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 Man down (Rafael)

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Violet C. Forester
RUNNING TO STAND STILL

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↳ Arrivé depuis le : 31/03/2015
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↳ Métier : Ergothérapeute
↳ Opinion Politique : Tout ce qu'elle veut c'est aider les autres
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4 en optimisme
↳ Playlist : Turn on the lights ; Future | Maps ; Maroon 5 | We Found love ; Rihanna | Love in elevator ; Aerosmtih | Night of the Hunter ; 30STM | Kanye West ; Mercy | Radio GaGa ; Queen | California Love ; 2PAC | Stranger in a strange land ; 30STM | All over the watchtower ; Jimi Hendrix | Livin' on a prayer ; Bon Jovi | Smell like teen spirit ; Nirvana |
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MessageSujet: Man down (Rafael)   Mar 26 Déc - 16:43

Man down
Violet&Rafael
Au début ce ne fut qu’un puits sombre. Le noir total, celui qui faisait peur aux enfants, celui qu’on comparait aux ténèbres. Et puis Violet parvint à se remettre sur ses jambes. Elle battit plusieurs fois des paupières, chercha son air en prenant de grandes inspirations. Respire, respire, resp… Elle y voyait enfin clair. Perdue dans une ruelle qu’elle ne connaissait pas, ce ne fut pas la saleté de l’endroit qui l’interpella en premier. Sa main appuyée contre un mur de briques était poisseuse. Lorsque la mexicaine s’en rendit compte, elle grimaça puis quand enfin elle daigna y jeter un coup d’œil, elle ne put se retenir de pousser un cri de terreur. Elle garda sa main loin d’elle, comme si elle cherchait à s’en débarrasser.  Mais cela fut pire encore lorsqu’elle constata que c’était sa tenue entière qui était maculée de sang. A première vue elle n’était pas blessée, elle ne ressentait aucune douleur. Aussi étrange que cela puisse paraître, cette constatation ne la rassura en rien. Car si ce sang n’était pas le sien, il fallait bien qu’il ait appartenu à quelqu’un d’autre. Et comme si toutes ces choses ne suffisaient pas, la mémoire de l’ergothérapeute lui jouait des tours. Lorsqu’elle essaya de se souvenir de ce qui avait pu se passer, une migraine sans précédent s’empara de son esprit. Violet avait les larmes aux yeux. Elle commença légèrement à trembler, pétrifiée, elle eut néanmoins la présence d’esprit de regarder autour d’elle. Au loin elle crut apercevoir quelque chose qui tâchait le trottoir. Elle s’approcha fébrile et constata qu’il s’agissait d’une mare de sang. Ou plutôt d’une traînée, comme si un corps s’était trouvé là mais qu’on l’avait tiré. Pourtant la trace ne menait nulle part et s’arrêtait rapidement. Le mystère s’agrandissait.

En d’autres circonstances, Violet Forester se serait sûrement laissé aller contre le mur pour se débarrasser de toutes les larmes de son corps. Mais avec le temps et surtout avec ce qui lui était arrivée récemment, la jeune femme savait qu’il n’était pas bon de traîner dehors lorsqu’on était maculée de sang. Perturbée et en état de choc, le seul endroit vers lequel ses jambes lui permirent de se diriger fut la Villa Morienval. Au délà d’être l’homme qu’elle aimait, Rafael était l’être le plus impassible que Violet connaissait. Lui ne perdrait certainement pas son sang-froid en la voyant dans un tel état. Encore faudrait-il que Violet parvienne à lui dire qu’elle n’avait rien avant qu’il ne mette la ville à feu et à sang. Comment allait-il réagir ? L’arrêterait-il comme une vulgaire criminelle ? La pauvre mexicaine n’arrivait plus à penser. Il fallait juste marcher, vite avant que quelqu’un ne la voit, avant que le jour se lève et qu’une patrouille ne lui tombe dessus. Ils ne la croiraient jamais si elle disait ne pas savoir ce qui lui était arrivée. Pourtant c’était la stricte vérité. Tout ce dont elle pouvait se rappeler était d’avoir quitté l’hôpital pour rentrer chez elle. Et voilà qu’elle se réveillait couverte de sang séché dans la froideur de la nuit. Les lampadaires grésillant sur son chemin avait l’air de grands hommes à la tête baissée. Le couloir de la honte, comme si eux savaient ce qui avait pu se passer. Pleurant à chaudes larmes, Violet s’affaira à fermer sa veste, masquant les dégâts comme elle pouvait.

Après avoir retrouvé son chemin jusqu’à sa destination, l’ergothérapeute se dit qu’elle avait eu beaucoup de chance. Dans les rues elle n’avait croisé personne, ou presque. Quelques sans abris qui avaient mieux à faire que de s’attarder sur elle, peut-être des dealers. Chacun d’eux étaient bien trop occupés pour s’arrêter sur une fille qui rasait les murs à toute vitesse. L’aube arrivait, au loin la nuit commençait à devenir rose. Il fallait que Violet accélère si elle ne voulait pas être vue. Lorsqu’enfin la grande demeure de Rafael se dressa devant elle, la jeune femme trouva la force d’accélérer un peu plus. Après s’être glissée jusque devant la porte d’entrée, elle y sonna plusieurs fois. Elle ferma les yeux en serrant les poings. « Faites qu’il soit là pitié, pitié. » murmura-t-elle. Violet était tellement perturbée qu’elle n’avait même pas envisagé que Rafael puisse être absent. Après tout c’était un homme occupé, ils n’étaient pas censés se voir ce soir là, il pouvait être n’importe où. Comment ferait-elle maintenant que le soleil pointait le bout de son nez ? Et si c’était son domestique qui venait ouvrir ? La mexicaine devient livide. Elle tendit ses mains devant elle, le sang séché tournait désormais au marron. Des larmes continuèrent de rouler sur ses joues. « Mais qu’est-ce que t’as fait ma pauvre Violet ? » dit-elle avant de s’éloigner de la porte. Elle venait d’entendre un bruit. Tétanisée à l’idée que ce ne soit pas l’italien qui soit venu lui ouvrir, elle préféra déguerpir. Malheureusement il était déjà trop tard. Alors qu’elle avait à peine fait quelques pas, la jeune femme entendit la porte d’entrée s’ouvrir dans son dos. Elle soupira. Peut-être qu’elle allait finir par se réveiller. Peut-être que tout ceci n’était qu’un cauchemar après tout, ça y ressemblait parfaitement. Cette histoire n’avait ni queue ni tête. Mais alors pourquoi était-elle persuadée que la piste du songe n’était qu’un malheureux leurre ?




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Rafael A. Morienval
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↳ Opinion Politique : Pro-Gouvernement; il croit en la justice, il croit en la nécessité d'un pouvoir centralisé et totalitaire; il n'a jamais rien connu d'autres et ne conçoit pas qu'autre chose puisse fonctionner
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↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
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MessageSujet: Re: Man down (Rafael)   Ven 5 Jan - 0:15

Un cauchemar. Brûlant. Angoissant. C’est ce qui m’a réveillé, c’est ce qui m’a tiré de mes draps, du refuge de ma chambre, du refuge du sommeil. Un cauchemar. Des hurlements. Du sang, partout. Abondant. Poisseux, écarlate, brillant et moqueur. Des flammes, aussi. De la cendre, étouffante. Asphyxiante. Une fumée noire, consumante, irradiante. Des hurlements, encore. Aigus, bien trop aigus. D’enfants. D’enfant. D’une enfant. Et le silence, le silence, meurtrier. Un cauchemar, c’est ce qui m’a réveillé. La violence, c’est ce qui m’a permis de respirer. De reprendre pied avec une réalité dont je doute encore. J’entends encore les hurlements. Je sens encore les flammes lécher le bout de mes doigts. Mon poing se crispe sur le pinceau, je contemple la toile peinte dans un excès de colère. Un excès de larmes qui ne sont pas versées. Un excès d’angoisse. Des silhouettes, désarticulées, gémissent dans un brasier. Constante. Des silhouettes, aux cheveux lâchés, aux formes finement dessinées ou encore enfantines. Des silhouettes, reconnaissables. Perdues. Qui me regardent et me transpercent la poitrine, arrachent de mes côtes un cœur encore battant, contre-nature. Leurs mains me maudissent, leurs lèvres tentent de m’attraper. De me retenir. Je ne veux pas me rendormir, je ne peux me rendormir, pas maintenant. Et pourtant, je me perds dans ces silhouettes, que je trace du bout de mes doigts. Laissant une marque noire et des empreintes sur la peinture encore fraiche. Tout juste déposée. Azzura. Zaira. Violet. Violet. Je ferme les yeux. Juste un instant. Je ferme les yeux, j’ai les yeux fermés quand elle me frappe. Infime. Presque imperceptible. Presque imaginée. Impossible. Et pourtant, je ne peux l’ignorer.

L’odeur. C’est l’odeur que je sens en premier. A chaque respiration. Comme une trace subtile, comme un fanion agité dans le vent pour attirer mon attention. Une odeur que l’animal cherche, guette constamment, une odeur que l’homme a oubliée, retrouvée, qui le fascine et l’obsède, qui l’excite et l’effraie. C’est l’odeur que je sens en premier, qui m’extirpe de ce regard plongé, douloureusement plongé, dans des portraits tracés dans des excès de rage. Des surplus de colère, d’émotions, de fureur, sauvagement esquissés. C’est l’odeur qui fait se hérisser les poils de mes avant-bras dénudés, manches remontées, ponctuées de minuscules taches de couleur, de peinture noir de jais, rouge écarlate, gris délicat. C’est l’odeur qui m’interpelle, si fragile, si ténue, que je doute même de la sentir, juste de la projeter à l’extérieur de mes cauchemars et de ces maelstroms qui déchiquètent les fragments de mon âme à chaque respiration. C’est l’odeur qui me fige. Qui assèche mes lèvres entrouvertes, m’amène à poser mon pinceau, délicatement. Lentement. A me diriger vers l’entrée de ma demeure, alors même qu’aucun de mes gardes du corps n’a esquissé le moindre mouvement. Pressentiment. Mes doigts effleurent le mur, mes pas remontent lentement, sortent de mon salon, s’immisce dans le couloir et le hall d’entrée, fixent le montant d’une porte, pourtant encore éloignée de la rue. Mon attention est fluctuante, changeante, nerveuse, à mesure que l’odeur se fait plus tangible. Toujours aussi légère, toujours aussi imperceptible, mais plus concrète. Présente. Hésitante. Balayée par un souffle de vent. Par un soupir. Je fais demi-tour, fronçant les sourcils sous l’incertitude.

C’est l’odeur qui m’a sorti de mes pensées. Mais c’est le son qui y est associé qui provoque en moi la réaction la plus violente. « Faites qu’il soit là pitié, pitié. » Le son de sa voix, noyé dans celui d’une sonnerie stridente qui agite l’un des deux gardes présents la nuit. Ma main se lève, immobilise. Souffle et murmure un songeur « Laissez. Je m’en occupe. » titubant d’incompréhension. Sa voix, je la reconnais. L’odeur, en revanche… se fait plus forte lorsque mes doigts tournent la poignée. Que je franchis les quelques mètres qui me séparent d’un portail. Incertain. Alors même que l’odeur revient. Plus forte que jamais, plus reconnaissable que jamais. Deux odeurs entremêlées. Un cauchemar aux allures de réalité. Le jour point à l’horizon, étire des raies de lumière, un filet d’air chercher sa route sur ma peau et pourtant je me sens toujours empêtré dans cet espoir futile et vain d’être la victime et la proie d’un de ces rêves qui me prenne à la gorge quand je ferme les yeux. « Mais qu’est-ce que t’as fait ma pauvre Violet ? » Le portail s’ouvre. Surprend son dos, à quelques pas de là, qui s’éloigne. Mes yeux la fixent, fixent ses vêtements, ses mains maculés. « Viens. » Je tends la main dans sa direction. Incapable d’être moi. Incapable de ne pas superposer à son visage la silhouette hurlante de mon cauchemar. « Entre. » Une hésitation. « Entrez, Violet, ne restez pas à l’extérieur. Est-ce… » Ma main glisse sur son épaule dans un effleurement. Tremble jusqu’à sa main pour la saisir. La tirer vers l’intérieur. S’électriser à son contact. Se réveiller. Ma respiration s’accélère brutalement, tout comme mes mouvements.

La porte claque derrière nous, mes bras l’enlacent avec force, la relâchent presqu’immédiatement. « Est-ce votre sang, Violet ? Qui a… êtes-vous en danger ? » La colère monte, doucement. Au fur et à mesure que je reprends pied dans une réalité que je crains, pour fuir Morphée que je crains davantage encore.


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MessageSujet: Re: Man down (Rafael)   Mar 9 Jan - 11:07

Man down
Violet&Rafael
Le temps sembla figé. Cela ne pouvait être vrai. Violet refusait d’y croire pourtant la brise qui lui caressa le visage la ramena à la réalité. La terrible vérité. Un choc. Si elle ne faisait rien la jeune femme vacillerait bientôt, incapable de faire face à l’horreur qui maculait ses mains et ses vêtements. L’odeur lui donnait la nausée, elle aurait voulu disparaitre pour ne plus avoir à lutter contre tout ceci. Lorsqu’elle entendit quelqu’un derrière elle, Violet mit un terme à sa tentative de fuite. Elle se retourna avec lenteur, les yeux baissés, anxieuse à l’idée d’affronter le regard qui se posait sur elle. Un regard dans lequel elle aimait se perdre d’habitude, combien de fois s’y était-elle perdue ? Aujourd’hui elle avait peur de s’y noyer. Pourtant son instinct l’avait menée jusqu’ici, jusqu’à lui car au fond elle savait qu’il serait le seul capable de l’aider, la seule présence capable de l’apaiser, au moins durant un temps. Son tutoiement eut le mérite de faire relever les yeux de Violet. Elle n’osa prendre sa main et se contenta de se laisser guider jusqu’à l’intérieur de cette demeure qu’elle aimait tant. Cette villa serait aujourd’hui forteresse, une forteresse qu’elle ne quitterait  sûrement pas de sitôt. Une fois arrivée dans l’entrée, Violet se sentit légèrement soulagée. Elle était à l’abri des regards, protégée par un cocon, elle était en terrain connu auprès de l’homme qu’elle aimait. La sécurité. C’était étrange comme petit à petit, au fil du temps, Rafael était devenu un repère. Comme si sa présence était synonyme de sûreté.

La brève étreinte de l’homme-loup la rassura un peu plus. La sensation ne dura pas longtemps, Rafael s’éloigna et la questionna sur les faits. Etait-ce son sang ? Non. Etait-elle en danger ? Elle n’en savait rien. Sa mémoire continuait de lui faire défaut, elle s’en voulait terriblement. Bien sûr elle aurait préféré que le sang qui souillait ses vêtements soit le sien. Car dans le cas contraire cela voulait dire qu’elle avait blessé autrui et ça elle ne pouvait l’accepter. En même temps comment en avoir la certitude lorsque les évènements n’étaient pas ancrés en mémoire ? Comme un cauchemar qui ne laisse qu’une impression désagréable lorsqu’on se réveille, le cœur palpitant d’angoisse. Violet se frotta nerveusement les mains puis daigna enfin revenir capter le regard  bleu de Rafael. Elle y devina une pointe de colère, il fallait qu’elle parle, qu’elle s’exprime mais le son eut du mal à s’extirper d’entre ses lèvres. « Je ne sais pas. Je ne crois pas être blessée je me rappelle simplement être sortie de l’hôpital et m’être réveillée dans cette rue. Il y avait une tâche de sang par terre, c’était comme si on avait traîné un corps et puis la tâche a disparu. » la voix était tremblante, tout comme Violet qui se remit à sangloter. Elle passa sa main ensanglantée à travers sa chevelure claire avant de fermer les yeux quelques secondes. « Rafael je crois que j’ai tué quelqu’un. » murmura-t-elle entre deux sanglots. Ces mots elle n’y croyait pas, pourtant tout laissait à penser qu’elle avait été témoin, et même actrice d’un acte infâme. Mais qu’est-ce qui aurait pu pousser la fleur fragile qu’elle était à devenir un monstre sanguinaire ?

La main droite devant la bouche, Violet sembla inconsolable. Elle n’osa même plus se réfugier dans les bras de l’Italien. Elle avait honte, elle se sentait sale, et l’odeur du sang séché lui rappelait à quel point ce qui arrivait était grave. Qu’allait-elle devenir ? Allait-on la mettre en prison ? Elle qui avait lutté toute sa vie pour être au service des autres… « Je suis un monstre… Et le pire c’est que je ne me rappelle de rien pourtant j’ai essayé, je te le jure. » pleura-t-elle en masquant finalement son visage de ses deux mains. Elle aurait voulu tout oublier à nouveau. Comment ferait-elle pour vivre avec une telle besogne ? Le pire serait l’ignorance. Jamais elle ne saurait réellement de quoi elle avait été victime. Comment cela avait-il pu se produire ? L’avait-on droguée pour lui faire commettre l’impensable ? La jeune femme était redevenue petite fille. Elle se revoyait plus jeune lorsque toute la désillusion du monde s’était acharnée sur ses épaules. Elle se sentait démunie. La peur ultime vint de la réaction qu’aurait Rafael. La trouverait-il horrible ? Après tout il travaillait pour le Gouvernement, il avait choisi le camp de la justice… Au fond Violet savait que jamais elle n’aurait à craindre quoique ce soit venant de lui. Mais son esprit était tellement bouleversé qu’elle se sentit noyée sous des pensées irrationnelles. Elle restait plantée là, devant l’homme qu’elle aimait, couverte de sang à pleurer toutes les larmes de son corps, comme si cela changerait quelque chose. Mais Violet s’était retenue tout au long de chemin, une fois la zone de sécurité passée, une fois à l’abri dans son cocon elle craquait sans retenue. D’un point de vue extérieur Violet venait de donner la preuve incontestable de son amour pour Rafael. C’était vers lui qu’elle était venue, et c’était avec lui et seulement lui qu’elle se sentirait protégée. Jusqu’à nouvelle ordre du moins.



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Rafael A. Morienval
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MessageSujet: Re: Man down (Rafael)   Mar 9 Jan - 23:55

Violet. Par bien des aspects, cette femme est ma rédemption. Ma renaissance. Le faible souffle de vent qui ranime les braises d’une humanité confinée, presque éteinte, oubliée. Par bien des aspects, c’est en cette femme que je me sens vivre, revivre, que je me sens mourir, par bien des aspects, c’est en cette femme que se love l’homme pour oublier le loup, c’est en cette femme que l’homme se réfugie pour se reconstruire, pour s’éloigner des ténèbres, pour fuir les tentacules empoisonnés d’une facilité létale. Violet. Par bien des aspects, cette femme est ma salvation. Et par bien des aspects, également, je sais que je suis sa destruction. C’est l’odeur du sang que j’ai sentie en premier. Forte, puissante, trop puissante, elle a annihilé tout le reste, elle a détérioré mes autres sens, elle les a écrasés sans leur laisser la moindre chance de s’exprimer. L’odeur du sang. Cuivre, métal, fer, c’est un mélange de tout ce qui excite l’animal et colère son univers de formes et de mouvements. C’est le sang qui ravive une étincelle de violence, comme un éclat fiché dans mes rétines. Et c’est le sang, c’est l’odeur du sang, qui me conduit à elle, odeur entremêlée à la sienne, distincte et pourtant indissociable. Je lis dans son regard une terreur, un gouffre sans fond dans lequel elle semble basculer. Sans que je ne sache quoi faire. Lui tendre la main, l’enlacer, goûter encore un peu plus à cette humanité avec laquelle je renoue, lui tendre une main, lui offrir un refuge, hébété, tituber, fermer la porte d’une forteresse pour l’isoler d’un extérieur qui ne nous offre rien de bon, ni à l’un, ni à l’autre. Lui tendre une main, incapable d’être moi, incapable d’être moins, incapable d’être plus. Ne plus réfléchir, réellement. Et laisser la colère enfler. M’extirper de mes limbes mentaux, m’arracher à l’hébétude d’un cauchemar, reprendre pied avec une réalité asphyxiante. Trop sombre, trop terne, trop dure, aux bords trop coupants, à l’air trop vif et à la douleur trop aigüe. Laisser courir mes doigts sur une épaule, sur une peau craquelée d’un sang desséché. Laisser mon souffle la regarder, la contempler. Tétanie. La colère enfle, se répand dans mes veines, dans l’attente d’une réponse et d’une réaction. Le loup appréhende une réaction, s’interroge sur la réponse que je compte apporter à tout cela. Rien. Rien de bien marquant. Juste le silence d’une hébétude. D’où, d’où vient le sang ? « Je ne sais pas. Je ne crois pas être blessée je me rappelle simplement être sortie de l’hôpital et m’être réveillée dans cette rue. Il y avait une tâche de sang par terre, c’était comme si on avait traîné un corps et puis la tâche a disparu. » Sa voix tremblante est autant de volts que l’on m’infligerait, sans merci, sans hésitation. Doute. « Bien. », souffle ma voix, souffle mon âme, sans force. Sa voix tremblante reprend, une distance se maintient entre elle et moi, une distance assumée par ma respiration contrôlée. Et mon silence offert. Jusqu’à ces quelques fragments de sang séché qu’elle disperse dans ses cheveux clairs, pureté maculée de malheur. Aspergée de violence. Eclaboussée de ténèbres. « Rafael je crois que j’ai tué quelqu’un. » Mes lèvres s’entrouvrent, hésitent. Est-ce que vous le croyez ou est-ce que vous le savez ? L’acidité et l’agressivité restent muettes. En miettes. Ma voix douce me surprend. Me dépasse, presque. Comme la situation. « Vous êtes en sécurité ici, Violet. Je vais vous protéger, n'ayez crainte. » Ses sanglots détruisent en moi toute violence. Etouffe la colère. Ils ravivent le brasier de mon humanité, assèchent la mer noire de mes désirs meurtriers. Elle ne laisse qu’un homme dépassé. Déstabilisé.

Violet est ma salvation. Violet est ma rédemption. Et je suis sa destruction. Mes yeux glissent à nouveau sur elle. La dénudent lentement, analysent chaque centimètre de ses habits, de ses mouvements. De ses propos. « Je suis un monstre… Et le pire c’est que je ne me rappelle de rien pourtant j’ai essayé, je te le jure. » Ses larmes dégringolent ses joues, me laissent immobiles mais non de marbre. Ses larmes dégringolent ses joues, humidifient sa nuque, s’échouent sur son col. Et j’entends ma voix dans ses propos, j’entends mes craintes dans ses sanglots, sans les reconnaître. Vous n’êtes pas un monstre, Violet. Vous ne le serez jamais. » Le mensonge se faufile entre mes lèvres, comme une évidence. Une honnêteté aussi pure, aussi immaculée que les mains de Violet. Une certitude, inébranlable. En laquelle je crois, aussi étrange que cela puisse paraître. Une certitude à laquelle je me raccroche, en laquelle je mets tous mes espoirs. Une certitude renforcée par ma volonté. Une certitude que je ne peux pas me permettre de fendiller, de laisser fendiller par quoique ce soit. Une certitude que je feins, seulement en partie. Une certitude qui se ressent dans la fermeté de ma voix, dans la douceur de mon regard. « Venez. » Ma main va chercher son épaule, la guide vers la salle de bain. L’eau s’ouvre et s’écoule dans l’évier, mes mains continuent de guider les siens, dans une douceur que je ne me reconnais pas. Plus. Glissent mes doigts entre ses doigts, vient chercher l’eau et le sang pour ne laisser que la peau. Délicate. Salie. « Nous allons nettoyer ça, Violet, puis vous me raconterez. » Une hésitation, mes mains s’attardent sur son haut, sur son col, sur sa nuque. Mes yeux dérivent vers la douche, vers l’eau qui, je le sais d’expérience, n’effacera rien d’un sang brûlant venu marquer la chair. Et cette hésitation. « Lavez-vous, et nous en parlerons si vous le désirez. » Cette hésitation. Persistante. Alors que je m’écarte, que je la délaisse, que je romps le contact, discret, constant, que je maintenais jusque-là. L’eau s’écoule sous la douche, s’égoutte sur ma chemise morcelée de tâche de peinture, d’un peu de sang. Mes yeux reviennent sur Violet. « Voulez-vous… désirez-vous… » Hésitation. Incertitude. « Veux-tu que je sorte ou préfères-tu que je t’aide ? »


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MessageSujet: Re: Man down (Rafael)   Lun 15 Jan - 9:38

Man down
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Le temps se suspendit un instant. Les yeux clairs de Violet se pendirent aux lèvres de Rafael. Elle attendait, appréhendait la réaction de l’homme-loup. Comment réagirait-il face à l’aveu de la jeune femme ? Le « bien » qu’il souffla poussa la mexicaine à s’enfoncer dans sa confession, elle avoua bientôt sa crainte. Celle d’avoir tué quelqu’un. D’avoir privé autrui de son existence. Cette simple pensée la fit frémir d’horreur. La voix douce de Rafael eut le don de la rassurer, rien qu’un peu, avant que ses sanglots ne reprennent le dessus. Dévastée, voilà ce qu’était Violet. Elle n’osa imaginer ce qu’elle aurait ressenti si son instinct l’avait conduite ailleurs que chez Rafael. Rafael qui assura qu’il la protégerait. Au fond il était inutile de le préciser, au fond la jeune femme le savait déjà. Mais ces paroles lui firent un bien fou sur le moment. Avant que son acte ne revienne lui faire dire qu’elle n’était qu’un monstre. Chose que l’italien nia, clamant qu’elle n’en serait jamais un. A cet instant la jeune femme daigna enfin relever les yeux, des sillons humides marquaient ses joues. Elle était surprise de constater une telle douceur chez Rafael. En d’autres circonstances sûrement que cette constatation lui aurait arraché un large sourire, pour l’instant cela eut pour seul effet de la calmer légèrement. Pourtant elle restait persuadée d’être devenue une personne horrible, d’avoir basculé dans quelque chose qui la terrorisait. « J’espère que tu dis vrai. » soupira-t-elle pour seule réponse. Elle espérait de toutes ses forces. Les dernières qu’il lui restait.

L’hôte se fit guide. Rafael mena Violet jusque dans la salle de bain. Elle se laissa faire, docile et perdue. Elle se demanda si elle se réveillerait un jour, si elle parviendrait à sortir de ce cauchemar. Peut-être qu’elle était en plein délire après tout. Mais le sang sur ses mains, le reflet que lui renvoya le miroir lui rappela que tout ceci était bien réel. Violet détourna le regard, observant l’homme-loup à travers la glace. Sa douceur finit de l’apaiser. Elle se laissa faire, guettant l’eau troublée de rouge s’écouler dans le lavabo. Ses mains reprirent une teinte claire. Les preuves de son acte disparurent avec le liquide. Mais il restait tout le reste. L’ergothérapeute acquiesça, suivant les indications du maître des lieux. Une douche, une bonne douche chaude, brûlante. Lorsqu’il s’éloigna, Rafael replongea Violet dans un vide énorme. Elle se hasarda à planter son regard dans le sien. Il hésitait tandis que la jeune femme se débarrassait de sa veste. « Reste. » dit-elle comme une supplication. Elle ne voulait pas rester seule, seule avec ses pensées, avec ses nouveaux démons. « S’il-te-plait. » elle attrapa sa main avec douceur et y déposa une caresse à l'aide de son pouce avant de rompre le contact. Violet retira son tee-shirt, visiblement pressée de se défaire des vêtements souillés qui lui collaient à la peau. « Est-ce que tu pourrais te débarrasser de ça ?  Et m’apporter des vêtements propres s’il-te-plait. Mais reviens vite. » sa voix restait incertaine, hésitante. Elle essayait de se reprendre, de ne pas s’effondrer face aux interrogations qui lui embrumaient l’esprit.  Une fois qu’elle eut revêtu sa tenue d’Eve, Violet n’hésita plus une seule seconde et s’engouffra sous le jet puissant de la douche. Elle ferma les yeux un instant. Comme cela lui fit du bien. Un bien fou.

Le bien-être ne dura que quelques secondes à peine. Violet rouvrit les yeux. Elle ne voulait pas rester seule. Pourquoi est-ce qu’à chaque fois qu’elle s’éloignait de Rafael, le malheur avait la fâcheuse habitude de venir s’abattre sur elle ? Cela avait commencé avec cette fille, cette folle meurtrière qui avait voulu sa peau. Puis avec son chat et sa mésaventure dans une ruelle puante de Treme. Violet derrière sa vision utopique du monde était une femme forte, mais le sort qui s’acharnait l’avait rendue fragile. Elle n’était plus sûre de vouloir un jour quitter cet endroit. Malheureusement elle savait qu’elle devrait finir par sortir de cette douche, qu’elle devrait raconter à Rafael ce qui s’était passé. Et que toute cette histoire changerait encore leur relation. Cela avait déjà commencé. Il avait fallut ça pour les pousser dans une intimité nouvelle. L’intimité d’un couple. Les circonstances désastreuses rendaient ce moment assez particulier. Alors qu’elle n’apercevait plus Rafael, Violet fut prise d’angoisse. Elle se sentit incroyablement vulnérable. « Rafael, tu es là ? » demanda-t-elle en scrutant la pièce qui s’emplissait de buée. Les rôles s’échangèrent. Ce n’était plus à Violet de guider l’homme-loup à travers les ténèbres mais bel et bien le contraire désormais. Il devenait son seul repère à travers cette brume d’incertitude.


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Rafael A. Morienval
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MessageSujet: Re: Man down (Rafael)   Dim 21 Jan - 22:36

L’eau se teinte, couleur écarlate, couleur vive, couleur fade, couleur fanée. Le rouge s’enfuit de ses doigts, quand mes mains les aident à s’en débarrasser, dans des mouvements lents pour faire retrouver à sa peau son aspect immaculé. Pas son âme. Mais sa peau. Je suis un monstre. Un mensonge a percé mes lèvres, un peu plus tôt, dans une sincérité factice et pourtant palpable. Non, elle n’est pas un monstre parce que même si son humanité à elle peut être fêlée, brisée, fissurée, souillée, qu’en serait-il du reste de l’humanité ? Le mensonge que j’ai prononcé, en la regardant droit dans les yeux, persiste sur mes lèvres avec la saveur d’un espoir amer. Apre. Que je suis incapable de regretter, à cet instant, quand sous l’eau chaude le sang se dilue péniblement. Nous allons nettoyer ça, lentement. Définitivement. Nettoyer sa peau, nettoyer un épiderme irrémédiablement sali, nettoyer des vêtements tâchés. Marqué. D’une odeur qui n’est pas la sienne, de l’odeur d’une peur qui empeste à mes sens. Mes gestes ralentissent encore, sous une hésitation des plus tremblantes. Le vouvoiement, protecteur, respectueux, s’entremêle au tutoiement quand je considère le filet d’eau qui s’écoule sous la douche, s’enrobe de vapeur. Mes gestes s’immobilisent, je recule, hésitant. Parce que je répugne à la laisser. Contrairement à ce que mon attitude peut sembler signifier, je répugne à la laisser seule, ici, dans cette pièce, aussi fragile et fissurée, à un choc seulement de voler en éclat. Violet me fait depuis longtemps l’effet d’être une fleur délicatement ciselée, pétales de verre, cœur de diamant, aux détails aussi fins que la soie qui l’enveloppe, aussi doux que ces toiles de dentelle que forment ses soupirs. Une goutte de sang poisseux est tombée sur cette œuvre d’art, y a coagulé, pénétré la surface pour en salir l’éclat, en ternir le cœur étincelant. Violet est une fleur fissurée, que je n’ose laisser de peur de la retrouver en éclats épars, irréparables. L’hésitation est présente, l’hésitation est brûlante, l’hésitation est une caresse passée sur ses omoplates, sur ses clavicules qui hante encore mes doigts d’une ombre persistante. Elle ôte sa veste, mes doigts la récupère avant qu’elle ne s’échoue sur le sol. « Reste. S’il-te-plait. » Frisson, mes yeux se perdent dans les siens au contact qu’elle m’impose. Encore une fois, je contemple toute sa fragilité avec le vertige qu’elle inspire en moi, comme une suffocation de détresse. Une suffocation qui s’enflamme, son tee-shirt s’étirant hors de son corps, dévoilant bien trop de peau. Et s’échouant à son tour dans les doigts de ma main tendue. « Est-ce que tu pourrais te débarrasser de ça ? Et m’apporter des vêtements propres s’il-te-plait. Mais reviens vite. » Mon regard s’attarde sur son corps, assourdissant ses mots, je n’en détourne les yeux qu’un peu tard, quand de ma voix soufflée, je finis par répondre. « Si tu le souhaites. ». Je finis par répondre, et par reculer, incertain à nouveau. Je sors de la pièce en quelque part. Et c’est une fois la porte fermée que je parviens à poser des mots sur ce trouble qui croît et se répand dans mes veines depuis que mes yeux ont effleuré sa silhouette, un peu plus tôt. Sa fragilité exacerbe la mienne.

Sa fragilité étouffe ma colère, noie l’animal, ne laisse qu’un humain hors d’haleine et dépassé, incertain et perdu.

Mes doigts se resserrent sur les vêtements, j’en respire l’odeur, l’odeur si caractéristique du sang, pour la graver dans ma mémoire. Et la violence déferle dans mes muscles. Pas rapide, épaules crispées, mâchoire contractée, je délaisse l’irréalité de tout cela pour laisser s’échouer dans un coin d’une pièce les vêtements souillés et extraire de mes propres penderies des tenues trop grandes, trop masculines, trop différentes dont Violet va, pourtant, devoir se contenter. Le tissu est doux au toucher, le blanc est immaculé et exempt de toute couleur et plus encore de sang : mes sens sont attachés à l’eau qui s’écoule, plus bas, qui épouse les courbes de Violet, à sa respiration qui s’accélère… Pas rapide, épaules crispées, ma chambre est loin derrière moi, la mezzanine de mon appartement l’est tout autant, la porte de la salle de bain s’ouvre à nouveau dans un chuintement tandis que je délaisse sur une chaise la tenue immaculée que je ne peux que lui proposer. « Rafael, tu es là ? » La buée s’agite, fait de sa silhouette une ombre mais je n’y accorde que très peu d’importance : je n’entends que les battements de son cœur. « Je suis là, Violet. » D’un pas, de deux nouveaux pas, la distance qui nous sépare s’amenuise, je la prends dans mes bras, mu par un instinct que je retrouve tout juste ces derniers mois. Dans ma poitrine, mon cœur accélère pour se caler sur les battements du sien. Mes lèvres effleurent son front quand ma chemise s’imprègne d’une eau brûlante. « Vous êtes en sécurité. Tu es en sécurité avec moi, je te promets. » Mes doigts frôlent son front, guident vers ses oreilles des mèches trempées, pour l’embrasser une nouvelle fois au même endroit. « De quoi as-tu peur ? De quoi dois-je te protéger à cet instant ? » Si ce n’est de moi-même, lorsque le loup maintenu à distance se libérera de ses chaînes ; si ce n’est de moi-même lorsque la certitude de voir ce joyau d’innocence perdu à tout jamais se frayera un chemin dans mon esprit, et que le juge et bourreau se rendra compte de la sentence à appliquer ? Mes mains, aventurières, s’hasardent sur son dos, sur ses omoplates, nous proposent de descendre davantage sur ses courbes. « De quoi as-tu besoin, Violet ? » Mes doigts quittent son épiderme, coupent l’eau. Partent à la recherche d’une serviette que je dépose sur ses épaules, sans m’écarter un seul instant d’elle.


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MessageSujet: Re: Man down (Rafael)   Mer 24 Jan - 13:00

Man down
Violet&Rafael
L’eau brûlante dévalait sur sa peau claire avec une puissance incroyable. Il fallait au moins ça pour laver –partiellement- Violet de son traumatisme. Elle ne parvenait plus à être rationnelle et chaque seconde qui l’éloignait de Rafael semblait être un gouffre. Aussi elle se laissa envahir par la panique, une peur incontrôlable qui lui noua l’estomac. Ses yeux bleus scrutèrent la pièce avec attention, cherchant l’Italien à travers la buée qui donnait des allures de sauna à la salle de bain. Il y eut un instant de flottement durant lequel la jeune femme crut manquer d’air et puis une voix. Sa voix. L’homme-loup était revenu, Violet l’aperçut à travers le nuage que formait la vapeur. Elle se sentit idiote sur le coup et s’accorda un court instant de répit. Les contours de Rafael se firent plus nets à mesure qu’il s’approchait. L’ergothérapeute ne se fit pas prier pour saisir la chemise trempée de son nouvel invité. Elle resta blottit contre lui, fermant de nouveau les yeux pour se concentrer. Tout irait bien. Rafael la rassura un peu plus, affirmant qu’il la protégerait. Violet resta immobile, collée contre lui comme si sa vie en dépendait. Et puis elle releva les yeux pour répondre à la question. De quoi avait-elle peur ? « J’ai peur de rester seule avec mes pensées. » finit-elle par avouer dans un soupir que le jet de la douche emporta avec lui. Violet était terrorisée, tétanisée à l’idée de penser qu’elle avait pu faire du mal à quelqu’un. Qu’elle avait pu devenir aussi infâme que ses parents. Toute sa vie elle s’était jurée de ne pas terminer comme eux, de ne pas se laisser envahir par le vice et l’inhumanité et pourtant aujourd’hui tous ses principes s’écroulaient.

La nouvelle question de Rafael arracha Violet à ses démons. Elle cligna des paupières, le regardant comme s’il venait d'apparaître. Un frisson courut le long de son échine à mesure que la main de l’Italien s’y perdait. De quoi avait-elle besoin ? Violet ne fit rien et se laissa envelopper dans la serviette sans un mot. Et puis son regard vint de nouveau se perdre dans celui de son vis-à-vis. Sa main droite s’aventura sur sa joue tandis qu’elle se hissait sur la pointe des pieds pour se saisir de ses lèvres. C’était d’une évidence incroyable. Comme un flash. La seule chose dont elle avait besoin se trouvait devant elle. Rafael. Mais il était différent, le masque était tombé. Pour combien de temps ? Violet l’ignorait, elle s’en fichait, elle ne voulait pas y penser. Ses yeux se fermèrent doucement tandis qu’elle teinta son baiser de fougue, comme si elle avait eu peur qu’il soit le dernier. Il fallait profiter de l’instant car après qu’elle ait révélé les quelques souvenirs qu’elle gardait en mémoire, la situation serait différente. Malgré tout, la jeune femme craignait que le regard de l’Italien ne change. Qu’il s’éloigne ou pire, qu’il redevienne celui qu’elle avait rencontré la première fois. Avant tout ça, avant que les sentiments ne viennent se mêler de leur histoire. La mexicaine mit un terme au baiser, rouvrit les yeux et se mit à sourire. Elle se mit même à rire, elle riait doucement, comme si tout ceci n’avait été qu’une évidence depuis le début, immanquable.

«  C’est de toi dont j’ai besoin. Le vrai toi, pas le loup. » dit-elle en caressant sa joue de son pouce.

Avec le temps Violet avait fini par comprendre. Bien sûr beaucoup de choses lui échappaient encore mais elle savait qu’un combat intérieur se jouait. Elle avait toujours pensé qu’elle parviendrait à faire ressortir le bon en Rafael, mais elle n’aurait jamais pensé que cela arrive dans de pareilles circonstances. Son sourire disparut, sa main quitta la joue du peintre pour rattraper la serviette qui tombait de son épaule. Elle avait soudainement froid, la chair de poule commença à s’emparer de son épiderme. Violet pensait à l’après. Une fois que tout ça serait derrière elle –si cela arrivait un jour- est-ce que le loup reprendrait le dessus ? Enfouissant l’homme jusqu’à la prochaine catastrophe ? La jeune femme recula d’un pas, secouant doucement la tête. Elle s’en voulait de penser ainsi. Le loup était Rafael, Rafael était le loup, l’homme et lui étaient indissociables, devraient s'apprendre et elle l’avait accepté. Alors pourquoi doutait-elle ainsi ? Maintenant ? Cette situation la rendrait bientôt folle. « J’ai froid. » finit-elle par dire en s’enroulant dans la serviette. Elle s’essuya partiellement et alla se planter devant le miroir. Elle s’observa comme une bête curieuse. Ses doigts vinrent replacer ses mèches blondes derrière ses oreilles. Le sang n’était plus pourtant Violet avait l’impression de le sentir encore. On aurait dit un robot qu’on avait privé de toute alimentation. Stoïque et silencieuse, Violet fouillait sa mémoire, encore et encore jusqu’à s’en donner la migraine. Était-ce le reflet d’un monstre qu’elle regardait ? La jeune femme finit par détourner le regard vers le sol. « Merci pour les vêtements. » lâcha-t-elle en même temps qu’elle faisait tomber sa serviette par terre pour s’approcher de ses nouveaux habits. Il fallait qu’elle se reprenne, c’était vital.



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MessageSujet: Re: Man down (Rafael)   Mer 7 Fév - 1:05

Je fais mien le battement de son coeur, je fais mienne son angoisse, je m’approprie jusqu’à sa respiration inquiète et trop rapide. Lorsque mes mains retrouvent ses épaules, retrouvent son contact, l’enlacent tout contre moi sans tenir compte de l’humidité qui imprègne ma chemise ni de cette absence de pudeur pour nous séparer, la seule réalité à laquelle je me sens appartenir, c’est celle de sa peur. Brûlante. Irrationnelle. Omniprésente. Une peur écoeurante, comme une obscurité venue la saisir pour l’emporter, une peur dont le pendant est ma colère, pour le moment muselée, mais qui ne demande qu’à s’exprimer en un seul mot : qui, en une seule question, pourquoi, en une seule interrogation : comment. Sa peau est redevenue immaculée, les seules rougeurs qui persistent sont celles créées par l’eau brûlante, consumante, corrosive, qui n’a fait disparaître qu’en surface l’odeur que le loup guette et reconnaîtrait entre mille. Le sang est là : persistant. Il fait partie de mon univers, de mon quotidien, de mon oxygène : je le reconnais comme un frère, comme un besoin, comme l’odeur rassurante d’un environnement familier. Un environnement qui est mien, mais dont Violet est, de par sa nature, supposée être exclue. Un environnement qui lui sera létal, j’en suis certain ; un environnement qui lui est délétère, elle me le confirme : « J’ai peur de rester seule avec mes pensées. » Son soupir est tenu, mon ouïe s’en saisit pourtant avec délicatesse. Seule avec ses pensées, elle le sera toujours et ne tardera pas à s’en rendre compte, j’en ai bien le regret. Elle a beau être lovée dans mes bras, l’homme a beau prendre le pas sur le Seigneur, sur le bourreau, sur le juge et juré, sur le loup et l’exécuteur, elle est seule, comme je peux l’être, elle est fragile, elle est vulnérable. Et j’ignore de quoi je vais devoir la protéger, de qui je vais devoir goûter le sang et provoquer les cris pour racheter son âme et sa pureté à jamais entachées.

De qui dois-je la protéger ? De quoi donc a-t-elle besoin que je puisse lui procurer à cet instant ? Que puis-je faire pour apaiser ses pensées, pour la faire sortir de ce monde dans lequel elle semble avoir définitivement basculée ? Une serviette vient l’envelopper doucement, je suis confronté à son silence et son mutisme, incarcère ma colère et ma fureur pour me cantonner à une douceur que je retrouve avec timidité. L’eau cesse de s’écouler, nous sortons de la douche, je sens le froid s’emparer du tissu trempé, comme le sifflement d’une mise en garde. Un sifflement qui devient inaudible dès lorsque Violet sortir de son immobilité pour s’aventurer sur ma joue, sur mes lèvres, sans que je ne sache exactement ce qu’elle attend de moi. Ses lèvres, sa fougue, j’y réponds sans réfléchir, en me laissant porter et guider par ce qu’elle exprime. Je crains de comprendre ce qu’elle réclame, ce dont elle pense avoir besoin sans que je ne puisse lui offrir. Distance, patience, silence, tout cela je peux lui offrir. Protection, écoute, douceur, tout cela, je peux lui offrir. Mais davantage ? Mes lèvres s’entrouvrent quand elle met un terme au baiser, s’étirent dans un sourire discret quand son visage apeuré se déride enfin, retrouve un peu de sa clarté et de son innocence. «  C’est de toi dont j’ai besoin. Le vrai toi, pas le loup. » Un sourire discret qui se fige pour ne pas s’évaporer. Ma voix sèche se perd dans le silence, de justesse retenue. Le loup est mon vrai moi. Ma voix sèche n’est qu’un fantôme, que je remplace par le silence. Un temps. Puis par quelques mots soufflés. « Je suis là ». Mes mains replacent sur ses épaules la serviette qu’elle vient chercher avant de reculer. Mon regard se fait inquiet, passif, hésitant une nouvelle fois. La situation est trop inattendue, trop incertaine, trop onirique par bien des aspects pour que je parvienne réellement à savoir ce qu’elle attend de moi.

Le temps reprend son cours sans précipitation. Pas à pas, seconde après seconde, le loup observe, l’homme respire, écoute les battements de coeur, cherche à percer le voile qui lui cache les pensées de Violet. « J’ai froid. » Ma main va chercher les vêtements déposés en vitesse à mon retour, les lui tend sans ajouter de syllabes superflues. Je croise son visage dans le miroir, cette expression silencieuse qui l’assombrit, qui fait de ses émotions des plaies béantes, à vif, trop fragiles, trop sensibles, trop douloureuses pour elle comme pour moi. « Merci pour les vêtements. » La serviette s’échoue, mon regard fuit sa silhouette, se plonge plutôt dans le reflet du miroir. « Habille-toi, puis nous parlerons. » Puis elle parlera, elle expliquera. Elle s’exprimera.

Ma main la guide hors de la salle de bain, nous atteignons ce salon qui nous a vu, il y a bien des mois à présent, nous apprivoiser l’un l’autre. Excepté que contrairement à nos séances, passées, enfuies, disparues, je ne suis plus celui que l’on doit guider. Bien au contraire. C’est ma main qui saisit celle de Violet, c’est ma main qui trace son chemin, qui l’effleure. Qui la laisse une fraction de seconde pour extirper d’un meuble un liquide ambré, préservé du Gouvernement, ainsi que deux verres adaptés. D’autorité, les verres se remplissent, glissent vers Violet. Son suivi d’un jeu d’échec, de ce jeu que j’affectionne plus que tout autre pour sa simplicité et son ancienneté. Son universalité. Le plateau trouve sa place sur la table basse. Je le fais pivoter pour que les blancs rencontrent Violet, comme en écho à sa pureté. « Assieds-toi. » Hésitation : j’envisage une fraction de seconde de prendre place face à elle. Je l’enlace une nouvelle fois, en réponse : bien assez de place sur le canapé pour que je puisse maintenir un contact que je sens nécessaire à ses yeux. Et aux miens. « Que s’est-il passé ? De qui était-ce le sang, de quoi te souviens-tu ? » Une respiration, les yeux rivés sur la reine qui siège, immaculée, sur le plateau, je ne peux en détourner le regard, je ne peux chercher celui de Violet. « Je ne vous jugerai pas, Violet, je vous l’assure. Je suis Rafael, l’homme qui vous protège. Qui veille sur vous. Qui vous admire et que vous… » Aime ? « Apprécie plus qu’il ne le devrait. Personne d’autre. » Je ne suis ni loup, ni Seigneur, ni bourreau, ni exécuteur. Juste Rafael.


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MessageSujet: Re: Man down (Rafael)   Ven 16 Fév - 11:56

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Violet&Rafael
L’eau n’avait gommé que la partie visible de l’iceberg. Les traces superficielles du crime. Un crime dont Violet n’avait aucun souvenir. Pourtant, bien que les preuves soient maintenant presque disparues, la jeune femme ne se sentait pas mieux. Ses muscles étaient plus détendus mais son esprit restait encombré par d’obscures pensées. Peu à peu, si elle n’y prenait pas garde, Violet se retrouverait bientôt enfermée dans une bulle, loin du monde, loin de tout. La voix de Rafael vint lui rappeler que dans cette épreuve, elle n’était pas seule. Sa présence fut comme une vague de chaleur, un sentiment qui rassure, qui réchauffe l’âme meurtrie. La jeune femme s’habilla, confortable dans les vêtements propres et immaculés apportés par son hôte. Un hôte qui prenait peu à peu –pour cette fois du moins- des allures d’ange gardien. En d’autres circonstances, Violet n’aurait jamais songé à ce terme angélique pour définir Rafael, mais aujourd’hui tout était différent. Il n’y avait plus de règles, plus de logique. Après qu’elle ait terminé de se vêtir, la Méxicaine se laissa guider jusque dans le salon. Elle connaissait cette pièce par cœur et pourtant, sa mélancolie lui donnait moins d’éclat qu’à son habitude. Ses doigts mêlés à ceux de son guide, Violet se sentit rassurée. Elle s’appliqua à prendre de grandes bouffées d’air frais. Il fallait qu’elle s’apaise pour remettre ses idées en place et de cette façon, peut-être qu’elle parviendrait à rassembler les quelques bribes de souvenir qu’il lui restait en tête.

Ses yeux clairs scrutant les moindres faits et gestes de Rafael, Violet fit la moue en constatant qu’il leur servait des verres d’alcool. C’était parfaitement ce dont elle avait besoin à ce moment précis. Sauf que dans son esprit, le fameux liquide restait introuvable, elle se réjouit alors de constater que parfois, lorsqu’il fallait, Rafael pensait bon de détourner la loi. La jeune femme avait l’impression qu’une force s’appliquait à ralentir le temps. Tout lui semblait bizarre, anormal. Pourtant elle hocha la tête lorsque l’Italien lui indiqua de s’asseoir. Elle trouva refuge dans ses bras réconfortants. Violet ferma les yeux un moment. Elle n’était plus une enfant, elle n’était pas non plus en mesure de remonter le temps, d’effacer le souvenir de ce qui s’était passé. Il fallait qu’elle prenne ses dispositions pour tenter d’éclaircir son trouble. Elle soupira longuement, jetant un regard au jeu d’échec et aux verres qui trônaient sur la table basse. Rafael la questionna de nouveau, la poussant à briser l’étreinte qui les unissait. Elle se pencha doucement pour se saisir de son nectar interdit. Sans en boire une gorgée, ses doigts commencèrent à palper le verre avec une certaine appréhension. Ses yeux fuyaient ceux de Rafael. Elle ne voulait pas voir son regard lorsqu’elle énumérerait ses rares souvenirs. Alors pour se donner du courage, elle s’autorisa à tremper ses lèvres dans le liquide brun qui remplissait son verre.

« J’ai quitté l’hôpital assez tard. Je me sentais parfaitement bien et puis j’ai eu mal au crâne. Je ne pense pas avoir perdu connaissance, ou alors je ne m’en souviens pas. Pourtant je me suis réveillée dans une ruelle à l’autre bout de la ville –elle ferma les yeux, comme pour se préparer à ce qu’elle allait dire- et puis j’ai vite compris que quelque chose n’allait pas. Mes vêtements me collaient à la peau, j’ai… » Violet se pinça les lèvres. Elle eut soudain l’impression qu’une boule énorme lui bouchait la trachée. Elle sentit les larmes qui revinrent border ses paupières, pourtant elle les chassa du revers de sa main, leur préférant une nouvelle gorgée d’alcool. Cette fois son regard se planta dans celui de Rafael. Il fallait bien qu’elle lui parle, qu’elle lui avoue. « J’ai vu que c’était du sang. J’ai paniqué. Je savais que ce n’était pas le mien parce que plus loin j’ai vu une tâche énorme. Comme si quelqu’un avait été massacré, pourtant il n’y avait personne. Juste une longue trace qui a disparu d’un coup. Comme si on avait trainé la victime et qu’elle s’était évaporée. Mon dieu Rafael… Tu crois que je deviens folle ? » demanda-t-elle tandis qu’un tremblement lui traversait le corps. Violet n’était pas certaine d’être une meurtrière. Plusieurs éléments manquaient à son récit, des éléments qui lui auraient donné plus de logique. Malgré ces zones d’ombres, la Méxicaine savait qu’elle avait assisté, et peut-être même participé, à quelque chose d’horrible. Sa détresse se lisait sur son visage. Elle espérait que l’alcool la soulagerait un peu, alors elle délesta son verre d’une nouvelle gorgée. Comment était-ce possible ? Lorsqu’elle y repensait, cela n’avait presque aucun sens. Aucun corps ne pouvait disparaitre comme ça. L’avait-on emporté à bord d’un véhicule ? Et si c’était le cas, qu’elle aurait été le but de la laisser en vie ? Pourquoi ne pas l’emmener elle aussi ? Son attention s’égara un instant pour s’attarder sur le jeu d’échec posé sur la table. Pour l’instant, la seule personne en échec dans cette pièce était bien elle. Elle espérait que Rafael puisse l’aider à y voir plus clair dans le jeu personnel qu’était devenue la quête de sa mémoire. Ses paroles rassurantes semblaient néanmoins avoir apaiser la jeune femme. « Je sais que ça n’a aucun sens mais c’est tout ce dont je me souviens. » Sa voix tremblait, elle était entrain de fournir un effort considérable pour ne pas se laisser aller. Après avoir vidé son sac, Violet aurait voulu s’enfouir dans les bras de l’Italien jusqu’à ce que son mal-être s’apaise, pourtant elle savait qu’elle ne pourrait pas vivre comme ça indéfiniment…


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Rafael A. Morienval
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MessageSujet: Re: Man down (Rafael)   Dim 25 Fév - 23:06

Des mèches humides se perdent dans sa nuque, ma chemise, trop grande tombe sur ses épaules, trop frêles, accentue encore cette fragilité qu’elle déploie autour d’elle et qui ne disparaît totalement que lorsque je croise son regard. Violet n’est pas faible, elle est fragile. Violet n’est pas faible, elle est délicate. Violet n’est pas faible, mais elle est brisée, et plus que jamais, je peux le percevoir. Quand nous rejoignons le salon, je contemple ses courbes et ses gestes, l’hésitation de ses mouvements. Le contact de ses doigts entremêlés aux miens. Et je comprends, douloureusement, je tente de comprendre que j’ignore simplement comment l’aider, comment la secourir, comment l’extraire de ces abysses dans lesquels je sombre si facilement depuis tant de siècles. Comment puis-je ne serait-ce que lui tendre une main secourable, quand je suis celui qui l’entraîne vers le fond et l’enlacer pour mieux la noyer ? Je l’ignore, et j’ignore tant de chose que j’oscille, encore et encore, dans cet état d’incertitude qui me tétanise. Plus aveugle que jamais, plus hésitant que jamais, une part de moi veut chercher un soutien, un conseil, ne trouve que la solitude de ma demeure et les attentes d’une femme à la perfection brisée. Ne trouve que le secours d’un verre d’alcool, coupable, condamnable, mais nécessaire. Le liquide ambré teinte le verre, s’impose, se glisse dans sa direction, dans ma direction, interdit violé et transgressé sans l’ombre d’un remord. Un jeu d’échec suit sans tarder l’alcool, comme deux impondérables d’une conversation que je devine pesante. Lourde de conséquences également.

Ses doigts palpent la surface du verre, les lèvres en restent loin, tout comme elle reste loin de moi. Etreinte défaite, délaissée, dénouée, distance prise et distance maintenue dans son regard. Elle ferme les yeux, elle les rouvre, elle ne me regarde pas. Mes questions se sont échouées près de son rivage, l’attente est insoutenable, corrosive, des vagues qui s’abattent sur moi et me conjurent de la presser, de la brusquer, de lui ordonner de m’apporter des réponses. Violet reste silencieuse, et le Seigneur, pourtant tenu loin de là, s’agace d’attendre. Violet reste silencieuse, le loup hurle à la mort. Violet reste silencieuse, Rafael reste silencieux également, attend. Il attend qu’elle soit prête, j’attends qu’elle soit prête à parler, qu’elle reconstitue les événements dans son esprit avant de me les confier. Je ne suis pas celui qui pourra l’aider, je n’en ai pas le sentiment, mais je peux être l’oreille attentive dont elle a besoin, et je serai, qu’elle en soit certaine, le bras armé qui exécutera les responsables. Enfin, un mouvement oscille, rompt l’immobilité. Elle trempe ses lèvres dans l’alcool sous mon regard prudent. Et protecteur. « J’ai quitté l’hôpital assez tard. Je me sentais parfaitement bien et puis j’ai eu mal au crâne. Je ne pense pas avoir perdu connaissance, ou alors je ne m’en souviens pas. Pourtant je me suis réveillée dans une ruelle à l’autre bout de la ville Mes doigts se crispent sur mon verre, je m’oblige à les rouvrir un à un, pour mieux passer une main apaisante dans son dos. Déjà, j’essaye de considérer les caméras de surveillance qui pourront être mis à profil. Déjà, je ne peux m’empêcher de… et puis j’ai vite compris que quelque chose n’allait pas. Mes vêtements me collaient à la peau, j’ai… » Son regard fige le mouvement circulaire de ma main entre ses omoplates, me transperce jusqu’au cœur par la lourdeur de ses émotions. Leur pureté, leur puissance, leur absolu. « J’ai vu que c’était du sang. » Je me fige. Conscient de l’état de ses vêtements, conscient que le sang qui y coagule n’est pas le sien. « J’ai paniqué. Je savais que ce n’était pas le mien parce que plus loin j’ai vu une tâche énorme. Comme si quelqu’un avait été massacré, pourtant il n’y avait personne. Juste une longue trace qui a disparu d’un coup. Comme si on avait trainé la victime et qu’elle s’était évaporée. Mon dieu Rafael… Tu crois que je deviens folle ? » Mon regard se durcit imperceptiblement, je prends le temps de peser mes mots avant de les articuler : un faux pas n’est pas envisageable. « Non, je ne le crois pas. » souffle avec douceur mes lèvres. Mensonge, bien évidemment, j’ignore ce que je dois croire actuellement. Mensonge, mensonge enveloppé de cette gangue protectrice d’hypocrisie et de déni, d’illusions, de ces illusions même qui me font horreur. Que j’aimerais que cette nuit n’existe pas et disparaisse au matin au même instant que les dernières ombrées.

« Je sais que ça n’a aucun sens mais c’est tout ce dont je me souviens. » Elle conclut. Et me laisse la parole sur ses mots, comme pour mieux me pousser à transformer mes questions en réel interrogatoire. Que lui ai-je promis ? De n’être que Rafael, que celui qui, aussi déraisonné que cela puisse être, oser aimer ses courbes, son être et sa personne, avec hésitation. Incertitude. Indécision. Cela n’a aucun sens, c’est un fait, c’est un fait que je ne peux que noter. Tout cela n’a aucun sens. J’arrache au verre une gorgée d’alcool, les yeux rivés sur le plateau d’échec. Les yeux rivés sur cette reine, droite et fière. Puissante. Omnipotente. Inarrêtable. Inébranlable. Les yeux rivés sur cette pièce que mes doigts extraient sans parler de ses troupes protectrices, pour la poser dans les mains de Violet. « Ne t’inquiète pas, nous allons éclaircir tout ça. Quoiqu’il se soit passé, quoiqu’il soit arrivé, si tu ne t’en souviens pas, j’ose espérer que tu n’es en rien responsable de tout cela. Nous trouverons le coupable, ne t’en fais pas, et sois en sûre, je veillerai à m’en occuper personnellement. » Et si le coupable se tenait devant moi ? Je fais taire mes doutes, je les écrase dans mon poing fermé. Dans mes certitudes aveugles, dans ce suaire d’illusions que j’ai tissé autour de moi. « En attendant, je veux que si quoique ce soit de plus te revient, tu me le dises immédiatement. Et que si qui que ce soit t’angoisse, tu m’en donnes immédiatement le nom. Je ne laisserai personne te toucher. » Et c’est une promesse que je lui fais, que je lui renouvelle. Duncan est chargé de la protéger, mais cela n’est visiblement pas suffisant. « Reste ici. Reste dans la villa, quelques temps. Nul endroit n’est plus sûr. Reste avec moi. »


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MessageSujet: Re: Man down (Rafael)   Ven 2 Mar - 10:28

Man down
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Avait-elle bien fait de venir ? Voilà la question qui tourmentait Violet à mesure qu’elle énumérait ses quelques souvenirs. Tout ceci n’avait-il pas été qu’une grossière erreur ? Peut-être aurait-elle simplement dû rentrer chez elle et ne plus jamais en sortir, peut-être qu’elle aurait dû se rendre… pourtant son instinct l’avait conduite jusque-là, jusqu’à lui. Lorsque le regard de Violet daigna enfin recroiser celui de Rafael, tous ses doutes s’envolèrent. Bien sûr qu’elle avait bien fait de s’aventurer jusqu’ici. Au-delà de cette villa magnifique, l’Italien était son refuge le plus sûr. Il l’écoutait attentivement, en plus de l’alcool, ses gestes tendres semblaient faire effet. La jeune femme se décrispa un peu une fois qu’elle eut vidé son sac. Rafael n’avait pas fuis, il était resté particulièrement calme et maître de lui-même. Une des nombreuses choses qu’elle admirait chez lui. Il gardait son sang-froid en toutes circonstances, du moins en sa présence. Il ne semblait pas la penser folle, pourtant Violet elle-même commençait à douter de sa santé mentale. Son regard s’attarda sur le jeu d’échec avant qu’elle ne vide son verre d’une traite. L’alcool lui brûla la gorge. Elle déposa le verre vide sur la table basse dans un soupir. Elle daigna enfin affronter le regard de Rafael, pendue à ses lèvres elle attendait un verdict. Finalement l’homme-loup vint déposer la reine du jeu d’échec dans la paume de sa main. Violet l’observa en faisant la moue. Elle n’avait rien d’une reine ce soir là. Ses doigts se refermèrent doucement autour du pion, elle parut un peu triste. Pourtant la réponse que lui offrit Rafael était celle que la jeune femme espérait, elle hocha doucement la tête mais parut contrariée. Elle ne pouvait pas être certaine d’être innocente. Ce sang n’avait pas maculé ses vêtements par magie.

« Rafael…et si j’étais réellement coupable ? Tu l’as dit toi-même je ne me souviens de rien. Je sais que je n’aurais jamais fait de mal à quelqu’un volontairement mais… » dit-elle du bout des lèvres.

Et si elle était coupable, est-ce que l’Italien serait toujours là pour elle ? Ne la verrait-il pas comme un monstre sanguinaire ? La suite parvint à lui arracher un faible sourire. Les dernières barrières qui les séparaient semblaient s’effondrer les unes après les autres. Violet regretta que cela arrive à cause d’un drame. Rafael semblait avoir baissé sa garde, le vouvoiement avait été abandonné et une tendresse nouvelle semblait l’animer. Une tendresse qui faisait du bien. La situation était terrible, la vie de la Mexicaine ne serait plus jamais la même.  Elle commençait à en prendre conscience et cela l’angoissait. Pour faire taire son angoisse et ses préoccupations, Violet vint se blottir contre Rafael en serrant la reine entre ses doigts. Elle ferma un instant les yeux pour écouter les battements rassurant du cœur de l’Italien. Car malgré les apparences, malgré ce qu’elle avait pu penser quelques temps plus tôt, un cœur se cachait bien sous cette carapace. Non elle ne voudrait plus quitter ses murs avant un moment. Cette demeure qu’elle avait autrefois voulu fuir deviendrait son refuge. Elle rouvrit les yeux doucement et se remit à fixer le jeu d’échec. « Si jamais j’étais coupable, si jamais j’essayais de te faire du mal, tu me promets de faire le nécessaire pour m’en empêcher ? » demanda-t-elle sans pour autant décoller son oreille de sa poitrine. Quoiqu’il lui soit arrivée, Violet savait qu’elle n’avait pas été elle-même ce soir-là, qu’il y avait de grandes chances pour qu’elle ait blessé quelqu’un. Elle ne pouvait s’imaginer rester près de l’homme qu’elle aimait en sachant qu’elle pouvait lui faire du mal sans même s’en rendre compte. Elle voulait être certaine qu’il prendrait les mesures pour l’arrêter si cela devait arriver. Qu’on l’enfermerait pour mettre un terme à cette folie.

Violet se redressa, la chemise large de Rafael lui retomba sur l’épaule pendant qu’elle déposait un baiser contre la joue de son hôte. « Je t’aime tu sais, il n’y a qu’avec toi que je me sens en sécurité. Mais si je suis vraiment dangereuse je ne veux pas que tu m’épargnes. Peu importe ce qui s’est passé. Mes parents étaient des monstres alors peut-être que finalement… » elle avait hérité d’eux. Son frère était un homme perfide et vicieux, ses géniteurs, les êtres qui lui avaient donné la vie étaient des personnes affreuses, elle avait été naïve de croire qu’elle aurait pu passer entre les mailles du filet. La jeune femme soupira en replaçant la chemise correctement. Elle ouvrit sa main pour fixer une énième fois les traits figés de la reine. La partie ne faisait que commencer et son issu terrorisait Violet. Sa vie devenait un jeu auquel elle n’aurait jamais voulu jouer et pourtant, voilà où elle en était désormais. Elle espérait juste qu’avec Rafael à ses côtés, elle en sortirait gagnante.





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MessageSujet: Re: Man down (Rafael)   Sam 24 Mar - 22:15

« Rafael…et si j’étais réellement coupable ? Tu l’as dit toi-même je ne me souviens de rien. Je sais que je n’aurais jamais fait de mal à quelqu’un volontairement mais… » Mon cœur manque un battement. Mon sang se glace. L’horreur fige mes muscles, comme des cristaux se répandant dans mes veines, tailladant ma chair, tétanisant mon organisme. Brûlure acide, terreur grandissante. Et si Violet, et si Violet se révélait être réellement une coupable, une meurtrière ? Et si Violet s’avérait avoir du sang sur les mains, tatouée dans son corps et son âme, âme tâchée, irrémédiablement tâchée, perdue pour l’humanité et l’espoir que j’entretenais en la voyant ? Que ferais-je, dans ce cas ? Serais-je capable de me parjurer, de fermer les yeux, une nouvelle fois, par affection pour elle, comme je l’ai fait jadis pour Azzura, comme je l’ai fait jadis pour Noah, comme je l’ai fait et je le refais encore pour Orfeo, préservant leur vie par orgueil et égoïsme ? Ou aurais-je le courage de mettre fin à ses jours, par pitié pour une humanité ne pouvant souffrir de monstres supplémentaires, ou aurais-je la force de rester cohérent, de suivre mon devoir plutôt que mes désirs, de lui octroyer une mort rapide et indolore, mais une mort que demanderait la justice ?

Son récit un peu plus tôt m’a tétanisé. Horrifié, non par son contenu, mais par son messager. Ses propos à présent sont pires encore : ils sont le reflet de ce que je refuse de voir. Ses doutes sont trop lucides, trop clairvoyants, trop franc. Pas de déni possible, pas d’illusion possible, je tente de tisser un voile de mensonge, elle le lacère en quelques mots, en un regard. Et lorsqu’elle se blottit contre moi, je ne peux que laisser l’instinct prendre le pas sur la raison et enrouler mes bras autour de son corps trop frêle, trop fragile en apparence, pour la préserver du monde extérieur. Le loup sent mes doigts envelopper son cou, sa nuque, la briser d’un mouvement sec et mettre définitivement fin à sa panique, mais tout ce que l’homme désire, c’est oublier. Mettre de côté ce si qu’elle a exposé, nu, sous le jugement du bourreau. Fermer les yeux, littéralement, métaphoriquement. « Si jamais j’étais coupable, si jamais j’essayais de te faire du mal, tu me promets de faire le nécessaire pour m’en empêcher ? » Mon cœur se serre dans ma poitrine, se serre davantage encore sous mon silence, un silence que je lui impose. Parce que j’ignore quoi répondre dans l’immédiat, parce que mon instinct premier serait de lui faire cette promesse, parce que j’en suis tout simplement incapable et que je ne suis pas certain de savoir pourquoi, d’être prêt à admettre ce qui me retient. Je garde le silence, me laisse guider par de vieux souvenirs pour l’embrasser dans les cheveux, pour gagner quelques secondes encore. Quelques secondes qui s’étire encore, lorsque Violet se redresse.

« Je t’aime tu sais, il n’y a qu’avec toi que je me sens en sécurité. Mais si je suis vraiment dangereuse je ne veux pas que tu m’épargnes. Peu importe ce qui s’est passé. Mes parents étaient des monstres alors peut-être que finalement… » La tendresse dont elle fait preuve est du papier de verre frotté contre mon épiderme. Sa tendresse est angoissante. Rassurante. Si différente de ses propos, si chaleureuse quand ses mots ne sont que glace, et glace encore. Sa main s’ouvre, dévoile la reine que j’y ai placé, mon visage est impassible quand mes yeux en contemplent les traits. « Tu n’es pas monstrueuse. » Nous le sommes tous souffle mon cœur dans une douloureuse désillusion. « Et je ferai tout ce qui sera en mon possible pour que rien de la sorte ne se reproduise. » Je tuerai pour cela. Mais elle ? « Je te l’ai déjà promis : je ne laisserai rien t’arriver. Je ne supporterai pas l’idée de te perdre, Violet, d’une manière ou d’une autre. » La perdre pour l’humanité, la perdre physiquement, la perdre psycyhologiquement. Il y a tant de façon de s’égarer, il y a tant de façon de s’effondrer, de glisser dans un gouffre sans qu’il ne soit plus possible de retrouver son chemin. « Si tu étais coupable, je remuerai ciel et terre pour trouver le responsable, celui qui aura été derrière cela. Les sorciers peuvent faire vivre des choses abominables, distordre la réalité et les esprits, pervertir les âmes, ne laisser que des carcasses brisées ou desséchées. » Et la conviction qui suinte de mes propos se fait palpable, chargée de rancœur, d’une rancœur pétrie d’honnêteté. Je me penche vers elle pour cueillir mes lèvres, refermer sa main sur la reine. « Il y a trop de bonté en toi, Violet, pour qu’une quelconque ombre parvienne à assombrir ton âme. » Mes yeux plongent dans les siens. Qui suis-je en train de convaincre ? Qui suis-je en train de vouloir convaincre ? L’évidence n’est pas celle que l’on croit. « Je suis tombé amoureux de cette bonté, Violet. Elle me fascine, tu me fascines, tu m’attires par ta gentillesse, par ta pureté, par ta candeur. Tu m’intrigues. » J’inspire. « Et crois-moi, crois-moi vraiment, personne ne saura un jour t’enlever cela, je ne le permettrai pas. Nous trouverons ce qu’il s’est réellement passé. » Parce qu’il s’est forcément produit quelque chose qui lui échappe, qui nous échappe, il ne saurait en être autrement. Je ne le supporterai pas.


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MessageSujet: Re: Man down (Rafael)   Mar 3 Avr - 11:57

Man down
Violet&Rafael
Et si elle était coupable ? Coupable…un mot horrible pour une âme aussi pure que celle de Violet. Bien sûr que la perversion avait entaché les autres membres de sa famille. Sa chaire et son sang. Plusieurs fois elle avait pensé avoir échappé à la malédiction, elle avait pensé être l’exception qui confirmerait la règle. Se serait-elle trompée durant autant d’années ? Est-ce que le cataclysme qui avait assombri la Terre commençait à envahir son âme sans même qu’elle ne s’en rende compte ? La jeune femme ne se voyait pas devenir ainsi, perdre l’espoir en la bonté de chacun. Elle ne se voyait pas vivre en sachant qu’elle était capable du pire, elle savait qu’il faudrait l’arrêter. Voilà pourquoi elle posa la question à Rafael, elle voulait être rassurée, être sûre qu’il ferait ce qu’il faut. Malheureusement pour elle, la seule réponse qu’elle obtint fut un lourd silence. Silence ponctué par les battements du cœur de l’Italien qui furent pour un moment un remède contre son angoisse. Un baiser dans les cheveux, une tendresse réconfortante de la part de l’homme-loup, une tendresse surprenante mais bienvenue. Malgré ça il ne fallait pas qu’elle s’égare alors Violet s’éloigna, se décollant de la poitrine rassurante de l’homme qu’elle aimait pour insister. Incapable de regarder bien longtemps Rafael, son regard retomba sur le pion aux allures de reine. Peut-être que le silence de Rafael s’apparentait à un refus… Ce dernier sortit de son mutisme à l’instant même où cette pensée traversa l’esprit de Violet. Elle lui accorda un bref regard puis fit la moue.

Les propos de Rafael résonnaient de conviction. Violet sut à cet instant qu’il disait vrai et qu’il ferait tout pour la protéger, pour lui éviter de replonger dans ce cauchemar. Elle cligna doucement des paupières et murmura « J’aimerais en être aussi sûre. » avant de soupirer. N’y avait-il pas que les monstres pour se réveiller souillé du sang d’autrui sans même se souvenir de ses actes ? Violet avait entendu des rumeurs, des choses horribles mais jamais elle n’aurait pensé en être la victime. Car voilà comment elle se sentait, victime de sa propre amnésie. Les propos de Rafael ne la rassurèrent pas vraiment hélas… Il confirma que les sorciers étaient capables du pire. La jeune femme se sentait totalement perdue. Elle qui, quelques années auparavant, pensaient encore que les sorciers n’étaient que des êtres imaginaires, le fruit de légendes ou d’une imagination trop grande. Se pouvait-il que cette fois, la fiction ait rattrapé la réalité ? Violet plissa les yeux. Le ton de Rafael l’interpella, mais elle préféra ne pas l’interrompre. Lorsqu’il évoqua sa bonté, un triste sourire courba les lèvres de la jeune femme. La suite lui fit hausser les sourcils. Sans s’en rendre compte, Rafael lui faisait une déclaration surprenante. Des confidences qui éloignèrent l’angoisse durant quelques instants. Violet déposa sa main droite contre la joue gauche du brun. « Oui nous trouverons. J’ai confiance en toi. Confiance en nous. » finit-elle par dire avec une détermination nouvelle.

Violet avait passé sa vie à se nourrir du bonheur des autres, à apprécier chaque instant simple que son existence pouvait lui apporter. Elle savait apprécier chaque odeur, chaque saveur, chaque sensation qui la traversait. Elle ne voyait pas à quel instant tout ceci avait pu déraper sans qu’il n’y ait de signes avant-coureurs. L’Apocalypse n’avait en rien changé sa conviction,son état d’esprit. Le monde était différent mais elle restait persuadée que la bonté persistait. Peu importe ce qui l’avait mené jusque dans cette ruelle, elle savait que jamais elle n’aurait pu blesser autrui de son propre chef. Malgré ça, il y avait bien un mystère derrière tout cela, un mystère qu’elle sembla prête à affronter si Rafael restait à ses côtés. « Tu as raison. Jamais je n’aurais fait du mal à quelqu’un. J’espère que tu continueras de me voir comme ça quand on aura percé le mystère. » lança-t-elle avant de poser la reine à sa place. Cette fois la partie pouvait commencer. Violet n’était pas sûre qu’elle la gagnerait néanmoins elle savait qu’elle ne serait pas seule. Mais avant ça, une question lui vint à l’esprit. Elle se pinça les lèvres puis finit par se lancer. Elle ne savait pas si c’était les quelques gorgées d’alcool qui la rendaient soudainement si curieuse. « Rafael tu… tu as parlé des sorciers, est-ce qu’ils t’ont fait du mal ? » demanda-t-elle si doucement qu’on aurait cru une enfant. Violet ne s’était jamais posé la question mais le ton qu’avait employé son hôte quelques instants auparavant l’avait poussé à franchir le pas.





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Rafael A. Morienval
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MessageSujet: Re: Man down (Rafael)   Lun 16 Avr - 0:13

Et si elle est coupable ? Et s’il s’avère, finalement, que le monstre m’a dupé, plus longtemps que chez tant d’autres ? Et s’il s’avère, finalement, que la tendresse, la douceur et la pureté de Violet n’étaient que douces illusions, qu’un voile jeté sur mon regard pour affaiblir mes défenses, ronger mes murailles, consumer ma méfiance et faire pénétrer l’acide jusqu’à ce qu’il reste de mon âme ? Et si, lorsque je soulèverai enfin le voile de notre ignorance, ce ne sera que pour trouver son reflet déformé et le sourire moqueur d’une bête plus noire encore que le loup, le reflet déformé d’une amante haïssable, d’une rivale défigurée, de ces cadavres que je traîne et de ces amours perdues, arrachées, meurtries, assassinées. Derrière son regard si fragile, fissuré presque brisé, derrière ses yeux dans lesquels je me perds si facilement, derrière ses lèvres que j’aime embrasser, derrière son corps que j’aimerais embraser, trouverai-je un monstre, une âme pervertie ou pire encore ? Et si elle est coupable, que ferai-je ? Qu’oserai-je faire ? Mon visage se durcit à ses pensées, le si qu’elle m’impose est feuille de verre frottée contre ma peau, je me contrains à l’ignorer. Je me contrains à ignorer son si, je m’y contrains pour ne pas chanceler. Pour que mon cœur ne cesse pas de battre, qu’il conserve la même régularité contrôlée. Pour que mes lèvres n’articulent ni menace, ni mensonge. Ce si qu’elle m’impose, qu’elle m’assène, je l’écrase dans mon poing fermé, pour retenir le loup qui veut envelopper son cou et briser sa nuque en réponse à ce si. Et si elle est coupable ? Elle ne sera pas coupable. Elle n’est pas coupable. Je t’aime, tu sais, peut-être, mais continuera-t-elle de m’aimer lorsque la vérité éclatera et que mon regard ne sera plus habité que par le dégoût, l’écœurement et la déception ? Continuera-t-elle d’aimer un homme qui ne pourra pas aimer ce qu’il verra dans ses mains couvertes de sang ? Pour la seule raison que ce qu’il verra, ce sera lui-même, une version déformée de tout ce qu’il ait. Je ferme les yeux, inspire.

Et lorsque je les rouvre, c’est pour fixer la reine placée entre ses doigts. Et lorsque je les ouvre, c’est pour les tourner vers elle, impassible. En contrôle. Définitivement en contrôle. Suffisamment pour lui mentir, pour me mentir d’une voix tremblante de sincérité. Elle n’est pas monstrueuse, il ne faut pas qu’elle le soit. Je ferai tout ce qui sera en mon possible pour que ça ne se reproduise pas, même si pour la première fois depuis bien des siècles, j’en doute. Et je ne supporterai pas de la perdre d’une manière ou d’une autre… aux mensonges s’entremêle la vérité. « J’aimerais en être aussi sûre. » Son soupir m’irrite. Irrite le seigneur, irrite le loup. Et fait souffrir l’homme. Un homme à la foi aussi fragile que son humanité, un homme à la volonté aussi friable que le temps qui se perd, un homme aux émotions aussi instables que ses doutes. Un homme qui prend pourtant le dessus sur la sauvagerie du loup, sur l’arrogance du seigneur, contre toute attente. Un homme qui se perd, s’égare, dans des propos qui le dépassent, aux formulations fragiles et tremblantes. Un homme qui frissonna sous le contact. « Oui nous trouverons. J’ai confiance en toi. Confiance en nous. » Je contemple son regard. Y trouve une détermination nouvelle, que je ne sais interpréter mais que je préfère, et de loin, à la hantise et à l’effroi qui l’habitaient un peu plus tôt. « Tu as raison. Jamais je n’aurais fait du mal à quelqu’un. J’espère que tu continueras de me voir comme ça quand on aura percé le mystère. » Pas de réponse, le silence s’offre à elle. Et quand elle remet la reine à sa place, sur le plateau, à côté du roi, je ne fais que ressentir le besoin de la faire tomber. De heurter sa couronne, de l’écarter du plateau. Qu’elle cesse d’être un pion. Qu’elle cesse d’entrer dans l’équation. Qu’elle cesse, tout simplement, d’être prise au piège d’une toile d’araignée dont je suis le tisseur. Et le roi. Je garde le silence. Une fois qu’on aura percé le mystère des événements de la nuit dernière, un doute subsiste : je crains de ne plus être capable de la voir ainsi. Parce que le sang qui maculait ses mains et ses vêtements, ce sang est encore présent. Imprégné. Délétère. Le silence lui répond.

Un silence qu’elle brise, me prenant au dépourvu. « Rafael tu… tu as parlé des sorciers, est-ce qu’ils t’ont fait du mal ? » Au mot sorcier, tout mon corps se crispe de haine, de dégoût, de rancœur et de colère. M’ont-ils fait du mal ? Quand je me penche à nouveau sur le plateau pour en saisir l’un des pions, mes doigts ne s’attardent pas sur la reine, se contentent de la caresser. Et de s’arrêter sur le fou. D’hésiter avec le cavalier. « Ils ont fait de moi une bête. » Fou et cavalier s’effondrent. Noah et Orfeo s’effondrent. « Ils m’ont trahi. Torturé. Ceux en qui j’avais le plus confiance se sont révélés être des menteurs, et des… » Pourquoi lui dis-je cela ? Parce qu’elle le mérite. D’une certaine manière, elle le mérite. Plus que personne d’autre. Elle est ma reine. Elle est la reine qui s’est imposée dans mon existence. Pour remplacer le cavalier tombé, pour remplacer le fou égaré. « Les sorciers ont été présents à chaque moment de ma vie qui m’a brisé un peu plus. Ils ne savent que détruire et pervertir. La pureté humaine, au contraire… la pureté de l’humanité est une force. » Mes yeux se perdent dans les siens. Véritablement. Et mes lèvres volent les siennes. Avec possessivité. « Je protégerai ton humanité. Je te le promets. » Mes doigts caressent son visage, retrouvent le dessin de sa mâchoire, se perdent dans l'hésitation de l'homme. « Veux-tu dormir ? Vas-tu un peu mieux ? »


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MessageSujet: Re: Man down (Rafael)   Mar 17 Avr - 11:14

Man down
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Les doutes étaient toujours présents, il était certain qu’ils ne s’envoleraient pas si facilement. La peur elle aussi s’était creusé une place dans l’esprit de Violet. Pourtant malgré ce mélange d’émotion saupoudré d’angoisse, la jeune femme semblait retrouver sa détermination. Son nom lui allait à la perfection, Violet, cette fleur fragile douce pour le regard. Cependant bien qu’elle eut été douce et délicate, elle n’en restait pas moins vaillante et téméraire. Elle n’était pas du genre à abandonner. Si l’apocalypse même ne lui avait pas fait perdre tout espoir en l’humanité, alors il faudrait qu’elle se batte pour savoir. Savoir ce qui s’était passé ce soir là, mettre des mots, des explications sur le sang qui l’avait souillée, elle et sa mémoire. Savoir pour se convaincre qu’elle n’était pas un monstre. Savoir pour se rassurer. Mais en cet instant c’était à Rafael d’endosser le rôle de celui qui apaise, de celui qui rassure. Violet en était reconnaissante bien que malgré tout, elle eut du mal à sonder l’esprit de l’Italien. A cerner le fond de sa pensée. Elle s’en inquiéterait plus tard car quelque chose d’autre attira son attention. Les sorciers mais surtout la manière dont Rafael les avait évoqués. A l’entendre, ils n’étaient que des êtres maléfiques capables du pire. Violet –pour penser à autre chose- questionna le changeur de forme sur ces magiciens. Sa réaction fut sans équivoque. Clair comme du cristal. Il se pencha sur le jeu d’échec pour faire chuter le cavalier et le fou. Violet se pinça les lèvres, curieuse, avide de réponses. Elle fit la moue lorsqu’enfin Rafael répondit à sa question, soudain bien moins enthousiaste.

« Tu n’es pas obligé…» finit-elle par dire, trop tard.

Elle n’avait pas souhaité faire remonter de mauvais souvenirs. Elle s’en voulut immédiatement lorsqu’elle perçut la souffrance et la rancœur dans la voix de Rafael. Pourtant il ne s’arrêta pas, se dévoilant un peu plus à Violet qu’un frisson traversait. Elle se rendit compte à quel point elle ignorait tout de l’homme qui se tenait à ses côtés. Son passé n’était qu’une énorme brume, flou comme bien des choses qui le concernaient. La jeune femme n’avait jamais osé creuser, elle avait laissé l’Italien révéler ce qu’il considérait comme primordial. Ainsi elle avait appris sa nature de changeur, une partie de son existence qui remontait à une époque révolue depuis longtemps. Elle savait qu’il avait été un seigneur de ce qu’elle avait connu comme l’Italie mais cela s’arrêtait là. Tout ceci semblait bien maigre comparé aux émotions qui transparaissaient dans ce récit, dans cet aveu. Après quelques secondes, le regard de Violet capta celui de Rafael. Ses dires firent courber ses lèvres, lèvres qu’il vint cueillir avec possessivité. Ces moments tendres revitalisaient la jeune femme, littéralement. Ils se faisaient de moins en moins rares bien sûr, mais dans un instant pareil, cela s’avérait être une véritable source d’énergie et d’apaisement. La jeune femme acquiesça. Elle se sentit de nouveau en confiance et elle sut que Rafael était totalement sincère, qu’il ferait véritablement tout pour préserver son humanité. « Je sais que tu as dû vivre des choses horribles. Mais je crois en ton humanité aussi. En notre humanité. On surmontera tout ça, ensemble.» dit-elle totalement convaincue par ses propos. Elle se sentait capable de tout tant que cet homme serait à ses côtés. N’était-ce pas ça qu’on appelait l’amour ?

Il fallut quelques secondes de réflexion à Violet pour qu’elle se rendre compte qu’elle n’était pas fatiguée. Elle était épuisée. Physiquement, mentalement et moralement. Elle sentait toute la tension retomber, ses muscles lui faisaient mal. Son corps semblait avoir été éprouvé. Elle hocha doucement la tête avant de déposer un furtif baiser sur les lèvres de Rafael. « Je suis exténuée. » Elle se releva non sans peine. Elle sembla toute frêle dans la chemise qui lui retombait sur les épaules. Son regard s’attarda de nouveau sur le jeu d’échec, sur ce cavalier et ce fou terrassés et sur cette reine restée droite. Elle percerait ce mystère, mais plus tard. Elle finit par se retourner vers l’Italien, un petit sourire courbait ses lèvres. « Je sais que tu dois avoir des choses à faire mais ça t’ennuie de monter avec moi ? De rester juste le temps que je m’endorme ? » demanda-t-elle. Elle ne se voyait pas fermer l’œil seule avec ses pensées. Et il s’avéra que Rafael semblait être un efficace repoussoir pour ces réflexions obscures. Sans vraiment attendre de réponse, la jeune femme commença à prendre la direction des escaliers. Elle n’avait plus à avoir peur maintenant, elle n’était plus seule.

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