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 Out of the black [Tobias]

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WILDHUNTER

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↳ Arrivé depuis le : 03/09/2013
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↳ Age du Personnage : Quarante-huit ans
↳ Métier : Bras-droit de Maria Velasquez ; Ancien directeur de la Parish Prison
↳ Opinion Politique : Il crache sur le Gouvernement, et emmerde la résistance. La Communauté en unique camp, au-dessus et avant tout le reste.
↳ Niveau de Compétences : Trois
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STARSET - Demons ♭ KORN - Evolution ♭ SLIPKNOT - Disasterpiece ♭ SIA - Free me ♭ WOODKID - Iron ♭ BEAR McCREARY - A nation of thieves ♭ NICK CAVE - Avalanche ♭ KODA - New blood ♭ HIDDEN CITIZENS - Paint It Black ♭ SABATON - Out of control ♭ RAG'N' BONE MAN - Hard came the rain ♭ POP EVIL - Monster You Made

↳ Citation : « Everyone is a monster to someone. Since you are so convinced that I am yours, I will be it. »
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MessageSujet: Out of the black [Tobias]   Dim 24 Déc - 17:30

Out of the black

feat tobias madsen & leslie Maclean
How did it feel when it came alive and took you ? Out of the black it broke your skin and shook through. Every part of me, every part of you. You made a fool out of me and took the skin off my back running. So don't breathe when I talk cause you haven't been spoken to. I've got a gun for a mouth and a bullet with your name on it. And I promised you like you promised me

Déluge de fin du monde sur la ville. Il amorce le retour des pluies torrentielles, et oblige un programme pourtant bien rôdé à être revu. Révisé pour s’épargner le retour jusqu’au camp sous une pluie battante et de nuit. Rien à faire, il faudra rester là jusqu’à ce que la tempête s’apaise. Non pas que l’idée de courber l’échine sous un déluge à rompre les vertèbres ne soit déplaisante, habitué aux déchaînements de fin du monde d’une île mordue par les éléments et aux fureurs climatiques de la Louisiane depuis suffisamment longtemps pour ne plus en souffrir. Ou s’en moquer tout simplement. D’autres n’ont pas vu l’imprévu d’un même œil. Compagnie divisée préférant l’abri des murs plutôt qu’un voyage de retour aux airs de jour du Jugement dernier. Privilège du haut-placé du campement, l’important aux yeux du Gouvernement, je suis l’unique favorisé du groupe. Celui qui reste et à qui l’on offre la possibilité d’oublier la débâcle du dehors dans un décor puant le luxe et la volupté d’une vie sans ambages. Mauvaise blague et pourtant, il est aisé de se faire avoir. De se laisser charmer par l’environnement, le mobilier, la grandeur effarante de la chambre. Ridicule pour une seule personne. Hors de prix, mais qu’importe, ils paient pour s’assurer le confort de leur prétendu invité de marque. Après la cellule de prison, la différence choque et met mal à l’aise. Sonne presque comme une injure, un majeur levé bien haut pour faire comprendre qu’ici, ceux qui commandent, c’est eux, et personne d’autre. Renforcer l’impression de n’être que des pions bons à être utilisés puis jetés. Et les exécrer plus encore à mesure que la pupille s’abîme sur chaque coin de meuble. Le lit intouché, outrancier. Le tiroir de la table de nuit qui s’ouvre par curiosité. La classique Bible, et de fameux emballages allègrement douteux aux côtés du livre sanctifié. Juste au cas où. Dans un contexte où la Prohibition règne, c’est presque comique. Pied de nez laissé en souvenir par une quelconque prostituée persuadée de revenir avant que tout ne se casse la gueule, peut-être. Haussement de sourcil et rictus éphémère sur les lippes, la plaisanterie fait mouche.

Fatigué de tourner dans cet antre étouffant, lion en cage qui s’épuise pour rien, sortir devient vital. Et à peine la porte refermée, la question me heurte. Qu’est-ce que tu vas faire dans un endroit pareil ? Du doute dans la tête, battements de cils pour le faire disparaître et dans un haussement d’épaule faisant office de réponse, la carcasse se met en route. Arpente le couloir aux portes toutes identiques, closes sur les intimes factices de leurs occupants. Le monstre capte, sent et dévore ce qui se pose à portée de ses sens. Vibre des puissances hurlant à ses côtés, ces énergies nouvelles, diablement attirantes. Buffet ouvert où il n’est question que de tendre la main pour se servir. Torsion sale dans l’estomac, le pas se presse sur les tapis rares, foule les marches et me voilà de retour à la case départ. Dans le hall d’entrée sous les yeux intrigués de l’hôte d’accueil. Il ouvre la bouche, avenant dans son rôle et la referme aussitôt lorsque se tournent les talons. Irrémédiablement, le corps sait ce qu’il fait. Guide la raison jusqu’au centre névralgique de la déraison. Erreur, Leslie…

« - Qu’est-ce que je vous sers ? » La question, si coutumière il fut un temps me semble pourtant inédite. Installé au comptoir du bar vomi par la bouche de l’opulence, les ongles grincent contre le bois rutilant. La lutte fait rage dans la poitrine, et la main posée contre la cuisse s’agite. « - Whiskey. Irlandais. »  Ca va de soi. Dans ce domaine, renier ma patrie est une hérésie. Meilleur scotch possible, le verre se dépose avec élégance, l’ambre liquide scintillant sous l’éclat des lumières pourtant tamisées. La vision a quelque chose de prophétique, divine sous l’œil du croyant dévoré par sa foi depuis trop longtemps reniée. Délicatesse dans le geste lorsque les doigts s’enroulent contre le cristal pour faire tourner le contenant afin de libérer les arômes. Mais rien d’autre ne bouge. Je suis incapable de le porter à mes lèvres. Requiem pour un fou, je flirte avec le danger. Crève d’envie de me brûler la trachée. Vider l’outrage d’une traite et le voir se remplir à nouveau. Encore et encore jusqu’à en perdre la raison. « - Irlandais, hein ? On dit que c’est le meilleur. Connaisseur peut-être ? Vous permettez ? » Il ne me laisse nullement le temps de répondre, il est déjà installé. Claque de ses doigts pour commander la même chose, un sourire séducteur de politicard sur ses lèvres. Ca sent l’important à plein nez, l’ennemi à abattre et pourtant.

« - Seulement un fervent patriote. »  La réponse se murmure dans un souffle et s’accompagne d’un sourire de circonstance. Façade posée sur les lippes qui s’ourlent pour laisser filtrer la sympathie. Et le verre qui se lève en réponse au sien, courtoisie de deux ivrognes prompts à sceller le destin de leurs foies et à enterrer leurs sobriétés. Dix- sept ans de bonne conduite en équilibre sur la planche, prompts à se noyer dans les vagues d’un whiskey d’excellence. Parce que, forcément, il est racé, sa seule couleur et les arômes qui s’en élèvent suffisent pour persuader le néophyte. Provoquent la sagesse qui s’effrite, le besoin virulent de me bousiller la mémoire le temps d’une pauvre soirée pour oublier. La môme qui rejette son géniteur sans véritablement lui laisser la chance tant espérée de se racheter. Oublier la détention, la faim qui hurle constamment sous la peau. Aider à mieux faire passer la conversation que l’autre bonhomme entretient et à laquelle je réponds machinalement, dans les remous d’un alcool fort.

Pris dans l’engrenage de la civilisation, le verre abandonne une seconde fois le comptoir. Au bord du gouffre, les lèves effleurent le cristal. Ressentent déjà la sensation de l’ambre mais rien ne vient. Le geste s’avorte dans un soupir lorsque les pupilles glissent et s’apposent sur la main de l’autre venue s’échouer près du genou. Contact mal placé accueilli par un haussement de sourcil dérouté. Désiré devenu convoitise une fois le premier verre terminé, le mien toujours intouché que je repose sur le panneau de bois rutilant. Trop sobre pour céder à l’avance. Mais privé depuis trop longtemps de ce genre de contact pour seulement le repousser comme il le mériterait, alors avec une délicieuse inconscience, je laisse l’instant se poursuivre. Ouvre la voie à une séduction pourrie. Caresse du pouce contre le jean, et les paroles qui se font plus discrètes comme pour s’envelopper d’un semblant d’intime au milieu d’une pièce où traînent seulement quelques âmes dans le confort insolent des fauteuils. Mauvais temps au-dehors, tempête en-dedans.

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↳ Citation : When life itself seems lunatic, who knows where madness lies? Perhaps to be too practical is madness. To surrender dreams, this may be madness. Too much sanity may be madness, and maddest of all: to see life as it is, and not as it should be.
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MessageSujet: Re: Out of the black [Tobias]   Sam 30 Déc - 11:25

Une tâche sombre qui gâche le décor fastueux. Une vulgaire erreur. Une rature grossière. Il n’est absolument pas à sa place ici, il le sent jusqu’au fond de ses tripes. Même plus apprêté que d’ordinaire, engoncé dans des vêtements qui ne sont pas de son rang pour maintenir l’illusion, il se sent intrus. Il n’a fait aucune fausse note dans sa partition cependant. Il a suivi toutes les instructions, s’est glissé dans l’enveloppe de l’amoureux transi à la réception. Ses rétines azurées ont dévoré sans peine la silhouette de sa compagne éphémère, plutôt fier de se retrouver au bras d’une si jolie femme, même pour de faux. Le danois a fait du zèle avec un naturel confondant. Les jeux de rôle l’amusent seulement bien moins qu’autrefois, quand il se pensait apte à s’extirper de n’importe quelle situation par ce biais. La faute aux ténèbres qui se sont engouffrées à l’intérieur de sa carcasse en taule, en épousant les moindres recoins. Elles l’ont littéralement dévoré, n’ont laissé de lui que de piteuses miettes. Il y a un gouffre entre l’homme qu’il était et celui qu’il est devenu.

On s’y habitue vite finalement, à se fondre entre les ombres. C’est presque un luxe après des années à croupir dans une cellule putride, avec pour seule vision une infinité d’autres cages, et des tiges de métal pour le contenir comme un misérable animal. Cette fois, c’est la prison de sa conscience qui l’enferme, qui l’oblige à rembourser ses dettes auprès de résistants. Il leur doit bien ça, à ceux qui les ont cachés et protégés pendant de longues semaines. Ils ont risqué leur peau pour lui, pour elle. Il ne parvient à refuser aucune des missions qu’ils lui adressent, même en ayant réchappé à un nouveau châtiment des tyrans de justesse à l’issue de l’une d’elles. Qu’ils n’aient pas pu mettre la main sur lui le grise d’une certaine manière, fait courir une adrénaline salutaire dans ses veines. Mais il ne se sent plus fait pour la lumière. Il se sent sale rien qu’en jetant un œil autour de lui. Il n’appartient plus à ce monde d’apparences, devoir s’y glisser le débecte. Il regrette sa solitude, la crasse du dehors. Les journées passées à errer, à tenter de se rendre utile pour les siens. A se recentrer sur des choses primaires, en ne s’accaparant que les denrées indispensables à la survie.

Futur meurtrier ou complice de la destruction d’un politicien. Qu’il ait été affecté à un tel crime est risible, après tout ce temps perdu à clamer son innocence, à jurer ne pas avoir l’étoffe d’un assassin. Rouages d’un système corrompu jusqu’à la moelle, les juges s’en sont moqués. Ils l’avaient condamné avant même qu’il n’ouvre la bouche ou d’examiner son dossier. Pas de taille à rivaliser avec les dires d’un haut-fonctionnaire, qu’importe que les pires rumeurs puissent courir sur son compte. Pas avec ses antécédents familiaux. Il s’est rattrapé depuis, toujours par nécessité, plus rarement par haine. C’est pourtant bien elle qui vrille ses nerfs en cet instant. L’artisan de diverses initiatives macabres du Gouvernement le révulse au plus haut point. Une part de lui se réjouit d’être sur le point de le réduire au silence, en dépit des scrupules qui lui tordent sauvagement l'abdomen.

« - Fais chier, cet abruti a quitté le bar avec un autre client. C’est trop leur demander de respecter leurs propres règles, c’est pas possible. » La brune teigneuse fait voler le silence en éclats, enrage et fulmine en faisant les cent pas. Un autre rebelle en planque vient de l’avertir. C’est un contretemps pénible, qu’ils n’avaient pas vraiment prévu. Le type devait se trouver seul dans l’idéal, pas avec une de ses conquêtes. Un classique néanmoins, pour un scélérat jeté dehors par sa femme. « - Tant pis, on va pas attendre pendant des plombes que l’autre se tire. Avec un peu de chance, il est tout aussi pourri et on fera d’une pierre deux coups. Faut pas être net pour être attiré par ce genre de salopard de toute façon. » Tranche-t-elle, décidée à ne pas bousculer leurs plans à la dernière minute. Et peu encline à laisser la cible prendre son pied avant de l’achever. « - On change rien. » Un hochement de tête pour sceller le débat qu’elle vient d’avoir avec elle-même. Les prunelles rivées sur la montre pour ne pas manquer l’heure prévue à la seconde près. Le sablier de la fatalité disperse ses grains de sable, précis et redoutable. Chaque minute supplémentaire est une chance pour l’autre de s’échapper, de ne pas devenir un dommage collatéral. Mais l’intermède sulfureux s’éternise, les contraignant à intervenir.

La rebelle et son acolyte de fortune se faufilent finalement dans le couloir, s’évertuant à faire le moins de bruit possible. Le double volé de la carte donnant accès à la chambre est introduit dans la fente, leur permettant d’entrer sans forcer. Les bruits des râles de plaisir emplissent la pièce, éraflent les tympans. Les odeurs de stupre et de sueur le prennent à la gorge. Un arôme atrocement familier emplit ses narines, le rend nauséeux. La vision des épaules parsemées de trainées écarlates lui confirme sa hantise, lui fait l’effet d’une chute vertigineuse. D'une douche glaciale. Les pupilles acérées effleurent malgré elle l’échine puis la cambrure des reins. Un sentiment indescriptible lui lacère les entrailles. Une bouffée de colère s’étouffe dans sa trachée, lui fait machinalement renforcer la prise contre son arme. Il pourrait l’abattre là, en pleine action. Une balle dans le dos. Rien de très glorieux, mais à l’image de l’abandon dans l’hôpital infesté de monstres ambulants. Ou de la tentative d'égorgement dans son sommeil. Des occasions lamentablement manquées. Celle-ci ne fera pas exception. « - Va te coller contre le mur, les mains en évidence. En vitesse. » Crache-t-il hargneusement, les yeux rivés sur le rouquin figé en pleine copulation. Il s’en rapproche, éloigne du pied ses fringues pour éviter qu’il n’attrape de quoi se défendre. Le canon froid du silencieux s’appose sur le haut de la colonne vertébrale. « - Belle rechute. T’as été pris d’une soudaine nostalgie de ton ancienne position de pouvoir et t’as rien trouvé de mieux pour la calmer que de baiser l’ennemi ? Ou tu joues double-jeu depuis que cette connerie de pacte est sur le tapis ? Je suis déjà impatient d’aller raconter tes exploits sur le camp. » Il le souffle avec une pointe de sadisme, tandis que son alliée s’occupe de la victime initiale. Profitant allègrement de sa position provisoire de force.

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MessageSujet: Re: Out of the black [Tobias]   Mar 2 Jan - 13:27


Perdre la raison dans les dédales de l’interdit. Rendre privé l’accessible et offrir à l’invité ce qui est prohibé pour le reste du monde. Le traitement de faveur se lit sur la surface lisse du scotch posé sous mon nez. L’injure aux allures de salut, celle que l’on contemple sans oser la toucher. Déchirement des sens et de la raison sous la peau, là où s’ajoute la mort des reins lorsque la main d’un autre se pose contre la cuisse. Odieuse invitation, le sourire se fait licencieux et les pupilles caressent la convoitise. Je deviens l’objet, le nouvel objectif d’un être à qui l’on ne refuse rien. A l’évidence, il est important pour que le barmaid n’est rien tenté afin de lui rappeler les règles régissant la ville. Eminence noire du Gouvernement, des relents de dégoût sur la langue lorsque l’idée de s’abandonner avec une telle vermine germe entre les tempes. A peine un tressaillement, les doigts se font plus pressants contre le jean, remontent et s’apposent aux frontières de l’intime. Les mâchoires se crispent, un soupir s’arrache d’entre les dents serrées. « -Allons terminer cette conversation à l’étage. » C’est une invitation qui se murmure près de l’oreille et qui ne se refuse pas vraiment. Le corps prenant le pas sur la raison, un second soupir pour achever de céder et voilà que je lui emboite le pas et quitte le bar, abandonne un vice sur le comptoir pour répondre à l’appel hurlant d’un autre.

Ruine improvisée, la suite s’est changée en champ de bataille. A peine la porte refermée que la bienséance a été assassinée. Des relents d’alcool contre la langue, la sienne qui bousille la mienne sans pudeur, avec une ferveur à couper le souffle. Saleté dans le ventre, le besoin qui se fait pressant qu’importe la personne, son rang et ses actions dans la destruction du monde. Je m’en fous, abandonne la haine et tout ce qui l’accompagne pour mieux me briser les hanches contre les siennes. Embrasser la dictature à pleine bouche et les mains qui s’y agrippent. De l’empressement dans des gestes tant de fois exécutés, pour l’un comme pour l’autre, l’ensemble sonne comme une évidence. Entraves malvenues, les vêtements s’entassent sur le sol. Les miens que l’autre enlève, la précipitation de l’envie sous les doigts. Baisers de feu contre la peau pâle, j’en râle de plaisir à mesure que l’exploration lascive avance. Agenouille le tyran devant la volonté d’un autre, les doigts fermement ancrés dans les mèches de cheveux, le corps frissonne et se contracte sous l’impulsion d’une volonté pleine de vice. Soupirs de satisfaction sur les lippes, le regard de brume se pose sur le partenaire d’infortune et les phalanges tirent. Le contraignent à revenir à ma hauteur malgré le délice en train d’éclore sous ses intentions. A défaut d’un plaisir solitaire, la mécanique lascive d’un ballet à deux s’enclenche. Dénude le restant de chair encore à l’abri de la convoitise, les hanches qui s’effleurent et se cherchent. Crèvent les lèvres contre les siennes, féroces, emplies d’une frustration faisant battre à tout rompre le sang contre les tempes. L’impatience rend fébrile lorsque ma volonté force l’autre à se tourner, mes hanches se plaquent contre ses reins et la main se glisse entre ses cuisses. Il en soupire, râle de satisfaction à mesure que les caresses se font plus pressantes contre l’intime. Plaisir de l’autre faisant germer l’indécence dans toute ma carcasse qui hurle à la délivrance.

Elle s’invite dans l’instant. Sous la forme d’un crachat hargneux dont les notes font frémir le cœur affolé dans ma poitrine. Dans un automatisme frôlant l’instinctif, les doigts relâchent le politicien et une infime distance s’appose entre lui et moi. Tressaillements de rage sur les membres, de la honte qui vrille le ventre et fait mourir le désir. Lentement, les mains se lèvent, annoncent la rémission, l’absence de résistance. Chair de poule sur l’épiderme, le froid du canon contre l’échine achève la fièvre. Un juron se crache, maudissant les sens et leur inutilité affligeante. Comme rendu sourd par la promesse de combler le manque, inapte à deviner l’arrivée des intrus avant qu’il ne soit trop tard. « - Je baise peut-être l’ennemi, mais je ne suis pas celui qui se jette pas à corps perdu dans une cause qui n’est pas la sienne et qui conduit à participer à des tentatives d’assassinats ridicules. » Ca s’arrache d’entre les dents serrées lorsque je m’éloigne de l’autre. Roule sur les notes d’une Irlande depuis longtemps abandonnée. Quelques pas sur le côté, d’autres vers l’avant pour se retrouver à faire face aux boiseries hors de prix. Téméraire qui n’agit pas en solitaire, jolie brune braquant son arme sur mon amant de fortune pour le faire disparaître de mon champ de vision. Sa mise à mort en guise de fin de soirée. Pas de suite, les informations d’abord. A leur place, c’est ce que je ferais.

« - C’est donc à ça que tu joues quand tu prétends partir en raid ? Quand tout le camp s’inquiète de ne pas te voir revenir, toi, tu risques la sécurité de tous en jouant au con ? » Le souffle s’accompagne d’un coup d’œil par-dessus l’épaule, suffisant pour se poser sur la trogne du danois. Inconscient borné qui n’en a pas fini avec ses conneries. Je suis allé en taule pour lui, à cause de cette foutue alliance avec la résistance et voilà qu’il recommence. Les mains jusqu’à lors ouvertes se referment, les poings qui se serrent sous le venin de la colère. Petit con. « - Mes exploits à côté des tiens font pâle figure. » Rictus moqueur sur les lèvres, les notes d’un rire cynique accompagnant la réplique. « - Rentre au camp, lorsqu’ils apprendront que tu continues de te fourrer dans ce genre de merdier, tu vas le quitter pour de bon, une balle dans le crâne. » Rêche sur la langue, la menace sonne comme un avertissement. Fait se tordre le ventre, sous les remous de rage, une minuscule germe de crainte au milieu du carnage.

« - Merde, je rêve. Dis-moi que c’est une blague ? On est pas là pour faire la discussion Tobias. »
Résistante aux nerfs visiblement à fleur de peau crachant sa mauvaise humeur. Mon sort était scellé au même titre que celui du politicien. Une aubaine pour celui qui n’a, jusqu’à lors, jamais réussi à m’achever. Reniflement dédaigneux, j’ai des relents d’impatience dans les jambes. Le ridicule de la situation m’agace, fait grincer les dents. Pris dans la débâcle de la luxure, à poil contre un mur, sous la menace d’une ancienne proie. C’est risible, piteusement cocasse. Nouveau soupir et le front qui se pose contre la boiserie, bientôt rejoint par mes paumes qui s’y plaquent brutalement. L’alcoolique aurait préféré se détruire le foie et vomir ses tripes dans des toilettes de luxe plutôt que de suivre le bonhomme. Foutue nature et ses manifestations impérieuses. Je hais la résistance et tous les incapables qui la prônent et s’échinent à la faire vivre. Je hais le Gouvernement et ses délires de grandeur. Je le hais, Lui, et son besoin irrépressible de fourrer son nez là où il ne devrait pas. Qu’on me rende mon jean et je lui éclate sa jolie gueule dans les règles de l’art pour lui faire passer l’envie de recommencer.

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MessageSujet: Re: Out of the black [Tobias]   Mar 9 Jan - 2:30

Erratiques, les battements de son cœur résonnent contre ses tempes. Pulvérisant son sang-froid. La colère se distille vicieusement dans son organisme, s’étend au creux de ses veines. Il peut la sentir pulser sans lui laisser une once de répit. Il a envie de s’acharner sur la chair pâle, de maltraiter le corps nu jusqu’à ce qu’il vire au bleu. Remplacer les tâches de feu par des ecchymoses violacées. Le besoin d’en découdre se fait viscéral, le harcèle littéralement. Le canon appuyé contre le bas de la nuque tremble légèrement, l’oblige à resserrer sa prise des deux mains. Aucune peur, seulement de la rage pure. Il doit se contenir pour ne pas exploser. Le tyran fait une fois de plus rejaillir tout ce qu’il a de pire en lui. La bête furieuse, l’innommable. La brute forgée par les mains rêches de son bourreau. Réduisant au silence celui qui ne jurait autrefois que par les mots. L’énervement palpable est mis sur le compte d’une trahison collective. La haine de le surprendre à se vautrer dans l’indécence avec l’ennemi. Lui qui est supposé représenter au mieux leurs intérêts, le groupe. Et non retourner à nouveau sa veste, pour regagner son habitat naturel. C’est une raison valable de lui en vouloir, infiniment plus que la jalousie corrosive qui pourrait l’habiter. La hargne de le voir s’abandonner à un autre homme, quelque soit sa coloration politique. Il le rejette violemment ce motif-là, affreusement avilissant. La nausée enfle dans son ventre, remue ses entrailles. Les images obscènes de leurs ébats repassent en boucle, meurtrissent sa misérable cervelle. Il visualise toujours l’enchevêtrement des enveloppes, entend encore les gémissements lascifs. Les effluves virils empestent, rendent l’air irrespirable.

« - Ferme ta grande gueule, t’es pas en mesure de me donner des leçons de morale ! » Il le vocifère nerveusement, la mâchoire tendue. La cause ne pourrait pas être davantage la sienne. S’il se retranche derrière la dette qu’il doit à une résistante, il sait au fond qu’il ne s’agit là que d’un pauvre prétexte. Une occasion en or de venger sa mère, injustement exécutée par la milice. Abattue froidement avant que son cadavre ne soit trainé dans une fosse commune. Ils n’ont même pas eu le droit de l’enterrer dignement. Il n’a pu que se résoudre à la passivité en prison, serrer les poings en silence. Rendu totalement inutile par ses lourdes chaines. L’annonce de sa mort l’avait fait disjoncter, agresser un maton en représailles. Il se souvient avoir passé un mois entier au mitard après ça. Roulé en boule contre le béton, il n’a pu que se nourrir des ombres. Se blottir dans les bras de la pénombre. S’il a fait semblant d’être redevenu docile quand on l’a remis dans sa cellule, la tempête en lui ne s’est jamais calmée pour autant. Jamais complètement du moins. Un ricanement bref s’extirpe de ses lippes lorsque le rouquin s’échine à le rabrouer. Multipliant les affirmations absurdes. « - Me fais pas rire, il n’y en a qu’une qui pourrait s’inquiéter. » Le danois se garde de l’impliquer davantage, ne l’évoquant que du bout des lèvres. Mieux vaut que Leslie reste ignorant sur le fait que sa sœur soit au courant ou non de ses agissements. Il est difficilement crédible pour lui que d’autres aient pu être angoissés par son absence. Ne pas le voir revenir est l’un des risques constants du métier de ravitailleur. En particulier un solitaire boiteux tel que lui.

Les promesses sordides du débauché ne font que l'effleurer, trop souvent proférées pour parvenir à l’atteindre. Chacun traine de lourdes casseroles. Les secrets qu’ils partagent pour leur plus grand malheur les empêchent de se dénoncer, sous peine de chavirer ensemble. Le rire mauvais du leader le crispe de la tête aux pieds. Il doit se retenir d’agripper la tignasse fauve pour l’envoyer se fracasser contre le mur. Encore et encore, jusqu’à ce que le crâne cède. L’image macabre fait courir des frissons de plaisir le long de son échine. « - Commence pas à inverser les rôles, ce que je fais n’engage que moi et ne fait pas de moi un traitre, contrairement à toi. On verra ce qui leur semblera le pire. Mes prises de position envers une dictature qui nous débecte tous à l’extérieur des murs. Ou tes nuits au plumard avec un despote sur pattes. » Les crachats de mépris s’intensifient, donnent à la scène des allures de scène de ménage malgré eux. « - Je préfère crever pour ça si ça doit arriver, plutôt que leur faire des courbettes comme toi. » Sans s’en rendre vraiment compte, il comble des mois de privation en se défoulant les nerfs de la sorte. Des semaines et des semaines à s’ignorer, à ne pas s’adresser la parole. A ne pas se croiser du tout même. Permettant ainsi à la frustration de grimper en flèche.

Il en oublie presque la brune incendiaire, l’amant de pacotille, leur mission. La jeune femme se rappelle toutefois à son bon souvenir, d’un ton sec et cassant. Les tenailles de la honte le lacèrent aussitôt, le poussant à reculer d’un pas. Ne plus sentir la chaleur animale se dégager de l’irlandais lui semble salutaire. Il ne s’amuse pas autant qu’il le voudrait de son sort grotesque. De le voir nu comme un vers et soumis à la sombre volonté de ses assaillants. Ce n’est que ce qu’il mérite. Mais il a un goût métallique coincé en travers de la gorge. Conscient des capacités indéniables à reprendre le dessus de son ancien tortionnaire. Convaincu qu’il ne se laisserait pas tirer dessus comme un vulgaire lapin. Ils auraient dû fusiller le couple dès leur entrée sans leur laisser l’opportunité de réagir. Une mort trop douce à ses yeux néanmoins, aux portes de l’extase. Après tout le mal qu’ils avaient infligé à l’humanité, il aurait voulu qu’ils soient torturés durant des heures interminables. Qu’ils se pissent dessus de trouille, supplient qu’on les épargne puis qu’on les achève. De quoi rêver en couleurs.

Gamin pris en faute, il baisse le regard. Les prunelles azurées viennent balayer les veinures du plancher. « - Excuse-moi, je pensais pas tomber sur ce salopard. C’est lui qui gère la… » Son acolyte lui coupe vivement la parole, se tourne vers lui pour lui aboyer ses ordres et s’assurer qu’il les intègre bien. Agacée par le manque d’initiative de son partenaire de fortune. « - Me raconte pas ta vie, j’en ai rien à foutre ! Il est hors de question qu’un des deux survive. Visiblement, c’est pas un de nos sympathisants et il va surement pas se gêner pour rameuter la cavalerie si on le neutralise pas. Je m'en charge si t’as pas le cran d’aller au bout. » Le revolver chargé se tourne vers sa proie, délaissant le politicien. L’instant d’inattention est suffisant pour que la cible, muette jusqu’ici, en profite. Le félon s’empare du premier objet à portée, l’abat sur l’extrémiste avec force. Suffisamment fort pour lui faire perdre l’équilibre et l’assommer. Une trainée écarlate s’écoule des boucles d’ébène de l’inconsciente. Le scandinave n’a pas le temps de se précipiter vers elle que le pistolet est récupéré par le dépravé, pointé dans sa direction. Un rictus dangereux ourle les lippes, toujours gonflées par le vice. « - Tu vas poser bien gentiment ton arme à terre le frisé. » Il le susurre cruellement, satisfait d’avoir aisément repris le contrôle. Le myocarde en branle, l’ex-détenu hésite pourtant, loin d’être prêt à se rendre. Pris à son propre piège. Tiraillé par des instincts contradictoires.

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MessageSujet: Re: Out of the black [Tobias]   Ven 12 Jan - 20:30


Nervosité et tension à fleur de peau, le gamin qui perd pied, entiché par sa position de force et ces élans de haine qui courent sous la carne. Communs à ceux qui dévorent la mienne, offerte aux yeux de monde, les doigts qui se crispent contre les boiseries sur lesquelles elles s’appuient. Interdit de lui adresser seulement la parole, tenu à distance par la raison d’une autre pour éviter le massacre depuis ma sortie de prison. Je m’y suis plié, pour mieux me retrouver bouffé par tout le ressentiment accumulé pendant ces jours de captivité. Rendu fébrile par la privation, l’absence de contact même aussi fébrile qu’un regard brûlant de haine qui s’échange. Mépris blessant autant qu’il fait hurler l’amas de chair dans la poitrine. Masochisme à son paroxysme, poussé dans les relents de l’extrême à chaque note de sa voix vibrante de haine. « - Tu es en train de te faire bouffer par ta haine au point d’en devenir aveugle et te croire au-dessus du lot quand tu te fais tout aussi traitre que je peux l’être à tes yeux. » Fautif l’un comme l’autre, il n’y a rien à justifier. Seulement des faits à contempler, l’inaptitude à rester à sa place. « - Prises de position ? Ils ne font que se servir du crédule, asservissent, exactement comme le font leurs opposants. Et parce qu’ils s’échinent à vouloir détruire la dictature, t’associer avec eux te rend plus noble, c’est ça ? » J’en ricane, sarcastique au possible. L’esquisse d’un sourire noir ourlant les lèvres, et le corps qui se détourne légèrement du mur. Suffisamment pour accentuer le contact, me brûler la pupille contre les siennes. Effacer les semaines de vide pour les remplacer par des images nouvelles.

Résistante qui l’ouvre à nouveau, sa voix m’agace et fait courir des tressaillements d’agacement le long de l’échine. Lever les yeux au ciel parce qu’il n’y a que ça à faire devant un tel entêtement. Imbécile prête à éliminer quiconque se trouvant en compagnie d’un membre du Gouvernement, comme si la tare était contagieuse et forcément commune. Menace de l’un qui se fait chimère pour être remplacée par celle d’une autre. Débutante dans le geste offrant à mon amant d’un instant tout le loisir d’inverser la tendance. Réduite au silence, poupée fracassée gisant sur le sol, et la tyrannie reprend ses droits. Le cœur qui hurle dans la poitrine lorsque se susurre la demande. Absence de réaction de la part du danois visiblement en proie à l’hésitation. Ce revirement de situation malvenue sonne comme une aubaine pour le prisonnier alors poussé en avant par l’instinct de survie. Se tirer de la chambre, quitte à y laisser sa dignité et se précipiter pour appeler la milice en renfort.

« - M’oblige pas à répéter, pose ton arme ou je l’achève. » La menace du revolver passe de l’apprenti résistant à son acolyte étendue à terre. Aucuns remords quand mon regard se pose sur la silhouette et la traînée écarlate sur le sol. Du rien dans la poitrine quant à son sort, lorsqu’il est clair que pour lui c’est un ultimatum suffisant pour faire s’ébranler la mécanique. Immobilisme salutaire qui se change en une périlleuse avancée, paumes offertes à la vue du politicien, Tobias qui s’agenouille et pose son arme à terre. Se relève avec une docilité affligeante et reste planté là. En travers de la route, la progression ayant passé inaperçue aux yeux de l’autre, une satisfaction lugubre brillant dans son regard. L’appel du carnage, le tyran usant de son pouvoir pour maîtriser une situation et en retirer le meilleur. Pour lui, et uniquement pour lui. Affreusement similaire dans le procédé, j’en ai les mâchoires qui se crispent, un frisson de malaise le long de l’échine. « - Bien maintenant, tire-toi du chemin. » L’ordre claque, impérieux. A mesure que sa présence se fait pressante dans la pièce, il perd de son charme. S’enveloppe dans le costume sale du monstre qui se planque sous le lit pour mieux sauter à la gorge du môme trop curieux pour se retenir de s’y pencher. « - Obéis Tobias… » Le murmure m’échappe, se veut aussi ferme que le timbre du bonhomme mais quelque chose tremble dans la voix. A l’image de ce qui est en train de s’immiscer sous la peau, le ver d’une crainte maladive. L’esprit imaginant déjà le carnage, le cadavre de l’éclopé gisant sur les tapis, la fierté déplacée du tyran d’avoir éliminé un résistant qui n’en est pas vraiment un.

« - Je  t’aurais prévenu. » Ca gronde dans le silence au même titre que l’orage au dehors. Le pouce ôte le cran d’arrêt, l’index effleurant dangereusement la détente. Mon sang ne fait qu’un tour, fuse et pulse dans les veines. Montée d’adrénaline sous la chair à la vue du bras tendu dépourvu du moindre tremblement. Cette fermeté assassine dans la poigne et dans le regard braqué sur la future victime. « - Non. » Crache la panique dans le silence. Noyé sous les assauts d’un instinct déroutant, au diable la pudeur lorsque la carcasse s’ébranle pour se rapprocher de l’amant éphémère. L’acte qui se joue dans une poignée de seconde, la surprise empêchant le coup de partir lorsque mon bras enlace sa poitrine. L’autre main sur la mâchoire, elle s’y agrippe et force l’échine à ployer. Brise la nuque dans un râle lourd d’un plaisir sale et une symphonie de craquements lugubres, le corps sans vie s’écroulant à mes pieds et le revolver glisse sur le parquet. Souffle court sous le joug de la pulsion assassine venue me fracasser le cœur, et qui me contraint à faire face à la véritable raison m’ayant poussé à agir. La peur de Le perdre. La possessivité déplacée du bourreau refusant de partager sa proie, l’excuse la plus probable quand pourtant, dans les tréfonds du ventre, ce n’est rien de plus qu’un pur relent de frayeur qui m’a poussé à sortir du sentier de la neutralité supposée être la mienne.

Sens en berne à l’affut du moindre bruit venant du dehors. Mais rien, hormis la pluie qui se fracasse avec hargne contre les vitres. La tension dans les membres s’apaise alors légèrement dans un soupir fragile. La détonation éventre le calme malgré le silencieux, crève les tympans. La douleur se fait fulgurante dans l’épaule, et sous la force de l’impact, je m’effondre sur le tapis. Nouveau corps à côté de l’autre, sonné le temps de plusieurs battements de cœur erratiques avant de réaliser. La garce m’a tiré dessus. Vicieuse qui a récupéré le revolver, j’ignore comment. Et je m’en contrefous. Un râle m’échappe dans ma piteuse tentative pour me redresser. Sang sombre contre la peau, la balle a littéralement traversé mon épaule gauche, engourdissant le bras. Salope. « - A genoux, que je puisse savourer la peur dans ton regard avant de te faire exploser le crâne, enflure. » Ordre craché par la résistante venue se placer entre sa nouvelle proie et Tobias. Les injures s’extirpent d’entre les lèvres, mes dents serrées à en grincer et mes genoux qui s’abîment finalement contre le tapis avec peine.

« - Si tu imagines ne serait-ce qu’une seconde que c’est ce que tu y liras… Je ne suis pas l’ennemi dans cette histoire, tu es en train de faire une erreur et de perdre un temps précieux. » Le corps en déroute, les épaules affaissées qui se redressent dans une inspiration fébrile. Du défi dans le regard braqué sur mon bourreau improvisé. Sueur froide sur la peau, les frissons s’y amoncèlent mais dans la pupille il n’y a que la brûlure d’une haine viscérale. L’envie irrépressible de lui faire payer son geste. Peur de la mort, elle m’a quitté depuis bien trop longtemps pour seulement m’effleurer de ses doigts glacés.

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