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 tik tok / regan

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MessageSujet: tik tok / regan   Lun 22 Jan - 11:22


Je ne sais pas pourquoi je fais ça. Pourquoi je prends autant de risques. Je dois pas être bien. Oui, c'est ça. Pas bien du tout. En plus je sabote ma propre cause et c'est complètement débile, mais ça me fait me sentir vivant comme jamais. Je range le petit tournevis dans la poche intérieure de ma veste et un sourire moqueur se taille une petite place sur mes lippes. Tu l'auras bien cherché, sale petit con d'amateur. Il croit pouvoir me concurrencer, lui ? Ses bombes sont minables, je vous le dit direct, et la Résistance mérite mieux que ça. Je chatouille un fil ou deux sur le petit boîtier puis m'époussète les mains, satisfait. Ce soir, ce salopard n'aura pas son feu d'artifice tant attendu alors que moi, si.
Précautionneusement, l'oreille tendue, je me glisse à nouveau dans la pénombre de Storyville. Une capuche dissimule mes traits et je me casse de là aussi rapidement que possible, le coeur en vrille. Derrière moi le boîtier de la bombe ne bourdonne plus, il restera en stand-by ce soir au pied du poste de police. C'était facile à pirater donc faut revoir tes cours d'ingénierie, bleusaille.

Par contre, traîner à Storyville c'est juste une putain de connerie. Je le fais tous les jours, tous les soirs, mais je ne m'y suis jamais vraiment habitué. Je rase les murs comme un évadé de prison pour rejoindre le point de rendez-vous parce que je pue la victimisation à dix kilomètres et que je n'ai pas du tout envie d'aggraver mon cas. Inconsciemment, je caresse du bout des doigts le manche du cutter qui est toujours caché dans ma poche. On est jamais trop prudent. Maintenant que j'ai réglé la première partie de ma soirée, d'ailleurs, mon anxiété reprend le dessus.
Doucement.
Lentement.
Par vagues.
Ce qui m'attend est un véritable ascenseur émotionnel, je ne sais pas du tout comment le gérer. Je me sens sale, insensible. Profiteur, même. Un sale bâtard qui contribue au climat de merde de cette ville. Mais d'un autre côté... d'un autre côté, il y a cette sorte d'excitation, là, qui me tord un peu le bide, qui me donne chaud parce que je sais que ça va quand même être bien - pour moi, du moins - et j'ai un peu hâte. Je pique un fard sous ma capuche et presse le pas.

Enfin, j'arrive jusqu'au pub. Je suis en vie, donc c'est déjà une petite victoire. Ici, il vaut mieux s'émerveiller de la moindre petite chose sinon c'est la dépression assurée. Mes mains tremblent lorsque je pousse le battant de l'établissement et l'odeur des clopes et des vapeurs d'alcool me saute à la gorge dès la première inspiration. Là, c'est la partie épineuse qui commence : devoir parler à quelqu'un et lui demander des trucs. Je m'approche du barman, fébrile, et essaye d'afficher un air détaché, habitué. Je ne sais pas si ça marche mais je sens mon stress me couler le long du dos. Son visage est imperméable, à lui. Peut-être bien qu'il est blasé de voir tant de monde le déranger pour des trucs aussi glauques. Ou alors il se fout de ma gueule intérieurement. J'en sais rien, ça m'exaspère. Je demande la clé sans le regarder, la tête rentrée dans les épaules pour passer inaperçu. Je ne veux pas qu'il se souvienne de moi, parce qu'il va voir l'autre monter me rejoindre et qu'il va faire le rapprochement. Il saura ce qu'on est en train de faire et- et j'aurais préféré que ça reste un secret, même si ce pub deale dans les trucs illégaux vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Bon. Je sors une liasse de billets pour payer et j'attrape la clé sans un mot. Je ne dis pas merci parce que ça donnerait l'impression que je suis faible, je ne peux pas me le permettre. J'ai l'impression que mon coeur va déborder de ma cage thoracique et une fois à l'étage je me poste devant la fenêtre. Un coup d'oeil à ma montre m'informe qu'il ne devrait pas tarder. Ma détonation non plus, car je l'ai prévue à peu près au même moment pour pouvoir en être témoin. J'attends, donc. Les aiguilles trottent main dans la main et mes yeux les suivent avec avidité. Lorsque l'heure fatidique sonne, pourtant, rien ne se passe. Je scrute la pénombre au dehors dans l'espoir d'apercevoir du chahut dans le quartier, des flammes, quelque chose, mais non. Rien.

Les sourcils froncé, je donne un coup dans le mur.
Putain de merde ! je grogne, frustré. Ca doit encore être un coup de l'autre connard, ça. Une vengeance pour la bombe de tout à l'heure. Ou peut-être bien que mon intervention sera justement la vengeance de ce sabotage-là ? Je pousse un soupir exaspéré et les bruits de pas dans le couloir passent inaperçus dans mon esprit. Je reste à la fenêtre. Je fulmine.
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RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: Re: tik tok / regan   Ven 26 Jan - 16:37


Petit jeu insolent entre deux ombres. Détruire les objectifs de l’un, les remplacer par les siens et faire durer la bataille sans fin. C’est puéril mais il aime ça. Y trouve une certaine satisfaction, un frisson d’excitation à chaque fois que le sabotage s’enclenche. Nul doute que ce qu’ils font est contre-productif, destructeur pour la cause qu’ils semblent servir tous les deux. Mais peu lui importe. Comme un instinct qui s’incruste dans le cœur et l’esprit, les pas guident l’avancée sans sourciller. Savent où se rendre. Glisse dans les ténèbres avec l’habileté du néant, le français se faufile entre les bâtisses fatiguées. Il sait que l’autre a déjà frappé. Que sa propre création ne brillera pas ce soir de ces couleurs incendies. Si son explosion de fureur n’a pas lieu, alors celle de l’autre non plus. C’est un jeu, rien de plus. Un besoin virulent de faire toujours mieux que l’autre, le briser dans ses tentatives, redoubler d’inventivité pour parvenir à contrer les assauts. L’art de la destruction au sein d’un même camp, à défaut de se tourner vers leur véritable opposant.

Cœur battant à tout rompre contre les côtes, les doigts glissent sur le prototype. Mal à l’aise face à la technologie, l’exercice prend des airs de défis qui apposent un pli concentré sur son front. Contrariété à fleur de peau, l’idée d’échouer en carburant dans ses veines. Peur de se faire prendre décuplant les sensations, poussant l’esprit à s’enliser plus encore dans l’instant. Il soupire, agacé par la résistance de la mécanique posée par l’autre en remplacement de la sienne. Plus doué, sans aucun doute, mais l’anarchiste s’en moque. L’art qui s’exécute sous plusieurs styles, trouve sa perfection dans le mélange des genres. Faiblesse et force à la fois, à n’en pas douter si les opposants venaient à s’associer, les dommages seraient affolants. Idée déplacée apposant un tressaillement de mécontentent sur les traits, la concentration revenant se glisser dans son crâne pour ne pas perdre plus de temps. Il est déjà en retard, pourrait presque oublier la raison première de sa présence ici. Dans ce quartier qui fleure bon l’opprobre et le vice. La luxure à plein nez, celle qui lui colle à la peau et lui retourne l’estomac. Client comme un autre, aussi minable que tout le reste, mais dont la présence lui est supportable. Appréciable presque, il se surprend à trouver chez ce bonhomme des éléments le rendant sympathique. Allégeant le poids pesant contre ses reins, cette répulsion maladive qui le gagne à chaque fois que des mains le touchent. Il le tolère plus facilement avec lui, sans trop savoir pourquoi.

Sabotage dans les doigts et le cœur, ni l’un ni l’autre n’aura son feu d’artifice ce soir. Sourire triomphant sur les lippes, le cadavre d’explosif est reposé au sol avec précaution. Inactif, détruit. Il jette un dernier regard à son œuvre, attrape son sac et quitte les lieux dans un murmure. Restes de sa présence à peine perceptibles, l’anarchiste change doucement de peau au rythme de ses pas. Devient vice et débauche, s’enferme dans l’armure enrobant son cœur et protégeant l’édifice de l’écroulement. L’endroit lui est familier, tout comme lui. Personne ne lui prête attention à son entrée dans le pub, âmes en peine bien trop occupées pour seulement s’attarder sur la misère d’un autre. Insecte recraché de l’opulence venu se perdre dans le bouge de l’interdit. Rouage d’une mécanique qui perdure malgré les tentatives pour l’enrayer. Nul besoin de poser de questions, les habitudes sont inscrites dans l’esprit et le numéro d’une chambre qui lui devient attitrée. Se plisse le cœur lorsque se gravissent les marches, cette honte souveraine qui lui arrache les entrailles avant chaque entrée en scène. Contractions de la chair entre les côtes devenue frénétique, au rythme des heurts de sa main contre la porte.

Nul besoin d’attendre l’invitation, Regan se faufile à l’intérieur en silence. Parcourt machinalement la pièce du regard, pour n’y trouver rien de changé. Morne sous la lumière électrique, cette nuance qui se veut chaleureuse et qui n’éclaire que le strict nécessaire. Il est déjà là, posté devant la fenêtre, absorbé dans la contemplation du rien au-dehors. « - Quelque chose d’intéressant là en bas ? » Curiosité sur la langue, le débauché s’avance et dépose son sac sur le lit pour finalement rejoindre son client. Se poster à ses côtés et jeter un regard en contre-bas. Où il ne se passe rien. A l’image de cette bombe qui aurait dû enflammer l’horizon mais qui reste silencieuse. Rire satisfait qui résonne uniquement dans les tréfonds de son corps, fierté déplacée incrustée dans le rictus sur ses lèvres. Un partout.

_________________
❝ Naufragé dans la nuit



On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.
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