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 Fantôme du passé | William

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« The forgiven warrior »

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MessageSujet: Fantôme du passé | William   Jeu 7 Déc - 13:28

Fantôme du passé
William&Esperanza
Une odeur iodée lui parfumait les narines. Esperanza avait du mal à dormir, elle s’agitait dans tous les sens. Un fin voile de sueur recouvrait sa peau métisse. Elle avait l’impression que la pièce entière tanguait, comme si elle était à bord d’un navire. Impossible. Elle se souvenait s’être couchée dans sa chambre, dans sa villa de la Nouvelle-Orléans. Ses yeux s’ouvrirent en panique lorsqu’on tambourina à la porte. Elle peina à s’extirper de son sommeil. Elle fixa le plafond de ses deux émeraudes, croyant un instant qu’elle venait de rêver les coups. Mais ces derniers reprirent, on allait casser la porte à ce rythme. La métisse était seule, elle ne comprenait pas bien qui venait toquer si tard et surtout, comment l’intrus s’était introduit ici. Alors qu’elle sentit son cœur s’emballer, une voix familière hurla, étouffée par la séparation. « Oh ! Matelot dépêche-toi on t’attend sur le pont ! C’est plus le moment de roupiller sacrebleu ! » hurla la voix du Capitaine Cook. Esperanza hallucina. Son capitaine… Elle ne l’avait pas vu depuis des siècles, et puis de quel pont parlait-il ? La jeune femme se leva mais une fois ses pieds sur le sol, ce dernier se transforma en eau. Elle se retrouva happée dans les profondeurs de la mer.

Un choc. Esperanza se réveilla en prenant une grande inspiration. Elle avait eu l’impression de suffoquer, de se noyer. Son drôle de songe l’avait perturbée. Lorsqu’elle regarda dehors, elle constata qu’il faisait nuit. Elle regarda l’heure sur sa montre, plissant les yeux pour la déchiffrer malgré la pénombre. Elle allait être en retard pour son rendez-vous. Il y a quelques jours de ça, Béatriz avait insisté pour qu’elle vienne, évoquant un visiteur pressant. Un certain Monsieur Cook. Sûrement la cause de son cauchemar d’ailleurs. Ce nom lui avait rappelé de nombreux souvenirs, elle n’avait cessé de ressasser son passé, tellement qu’il avait fini par s’inviter dans ses rêves visiblement. Pourquoi aurait-elle accepté un rendez-vous avec un inconnu s’il ne s’agissait pas d’affaires ? Et bien parce qu’il s’agissait d’argent. Pire, il s’agissait de dettes. Dettes que Fergus O’Connell avait eu la bonté de laisser en héritage à sa jeune veuve. Esperanza le maudissait, même dans la mort il restait pénible. Pour ne pas créer de scandale, l’ancienne pirate avait dit à son assistante qu’elle viendrait ce soir, accueillant ce Monsieur Cook au Mary Rose pour qu’ils règlent leurs comptes.

Une fois qu’elle eut été habillée, prête à affronter le monde extérieur, Esperanza s’était rapidement rendue dans son club. Elle avait salué les habitués, pris le temps de discuter avec son personnel, avait mis aux claires quelques broutilles avec Beatriz puis avait finalement décidé qu’il était temps d’aller rencontrer son rendez-vous. L’homme l’attendait dans un coin isolé de l’établissement. C’était une partie réservée aux personnages très importants désirant un peu d’intimité lorsqu’ils venaient ici. L’endroit était à l’abris des regards discrets et des oreilles baladeuses. Esperanza n’aimait pas ça, elle était plutôt du genre à ne pas vouloir se séparer de son argent. Jamais un pirate n’aurait été ravi d’avoir à se séparer d’une partie de son butin. Et bien que l’ancienne sorcière n’ait pas vogué sur les flots depuis un temps, ce trait de caractère restait ancré en elle. Elle s’approcha du rideau de velours qui la séparait encore de son rendez-vous puis l’écarta d’un geste assuré. Il fallait faire bonne figure devant cet inconnu qui en voulait à son argent. Malheureusement pour la métisse ce fut chose impossible. Alors qu’elle s’apprêtait à saluer son vis-à-vis, elle se rendit compte que l’inconnu était loin d’en être un. Son cauchemar eut soudainement des allures de rêve comparé à l’homme qui l’attendait là derrière.

Pour la première fois depuis des siècles, Esperanza crut que ses jambes étaient sur le point de flancher. Elle cligna plusieurs fois des paupières pour s’assurer qu’elle n’était pas en pleine hallucination. Mais le visage resta le même. William. La métisse fut noyée sous un tsunami de souvenirs, des souvenirs qu’elle avait reniés et enfouis au plus profond de son âme. Elle comprit mieux le nom de « Cook » comprenant qu’il s’agissait d’une mauvaise plaisanterie. Après quelques secondes elle entre-ouvrit les lèvres.  Par où allait-elle commencer ? « Tu… Tu es vivant. » finit-elle par dire. A son retour sur Terre elle avait ressenti sa présence mais elle n’avait pas cherché à le retrouver. Simplement car cela lui aurait fait trop de mal. La jeune femme s’avança, retrouvant l’intimité derrière le rideau. Elle avait rendez-vous avec son passé et cette fois elle ne pourrait fuir.




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MessageSujet: Re: Fantôme du passé | William   Ven 8 Déc - 9:51

Fantôme du passé
William&Esperanza
Cela faisait plus de trois cent ans que William attendait ce moment. Trois siècles durant lesquels il avait connu la pendaison, la captivité, la torture et la précarité. Trente décennies a ressasser le temps maudit passé à ses côtés. Elle, Esperanza. Celle pour qui, il avait tout abandonné. Celle pour qui, il venait de passer trois cent vingt-cinq années à chercher, les raisons et les présages de la trahison dont il avait été victime. Pourquoi ? Comment ? Tous ces souvenirs heureux, tous ces sacrifices, toutes ces promesses et ces mots d'amour, avec le temps, avaient fini par se faner et pourrir dans son esprit, comme un poison délétère. Aujourd'hui, il ne ressentait plus rien d'autre que de l'aigreur, nourrissant son être et alimentant les détails subtiles d'une vengeance mûrement réfléchie. Voilà des années qu'il préparait chaque mot, chaque verbe de son discours, chaque parole glacée qu'il pourrait lui envoyer au visage le jour de leur réunion. Des dizaines de piques cinglants et provocants, chargés d'amertume et de regrets. Tant de fois, il avait fantasmé l'instant crucial où il enroulerait ses mains autour de son cou, telle la corde lui ayant été destinée autrefois. Il avait prié si souvent le Saint-Père de lui pardonner ses péchés et de lui donner la force de combattre l’envoûtement qu'elle lui avait imposé. A chaque crépuscule, il s'était juré de brûler cette sorcière au corps de démon. Cette enchanteresse à la peau couleur de sable, au regard de braise et à la voix de sirène...

William avait tant attendu, qu'il en tremblait d’excitation. La rage, la haine, l'adrénaline du moment bouillonnaient dans ses veines. Son cœur battait si fort dans sa poitrine qu'il aurait pu imploser. Il attendait, droit dans ce fauteuil, l’œil fixe du rapace guettant sa proie. Après trois siècles d'attente, les minutes lui parurent interminables. Puis enfin, son ouïe fine capta les sifflements d'une respiration qu'il connaissait bien trop, pour l'avoir écouté des nuits entières contre son oreille. C'était elle, il en était certain. Elle était en vie. Il entendait son cœur battre, l'air passer à travers ses poumons, son odeur corporel se dégager à chaque pas qu'elle faisait le rapprochant de lui. Savait-elle seulement qui venait lui rendre visite ? Il espérait que le nom qu'il avait utilisé – en l’occurrence, celui d'Eward Cook, son ennemi d'autrefois – lui ait rappelé quelques souvenirs. A cette pensée, un sourire narquois naquit sur les lèvres du vieux Commodore. La surprise n'en serait que plus exquise.

Le rideau s'ouvrit sur une silhouette qu'il n'aurait jamais cru revoir un jour. Son souffle se coupa en la voyant. Esperanza. Immédiatement, William ne pût s'empêcher de la détailler du regard. Son visage de poupée, sa chevelure ébène, ses formes si bien dessinées et ses yeux hazel se posant sur lui... Elle n'avait pas vieilli d'un trait et pourtant son allure était si différente. Elle revêtait une tenue qu'il ne lui connaissait pas. Trop moderne, trop étrange, trop vulgaire à son goût d'homme d'une autre époque. Dans un flash éphémère, il la revit dans sa robe de lin, blanche montée sur crinoline et dentelles, lui adressant un dernier signe de la main, pendant qu'il quittait le port de Saint-François à bord du navire marchand sur lequel les Anglais l'intercepteraient plusieurs jours plus tard. C'était le dernier souvenir qu'il avait d'elle et de ses enfants, l'ayant accompagné ce jour-là. Ce souvenir idyllique lui compressa la poitrine, mais il resta de marbre face à celle qui l'avait trahi.

N'avait-elle pas honte de lui faire remarquer qu'il était en vie ? N'avait-elle aucune décence après l'avoir vendu aux Anglais et condamné à la pendaison ? Visiblement non. « Et toi, donc » ne pût-il s'empêcher de dire dans une respiration. Lentement, elle s'avançait vers lui, semblant ignorer la peur. Le cœur de William se mit à battre bien plus rapidement qu'il ne l'aurait souhaité. « A voir ton regard, je crois comprendre que ce n'est guère à quoi tu t'attendais » remarqua-t-il, un sourcil levé. S'était-elle vraiment attendue à revoir son cher capitaine en venant à ce rendez-vous ? Douce naïveté de sa part. La confusion se lisait sur son visage, mais c'était l'effet escompté par William, qui savait qu'elle n'aurait jamais osé se montrer s'il s'était annoncé sous sa propre identité. « Après autant de temps, moi aussi j'ai espéré que tu ne sois plus de ce monde... » souffla-t-il, cinglant. La mort aurait tellement été plus facile pour eux deux, mais à croire que ni le Ciel, ni les Enfers ne les voulaient comme résidents. « ...jusqu'à ce que j'apprenne l'existence de Fergus O'Connell. Un homme riche à l'âge avancé. Malheureusement décédé il y a peu, des suites d'une chute...regrettable » reprit William, en se levant de sa chaise. Il déplia ses longues jambes, pour se redresser droit comme un i, le menton levé, les bras tendus le long du corps et les mains jointes derrière le dos, tel que lui avait inculqué son éducation militaire. « …et dont la totalité de sa fortune est revenue à sa tendre et jeune épouse, portant le nom d'Esperanza » murmura-t-il, en venant se planter devant l'intéressée. L'histoire lui avait paru tellement familière lorsqu'elle lui avait été compté. Et puis, lorsqu'il avait entendu le prénom de la jeune veuve, il avait cru devenir fou. « Cela ne pouvait être que toi » lui dit-il avec certitude. Trois cent vingt-cinq années à préparer méticuleusement sa vengeance et à présent, William la touchait du bout des doigts.


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MessageSujet: Re: Fantôme du passé | William   Mer 13 Déc - 10:02

Fantôme du passé
William&Esperanza
S’était-elle rendormie ? Avait-t-elle replongé dans ses songes ? Les palpitations de son cœur lui laissaient penser le contraire. Non elle ne rêvait pas, William ne semblait pas être le fruit de son âme malade. Il se tenait bien droit devant elle, en chair et en os. Jamais Esperanza ne s’était autorisé à imaginer ce moment. Inutile de se torturer l’esprit avait-elle pensé. Elle avait rangé cette case de son existence dans une boîte qu’elle n’avait jamais eu l’intention d’ouvrir de nouveau. Pourtant le destin en décidait autrement. Elle avait réussi à articuler quelques mots, surprise, bouleversée. Son moment d’égarement se lisait visiblement sur son visage puisque William remarqua son trouble. La voleuse d’énergie secoua négativement la tête. Bien sûr qu’elle ne s’attendait pas à recroiser un jour l’amour de sa vie. Un amour qu’on lui avait arrachée en lui plantant une balle dans le cœur. Le jour où tout avait basculé. Esperanza avait l’air perdu. Elle dût s’asseoir pour ne pas être prise au dépourvu par ses émotions grandissantes, ses émotions dévorantes. Ses yeux clairs détaillèrent William. Comme c’était étrange de le redécouvrir dans un monde si moderne. Avec cette musique si différente de leur époque en fond sonore, comme un murmure lointain. Avec ses vêtements, avec ce décor, mais surtout avec ce drôle de regard. Il sembla si froid qu’Esperanza se demanda s’il n’était pas venu pour qu’elle rende des comptes. Lui en voulait-il car elle n’était pas partie à sa recherche à son retour sur Terre ? Qu’avait-il à employer ce ton cinglant ? Ce fut au tour d’Esperanza d’arquer un sourcil. Alors qu’elle entrouvrait déjà les lèvres pour répliquer, William continua. Il évoqua Fergus. Curieuse, la métisse croisa les bras. Elle observa le père de ses enfants avec attention. Où voulait-il en venir ? Visiblement il sembla prêt à faire taire tout suspens. Esperanza sentit une tension grandissante, surtout lorsque William vint lui faire face. La jeune femme se releva d’un coup, un air de défi peint sur le visage. Elle reprenait du poil de la bête. N’était-ce pas le défi qui les avait jadis rassemblés ?

« Qu’est-ce que tu insinues William ? Il a bien fallu que je survive dans ce monde. Les mers ne sont plus, j’ai dû m’adapter. Depuis quand compatis-tu pour les vieillards ? » demanda-t-elle.

La situation la laissait perplexe. Jamais elle n’avait été comparable à un ange. Elle avait longtemps écumé les océans, pillant, volant pour survivre. Voilà pourquoi elle ne comprenait pas la réaction de celui qui fut son seul amour. Lui en voulait-il de s’être remariée ? Esperanza aurait préféré la mort, le repos éternel. Pourtant elle avait été maudite et piégée en enfer durant toutes ces années. « Je n’ai pas choisi cette vie, j’aurais préféré mourir mais j’ai été maudite. Contrainte de fouler cette terre encore et encore. Je n’ai pas voulu te retrouver car… (elle prit une grande inspiration) ça m’aurait fait trop de mal. » avoua-t-elle, persuadée qu’elle tenait le fond du problème. L’air lui sembla soudainement irrespirable, bien trop épais, chargé d’une amertume qui lui était étrangère de la part de l’ancien Commodore. Bien qu’elle ait renié son passé, la métisse n’avait jamais pu oublier. Elle se souviendrait éternellement du jour où les anglais avaient découvert son mensonge, du regard terrifié des ses enfants sur elle. Elle avait murmuré que tout irait bien, ce fut ses derniers mots avant qu’on lui crève le cœur. Après ça son existence ne fut qu’un périple, de la survie.

Elle s’éloigna en détournant le regard. « J’ai échoué. Je n’aurais pas pu te l’avouer. Je m’en veux terriblement. » finit-elle par soupirer en secouant la tête de résignation. Qu’aurait-elle pu dire en se retrouvant face à William après son périple à travers les enfers ? Elle en était revenue écorchée vive, le souvenir de ses enfants ancré en elle pour toujours. Ses enfants qu’elle n’avait pas su protéger. Jamais elle n’avait su comment les anglais avait compris. Cela avait-il de l’importance aujourd’hui ? Esperanza –après s’être légèrement écartée de William- releva les yeux vers ce dernier. Il lui sembla si distant qu’elle aurait juré revoir l’homme infâme qui l’avait capturée jadis. Elle se revit quelques siècles plus tôt, muette, piégée dans cette pièce somptueusement décorée, avec ses maquettes de navires de guerre et cet homme en uniforme. Ce même homme qui était venu la retrouver aujourd’hui. L’ancienne pirate vint lui faire face, elle ne tenait décidément pas en place. « Je n’ai pas voulu te retrouver car j’ai voulu oublier, égoïstement. –elle marqua une légère pause- c’était plus facile de t’imaginer mort. Quand l'amiral Anderson a débarqué et m’a traitée de menteuse je te pensais déjà pendu. C’était trop dur d’affronter une autre réalité en venant te retrouver. De faire remonter les souvenirs à la surface. » elle soupira. Seulement Esperanza faisait fausse route, elle était loin de se douter du quiproquo monstrueux qui s’était intensifié à travers le temps. Loin de se douter que même dans la mort, ses pires ennemis s’étaient appliqués à faire de son existence un véritable désastre.






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MessageSujet: Re: Fantôme du passé | William   Dim 17 Déc - 18:44

Fantôme du passé
William&Esperanza
La surprise était totale. L'ancien Commodore renaissait petit à petit de ses cendres face à sa prisonnière la plus indocile. Il y avait comme un air de déjà vu dans les regards que les anciens amants se lançaient. Celui du sempiternel défi de dompter l'autre, sans jamais y parvenir vraiment. Lorsque l'un flanchait, ce n'était que pour mieux se redresser et contrebalancer l'équilibre fragile de leur deux tempéraments de feu. Cela avait toujours été ainsi pour Esperanza et William. Dès leur première rencontre (interrogatoire), leurs échanges avaient été chargée d'une bile insidieuse. Des répliques cinglantes conjuguées à des airs hautains et des marques de respect soufflées entre deux soupirs de lassitude. Si autrefois, William avait rendu les armes en premier face à l'entêtement de sa compagne, il était ravi de voir que sa petite mascarade avait eu l'effet escompté sur celle-ci, lui rendant l'avantage. Oui, il était bien vivant. La mort – en perfide – n'avait pas voulu les séparer, trouvant probablement que la bataille entre leur deux âmes n'était pas terminée. Dès lors, le métamorphose donna les coups le premier à son adversaire en proie à l'étourdissement. Il s'approcha d'Esperanza d'un pas menaçant et lent, tandis qu'il lui comptait les informations apprises à propos d'elle, au cours des dernières semaines. Sa résurrection, son mariage avec un homme de pouvoir et la tragique disparition de celui-ci. Le schéma était familier à l'esprit de William. Une arnaque bien élaborée, suivie d'un meurtre par préméditation. Il n'avait guère de doute sur les circonstances de la mort du pauvre Fergus O'Connell. Esperanza s'en était débarrassée, comme elle s'était débarrassée de lui des siècles plus tôt en le dénonçant aux anglais. « Tu avoues donc ? » souligna William, après la brève confession qu'elle venait de lui faire. Non, il ne compatissait guère au sort de ce vieillard passablement abjecte qu'elle avait choisi comme second mari. Il ne faisait de pointer du doigt l'avarice de la pirate toujours aussi importante. Un travers qu'elle ne se donna même pas la peine de rétorquer.

Lorsque cette dernière reprit la parole pour se lamenter sur sa condition d'immortelle, William ne put s'empêcher d'échapper un rire. « Tu es pitoyable » cracha-t-il avec dédain. Mentir ne la faisait que se rendre plus honteuse. Elle ne lui ferait pas entendre le couplet des sensibleries. Esperanza n'avait eu aucune intention de le chercher, car elle avait tout fait pour s'éloigner de lui trois siècles auparavant. Par ailleurs, il aurait été bien prétentieux et dangereux de sa part de le faire, sachant la façon dont elle l'avait trahi. Comme il s'y attendit, elle se déroba de sa présence pour ne pas avoir à supporter le regard pressant qu'il lui imposait. Il reconnaissait bien là, la jeune pirate chétive et téméraire qu'il avait un jour capturé. Une femme prête à tout pour le narguer à la moindre occasion, repoussant ses provocations et réfutant son autorité. En tout point, elle était prévisible. Que ce soit dans son attitude, son regard ou son déni. L'ancien Commodore se retînt de rouler des yeux lorsqu'elle s'excusa auprès de lui d'avoir échoué à lui cacher la vérité. Au contraire, elle n'avait pas échoué, pensa-t-il. Elle avait parfaitement réussi son plan de l'évincer, en révélant aux anglais dans quel bâtiment il avait embarqué après son départ de la Guadeloupe. Durant les quelques jours passés en cellule juste avant sa pendaison, William s'était beaucoup interrogé sur les raisons l'ayant poussé à le trahir aussi facilement. Le jour-j, juste avant d'être amené à la potence, un officier lui avait révélé que sa tête avait été mise à prix pour trois mille livres et que sa chère femme l'avait tout simplement vendu en échange de la récompense. Cette révélation l'avait achevé avant même d'avoir la corde au cou.

Esperanza revînt se placer face à lui, une lueur nouvelle dans le regard. Le trouble des retrouvailles semblait s'être évaporé de sa personne. L'air grave, elle écarta de nouveau les lèvres pour lui confier des mots qui laissèrent William médusé. Avec une sincérité troublante, elle lui avoua qu'elle avait volontairement voulu l'oublier pour ne plus avoir à le supporter. Pire, il lui avait été aisé de l'imaginer mort, avant même qu'elle ne le dénonce à l'amiral Anderson. Pour William, cela fut trop dur à encaisser. « Je ne sais pas à quoi je m'attendais... » dit-il, profondément hébété. Comment pouvait-elle lui jeter au visage des horreurs pareilles ? Se pouvait-il que leur vie commune ait été à ce point une torture, pour qu'elle se soit sentie soulagée de le savoir pendu ? William n'en revenait pas. Il était ulcéré. « Après toutes ces années, j'avais espéré que tu ressentes davantage de...peur, de...honte » s'emporta-t-il, en la dévisageant. Il tombait de bien plus bas qu'il ne se l'était imaginé. A quel moment exact s'était-elle mise en tête de lui nuire ? Dès leur fuite ? Après leur mariage ? Et qu'en était-il de leurs enfants ? Avait-elle joué un double-jeu durant tout ce temps ? C'était insensé. Impensable. Injuste. Le cœur de William semblait se briser à nouveau devant tant de haine, lui qui croyait en être plein. Durant trois siècles, le marin avait cru qu'Esperanza l'avait trahi par profit. Jamais il ne s'était imaginé qu'elle l'avait fait par haine envers lui. « Tu n'as pas changé. Tu n'es restée qu'une vulgaire pirate » siffla-t-il entre ses dents. Pirate. Menteuse. Arnaqueuse. Meurtrière. Sorcière. La femme dans toute sa splendeur. Pendant cinq ans, elle l'avait floué et s'était servie de lui comme d'un jouet. S'il elle n'était pas le diable en personne, elle y ressemblait étrangement. « J'espère que tu as bien profité de ton or, car il ne sera plus à toi pour très longtemps... » lui dit-il en guise de mise-en-garde. Elle avait des dettes à payer, au sens propre, comme au figuré et l'ancien Commodore avait quelques idées pour la faire chanter. Cette fois-ci, elle ne gagnait pas la bataille. Elle avait tout à perdre et lui tout à gagner.  

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Fantôme du passé | William   Mer 20 Déc - 12:28

Fantôme du passé
William&Esperanza
Il n’était plus le même. Il sembla à Esperanza que l’homme qui se tenait devant elle n’était plus son mari aimant mais un inconnu. Pire que ça, il sembla être redevenu le commodore intraitable qu’elle avait rencontré quelques siècles plus tôt. Lorsqu’ils s’étaient quittés pour la dernière fois à Saint-François, la jeune femme se souvenait du sentiment qui l’avait envahie. Elle n’avait rien voulu laisser paraître devant leurs enfants mais elle avait craint de ne jamais revoir son mari. Un sentiment commun qui revenait à chaque fois que William quittait sa famille. Jusqu’à  ce jour, il était toujours parvenu à revenir sans encombre, soulageant sa famille durant quelques mois avant de devoir repartir à la conquête des océans. Jusqu’à ce que la vérité ne les rattrape… Esperanza avait du mal à comprendre toute la tension qui émanait de son ex-mari. Il lui tournait autour à l’image d’un prédateur narguant sa proie. Elle n’avouait rien du tout et fronça les sourcils lorsque William insinua le contraire. « J’avoue simplement avoir trouvé un moyen de survivre. » rétorqua-t-elle sans quitter son interlocuteur du regard. Esperanza était troublée, déstabilisée. Elle ne s’était jamais imaginé refaire face à celui qui fut l’homme de sa vie. Elle savait qu’il lui en voudrait sûrement de ne pas être partie à sa recherche. Mais l’agressivité non dissimulée de William la laissait muette. Lorsqu’il lui avoua la trouver pathétique, la jeune femme crut recevoir une nouvelle balle à travers le cœur. Vraiment ? Elle aurait espéré qu’au fond, il soit content de la retrouver, rien qu’un peu. Elle faisait visiblement fausse route. Le semblant de joie qu’elle avait éprouvé en constatant qu’il était en vie venait de disparaitre. Dans ses yeux elle crut lire à quel point il pouvait penser les paroles blessantes qu’il débitait.

Les deux amants se faisaient face, Esperanza avait levé le menton. Peu importait qui se trouvait en face d’elle, il était hors de question qu’elle se montre faible. Malgré tout, si on y prêtait attention, on devinait une pointe de tristesse sur son visage. Dans son regard qu’elle ne détachait plus de celui de William. Étrangement lui aussi sembla troublé. Par quoi ? Esperanza avouait simplement la vérité, elle lui donnait les réponses qu’il attendait alors pourquoi la regardait-il de cette manière ? Comme si elle venait d’annoncer la fin du monde ? Et puis finalement, après que William ait repris la parole, ce fut au tour d’Esperanza de prendre un air déconcerté… De la honte ? De la peur ? Elle se demanda de quoi aurait-elle dû avoir peur. « Peur ? » répéta-t-elle. Elle secoua négativement la tête. Alors quoi, William comptait lui faire payer ? Tout ça parce qu’en sortant des enfers, elle n’avait pas voulu affronter son passé si douloureux ? Elle tenta de se reprendre.

« J’ai honte oui, parce que je n’ai pas su protéger nos enfants. Pas su te protéger. Mais depuis ce jour je n’ai plus peur de rien, sache-le. » dit-elle avec un air de défi dans le regard.

Esperanza serra les poings, elle détestait reparler de ça. C’était trop difficile. Elle qui avait tué, pillé, volé sans jamais se soucier des conséquences… Elle voyait sa malédiction comme un dû, un prix à payer pour toutes les horreurs qu’elle avait pu commettre. On lui avait arraché sa vie de rêve et maintenant elle devait vivre dans un monde qui n’avait ni queue ni tête. Elle reprit lorsque William évoqua son or. Elle sentait son cœur battre à toute vitesse. La métisse s’éloigna pour jeter un coup d’œil dans l’ouverture des rideaux de velours. Au loin elle aperçut la foule et se rendit compte à quel point elle avait pu changer. Elle soupira avant de trouver la force de refaire face à William. « Prends le, mon or, puisque c’est tout ce qui t’intéresse. J’ai remplis mon contrat : jusqu’à ce que la mort nous sépare –un rire sans joie la traversa- Le plus ironique c’est que je suis morte parce que j’ai voulu te protéger. Manque de chance les anglais ont compris mon jeu. Après tout je ne suis qu'une pirate n'est-ce pas ? Une menteuse née. Moi qui pensais avoir été convaincante… » elle secoua la tête en continuant de rire. Ce n’était pas la joie mais bien l’ironie qui l’animait. Voilà où ils en étaient rendus. William quémandant de l’or en exprimant toute la rancœur du monde. Esperanza avait mal au cœur. « Qui est le plus pitoyable de nous deux hm ? » finit-elle par dire en s’approchant un peu plus de l’anglais. La métisse était écœurée, écœurée que l’amour de sa vie ne soit revenu que pour lui demander de l’or.  Le quiproquo monstrueux qui les séparait depuis des décennies continuait de creuser un trou béant entre eux. Un trou qui, s’il n’était pas rapidement comblé, finirait de les séparer à jamais.




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MessageSujet: Re: Fantôme du passé | William   Ven 22 Déc - 9:30

Fantôme du passé
William&Esperanza
Il avait tout sacrifié pour elle. Renié tout ce en quoi il avait cru et avait eu foi. Il avait abandonné ses évangiles, trahi la Couronne et profané son propre corps pour la satisfaire. Lors d'une nuit qu'il n'oublierait jamais, il avait décidé de tourner le dos à chaque détail décrivant son existence : son uniforme, sa confession, sa réputation. La panoplie d'un homme droit et fier, à l'avenir tout tracé. Un rôle qu'il avait quitté du jour au lendemain, sans aucun regret ou presque, sinon celui d'avoir des hommes à son commandement. Malgré cela – et même si l'ancien Commodore ne se l'avouait jamais – son inclination pour la belle pirate avait probablement été le prétexte ultime pour lui de prendre la fuite. William avait ressenti énormément d'adrénaline cette nuit-là, mais aussi tellement de liberté. Il s'était libéré de toutes ses obligations, de tout ses préceptes contraignants qui, pendant des années, avaient réglées chacune de ses actions et dirigées l'ensemble de ses choix. Pour la première fois de sa vie, il avait pris la décision d'aller à l'encontre des ordres. Il avait agi selon les dictâtes de son cœur et non celles de la religion ou de l'armée. A défaut de faire ce que la loi estimait comme juste (condamner à mort des criminels), il fait ce que son instinct lui avait dicté, à savoir sauver la femme dont il était tombé sous le charme.

Esperanza avait instantanément piqué son ego par son insolence et son tempérament furieux. Durant leurs premiers entretiens, elle n'avait montré que dégoût et hautaineté envers lui. Jamais elle n'avait lâché le moindre indice, ni la moindre information concernant la cachette de son capitaine. William s'était pourtant montré violent dans son traitement. Il n'avait jamais levé la main sur elle, mais il n'avait pas ménagé ses efforts pour la pousser à bout, usant de tous les chantages possibles, même les plus infâmes. Une fois, il avait fait préparer un repas copieux qu'il lui avait fait servir dans sa cabine durant un interrogatoire. Bien entendu, la pirate rebelle avait refusé d'y toucher, mais William lui avait fait la promesse de servir le même repas à ses compagnons, si elle s'autorisait à manger ne serait-ce qu'une bouchée. Rongée par la faim, la jeune femme avait fini par se jeter sur la nourriture, pendant que le Commodore la dévorait des yeux. A la fin du repas, ce dernier lui avait à nouveau demandé où se cachait Cook et à nouveau Esperanza avait refusé de lui répondre. Ce sur quoi, William avait ordonné que les repas préparés soient jetés aux chiens. Des jours entiers, elle lui avait tenu tête, l'avait insulté sans vergogne et fusillé de ses yeux hazel hypnotiques. Durant plusieurs semaines, elle lui avait résisté sans jamais trahir l'homme à qui elle avait prêté serment et au bout du compte, William avait fini par se dire qu'il n'avait jamais vu une telle dévotion chez une jeune personne. Tout du long, la jeune pirate avait protégé son capitaine avec une telle ténacité, qu'il était devenu jaloux de la loyauté qu'elle lui portait. Jamais il n'avait ressenti une fidélité aussi sincère que la sienne. Pour lui, elle était devenue la femme parfaite. Celle qui ne pourrait jamais trahir aucun homme. Une femme qui avait disparu aujourd'hui.

Elle n'était plus que mensonge et avarice. Ce qu'elle avait certainement toujours été. C'est ce qu'il lui avait permis de survivre jusque ici, au détriment de tous. Elle ne s'en cachait pas le moins du monde. William avait l'impression qu'on lui passait à nouveau la corde autour du cou tellement son aplomb le faisait suffoquer. Il était soufflé par chaque mot qu'elle prononçait, chaque réponse qu'elle lui fournissait. Elle parlait avec tant d'assurance, que William fût choqué de l'entendre mentionner leurs enfants. « De quoi parles-tu ? » lui dit-il, en fronçant les sourcils. Son aveu n'avait pas de sens. Pourtant, elle semblait en être intimement convaincue. Il n'y avait aucune hésitation dans son regard, ni de fuite. Et la suite de ses propos n'en fini pas de déstabiliser l'ancien Commodore. "Le plus ironique c’est que je suis morte parce que j’ai voulu te protéger". La phrase résonna longuement dans l'esprit de William qui n'en crut pas ses oreilles. Elle se jouait délibérément de lui, cela ne faisait aucun doute. « Cesse de te moquer de moi. Tu m'as vendu aux anglais pour quelques livres, alors que je t'avais offert le monde ! » s'écria-t-il, heurté. Pourquoi se mettait-elle subitement à nier les faits, alors qu'elle n'avait fait preuve que d'indélicatesse à son égard ? Cherchait-elle à le faire souffrir davantage, pour le punir d'être toujours de ce monde ? Avait-elle oublié à quel genre d'homme elle parlait ? D'un geste décidé, William la saisie par le poignet pour la forcer à s'éloigner du rideau et se mettre à sa hauteur. « Tu m'as privé de ma liberté, de mes enfants et de mon enveloppe humaine, par pure vanité. Tu croyais vraiment que je n'allais pas revenir te demander des comptes ? » lui murmura-t-il à demi-mots, le visage proche du sien. Leurs enfants. Elle avait fait l'erreur de mentionner leurs enfants. Que leur pauvre âme repose en paix, ils n'avaient rien à voir avec la trahison de leur mère indigne.


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MessageSujet: Re: Fantôme du passé | William   Sam 23 Déc - 23:24

Fantôme du passé
William&Esperanza
La tension était à son comble. Se jouait en ses murs une parfaite tragédie. Esperanza partageait la scène avec celui qui fut un temps sa moitié, avec celui qu’elle ne reconnaissait pas. Pouvait-on régresser ? Redevenir ce qu’on avait jadis été ? Il fallait croire que oui. La métisse en était la preuve après tout. Elle n’était plus la mère de famille qu’elle avait été, ni une épouse aimante, non. Elle n’était plus cette mambo, prêtresse vaudou, s’amusant à travers diverses expériences. Elle n’était même plus sorcière. Pourquoi était-elle étonnée de voir que William, lui aussi, n’était plus l’homme dont elle était tombée amoureuse ? Et pourquoi malgré ça, elle ne pouvait mettre un terme à cet entretien douloureux ? Le plus surprenant pour la jeune femme fut lorsque William lui demanda de quoi elle parlait. Comme s’il n’était pas au courant, comme si sa mémoire s’était évanouie. Il parut tellement sincère que la métisse en resta un instant bouche-bée. Puis elle poursuivit, persuadée que son ex-mari se fichait d’elle. La tension entre les deux anciens amants monta, tellement qu’Esperanza feint de s’éloigner pour observer la foule. Elle écoutait les dires de l’ex-commodore avec attention jusqu’à ce que ses propos l’interpellent. La métisse eut à peine le temps de se retourner qu’elle fut saisie par le poignet avec une force qui la prit de cours. Elle se retrouva face à William, les yeux grands ouverts. Comment osait-il la traiter comme ça ? Jamais il n’avait eu un tel comportement, pas depuis qu’ils s’étaient enfuis.

« Lâche-moi ! » ordonna-t-elle en agitant son poignet pour se libérer de l’emprise de l’anglais.

Esperanza regardait William comme s’il venait d’apparaitre. Comme si elle était en pleine hallucination. La suite de ses propos l’interpella un peu plus, elle n’en revenait pas. La métisse parut soudainement très calme. Elle se mit à rire, un rire incontrôlable. Aux dernières nouvelles, Esperanza n’était pas devenue amnésique. Si elle avait effectivement vendu l’homme de sa vie aux anglais, elle s’en serait souvenue. Après quelques secondes passées à rire, la jeune femme agita de nouveau son poignet pour –cette fois ci- réussir à se libérer. Sa main droite s’éleva pour venir s’écraser contre la joue de son vis-a-vis. « Comment peux-tu dire une chose pareille sacrebleu ! » dit-elle en secouant la tête. Elle n’y comprenait rien, rien de rien. Le plus décevant sur l’instant, bien qu’elle n’ait pas saisit l’ensemble de la situation, fut que William sembla croire en ce qu’il disait. Alors il le pensait vraiment ? Il croyait vraiment qu’elle l’avait trahis sans la moindre hésitation ? Tout ça pour quelques livres en plus ? Esperanza parut troublée, la mâchoire serrée ses yeux lançaient des éclairs. « William je n’ai pas vendu mon capitaine alors que la mort me guettait. Nous les pirates nous avions de l’honneur en ce temps là. Comment peux-tu croire que je t’ai vendu ? Toi… L’homme de ma vie. » ses derniers mot furent murmurés. Elle sembla comprendre ce qui s’était passé et pourquoi William semblait tant lui en vouloir. Les anglais avaient-ils dit à son cher époux qu’il avait été trahi par sa femme chérie ? Et William avait-il réellement cru à une idiotie pareille ? Mais si Esperanza n’avait rien dit, comment avaient-ils su ? Une question que la jeune femme se posait depuis des années.

Le regard mêlé à celui de son ex-mari, Esperanza essayait d’assimiler toutes les informations. Si effectivement William pensait qu’elle l’avait vendu aux anglais, il était normal qu’il soit fou de rage. Mais pouvait-il lui faire du mal ? A elle, la mère de ses enfants ? Il avait dû passer ces dernières années à ruminer sa haine et sa rancoeur, croyant qu’Esperanza était une garce sans coeur qui ne l’avait jamais aimé. Cette pensée continua d’arracher le coeur de la métisse. Toute la tristesse du monde déforma ses traits. Toutes ces vies gâchées… Qu’était-il advenu de leurs enfants, Marisol et Nicolas ? Avaient-ils péri ? Leur avaient-on dit à eux aussi que leur mère n’était qu’une traitresse ? Esperanza prit une grande inspiration, elle essaya de se calmer, de se reprendre. « Vous étiez tout pour moi. Tout. » assura-t-elle en fermant les yeux. Le passé la rattrapait enfin, lui rappelant que sa nouvelle vie n’était qu’un leurre, un mensonge. Et que tout l’argent du monde (du moins, ce qu’il en restait) ne la rendrait jamais aussi heureuse qu’elle n’avait pu l’être.



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MessageSujet: Re: Fantôme du passé | William   Lun 25 Déc - 18:45

Fantôme du passé
William&Esperanza
La rancœur et les années ayant passé lui avaient fait oublier que la femme à qui il s'adressait l'avait autrefois fait plier un genou à terre. Elle, la vulgaire pirate, la fille de rien, l'ancienne esclave, avait réussi à tenir tête face à lui, le Commodore, l'homme de la Marine, le soldat de l'Empire. Nul instant elle n'avait faibli sous le poids de ses menaces, ni n'avait répondu à ses pourparlers. Elle avait su égaler la résistance de cent hommes et pousser William dans ses plus profonds retranchements, au point de bouleverser son jugement. Depuis toujours, Esperanza avait montré une force de caractère hors norme, capable de rivaliser sans difficulté avec le tempérament colérique du marin. S'il lui était arrivée bien souvent de le faire sortir de ses gonds, elle était aussi celle qui avait su le remettre à sa place.

La gifle s'abattit contre sa joue avant même qu'il ne prenne conscience que la métisse s'était libérée de son emprise. Ce geste le ramena trois siècles plus tôt, lors de leur première entrevue dans son cabinet à Port-Royal. Elle lui adressait ce même regard qu'à l'époque, celui des mauvais jours. Plein de mépris et d'hostilité. Après s'être tant aimés, ils semblaient en être revenu au même point que ce jour fatidique. Deux ennemis que tout oppose. Deux étrangers se défiant à nouveau. William écouta avec effarement Esperanza rejeter les faits de sa trahison, tout en évoquant l'amour qu'elle lui portait, ainsi qu'à leurs enfants. L'ancien Commodore en resta tétanisé. La fragilité avec laquelle son ex-femme venait de s'exprimer le désorienta. La douleur enflammant sa pommette gagna l'ensemble de son corps pour l'envahir d'un profond sentiment de malaise. Pouvait-elle seulement dire vrai ? Elle n'avait pas menti à propos de Cook. Même après s'être mariés, la pirate ne lui avait jamais révélé où son lâche de capitaine s'était réfugié. Pourquoi cela avait-il été différent pour lui ? Durant trois siècles, William avait fondé sa haine sur l'appel irrémédiablement du gain. Il cultivait ses remords pour mieux enterrer les souvenirs bienheureux de son mariage. A force de ressasser le passé, il s'était enfermé dans une spirale destructrice et vengeresse, où la seule responsable de ses maux se nommait Esperanza. « Je ne te crois pas. La parole d'une pirate n'a jamais eu que peu de valeur, quant à l'honneur... Grand bien t'en fasse de croire que vous en aviez un » lui dit-il, résolument calme. Sa défense était inacceptable. Quelqu'un l'avait dénoncé aux anglais et cela ne pouvait être qu'elle. Aucune autre explication n'était possible. Peu de personnes étaient dans la confidence à l'époque et elle était la seule à pouvoir tirer le plus profit de son arrestation. « Pendant des années, j'ai erré sous la forme d'un faucon, parcourant l'hémisphère nord de monts en mers. Trois siècles de vie sauvage, avant de finalement retrouver mon enveloppe humaine il y a cinq ans, et tout cela pour quoi ? Pour découvrir qu'avec le temps mes enfants avaient inéluctablement quitté ce monde, mais que leur traîtresse de mère elle, était toujours en vie » conta-t-il, le visage amer. Son monde s'était effondré à nouveau lorsqu'il avait quitté son corps de rapace. En l'espace d'un instant, il avait revécu la trahison de sa femme, avant de réaliser qu'il avait perdu sa descendance. Même pour William Addington, cela avait été dur à supporter. « Si tu avais eu autant de tendresse à mon égard que tu le sembles le déclarer aujourd'hui, tu aurais cherché à me retrouver, au lieu de te remarier si vite... C'est ce qu'une femme fidèle aurait fait » lui lança-t-il en la toisant de toute sa hauteur. C'est ce qu'il avait fait de son côté. Pour des raisons différentes, mais il n'avait pas hésité une seconde à se mettre à sa recherche lorsqu'il avait ressenti la connexion les liant, suite à sa métamorphose. Savoir qu'elle était en vie l'avait aidé à le rester. Par amour ou par haine, ce sentiment l'avait porté.

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MessageSujet: Re: Fantôme du passé | William   Mar 26 Déc - 15:46

Fantôme du passé
William&Esperanza
Lorsque William ouvrit de nouveau les lèvres, ce fut au tour d’Esperanza de se prendre une claque monumentale. Une claque dont elle n’était pas sûre de se remettre un jour. La tristesse qui l’avait envahie disparut aussitôt, chassée par de la stupéfaction saupoudrer d’une colère soudaine. Le volcan s’éveillait et l’éruption sembla imminente. Ce furent deux prunelles de feu qui se posèrent sur l’ancien Commodore. Le coin tranquille n’abritait plus une tragédie mais un combat de fauves. La métisse n’en revenait pas. Le pire fut que William avait l’air très calme quand la jeune femme fulminait intérieurement. Déjà dans l’ancien temps, lorsqu’on lui répétait que les pirates n’avaient aucun honneur, la jeune femme devenait folle de rage. Mais que ce soit son propre mari –ou du moins ex- qui lui balance une telle chose en pleine figure, remettant en doute tout ce qu’ils avaient un jour partagé, c’en était trop. Esperanza, au-delà d’être anéantie, fut extrêmement déçue. Son cœur sembla se serrer. Elle avait perdu son temps à croire que la vie qu’elle avait eu, que ses magnifiques enfants et que son amour avait un jour valut la peine. Lorsque William conta sa vie sur Terre, coincé sous sa forme animale, Esperanza lui rit au visage. Un rire cinglant, un rire dédaigneux et moqueur. « Pauvre enfant. Quel monde cruel n’est-ce pas William ? Sais-tu où j’étais moi pendant tout ce temps ? Tu n’as même pas idée de ce que j’ai pu traverser. Je ne pensais pas que tu étais une telle mauviette. –elle lui lança un regard terrible- Tu ne me crois pas, c’est ça ? Tu crois sincèrement que je t’ai vendu aux anglais ? Que je leur faisais confiance à ces chiens galeux ? Et comment crois-tu que tu t’es retrouvé sous ta forme animale mh ? » demanda-t-elle en s’approchant un peu plus. Elle n’avait pas peur non, elle était hors d’elle. Esperanza avait toujours appris que la meilleure défense restait l’attaque et ce, dans n’importe quelle situation houleuse.

La suite n’eut pour effet que d’empirer les choses. Cette fois William allait trop loin. La métisse ne détourna néanmoins pas le regard, levant le menton pour montrer qu’elle n’était pas prête de s’incliner. Dans un sens, tout ceci était lassant. Comme une boucle sans fin. Ces deux là semblaient contraints de s’affronter à chaque fois que le destin les unissait de nouveau. « Mais je ne suis qu’une pirate, pas une femme fidèle. Une femme sans honneur. » Elle haussa les épaules et alla finalement s’asseoir sur la banquette tapisser de velours rouge. Elle croisa délicatement les jambes, inclinant la tête d’un air dédaigneux. « J’ai quand même une question. Crois-tu sincèrement qu’une pirate comme moi n’aurait pas trouvé un moyen de s’enfuir ? Crois-tu sincèrement que j’aurais porté tes enfants ? Tout ça pour finir par te vendre pour trois sous ? Je l’aurais fait plus tôt, tu ne crois pas ? » Elle se releva, incapable de tenir en place. Elle se mit à tourner autour de William, agitant son index à chaque mots qu’elle disait. « Réfléchis, puisque nous n’avons pas d’honneur, j’aurais très bien pu te fausser compagnie dès que j’en aurais eu l’occasion. Ca aurait été facile. Je suis déçue. Je ne suis pas revenue te chercher car me rappeler nos enfants m’est trop douloureux. Ils m’ont vue mourir William. J’aurais pu te vendre oui, pour gagner la clémence de tes chers compagnons, mais j’ai choisis de mentir. A croire que j'ai fait une grave erreur. » elle soupira en baissant la tête. Qu’allait-il se passer maintenant ? Elle ne pouvait en dire plus. Elle continuait d’ignorer ce qui avait pu se passer, n’y avait pas vraiment réfléchis, acceptant sa malédiction en subissant les maux des enfers jusqu’à ce que ces derniers ne la rejettent.


La métisse s’approcha de l’ouverture du rideau. L’air était soudainement devenu irrespirable. Elle adressa un regard agacé à William, comme s’il n’était rien. Sûrement le même regard qu’elle lui avait lancé la première fois qu’il l’avait convoquée dans son bureau. Le regard qui laissait entendre qu’Esperanza était redevenue ce coffre que rien ne pourrait plus jamais ouvrir. Elle ne se ferait pas avoir deux fois. Et pas par le même homme. A partir du moment où il avait douté de son amour quelques minutes plus tôt, le Commodore avait franchis les limites. Après tout, bien qu’il croie le contraire, Esperanza était une femme d’honneur. Elle avait quitté la piraterie pour lui, avait laissé ses camarades derrière elle. Ses compagnons qui lui avaient tout appris. Tout ça pour un homme qui aujourd’hui la prenait pour une traitresse sans cœur et sans âme. Qu’est-ce que diraient leurs pauvres enfants en voyant leurs parents se déchirer de la sorte ? Un frisson parcourut l’épiderme de la jeune femme. Elle en avait assez des souvenirs. « Tu étais venu pour de l’argent ? (elle glissa sa main dans son corsage pour en sortir une liasse de billets pliés) tiens voilà les livres que les anglais m’ont donnée. » dit-elle en jetant l’argent froissé en direction de son ex-mari. Et voilà, William venait d’atteindre la case départ en touchant son jackpot. Esperanza quant à elle n’avait plus envie de jouer.




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MessageSujet: Re: Fantôme du passé | William   Jeu 28 Déc - 8:34

Fantôme du passé
William&Esperanza
Le combat était rude, mais le Commodore n'était pas prêt à rendre les armes cette fois-ci. Elle ne se jouerait pas de lui, comme elle l'avait fait durant les trois siècles passés. L'âme de William était trop écorchée pour qu'il puisse entendre les boniments qu'elle tentait de lui servir. Elle avait beau y mettre les arguments, il percevait avec clarté le mensonge vénéneux distillé dans ses propos. Si autrefois, il s'y serait fait prendre, le doute ne l'habiterait plus aujourd'hui. Esperanza l'avait trahi, piégé et rejeté de la pire manière. Elle avait profité de sa fortune et des privilèges de sa condition. Elle lui avait donné l'illusion d'un attachement indéfectible en devenant son épouse et en portant ses enfants. Pendant cinq ans, elle s'était appliquée à donner le change, pour mieux préparer sa vengeance dans l'ombre. A présent, William comprenait parfaitement sa logique. Elle lui faisait payer le prix son emprisonnement. Durant deux mois, il l'avait séquestré, maltraité et humilié. Faisant d'elle un objet de conquête et de convoitise. L'ex-époux aurait pu espérer que sa dette ait été comblée, après avoir fait d'elle sa femme. Mais la manière dont Esperanza se comportait face à lui aujourd'hui, lui prouvait le contraire. Elle n'en avait pas fini de lui rappeler sa nature et que d'eux deux, elle était la plus forte.

Ainsi commença la scène de l'humiliation, avec pour héroïne tragique, la métisse aux yeux de noisette. Portée par une insolence manifeste, elle déambula dans la pièce telle une panthère narguant une proie à l'agonie après la chasse. A chacune de ses répliques, William eut le souffle coupé. Elle s'exclama, se moqua, le raya autant de fois qu'elle pût, soulignant sa bêtise avec une telle facilité que le Commodore en vînt à douter. Il n'aurait pas dû et pourtant. Le trouble l'envahit davantage à chacun de ses mots et de ses mouvements, perfides et séduisants. Elle se mut autour de lui, la tête haute et le regard dur. L'assurance qu'elle dégageait n'avait d'égal que son charisme. La tirade était parfaite. Le verbe juste, le ton assuré et l'effet dévastateur. Elle poignarda tour à tour l'ego, l'orgueil, puis l'intellect de William qui ne put qu'écouter attentivement son ex-femme énoncer les charges de son procès. Mauviette. Déception. Erreur. Les locutions heurtèrent la face de l'ancien Commodore de la même façon que la gifle l'avait atteint les secondes précédentes. Il lui sembla perdre le contrôle et William ferma les yeux un court instant pour occulter la silhouette hypnotisante de sa Lady Macbeth. Dans un dernier coup d'éclat, celle-ci vînt se placer devant lui pour jeter une liasse de billets à son visage, comme un dernier poids dont elle se délestait.

William poussa un long soupir avant de se décider à rouvrir les paupières. Il avait parfaitement entendu le discours inquisiteur de son ex-femme et son sentiment premier resta le même. Il n'était pas convaincu, ou plutôt ne souhaitait ardemment pas l'être. Pourtant, elle avait éveillé en lui un furtif doute, dont il voulait lui laisser le bénéfice. « D'accord » admit-il, en la regardant à nouveau. Il se baissa pour ramasser l'argent qu'Esperanza avait jeté dans sa direction. D'un geste distrait, il compta les billets un par un, sans vraiment faire attention au nombre exact. « Je veux bien consentir à croire tes paroles, si tu y tiens tant. Je suis prêt à admettre que je me suis fourvoyé pendant toutes ses années et à reconnaître que tu es une femme fidèle et désintéressée... » lui dit-il, d'un ton presque chaleureux. Il rangeant la liasse dans l'une des poches adjacentes de son pantalon, puis il se rapprocha de la femme qu'il avait un jour aimé avec passion. « ...mais avant cela j'aimerais que tu répondes à une question, avec toute la sincérité qu'il te reste » proposa-t-il, en plongeant son regard dans le sien. Il laissa un temps pour attendre sa réponse, puis reprit. « Es-tu pour quelque chose, dans la mort de Fergus O'Connell, ton second mari ? » lui demanda-t-il dans un murmure. Le pauvre homme était officiellement mort d'une chute dans l'escalier. Une version à laquelle William ne croyait pas un traître mot. Si Esperanza était véritablement derrière tout cela, il n'aurait plus de doute sur elle.



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MessageSujet: Re: Fantôme du passé | William   Ven 29 Déc - 9:24

Fantôme du passé
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Fort heureusement, la musique qu’on percevait au loin procurait une intimité bienvenue aux anciens amants. Esperanza tournait comme un lion en cage, incapable de rester en place. Trop longtemps on lui avait mis des barrières, on l’avait contrainte à subir des choses qui laissaient aujourd’hui encore des traces douloureuses. Ce fut d’abord les coups de fouets, puis on l’avait ensuite enfermée dans un cachot, on l’avait arrachée à ses enfants pour la coincer au beau milieu des enfers, et maintenant que sa vie retrouvait du sens, un fantôme de son passé douloureux ressurgissait. Voilà pourquoi Esperanza tenait tant à faire comme si cette existence n’avait jamais eu lieu. Comme si les souvenirs de William et de ses enfants n’étaient que les songes d’une autre vie. Parce que cet échec, sa mort, l’avait anéantie. Elle qui avait tant aimé ses petits et tant aimé son mari et qui avait échoué à les protéger en se faisant tuer. C’était bien trop douloureux pour qu’aujourd’hui elle reste lasse quand William l’accusait de tous ses maux. Le fauve avait bondis, la métisse avait réagis, assénant sa proie de paroles assassines. Et pourtant la réaction de la partie adverse eut l’effet de la mettre encore plus hors d’elle. C’était un cercle vicieux, elle se rebellant face à un William impassible.

Autour d’eux les billets verts virevoltaient avec douceur, narguant la jeune femme qui continuait de bouillir face aux fausses accusations de l’ex-Commodore. Et pourtant, alors qu’elle aurait sûrement préféré que William agisse, qu’il parle, ce dernier resta silencieux. Esperanza n’en revint pas lorsque l’anglais se baissa pour rattraper l’argent tombé au sol. Elle parut stupéfaite. Son effet tombait comme un soufflet trop cuit. Au fond, la jeune femme savait l’égo de son ex-mari blessé, mais elle le savait aussi bien trop digne et bien trop fier pour se montrer atteint face à l’adversaire. Ce n’était pas la première fois que ces deux là s’adonnaient à ce petit jeu. D’abord lors des interrogatoires puis lors de leurs disputes conjugales. Esperanza croisa les bras, attendant que William daigne enfin dire quelque chose. Son « d’accord » passif ne l’avait pas vraiment rassasiée. Enfin lorsqu’il eut fini de compter son dû, William poursuivit. Esperanza ne le lâchait pas du regard, curieuse de savoir si ses arguments avaient atteint leur cible. Il consentait à dire que peut-être, ce qu’elle disait était vrai et que peut-être, elle n’était pas une femme infidèle, comme s’il lui faisait une fleur. Esperanza pouffa discrètement. « Merci, quelle bonté de ta part. » elle roula des yeux, gardant ses bras croisés contre sa poitrine. Lorsqu’il se rapprocha d’elle, la métisse redressa la tête pour capter son regard. Ce même regard perçant qui l’avait fortement perturbée la première fois qu’elle s’y était perdue. Visiblement, avant que William ne lui accorde sa confiance, Esperanza devrait répondre à une énième question. Craignant le pire, la jeune femme ne retint pas un discret soupir. « Je t’écoute, vas-y. » dit-elle.

Une fois lâchée, la question laissa Esperanza perplexe. Décidemment Fergus ne sortirait jamais de sa vie. Elle eut l’air agacé. William Addington et Fergus O’Connell avaient tous les deux été assez fous pour l’épouser. Elle n’en avait aimé qu’un et pourtant elle portait encore le nom du second. Veuve noire, Esperanza eut un bref sourire. Un sourire mesquin, un sourire de pirate. Elle décroisa ses bras, haussant ses épaules avec nonchalance. Allait-elle avouer à William que oui, elle s’était rapidement débarrassée du vieillard une fois sa patience totalement consumée ? Après tout l’anglais n’était-il pas venu ici pour la faire payer ? Pour se venger de sa soit disant trahison ? Que ferait-il si la métisse lui avouait être une meurtrière ? Esperanza restait méfiante. « Mon procès a déjà eu lieu William. Et j’ai été déclarée non-coupable. » annonça-t-elle en restant plantée devant l’ex-commodore. « Tu sais de quoi je suis capable. Si je te dis que je l’ai tué qu’est-ce que tu comptes faire ? » demanda-t-elle en se remettant à faire les cent pas, comme si rester proche de son ex-mari trop longtemps la mettait soudainement mal à l’aise. « Tu vas te remettre à croire que je t’ai vendu ? » elle se stoppa pour lui adresser un bref regard. « Tu étais mon monde. J’aurais fuis avec les enfants pendant ton absence, pendant que les anglais se chargeaient de toi. Pourquoi crois-tu que j’aurais pris le risque de les mettre en danger si j’avais su… (elle ne voulait visiblement pas se résigner) Tu sais très bien que je n’aurais jamais fait de mal à nos enfants. Maintenant, si ma réponse à ta question concernant Fergus ne te convient pas, prends ton argent et va-t-en. Je n’ai plus rien à te dire. » Si l’homme qu’elle avait aimé, le seul, la croyait capable de l’avoir vendu et d’avoir feint son amour, jamais elle ne lui pardonnerait et elle savait au fond que ça serait la dernière fois qu’elle remettrait son existence sur le tapis et ce malgré les zones d’ombres qui persistaient encore.



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MessageSujet: Re: Fantôme du passé | William   Sam 30 Déc - 18:03

Fantôme du passé
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Le métamorphe toucha juste avec sa question. L'expression d'Esperanza se contrite lorsqu'il prononça le nom de son second mari. Son souvenir eût visiblement l'air de l'agacer. Il faut avouer que le portrait qu'on lui en avait dépeint n'était pas très flatteur. Outre l'intérêt pour sa fortune, William s'était interrogé – non sans un certain dégoût – sur les éventuelles raisons ayant poussé son ex-femme à s'enticher d'un être pareil. Comment avait-elle fait pour le supporter ? L'ancien Commodore s'était senti profondément insulté que la pirate l'ait choisi comme successeur. Il était aussi vulgaire que William était distingué. Ce dernier retînt un rire entre ses dents lorsque Esperanza mentionna son acquittement en réponse aux soupçons qu'il venait d’émettre sur la mort naturelle de Fergus. Il n'y avait rien de surprenant à cette révélation. Comme toujours, elle s'en était sortie. De la pendaison, de l'enfer, de la prison. Elle avait échappé à tout. La pirate était certainement la femme la plus coriace que les mers aient jamais soulevé. William prit acte de sa confession d'un mouvement de tête, entendu. L'aveu était sous-entendu, mais il restait recevable à son esprit. Il le rangea dans un coin de son esprit, comme un atout à ressortir au moment opportun. « Rien. Pour le moment » se résigna-t-il, dans un soupir. A nouveau, son ex-femme le blâma pour son scepticisme. Il arqua un sourcil, sans prononcer un mot. Il avait déjà répondu à son interrogation à plusieurs reprises depuis le début de leur conversation. S'il avait entendu ses paroles, elles ne faisaient pas parties de sa vérité. « 'Celle qui est véritablement veuve, et qui est demeurée dans l'isolement, met son espérance en Dieu et persévère nuit et jour dans les supplications et les prières. Mais celle qui vit dans les plaisirs est morte, quoique vivante'* » récita-t-il, tandis qu'elle lui tournait le dos. Ce verset de la Bible semblait avoir été écrit pour elle, mais entre les lèvres du marin, il résonnait comme un avertissement.

Il fût piqué par la pertinence de ses propos. En toute vraisemblance et ce, malgré l'aversion qu'elle lui inspirait de part son comportement, William la pensait incapable d'avoir rejeté leurs enfants, ou d'avoir fait quelque action qui puisse les mettre en danger. Esperanza avait toujours manifesté un amour infini envers sa progéniture, refusant l'assistance d'une nourrice pour les élever et prenant inlassablement leurs défense face à la ségrégation et au racisme dont ils avaient été victimes. Même en terre antillaise, au milieu des pirates et des marchants de toutes horizons, l'union d'une ancienne esclave à la peau brune et d'un pâle soldat anglais n'avait pas fait l'unanimité. Subissant quotidiennement des attaques verbales, voir physiques et devant faire abstraction des pires racontars à leur sujet ou celui de leurs enfants, une fois nés. L'harmonie du couple en avait parfois souffert, mais l'amour commun porté à Marisol et Nicholas, les avait toujours maintenu uni. L'ancien Commodore se garda bien de lui confier qu'il lui accordait le crédit de ces dernières paroles. Cela lui était bien inutile, puisque leurs enfants n'étaient plus de ce monde pour témoigner de l'amour de leur mère.

Dans une dernière réplique affirmée, Esperanza le congédia avec amertume. Elle était visiblement lassée de sa présence et de ses questions. La séance d'interrogatoire était terminée. En fermant les yeux, William se serait presque revu dans son cabinet, quelques siècles plus tôt à Port-Royal. Le regard qu'elle lui adressa était le même qu'à l'époque. Un mélange de soulagement et de déception. Le soulagement de devoir se soustraire à des questions assommantes et la déception de devoir quitter la compagnie de l'autre. Les temps n'avaient pas changé. Ils se révéraient rapidement. Rester éloigner affolerait leur esprit malade. Leur image hanterait leurs pensées respectives, si bien qu'ils chercheraient par tous les moyens à se faire face à nouveau. « Ton défunt mari doit davantage que cela » lui dit-il en brandissant la liasse de billets devant ses yeux. Fergus O'Connell devait bien plus qu'une centaine de dollars au Bones. Le vieillard avait été gourmand, mais très peu avisé. Un flambeur et un mauvais payeur, tout ce qui agaçait le trésorier de la Némesis et par association, sa patronne. « Je reviendrai prendre le reste. Tout le reste » scanda l'ancien Commodore, en tournant les talons sans adresser un regard de plus à celle qui continuait de le défier. Le cœur de William était déchiré par les mensonges de son amante, mais le combat à nouveau amorcé le faisait se sentir monstrueusement vivant.

*1ère Epître de Timothée / 5:5-7 (Nouveau Testament)

FIN

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