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 As we are floating in the blue (amberias #1)

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WILDHUNTER

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MessageSujet: As we are floating in the blue (amberias #1)   Mer 10 Jan - 21:26


As we are floating in the blue
I am softly watching you
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Amberly & Elias
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– T’es sûr que tu veux pas venir ?
Le visage d’Elias n’exprime ni envie, ni dégoût. Il n’a rien contre les prostituées, il n’a juste plus envie, ou seulement rarement. Des envies aussi éphémères qu’impures. Il hausse les épaules alors que John lui envoie son poing dans l’épaule en ricanant, de ce petit air sournois qu’il reconnaît facilement. Il n’aime pas quand son cadet – un simple mortel – se comporte comme ça avec lui. Il y a même des fois où il rêverait de lui saisir le visage pour l’éclater à même le sol. Ça ferait tâche au milieu de la rue alors que des dizaines et des dizaines de passants divaguent autour d’eux. Ça apporterait un peu trop les lumières sur eux, et ça, Elias ne le veut pas, alors il se contente d’hausser les épaules de nouveau, sans répondre.
– Si tu continues comme ça, tu vas finir par redevenir vierge mon vieux ! Il ricane, comme une hyène au milieu du désert. Elias a un petit sourire forcé que le gars accepte : On s’rejoint d’ici deux grosses heures, l’temps que j’fasse mes affaires… personnelles.
– Tu fais ce que tu veux, John. Tes testicules ne regardent que toi.
Le brun a un rire grave en entendant le nightkeeper. Il a pas l’habitude qu’on soit aussi franc, ou encore qu’on ne dise pas tout simplement « couilles ».
– Ouais, ouais…
Il secoue calmement sa main avant de tirer sa veste de la voiture et de s’en éloigner. Elias se contente de le voir disparaître dans le dédale fourmillant de vie. Hommes et femmes sont comme autant de fourmis qui rampent devant ses yeux. Il ignore si sa taille l’a poussé à les imaginer sous ces formes de vie aussi ridicules qu’impuissantes, ou si au contraire, ceux sont leurs agissements grégaires qui l’a définitivement dégoûté du monde.
Peut-être un peu des deux.
Il inspire profondément et finit par jeter un regard à Connor et Léotie. Ils jouent aux cartes à l’arrière de la jeep en attendant que le temps passe et que les papiers soient bien remplis. Pour la livraison, bien sûr. Ils n’ont pas besoin de lui, alors Elias fait quelques pas, pour faire ce qu’il fait de mieux : observer le monde. La brune aux airs de mexicaine l’arrête en lui attrapant l’épaule alors qu’il passe à proximité du véhicule :
– Tu vas où ?
– Juste… me balader, il articule ça, en cherchant à atténuer son accent mais il est là, bien présent sur chacune des syllabes.
La gamine a une petite moue soupçonneuse. Elle n’aime pas le voir s’éloigner trop longtemps. Elle se sent en sécurité quand il est là, et même si Connor est une sorte de molosse armée jusqu’aux dents, elle s’est davantage habituée à la compagnie du sorcier. Il est plus imposant, et puis, elle a l’ascendant sur lui. Elle se dit qu’il ne la laissera pas si elle était en danger. Elle a peut-être tort à bien y réfléchir, mais Léotie ne réfléchit pas énormément. C’est là tout le problème.
– Fais pas l’con, Elias. Tu restes en dehors des ennuis, ok ?
Il a un sourire en coin, légèrement moqueur, et hoche la tête pour lui signifier qu’il a bien compris. Il n’attend rien de plus de sa part pour traverser la foule – il faut dire traverser, car il est difficile de le perdre de vue quand il dépasse d’une tête tous les hommes et toutes les femmes de la Nouvelle-Orléans. Ce n’est pas sans lui déplaire. Ça lui permet d’avoir une vue imprenable sur tout ce qui se passe, à lui, le géant obscur qui fend la foule sans se soucier ni du temps, ni des choses qui font le quotidien ici. La rébellion, les gardiens de la paix qui ont la belle gueule mais pas le beau rôle.

Quand il s’arrête, c’est qu’il a trouvé une rembarde assez solide pour s’y appuyer. Il croise légèrement les bras et observe en silence le petit attroupement qui se fait devant lui dès que la cloche de l’établissement sonne. Sur la pierre, il y a quelque chose d’écrit, mais il ne saurait pas lire, alors il ne la regarde même pas. Il regarde les enfants qui font pitié, qui mendieraient presque si seulement ils n’avaient pas mieux à faire dans les usines. Il observe avec attention les haillons qui habillent certaines femmes, leurs chignons mal peignés et leurs yeux creux, vides.
L’espoir n’a pas l’air de faire partit de leur registre.
De son temps, il n’aurait eu aucun plaisir à les tuer. Ils n’auraient été que des cafards supplémentaires, un ou deux de moins sur cette vaste terre. Il dodeline doucement de la tête avant que ses yeux ne surprennent quelque chose de nouveau. Une robe. Pas très chic, ni très glamour, mais somme toute, c’est nouveau dans les rangs où la plupart arbore des jeans rapiécés. Y a que les pauvres qui viennent ici. Les riches se goinfrent. Les temps changent, mais les réalités demeurent.
Elias ricane, un moment à cette idée, avant que ses yeux ne découvrent le profil qui met fin à tout rictus. Il se fige, son cœur rate même un battement – parce qu’il battait ? Il fronce légèrement les sourcils. Impossible. Il demeure immobile, ses yeux la dardent, comme dix mille couteaux qui pointeraient tous sur sa jolie nuque, qui découvrent ses délicates chevilles enrobées dans d’épais collants. L’indécence même de ce corps qu’il connaît. Qu’il a connu.
Il penche la tête de l’autre côté alors même que l’univers arrête de tourner.
Plus de communauté, plus de Léotie, plus rien.
Il se souvient petit à petit, et c’est lointain, flou, inatteignable presque.

Zora, ses grands yeux bleus, sa douceur, ses rires absents, sa mélancolie, ses doigts graciles, sa maladresse, ses multiples faiblesses. Il ne se souvient pas exactement de son visage qu’il a oublié pour ne garder d’elle que les derniers jours passés avec elle. Avec son cadavre. Avec son odeur de décomposition, ses vers qui roulaient sur sa peau tandis qu’il pleurait au-dessus d’elle, incapable d’avoir rattraper sa vie, incapable de la suivre dans la mort.
Il détourne les yeux un moment. La douleur en lui est telle qu’il a l’impression d’avoir été crucifié sur terre. Cette vision. Il lui a couru après, dans tout Darkness Falls il a appelé son nom à s’en abîmer les cordes vocales. Il a gratté le sol pour la sortir de terre jusqu’à s’en retourner les ongles, jusqu’à s’arracher la peau pour dénuder les os de ses phalanges. Il a souffert, mais ce n’est rien comparé au rêve qu’on lui offre.
Il a dans l’idée de se redresser, de se secouer, d’aller là-bas, de la prendre dans ses bras et de l’embrasser jusqu’à en perdre haleine. Jusqu’à mourir sur ses lèvres. Il pourrait. Mais il ne le fait pas. La réalité le frappe de plein fouet et il esquisse un sourire mauvais, défiant le Destin cruel qui se montre à lui. Si c’est ça son cadeau, il n’en veut pas. Encore des douleurs ? Encore des souffrances ?
Non, c’est une fausse idole qu’on lui vend, une fausse image de Zora, bien pâle, bien terne. Une petite idiote qu’il déteste déjà. Il détourne le regard alors qu’il l’entend, qu’il l’écoute. Elle a le timbre clair, mais il est incapable de dire s’il ressemble à celui de sa femme. De son étoile.
Ses muscles se détendent alors qu’il réalise, aussi pragmatique qu’il peut l’être, qu’il ne s’agit pas de Zora. Zora est morte entre ses bras d’une fièvre qui ne lui a rien laissé que ses yeux vitreux et un teint gris. Zora est morte, il l’a remise en cendre en hurlant de douleur. Il a eu une seconde chance dans sa mort, mais ce n’est pas elle. Et même si ça l’était, il n’irait pas vers elle.
Il sait. Elle ne le méritait pas, elle méritait mieux. Elle méritait mieux que d’être ce qu’elle a été, que de mourir dans cette cabane immonde, à dévorer de la chair humaine faute de mieux. Elle méritait mieux que de ne rien savoir du monde parce qu’il avait désiré la garder pour lui et seulement à lui.
Un moment il inspire profondément, finissant d’accepter l’idée que ce n’est que le fruit de la fatigue et de la lassitude. Une illusion. Quelle ironie pour un sorcier.

Quand ses yeux retombent sur elle, il croise son regard mais n’esquisse aucun sourire. Les bras fermement croisés sur son torse, il hausse un sourcil intrigué. Un homme vient de lui passer devant le nez.


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Dernière édition par Elias Hyde le Lun 15 Jan - 12:29, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: As we are floating in the blue (amberias #1)   Jeu 11 Jan - 19:46


As we are floating in the blue
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Amberly & Elias
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Elle en venait presque à trouver son enfance chanceuse, Amberly. À la lumière de ce nouveau monde, certaines choses prennent soudain un nouveau sens. Son enfance, qui ne lui avait jamais semblé des plus joyeuse, paraissait soudain bien rose comparée à celle des plus jeunes habitants de la Nouvelle-Orléans. Cette année encore, deux gamins de sa classe ont cessé de venir, leurs parents préférant les faire travailler avec eux. Elle a bien tenté de les convaincre de les laisser continuer, en vain. Se remplir l'estomac est devenu la priorité, ce qui semble bien arranger le gouvernement puisque aucune mesure n'est prise pour forcer ces enfants à s'instruire.
Non qu'elle ait jamais été une grande fan de l'école, pourtant. Plus jeune, elle avait cessé ses études dès que l'occasion s'était présentée, pressée de gagner assez d'argent pour toucher du doigt la liberté. Cette liberté lui paraît dérisoire, à présent.
Elle quitte le petit établissement avec le même sentiment que chaque jour. Ce qu'elle fait n'a pas grande utilité. Ces gamins qui sauront lire et écrire, n'en tireront pas grand chose puisqu'on espérera surtout d'eux qu'ils tiennent une arme là dehors, qu'ils affrontent ce que le monde leur lancerait à la figure.
À 30 ans, son quotidien n'a rien à voir avec ce qu'elle s'était imaginée. Un mari aimant, des enfants heureux, un travail épanouissant. Au lieu de cela, elle est le plus souvent seule, à essuyer les larmes de marmots en mal d'amour.

Ce n'est qu'en passant la porte de son petit appartement, qu'elle réalise qu'aujourd'hui est le jour de distribution des rations à la cathédrale Saint Louis. Un lourd soupire lui échappe tandis qu'elle fait demi-tour. Ses pieds sont déjà endoloris d'avoir fait le trajet entre l'école et chez elle, ses jambes lourdes d'avoir passé la journée à soulever les plus jeunes des gamins. Elle sait qu'elle ne devrait pas faire cela, sa collègue le lui a répété plus d'une fois, mais leurs pleurs ne cessent souvent qu'une fois calés contre sa hanche - et elle ne supporte plus depuis longtemps de voir leurs yeux remplis de larmes, qui laissent apparaître tout ce que les parents ne lui disent pas.

Elle retraverse les différents quartiers la séparant de la cathédrale, son manteau en laine rouge serré au dessus de l'unique robe en bon état qu'il lui reste, la blanche et violette. Si elle a si mal aux pieds, c'est que ses bottines commencent à s'user mais qu'elle ne s'est pas encore résignée à dépenser un ticket pour en prendre de nouvelles. Elle craint de voir son frigo vide pour quelques jours, et n'en parlerait à Nicholas pour rien au monde. Pourtant, elle sait qu'il pourrait l'aider, mais sa fierté la retient.

Elle se glisse au bout de la file d'attente, serrant son sac contre elle par peur qu'on tente de lui arracher pour voler son carnet de tickets de rationnement. Cela lui est déjà arrivé deux fois par le passé, malgré sa prudence, et elle en garde un souvenir cuisant. Comme toujours, elle constate que les visages autour d'elle expriment une misère bien supérieure à la sienne et réalise qu'elle reste chanceuse, d'avoir un métier presque correct, d'être certaine de manger tous les jours. Elle tente de sourire à ceux qui lui adressent un regard, mais on lui répond le plus souvent par une mine sombre, voir par un froncement de sourcils. Les enfants, en revanche, lui adressent de grands sourires. Elle échange même quelques mots avec certains ; ceux qu'elle a déjà croisé à l'école, ou dont elle s'occupe des petits frères et sœurs. Elle ne comprend pas trop pourquoi les gens continuent de faire autant d'enfants, en ces temps difficiles - ne devinent-ils pas l'avenir incertain qui leur est réservé, sont-ils trop égoïstes pour y songer ?

Une drôle de sensation lui fait tourner la tête ; l'impression qu'on l'observe avec insistance, et si elle croit au début qu'il ne s'agit que de son imagination, ses yeux tombent sur un homme qui la fixe, plus loin. Il n'a pas l'air d'être là pour le rationnement, simplement d'observer tout ceci tel un spectateur muet. Elle note sa carrure, étonnée par son attitude toute entière ainsi que son imposante taille. Un homme comme celui-là fait sûrement partie des Peacekeeper, voir des Shadowhunters. Que fait-il dans un quartier comme celui-ci ? De la surveillance habillé en civil ? Elle ne détourne les yeux qu'en voyant un homme lui passer devant sans crier gare, sans doute lassé qu'elle n'avance plus. Sa bouche s'ouvre pour protester mais l'individu lui adresse un regard noir, qui la fait reculer de crainte. Il a clairement l'habitude d'en découdre, comme en témoigne sa lèvre fendue et son expression menaçante. Elle baisse donc les yeux et reprend son attente, lâchant un discret soupire.

Quand vient enfin son tour, elle tend le ticket à la femme qui s'occupe du service puis s'avance sous l’œil méfiant du Peacekeeper qui se tient là, s'assurant qu'elle ne prenne pas plus qu'elle n'en a le droit. Son sac en toile est rapidement plein, pesant entre ses bras frêles, et enfin elle s'éloigne. Ses yeux surveillent surtout les pavés inégaux, s'assurant de ne pas chuter ainsi chargée de précieuses denrées. Elle ne relève le regard qu'en ayant à nouveau la sensation qu'on l'observe, et se retrouve presque nez à nez avec l'étranger. Ses yeux sombres la font se figer d'étonnement, sa bouche s'entrouvrant comme pour dire quelque chose, mais rien ne lui vient alors elle se contente d'esquisser un sourire poli quoi qu'un brin mal à l'aise, puis reprend son chemin.



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MessageSujet: Re: As we are floating in the blue (amberias #1)   Jeu 11 Jan - 20:28


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Amberly & Elias
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Il n’a pas bougé d’un pouce, parce qu’il se dit que s’il a le malheur de faire le moindre pas, il ira vers elle. Parce que c’est son aimant, et que maintenant qu’il sait qu’elle existe, sa nouvelle vie ne sera de nouveau qu’un nouvel enfer. Les yeux au loin, forcés de rester sur le côté pour ne pas la regarder une seconde plus, il est bien forcé d’admettre que ça fait un mal de chien quelque part dans sa poitrine. Son myocarde bat encore. Pas de raison de s’affoler, il n’a jamais cessé de battre contrairement à celui de Zora. Même quand deux carreaux d’argent l’ont percé et mis au sol, baignant dans son propre sang. Il se souvient très bien le bonheur qu’il a frôlé à ce moment-là. Il était tellement puissant, tellement arrogant, assuré de retrouver sa belle dans ses douces robes de lin blanc…
Tellement perdu.
Il relève ses iris noires sur elle, glisse le long de ses chevilles comme si c’était indécent, remonte lentement et découvre le rouge qui est un peu vulgaire mais qui somme toute souligne d’autant plus sa chevelure et ses yeux profonds. Pourquoi est-ce qu’il continue ? Il l’ignore. Il n’est pas assez bête pour croire que ça n’a rien changé cependant. Quelque chose vient de se casser au-dedans. Il a besoin de frapper quelqu’un, quelque chose. Besoin de décharger cette colère, cette douleur qu’il ressent quelque part au milieu de ses boyaux.
Qui a dit que ça devait faire aussi mal ?
Un instant, il observe les autres visages mais il ne ressent rien, si ce n’est une profonde apathie pour le groupe de crève-la-dalle qui s’entasse. Il ne comprend pas pourquoi ils sont là, comme des pigeons, à attendre le bec ouvert qu’on leur donne tout ce qu’il faut pour bien bouffer. Ils ressemblent à ces cochons qu’un jour il a élevé avant que la grippe ne les foudroie et qu’il n’en trouve plus jamais. C’est dommage, car ça aurait bien aidé.
Malgré tout, il n’arrive pas à se dire qu’il la déteste – elle. C’est assez risible quand on sait son amour du genre humain et de toutes leurs petites façons d’être absolument ridicules. Il se mord l’intérieur de la joue en la fixant de nouveau, détaillant ses hanches si fines qu’on dirait une brindille à côté de lui. Zora aussi elle était petite. Il n’avait qu’à la prendre pour la soulever – elle pesait le poids d’une plume d’ange. Quand il soufflait dessus, elle riait. Elle était belle et un peu bête, Zora, mais il l’aimait dans sa candeur, dans toutes ses facettes ingénues. Elle était heureuse de vivre, son sourire était un soleil.
La fausse prophétesse qu’on lui sert là n’a rien de la Zora dont il se souvient, ou du moins, rien qu’il ne se rappelle. Elle est fatiguée, elle a quelque chose de fragile. Elle a un quelque chose d’agréable à regarder, qui donnerait envie de la protéger, du soleil, de la pluie, du vent, qu’importe. Elle est frêle et elle survit. A quel prix dans cette ville de brute ?
Il se pose une question, puis une autre, avant de se rendre compte qu’il y a quelque chose qui a changé en lui, de plus profond qu’une fêlure. Il y a de la curiosité. Malsaine. Dérangeante. Cette curiosité-là, il s’en souvient. Il gronde tout bas alors qu’elle se dirige vers lui. Il se tend. Il pourrait la frapper si elle s’approchait de trop, parce qu’il ne voudrait pas qu’elle le touche, pas avec ses mains, pas comme ça, au milieu de cette rue bondée d’immondices et de crevés.
Elle a un sourire forcé, et lui ne fait que détourner le regard, levant les yeux au ciel alors qu’elle tourne les talons.
Il sait qu’il devrait la laisser partir. Ce ne sont pas ses affaires.
Ce ne sont surtout pas ses affaires.
– Hey…
Il a sifflé pour la faire se retourner. De près, elle est plus fidèle à l’originale qu’il n’aurait cru. Ou alors c’est ainsi qu’il a toujours vu Zora ? Peut-être que c’est un songe. Il ignore pourquoi il pense encore à Zora. On avait dit que tout ça devait rester cacher, au plus profond, pour ne rien faire ressortir. Ni haine, ni colère.
Le grand brun n’a pas de sourire – au contraire. La situation l’agace sans qu’il ne sache se résoudre à partir et à la laisser là, en plan. Il sait que même s’il part, il reviendra encore, et encore, pour la voir, parce qu’il est con. Parce que des centaines d’années n’ont pas réussi à lui faire passer le goût de la regarder. Peut-être qu’il devrait songer à se crever les yeux ? Il grimace, la regardant comme si elle le dégoûtait.
– Tu laisses souvent les gens te passer dessus comme ça, sans réagir ? T’es une sorte de… victime ?
Il croise de nouveau les bras, se redressant pour faire craquer son dos engourdi. Il ne saisit pas encore tous les sous-entendus et les jeux de mot de la langue. Pas assez pour réaliser ce qu’il vient de dire à la jeune femme, mais son accent prononcé et ses « r » chantés auront bien vite de lui mettre la puce à l’oreille.


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MessageSujet: Re: As we are floating in the blue (amberias #1)   Sam 13 Jan - 21:28


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« Hey… » Elle s'est figée. Un réflexe dont elle a presque honte, d'obéissance instinctive. On l'appele alors elle s'arrête, se retourne, même si au final elle doute fortement que cet homme-là soit un Peacekeeper habillé en civil. C'est sûrement juste une âme perdue comme une autre à la Nouvelle-Orléans, qui tire de la satisfaction à constater qu'il existe des plus démunis que lui.
Elle lève vers lui un regard curieux et inquiet tout à la fois. Quelque chose, dans ses entrailles, lui souffle qu'elle devrait l'ignorer, passer sa route. Que les hommes de ce genre ne sont jamais de bon présage, n'ont jamais de bonnes intentions. Elle resserre avec plus de force ses bras autour de son sac, le poids de celui-ci tirant de plus en plus sur ses épaules. Cela ne lui viendrait pas à l'esprit, Amberly, de chercher à avoir une meilleure forme physique. De devenir plus forte, plus résistante. C'est ce que font les hommes, pas les gamines dans son genre. Ce serait inutile, ridicule.

« Tu laisses souvent les gens te passer dessus comme ça, sans réagir ? T’es une sorte de… victime ? » Les billes bleues s'arrondissent. Elle a l'air stupide, sans doute, à le regarder avec ahurissement. Vient-il de l'insulter, sans raison apparente ? De la traiter à la fois de salope et d'incapable ? Il lui faut de longues secondes pour comprendre où il veut vraiment en venir. Son étrange accent pourrait laisser penser qu'il maîtrise mal la langue, après tout. Elle cherche une réponse à offrir, partagée entre l'envie de se défendre et la confortable résignation. C'est cette dernière qui finit par l'emporter. Amberly hausse doucement les épaules, ses maigres chances lui paraissant trop évidentes pour les souligner. « Qu'est-ce que j'aurais dû faire ? Taper un scandale et finir au programme du colosseum ? »

Elle n'aime pas ce regard qu'il a, cette façon de la juger. Qui est-il pour se le permettre ? Comme si elle n'avait pas assez à supporter tous les jours, pour en plus avoir droit à ce dédain qu'il affiche. « De toute façon, je n'aime pas la violence. Vous n'aviez qu'à vous interposer, si ça vous scandalise tant. » Ces derniers mots sont saupoudrés de sarcasme, un sourire espiègle étirant ses lèvres malgré elle. Bien sûr que non, qu'il ne voulait pas l'aider ; après tout, elle n'était qu'une victime qui méritait son sort. C'est ainsi qu'elle imagine qu'un homme comme lui pense. Avec ses poings et son jugement, bien à l’abri derrière ses muscles et sa taille. Elle le tournerait bien au ridicule, mais elle devine que ce n'est pas forcément la chose la plus avisée à faire. Pourquoi lui a-t-elle répondu, de toute façon ? Il la méprise très ouvertement, et si elle ne l'admettrait pas, ça la touche plus que ça ne devrait. Elle détourne les yeux, prête à filer de là et priant pour qu'il ne réplique pas, que cet échange absurde prenne fin.



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MessageSujet: Re: As we are floating in the blue (amberias #1)   Dim 14 Jan - 17:34


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Elle le fixe comme si elle avait mal entendu, mais il est certain qu’elle a très bien entendu. Est-ce qu’elle a compris, ça, par contre, ça lui échappe, alors il reste comme ça, légèrement voûté, les yeux noirs fixés sur elle. Elle ressemble tellement à Zora. S’il avait dit ça à Zora, sur ce ton, avec cette façon acerbe d’apporter les choses, elle se serait sans aucune doute excusée bêtement. C’est ce qu’on fait quand on ne sait pas pourquoi on se fait disputer. On dit « pardon » sans trop y croire, sans trop y penser, dans l’espoir que tout s’arrête là, que rien ne vienne après ça. Mais la jeune femme n’a pas l’air de ce genre-là. Elias n’arrive pas vraiment à voir de « quel genre » elle est. Survivaliste, sans doute, comme la plupart des crétins trop faibles pour ce nouveau monde.
– Qu'est-ce que j'aurais dû faire ? Taper un scandale et finir au programme du colosseum ?
Il hausse un sourcil, puis a un sourire, mais il se moque Elias Hyde, il se moque clairement de ce petit oiseau. Il l’aurait sans doute trouvé tout aussi ridicule si elle avait voulu le frapper ou le disputer. C’est vrai, il oublie que quand on est faible, on ne peut pas faire grand-chose. Il a cru un moment qu’elle était Zora, mais à la vérité, ce n’est ni plus ni moins qu’une autre immondice. Elle a pour elle de beaux atours, mais dans le fond, c’est vide. Vide de sens de s’intéresser à elle.
– De toute façon, je n'aime pas la violence. Vous n'aviez qu'à vous interposer, si ça vous scandalise tant.
Il a un rire, bruyant cette fois, alors qu’il se détache calmement de la barrière qui le soutenait jusqu’à maintenant. Quand il se déplie entièrement, il est encore plus grand. Au milieu de la place, personne ne fait attention à eux. Ils préfèrent tous rentrer avec leur sac rempli, de peur peut-être que quelqu’un d’autre ne leur vole quelque chose.
– Pourquoi je ferais ça ? Je suis rien pour toi, qu’il répond alors que sa poitrine son cœur se serre, sentiment incompréhensible pour le géant, et j’aurais dû faire quoi ? Il marque une pause alors que ses yeux sont plus durs un instant : le frapper ? La violence, c’est bien quand ça résout ses problèmes, pas quand on la subit, c’est ça ? Pokrytec*.
Elias guette la demoiselle, ses réactions, ce visage si lisse, si parfait. Elle a l’air d’avoir été épargnée contrairement à d’autres, pourtant, elle porte seule son sac. Quand il approche d’elle – sans qu’il ne sache d’ailleurs trop pourquoi – il retrouve dans ses prunelles la douceur du torrent de fin fond de la Vallée. C’est apaisant et grisant à la fois. Ça le foudroie de nouveau mais il n’en fait rien paraître, préférant en rire qu’en pleurer sans doute.
D’une main certaine, il attrape une boîte de conserve du sac qu’il tire et l’examine. C’est du « bœuf » en bouillis, mélangé avec de la patate pour donner de la consistance. Des fameuses « beef cans » qu’il a connus. Ça ne coûte pas cher et ça nourrit bien. C’est un met de valeur dans ce monde où la viande est si rare, si peu exploitable. Il a un petit sourire en coin alors qu’il lui jette un regard de haut :
– Ton sac a l’air lourd, laisse-moi t’aider à le vider un peu…
C’est un simple murmure, car il n’a pas envie d’attirer l’attention de lui, encore moins pour une histoire de beef cans à deux balles. Ça n’a pas le goût des cerfs et des chevreuils de la Vallée où il est né. Il déteste ces cannettes de ferraille. Il ne sait toujours pas comment ils en sont arrivés là, mais il renverse le sac de la jeune fille sur le sol. Comme ça fait du bruit, quelques personnes tournent vers eux leurs visages intrigués, mais le regard sombre du sorcier éteint toute envie de rébellion en eux. Ils continuent leur route, comme n’importe qui le ferait.
– On dit pas merci ?
Il a toujours la beef cans dans la main et cet air joueur sur la face. Gamin insupportable. Homme blessé dans le plus profond. Qu’elle s’énerve et qu’elle le frappe, ça lui ferait du bien… Oui, ça le soulagerait, mais elle ne le fera pas, pas vrai ? Il sert les dents pour se retenir de frapper.

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MessageSujet: Re: As we are floating in the blue (amberias #1)   Lun 15 Jan - 0:10


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Elle n'aurait jamais dû s'arrêter, se retourner. Elle le comprend quand il éclate de rire. Un rire moqueur, qui sonne comme celui d'un chacal à ses oreilles, et la laisse mortifiée. La douce a un mouvement de recul en voyant l'homme se redresser, constatant qu'il est plus grand encore qu'elle ne l'imaginait. Elle n'aurait jamais dû s'arrêter. Continuer son chemin aurait été faire preuve d'intelligence, mais Amberly n'a pas eut ce bon sens et à présent elle le regrette. « Pourquoi je ferais ça ? Je suis rien pour toi, et j’aurais dû faire quoi ? » Elle se mord la lèvre sans répondre, les yeux baissés au sol. « Le frapper ? La violence, c’est bien quand ça résout ses problèmes, pas quand on la subit, c’est ça ? Pokrytec. » Elle secoue le menton à la hâte, honteuse qu'il sous-entende que c'était ce qu'elle désirait. Amberly n'a qu'une envie, c'est de disparaître, de lui échapper sans le mettre en colère. Elle finit par marmonner : « Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire... » L'excuse est hasardeuse, car si elle a deviné le sens de l'insulte, elle ne comprend pas. Elle ne comprend pas sa réaction, le mépris qu'il ne cherche même pas à cacher et qu'elle lui inspire bien malgré elle.

L'homme s'approche et elle continue de reculer, mais pas assez vite pour qu'il ne mette pas la main sur une boite de conserve. Les yeux bleus s'agrandissent à nouveau, dans un hoquet d'anticipation. Les bras fins se serrent avec plus de vigueur autour du sac, comme s'il suffisait qu'elle protège de son corps la nourriture pour qu'il ne lui en vole pas plus. Comme si une simple bousculade ne lui permettrait pas de lui dérober d'avantage, en toute impunité sûrement. Même le Peacekeeper à quelques mètres de là ne réagirait pas, indifférent à ce genre d’événement. Les yeux jusqu'alors obstinément fixés au sol suivent son geste avec crainte, surtout parce que ce qu'elle voit entre ses mains, ce n'est pas juste une boite de bœuf bouilli. Deux repas, une journée entière à manger à sa faim, voilà ce que cela signifie - ce qu'elle pourrait perdre en un claquement de doigts.

« Ton sac a l’air lourd, laisse-moi t’aider à le vider un peu… » Elle a beau s'y accrocher, c'est inutile. Le contenu se déverse avec fracas sur le sol, son cri de protestation passant inaperçu dans le bruit des conserves et autres boites roulant sur les pavés. Elle tombe aussitôt à genoux pour ramasser si vite que possible, par peur que les passants se précipitent ; mais il n'y a personne assez près, et si quelques regards se font curieux, elle a le temps de rassembler à nouveau le tout dans son sac avant qu'on ne se serve. Elle ne se relève pas de suite en revanche, coulant d'abord un regard vers le coupable. « On dit pas merci ? » Elle donnerait cher pour effacer cette expression qu'il a sur le faciès. Humiliée, voilà ce qu'elle est. Par un geste aussi simple, il lui rappelle l'ordre des choses. Mais elle le connaît depuis bien longtemps, Amberly, cet ordre des choses. Alors c'est à peine si la rancœur se lit sur son visage, à peine si elle laisse transparaître la haine qui cherche pourtant à lui plier les lèvres. Non, tout ce qui apparaît, c'est la lassitude et l'incompréhension. Fatiguée, voilà ce qu'elle est, et si elle ignore ce qu'il espère tirer de ces jeux mesquins, elle ne compte pas être sa distraction longtemps. Elle soulève enfin sa silhouette lassée, sans prêter attention à la poussière qui s'est accrochée à ses collants et aux pans de sa robe. Avant de lui tourner le dos, elle lâche deux misérables mots dans l'espoir de mettre fin rapidement à ce cinéma. « Excusez-moi. » Certes, cela lui brûle un peu la langue, de s'écraser ainsi. Mais elle aime la vie, encore un peu, malgré tout - et à quoi bon tenir tête à une montagne ? Elle se hâte de s'éloigner, sur les pavés inégaux qui lui cisaillent les pieds et loin de l'homme fou. Tant pis pour les deux repas.



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MessageSujet: Re: As we are floating in the blue (amberias #1)   Lun 15 Jan - 1:12


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Elle l’insupporte avec ses airs tristes mais jamais braves. On dirait que tout lui coule dessus. Comme si toute la haine et la violence du monde ne pouvaient se permettre d’abîmer ce joli corps, cette peau qui a l’air bien douce à la jauger comme ça, d’en haut. Elle est belle, c’est vrai, d’une beauté étonnante, mais elle n’est pas aussi jolie que Zora. Ou alors peut-être qu’il l’a tellement aimé Zora qu’il a fini par croire qu’elle était plus belle même qu’elle ne l’était ? Il fronce légèrement les sourcils quand elle se jette sur la nourriture, comme si elle manquait. Bien sûr qu’elle manque, il le sait, il s’en doute, mais elle n’a aucune retenue, aucune dignité. Un petit animal effrayé. Voilà ce qu’elle est. Et c’est normal, quelque part. Qu’est-il si ce n’est le roi de la jungle ?
Elle lui tourne le dos cette fois. Tentative désespérée de lui échapper, sans aucun doute.
– Excusez-moi.
Il la regarde s’éloigner, sans un mot, sans une seule réaction. Il tient encore dans sa main la cannette de bœuf bouilli qu’il déteste par-dessus tout. Ses yeux noirs suivent du regard la tête brune qui s’échappe, se faufile entre les passants, les badauds. Elle se fraye un chemin, et sur son chemin, un léger parfum, une flagrance qu’il ne connaît pas, mais qu’elle est douce. Elle enrobe tout son corps, elle lèche son cœur, le réanime avec une chaleur qu’il ne supporte pas, qu’il ne supporte plus.
Le sorcier est là, il sert si fort la cannette qu’elle est prête à se briser. Avec le temps, on a fait des conserves de plus en plus fines parce que le métal est une denrée rare, une denrée qu’on cherche plutôt pour les armes et les murs que pour la bouffe. Les hommes sont comme ça. Déterminés à survivre. Elle aussi elle l’est.
Un instant il se dit que ça ne vaut pas la peine. Que c’est de l’histoire ancienne. Zora ou pas, qu’est-ce que ça changerait ? Une seconde chance ? Pour quoi faire ? Pour la voir de nouveau mourir ? Pour la voir de nouveau disparaître ? Non. Il ne veut pas de ça. Il n’en veut plus. Pourtant il sait, il est pas con Elias, il le sent bien son cœur qui se défend, qui en veut, lui, de cet amour pour réchauffer son âme. Ce n’est qu’entre ses bras qu’il pourrait oublier tout ce qu’il a vécu pour mieux reconstruire.
T’es con Elias, qu’il se murmure, alors qu’il fait un pas dans la rue, t’es qu’un gros con Elias, t’es le roi des cons.
Un pas après l’autre, il avance, rattrape doucement le long défilé des âmes perdues. Ses pas sont longs, d’une envolée qui n’est garantie que par sa taille. Au bout d’une ou deux minutes, il voit le sommet de sa tête entre deux blondes. Et sa robe, surtout, sa robe salie sur les rebords. Il sert les dents alors que son corps est percé de mille parts. La douleur lui déchire les intestins. Il avance plus vite, il serait presque prêt à bousculer des gens – non, il le fait, il les bouscule, pour mieux avancer sans être gêné.
Il reprend ces habitudes-là, ses façons qu’il avait de faire quand Zora était à lui, qu’il se pensait maître du monde parce qu’il avait embrassé la plus jolie des femmes de la terre. Il se déteste quand il bouscule cet homme, et cet femme.
Tu refais les mêmes erreurs, mais il continue, jusqu’à ralentir le pas, reprendre sa respiration.

Il ne sait pas depuis combien de temps il marche. Peut-être dix, quinze, vingt minutes, qu’importe. Elle est là, accrochée à ses clefs qu’elle cherche pour ouvrir la porte. Il approche comme une ombre, et avant qu’elle n’ouvre la porte, sa main puissante se pose sur le bois de cette dernière. Il est là, juste derrière, comme une ombre qu’il fut et qu’il a été.
Quand elle croise son regard, il la fixe.
Il ne sait pas pourquoi il est là.
Pourquoi déjà ?
– Je déteste les petits rats dans ton genre, marmonne-t-il alors qu’il lève vers elle sa seconde main, laissant tomber au sol la canette de bœuf.
Il ne sait pas pourquoi il est si énervé, pourquoi ce visage lui donne tant de sentiments contradictoires. Il aimerait le broyer. Il aimerait l'embrasser, la plaquer contre ce mur de bois, sentir ses doigts sur sa peau. Pourquoi est-ce qu'elle a peur ? Pourquoi est-ce qu'il est comme ça ?
Il l’attrape entre ses doigts, appose sur elle ses phalanges immenses, les enfonce sans douceur dans le creux de ses joues pour lui tenir le visage et le soulever. Qu’elle le regarde droit dans les yeux.
Elle est si proche, ce pourrait être romantique, mais il ne la tient aucunement de cette façon. Il doit même lui faire mal, mais il s’en fiche qu’elle souffre, parce que putain elle se fout complètement elle de savoir ce qu’il est en train de vivre lui. De savoir c’est quoi cette douleur qui lui étreint la gorge et le bide, et tout le reste. Qui l’oblige à être aussi méchant, qui fait ressortir ces mauvais côtés, ces côtés qu’il a pourtant si bien enterrés avec les autres.
Il lui écrase un peu plus le visage, se retenant de la briser :
– Je déteste les petits rats dans ton genre, ceux qui pensent que vivre leur vie à l’ombre de celles des autres suffit à mériter sa place au soleil, ceux qui pensent que baisser les yeux et s’excuser suffit à gagner sa survie. Des gens comme toi, faibles, qui survivent juste parce qu’il y a des forts pour les protéger. Il retire ses doigts, la regardant, d’un air méprisant : J’imagine que là tu pries très fort pour que je m’en aille loin de toi, que tu penses que si tu ne dis rien et que tu te dépêches, je resterais dehors. Mais j’ai la force nécessaire pour briser cette putain de porte. Au lieu de chercher à fuir le problème, pourquoi tu ne l’affronterais pas pour une fois ?
Il ricane, à son nez, alors même qu’il se doute qu’elle a remarqué ses cicatrices au niveau des mains qui ne laissent que peu de doute sur sa nature de sorcier. Il se redresse avant de siffler :
– Sors les griffes, chaton.
Il ignore complètement pourquoi il est si mauvais elle, pourquoi il lui fait aussi mal, mais à la vérité, il aimerait qu’elle disparaisse, qu’elle meurt. Qu’avec elle, elle emporte tout ce côté de lui qu’elle fait resurgir, aussi facilement que lui a galéré à les enfermer. Aussi facilement que ça.
Maintenant qu'il sait où elle habite, il reviendra. Il faut qu'elle le rejette. Qu'elle le frappe. Qu'elle hurle.
Qu'elle fasse quelque chose, maintenant.


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MessageSujet: Re: As we are floating in the blue (amberias #1)   Lun 15 Jan - 4:04


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Au début, Amberly regarde par dessus son épaule. La suivrait-il ? Cette idée la terrasse, il n'aurait qu'à suivre ses pas, à attendre qu'elle soit seule. Pour quoi ? Lui voler le reste de ses rations ? Il aurait pu le faire là-bas, devant la cathédrale, mais non. Que voulait-il, par tous les dieux ? Elle n'a jamais été croyante, pas plus que ses parents, pourtant elle se surprend à prier pour qu'il l'oublie, purement et simplement. Quand elle réalise qu'elle ne fait qu'imaginer le son de ses pas la suivant, enfin les battements de son cœur s'apaisent et elle ralentit la cadence pour épargner ses pauvres pieds. Elle devrait économiser ses forces, avec ces deux repas en moins. Peut-être devrait-elle enfin en parler à Nicholas, il aurait sûrement un ticket ou deux à lui dépanner... L'idée fait naître une boule de culpabilité, au creux de son ventre. Non, elle ne peut pas lui demander une telle chose.

Les pensées se bousculent, au grès des rues ; elle n'a plus besoin de regarder où elle va depuis longtemps, le chemin de chez elle à la Cathédrale imprimé dans son esprit. L'étrange rencontre, et la perte de la précieuse canette, l'ont tant troublé qu'elle arrive devant la porte de la minuscule bâtisse bien plus vite qu'elle ne l'aurait cru. Une sorte de soulagement l'envahit, alors qu'elle s'en approche et extirpe ses clefs de sa poche. Elle tend approche celles-ci vers la serrure quand une main s'abat soudain sur le battant, lui tirant un violent sursaut. Le sac de provisions tremblote entre ses bras, manquant de lui échapper ; elle tourne lentement la tête, bien qu'une part d'elle ait deviné qui se tiendrait là, dans son dos.

Son regard la traverse, envoyant un frisson lui caresser l'échine. Cette fois-ci, Amberly a véritablement peur. Il l'a bel et bien suivi. Quel genre de taré fait ça ? Son souffle se fait lent et lourd alors qu'elle se retient de crier, sa poitrine se soulevant à ce rythme inhabituel.

« Je déteste les petits rats dans ton genre. » Nouveau sursaut quand il lève sa seconde main, juste pour abandonner à ses pieds la précieuse cannette. Elle ne comprend pas, Amberly. Qu'a-t-elle pu faire pour l'énerver autant ? Sans s'en rendre compte, elle recule jusqu'à sentir le bois dans son dos. Ses yeux paniqués cherchent une issue ; peut-être qu'en se glissant sur le coté puis en courant, elle parviendrait à le semer. Il a de plus grandes foulées, mais elle peut se faufiler plus facilement et trouver un trou où se planquer. Et ensuite ? Maintenant qu'il sait où elle habite, elle devrait se réfugier chez Nicholas. Comment a-t-elle fait pour se mettre dans de tels beaux draps, comment lui expliquer cette situation absurde ? Un fou, voilà ce que doit être cet homme. Elle ne voit pas d'autre explication, d'autre sens à son comportement.
Au contact soudain de ses mains sur sa peau, elle lâche le sac, qui de nouveau s'abat au sol dans un vacarme. Mais il ne doit guère y avoir de passant, ou aucun ne se soucie de son sort, puisque personne n'accourt. Elle est piégée et ses yeux s'écarquillent, alors qu'elle lève une main pour saisir son poignet, tenter de se libérer. Mais la tentative est risible, sans doute ne sent-il même pas ses doigts fins appuyer contre sa chaire.

Plus que la douleur, c'est sa colère qui la vrille, cette colère dont elle ne saisit pas le sens mais qui la noie comme un torrent.
« Je déteste les petits rats dans ton genre, ceux qui pensent que vivre leur vie à l’ombre de celles des autres suffit à mériter sa place au soleil, ceux qui pensent que baisser les yeux et s’excuser suffit à gagner sa survie. Des gens comme toi, faibles, qui survivent juste parce qu’il y a des forts pour les protéger. »
Peut-être qu'elle commence à saisir. Mais les larmes roulent sur ses joues, incontrôlables, et si ses épaules ne se secouent pas, c'est qu'elle est trop fière pour laisser la terreur l'étreindre pleinement. Il pourrait lui briser le cou d'un simple geste, elle en a désormais l'effarante conviction. Quand il la lâche enfin, elle manque s'écrouler : c'est la porte qui accueille avec un grincement le poids de son corps. Elle aperçoit soudain les marques sur ses mains, du coin de l’œil, et il ne faut que quelques secondes pour qu'elle comprenne de quoi il s'agit. Ignorante du monde surnaturel, elle l'est, mais pas à ce point ; un hoquet terrifié s'échappe d'entre ses lèvres alors qu'elle fixe les cicatrices comme si le démon lui-même allait s'extirper de ses paumes. « J’imagine que là tu pries très fort pour que je m’en aille loin de toi, que tu penses que si tu ne dis rien et que tu te dépêches, je resterais dehors. Mais j’ai la force nécessaire pour briser cette putain de porte. Au lieu de chercher à fuir le problème, pourquoi tu ne l’affronterais pas pour une fois ? » Encore ce ricanement, qui envoie de nouveaux frissons lui secouer la carcasse. Fou. Il est complètement malade. « Sors les griffes, chaton. » La gifle part, sèche et inattendue, sans doute autant pour l'une que pour l'autre. La lèvre tremblante, elle regrette aussitôt son geste. Elle s'attend à ce que la réponse s'abatte sur elle sans tarder, mais avant que l'homme ne réagisse, une voix familière retentit dans son dos : « HEY ! LAISSES LA ! »

Amberly profite de la distraction, se précipitant loin du sorcier avant qu'il ne réagisse. Elle se réfugie derrière l'homme qui vient d'apparaître par miracle. Son ex-compagnon. Jamais aurait-elle cru être un jour aussi heureuse de le revoir. Il a un énorme bouquet de fleur dans une main... et un couteau dans l'autre, lame tournée vers le sorcier. Certes, il est un peu plus petit, mais sûrement pas moins musclé - et surtout, bien moins raisonnable. Décidé à en découdre, il s'approche en crachant : « Si tu la touches encore, j'te défonce, enflure ! » La menace pourrait ne pas être prise au sérieux, s'il n'avait les gestes nerveux et excités des hommes épris de violence, prêts à saisir la moindre occasion de faire couler un peu de sang. Mais Amberly s'accroche à son bras, lâchant une supplique presque inaudible entre ses dernières larmes. « Non, Adam, arrêtes... » Il hésite, à quelques mètres du sorcier. C'est qu'il a bien vu les marques, lui aussi, et qu'il n'est pas certain de vouloir prendre ce risque là, même pour Amberly. D'un autre coté, l'occasion est trop belle de se racheter. Si elle se terre derrière lui, c'est sûrement que cet homme là lui fait bien plus peur, qu'elle lui fait confiance. Douce ironie. Elle a un goût amer au fond de la bouche, la honte au fond des mirettes. Voilà à quoi elle en est réduite, finalement. C'est encore pire que ce que le sorcier lui reproche. Elle se réfugie à l'ombre de ses vieux démons. Elle connaît si bien ces derniers ; ils offrent un certain confort, certes usé jusqu'à la corde et baigné d'abus ordinaires. Mais ils sont prévisibles. Pas comme cet être surnaturel aux yeux noirs et à la rage inexplicable, qu'elle guette tel un animal effaré.



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MessageSujet: Re: As we are floating in the blue (amberias #1)   Lun 15 Jan - 8:20


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Il l’a faite pleurer. Il ne sait pas pourquoi, mais il a l’impression d’être soudainement démuni face à ces deux petits torrents incontrôlables qui sillonnent ses joues. C’est franchement le pire. Sa main s’écarte, la relâche comme dans une ultime provocation. Il aimerait qu’elle s’emporte – oui, il faut vraiment qu’elle s’emporte car il va finir par s’excuser, se coller à elle et lui demander pardon. Elle ne comprendra pas. Personne ne peut comprendre la douleur qui le traverse de part en part, qui le rend dingue à ce moment-là. Il a l’impression d’être fou. Ce qu’il fait est complètement fou.
Il ricane, parce c’est ce que font les fous quand ils ont mal quelque part, un rire nerveux qui sonne terrible. Le rire se coupe aussitôt que la gifle part et l’atteint, juste au niveau de la joue, pas assez haut pour faire rougir sa pommette mais assez bas pour lui donner l’effet d’un petit coup de foudre. Zora n’aurait pas été capable d’une telle chose. Même face à la mort, elle s’était abandonnée. Elle avait fermé les yeux avec le sourire, sans peur, épuisée de la vie peut-être. La petite chose frêle et fragile en face de lui le fixait, elle regrettait sans doute déjà qu’il ne réponde aussi par les poings.
Quel genre de barbare frappait une femme ? Il la regarde et se rappelle tous ses visages – non, c’est faux, il n’arrive pas à se souvenir de leur visage, mais il se souvient les atrocités, les cris, les pleurs, les villages en feu et en sang, les corps empilés de femmes qui ne ressemblaient pas à Zora, toutes ses femmes qu’il a jadis massacrées, leurs enfants avec. Pourquoi étaient-ils si heureux quand lui n’avait jamais eu le droit qu’à son lot de misère ? C’est un barbare, il faut se rendre à l’évidence.
– HEY ! LAISSES LA !
Comment en est-il arrivé là ? Il regarde le gars. Zora s’est échappée – non, ce n’est pas Zora. Il ravale lentement sa salive, faisant face sans avoir peur. Des gars comme lui, c’est la même chose, il en a massacré des tonnes. Il en a fait couiner tout une pelletée dont il ne connaît plus ni les noms ni les visages. Juste pour le plaisir, comme ça. Le plus tragique, c’est que ce n’est pas le couteau qui le mortifie, mais le bouquet de fleurs qui touche un peu trop profondément son âme.
Elle est donc avec cette chose ? Il ne peut dire que « chose » car il est aussi ridicule qu’ingrat. Il ne l’aime pas vraiment. Il pourrait le tuer, mais ça ferait tâche et on ne le lui pardonnerait pas vraiment, surtout si elle se mettait à parler derrière. Il passerait pour quoi ? La Communauté passerait pour quoi ? Il lui jette un regard – à elle – comme pour tenter de comprendre, de savoir. Le duo a l’air étrange.
– Si tu la touches encore, j'te défonce, enflure !
– Non, Adam, arrêtes...
Elle a l’air si petite, si frêle comparée à lui. C’est drôle quand on y pense, elle aussi, comme Zora, elle a l’air de choisir terriblement mal ses fréquentations. Le sorcier se tend légèrement avant d’inspirer profondément. Il se tourne lentement vers l’étrange duo, mais ses yeux ont du mal à rester sur lui. Finalement, il n’y a qu’elle qui compte. Qu’elle qui la rappelle, encore et encore.
– Ce n’est pas avec un tout petit couteau que tu vas m’effrayer, commence-t-il calmement, ravalant douloureusement sa salive, faisant un pas vers elle, et tu ne m’intéresses pas, joli cœur.
Son vieil accent, ses relents de terres natales, tout lui revient doucement. Il avait du lutté à l’époque aussi pour avoir sa Zora, car elle était du sang de Bohème et que les Sinti n’aiment pas que leurs filles s’égarent. Aux caravanes, elle avait été frappée car elle avait perdu quelque chose, du sang il lui semble, quelque chose d’aussi lointain que ça oui. Un peu de sang c’est vrai. C’est quoi, un peu de sang ?
– Je reviendrais, murmure-t-il, plus à l’adresse de la jeune femme que de l’homme, je reviendrais pour te voir, moje žena*.
Ses yeux se posent de nouveau sur elle, la détaille un instant et finalement, le mieux c’est la fuite. Le fait d’avoir prononcer ses mots lui ont véritablement arracher la gueule. Différemment d’avant, il esquisse une mine déconfite sans le vouloir, tournant les talons pour repartir vers la Cathédrale. Léotie ne doit pas être loin – il ignore combien de temps cela fait qu’il court avec elle, qu’il l’observe, mais c’est assez.
Assez pour aujourd’hui.


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______________
* ma femme



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– I'm afraid of opening up, only I'm not sure which frightens me most, letting her in, or the monsters out.  
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As we are floating in the blue (amberias #1)

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