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 You could be my hero, If only I could let go [Enyoah]

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RUNNING TO STAND STILL

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Damien Rice - Prague
Avril Lavigne - Take me Away
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Skunk Anansie - Hedonism
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MessageSujet: You could be my hero, If only I could let go [Enyoah]   Mar 16 Jan - 17:19


« And you’re sitting in the front row, wannabe first in lign »



Noah & Enya
featuring

Mon coeur battait déjà la chamade lorsque j'arrivai sur le palier. Je n'étais pas venue ici depuis des mois. Je n'avais pas revu Noah depuis des semaines en face à face. Depuis qu'il avait échoué, blessé, sur mon canapé. Fiévreux, il m'avait parlé et avait dit plus qu'il n'avait dit en des mois de relation. J’avais beaucoup parlé aussi, pourtant je n’étais pas fiévreuse. Il semblerait simplement que nous avions besoin de partager ce que nous avions toujours tu. Je lui en voulais, avant ce jour-là ; je m’en voulais aussi beaucoup, avouons-le. Mais lorsqu'il était reparti le lendemain matin, nous étions en paix lui et moi. Et j'étais en paix avec moi-même, un peu plus. J’osais espérer qu’il ait trouvé un peu de sérénité, lui aussi.
Timothée n’avait jamais su ce qui s’était passé ce soir-là. D’une part parce que je n’avais pas vu l’intérêt de lui dire. Il aurait pu s’énerver, faire preuve de jalousie, alors qu’il n’y avait pas lieu à ce genre de sentiments. J’avais soigné Noah, je l’aurais fait avec n’importe qui d’autre. Enfin, c’était ce que je m’étais répétée pour me persuader que j’avais bien agi, que je n’avais pas fait de connerie. Je ne pouvais pas lui claquer la porte au nez. Noah restait Noah. On n’efface pas le passé. Et puis…cette nuit-là n’appartenait pas à Tim. Elle m’appartenait, et elle appartenait à l’homme qui avait partagé ma vie pendant un long moment. Beaucoup s’était dit à ce moment-là. Quand les mots n’avaient pas suffi, les gestes avaient pris le relais. Et quelque part, je gardais jalousement tout ça pour moi. En parler, c’était laisser échapper un peu de ce qui s’était passé. J’avais besoin de le garder.
Je m'étais dit que nous ne nous reverrions plus jamais. Peut-être nous serions croisés, au détour d'une rue, dans un couloir de l'hôpital. Sûrement nous serions-nous souri, sûrement aurais-je adressé un petit signe de main. Et nous aurions continué nos routes. Parce que c'était comme ça que c'était censé se passer.
Mais j'étais là ce soir. Il était tard, c'était devenu une habitude de débarquer l'un chez l'autre une fois la nuit tombée apparemment. Et je n'osais pas frapper à la porte de chez Noah. La secrétaire de l'hôpital m'avait confirmé que c'était toujours son adresse enregistrée. J'avais hésité à venir, m'étais ravisée de nombreuses fois. Mais j'étais là.

Alors au bout de quelques minutes interminables, je trouvai la force de frapper. Une partie de moi priant pour que Noah m’ouvre. L’autre pour qu’il ne réponde jamais. La porte s’ouvrit, néanmoins. Je sentis le rouge me monter aux joues sans rien pouvoir y faire.
« Hey…je…je suis désolée, j’aurais dû prévenir, mais tu n’étais pas là aujourd’hui, et je…. »
J’inspirai un grand coup. Pourquoi est-ce que dès que j’étais devant Noah, je redevenais la gamine peu sûre d’elle, incapable d’aligner des phrases correctement construites sans une flopée d’onomatopées au milieu ?
« La dernière fois tu m’as dis que tu serais là si j’avais besoin. Et j’ai…j’ai besoin d’un service. Je savais pas qui d’autre aller voir… »
Je jetai un coup d’œil derrière mon épaule, puis levai vers Noah des yeux implorants.
« Je me suis mise dans la panade, Noah. »
Et c’était peu dire. J’étais à deux doigts de finir au Colosseum ou à la Parish Prison. L’un comme l’autre ne me tentait pas trop. Pour la première fois, les conséquences de mes actions menaçaient vraiment de me tomber dessus. Et j’avais cherché à réparer ça toute seule, comme une grande. Mais j’avais dû me rendre à l’évidence : j’étais face à un prédateur beaucoup trop dangereux pour moi. Il me fallait une échappatoire. Le seul qui puisse m’en trouver une était devant moi. L’instinct m’avait menée à lui, comme lui à moi avant. Au final, il semblerait bien que la vie ne nous laisse pas nous séparer complètement.



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↳ Opinion Politique : A voile et à vapeur, là où l'intérêt le porte, soit essentiellement le Gouvernement puisqu'il pourrait lui permettre une petite ascension sociale qui ne serait pas de refus.
↳ Niveau de Compétences : 4 avec une préférence pour la magie noire et les fessiers joufflus
↳ Playlist : ♫ haunted - radical face ♫ obstacles - syd matters ♫ otherside - what about bill? ♫ leis ganz leis - oomph! ♫ million miles - dizraeli and the small gods ♫ the first circus - the real tuesday weld ♫ idgaf - watsky ♫
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MessageSujet: Re: You could be my hero, If only I could let go [Enyoah]   Sam 27 Jan - 19:12


Il n'avait plus de nouvelles depuis cette dernière nuit qu'ils avaient partagée. Une nuit remplie d'une nostalgie confuse, une nuit où ils avaient fini par se dire plus de choses qu'ils ne l'avaient jamais fait en une année de relation amoureuse. Une nuit qui laissait un goût doux-amer sur le palais du sorcier, tant elle était particulière. Tant elle lui avait permis de se rappeler ce que c'était, d'être humain. Ce que c'était, d'être soutenu, en dépit et des apparences, et des actions. Enya n'était plus celle qui lui avait brisé le coeur. Elle était une bouée certaine à laquelle se raccrocher si jamais il sombrait, elle était cette ancre à sa vie qu'il avait toujours refusé d'accepter. Et si leur relation n'était pas revenue à ses bases, elle avait évolué. Elle avait grandi, tout autant qu'eux, était devenue plus mature. Plus douce, aussi. Enya n'était plus le fantôme d'Aida. Elle était Enya, Enya l'interne, Enya l'amie. Enya la confidente. Une élévation aussi surprenante qu'agréable, pour le sorcier. Parce qu'une fois les masques tombés, une fois les non-dits effleurés, il n'y avait plus de place pour le chaos. Juste cette sensation un peu lointaine et un peu abstraite d'avoir enfin rectifié les choses, une bonne fois pour toutes.
Puis la vie avait repris son cours, et les fossés s'étaient creusés plus profondément entre eux. Naturellement. Enya avait du travail, un couple à gérer, toute sa vie sans lui à mener de front. Et Noah, lui, avait encore un sacré paquet de choses à régler de son côté. Cette relation toute particulière qui se re-tissait avec Cassidy en particulier, qui prenait tout son esprit. Qui l'épuisait autant qu'elle lui donnait la force de poursuivre les menues activités du quotidien. C'était fou, comme la nuit pouvait porter conseil. Comme elle pouvait ouvrir et refermer les blessures. Comme certaines pouvaient être plus puissantes, plus prenantes que d'autres. S'il s'arrêtait pour réfléchir, le sorcier devait bien l'admettre : la nuit est la partie la plus intéressante de la journée. Parce que c'est là que les Hommes enlèvent leurs masques, qu'ils posent leurs valises, et que les vrais conversations commencent enfin.
A cœur ouvert.

Son cœur, il n'avait aucune idée d'où il allait, en ce moment. Parce qu'il avait décidé de prendre les rennes de son existence, supplantant la peur pour mieux la glisser au second plan, alors qu'elle avait toujours été son principal moteur. Qu'elle avait toujours été la raison même de son existence. Mais, paradoxalement, alors même que le monde partait en vrille et que les mesures gouvernementales se faisaient de plus en plus drastiques, Noah avait de moins en moins peur. Il avait des contacts. Liam avait beau faire profil bas, il n'en était pas moins Ministre. Helix suivait ses enseignements avec application et ne manquait pas de ressource ni de créativité. Kenneth ne fouinait plus dans ses affaires, Mikkel s'était révélé un allié bien plus loyal et intéressant qu'il ne l'aurait cru au premier abord. Et il y avait Cassidy. Cassidy avec sa belle gueule, Cassidy avec ses idées folles, Cassidy avec son sourire qui illuminait la nuit la plus noire. Comment avoir peur même de son ombre, quand il savait que cette dernière ne lui appartenait plus quand ce dernier était à ses côtés ? Comment avoir peur de l'aube, lorsque ses nuits n'étaient plus aussi effrayantes qu'auparavant ?
Comment avoir peur de Rafael, alors qu'il n'avait jamais été aussi bien sûr de ses propres forces ?

Il pensait toujours à Enya, de cette affection nostalgique qui anime les coeurs les moins insensibles. Mais il avait décidé de lui laisser tout son espace, la promesse faite lors de cette nuit flottant toujours entre eux. Si jamais il arrivait quelque chose à la jeune femme, elle pourrait compter sur lui. Et s'il avait eu l'occasion de lui faire moult promesses qu'il n'avait jamais tenues, celle-ci, il savait qu'il lui ferait honneur. Parce qu'elle était toute aussi différente que les circonstances qui la lui avaient faite prononcer. Parce que celle-ci venait du coeur, contrairement à toutes les autres.
Mais pour cela, il fallait qu'Enya vienne un jour lui demander des comptes. Et ce jour n'était encore jamais arrivé. Et Noah espérait sincèrement pour la jeune femme qu'une telle éventualité ne se produise jamais.

Les journées s'étirant progressivement, le cabinet de psychiatrie battait son plein. La populace souffrait, de ce mal que seul un gouvernement tyrannique sait imposer. Celui de l'âme. La patientèle s'enchaînait à un rythme effrayant, et Noah s'éloignait progressivement d'elle, ayant fait migrer une bonne quantité de ses rendez-vous vers son cabinet privé. Par lassitude, ou parce que ses pensées étaient concentrées ailleurs, il n'en savait trop rien. A force de l'entendre, il allait finir par croire Cassidy. Tous les maux de ses patients étaient dirigés vers une seule fautive : la société dans laquelle ils étaient contraints et forcés de survivre. Si alors vivre ainsi était aussi difficile, pourquoi ne cherchaient-ils pas à se libérer de leurs chaînes, tant qu'ils en avaient encore l'énergie ? Il était facile de pointer du doigt un fautif, d'accuser un présumé coupable, mais pourquoi ne pas prendre le problème à bras le corps et... L'éradiquer ? L'air circonspect, il leva le nez de son carnet, les belles théories de l'Américain flottant encore dans son esprit alors qu'une énième patiente s'étalait sur les difficultés qu'elle avait à se procurer des tickets de rationnement. Tapota la tranche du carnet du rebord de son stylo avant de le glisser contre ses lèvres, les effleurant doucement pour raviver le souvenir de celles qui avaient mis toutes ces idées dans la tête. C'était fou, comme concept. Beau, mais fou. Parce que cette bonne-femme dans son divan, qui crachait contre le système, n'aurait jamais la foi ou la force nécessaire pour faire autre chose que pleurnicher sur son sort. Et s'il avait déjà longuement parlé au Résistant de la passivité Humaine, convaincu que personne ne prendrait les armes aussi facilement pour l'avoir constaté pendant des siècles, son ami ne l'entendait pas de cette oreille. Têtu comme une mule. Une ombre de sourire naquit sur les lèvres ourlées du psychiatre.

-Docteur, vous m'écoutez ?
-Je vous entends parfaitement, Mrs Wheeler. Tout comme j'ai pu entendre la sonnerie indiquer la fin de notre entretien depuis dix bonnes minutes, mais n'ai guère eu le cœur d'interrompre votre si jolie voix.
-Vous êtes un charmeur, Dr Meadow.
-Et vous êtes charmante, Mrs Wheeler. Veuillez m'offrir le privilège de vous raccompagner.


Joignant le geste à la parole, le psychiatre assista la mère de famille en lui passant son manteau sur les épaules, avant de la congédier à grands coups de sourires faussement chaleureux. Quand il referma la porte, un profond sentiment de résignation s'abattit sur ses épaules. La bonne-femme avait drainé non seulement son énergie, mais aussi sa combativité. Parce que son monologue avait encore une fois touché cette étrange idéologie que défendait Cassidy. Avait encore une fois prouvé que l'Humain n'est au final constitué que de deux camps : les proies, et les prédateurs. Et qu'en soit, le monde ne changerait pas de sitôt. Parce que les proies se contentaient de ce qu'elles étaient, en dépit de leurs souffrances. Une forme d'égoïsme grégaire qui les empêchait d'avancer sans le claquement des fouets, ou, comme en cette période, de celui des bottes des miliciens sur le bitume.
Il aspirait au calme. N'avait plus la moindre visite de prévue pour le reste de la soirée, qui était déjà assez avancée pour qu'il ferme définitivement la porte de son appartement. A la bonne heure.

Noah passa ainsi une soirée sans rebondissements, confortablement enfoncé dans un de ses fauteuils, le nez plongé dans un vieux livre qu'il avait chiné dans la bibliothèque personnelle de Liam. La couverture était élimée, l'ouvrage était recouvert d'annotations d'enfant, supposant que son élève l'avait étudié lors de sa scolarité. Les encarts, espiègles et étrangement érudits, étaient plus intéressants que la substance même de l'oeuvre. Le sorcier avait ainsi passé le plus gros de sa soirée à étudier Liam Wiggins, plus que son livre, s'amusant de retrouver certains aspects de sa personnalité d'aujourd'hui.
Il était si bien amusé qu'il sursauta lorsqu'on frappa à la porte. Posa le livre sur un guéridon, jetant un coup d'oeil à la pendule murale. L'heure était avancée, et seules trois personnes avaient tendance à venir sans être annoncées à cette heure. Le propriétaire du livre, Mikkel Ievseï et Cassidy. Espérant qu'il s'agisse du dernier, il délaissa son activité pour rejoindre la porte. En ouvrit les lourds verrous, pour tomber nez à nez avec...
Enya.

Le battant dans une main, il la considéra un bref instant. La jeune femme bredouillait, les joues cramoisies, fébrile. Son regard fuyait, le ramenant une année en arrière, lorsqu'elle peinait tant à trouver ses mots qu'à faire le calme dans ses propres pensées. Jusqu'à ce qu'elle rouvre la bouche pour mentionner la promesse. Cette fameuse promesse. Haussant un sourcil interrogateur, il suivit le regard de son ancienne compagne vers un point derrière son épaule, où il n'y avait rien d'autre que l'escalier. Les grands yeux ronds de la brunette trahissaient une émotion qu'il ne lui avait que trop connue. La peur. Cette même peur qui la transcendait lors de leurs premières séance de psychiatrie.

-Entre, ce sera plus sûr pour toi.

Si elle était pourchassée, ou si quelqu'un lui souhaitait du mal, elle était sur une terre d'asile reconnue publiquement. Les connexions de Noah avec le gouvernement, ou ses fréquentations de tous autres milieux moins recommandables étaient suffisamment reconnues pour lui garantir une sécurité sans faille le temps qu'elle soit chez lui. S'écartant de la porte pour la laisser entrer, il jeta un dernier coup d'oeil à l'escalier faiblement éclairer avant de refermer les lourds verrous de l'entrée. Revint au niveau de la brunette et l'attrapa par les épaules, scrutant son visage avec une appréhension toute nouvelle.

-Quelqu'un t'a-t-il suivie ? Ou blessée ?

Son ton était bas, suffisamment pour qu'on ne puisse pas l'entendre au travers de la porte d'entrée. Y jetant un dernier coup d'oeil, il prit une profonde inspiration et laissa glisser ses mains le long de ses poignets, avec une infinie précaution. Les serra doucement entre ses doigts pour l'inciter à le suivre jusqu'à la cuisine, l'éloignant de fait du pallier. Elle semblait amaigrie. Ses yeux, notamment, n'avaient pas ce calme limpide qui l'avait toujours fasciné quand ils se retrouvaient en tête à tête, au cours de leur relation.

-Installe-toi, respire. Personne ne peut t'atteindre ici, tu es en sûreté à présent.

Guettant toujours ses réactions, il s'accouda au comptoir de bois chaleureux, croisant ses bras sur sa poitrine. Il n'était pas rare que des gens viennent chercher l'asile dans son appartement. Il ne se serait surtout jamais attendu à ce que ce soit Enya. La laissant reprendre ses esprits, il guetta si du bruit se faisant sur le pas de la porte. Son cellier n'était qu'à deux pas, et l'essentiel de ce qu'il avait préparé comme défenses pour son entrevue avec Cassidy était encore utilisable et à portée de main. Au terme de quelques minutes d'attention, il conclut que ce ne serait apparemment pas nécessaire.
Relâchant sa tension, il finit par tirer une des vieilles chaises en bois pour s'asseoir non loin d'elle, se tournant d'office dans sa direction. Ses doigts tapotèrent rapidement la nappe de la table ronde avant qu'il ne reprenne la parole, cherchant le regard d'Enya du sien. D'une voix douce, il demanda :

-Penses-tu pouvoir m'expliquer ce qu'il t'arrive ? Pour quelle raison tu penses t'être mise dans la panade ? Notre accord tient toujours, mais je vais avoir besoin de tous les éléments pour trouver la solution qui s'accordera la mieux à ce qui te tourmente.

Ce disant, il avait pris ses mains entre les siennes. Les doigts d'Enya, si petits entre les siens, émanaient une chaleur trop intense, en accord avec cette frénésie qui ne semblait pas la quitter. Doucement, cherchant toujours à capter son attention, il pressa ses doigts entre les siens. L'incita à se confier, pour savoir s'il devait réellement s'inquiéter pour elle.
Savoir si la situation était aussi catastrophique qu'elle en avait l'air.




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MessageSujet: Re: You could be my hero, If only I could let go [Enyoah]   Dim 4 Fév - 16:49

« Entre, ce sera plus sûr pour toi. »
L’étau autour de ma poitrine se desserra un peu, alors que je m’engouffrai dans l’appartement de Noah. Rien n’avait changé, ou presque. Toujours le coin où il recevait ses patients. Toujours la même bibliothèque emplie de livres. Toujours la même ambiance, comme hors du temps. Les souvenirs que j’avais ici étaient nombreux, tellement nombreux. Pas toujours heureux, il fallait l’avouer. Mais au final, je souris, étreinte par une vague de nostalgie. D’autres souvenirs étaient heureux. J’avais repris goût au bonheur ici. Et malgré tout le reste, il m’était impossible d’enlever ça à cet endroit. Noah m’attrapa par les épaules, il semblait inquiet. Il faut dire que mon petit numéro n’était pas du genre rassurant. Je secouai la tête pour apporter une réponse négative à sa question. Personne ne m’avait blessée. Personne ne m’avait suivie, ou alors je ne l’avais pas remarqué. Je n’étais pas en danger immédiat, c’était déjà ça de gagné. Mais ledit danger s’approchait dangereusement, suffisamment pour me faire angoisser. Je suivis Noah jusque dans la cuisine, m’assis. Me laissai faire, le laissai gérer, parce que j’étais incapable de gérer quoi que ce soit. J’étais venue dans un instant de détresse. Maintenant que j’étais là, j’avais encore peur.

« Installe-toi, respire. Personne ne peut t'atteindre ici, tu es en sûreté à présent. »
Je hochai la tête rapidement. J’étais reconnaissante envers Noah. Il n’était pas obligé de m’accueillir, malgré sa promesse. Je me faisais peut-être des idées. Il allait peut-être me trouver ridicule avec mes histoires, me pousser gentiment vers la sortie et me dire de soigner ma paranoïa. Mais en attendant, il était d’une infinie précaution, et semblait sincèrement concerné par ma situation. Et c’était déjà beaucoup. Je me forçai à respirer normalement. Inspirer longuement, expirer jusqu’à ce que le souffle manque. J’étais en terrain connu. Noah me protègerait s’il le fallait. Il l’avait toujours fait. Et même si nous n’avions plus la même relation, je savais qu’il tenait encore à moi. La fièvre lui avait fait le dire et le montrer. Et je savais aussi que quoi qu’il arrive, une relation comme celle que nous avions eue laissait des traces, éternellement. Noah s’adossa au comptoir devant moi et passa aux choses sérieuses. En le voyant comme ça, j’eus une impression intense de déjà-vu. Nos premières séances, quand il n’était encore que mon psychiatre et que je n’étais encore qu’une patiente bipolaire et en détresse de confiance. Il m’avait paru impressionnant, à l’époque, rayonnant de charisme et de confiance en lui. Toute cette confiance qui me manquait, lui la montrait. J’étais presque intimidée. Puis l’intimidation s’était muée en admiration. Puis en obsession. Puis en passion. A le voir là, comme ça, posant les questions calmement, je savais pertinemment comment j’étais tombée follement amoureuse de lui. Pourquoi je n’avais pas su résister. Je sursautai légèrement lorsqu’il prit mes mains, me ramenant à l’instant présent. Tous les éléments. J’inspirai un grand coup.
« Un homme est venu me voir il y a un peu plus d'une semaine, j’étais allée boire un verre avec des collègues en ville. Il m’a demandé si on se connaissait, mais je ne l’avais jamais vue. Il était persuadé de me connaitre, il a insisté. Je lui ai répété qu’on ne s’était jamais rencontré, et puis tout à coup il a fait référence à une émission de ma radio que j’avais faite quelques jours auparavant. Un truc subtil, quelque chose que j’avais dit. J’ai fait semblant de ne pas comprendre, il est parti, et je pensais que c’était tout. »
Je soupirai, passai une mèche de cheveux tombée sur mon visage derrière mon oreille, les yeux dans le vide.
« J’ai fait attention depuis, j'ai mis la radio en stand by, mais je ne l’ai jamais recroisé, alors j’ai fini par me dire que j’avais surinterprété sa remarque. Mais il y a trois jours, il s’est pointé à l’hôpital et il a demandé à me voir. Je n’étais pas là, je l’ai su en arrivant le lendemain. Il a présenté un badge du gouvernement à l’accueil, il a dit qu’il devait me poser quelques questions. Une collègue m’a couverte, j’ai feint un malaise, je suis rentrée chez moi avant qu’il revienne. Mais il…»

Un frisson me parcourut l’échine, me forçant à faire une pause. Je serrai instinctivement la main de Noah.
« Il était devant chez moi, Noah. Ce soir, quand je suis rentrée des courses, il était devant l’immeuble voisin du mien, il parlait avec quelqu'un du quartier. Il sait pour la radio, il sait forcément. Et s’il m’emmène, je ne pourrai pas mentir longtemps. »
Je levai des yeux effrayés vers Noah.
« Qu’est-ce qu’ils me feront, s’ils prouvent que c’est moi ? Est-ce qu’ils vont…mon Dieu, Noah, je ne sais pas quoi faire, je suis morte de peur, avec ce qui se passe en ce moment, ils vont m’envoyer hors des murs ou me tuer au Colosseum. Et s’ils trouvent Vaas, ou Timothée, ils vont les tuer aussi, je peux pas… »
Les larmes me montaient aux yeux. Il fallait qu’il m’aide. Je n’avais personne d’autre. J’avais toujours été prête à me battre pour mes idées, pour la justice. Mais de là à en mourir, je n’avais pas ce courage. Pas comme ça. Et je ne pouvais pas emmener Vaas et Tim dans ma chute. Timothée ne serait peut-être jamais inquiété, après tout, je n’avais rien qui l’impliquait, il me donnait simplement quelques informations. Mais ils pourraient connaitre notre relation et l’interpeller, et il pourrait craquer et avouer. Surtout qu’il n’était pas blanc comme neige, loin de là. Et Vaas…il m’avait trop aidé, ils trouveraient un lien, ils trouveraient forcément. Qu’est-ce que j’avais fait ?

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MessageSujet: Re: You could be my hero, If only I could let go [Enyoah]   Mar 20 Fév - 0:09


Serrer la main d'Enya dans les siennes réveillait une multitude de souvenirs doucement nostalgiques. Des petites bribes de riens, de moments épars un peu lointains et pourtant si agréables que Noah ne prit pas même la peine de les chasser de son esprit. Beaucoup de choses s'étaient passées entre eux, beaucoup de remous plus ou moins positifs, et c'était là qu'ils en étaient. Dans un état de stase particulier, à mi-chemin entre la tendresse d'une époque révolue et la construction d'un tout nouveau type de souvenirs. La jeune femme avait refait sa vie, le psychiatre tentait de définir un sens à donner à la sienne. Mais ils arrivaient tout de même à se retrouver en équilibre au milieu, sur ce pont de douceur qui les reliait quoi qu'ils fassent. Un pont entre eux, entre deux coeurs, qu'ils traversaient main dans la main sans se préoccuper des qu'en dira-t-on ou du passé. Parce qu'ils avaient grandi, tous les deux. Et leur relation avait grandi, elle aussi, à sa manière.

Caressant doucement le dos de la main de son ancienne compagne, son regard soucieux glissant sur son visage comme pour guetter la moindre faille, le sorcier s'était penché vers elle. La voir dans cet état le ramenait des années en arrière, à leurs toutes premières conversation. Des conversations où le coeur d'Enya battait trop fort, trop vite, la panique et l'incompréhension dépeintes bien trop clairement par son visage expressif. C'était pareil, ce soir-là. Sa voix chevrotait, elle perdait ses mots, ses prunelles marrons semblaient incapables de se focaliser sur quelque chose de précis. Tout sortait pèle-mêle d'entre ses lèvres, que ce soient les faits ou les ressentis. Et il tenait à Noah de décortiquer chaque information pour en tirer la vérité, s'il voulait pouvoir l'aider.
Sans l'interrompre, il l'écouta jusqu'au bout. L'encouragea à poursuivre sur sa lancée, son pouce pressant quelques mouvements circulaires sur sa peau pour lui intimer qu'elle était en sécurité. Dans une zone où elle ne serait pas jugée, où elle pouvait s'exprimer. Une situation inversée, par rapport aux moments qu'ils avaient partagés ensemble. Parce qu'avant, il n'était pas à même de l'écouter. Ce soir, elle avait son entière attention.

La radio pirate. Forcément. Cet élément de la double vie de la brunette ne lui était pas inconnu, pourtant il avait toujours cette fâcheuse tendance à l'oublier. Pas par conviction, plutôt par facilité. Noah savait qu'Enya était une rebelle engagée, sans toutefois être particulièrement active dans le milieu. Au point qu'à leurs débuts, il avait considéré monnayer cette information avec le Gouvernement. Pourquoi il ne l'avait pas fait relevait de leur histoire, à tous les deux. Mais voilà qu'elle revenait à présent sur le devant de la scène, bien trop vraie pour être évitée.
Cette radio allait inéluctablement être une source de problèmes, il l'avait toujours prédit. Encore plus à présent que la pression Gouvernementale se faisait d'autant plus sentir, avec le monde qui se resserrait toujours plus autour d'eux à mesure qu'il s'étendait exponentiellement. Un sablier constant qui s’égrenait au-dessus de la tête de la Résistante. Ce que Noah ne comprenait pas, c'était pourquoi elle, et pourquoi maintenant ? Les Résistants les plus actifs couraient toujours, il le savait de la bouche même de Cassidy. Il savait que des bombes avaient explosé partout dans la ville, que les raids d'officines médicinales se faisaient de plus en plus fréquents avec la pénurie et les nouvelles mesures de dissuasion du Gouvernement. Remettre les Jeux au goût du jour avait précipité une réaction en chaîne de violence prévisible. Alors pourquoi Enya, et pourquoi sa radio, quand elle ne faisait rien d'autre que prêcher les idéologies de la Résistance ?

Les doigts d'Enya se resserrèrent autour des siens, et le regard qu'elle lui jeta lui serra le coeur. La détresse qui s'y lisait était palpable, si palpable qu'elle le giflait en pleine figure. Son ancienne compagne cédait de plus en plus à la panique, s'enfermant dans cette même boucle de violence que Cassidy avait prédite. Il était temps de l'en sortir.

-Enya, Enya, écoute-moi. Tu es en sécurité, à présent.

Mais elle ne les entendit pas, lui et son ton trop doux. La panique continuait d'enfler, tant dans son corps frêle que dans ses propos, la secouant sans que Noah n'y puisse rien faire. Des noms tombèrent dans la masse, des noms qui tendirent le psychiatre. Vaas. Il connaissait cet homme, le peintre qui avait refait son cabinet, à l'hôpital, quelques années auparavant. Mais surtout Timothée. Le prénom de l'homme qui avait raflé le coeur de la brunette, celui qui avait précipité la chute d'une relation déjà bancale entre eux.
Alors les deux hommes étaient eux aussi des Résistants. Noah avait un souvenir très vague d'un Timothée qui avait été contraint de vivre la dernière édition des Jeux. S'agissait-il de la même personne ?
Peu importait, au final.

-Enya regarde-moi. Ca va aller, tu es en sûreté, et ils ne risquent pas plus que toi.

Son ton s'était fait plus dur, obligeant fermement la jeune femme à lever les yeux vers lui. A ne plus se concentrer que sur sa voix, alors qu'il serrait d'avantage sa main fine entre ses doigts, pour la pousser à sortir de sa boucle. Il ne servait à rien de céder à la peur. Ils trouveraient une solution.

-Penser à ce qu'il peut potentiellement vous arriver, c'est céder à la panique. C'est précisément ce que cet homme qui te traque désire, et au fond de toi, tu le sais parfaitement. De ce que tu as dit, il possédait une carte du gouvernement, ce qui signifie qu'il travaille pour eux. Ergo, qu'il a été formé aux méthodes usuelles d'intimidation, précisément pour te mettre dans cet état et te pousser à la faute.

Le sérieux de toute la situation se lisait parfaitement dans le regard grave, perçant, qu'il plongeait encore dans les iris marrons de la jeune femme. De tous temps, Noah s'était constitué conseilleur. Confesseur. Protecteur. Et ce regard, c'était précisément ce qui faisait que beaucoup de gens se raccrochaient à ses paroles. A leurs risques et périls.
Une situation par trop similaire à leurs toutes premières entrevues. Sans bouger, sans ciller, il poursuivit à voix basse, récapitulant les faits pour les démêler plus posément.

-Donc cet agent du Gouvernement qui te traque, il sait qui tu es au sein de la Résistance. Tu as eu raison de mettre un terme à ton activité, même temporaire. Sans preuves récentes ou sûres, personne ne pourra faire irruption ou saisie chez toi. En revanche cela signifie également qu'ils sont suffisamment informés sur tes points de chute. Il serait préférable que tu changes tes habitudes pendant quelques temps. Aurais-tu un pied à terre où tu pourrais aller, le temps que la situation soit désamorcée ? Des relations complètement extérieures à la Résistance ?

Ainsi faire pourrait s'apparenter à une fuite, mais ce ne serait pas préjudiciable pour autant. Cela permettrait surtout à la jeune femme de se libérer de son pisteur pendant quelques jours, suffisamment pour lui faire lâcher sa trace et se remettre de ses frayeurs. Suffisamment pour laisser au sorcier le temps de tirer au clair toute cette situation, et jouer ses propres cartes.
Se levant dans un soupir, il contourna la table ronde et posa ses mains sur les épaules frêles d'Enya. Les glissa contre son cou avant de l'étreindre doucement dans son dos, n'apposant aucune pression pour qu'elle puisse s'en défaire si le geste l'indisposait. Son esprit tournait à toute vitesse sous les mèches brunes. Il avait la possibilité de couper le mal à la source, mais il aurait besoin de temps. Et, surtout, qu'elle se calme.
Posant sa tempe contre sa tête, il poursuivit, d'une voix plus douce. Si elle était la tempête, il serait le roc. Un rôle qu'il avait déjà plus qu'endossé dans la vie de la jeune femme.

-Respire. Tout problème a sa solution, même ceux qui semblent les plus insolvables. J'ai des connexions, j'en userai pour toi. Mais tu ne dois pas céder à la frayeur, autrement toutes nos tentatives se solderont en échec. Tu comprends ?

La terreur, c'était précisément ce que voulait le Gouvernement. La voix de Cassidy flottait tout autour d'eux alors qu'il lui avait répété encore et encore cet argument. Le Gouvernement ne cherchait que la peur, qu'à assouvir un empire tyrannique sur la seule base d'une frayeur infondée à son égard. Une frayeur médiatisée, matraquée, tenace et, surtout, créée de toutes pièces. Éclater cette pensée grégaire, c'était éclater la fondation même de la terreur.
Cassidy. Cassidy lui manquait, présentement. Cassidy aurait une solution toute trouvée, quand bien même Noah savait d'office qu'il la désapprouverait. Mais le Chef des Résistants pouvait constituer une première pièce dans la défense d'Enya. Une solution qu'il confessa, la voix toujours douce, au creux de l'oreille de la brunette.

-Parmi mes connexions, il y a un homme dont tu as probablement entendu parler. Le Dahlia Noir. Ses partisans peuvent déjà assurer partiellement ta protection, si tu ne te sens pas suffisamment à l'aise dans tes déplacements avec cet homme qui te talonne. Cela me permettrait de gagner du temps afin de couper le problème à sa source. Mais deux questions s'imposent avant que je le contacte. Premièrement, accepterais-tu une garde rapprochée ? Et, surtout, as-tu réussi à obtenir des informations supplémentaires sur ton pisteur ?

S'il voulait accomplir la faveur qu'il avait promise à la jeune femme, il avait besoin d'éléments tangibles. Le meilleur, dans cette situation, serait un nom. Mais si elle l'ignorait, ce n'était pas si grave. Le réseau de Cassidy trouverait bien une manière d'identifier l'agent des Renseignements.
Tout problème avait toujours une solution. Il suffisait d'être capable de le considérer dans son intégralité.




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MessageSujet: Re: You could be my hero, If only I could let go [Enyoah]   Ven 2 Mar - 19:26

« Enya regarde-moi. Ca va aller, tu es en sûreté, et ils ne risquent pas plus que toi. »
Je levai les yeux. Noah avait parlé plus fermement. Je hochai la tête. J’étais en train de paniquer, alors que je ne pouvais rien faire de plus que ce que j’avais déjà fait. Si j’étais venue chez Noah, c’était pour qu’il m’aide. Parce que je croyais qu’il pourrait prendre les choses en main et régler mon problème. Alors, il fallait que je lui fasses confiance maintenant. Que je le laisse gérer. J’étais en sûreté ici. Il avait raison. Il avait souvent raison, à vrai dire, c’était aussi pour ça que j’étais tombée amoureuse de lui aussi. Parce qu’il réfléchissait avant de parler, et que ses raisonnements étaient souvent exacts.
Je tombais exactement dans le piège de cet espion. Si je paniquais, si je m’affolais et courais dans tous les sens, il arriverait plus facilement à me pousser à l’erreur. Mais alors, aller voir Noah était peut-être ce qu’il attendait ? Non, sûrement pas. Qui va voir son ex pour la sortir du pétrin ? Pas les gens normaux, a priori. Et puis, si cet homme soupçonnait que j’irais voir Noah, il serait allé voir Noah lui-même. Il fallait que je le me calme.
"Aurais-tu un pied à terre où tu pourrais aller, le temps que la situation soit désamorcée ? Des relations complètement extérieures à la Résistance ?"
Je haussai les épaules. Je n’avais pas vraiment le cerveau en état de réfléchir maintenant. Timothée n’était pas soupçonné comme membre de la Résistance a priori, mais je n’avais pas envie d’aller chez lui, pour d’autres raisons. Roman, peut-être ? Il comprendrait ma situation. Ou Kenneth, il me devait bien ça.
« Je vais contacter des gens, oui. », répondis-je simplement. Kenneth était peut-être une meilleure solution, pour le coup, il bossait pour le Gouvernement, il ne serait pas suspecté. Mais allez chez lui pourrait jeter un doute sur sa culpabilité ? Je soupirai. Les choses étaient trop compliquées dans ma tête. Je me posais dix mille questions auxquelles j’était incapable de répondre. Il faudrait que j’arrive à aller discrètement chez quelqu’un, pour ne pas lui attirer des ennuis. Et puis, abandonner la radio, pour combien de temps ? C’était une partie de moi, cette radio. C’était ma façon de combattre les choses, d’apporter un peu de justice dans ce monde. Et j’arrêtais à la moindre menace. J’étais une bien piètre Résistante, au fond. Peureuse. Certains appelaient ça de la prudence. Je n’en savais rien. Ca me brisait le cœur de laisser tomber, c’est tout. Et puis, Lazlo allait être déçu de ne pas m’entendre. Il allait peut-être m’envoyer un pigeon pour me demander des nouvelles. Cette pensée m’arracha une nouvelle peur. Et s’ils me suivaient parce qu’ils avaient découvert Lazlo ? Ou quelqu’un d’autre qui m’avait aidé ?

Les mains de Noah sur moi diffusèrent une chaleur bienvenue dans mon corps. Son contact était rassurant. Je m’efforçai de respirer calmement. Inspire. Expire. Recommence.
Noah lui affirma qu’il pourrait se servir de ses contacts. Je souris doucement. Je comprenais. Il était d’un calme à toute épreuve. J’étais là, paniquée comme une guêpe enfermée sous un verre, à buter contre les parois inlassablement en cherchant une sortie. Lui analysait la situation et cherchait une solution. Et il allait y arriver. Je savais qu’il trouverait une solution, une porte de sortie. Qu’il me sortirait de cette situation qui était devenue intenable pour moi.
"Parmi mes connexions, il y a un homme dont tu as probablement entendu parler. Le Dahlia Noir."
Je levai des yeux étonnés vers lui.
« Le Dahlia Noir ? Tu connais le Dahlia Noir ? »
La surprise devait se lire sur mon visage. J’ignorais que Noah avait des connexions avec la Résistance. Enfin, à part moi. Et surtout une connexion comme le Dahlia Noir. On parlait plus ou moins d’une légende, quand même. Des Résistants, des vrais. Pas des rigolos qui tenaient une petite émission de radio pirate une fois par semaine. On parlait de la Résistance dans le dur. Des bombes, des opérations coup de poing. Des combattants de la liberté, contre l’oppression. Le Dahlia Noir, leur leader, peu savaient s’il existait vraiment ou si c’était une autre légende urbaine. J’avais toujours cru qu’il existait. Je l’avais toujours admiré. Il faut un sacré courage pour se battre comme il le faisait. Et que Noah le connaisse…
« Tu sais qui c’est ? Tu lui as parlé ? Comment il est ? Tu le vois souvent ? Est-ce que… »Je m’arrêtai, esquissai un sourire mi-amusé, mi-gêné. « Pardon, je pose beaucoup trop de questions. C’est juste…j’en reviens pas. Tu es plein de surprises, comme toujours. Et oui, s’il veut bien m’aider, quelques gros bras ne seraient pas de trop. Tant que ça ne met personne autour de moi en danger. »
C’était le principal. J’avais fait une connerie, m’étais fait prendre Dieu sait comment. Personne d’autre ne devait en payer le prix, personne d’autre ne devait en souffrir.
« L’homme s’appelle Martin Dupont. Enfin, c’est ce qui était écrit sur son badge. Un léger accent canadien. Grand, cheveux blonds taillés courts, un peu maigrichon. Genre Tobey Maguire, mais blond. Tu sais qui est Tobey Maguire ? Bref, il n’a pas dit pour qui il travaillait, il y avait un acronyme sur son badge mais je n’ai pas eu le temps de le voir. C’est à peu près tout, désolée. »
Je remis une mèche de cheveux en place. Soupirai à nouveau. Mon cœur se calmait, petit à petit.
« Je sais pas où j’ai merdé, Noah, j’te jure. J’étais sûre d’être précautionneuse. »

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MessageSujet: Re: You could be my hero, If only I could let go [Enyoah]   Ven 16 Mar - 1:45

La joue collée contre sa tempe, il lui laissa le temps de se calmer. Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait plus vu Enya dans un état de panique aussi prononcé. Un état qui le renvoyait des années en arrière, lorsqu’elle avait franchi le seuil de son cabinet pour la toute première fois. La jeune femme avait fait des progrès mémorables, depuis cette époque. Mais, de temps à autres, la panique revenait la ronger. Elle écarquillait ses yeux, elle secouait violemment cette carrure trop frêle pour supporter tout ça. Elle emportait Enya toute entière, tant son esprit que son corps, pour la digérer et ne recracher d’elle que des poignées d’humanité. Mais ce soir, il ne la laisserait pas faire, la panique. Pas alors qu’il y avait l’éventualité d’une solution, même si cette dernière semblait infime. Alors il ne la lâcha pas. Ses bras étreignirent ses épaules plus fermement, imposant sa présence contre la jeune femme pour qu’elle revienne progressivement à elle. Un geste qu’il avait fait plus d’une fois. Un geste dont il savait qu’il marcherait.

Toutefois, il ne pouvait s’empêcher de réfléchir à tout ce qu’elle avait évoqué. Etait-il possible qu’il ne s’agisse pas uniquement d’un agent lambda du Gouvernement qui ferait du zèle, mais d’autre chose ? Après tout, cela faisait des mois qu’il n’avait plus entendu parler de Morienval. A part quand Cassidy était venu jusqu’à lui pour que le psychiatre lui rende du compte, et, cette fois-ci, Morienval n’avait été qu’un sujet de conversation parmi tant d’autre. Etait-il possible qu’il ait jeté son dévolu sur l’interne Rivers, personnellement ? Ca lui ressemblait, comme manière d’agir. Après tout, c’était précisément de cette façon que son couple avait volé en éclats. Mais alors pourquoi maintenant ? Ca, ça ne faisait pas partie du Modus Operandi du Chef des Renseignements. Et Noah connaissait suffisamment bien l’énergumène pour se douter qu’il ne s’abaisserait jamais à ce type de petites bassesses. Non, Morienval avait un minimum de classe. S’il devait faire suivre quelqu’un, ce serait à un but particulier. Certainement un Résistant influent, comme Cassidy. Pas une inconnue comme Enya Rivers.
Il avait beau tourner et retourner la situation, ses pensées étaient conflictuelles. Rien dans ce qui se profilait du côté du Gouvernement ne laissait entendre une traque systématique des Résistants les moins influents. Noah avait écouté les émissions de son ex compagne, il savait ce qu’il s’y disait. Son discours avait beau être marqué, il n’était pas aussi violent que celui que l’on retrouvait sur la plupart des pamphlets distribués sous le manteau, dans les ruelles. Ergo, si Morienval avait mandaté le pisteur pour suivre la trace d’Enya, la raison était toute autre.
L’atteindre lui ? Ca ne faisait pas plus de sens que le reste. Même si l’Italien était retors, Noah savait qu’il aurait frappé plus fort que ça en ce qui le concernait. Il aurait certainement changé de cible, aurait joué ses cartes différemment.

Tout à ses pensées, il pouvait sentir la respiration d’Enya devenir plus profonde, plus régulière, entre ses bras. Sa réponse laconique quant à un potentiel pied à terre le poussa à froncer les sourcils, mais il n’en dit rien. Il ne valait mieux pas l’agiter alors qu’elle commençait à remettre du calme dans son esprit. Le sujet serait abordé plus tard, plus méthodiquement, lorsqu’elle serait sortie du cercle étroit qu’imposait la panique.
Son pouce glissa sur son épaule, opérant de léger mouvements circulaires. Sous sa pulpe, les muscles de la jeune femme s’attendrissaient, ses nerfs clairement moins tendus. Constatant qu’elle suivait son conseil et se concentrait d’avantage sur sa respiration, il finit par la relâcher. Glissa quelques suppositions au creux de son oreille, pour se retrouver confronté à la surprise la plus complète.
Enya avait entendu parler de Cassidy, c’était logique. Mais l’expression qu’il vit sur le visage de son ancienne compagne était à des années lumière de ce qu’il aurait pu imaginer. S’il savait que le surnom de Cassidy était particulièrement connu dans le milieu, et s’il savait parfaitement que l’homme était suivi par une bonne quantité de résistants, Noah n’en avait jamais réalisé la portée. Et voir les grands yeux ronds d’Enya s’agrandir comme ceux d’un enfant à qui l’on promettait de rencontrer son idole était un spectacle des plus déroutants. Ainsi, Cassidy soulevait les émules à ce point. Un détail qu’il était loin d’envisager, connaissant d’avantage l’homme que le mythe. Un détail qui lui réchauffa le coeur, d’une fierté sans pareille pour l’Américain. La surprise fit place à l’amusement sur son visage. Il haussa des sourcils railleurs en la laissant enchaîner les interrogations, trop diverti par son attitude pour l’arrêter. Ce qu’elle fit d’elle-même, si penaude qu’elle en était adorable.

-Ne t’excuse donc pas, j’ignorais qu’il bénéficiait d’une telle notoriété auprès des Résistants. Si j’avais su, j’aurais ménagé mon effet, et te l’aurais annoncé avec plus d’emphase !

La taquinerie était plus forte que lui, aussi ne prit-il pas la peine de la retenir, les yeux pétillants de malice. Il ne manquerait certainement pas de mentionner l’impact qu’avait eu son nom sur la jeune femme au principal concerné.

-Mais oui, je le connais effectivement. Il s’agit d’un ami... Intime. Je suis certain qu’il trouvera quelques volontaires pour t’assister, sans que personne n’ait à le payer de sa vie. Au moins le temps d’avoir une alternative plus durable.

Il aurait pu entrer dans les détails. Il aurait pu lui dire qui était vraiment Cassidy, à quoi ressemblait l’homme derrière le surnom. Lui dire que la clarté réelle de ses yeux ne se dévoilaient que quand il riait, des pattes d’oie se dessinant au creux de ses paupières. Lui dire que ses mains avaient construit bien plus qu’elles n’avaient détruit, et pourtant étaient douces comme l’amour. Que parler de ses convictions soulevait tous les cœurs, même le sien, révélant cette aura charismatique, électrique, qu’il lui avait toujours connue. Que son sourire avait la chaleur et la force du feu, quand il était adressé au sorcier. Et que l’expression qu’il arborait au réveil, dans cet état de stase entre l’innocence de l’inconscience et les premiers instants du retour au monde, était bien plus belle que tous les levers de soleil de la Terre. Mais une part du sorcier avait envie de garder jalousement ce secret. De ne pas trahir à Enya les conditions de leur relation, de la conserver entre lui et le mythe qu’elle avait l’air de révérer aussi intensément.
Un ami intime. Cassidy était bien plus que ça. Peut-être qu’un jour, il lui dirait. Mais l’heure n’était pas à ce type de révélations.

Martin Dupont. Ainsi le pisteur avait un nom, en plus d’une apparence concrète. Canadien, blond, entre deux âges. L’homme anodin par excellence. Croisant les bras sur son torse, Noah fronça les sourcils, tentant de se figurer autant que possible l’individu. Mais la description était trop vague pour qu’il réussisse à se dresser un tableau suffisamment révélateur. Jusqu’à ce que tombe un nouveau nom.

-Tobey... Qui ?

Etait-ce un des proches d’Enya dont il aurait dû être au courant ? Une sorte de collègue un peu lourdaud, à moins que ce ne fusse pire, quelqu’un de sa famille ? Déstabilisé, le sorcier lorgna discrètement son ancienne compagne. Elle poursuivait dans sa description, sans avoir l’air déroutée par son ignorance. Il ne devait pas être si important, ce Tobey Machin. Certainement une vague connaissance de la jeune femme, tout du moins s’en réconforta-t-il. Sa connaissance en culture populaire, surtout en ce qui concernait tout ce qui était audio-visuel, était particulièrement lacunaire. Il abhorrait la télévision. Pour lui, il ne s’agissait de rien de moins que d’une hérésie.
Ses pensées furent interrompues par le soupir las de son ancienne compagne. Décroisant les bras, il tendit une main vers celle de la brunette, la reprenant calmement entre ses doigts. Avait-elle toujours été aussi petite par rapport à la sienne ? La différence de teinte, de taille, le frappa tout particulièrement ce soir là.

-Tu te fourvoies. Ce n’est pas par manque de précaution que tu as été repérée, mais par excès de contrôle de la part du Gouvernement. Ce n’est pas de ta faute.

Ces paroles, il ne les aurait certainement pas dites quelques années plus tôt. Mais ses contacts, la vie, Liam et Cassidy, lui avaient rapidement montré l’envers du décor. La Nouvelle Orléans était un immense jeu de marionnettes, où les pantins s’agitaient, qu’ils soient du Gouvernement ou de la Résistance. Mais, dans ce jeu terrifiant de pouvoir et d’influence, les petites gens étaient des dégâts collatéraux quel que soit le thème de la représentation du jour. Enya faisait partie de ces gens-là. Noah aussi, bien que dans l’autre camp. Un état de faits qui lui pesait de plus en plus.
Il poursuivit, doucement.

-De par mon métier, tu t’en doutes bien, j’entends beaucoup de choses. La chasse aux Résistants s’est nettement accentuée ces derniers mois, bon nombre d’anonymes sont tombés sous le coup de la délation. Il n’aurait suffi que d’un voisin malhonnête, d’un marchand véreux, même d’un passant lambda qui aurait intercepté une conversation où tu aurais mentionné ton activité extra-professionnelle. Et, en un simple claquement de doigts, ton signalement aurait été référencé dans une belle enveloppe cartonnée.

Il ne le savait que trop, tout ça. Parce que c’était ce qu’il faisait pour sauver sa peau depuis des années, vendant les informations aux bureaux de Morienval pour que ce dernier le laisse tranquille. Un tant soit peu tranquille. Force était de constater que ça ne lui avait pas forcément réussi, encore moins en ce qui concernait Enya Rivers. Il soupira doucement, se pencha dans sa direction pour croiser son regard. Il n’aimait pas la voir aussi atteinte. Aussi diminuée. Car, depuis qu’il avait réalisé à quel point elle était unique, à quel point elle ne ressemblait en rien à Aida, il avait remarqué cette combativité qui l’avait animée jusqu’à la toute fin. Une combativité qu’elle devait retrouver, coûte que coûte.

-Tu n’es en rien responsable pour Martin Dupont. En revanche, tu peux être fière d’avoir réussi à glaner toutes ces informations le concernant. Du signalement physique à l’identité, même fictive, j’aurai ce qu’il me faut pour faire jouer mes contacts. Ce n’est plus qu’une question de temps.

Un sourire tendre s’étira sur ses traits. Il le pensait, sincèrement. Ses doigts serrèrent doucement la petite main de la brunette, marquant la pleine confiance qu’il éprouvait.

-Souhaites-tu rester ici quelques temps, d’ici à ce que tu aies un autre pied à terre où t’installer ? Mon cabinet a toujours été considéré comme une zone neutre, qu’il s’agisse du Gouvernement ou de la Résistance. En revanche, je vais devoir te demander une entière discrétion en ce qui concerne les personnes qui franchiront le seuil de cet appartement. En particulier les visiteurs nocturnes.

Nommément Liam, Cassidy, Helix et Ievseï, dont les deux premiers mentionnés avaient un double des clés. Ce n’était pas qu’une question de secret professionnel. C’était une question de vie ou de mort, chacun des visiteurs étant le vecteur possible d’une condamnation pour trahison. Et si Noah pouvait bénéficier de la protection de Wiggins, elle n’était pas extensible. Il ne pourrait pas compter sur son apprenti pour rattraper toutes les informations qui pourraient filtrer hors des murs de son appartement.

-Je possède une chambre d’amis à l’étage. Tu peux en bénéficier aussi longtemps que tu en auras besoin.

Réflexion faite, il n’avait jamais dévoilé l’étage du duplex à Enya. Un secret qu’il avait toujours conservé rien que pour lui, la jeune femme n’étant pas digne à ses yeux pour le voir. Pour le toucher, le connaître et s’en imprégner. Mais la situation n’était plus la même. Leur relation n’était plus la même. Et s’il éprouvait une légère appréhension pour peu qu’elle accepte sa proposition, il savait également que la brunette était prête à encaisser toutes les informations qu’elle tirerait de cette intrusion complète dans ses souvenirs.
Il était prêt, lui aussi.


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MessageSujet: Re: You could be my hero, If only I could let go [Enyoah]   Dim 25 Mar - 20:23

Je n’en revenais pas que Noah connaisse le Dahlia Noir. Son réseau s’étendait au-delà de ce que j’imaginais. Et cela ne fit que renforcer ma certitude que j’avais bien fait de venir lui demander de l’aide. Parce que s’il connaissait un homme comme le Dahlia Noir, alors il pouvait réellement m’aider. Et il semblait amusé de ma réaction. Comme si ce n’était pas si important. Il se permit même de me taquiner, ce à quoi je répondis par un sourire. C’était agréable, de pouvoir se parler de la sorte. Sans la gêne, sans la rancœur, sans l’amertume, sans la colère, sans cette relation que nous avions avant et qui rendait tout compliqué.  Je retrouvais un Noah plus simple, et cette taquinerie me rappelait le début, quand notre amour bourgeonnait gentiment et que nous étions encore dans la complicité.

« Mais oui, je le connais effectivement. Il s’agit d’un ami... Intime. Je suis certain qu’il trouvera quelques volontaires pour t’assister, sans que personne n’ait à le payer de sa vie. Au moins le temps d’avoir une alternative plus durable. »
Je haussai un sourcil à l’évocation de l’ « intimité » des relations entre Noah et un Résistant, mais ne fis pas de remarque. Noah avait ses raisons, ses secrets, je le savais désormais, et si j’avais été incapable de l’accepter en tant que petite amie, je l’acceptais désormais. Ce n’était pas ma place de savoir. Et j’étais reconnaissante qu’il soit prêt à parier le soutien de son ami pour moi. Je hochai la tête rapidement en signe d’approbation. Je ne voulais simplement pas que quelqu’un risque sa santé pour moi. C’était impensable que quelqu’un paie mes erreurs. Mais que Noah soit prêt à demander au Dahlia Noir…cela comptait beaucoup. J’étais venue lui demander son aide et il s’apprêtait à impliquer d’autres personnes. Pour moi. J’ignorais avant de venir quelle sorte d’importance j’avais encore aux yeux de Noah. Alors, je me faisais peut-être de douces illusions, mais j’avais l’impression en cet instant que j’importais encore pour lui. Et c’était une pensée qui me réchauffait doucement le cœur. Parce que lui importait toujours. Il importerait toujours, je suppose.

Et Noah me rassura sur l’erreur que j’avais pu faire. Ce n’était pas ma faute, il en semblait persuadé. Ou il essayait de me persuader, moi. Je n’étais pas sûre que ça fonctionne. La culpabilité m’enveloppait de son étreinte douloureuse chaque fois que j’y pensais. Ce que j’avais pu dire de trop, les indices que j’avais pu laisser, l’erreur que j’avais pu commettre pour que le Gouvernement remonte jusqu’à moi. Je me creusai les méninges pour trouver la faille que j’avais eu la bêtise de laisser ouverte.  Mais Noah semblait dire que le Gouvernement avait mis un peu plus de ressources sur la chasse aux résistants. Je haussai les épaules. Je ne me considérais pas franchement comme résistante. Tout ce que je faisais, c’était balancer des vérités derrière mon micro. Rétablir un peu la vérité face aux mensonges du gouvernement. Etait-ce de la résistance ? Oui, sûrement. C’était surtout une question de principe. Ma façon à moi d’agir pour le bien commun. Mais je n’étais pas un gros poisson. Personne n’était jamais venu me voir en me disant que mes paroles l’avaient poussé à agir. Il n’y avait bien que Lazlo qui s’était manifesté comme auditeur de ma radio. Et à ce que je sache, il n’avait pas attendu mes émissions pour entrer dans la résistance active. Je n’étais pas dangereuse. Juste une fille qui parlait, mais visiblement, le gouvernement chassait même les petits poissons. Et cela faisait froid dans le dos. Qu’un voisin ait pu me dénoncer…je croyais fondamentalement en l’humanité. Ce genre d’acte m’était impensable. Et il ramenait à des heures trop sombres. C’était effrayant que quelqu’un ait voulu me nuire à ce point. Donc au final, je ne sais pas ce que je préférais : que j’ai commis une erreur ou que quelqu’un m’ait dénoncée.

« Souhaites-tu rester ici quelques temps, d’ici à ce que tu aies un autre pied à terre où t’installer ? »
J’eus un sursaut, car la question de Noah m’avait tirée de mes pensées, et surtout, elle était inattendue. Mon cœur loupa un battement. Rester ici ? Chez lui ? Comme il le disait, il constituait une zone neutre, car je suppose que résistants comme gouvernants se succédaient dans ces murs et personne ne souhaitait voir le cabinet tomber. Les bons médecins manquaient. Et Noah avait de l’influence. L’idée n’était pas stupide. J’étais capable de me taire sur la nature des clients de Noah, ou sur leurs activités, ou tout ce que je pourrais capter de leurs conversations. Ce n’était pas un souci, et je pense qu’il le savait. Même pour les « visiteurs nocturnes ». Noah avait sa vie et je ne comptais pas m’immiscer dedans plus que de raison. Et je serais en sécurité ici. Plus que chez moi, ou que chez Timothée, ou Vaas. Plus que chez n’importe qui, potentiellement. Mais je ne savais pas si je le voulais vraiment. J’avais beaucoup de souvenirs ici. Certains heureux, d’autres beaucoup moins, mais tous étaient forts. Et revenir au milieu de tout ça….et puis, qu’est-ce que je dirais à Timothée ? Que je m’étais réfugiée chez mon ex ? Notre relation était déjà compliquée, ça n’allait que rajouter un peu d’eau sur le feu. Je soupirai.
« Je possède une chambre d’amis à l’étage. Tu peux en bénéficier aussi longtemps que tu en auras besoin. »
J’hésitai encore quelques secondes, puis hochai la tête.

« Juste cette nuit. Ensuite, je verrai. Si ça te convient. »
Après tout, mieux valait que je m’engueule avec Timothée plutôt que d’être au Colosseum par manque de prudence. Je trouverai un moyen de lui expliquer. Mais je n’avais pas le courage de retourner chez moi, et pas le courage de demander de l’aide à quelqu’un d’autre. Et l’appartement de Noah semblait vouloir m’accueillir.
« Je ne vais pas manquer l’occasion de découvrir ta chambre d’amis », lancai-je avec un clin d’œil. Puis mon air se fit à nouveau plus sérieux. « Si tu me sors de là, Noah, je…je te serais éternellement reconnaissante. Tu m’auras encore sauvé la vie. Quand je suis arrivée la première fois, pour notre première séance, j’étais au bout du rouleau. Tu m’as relevée, petit à petit, pièce par pièce. Je n’ai pas toujours été juste envers toi. Mais j’ai avancé maintenant et je peux regarder en arrière plus sereinement. Voir ce que tu m’as apporté. Et toi, tu avances ? »

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Take me out tonight, Take me anywhere, I don't care
And in the darkened underpass I thought Oh God, my chance has come at last
But then a strange fear gripped me And I just couldn't ask


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MessageSujet: Re: You could be my hero, If only I could let go [Enyoah]   Sam 14 Avr - 1:33


Proposer à Enya de rester, c'était l'arracher un peu plus tant à ses tourments qu'à la nouvelle vie qu'elle s'était constituée. Après tout, elle lui avait bien fait comprendre qu'elle avait tourné la page, quelques mois plus tôt. De façon subtile, avec quelques mots, quelques regards, et une bonne quantité de preuves bien réelles dans son salon. Un autre homme occupait tant sa vie que son cœur, Noah en avait la certitude. Alors lui faire une telle proposition ne risquait-il pas de compromettre cette relation, compte tenu des circonstances qui les entouraient tous les deux ? Comment allait-il réagir, le fameux Timothée, s'il apprenait que la jeune femme avait décidé de passer la nuit au cabinet ? Malgré toute l'affection et la tendresse qu'il éprouvait encore pour la jeune femme, Noah savait parfaitement qu'il ne se passerait rien entre eux. Pour autant, ils seraient les seuls dans cette confidence. Et l'humanité était si prompte à juger qu'il était tout sauf certain que son ancienne compagne accepte sa proposition.
Pourtant elle le fit. Et le sourire du psychiatre s'accentua, sous la vague de soulagement qui l'emporta à cette réponse. Le cabinet était une terre d'asile, tout autant qu'un lieu d'une neutralité bien tranchée. La savoir entre ses murs, à proximité, permettait à Noah de s'assurer qu'elle ne courre aucun danger pour la nuit, quitte à la protéger lui-même avec ses pouvoirs si l'occasion se présentait. Bien qu'il soit certain que personne n'oserait pénétrer dans ce Saint des Saints, on n'était jamais suffisamment prudent.

Suivant le soulagement, une vague d'appréhension. De toute l'année qu'ils avaient partagée ensemble, la brunette n'avait jamais franchi le seuil de l'escalier menant à la partie réellement privée de son appartement. Elle n'avait jamais vu la galerie de portraits crayonnés qui jonchait chaque mur entourant l'escalier en bois vernis, elle n'avait jamais traversé la mezzanine ni ne s'était trouvée nez à nez avec les portraits en pied de chacun des êtres qui avaient vraiment marqué son passé. Des portraits à l'huile, à l'aquarelle, au fusain, des représentations grandioses de l'Italie et ses habitants ou de Cassidy et de l'Amérique des années folles. Comment réagirait-elle en découvrant l'intérieur de sa tête, chacun de ses démons personnels, chacun des fragments de son coeur à même les murs ? Un frisson l'étreignit, alors que les pensées fusaient. C'était ça qu'il avait redouté de tout le temps qu'ils avaient passé ensemble. Son regard. Ses questions. Mais il se savait suffisamment fort à présent pour ne pas vouloir tout mettre sous clé. Pour ouvrir la porte de son âme à la jeune femme.
Secouant brièvement ses boucles brunes pour chasser ses pensées, il finit par se redresser pour rejoindre le cellier. Un autre élément de sa vie qui avait toujours été sous clé, et qu'il ouvrait pourtant spontanément en la présence d'Enya avec une idée en tête. Fourrageant entre les différents bocaux pleins de potions diverses, il finit par trouver ce qu'il cherchait. Une bouteille poussiéreuse où des prunes décolorées flottaient dans un liquide brunâtre, un énième cadeau de Wiggins pour le remercier de ses bons et loyaux services. Des prunes macérées dans une liqueur dont il ne se souvenait du nom, mais qui avait le mérite d'être délicieuse. Un remontant auquel la jeune femme ne dirait certainement pas non, son allure surprenante n'ayant d'égale que la saveur sirupeuse, réconfortante, qu'il laissait sur le palais. Refermant la porte d'un mouvement de hanche, il se faufila jusqu'aux placards de sa cuisine pour en tirer deux petits verres. Juste ce qu'il fallait pour tremper les lèvres, se remettre de ses émotions, et trouver la vie un peu moins dure.

La voix d'Enya emplit de nouveau la pièce chaleureuse, et il croisa son clin d'oeil narquois. Haussement de sourcils complices, il s'attacha à remplir les verres en rétorquant, du tac au tac :

-En tout bien tout honneur, bien entendu.

Ce disant, il poussa l'un des petits verres maintenant remplis dans la direction de son ancienne compagne avant de lever le sien, imitant son geste. Compagne dont l'air amusé s'était effacé, dont les traits semblaient tout d'un coup plus tirés. Sa voix semblait lointaine, accablée par la fatigue tout autant que par une certaine nostalgie. S'attablant plus confortablement, les coudes sur la table comme à chacune de ces rares fois où il se laissait aller, Noah joua distraitement avec son verre. Secoua la tête en silence alors qu'elle prétendait qu'il l'avait sauvé, n'en pensant rien en ce qui le concernait. Mais il ne l'interromprait pas. Pas tout de suite.
Parce qu'elle avait tort, tout autant qu'elle avait raison. Il avait effectivement participé à ce qu'elle aille mieux, et pourtant il ne se sentait pas seul dépositaire de sa santé mentale. Ce n'était pas lui qui avait fait tout ce travail. C'était elle, cette fraction de courage qui sommeillait en elle et voulait tout faire pour éclater dans toute sa puissance alors qu'Enya elle-même faisait tout ce qu'elle pouvait pour l'assoupir. Une combativité silencieuse qu'il avait repérée dans son regard éteint, lors de leurs toutes premières séances. Secouant de nouveau ses boucles brunes, il porta un regard lointain sur le liquide brunâtre dans son verre. Les volutes violacées laissaient par le dépôt des fruits lui faisait penser aux ombres. Des ombres contenues dans tout un chacun, que certains comme Cassidy étaient capables de sublimer. Que certains comme Enya étaient capables de chasser, pour peu qu'on les y aide.

-Je suis loin d'être ton sauveur, Enya, car s'il y a bien quelqu'un qui t'a sauvée lorsque nous nous sommes rencontrés, c'est toi. Je n'ai fait que te montrer comment retrouver le chemin de tes pensées et de ta personne, rien de plus. Tout le reste du travail, c'est toi qui l'as fait. Et je l'ai déjà reconnu à cette période, et suis encore capable de le reconnaître : tu es l'une de ces rares personnes a avoir réussi à avoir suffisamment de volonté pour y parvenir sans que je n'y sois pour grand chose. C'est pour cela que je ne puis assumer le titre de sauveur. Tu t'es sauvée de tes démons à l'époque, et tu t'en sauves encore ce soir.

Une étincelle de connivence pétillait au fond de ses yeux verts, alors qu'il les reposait sur la jeune femme. Noah avait beau aimer que l'on flatte son ego, préférer qu'on le brosse dans le sens du poil, il savait également juger les situations. Certaines exigeaient une forme de fausse modestie. D'autres comme ce soir n'appelaient que la sincérité. Il leva son verre une nouvelle fois dans la direction de la brunette, avant d'y tremper ses lèvres. Le liquide brunâtre mordit sa peau avant d'y laisser une saveur sucrée, chaleureuse, qui ne cessait de lui rappeler l'Italie. Une saveur nostalgique, tout autant que cette conversation. Après tout, autant se sentir chez soi quand on remontait Memory Lane en compagnie d'une de ces rares personnes qui comptaient réellement.
Toutefois, Enya n'avait pas parlé que d'une seule chose. Il ne s'agissait pas seulement de son ressenti, mais d'eux. De ce qui leur était arrivé, de la manière avec laquelle ils s'étaient fourvoyés. Et si quelques mois plus tôt il aurait encore senti son coeur se serrer à l'évocation de leur rupture, l'eau avait coulé sous les ponts. Leur séparation avait été violente, le comportement de la jeune femme avait été tout sauf justifié, et Noah était heureux qu'elle le reconnaisse. En disant cela, c'était comme de sentir une nouvelle porte se refermer. Une nouvelle plaie se cautériser. Mais était-il vraiment nécessaire de s'attarder sur ces vieilles blessures ? Pas aux yeux du sorcier. Il y avait plus important. Il y avait le présent.

-Comme toi, je me suis relevé, oui. Et comme toi j'avance, à petits pas, avec précaution, mais libéré de la contrainte du passé. De ces fantômes qui me hantaient, un fantôme en particulier que tu n'as que trop subi. Aida n'est plus un spectre ou une obsession, mais une compagnie lointaine. Une gardienne. Je ne saurais comment l'expliquer, mais je l'ai revue, ce soir où tu m'as recueilli en plein délire. Elle a tenté de m'expliquer certaines choses que je n'étais pas en état de comprendre, jusqu'à finalement que nous nous recroisions dans de funestes circonstances.

Parler d'Aida avec Enya était paradoxal. Etrange. Noah n'avait pas pour habitude de se confier, et encore moins de confronter deux univers qui ne pouvaient cohabiter l'un avec l'autre. Soulever le sujet de l'Italienne avec celle qui en avait tant souffert, il n'aurait jamais cru en être capable toutes ces années auparavant. Mais il avait grandi. Mais leur relation avait, elle aussi, grandi. Communiquer avec les esprits étaient l'une des constituantes essentielles de la nature d'un sorcier, un élément qui allait avec leur personnalité. Et si Noah n'était pas certain que la jeune femme comprenne tout ce qu'il tentait de dire, il éprouvait pourtant un certain soulagement à savoir qu'il le pouvait. Elle savait ce qu'il était, en réalité. Si elle ne comprenait pas forcément, rien ne l'empêchait à présent d'écouter. Un soupir franchit ses lèvres, avant qu'il ne poursuive. Juste une interruption pour poser des mots sur des événements qui dépassaient la parole.

-Je ne l'ai plus revue ni même sentie pendant des mois. Jusqu'à ce que Cas... jusqu'à ce que je retrouve un autre spectre de mon passé. Séparés par un malentendu, par nos natures, par nos sentiments contraires, nous en sommes venus aux mains. Suffisamment pour en mourir tous les deux. C'est là que je les ai revus, elle, l'Italie, la beauté de son sourire et la profondeur de son regard. La mia lupa milanese.

Un sourire nostalgique creusa ses traits alors qu'il pouvait sentir la chaleur de cet instant l'envelopper de nouveau. Alors qu'il pouvait presque sentir les doigts de la Louve sur son épaule, alors qu'il pouvait presque entendre son murmure au creux de son oreille. La revoir alors qu'il avait oublié ses traits, ses gestes graciles, qu'il avait oublié jusqu'au crescendo de son rire. Avant cette soirée à couteaux tirés avec Cassidy, il aurait tué pour revivre cet instant. Mais maintenant, il savait qu'il n'en avait plus besoin.

-J'aurais pu rester avec elle. Retrouver l'Italie, les champs de blé, retrouver notre fille et notre chaume. Mais il manquait quelque chose. Il manquait quelqu'un. Elle me l'a fait comprendre, ce soir-là. Que si j'étais ici, c'était pour une raison. C'était pour une personne. Comme à son habitude, elle avait parfaitement raison.

Même si elle n'était plus là depuis des siècles, il pouvait entendre le rire feutré de la Louve au creux de son oreille. Ce rire un peu gêné, un peu flatté, à chaque fois qu'il disait quelque chose de bien plus gros que le monde à son sens. S'il s'agissait d'une illusion de son esprit ou d'un vrai fantôme, il l'ignorait. Peut-être que l'ange qui passait dans cette cuisine alors qu'il reprenait progressivement pied avec la réalité n'était autre qu'Aida elle-même. Ses doigts caressèrent distraitement le rebord de son verre.

-Depuis, j'avance. J'ai retrouvé cette personne, et on avance, tous les deux. A petits pas. A notre rythme. Le temps a chassé le sang et l'eau a chassé le temps lui-même. Et peu importe si nous avançons à contre-courant ou si nous suivons le flot, du moment qu'il nous porte tous les deux.

Peut-être n'était-ce pas la réponse qu'Enya attendait, mais tout ce qu'il venait de dire n'était au final que la vérité. Malgré toute la violence de siècles d'existence, il y avait cet îlot de stabilité qui s'était élevé au milieu d'océans de sang, et cet îlot s'appelait Cassidy. La violence des événements qui avaient précipité cette conclusion, il ne souhaitait pas l'oublier. Tout comme il ne souhaitait pas oublier cette sensation de plénitude à chaque fois que leurs routes se recroisaient, à chaque instant qu'ils partageaient ensemble.
Reprenant pleinement conscience de tout ce qui l'entourait, le sorcier relâcha son souffle. Jamais il n'avait confié tout cela à quelqu'un qui n'avait pas une pleine mesure de qui il était. Jamais il n'aurait cru se révéler à ce point à Enya. Son monde, son univers, ce qui le construisait n'étaient rien que des rumeurs pour la jeune femme, qu'il confirmait à présent. Des non-dits qui méritaient d'être avoués une bonne fois pour toutes. Réalisant à quel point son récit aurait pu être déroutant pour son ancienne compagne, le sorcier se fendit d'une grimace désolée.

-Pardonne-moi si ce n'est pas ce que tu attendais comme réponse. Ou si rien de ce que j'ai dit n'ait de sens. Tu m'as toujours avoué ne pas comprendre la raison pour laquelle je faisais autant de mystère sur mon passé ou mes ressentis, et en voilà la raison. Être un sorcier pluri-centenaire vient avec sa part de désagréments, dirons-nous.

Une pirouette, un coup d'éclat, une étincelle de malice dont il espérait qu'Enya ne prenne pas ombrage. Dont il espérait qu'elle soit suffisante pour alléger l'atmosphère. Car c'était ça qu'il avait aussi toujours voulu lui cacher : le poids d'une vie entière à n'avoir jamais été réellement humain. La prêtrise, la sorcellerie, les esprits, tous ces concepts desquels il avait souhaité tenir la jeune femme éloignée de peur qu'elle ne s'enfuie. Si Aida ne s'était pas enfuie, c'était du fait de leur nature commune. Mettre un doigt sur l'humanité d'Enya lui permettait de comprendre où étaient ses propres erreurs. L'humanité d'Enya était sa force, pas un défaut comme il l'avait toujours considérée, auparavant.
Mais il était temps de laisser le passé au passé, et se concentrer sur le présent. Sur l'avenir.

-Quant à toi, avances-tu également ?



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MessageSujet: Re: You could be my hero, If only I could let go [Enyoah]   Sam 12 Mai - 18:05

« En tout bien tout honneur, bien entendu. »
Je souris, doucement. En tout bien tout honneur. Je ne pensais pas un jour que notre relation serait comme ça. Je crois que j’étais tombée amoureuse de Noah à la seconde où j’avais posé les yeux sur lui. Cette assurance qu’il dégageait, ce charisme, cette intelligence au fond de son regard. Et puis, cette impression dans sa posture, dans la façon qu’il avait d’avoir la tête haute. Ancienne. J’avais perçu ça, déjà, à l’époque. Tout ce que j’avais en faiblesse, il l’avait en force tranquille. J’étais tombée amoureuse en un claquement de doigts. Et puis, j’étais devenue accro. Accro à cette lueur de malice dans ses sourires. A son humour subtil. A sa voix calme et sa façon de parler sortie d’un vieux documentaire, apaisante. J’étais devenue accro, refusant au début de voir la noirceur derrière l’apparence. Parce que, si je montrais mes faiblesses et me laissais dévorer par elles, Noah les avait enfouies et les laissait se distiller uniquement par moments. Je ne l’avais pas vu au début, ou j’avais refusé de voir. Trop dépendante. Trop accrochée à l’idée que Noah était parfait, et qu’il me rendait un peu moins….terriblement imparfaite.

J’avais lutté, au début, contre ça. Contre ce que je ressentais. Parce qu’il était mon médecin, et j’étais une patiente. Il savait tout de moi, je ne savais rien de lui. Une relation déséquilibrée, dangereuse dans sa nature même. Et puis, un homme comme lui ne voudrait pas d’une fille à moitié folle et cassée de partout. Alors j’avais lutté. Pour rester « en bien tout honneur ». Ca n’avait pas duré longtemps. Contre toute attente, Noah s’était intéressé à moi. Paradoxalement, c’est quand j’avais eu l’homme que je voulais que j’avais vu sa noirceur. Mais nous avions vécu une relation passionnelle, dans l’exaltation comme dans la déchirure. Le genre de relation qui ne laisse pas faire demi-tour, normalement. Mais nous l’avions fait. Nous y étions. Je ne sais pas trop ce que nous étions. Amis ? Avais-je la prétention d’utiliser ce terme ? Il y avait plus que cela, avec Noah. Le coup de foudre s’était transformée en douce affection. Plus qu’amis, mais en tout bien tout honneur.

I know I’ve been a liar, and I know I’ve been a fool. I hope we didn’t break it, but I’m glad we broke the rules.

Les paroles de Damien Rice me vinrent naturellement, et mon sourire grandit alors que Noah me parle du travail que j’ai fait. Que j’ai accompli. Il s’enlève le mérite, me l’attribue. J’ai du mal à accepter ce qu’il dit, parce que j’ai toujours vu Noah comme celui qui m’a reconstruite. Pas moi. Moi, j’ai toujours juste été bonne à me casser et à casser les gens autour. Mais, de la même façon que notre relation est devenue plus sereine, ma relation avec moi-même a pris un tournant plus positif. Alors j’accepte, un peu, l’idée que Noah n’a pas fait tout le boulot. Que quelque part, je me suis sauvée. Juste un peu. Je trempe mes lèvres dans le verre qu’il m’a tendu, un peu pensive. Juste le temps de mettre ça dans un coin avant de reporter mon attention sur Noah.

Je suis sincèrement heureuse qu’il avance. Sincèrement heureuse de ne pas l’avoir brisé en mille morceaux. Nous avons tous les deux tiré quelque chose de ce que nous avons vécu. Lui avait un passé lourd comme un 38 tonnes. J’avais un problème avec l’acceptation de moi-même. Il semble que nous ayions avancé, ne serait-ce qu’un peu. L’entendre parler d’Aida avec autant de simplicité et de sérénité provoque une sensation étrange. Aida a toujours été celle que je n’étais pas, celle qui se mettait en travers de notre couple. Celle qui provoquait les crises de colère de sa part, de larmes de la mienne. Celle qui m’a toujours fait me sentir « pas assez ». Bien malgré elle. J’avais été jalouse, j’avais détesté Aida. Et puis, après, j’avais essayé de comprendre. Noah avait perdu l’amour de sa vie. Elle le hantait. La façon dont il l’avait exprimé était contestable, mais le fond était légitime. Même les psychiatres ne sont pas à l’abri de traîner leurs boulets, après tout. Et elle semblait n’en être plus un, ni pour lui, ni pour moi. Elle méritait mieux que ça, après tout, je suppose. Et il méritait de pouvoir en parler avec ce sourire empreint de nostalgie. Je comprenais à demi-mot ce qu’il essayait de dire. Il avait failli mourir. Mais il avait choisi de vivre. Pour quelqu’un. Bon Dieu. Quelqu’un d’assez important pour qu’il choisisse de laisser partir Aida ? Si j’avais un chapeau, je l’aurais tiré. C’était beau. Noah n’avait pas pour habitude de se confier comme ça, de laisser parler son cœur. Il parlait en général plutôt avec sa tête. C’était beau de le voir comme ça. Je me rendis compte d’un coup que c’était à moi qu’il parlait comme ça. Il m’avait choisie, moi, pour me dire tout ça. C’était probablement circonstanciel, néanmoins j’étais émue par cette pensée. Quand nous étions en couple, Noah gardait beaucoup de choses pour lui, parlait peu. Enfin, il parlait peu comme ça. Douce ironie qu’il ait fallu nous déchirer et nous séparer pour qu’il m’ouvre un peu son cœur. La vie trouvait un moyen. Alors je le laissais parler, de cette personne importante, des mots qu’il mettait sur leur relation.
« Pardonne-moi si ce n'est pas ce que tu attendais comme réponse. Ou si rien de ce que j'ai dit n'ait de sens. Tu m'as toujours avoué ne pas comprendre la raison pour laquelle je faisais autant de mystère sur mon passé ou mes ressentis, et en voilà la raison. Être un sorcier pluri-centenaire vient avec sa part de désagréments, dirons-nous. »

Je restai bouche bée, une seconde. Il venait de balancer ça avec une facilité déconcertante. Après l’avoir nié lorsque je l’avais confronté – mais qu’aurait-il pu faire d’autre ? Mais je suppose que l’heure n’était plus aux dénis. J’avais accepté le fait que Noah était probablement plus que ce qu’il laissait paraitre. Qu’il y avait tout au moins une part de vérité dans les paroles de Morienval. Mais l’entendre de la bouche de Noah, c’était différent. Sorcier pluri-centenaire. Ce qui expliquait beaucoup de choses, finalement. S’il me l’avait dit plus tôt, cela aurait apporté une réponse à tellement de questions. M’aurait apaisé. Mais ce n’était certainement pas quelque chose de facile à avouer. Dire que je lui avais lancé ça à la figure sans scrupules. C’était derrière nous, mais quand même. Je haussais les épaules.
« Mais ça conserve plutôt bien, a priori. », répondis-je avec un clin d’œil, avant qu’il ne me retourne la question. Je pris quelques secondes avant de répondre. La question n’était pas facile. Ca dépendait des jours. C’était difficile. Plus difficile que je n’imaginais. Des fois, j’avais l’impression de reculer. Ou de stagner. Je ne savais pas quelle réponse lui donner.

« J’essaie », dis-je finalement. C’était ce qui semblait le plus vrai. « C’est…compliqué, parfois. Mes insécurités ont la dent dure, et… »
Je soupirai. Après tout, il s’était confié, j’avais le droit de lâcher un peu de lest aussi.
« Timothée est allé dans l’Arène. J’ai passé des jours à croire qu’ils allaient le tuer. Et puis, on a appris que c’était faux, qu’ils étaient vivants. Mais il…depuis qu’il est revenue, il a changé. Ce qu’il a vécu, ça l’a brisé. Et moi, j’ai parfois l’impression de rattraper les pots cassés. Et que l’homme avec qui je vis et l’homme qui m’a séduite ne sont pas les mêmes. »

Je baisse les yeux, hausse les épaules.
« Je ne peux pas le blâmer, avec l’Arène, j’aurais été brisée aussi. C’est simplement compliqué. Il part sans prévenir, se met en danger. Et après, il n’accepte pas que je suive mes convictions si ça va plus loin que rester derrière ma radio. C’est difficile à gérer. Quand je l’ai rencontré, j’avais l’impression qu’on se comprenait. Maintenant….je n’en suis plus sûre. »
Je bus une nouvelle gorgée, plus pour reprendre un peu une contenance qu’autre chose.
« Et puis, c’est la merde partout. A l’hôpital, c’est la panique, entre les gens qui disparaissent, le trafic de sang, la violence omniprésente, le manque de moyen. Des fois, j’ai l’impression de compter les morts plutôt que de sauver des vies. J’ai essayé d’aider la Résistance, résultat j’ai failli tuer des gens en me faisant duper par un groupe extrêmiste. Du coup, je suis allée voir quelqu’un en qui j’avais plus confiance, Dieu merci il a tenu parole. Mais pour être honnête, je cherche désespérément un sens à ce que je fais, et j’ai l’impression que toutes mes tentatives sont vaines. J’aimerais faire plus, mais je n’en ai soit pas les moyens, soit pas le courage, et bordel, si je ne peux même pas gérer ma vie personnelle, comment je pourrais aider les gens et résister réellement à un gouvernement pourri ? »
Je soupire longuement, relève la tête vers Noah, souris, presque amusée.
« Voilà, donc j’essaie. J’ai l’avantage d’avoir toujours de l’espoir. De croire que je finirais par voir le bout du tunnel et trouver un moyen de faire la paix avec ce monde et avec moi-même. Pas évident, hein. Parce que le monde est encore plus tordu que moi. »

Je bois une nouvelle gorgée, pensive, repose mon verre puis, instinctivement, saisis doucement la main de Noah.
« Ca fait du bien, de parler à quelqu’un de confiance. »

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MessageSujet: Re: You could be my hero, If only I could let go [Enyoah]   Ven 25 Mai - 1:02


Ce n'était pas circonstanciel. Pas pour Noah. Il s'était formé une intimité toute particulière avec son ancienne amante, une évolution naturelle, progressive, de leur relation. Une forme de conscience de l'autre, bien au-delà des à-priori qu'ils pussent avoir par le passé. Parce que le temps avait déposé son baume sur les blessures. Il avait pansé les plaies, il en avait profité pour ouvrir tant les yeux que les coeurs. Et c'était de là que découlaient les confessions que Noah avait concédées à la brunette. Un prolongement naturel de ce qu'ils avaient été sans l'être réellement, des amis, des proches, avant d'être des amants. Ils avaient bien vu ce que ça donnait, auparavant. Mais le fantôme d'Aida ayant retrouvé la paix, il n'était plus question de ça. Il n'était plus question d'Aida, seulement d'Enya.
Se confier avait été un exercice étrange, troublant, pour le sorcier. Un art bien loin de ses habitudes, auquel il s'adonnait sans trop savoir où il allait. Pour autant, il était prêt à relâcher les armes. Parce qu'ils avaient suffisamment lutté, suffisamment souffert, l'un comme l'autre, pour finalement apprendre qui ils étaient. Du temps de leur relation, le rapport était déséquilibré : de par sa profession, Noah savait tout, tout en ne sachant rien. Tout d'Enya, de la manière mesurée qu'elle avait de maîtriser sa respiration quand la panique montait, au froissement de son nez mutin lorsqu'elle était agacée. Mais elle, elle n'avait jamais rien su de qui il était. Comme une contrepartie, comme une façon de s'excuser, il était prêt à la laisser entrer dans son coeur. A en voir la noirceur et les éclats de radiance, épars, sans la moindre réserve. Parce qu'avant elle n'avait pas été méritante à ses yeux, et il s'était profondément trompé. Elle l'avait toujours été, depuis toujours. C'était lui qui s'était convaincu du contraire.

Le sorcier ne manqua rien de l'expression de son ancienne compagne. Un étonnement qu'elle n'avait pas pris la peine de feindre alors qu'il concédait finalement une part de vérité qu'il ne lui avait jamais offerte : son âge. Lors de leur rupture, elle avait avoué avoir cru chaque aveu que lui avait fait Rafael. Force était de constater qu'en réalité, elle n'avait pas choisi de les croire entièrement. Une qualité qu'elle avait toujours eue, qu'il avait toujours admirée chez elle, quand bien même il se fourvoyait avec des illusions qui n'avaient rien de concret. Enya avait beau être fragile, influençable, même, elle n'était pas sotte. Elle était surtout une jeune femme dotée d'une loyauté indéfectible. Si forte, si rare en des temps comme ceux dans lesquels ils évoluaient. Aussi s'offrit-il le luxe d'un léger sourire, amusé, alors qu'il voyait ses yeux s'écarquiller. Sourire qui s'élargit alors qu'elle reprenait ses esprits et répondait du tac au tac qu'il était bien conservé. Son humour. C'était ça qui avait manqué, cruellement, à leur relation passée. Cette connivence simple et agréable qui les avait tant rapprochés.

Laissant un silence confortable s'installer entre eux le temps que la jeune femme cherche ses mots, le psychiatre avait glissé ses lèvres dans son verre. Le vin français, un énième cadeau de l'infinie cave de Wiggins, glissait parfaitement sur le palais. Un arôme envoûtant, léger mais chaleureux, qui enveloppait les sens et permettait aux langues de se délier. Qui réconfortait autant qu'il rendait leur courage aux rescapés de la douleur. Il allait relancer la conversation mais n'en eut pas besoin. La voix d'Enya, assombrie par la réalité, revenait chatouiller ses oreilles et rompre petit à petit le silence.
Il la laissa parler, n'ayant rien à ajouter. La laissa se confier sur sa relation avec le fameux Timothée, et se surprit à ne pas éprouver de pincement au coeur. La preuve que la blessure avait fini, elle aussi, par cicatriser. Non, ça ne lui faisait plus de mal de l'entendre en parler. Ca l'inquiétait. Car dans ses aveux, ses demi-mots, il pouvait voir une ombre tapie dans les non-dits. Le désespoir.
Il y avait de la lassitude, dans la voix de la jeune femme. De la frustration, de la hargne. Mais surtout lui, le Monstre Désespoir, cette fraction d'ombre qui s'agglutinait autour du coeur au point de le faire étouffer. Une créature polymorphe qu'il entrevoyait entre chacune des phrases de son ancienne amante, qu'il connaissait parfaitement pour la fréquenter au quotidien. Tous ceux qui franchissaient sa porte la portaient sur leurs épaules, dans leur tête, contre leur coeur. Un autre type de fantôme qui semblait ne jamais vouloir quitter ceux qu'elle hantait.

Timothée s'était assombri, et Enya de s'assombrir avec lui. Noah savait, pour y avoir assisté, que le jeune homme avait été parmi les malheureux "volontaires" de cette hérésie qu'avaient été les Forgiven Days. Et s'il n'avait pas forcément fait le rapprochement entre le candidat et l'amant d'Enya, il le faisait à présent. Ses sourcils se froncèrent sans qu'il ne pipe mot. Vu les circonstances, ce n'était pas si difficile d'additionner deux et deux. Ces expériences brisaient les hommes, leurs convictions et leurs âmes en même temps que leurs corps. Comme des vétérans de retour du front, ils n'étaient plus jamais les mêmes. Un changement systématique qui, même en étant pris en charge, impactait nécessairement tout l'entourage.
Mais il pressentait qu'Enya n'avait pas besoin d'entendre son avis de psychiatre. Ses confessions, ce n'était pas à son psy qu'elle les faisait. C'était à un ami, à un confident. Pas à un professionnel.

S'il avait tendu la main, il aurait pu frôler la détresse qui émanait de la brunette. Dans ses frustrations quant à l'hôpital, celles quant à la Résistance. Des paroles qu'il avait entendu maintes fois dans son cabinet, ici aussi. L'aveu d'une impuissance croissante face à un Gouvernement abusif qui ne laissait plus leur place aux citoyens pour respirer. Entendre Enya avouer son impuissance le renvoyait aux dernières visites de Cassidy. A ses discours emportés sur l'état du monde, et cette profonde lassitude qu'il lisait au fond de ses yeux clairs quand les émotions laissaient place à l'abattement. Le sorcier comprenait parfaitement leur ressenti, à tous les deux, mais qu'y pouvaient-ils faire ? Qu'y pouvait-il faire, lui, pour apaiser leurs maux ? Si peu, en réalité. Tout du moins, peut-être pourrait-il en faire d'avantage, pour peu qu'il le souhaite réellement.
Mais ce n'était pas à l'ordre du jour en ce qui le concernait.

-Alors tiens-toi à ton espoir. Accroche-toi de toutes tes forces, ne le perds jamais de vue. Car même si l'avenir semble incertain et le chemin semé d'embûches, ce n'est qu'en suivant ton espoir que tu parviendras à trouver cette paix à laquelle tu aspires. Voire même à changer le monde qui t'entoure.

Y croyait-il ? Sur le moment, oui. Sur le moment, ce n'étaient pas des paroles en l'air mais l'expression sincère de son ressenti. Il n'y avait qu'avec de l'espoir que le monde évoluait, que l'orbite changeait, même légèrement, son orbite. Il n'y avait qu'avec l'espoir que les ombres s'effaçaient au profit du jour et laissaient place au renouveau. Et s'il réalisa après coup que ses paroles pouvaient être vaines, voire même illusoires, il ne revint pas en arrière. Au fond, elle avait raison. Cassidy avait raison. Il n'y avait bien que l'espoir pour donner suffisamment de corps aux Hommes pour continuer.
Ses doigts s'enroulèrent autour de ceux de la jeune femme, alors que Noah lui rendit son sourire. Hochant lentement la tête, il répondit, doucement.

-C'est m'accorder trop de crédit que de dire des choses pareilles, Cara.

Il ne s'agissait pas seulement de fausse modestie, mais de la réalité crue. La confiance avait été un concept lointain pour Noah pendant bien des années. Ce n'était que depuis peu qu'il y retrouvait goût, et encore, pour une rare sélection d'initiés.

-Quelques fois, dans une existence, il faut se distancier. Des problèmes qui semblent insolubles, des relations qui semblent vouées à l'échec, de la violence au quotidien, qu'elle soit extérieure ou intérieure. La solution est évidente, mais impossible à voir sans cette forme de distance. Et je crois que c'est de cette distance dont tu as besoin actuellement. Pas seulement de tes problèmes immédiats, mais surtout pour te retrouver toi-même.

Caressant doucement la peau de son amie, il poursuivit, après une énième gorgée de vin.

-Tu le sais, rien de ce que tu as dit ne sortira de cet appartement. Tout ce qu'il te reste à faire à présent, c'est te ressourcer. Recouvrer tes forces, ta combativité, t'accrocher à ton espoir et voir enfin l'intégralité du tableau. Je suis à tes côtés pour t'y aider, non pas en tant que professionnel, mais en tant qu'ami. Même si le professionnel serait d'avis que tu te reposes incessamment sous peu, mais il n'a plus sa place dans cette conversation.

Une étincelle de malice traversa ses iris verts alors qu'il gratifiait la jeune femme d'un léger sourire. Non, le professionnel était couché depuis bien longtemps, il ne restait plus que l'ami. Et l'ami avait beau partager l'avis du psychiatre, il n'était pas là pour enfoncer le clou.
Cependant, il était évident que la jeune femme allait déjà mieux. Ses paroles, ses gestes, ses regards, étaient déjà nettement moins erratiques. Plus fixes. Plus droits. Noah savait parfaitement ce que ça signifiait, chez son ancienne compagne. Elle retrouvait déjà le calme et la quiétude, elle se sentait déjà plus en sécurité. Se concentrant sur ses traits arrondis, le sorcier cilla légèrement. Lentement, les meubles tout autour d'eux s'évanouirent, les murs de la cuisine tombèrent, au profit d'une campagne verdoyante, lumineuse sous un ciel d'azur. L'Italie de l'époque, son ciel d'un bleu limpide, son soleil éclatant, la richesse de ses terres et le chant de ses cigales enveloppèrent progressivement les deux amis. Et Noah de toujours étreindre doucement la main de son ancienne compagne dans la sienne, l'expression sereine, rassurante.

-Quelques fois, le monde semble n'être que ça. Quatre murs dans un état médiocre, un toit qui ne retient pas même la pluie. Mais en réalité, il n'a pas à être gris. Terne. Moribond. Non, en réalité, il peut redevenir comme il l'était, pour peu qu'on le désire ardemment. La Terre peut porter de nouveaux fruits, l'Humanité peut respirer à pleins poumons. Et les problèmes peuvent s'évaporer, eux aussi, pour peu qu'on accepte de les laisser s'envoler.

L'Italie s'effaça à son tour, vacillante sous une bourrasque de vent tout autour d'eux. Sans laisser baisser sa concentration, le sorcier entreprit de recréer toutes ces images qu'il avait vues dans les illusions d'Isak. Le dix-huitième siècle, les salons intimistes de conversation, les hauts murs lardés de lambris de bois sombre travaillé. Tout tourna sous le bruit d'un klaxon de voiture, alors qu'il recréait à présent l'Amérique de Cassidy, autour de leur table, de leurs mains jointes. Une rue des années cinquante, tourbillonnante de vie, de rires et d'odeur, les voitures arrondies klaxonnant au passage des roulottes des bohémiens.

-La vie est un mystère pour nous tous, et pourtant, elle est toujours la même, quels que soient les âges. L'Humanité tourne sur elle-même, en révolutions perpétuelles. Et après les ères de ténèbres viennent nécessairement les périodes d'illuminations.

Il tourna la tête vers la roulotte qui allait pour dépasser la table à laquelle ils étaient assis. Croisa le regard lumineux d'un Cassidy bien plus jeune et bien plus heureux, et lui rendit son sourire. La roulotte poursuivit sa route alors que Noah fermait les yeux. La campagne Italienne se mêla au salon Suédois, le salon Suédois à la ruelle Américaine. L'association, pourtant peu orthodoxe, s'assemblait sans la moindre gêne. Des hommes en livrée esquivaient adroitement les voitures noires, les bâtiments élancés de l'Amérique enfonçaient leurs racines dans la terre verdoyante de l'Italie. Et tout s'évapora, alors que le sorcier rouvrait les yeux sur son ancienne compagne.

-L'illumination dont a besoin ce monde, c'est ton espoir. Le tien, celui de tous ceux qui luttent pour l'avenir. Et si tu doutes de qui tu es, de ce que tu souhaites et des raisons qui t'importent, prends ton temps. Le monde ne s'est pas construit en un jour, il saura t'attendre.

Ils étaient de nouveau dans la petite cuisine aux meubles peints, les mains toujours jointes au-dessus de la table ronde. Accusant légèrement le coup après son illusion, le sorcier se tut et attrapa son verre pour le vider d'un trait. Son regard glissa sur leurs mains, avant de revenir s'accrocher aux prunelles marrons d'Enya.

-Il n'y a que quand tu auras repris des forces que tu trouveras toutes les solutions à tous tes problèmes. Mais ne perds pas espoir. Elles existent. Toutes.

Je te le promets.



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MessageSujet: Re: You could be my hero, If only I could let go [Enyoah]   Mar 5 Juin - 17:44

Les mots de Noah sont encourageants, rassurants. Ils sont ce que j’avais besoin d’entendre à cet instant. J’étais arrivée chez lui en panique, mais là, un verre à la main, à l’écouter, je me sens plus sereine. Presque complètement sereine. J’oublierais presque pourquoi j’étais venue, cet homme du gouvernement, ma vie qui part en vrille. Ou qui continue à partir en vrille, je ne sais plus bien. Je ne sais plus quand les choses ont été calmes, dernièrement. Avant maintenant, ici. Et je suis reconnaissante envers Noah pour ses mots et son attitude envers moi. Reconnaissante d’avoir quelqu’un qui m’écoute.
«  Je suis à tes côtés pour t'y aider, non pas en tant que professionnel, mais en tant qu'ami. Même si le professionnel serait d'avis que tu te reposes incessamment sous peu, mais il n'a plus sa place dans cette conversation. »
Je souris doucement. Ami. J’aimais bien ce mot. Il nous allait bien, finalement. J’avais dit, un jour, que le bonheur que nous avions Noah et moi n’était pas orthodoxe. Mais que c’était le nôtre. A l’époque, j’étais encore amoureuse, accro à lui. Mais je n’avais pas tort, au final. Notre relation n’avait jamais été réellement orthodoxe. Elle ne l’était peut-être toujours pas. Mais elle était belle, et c’était ce qui comptait. L’amitié que nous avions construite était belle. Et alors que j’allais répondre, Noah me prit la main et tout changea autour de nous. Littéralement.

J’écarquillai grand les yeux alors que nous nous retrouvions au milieu d’un paysage magnifique. Tournai la tête afin de le voir. Mon cerveau ne comprenait pas ce qui se passait. Où nous étions. J’avais entendu parler des illusions. Je savais que certaines personnes pouvaient en créer, faire voir ce qui n’était pas là. Mais je n’en avais jamais vécu. Et c’était à couper le souffle. Mon cœur comprit, rapidement, que ce paysage était la création de Noah. L’Italie, peut-être, sûrement. Son pays. Ce serait toujours son pays. J’oubliais, souvent, trop souvent, qu’il n’était qu’installé aux Etats-Unis. Il y avait cette pointe de nostalgie dans l’air. Et puis le paysage changea. Changea d’air, changea d’époque aussi. Un deuxième changement. Tout se mélangea. J’essayais d’imprimer ces images dans mon esprit, de ne jamais les oublier. Consciente que ce que j’étais en train de vivre était un cadeau de Noah, un cadeau rare et précieux. Emerveillée comme une gosse, je voulais me souvenir de tout. Je ne sentis même plus que je serrais la main de Noah un peu plus fort.

Lorsque le paysage disparut et que les murs de l’appartement reprirent leur place, j’expirai, enfin. Repris mon souffle. Mon cœur battait vite, et était d’une sérénité incroyable dans le même temps. J’adressai un regard à Noah. Il n’y avait pas de mot, alors j’espérais que mes yeux pourraient lui dire merci comme je voulais lui dire. C’était drôle, quand on y pensait. Il m’avait soigneusement caché sa nature pendant des mois. Et maintenant, il m’en offrait un peu. Je pris conscience, alors, que cela nécessitait de la confiance. Une confiance qu’il n’y avait peut-être jamais eu avant entre nous. Ma gorge se noua, et je déglutis un bon coup pour chasser les larmes qui s’annonçaient. Des larmes de joie et de reconnaissance. Bien lointaines des larmes de peur et de colère que j’avais combattues avant.

« L'illumination dont a besoin ce monde, c'est ton espoir. Le tien, celui de tous ceux qui luttent pour l'avenir. Et si tu doutes de qui tu es, de ce que tu souhaites et des raisons qui t'importent, prends ton temps. Le monde ne s'est pas construit en un jour, il saura t'attendre. »
Le saurait-il vraiment ? Le voudrait-il ? Je m’étais toujours imaginée qu’être perdue était une constante de l’adolescence. Force était de constater que j’étais adulte, et pourtant pas beaucoup plus avancée. J’avais trouvé ma voie, j’avais trouvé mes valeurs. Mais je bégayais encore à trouver comment les assumer, les vivre, les transmettre. Une vie rectiligne n’existe pas. Combien de virages avais-je pris ? Combien en prendrais-je encore ? Noah semblait serein, comme à son habitude. Comme s’il était confiant dans ces virages. Après tout, il en avait connu lui aussi. Il y avait survécu. Je devrais pouvoir survivre aussi. Mieux : je devrais pouvoir vivre. Alors je souris, et me contentai de hausser les épaules.

« Je suppose », dis-je simplement. Pas d’assurance complète. Pas d’affirmation. Simplement la porte ouverte à, un jour, trouver le chemin qui me convenait. Ou accepter que le chemin sur lequel je suis n’et pas mauvais. Après tout, il m’avait menée ici.

« Il n'y a que quand tu auras repris des forces que tu trouveras toutes les solutions à tous tes problèmes. Mais ne perds pas espoir. Elles existent. Toutes. »
Il suffisait de les trouver, me souffla la petite voix dans ma tête. Plus facile à dire qu’à faire. Mais pas impossible. Je me levai, et, doucement, vint déposer un baiser sur la joue de Noah. Un léger frisson me parcourut l’échine ; réminiscence d’un temps où ce geste avait une toute autre signification.
« Merci », soufflai-je. « Tu as toujours su trouver les mots, avec moi. C’en est presque effrayant, tu me connais trop bien. », ajoutai-je en riant doucement. Il était peut-être la personne qui me connaissait le mieux, après tout. Cela m’effrayait, avant. Maintenant, plus tellement. Maintenant, j’étais contente que quelqu’un me connaisse vraiment.

« Bon, et si j’allais découvrir cette fameuse chambre d’amis, avant de boire tout ton vin ? », dis-je avec un clin d’œil avant de me diriger vers l’escalier et de monter à l’étage. Un étage qui ne m’avait jamais été accessible. C’était étrange, quand on y pensait. A l’époque, je n’avais jamais réclamé à monter. J’avais assumé qu’un jour, s’il le souhaitait, Noah m’y emmènerait de lui-même. Alors j’ouvris les yeux avec curiosité. Et ma curiosité fut satisfaite, dans un premier temps. Puis ravivée, dans un second.

Car à l’étage, il n’y avait pas qu’une chambre d’amis. Il y avait des peintures, partout. Des portraits, en fait. Et si certains m’étaient inconnus, j’en reconnaissais d’autres. Et je reconnaissais surtout mon propre visage. Je restai un moment devant cette peinture, incapable de bouger. Le cœur chamboulé.
« C’est…c’est toi qui a…. »
La fin de la question ne sortit pas. J’avais du mal à croire que Noah avait pu peindre ça. Qu’il m’avait peinte, moi. Et d’un autre côté, une partie de moi espérait très fort qu’il soit l’auteur de ce portrait. Parce qu’il était beau, ce portrait. J’étais belle dessus. Plus belle que je ne l’avais jamais été quand je me regardais dans un miroir. J’étais différente.
« Désolée, tu ne voulais peut-être pas que je le voie. », dis-je dans un souffle, incapable de détacher mes yeux de cette fille qui me ressemblait. Je n’avais même pas fait vraiment attention aux autres, du coup. J’inspirai un grand coup, me détachai, regardai les autres portraits. Je crus reconnaitre un des frères Wiggins. Il y avait un grand brun au regard doux, que je ne connaissais pas. Un autre grand brun que je reconnus très bien : Morienval. Même son portrait me donna la chair de poule.

D’autres hommes, d’autres femmes. Une en particulier attira mon attention.
« C’est Aida ? »
Elle était différente de l’idée que je m’en étais faite. A vrai dire, je m’étais toujours imaginée Aida comme me ressemblant, en plus belle. En plus parfaite. Mais finalement, elle ne me ressemblait pas tant que ça. Même si….quelque chose, quelque part. Une impression. Qui m’avait attirée vers elle instinctivement. Peut-être était-ce la même chose qui avait attiré Noah vers moi.
« J’aurais aimé la rencontrer. C’est drôle, hein. Je l’ai détestée pendant un moment, je lui en ai voulu, parce qu'elle m’empêchait de t’avoir. Hypocrite, comme si je ne savais pas ce que c’était que de perdre sa famille. »
Je fermai les yeux une seconde. La douleur de perdre ma mère, puis mon père, puis Casey, était toujours là, quelque part. Elle me vrillait moins les tripes qu’avant, mais elle était dans un coin, plus calme. J’ignorais si la perte de Noah faisait aussi mal, ou plus mal. Probablement plus mal encore.
« Maintenant, je crois que je lui suis reconnaissante de t’avoir poussé vers moi, d’une certaine façon. »
Je souris. J’ignorai même si Noah était assez près pour m’entendre, ou s’il était resté en bas. Je crois qu’il était monté, je sentais presque sa présence. Mais au fond, je ne sais pas si je lui parlais, ou si je parlais pour moi. Pour faire la paix avec ce que je ressentais.

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