AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 They don't realise that I'm thinking about you [PV Dillion]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 3400
↳ Points : 6910
↳ Arrivé depuis le : 02/07/2014
↳ Age : 28
↳ Avatar : Gal Gadot
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Médecin légiste
↳ Opinion Politique : Pro-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv 2 - 1 en cicatrisation & 4 en sens sur-développés
↳ Playlist : Halsey - 100 letters // Ellie Goulding - Outside // Daughter - Burn it Down // Natalie Imbruglia - Torn // The Ting Tings - Shut Up and Let Me Go // Halsey - Bad At Love
↳ Citation : " I'm iron and I forge myself. "
↳ Multicomptes : Oswald E. Madsen
↳ Couleur RP : White



les petits papiers
↳ Copyright: ELLAENYS - avatar
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: They don't realise that I'm thinking about you [PV Dillion]   Jeu 14 Déc - 0:58

They don't realise that I'm thinking about you.
Would've gave it all for you, cared for you. So tell me where I went wrong. Would've gave it all for you, cared for you. Would've trade it all for you, there for you. So tell me how to move on. Would've trade it all for you, cared for you. Now if I keep my eyes closed he looks just like you. But he'll never stay, they never do. Now if I keep my eyes closed he feels just like you. But you've been replaced. I'm face to face with someone new.


C’est une partition aux gammes parfaitement maitrisées. Aucune fausse note, aucun faux pas. Aucun pli dans la robe qu’elle a enfilé. Sous les radars, la vagabonde s’essaie une fois de plus au seul excès qu’elle consent entretenir. L’alcool, Aloy a daigné le ranger, l’oublier. La drogue, elle n’y a jamais touché. Mais les plaisirs de la chair, ça, elle ne peut pas totalement y renoncer. Dans sa plus grande contradiction, la métamorphe fuit la compagnie d’autrui pour mieux la traquer dès l’instant d’après. L’hybride qui sommeille en elle, la soumet à ce régime fait d’extrêmes. A moins que ça ne soit l’inverse. Elle n’a jamais réellement su. La solitude l’étreint depuis des semaines, des mois peut-être même. L’absence a creusé une nouvelle cavité dans sa poitrine, elle la sent comme une personne à part entière, peser sur sa carcasse entière. Ça tiraille dans les entrailles, ça la scinde en deux parfois quand elle ne s’y attend pas. Le deuil, l’israélienne connait. Et elle a appris avec le temps qu’on ne pleure jamais une mort de la même façon. Le coup s’accuse différemment. Chaque âme lui échappe d’une manière bien particulière, elle réapprend ainsi à chaque fois la tristesse. Hila envahit ses songes à la nuit tombée, sa sœur qu’elle a pourtant si ardemment détestée. Pas même son irascible aînée. Désormais acculée dans un chagrin sans fond, la benjamine se surprend à éprouver le même déchirement qu’à la perte d’Elazar. A croire que chaque membre de sa famille a taillé son être et qu’à chaque envol, elle perdait un morceau d’elle. Le froid l’engourdit comme jamais cette fois-ci. La faucheuse semble la poursuivre, lui impose le métal froid de sa lame. Un avertissement ou seulement un rappel des pertes subies. Cette sensation dévore l’échine, amène une paralysie dérangeante et entraine une panique suffocante. C’est une douce agonie à laquelle l’éplorée veut se soustraire.

Incapable de dénicher un peu de force en elle, la trentenaire se permet de la dénicher ailleurs, dans des bras inconnus. Pourvu que le gel déserte l’épiderme et que la douleur s’atténue, le temps d’un baiser, l’espace d’un instant perdu entre des draps étrangers. Des illusions, voilà ce à quoi la fugitive prétend. Les artifices lui permettent de se lever chaque matin pour accomplir sa besogne. Mais jamais, ils ne consentent à lui offrir le sommeil. Le rouge à lèvres appliqué sur la bouche, cherche instinctivement à passer du baume sur le cœur. Sens-toi désirable, sens-toi vivre. La légiste ne sait plus qui lui a, un jour, murmuré ces mots à l’oreille. Son palpitant émet une objection, il lui rappelle les brèches en battant dans la cage thoracique avec une frénésie proche du désespoir. Depuis longtemps maintenant, l’esseulée ne l’écoute plus geindre. Elle rejoint les rues et goûte à sa liberté relative. Son manteau racle les pavés, recouvre son accoutrement un peu trop suggestif. Son esprit, lui, divague. Comment s’appelle-t-il déjà ? Une consonance italienne, de celle qu’elle aurait dû retenir tellement ça chante à l’oreille. L’anonyme le restera peut-être. De toute façon, elle n’a pas besoin de le connaitre, ni de le nommer. Les aventures éphémères ont ça de rassurant. Elles ne durent pas suffisamment pour blesser. Dillion aurait dû appartenir à cette catégorie. Il a été une erreur qu’elle ne veut plus commettre. Les doigts se crispent autour du col alors qu’instinctivement, la changeuse tente de repérer le lien magique qui s’est brisé depuis deux ans maintenant. Cet abruti arrive encore à la faire souffrir même en ayant disparu. Elle le maudit à voix basse avant de s’engouffrer dans l’hôtel convoité.

Un lien de rencontre comme un autre. Son amant lui a assuré être un client régulier et a affirmé qu’ils ne pourraient trouver un cadre plus rêvé. Sous les signaux qu’il lui a sciemment envoyés, elle a décrypté le message important. Ici, on ne viendra pas les dénoncer si le flirt déviait. Elle n’a pas choisi quelqu’un d’intelligent, encore moins quelqu’un d’intéressant. Il n’est beau qu’à regarder. L’homme idéal pour une soirée sans lendemain. L’orientale sait qu’il la rejoint sur ce point. La mascarade débute dès son arrivée. La veste retirée, elle joue de sa démarche pour mettre en valeur sa silhouette en le retrouvant accolé au comptoir. Plusieurs personnes se disputent l’espace dans le bar de l’établissement. Tous plus guindés les uns que les autres. Les coupes débordent de cocktails non alcoolisés, les rires sont gras et les bijoux foisonnent sur les poignets. La jeune femme sourit quand son italien lui tire la chaise en parfait gentleman.

Cette petite comédie n’a de nécessité que le besoin naturel de s'amuser un peu avant de s’abandonner. Le prélude à la débauche. « Vous avez fini plus tard que prévu ? » Qu’il lui demande poliment en reprenant place sur son siège. Ce bellâtre, c’est à la morgue qu’elle l’a rencontré. Tout à fait atypique, il est vrai. Il devait alors effectuer une identification qui s’est avérée, être erronée. Il croyait que son frère venait de décéder. Mais non, le corps blafard n'avait rien en commun avec son frangin. Le soulagement lui a délié la langue et la drague a ainsi débuté. « Vous ne préférez pas savoir le nombre de cadavres que je peux recevoir en une journée et les délais auxquels la mort me soumet. » Un rictus un peu trop carnassier surgit. Sa part animale se manifeste toujours quand elle s’adonne à ce genre de chasse. Elle le déguise adroitement en posant délicatement sa main contre le bras de son interlocuteur. « Une boisson ne serait pas de refus. » Sans attendre, il claque des doigts pour interpeller le barmaid avant faire courir sa paume contre le coude de sa partenaire. «  Vous êtes splendide. » Elle se mord la lèvre inférieure, baisse légèrement la tête pour masquer un embarras qui n’existe même pas. Mais il lui faut jouer son rôle. Tandis qu’une ombre débarque dans le tableau, elle continue ainsi à fixer son vis-à-vis, prétextant ne voir que lui. Celui qui prend les commandes ne reçoit même pas la sienne directement. « Je prendrai la même chose que toi. » La main accueille le menton alors qu’elle relève son bras non occupé pour s’accouder à la surface proche. Au bout de l’autre, les doigts s’amusent à courir sur le poignet de l’étranger. Oui, la partition, elle l’a répété des milliers de fois. Et elle ignore encore à quel point, elle est déjà proche de la fausse note.

_________________
He said that I never listen but I don't even try
And I can never say sorry 'cause I won't take the blame. I know I always go missing and you're lying awake. But if you ask why I'm distant, I'm running away. You know that everywhere I go I got a million different people tryna kick it. ▬  But I'm still alone in my mind.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5096-myself-was-never-enough-f

Invité
Invité

avatar





MessageSujet: Re: They don't realise that I'm thinking about you [PV Dillion]   Dim 17 Déc - 16:10

Trois étages plus bas. En ces lieux privatisés, il renouait avec le silence d'or d'un décor sans apparat et boniment. Un dédale de couloirs tortueux, bétons grisâtre et néons crépitants sous le poids des années. Loin du faste et de la musique classique, ritournelle diabolique, régnait dans les tréfonds de l'hôtel l'atmosphère salvatrice que l'Irlandais aimait s'approprier de temps en temps. En captivité, il rompait l'asphyxie du haut lorsqu'il déambulait entre ces murs, dans ce que certains ici nommaient l'underground. Les parties cachées de l'antre. Des salles closes détenant la confidence d'un lieu aux multiples visages, à l'image de son propriétaire, constant dans sa rigueur, mais flottant à l'intérieur. Une versatilité qu'il dissimule à tous. Ses démons sont imperceptibles. A l'œil nu, il ne donne de lui que le pan rigide de sa personnalité : l'homme d'affaires sans vergogne, sans état d'âme. Il n'avait rien de plus offrir aux autres qu'une coquille infâme au fond insondable. Ses employés, en ligne de mire, ne le connaissaient pas et ne cultivaient vraisemblablement aucune envie d'approfondir le personnage. Il se comportait avec eux comme un con véritable, un exigeant extrême, un irascible aux sarcasmes qui n'épargnaient personne. Quelle que soit le sexe, la couleur de peau, les croyances, il ne faisait pas dans la distinction. Il maîtrisait son empire avec haine et violence, n'offrant pas la moindre parcelle de son intimité. Implorer la crainte pour mieux se tenir à l'écart de la vérité.

Taiseux et observateur, l'homme au costume cintré scrutait les écrans de contrôle qui tapissaient le mur de la pièce. Il ne louait pas souvent son regard sur la sécurité quotidienne de son établissement, par manque de temps. Quand on l'appelait dans ce bureau, c'était en général en cas d'urgence. L'urgence du moment était une histoire de vol, et plusieurs soupçons à l'égard d'un individu au comportement troublant, toisant d'un peu trop près, depuis quelques jours, les nombreuse œuvres qui ornaient les murs de l'hôtel. De formidables contrefaçons, pour la plupart. Dillion était las, s'attendant à recevoir davantage de faits et moins d'allégations. Muré dans sa pénombre, il tempête intérieurement contre ce manque de matière et semble chercher réponse sur les moniteurs, retraçant l'historique de la vidéo surveillance du Royal. Son regard se creuse, finalement, sur l'un d'eux. "Faites un zoom sur la 33, plein centre." "C'est une caméra directe, Mr. Il n'y a rien à ..""Un zoom sur la 33, j'ai dis." L'homme s'exécute sans plus tardé, déconcerté par l'intérêt de son ajustement visuel, qui ne présentait pas de lien apparent avec l'affaire du cambriolage. Dans l'air se soulève alors les interrogations. L'équipe de la sécurité se concerte du regard, suspendue aux lèvres du propriétaire songeur. "Ce type accoudé au bar, c'est un habitué. Il a acheté une toile récemment, une représentation parfaite d'un Kirchner. Il n'y connaissait absolument rien, c'était certain .. Donnez-moi son nom." Un poil interloqué par la tournure que prenait l'enquête, son employé ne rechigne pas à la tâche pour autant, et distribue l'information, après une brève recherche "Alors .. Mr. Alvarez. Un habitué en effet. Toujours bien accompagné, en plus. Aujourd'hui encore .. Il n'y connait peut-être rien en art, mais en matière de gonzesse .. Quel salaud !" Dillion dissimule son hardiesse envie de l'égorger pour passer ses nerfs, et se contente de fuir la pièce. Sa bestialité l'accompagnait désormais dans ses sombres desseins.

Trois étages plus hauts. De retour en scène, sous les projecteurs, comme un poisson dans l'eau, un requin parmi les Hommes. Le pianiste en parfait métronome dicte la soirée en écoulant les notes sur le tempo des convives, ces carnassiers. Hannigan ajuste sa cravate, et endosse son rôle de maître de cérémonie. Les belles pièces dansent, affichent leur blanchâtre dentition, ou se pavanent au bar en ne se cachant plus de leurs libidineuses intentions. D'habitude animé par l'orgueilleuse sensation de tout pouvoir contrôler, et de tout pouvoir arrêter d'un claquement de doigt, il ne se sentait pas l'énergie de proférer sa fausse sympathie envers son gagne-pain. La vision au travers de l'écran martelait insidieusement son subconscient. Cela aurait pu en resté là, niché dans cette partie là de son esprit. Peut-être même était-ce juste le fruit de son imagination, défaillante depuis plusieurs mois. Mais tout devînt plus vrai, fatalement, lorsqu'il projete son regard en direction du comptoir. Décontenancé, tout semblait valser au ralenti autour de lui. Elle se tenait réellement là. Isra. Il assistait spectateur au petit jeu qu'entretenait les deux tourtereaux, et se laissait happer quelques secondes par ce sourire qui autrefois lui était destiné.  

Au fond de lui il ne pouvait plus contenir la violence. Echaudé, mais loin de perdre sa froideur légendaire, il s'avançe vers les deux amants, sans la gêne de troubler leur entreprise. C'était de toute manière ce qu'il souhaitait, inéluctablement. Il se présente comme une fleur, fané, piquante. "Mr. Alvarez .. Madame .." Se présente-t'il, en inclinant légèrement la tête devant Isra en bon gentleman. Que du vent. Faussement vieux jeu, parce que ça collait au personnage, il s'adresse à l'amateur d'art en face de lui. "Veuillez m'excuser de jouer les troubles fêtes, il me tenait simplement à cœur de vous féliciter pour votre dernière acquisition .. Une œuvre puissante. J'ai pensé qu'un amoureux de la peinture comme vous souhaiterait s'enrichir de nos plus belles trouvailles. Je vous laisse ma carte, avec mon numéro. N'hésitez absolument pas .. Madame, je vous en laisse une également. L'art c'est contagieux. " Il n'en avait rien à foutre, bien évidemment. Deux cartes, une différence. Sur celle adressé à Isra, une légère notification marquait l'arrière. "Chambre 2024." C'était là qu'il l'attendrait, si elle désirait lui parler. Loin de l'opulence et de la fiction. "Je vous laisse tranquille, le devoir m'appelle." Ponctue t-il, en jetant un bref coup d'œil derrière lui.  

Il la délaisse, à contre-cœur. Sans doute aurait il préféré lui parlé sans ce masque qui lui rendait la vie parfois impossible. A travers les flots, une blonde plantureuse et magnifiquement parée lui attrape le bras dans sa course folle pour s'extirper de la danse. "Cette fois, vous ne m'échapperez-pas ! Venez danser, un peu. Je suis curieuse de voir ce qui se cache sous ce masque .." Si seulement tu savais ..
Revenir en haut Aller en bas

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 3400
↳ Points : 6910
↳ Arrivé depuis le : 02/07/2014
↳ Age : 28
↳ Avatar : Gal Gadot
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Médecin légiste
↳ Opinion Politique : Pro-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv 2 - 1 en cicatrisation & 4 en sens sur-développés
↳ Playlist : Halsey - 100 letters // Ellie Goulding - Outside // Daughter - Burn it Down // Natalie Imbruglia - Torn // The Ting Tings - Shut Up and Let Me Go // Halsey - Bad At Love
↳ Citation : " I'm iron and I forge myself. "
↳ Multicomptes : Oswald E. Madsen
↳ Couleur RP : White



les petits papiers
↳ Copyright: ELLAENYS - avatar
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: They don't realise that I'm thinking about you [PV Dillion]   Mer 20 Déc - 2:04

L’ombre grandit dans son dos. Peut-être l’aurait-elle pressenti si le lien magique avait perduré. Un long frisson parcourant l’échine, une douce chaleur grimpant sous la peau. L’hiver et l’été se disputant le terrain au fond de sa carcasse pour déverser sur elle, une succession de sensations contradictoires. Une mauvaise fièvre qui prend des allures de maladie incurable. Dillion lui faisait toujours cet effet en entrant dans une pièce. A trop vouloir résister, l’insoumise le devinait un peu plus dans les tréfonds de ses entrailles, une présence constante que la sorcellerie avait scellé. Il la hantait de toutes les façons possibles alors. Il ne s’agit plus d’un spectre, ni même d’une main posée directement sur le cœur et pourtant, toute cette douleur, toute cette euphorie autrefois perçues, lui sautent à la gorge dès qu’elle relève les yeux pour le toiser. C’est sa voix qui émerge d’abord, un son qui la fait ôter ses doigts du bras voisin abruptement. Une mélodie qui la poursuit quand elle ose le fixer. La surprise génère une lividité mal venue que même son fard à joue ne parvient à masquer. L’épiderme traduit la dualité des saisons par une vague de frémissements. A croire que l’animal reconnait le maitre. A moins qu'il ne s'agisse que  de la femme retrouvant l’amant. Elle ne sait plus vraiment comment aborder ce problème. Parce que c’en est un. Le sorcier n’a jamais été la solution. Tout juste le faux remède, lui réservant le même traitement que ces somnifères qu’elle consomme abusivement pour ne réussir à s’assoupir que quelques instants seulement. Et toujours cette même foutue déception, une fois l’effet dissipé. Mais l’heure n’est pas au constat, ni même à la lucidité. Aloy reste là, stupidement immobile à le détailler. Mais tu es mort. Elle veut le hurler. Le crier, jusqu’à lui briser les tympans. Les mots se coincent dans les dents qu’elle serre pour les empêcher de claquer.

Une conviction qui s’envole alors qu’elle s’acharne à l’observer et à l’écouter. Ce parfait abruti qui prétend ne pas connaitre jusqu’à son nom. Elle veut lui arracher ce stupide sourire, lui broyer chaque os. Comment a-t-il pu réussir à lui faire croire à son trépas ? Comment a-t-il pu casser le peu de ce qui les unissait encore ? Comment trouve-t-il le culot de se pointer là, maintenant ? Et comment peut-elle en être à ce point chamboulée ? Tout se bouscule dans son crâne. Ses doigts réceptionnent la carte, ses pupilles ne dévient pas un seul instant quand elles observent la silhouette s’effacer. Son Roméo du soir se retourne vers elle, plus détendu que jamais. « Un chic type, ce Hannigan. Hé, tu vas bien ? On dirait que tu as vu un fantôme. » Tu n’as pas idée, se retient-elle de préciser. Effroyablement sonnée, la trentenaire comprime le bout de papier au creux de sa paume machinalement. « Oui, ne t’en fais pas, j’ai juste eu un petit moment d’absence. J’ai besoin de me rafraichir un peu. Je reviens tout de suite. » Sa main glisse contre la carrure de l’italien quand elle reprend de la hauteur. Caresse qui n’est pourtant qu’une assurance pour la troublée. Ses jambes grelottent légèrement, elle veut s’assurer de ne pas chuter. Reprenant suffisamment contenance pour atteindre les toilettes des dames sans s'humilier, l’israélienne se place devant le miroir et se regarde sans jamais se voir tout à fait. S’isoler du brouhaha et réfléchir, une intention louable. Cela lui serait plus facile si ses sens exacerbés ne tentaient pas de le traquer, de le chercher à tâtons derrière la paroi qu’elle a refermé. Simple pour la métamorphe de scinder chaque bruit pour détecter sa voix à lui. Les quenottes emprisonnent la lèvre inférieure quand elle lit le numéro au dos du morceau en carton qu’elle tient encore.

Un choix s’offre à elle. Une alternative, des options et l’esprit qui s’absente au plus mauvais moment. Deux sphères sombres la jugent, sa propre réflexion dans la glace. Elle ne s’est plus sentie aussi vivante depuis une éternité. Mais n’est-ce pas qu’un sursaut de vie juste avant la mort ? Les battements anarchiques qui tentent d’invoquer la vivacité avant le dernier souffle ? Que peut-elle analyser ? Convulsions, hyperthermie, difficultés à tenir debout, douleurs abdominales. Voilà tout ce que l’irlandais est, une sale grippe. Elle en subit tous les symptômes. Et au cas où, ça ne suffirait pas à lui rappeler le pourquoi elle l’a un jour, quitté, elle revient dans la salle principale pour voir une blonde accaparer toute son attention. Son petit faible, dénicher toutes les nanas qui ne lui ressemblent absolument pas. Une nouvelle gifle pour l’égarée qui n’en finit pas de la détourner de son objectif initial. Son siège, elle ne le retrouve pas. A la place, elle s’oriente vers son ancien compagnon et enfonce à plusieurs reprises sans le moindre ménagement, son index dans l'épaule adverse afin d'attirer son attention. « M. Hannigan. » Le nom de famille claque et résonne comme une insulte. La changeuse enrage doublement en fouillant instinctivement au fond de son être en quête de leur attache surnaturelle, à jamais disparue. Elle en vient à la conclusion qu’il a fait en sorte de se retirer, de rompre ce serment. Il n’y a plus qu’elle pour être dépendante de lui, en somme. Lui n’a qu’à oublier ce qu’il a créé et le signaler en lui refusant l'accès à ce qui les reliait.

Jalouse et blessée, l’orientale soumet sa bouche à un rictus tordu, crispé.  « Je ne m’y connais pas absolument pas en œuvres d’art. Et je ne ferai pas à nouveau l’erreur de me prendre d’affection pour un tableau qui ne me rapportera de toute évidence, que du vent. J’ai déjà fait suffisamment les frais de ma mauvaise expertise par le passé et c’est présomptueux de votre part, de penser que je renouvellerai à nouveau cette expérience. » Son petit discours ennuyeux a permis à l’indésirable décolorée de s’éloigner quelques temps. La brune en profite pour se rapprocher un peu plus du propriétaire des lieux pour lui murmurer sous le ton de la menace. « C’est gentil de me prêter une chambre pour que je puisse m’envoyer en l’air. J’apprécie ta générosité. » Provocation gratuite qu’elle soutient d’une œillade assassine en brandissant la carte de visite sous le nez de son acolyte avant de tourner les talons pour retrouver son partenaire toujours accoudé au comptoir. Elle n'a fait que quelques pas, espère au fond d’elle sans se l’avouer qu’il l’empêchera de retrouver son aventure du soir. Parce qu’en coupant à nouveau toute communication, la légiste se soustrait à une potentielle explication. Des questions, elle en possède plus d’un millier et autant de reproches. L'indifférence n'a jamais trouvé sa place entre eux. Pas hier, ni aujourd'hui.

_________________
He said that I never listen but I don't even try
And I can never say sorry 'cause I won't take the blame. I know I always go missing and you're lying awake. But if you ask why I'm distant, I'm running away. You know that everywhere I go I got a million different people tryna kick it. ▬  But I'm still alone in my mind.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5096-myself-was-never-enough-f

Contenu sponsorisé








MessageSujet: Re: They don't realise that I'm thinking about you [PV Dillion]   

Revenir en haut Aller en bas
 

They don't realise that I'm thinking about you [PV Dillion]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MERCY IN DARKNESS .} :: The Fifth Chapter :: Memories-