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 we were hungry before we were born (jules)

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MASTER OF ILLUSIONS

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↳ Métier : assistante d'Esperanza O'Connell, au Mary Rose. Anciennement barmaid.
↳ Opinion Politique : neutre. Pro gouvernement pour les apparences, coincée dans ce rôle qui la fait se sentir comme un imposteur.
↳ Niveau de Compétences : Un travail acharné dès l'adolescence lui a permis d'atteindre un niveau 3 général ( niveau 4 en perception de fantômes, niveau 3 en rêves prémonitoires, elle pratique le reste de façon très sporadique et très superficielle.) Cependant, en raison des événements qui ont bouleversé sa vie et de la magie qui disjoncte, ses compétences générales sont retombées au niveau 2.
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cupid carries a gun + marilyn manson
sin + nine inch nails
criminal + fiona apple
take me down + the pretty reckless
gods and monsters + lana del rey
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↳ Citation : Before embarking on a journey of revenge first dig two graves.
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MessageSujet: we were hungry before we were born (jules)    Lun 15 Jan - 22:09

We were hungry before we were born  
Beatriz & Jules
There is room in my lap for bruises, asses, handclaps. I will never disappear, for forever, I'll be here - Fever Ray "Keep the streets empty for me"

Le temps était une denrée précieuse, surtout quand il y avait de l'argent à gagner. Ne dit-on pas que le temps, c'est de l'argent ? Quand on recevait de la clientèle huppée, chaque seconde comptait. Tout retard, immanquablement, entraînerait une perte de bénéfices plus ou moins conséquente. Voilà quelques mois que ma vie était en suspens, comme si j'avais subi un arrêt sur image contre mon gré. Je connaissais des tours de passe-passe qui consistaient à accélérer ou ralentir le temps, créant la confusion dans l'esprit de la cible. Il s'agissait le plus souvent d'un leurre, d'une illusion qui altérait les sens, abolissaient le discernement. Cela ne changeait strictement rien à la ronde du temps. Il continuait sa course, à l'infini, les jours et les nuits se succédaient inlassablement, puis les jours devenaient semaines et les semaines devenaient années. Bien que je sois une sorcière, je n'avais pas eu le privilège de vivre plusieurs centaines d'années. Mon âme restait mortelle, de même que mon enveloppe charnelle. Dans une ou deux décennies, peut-être, j'allais porter la marque du temps qui passe. Il viendra un temps où mes cheveux se terniront et se casseront. Ma peau se creusera de rides et de tâches. Comme tout le monde, je vieillirai et je mourrai. Si tout se passait comme prévu, c'était mon fils qui allait m'enterrer et pas l'inverse. Or, cela faisait plusieurs années que les choses ne tournaient pas rond, et la magie y avait joué un rôle considérable. Le monde était sens dessus dessous et dans un tel contexte il était difficile d’évaluer avec certitude nos chances de survie.  

Je pensais maîtriser les différents changements qui s'opéraient dernièrement, juste parce que j'avais le besoin viscéral de garder le contrôle.
Or, cette fois-là, j'étais tombée sur un os.

Je ne saurais dire depuis combien de temps c'était ainsi, mais les horloges ne tournaient plus. Elles n'indiquaient plus l'heure comme elles étaient supposées le faire, elles faisaient simplement office de décoration. Elles n'avaient pas d'autre utilité, si bien qu'on n'y prêtait plus attention. Pourtant, un établissement comme le nôtre ne pouvait pas se passer de savoir l'heure. Le temps était trop précieux pour qu'on le gaspille bêtement. À peine m'étais-je rendue compte du problème que je me suis attelée à trouver une solution. Peut-être qu'en insufflant un peu de magie dans l'horlogerie complexe parviendrai-je à faire repartir les pendules défectueuses. Après tout il n'y avait aucun problème que la magie ne sache pas résoudre. Toutefois, créer une illusion demandait une énergie et une acuité dont je ne disposais plus depuis belle lurette. Ma puissance si chèrement acquise était en train de décroître à une vitesse dramatique, et, si j'avais eu de la chance lorsqu’il a fallu planquer le corps de ce milicien mort entre les murs du Mary Rose, il n'était pas dit que ma bonne étoile me soutienne encore une fois. Le bon sens voudrait que je fasse appel à un spécialiste mais d'un autre côté,  m’en remettre à mes dons était extrêmement tentant, et à l'évidence c'était tout le contraire de ce qui pouvait être considéré comme raisonnable.  

Il y avait pourtant cette envie qui s'insinuait dans mes veines telle un serpent visqueux et qui me remuait les tripes.  
Je donnerais tout ce que j'ai, y compris mon âme, pour ressentir ne serait-ce qu'une fois encore la magie ramper dans mon corps douloureux, soumis à une tension permanente.  
Je voulais la sentir me caresser, monter en moi, électriser chacun de mes sens de la même façon que du bon sexe est supposé provoquer un orgasme (à noter que j'avais bien plus souvent pris mon pied en pratiquant la magie qu'en m'envoyant en l'air, et pourtant seul Dieu sait combien de partenaires j'avais eu dans mon lit.)  
La magie, à mon humble avis, avait quelque chose de sexy et sensuel, ce n'était pas pour rien qu'en tous temps, les sorcières étaient vues comme les amantes du Diable, même si dans notre monde le diable n'existait pas vraiment, tout du moins, pas de la façon dont les catholiques le conçoivent.  

Il aurait été tellement tentent de laisser cette énergie merveilleuse me posséder toute entière. Je frémis d'anticipation. Cela faisait bien des mois que je n'avais pas ressenti une telle excitation. C'était toujours ainsi qu'une crise de manque démarrait. Un besoin viscéral suivi d'une immense frustration, et la frustration conduisait au désespoir. Je me sentais fébrile, ma peau s'était couverte de chair de poule, comme électrisée et ce frisson s'étendait à chaque terminaison nerveuse, étirant ses tentacules comme une pieuvre. Mes seins tendus se rappelèrent douloureusement à moi. J'avais déjà songé à arrêter d'allaiter Noah, commencer son sevrage ne serait-ce que pour regagner un peu de liberté et de ne plus devoir dépendre de cet appétit vorace.

Ce n'était rien d'autre qu'une idée, mais en tout cas c'était suffisant pour occulter le désir dévorant d'utiliser la magie.  

Je ne pouvais pas.

Je devais trouver une autre solution, pour éviter de me compromettre davantage. C'était ainsi que les choses avaient commencé la dernière fois. C'était tout d'abord un petit sort de rien du tout, un sort qui avait été additionné à un autre puis à d'autres encore. Une fois la spirale infernale enclenchée il était impossible de revenir en arrière. Je ne le voulais pas. Aujourd'hui j'étais plus ou moins neutralisée, mais je savais que le monstre était toujours là, roulé en boule contre mon ventre, blotti en mon for intérieur. Les ténèbres m'envahissaient parfois, quand la tentation était trop forte et impossible à combattre. Je n'étais qu'une humaine, après tout.  

Et ce problème d'horloges était un problème strictement mécanique, qui devait se régler de façon mécanique.  

Je me rappelai alors de cette cliente, aperçue plusieurs fois au Mary Rose. Elle était joaillère, me semble-t-il, cela avait été évoqué au détour d'une conversation. Peut-être même avait-elle laissé une carte de visite. Internet n'existant plus et les lignes téléphoniques étant hors service, il fallait revenir aux bonnes vieilles méthodes. Je devais aller la chercher moi-même, peu importe où elle se trouvait.  

Il ne me fallut pas longtemps pour retrouver sa carte de visite, bien rangée dans mon agenda.  J'étudiai un instant l'adresse et le nom de la commerçante et, si mes souvenirs s'avéraient exacts, l'échoppe se trouvait dans le quartier nord. Mon sang se glaça dans mes veines lorsque l'information se fraya un chemin dans mon esprit tortueux. De toute évidence, le quartier nord n'était pas un endroit où traînaient les gens convenables, j'aurais même tendance à dire que ces rues rassemblaient les pires racailles que la ville comportait, des résistants les plus hardcore aux mafieux qui réglaient leurs comptes d'une balle dans la nuque, en passant par les putes et les petits dealers. Des surnat paumés se retrouvaient parfois à frayer avec des gens louches, se cachant du gouvernement pour survivre. C'était typiquement le genre de quartier où il ne faisait pas bon d'être vu sous peine d'être associé à eux, ultime sanction sociale.  

Pourtant, de ce que je me souvenais, Jules Felat était on ne peut plus respectable. Elle était proche du gouvernement et elle savait se tenir en société. Elle n'avait rien d'un voyou ou d'une maquerelle, aussi qu'elle tienne une échoppe dans un quartier à la réputation aussi sordide me laissait plus que perplexe et à dire vrai j'étais bien curieuse de constater ce phénomène par moi-même. Bien décidée à lui rendre une petite visite, j'ai eu vite fait de m'habiller et de me mettre en route.  

Action, réaction.

C'était aussi simple que cela, et ce n'était pas les commentaires d'autres clients qui allaient me dissuader d'y aller. Juste au cas où, je laissai la carte de visite bien en évidence dans mon agenda ouvert. Aussi s'il prenait à quelqu'un l'envie de savoir où j'étais, il saura où j'étais et avec qui. On n'était jamais trop prudent. Ainsi emmitouflée dans mon châle malgré la chaleur étouffante, je mis près d'une vingtaine de minutes pour arriver à destination. Lorsque je franchis les limites du quartier, j'étais en nage et un fin voile de sueur perlait à mon front rougi par l'effort. Mon regard était plus affût du moindre danger que jamais. Je me trouvais dans un environnement étranger et je ne me sentais pas tranquille, le quartier nord ne ressemblait en rien au quartier français ou au quartier chic où je travaillais. L'atmosphère lourde empestait le glauque et le vice. Il y avait tant de détritus qui jonchaient le sol poussiéreux que je ne souhaitais absolument pas savoir ce dont il s'agissait réellement.  

Les rues y étaient chargées d'histoire et un frisson glacé me parcourut l'échine. J'imaginais sans peine les marchés aux esclaves qui se déroulaient ici. Bien sûr, en tant que blanche je ne pouvais pas comprendre ce que c'était de voir son peuple spolié, déshumanisé, déporté pour être ensuite revendu aux plus offrants puis d'être maltraités en étant enfermés dans des geôles insalubres, mais je ressentais la présence de ces esprits tourmentés qui ne trouveront jamais la paix et ça me bouleversait. Treme n'était plus très loin désormais, et malgré moi je pressais le pas. Je ne voulais pas entendre ces murmures qui se transformaient parfois en plaintes, je ne voulais pas entendre les cris de douleur alors qu'on les battait ou marquait au fer rouge. Je pouvais presque sentir l'odeur de la chair brûlée emplir l'atmosphère et mon estomac se révulsa. Tous ces souvenirs me paraissaient tellement réalistes alors que ce n'était pas les miens. Depuis combien de temps ces fantômes erraient-ils ? je pourrais leur parler, essayer de communiquer avec eux comme je savais si bien le faire il fut un temps, mais je n'en fis rien. J'avais fermé les écoutilles pour mieux me concentrer su mon objectif. Trouver Jules. L'informer de ces pannes indésirables et retourner au Mary Rose fissa. L'atmosphère était trop difficile à supporter pour que je m'y attarde.  

Si j'avais correctement mémorisé l'adresse, ça se trouvait là. Pourtant, je ne me trouvais pas à la devanture d'un magasin. C'était autre chose. Peut-être la Felat avait-elle embauché un sorcier pour planquer son magasin au moyen d'une illusion. C'est une explication qui se tenait, en tout cas. Dans un quartier aussi craignos que celui-là, les magasins comme celui-ci étaient en première ligne pour les vandales et les pillards. Il n'y avait qu'une façon de s'en assurer, de toute manière. Je pris mon courage à deux mains et je sonnai à l’interphone. Les minutes s'égrenèrent, impitoyables. Puis, j'entendis un boucan émaner de l'intérieur et le cliquetis caractéristique d'un verrou en train de s’ouvrir. Je m'écartai prudemment de la porte et inspirai un grand coup.  

« Miss Felat ? » demandai-je, d'une voix qui se voulait assurée. « On dirait que j'ai besoin de vos services. Peut-on en discuter à l'intérieur ? »  

Voilà qui était direct, sans fioritures ni phrases toutes faites. La sécheresse de mon ton indiquait avec clarté que je n'avais aucune envie de m'attarder ici. Le Mary Rose avait besoin de moi et je ne pouvais pas me permettre de m'appesantir sur des détails aussi inutiles qu'une horloge en panne.  
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