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 Got a hustler's heart (.Rhys)

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RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: Got a hustler's heart (.Rhys)   Mer 24 Jan - 21:14



❝ Got a hustler's heart
It's not easy on my bed sheets. It's not easy on my nerves. It's not easy on my conscience. It's not easy on my soul. This is not what you wanted. What you wanted for me. I know that much now. My apologies. The heart stays silent. Such a silent tease. And I don't know why I'm telling you this. Maybe I've gotta get it off my unholy chest. You would call me a whore. But see I'm a man now. I'm worth so much more. I'm playing a dangerous game.

Toutes les horreurs ne sont pas au-dehors. Ne sont pas faites de rumeurs et de murmures. Certaines sont bien réelles, vicieuses mais discrètes. Elles sommeillent à l’intérieur même de ces murs protecteurs, se tapissent dans les ombres écrasantes des puissants. Ceux pour qui se soumettre devient un devoir, un instinct de survie ancré dans la chair des plus faibles. Anarchie dans le cœur, mâtée par les idéaux fantasques d’un seul être. Résistant courbant l’échine, malléable et soumis, ce que l’on attend de lui. Ce que laisse miroiter la rétribution promise pour des moments d’égarement sous le couvert d’un repère sordide. Pousser ses limites jusque dans les tréfonds de la résistance de l’esprit et du corps. Et fatiguer l’ensemble jusqu’à la fêlure. L’absence de repos sonne comme une erreur, lui montre les conséquences de ce besoin pressant de rester constamment éveillé. Inapte à fermer l’œil depuis trop longtemps pour agir autrement, séquestration morbide qui n’a fait que renforcer la nécessité de rester en éveil. Par peur des ombres, des monstruosités qui se cachent dans le noir. Etre de lumière, la nuit n’a fait que lui apporter son lot de malchance et de souffrance.

Celle-ci ne déroge pas à la règle. Chaque pas est une douleur, un soupir sur les lèvres pâles et les traits qui se crispent au gré des élans de souffrance qui le traversent. Tombé dans les rouages les plus infâmes de la prostitution, cette route qu’il s’était juré de ne jamais emprunter. La déraison a accepté lorsque la promesse de flirter avec les plus hautes sphères s’est présentée à lui. Il n’est pas le seigneur de ce royaume corrompu, il est ministre et pour lui c’est tout comme. Le plus proche allié dans la destruction du monde, celui pour lequel il est prêt à perdre le restant de dignité qu’il lui reste. Loin de s’imaginer dans quoi il s’embarquait, il en aurait pleuré si seulement ses dernière larmes n’avaient pas glissées sur ses joues à son retour dans la maison voisine, à présent la sienne. Son insensibilité, elle aussi poussée dans les extrêmes lui permet de rester de marbre, encaisser sans broncher et subir les lubies tyranniques de son client. En guise d’unique réconfort, les quelques mots que l’autre s’autorise à balancer une fois la séance terminée. Et le poids des billets au fond de son sac, pesant contre son épaule alors qu’il avance avec peine dans la rue déserte.

Tressaille à chaque vide entre les demeures aux yeux éteints. Quartier encore sublime malgré la répression, endormi depuis longtemps. Un autre jour a déjà débuté, minuit fatidique allègrement dépassé. Sa main tremble lorsqu’elle se glisse dans la poche de sa veste pour en extirper les clés. Tout son corps n’est qu’un amas de tremblements, les couleurs ayant déserté son visage émacié pour se réfugier dans les teintes écarlates souillant son pull. Chair meurtri, à vif, dont le sang presque séché est venu se coller au textile. Il lui fait la faveur de ne pas s’en prendre à son visage, laisser l’illusion intacte quand sur le corps, la cartographie du mal se dessine sans peine. Lacérations et entailles sales, ecchymoses envahissantes, les chairs abimées des poignets d’avoir été trop entravés. Les reins raides d’avoir été trop fracassés par la brutalité du corps d’un autre. Dissimule le parjure des traînées violacées sur la gorge sous le mirage d’un col de veste que l'on relève dans un effet de mode inédit.

Traîne sa carcasse sans âme, cet assemblage de viande qui ne lui appartient véritablement plus. Viols d’un beau-père aviné supposés être l’apogée du pire, ce qu’il s’efforce de vivre pour le bien d’une cause chère à son cœur, gravite dans les mêmes sphères du traumatisme. Brise un esprit déjà défait, et le pousse à hésiter une fois les quelques marches du perron gravies. Clé tremblante dans le vide précédant la serrure. Son cœur bat à tout rompre dans sa poitrine, saccade la respiration déjà branlante. Honte dans les veines, pour lui, en partie. D’apporter avec lui les salissures de son mode de vie dans la demeure d’un autre. D’imposer ça à son colocataire. Les dents se serrent et dans une inspiration fébrile, douloureuse, Regan ouvre doucement la porte. La referme avec autant de précautions pour finalement buter contre un Flop venu se coller entre ses jambes. Le roquet s’est assagit depuis sa mésaventure, caractère désolant devenu plus supportable, surtout pour Rhys. Il s’agite, joue des griffes contre les genoux de son maître qui grimace sous le contact. « - Cesse, Flop. Sage. » Murmure dans sa langue maternelle, le français se penche et gratte l’oreille de son compagnon. Le pousse avec prudence sur le côté, les chaussures s’enlèvent et se déposent à leur place dans l’entrée.

Le bruissement de ses pas dans la bâtisse encombrée de ténèbres et de silence lui parait assourdissant. Une main agrippée à la bretelle de son sac, l’intrus se traîne jusqu’à la cuisine. Apaise la tension dans son ventre vide, atténue le goût de fer sur sa langue en nettoyant l’affront d’un verre d’eau. Il n’aspire qu’à s’enfermer dans sa chambre, ôter ses fripes ensanglantées et panser ses plaies. Au mieux, suffisamment pour que se mouvoir ne soit plus un calvaire. Se faire happer par la solitude et n’en sortir qu’une fois le milicien partit. L’éviter, faire au mieux pour ne pas avoir à l’affronter. Retraite amorcée, le résistant revient sur ses pas, grimpe les marches qui le séparent de son repère et se cogne une nouvelle fois dans le chien revenu se glisser entre ses jambes avant d’atteindre son sanctuaire. Trébuche et se retient de justesse à la rampe, un gémissement de douleur brisant son mutisme. « - Merde Flop. » Sa voix tremble sous les échos de l’agacement, et cette fois le rejet se fait plus franc. Pousse du pied le postérieur du roquet qui couine sous l’injure. Pris en faute dans sa tentative pour se montrer discret, la lumière dans la chambre maîtresse s’allume et inonde le palier lorsque s’ouvre la porte.

« - Excuse-moi Rhys, je ne voulais pas te réveiller… Je vais le prendre avec moi. » Il ne le regarde pas, fuit les pupilles céruléennes et tout ce qu’elles provoquent en lui à chaque fois qu’elles peuvent croiser les siennes. Le bras se tend, péniblement et il attrape le cou d’un Flop qui n’a aucunement envie de coopérer. Grogne l’animal, montre les crocs à son maître qui le soulève de terre avec difficulté pour se trainer jusqu’à sa chambre. Cœur hurlant entre les côtes, assourdissant et douloureux contre les tempes. Souffle suspendu dans la poitrine, l’espérance de voir le propriétaire des lieux retourner à la quiétude dérangée de sa nuit bien entamée. Sueur froide contre la peau blafarde, ses doigts tremblent avec fureur lorsqu’ils se saisissent enfin de la poignée. Piteuse créature, piétinée et brisée, c’est la volonté de sauver les apparences qui maintient l’édifice debout quand tout ne demande qu’à s’effondrer.


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On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.
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MessageSujet: Re: Got a hustler's heart (.Rhys)   Sam 27 Jan - 9:58

Elle aurait dû survivre. Le disque rayé tourne et retourne dans sa tête. L’engrenage s’est bloqué quelque part, le condamnant à écouter le même refrain jusqu’à en avoir la migraine. Il ne sait toujours pas ce qui l’empêche de faire pareil. Descendre dans ce qui prend souvent des allures d’antichambre de l’enfer. Offrir sa carotide en pâture à la gamine. Une souffrance extrême pour obtenir enfin la paix. C’est peut être ce qui a décidé sa femme à se laisser dévorer. Impossible de déterminer d’où les premières morsures sont parties, le corps trop déchiqueté pour pratiquer une autopsie correcte. Il ne s’agissait peut être que d’un bête accident. Le manque viscéral poussant la mère esseulée à se rapprocher excessivement près de la bête. A moins qu’elle ne l’ait choisi. Qu’elle ait décidé sciemment d’en finir, dans un profond élan de désespoir. C’est l’option la plus plausible et invraisemblable à la fois. Il ne peut pas avaler que Louiza ait pu renoncer, elle qui se dévouait corps et âme pour trouver un remède. Qui croyait dur comme fer à une guérison complète. Il ne peut pas imaginer qu’elle aurait pu décider de lui confier leur fille par la force des choses, elle qui le prenait pour un incompétent doublé d’un père indigne. Elle aurait au moins laissé une note. Un mode d’emploi. Des instructions. Elle qui aimait tant le commander, elle ne se serait pas privée de ce dernier plaisir. Les interrogations continuent de se fracasser contre son crâne des mois après sa perte, l’obnubilent. Lui font perdre le peu de sommeil qu’il trouvait encore auparavant. Sa belle emmerdeuse n’est plus là pour répliquer, pour le traiter de tous les noms. Il doit inventer les questions et les réponses. C’est un joli pied de nez qu’elle lui a fait en tirant sa révérence ainsi, sans un bruit. A l’opposé total de leur relation passée, assourdissante et chaotique. Non, ce n’était décidément pas son genre de s’enfuir sur la pointe des pieds.

Après sa mort, le milicien s’est efforcé de préserver chaque trace d’elle. Ne bouger aucun objet, veiller à conserver le plus longtemps possible son souvenir. Presque aller jusqu’à ne pas effacer la trace de son corps sur le lit. Il a fait de leur antre un temple religieux dédié tout entier à leur malheur. Ne rien déranger, ne rien remuer pour se faire bercer par les bras accueillants du déni. L’arrivée subite de Regan l’a contraint à sortir de son deuil morbide. Ou du moins, à freiner sa descente dans les géhennes. Lui et son sale cabot, doté de gros sabots. Il peut jurer parfois que l’animal infernal recherche sa présence, légèrement moins repoussé qu’avant par le félin niché sous la peau. Sans doute pour l'énerver davantage, certes. Mais il ressent moins d’agressivité de sa part, depuis qu’il l’a sauvé alors qu’il gisait sur son plancher, éviscéré de part en part. Une once de gratitude dans l’enveloppe de la teigne, ou un mirage produit par son esprit malade. Ce n’est pas pour autant que l’islandais supporte réellement bien ces intrusions dans sa piètre existence. Même si c’est lui qui l’a voulu, qui l’a proposé au rouquin, touché par sa détresse. Il supporte mal les effluves qui imprègnent les pièces, remplaçant le parfum caractéristique de son épouse. Ceux qui appellent à la luxure comme ceux qui empestent la débauche consommée. Il a l’impression de la salir à nouveau allègrement. De souiller sa mémoire grossièrement en ayant introduit une prostituée dans leur maison. C’est moins une vengeance pour l’avoir abandonné qu’une souffrance en imaginant les moqueries de la furie. Il n’a pour autant pas vraiment envie de chasser son voisin et de retourner à la solitude la plus complète.

Les sens en alerte en dépit de l’heure bien avancée, son oreille s’est habituée à entendre les grognements de la gosse. Veiller à ce qu’ils ne montent pas d’un cran, signe d’une présence intruse dans le garage. Le bruit familier ne l’aide pas à s’endormir, le plonge tout juste dans un état semi-végétatif en attendant l’aube. Il en vient à regretter de ne pas avoir imité son colocataire. Passer la soirée à l’extérieur. Noyer ses tourments dans une bouteille d’alcool prohibée. Chercher la chaleur d’autres reins pour oublier, une fois l’euphorie très relative du liquide estompée. Le genre de réconfort qu’il évite en général, plus nauséeux qu’épanoui en voyant d’autres visages se superposer à ceux des corps enlacés. Homme ou femme, chacun couve l’un de ses démons. Le canidé l’empêche de lâcher prise, grattant contre la porte en couinant et jappant. Il le soupçonne de le faire par pur esprit de contradiction, fâché qu’on l’entrave dans ses déplacements. « - Dégage putain, si je me lève tu vas dérouiller. » Certainement pas. Mais le ton se veut effrayant et autoritaire, pour dissuader la bestiole de persister.  Un bref silence avant que l’agitation ne reprenne, poussant le propriétaire des lieux à jurer de plus belle contre son coussin. La clef qui tourne dans la serrure le délivre du raffut. Les petites pattes s’élancent dans l’escalier à toute vitesse, prêtes à accueillir leur maitre comme il se doit.

Le soldat s’efforce alors de refaire une tentative, refermant ses paupières pleines de sable, pour être interrompu une énième fois par ses locataires bruyants. Il en soupire, soudain excédé, et allume la lumière rageusement. Le reste de la carcasse suit, ouvre la porte à la volée. Il s’apprête à protester quand le français le devance. Les rétines aveuglées par l’éclairage se plissent, repèrent le regard fuyant. « - Je dormais pas, t’en fais pas. Ton roquet s’en est assuré. » Marmonne-t-il, sans réussir à gommer la pointe d’agacement dans son timbre. La colère s’envole toutefois en constatant son piteux état. Il lui fait l’effet d’un vieillard lorsqu’il se penche pour attraper son jack russel. Puis d’une épave lorsqu’il se traine pour se replier vers sa chambre, la démarche mal assurée. Ses phalanges se crispent contre le panneau de bois. Il peut sentir jusque dans ses tripes que quelque chose cloche, qu’il ne se trouve pas dans son état normal. Il hésite un instant à s’en détourner, à ne pas s’en mêler, sans y parvenir en le surprenant à trembler comme une feuille. « - Regan, attends… » Il rejoint le dépravé en quelques enjambées, ses rétines perçantes détaillant la silhouette démolie avec insistance. « - Est-ce-que ça va ? T’as l’air de tenir à peine debout… » Constate-t-il, avec une douceur incongrue venant de lui, et une pointe d'inquiétude. « - T’as encore fait une mauvaise rencontre ? » Il a l’impression que le rebelle ne fait quasiment que ça. Constamment confronté à des êtres qui veulent sa peau, qu’ils aient des intentions lascives ou macabres. La main se tend au risque d’essuyer un rejet, baisse légèrement et avec précaution le haut du pull en discernant un reflet écarlate contre le textile.

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Ignorance breeds fear, breeds hate, breeds violence. Everything falls down and breaks in silence. We could forgive and then forget and start over. We could finally try it stone cold sober. No more dark clouds over the horizon. We killed it in cold blood. Until it was all gone. Nothing would grow. Did it for so long.
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MessageSujet: Re: Got a hustler's heart (.Rhys)   Mer 7 Fév - 20:08


Excuses fragiles pour éviter de s’attirer les foudres du propriétaire des lieux. L’agacement dans la voix dérange, appose les traces d’une gêne déroutante. Malgré ses efforts pour effacer le plus possible sa présence à l’intérieur de la demeure sanctuaire, Regan se heurte bien souvent à la résistance de Flop. Paupières se refermant face à l’évidence, il oscille doucement du chef, les doigts toujours fermement agrippés à la poignée pour éviter de trembler trop fortement. Supplice que de rester debout et immobile, le poids du roquet pesant contre son flanc éveille des élans de douleur ravageant tout sur leur passage. « - Cet emmerdeur… Si l’attacher dehors fonctionnait, je le ferais mais ce serait encore pire. » Il se fait grossier, soupire devant son incompétence à faire se tenir l’animal tranquille. Flop qui n’a jamais aimé les entraves, même à l’état de chiot. Rose laissant alors toutes les pièces de la maison en libre accès à l’animal, maître des lieux et de ses propriétaires. Il est trop tard pour reprendre l’éducation ratée, juste subir et s’y faire. L’imposer à un être qui n’a rien demandé, qui fait seulement preuve de compassion à son égard comme pour soigner les plaies provoquées par ses semaines de torture. Le résistant redevable à l’excès, prisonnier d’une situation qui l’apaise autant qu’elle le dérange. Haine et besoin de vengeance étouffés au mieux dans sa poitrine, l’ennemi qui redevient allié. La poignée s’abaisse enfin, ouvre la porte et Flop s’agite entre les bras de son maître. Il jure, l’inconfort se racle sur ses traits et alors qu’un pas s’amorce vers l’intérieur de l’antre qui lui tend les bras, l’injonction le fige. Fait perler l’appréhension dans les pupilles qui se bornent à contempler le désordre devant lui. Traces de sa présence, épargnées au reste de la demeure, chambre aux airs de capharnaüm pour retrouver un peu de son chez lui.

« - Tout va bien... Je suis juste épuisé, le revers de mes insomnies. » Il le souffle avec l’esquisse d’un sourire qui se veut rassurant. Il n’en a que le reflet mais certainement pas l’éclat. Le roquet couine et pousse de ses pattes contre les bras du français, gratte la veste et les plaies qu’elle camoufle. Dans un râle difficilement contenu, Regan lâche l’animal qui retombe sur le sol dans un bruit sourd. Cliquetis des griffes sur le plancher, le roquet s’empresse de sauter sur le lit, tourne en rond sur l’édredon et finit son spectacle les quatre fers en l’air, réclame de caresses et exposition douloureuse des cicatrices encore visibles au milieu des poils en pleine repousse. Blessure dans la poitrine du maître qui se rouvre, à peine cicatrisé, des frissons d’angoisse contre l’échine abîmée. « - Tu trouves ça étonnant ? Qui n’en fait pas dans cette ville, il est plus facile de faire de mauvaises rencontres que des plaisantes à présent. » Cynisme mutin dans la réplique, il a l’esquisse d’un sourire amer qui vient se poser contre les lèvres. Mauvaises rencontres qui se font légion dans leur monde, qu’importent les intentions. A bien y regarder, elles ont toujours fait partie de son existence, dans cette vie-là comme dans celle ayant scellée ses origines. Esprit brisé qui ne s’étonne même plus de sa malchance tant elle fait partie intégrante de ce qu’il est. Odieux instinct gravé dans la douleur, le corps tressaille lorsque la main se lève. Esquisse d’un infime geste de recul, les paupières cillent sous un élan de panique qu’il ne maîtrise pas. Souffle en suspension dans la poitrine, le débauché se plie à l’examen, de la douleur creusant ses traits. Celle qui s’infiltre dans l’âme, qui distille la honte de laisser entrevoir la déchéance dans laquelle il se retrouve plongé. Sous le regard du milicien, Regan se morcèle. Ferme lentement les paupières et inspire, péniblement.

« - Ce n’est rien… » Murmure fragile contre les lippes tâchées de son. L’esquisse d’un sourire fade qui s’y appose et sa main tremblante qui se glisse doucement contre le poignet du soldat. S’y accroche le temps d’un bref battement de cœur pour ensuite l’éloigner. Chaleur de sa peau contre la sienne, grise les sens et appose l’épaisseur délicate d’un baume sur le myocarde bousillé. Dans un soupir fatigué, le débauché entre dans sa chambre. Allume la lampe de chevet, pose maladroitement son sac à dos sur le lit, et dans un exercice pénible, retire sa veste. Traits qui se crispent à chaque geste, paupières closes le temps de se débarrasser de ce poids lourd contre son corps. Expirer alors un bien-être éphémère, le regard qui se pose sur le roquet et les doigts viennent gratter le ventre. L’hésitation dans les pensées, et la fermeture du sac s’ouvre. Glisse et racle avec peine à l’image de son propriétaire. Les gestes intriguent, éveillent les idées folles du roquet qui se remet sur ses pattes et agite sa truffe à proximité du tissu sombre. Repoussé par la main du français, Flop ne fait que laisser son postérieur peser sur l’édredon, posté à côté du sac que son maître délaisse pour se rapprocher de l’islandais.

Pupilles accrochés à la liasse de billets coincée entre ses doigts quand des autres, il compte, silencieux. Millier de dollars aisément dépassé pour quelques heures de douleur sale et de débauche. Il profite des enjambées fracassées le séparant de la porte pour s’assurer une nouvelle fois que le compte y est, et il s’arrête devant le soldat. « - J’ignore si c’est suffisant, pour les frais que tu as dû avancer pour Flop. » Souffle fébrile et la main qui se tend, révèle les traînées violacées mordant le poignet. Son regard jusqu’à lors rivé à terre se relève, lentement. L’hésitation accrochée aux cils, Regan se risque pourtant à poser les yeux sur son colocataire. Se faire dévorer par le magnétisme singulier de ces iris entêtants. Instant de perdition, noyade dans des abysses qui le troublent, le résistant cille et se dérobe une nouvelle fois. Inapte à maintenir le contact, l’impur indigne de l’inquiétude qu’il sent sévir dans la poitrine de l’autre. Parce qu’ils se sont trop brisés l’un l’autre pour seulement se sentir concernés par leur détresse. Parce qu’ils ne devraient être que des ennemis et rien de plus. Vaste fumisterie, myocarde écartelé qui se crispe à en faire palpiter la douleur dans tout le corps. « - Il est tard, il faudrait que je me repose Rhys… On ne t’importunera plus cette nuit. » Promesse amère qu’il s’efforcera de tenir au mieux. Sa main libre qui se pose contre l’encadrement de la porte, appui de réconfort, secours éphémère contre lequel le corps en fin de course se soutient malgré l’inconfort qui le foudroie. Battements de misère dans la poitrine, l’organe qui s’affole. Soumis à la déraison ancrée dans la proximité et les relents de malaise qui le gagnent.

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MessageSujet: Re: Got a hustler's heart (.Rhys)   Dim 11 Fév - 15:31

Des mensonges enveloppés par des paroles apaisantes. Le milicien n’y croit pas une seule seconde, au sourire de façade et à l’excuse des insomnies. S’il en souffre également, il voit bien que la fragilité apparente du rouquin n’est pas due qu’à un manque de sommeil. Il y a autre chose, de bien plus pernicieux. De bien plus insidieux. Une intuition profonde, qui se renforce en examinant les traces de sang contre l’épiderme diaphane. Les premiers stigmates d’une longue série, il présume. Les grimaces sur les traits fins n’arrangent pas ses craintes. Ne dissipent pas le malaise qui passe de l’un à l’autre, qui tombe dans son estomac comme une pierre. Le débauché le repousse avec délicatesse, s’échappe sans lui laisser le temps de le retenir. Il n’est pas vraiment à sa place dans ce rôle de protecteur inquiet, il le sait. Ce n’est pas réellement son genre de se soucier des autres. Encore moins d’insister quand ils se dérobent, quand son intention n’est pas d’érafler leurs nerfs. « - Je ne suis pas surpris, non. Mais ce n’est pas parce qu’elles sont légion qu’il faut les tolérer. » Lâche-t-il finalement, en scrutant et dévorant le moindre de ses gestes. Qu’il ait autant de mal à se mouvoir lui égratigne le cœur, accentue son inquiétude. Il ne parvient pas à s’en détourner, à le traiter avec l’indifférence qu’il mériterait. Il se voit encore moins dormir dans ces conditions, en sachant que son colocataire souffre le martyre. Il supporte déjà difficilement les tourments de sa fille, constamment affamée.

L’enveloppe frêle continue de s’animer, prend des allures de poupée désarticulée. Le débauché retire des liasses de billets de son sac, se met à les compter scrupuleusement. Il ne comprend le but de la manœuvre qu’en le voyant s’approcher de lui pour lui tendre. Il garde le silence un instant, dubitatif. Face à lui, le rouquin attend la délivrance, fébrile. Un prétexte pour se débarrasser de lui et retrouver la solitude salutaire de sa chambre. Une manière aussi de ne rien lui devoir, probablement. C’est en tout cas ainsi que l’islandais l’interprète. Sans parvenir à se contrôler, un ricanement amer lui échappe. D’un geste méprisant de la main, il chasse l’offrande. « - Tu crois quand même pas que je vais accepter ton argent sale ? » Le visage se tord presque de répulsion à l’idée. Il se moque des frais déboursés pour son animal. Dans quoi pourrait-il investir ? De l’alcool récupéré au marché noir, histoire d'améliorer son foie ? Du cancer en barres de nicotine, pour ravager davantage ses poumons ? Il est seul depuis des mois, à errer dans une demeure démesurément grande pour lui. C’était un geste désintéressé. Surement une façon naïve de se faire pardonner l’impardonnable. Au moins dans une infime mesure.

L’évidence le frappe brutalement alors qu’il fait le rapprochement avec son état désastreux. S’il ne se plaint pas, prétend qu’il n’y a pas à s’inquiéter, c’est forcément qu’il l’a accepté. Qu’il a permis à l’un de ses clients de l’utiliser comme une toile vierge, pour y peindre avec son sang ses délires violents. « - Je ne sais pas dans quelle fange tu t’es vautré pour en récolter autant en quelques heures, parce que j’imagine que t’es pas assez stupide pour te balader avec une telle somme dehors sinon… Mais il est hors de question que je participe à ça. » Souffle-t-il, horrifié de récolter le fruit de longues heures de torture. Il peut seulement espérer que le français ne l’ait pas fait pour lui, pour le rembourser plus vite. « - Tu viens à peine de te remettre sur pied et c’est tout ce que tu trouves à faire ? Te laisser fracasser par les pulsions sadiques d’un pervers ? Et tout ça pourquoi ? Du fric ? Des informations à la portée surement minime ? A moins que t’y trouve contre toute attente un quelconque plaisir ? » Ses collègues sont morts pour lui permettre de survivre. Il a failli y laisser sa peau également. Tout ça pour qu’il s’adonne à des rituels si corsés qu’il peine ne pas s’effondrer à cause de la douleur. « - Compte pas sur moi pour hériter de ton clébard le jour où l’autre tordu sera allé un peu trop loin. Tu n’es qu’un jouet. Il te videra de tout ton sang pendant vos ébats le jour où il s’en lassera. Il lui en faudra toujours plus. C’est ce que tu veux ? » L’image sordide le fait frissonner d’horreur. Il cherche les prunelles fuyantes, tente de s’y amarrer pour lui faire entendre raison. Sa main se pose près de celle appuyée contre le rebord de la porte, sans la toucher. Juste pour s’assurer qu’il ne la lui claque pas au nez. Si la situation le met en colère, c’est l’angoisse qui prédomine. Il ne sait pas à quel point le malade qui le paye l’a amoché. Il le suppose seulement, tant il ressemble à une épave. « - Finalement, puisque tu tiens à me rétribuer. Retire ton pull pour que je visualise les dégâts. » Ordonne-t-il, avec plus d’agressivité qu’il ne l’aurait voulu. Il ne parvient pas à se montrer aimable, ayant sans doute épuisé sa réserve de douceur quelques instants plus tôt. Le but n’est pourtant pas de l’humilier. Il veut seulement voir les blessures de ses propres yeux, le soigner s’il le faut. Aucune capacité surnaturelle ne lui permettra d’accélérer sa guérison. Et sa condition physique lui parait trop piteuse pour que le prostitué puisse s’en occuper sans aide. Il n'a pas envie de retrouver un cadavre au réveil, emporté par une septicémie foudroyante.

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MessageSujet: Re: Got a hustler's heart (.Rhys)   Ven 16 Fév - 21:13


Brûlure d’un regard incisif contre sa peau, quoi qu’il fasse, il peut le sentir. Comme scruté, dévoré par un intérêt qui le blesse. A peine l’esquisse d’un rire amer dans sa poitrine fracassée, le français se moque de la réplique. Il ne tolère pas, ne fait que s’adapter, s’enlise dans la fange du rien qu’est devenue sa vie. Incapable d’en voir la libération, alors il continue. Abime son corps et son âme dans les récifs d’une cause qui lui est chère et qui le maintien dans un état comateux proche de l’existence. Regan n’a jamais existé véritablement. Brisé avant même d’avoir pu se créer, terrassé par la violence du siècle qui l’a vu naître pour mieux se faire déchirer par celle du siècle qui l’a à nouveau englouti dans ses entrailles. Cercle vicieux en perpétuel recommencement. La boucle de sa vie qui ne sera jamais bouclée. Alors il compte, les jours, les heures. L’argent entre ses doigts. Celui qu’il tend au soldat d’une main tremblante inapte à se montrer ferme. Supplique dans les pupilles d’émeraudes fracturées. Tiraillé entre le besoin d’être seul et celui de ne surtout pas Le voir partir. Inapte à trancher, il oscille sur le fil de sa déraison et de son indécision. Eternel déchirement de son cœur, Rhys en véritable énigme dans sa poitrine et sa tête.

« - Parce que tu imagines qu’il en reste du propre quelque part ? Celui que tu gagnes est tout aussi souillé que le mien. » Geste méprisant et répulsion sur le visage. Honte qui tord les entrailles avec encore plus de force, Regan se morcèle un peu plus. Laisse filtrer sur la fatigue de ses traits la tension d’une vexation évidente. Mots comme tant de lames de rasoirs tranchants sa peau, il encaisse, impuissant le jugement de cet autre ayant choisi la voie du Gouvernement. L’ironie de la chose fait germer sur ses lèvres abîmées un rictus amer. Douce plaisanterie qui l’aurait fait rire dans un autre contexte, à un autre moment. Si seulement rire ne lui donnait pas l’impression de sentir tout son être se démolir et se répandre sur le sol. « - Je ne te demande pas de participer, seulement d’accepter. J’aurais dû le faire il y a longtemps, tu n’avais pas à le sauver, encore moins à faire en sorte qu’il soit soigné. » Voix brisée, échouée contre les rocs acérés d’une tension qui se devine. Le résistant baisse à nouveau la tête, touché. Il aurait pu choisir d’attendre, de pleinement se remettre des horreurs subies. D’honorer la mémoire de ceux morts pour sa survie. Luxe qu’il ne peut plus se permettre, sa convalescence n’est rien de plus que des jours perdus dans la course contre l’injustice. Ils ne sont rien de plus que des soldats morts pour enrayer une sombre machination. Des pions en moins que les siens n’auront pas à occire si les routes venaient à se croiser. Pli de malaise aux coins des lèvres, un violent frisson d’horreur contre l’échine. Plaisir absent dans les reins, il n’a rien pour atténuer l’immonde de ce qu’il supporte. Aucun tressaillement de satisfaction. Seul dans son néant, soumis au vice d’autres dont les râles d’extase lui donnent la nausée.

« - Moi ou d’autres, quelle différence ? » Souffle-t-il doucement. Il ne demande pas qu’on le comprenne, personne ne le pourrait. Lui n’y parvient pas non plus parfois, lorsque la tolérance se fait morte dans sa poitrine. Lorsque l’insensible devient sensible à l’excès et se laisse terrasser par tous ces mauvais choix qui le caractérisent à présent. Peut-être le tuera-t-il un jour, perspective sanglante ayant déjà effleuré ses pensées lorsque les entrevues insalubres se font plus intenses. Une part de lui s’en moque. Une autre s’en insurge, hurle et s’accroche aux morceaux épars d’existence qu’il lui reste. « - Vos ministres sont aussi minables que ceux qu’ils jugent, incapables de respecter leurs propres règles. J’accepte la douleur si elle peut nous permettre de mettre un terme à cette tyrannie. Le reste m’importe peu. » Sa voix se brise dans une expiration fébrile. Les regards se retrouvent, et un nouveau frisson lui dévore le corps. Cette main près de la sienne, en barrière pour l’empêcher de se dérober ne lui inspire rien de bon. Méfiance malhabile et déplacée, le cœur trébuche et se rompt sur un battement. L’ordre le prend de cours. Appose l’éclat d’une stupeur spontanée dans les pupilles qui se relèvent brusquement pour venir s’ancrer à celles du soldat.

« - Rhys… » Murmure suppliant qui lui échappe. Nausée au bord des lèvres, des tremblements de honte lacèrent ses reins. Contre l’encadrement de la porte, ses doigts se crispent, nerveusement. Raison qui sait pourtant, que seul il n’arrivera à rien. Ne pourra réparer qu’en partie l’odieux saccage et attendre qu’il s’atténue. Trainer sa carcasse démolie dans les recoins de la demeure lorsque le propriétaire la gratifiera de son absence. Abdiquer face aux relents de haine et d’inconfort, pour considérer cet ennemi comme l’allié véritable qu’il a pu être aux prémices de leur existence. Avant que tout ne bascule. Les lèvres se pincent et délicatement, la main se retire de son appui. Corps qui s’éloigne de quelques pas fébriles lorsque les doigts viennent se saisir du pull. Malhabiles, relevant le vêtement, doucement. Précautionneusement, des éclairs de douleur fusant contre la chair malmenée qui se dévoile peu à peu. Pour que s’offre finalement à la vue de l’islandais, le tableau du carnage peint à même la chair pâle. Ses bras lui semblent de trop, pendent le long des flancs avec l’envie de recouvrir les stigmates pour se dérober à l’examen douloureux du regard acéré qui l’écartèle.

« - Satisfait ? » Son cynisme est aussi frêle que lui. Susurré du bout des lèvres, accroché à sa langue abîmée. Il se dérobe avec un simple mot, tente de renouer avec les relents de haine devenus légion entre eux mais il n’y parvient pas. Alors il se mure dans le silence, ignore ce qu’il pourrait dire de plus. Ce qu’il pourrait faire d’autre. Son pull qui chute à terre aux pieds d’une chaise déjà surchargée des vêtements de Lyn. Des siens aussi. Ignorant de l’attitude à adopter quand personne n’a jamais daigné lui porter secours. Hormis Rose, son unique réconfort, son roc contre lequel il pouvait s’appuyer sans craindre de se briser. Rhys est tout et rien à la fois. Un savant mélange de tellement de choses vouées à se détruire les unes les autres que la scène lui paraît presque irréelle. Appose les relents d’une crainte informulée, le doute qui ronge et pousse à se demander ce qu’il va advenir ensuite. Rien, peut-être. Sûrement. Du dédain et une moquerie douteuse puis son absence dans la chambre. Un vide quand il sent qu’il aurait besoin de lui pour se raccrocher à quelque chose. Résistant qui ne demandera pas au soldat de l’aider. Faiblesse odieuse qu’il ne supporte pas, se retrouver ainsi, presque à nu devant Lui est insupportable. Même Flop semble avoir compris la gravité de l’instant, cette tension qui envahit la pièce. Assit sur le lit, il fixe son maître, hume dans l’air les relents de honte et de sang.


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MessageSujet: Re: Got a hustler's heart (.Rhys)   Dim 18 Mar - 0:04

Moi ou d’autres, quelle différence ? Il ne devrait effectivement pas y en avoir, pas à ses yeux du moins. Il ne devrait pas se soucier de son sort. Il ne se ressemble pas quand il insiste ainsi. Mais l’islandais est las de perdre qui comptent pour lui sans s’être battu pour aucun d’eux. Il a laissé son mariage sombrer, s’est même échiné à le détruire en beauté. Il ne s’est pas davantage remué quand son amant l’a abandonné. Pas plus qu’il n’a tenté de revenir dans les grâces d’Elias après qu’il l’ait cogné. Il s’est toujours contenté de renoncer, en partant du principe que rien ne pouvait être sauvé. Que ça ne dépendait pas de lui. Il n’y a guère qu’à sa fille qu’il a continué de s’accrocher quand la fièvre l’a emportée, quand la raison aurait justement voulu qu’il la laisse partir. Les débris de ses relations désastreuses flottent dans sa cervelle détraquée, comme un avion crashé dans l’océan. Il est trop tard pour retrouver ceux perdus par excès de faiblesse mais il peut encore tendre la main à celui qu’il a autrefois trahi. S’efforcer d’enrayer sa chute, aussi inévitable soit-elle. Le lâche se découvre une détermination qu’il ne se connaissait pas lorsque ses phalanges s’apposent contre la porte. Il se mue en soldat de plomb, fixe intensément les rétines voisines. Désireux de rendre ses intentions parfaitement claires. Il ne compte pas s’éloigner. Pas tant que le dépravé ne lui aura pas obéi. Hermétique aux plaintes et aux suppliques.

Le rouquin se résigne plus rapidement qu’il ne l’aurait cru, recule de plusieurs pas pour s’extraire de son carcan de tissu. Les lignes violacées se dévoilent lentement, annihilent la sensualité naturelle du corps meurtri. Il y a de tout sur la toile macabre. Du cruor séché qui s’agglutine en magmas immonde. Du sang qui continue de s’écouler des entailles profondes. Les stigmates récents et anciens s’entremêlent dans une sombre danse. Se superposent aux tâches de rousseur. Les ecchymoses ne sont pas en reste, teintent l’ivoire de bleu. Le tableau atroce le fascine. C’est pire que ce qu’il imaginait. Il ne peut s’empêcher de frémir en détaillant l’ampleur des dégâts. Incapable de comprendre qu’il ait pu se soumettre à une telle torture. Qu’il soit prêt à y retourner. Il en secoue la tête, en colère qu’il se soit laissé massacrer de la sorte. Pas un mot n’est prononcé une fois l’examen terminé. Il se contente d’une œillade mauvaise avant de retourner dans le couloir, puis de s’engouffrer dans la salle de bains. Il y récupère la trousse de soins de son épouse, l’essentiel pour purifier les plaies et recoudre les plus affreuses. La mâchoire serrée, il retourne au bout de quelques minutes dans la chambre, ne prend pas la peine de demander la permission. « - Laisse-toi faire, apparemment c’est ce que tu sais faire de mieux. » Persifle-t-il, odieux, en repoussant contre le matelas le rebelle. Il s’assoit à ses côtés, s’empare du matériel utile avec autorité. Tant bien que mal, il s’efforce de ne pas se laisser attendrir. Il sait composer avec la violence, les insultes, les esclandres. Nettement moins avec l’apparente fragilité du rebelle. L’impression déroutante qu’il pourrait se briser en mille morceaux. Il le voit s’effacer, comme un château de sable soumis aux caprices de la marée. C’est douloureux de devoir s’adapter. Il n’y parvient que partiellement. Les gestes se veulent mesurés, tendres pour l’occasion. Mais ils sont plus abrupts et fébriles qu’autre chose. Agacé de devoir jouer à l’infirmier, il applique l’alcool désinfectant sans le ménager.

Plus il s’attarde sur les traces laides, plus il a envie de bousiller l’enfoiré qui a osé le toucher. Alors pour atténuer la tension qui crispe le moindre de ses muscles, il libère sa frustration en pestant à voix haute. « - Tu t’es réellement persuadé que vendre ton cul ça allait contribuer à faire gagner la guerre hein ? T’as surement un sacré succès mais t’es pas si irrésistible que ça, Regan, pardon de te décevoir. Si encore tu les butais comme une mante religieuse à la manière de ta collègue, peut être que ça finirait par réduire les rangs petit à petit, mais là... » Mentionner Pearl est la pire des idées pour calmer ses nerfs, mais elle a le mérite de déporter sa rage sur une autre cible. Blessure d’orgueil toujours aussi vive. « - C’est quoi la dernière opération d’envergure que t’as réussi à mener grâce à ça au juste ? T’es prêt à accepter n’importe quoi sous ce prétexte, et tu ne te questionnes même plus sur la réelle portée qu’ont tes coucheries. » Il le crache avec mépris, en évitant soigneusement de croiser les prunelles envoûtantes. Concentré à l’extrême sur la tâche ingrate qu’il s’est attribué. « - C’est pire que de l’argent sale, c’est de l’argent obtenu en vain… » Soupire-t-il, avant de poursuivre son sermon infernal. « - T’as pas une peau extensible et tu ne cicatrises pas si facilement. Si t’as envie de crever, ya des moyens plus directs. »

Inapte à saisir pourquoi il accepte d’aller si loin, il ne parvient pas à cautionner ses multiples sacrifices. Les sadiques sont-ils plus bavards que les autres ? Le scélérat qui l’a violemment abimé ne lui semble pas du genre à s’adoucir, à s’épancher en confidences sur l’oreiller. Il se contente probablement de satisfaire ses pulsions perverses avant de le jeter comme un vulgaire kleenex. « - Un trou est un trou certes. Mais même tes clients habituels vont finir par être répugnés de te voir couvert de plaies et de croûtes dégueulasses, tu crois pas ? » Les intonations déraillent alors qu’il s’applique plus que de raison à nettoyer le torse méconnaissable. Bien malgré lui, la remarque sonne comme une tentative malsaine de se convaincre lui-même. « - C’est qui ce type pour que ça en vaille à ce point la peine ? » Les doigts libres s’enroulent autour du bras le plus proche du débauché, s’autorisent le premier véritable contact. Laborieusement, il ignore les décharges électriques qui se répercutent contre sa propre échine. Les flammèches qui calcinent sournoisement ses entrailles, lacèrent ses reins. Les sphères inquisitrices se relèvent, se plantent dans leurs jumelles. De toutes les interrogations avec lesquelles il le prend en otage, celle qui concerne l’identité de son bourreau est la seule qui lui importe vraiment. La pression contre la chair malmenée se renforce, s’accentue à mesure que le silence s’éternise. En deviendrait presque menaçante.

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MessageSujet: Re: Got a hustler's heart (.Rhys)   Sam 24 Mar - 17:03


Comme une ombre, il s’éclipse, non sans avoir gratifié la honte invitée dans sa demeure d’une œillade mauvaise. Palpitant fébrile qui se serre, se crispe dans la main d’une détresse douloureuse. Elle efface la souffrance physique, fait germer le dégoût sur la langue où pourrit le goût du sang. Un soupire brise le silence, Regan reste un instant immobile puis finit par se rapprocher de son lit. Lentement. Caresse machinalement Flop derrière l’oreille avant que l’animal ne se décide à faire claquer ses griffes sur le plancher pour détaler hors de la pièce avec allégresse. L’odieuse sensation de n’être rien de plus qu’une créature pitoyable englue sa raison, fait germer des graines de colère dans son ventre. Envers lui-même. Cet aveuglement dans lequel il s’enlise parce qu’il ne connait que cela, violence et souffrance, les piliers de son existence. Parce qu’il y croit encore, aux vertus crasseuses de ces interludes charnels jalonnant ses jours et ses nuits. Aux quelques mots qui viendront briser le silence après la jouissance. Trop rares, trop maigres pour être une véritable réjouissance, il s’y accroche pourtant. Persuadé que le flot tari deviendra un jour un véritable torrent. Il n’a plus ses dons pour les pousser au suicide comme il le faisait aux prémices de la Révolution, en les perdants, il a perdu sa ligne de conduite. Une part de ce qui le rendait implacable et redoutable. Tuer serait si facile pourtant, un acte simple et brutal avant de disparaître dans un murmure sanglant.

Alors qu’il se perd dans ses sombres pensées, un frisson lui lacère l’échine. Eveille des instincts morts sous les balles venues percer son abdomen des siècles auparavant. Les doigts se crispent, et le français fait brusquement volte-face lorsque la présence de l’islandais envahie à nouveau la pièce. Frayeur fourbe dans la carcasse vide, le cœur qui bat plus fort à en briser les côtes. Il râle mais se laisse faire sans un mot. Suit le moindre geste du regard, perdu dans ses brumes, il ne réalise pas immédiatement ce qui est en train de se passer. La brûlure de l’alcool sur ses plaies n’est qu’un tiraillement à peine perceptible dans l’océan de son insensibilité. Sombre dans le chaos, l’esprit ravagé et le regard devient vague, s’assombrit légèrement. Mâchoires qui se serrent, crispées comme pour retenir des râles de douleur. Il ravale le fiel sur sa langue, le goût acre de la désillusion et de cette infamie écrasant ses épaules. Il reste droit pourtant, le débauché, malgré le carmin sur l’ivoire de sa peau, les chairs qui supplient et s’abîment à chaque geste. Les crachats du soldat lui ravagent les tympans, s’y incrustent avec toute la force d’un fer chauffé à blanc tandis qu’il écoute en silence. Tétanisé par les horreurs s’insinuant dans toutes les failles de son être. Cet odieux portrait qui se dépeint devant ses yeux, ceux du milicien. Arrête… Contre ses cuisses, les doigts se crispent, se referment en poings serrés, témoins des maux qui le dévorent.

« - Les grands actes sont un amas de petites pièces. Je ne suis qu’une infime contribution dans la création de ces opérations d’envergures dont tu parles. Si me vendre permet d’apporter ne serait-ce qu’une chance de se rapprocher de l’exécution de la justice, il est hors de question d’abandonner. » Souffle-t-il entre ses dents serrées de colère, rendu amer par l’évidence de ses propres échecs. Mis face à cette entreprise qui stagne, ce qu’il s’inflige pour la voir avancer, en vain. L’anarchie ancrée en lui vacille, à peine mais c’est suffisant pour insuffler un vent de doute dans les fibres d’un être né pour s’insurger. Et pour quoi ? Ses élans de rébellions lui ont dérobé son frère, son épouse. Sa propre vie. Regan n’a pas appris de ses erreurs. Il en a fait les martyrs de son échec, s’est juré de venger ces mémoires odieusement souillées en renversant la tyrannie. « - Peut-être devrais-je prendre exemple sur elle. » Il susurre, cynique, l’esquisse éphémère d’un rictus fourbe sur ses lèvres. Il disparaît bien vite, dans une grimace de douleur lorsque l’infirmier de fortune éponge le carmin d’une plaie plus à vif que les autres.

« - Je n’ai pas ta chance. Elles partiront, ce n’est qu’un contretemps, rien de plus. Tu images quoi ? Que les guerres se font sans dommages ? Sans blessures ? On n’obtient rien sans souffrance, peu m’importe ce que je subis, les causes que je défends sont justes et leurs fins justifient mes sacrifices. Ils finiront par payer, tôt ou tard. » Indignation dans le timbre, la voix qui s’encrasse de relents nauséeux devant le langage cru de Rhys. Le revers immonde de ce qu’il est, balancé à ses pieds pour mieux le trainer dans la fange de son mode de vie purulent. Question apothéose, fin de tirade aux airs de guillotine. De la sécheresse dans la gorge, le résistant tressaille lorsque les doigts s’accrochent à son bras. Vacille le cœur dans sa prison de chair, la chaleur animale de cet autre contre son épiderme a quelque chose de cruellement plaisant. Ecartèle les sens, fustige ses reins d’une sensation inédite. Le regard se pose sur son bras prisonnier, puis se relève lentement jusqu’à venir s’ancrer à celui de l’islandais. Silence lourd au-dessus d’eux, la pression qui se resserre le dérange, fait monter un cri de panique muet dans sa poitrine. Le geste est vif, ses doigts qui viennent se saisir du poignet, prompts à briser le contact. Rien ne vient pourtant, juste ses phalanges qui s’agrippent avec une hargne presque tendre, malmènent rudement la chair avec la volonté de la voir se teinter de bleu. Comme sa peau, comme ces yeux qui incrustent en lui un agréable malaise.

« - Mayfield. » Le nom comme un secret qui ne doit pas être ébruité, dans un murmure de confidence. Ministre réputé, admiré pour sa droiture et sa prestance. Sa chance d’atteindre le cœur du monstre en courbant l’échine sous les griffes de son plus proche serviteur. Il tressaille à nouveau, s’agrippe plus fortement contre le bras du soldat et s’autorise à laisser voleter dans le silence, quelques notes d’un rire amer, nerveux. « - C’est ironique n’est-ce pas ? Que le plus fervent défenseur de la Prohibition soit celui qui l’outrepasse le plus odieusement. » Sa voix tressaille des accents d’une fièvre assassine. Pupilles pétillantes d’un macabre amusement, le résistant qui retrouve de sa superbe le temps de quelques battements de cœur fébrile.
« - Tout comme cette situation. Quand il serait plus censé que tu n’aspires qu’à me voir succomber au lieu de vouloir me sauver… » Les doigts se pressent contre le bras, un implacable sérieux gravé dans ses traits alors que son regard se pose sur le milicien. Emeraudes étincelants où se mêlent la honte, des relents d’incompréhension curieuse et la chaleur d’une reconnaissance supposée disparue depuis longtemps.

Du contradictoire dans le cœur, le résistant s’enlise dans ses propres batailles. Sa main libre vient chercher celle du soldat qui s’affaire contre les plaies. Elle arrête les gestes comme pour mettre un terme à cet interlude qui résonne étrangement entre leurs deux carcasses. C’est pourtant pour mieux venir se perdre contre la nuque de Rhys que les doigts le libèrent. L’emprisonnent dans un étau délicat alors qu’il se rapproche, brise la distance et assassine sa raison. Les lèvres s’effleurent, lentement, en une caresse insolente où les souffles se mêlent. Un flottement incertain et finalement, Regan abdique et embrasse avec une fureur fébrile l’allié ennemi. Fait de l’instant une parenthèse au goût d’interdit dans leur monde de haine destructrice.

_________________
❝ Naufragé dans la nuit



On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.
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Got a hustler's heart (.Rhys)

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