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 Say you'll remember, say you'll understand -Regan

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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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MessageSujet: Say you'll remember, say you'll understand -Regan   Ven 19 Jan - 0:34

Aucune de ces rues n'était pour lui, et aucun porche ne se faisait cachette ou refuge. Myles soupira, étranglé : l'endroit lui semblait lourd, tellement lourd... Comme un rejet de lui, du jeune homme qui marchait, les poings serrés et le visage concentré, lorsque ses habitudes étaient dans des quartiers plus calmes, plus sûr.
Il y avait une fièvre à ses yeux et à son front, le jeune homme la sentait pulser comme un second coeur, un coeur pas à sa place, un coeur arraché. De drôles de mots pour de drôles de pensées... Lentement, il regarda en arrière, tournant juste la tête, non le corps entier. Rien, juste le noir et les ombres, peut-être que quelques paires d'yeux l'observaient, peut-être qu'elles n'étaient pas toutes amicales, il n'avait aucun moyen de le savoir.
Un jour, il avait été un garçon dans l'ombre lui aussi, un voleur ou un malandrin, peu importe le mot. Il avait été ça, oui, mais pas tout seul lui souffla la petite voix dans sa tête. Qu'importe, aurait-il pu répondre, qu'importe, cela était il y a trop longtemps, avant même la mort....

Il reprit sa marche, ne chercha pas des fantômes imaginaires entre trottoirs et pavés, son esprit rationnel reprenait le dessus. Myles venait ici pour une chose: un peu d'oubli. Quelque chose d'autre lui plaisait, bien qu'il ne sache comment l'admettre: regarder les gens. Il voyait bouger ombres et corps, peu importe leur sexe, se faisait parfois effleurer par un manteau, un vêtement, un bras aussi lorsque quelqu'un pressé l'écartait du chemin, et cela était différent de la vie de tous les jours. Parce qu'ici, la perspective d'un peu de drogue bientôt l'empêchait de craindre d'avoir mal ou de trébucher, le jeune homme laissait tomber ses barrières mentales, celles de la vie de tous les jours. D'une façon étrange, il profitait vraiment...
Et cette heure précise, personne ne semblait être sur son chemin, il n'y avait que lui, l'ombre de ses pas aussi bien plus que leur écho.
Il marchait.

Bientôt, le jeune homme reconnu l'adresse qu'on lui avait donné. Il venait pour la seconde fois simplement, la première remontait à il y a quelques semaines déjà, presque un mois en vérité. Myles était bien plus un trouillard qu'un drogué, quand il se reprenait, quand il se comprenait, l'homme n'avait aucun mal à vivre et marcher. Sauf que quelque chose en lui parfois voulait se comporter comme un enfant, avec le fantasme qu'à la prochaine chute, quelqu'un le rattraperait et le serrerait contre lui.
Rêveries et affabulations.
Il frappa, on le laissa entrer. Des lumières à l'intérieur, des voix, certains venaient ici pour le plaisir de la séduction. On y draguait ce qui était interdit, et il y avait quelque chose d'assez démodé dans ces manières licencieuses que l'on croisait alors, on y trouvait aussi quelques drogues parmi les plus vieilles au monde, celles-là même que Myles désirait.
En dehors des livres, Myles n'avait jamais pu connaître les grand salon du XIXe siècle, il s'imagina que cela devait y ressembler quelques peu. Il y avait d'autres maisons de ce genre dans le quartier, d'autres endroits, tous n'avaient pas goûts pour les boîtes et les bouges modernes après tout.  Comme prévu, il paya. Peu habitué au monde -des personnes allaient et venaient entre les pièces -, à l'ambiance, au lieu, Myles ne savait ce qu'il aurait en retour. On lui glissa un verre entre les mains, l'odeur était forte.
Le jeune homme s'éloigna alors, rasant les murs, ne s'approchant pas des fenêtres. Il but.
Absinthe...
Distillé maison apparemment, déjà il pouvait se sentir euphorique....

Le verre à moitié vide, il se surprit à dévisager quelques unes des personnes présentes, toutes semblaient avoir le visage gris, quelques femmes étaient belles quand même. Une d'entre elle lui sourit, le faisant rougir jusqu'à la racine. Il hocha un peu la tête et changea de pièce, gêné comme un enfant. En passant le seuil, quelqu'un le frôla. Du coin de l'oeil, Myles perçut la couleur de ses cheveux, il ne pu retenir sa main libre et les effleura.
La femme, elle aussi était une femme, était dos à lui, il n'éprouva pas le besoin de voir son visage.

”Pardonnez-moi...”

L'alcool brouillait tout, absolument tout.

”Quelqu'un vous a énervé? Je peux vous escorter au besoin...”

Des souvenirs qui volent et viennent

”Je t'accompagne, Rose, j'te laisse pas toute seule même pour aller à deux rues de là!

”Enfin si vous désirez partir, je me mêle de ce qui ne me regarde pas...”

Ses yeux restaient plantés sur la nuque de la jeune femme, peut-être la colère était-elle une émotion comme une autre pour elle, juste un masque de plus. Une femme ne fuyait pas toujours quelqu'un après tout....

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MessageSujet: Re: Say you'll remember, say you'll understand -Regan   Sam 20 Jan - 15:54


Délicatesse dans le geste, la caresse des ongles contre le verre. Trop courts pour une créature de son acabit, suffisamment longs pour convenir à cet autre duquel elle dépend. Jambes croisées sous le comptoir, le talon de sa chaussure coincé avec une négligence toute calculée dans le pied du tabouret sur lequel elle trône avec insolence. Lyn, porcelaine de velours, des promesses de tout et de rien accrochées à ses cils et dans les mystères de ses sourires voilés. Jamais entiers, toujours fuyants pour se faire charmants. Mécanique bien rodée d'un être pour qui la séduction est devenue un art. Une belle ironie pour quelqu'un qui n'éprouve aucun attrait pour ce genre de pratique. Le tressaillement des premiers instants ne fait que l'effleurer, puis disparaît pour ne laisser que de l'aversion et un profond vide. Cet espace béant dans la poitrine du résistant, place d'un cœur mort, assassiné par les pertes qu'il a dû endurer. Ces horreurs qu'il a dû surmonter. Seul. Solitude atroce et dévorante,  à l'image de celle dans laquelle s'enlise la jolie rousse.

Elle a vu les regards qui se sont posés sur elle a son entrée dans l’antre de débauche improvisée. Terrain de chasse d'une envoyée du vice et du sale. Loin d’y être la seule d’ailleurs. Elle détonne pourtant dans ce décor, avec son assurance sublime, ce sensuel qui s'accroche au moindre de ses gestes, éclipsant l'homme dans son entier. Lui qui excelle dans l'art alambiqué du changement de genre, l'un et l'autre à la fois et séparément. Ambivalence forgeant sa différence, ce secret interdit connu de peu. Ce disfonctionnement dans son système considéré comme une erreur depuis l’aube de sa vie. On a tenté de le faire avoir honte de son odieuse différence, de la plus douloureuse des façons, à détester ce déchirement de son être jusque dans les tréfonds de son âme. Exercice vain, insufflant la souffrance dans le corps mais jamais dans l’esprit. Tiraillement devenu une force, la meilleure part de lui-même, la seule à laquelle il peut se raccrocher maintenant qu’il a perdu sa magie. Soupir sur les lèvres carmin, les ongles tapent plus nerveusement contre le verre lorsque l’apostrophe se glisse contre elle. Masculin prenant ses droits sur le tabouret à côté du sien, empiétant dans son espace vital sans la moindre pudeur. Raideur dans les membres, à mesure que la discussion aux allures de monologue s’éternise, Lyn se referme. Réalise que cette fois, bien plus que toutes les autres, elle n’a pas envie de prétendre. Nullement envie de se faire souiller par les envies basses d’un pauvre type qu’elle exècre de tout son être.

L’incendiaire se lève, délaisse son verre. Nulle envie de boire, ironie pour un être rompu à l’alcoolisme.  Sensuelle, elle attise le regard contre sa silhouette, lubrique dans le sourire qui se colle sur les lèvres du bonhomme, persuadé qu’elle accepte. Le refus s’invite dans un de ces sourires singuliers, le corps qui s’éloigne avant d’être rattraper par la poigne rustre de l’homme. S’insurge sous la peau, le sang montant rehausser l’éclat des taches de rousseur sur ses joues. Main baladeuse qui s’invite là où elle ne devrait pas, dérive contre la courbe de sa hanche et la gifle part. Résonne dans la pièce où les conversations cessent. Puis repartent dans un bruissement, le murmure de rires grossiers en vagues fragiles contre les murs sales. Sale pute, l’insulte classique qui glisse mais qui ne touche même plus. A défaut, Lyn lui offre son sourire le plus étincelant, des éclats assassins dans le regard qui écrase le mufle. Provoque une dernière fois une confrontation que le résistant cherche presque, des fourmillements de haine déjà présents dans les doigts. Réplique tant attendue qui ne vient pas, et elle tourne les talons. Quitte la pièce avec une tension douloureuse dans ses membres.

Elle ne fait nullement attention à l’homme arrivant dans sa direction, s’en moque éperdument, enlisée dans son humeur morose. Le frôlement électrise, presque autant que la caresse de doigts inconnus contre les boucles rousses. Sans même le voir, avant même qu’il ne parle, elle sait. Appose un nom, Son nom sur le mirage de sa présence. Etienne. Lyn se fige, jambes de plomb refusant de la porter plus loin, son cœur qui se met à battre plus fort dans sa poitrine. Pas dans un tel lieu, pas comme ça. Elle souffre, inspire et ferme doucement les paupières. Charmée par les notes de cette voix qui lui a affreusement manquée. En une frêle seconde, Regan se morcèle, terrassé par un capharnaüm de sentiments. Une autre seconde, et il se reconstruit du mieux qu’il peut.

« - Quelques paroles malvenues m’ont contrainte à m'éloigner des mauvaises fréquentations qui peuvent traîner là-bas. » Souffle-t-elle, s’improvisant mutine alors qu’elle se retourne légèrement pour lui faire face et désigne d'un léger mouvement de main la salle qu'elle vient de délaisser. Erreur. Maintenir le féminin dans sa voix lui a paru un exercice d’une difficulté atroce, poser les yeux sur son cadet menace de tout faire chavirer. Le regard inspecte, malgré lui, écorche la silhouette dégingandée afin d’épancher le besoin pressant de l’ancrer à nouveau à sa mémoire. Racle les contours du verre et le liquide émeraude qu’il contient. Se bousille alors le cœur fêlé lorsque les pupilles s’accrochent enfin à celles de Myles, à cette nuance singulière devenue sa lumière dans son ancienne existence. La douleur se fait plus intense encore sous la peau pâle, et Lyn recule d’un léger pas, frôle du bout des doigts l’encadrement de porte pour se raccrocher à ce présent qui la déroute.

« - Tu me fais là une bien délicate proposition. Je ne suis pas certaine que ce que tu tiens dans ta main fasse de toi une bonne escorte cependant. » Moqueuse, délicatesse d’un sourire sur les lèvres, elle désigne d’un léger mouvement de tête le verre entre les doigts. Trop protecteur envers son cadet pour se faire à l’idée que lui aussi, se laisse bercer par les promesses contenues dans un verre. Fée verte aux atouts certains et dangereux, embrouille les esprits et détruit la raison.

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MessageSujet: Re: Say you'll remember, say you'll understand -Regan   Dim 21 Jan - 18:26

Un étrange ballet et une cruauté tout autant car alors même que Regan – Lynn- faisait face à son frère, Myles, lui, tourna la tête dans une direction différente. Il ne savait pas encore, il ne doutait pas, ni de ses yeux, ni du monde, innocent et sincère comme seul un enfant pouvait l'être.
L'autre pièce contenait de méchantes personnes alors, cela le fit froncer les sourcils, un geste de gosse, des émotions exacerbés sur son visage quand il en portait, mais cela arrivait si peu....

”Je ne goûte pas la compagnie de gens aux paroles insultantes, dans tous les cas il va me falloir changer de chemin...”

Le calme dans sa voix, comme un poème aux rimes déjà mortes, comme un moyen de se cacher du monde, de ne pouvoir représenter quelque chose de concret, de palpable. Et Myles, à sa manière était aussi évanescent que cette soeur/que ce frère là, à ses côtés. L'un comme l'autre, ils n'étaient que d'anciens rêves...
Et puis ses yeux rencontrèrent ceux de Lynn enfin, la douleur n'aurait pu être plus grande. Un instant, Myles chercha en lui tous les mensonges dont il aurait pu être capable: le visage de Rose, le souvenir de son frère quand la vie était toute autre, les vapeurs de l'alcool, le verre dans sa main... Comme si la femme était un mirage comme un autre qu'il se construisait seul, lui donnant les yeux de la personne qu'il avait su capable un jour de le regarder avec tendresse et compassion, et le corps d'une femme qui n'avait pas été la sienne.
Myles savait mentir, il cru y arriver, il cru POUVOIR y arriver, songea à vider le verre un peu plus comme une aide et une noyade tout à la fois, ne fit rien.
Fermer les yeux lui devenait impossible tout autant, il se souvenait des bras de son frère autour de lui, d'une douleur trop grande de son ventre jusqu'à son flanc et que rien ne savait arrêter. Sa propre haine soudain, malgré tout l'amour d'Emile qui l'avait porté ainsi que l'aurait fait cette femme là, lui faisant face, soeur et pieta tout à la fois.
Et que devait-on dire maintenant, que devait-on faire?

”....Pourtant il ne faut jamais se fier aux apparences, n'est-ce pas?”

Continuer la conversation simplement, ses mots étaient du sables dans sa gorge, ils s'échappaient quand même. Myles s'imagina un instant lâcher le verre, ne le fit pas. Il n'avait plus assez de souvenirs pour être apaisé à vraiment, et la colère grondait dans ses yeux, colère de ce qu'il avait été, de sa vie, de leur vie à tous les deux.
Parce que rien même maintenant ne les attendait, hein? Courir encore, s'enfuir toujours, et Emile pouvait se cacher dans le corps d'une personne de sexe féminin, après tout Etienne se cachait bien dans celui d'une personne capable de marcher....

Finalement, Myles parvint à lever le verre, à boire encore. Et puis soudain sa main libre poussa légèrement Lynn à l'épaule afin de les écarter tous deux du chemin qu'ils bloquaient. Le geste n'avait rien eu de charnel ou de sexuel, simplement un amour tout autre, sang contre sang, une douceur reniée aussi, une tendresse protectrice pour diriger la jeune femme -le jeune homme?- vers un endroit plus sûr.

”Et leurs yeux à tous verront bien qu'il ne s'agit que d'un frère venu emmener sa soeur loin de ce bouge... Des siècles sont passés et pourtant les hommes se considèrent encore supérieurs aux femmes alors même qu'ils clament le contraire.”

De fait, il aurait pu gifler Lynn, là, maintenant, et se croire investi d'une autorisation divine pour cela.
Le jeune homme grimaça, tordant à nouveau son visage expressif. Sa main, toujours sur l'épaule de l'autre, devint un peu plus brutale alors, la poigne d'un frère en colère plus que d'un homme.

”Mais tout compte fait, je me fiche bien de te revoir....”

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MessageSujet: Re: Say you'll remember, say you'll understand -Regan   Mar 23 Jan - 16:52


Se fige l’instant dans les remous d’un passé obscur. Qui se devrait d’être effacé mais qui ressurgit avec toute la violence d’un présent imparfait. D’une brève rencontre dans les affres de la résistance, un rejet qui efface l’injure les frères ennemis voués à se retrouver pour se perdre à nouveau. S’amorce alors une nouvelle déchirure dans un corps déjà criblé de failles, détruit jusque dans les ravages de son âme. Lyn qui fait bonne figure, comme l’actrice qu’elle peut être. Sublime dans sa détresse, elle a pourtant des relents de sel contre ses cils. Des tremblements incertains dans la finesse de ses jambes et la poitrine qui éclate sous les heurts de son cœur à l’agonie. Hurle le besoin presque pressant de toucher, poser ses doigts contre la peau de cet autre, retrouver le contact et serrer le mirage contre sa poitrine fêlée. Il est calme, bien trop calme. Elle esquisse un infime sourire, se dérobe au regard assassin de cet autre morceau d’elle. Le temps de la caresse d’un rire à peine audible.

« - Tout à fait, c’est une erreur bien aisée à commettre. » Elle le souffle du bout des lèvres, la créature imparfaite. Fragile dans le timbre, cassure s’amorçant doucement sur la langue d’un être divisé par tout ce qu’il est. Crève de l’envie de redevenir l’homme, le frère. C’est la peur de l’autre qui le retient, l’enlise dans le corps féminin et sa gestuelle séductrice. Parce qu’elle ne sait pas comment réagir dans une telle situation. N’avait certainement pas prévu que les routes éloignées viendraient à se recroiser en de telles circonstances. Sous le regard de son frère, Regan s’est toujours efforcé de faire face. Maintenir le cap de son rôle d’aîné et se montrer infaillible. Ardu lorsque l’on est que failles et fêlures. Ravaler les hontes et les injures pour ne jamais laisser filtrer les faiblesses. Etre fort pour deux, soutenir et faire avancer le cadet en oubliant ses propres brisures. Elle soupire la rouquine, fracassée par ses tourments. Nausée au bord des lèvres face à l’insolence de l’instant, la pudeur qui pousse à se faire hésitante. C’est tout le corps qui sursaute lorsque s’amorce le premier contact. Se laisse pousser en arrière sous la volonté d’un autre. Poupée de chiffon sous les doigts du frère retrouvé, elle cille et laisse crever son regard dans les abysses de celui de l’autre. Sent ses entrailles se crisper et se tendre. L’amas de chair dans sa poitrine qui pleure des larmes d’un sang bouillonnant.

Elle se suspend aux paroles, à la musique de cette voix tant aimée. La langue a changé mais elle en reconnait les moindres nuances. Frissonne à mesure que les mots s’extirpent de cette bouche dont la dernière véritable vision qui la hante, est celle d’un flot de sang s’en extirpant. Ses propres lèvres se pincent dans un sursaut de douleur impossible à réprimer. L’insensible qui n’existe plus lorsqu’il s’agit de son cadet. Le dernier assaut qui blesse plus qu’il ne le devrait. Elle s’enlise dans le silence, fait face à l’homme qui se tient debout devant elle. Debout, toujours. Encore. Fierté mal placée, Lyn lève doucement la main. La pose alors contre le bras de Myles, ses doigts s’enroulant délicatement contre la peau pâle. Délice du contact, elle pourrait s’en contenter. Graver la sensation sous la pulpe de ses doigts, le souvenir de ce visage expressif ancré à sa mémoire et s’en aller. Quitter les lieux comme elle entendait le faire et aller vomir sa peine dans les ténèbres de sa chambre.

« - Pourquoi restes-tu dans ce cas ? » Provocation mutine d’une femme pour celui qui l’accompagne. Dissimulant la blessure d’un lien qui se détruit sous les mots et la colère de l’autre. « - Si tu t’imagines aussi supérieur que tous ces autres, tu es tombé bien bas… » S’invite le reproche contre la langue et dans le sourcil qui se hausse, les doigts qui s’agrippent alors sous la force d’un spasme contre le bras qui la soumet à sa volonté.

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MessageSujet: Re: Say you'll remember, say you'll understand -Regan   Jeu 25 Jan - 16:39

Quand avait-il seulement été au dessus de quelque, hein, quand?! Son coeur martelait un rythme effréné, comme des sanglots, comme des cris, mais Myles restait silence, les yeux sombres. Il ne pouvait rien dire à l'accusation de son aîné, simplement parce que son esprit n'appréhendait pas tout ce que cela sous entendait.
Parfois, Myles sentait encore le dossier de la chaise, sa chaise, lui meurtrir le dos, pour lui rappeler qu'un jour cela pouvait recommencer après tout : ne plus bouger.
Le poids restait pesant entre ses omoplates, comme un fantôme qui ricanait lorsque ses jambes, elles, ne disaient rien: elles ne le  faisaient pas toujours vivre dans la douleur, d'autres peurs s'en chargeaient.
Il se rappelait peu son père, son propre père, pour ne pas dire pas du tout. Les seules choses qui restaient étaient toutes les insultes de l'homme l'ayant remplacé, ricanant de le voir à terre ou même ramper parfois pour espérer quelque chose parce que être debout était impossible au jeune garçon. Peu importe, car avec son infirmité, Myles savait que même son père biologique n'aurait pu être fier de lui....
Regan avait été alors la seule personne capable de lui apporter amour, affection. Rien de tout cela n'existait plus à présent, et Regan le comparait à des choses et des hommes que Myles ne comprenait pas.
La poigne de l'autre est violente, derrière eux les gens passent, insensibles, aucun ne les bouscule. Myles les a écarté eux, les deux frères, du chemin, là où personne ne pourra effleurer Regan sous l'excuse de la promiscuité, là où lui-même peut faire barrage, inconsciemment, protéger.
Sauf qu'il doit partir, s'en aller.
Ramper bien sûr, n'est-ce pas ce qu'on lui ordonne?
Quelque chose en Myles restait par trop enfant pour lui permettre d'appréhender le monde, il portait en lui à la fois cette rébellion de garçon martyr mais aussi cette soumission aux règles afin d'encore se convaincre que le monde avait une logique.
Il ne pouvait en souffrir, ILS ne pouvaient qu'en souffrir....

Le jeune homme se détourna de Lyn, parce qu'il n'y avait ce que la à faire, et la força à le lâcher. Sa tristesse se cachait à nouveau derrière la colère, qu'importe. Comme une insolence, une fanfaronnade, Myles entra alors dans la pièce où des regards éteints l'accueillirent. Certains semblaient s'attarder un peu plus sur lui que nécessaire, mais ça non plus, il ne le comprenait pas.
Pas de chaise de libre, pas de tabouret, alors il s'avança vers la cheminée éteinte, s'appuya contre de son bras, grand, le corps souple et tendu à la fois dans le mouvement et l'abandon alors que son visage venait reposer au creux de son propre coude.
Dans la main libre, le verre continuait à peser un certain poids. Il boirait plus tard....

Le jeune homme ferma les yeux, voulant tout oublier des dernières minutes. Dans sa mémoire traumatisée, les quelques souvenirs heureux qu'il gardait d'Emile lui semblaient comme autant plus de mensonges...

”Je ne peux rien imaginer depuis longtemps, en fait je n'ai jamais pu ou jamais su”

Murmura-t-il en français,surtout pour lui-même, incapable de voir si Regan s'était approché ou non. Et la phrase le fit sourire, lui rappela tous les échecs qu'il avait connu en magie dès qu'il s'agissait d'illusions. Du sourire vint un rire, un qu'il ne partageait pas, cela était toujours ainsi. Il soupira, une tension étrange habitant ses épaules, puis se redressa.
Le bord de ses yeux étaient rouges, mais des larmes, il ne restait rien. Qu'importe....

Finalement, Myles leva le verre une dernière fois pour le boire enfin entièrement, le reposer sur un guéridon vide, laisser l'alcool venir, et qu'importe.

Ici, entouré d'hommes et d'ombres, le jeune garçon n'avait jamais été aussi seul....

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MessageSujet: Re: Say you'll remember, say you'll understand -Regan   Sam 27 Jan - 19:58


Contact qui se brise dans le silence. Hurle pourtant la détresse de l’aîné face au rejet muet du cadet. Suffoque dans la poitrine, la rouquine reste interdite, fixe le vide devant elle. Le souvenir de la présence déjà disparue. Il n’a pas le droit. De la laisser seule sans rien ajouter de plus. De tout détruire, une fois de plus. Pas le droit de l’ignorer, de faire saigner les plaies laissées par l’éloignement qui l’a rongé pendant toutes ses années. Elles n’ont jamais pu se refermer, ne le feront jamais. C’est un vide dans sa poitrine, dans les restes de son âme fracassée qui ne cesse de s’étendre, de tout détériorer. Ne me laisse pas, Etienne. Orphelin de son frère, l’aplomb éclatant du résistant n’est plus qu’un mensonge. Fort pour deux pendant trop longtemps, c’est lui qui se casse à présent. Les sourcils se froncent sous l’injure, un pli de colère venant abîmer la finesse de ses traits. Le refus s’invite dans la raison et la déraison, pour une fois unies dans une décision. Immobile, les cils papillonnent pour s’ancrer à nouveau dans la réalité. Pulse dans ses veines, l’indignation et la douleur, Lyn sort de son immobilisme dans une inspiration fébrile.

Emboite le pas au rouquin désœuvré. Son entrée dans la pièce ne passe pas inaperçu, regards qui se posent sur elle, des sourires aux promesses enjôleuses sur les lèvres comme un odieux automatisme. Elle n’y prête pas attention, réduit la distance qui la sépare de Myles dans le murmure de ses talons et se poste face à lui. « - Tu n’as jamais voulu le faire. » Comme un reproche dans le murmure, les notes féminines se brisant contre les éclats d’une voix plus masculine dans les échos d’un français sans accro. Il ne peut pas abandonner son rôle, se doit de sauver les apparences. Continuer d’exister sous les traits d’une autre, inconnue aux yeux de son frère. Quand il devrait n’être que lui, juste lui. Les cassures et les fêlures nouvelles, celles qui se sont ajoutées à toutes les autres s’amoncelant déjà dans le fond de ses pupilles. Tristesse et douleur y gravitent lorsqu’elles se posent sur la figure du rouquin. Sur ce verre à présent vide qui la fait frissonner d’inconfort. Discussion éventrée avant même d’avoir débuté, la crainte des conséquences de cette rencontre hasardeuse dans la poitrine. L’apathie de Myles l’irrite, mélancolie commune au jeune homme, reliquats d’une enfance de misère. Les doigts de la créature se crispent, s’enroulent et se referment, les ongles venant gratter contre les paumes.

« - Ne recommence pas Etienne, ne fuis pas. Pas après tout ce temps, tu n’as pas le droit de faire ça. » Elle ne lève pas la voix, mais la tension se devine sous sa peau. Dans les traits qui se font plus durs, gravés dans un marbre brûlant, Regan en livre ouvert devant son frère. Fracassé ce qu’ils avaient construit avec tant de difficulté. La force d’un lien censé être indestructible à présent réduire à l’état de rien. A peine un lambeau qui pend entre eux. Une catastrophe qu’ils auraient pu éviter et dont il est le seul responsable. Il renifle sa faute, tend le bras et s’agrippe avec force contre le manteau de la cheminée. « - Déteste moi, ça je le comprendrais, mais ne m’ignore pas. » La supplique se lâche dans un soupir, le regard qui s’accroche avec force à celui de l’autre. Comme pour ne pas sombrer totalement, se raccrocher à quelque chose, même si ce n’est rien de plus que de la haine et de la rancœur. Plutôt subir ça que sa seule indifférence.

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MessageSujet: Re: Say you'll remember, say you'll understand -Regan   Jeu 1 Fév - 15:29

Il ne comprenait pas, alors la violence étrangère que Myles portait au coeur, s'en nourrissait. Sang et larmes, pourquoi? Et pourquoi pas... Les mots refluaient dans sa gorge comme un flot de bile: ah, son frère désirait ne pas être ignoré? Qu'il comprenne donc ce que cela faisait! Après tout, ne s'était-il pas intéressé à son cadet simplement pour l'utiliser dans ses crimes? La douleur d'Etienne était telle qu'il parvenait à se convaincre de cela à présent. Il ne l'avait soigné que pour avoir un poids en moins, après tout...
Dans les yeux du plus jeune, de la colère. Que savait-il, Emile, de ce que lui-même pouvait faire ou non, hein?! Que savait-il des efforts surhumains, de chacun de ses échecs, de chacune de ses douleurs?!
De la différence surtout, cette saloperie de différence....
Parce que pour Etienne, pour Myles, les phrases ne pouvaient avoir le même sens que pour toute autre personne. Marcher restait un miracle, travailler restait un effort. Un effort duquel il s'acquittait avec bonheur, certes, mais la plupart des gestes n'étaient pas naturels à son corps. Parce qu'il n'était pas né avec la capacité de les effectuer....
Comme un douloureux rappel, ses faiblesses, ses pertes d'équilibre, le fait qu'il ait mal encore, malgré tout.
Beaucoup mal....

”Pas le droit? Tu n'es ni mon juge, ni mon bourreau. Je me donne mes propres droits, désormais, plutôt que d'être votre marionnette à tous....”

Sa voix ne tremblait pas, il avait toujours eu une voix assurée à vrai dire, même pour les mensonges. Quant à savoir si Myles mentait en cet instant précis..
L'idée d'écraser son poing sur la face de son frère commençait à lui grignoter le cerveau, insidieuse. Etait-ce vraiment son frère, aussi? La jeune femme voulait continuer à lui faire face, pourtant chez elle, lui ne distinguait que de l’auto-apitoiement. Peu importe son nom à présent, Emile était tournée vers sa propre douleur. Et il -elle-osait faire la leçon à son cadet sur l'imagination?
L'homme grogna, les regards des hommes étaient posés sur eux -sur elle-, mais ils n'écoutaient rien de leur conversation, français ou non. Tout ce que ces étrangers voyaient était un corps, celui de Lyn, mais de quelle manière pouvaient-ils apprécier le spectacle, en la réduisant à quelque chose de simplement charnel, comment l'esthétique se distinguait-elle alors?
Aucune importance, et Myles avait envie d'un autre verre. Un autre verre qu'il ne boirait pas: il connaissait ses limites, savait qu'en les dépassant, il serait incapable de se protéger lui-même bien que la petite voix faisant partie de lui, lui murmurait le contraire. Après tout, il suffirait juste de frapper fort, faire sauter quelques dents....

Voilà, sa gorge était sèche à nouveau. Tout cela était injuste, cette vie, leur vie à tous les deux.... Mourir une première fois, si jeune, pour revenir simplement dans la souffrance. Rien ne s'apaisait, rien ne se gagnait... Un instant, Myles fut jaloux de son frère -sa soeur?-, il devait savoir comment aimer et enlacer, lui, et puis il l'avait déjà été. Le poids de la solitude vint se rajouter à ce gouffre déjà béant entre eux, Myles sut alors avec certitude que rien ne le comblerait.

”Qu'as-tu jamais su ou compris de moi? Mon seul but avait été de te mettre à ton service, et tu me parles d'égoïsme..... “

Quelqu'un alluma une cigarette, il y eut le bruit distinct d'un briquet, sec et pesant entre les murmures et les regards, et une odeur âcre de tabac.

”Retourne à tes damnés, tu n'as peut-être plus le même corps, mais ton coeur reste cette chose noire et dégoulinante de poison que tu as toujours eu, frère.”

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MessageSujet: Re: Say you'll remember, say you'll understand -Regan   Sam 10 Fév - 17:14


Colère qui dévore et détruit, plus il se perd dans les yeux de son cadet, plus la douleur devient atroce. Insupportable. Ce rejet qui s’opère, en éternel destruction contre ce qui semblait pourtant inaltérable dans la saleté de leur première existence. Elle reste digne la jolie rousse, elle qui excelle dans cet art ardu. Mais la peine se devine dans les plis aux coins de ses lèvres. Dans les éclats brisés venant marteler ses yeux verts. Piteuse créature, image déplorable qu’elle doit renvoyer. Elle qui s’enlise dans son assurance quand plus rien ne va dans son monde, en témoigne les tremblements dans ses doigts. Cette main qu’elle resserre avec élégance pour mieux endiguer la chute. Les boucles s’agitent, doucement lorsque Lyn secoue la tête. Rejette les paroles qui la blessent, ce procès qui enterre son cœur déjà mort. Sa bouche s’ouvre mais elle ne réplique pas, ne parvient pas à trouver quoi dire pour se justifier. L’éloquence du français détruite par son cadet, il a toujours été le seul capable de lui faire perdre sa verve. L’accabler de la dureté de ses paroles pour le contraindre à garder le silence. C’est un peine l’esquisse d’un sourire peiné qui s’appose sur les lèvres. Un sursaut dans le battement de ses cils lorsque le briquet claque dans le silence de son jugement. Un vice parmi tant d’autres, qui s’unit avec ceux déjà présents au creux des regards posés sur elle.

Inspiration fébrile dans la poitrine, elle se redresse, un peu. Au mieux pour renouer avec son assurance, faire face à cet autre qui se tient debout grâce à elle. A lui, et sa magie. A son amour sans limites, cette dévotion abyssale qui l’aurait conduit à tout pour Le protéger. « - Comment peux-tu dire des choses pareilles ? J’ai essayé de te comprendre avec ce que tu voulais bien me donner, ne me reproches pas d’avoir fait des erreurs. Mais jamais je n’ai eu l’intention d’user de toi comme si tu n’étais rien de plus qu’un pion. » Elle secoue encore la tête, véhémence dans le geste. Reflet de son indignation. La voix se morcèle, vibre d’accents inédits que Myles est certainement le seul à provoquer. L’assurance du cadet qui détruit tout ce peut être l’ainé. Il se sent vulnérable sous l’éclat de ce regard tant de fois contemplé. Renoue avec la gêne qui fut sienne dans les premières années de leur vie partagée, quand l’infirme l’effrayait et le poussait à s’éloigner.

Les sourcils se froncent, et le corps se rapproche. Poussé en avant par la douleur, Regan réduit l’espace entre eux. « - C’est donc là l’image que tu as de moi à présent ? Un égoïste dépourvu de cœur et d’humanité ? »  Piètre portrait qui se dresse devant ses yeux. Il a ses torts, a commis bien des erreurs qu’il a toujours tenté de réparer du mieux qu’il le pouvait. Maladroit, incertain lorsqu’il est question de montrer ses sentiments. Il ne supporte pas de passer pour celui qui n’a pas cherché à comprendre. A faire des efforts, s’ouvrir les veines pour absorber la peine de l’autre. « - M’as-tu seulement vu autrement ? Tu te noyais sans moi, Etienne. Sans mon égoïsme, ton existence aurait été bien pire que celle que tu as eue en œuvrant à mes côtés, et tu le sais. » Rien de plus qu’un enfant cassé que l’on abandonne jusqu’à ce qu’il dépérisse. Jusqu’à ce qu’un autre pose les yeux sur lui et que s’enlise dans un esprit fourbe l’idée d’abuser de cette passivité gratuitement offerte. Cette seule pensée lui transperce le cœur, fait germer la graine du dégoût. Plutôt lui que son cadet, c’est ce qu’il n’a eu de cesse de se répéter à chaque nouvelle nuit d’horreur. Ce qu’il pense encore, son égoïsme le persuadant que le petit rouquin se serait brisé face aux abus.

« - Nous savons tous les deux que ta haine ne prend racine que dans une seule et unique chose… J’en suis responsable, je le reconnais, mais s’il m’avait été possible d’échanger nos places, je l’aurais fait. Sans hésiter. Je donnerai ma vie pour sauver la tienne, aujourd'hui encore... » La voix du frère remonte à la surface. Pupilles qui se braquent dans celles du cadet et la main qui se tend pour s’agripper à celle de son autre. Détresse dans le geste, peur de le perdre. De le voir s’éloigner et disparaître.

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MessageSujet: Re: Say you'll remember, say you'll understand -Regan   Mer 14 Fév - 17:01


Peu importait la main tendue qui s'agrippait à lui soudain, à son bras, rien ne pouvait percer la carapace de solitude du plus jeune. Celle-ci était condamnation, celle-ci était forteresse, et le coeur qui y battait était exsangue de sang et de sentiments tout à la fois.
Cela le protégeait, quand on aimait il n'y avait que la douleur, il n'y avait que la trahison aussi. Et puis une chose sombre en lui aimait cela, ne rien ressentir à part la violence, peu importe combien cela le détruisait....
Myles pouvait se demander : lui qui semblait comme incapable de voir son reflet désormais, était-ce parce qu'il avait pris place de l'autre côté du miroir?
Quelque chose dans ses yeux s'assombrit encore plus, son âme ne possédait rien de mauvais cependant, il avait toujours tâché de sourire, de ne pas parler, de ne rien dire. Ne pas embêter les autres avec la douleur, les humiliations.... Il continuait un peu, quand on lui adressait la parole, même si cela était rare.
Qu'on lui parle.
Il n'ordonna pas à Lyn de le lâcher, Myles restait ce garçon par trop détaché de son propre corps pour y apposer son droit. Les autres pouvaient faire ce qu'ils voulaient de lui, on payait sa dette ainsi quand on était différent, monstrueux. Payer sa dette, rembourser sa propre existence malgré une première mort, et la pensée de la Bastille le fit se courber un peu.
Avoir écouté Camille, une erreur? Le jeune Desmoulin avait su parler et convaincre, sans doute n'avait-il conçu aucun remord de la mort d'Etienne malgré quelques verres de mauvais vins partagés dans des gargotes, comme pour en appeler à la différence de classe et célébrer le succès des Etats Généraux....
Camille avait été guillotiné bien sûr, mais avec le luxe d'avoir vécu plus longtemps qu'Etienne, que d'autres soldats qu'il avait envoyé à la mort pour son propre orgueil, tout ça pour que la Révolution lui appartienne. Quelques lignes dans des livres d'histoire, voilà ce qu'il en restait aujourd'hui. Et encore, l’Apocalypse avait dû changer des choses, des savoirs. La Bastille, son frère pourtant grand magicien, incapable de le sauver. Il n'avait pas essayé, pas de sort, rien, aucun mot, juste la douleur dans ses entrailles à lui.
On ne guérissait pas de ces choses là, on ne guérissait pas de la mort elle-même

”Et qu'est-ce que tu veux que je fasse, que je tombe à genoux en pleurant de joie pour te remercier de toute ta bonté, de ta charité?”

Sa voix était un grondement, Myles ne parvenait pas à l'arrêter. Des choses données, des choses perdues, il avait offert tout ce qu'il pouvait à son aîné, se reprochant de ne presque rien posséder. Il aurait pu parler des douleurs encore dans ses jambes, il ne le fit pas. A Emile il ne reprochait pas un sort, à Emile il ne reprochait pas son propre handicap....

”Retourne à ta vie, nous n'avons plus de place l'un pour l'autre.”

Myles n'avait de place pour personne, ça aussi il le savait, mais trop de blessures et de traumatismes existaient. Parfois, on ne pouvait plus rien faire, pas comme dans les livres, pas comme dans les films ou les contes. Parce que les jolies fins n'existaient jamais vraiment, n'existaient pas du tout....
Il se détourna alors, pensa pouvoir partir quand la douleur le frappa. Ce n'était pas correct -une phrase comme une autre là, dans son cerveau embrumé-, ce n'était pas correct et c'était absurde, avoir mal comme ça! Les autres n'avaient pas mal, les autres n'avaient pas l'impression qu'on leur enfonçait des aiguilles chauffées à blanc dans chacun des nerfs de leurs jambes. Il n'y avait aucune raison pour cela, aucune raison valable tout du moins, et une grimace désespérée lui tordit le visage.
Il ne voulait pas avoir mal, se haïssait de cela.
Ses jambes tremblèrent, l'obligeant à poser un genou à terre. Myles hoqueta, au moins son frère le prendrait simplement pour un homme saoul, c'était au moins ça....

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MessageSujet: Re: Say you'll remember, say you'll understand -Regan   Sam 10 Mar - 19:50


Le contact se brise dans des mots. Dans un geste qui s’amorce. Un grondement venu d’un autre temps, distillant toute la rancœur dans une seule phrase. Un pauvre assemblage ne tenant plus la route depuis longtemps. Les leurs se sont éloignées l’une de l’autre sur le pavé d’une ville ravagée. Sous les idéaux de tous ces autres venus se souffler dans leurs esprits brisés. Si l’aîné n’avait pas choisi d’embrasser cette voie, de suivre ces alliés et ces paroles échangées sous les vapeurs d’une allégresse fatiguée, les destins auraient été tout autre. Séparés, peut-être, mais certainement pas divisés comme ils peuvent à présent l’être. S’il n’avait pas été brisé, Emile, peut-être aurait-il eu la force d’être un frère pour son cadet. Et pas uniquement un modèle qui s’estompe et s’étiole lorsque les lumières s’essoufflent. Paraître pour ne pas disparaître.  « - J’aimerais que tu arrêtes de te comporter comme un gamin. » Eternel reproche de celui qui a toujours été trop adulte. On ne lui a pas laissé le choix, la possibilité d’être un enfant comme les autres. Les fêlures dans ses yeux verts l’ont rendue trop grave pour camoufler l’incertain. L’agacement sous la peau face à l’attitude du cadet, enlisé dans ses travers et son aveuglement qui les ronge tous les deux.

Elle soupire, la rousse et le laisse s’éloigner. Du froid sous ses doigts à présents seuls, elle caresse du bout des cils la silhouette vacillante. Impuissante pour le retenir, ce n’est pas elle qui insupporte mais celui qu’elle est vraiment. Piteuse, Lyn se mord la lèvre et un hoquet de surprise lui échappe lorsque les genoux se posent à terre. Froncement de sourcils sur la surface lisse de son visage de poupée, la rouquine hésite. Ne sait pas si elle doit lui porter secours ou le laisser faire. Ancrée dans le plus profond de son être, la réponse hurle. Cette tendresse insolente détruit tout, même la raison et la rousse s’éloigne de son appui. Se baisse à la hauteur du cadet et doucement, elle pose une main contre son épaule. Un claquement de langue dans son dos, on murmure et ça raclent contre les palais. Des moqueries fourbes qui ne tarderont pas à emplir l’air déjà vicié de la pièce. Sourde aux raclures de l’homme, elle s’autorise alors à passer son bras autour de la taille fragile. Entraîne le corps brisé vers le haut dans sa remontée, se fait un appui pour éviter une nouvelle chute quand ses pas guident et entraînent hors de la pièce. Vers un autre antre qui se veut plus salutaire, presque désert. A peine une âme assoupie sur une table bancale, cigarette se consumant entre les doigts crispés. Ivre, à l’évidence. Comme Myles. Cet autre qu’elle ne parvient pas à lâcher, Regan qui s’y agrippe de toutes ses forces, serre contre son cœur la carcasse fatiguée de son cadet.

« - C’est là ta décision, ne plus avoir de place pour nous. SI tu penses que cela t’épargnera bien des douleurs, soit. » Sa voix est rêche, abimée. Vacillante sur les notes d’un chagrin qu’il ne choisit pas de supporter. Il ne le peut plus. Trop fier pendant tant d’années, prétendre n’est plus une option à ses yeux. Si le rouquin a décidé de se montrer cruel, lui n’en a plus la force. Ni l’envie. Dans les ténèbres de sa solitude, Regan se raccroche à l’éclat fatigué d’une présence alliée. De cette entité qui le rend complet, ou du moins colmate au mieux les cassures dans son armure. « - Mais tu te trompes Eti… Myles. La solitude n’apporte rien, hormis de nouvelles blessures. » Piètre sourire d’enfant triste sur les lèvres piquées de son. Les doigts qui s’accrochent en une dernière tentative de salut contre le corps gracile et avant de se voir à nouveau rejeter, il brise le contact. Libère son frère et recule, d’un pas. Puis d’un autre, joue nerveusement avec ses doigts tandis que ses yeux dévorent et s’enivrent. Ivresse d’un instant, il sait, que la douleur est plus profonde que cela. Un mal qui dévore et qui ne disparaîtra jamais. Sa réussite et son échec, elle se lit sur les traits du français. Dans la blessure qui suinte de sa poitrine, l’éclat désolé de son regard.

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MessageSujet: Re: Say you'll remember, say you'll understand -Regan   Sam 17 Mar - 18:13


Un gamin, il n'en avait jamais été un. Il avait essayé, Myles, Etienne, sitôt l'usage de ses jambes retrouvé, il avait essayé de courir à tous les soleils et les horizons, fou de rattraper un temps perdu. Il n'avait pas pu, déjà mort, déjà oublié...
Son enfance s'était nourrie à la crainte de trop de choses: l'hospice, l'oreiller qu'on pouvait lui plaquer sur le visage sous prétexte de le ramener à Dieu, chacun des hommes qui franchissait le seuil de leur maison et pouvait être une menace... Des jeux, le rouquin n'en avait pas eu. A dire vrai, ses premiers loisirs avaient été de détrousser de plus riches que lui en compagnie de son aîné...
Emile avait eu ses propres souffrances bien sûr, Myles ne les niait pas, mais il savait les siennes également.
Et puis la solitude aussi, bien sûr qu'elle faisait mal, bien sûr qu'il n'y avait que douleur avec elle, comme une maîtresse trop furieuse peut être, mais le jeune homme ne connaissait rien d'autre.
Il leva les yeux, regarda Lyn pour lui dire cela par la simple force de son silence : comment puis-je supporter autre chose que la solitude quand elle a construit ma vie depuis les premiers instants?

Dans ses jambes, un fourmillement de douleur, une faiblesse passagère, cela passerait. Myles savait s'écouter, lire les signes en lui, reconnaître les vrais dangers, les limites à ne pas dépasser. Sur le plan physique, il possédait une sagesse certaine, pour ce qui était des émotions un enfant avait plus de jugeote que lui.
Un enfant, un vrai enfant, car Myles n'avait été qu'un enfant monstre, une erreur de la nature, un péché envoyé aux hommes de par les cuisses de sa mère. Sans doutes avait-elle été fautive quelque part? Il ne savait pas, savait juste qu'on aurait pu le vendre pour quelques pièces qu'il ne leur aurait jamais permis de gagner autrement avec ses infirmités. Le vendre pour qu'il mendie sur les routes ou dans quelques cours des miracles, le vendre pour qu'il serve de monstre parmi tant d'autres dans une foire sordide, le vendre pour autre chose aussi, des choses que son esprit refusait de nommer, refuserait toujours.
Si Emile n'avait pas réussi à lui redonner l'usage de ses jambes avant les véritables famines, des choses bien plus terribles encore lui serait arrivé, au fond de lui il le savait.

La salle est différente, qu'importe, les murs y boiront sa douleur tout autant. Myles ne détourna pas les yeux de la jeune femme devant lui: il savait le poids de ses propres décisions, n'avait plus honte de les prendre.
Qu'on ne veuille pas de lui était une chose, une chose inacceptable peut-être, mais il y avait d'autres choses en ce monde pour avancer. Pour ne pas retourner dans les ténèbres surtout, et à cette pensée un frisson menaça de le rendre malade à nouveau.
Les ténèbres...

”Adieu....”

Il l'autorisait à partir, rien d'autre ne se cachait dans le mot. Quelque chose entre son coeur et son corps pleurait la perte de chaleur tout autant que la perte d'un frère, mais Myles ne savait ni nommer, ni écouter cette partie de lui. Des gens  moins cyniques, plus poètes, auraient parlé d'âme peut-être, il ne savait pas.
Ne voulait pas savoir/.
Et que Dieu le garde, que Dieu la garde, peu importe ce qu'Emile était ou n'était plus aujourd'hui, car il restait sa chair et son sang malgré tout.
Les pensées de Myles étaient haineuses, non fratricides.

Peut-être se retrouveraient-ils avant la toute fin des choses? Le serpent dans son ventre se tordit un peu, il avait la forme d'un coup de baïonnette et ne partirait jamais de lui. Emile non plus ne partirait jamais de lui, de son histoire, de tout ce qu'il était et ne serait jamais par, pour et contre ce frère adoré.

Et, pour montrer qu'il restait maître de ce qu'il était, Myles parvint à se lever alors. Il y avait des frissons sur sa peau, autant de marques de douleurs et de traumatismes pour qui savait regarder, mais les vêtements recouvraient beaucoup de choses, son sale caractère aussi.
Peut-être en était-il de même pour Regan, les couches de maquillages délicates qu'il portait afin d'atténuer chacune des marques de martyr qu'un jour il avait pu avoir?
Si peu de choses les séparaient finalement...

Un dernier regard l'un à l'autre, un dernier monde, Lyn souriait, pas Myles. Certaines choses resteraient perdues malgré tout.
Et comme cela, ils se quittèrent....

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And on the low dark verge of life
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Say you'll remember, say you'll understand -Regan

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