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 Shake' Em On Down (elias+aritza)

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MessageSujet: Shake' Em On Down (elias+aritza)   Lun 15 Jan 2018 - 0:18


I have a grave to dig fast
Moving feet you gave me
Light where it once was gone




Aritza & Elias

Ils ont perdu Mario aujourd’hui. Ça arrive parfois. Elias s’en est chargé. Il n’a pas cherché à comprendre : un coup de masse dans le crâne pour lui fendre la boîte crânienne en deux. La cervelle pulvérisée faisait comme un halo rose sur le sol. Il n’a rien dit à personne, il a regardé Connor qui tournait de l’œil. Il a su à ce moment là que ce n’était pas à lui qu’il devait demander, alors il a ramassé les morceaux, un par un, puis ils l’ont brûlé sur un bout de rocher ridicule. Les autres chasseurs ont prié. Léotie a versé une larme. Lui n’a rien dit. En rentrant, il s’est dit que ce n’était qu’une journée de plus en enfer.
Ils ont fait s’arrêter les chevaux au niveau des écuries et des tentes et petit à petit, ils ont commencé à craquer. A être furieux. A ne pas comprendre. A désespérer. Chaque mort est la preuve de l’inexorable fin. Connor n’a même pas cherché à comprendre, ils ont commencé à décharger tous les deux les divers butins. Ça a été dur et long, mais Elias n’a rien dit. Il préfère le silence aux pleurs.
A la fin de la journée, au début de la nuit, ils sont tous là autour du feu.

Ils parlent un peu, de ce qu’a été Mario pour eux. Elias ne dit rien. Il a les mains plongées dans l’eau d’une bassine coincée entre ses pieds. Il lave en silence ses doigts du sang séché et de la terre qui colle à ses ongles. Il ne dit rien, comme à son habitude, parce qu’il n’a rien à dire. Tout le monde a ses démons. Quand Léotie se tourne vers lui, elle a les yeux gonflés, rougies par les sanglots. Elle est fragile la petite. Un peu trop fragile pour une vie de nomade. C’est ce que pense le sorcier.
– Tu… T’en penses quoi, Eli ? La gorge se la gosse se serre.
Le géant jette un regard circulaire autour du feu. Il a un moment d’absence, un silence profond, avant de replonger ses doigts dans l’eau. L’eau est sale, elle est boueuse. Elle est de la même couleur que les marécages qui sont en périphérie du campement. De la même odeur de sang et de merde.
– Qu’il est bienheureux loin de cet enfer.
Un silence, de nouveau, au centre du campement, alors que tout le monde hausse les épaules ou lèvent les yeux vers les cieux. Certains s’en remettent à leurs croyances historiques, d’autres à leur seule existence. Certains ont des Dieux pour les protéger, d’autres ne cherchent rien que la survie. Elias n’est aucun de ces deux-là. Trop lâche pour la mort, trop brave pour abandonner. Trop égoïste. Trop mégalomane aussi… Et dernièrement, intéressé de nouveau.
Il ignore comment, mais sa vie connaît un nouveau tournant inattendu. Il ne sait pas encore si c’est pour le meilleur ou pour le pire, il ne sait pas quelle entité créatrice peut le mettre ainsi à l’épreuve, mais il est certain que Zora n’est pas revenue pour rien. Il doit y avoir une raison. Il faut qu’il y ait une raison.
Connor sort sa guitare sous les applaudissements de quelques badauds autour du feu. Il se racle la gorge, accorde la vieille guitare acoustique qui n’a plus l’air de rien, mais il jure qu’elle a appartenu un jour à Neil Young, et que c’est vrai. Elias ne sait pas qui est Neil Young alors il veut bien le croire.

I’m diggin’ my grave
I’m diggin’ my grave
My road to hell is surely paved
With all the love that I never gave


Un silence envahit le cercle alors qu’Elias écoute chaque parole. Il s’agit d’épines qui lui arrachent la peau. Chacune est une écorchure. Il s’est déjà vidé de la colère auprès de Maclean. Il ne lui reste plus que l’amertume. En silence, ses yeux se perdent dans le crépitement des flammes.

Well Lord I wish that I hadn’t sinned
Oh oh I wish I hadn’t sinned
That I could be with you again
Oh oh I wish Oh I wish I hadn’t sinned


Il sert un peu les dents et finalement il se lève. Le sorcier attrape la bassine pour la vider et s’éloigne en silence du campement, son arbalète toujours dans le dos et à sa ceinture brille plusieurs couteaux plus ou moins longs. Ils brillent à la lumière de la lune quand il se glisse entre deux caravanes et jette l’eau sale à même le sol, restant un instant figé pour observer l’horizon malsain qui se dresse devant lui.
Combien de rôdeurs ?
Combien d’esprits ?
Combien ?

Il l’ignore. Il lui semble que sa vie a été si longue qu’elle en est devenue douloureuse, pénible. Trop lourde à porter, oui. Il inspire profondément et laisse la bassine sur le sol pour faire quelques pas, s’éloignant des flammes mais aussi du bruit. La voix de Connor s’évapore petit à petit alors qu’il arrive auprès du hangar où est gardé le stock.
Des pas résonnent derrière la caravane. Il est juste devant et il sort une cigarette, qu’il allume, seul point illuminé de la nuit. Il se détache des ombres où il est si bien, et ses yeux noirs cherchent la personne à qui appartiennent ses bottes qu’il entrevoit sous le châssis de métal de la caravane. Il contourne lentement la caravane, la cigarette accrochée à ses lèvres, délice de mortel que de pouvoir s’empoisonner la vie avec plaisir. A son époque, l’absinthe rendait aveugle. Ils ont fait fort ces hommes, à créer des poisons invisibles.
Arrivé de l'autre côté de la caravane, c'est Aritza qui est devant lui. Elle a l'air seule. Il regarde autour d'eux, et c'est ce qu'il en ressort oui. Qu'elle est seule, au milieu de la nuit, dehors. Il se pose la question, mais ce n'est pas ce qui sort de sa bouche à ce moment-là. Comme un corbeau funeste, ses seuls mots sont :
– Mario est mort.

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↳ Opinion Politique : Anti-gouvernement pour la forme // Opportuniste dans l'ombre
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MessageSujet: Re: Shake' Em On Down (elias+aritza)   Jeu 15 Fév 2018 - 8:57

Résiliée à domicile.
Punition du brave.
Excuse du couard.
Justifications futiles pour une décision qu’ils n’aspiraient qu’à prendre depuis tellement longtemps déjà à ma seule encontre. Depuis mon évincement, ils ne rêvent tous que d’une chose. Me bannir. Me voir fuir. La queue entre les pattes. La tête encastrée dans les épaules. Le dos vouté et la conscience écrasée par la honte. Il n’en est pourtant rien. Je reste droite. Je reste fière. Alors ils remettent toujours à plus tard ce qui pourtant semble à ce point inévitable. Il préfère me garder un peu plus longtemps sous leur coude. Sous leur coupe. À portée de main. De bras. De gifle. Mais jamais de manière physique. Oh non, ça jamais. Ce serait là porter préjudice à leur si jolie réputation. Ce serait là déterrer des cadavres qu’ils peinent désormais à entasser dans leurs placards. Ils préfèrent de loin m’enchaîner à ce tronçon de terrain qui ne porte même pas – plus – mon nom. Huit mètres carrés et pas une miette de plus. Douze d’après leurs propres estimations. Plus que certains rats de la ville qu’ils osent encore me balancer. Laissez-moi rire. Il ne relève là guère plus que d’un rayon asymétrique maladroitement dessiné par la main d’une gamine à peine en âge de comprendre. Le hangar. La caravane. Une ligne droite pour rejoindre ces deux extrémités. Voilà à quoi se résume aujourd’hui mon champ d’action. Prison invisible qui resserre chaque jour un peu plus ses serres autour de mon cou. À tel point même que bientôt les marques ne pourront plus se dissimuler. Hématomes aux formes de doigts avides. Ecchymoses d’un temps révolu et d’un avenir qui ne s’annonce que plus sinistre.

*Tic. Tac.
Tic. Tac.
Serrer.
Desserrer.
Tic. Tac.
Tic. Tac.
Serrer plus fort.
Desserrer à peine.
Tic. Tac.
Tic. Tac.
Cassé …

Le temps est comme à son habitude. Lourd. Étouffant. Omniprésent. Il nous prend de haut. De gauche. De droite. De partout à la fois. Il nous pousse vers le bas. Nous écrase au sol. Nous ramène de là où nous venons. Tout en nous rejetant. En nous expulsant. Il ne veut guère de nous. Nous sommes un parasite infecte et infeste. Un mal qui depuis des lustres a cessé d’être nécessaire. Nous sommes la cible à abattre. Nous sommes l’ennemi. Et nous sommes aussi fourbes qu’increvables. Des vermines qui pullulent la surface de la Terre. Nous La rendons imberbe. Infertile.
Malade.

Alors à travers un dernier cri de détresse, Elle appelle à l’aide. Elle va puiser au plus profond d’Elle-même. Elle va arracher à Son essence divine ce penchant sombre et sinistre qu’Elle tentait si bien à nous cacher. Depuis le fin fonds de Ses entrailles, Elle laisse jaillir la germe que nous y avons planté. Le sol se fissure. L’espace-temps se fige.

*Une brèche.
Deux fentes rougeoyantes pour découvrir le monde.
Un sourire carnassier pour apprécier ce qu’
IL y découvre.

Un bruissement de l’autre côté de la caravane. Rien d’alarmant pour autant. Avec le temps vient l’expérience. La méfiance aussi. Tout comme la confiance. Elles se frôlent de si près qu’on pourrait presque les confondre. Voire les méprendre. Elles se touchent à peine. Se rencontrent. Se reconnaissent. Puis sortent les griffes et les crocs pour clamer le terrain pour soi. Qu’elles se déchiquettent donc en silence. Je ne m’intéresse guère d’assister à leurs ébats ce soir. La nuit est suffisamment lourde en tension et en émotions sans en rajouter davantage.

Je laisse venir à moi celui qui s’est éloigné du troupeau. Un silence non point désagréable nous entoure l’espace d’un instant. Il pose son regard sur moi. Puis sur le rien qui nous entoure. Il garde poliment pour soi ce qu’un autre n’aurait assurément pas manqué de me faire remarquer. J’apprécie la solidarité qu’il me témoigne ainsi. Je me garde tout autant de lui en toucher un mot. Ce sera notre petit secret rien qu’à nous.

Les mots tombent. La fumée de cigarette donne un côté presque mystique à cette confession. Le silence s’installe à nouveau entre nous. Un oiseau s’envole à proximité.

- « Je sais. »

Inutile de se voiler la face. J’ignorais peut-être encore son identité, mais il était évident que la sortie viendrait clamer son dû. Une seule âme pour assurer le salut de la Communauté. Certes, ce n’est qu’un maigre réconfort. De fait, je m’abstiens de tout commentaire. J’ai connu pire. J’ai vécu pire. J’ai FAIT pire. Entre bourreaux, on apprend à non pas à se connaître, mais à se reconnaître. Il aura beau se laver encore et encore. À plonger corps perdu dans une rivière. À prêcher le ciel pour plus de pluie encore. À passer son éternité dans une bassine d’eau croupie. Nous avons tous deux ce qu’il en ressort. Ce soir, je prierai pour le répit de son âme … à défaut de rédemption, puisse-t-elle tenir encore un peu avant de se noyer …

*Plic. Ploc.
Plic. Ploc.
Plouf.

- « Puisse-t-il trouvé la porte qui mène à la lumière. »

Et je ne parle pas nécessairement de celle érigée par la main du Seigneur. Chacun ses croyances. Chacun sa foi. J’ai la mienne. Profondément enfouie en moi. Douce et chaleureuse. Et à la fois meurtrière et assassine. Il est là ma propre interprétation des faits. Je n’aspire pas forcément à l’imposer. Parfois la partager. Souvent l’écouter. Mais il n’est pas là le point où je voulais en venir. J’accorde plus que volontiers à Mario ce souhait de tout un chacun de laisser partir. De s’envoler. Vers le lointain et le ailleurs. Vers un destin céleste qui ne lui est peut-être même pas voué. Qu’il soit blanc et nuageux ou encore vide de sens et de sensation. Peu importe au final. Tant qu’il ne reste pas …
ICI.

*Souvenir qui remonte à la surface.
Ombre délinquante qui se glisse dans le paysage.

- « Dis-moi Elias … »

Je ne le regarde pas. Mon attention se porte sur un point invisible à l’horizon. Derrière les barrières factices de la Communauté. Bien au-delà des arbres et leurs crinières qui nous entourent. Non pas encore à l’orée des étoiles, mais presque.

- « … est-ce que tu les envies ? »

Ceux qui ont réussi à ne plus être là …

*Toi.
Moi.
Pour toujours.
Et à jamais.
FEMME.

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MessageSujet: Re: Shake' Em On Down (elias+aritza)   Ven 16 Fév 2018 - 21:51


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Aritza & Elias

Le silence lui rappelle la mort. Il y a toujours un silence après la mort. Une fois que le dernier souffle est rendu, il ne reste plus que le vide, le néant. Il engloutit tout, les songes, les espoirs, même les pleurs. Léotie a pleuré. Elle n’a pas regardé – Connor le lui a interdit – mais elle a pleuré car rien que le son a indiqué à tous que c’en était fini pour Mario. Elias, à ce moment-là, a juste serré plus fort la masse en regardant l’horizon et le soleil dévorant. Comme si Mario avait été une offrande au désert. Un juste retour des choses. C’était pas le plus faible du groupe Mario, mais cette fois-ci, il avait été bien eu. Faut se le dire, parfois, la vie est injuste. Il en sait quelque chose, Mister Hyde, il a subi tout ça, il s’est retrouvé fourbu par la loi de la nature et des hommes alors même qu’il n’avait rien fait pour le mériter.
Arizta est ainsi. Elle est seule, derrière sa fumée qui ne cache rien de son regard perçant. Ils se dévisagent comme s’ils attendaient quelque chose en particulier. En réalité, ils n’ont rien d’autre à fait. L’un et l’autre ne sont que deux âmes qui, comme des milliers d’autres, sont perdus à ne plus savoir quoi faire de leur vie, de leur si fragile vie.
Le sorcier ne dit rien, mais il relève les yeux quand il aperçoit les lèvres de la femme se mouvoir dans l’obscurité ambiante.
– Je sais.
Il a un maigre sourire et hoche la tête. Il n’en doute pas. Si elle ne savait pas, elle devait au moins s’en douter. Ce soir, il n’y a pas de rire. Juste des regards hagards, des relents de sanglot pour ceux qui détestent ce soir le désert qui prend mais jamais ne donne. Il y a les sourires figés de ceux qui ne veulent pas pleurer, parce qu’ils savent que s’ils commencent, ils n’en auront jamais fini. Ils continueront, jusqu’à entièrement s’assécher. Ça arrive ça, de mourir d’avoir trop pleurer.
On appelle ça les peines de cœur, et il en sait quelque chose Elias Hyde, parce que c’est une femme qui l’a maudit. Il ne la déteste pas. Il l’a bien voulu. Il a bien voulu de la morsure de la passion, alors désormais, il supporte la morsure du soleil. Ça y ressemble un peu, dans le fond. C’est douloureux dans tous les cas.
– Puisse-t-il trouvé la porte qui mène à la lumière.
– Bienheureux sont ceux qui sont désormais loin de cet enfer.
C’est ce qu’il dit, en général, quand quelqu’un tombe. Il en a vu plus d’un devant ses yeux. Il a vu Leslie MacLean, à moitié mort, le fixer en retour. Chaque seconde était une douleur, une évidence. Il aurait pu le tuer aussitôt – il aurait peut-être même dû. Il soupire doucement, il ne fume Elias Hyde, mais il admire les volutes qui les séparent. Calmement il s’appuie contre le métal d’une caravane, se dissimule dans l’ombre, tout en restant à deux mètres d’elle à peine.
Il est fatigué, Elias, fatigué de toujours avoir à plonger ses mains dans le sang pour épargner les autres. Il sait que ce n’est pas les aider que de toujours faire la merde à leur place. Il sait, mais il ne peut pas s’en empêcher, alors il le fera demain encore s’il le faut. Il le fera, encore et encore, pour la Communauté, parce que c’est sa façon à lui de se faire pardonner.
C’est sa façon à lui de se pardonner.
– Dis-moi Elias …
Le silence les entoure, les enveloppe, cocon agréable. Le sorcier ferme les yeux, se dissimule aux yeux du désert parce que c’est bien connu que quand on ferme les yeux, rien ne peut nous arriver. Il n’écoute que le bruit du vent qui soulève les grains de sable, et le crépitement lointain des flammes des nombreux feux du camp.
Lui dire quoi ? Il rouvre les yeux, juste à temps pour se suspendre à ses lèvres.
– … est-ce que tu les envies ?
Il ne sait pas vraiment quoi répondre. Est-ce qu’il serait plus heureux mort ? Sans doute que ça lui aurait économisé cette longue errance. Est-ce qu’il serait plus heureux mort ? Il n’y aurait jamais eu de porte qui mène à la lumière pour lui. Il est un enfant des ombres, un éternel damné, le visage figé. Il a un petit sourire en coin alors qu’il hausse les épaules.
– Il n’y aura jamais de repos pour moi, annonce-t-il très calmement, le plus calmement du monde, juste la misère et la douleur. C’est ce qui arrive aux personnes qui font les mauvais choix aux mauvais moments de leur vie.
Un petit flottement s’insinue entre eux, où la vapeur s’envole vers le ciel, s’évacue à l’horizon. Il la regarde – enfin – avant de se dire qu’il n’a pas peur de mourir. Il a seulement peur de tout recommencer, encore et encore. Il aimerait parfois se reposer vraiment. Dormir à jamais serait agréable.
– Il n’y a pas de porte vers la lumière pour ceux qui se sont détournés pour embrasser les ombres.
Nouveau silence, plus pesant celui-là. Il ne lui dira pas ce qu’il a fait jadis, son visage en dit bien assez.
– Mais je ne regrette rien. Ni la lumière, ni la souffrance.
Seulement de n’avoir pas pu embrasser le visage de Zora, seulement de ne pas avoir pu l’épargner, elle, de la noirceur qui le dévorer depuis tout petit.
Il ne regrette rien, sauf Zora.

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MessageSujet: Re: Shake' Em On Down (elias+aritza)   Jeu 8 Mar 2018 - 8:33

Envier.
Un voilà un bien vilain verbe. Teinté d’une bien fourbe question. La réponse parfaite n’existe pas. La perfection, d’ailleurs, n’est autre qu’une douce – autant que risible – illusion créée par ceux, et surtout celles, qui peuvent se le permettre. Qui ne se doutent guère de ce qui les attend de l’autre côté de ce mur. Ou du moins, qui s’en préoccupent si peu. Malgré la pénurie, malgré la guerre, malgré les rumeurs … certains et certaines restent et resteront à jamais perchés dans leur précieuse tour d’ivoire. Bâtiment vétuste qui s’érige vers des cieux qu’il ne pourra de toute évidence jamais atteindre. Comme s’il en avait besoin. Il lui suffit de dépasser la plèvre des petites gens pour se sentir aussi grand qu’important. Aussi beau qu’intouchable. Dieu bénisse les ignorants au même titre que les absents. Il est dit qu’ils ont toujours tort. N’est-ce pas là uniquement une interprétation personnalisée telle toute autre ?

Envier.
Pécher.
Encore et toujours. C’est dans la nature de l’homme de s’adonner aux joies de l’interdit. De dépasser les frontières qu’il est pourtant le seul à avoir tracées. Il dessine. Il contourne. Il saute un pas. Il ajoute un pont. Les épreuves sont faites pour s’endurcir. Pour trier le troupeau. Pour mettre de l’ordre dans la masse. Enfin … c’est ce qui est écrit. Mais qui donc, au final, a véritablement manié la plume ? Quelle importance ?
Tous les jours nous commettons des infractions. Nous reportons et déportons ce qui jadis était une sacre sainte religion. Dans tous les sens du terme. Les valeurs se perdent. Des nouvelles s’érigent du sol. Des illuminés s’autoproclament messagers divins. Ou encore, envoyés du Diable. Ils prêchent une Foi tournée à leur sauce. Ils badigeonnent de crème ceux qui n’aspirent qu’à débourser pour leurs crimes commis. Pourquoi les éviter quand on peut tout simplement s’en acquitter ?

Envier.
Quel joli ramassis de pacotille. Quel mot futile créé dans le seul but de lui attribuer une définition factice. Quelle dérision. Quelle blague. Le résumé même de toute notre si insignifiante vie sur terre. Puisse-t-elle être longue et douloureuse. Puissions-nous suffire à notre propre peine. Puisse la lumière un jour définitivement s’éteindre à défaut de ne jamais réellement avoir été allumée.

*Amen.


Un léger sourire pour première réponse. Des épaules qui miment un signe tantôt de résiliation, tantôt d’affirmation. Puis vient la confession. Celle d’une âme en peine. Celle d’une âme en deuil. Un deuil qui stagne. Qui refuse d’avancer dans le temps. Qui s’interdit de passer à l’étape suivante. Le deuil dans toute sa miséricorde et la beauté insane de son interprétation.
Il y a de la résignation aussi. Qui transpire à travers ses mots. Qui lui colle au palet. Comme le souvenir indélébile d’un mal nécessaire. Cela est fort dommage. Bien que compréhensible. Les conditions de vie ici-bas se résument à de la survie pure et simple. La loi du plus fort. Les aléas de la jungle. Une lutte constant pour remonter à la surface et y patauger péniblement jusqu’à ce que pire s’ensuive. Cet homme n’est pas défaitiste. Il est réaliste.

*Gratte, gratte à la paroi.
Ronge, ronge les contours de la porte.
L’Enfer grince.
Car Il a trouvé son reflet.


- « Il n’y pas de porte tout court. »

Ce n’est pas une hypothèse, c’est un fait. Une évidence. Un canular inventé de toute pièce afin de rendre le sommeil plus aisé. Espoir factice et éphémère, mais ô combien nécessaire à notre égocentrique psyché. Un joli mythe éveillé. Un mensonge pourtant si flagrant que nous nous ridiculisons jour après jour à le prôner si ouvertement.

- « Juste une lumière artificielle maladroitement installée de notre seule main. »

J’accorde à cette expression plus qu’imagée le bénéfice du doute. Un léger fourmillement aux coins des lèvres. J’y cède sans vraiment avoir à lutter. Des veloutés brumeuses nous entourent et rendent le décor un peu plus mystique. La conversation n’en devient que plus … envoûtante ?
Cela a quelque chose d’apaisant. De réconfortant même. Se rendre compte de notre propre insignifiance dans ce monde qui n’en a que faire de nos prises de conscience. Qui se moque éperdument du bien et du mal. Qui se contente de tourner et de tourner encore, sans se poser la moindre question quant au seul sens moral d’une telle absurdité. Si le monde décidait tout à coup et subitement de cesser sa course frénétique contre et en compagnie du temps … n’est-ce pas là que le véritable Enfer dévoilerait seulement ses dents ?

*Ronronnement lugubre.
Sourire carnivore.
Tellement de jolies choses en prévision.


- « Nous restons seul technicien de notre placard secret. »

Je me veux presque philosophe par cette nuit aux étoiles voilées. Un peu trop probablement. Ou jamais assez. Tout dépend, encore et toujours, du point de vue de chacun.
La discussion est à la fois légère et lourde de sous-entendus. Elle met à nu la vérité. La revêtant à peine d’un fin duvet. Je ne lui demande rien en retour. Une réflexion peut-être. Et encore. Qui suis-je donc pour pousser ses songes dans une direction plus que l’autre ?
Il m’est déjà plaisant d’avoir une présence physique à mes côtés. S’il est enclin à accepter la mienne, j’aimerais qu’il reste quelques instants de plus.

*Pourquoi Shlomit?
Est-ce MOI qui t’inspire la crainte de rester seule?
Est-ce MOI qui tourmente donc ton esprit ?
Comme tu sais me flatter toi MON éternelle.


- « Mario est mort. »

A moi de prononcer ces mots maintenant.
A moi de nous ramener dans cette réalité que nous aspirons tant à oublier.
J’en suis sincèrement navrée Elias, mais il est là un mal nécessaire à notre survie.

- « Vive Mario. »

Si j’avais un verre à la main, je le lèverais assurément à sa santé.

- « Sais-tu déjà qui va lui succéder ? »

La vie reprend son cours et balaie déjà son vulgaire souvenir. Pour le temps, Mario n’est déjà plus si ce n’est du compost en devenir. Il laisse derrière lui rien de plus qu’une place vacante. Un rôle maudit à endosser. Une cape bien lourde à porter. Mais la nécessité de la Communauté fait loi. Et si quelqu’un ne se présente pas volontairement … ce sera au Conseil de désigner.

*Tic. Tac.
Tic. Tac.
Toi.
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MessageSujet: Re: Shake' Em On Down (elias+aritza)   Mar 20 Mar 2018 - 19:07


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Aritza & Elias


« Il n’y pas de porte tout court. »

Il existe une Porte, elle a tort. Il l’a vu. Il l’a traversé. Il a passé cette porte mystique, il a été plongé dans un enfer à la fois similaire et différent où la douleur disparaît le soir venue pour mieux réapparaître le lendemain. Il ne se souvient pas vraiment de l’odeur de cet enfer, mais il se souvient de chaque morsure, de chaque os, de chaque jet de sang qui l’a quitté.
La seule vérité, c’est que les Portes qui mènent là-haut sont sans doute bien plus hautes dans le ciel. Perchées peut-être trop hautes pour des âmes aussi pesantes, aussi lourdes que les leurs. Il faut être plus léger qu’une plume pour atteindre les cieux.
Il imagine que Zora était plus légère qu’une plume au moment de sa moment, parce qu’elle ne pesait rien entre ses bras. Au lieu de ça, elle lui a même retiré un poids. Il y avait alors comme un vide. Quelque chose avait disparu.
Oui. Son envie de vivre.

« Juste une lumière artificielle maladroitement installée de notre seule main. »

« Parfois, c'est au creux de la main d'un autre que l'on trouve sa lumière… souvent, en réalité. »

Il se détourne un instant, Elias, ses yeux vont chercher une silhouette ou qu’importe, mais il n’y a rien que les volutes et l’obscurité qui les enlace, les entoure. Ténèbres amicales mais plurielles. Il ferme les yeux, ses tempes frappent. La douleur est insignifiante mais bien présente. Il se rappelle du visage maculé de sang, de son regard. Le regard qui sait, qui se résigne, qui supplie.
Les hommes veulent bien mourir, mais seulement parce qu’ils n’ont plus le choix qu’entre l’agonie ou la fin. Les hommes acceptent plus facilement de mourir sans rien dire si on leur promet que ça ne fera pas mal. Mario n’a pas eu mal. Il est parti vite, parce qu’Elias Hyde sait faire ça bien.
Tuer est une seconde nature. C’est ce qui arrive quand on passe trop de temps dans les ombres.

« Nous restons seul technicien de notre placard secret. »

Il a un sourire, parce qu’il trouve l’image particulièrement intéressante. Poétique, surtout. Elias Hyde aime beaucoup la poésie. Il a découvert ça après son passage hors de Darkness Falls. Il a découvert que les mots mieux agencés ne font pas que le mal. Il a découvert les caresses du bout des lèvres qui ne se servent pas de la langue. Il a souffert aussi, en lisant le chagrin des autres car ça lui rappelait inlassablement le sien. Cette douleur horrible et pénible qui ronge, gratte sous sa peau, se fraie toujours un chemin entre ses os pour mieux atteindre la cage qui maintient encore un peu d’ordre.
Sans elle, il n’y aurait plus rien. Tout se serait déjà fait la malle. Le cœur d’abord.
Le cœur surtout.

« A nous de l’agencer comme on le veut, de ne l’ouvrir qu’à ceux qui ne jugeront pas ce qui s’y cache. »

Le regard noir du sorcier glisse sur Aritza. Il ne doute pas qu’elle aussi, elle a un placard bien rempli, mal agencé. Son visage ne saurait mentir.

« Mario est mort. »

Il hoche la tête.

« Vive Mario. »

Il relève le menton, hausse les épaules.

Vive personne.

Ce n’est pas Mario qui a gagné.

« Sais-tu déjà qui va lui succéder ? »

« Il est encore l’heure d’essuyer les larmes et d’enterrer les regrets. »

Il ne lui reproche rien, parce qu’il est lui-même terre à terre, de ces êtres pragmatiques qui subissent mais s’accommodent de ce qui les entourent. Il faut dire qu’il n’y peut rien. Les mains pleines du sang de Mario, il n’y peut plus rien.

« Demain, il y aura un nouveau Mario, un nouveau soleil, une nouvelle journée en Enfer. »

Le silence se pose de nouveau sur eux deux, pesant mais Elias n’a pas peur. Il jette un regard sur le côté, guettant qu’on ne s’approche pas, ou peut-être que c’est la lumière qui attire ses yeux noirs. Il se souvient de cette époque où il était encore à être ainsi. A se tenir très loin des feux mais à toujours se tourner vers lui, irrémédiablement attiré. La chaleur des flammes avait un quelque chose de rassurant.
Qui sait ce qu’on peut trouver dans les ombres, pas vrai ?

« Un autre mort, une autre tête vide de sang, et d’autres mains rouges. »

Les yeux noirs d’Elias ne cillent pas. Il ne regrette pas, il n’a pas honte et il n’a pas peur. C’est devenu une machine à faire ça. C’est aussi pour ça qu’on a peur de lui dans le coin, qu’on le craint. Parce qu’il est comme ça, Elias, capable d’écraser des têtes, d’éclater des os si on doit le faire.
Parce qu’il fait ce qu’il y a à faire.
Et il dit ce qu’il y a à dire.

« Ils trouveront quelqu’un. Il trouvent toujours. »

Chaque enfant du Monde condamné à sa peine.
A chacun sa peine.


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Shake' Em On Down (elias+aritza)

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