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 Bad blood - Amber

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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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↳ Métier : Souteneur pour la Niflheim, au Little Darlings.
↳ Opinion Politique : Contre le gouvernement, vit de la transgression des règles.
↳ Niveau de Compétences : Niveau général, 2 - Sarcasme, 8
↳ Playlist : MARILYN MANSON - Coma Black, A Place In The Dirt, The Fight Song *
RAMMSTEIN- Feuer Frei *
KORN - Freak On A Leash, Right Now, Punishment Time, Somebody Someone *
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↳ Citation : « I am not loved. I am not a beautiful soul. I am not a good-natured, giving person. I am not anybody's savior. »
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MessageSujet: Bad blood - Amber   Mer 10 Jan - 21:36




bad blood

Amberly & Joseph

Do you recall, not long ago, we would walk on the sidewalk?
Innocent, remember?
All we did was care for each other

Interminable. La nuit dernière m'a semblé être interminable. Il a fallu attendre, presque en vain, que les étoiles daignent s'éteindre dans le ciel noir. Qu'elles acceptent de disparaître, de s'échapper avec la lune, pour me laisser un peu de répit. Dans le monde auquel j'appartiens, le soleil est synonyme de repos. Il faut patienter, attendre que l'astre brûle dans le ciel pour s'octroyer des heures de sommeil. Et mes dernières heures de travail ont été particulièrement pénibles – en témoigne la peau abîmée de mes mains, fêlée ici ou là, meurtrie de quelques égratignures déjà noircies par la nécrose. C'est peu visible, me dis-je en les observant de plus près. Dans quelques jours, elle sera réparée. La chienne trotte à mes côtés, elle aussi complètement déphasée, torturée par le rythme qui lui est imposé. Claquant des doigts pour attirer son attention, je l'observe silencieusement, avant de sortir une cigarette. Un peu de poison pour bien commencer la journée – elle s'enflamme, pendue à mes lèvres. Les yeux fatigués, rougis par le manque de sommeil, balaient la rue peu animée. Il doit être sept heures du matin et seuls les travailleurs doivent être de sortie. L'air froid, hivernal, demeure repoussant. À mes yeux, il est revigorant, me gardant suffisamment éveillé jusqu'à ce que j'arrive à l'appartement de Maisy. C'est une erreur, d'y aller. Une erreur d'y aller encore, d'y terminer tes nuits, d'y commencer tes journées.

En ce moment, il y a quelque chose qui me dévore le ventre. Une absence, un vide, un creux incompréhensible. Le monstre y prend pourtant toute la place ; c'est en tout cas ce que je pensais. Maisy applique, de sa simple présence, un baume sur ce vide. Et plus le temps passe, moins elle parvient à le combler. Qu'importe les sentiments, ce n'est pas à elle de guérir celui-ci, celui qui me rendrait viscéralement malade si seulement je le laissais faire. Heureusement, le monstre qui dort dans mes entrailles ne semble pas près de déguerpir ; il s'étend, s'étale, et jamais ne s'étiole. Pourtant, la cohabitation est un peu moins douloureuse qu'elle a pu l'être à une époque. Peut-être qu'au final, on s'habitue vraiment à tout, me dis-je, la fumée brûlante s'échappant autour de mon visage. Et puis, la clope me lasse et je l'abandonne à son triste sort, sur le bitume. La lassitude est une amie fidèle, trop pour mon propre bien, et je ne sais pas comment y remédier. Ou je fais semblant de ne pas y penser.
Et quoique j'en dise, quoique je puisse en penser, un arbre déraciné ne poussera jamais droit. Ballotté par le vent, torturé par tout ce qu'il peut y avoir d'extérieur à sa condition, voilà ce qui lui est destiné. Passant les doigts sur mes yeux épuisés, je m'arrête une seconde, m'adosse à un mur. Je ne peux pas aller voir Maisy dans cet état, pas décemment. Alors je respire. Et plus je patiente, plus je respire, plus je m'agace. La boule enfle dans ma poitrine, pression inexorable et distinctive. Signe de mauvais présage.

Quelques pas supplémentaire, les yeux rivés dans la rue, à la recherche de quelque chose à manger. Quelques coups d’œil furtifs, et pourtant, tout se calme. Aussi brusquement que c'est arrivé, comme une décharge d'adrénaline dans les veines. D'ailleurs, je le sens. La fatigue s'évanouit, pour quelques secondes, et je vois plus clair que jamais. Le froid n'est plus, la peau meurtrie est inexistante, futile. La brume de mon esprit est balayée d'un coup de vent, une brise anglaise et tiède, à l'odeur sucrée. Et dans mes entrailles, le vide hurle sa peine.
Ma sœur, je l'ai rêvée. Je l'ai rêvée des centaines de fois depuis des années, j'ai cru l'avoir rêvée lorsque je l'ai aperçue, au loin, alors qu'elle était là, bien tangible. Alors qu'elle est une clé du chagrin qui nous consume. La fatigue aidant, je demeure immobile, incapable de bouger. Spontanément, fouille les environs à la recherche de Nicholas – avec appréhension, en priant pour qu'il ne soit pas là. Pas maintenant, pas encore, pas ce matin. Et je ne vois rien, ni personne à ses côtés. Assise à un banc en bois abîmé, tellement usé que les quelques échardes qui pouvaient y régner ont été polies par le temps. Un instant voyeur, je l'observe sans savoir quels seront mes prochains mouvements. Je peux la contourner, ne pas m'aventurer dans cette rue, laisser le passé où il est. Et pourtant, je l'ai déjà croisée avant, de loin ; jamais vraiment sûr que c'était elle, voilà mon excuse pour ne pas l'avoir approchée. Je n'étais pas prêt. Le contact sera un chamboulement dans mon existence, un énième dont je n'ai pas besoin. Et comme la faim qui me creuse le ventre, c'est cette absence qui y fait rage, tambourine jusque dans ma poitrine. Le cœur battant, la cage thoracique tremblante sous ses assauts répétés ; je me sens anxieux. Et pourtant, dans mon esprit, les mots se transforment. Ce n'est pas de la peur, c'est de la couardise. Ce n'est pas de l'anxiété, c'est de la lâcheté.

Tu ne veux pas l'affronter, parce que tu sais tout ce que tu lui as fait. Tu sais qu'elle ne sera pas totalement heureuse de te voir. C'est certain. À mes pieds, la chienne s'impatiente et s'allonge, le corps à moitié sur mes chaussures. La pauvre est ignorée. Passant à nouveau les doigts sur mes yeux, les enfonçant presque dans mes orbites, ils s'échouent sur ma barbe rafraîchie par l'hiver. Dépêche-toi. Dépêche-toi ; renoue, ou fuis. Assume ou nie.
La photographie du passé ne m'a pas vu. Elle ne me reconnaîtrait même pas, si je lui passais devant sans m'attarder. Tout en moi a changé, du physique à l'allure, jusqu'aux fringues. Je n'avais pas de barbe, pas de muscles, pas de stature. L'ombre que j'étais demeure enfouie dans mes tripes, tapie quelque part. Après des tas de secondes interminables, suffocantes, il est temps. Je n'ai pas décroché le regard de son doux visage, et la réponse est là.

Claquant des doigts pour réveiller la chienne, qui se redresse d'un mouvement brusque, j'entame l'ascension. Un pas devant l'autre, comme si des kilomètres nous séparaient. À chaque seconde, j'imagine que je me suis trompé et qu'arrivé devant elle, elle sera une inconnue au visage différent, une erreur de l'esprit, une création de la fatigue. Droit devant, à quelques grandes enjambées – le cœur s'emballe, s'enflamme presque. La lâcheté s'enfuit, pour une fois, laissant place à une réelle anxiété. Un sentiment trop peu connu de mon organisme, trop sournois pour que je l'ignore. Amber. Et lorsque je me rapproche, c'est elle ; il n'y a pas de doute. Son beau visage, la douceur incarnée dans ses traits, l'océan de ses yeux ; non, le doute n'est plus permis. Elle n'a pas vraiment changé – simplement, c'est une femme, une vraie. Le palpitant bat la chamade et embrouille mes pensées, cogne dans mes tempes et me fait ciller sans cesse. Debout devant elle, immobile, le visage baissé vers le sien. Et lorsque nos regards se croisent, je m'y noie. Brusquement, j'ai l'impression d'avoir pris la meilleure décision du monde, la meilleure de ma dernière décennie. La vie, le passé, l'histoire, les racines. Tout est dans ses yeux. Et je crains bientôt d'y voir autre chose – la peine, le chagrin, la déception.

« Amberly. » La voix est rauque. L'accent britannique, que je m'évertue parfois à camoufler, suinte de son simple prénom. « C'est moi. » dis-je, inutilement. Moi, qui ? Mais c'est au-dessus de mes forces de prononcer mon prénom, de préciser plus encore. Joseph, ton frère, celui qui a fuit pendant des millénaires. Et puis, ce serait admettre que nos derniers rapports sont si vieux qu'elle m'aurait oublié – j'ai changé, mais on oublie pas le sang, n'est-ce pas ?
Et puis, je ne sais plus quoi dire. Je ne sais pas quoi ajouter. Pardon. Pardonne-moi. Mais ça aussi, c'est au-dessus de mes forces. Prononcer les mots de la faiblesse, l'aveu de la période la plus douloureuse de ma vie. Reconnaître que j'ai fait une erreur presque impardonnable à ma petite sœur, à la plus jeune, à l'éponge de la famille. Celle qui absorbait tout, celle dont la sensibilité a dû lui rendre la vie impossible. Alors, ne lui rendant certainement pas la tâche simple, je demeure silencieux.
(c) DΛNDELION

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MessageSujet: Re: Bad blood - Amber   Ven 12 Jan - 0:59


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Amberly & Joseph

On aurait pas pu dire de son quotidien qu'il était triste. Pour cause, Amberly mange à sa faim. Elle a de l'eau chaude presque tous les jours. Quelques vêtements d'assez bonne qualité. Un travail, loin d'être le plus désagréable de la Nouvelle-Orélans. Et même un peu de café en poudre, qu'elle laisse tomber au fond d'une tasse ébréchée. Il est dégueulasse, ce café, mais elle aime que l'odeur se répande dans le minuscule appartement, et souffler dessus jusqu'à ce qu'elle soit sûre qu'il ne lui brûlerait pas la langue. Puis elle l'avale sans plus de cérémonie, à la manière d'un médicament. Sans lui, elle passerait la matinée à sommeiller debout, elle le sait bien.

Non, cette vie n'est décidément pas si triste que ça. Ces dernières années, depuis qu'elle travaille à l'école, elle s'est mise à lire. Petite, ce n'était clairement pas sa tasse de thé. C'est un peu l'ennui qui l'y a poussé, et puis la sensation de ne pas être à la hauteur, de ne pas avoir assez d'histoires à raconter à ces petites têtes blondes. Au final, elle y a rapidement pris goût. Les pages abîmées recèlent bien des merveilles, et ce malgré la Prohibition ; il reste encore de nombreux livres intéressants même si leurs pages sont scrutées par le gouvernement. Environ une fois tous les six mois, elle s'autorise à acheter une nouvelle œuvre, puis s'y plonge à plusieurs reprises, en épluche chaque page comme pour en faire durer le plaisir. Elle n'a de toute manière pas les moyens de s'autoriser plus, et c'est déjà bien - ce ne sont pas ses voisins ouvriers qui pourraient se le permettre.

D'ailleurs, elle ne prend pas de livre, pour sortir attendre sa collègue. Elle sait qu'elle est en avance pourtant, mais il y a quelque chose d'inconvenant à tenir un bouquin au beau milieu d'une ville qui se meurt et surtout, qui se vautre dans l'ignorance. Alors elle s'assoie simplement sur le banc habituel, juste en face du vieux parc où aucun môme ne joue à cette heure matinale. Ce moment de la journée a quelque chose de doux, les rues presque déserte et le ciel paré de couleurs encore pâles - comme si le soleil n'était pas encore tout à fait décidé, le baiser noir de la nuit traînant encore sur ses lèvres. Le froid est vivifiant ; Amberly sait qu'elle ne devrait pas rester si longtemps dans ce vent là, prendre un tel risque de tomber malade, mais le col de son manteau étiré contre sa gorge suffirait à l'en garder. Malgré le café, elle a les yeux qui picotent légèrement, un bâillement qui menace au coin de la bouche ; mais il s'interrompt net quand une silhouette s'arrête devant elle. Un homme, accompagné d'un chien, qui s'est figé comme une statue sous ses yeux surpris. Elle le dévisage, note la fatigue qui se cache, se tapie derrière ces billes bleues. Soudain, la réalisation la frappe et les mots qu'il offre sont inutiles. « Amberly. » Elle hésite, incertaine, sa bouche s'ouvrant puis se refermant. Est-ce une hallucination, un rêve particulièrement réaliste ? Elle l'a cru mort, à force d'années à souffrir d'espérer. « C'est moi. » Abandonnant son sac derrière elle, la brune se lève en chancelant. Cet accent anglais, ce regard aussi bleu que le sien ; et puis, ces traits qu'elle reconnaîtrait entre mille, bien qu'il ne soit plus le même homme. Elle ne comprend pas, mais qu'importe. Il est vivant et les larmes qui roulent tout à coup sur ses joues trouvent leur source dans la joie violente qui la cueille, alors qu'elle s'approche de lui. « Joseph ? » Sa voix est une supplique étouffée, un espoir qui tente vainement de se cacher, de s'éteindre avant que la blessure ne reprenne ses droits - avant qu'elle ne réalise avoir rêvé, avoir vraiment perdu ce frère bien des années auparavant.

Le bon sens voudrait qu'elle ne s'approche pas, qu'elle prenne garde à ne pas avoir fait erreur, mais elle n'écoute plus le bon sens depuis de longues secondes. Elle s'est glissée près de lui, assez pour devoir lever le menton. Ses doigts se posent sur sa joue, et elle s'attend à ce que la chimère s'évapore à son contact, aussi vite qu'elle est apparue. Quand il n'en est rien, un sourire hésitant naît sur ses lèvres. Elle baisse la main et son cœur flanche. Sans crier gare, elle enfouie son front contre son torse et enroule ses bras autour de lui, comme pour l'empêcher de fuir à nouveau. « T'étais où ? » fait-elle d'une voix qui s'érode toujours. « Imbécile... » Un grognement accusateur, mais elle ne relâche pas son étreinte pour autant. Qu'il ose la repousser, et elle lui ferait comprendre avec bien moins de délicatesse ce qu'elle avait pensé de sa disparition.



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MessageSujet: Re: Bad blood - Amber   Dim 14 Jan - 23:21




bad blood

Amberly & Joseph

Do you recall, not long ago, we would walk on the sidewalk?
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Sur sa langue roule l'accent du passé, de la famille, de notre terre. Dans cette voix se nichent souvenirs et douceur absolue. Les prunelles fixes sur son visage, je me demande s'il m'aurait été possible de ne pas la reconnaître, de la confondre, avec toute l'absurdité que recèle cette interrogation. Bien sûr que non. C'est le même sang qui coule dans nos veines – cela doit avoir de l'importance, hein ? On reconnaît les siens parmi les ombres. Silencieux, la gorge nouée, je me fends d'un hochement de tête inutile. Elle me reconnaît. Amber n'était pas une enfant, loin de là, lorsque nous nous sommes quittés ; mais j'ai toujours eu peur que, à l'instar des gosses, elle oublie peu à peu mon visage. Dans le flou des années, dispersé avec le temps, effacé comme une vieille photo.
Les perles salées s'accumulent déjà près de ses cils, s'abandonnant sur ses joues. Ce nouveau torrent, qu'est-il ? De l'amertume, du soulagement, de la tristesse ? La crainte, justifiée, de l'avoir déçue trop de fois dans nos courtes vies me ronge les entrailles. Le monstre qui y crèche ne fait qu'attiser le feu, me susurre mes pires doutes – ce sont des larmes de haine, de déception, celle de t'avoir retrouvé. Décidément, les mauvaises herbes ne disparaissent jamais vraiment. Pourtant je l'observe, n'ose pas me précipiter sur ma petite sœur, ne me risque pas encore à braver la distance de sécurité entre nous. Le palpitant s'effrite de la regarder, de revoir ce visage empreint de chagrin, et je demeure pourtant immobile. Comme souvent, Amber fait le premier pas.

Le visage incliné vers le sien, si proche que je peux distinguer les moindres de ses traits, je sens les lèvres frémir, chercher à s'étirer en un sourire. Ses doigts s'élèvent, s'approchent et créent déjà un contact réconfortant. Il n'y a pas de fantôme qui se tienne devant moi, ni de souvenir terni, abîmé par le temps. Elle est bien réelle, parfaitement tangible, et bientôt contre moi. J'en ai rêvé, trop de fois – de ces rêves qui basculent, se transforment en cauchemars. Certains sont incompréhensibles, d'autres sont au contraire beaucoup trop réels. Parfois, ils commençaient ainsi, me dis-je, incapable de profiter du moment. Les bras s'enferment autour de son corps, pressé contre le mien, et j'incline le visage ; près de ses cheveux, l'y enfouis et m'aventure à fermer les yeux, pour une seconde. Ou peut-être deux. Finalement, ça dure beaucoup plus longtemps que prévu et je parviens à m'y abandonner. Les songes ne m'atteignent plus, m'oublient pour un moment.
T'étais où? Ah, bien trop loin, petite sœur. Perdu dans des méandres illisibles, dans une errance interminable. Ce serait trop pénible d'admettre que j'étais là, alors qu'elle était peut-être dans les parages elle aussi. « Maintenant, j'suis là. » marmonné-je dans ses cheveux, la voix peu assurée. Slalomer entre les discussions désagréables, faire semblant d'éviter le conflit, ç'a toujours été mon fort.

Puis les secondes s'enfuient, et je me perds. Son odeur, sa voix, son accent. La mémoire s'anime et s'éveille, les tiroirs poussiéreux oubliés depuis des années sont mis en lumière et, bien que je demeure passif, le cerveau sort de sa torpeur. Amber ne semble pas prête à relâcher son étreinte et je m'en félicite, les paupières résolument closes. Je ne vais pas chialer maintenant. Il doit y avoir des mois, des années que je suis parvenu à ne pas lâcher une larme, que la fierté a fait son œuvre. Certainement pas en public, en tout cas.
Un léger hoquet, avant qu'un sanglot silencieux ne me secoue, et je ravale le reste, non sans effort. Pas maintenant. Lorsque l'étreinte réconfortante, presque salvatrice, se rompt, je ne brise pas notre nouvelle proximité. Passe les doigts sur ses joues, les sèche, lui offrant un sourire. Les yeux dans les siens, je dégage ses cheveux inutilement, dégage son visage. « Je sais. » soufflé-je, accompagnant la déclaration sibylline d'un profond soupir. Le cœur battant dans les tempes et dans les poignets, je laisse choir une main près de son bras, puis n'ose plus la toucher. C'est étrange et très désagréable, comme sensation. De la connaître par cœur, de savoir qu'elle me connaît par cœur, et de ressentir pourtant cette gêne, ce léger malaise. Comme si, d'une certaine manière, nous étions des inconnus. Pourtant, je lui souris, contrit.

« Je sais que j'te dois des excuses. Que j'ai merdé. » Soufflé-je, l'intonation peu assurée malgré la véracité de mes propos. On a dit pas maintenant, Joseph. Un nouveau soupir agrémente mes explications. « J'ai changé, mais j'prétends pas être un autre. Pourtant les choses arrivent pour une bonne raison, tu sais ? Si on s'retrouve maintenant... Peut-être qu'on pourrait... » Oublier. Faire comme si de rien n'était. Passer l'éponge. Pardonner. Le bon mot ne vient pas et je hausse les épaules, laisse planer le silence et lui offre l'interprétation qu'elle préfère. « Si tu peux, je peux. » Je m'adapte, petite sœur. Quel que soit le moule que tu choisisses, je m'y fondrai, je respecterai. Cette fois, c'est toi qui décides, je n'impose pas mon choix.
Les prunelles fuient, un instant. L'atmosphère pèse sur mes épaules, la boule enfle dans ma gorge, le poids s'oublie et s'abandonne dans mes tripes, lourd et éprouvant. Je pensais que c'était le chagrin, dans ma trachée, ou la gêne, mais il n'en est rien. Ce sont les mots, des non-dits, des choses que je dois ruminer depuis des années et que je n'ai jamais osé exprimer. Qui doivent impérativement sortir, dans l'immédiat. Éloignant la peine de quelques battements de cils, je garde les yeux portés ailleurs.

« T'as toujours été la personne – la personne la plus chère à mes yeux. Je sais que j'l'ai montré d'une façon vraiment merdique. » C'est la triste vérité, le pathétique sort réservé à ceux que j'aime. La triste vérité, expulsée avec difficulté, mais enfin lâchée. Avec Nicholas, c'était beaucoup trop conflictuel, et il y a toujours eu trop de concurrence pour que je lui souhaite, sincèrement, le meilleur, me dis-je. Vaguement honteux. D'ailleurs, je sais pertinemment que cette affection n'est pas complètement réciproque, mais qu'importe. Il faut dépasser les rivalités. Alors je souris faiblement, tente un nouveau haussement d'épaules. Si elle ne me connaissait pas si bien, elle aurait été tentée de croire que j'essayais de lui faire un peu de chantage affectif. Il n'en est rien ; retenir jusqu'à devoir vomir, subitement, les émotions, ça me ressemble beaucoup trop.
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MessageSujet: Re: Bad blood - Amber   Jeu 25 Jan - 2:50


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Amberly & Joseph

« Maintenant, j'suis là. » Cela n'a rien d'une réponse. Il esquive avec une indéniable habileté, si bien qu'elle en oublie presque à quel point cela n'a rien d'une réponse, à quel point il fuit ce qui pourtant est presque le plus important. Oui, tout ce qui compte, c'est qu'il soit vivant. Oui, elle est prête à oublier un peu, à pardonner tant que possible ; mais ce n'est pas une raison pour lui offrir cette sorte de silence qui se cache, qui se donne le nom de réponse mais n'en a rien. À certains, cela suffirait sûrement. Pas à elle bien qu'elle n'en montre rien. Ses bras ne faiblissent pas autour de lui, son front ne se relève pas pour se froncer et ses yeux ne lui jettent nul éclairs, mais elle n'en oublie pas pour autant qu'elle a terriblement besoin de savoir. Mais les larmes ont cessé de couler sur sa peau délicate, la rougissant à peine, et elle ferme les yeux pour accepter la réalité de sa présence, ces mains fortes contre ses joues, qui peut-être ne les quitteraient plus vraiment. « Je sais. » Les paupières se soulèvent à nouveau. Le regard qu'elle lui accorde n'a rien de tendre, ni pourtant d'accusateur ; c'est la peine qui s'échappe, qui ne cherche pas à se dissimuler. Elle ne veut pas qu'il s'en veuille, pourtant, mais elle est comme ça ; à fleur de peau, inlassablement. Elle voudrait répondre par un sourire au sien. Rien ne vient pourtant, rien que l'attente qu'il en dise plus que ces deux mots si simples. Que sait-il ? À quel point son absence lui a paru insupportable ? L'incompréhension ? La terreur de l'avoir perdu aux affres de ce nouveau monde, qu'il soit mort stupidement à des dizaines de kilomètres d'elle sans jamais qu'elle n'en ait la confirmation ? Elle devrait le comprendre mais elle n'y parvient pas. Trop d'années écoulées, trop de questions qui s'accumulent : a-t-il changé, et à quel point ? Est-il encore ce frère qu'elle a aimé tout en parfois maudissant, cette ancre dont elle se serait parfois passée, avant de découvrir que sans lui, les courants l'entraînaient dans les pires impasses ?

« Je sais que j'te dois des excuses. Que j'ai merdé. » Enfin, elle sourit un peu, bêtement. Il admet ses tords et Amberly ne peut s'empêcher d'être soulagée. Des hommes capables de contourner les problèmes, elle en a connu beaucoup - ses frères les premiers du lot. Elle sait qu'il est inutile d'attraper le taureau par les cornes, qu'il finirait forcément par l'emporter et s'échapper libre de toutes responsabilités. Mais elle n'aura pas à mener cette lutte là puisqu'il la confronte de lui-même, avec une sorte de courage étonnant. Il est différent, après tout. Mais c'est vrai qu'il a toujours été plus brave que papa, songe-t-elle amèrement bien qu'elle se garde d'exprimer la comparaison. « J'ai changé, mais j'prétends pas être un autre. Pourtant les choses arrivent pour une bonne raison, tu sais ? Si on s'retrouve maintenant... Peut-être qu'on pourrait... » La douce acquiesce, avec presque trop d'entrain. Oui, oublier, avancer, au moins assez pour se retrouver. Effacer les années d'absence, encore douloureuses rien qu'à y penser. Il ne termine que par le silence mais elle a sans peine compris. « Si tu peux, je peux. » Elle ouvre la bouche pour accepter, mais remarque soudain qu'il semble presque pleurer. L'étonnement la saisit, ses yeux ronds le fixant comme face à la plus incongrue des visions. Elle avait toujours été celle qui pleurait - lui, c'était déjà tellement plus rare. « T'as toujours été la personne – la personne la plus chère à mes yeux. Je sais que j'l'ai montré d'une façon vraiment merdique. » Oh. Elle cligne des yeux, avec la sensation d'avoir rêvé ces quelques mots. La personne la plus chère à ses yeux ? Amberly ne comprend pas. Pourquoi disparaître, alors ? Pourquoi l'abandonner à ce monde en déroute, seule avec Nicholas ? Certes, elle avait plus souvent été celle à panser ses blessures que l'inverse, mais lui était cette force destructrice qui avait le mérite d'éloigner les monstres. Comme ce sorcier qui l'avait poursuivi jusqu'à chez elle l'autre jour... Elle frissonne en y repensant, encore inquiétée.

Non, vraiment, elle n'arrive pas à croire ce que raconte Joseph. Ce n'est pas qu'elle lui en veut tant, mais c'est absurde. Peut-être que c'est trop à entendre, trop à ressentir. S'il l'aime avec tant de force, alors elle n'a qu'une envie ; se blottir à nouveau contre lui. Lui rendre de cette affection dont tant d'êtres se font avares. Peut-être est-ce bien ce qui la terrifie, dans le fond. Avec Nicholas, il y a quelque chose de bien plus facile, plus simple. Joseph... elle se souvient qu'à son amour, elle s'y brûlait comme à celui d'un amant trop fervent, qu'il n'y avait jamais eut entre eux de ces barrières qui protègent autant qu'elles séparent les cœurs. Autant que cela lui fait envie, elle en a peur, et malgré elle, Amberly baisse les yeux. « Tu sais, je t'ai cru mort. Vraiment. J'ai pensé ne plus jamais te revoir. » Cette fois, elle étouffe le chagrin qui veut s'inviter dans ses yeux, fixant ses pieds comme si le poids des regrets lui écrasait les épaules. « Je me suis dit qu'il serait plus sage de t'oublier et que j'en souffrirais moins. » L'aveu est plus difficile qu'il n'y paraît, mais elle espère qu'il comprenne, qu'il saisisse ne serait-ce qu'une part de ce qu'elle avait ressenti. « Je ne regrette pas d'avoir espéré encore un peu... » À nouveau elle lui fait face, un sourire fragile aux lèvres. « Ne me fais plus jamais ça, s'il te plaît. » Sa voix vibre d'une rare force, sonnant à la fois comme un ordre et une supplique. La vérité, c'est qu'elle le croit tout en regrettant d'avoir autant de foi, autant d'espoir. Qu'elle sait qu'il ne cherche pas à la manipuler, tout en craignant qu'il soit incapable de s'empêcher de recommencer. Et vraiment, que peut-elle faire d'autre que sourire et lui offrir une nouvelle chance ? Une pensée la traverse et s'échappe aussitôt de ses lèvres, avant qu'elle ne puisse la retenir. « Nicholas... Lui aussi, il faut qu'il sache que tu es vivant ! » Puis ses yeux s'arrondissent légèrement quand elle réalise que peut-être, le sujet n'est pas aussi simple, qu'ils n'ont rien d'une belle fratrie réunie en un claquement de doigts. « Je suis sûre que tu lui manques aussi. » Qu'elle bafouille dans l'espoir de rattraper sa bavure, de justifier sans doute la candeur de son affirmation. Ils seraient heureux de se retrouver, non ? Le doute est désagréable, persistant, et la met mal à l'aise. Elle les aime tous les deux après tout, certes différemment. Si elle a déjà entendu Nicholas gronder sur la disparition de Joseph, sa stupidité et son immaturité, elle est persuadée qu'au fond, il serait soulagé de le voir en vie.



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MessageSujet: Re: Bad blood - Amber   Dim 4 Fév - 13:25




bad blood

Amberly & Joseph

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Dans la contemplation des sillons larmoyants dessinés sur sa joue, la peau encore un peu humide d'un chagrin qui ne l'a jamais vraiment quittée, je m'y perds moi-même. L'aveu, après tout ce temps, est un soulagement. Il fallait vomir ce poids qui pesait sur mes entrailles, m'en décharger – parce que, peut-être, Amber aura envie de s'enfuir. De tourner le dos à ce vieux passé douloureux, pénible. Alors, au moins, ces anciens non-dits n'en seront plus. Et puis, je l'ai toujours adorée, c'est la vérité. La stricte vérité, me répété-je en boucle, inlassablement. Indélicat, je passe en revue les quelques connaissances qui peuplent mon existence ; non, il n'y a qu'elle. Qu'elle que j'ai envie de revoir parce que je tiens à elle, qu'elle qui n'éveille pas directement la colère ni l'agacement en mon sein, qu'elle qui apaise les tourments de ces regards compatissants et coulants de douceur. Ces retrouvailles ont été rêvées, niées, oubliées. Repoussées comme quelques fantasmes enfantins, dégagées sur le côté pour ne plus les voir en face sans jamais les annihiler. Et pourtant.
Pourtant, le murmure s'intensifie dans mon esprit, le sifflement s'impose à mes sens. Ce bruit, intangible et inexistant, qui me rend fou. Cela fait des semaines que je n'ai pas pris un seul cachet, me dis-je avec amertume ; au fond, pourtant, je sais que ça n'est pas le problème. Le problème s'éveille dans mes entrailles – tu as admis, tu as admis sa valeur. Spontanément, c'est la faiblesse qui gronde. Je pense à Maisy, à ce schéma interminable, à ces scènes qui se rejouent sans cesse ; aimer, nier, admettre, fuir. Un mantra étrange et inopportun que j'ai fait mien il y a de ça trop longtemps.

Son expression répond à mes incertitudes et amplifie le sifflement dans mes oreilles. Elle ne comprend pas, bien sûr – cette déclaration, en avait-elle seulement envie ? Ne sachant pas ce à quoi je m'attendais après cette sincérité brûlante, je détourne les yeux en même temps qu'elle. Je t'ai cru mort. Et avec le sifflement, c'est une gêne qui enfle dans ma gorge lorsqu'elle poursuit son propre aveu. Indifférent à ce qu'elle essaie de communiquer, je ne vois qu'une chose : ce désamour suintant de ses paroles, comme un venin doucereux à mes oreilles. Au fond, je comprends ; mettre de côté pour moins souffrir, peut-être est-ce une façon que nous avons, dans cette putain de famille, d'espérer mener une existence paisible. Faisant preuve de bien plus de cruauté, j'ai fait la même chose, et si je sais pertinemment que je ne peux pas lui en vouloir de quoique ce soit, l'amertume me parcourt immanquablement les veines.
Amber poursuit, enveloppe de douceur sa révélation, mais rien n'y fait. J'ai trouvé, inconsciemment, une raison de tout gâcher. Sa demande est empreinte d'une force que je lui découvre à peine, puisqu'il faut réapprendre à la connaître. Enfermé dans un mutisme pesant, j'acquiesce avec lenteur, d'un mouvement presque imperceptible. Ses mots se bousculent dans mon esprit et se mélangent ; torturés par le mal qui me ronge, ils se transforment. Je t'ai cru mort – j'ai espéré que tu le sois. Seul, je comble les silences, me servant de mes propres remords inavoués, et je m'accable de ce qu'elle ne dit pas et que j'imagine trop bien.

Fatigué de l'instabilité qui m'engloutit, les prunelles se perdent dans une nouvelle contemplation, fantomatique. Machinalement, je sors une cigarette de mon paquet, le corps raidi. L'enflamme dans un bref silence, rompu par l'exclamation de ma sœur. C'est le coup de grâce. Un rire jaune m'échappe alors que je parcours la rue des yeux. Vraiment, je ne sais pas à quoi je m'attendais. M'enveloppant d'un silence amer, je fume alors qu'elle poursuit, dans une vaine tentative d'aplanir ce début de discussion, déjà désagréable. Tu lui manques aussi. Un nouveau rire, acerbe, et je ne peux retenir une moue irritée de déformer mes traits. « Nicholas, hein ? » La cigarette continue de se consumer entre mes lèvres. Je ne sais pas où commencer. Le sifflement se fait bourdonnement incessant dans mon esprit. « J'lui manque, tu dis ? Comme j't'ai manqué à toi ? Peut-être que, lui aussi, s'est dit qu'il serait sage de m'oublier. » Sifflé-je, reposant les yeux sur son visage. « Au fond, c'est d'bonne guerre, tout ça, c'est sûrement mérité. J't'ai vu des dizaines de fois, dans la rue, et j'suis jamais venu vers toi avant. On aime tous oublier. » Lâché-je comme une petite bombe, supposant avec immaturité que la pique sera douloureuse. C'est la vérité, mais pas pour cette raison, bien sûr – la crainte, l'inquiétude de voir les retrouvailles tourner aussi mal qu'en ce moment m'en ont toujours empêché, me dis-je avec ironie.

« Désolé, je sais pas trop ce que t'espérais, mais la famille se réunira pas, Amber. Il m'a jamais rien apporté. Il ne me manque pas. » Ces derniers mots sont détachés les uns des autres avec soin, d'un ton plus dur que souhaité. Comme pour me justifier, j'ajoute : « J'dois pas lui manquer non plus, tu sais. » Les pensées m'assaillent de toute part, l'ébullition de mes entrailles grimpe jusque dans mon cerveau. Ils se voient, n'est-ce pas ? Et, enfin, sa précédente question prend un tout autre sens à mes yeux ; Nicholas est vivant. Il est là. Elle l'a mentionné avec tant de précipitation qu'ils doivent encore se voir de temps en temps, et j'en déduis à son imprécision qu'ils ne parlent pas souvent de moi. Bien sûr, et je crois que ça me soulage. Je ne parle jamais d'eux non plus – si Maisy a eu vent de l'existence d'Amber, c'est presque à cause d'un lapsus, d'un aveu léger. Ç'aurait été pire de savoir qu'ils parlaient de moi de temps en temps – qu'auraient-ils eu à dire ? Poussant un profond soupir, je détourne les yeux du visage qui me fait face. Elle doit être blessée – mais la houle de sentiments négatifs hurlant dans mes entrailles m'aveugle. Tout ce que je parviens à visualiser maintenant, ce sont leurs deux silhouettes, à jamais entrelacées. Cette drôle de relation dans laquelle je n'ai jamais eu ma place, sans savoir pourquoi. De ma faute, peut-être. Peu à peu, je ressens cette horrible envie qui me fait honte, ce désir d'être aussi proche d'eux, qui me bouffait déjà lorsque j'étais enfant.

« Bref. » Dis-je, plus pour mettre fin à la paranoïa qui s'immisce dans les chuchotements du monstre qu'autre chose. « Si tu veux, on peut faire une liste des sujets à éviter, genre papa, le passé, les erreurs. » Oubliées, les jolies paroles d'il y a quelques minutes. L'humeur s'est renversée, sensible au moindre mot déplaisant. Torturée, elle se soumet sans rechigner – si je me fais à l'instabilité, personne ne parvient à s'y habituer. Dorénavant, Nicholas trône aux côtés de notre père et de ce passé brumeux que nous avons en commun, comme un fantôme poussé aux oubliettes. Les prunelles papillonnent ici et là, se posent à peine sur la silhouette d'Amberly, et je fume à nouveau dans le silence, confirmant sûrement toutes ses craintes. À nos côtés, la chienne grimpe sur le banc, fatiguée du rythme qui lui est imposé. Alors seulement je réalise à quel point je suis exténué ; mettant maintenant la mauvaise humeur sur le manque de sommeil, je l'observe une seconde s'allonger.
Ces sujets, peut-être faut-il les aborder. Si je sais pertinemment qu'on ne peut les ignorer pour toujours, je n'ai aucune envie d'en parler maintenant. Pas tout de suite, mais plutôt une autre fois – c'est comme ça que ça fonctionne, n'est-ce pas ? On repousse, en espérant ne jamais devoir y faire face.
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MessageSujet: Re: Bad blood - Amber   Mar 6 Mar - 20:30


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Amberly & Joseph

Ce rire. Première pique, qui l'effleure et ricoche sur sa maigre carapace. Un rire sardonique, désagréable, saisissant d'amertume. Elle ne se souvient même pas qu'il pouvait rire de la sorte. Ou a-t-elle juste volontairement oublié ses pires aspects ? « Nicholas, hein ? » Elle baisse les yeux et se ratatine, les épaules rentrées et les lèvres serrées. Elle n'aurait pas dû. Le silence aurait été mieux. Il aurait suffi de s'arrêter là, au moins pour aujourd'hui, de taire les choses qui blessent. Mais à ses yeux, ce n'est pas juste de la souffrance. Ce soulagement qu'il soit en vie, elle aurait voulu que Nicholas le connaisse aussi... « J'lui manque, tu dis ? Comme j't'ai manqué à toi ? Peut-être que, lui aussi, s'est dit qu'il serait sage de m'oublier. » Seconde pique, qui cette fois touche ; les mots transpercent la carapace d'un coup, d'un seul. C'est si facile de l'atteindre. Sous le choc, elle réalise comment il a pu percevoir ses mots, comment il les a tordu pour s'en faire la victime. Elle garde les yeux baissés, submergée par la honte d'avoir été si maladroite. Si elle ne relève pas le reproche, voir si elle s'excuse, il oublierait - n'est-ce pas ? « Au fond, c'est d'bonne guerre, tout ça, c'est sûrement mérité. J't'ai vu des dizaines de fois, dans la rue, et j'suis jamais venu vers toi avant. On aime tous oublier. » La carapace éclate en morceaux, plus rien ne protège son cœur défaillant. Elle le fixe, brièvement, comme frappée par la foudre. Son myocarde rate un battement, ses lèvres s'entrouvrent, souffle coupé. J't'ai vu des dizaines de fois, dans la rue, et j'suis jamais venu vers toi avant. Elle détourne brusquement les yeux, et avec, les épaules ; impossible de lui faire face sans montrer qu'à l'intérieur, tout s'écroule. J't'ai vu des dizaines de fois. Et il n'est pas venu, non. Il n'a même pas laissé un mot, pas fait un seul signe. Elle serre les dents. Ne pas pleurer. Pas ici, pas maintenant. Il a osé affirmer qu'il tenait à elle plus qu'à qui que ce soit d'autre. Comment peut-il ensuite dire une telle chose ?

C'est à peine si elle entend la suite. Elle n'écoute plus. La blessure est grande ouverte et elle n'a plus aucun contrôle sur les larme qui dévalent ses joues, malgré ses efforts. Amberly n'a jamais vraiment compris pourquoi ses deux idiots de frères ne cessaient de se disputer. Peut-être parce que Nicholas ne supportait pas le comportement irresponsable de Joseph ? Comme si lui-même était une exemple de stabilité. Au moins avait-il le mérite de ne jamais avoir disparu, de ne jamais l'avoir abandonné. La colère gronde, et s'il n'y avait pas eut cette drôle de conclusion qu'ajoute Joseph, peut-être la gifle serait-elle partie. Maigres représailles, sûrement, mais assez pour qu'elle reprenne un peu ses esprits. Au lieu de cela, les mots mouchent la colère, car ils soulignent l'inutilité du geste - à quel point le grief est vaste. Et surtout, que tout ceci est de sa faute à elle. Si seulement elle avait su se taire, pour une fois... « Si tu veux, on peut faire une liste des sujets à éviter, genre papa, le passé, les erreurs. » Bien sûr. Qu'a-t-elle cru ? Qu'il suffirait de lui demander d'être sincère pour qu'il ne fuit pas ? Dans quelle vie n'a-t-il pas fui, d'une façon ou d'une autre ? Pas dans celle durant laquelle elle l'a connu, en tout cas. Il n'a sans doute pas tant changé - c'est naïf de sa part de l'espérer, pourtant encore maintenant, elle ne peut s'en empêcher. À part espérer, que peut-elle bien faire ? Se morfondre, abandonner ? Il est une nouvelle raison d'essayer, Joseph. Une nouvelle raison d'esquisser un sourire. Mais pour l'instant, il ne la fait pas sourire, loin de là. Elle sort un mouchoir en tissu de sa poche et s'essuie discrètement les joues. Avec un peu de chance, il n'y a pas prêté attention - il n'a même pas l'air de la regarder, de toute façon. « Comme tu voudras. » C'est si facile d'accepter ses règles. Ne pas en parler. Pas aujourd'hui. Probablement pas demain non plus. Au moins est-il là. Vivant. Ne devrait-elle pas s'en contenter ? Oui, sûrement. « Je suis désolée, je n'aurais pas dû... » Elle s'interrompt, la gorge nouée. Pas dû quoi ? Sans doute ne comprendra-t-il pas ses excuses. Elle cherche des mots, des vérités agréables - mais il n'y a que ses peurs, qui rôdent et infiltrent chacune de ses bonnes volontés. Moi aussi, je tiens à toi. Sans doute entendrait-il, pas autant qu'à Nicholas. Et elle a peur que ce soit vrai, même si elle ne veut pas, même si elle désire les aimer à l'identique.

Mais l'un d'entre eux n'était pas là, et pour si longtemps. Est-elle une mauvaise sœur ? Figée dans son silence, Amberly observe le sol à ses pieds comme s'il y avait là quelque chose de fascinant. Elle aspire à rentrer chez elle, à oublier les mots. Des dizaines de fois. C'est lancinant, impossible à ignorer. Elle doit aller travailler, bientôt, mais tout ce dont elle rêve, c'est de se cacher dans un coin de son appartement. Loin des regards, loin de son regard, qu'elle imagine accusateur. Comment en sont-ils arrivés là ? Face à lui, elle semble perdre pied et redevenir une enfant, terrifiée à l'idée qu'il disparaisse de nouveau. Elle devrait dire quelque chose sans doute. Je vais bientôt travailler, peut-être ? « Je suis devenue institutrice. » Qu'elle finit par lâcher, avec un petit rire d'auto-dérision. « Qui l'aurait cru ? » Elle cherche à meubler, à ce qu'ils ne se séparent pas de la sorte. Avec au ventre, l'incertitude de le revoir. Combien de fois la regarderait-il encore passer, sans esquisser un mouvement dans sa direction ?


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MessageSujet: Re: Bad blood - Amber   Lun 26 Mar - 22:41




bad blood

Amberly & Joseph

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Cette résilience dont elle fait preuve, cette force sous-jacente qui jaillit de ses veines pour soutenir une fragile silhouette, est impressionnante. Même si elle ne sait, pour l'heure, s'en servir que pour se recroqueviller et éviter les balles, ma sœur m'impressionne toujours. Des années après le déluge, elle tient toujours bon, Amberly s'accroche. Et elle m'exaspère terriblement. J'imagine que je ne cherchais pas à la blesser – pas vraiment, pas profondément. Quoiqu'il en soit, elle avale et se tait, baisse les yeux et fuit le combat. Les prunelles se détourne de sa silhouette frêle, de son aura fragile, pour courir ici et là, tant que je n'ai pas à l'observer davantage. Pas pour la voir s'écraser devant moi. Face à qui s'écrase-t-elle encore ? Le sang chauffe, brûle dans ma poitrine à l'idée qu'elle puisse subir d'autres affronts au quotidien. Les inconnus n'ont pas à lui parler comme ça, à la regarder de haut, à laisser couler le venin de leurs paroles jusqu'à elle. Le venin, elle l'avale, elle l'engloutit parce que c'est tout ce qu'on lui donne, c'est tout ce qu'elle a jamais connu. Parce qu'elle ne sait pas ce qu'elle mérite – à cause de nous tous, de cette famille pathétique, de ces affreuses habitudes.

Évitant soigneusement le chagrin qui creuse le sillon déjà trop emprunté de ses joues, je garde résolument le regard ailleurs. La honte enfle dans mes entrailles et dans ma poitrine, me cloue sur place ; même si je ne les vois pas, je les sens, je les entends ces sanglots, si silencieux puissent-ils être. La peine se ressent dans l'atmosphère comme la pluie humidifie l'air avant de s'écraser au sol. Après une déglutition difficile, parce qu'il a fallu se frayer un passage entre les non-dits, la honte, le chagrin, j'ose un coup d’œil vers elle. Je pourrais essuyer ses joues, me perdre dans une tentative d'excuses vaines mais réconfortantes, lui demander d'oublier, me confondre en explications inutiles ; je ne sais pas pourquoi je suis comme ça, pourquoi je t'en fais baver à toi, pourquoi il faut que tout le monde se reçoive quelque chose sur le coin de la figure. Je ne sais pas, et ma sœur est déjà suffisamment malheureuse – il n'y a plus d'intérêt à essayer, n'est-ce pas ?
La résilience, toujours. Elle accepte, sans plus de mots. Bien sûr, qu'elle ne veut pas en rajouter – en ne disant presque rien, elle a réveillé le monstre. Les prunelles courent jusqu'à son visage lorsqu'elle s'excuse – de quoi, encore ? Le voile de lassitude passe sous mes cils. De quoi peux-tu bien t'excuser, Amber, lorsque je ne suis pas fichu de te demander pardon pour les saloperies proférées à l'instant ? Un voile de lassitude et, sûrement, d'une tristesse infinie. Qu'est-ce que tu es devenue ? Qu'est-ce qu'on a fait de toi ?

Puis le silence s'installe. Les lèvres se scellent, de peur de balancer une nouvelle horreur, une nouvelle méchanceté gratuite. Ses yeux se dérobent et nous attendons, n'importe quoi. Sûrement veut-elle s'enfuir à nouveau, échapper à l'étau que je lui impose sans raison. La honte me lacère les entrailles et je l'observe. Peut-être est-il trop tard, peut-être que notre relation est gâchée pour toujours. Il y a certainement des plaies qui ne guérissent jamais me dis-je, un poil dramatique. Nous n'avons pas vécu l'enfer, mais certains d'entre-nous l'avons installé au sein du foyer. Alors, qu'attendre d'individus brisés ?
Le souffle d'air frais surgit lorsqu'elle reprend la parole ; cette force, toujours, braverait n'importe quoi. Je hoche la tête, reconnaissant qu'elle ait plus de courage que moi, et acquiesce à ses quelques mots. Institutrice. Finalement, ça n'est pas si étonnant. Un peu ironique peut-être, mais pas complètement surprenant. Forçant un sourire dans la barbe, que j'espère sincère d'ici quelques secondes, je hausse les épaules. « C'est pas si curieux qu'ça. T'as toujours été très... Patiente. Et douce. » Il y a dans mon intonation quelque chose qui ne colle pas. La gêne d'oser un compliment après la bourrasque, certainement. Je poursuis, sincère et mal à l'aise : « Ils ont d'la chance de t'avoir, ces gamins. Je suis content pour toi. » Les mots sont un peu détachés les uns des autres, et je fais mine de m'intéresser brusquement à la chienne qui traîne sur le banc et n'y dort que d'un œil. Et puis, il faut essayer d'esquiver à l'avance une éventuelle question sur ma profession. Inutile qu'elle apprenne aujourd'hui que je suis souteneur.

Les excuses ne sont faciles à formuler que pour Amber, qui les exprime d'ailleurs trop souvent, et je me contente de quelques pauvres compliments, en espérant qu'elle comprendra. À nouveau. Que cette fameuse résilience fera encore son œuvre, que c'est une source intarissable.
M'accroupissant, j'appelle la bête, qui saute immédiatement au sol et court jusqu'à moi. À nouveau, il va falloir essayer de faire passer quelques sous-entendus que je ne suis pas prêt à expliciter. La chienne me lèche les mains et je relève les yeux vers Amber. « C'est Nootka. » Avoisinant les cinquante kilos, elle ressemble vaguement à un Mastiff anglais et doit être le fruit d'un brassage. J'approche les doigts de la main d'Amber et les attrape avec lenteur. « Faut qu'elle te reconnaisse, maintenant. » Maintenant que nous nous sommes retrouvés, que le soleil brille et que chantent les oiseaux, hein ?
Approchant la main de l'imposante face de la chienne, elle s'empresse de la renifler avec avidité, avant d'y passer la langue. De toute façon, la bête ferait confiance à presque n'importe qui. Je me redresse et offre un sourire à Amber. « Adoptée. »

Enfonçant les mains dans mes poches, j'observe les alentours. Le soleil se hisse rapidement dans le ciel et réchauffe l'atmosphère. Après un nouveau silence de ma part, j'ose : « On t'escorte là où tu dois aller ? » Elle doit bien se rendre quelque part – au boulot peut-être. On ne peut pas s'arrêter comme ça, se quitter si misérablement.
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Bad blood - Amber

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