur, modelée par ses désirs, quand l’impact approche, feu d’artifices meurtrier. L’explosion, imminente et lointaine, menace grondante. Et cette peau si proche, électrique, qu’il serait si simple de toucher, de déposséder de sa chaleur. Ambre a dans son âme des trésors de monstruosités qui la fascine. Cette menace d’ultime et de fatal qui a glissé des carmines et de ses yeux aux couleurs paradoxales. Lentement, Kriss se redresse, et revient là où Ambre s’était logée, si proche de ses lèvres qu’elle effleure, retenant son énergie si violente, ce besoin brutal de refermer ses bras autour de l’humaine et de la broyer sous le feu de ses désirs. L’énergie meurtrière brule dans ses pupilles animales, posées sur Ambre. Son bras qui encadrait la nuque de la meurtrière, toujours aussi léger, lentement se dénoue, comme à regret. Sa main passe dans sa chevelure claire et lisse, ses doigts s’emmêlent dans la crinière qu’elle resserre, tirant sans brutalité le visage d’Ambre en arrière, l’éloignant de ses lèvres. S’éloignant de cette faim qui pourrait lui faire perdre moyen. Puisque tant de fois elle a usé de séduction pour piéger ses proies, elle s’amuse presque qu’on lui rende la pareille.

Mais tu ne me mérites encore.

Ambre est bien trop fascinante pour que Kriss ne la goutte ainsi, en public et sans préliminaire. Ambre est bien trop adroite pour que Kriss se laisse aller si facilement, plier entre ses doigts de fée et sa poigne de fer. L’instinct du Minotaure, qui toujours s’échappe des labyrinthes, lui souffle qu’elle devrait partir, s’échapper tant qu’il est encore temps. Mais du Minotaure jamais elle n’écoute les ordres. Kriss n’écoute les siens. Ses ordres, ses envies, sa faim, et ses amours déraisonnés pour le danger. Elle ordonne.

Reste.

Et alors Kriss quitte avec regret l’aura d’Ambre, se reculant sans geste brusque. Il y a un silence dans le bar qui la dérange soudain. Sans quitter des yeux celle qui rêve de l’absoudre, elle rejoint le piano et sort de ses poches des billets tout pliés, qui devaient trainer là depuis un moment. Elle les déplie et les pose sur l’instrument.

Joue, joue un air enflammé.
Et qu’importe ce qui se passe, ne t’arrête pas.

Le pianiste regarde les billets avec envie. Et repose ses doigts fins sur le piano. Le saxophoniste, qui reprenait son souffle, s’en revient. Le groupe reprends vie. Cela commence doucement, reposant son âme sur des sphères plus douces, pour l’entrainer progressivement dans un chaos brutal. Cela commence doucement, comme douces furent l’approche d’Ambre et amoureuses les envies de Kriss. Mais il n’est aucune douceur qui puisse retenir sa faim et ses pulsions. Son envie irrésistible de tenir encore entre ses doigts celle qui l’invita à jouer. Elle se rapproche d’Ambre, au miroir de son corps, sans l’effleurer.

Echappe de la routine.

Sa main se lève et lentement glisse le long du bras qui manie l’épée jusque se loger dans sa main. Ses doigts enlacent les siens. Elle est si sensible, Kriss, elle peut sentir l’énergie d’Ambre pulser sous sa peau. Ses muscles d’acier et ce palpitant qui si rarement se laisse amadouer. Les sens à fleur de peau de l’être surnaturel lui susurrent des menaces et fracas, la prépare à bondir. Vers Ambre ou cette porte, vers la vie ou la mort, si loin de cet impact menaçant qui se rapproche à chaque seconde. Elle brule, Kriss, de cette énergie qui couve dans ses articulations, magnétique et pulsatile, qu’elle retient à grande peine, électricité qui crépite sur le fil de sa peau, et dans la longueur de sa chevelure. Ses yeux seuls témoignent de cette retenue qu’elle s’inflige, alors que ses pupilles se noient dans l’océan de ses iris. Kriss se penche un peu, et ses cheveux glissent le long de son visage, caressant celui de la Mort. Elle murmure à son oreille.

Danse pour moi.

Danse. Danse encore. Refais ce que tu faisais alors. Je veux frémir encore sous le joug de tes caresses, sentir cette adrénaline courir dans mes veines, comme sur tes lèvres. Vivre, vivre si fort, et peut-être enfin craindre la mort. Les doigts se démêlent. Son visage perd toute expression. Ses iris gèlent, lassitude qui passe dans son regard. Et sa voix soudain glacée claque dans l’air.

Ou va-t’en et ne reviens plus.

Au fond de ses prunelles, mille impasses se déploient.  Ambre parle d’ultime mais Kriss ne rêve que de la lente montée d’adrénaline. De cette énergie qu’elle perçoit et qui fuse, entre elles, violente et corporelle, dans la voix comme dans les gestes, sous le couvert de fausses douceurs. Carnassières. Et sauvages. Il est si rare qu’un être comme elle ne la provoque, qu’elle veut en savourer toutes les piques et les ardeurs. Danser avec elle, l’aimer peut-être, la gouter de ses lèvres et de sa peau. La dévorer alors. Ou se laisser tuer. Qu’importe, elle est déjà morte. Et Ambre sans doute aussi. Kriss veut jouer, et si Ambre n’a pas l’âme à venir se loger entre ses griffes, ou à déployer les siennes, cela ne l’intéresse guère. Comme le reste, tout le reste, le gouvernement, la milice, la résistance et même la raison de ses meurtres. Ne lui importe que le sensible et l’intense, cette décharge d’émotions qui lui rappelle qu’elle est encore vivante.

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Ambre M. Del Nero
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MessageSujet: Re: Catch The Wind   Mer 28 Fév - 19:12

Catch the Wind


 

Her Philosophy of Life was that she might Die at any Moment.
The Tragedy, she said, was that she didn’t.


Elle n’aimait pas regarder cette fille. C’était comme fixer son reflet dans un miroir, en voir aussi toutes les failles, et tous les problèmes. C’était souligner les anormalités de sa propre existence, les irrégularités qu’elle tentait d’ignorer. Voir le monde qui se dessinait comme dans la réalité sous ses yeux était une douleur au travers de laquelle elle était capable de passer. Le pire, c’était de se voir, de se comprendre inadaptée, à cet univers. Dante avait tenté de la secouer, de le lui faire remarquer, à quel point son passé n’était pas normal, sans parvenir à appuyer suffisamment fort. Ca n’avait été qu’un frémissement désagréable sur le coup, que son esprit avait supprimé. Mais l’image de cette inconnue… C’était elle. Quelques années plus tôt, avant l’Apocalypse, avant la fin du monde, quand les chaînes pesaient encore sur ses poignets, et les fils sur son corps. C’était le libre-arbitre réduit au néant, le monstre derrière la poupée. Elle l’était encore Ambre. Mais elle, elle était encore humaine, toutes proportions gardées. Elle portait son humanité dans chaque battement de cœur, chaque respiration qui s’arrachait de ses lèvres. L’autre non. L’instinct qui parlait, la traqueuse qui repérait les inconsistances… Elle était douée la gamine. Pour cela qu’on la gardait bien précieusement, et qu’elle était en lien avec la recruteuse-même de la Milice. Elle apprenait vite, et bien. Un élément intéressant, pour quelque temps encore.

Un soupir se fit la malle, les sourires de l’autre étant de trop. Elle était agacée Ambre, par les mensonges et les faux-semblants. Quand on ne savait pas manipuler, on s’abstenait. Quand on était une tueuse aussi. Ce type de personnes n’inspire pas la confiance, ne l’avait jamais inspiré. C’était ce que son géniteur lui répétait sans cesse, et la leçon avait été dûment apprise par l’enfant qu’elle était. Tous étaient là pour se jouer d’elle. Tous ces êtres immondes et inutiles. Tous pensaient avoir réussi. C’était amusant, de les voir se décomposer, alors qu’elle bougeait son dernier pion. Echec et mat. Les monstres tombaient, disparaissaient comme un fétu de paille emmené par un coup de vent. Au petit jeu de la manipulation, Ambre était la reine. Elle l’avait toujours pensé, parce qu’elle n’avait jamais échoué. Après tout, elle ne serait plus de ce monde, si tel avait été le cas. Del Nero père ne cautionnait que le succès. Ne réussissez pas, et la Mort vous attendrait, un sourire au coin des lèvres.

« Je suis si navrée de ne pas pouvoir croire le moindre de tes mots… »

Si dommage… Mais elle se passerait d’un jouet pour ce soir, tant pis. Ou en trouverait un d’elle-même. Y’avait ce sourire sur son visage, presque naturel, presque beau. Lèvres fines qui se relevaient, alors qu’elle imposait un contact physique, et une violation de l’espace vital. Trop de douceur dans le geste, trop de tendresse. Lentement, elle trouva sa place, à quelques centimètres, millimètres du corps de l’autre. Tension intense, contrôlée chez Ambre. Elle avait instauré le jeu, celui où l’une des deux se brûlerait les ailes. Peut-être elle, peut-être l’autre. Ce serait à qui déplacerait le mieux ses pions et jouets, à qui parviendrait à prendre les devants. Jeu d’échecs géant, où la finalité en serait nettement moins réjouissante…

Doigts fins qui vinrent se glisser contre sa nuque, explosion de chaleur et léger emballement du rythme cardiaque. Elle avait souvent évité d’approcher les autres Ambre, à cause de son passé. Et pourtant, aujourd’hui, c’était elle qui menait la danse, et qui en jouait, de ce contact. Alors, l’amusement se perçut dans son regard. L’autre bougea, murmura quelques mots au creux de son oreille. Et elle répliqua la gamine, dans un murmure, d’un ton dégoulinant de douceur.

« Non… La Mort a encore un nom, une existence. Elle vit dans l’esprit des vivants, court sur toutes les lèvres. »

Et moi, je n’en suis pas encore là. Une ombre, voilà ce qu’elle était. Sans identité, sans réelle existence. Table rase du passé effectuée, dossier quasiment vierge. Les yeux vairons s’accrochèrent à ceux de l’inconnue, revenus vers elle. Jouer, juste jouer. Contact trop lointain, envie de se rapprocher, de toucher une unique fois, avant que la lame vienne se loger dans son cœur. Oh, qu’elle avait envie de voir le visage se tordre sous l’étonnement, et la douleur, la trahison… Sentir les battements s’essouffler, et s’arrêter finalement, fin d’une vie triste et isolée. Fin magistrale par ailleurs, pour une personne aussi inutile. Mais elle se détacha, laissant le vide et le froid reprendre sa place. Elle soupira la milicienne, elle qui avait apprécié la chaleur de l’autre. « Qui pourrait te mériter ? Tu dois glisser entre les doigts de beaucoup, non ? » Elle sourit, se décrocha des doigts coincés dans sa chevelure. Elle ne l’y avait pas autorisé, comment l’autre osait-elle prendre des initiatives ? Déjà faire dégager son jouet, et maintenant s’enfuir ? Elle baissait dans son estime oui, déjà pas bien haute. Y’avait le regard qui détaillait la jeunesse face à elle, celle-là-même qui ordonnait, s’échappait. Gamine effrontée, à qui il faudrait apprendre à respecter l’autorité. Et la mort.

Billets dépliés, tendus au groupe qui s’était arrêté, laissant un silence terriblement pesant se déployer dans la pièce. Puis le jazz se relança, musique douce, mélodie reposante, avant de s’accélérer, au rythme de son cœur. « Tu aimes l’argent, comme eux ? L’odeur de liberté qui semble s’en dégager, elle t’attire ? » A quel point es-tu aliénée, la morte ? Il n’y avait rien de plus dépendant que les billets verdâtres, qu’on brûlait sur l’autel du capitalisme. On se battait pour les obtenir, pour gagner en statut social. Pour faire partie des plus grands, mais dans quel but ? Elle était riche, plus que raison. Deniers trébuchants dans les poches, le compte en banque. Héritage d’un paternel mafieux, au sommet de son art. Et pourtant, la gamine était enchaînée à un gouvernement qu’elle aurait pu retourner à son avantage. Elle avait choisi d’être esclave, plutôt que de se servir de la monnaie pour acheter un statut.

Elle se laissa toucher, laissa la main s’accrocher à la sienne comme à une bouée de sauvetage. Contact brûlant, frissons électriques le long de son échine. Appréciation du monstre, sourire aux lèvres. Les yeux vairons observaient les réactions de l’autre, des autres, et s’amusaient. Tout était si pathétique… A part Elle. Morte en action, pensant qu’elle pourrait se détacher de la milicienne. Les émotions se perdirent, se décrochèrent, en même temps que la voix glaciale. Simple rire en retour, alors que le fond sonore s’intensifiait. Comme si Elle pouvait lui échapper. Comme si Elle pouvait fuir. C’était beau l’espoir. Si beau à étouffer, détruire. Lentement, très lentement… Y’avait le corps qui se détourna, les pas qui contournèrent l’inconnue. Puis elle lui fit à nouveau face. Un pas vers elle, une obligation de reculer, ordre physique et non verbalisé. Elle n’en avait pas besoin. L’autre se heurta au comptoir, et une main fut doucement posée sur l’un des tabourets, non loin de Ses doigts. Elle reprit sa place dans Son espace vital. Proche, si proche… Et un murmure, pour s’imposer par la tendresse :

« Tu penses pouvoir t’échapper maintenant ? Comme c’est innocent et naïf… » Elle se mordit la lèvre inférieure, laissa ses doigts effleurer la joue de porcelaine. Electrique, agréable contact… « Malheureusement, tu ne vas pas pouvoir… Nous devons encore un peu jouer, danser une fois de plus, ne crois-tu pas ? »

Le bout des doigts trouva son chemin jusqu’au menton de la poupée, força un léger relèvement. Quelques secondes pour observer, pour laisser l’imagination se mettre en branle. Quelques secondes pour le pour et le contre, pour se souvenir de combien de lois elle allait transgresser ce soir. Pour la bonne cause, ou juste par intérêt personnel. Parce que l’appel était là, et l’adrénaline dans ses veines. Elle continua alors son rapprochement, quelques centimètres qui se transformèrent en millimètres. Souffle court et chaud mêlé à celui de l’autre. Passion, quand les lèvres s’accrochèrent. Violence et douceur entremêlées, pour une poignée de secondes. Et murmure par la suite, quand elle rompit le contact.

« Amusons-nous encore, ma très chère morte. »

Encore et encore, jusqu’à ce que l’un des deux corps s’écroule…

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MessageSujet: Re: Catch The Wind   Jeu 5 Avr - 14:44

Catch the Wind


 

Her Philosophy of Life was that she might Die at any Moment.
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Freedom could kill her, but She’d rather go on.

Ambre est comme ces oiseaux de proie qui tournent dans les airs, glissent en silence si haut dans le ciel, qui se croient invisibles et intouchables, perdus dans les courants d’air. Elle est belle et son vol divin enflamme l’imagination du chat. Ses plumes sont légères et fragile est sa nuque. Mais elle a des serres qui pourraient blesser son échine, et un bec, qui pourrait déchiqueter sa peau. Comme le vairon de ses yeux de poupée, elle est multiple et multicolore, dangereuse et délicate. Et sa légèreté, qui pourrait lui être fatale, fait pulser dans le cœur du félin, une envie de jeu qui lui insuffle mille pensées insolentes. Alors même que Kriss s’éloigne d’Ambre et que l’électricité de leurs peaux crépitent dans l’air avant de mourir, elle aimerait que l’oiseau vienne se loger encore, si près d’elle, dans l’écrin dangereux de ses douceurs. Quitte à avoir ses serres dans sa chair, blessant ses mains ou ses cuisses, et son bec qui lui dévore le visage. Que l’oiseau se glisse dans le corsage de ses envies prédatrices. Qu’elle l’amuse. Enfin. Comme elle ne s’est pas amusée depuis longtemps avec une figure d’ordre. Ni jamais avec quelqu’un qui lui ressemble.  Le danger a la saveur sucrée l’interdit et du plaisir, de la vie qui palpite sur ses lèvres et de son instinct qui s’aiguise comme une lame sur le tranchant de ses désirs. L’oiseau affole son œil carnassier. Ambre la fascine. Tant que Kriss ne l’arrête pas d’un coup de griffes, elle est une ombre sombre sur sa vie, un nuage, qui amène l’orage et la paralyse dans une dimension qui ne lui plait guère. Mais qui l’affame. Elle devrait partir. Kriss sait pertinemment qu’elle devrait fuir. Mais, pas encore, pas tout de suite, l’attraction du jeu pose des entraves sur ses envies de libertés.

Elle n’est pas stupide, et pas prête non plus à répondre à un interrogatoire. Kriss ignore les questions, comme les flatteries. Si Ambre veut lui arracher des confessions, qu’elle pose ses doigts sur sa peau délicate et la fasse gémir. Les mots n’ont d’attraits que pour ceux qui les prononcent. Et, souvent, ils ne sont que l’échos d’un vide existentiel. Elle lui offre une réponse, cependant, pour garder son attention, et ralentir l’arrivée du moment qu’elle sait fatal.

Je me moque de l’argent.

Sa langue claque, serpent venimeux qui crisse dans l’air. Morsure courte et méprisante. Ambre pense avoir tout compris. Ambre pense sans doute tout connaitre. Ambre lui ressemble. Mais elle cherche encore. Elle questionne, lèche et pique de sa langue martiale, essayant de dénicher la vérité sous le velours gracile de ses lèvres. Qu’elle y vienne, sur ses lèvres, chercher la vérité comme la mort, quand Kriss dévorera cette énergie qui pulse sous son visage diaphane.

Kriss aimerait qu’Ambre danse pour elle. Comme ces flocons qui dehors glissent dans l’air, virevoltent et choient. Elle aimerait que son échine se dénoue, et que de la froideur de son visage naissent des baisers glacées, morsures du gel et de la nuit. De ces lèvres féminines qui parlent et se moquent, encore. Une bouche insolente qu’il faudrait faire taire. Mais l’âme de Kriss aime à être envoutée, elle se délecte de l’attention comme de la menace, elle s’enroule autour des questions rhétoriques. Elle se laisse enlacer, tenir par les mots comme par ces gestes séducteurs. Ambre s’approche, magnétique et menaçante, comme ces tempêtes de sable. Magnifique et révoltée, comme ces tourbillons tranchants, salés, comme le croisement prochain de leurs lames et celui de leurs jambes frappantes. Ambre s’approche, et Kriss recule, dans un appel d’air, dans un murmure sans mot qui l’invite à venir, plus près, encore. Dans la parade amoureuse d’Ambre elle voit la mort qui se dépose sur sa peau, un frisson glacé, électrique, une violence sous-jacente qui la rend attentive, et douce. Le velours de ses cils ploie, ses yeux s’enveniment d’une douceur voluptueuse. Un frémissement d’échine, alors que son dos rencontre le comptoir. Et puis, ce sentiment gracile que l’oiseau s’offre à elle. Elle murmure.

Montre-moi.

Tes lèvres et tes souvenirs. Les élancements glacés de ton âme et cette énergie furieuse que je sens battre sous le velours diaphane de cette peau trop douce. Montre-moi, Ambre, tout ce que je veux voir, envoute-moi d’une illusion, enferme-moi dans un labyrinthe. Je m’ennuie tellement, auprès des autres. Parce qu’ils ont peur, parce qu’ils sont trop sages. Il est de ces Minotaures qui m’épuisent et se répètent. Fais battre ce qu’il y a de violent en moi.

La main d’Ambre caresse sa peau, et le Phoenix s’affame. Animal furieux, retenu en cage, auquel Kriss soupire qu’il suffit d’attendre. Que voler une peau qui la caresse est trop facile, que s’ils patientent encore, l’oiseau viendra se loger tout contre elle. Ambre lui relève la tête, les prunelles affamées de Kriss croisent celles de l’humaine qui la défie. Le chat dévore sa souris des yeux. Ce visage qui s’approche, lentement, et cette énergie qui file entre elles, toile maléfique, transparente, désir vain et plaisir impitoyable. Son visage se tends vers ses lèvres qui s’approchent. Et Kriss se fait l’intime promesse de dévorer celle qui ose faire battre son cœur de tant d’adrénaline. De prendre ses lèvres insolentes comme sa vie. Et qu’importe si elles ont un public qui se fascine, l’espace d’un battement de secondes, et s’effraie ensuite, traversant le bar pour s‘échapper dans la nuit. La nuit froide. Solitaire et glacée, d’un mortel ennui. Kriss devrait les rejoindre dans leur fuite, mais l’attente est trop douce. Trop longue. Et impatiente est sa faim.

Le baiser la foudroie. Impossible et fugace, violent et doux, dans une métaphore d’amour passionnel. Il fait battre son cœur plus fort et rend fébrile son âme, sous le joug d’un sursaut d’adrénaline. Kriss ferme même les yeux, oubliant sa méfiance, et ce Phoenix qui se bat plumes et bec, elle le retient et l’éloigne. Sa faim est vorace, son envie de jeu est plus grande encore. Cet oiseau qui se joue de ses envies, elle a le violent désir de voir jusqu’où il ira, s’il saura séduire son âme et la tenir au piège de sa lame. S’il vendra son âme pour faucher la sienne. Ces lèvres à qui elle avait promis la mort, Kriss leur donne un sursis.

Ses doigts se posent sur ses hanches, qu’elle capture. Papillons aux serres cruelles, sans ongles, mais osseux. Mains arachnéennes, de laquelle exhalent les fils de son pouvoir. Elle prend au piège l’oiseau qui fanfaronne à ses lèvres comme sur sa peau. Ambre ne semble guère répondre à une aucune règle, elle non plus. Kriss attire ses hanches aux siennes, mêlant la chaleur de leurs peaux dans une exigence. Enfermant l’oiseau dans une cage délicate. La sienne. Puisqu’elle veut jouer, qu’elle joue. Encore. Pour retarder le dénouement fatal de leur romance, Kriss se fait d’une grande douceur, déliquescence d’une docilité passée.

Très bien, ma très chère Ambre.

Sa voix s’éternise sur son nom, caresse moqueuse, douce mais amusée. Kriss voit dans cette muse, un reflet étrange, comme brisé. De ce qu’elle aurait pu être si son Minotaure n’était la rébellion mais le gouvernement, si le Phoenix n’était libre mais en cage. Illusion d’une gémellité, alors qu’elle la tient si près d’elle, avec douceur mais fermeté. Deux visages d’un même monstre, comme si l’humanité habillait les poupées des mêmes travers. Il y a cette horloge qui résonne dans leurs cœurs, décompte explosif d’une bombe qui ne saurait attendre. Et ces muscles, ces membres prêts à bondir au moindre appel. Et cette envie, furieuse, de libérer Ambre de sa cage. De l’avoir, sauvage, si près d’elle et si contre, que toute entière sous sa possession.

Sa main glisse le long du corps trop tendre pour ne pas être menteur. Se pose contre sa mâchoire, alors que Kriss approche son visage. Comme si elle allait l’embrasser, elle s’approche de ce que le jour est à la nuit, une promesse trop pale pour être réelle. Ses lèvres s’arrêtent si proches des siennes, qu’elles s’effleurent quand elle parle.

Dansons alors.

Ses doigts agiles s’éloignent de son visage et glissent en haut de son épaule, à cette boucle qu’elle dénoue faisant chuter la lame dans son fourreau lentement le long du corps d’Ambre, la déposant avec soin en équilibre contre le couloir. Elle murmure.

Déshabillons-nous d’abord, veux-tu ?

Sa main libère l’arme pour se reposer sur la hanche d’Ambre, bien plus fascinante. Kriss se redresse, l’invitant doucement à reculer. Le groupe de musique, bien qu’un instant incertain, n’a pas cessé de jouer. Et les notes ardentes touchent l’air avec fracas, leur dégageant une piste de danse. L’univers semble s’être emparé d’une frénésie qui ne bat que dans leurs prunelles. Kriss pressent que chaque pas qui les éloigne de l’arme, rend plus vulnérable l’humaine et peut-être tout autant réfractaire. Mais elle espère encore glaner quelques minutes de jeu. Ses hanches lentement entrainent les siennes dans une danse lente que le crescendo du morceau pourrait habiller de passion. Passant sa main dans sa chevelure, Kriss relève le visage d’Ambre, cognant ses yeux clairs dans les prunelles de l’oiseau moqueur. Dans un sourire, elle souffle.

Ambre, ma douce, dis-moi ce dont tu as vraiment envie.

Ses lèvres ou son corps, la violence vivante de ses pulsions ou le pale mortifère de sa mort. Question piège ou peut-être rhétorique. Kriss n’aime guère les préliminaires quand ils sont trop longs. Elle laisse Ambre choisir de quel tranchant sera leur danse, pour peut-être mieux en achever le déroulement s’il lui déplait. C’est qu’elle a le cœur généreux et le corps qui se prête à tous les jeux. Mercenaire dans l’âme et malléable à merci, tant qu’on l’amuse et la distrait du court véritable de son existence, Kriss aime à se perdre au rythme des autres, furent-ils étrangers et dangereux.

Et, peut-être, je te l’offrirais.

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MessageSujet: Re: Catch The Wind   Dim 10 Juin - 16:40

Catch the Wind


 

Her Philosophy of Life was that she might Die at any Moment.
The Tragedy, she said, was that she didn’t.


Elle avait imposé sa présence, comme elle savait si bien le faire. Elle avait enfilé le masque de la persécutrice, la manipulatrice. Elle avait outrepassé les lois, et les ordres. En était-elle désolée ? Avait-elle peur des possibles représailles de son comportement ? Aucunement. Elle souriait, comme si tout lui était dû, comme si rien ne pouvait la toucher. Peut-être était-ce le cas. L’ombre était invincible lorsqu’il s’agissait de s’échapper, de se cacher, de s’ignorer une fois de plus. L’ombre était insaisissable, tout comme la milicienne aujourd’hui. De l’eau coulant entre les doigts, le vent se glissant dans les cheveux… Les battements de cœur s’échappaient, incontrôlés. Ses lèvres étaient comme figées dans leur sourire, là où le regard restait mi-glacial, mi-amusé. Le Joker dans le corps de porcelaine d’une gamine. Le Joker, et quelques secondes pour la briser… Elle n’avait pas besoin de plus longtemps Ambre. Cependant, il fallait croire que son esprit, son corps, tous s’étaient décidés à lui mener la vie dure. Car elle continua, elle se plongea dans le jeu comme si son existence en dépendait. Et pourtant, c’était vers sa mort que chaque pas, chaque danse l’approchait. Le danger laissait un goût sucré sur ses papilles, douce addiction après laquelle elle courrait.

« Il y a peu de personnes capables de dire cela. Et encore moins de l’appliquer. Penses-tu réellement te moquer de l’argent, et des possessions matérielles ? »

Elle était amusante comme enfant, terriblement amusante… Et dangereuse. C’était l’appel de l’esprit, de l’inconscient, derrière les pulsations qui l’appelaient. Et Ambre, elle finissait toujours par écouter son instinct, et ses mises en garde. Si rien ne changea dans le comportement, dans les gestes, si elle continua de se rapprocher, féline et protectrice, elle s’attendait désormais à toutes les réactions, surtout aux pires. Les lames et armes étaient à portée de main, et son cerveau était en fonctionnement pour un temps de réaction optimale. Pourtant, toutes les interrogations, toutes les possibilités ne l’empêchaient pas de continuer, de dépasser la limite. Les Hommes fuyaient tous désormais, comme s’ils comprenaient ce qui allait se passer. Aucun ne voulait être là lorsque les corps s’entretueraient, lorsque les êtres se détesteraient. Tout n’était qu’une question de temps avant que le combat soit engagé, et que tout soit rasé. Car ni l’une, ni l’autre n’accepterait d’être trahie par l’autre. Les pions s’avançaient sur l’échiquier, quelques secondes avant la décision finale…

Et il y eut une réaction incongrue. Un geste pour rapprocher les corps, un geste pour se faire enfermer. La colère dansa au fond des pupilles, durant quelques secondes. Elle n’aimait pas particulièrement perdre le dessus, mais tout fut dégagé quand les paupières se rouvrirent. Ne jamais se relâcher, ne jamais laisser penser qu’elle était dans une situation délicate, bien que tout clamait le contraire. Tout n’était qu’un vulgaire jeu dont les règles avaient volé en éclats dès le début. En fait, tout cela n’était qu’un jeu pour leur survie respective. Qui appuierait sur la détente la première ? Qui en finirait avec l’autre avant le point de non-retour ? L’humaine, ou le monstre ? Le monstre, ou l’humaine ? Parce que voilà ce qu’elles étaient toutes les deux. Un savant mélange d’humanité et de monstruosité. Et de vide, de dangerosité.

« Tu es bien docile. Des chaînes t’ont-elles déjà retenue par le passé ? »

Y’avait des mots qui sortaient, question rhétorique dans toute sa splendeur. Elle gardait l’illusion d’être la chef, celle qui dirigeait. Dans la réalité, elles avaient toutes les deux pris le rôle. Elles étaient à la fois persécutrices et victimes. Le jeu se prolongea, lancé cette fois-ci par l’autre visage de porcelaine. Dansons, et la lame lui fut retirée. L’épée éloignée, la défense supposément mise à nu. C’était sans compter les multiples lames cachées, bien à l’abri des regards contre la peau glaciale, sous les vêtements. L’autre ne lui retirait que la plus longue, que bien qu’étant sa favorite, n’en était qu’une parmi tant d’autres. La forteresse resterait impénétrable… Le corps ne se tendait pas, au contraire. Elle donna l’impression d’abandonner les dernières réserves, les dernières peurs, alors que ses sens n’avaient jamais été aussi aiguisés, qu’elle n’avait jamais été autant sur ses gardes. Cependant, il ne fallait pas le montrer, non. Il fallait laisser croire qu’elle s’était laissé aller…

« Il était évident que cette lame n’aurait fait que nous gêner non ? Je vois que tu es capable de prendre d’excellentes décisions… »

Le murmure glissait sur ses lèvres, le serpent se réveillait, dans ses paroles aussi promptes à la brosser dans le sens du poil qu’à empoisonner sa vigilance. Lui donner l’illusion qu’elle avait repris le dessus, alors qu’Ambre se pliait aux exigences de l’autre être, de l’autre corps. Elle recula, un pas, un deuxième. A aucun moment son regard se tourna vers l’arme qu’elle laissait contre le comptoir. Comme si la gamine s’en moquait.

Une nouvelle danse, une dernière danse, langoureuse, là où la mélodie accéléra brutalement, elles ne la suivirent pas. Elles semblaient vivre dans leur monde, déconnectées de la réalité. Elles n’écoutaient que leur propre rythme et musique, au grand dam de l’orchestre qui ne s’arrêta pourtant pas. Les deux monstres ne le leur permettraient pas, et ils tenaient plus à la vie qu’à leur dignité de musicien certainement.

« Ce dont j’ai vraiment envie ? Tout ce que je veux donc ? »

Jouerait-elle jusqu’à ce point-là ? Accepterait-elle de réellement tout lui offrir ? Quel jeu… Le sourire s’accentua, la cadence accéléra. Et le murmure se fit doucereux, réclamateur.

« Tout ton corps. Ou ton cœur. »

Le physique, ou sa mort. N’était-ce pas la même finalité ? Il était temps d’amener le jeu à sa fin. De voir qui s’en sortirait vainqueur…

Le regard fut attiré par un éclat, rapide. Une lame. Elle dégagea d’un geste l’inconnue, brisant leur harmonie, et attrapa l’arme d’un mouvement fluide. Qui leur attaquant visait-il ? Elle ou l’autre ? Quel monstre pensait-il pouvoir abattre ? Avait-il envie d’abattre sa proie à sa place ? Le regard s’assombrit, et un retour à l’envoyeur fut rapidement orchestré. Fluide, la lame se planta en travers de la gorge du coupable. Un seul geste, avant de se tourner vers l’inconnue, de lui tendre une main.

« Peut-être faudrait-il que nous nous esquivions de ce lieu… Il doit y en avoir d’autres, bien plus propices, et moins exposés aux meurtriers… »

N’en étaient-elles pas ? Qu’importait, la proposition était lâchée, accompagnée d’un délicieux sourire, et d’un regard qui ne trompait en rien sur ses intentions…

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She is full of

unshaped dreams
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