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 next station: downtown • (feat aritza)

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ANIMAL I HAVE BECOME

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MessageSujet: next station: downtown • (feat aritza)   Mar 12 Déc - 19:44


« next station: downtown »

Aritza Belmonte & William Addington
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Il avait bien fallu une année entière à l'ancien Commodore, pour s'habituer à la vie urbaine au sein de la Nouvelle-Orléans. Après trois siècles de métamorphose et quatre années de nomadisme à traverser les lacs et les monts, la sédentarisation n'avait pas été facile pour William, bien que cela ait été son choix. Il ne s'était jamais réellement senti à sa place au milieu de la Communauté, même s'il avait trouvé en ses membres, de précieux appuis pour comprendre le monde actuel dans lequel il vivait. Les jours qui avaient suivi la fin de sa métamorphose avaient été d'une violence psychologique et physique inouïe. Capturé par un riche propriétaire terrien, amateur de braconnage, William avait repris forme humaine dans la volière d'un antique ranch californien. En l'espace d'un instant, il s'était retrouvé de l'état d'oiseau à celui d'humain ; complètement nu, face contre terre, les membres engourdis et les sens ensommeillés. Pendant de longues minutes, il était resté là, allongé dans la sciure de bois, les yeux fermement clos et le corps recroquevillé. Sa renaissance avait été si brutale, qu'il avait mis des heures à prendre conscience de son nouvel état. Une fois l'usage de ses sens retrouvés, William avait été pris de panique en constatant la cage dans laquelle il était enfermé. Il avait forcé le grillage de la volière pour tenter de l'ouvrir, sans pour autant y parvenir. Par chance, le boucan provoquer par sa tentative d'évasion avait réveillé son propriétaire, qui fut aussi déboussolé que lui de le découvrir ainsi et de voir son précieux faucon disparu. D'ailleurs, l'homme ne se décida à le libérer, qu'après un interminable interrogatoire à sens unique visant à lui faire avouer la raison de sa présence à l'intérieur de cette cage. Un interrogatoire durant lequel William n'avait pu prononcer le moindre mot, totalement incapable de parler, après trois siècles passés sous la forme d'un animal. Finalement lassé, son propriétaire avait ouvert la porte de la cage, dont le métamorphose s'était échappé aussi vite que possible, pour courir à toutes jambes et se réfugier dans la forêt. Il s'était caché durant deux jours dans les bois aux alentours du ranch. Puis une nuit, il avait fini par s'introduire à l'intérieur de la vieille bâtisse pour dérober des vêtements et de la nourriture à son ancien propriétaire. Par malheur, celui-ci l'avait accueilli en le chargeant avec un fusil. S'en était suivi une bataille au corps-à-corps entre les deux hommes. D'un côté, le vieux cow-boy enrobé et de l'autre, le métamorphe tri-centenaires. La rage de William l'avait emporté sur son propriétaire, qui décéda d'une hémorragie crânienne après un coup fatal porté à la tête avec son propre fusil. Au petit matin, l'ancien Commodore avait quitté le ranch en emportant avec lui tout ce qu'il avait pu reconnaître à l'intérieur de la maison. Des vêtements, des vivres, une arme, une montre, un couteau, des livres. Il avait sellé un cheval et s'était lancé sur les routes étranges de Californie. Après plusieurs jours de chevauché, il avait croisé le chemin de la Communauté, qu'il n'avait plus quitté jusqu'à la Nouvelle-Orléans.

Aujourd'hui, William avait réussi à retrouver un semblant de vie en tant qu'homme. Il avait retrouvé la notion du temps, bien que celle-ci l'ait profondément secoué. Il avait appris à connaître les inventions modernes, bien qu'il continuait à les trouver curieuses. Il s'était habitué à la langue et aux mœurs de ce siècle, bien qu'il ne les comprenne pas toujours. S'installer en ville n'avait pas été chose facile pour lui, ni une décision aisée à prendre. Quitter la Communauté était considéré comme un crime par ses membres. Mais l'esprit belliqueux de William ne s'était pas arrêté à ce détail. La Nouvelle-Orléans était pour lui synonyme de nouvelles espérances et le mot n'était pas choisi au hasard, puisqu'il espérait intimement y retrouver la trace d'Esperanza. La femme pour qui, il s'était un jour damné. Grâce au lien qui le liait à elle depuis sa transformation en métamorphe, il savait qu'elle était vie, même s'il ne ressentait plus sa présence depuis un moment déjà. Il y a quelques mois de cela, il s'était réveillé en pleine nuit en hurlant de douleur, prit de fièvre et de sueurs. Les membres de la Communauté avaient cru à une attaque ou un empoisonnement, mais William avait su que la souffrance qu'il ressentait était celle de sa femme. A la suite de cet épisode, il avait donc pris la décision irréversible de quitter la Communauté pour se mettre à la recherche d'Esperanza en ville. Il se refusait à la croire morte. Elle était bien trop maligne pour cela.

Ainsi, William avait fait son nid dans la capitale louisianaise. La conjoncture sociale aidant, il avait trouvé du travail, puis un logement. Il officiait en tant que bookmaker au Bones, pour le compte de la flamboyante Moïra Everett. Une patronne à la poigne de fer. Aussi froide que calculatrice. Si l'ancien Commodore n'éprouvait pas autant de méfiance envers les femmes depuis que l'une d'elle avait brisé son cœur, il aurait certainement pu s'épancher pour la belle rousse, dont la trempe valait bien celle de quinze hommes réunis. Son nouveau travail était aux antipodes de la navigation, mais le William d'il y a trois siècles n'était plus le même qu'aujourd'hui. Par ailleurs, il avait fini par se faire à l'idée qu'il ne remettrait probablement jamais les pieds sur un bateau. L'Empire britannique n'était plus. La Compagnie-des-Indes avaient cessé son commerce. Et la Royal Navy s'était réformée à plusieurs reprises. Tout ce qu'il avait connu au cours de sa vie n'existait plus dans le monde moderne. Alors, le plus simple pour lui avait été de faire table rase du passé, tout du moins en partie. Travailler au Bones lui convenait. Son expérience dans le commerce lui était salutaire pour tenir les comptes du club. D'un autre côté, il pouvait facilement laisser traîner ses oreilles au gré des combats et des discussions intimes entre les clients de l'établissement. L'endroit n'était pas très respectable, mais William y retrouvait une certaine adrénaline que la mer et l'armée lui avaient procuré autrefois.

Ce matin-là justement, l'ancien Commodore s'était rendu dans le nord de la ville, non loin du quartier de Treme pour se procurer une arme à feu. Une prérogative de sa patronne pour assurer sa sécurité personnelle. Les rues de la Nouvelle-Orléans n'étaient sûres pour personne, même un métamorphe de niveau 4. William en avait fait la douloureuse expérience quelques semaines plus tôt, lorsqu'un marqué l'avait attaqué en pleine nuit dans l'ombre d'une ruelle. Si Oswald n'avait pas été là pour lui sauver la mise, il aurait certainement pu y passer. Le bookmaker avait donc récupéré un Colt à six chambres et plusieurs munitions dans la petite boutique délabrée du quartier nord. Bien qu'antique, le modèle restait plus moderne et sophistiqué que toutes les armes qu'il ait jamais connu. Au XVIIème siècle, le Revolver n'avait pas encore été inventé. C'était une gamine de la Communauté qui lui avait appris à s'en servir et à s’entraîner au tir. Catalina, qu'elle s'appelait. Une fillette de quinze ans, à la peau couleur sable et aux cheveux noirs comme les siennes. En la côtoyant, William n'avait pu s'empêcher de voir en elle l'incarnation de sa fille disparue. Il ne l'avait pas revu depuis son départ du camp. Il espérait qu'elle allait bien, comme le reste des connaissances qu'il s'était fait là-bas : Lucia, Gabriel ou encore Aritza. Aritza ? William cru rêver en voyant le visage de la femme venant de monter à l'intérieur du wagon du tramway qui le ramenait dans le centre de la ville. Pourtant, après l'avoir dévisagé plusieurs fois de loin, il ne put avoir aucun doute. C'était elle. Lentement, il se leva et traversa le wagon pour aller s’asseoir à la place vide à ses côtés. « L'affaire doit être importante pour que tu t'éloignes aussi loin du camp » lui intima-t-il à voix basse, avant de relever la tête pour lui adresser un sourire.


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MessageSujet: Re: next station: downtown • (feat aritza)   Jeu 8 Fév - 8:49

La maladie entraîne la pénurie.
La pénurie entraîne la maladie.
Insipide cercle vicieux qui s’éternise. Serpent aveugle qui, fier de son ingéniosité, attrape son propre appendice et lentement commence à l’avaler. Le digérer. Il grimace. Il grince. Pourtant il poursuit son œuvre. Sans relâche. Inlassablement. Il court à sa propre perte. Il s’en moque bien. Trop têtu. Trop borné. Il mord plus fort. Il sert les crocs. Elles s’enfoncent dans la chair aux écailles molles. Le poison s’infiltre et s’incruste. Tapisse l’intérieur des parois. S’insinue dans les plus minuscules fissures. S’y niche avec délectation. Pullule. Prolifère. Aime ce qu’il y trouve et en demande davantage. Second cercle qui trouve naissance dans le sein même de son créateur. Doucereux rêve d’une éternité qui pourrait un jour toucher à sa fin. Ou à sa faim. Indomptable. Insatiable.

*Deux pupilles fendues dans leur verticalité.
Des paupières doubles qui se s’ouvrent et se ferment sur un monde qu’elles ne regardent pas.
Rouge.
Noir.
Vert.
Encore.


Je ne m’habite décidemment pas à cette fichue procédure de décontamination. Humiliation intégrale et intégrante. Palpations maladroites. Incursions indélicates. Gloussements imberbes dans mon dos. Moqueries. Indélicatesses. Tous les bleus y passent, sans exception. Ils ont encore à l’esprit l’illusion d’y croire. L’utopiste conviction que leur enrôlement a un but. Une cause noble. Que nous sommes les méchants. Les barbares. Les sauvages. Des hommes et des femmes des cavernes qui se trimballent à l’image de ceux dont parlent les livres anti-genèse. Ils s’étonnent de me voir débarquer. Parfois ils essaient de le cacher. Échec critique voué à une mort prématurée. Un regard en coin pour demander confirmation du supérieur. Il sourit sans même sans cacher. Ils me connaissent. Tous. Sans exception. C’est réciproque. Toutes ces mains qui m’ont touchée. Bafouée. Souillée. Pour eux je ne suis jamais que la putain de Babylone. La mégère de l’autre côté. Ils pensent que cela m’amuse. Que je prends mon pied à ainsi me faire triturer. Si je reviens à chaque fois, c’est que j’en redemande bien volontiers … n’est-ce pas ?

Je les laisse à leurs divagations. À leurs fausses aspirations. Le novice en charge de ma fouille est presque délicat. Un peu nerveux. Il manque certains endroits clés où il me serait si aisé de pécher. Je pourrais me montrer conciliante, lui glisser un indice au creux de la nuque. À l’orée du point que nul autre ne pourrait entendre. Ou encore écouter. Je pourrais abuser de la situation. Manipuler la plèvre de cette pauvre ville à l’aube de sa désolation. Lancer le début des hostilités. Titiller cette vilaine manie qu’est la jalousie. Oh oui, je pourrais. Tout cela, et bien pire encore. Pourtant je m’abstiens bien sagement. Je me cantonne dans mon rôle de soumise au Gouvernement. De brebis faible et dépendante qui aime l’attention que ce faux berger lui procure. Je ne suis pas d’humeur à jouer. Et je n’en ai clairement pas le temps. Ma présence en ces sinistres lieux n’est jamais une partie de plaisir. Appelons le plutôt un mal – ou mâle ? - nécessaire. Et comme tout un chacun qui se respecte, il se fait un point d’honneur à remplir cette tâche avec dévotion.

*Bois brut.
Étincelle.
Flamme.
Bûcher.


Le bleu se fait basculer. Il n’y va pas assez profond au goût de son superviseur. On l’écarte de la scène de débauche. On prend sa place non sans feindre une certaine forme de délectation. Je n’ai pas – plus – besoin de voir pour savoir. Pour comprendre ce qui va suivre. Là encore, il me serait trop facile de me retourner. De planter une lame sous la gorge de ce goret de seconde zone. De lui subtiliser son tyser et d’en faire le mien. De lui griller les poils du menton. Ou encore du nez. Et même sans arme physique, il suffit d’un bon coup de genou bien placé pour ramener l’homme à la place qui lui revient de droit. Mais je sais me montrer raisonnable. Plus encore si ce n’est pas ma propre petite personne insignifiante qui justifie le déplacement. Alors qu’il s’amuse donc à se croire grand et fort. À se rêver important. Indispensable. La chute n’en sera que plus vertigineuse. Car le Seigneur est Grand. Car le Seigneur est Bon.
Et peut-être bien un peu sadique sur les bords.

*Amen.

Acculée contre un mur. Les bras tendus. La paume des mains écrasée contre la brique humide et indifférente. Les jambes légèrement écartées. Je mords sur mes dents, mais garde les yeux ouverts. Il est hors de question de lui gratifier de cet honneur. Il le sait. Ce n’est pas la première fois qu’il essaie. Ce n’est pas la première fois qu’il y croit. Et assurément pas la dernière. Il pense pouvoir me briser à force. Pouvoir prendre le dessus d’une situation qu’il ne contrôle pas et comprend encore moins. Dieu bénisse les ignorants.

*La Bête regarde.
La Bête observe.
La Bête jauge.
La Bête juge.
La Bête gronde.
MIENNE.

J’écoute à peine les explications sans queue ni tête qu’il vend comme pain béni à son apprenti. Je suis tentée de lever les yeux au ciel, mais ce serait là lui accorder trop d’importance. Plus que quelques minutes à tirer. Ce n’est pas la fin du monde. Il pourrait me faire tellement pire. Je le sais. Il le sait. Tout comme nous savons tous deux les conséquences que pourraient avoir de tels actes sur sa crédibilité. Il n’en est que plus frustré. Maigre consolation que j’accepte pourtant volontiers.

Il finit par me relâcher non sans un dernier geste plus que déplacé. Je ne lui accorde pas plus de dédain que de dégoût. Il pourrait en tirer des conclusions à flatter un égo déjà surdimensionné. Je ne le nie pas non plus. J’ai déjà essayé par le passé. Cela n’a guère plus à monsieur. Non point que cela me dérange ne soi, mais à force de m’éterniser ici je risque bien de manquer mon rendez-vous. Alors qu’on en finisse une fois pour tout.
Et sur cette prévision alléchante, je prends toutefois la peine de frôler un peu de trop près son acolyte qui s’apprête à virer au rouge pivoine.

- « J’espère que tu seras toujours de garde à mon retour. »

Je l’abandonne à cette pensée plus qu’ambiguë. Qu’il la savoure donc à sa juste valeur. On verra bien s’il a appris quelque chose d’ici quelques heures.
Je reporte l’image de nos retrouvailles à plus tard. Revenons plutôt à nos moutons actuels. Vu le temps précieux que ce macho de pacotille m’a fait perdre, il va falloir que j’accélère la cadence. En traversant la ville à pied, je risque de ne pas atteindre le couvre-feu. Je n’ai d’autre choix que d’emprunter les voies de la technologie si je ne veux pas passer ma nuit ici. Inutile de préciser vers quel choix m’orienter.

Je ne suis pas fan de ce genre de machinerie. Moi qui ai toujours vécu au grand air. Moi qui supporte si difficilement le confinement depuis que mes chaînes ont été brisées. Moi qui pourrais trouver mille et une excuses pour ne pas m’enfoncer dans les entrailles de la terre à la rencontre d’un monstre de ferraille. Mais à quoi bon reporter davantage l’inévitable ?
Je me fais quelque peu violence avant de dévaler les marches de manière plus régulière. À peine arrivée sur le quai, la bête surgit de son tunnel. J’ai l’impression qu’il me reluque avec un certain appétit. Avec un appétit certain. Je ne me laisse pas décourager pour autant. Après tout, aujourd’hui semble être la journée du mal nécessaire.
Je me laisse happer par la facilité du transport et me dirige vers un banc vide. Ce n’est pas que je suis claustrophobe, mais c’est tout comme. Pour ne pas me focaliser sur le trajet, et les aléas de la vie qui pourraient daigner « distrayant » de lui glisser entre les pattes, je m’accorde un instant de répit et ferme les paupières. Je me demande vaguement ce qu’il m’a pris de me rendre en ville aujourd’hui. La pensée n’est jamais qu’éphémère. Certes une pointe égoïste. Je la ravale aussitôt. Elle n’a aucun lieu d’être. Déjà elle se dissipe. Elle s’évapore. Mais jamais tout à fait. Une pellicule de son essence reste agrippée. De la poussière de fées qu’il serait trop facile de négliger. Il n’en est rien. À force de se retrouver seule, on commence à se connaître.

Une présence approche. S’installe à mes côtés. Une odeur familière. Une aura rassurante. Presque apaisante. Une voix presque douce qui sonne plus comme une invitation qu’un reproche. Je n’ai plus l’habitude qu’on s’adresse à moi de la sorte. J’ai envie de sourire. D’ailleurs, je ne peux empêcher mes lèvres d’esquiver le geste. Petit veinard que tu fais mon vieil ami.

- « A moins qu’on ait enfin voté à l’unanimité mon bannissement. »

Vérité criarde et pourtant ô combien mensongère. Il n’est certes point derrière cette muraille de briques que je viendrais pleurer mon triste sort.

*Orgueil.
Préjugés.
Facilité.

Je ne détourne pas le regard. Le laisse poser sur le décor qui défile sous nos yeux. Non point qu’il est dans mon intention de lui faire affront, mais il vaut bien mieux pour nous deux que l’illusion se maintienne.

- « Si je ne m’abuse, toi aussi tu es bien loin de chez toi. »

La tonalité est neutre. Presque aussi basse que la sienne. La pulpe de mes lèvres bouge à peine. Ici-bas les parois ont des oreilles et les aveugles voient même dans le noir. Les endroits pullulent de miliciens sous couverture. Ce sont les pires. Autant les éviter si faire se peut.

- « Tu aurais un peu de temps à me consacrer en tant qu’officier guide ? »

Pas que j’en aie besoin, mais l’occasion est trop belle que pour la laisser filer.
Puis quelque chose me dit que la journée nous garde encore quelques surprises sous le coude.

*Sifflement perfide.
Langue bifide.
Gorgée de poison.
Tic.
Tac.
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MessageSujet: Re: next station: downtown • (feat aritza)   Lun 19 Fév - 19:12


« next station: downtown »

Aritza Belmonte & William Addington
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Aritza avait été le premier visage féminin qu'avait vu le métamorphe après l'Apocalypse. Le souvenir de leur rencontre demeurait encore frais dans sa mémoire. C'était aux abords du parc national Roosevelt, dans l'état du Colorado. William avait décidé de s'arrêter près d'un lac pour la nuit. Cela faisait plusieurs jours qu'il chevauchait en direction de l'est, depuis la campagne de Sacramento. Jusqu'ici, il n'avait croisé aucune âme qui vive, si ce n'est des animaux sauvages ou domestiqués, abandonnés à leur sort. Les routes interminables au revêtement bleu et jaune semblaient ne le conduire que d'échoppe en échoppe, ces étranges petits bâtiments fait de bois blancs et de vitres allongées. A l'époque, le métamorphe ne savait pas qu'il s'agissait de vulgaires stations essence jouxtant les routes nationales américaines. Elles avaient rythmé le début de son périple solitaire vers l'inconnu. Pour la plupart dépouillée et vandalisée, William y avait trouvé de nombreux vivres, parfois même un abri. Ce jour-là, les routes boisées l'avaient conduit à s'enfoncer dans la nature sauvage pour se reposer. Cependant, il n'avait pas été le seul à avoir cette idée. Peu de temps après s'être installé pour la nuit, sa tranquillité avait été troublée par l'arrivée de la Communauté et son cortège d’attelages et de carrosseries. Il n'avait guère eu le temps de fuir, déjà encerclé par plusieurs individus armés, l'ayant tiré brutalement de son sommeil : des éclaireurs. On l'avait sommé de ne pas faire un geste, ce à quoi le métamorphe aurait volontiers désobéit, si une voix féminine ne s'était pas fait entendre à ce moment précis. C'était celle d'Aritza. Elle avait eu quelques échanges en espagnol avec ses compères et pour une raison qu'il ignore encore, William y avait répondu, dans la même langue. Il l'avait apprise au cours de ses voyages et l'avait longuement pratiqué autrefois avec Esperanza. Instantanément, ses oppresseurs avaient abaissé leurs armes sous l'influence d'Aritza. Sans sa présence ce soir-là, sa rencontre avec la Communauté aurait pu être très différente.

La retrouver aussi loin du camp ne manqua pas de troubler William. Il savait combien son aide lui avait été précieuse lorsqu'il avait pris la décision de fuir la Communauté. C'était un acte irréversible, impardonnable pour ses membres, mais contre toute attente, le métamorphe avait pu compter sur l'aide même de la Mama Aritza. Il lui avait expliqué les raisons motivant son départ – non sans omettre quelques détails dans son dessein de se venger d'Esperanza – il lui avait juste raconté assez de son histoire d'amour avec la pirate pour la convaincre de le laisser partir. Une part de lui s'en voulait de lui avoir menti sur ses véritables motivations, mais William n'avait jamais réellement eu sa place au sein de la Communauté. Pour tous, il était resté un étranger. L'homme d'un autre temps, aux capacités démesurés. De chacun, il n'avait fait qu'inspirer la méfiance...à bon escient. « Alors, la Communauté est perdue » lui dit-il, calmement en fixant à son tour le paysage défilant devant leurs yeux. La machine infernale du tramway chutait leur corps de droite à gauche au rythme des mètres de rails engloutis, tandis que les murmures et éclats de voix épaississaient le brouhaha environnant. « Oh tu sais, j'ai fini par perdre espoir de revoir un jour l'Angleterre, de toute façon... » soupira-t-il, faussement nostalgique. Un léger sourire froissa son visage. Bien sûr, ce n'était pas la réponse qu'elle attendait. L'appartement qu'il occupait dans le centre de la ville n'avait rien à voir avec la maison splendide qu'il avait un jour possédé. Celle-ci ne se trouvait pas en Angleterre par ailleurs, mais en Guadeloupe. Les Caraïbes, les Antilles, ces îles paradisiaques coincées entre océans et mers, voilà où il s'était un jour sentit "chez lui". Il posa un regard perplexe sur Aritza à l'entente de sa proposition. Pendant un bref instant, il se demanda si cela n'était pas un piège, mais la probabilité pour qu'ils se retrouvent tous les deux dans ce wagon en même temps était tellement faible, qu'il se détendit rapidement. « Volontiers » lui concéda-t-il, d'un signe de tête. Il n'avait pas d'obligation au Bones avait le début de la soirée. Par ailleurs, il était trop heureux de revoir son amie pour devoir la quitter à la prochaine station.  

« Où souhaites-tu te rendre ? » demanda William, décidément curieux de savoir la raison de la présence en ville. Évoluer dans une forteresse pour une nomade comme Aritza n'était pas naturelle. Il pouvait déjà constater son inconfort dans sa façon de contracter les épaules. Elle avait la nuque tendue, les doigts crispés et la respiration irrégulière. Ses sens aiguisés percevaient chacune de ces anomalies physiques altérant son corps. Cette visite l'éprouvait littéralement. L'ancien marin ne connaissait que trop bien ce sentiment d’asphyxie à arpenter les rues de la ville. Il avait pourtant fait le choix de quitter la plénitude des grands espaces, blottit aux bords du Mississipi, pour venir s’encloîtrer entre les remparts de la Nouvelle-Orléans. Mais pour lui, la sédentarisation n'était que partielle. S'il ne supportait plus le capharnaüm de la vie urbaine, il n'avait qu'à battre des ailes pour s'envoler dans les cieux et rejoindre des paysages sauvages qui raviraient ses yeux de rapace. Aritza, elle n'était pas anthropomorphe. Elle était clouée au sol, bloquée dans son unique enveloppe humaine, sans pouvoir s'échapper. Parfois, l'orgueil de William plaignait les pauvres âmes simples comme son amie, incapables de transcender leur statut d'être inférieur. Puis, la parole de Dieu lui revenait vite à l'esprit et il se blâmait lui-même pour un tel manque d'humilité. « Où dois-je te suivre ? » se corrigea-t-il, immédiatement. La nomade n'était pas une suiveuse, mais une meneuse. C'était elle dirigeait les membres de la Communauté, bien plus que Gabriel ne le ferait jamais.


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Dernière édition par William Addington le Jeu 22 Mar - 14:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: next station: downtown • (feat aritza)   Lun 12 Mar - 12:39

Il m’arrache l’ombre d’un second sourire avec sa réplique. Il est là une victoire écrasante. Bien peu de gens peuvent se vanter un tel mérite. Plus encore depuis que le nuage de la honte et de la damnation flotte allègrement par-dessus mes épaules. Il est coutume qu’il ne rate pas la moindre occasion de m’inonder de ses averses capricieuses ou encore d’un coup de jus pour remettre mes pensées sinueuses à leur juste place. William, quant à lui, fait cruellement défaut au stéréotype imposé. C’est une bouffée d’oxygène plus que bienvenue dans un monde aussi exigu et dans un mode de pensée aussi étriqué. Je ne devrais pas m’en réjouir pour autant. Ces rares moments de calme ne sont généralement autre que vils annonciateurs d’une tempête qui gronde. Mais pourquoi m’en priver ? Qui suis-je pour contourner l’inévitable ? Et quitte à devoir traverser le cyclone qui approche, autant se faire accompagner par un connaisseur en la matière non ? J’ai beau ne jamais avoir navigué de ma vie, m’est avis que mon vieil ami ici présent a accumulé suffisamment d’expérience pour combler cette petite lacune.
Promis … un jour je te laisserai m’emmener là où tu étais chez toi.

*Nostalgie qui ronge.
Qui gratte.
Qui couine.
Qui chouine.
Ça suffit! Couché !


Je le sens qui pose son regard sur moi. Je devine le subtil jeu d’une paire de sourcil perplexe. Il me scrute. Il m’observe. Me jauge. Me juge peut-être, qui sait. Comment lui en vouloir? Il est inutile de nier l’évidence. Je ne suis clairement pas dans mon élément ici. Tout autre inconnu dans cette machine infernale, qui n’a de cesse de nous bousculer afin de mettre à rude épreuve notre précaire équilibre, en est forcément venu à la même conclusion. J’ai beau me vêtir comme eux et calquer mes mouvements sur les leurs, ceci ne sera JAMAIS mon monde. Jamais mon univers. Je suis comme un électron libre qui vient de se plonger dans la mauvaise molécule. Comme un phare dans le noir qui attire à lui seule toutes les phalènes en quête d’une mort rapide. Bien malgré moi, je capte l’attention. Les gens se retournent sur moi. Mon image se grave sur la paroi interne de leur rétine. Si je suis arrivée là où j’en suis aujourd’hui, cela n’est en rien un pur fruit d’un fortuit hasard.

William n’échappe pas à la règle. Je comprends le doute raisonnable qui s’installe. Il aura beau lutter, nous savons tous deux ce combat perdu d’avance. Que puissè-je bien faire ici ? Qui plus est dans un endroit aussi confiné que l’air commence déjà à me manquer et qu’il me faut me faire violence pour ne pas descendre dès le prochain arrêt. J’aurais peut-être dû choisir un emplacement plus prêt d’une des portes coulissante. Histoire d’attraper une goulée d’air au passage. Soit-il vicié.
Mais ce serait là avouer une faiblesse que je préfère garder pour moi. Un élément à première vue banale, mais qui pourrait bien être utilisé à mon encontre à la première occasion qui se présentera. Je connais l’homme et sa psyché détraqué bien mieux qu’il n’aspire à le croire. Certains énergumènes ont beau se fourvoyer de parures dorées et de belles paroles, chassez le naturel …

*Maladie. Famine. Guerre. Mort.
Quatre cavaliers.
Quatre montures.
Un seul élan.
Un unique mouvement.

Question piège. Surtout dans un endroit tel celui-ci. Je lui pardonne. La surprise d’une telle rencontre, ou d’un tel fortuit hasard appelez-le comme beau vous semble, fait son petit effet. Sème sa minuscule graine de discorde. Et croyez bien que le mot choisi n’est en rien péjoratif. Il est quelque peu taquin. Un voile tendancieux. La relation secrète qui nous lie peut bien avoir quelques avantages extralégaux … si l’on puit dire. Je m’amuse de son semblant de maladresse. Elle me fait temporairement oublier le lieu et les environs. Enfin … oublier est un peu grand mot qu’il serait fâcheux d’utiliser à tort et à travers. Disons plutôt qu’il me permet un moment de distraction. Juste ce qu’il faut pour tenir quelques arrêts de plus. Même si je continue à me demander ce qui a bien pu me prendre d’emprunter un tel moyen de locomotion. Mettons cela sur le fait que sans cet interlude, il m’aurait été d’autant plus difficile de retrouver mon vieil ami.

Nouveau sourire. Il en deviendrait presque attendrissant. Si ce n’est que son étonnement est loin d’être passé inaperçu. Ce n’est pas grave. Seule ou accompagnée, il est bien rare les sorties en ville où je passe sans la moindre encombre. Où ma simple présence n’attire pas irrévocablement l’attention la moins désirée, tout autant que la moins désirable, vers ma singulière personne. Oh je ne me jette point là des fleurs. Il n’est que constat et faits avérés.
Cela m’aura au moins appris à rester sur mes gardes et cela peu importe l’improbabilité de certaines circonstances.

- « Tu verras bien. »

C’est là que mon visage se tourne vers lui. Lentement. Comme dans une séquence qui se déroule au ralenti. Notre premier contact visuel depuis longtemps. Il n’a pas changé le moins du monde. Et pourtant tellement à la fois. Il serait mentir que de prétendre qu’il ne manque pas à la Communauté. Tout départ est une perte en soi. Mais certains passages laissent plus de traces que d’autres. Et certains choix s’avèrent très rapidement indélébiles à notre mémoire.

- « Je ne suis guère seule. »

Constatation désolante. Je me sens comme suivie. Persécutée. Il ne m’étonnerait que moyennement de découvrir ma photo placardée sur le disque dur de tout milicien qui se respecte un tant soit peu. Quelle triste, si pas sinistre, réalité.

- « Consens-tu toujours à me suivre pour autant ? »

C’est un risque autant qu’une provocation ouverte à l’encontre de l’autorité. Je comprendrai parfaitement si sa proposition s’étiole aussi rapidement qu’elle est née. Même s’il possède des capacités dont je ne pourrai jamais me vanter, il n’en reste pas moins profondément et sincèrement humain à l’intérieur. Que Dieu lui pardonne ses lacunes.
Sans pour autant attendre sa réponse, déjà me voilà debout. Bien que loin d’être arrivée à destination, je ne peux tout simplement pas me permettre de rester plus longtemps dans cette bombe à retardement. D’une démarche qui se veut bien trop féline que pour appartenir à la plèvre du petit peuple, je m’avance vers ma prochaine sortie. Est-ce volontaire de ma part ? Qui sait …

*Chat.
Souris.
Rat.
Vermine.
Appât ô combien alléchant.

La bête commence à entamer son freinage. Dans mon dos, des tissus se froissent. Des corps se mettent lentement en mouvement. Je ne détourne en rien mon attention vers l’arrière. Que William me suive ou non, il reste seul décisionnaire dans l’histoire. Fait est qu’il n’est pas le seul à me regarder. Alors quand le grincement de la porte résonne et laisse entrer le vacarme du souterrain, je n’ai qu’une chose à rajouter : qui m’aime me suive !
Et déjà je me laisse emporter par la masse.

*Tic.
Tac.
C’est toi le chat.
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MessageSujet: Re: next station: downtown • (feat aritza)   Jeu 22 Mar - 14:54


« next station: downtown »

Aritza Belmonte & William Addington
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C'était étrange de la voir dans un tel environnement. Loin des steppes, de l'air pur et des grands espaces boisés. La nature urbaine ne lui seyait guère. C'était comme si d'un coup son visage s'était assombri au contact des vapeurs poisseuses des véhicules. Elle avait les traits froncés et le regard vide de cette flamme bienveillante et chaleureuse qui faisait d'elle l'être maternel absolu de la Communauté. Les mètres de tunnels engloutis par le train branlant semblaient l'avoir plongé dans une transe mélancolique. Être enfermée dans cette armature grotesque l'oppressait. William n'avait pas besoin de poser le regard sur sa poitrine pour savoir que celle-ci se soulevait de façon irrégulière. Opprimée par la chaleur ambiante et le manque d'oxygène. La même sensation expérimenté les premières nuits de son installation ici, au cœur de la ville. Le bruit des sirènes, les pétarades des véhicules à moteur, les lumières aveuglantes des néons publics. Le marin avait cru devenir dingue, assiégé par ce tintamarre. Plusieurs nuits, il s'était même risqué à aller voler au bord du Mississipi, non loin du camp de la Communauté. Là-bas, il y avait retrouvé la tranquillité de la nature, la douceur des feux crépitants et la voix enivrante de quelques femmes berçant les enfants au rythme de chants espagnols. L'atmosphère familiale du camp lui avait particulièrement manqué après son départ. Lui qui ne s'y était jamais vraiment senti à sa place, s'était surpris à regretter les chevauchés endiablées aux côtés d'Aritza. A déplorer la qualité de la nourriture urbaine, comparée aux délicieux mets épicés concoctés par Laurena, Mona ou encore Robby. La gamine Catalina lui manquait également, ainsi que sa mère Lucia. La seule femme avec laquelle il s'était abandonné en l'espace de cinq ans. Une liaison furtive, sans promesse ni attache, bien que sincère sur l'instant. Dieu qu'elle devait le maudire à présent ! De même que sa fille, s’entraînant sûrement à tirer sur des cibles imaginaires revêtant son portrait.

Aritza était un vestige d'une de ses nombreuses vies passées dans l'infini éternité de son existence. La revoir le ravissait, autant que cela l'effrayait. Sa présence en ville était incongrue, dangereuse. L'inquiétude se lisait sur son visage et la vacuité de son discours ne faisait qu'affirmer l’interprétation d'un mauvais présage. Pourquoi faire tant de mystère ? « Ce qui signifie ? » demanda-t-il avec insistance. Son regard de faucon balaya le visage des autres passagers. Aucun faciès ne lui fût familier. Aucune odeur caractéristique ne réveilla son odorat accru. L'espace d'un instant, William songea à nouveau à un guet-apens à son encontre, avant de croiser enfin les yeux de son amie. Le tracas se lisait sur ses traits avec une telle intensité, qu'il se refusa à poser davantage de question. Elle craignait pour sa propre sécurité, pas pour la sienne. En ce sens, il ne pût qu'adhérer à sa proposition de la suivre. A présent, il était devenu un homme de la ville. S'il n'en connaissait pas les recoins par cœur, il savait mieux qu'elle, les ruelles à éviter et la manière de se comporter au sein de cette jungle si spéciale. « Après toi » lui dit-il en se levant à son tour pour amorcer la descente à la prochaine station. La machine de fer s'arrêta en sursaut pour faire sortir ses passagers. William saisit son amie par le bras pour la guider dans la foule et la mener vers la sortie. Ici bas, on ne voyait pas le soleil. La nomade n'avait donc aucun point pour se repérer. Lorsqu'ils débouchèrent enfin à l'air libre, le soleil aveugla leur face avec violence. Cette journée était particulière chaude et pesante. L'atmosphère dense et moite de la Nouvelle-Orléans rendait le temps encore plus difficile à supporter. William avait connu bien pire dans les îles au cours de sa jeunesse, mais l'embrun marin l'avait toujours rafraîchit lors des lourdes chaleurs. « Tu es venue négocier avec le Gouvernement ? » dit-il finalement à Aritza, piqué par la curiosité. Il arqua un sourcil et pinça le coin de ses lèvres dans un rictus amusé, en voyant le regard interloqué de celle qu'il accompagnait. Les raisons de sa présence en ville ne devaient pas être multiple. Un peu de jugeote suffisait à comprendre le fin mot de l'histoire. « Il n'est point nécessaire de me jeter ce regard. Ne plus faire partie de la Communauté, ne signifie pas que je ne m'y intéresse plus » avoua-t-il en faisant la moue. L'anglais avait entendu les rumeurs et les murmures se disperser dans la ville comme une traînée de poudre. L'on blâmait la Communauté de tous les maux possibles et inexplicables. Le manque de ressources, les disparitions, etc. La population avait trouvé en ces intrus venus de nulle part un parfait coupable et le Gouvernement un parfait bouc émissaire. Pour tout dire, William s'était inquiéter de voir de telles accusations circuler dans les rues de la Nouvelle-Orléans sans même avoir de preuve concrète. Il connaissait les membres de la Communauté. Certains n'étaient pas des anges gardiens, mais enlever des enfants n'étaient pas dans leurs habitudes, ni dans leur code de conduite.


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