AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 C'est pas comme dans les films. (PV Itzal)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 45
↳ Points : 18
↳ Arrivé depuis le : 20/11/2017
↳ Age : 26
↳ Avatar : Adelaide Kane
↳ Age du Personnage : 28
↳ Métier : Horlogère
↳ Opinion Politique : Résistante extrémiste
↳ Niveau de Compétences : I
↳ Playlist : Chopin - Nocturne op.9 No.2 / Rammstein - Keine Lust / Affection - Cigarettes After Sex / Bebe - Siempre Me Quedara / w h o o s h - push n pull / Soundgarden - Black Hole Sun
↳ Citation : Une citation sans références est à peu près aussi utile qu'une horloge sans aiguilles. Paul Desalmand
↳ Multicomptes : non
↳ Couleur RP : #d5d6c7



les petits papiers
↳ Copyright: me
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: C'est pas comme dans les films. (PV Itzal)   Lun 18 Déc - 3:16


Elle s'était dit qu'elle n'avançait pas. Depuis ces derniers mois, elle faisait du surplace... et aucune rancune ne méritait qu'elle soit à l'arrêt. Jules se devait d'avancer, toujours d'avancer.
Petit à petit, elle avait ressenti le poids de ces derniers mois sans résultat, et sa haine, plus viscérale était-elle envers Talya, s'était alors muselée aux prix d'efforts considérables lorsqu'elle avait tapé à la porte de la résistante. Celle-ci l'avait regardée sans un mot, rien qu'en posant une main sur l'épaule de Jules, elle avait fini par raccrocher un sourire sur son visage bronzé.

"Je suis heureuse que tu sois venue".

"Je ne suis pas venue pour toi." avait répliqué Jules d'une voix froide. Une voix qui contrastait singulièrement avec celle qu'on avait l'habitude d'entendre parmi la société où elle évoluait. La voix d'une personne que ses "clients" naïfs auraient crue étrangère tant elle était le reflet d'une désaffection un peu inquiétante. De cette femme-là, qui était alors entrée chez une Talya plutôt satisfaite, on aurait pu craindre le pire... De cette femme-là, on l'aurait jugée capable de tout.
Et on aurait eu raison. Si ça n'avait été que son honneur qu'elle avait perdu... mais Jules avait commis plus encore. En se rendant chez Talya, elle avait insulté la mémoire d'un adolescent qui l'avait suivie dans ce plan décousu et inconscient. Une part d'elle-même l'avait su bien avant qu'ils ne se rendent dans le bâtiment, mais elle l'avait, tout de même, emmené.  

A chaque pas déposé sur le sol du petit et vieil appartement, il lui semblait entendre le murmure de Brett l'accompagner. Comment oses-tu
Comment oses-tu
Revenir ici, comment oses-tu ?


Aussi se contentait-elle d'occuper son esprit en regardant, ça et là, les visages de peintures tristes et mornes. Talya avait toujours eu un goût prononcé pour le sinistre... La femme l'avait invitée à s’asseoir sur une pauvre petite table bancale, s'excusant de n'avoir rien de mieux que du thé froid, mais Jules avait refusé d'un geste vague de sa main. Se voir offrir un verre de la part de celle qui les avait utilisés, elle et Brett, comme chair à canon aurait été au-dessus de ses forces. Talya avait donc parlé. Longtemps. Pas une seule fois Jules n'avait trahi la moindre émotion. Et Talya avait fait en sorte de ne jamais engager la conversation sur ce qu'il s'était passé, par le passé, dans ce bâtiment.

Bien entendu, Jules avait remarqué ses efforts d'engager doucement les choses, comme si elle avançait un pas après l'autre, puis s'arrêtait, repoussant la ligne de son repli jusqu'au moment où elle lui proposerait, finalement, de reprendre part à leurs activités.
Car seule, Jules n'était capable de rien. Elle l'avait compris, cette infâme vérité. Seule, elle était impuissante.

Alors elle l'avait écoutée, son regard dur et distant, elle l'avait écoutée en gardant en mémoire chacun des termes qu'elle employait : parce que les mots, au final, Talya les choisissait toujours avec une grande habileté.

"Quand ça?" l'avait-elle enfin coupée, sans politesse.

Elle avait discerné une éparse lueur de ravissement dans les yeux de Talya.

"Demain. Demain soir."


Les reproches de Brett qu'elle avait crûs entendre dans sa tête avaient alors redoublé, lui donnant mal au crâne et distillant une sensation d’amertume qui fut telle que Jules eut la plus grande peine à ne pas grimacier.

Je me suis trompé Jules, t'avais raison.
Quand je t'ai dit que c'était pas vrai, qu'au fond t'étais quelqu'un de bien, que c'était pas ta faute si des débiles t'avaient lavé le cerveau depuis mioche. T'avais raison, je me suis trompé. Y'a rien de bon en toi, et t'es sûrement pire.
Pire que tous ces connards du gouvernement pour lesquels chui tombé."


"Très bien." avait soufflé Jules, trahissant pour la première fois une lassitude profonde, presque douloureuse.

"Très bien, explique-moi tout."

- -  - - - - - - -

Son rôle était simple, au final. C'était sans doute pourquoi elle avait paru si sceptique. Elle devait faire le guet sur l'un des toits et attendre que son compère spécialisé dans le crochetage des serrures et des coffres, un homme dont elle ne connaissait au passage ni le nom, ni le visage, lui ouvre la fenêtre et lui remettre des documents. D'après Talya, il fallait se dépêcher car bientôt le coffre se trouverait ailleurs. Jules avait émis quelques suspicions quant aux chances de trouver quoi que ce soit. Qui donc planquerait des papiers confidentiels dans un taudis pareil, là où de potentiels résistants s'y trouvaient, là où les gens attaquaient les passants juste pour avoir un ticket de rationnement ou parce que l’éternuement d'un homme avait semblé suspect ? Sauf que Talya avait ri, de son rire caractéristique, pareil à un aboiement, jetant un coup d'oeil suffisant à Jules - celui qu'on adresse généralement à quelqu'un qui a encore beaucoup à apprendre.

"C'est dans les endroits insoupçonnés qu'on cache le mieux les secrets, Jules. Réfléchis bien, qui penserait à regarder ici ?"

C'était vrai, personne ... À vrai dire, si des rumeurs n'avaient pas filtré, Jules n'aurait même jamais remarqué cet immeuble noir de crasse au milieu d'autres blocs de bâtiments tout aussi sombres, tout aussi sales et bien plus visibles. Dans la nuit profonde, une cagoule rabattue sur son visage, ses vêtements noirs et sans forme, elle était restée allongée à plat ventre contre les tôles du toit, en s'y confondant presque. Parfois, plus loin, en contrebat, des explosions fusaient, des cris, des insultes, des pas effrénés : la respiration sporadique d'un quartier semblant fait de chair. Puis, à nouveau, le silence retombait. Entre le roulement des sons, elle surveillait l'entrée se trouvant cinq étages en dessous. Elle ressemblait à une ombre dans son habitat naturel. Dans ces moments, quiconque la voyant aurait compris à quel point la noirceur et la rudesse du monde faisaient partie intrinsèque de son univers. Plus pétillantes étaient les coupes d'alcool, plus lumineux s'affichaient les sourires, c'était ici, recouverte de noir, que le tissu la sublimait vraiment- plus que toutes robes à paillettes dans des salles de cérémonie.

Après un temps interminable où le froid avait engourdi ses membres, quelqu'un tapa à la fenêtre... de l'intérieur. Etrangement, Jules comprit que quelque chose clochait : la façon dont il avait toqué. L'expression sur le visage du résistant, recouvert jusqu'au nez d'un bandana gris, fut la confirmation de ses craintes.

"Qu'est-ce qui s'est passé ?" murmura-t-elle
Mais il ne répondit pas, se contentant de hocher frénétiquement de la tête en pointant son doigt vers le bas. Puis il tendit sa main vers elle. Jules l'observa, incrédule.

"Te hisser? Je ne peux pas te hisser depuis la fenêtre. Pourquoi tu ne descends pas ? Où sont les papiers ? Que se passe-t-il ?!" siffla-t-elle à voix basse.

Se penchant de plus belle au rebord du faîtage, ce qui n'était pas une bonne idée vu la qualité de la toiture, elle tâcha de calmer l'intonation de sa voix.

"Que se passe-t-il?" répéta-t-elle
"Un milicien" chuchotta-t-il enfin à travers son bandana.
"Où ça ?"

De nouveau, il pointa son doigt vers le sol. Le rez-de-chaussée. Ses yeux s'écarquillèrent. Comment ? Machinalement, elle amorça un mouvement de recul dans l'intention de s'éloigner d'ici et d'abandonner l'homme à son triste sort ; mais elle se figea soudain. Ce n'était pas son voisin qui la tracassait, mais les papiers... des données, des informations qui pourraient peut être lui servir. Contre toute attente, elle pivota dans l'autre sens et se laissa alors glisser. Les jambes dans le vide, elle se retint aux tôles qui risquaient à tout moment de céder et l'envoyer épouser les dalles. Cinq étages, ses chances de survie seraient de l'ordre de zéro, à peu de chose près. Mais le résistant eut la jugeote de la rattraper par la taille, et elle s'engouffra finalement par la fenêtre.
Se massant le poignet, tracassée, elle sortit sans un bruit dans la cage d'escalier pour s'assurer qu'ils étaient tranquilles. Puis elle retourna vers l'homme, les sourcils froncés -même si ça, il n'était pas en mesure de le voir derrière sa cagoule.

"A quel moment ? J'ai pourtant surveillé je...comment ? Que faisait-il ?"


" Une porte arrière, tu pouvais pas le savoir. Il récupère les dossiers dans le coffre" souffla le résistant.

"Comment ont-ils su ? Pourquoi maintenant ?"

Il hocha de la tête pour signifier qu'il n'en savait rien. Pestant à demi-mot, Jules s'assit avec précaution sur le lit mangé aux mites, dans cette chambre désaffectée et poussiéreuse.

"On va attendre" dit-elle, à contrecœur.

"On va attendre qu'il sorte."

Elle releva vers lui son visage aux traits invisibles.

"Après ça, je le suivrai."

- - - - - - - - - -

Le bruit strident du couvercle résonna dans l'impasse comme autant de rires adressés à Jules. Et c'était aussi cela qui lui avait donné envie de vomir, ça et la douleur insoutenable contre son flan qu'elle tenait d'une main ensanglantée. Elle avait renversé la poubelle, car courant de manière trop inégale. Juste derrière elle, la cadence de bottes s'approchait. Mais elle n'avait d'yeux que pour le cul-de-sac d'où elle cherchait quelque chose... quelque chose! Ah. Son souffle se coupa quand elle le trouva, tombé à quelques centimètres à peine.
Avant qu'elle ne puisse le ramasser, une large silhouette la télescopa sur le côté. Dans une valse de tissus, ils s'écrasèrent au sol.
C'est bien fait pour toi, Jules.
Un poing s'enfonça à l'endroit exact où se trouvait sa blessure, vidant ses poumons d'oxygène. Le coup lui arracha un hurlement, un hurlement terrible, un hurlement qu'elle ne se serait jamais crue capable d’émettre. Son cerveau était devenu comme halluciné, brouillant sa vision de vagues rouges et blanches,  mélange confus de douleur et d'adrénaline. Dans un cri de rage, elle lui enfonça son genou dans le ventre, mue par la force du désespoir et d'une certaine folie, celle de la lutte, de la peur, de la survie. Alors il se plia en deux et elle en profita, galopant à quatre pattes, glissant sur les pavés humides. Sa main se tendit vers l'objet retrouvé, malgré la souffrance insupportable de son flanc, si seulement elle pouvait rattraper l'arme !

"Non!" rugit-il. Mais déjà un cri de triomphe, étouffé par sa cagoule, s'échappa de ses lèvres. Elle se retourna et brandit l'arme du milicien de ses mains tremblantes contre son propriétaire. Aucun répit, le temps jouait contre elle, à chaque fois. Elle tira.
Clic. Comme la mécanique rompue d'une horloge cassée.
Le pistolet était déchargé.

_________________

J'ai ouvert des livres et des journaux.
A la recherche de comment formuler mes mots.
Que déjà je n'avais plus d'encre
.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

SUCKER FOR PAIN

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 2157
↳ Points : 202
↳ Arrivé depuis le : 18/09/2017
↳ Age : 99
↳ Avatar : juan pablo raba
↳ Age du Personnage : 36 ans
↳ Métier : nettoyeur, il arrondit ses fins de mois avec des petits boulots divers en lien avec ses compétences
↳ Opinion Politique : anti-tout
↳ Niveau de Compétences : 2
↳ Playlist : AC/DC thunderstruck / FOO FIGHTERS best of you / METALLICA nothing else matters / SKIN zola jesus / IRON MAIDEN the troopers / UTRB one way or another / TENACIOUS D tribute / GODSMACK voodoo
↳ Citation : « The rules of the game are what you can do to the enemy and what you can stop him from doing to you. I am your enemy from now on. » o.s.card
↳ Multicomptes : nope
↳ Couleur RP : indianred



les petits papiers
↳ Copyright: sciencebiaatch (profil) - jiubilee et slamncram (fiches et sign) - Juice (vava) - shiya (liens)
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: C'est pas comme dans les films. (PV Itzal)   Ven 22 Déc - 20:49

Comme disait l’adage, une ombre file dans la nuit, c’est un assassin qui s’enfuit. Enfin, il semblait à Itzal que c’était un genre de proverbe touareg ou quelque chose dans le genre. En tout cas, un truc qu’il connaissait depuis longtemps et chantonnait souvent sans plus savoir d’où ça lui venait. Toujours est-il qu’il avait bien vu une ombre courir sur le mur de la ruelle qu’il remontait tranquillement, les mains dans les poches, dans une posture absolument pas idéale pour traîner dans ce quartier pourri. Du moins en apparence. Mais il connaissait Treme comme sa poche. Et les ombres dans la nuit étaient légion ici, le coin était même probablement peuplé uniquement que de ça. Des ombres qui glissaient sans bruit sur les murs, les trottoirs, venaient mourir au pied des lampadaires avant de jaillir de nouveau dans la nuit. Souvent précédées de chuchotis, de bruits de courses, de rire ténu. Et parfois de cris. Comme ce soir, par exemple. À peine Itzal avait-il suivi des yeux cette ombre silencieuse qui s’enfuyait devant lui qu’une seconde passa, tout aussi rapide. Eh bien, dans cette ville, quelqu’un, quelque part, passait toujours un sale quart d’heure. Il n’accéléra pas le pas pour autant. Se mêler des affaires des autres, il ne le faisait que s’il était payé. Puis il y eut un hurlement, féminin, impossible à rater. Dans un monde idéal, toutes les ombres auraient pris corps, des visages seraient apparus aux fenêtres. Mais avant l’apocalypse, le monde n’était déjà pas idéal, et aujourd’hui encore moins. Crever la bouche ouverte dans l’indifférence générale, c’était le lot de la majorité des gens. Si Itzal se retrouva mêlé à tout ça, c’est simplement parce que ses pas l’avaient mené tout droit dans cette histoire.

Comme d’habitude ces derniers temps, il s’était déplacé pour rien. Il voulait avoir des nouvelles d’Esperanza mais elle était plus difficile à choper qu’un courant d’air. Échaudé, il avait décidé de passer par Treme pour rentrer chez lui parce que la nuit, personne ne le ferait chier. Utopie, vœu pieu, fantasme absolu dans ce coin de la ville qui ne dormait jamais et où la nuit, les gens hurlaient et se tapaient dessus. Comme maintenant. Déboulant au coin d’une ruelle, Itzal tomba sur une scène à la fois incroyable et en même temps terriblement banale. Deux silhouettes en train de se battre. De son œil exercé, et quelque peu aidé par ses dons, il repéra, sans même voir son visage caché par une cagoule, une femme, petite et gracile, et un milicien. Que foutait un de ces cabots tout seul si loin de sa compagnie, Itzal n’en avait aucune idée. Il hésita quelques secondes à intervenir. Il n’aimait pas se mêler de ce qui e regardait pas, il n’aimait pas avoir affaire aux miliciens non plus. Mais peu importait les raisons, peu importait si cette fille avait mérité son sort ou pas. Il haïssait vraiment la milice et l’idée de lui arracher sa proie du jour des doigts le réjouissait. Il n’avait pas fait trois pas cependant que la situation se retourner. Soudain, la fille, apparemment mal en point, tenait le milicien en joue. Que ce soit bien clair, pour Itzal, un milicien mort était une bonne nouvelle, mais il y avait fort à parier que le reste de la troupe ne soit pas loin. Ces types-là se déplaçaient en meute. Si elle lui faisait sauter le caisson, le bruit du coup de feu attirerait l’attention. Pas des civils, qui n’en auraient rien à carrer. Mais de la cavalerie, ça oui. Il s’avança pour l’empêcher de faire cette connerie monumentale, capta, comme le milicien lui-même, le déclic pathétique de l’arme vide.

Il y eut quelques secondes de vide. Nul doute que sous sa cagoule, la fille devait tirer une sacrée gueule. Le milicien venait de comprendre qu’il n’allait pas mourir et s’accorder un peu de temps pour savourer le soulagement. Itzal faillit faire demi-tour. Pas son problème, putain. Se dit-il en enfonçant un peu plus bas sa casquette sur son front et en s'approchant. « Hey, le débile ! Qu’est-ce que tu fous aussi loin de ton unité ? » Il rejoignit le duo, atterrissant comme un cheveux sur la soupe, et le milicien se tourna vers lui, nerveux. Itzal leva aussitôt la main pour couper court à ses menaces. « Owen Sinclair, commandant en chef de l’armée régulière. Je vais m’occuper de cette fille. » Mentir, c’était facile. Surtout quand il s’agissait d’un mensonge qu’il avait déjà utilisé des dizaines de fois depuis qu’il avait douze ans. Owan Sinclair, c’était son frère. Le fils légitime de son père, le grand ponte du gouvernement. Un homme que tout le monde connaissait. Quant à Owen, tout le monde le connaissait au moins de nom… et Itzal et lui partageaient la même carrure impressionnante, la même posture bourrue et la même barbe de trois jours. Itzal avait bien assez souvent entendu son frère se plaindre de la milice, et plus encore des Shadowhunters, pour savoir que l’ambiance entre la milice et l’armée régulière n’était pas à la fête, chacun considérant que l’autre marchait sur ses plates-bandes. Il était clair que cette fille n’avait pas fait montre de pouvoirs louches. Ça ne prouvait rien, mais ça ne justifiait plus la présence de ce débile ici. Surtout que les miliciens étaient censés se déplacer en groupe. L’autre hésitait, et il avait bien raison. Mais il était facile e manipuler un être effrayé, surtout quand le rapport de force, au-delà de la violence, était hiérarchique. Il n’y avait rien de pire que cela. « Vous voulez passer un coup de fil à mon père ? Je suis sûr qu’il sera ravi d’être dérangé en pleine réunion pour cette idiote sans intérêt. »

Enfin, le type finit par hausser les épaules. Il ne devait pas tant tenir que ça à cette fille. Il devait avoir plus à gagner à s’en aller. Ce qu’il finit par faire. Itzal se tourna vers la gamine cagoulée, et lui arracha son flingue vide des mains. « Qu’est-ce que tu croyais, toi ? Tuer un milicien et te barrer comme si de rien n’était ? » Les miliciens, c’étaient les stars du gouvernement actuel. Itzal savait que son frère les détestait aussi pour ça. Pour le laxisme dont faisait preuve leurs supérieurs, pour le pouvoir qu’ils avaient, de coercition, de violence, et même de mort. Bien plus que la police ou  l’armée régulières.

_________________

       
you make sense of the devil
You wanted to know what gave me such drive. It was you. You put me in that brothel. You cut me on the streets. I am here now, because of you. You created me. And for that, I bless you. arthur ©endlesslove.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5190-itzal-macaro-been-there-d http://www.mercy-in-darkness.org/t5193-time-and-time-again-itzal#210897 En ligne

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 45
↳ Points : 18
↳ Arrivé depuis le : 20/11/2017
↳ Age : 26
↳ Avatar : Adelaide Kane
↳ Age du Personnage : 28
↳ Métier : Horlogère
↳ Opinion Politique : Résistante extrémiste
↳ Niveau de Compétences : I
↳ Playlist : Chopin - Nocturne op.9 No.2 / Rammstein - Keine Lust / Affection - Cigarettes After Sex / Bebe - Siempre Me Quedara / w h o o s h - push n pull / Soundgarden - Black Hole Sun
↳ Citation : Une citation sans références est à peu près aussi utile qu'une horloge sans aiguilles. Paul Desalmand
↳ Multicomptes : non
↳ Couleur RP : #d5d6c7



les petits papiers
↳ Copyright: me
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: C'est pas comme dans les films. (PV Itzal)   Mar 2 Jan - 7:45



C'était dans cette indolente routine des jours qui passaient et se ressemblaient : se lever, réparer des horloges, rendre visite à ses contacts, ignorer les mises en garde de Luce, tâcher de faire de même avec la culpabilité dans sa tête, elle qui avait dégagé des émotions pareilles à coups d’entraînements intensifs, mais celle-ci revenant pourtant la hanter devant ces journées, à nouveau, ces journées qui passaient sans que rien ne change. Que Solenn soit encore introuvable, que le gouvernement continue de surplomber les autres, que les résistants aient décidé de serrer la pince à leurs ennemies. Elle aurait dû se douter que cela ne durerait pas. Elle aurait dû s'attendre à ce que, dans sa vie, les situations de calme ne soient que les accalmies de tempêtes. Il n'y avait pas de repos. Même quand son corps tentait de se reposer, son esprit gardait l'horrible impression d'inutilité : perdu sur une place sans horizon et sans odeur où tout était factice et incroyablement terrifiant de par son atmosphère. Alors, le destin lui faisait vivre une scène de chaos comme un message à l'humour douteux : est-ce que tu es satisfaite dorénavant ? Est-ce que c'est ce que tu attendais, Jules ? Non, bien évidemment que non... puisqu'elle échouait : même là, elle échouait.

La présence de cette homme qui sermonnait son ennemi était la preuve manifeste de ses pensées. En âge, son front moite qu'elle sentait coller contre le tissu noir, elle aurait dû rabaisser l'arme en même temps que ses bras. S'avouer vaincue. Mais faire cela lui semblait bien plus douloureux que de lutter. Abdiquer reviendrait à accepter ce qu'elle n'était pas prête, pas encore, pas tant que le milicien se trouvait toujours face à elle. Elle continuait donc de pointer ce pistolet inutile vers le milicien d'une manière bien dérisoire, tremblante comme une feuille tandis que lui ne la calculait déjà plus. Les ordres du nouveau venu, Jules les entendait de façon lointaine et dissociée à cause de la blessure de son corps qui pulsait, lui donnant l'impression que son coeur était retombé jusqu'à son ventre et cognait contre ce qu'il pouvait trouver. C'était le coup de poing qu'elle avait reçu qui avait aggravé les choses. Elle le savait...

« Owen Sinclair, commandant en chef de l’armée régulière. Je vais m’occuper de cette fille. »

Son dos se raidit. La peur, malgré elle, se déversa dans sa tête et flouta son regard. Puis son ennemi, l'homme qu'elle avait espéré assommer, juste assommer, à défaut de pouvoir le tuer, et qui s'était retourné juste à temps pour parer: sans trop qu'elle sache comment, le murmure d'un vent qui lui en voulait grave, sans doute, voilà qu'il venait de se relever. Il abdiquait, il s'éloignait sans la moindre concession. Comme si Jules n'était rien de plus qu'un obstacle qu'on enjambe: dérisoire. Ne l'avais-tu pas encore compris à quel point tu ne valais rien, Jules ? Ses yeux s'écarquillèrent et son souffle s’accéléra pour laisser passer un mot qu'elle ne s'entendit même pas prononcer.

"Non..."  Il ne devait pas partir, elle n'avait pas fourni tous ces efforts, risqué sa vie pour qu'il parte en emportant avec lui ces papiers ! Ces foutus papiers, dans l'intérieur de sa veste ! Fiévreuse, elle lâcha l'arme, ou plutôt celle-ci fut récupérée par l'inconnu sans qu'elle ne s'en rende compte. Elle amorça un geste pour se lever mais la douleur de son flanc lui arracha un gémissement et la fit retomber à genoux.

« Qu’est-ce que tu croyais, toi ? Tuer un milicien et te barrer comme si de rien n’était ? »

L'injustice tournoyait dans sa tête et le goût, cette fidèle amertume délicatement collée au palais par ses fantômes, une hostie âcre, déforma les traits de son visage.

"Les papiers... tu l'as laissé partir..." souffla-t-elle. Sa voix était chevrotante : agitée par une rage telle qu'elle ne se souvenait plus avoir ressentie depuis des années. Et lui... un autre connard dans cet univers, qui lui parlait comme si... comme s'il savait, comme s'il avait le droit de la juger !  Elle passa une main tremblante sur son visage, cette même main qu'elle avait portée à ses côtes un peu plus tôt et tâchée de sang, laissant des traces sur sa cagoule, rouges, insolites.

"Je t'interdis de me dire... je t'interdis... tes remontrances...la ferme.. ferme ta putain de gueule!" gronda-t-elle. Sa colère coulait comme de l'eau sur laquelle on refermait sa main : plus l'on essayait de la retenir et plus celle-ci s'échappait. Hors de contrôle, au mépris des crocs de la douleur fichés dans son flan, si bien qu'elle crût qu'on venait de lui arracher un lambeau de son corps au moment de se relever, elle se laissa porter par l'élan de sa fièvre : causée par cette balle, logée entre ses côtes. Car ce foutu milicien avait eu le temps de tirer, bien sûr... quand elle, Jules, n'était même pas fichue de récupérer des papiers ! Elle retomba contre l'homme, s'accrochant au col de sa chemise. Ses mains ensanglantés s'y resserrent pour former des poings, son corps agité de soubresauts compulsifs, la douleur faisant trembler ses lèvres.

" Alors fais ton travail, commandant... Vas-y, tue-moi... fais-le !" Son cri se répercuta contre les murs du cul de sac.  Ce qui était un véritable affront d'abord devint peu à peu incertain. Ses mains trahirent un mouvement plus manifeste, celui de se raccrocher à lui. Elle ne voulait pas mourir à terre, pas après ce qu'elle avait dû faire dans sa vie, pas après le combat qu'elle s'était promis de mener. Même si c'était au col d'un ennemi qu'elle aurait rêvé de tuer en temps normal, si jamais elle devait mourir maintenant, elle voulait qu'il lui laisse cet honneur là. Rester debout, vulgaire souris de condition mais véritable être humain, ce soir.

"S'il te plaît..." murmura-t-elle soudain, retenant un étrange sanglot alors que déjà son corps tanguait, menaçant de chuter. Qu'il lui laisse au moins cet ultime droit...

_________________

J'ai ouvert des livres et des journaux.
A la recherche de comment formuler mes mots.
Que déjà je n'avais plus d'encre
.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

SUCKER FOR PAIN

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 2157
↳ Points : 202
↳ Arrivé depuis le : 18/09/2017
↳ Age : 99
↳ Avatar : juan pablo raba
↳ Age du Personnage : 36 ans
↳ Métier : nettoyeur, il arrondit ses fins de mois avec des petits boulots divers en lien avec ses compétences
↳ Opinion Politique : anti-tout
↳ Niveau de Compétences : 2
↳ Playlist : AC/DC thunderstruck / FOO FIGHTERS best of you / METALLICA nothing else matters / SKIN zola jesus / IRON MAIDEN the troopers / UTRB one way or another / TENACIOUS D tribute / GODSMACK voodoo
↳ Citation : « The rules of the game are what you can do to the enemy and what you can stop him from doing to you. I am your enemy from now on. » o.s.card
↳ Multicomptes : nope
↳ Couleur RP : indianred



les petits papiers
↳ Copyright: sciencebiaatch (profil) - jiubilee et slamncram (fiches et sign) - Juice (vava) - shiya (liens)
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: C'est pas comme dans les films. (PV Itzal)   Mer 3 Jan - 20:03

Ce n’était certainement pas d’un petit vol à main armée dont il s’agissait. Ce n’était pas comme si la milice se baladait avec son argenterie sur elle et il aurait fallu être le voleur le plus ralenti de la Création pour choisir un de ses membres pour cible. Ce n’était pas non plus de la légitime-défense – la cagoule clamait la culpabilité, toute relative évidemment, puisque question de point de vue – et de toute façon, là encore, cela aurait été stupide. Face à un membre de cette sale engeance, il n’y avait qu’une attitude à adopter : la fuite. Au moins celui-là n’était-il qu’un soldat lambda, pas un de ces robots-tueurs nés des entrailles laborantines du gouvernement que ce dernier lâchait dans la nature pour traquer quiconque n’était pas humain. Ce type-là devait aimer son job, forcément, mais pas au point de s’attirer des ennuis. Quant à savoir ce qui passait dans la tête cagoulée… Itzal savait d’avance qu’il regretterait sa décision de se mêler de cette histoire. Mais il savait aussi qu’il lui aurait été encore plus insupportable de voir cette silhouette tremblotant comme un bol de gelée se faire éparpiller sur les murs de la ville comme une ombre, en silence, sans autre témoin que lui, et disparaître au lever du jour. D’une façon ou d’une autre, cela aurait été une injustice, et si Itzal n’avait rien d’un justicier, il détestait voir l’oppression, de quelque camp que ce soit, s’offrir un tel cadeau.

Le milicien finit par s’en aller. Si Itzal avait vraiment été un gradé de l’armée, il aurait retrouvé cet incapable et aurait détruit sa carrière. Plaisir d’offrir, joie de recevoir. À ses pieds, l’autre protestait tout bas. Le Vénézuélien dut s’accroupir à ses côtés pour capter ses paroles. C’était bien une donzelle, et cette histoire de papiers confirmait ses attentes. Les gens qui s’en prenaient la nuit à des membres du gouvernement, même le plus demeuré des miliciens, et qui souhaitaient dissimuler leur identité, avaient beaucoup à cacher – et tout à perdre. Alors c’était ça qu’elle voulait, récupérer des foutus papiers ? Et son plan consistait donc à braquer le type avec une arme déchargée. Ça fleurait bon l’amateurisme. Heureusement qu’Itzal n’avait pas agi pour la gloire ou n’attendait de remerciements. En fait, il faillit se relever pour s’éclipser, vu que tout ce bordel n’était pas son bordel, quand l’autre s’exprima avec un peu plus de forces, l’enjoignant à « faire son job », ce qui lui arracha un rire étouffé. Il lui arracha sa cagoule, découvrant une fille à tête de bébé et aux yeux déjà vides. Cramponnée à lui, elle était à deux doigts de tourner de l’œil. Ben voyons. Il n’allait certainement pas la ramener chez lui. Ni dans aucun des lieux qu’il avait l’habitude de fréquenter. Les ennuis devaient rester à la porte. « Mon job n’est pas de te tuer. C’est de te ramener dans une pièce sans fenêtre, dans un bâtiment qui ne figure pas sur le cadastre de la ville, et de te faire torturer pendant des heures jusqu’à ce que tu craches les noms de tes petits copains. Après quoi, pendant que toi tu seras exécutée dans l’arène, mon job sera d’envoyer la milice pour faire arrêter tes potes et les faire torturer à leur tour. C’est comme ça qu’on élimine la vermine mal préparée, dans la vraie vie. Enfin ce serait comme ça que je ferais si j’étais vraiment commandant. »

Il songea à la jeter sur son épaule comme un sac à patates, mais ça ferait désordre s’ils croisaient quelqu’un, alors il se contenta de passer un bras autour de sa taille pour la soutenir, quitte à la porter plus qu’autre chose. Ils n’allaient pas loin de toute façon. Il y avait de ces métiers qu’Itzal n’aurait jamais imaginé voir survivre à une petite apocalypse de derrière les fagots, et pourtant chaque jour, il allait de surprise en surprise. Par exemple, là, tout de suite, il se dirigeait vers une petite clinique vétérinaire qu’il avait remarquée des mois plus tôt. Qui, dans ce monde, avait encore des animaux de compagnie ? À part les riches, évidemment. Encore que… en cette période de disette, il pouvait imaginer le retour sur investissement que constituait le fait d’avoir une bestiole. Quoiqu’il en soit, des gens avaient des animaux domestiques, et donc il y avait des cliniques vétérinaires. Itzal fit s’asseoir la fille dans la ruelle sombre longeant le côté de l’établissement – si elle filait pendant qu’il allait fouiller la clinique, tant mieux pour lui, et sinon elle n’en aurait pas la force et l’attendrait là bien gentiment. Ironiquement, il se rendit compte que la serrure de la porte de service de la clinique avait déjà été forcée plus d’une fois. Pas étonnant. Médicaments et bandages, des denrées précieuses par les temps qui couraient. Itzal se servit avec parcimonie. Il s’en foutait, des poissons rouges grippés et des perroquets dépressifs, mais malgré tout, il ne pouvait s’empêcher d’avoir un peu de peine pour le ou la propriétaire des lieux – utopiste jusqu’au bout de l’angoisse. Ou au contraire, déjà plus vraiment foi en l’humain et se rabattant sur les bêtes.

Il ressortit avec un rouleau de bandage et deux cachetons contre la douleur, d’une marque destinée aux chiens, mais c’était du pareil au même, hein ? Il s’accroupit devant la fille, en se demandant si elle allait lui claquer entre les pattes. « Hé ho ! Faut te réveiller, là, ou tu vas crever dans la rue. Je ne sais pas ce que tu cherchais à faire ce soir mais t’auras une autre chance, à condition de pas te laisser mourir là comme un clebs. » Au cas où elle ne l’aurait pas encore compris, il n’était commandant de rien, de sorte que la vie lui offrait déjà une seconde chance, à cette fille.

_________________

       
you make sense of the devil
You wanted to know what gave me such drive. It was you. You put me in that brothel. You cut me on the streets. I am here now, because of you. You created me. And for that, I bless you. arthur ©endlesslove.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5190-itzal-macaro-been-there-d http://www.mercy-in-darkness.org/t5193-time-and-time-again-itzal#210897 En ligne

Contenu sponsorisé








MessageSujet: Re: C'est pas comme dans les films. (PV Itzal)   

Revenir en haut Aller en bas
 

C'est pas comme dans les films. (PV Itzal)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Coeur d'Ecureuil - "Je lis en toi comme dans un livre ouvert." ~
» Comme un mauvais rêve
» ℓ'αtεℓιεя ∂'нιtσε [closed, comme les watter]
» [1619] Comme dans un bocal.
» Fidélité des films par rapport aux livres

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MERCY IN DARKNESS .} :: The Third Chapter: New Orleans :: Northern New Orleans :: Treme-