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 a dream itself is but a shadow • (feat. esperanza)

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ANIMAL I HAVE BECOME

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MessageSujet: a dream itself is but a shadow • (feat. esperanza)   Dim 31 Déc - 15:00


« a dream itself is but a shasow »



esperanza o'connell & william addington
featuring

Le rapace au plumage moucheté tournoyait dans le ciel obscurci de la Nouvelle-Orléans. Les ténèbres s'étaient couchés sur la ville, plongeant les rues dans un calme apparent, tandis que l'agitation nocturne échaudait les bas-fonts. Le sommeil avait quitté William depuis qu'il avait revu Esperanza, quelques jours plus tôt. Son esprit était trop épris des souvenirs d'autrefois, se mêlant aux mots indéchiffrables de la sorcière. La revoir avait éveillés des sentiments contradictoires de violences et d'envies. Le son de sa voix résonnait inlassablement dans son esprit, tel une prière qu'il ne pouvait conjurer. Les battements de son cœur faisaient échos aux siennes une fois les yeux clos et son visage semblait apparaître dans le reflet de la glace à chaque fois qu'il s'y mirait. L'ancien Commodore n'arrivait plus à penser, ni à compter correctement. Le doute l’assaillait de plus en plus à mesure que les heures passaient. La nuit dernière, il avait voulu se réfugier au confessionnal de l'église, dans le but de trouver une réponse à ses interrogations. Mais à l'intérieur de l'édifice blanc, il n'avait trouvé que mort et désolation. William oubliait souvent que Dieu s'en était allé de cette terre après l'Apocalypse et que lui seul pouvait trouver l'absolution à présent.

Las de sa condition humaine, le métamorphose avait quitté son enveloppe de chair pour revêtir ses plumes de faucon. Sous cette apparence, le capharnaüm dans son esprit s’apaisait, pour laisser place à ses instincts primaires. Il chassa des rongeurs pour son simple plaisir, laissant les pauvres bêtes à l'agonie au pied d'un arbre ou dans le nid d'un autre volatil. Les vrais charognards s'occuperaient du reste. Aux alentours de minuit passé, le rapace se posa sur la branche d'un arbre situé au milieu d'une riche propriété. De son perchoir, la vue était magnifique, surplombant un superbe jardin avec pour paysage, les lumières de la Nouvelle-Orléans au loin. L'oiseau se laissa bercer par les bruits de la nature environnante, les insectes, les hululements d'une chouette, le souffle du vent dans les feuillages. Les sens de William s'affolèrent tout à coup à la perception d'une odeur familière venant traverser les cavités de son bec. Ses pensées humaines refirent surfaces brièvement dans son cerveau étroit de rapace. L'image d'Esperanza apparue instantanément sur sa rétine. C'était son odeur qu'il percevait tout près. Dans un coup d'ailes, le faucon s'envola pour la suivre à la trace.

Il atterrit en douceur sur le rebord d'un spacieux balcon, d'où s'échappait un pan de rideau à travers la fenêtre entrouverte. Le vent s’engouffra à l'intérieur sous l'effet d'une brise et l'odeur caractéristique de la métisse emplie à nouveau le bec du métamorphe. Elle était ici. C'était la chambre d'Esperanza, cela ne faisait aucun doute. William descendit du rebord et retrouva sa forme humaine sur le balcon. Il s'approcha de la fenêtre entrouverte et écarta délicatement le panneau pour passer la tête à l'intérieur. Son regard se posa sur la luxueuse décoration d'une chambre à coucher. Il balaya le mobilier d'un coup d’œil avant de s'arrêter sur la silhouette glissée dans le lit. C'était celle de son ex-femme. L'ancien Commodore se laissa envahir par le doux souvenir des nuits chaudes de Guadeloupe, durant lesquels il veillait dans la pénombre lorsque la chaleur se faisait trop forte. Il l'avait si souvent regardé dormir près de lui, qu'il pouvait déceler chaque phase de son sommeil, comme de son éveil. William fit un pas vers l'intérieur et Esperanza se redressa précipitamment sur le lit, ses grands yeux hazel ouverts. Pendant un long instant, les deux ex-amants se jaugèrent avec intensité, sans prononcer le moindre mot, incertains du comportement à adopter. « Je viens en paix » souffla William en s'avançant doucement vers elle, les mains en l'air. Sa visite était fortuite. D'aucuns diraient que le destin l'avait amené jusqu'à elle cette nuit, d'autres diraient que le hasard faisait bien les choses. Quoiqu'il en soit, il n'était pas là pour lui réclamer son argent, ni même pour lui faire du mal. Ce n'était ni l'heure, ni le moment opportun. Le métamorphe avait d'autres choses en tête que la dette d'un vieil obèse. Par chance ou par malheur, William était encore vivant et la question brûlante pour lui était de savoir s'il devait son salut à la femme qu'il avait aimé ou non. « L'autre jour, tu as dit être "morte" en voulant me protéger. En voulant protéger nos enfants... » lui dit-il en venant se placer face à elle, son corps d'Adam dissimulé dans le clair obscur de la pièce. Les paroles de la sorcière n'étaient pas entrées dans l'oreille d'un sourd et William n'avait fait que les ressasser, ruminer et retordre dans tout les sens pour leurs donner une signification claire. Mais les propos d'Esperanza ne coïncidaient pas avec sa version de l'histoire. A moins que... « Quel jour était-ce ? » lui demanda-t-il, en suspendant son regard à ses lèvres. La veille au soir, il avait échangé des mots avec un sorcier traînant régulièrement au Bones. L'esprit embué par l'alcool, celui-ci en était venu à lui demander ce qui arrivait à un métamorphe si son sorcier était tué. L'habitué lui avait répondu que le changeur de peau pouvait se retrouver bloquer dans son corps d'animal à jamais si le sorcier avait été maudit. Le sang de William n'avait fait qu'un tour dans ses veines en entendant cette explication. Il avait été condamné à la potence le 3 mai 1692. Ce même jour, il s'était transformé en faucon, alors que le corde enserrait déjà son cou. Si Esperanza lui avait dit vrai, la date serait la même.

Spoiler:
 



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MessageSujet: Re: a dream itself is but a shadow • (feat. esperanza)   Mer 3 Jan - 12:03

A dream itself is but a shadow
William&Esperanza
La nuit, le jour, cela n’avait plus d’importance. Ces derniers temps tout prenait allure de ténèbres. Depuis qu’elle avait changé, depuis qu’Esperanza était devenue l’une de ces voleuses d’énergie, son existence entière avait basculé. Elle commençait à avoir l’habitude, damnée elle acceptait son sort et ne capitulait pas face à l’épreuve qu’était la vie. Elle avait appris au fil des semaines que sa faim pouvait être contrôlée. A peine commençait-elle à maîtriser cet aspect de son existence qu’un autre obstacle était venu se dresser sur sa route. Un obstacle qui se matérialisait en un des fantômes de son passé. Le fantôme de son passé. Celui qui avait hanté ses nuits de la manière la plus horrible qui soit des siècles plus tôt, puis qui au fil du temps, était devenu un doux souvenir. Paradoxal lorsqu’elle repensait à leur dernière rencontre. La rencontre qui l’empêchait de fermer l’œil depuis qu’elle était arrivée. Au début Esperanza tenta de faire comme si cet évènement n’avait aucune importance, comme si elle pouvait reprendre sa petite vie paisiblement. Il s’avéra que William s’invita partout dans ses pensées. L’intrusion de son ex-mari dans sa vie quotidienne finit bien vite par éloigner Morphée. Jusqu’à cette nuit là.

Une nuit paisible, tranquille, un sommeil sans rêves. Un repos bien mérité. Esperanza avait succombé face à l’épuisement. Son être avait perdu la bataille et s’accordait quelques heures de répit. Ce fut sans compter sur cette drôle de sensation. Un instinct, celui de ne pas être seule, d’être observée. La métisse avait ouvert les yeux à la seconde même où une ombre tâchait le mur. La tâche changea de forme, Esperanza comprit aussitôt. Malgré elle son cœur se mit à battre plus fort. Elle se demanda si elle n’était pas entrain de rêver, jusqu’à ce que la silhouette de William n’apparaisse dans son champ de vision. Désormais assise, la métisse le jaugea d’un air curieux. Il avait un sacré culot de s’introduire chez elle. Que voulait-il ? A peine avait-elle entre-ouvert les lèvres que l’ex-commodore levait les bras en signe de paix. Esperanza resta interdite. Elle le laissa approcher en le toisant d’un air plutôt septique. Avait-il prévu sa visite depuis qu’ils s’étaient quittés au Mary Rose ? Ou avait-il décidé bien avant de revenir pour obtenir le reste de son dû ? Esperanza n’en savait rien. Il ne lui fallut pas attendre longtemps avant d’en apprendre plus. William revint sur leur rencontre. La métisse comprit qu’elle n’avait pas été la seule à cogiter. Ses bras croisés contre sa poitrine, l’ancienne pirate écoutait avec attention. Son regard s’attarda dans celui de son ex-mari, à défaut de s’égarer sur son corps que la pénombre dissimulait en parti. Un corps qu’elle avait jadis connu par cœur.

La question surprit Esperanza. Elle commença à réfléchir, ne pensant pas au pourquoi du comment. Son index vint se poser sur son menton. Quel jour était-elle morte ? Cela remontait à si longtemps mais semblait pourtant si près. Après quelques secondes de réflexion intense, la métisse revint accorder son attention à William. En 1692, il faisait chaud mais l’été n’était pas encore arrivé. Le printemps. « Je ne pourrais pas te dire le jour exact. C’était au milieu du printemps, le mois de Mai avait à peine débuté. L’an 1692. » dit-elle avait certitude. Elle se maudissait un instant de ne pas pouvoir donner de date précise, elle espéra néanmoins que sa réponse éclair son ex-mari. En même temps qu’elle avait parlé, la métisse était sortie de son lit. Elle s’approcha de William pour venir lui faire face. Elle se positionna dans un des rayons argenté de la lune pour qu’il puisse clairement la voir. Elle désigna l’emplacement de son cœur laissé visible par le décolleté de sa nuisette. On y percevait une tâche sombre circulaire. Une cicatrice, le baiser que la mort lui avait laissé. « J’ai même eu le droit de garder un souvenir pour plaider ma cause. » Autant le « P » tatoué sur son poignet qui l’apparentait aux pirates ne l’avait jamais dérangée, car c’était ce qu’elle était au plus profond d’elle-même, autant cette cicatrice lui laissait un goût amer. Elle lui rappelait sans cesse le moment de son échec, de sa chute. Elle finit par s’éloigner vers une ouverture qui semblait donner sur une petite pièce adjacente. « Viens. Je n’ai jamais rien eu contre le fait de t’admirer mais je pense qu’avant ça nous avons quelques soucis à régler.» dit-elle un sourire au coin des lèvres tandis qu’elle pénétrait dans un dressing. Sur le coup la jeune femme espéra juste que William ne débarquait pas nu chez n’importe qui. Sûrement de la jalousie mal placée…



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MessageSujet: Re: a dream itself is but a shadow • (feat. esperanza)   Sam 6 Jan - 23:11


« a dream itself is but a shasow »



esperanza o'connell & william addington
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Curieuse fortune l'ayant guidé cette nuit-là, jusqu'au balcon d'Esperanza. Jadis, les deux amants avaient allié leur âme et leur corps au gré de vœux et sorts. Il s'étaient mariés, avaient enfanté, puis s'étaient associés l'un à l'autre lors un rituel profane. De ces marques d'amour et de fidélité, il ne restait plus rien. La mort avait provoqué leur divorce, le temps leur avait pris leurs enfants et l'enfer les avait privé de leur alliance surnaturelle. William et Esperanza n'étaient plus que deux inconnus, dont le chemin se croisait au détour d'un malheureux hasard. D'un côté, la femme indépendante et ambitieuse. De l'autre, l'homme colérique au passé incertain. Trois siècles les avaient séparé l'un de l'autre et pourtant, trois jours seulement avaient suffit pour les réunir de nouveau. De nouveau, le big bang avait eu lieu et dès à présent les corps des deux amants demeuraient en mouvement, se repoussant et s'attirant inlassablement, comme sujet à une force inextricable que certain nomme gravité et d'autre nomme désir.

Ainsi, William avait pénétré en pleine nuit dans la chambre d'Esperanza, attiré par la fragrance de son être à jamais gravée dans sa mémoire olfactive. Il était venu perturber son sommeil, à défaut de pouvoir trouver le sien, bien trop animé par les événements récents. A son approche, la jeune femme s'était éveillée, une expression de surprise figeant son visage. D'un geste des mains, William l'avait rassuré sur ses intentions. Sa visite était impromptue, il n'avait que faire de l'argent de son mari, l'endroit et l'heure étaient inappropriés pour jouer les créanciers. L'ancien Commodore avait l'esprit troublé par des questions d'un ordre autrement plus intime que la dette d'un vieillard ayant trépassé. C'était la mort d'Esperanza qui l'intéressait, celle qu'elle avait revendiqué avec amertume et tristesse. Un événement manquant dans la chronologie du métamorphe et qui venait bouleverser sa version des faits. Quel jour était-elle morte ? A quelle date avait-elle reçu la fameuse balle venue percer sa poitrine, pour avoir voulu le protéger ? Lorsque William entendit la jeune femme mentionner l'aube de mai 1692, celui-ci déglutit péniblement. Se pouvait-il qu'il se soit trompé aussi longtemps ? Voici près de trois siècles qu'il vivait avec l'abominable certitude que la seule femme qu'il ait jamais aimé, l'avait trahi contre quelques livres et la promesse d'une amnistie. Il se souvenait de la douleur foudroyant sa poitrine, après que l'Amiral Anderson lui ait révélé les détails de sa capture. Esperanza l'avait vendu volontiers contre la rançon promise pour son arrestation, s'octroyant même le loisir de négocier sa fuite vers le continent sans être inquiétée. Il avait cru à ce scénario pendant tellement de temps, qu'il en était devenu sa vérité absolue. « Le 3 mai 1692. Je devais être pendu le 3 mai 1692 » soupira-t-il, en baissant les yeux. Instinctivement, sa main vînt cacher ses yeux pour dissimuler le sentiment conflictuel que lui provoquait cette révélation. Il s'agissait bien de la période à laquelle son exécution avait eu lieu, avant qu'il ne se transforme miraculeusement en faucon au moment de tomber de l'échafaud. Une part de William commençait à croire aux propos d'Esperanza. Bien que hasardeuse, la réponse qu'elle venait de lui fournir ne pouvait pas tenir d'une simple coïncidence. Néanmoins, le scepticisme de l'ancien Commodore demeurait dans son esprit, pensant - sûrement à tort - que son ex-femme aurait pu être informée de la date de son exécution, simplement pour s'assurer que le travail avait été bien fait.

Cette noire pensée se dissipa vite de l'âme meurtrie de William, lorsqu'il vit de ses propres yeux la cicatrice indélébile apposée sur le corps de son ex-femme. La marque circulaire lui apparue nettement sous la lumière de la lune, défigurant le grain parfait de sa peau, à la naissance même de sa poitrine. Le cœur de William se serra un peu plus, tandis qu'il s'imaginait la douleur provoquée par une telle blessure. Un jour, une balle avait traversé son bras droit lors d'un combat contre des pirates espagnols et le souvenir qu'il en gardait n'était guère plaisant. Il remerciait encore aujourd'hui le Saint-Père de l'avoir gardé en vie. Face à cette nouvelle preuve, l'aigreur de l'ancien Commodore se dilua dans ses veines, se laissant soudainement gagner par la pitié envers Esperanza. Doucement, il avança sa main pour me venir effleurer la déchirure marquant sa peau brune, puis se ravisa. Le corps de la pirate n'était plus son territoire. Il l'avait abandonné il y a bien longtemps et depuis, d'autres envahisseurs l'avaient conquis. « Qui t'a fait cela ? » lui demanda-t-il, en relevant les yeux. Elle détourna son regard voyeur pour l'inviter à la suivre dans la pièce d'à côté, afin qu'il revête quelque chose. Leur intimité d'autrefois n'existait plus. La pudeur avait repris sa place naturelle dans leur relation. Prétentieusement, William se demanda si elle le trouvait changé physiquement. Il avait gagné cinq années humaines depuis leur dernière rencontre et passé le cap fatidique de la quarantaine. Au XVIIème siècle, il était déjà considéré comme un homme âgé, même si les rides n'avaient encore marqué son visage et que le blanc de ses cheveux se cachait dans l'épaisseur de sa chevelure ébène. Pensif, il enfila le vêtement que lui tendit Esperanza. C'était une robe de chambre coupée dans un taffetas écarlate. Courte pour sa taille, mais elle lui rappela l'uniforme rouge de la marine royale. C'était bien le seul vêtement qui n'avait pas changé d'apparence en trois siècles. « J'ai de la peine à comprendre Esperanza. Lorsque je suis parti pour l'Amérique du Sud, les hommes du Roi m'ont cueilli en Grenade. Ils savaient que je devais y faire une escale. Ils m'attendaient sur l'île... Si ce n'est par toi, comment ont-ils su ? » reprit William, une fois habillé. Des zones d'ombres persistaient dans son discours. La colère les avait empêché de s'exprimer clairement lors sa visite au Mary-Rose. A présent, ils pouvaient prendre le temps de s'écouter.  



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MessageSujet: Re: a dream itself is but a shadow • (feat. esperanza)   Ven 12 Jan - 9:03

A dream itself is but a shadow
William&Esperanza
Ses perles d’émeraude rivées sur William, Esperanza attendait la sentence. Bien qu’elle connaisse la vérité, la jeune femme ne put s’empêcher de ressentir une certaine angoisse. Comme elle s’en voulait qu’un homme puisse la rendre si faible. Qu’un homme puisse la faire douter. Après que l’un d’eux l’ait privée de ses enfants et  envoyée droit en enfer elle s’était promis de ne plus jamais s’incliner devant la gente masculine. Mais William n’était pas n’importe quel homme. Il n’était pas qu’un homme. Il était l’homme. L’homme de sa vie, l’homme qu’elle avait épousé, l’homme qui lui avait donné ses enfants. Et bien qu’on aurait pu penser que les siècles effacent les sentiments, la métisse était contrainte de se rendre à l’évidence : il n’en était rien. William finit par rompre le suspens. Sa date de pendaison avait été fixée au 3 Mai 1692, un heureux hasard. Dans sa perversité et sa précipitation, Anderson n’avait pas tenu, bien trop fier de son manège perfide. Ainsi il était venu achever l’épouse pour qu’elle périsse le même jour que son traitre de mari. La stratégie machiavélique avait une faille : l’union surnaturelle des deux amants. En tuant Esperanza Anderson avait sauvé son prisonnier. Le destin était joueur pensa l’ancienne pirate. La jeune femme perçut le trouble que provoqua sa révélation. William commençait-il à comprendre ce qui était arrivé ? Ou restait-il persuadé que tout ce qu’avait dit son ex-femme n’était qu’un tissu de mensonge ?

En guise de dernière carte Esperanza révéla la cicatrice qui marquait sa peau métisse. La jeune femme posa un regard curieux sur l’ancien Commodore. L’hésitation de William lui arracha un furtif sourire. Eh oui, elle n’avait rien inventé, elle était bien morte avec une balle lui transperçant le cœur. Avant de répondre à la question fatidique, Esperanza invita William à s’habiller. Après lui avoir tendu une robe de chambre en taffetas, elle finit par souffler « Anderson m’a fait ça. Il n’a pas pu attendre et est revenu me faire payer. » L’amertume fit écho à ses propos. Esperanza avait plusieurs fois frôlé la mort. Elle l’avait vu dans la lame d’une épée, dans la poudre de boulets de canon mais était toujours parvenue à y échapper. Même lorsqu’elle avait été condamnée à être pendue à Port Royal. La mort avait toujours été une ennemie redoutable dont l’ancienne pirate avait appris à apprivoiser l’ombre. Mourir en soit n’était pas un problème, mais mourir sous les yeux de leurs enfants avait été effroyable. Esperanza soupira et reporta son attention sur William lorsqu’il s’adressa de nouveau à elle. Elle aussi avait du mal à comprendre. Elle se faufila de nouveau dans la chambre bordée par la lune, elle alla se planter près de la fenêtre, le regard perdu sur l’Anglais. « Je ne comprends pas. Je n’ai pas eu le temps de comprendre d’ailleurs… J’étais la seule à savoir où tu allais. Les enfants peut-être mais jamais ils n’auraient dit quoique ce soit… » Ses sourcils se froncèrent. C’était incompréhensible. Jamais les petits n’avaient été seuls avec l’ennemi. D’ailleurs lorsqu’elle y repensait, elle se souvint qu’Anderson n’avait pas beaucoup insisté après qu’Esperanza ait menti. Le souvenir de ses pauvres amours apeurés, cloitrés dans cette pièce et le regard de Louisa…

« Sacrebleu mais bien sûr ! Louisa ! (elle tapa dans ses mains) Elle était la seule à savoir, elle pouvait écouter nos conversations. Elle aurait eu intérêt à gratter quelques livres. » S’exclama Esperanza, amère.

La domestique, détestant sûrement ses maîtres bien que ses derniers aient été plus qu’adorables avec elle. Esperanza étant une ancienne esclave, elle avait toujours insisté pour que la jeune femme ait un certain confort. Elle n’en revenait pas. Si sa théorie était juste, alors ils tenaient leur coupable. Esperanza avait serré les poings. Comment avait-elle pu ? Qu’était-il advenu de leurs enfants ? Etaient-ils morts à cause d’une femme sans morale ? La métisse se retourna face à l’immense jardin qui bordait la villa. Elle se cacha les yeux, frustrée et triste de ne rien avoir perçu avant. Tout devint de nouveau insupportable, la vision de William, les souvenirs des rendez-vous manqués… Voilà de quoi la métisse avait espéré se protéger depuis qu’elle avait quitté l’Enfer. Le passé faisait mal et elle aurait voulu ne plus avoir à l’affronter. Heureusement elle n’était pas seule, du moins elle l’espérait. Que ferait William maintenant qu’il avait obtenu la vérité ? S’en irait-il maintenant que les questions ne tortureraient plus son esprit ? Esperanza revint face à lui après avoir soupiré. Il fallait qu’elle se reprenne. Rien ne lui rendrait ses enfants ni sa vie passée. William était le seul vestige de sa vie antérieure, le seul à avoir survécu. Esperanza l’observa à travers les rayons argentés qui éclairaient la pièce. Elle ne savait pas bien ce qui la traversait en ce moment. Un sentiment étrange. « Je suis déçue que tu aies pu penser ne serait-ce qu’une seconde que je t’avais trahie William. Je ne suis pas ta mère. Mais je te pardonne. » finit-elle par dire. La mère de William, première et sûrement dernière femme à l’avoir abandonné. Esperanza savait la plaie béante que cela avait pu laisser. Elle connaissait le rapport particulier qu’avait son ex-mari avec les femmes. Ce qui l’avait rendue un peu plus fière d’être celle qui avait su le faire changer d’avis. Bien qu’elle soit déçue que l’homme de sa vie ait pu la prendre pour une traitresse, elle lui pardonnait. Elle n’avait plus le temps de ruminer de la rancœur, des problèmes bien plus graves l’attendaient.  




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MessageSujet: Re: a dream itself is but a shadow • (feat. esperanza)   Lun 15 Jan - 18:04


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esperanza o'connell & william addington
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L'atmosphère feutrée de la nuit semblait avoir apaisé la colère de William. L’heure ne semblait pas à la querelle, mais aux pourparlers. L’ancien Commodore avait condamné son ex-femme sans lui donner la possibilité d’élaborer sa défense. Cependant, son plaidoyer n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd, car il avait su soulever de nombreuses interrogations chez William. Sa visite nocturne impromptue avait donc des airs d’audience secondaire à laquelle Esperanza était convoquée bien malgré elle, mais lors de laquelle, elle pouvait enfin s’exprimer sans être jugée au préalable. Calmement, William écouta son témoignage avec intérêt. Son discours fit étrangement écho à celui de l’ancien Commodore, qui fut forcé de reconnaître la crédibilité de ses arguments, fermement soutenus par des preuves physiques irréfutables. Son visage se décomposa en voyant la cicatrice sur la poitrine de la pirate. Quelqu’un lui avait bien tiré dessus le matin du 3 mai 1692 et cette personne n’était autre que l’amiral Anderson lui-même. Ainsi le militaire semblait avoir voulu faire d’une pierre deux coups en exécutant Esperanza le même jour que son traître d’époux. Dans son machiavélisme, il n’avait certainement considéré le lien surnaturel qui unissait le couple et grâce auquel William avait survécu.

Bien qu’essentielle, cette révélation ne faisait que déplacer les interrogations de l’ancien Commodore sur les circonstances de sa capture et malheureusement, son ancienne compagne ne semblait guère posséder davantage d’informations à ce sujet. « Alors qui ? » demanda William, en levant les paumes vers le ciel. Comme Esperanza, il doutait de la possibilité d’avoir été trahi par leurs enfants, trop jeunes à l’époque pour accorder leur confiance à un inconnu, qui plus est aussi impressionnant que l’amiral Anderson. Soudain, la pirate fût prise d’une épiphanie. Elle lâcha un juron, puis évoqua le prénom de leur servante : Louisa. « Elle était avec vous ? » s’étonna William, qui n’avait pas souvenir que son ex-épouse ait mentionnée sa présence jusqu’à maintenant. Esperanza semblait convaincue de ses propos et surprenamment, la marin partagea son sentiment. « Tu as peut-être raison » admit-il en effleurant la surface de ses lèvres, d’un air pensif. Cette possibilité prenait un sens tout à fait inédit dans l’esprit confus de William. Son union avec Esperanza n’avait jamais été réellement acceptée par les rares proches ou alliés du couple. Être la servante d’une ancienne esclave et d’un gentleman anglais n’avait pas du être facile à assumer pour Louisa, surtout auprès de la population locale. De souvenirs, elle ne s'en était jamais plainte, mais William avait souvent remarqué diverses hésitations dans son comportement. Des gestes de retraits ou d'irritations à l'encontre d'Esperanza et une certaine gêne à accompagner le couple en public. Ils tenaient peut-être ici leur réel coupable.

L’ancien Commodore sourit en coin, amusé par l’indulgence de son ex-femme à son égard. Néanmoins, seul Dieu pouvait lui pardonner ses erreurs. Esperanza n'avait rien à lui absoudre. Quant à sa mère, feu son âme, William n'avait jamais rien attendu de sa part et de ce fait, il ne lui avait jamais accordé le pardon qu’elle avait quémandé pour l’avoir abandonné à la naissance. « Croire à ta culpabilité fût plus aisé que d'accepter de perdre ce pour quoi j'avais moi-même trahi mes hommes et mes convictions. Pendant ces cinq années passées à tes côtés, j'ai été assez sot pour croire que le passé ne me rattraperait jamais… » confessa-t-il, en venant se poster face à la fenêtre pour tourner le dos à Esperanza. Il ne pouvait la regarder en face pendant qu’il parlait. La pudeur de l’aveu et la honte le consumant l’empêchaient de soutenir son regard. Petit à petit, il commençait à comprendre l’obscurité dans laquelle il avait vécu toutes ces années. Ces mensonges, cette trahison, cette haine mal dirigée. Esperanza avait été la coupable de son malheur durant trois siècles et à présent, elle se révélait être elle aussi une victime d’un fléau les ayant touché tous les deux. « ...mais j'ai eu tort. Alors ta trahison m'est apparue comme un juste retour des choses et la pendaison comme un châtiment divin, amplement mérité » lui avoua-t-il dans un soupir. Depuis le début de leur conversation, William avait utilisé ses sens sur-développés pour écouter le rythme cardiaque d’Esperanza et l’intensité de sa respiration. Il savait qu’elle ne lui avait pas menti. Elle lui avait dit toute la vérité. Sa mort, Anderson, Louisa. Tout était vrai et le cœur de l’ancien Commodore en était bouleversé. « Sais-tu… » commença-t-il hésitant, avant de s’arrêter. Une larme venait de naître sur le bord de sa joue gauche. Une pensée sombre traversa son esprit, mais il ne put s’empêcher de la formuler à haute voix. « Sais-tu ce qu'il est advenu de Marisol et Nicholas ? » demanda-t-il à Esperanza, d’une voix éteinte. Il se tourna enfin vers la mère de ses enfants dans l’espoir qu’elle comblerait le vide qu’ils avaient laissé dans sa poitrine durant des années.



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