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 Premier contact || Beatriz

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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: Premier contact || Beatriz   Mer 24 Jan - 21:47

Premier contact
Qu’il s’agisse d’une coïncidence ou pas, Itzal avait bien l’intention de le savoir en entrant dans le Mary Rose. Enfin, à condition de mettre la main sur Esperanza. C’était elle qui cherchait, d’abord et avant tout pour savoir comment elle allait. S’il avait été aux premières loges pour assister à sa transformation, il n’avait pas eu l’occasion de la revoir depuis qu’il l’avait quitté, provisoirement pensait-il à ce moment-là, quelques heures après la nuit cauchemardesque en question. Elle avait survécu, et, à plus ou moins long terme, elle irait bien, il était bien placé pour le savoir. Mais la route était longue et quelque peu chaotique. Il était passé par là, à titre personnel puis quand il était resté auprès de Brooke quand celle-ci avait subi la même chose. Et il aurait bien voulu soutenir Esperanza dans sa galère, surtout que c’était en partie sa faute à lui si elle avait été blessée, mais il avait énormément de mal à la coincer ces derniers temps. Il pouvait imaginer des tas de scénarios, plus ou moins crédibles. Elle lui en voulait, elle lui en voulait tellement qu’elle ne souhaitait plus le voir. Il n’arrivait pas à y croire, mais ça restait une possibilité, aussi mince soit-elle. Ou bien, elle était en plein déni, refusait d’affronter la réalité, et lui était la preuve vivante que tout ça était bien arrivé, unique témoin du drame. Ou encore, elle voulait s’en sortir toute seule, sans aide. Voilà qui lui ressemblait plus. Et dans cet entêtement, elle ne voulait pas le voir et lui avouait qu’elle n’y arrivait pas – personne n’y arrivait, au début. Quoiqu’il en soit, il avait plusieurs fois tenté de la trouver, mais elle était toujours par monts et par vaux.

Cette fois, il pouvait toujours prétendre être venu pour autre chose que prendre de ses nouvelles, si c’était ça qui la stressait. Même s’il avait dans l’idée qu’il ne la trouverait pas, et pour cause : elle avait intérêt à faire profil bas, si les rumeurs qu’il avait entendues avaient seulement un fond de vérité. Tout se savait, dans cette ville, quand on savait ouvrir les yeux et les oreilles. Il se murmurait qu’un milicien avait disparu aux alentours du Mary Rose, et si l’établissement était si facilement cité, c’était parce que l’endroit était censé être select, bien fréquenté, belle façade accueillant rien moins que des membres du Gouvernement. Du genre qui nécessitait un mot de passe pour entrer. En soi, Itzal n’allait pas verser une larme sur un milicien disparu – probablement déjà coulé dans du béton et jeté dans le fleuve. Ce serait même un motif de fiesta. Mais pas quand le Mary Rose semblait lié à ça – et Esperanza par procuration. Pour une femme d’affaires, ça ne le faisait pas. Et bien sûr, quand il déboula dans le bar, il ne vit nulle trace de la patronne. Son regard balaya rapidement la clientèle, histoire de vérifier que personne qu’il connaissait ou qui le connaissait de son ancienne vie ne s’y trouvait. Puis il marcha droit vers le bar. Il avait repéré la nouvelle recrue d’Esperanza et venait de décider qu’il était temps de se présenter. Il ne savait d’elle que son nom et son prénom, et qu’elle était, pour citer Espe, « super efficace ».

Il fit un signe à Beatriz, sans savoir si elle connaissait seulement son existence. « Salut, je cherche Esperanza. Je suis Itzal, un ami. » Il ne lui fit pas l’affront de lui demander où était leur patronne commune. Soit elle n’en savait rien, soit elle lui mentirait – du moins si elle était aussi super efficace qu’Espe le prétendait. C’était ce qu’il aurait fait, lui, à sa place. Il regarda de nouveau autour de lui. L’ambiance était la même que d’habitude – feutrée, discrète, haut de gamme. Peut-être y avait-il plus de clients solitaires que d’habitude. Et peut-être que ce n’était pas des clients ordinaires, mais des fichus miliciens en civil. Il reporta son regard sur la barmaid, haussant un sourcil. « Les affaires marchent toujours on dirait. Pas de problème d’image de marque ? » À quoi bon tourner autour du pot ? Il était tout prêt à détailler sa pensée si elle le lui demandait.

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↳ Opinion Politique : neutre. Pro gouvernement pour les apparences, coincée dans ce rôle qui la fait se sentir comme un imposteur.
↳ Niveau de Compétences : Un travail acharné dès l'adolescence lui a permis d'atteindre un niveau 3 général ( niveau 4 en perception de fantômes, niveau 3 en rêves prémonitoires, elle pratique le reste de façon très sporadique et très superficielle.) Cependant, en raison des événements qui ont bouleversé sa vie et de la magie qui disjoncte, ses compétences générales sont retombées au niveau 2.
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take me down + the pretty reckless
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MessageSujet: Re: Premier contact || Beatriz   Mar 20 Fév - 20:18

Premier contact  
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Le Mary Rose était plutôt calme en comparaison aux allées et venues habituelles. J'avais connu des journées beaucoup plus animées où je devais courir partout pour satisfaire la clientèle huppée qui venait se divertir chez nous. Cette accalmie était plutôt bienvenue. Ce calme apparent me permettrait de revenir à mes premières amours, à savoir créer des cocktails aussi originaux les uns que les autres – sans alcool évidemment, les règles de la Prohibition s'appliquant à tout le monde, même à notre établissement alors même que nous étions dans les petits papiers du gouvernement. Le Mary Rose ne bénéficiait d'aucune exception, même s'il nous arrivait de servir de l'alcool en douce de temps en temps, pour peu que le consommateur y mette le prix. L'alcool était devenu une denrée rare et chère et elle ne finissait pas dans le gosier du premier venu. Ironiquement, de telles demandes provenaient d'individus haut placés, qui se pensaient visiblement au dessus des lois – l’illustration parfaite du fameux  fais ce que je dis, pas ce que je fais. C'était un moyen comme un autre de garder le contrôle, de débusquer la contrebande qui savait si bien se planquer sous une apparente légalité. Après tout, il y avait bien une maxime qui disait que certes, il fallait rester  proche de nos amis, mais qu'il fallait garder nos ennemis encore plus proches, ou quelque chose comme ça. Ce principe s'appliquait parfaitement en l'espèce. Les sbires du gouvernement , pour le moment, venaient nous manger dans la main, mais nous n'étions pas à l'abri d'un coup de poignard dans le dos. Ils étaient suffisamment retors et pervers pour décider du jour au lendemain que nous étions persona non grata et sceller notre destin. En tant que rescapée des arènes, je ne le savais que trop bien. J'avais tout intérêt à faire profil bas si je ne voulais pas voir tout ce que j'avais construit avec autant d'acharnement s'effondrer comme un château de cartes. Si à l'époque j'avais survécu aux Hunter's Seasons, c'était bien parce que j'étais forte, puissante, parce que je maîtrisais ma magie et je faisais ce qui doit être fait. Aujourd'hui j'avais perdu beaucoup de mes capacités, ma magie était devenue instable et j'étais une sorcière sur le déclin. Dans ces conditions, comment étais-je supposée survivre, accéder à l'étape suivante ? La perspective de revivre ce cauchemar me glaçait le sang et j'en avais des palpitations d'angoisse, des flashs qui surgissaient par intermittence.  

Ces visions se multipliaient ces temps-ci, me poursuivant jusque dans mes cauchemars. Le jour, il ne s'agissait que de simples réminiscences combinées à mes craintes du moment et mes nuits étaient ponctuées de rêves particulièrement réalistes, qui laissaient une sensation de malaise profond au réveil. Je rêvais parfois de ma propre mort, ou de celle de mes proches. Le plus souvent, cependant ; je voyais ma propre fin, avec une cruelle exactitude. Je me repassais en boucle la scène de mon arrestation et l'histoire se terminait toujours de la même manière. Il fut un temps où mes visions nocturnes s'étaient calmées, s'espaçaient de plus en plus. Dès lors, mon sommeil était moins perturbé, de meilleure qualité. Je regrettais presque cette époque bénie où je pouvais presque dormir sur mes deux oreilles. Je n'avais pas à chercher bien loin pour comprendre quelle était la cause de cette recrudescence.  

Je n'avais pas la conscience tranquille.

Il était là, le problème. Je me traînais ma mauvaise conscience comme un boulet. Aux yeux du monde, j'étais cette jeune maman qui tentait de se racheter une conduite en se ralliant au gouvernement – simple question de terminologie, je détestais l'idée qui se cachait derrière le terme se soumettre et je préférais croire que je conservais toujours mon libre arbitre. Chacun faisait ce qu'il pouvait pour survivre, surtout dans un monde comme le nôtre. Survivre impliquait de faire des choix parfois impossibles, et parfois cruels. Il fallait laisser derrière soi des personnes que l'on aimait. Il fallait éliminer tout ce qui avait l'air d'une menace. C'était eux ou c'était moi, de toute manière. Il fallait protéger, sécuriser, porter des secrets trop lourds, fermer sa bouche quoiqu'il arrive. Il ne fallait surtout pas parler, même sous la torture. Garder le silence pour ne pas s'exposer au châtiment ultime, à la peine capitale. Malgré mon jeune âge, j'avais moi aussi des secrets, certains étaient suffisamment graves pour me précipiter à ma propre fin s'ils venaient à être dévoilés au grand jour. Ces secrets, je les confiais rarement, je les gardais jalousement pour moi. Je ne faisais pas suffisamment confiance aux autres pour laisser ma vie entre leurs mains. Il fut un temps où j’aurais suivi ma sœur aveuglément, mais elle ne méritait pas une confiance aussi totale, aussi inconditionnelle. Elle-même avait des secrets, et j'en avais déterré quelques uns, récemment. Et ce que j'avais découvert me ne plaisait du tout.  

J’avais besoin de repos. De vrai repos.

Le travail manuel ne me suffisait plus. Je ne pouvais plus endiguer le flot de mes pensées. J'en avais presque mal à la tête. Je posai le verre que j'étais en train d'astiquer sur le comptoir, et je jetai le torchon que j'utilisais plus loin. Machinalement je me frottai les tempes alors que ma vue se brouillait, devenait plus floue. Je m'appuyai contre le comptoir, pour ne pas vaciller, pour ne pas tomber. J'avais des vertiges, à cause du manque de sommeil, à cause de l'angoisse, à cause de tout un tas de choses. Le temps de cligner des yeux et je vis un homme se diriger vers moi. Un client. Je me ressaisis, ou tout du moins, je m'en efforçais. Je me tenais droite, de nouveau, arborant un sourire de façade. Faire comme si de rien n'était, prétendre que tout allait bien. Parce que tout allait bien, pas vrai ? Il ne fallait surtout pas que quelqu'un se doute que quelque chose de grave s'était passé ici.  

« Bonjour. » saluai-je avec un enthousiasme feint, mes prunelles sombres scannant d'ores et déjà le nouvel arrivant. « En quoi puis-je vous aider ? »  

Voilà que je débitais des phrases toutes faites, comme si je ne faisais que suivre un script. S'enquérir des besoins du client en premier. Toujours. Pourtant, ce client là n'était pas comme tous les autres. C'était un ami d'Esperanza, ou tout du moins le prétendait-il. Il s'appelait Itzal. J'enregistrai l'information dans un coin de ma tête, vérifiant qu'elle ne m'évoquait pas déjà quelque chose. S'il était déjà venu en ces lieux, c'était probablement quand je n'étais pas encore assistante. Un sourire sardonique étira alors mes traits. S'ils étaient effectivement amis, leur relation ne devait pas être au beau fixe s'ils devaient passer par mon intermédiaire pour se rencontrer. Il ne me laissa pas le temps de faire cette remarque, déjà il parlait des affaires et de cette histoire d'image. Mes sourcils se froncèrent tandis que je continuais à l’inspecter attentivement.

« Esperanza n'est pas là pour le moment, non. » répondis-je avec aplomb. « Je ne sais pas du tout quand elle reviendra, si ça ne vous dérange pas d'attendre son retour vous pouvez vous installer. Si vous êtes aussi proche de ma patronne que vous le prétendez, vous savez sûrement que nous proposons des divertissements de choix. »  

Mon sourire sardonique devint beaucoup plus mielleux, beaucoup plus aimable.  

« Ou alors, je peux prendre un message et lui transmettre quand elle reviendra, c'est vous qui décidez. » Quant à moi j'avais tout mon temps, pour une fois je n'avais rien d'autre à faire. Je m'accoudai sur le comptoir et croisai mes mains sous mon menton. « Après tout, le client est roi. »  

Je jetai un regard circulaire à la salle, avisant les places libres et non encore réservées. S'il s'installait et profitait de nos divertissements, il verrait par lui-même que notre établissement ne souffrait d'aucun problème d'image.  

« Vous dites que vous êtes un ami, donc ? » m'enquis-je après avoir vérifié le registre des réservations. « Vous êtes avocat, pour vous intéresser autant à notre image ? »  

Autant que je sache ce qu'il avait derrière la tête, parce que ce n'était définitivement pas anodin qu'il évoque de tels sujets alors que nous avons échangé quelques mots à peine. Mes prunelles sombres le sondèrent, implacables. S'il savait quelque chose, n'importe quoi, le dénommé Itzal n'en montrait rien. Ma méfiance, elle, était tout à fait légitime. Dans un monde comme le nôtre, on ne savait jamais vraiment qui étaient nos amis.  
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MessageSujet: Re: Premier contact || Beatriz   Ven 23 Fév - 22:12

Premier contact
Pour Itzal, il y avait des gens dont le métier aurait pu totalement les qualifier pour faire d'eux des tueurs à gages ou des flics, et les barmans et barmaids en faisaient partie. Par nécessité, ils avaient la mémoire des visages et des noms si on les leur donnait, ils savaient observer une foule et déceler les éléments perturbateurs, savaient évaluer la santé mentale ou à tout le moins éthylique d'un client, avait toutes les caractéristiques factices des commerçants - le faux sourire, la fausse amabilité - et surtout, ils savaient garder les secrets, et Zeus savait que les gens avaient tendance à causer à ces dangers publics. Parce que ouais, les gens derrière les bars étaient dangereux. Et aussi, leurs tarifs, c'était du vol à main armé. Encore qu'ici, il fallait bien que ça coûte une blinde, ça faisait partie des arguments commerciaux. Les riches se méfiaient de ce qui était bon marché. Cette barmaid-là n'échappait probablement pas aux règles habituelles et pour commencer, elle avait la tête de la personne qui venait de passer une journée de merde et se rendait compte que la débauche était encore loin. Ça rendait à ses sourires un côté presque tragique. Mais bon, hein, tant pis, ce n'était pas vraiment son problème. Accessoirement, il ne se faisait aucune illusion sur ce femme : si Esperanza l'avait embauchée, elle entrait définitivement dans la catégorie des barmaids tueuses à gages. Les employés d'Espe étaient tous des naufragés de la vie ou des anomalies sociales.

Quand il évoqua son amitié avec Esperanza, le sourire gratos se transforma en une moue tordue beaucoup plus humaine - et beaucoup plus significative aussi. Peut-être que des couillons qui venaient la voir en prétendant être pote de la patronne, elle en voyait défiler cinquante par jour. Elle lui répondit avec autant d'émotion qu'une musique d'ascenseur et il prit son temps pour s'asseoir au comptoir face à elle comme elle l'avait invité à le faire. Il n'avait même pas assez de fric sur lui pour se payer un verre d'eau, ou même un verre vide, et il avait cessé depuis longtemps de nourrir l'espoir qu'Espe lui ait ouvert une ardoise à vie, vu qu'ils n'avaient ni l'un ni l'autre grand intérêt à ce qu'il traîne ici tout le temps. Il la salua d'un geste ironique, façon reine d'Angleterre, puisqu'elle lui rappelait si gentiment qu'il pouvait bien faire ce qu'il avait envie. « Elle est jamais là, bordel, elle en branle plus une, ou quoi ? » Qui n'avait pas droit à des vacances après avoir été transformé en voleur d'énergie ? C'est que quand on était occupé à crever de faim et à attaquer des gens au hasard dans la rue, on n'avait plus le temps de travailler. Il faudrait qu'il se contente de sa barmaid. Il voyait bien qu'elle aurait voulu le coller en salle, pour se débarrasser de lui, mais il n'avait pas envie, lui.

« J'ai la gueule d'un avocat ? Je suis un ami, et je m'inquiète de ses affaires, surtout maintenant qu'elle a l'air de ne plus s'en occuper. » Il savait que cette fille était tout sauf conne. Si Espe lui avait laissé les clés du temple, c'était qu'elle lui faisait confiance. Itzal n'avait aucun intérêt à se la mettre à dos, et il ravala son impatience à grand-peine. « Il y a des rumeurs qui courent sur cet établissement, qui m'ont d'autant plus étonné que ce n'est pas vraiment le genre de la maison. Il s'est passé certaines choses ces derniers temps, des choses qu'il ne vaudrait mieux pas évoquer à voix haute en public si vous voulez garder votre clientèle. » Il pouvait y ajouter des gros yeux et un air de fou furieux télépathe, il ne pourrait pas être plus clair, sauf si elle n'avait jamais entendu parler de l'histoire en question, mais il n'y croyait pas une seconde. Il baissa d'un ton et grogna, le plus sérieusement du monde : « Qu'est-ce qu'il se passe ici, bordel, et où est Esperanza ? » Il n'avait pas encore prononcé le mot "milice", mais il allait falloir qu'il y vienne. Et il n'avait aucun moyen de prouver qu'il était qui il était, évidemment. Pour cette fille, il pouvait être n'importe quel cinglé, ou pire, un type de la milice en civil. Il était sûr à quatre-vingt-dix pour cent qu'Esperanza lui faisait confiance, mais ces dix pour cent restant l'empêchaient de prouver par des mots cash qu'il connaissait assez Espe pour savoir sur elle des choses qui lui vaudraient les pires ennuis.

« Elle s'adapte à sa nouvelle vie ? » Voilà. Si la barmaid ne savait pas qu'Espe était une voleuse d’énergie désormais, alors elle ne comprendrait juste pas de quoi il parlait. Et dans le cas contraire, eh bien, comprenne qui pourra.

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Dernière édition par Itzal Macaro le Jeu 22 Mar - 22:37, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Premier contact || Beatriz   Mer 14 Mar - 17:58

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Mon regard vif et inquisiteur scrutait le dénommé Itzal, décortiquant la moindre expression ou mimique qui pourrait me paraître suspecte. Sans doute l'ignorait-il, mais j'étais d'ores et déjà occupée à enregistrer la plus petite information qui pourrait m'être utile, pour plus tard. De prime abord j'étais une petite rousse qui ne payait pas de mine, mais il ne fallait pas se fier aux apparences, j'étais bien plus redoutable que j'en avais l'air. J'avais passé suffisamment d'années derrière un comptoir pour être désormais en mesure de savoir rapidement à qui j'avais affaire. j'étais une fine observatrice et rien ne m'échappait. Le verdict, lui, était sans appel. Ce bonhomme à l'apparence brute de décoffrage ne me plaisait pas. Il dégageait quelque chose qui m'incitait à rester sur mes gardes. Il ne fallait donc pas qu'il s'attende à ce que je dilapide ce que je savais sur ma patronne, auquel cas il pourrait être très déçu. Je me méfiais d'autant plus de ceux qui s'autoproclamaient amis aux fins de s'attirer des faveurs qu'ils ne méritaient pas. Ce Itzal allait donc devoir montrer patte blanche pour que je consente à parler. À commencer par baisser d'un ton. Je n'aimais pas la véhémence avec laquelle il s'exprimait, et encore moins son empressement. Je le sentais, il en savait bien plus qu'il le disait sur ce qui se passait ici, entre ces murs. Avec le temps, j'étais devenue experte pour prêcher le faux afin de savoir le vrai et c'était précisément ce que j'étais en train de faire. Aussi lui avais-je demandé s'il était avocat et la réponse ne se fit pas attendre plus longtemps. Non, il n'était pas avocat et il semblait même offensé que j'aie eu l'outrecuidance de le sous-entendre.

À l'évidence, il n'avait rien d'un avocat, il était même loin d'avoir la gueule de l'emploi, comme il le disait si bien. Un avocat se serait exprimé avec beaucoup plus de retenue. C'était sournois, un avocat. Ça décryptait chacune de tes paroles, ça exploitait chacune de tes failles pour mieux te la mettre à l'envers. En tant que vétéran des Hunter's Seasons, je connaissais mieux que personne le vrai visage de cette justice de façade. Une justice qui envoyait à la mort le petit délinquant du coin ou les plus grands criminels sans faire de distinction ne méritait pas son nom à mes yeux. Je pourrais en dire, sur cette justice qui brisait plus qu'elle réparait, mais ce n'était pas le sujet. Le sujet , c'est qu'Itzal affirmait ne pas être un avocat et il revendiqua une nouvelle fois son amitié avec Esperanza. Il disait également être inquiet pour ses affaires, qu'elle semblait ne plus tenir. Il faisait sans doute allusion à ses absences répétées. Il est vrai qu'elle n'était plus là aussi souvent qu'avant, mais de là à ce que ses absences soient considérées comme suspectes, il y avait tout un monde. Malheureusement, aux yeux du dénommé Itzal, cela ne semblait guère faire grande différence. Le raccourci, dès lors, était vite fait : elle n'était pas là donc elle négligeait le Mary Rose, qui était pourtant la prunelle de ses yeux. J’adressai à Itzal un regard glacial. Toute trace d'amabilité avait disparu de mon visage. J'avais revêtu mon masque de mégère, de celle qui ne se laissait pas faire.

Ce qu'il dit ensuite me conforta dans ma méfiance. Il savait. J’ignorais encore ce qu'il savait exactement mais les rumeurs, selon lui, allaient bon train. Mon regard se durcit et mon sang se glaça dans mes veines. L'allusion était on ne peut plus limpide. Il parlait forcément du milicien qui était mort ici plusieurs semaines plus tôt. Ça ne pouvait être que ça. Oui, un milicien avait disparu ici même, un témoin l'avait aperçu en train de quitter le Mary Rose. J'avais pris certaines dispositions pour que personne ne puisse remonter jusqu'à nous. Notre plan ne comportait aucune faille, j'en étais certaine. Le corps était bien caché, ma magie le protégeait des regards indiscrets et faisait fuir les fouineurs. En l'occurrence, j'avais immédiatement catégorisé Itzal parmi les fouineurs parce que son intérêt pour cette histoire me déplaisait. Je me redressai, décroisant mes mains, puis, j'esquissai une moue ironique.

« Si vous n'êtes pas un avocat alors je ne vois pas ce que vous pouvez faire pour remédier à ce problème d'image. » décrétai-je d'une voix tranchante, tout en coulant un regard vers la salle. Je croisai mes bras sur ma poitrine gonflée par le lait avec lequel je nourrissais mon fils. « Tout bien considéré je ne pense pas que vous soyez un avocat, vous avez plus la dégaine d'un flic véreux et ça ne m'inspire pas confiance pour autant. »

Tous ceux qui faisaient fonctionner l'appareillage de la justice gouvernementale, de près ou de loin, à mon sens, étaient à mettre dans le même panier. Je toisais une nouvelle fois Itzal, tentant de déceler le mensonge derrière ses traits burinés. Pourtant, je n'y voyais rien d'anormal. Ce n'était pas parce que je ne parvenais pas à déceler le mensonge dans son attitude que je le croyais pour autant.

« Vous dites qu'il y a des rumeurs qui circulent autour de l'établissement ? » m'enquis-je d'une voix beaucoup plus douce. « Comme vous venez de le souligner ce n'est pas vraiment le genre de la maison, de s'attirer des problèmes, aussi je dois bien avouer que je suis curieuse de savoir d'où vous tenez ces rumeurs. Je n'ai rien entendu de tel ces temps-ci. »

Une fois encore, je jouais la carte de l'innocence. Je savais très bien le faire, de jouer les ingénues. C'est ce que je faisais tous les jours quand je graissais la patte d'éminents membres du gouvernement. Mes sourires n'avaient rien de sincère mais l'essentiel était qu'ils y croient.

« Mais puisque vous semblez connaître nos habitudes, peut-être pourriez vous songer à deux fois avant d’apporter un quelconque crédit à ces bruits de couloir. » Je soupirai, avant de prendre le verre que j'étais en train d'essuyer. Je le remplis d'une boisson non alcoolisée puis je le poussai vers Itzal. « Tenez, prenez un rafraîchissement. C'est moi qui offre. » Je sortis des pièces et des billets de la poche arrière de mon pantalon puis je les glissai dans la caisse. Qu'il ne se mette pas à croire que mon geste était désintéressé. Si je lui offrais une boisson c'était bien parce que j'avais une idée derrière la tête. « Le Mary Rose reçoit de la clientèle haut de gamme, qui peut s'offrir un cocktail qui coûte un bras, exactement comme celui que je viens de vous servir. À la tête de cet établissement, il y a une femme, noire qui plus est. Vous ne pensez pas que cela puisse attirer les médisances ? »

Esperanza était tout comme moi une gagnante des jeux organisés par le gouvernement. Toutes les deux, nous avons empoché un sacré paquet de pognon. Toutes les deux, nous étions devenues célèbres et forcément la célébrité faisait parler.

« Quelles que soient ces rumeurs, je n'y vois rien d'autre qu'une tentative de sabotage. » conclus-je avec assurance, non sans pincer les lèvres avec dédain.

Je ne savais que trop bien que le gouvernement comportait une bonne poignée d'hypocrites qui étaient prêts à tout pour nous planter un poignard dans le dos. En soi je ne faisais rien de mal, je ne faisais que jouer leur jeu. Ce n'était qu'une technique de survie parmi tant d'autres. Après ma tirade, mon visage se ferma, indiquant par là que pour moi, la discussion était close. C'était sans compter Itzal, qui n'avait visiblement pas l'intention de rentrer bredouille puisqu'il me demanda très directement si Esperanza se faisait à sa nouvelle vie. Ma main se mit à trembler sous l'effet de la surprise. Mes yeux s'étaient légèrement écarquillés et mon corps tout entier était tendu. Putain. Pour être direct c'était direct. Je ne pouvais plus feindre de ne pas savoir, parce que ma réaction venait de me trahir. Je blêmis d'un seul coup, tandis que l'image de Mina se superposait à celle d'Esperanza. Je revoyais encore le corps du milicien gésir à terre, rabougri comme un vieux pruneau, complètement desséché. Je me souvins alors de la sensation que j'avais ressentie lorsque Mina avait absorbé toute ma douleur, toute ma peine. Je me souvenais de l'immense fatigue qui s'en est suivie. Tout me paraissait un peu trop familier.

C'était donc ça.

« Putain mais vous êtes qui vous ? » m'écriai-je, sans me soucier une seule fois de la politesse. « Pourquoi vous êtes en train de nous coller au cul comme une abeille autour d'un pot de miel ? Vous êtes un shadowhunter c'est ça ? » Ça pourrait expliquer pourquoi il en saurait autant. Les humains ne s'y connaissaient pas tellement en matière de surnats. Je jetai un autre regard à la salle qui se remplissait tout doucement, j'inspirai profondément pour reprendre le contrôle et je toisai Itzal de mes yeux sombres. « Vous, suivez-moi. » ordonnai-je sèchement. « Nous allons discuter en privé. »

Et ce n'était pas négociable. Si effectivement Itzal était un shadowhunter, j'avais tout intérêt à collaborer sans faire de vagues. D'où ma proposition de discuter en privé. De plus, c'était l'occasion de vérifier s'il connaissait aussi bien les lieux qu'il le prétendait. S'il était effectivement un ami de la patronne, alors il était certainement déjà venu en coulisses.
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MessageSujet: Re: Premier contact || Beatriz   Jeu 22 Mar - 23:30

Premier contact
Évidemment, l’affaire s’annonçait mal. Comme toujours, Itzal faisait forte impression pour une première rencontre, incapable qu’il était de faire preuve de retenue, de patience et d’effectuer les ronds-de-jambes conventionnels inhérents à toute conversation avec une inconnue. Il savait parfaitement quel impact il avait quand on le rencontrait pour la première fois, sans parler du moment où il ouvrait la bouche pour balancer en vrac, sans filtre et sans fioritures, ce qu’il avait à dire. Quelque part, la réaction quasi épidermique de la barmaid le rassura un peu. C’était une minus mais elle ne comptait pas se laisser faire, et comme prévu, elle était le parfait mini-boss, videur et physionomiste à la fois, l’air prête à défendre son bout de comptoir bec, ongles et armes aussi probablement. Cela le confortait dans l’idée qu’Esperanza lui faisait confiance, et qu’elle lui faisait confiance parce qu’elle était capable d’assurer le job. Le début de sympathie qu’il ressentit pour la rouquine s’évapora en fumée quand elle le traita de flic – on aurait tout vu ! Et ensuite ce serait quoi, espion, politicien, coiffeur ? Elle aurait fait le tour des métiers que le Vénézuélien méprisait du fond de sa personne. En guise de réponse, il pointa le doigt sur sa gueule, histoire de ne pas se répéter ; lui, flic, il avait la gueule d’un flic ? Véreux ou pas véreux, cette engeance puait la charogne. Il se retint cependant de mordre en la voyant lui servir un verre. Ce n’était pas de l’alcool, mais il avait l’habitude ici, c’était un établissement respectable, à ce qu’il paraissait – qu’on le laisse rire.

Il se percha sur un tabouret de bar et la remercia d’un hochement de tête, calmé, avant de se marrer dans son verre. « C’est la rue, ma source, la rue sait tout et elle ne se trompe jamais. » Et il faudrait qu’elle se contente de ça pour le moment. Et il ne mentait même pas. La rue était un royaume peuplé de créatures faméliques, invisibles et aux yeux et aux oreilles grands ouverts. Que le quartier soit crade ou bourgeois, peu importait, elles étaient toujours là, dans les ombres des lampadaires, sous les entrées d’immeubles, contre les murs des ruelles, et leurs voix, aussi dissonantes soient-elles, chantaient souvent au diapason quand quelque chose de palpable se tramait. Itzal avait fait parti de ce peuple de fées modernes et savait qu’il leur en fallait peu, un paquet de clope, de la bouffe ou un sachet de dope, pour les faire roucouler. Et c’était bien parce qu’il s’agissait du Mary Rose et d’Esperanza qu’il avait décidé d’accorder tout le crédit possible à ces murmures. Et il n’avalait aucune des acrobaties verbales que lui servait la barmaid, qu’il balaya d’un geste vague. « Oh, pitié, arrêtez le blabla, tout le monde s’en fout ici qu’elle soit femme et noire, c’est la boss du quartier, ne faites pas semblant de ne pas savoir. » Il n’y avait qu’à voir la clientèle à gerber qui chauffait les sièges de la salle, politicards et grands bourgeois qui lui mangeaient dans la main et sur qui Espe avait probablement trois ou quatre moyens de pression ; parallèlement elle était parfaitement intégrée dans le monde de la nuit et du crime organisé. Cette nana était comme ça, il l’avait vue de ses yeux, savait de quoi elle était capable, avait assisté à la fondation de son petit empire et l’idée que quelqu’un ait lancé une rumeur sur son club et la milice juste pour l’emmerder ne tenait pas debout.

Heureusement, il semblait qu’il avait enfin touché une corde sensible, non pas avec tous ses discours de petite brute, étonnement, mais en sous-entendant qu’Esperanza avait changé. En fait, la réaction de la jeune femme fut spectaculaire, et Itzal la regarda se décomposer le bec ouvert. Eh ben heureusement qu’il était vraiment pas de la milice, en tout cas, hein. Il attendit qu’elle reprenne contenance, et ne fut pas déçu quand elle lui sauta à la gueule, en totale contradiction avec son attitude de tout à l’heure. Ah ! Enfin, elle laissait tomber les apparences. Elle savait visiblement de quoi il voulait parler, et si elle savait, alors qu’en pensait-elle ? Itzal se demanda soudain si elle avait quelque chose à voir avec la disparition d’Esperanza. Il avait du mal à y croire tant elle semblait haïr tout ce qui touchait au gouvernement de prés ou de loin, et particulièrement sa police et son armée. Ou alors, elle était vraiment bonne actrice. Quand elle lui ordonna de la suivre, il n’hésita pas une seconde, tout en se disant qu’elle allait peut-être, une fois seule avec lui, se contenter de lui coller une balle entre les deux yeux et balancer son corps à la benne. Il haussa les épaules, sauta de son tabouret et se dirigea vers la porte de la réserve – du moins la réserve officielle, qui ne contenait que des produits licites. Il poussa la porte et s’effaça pour laisser passer la barmaid avec un sourire faux-cul. Qu’elle pense ce qu’elle voulait. Une fois la porte refermée sur eux, il s’adossa contre le battant, les bras croisés, attitude qui aurait pu paraître agressive, mais qui montrait aussi à son interlocutrice qu’il ne comptait pas s’emparer d’une arme éventuelle.

« Écoutez, je pourrais vous faire la biographie d’Esperanza là tout de suite pour vous convaincre, mais on perdrait du temps. Je suis un ami, et un employé occasionnel, et la dernière fois que je l’ai vue, c’était pour un job qui a mal tourné. » Mais tout ça, encore une fois, ce n’était que des mots. À sa place, il ne se croirait pas, se méfierait encore, et elle aurait eu raison. Finalement, il remonta sa manche et lui montra son avant-bras : au milieu des tatouages, déchiquetée et bien visible, trônait la cicatrice de la morsure du zombie qui avait fait de lui ce qu’il était. Et s’il se permettait une telle révélation, c’était que lui s’était déjà fait choper par le gouvernement. Il était déjà au fond du trou et il n’y avait rien désormais qu’il puisse subir de pire. Il était enregistré dans il ne savait quel fichier de la milice et si la rouquine le dénonçait, ça n’aurait aucune incidence, les mecs ne se déplaceraient même pas. « Je m’inquiète pour elle. Vous comprenez ? » Enfin, son ton s’était apaisé, son regard assagi.

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MessageSujet: Re: Premier contact || Beatriz   Ven 20 Avr - 8:30

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La rue était médisante, et pleine de gens qui, potentiellement, ne rêvait que de nous faire tomber. Les mots faisaient parfois plus mal que des actions et il suffisait parfois d'une rumeur pour détruire toute une vie. C'était presque mot pour mot ce que l'on m'avait dit le jour où j'ai eu la malheureuse idée de porter plainte pour le viol que j'avais subi. Tous les moyens ont été déployés pour que je n'aille pas jusqu'au bout de ma démarche. Visiblement, préserver la réputation de ce mec était beaucoup plus important que le préjudice que j'avais moi-même subi. Après tout, je n'étais qu'une pauvre femme et ma vie avait moins de valeur que celle de ce type, d'autant plus qu'il était milicien. Tout l'argent gagné lors des Hunter's Seasons n'aurait pas suffi à acheter un semblant de justice. J'étais celle qui avait dû vivre avec les conséquences des conneries d'un autre, au sens propre comme au sens figuré puisque à l'évidence Noah n’avait pas été conçu par l'action du Saint Esprit. Il viendra un jour où Noah grandira et me posera des questions sur ses origines, sur son père. En tant que mère célibataire je ne savais que trop bien ce que c'était d'être la cible de rumeurs malveillantes, et pour ne rien arranger tout le monde savait que j'étais une sorcière. A cela, je ne répondis rien, me contentai de pincer les lèvres tout en adressant un regard torve à cet ami presque tombé du ciel. Je ne répondis pas davantage lorsqu'il avança qu'à ce stade là, plus personne n'en avait rien à carrer qu'elle soit une femme et noire qui plus est et que ce n'était pas pour cette raison qu'on viendrait lui chercher des noises. Elle était la boss du quartier, disait-il. Ce fait était incontestable, il ne m'apprenait rien de nouveau.

Ce qu'il dit ensuite fut beaucoup plus intéressant.
Il avoua carrément qu'Esperanza était devenue une voleuse d'âme, ce qui pouvait expliquer bien des choses.

Il me fallut quelques instants pour assimiler l'information et me ressaisir. Pour le coup, je m'étais grillée toute seule, aussi ne pouvais-je plus faire semblant, feindre l'ignorance. De la même façon, je ne pouvais pas dire qu'Esperanza avait tué quelqu’un, même par accident, parce que je l'avais aidée à planquer le cadavre et j'étais moi-même embourbée jusqu'au cou dans ce merdier. Aussi avais-je ordonné au fameux Itzal de me suivre, pour discuter en privé. S'il voulait parler de ça, mieux valait s'éloigner des oreilles indiscrètes, pour étouffer la rumeur avant qu'elle devienne totalement incontrôlable. Moins de personnes étaient au courant et mieux c'était. Je ne savais pas encore de quelle façon Itzal allait pouvoir nous être utile, et pour cela je devais continuer à l'interroger pour m'assurer qu'il en savait un minimum. Qu'il ne se leurre pas pour autant, je ne l'avais pas invité à me suivre dans les réserves parce que je lui faisais confiance, bien au contraire, je ne faisais que redoubler de vigilance.

Lorsqu'il referma la porte derrière nous pour s'adosser contre le battant, les bras croisés, j'eus comme un flash. Aussi nettement que si c'était en train d'arriver, je me voyais utiliser la magie pour lui soutirer les informations que je cherchais. Je me voyais lui infliger des décharges de douleur telles qu'il demandera grâce au lieu de risquer de devenir fou. Pourtant, je ne fis rien de tout ça. Aussi rapidement qu'elles étaient venues, le flash s'évanouit. Pas de torture, pas d'aveux forcés, je demeurais immobile, les bras ballants, toisant Itzal de mon regard implacable. Une fois seule avec l'ami d'Esperanza, une bouffée d'angoisse me submergea. D'habitude, il suffisait que je touche quelque chose, manipule quelques objets pour me rattacher à la réalité mais je ne pouvais décemment pas tourner le dos à ce type pour me mettre à réorganiser les boîtes sur l'étagère. C'était d'autant plus suicidaire qu'il venait très clairement de m'avouer qu'il travaillait à l'occasion pour ma patronne et que c'était arrivé à l’occasion d'un job qui a mal tourné. Mon regard détailla sa carrure massive, sa tronche d'ex-taulard, sa dégaine patibulaire.

Un mercenaire.

« Quel genre de job ? » m'enquis-je d'une voix blanche, tandis que je serrais les poings à m'en lacérer l'intérieur des paumes avec mes ongles impeccablement vernis. « Qu'entendez-vous par qui a mal tourné ? Il y a eu des morts, des blessés graves ? Expliquez vous bon sang, je ne peux pas vous aider si je ne sais pas quel est le problème. »

C'était pourtant évident, non ? Si je ne savais pas à quelles difficultés j'étais confrontée, je ne pouvais pas réfléchir à une solution pour y remédier. Or, j'étais beaucoup trop impliquée dans cette histoire pour qu'on me laisse de côté. Certes, il était toujours hors de question que j'avoue de but en blanc que ma patronne avait buté ce milicien mais j'avais le droit de savoir. Il restait des zones d'ombre, des phénomènes inexpliqués. Par exemple, cela m'aidait beaucoup de savoir qu’Esperanza était une voleuse d’âme car au moins, cela expliquait la mort inopinée de ce mec. Je savais également pourquoi elle s'absentait aussi souvent, désormais.

J'eus un mouvement de recul lorsqu'il tripota l'ourlet de sa manche, croyant qu'il allait dégainer une arme blanche ou une connerie de ce genre. Je retins mon souffle lorsqu'il me montra son avant bras, dont l'épiderme était marqué par une cicatrice disgracieuse. A l'évidence ce n'était pas un alligator qui l'avait mordu de cette façon. J'eus une pensée fugace pour Mina, pour cette gosse qui avait été mordue par une de ces saletés de zombies et qui était elle aussi une voleuse d'âme. Je ne savais que trop bien quel effet cela faisait de se faire absorber son énergie vitale car je l'avais moi-même expérimenté.

« Vous vous inquiétez pour elle. » répétais-je tout en écarquillant les yeux, sidérée par tout ce que je voyais. « Soit. En admettant que je vous laisse le bénéfice du doute, comment est-ce arrivé ? Si j'en crois ses absences répétées, c'est arrivé récemment. Que s'est-il passé cette fois là ? » J'avais l'air d'insister mais j'avais besoin de savoir. « Toutes les personnes que je connais et qui sont dans votre cas ont été mordus à un moment donné par une créature. J'ai vécu avec un de vos semblables quelques temps, vous savez ? » Bien sûr que non il ne savait pas, c'était totalement stupide comme réflexion. « Peu importe. Je sais que vous ne possédez pas la magie, et que c'est pour cette raison que vous faites parfois appel à nous. » Je pris une profonde inspiration. « Les sorciers. » précisai-je alors, comme si ce n'était pas assez explicite. « Je suis une sorcière. Ça m'arrive également de rendre des petits services par-ci, par-là. Mes clients apprécient ma discrétion. »

J'avais employé le terme client à dessein, car je ne me considérais pas du tout comme un larbin. Je ne faisais que rendre un service, parce qu'on me sollicitait pour cela. J'étais libre d'accepter ou non la prestation qu'on me demandait. En l'occurrence j'avais accepté de rendre ce type de service à Esperanza alors même que cela dépassait mes fonctions d'assistante. J'aurais très bien pu dire non mais j'avais accepté, pour tout un tas de raisons. En insistant sur ma discrétion, j'espérais en quelques sortes que Itzal n'allait pas insister plus que ça pour que je lâche le morceau. Pour cela il devra voir directement avec la principale concernée.  
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MessageSujet: Re: Premier contact || Beatriz   Mer 25 Avr - 22:18

Premier contact
Impossible de savoir ce que cette fille savait et ne savait pas. Pourtant, on ne pouvait pas dire que la barmaid se la jouait poker face. Itzal avait l’impression que chacune de ses paroles déclenchaient chez elle une réaction différente. Mais du coup, il ne parvenait pas à deviner si ce qu’il lui racontait lui évoquait quelque chose, ou si c’était une surprise totale, ou si elle faisait juste le rapprochement entre deux trucs. Ce qui était on ne peut plus frustrant. Qu’Espe ne lui raconte pas la totalité de ses aventures ni même ne la tienne au courant de son planning détaillé ne l’étonnait pas, mais il fallait bien qu’elle lui en dise un peu, tout de même. Elle avait plus ou moins fait la morte après l’incident avec le zombie, et Itzal, faute de lui mettre la main dessus, avait espéré qu’elle s’était tournée vers quelqu’un d’autre pour la soutenir dans ces moments difficiles. Et à voir comme cette rouquine était protectrice vis-à-vis de sa patronne, il avait commencé à croire que ce quelqu’un d’autre, c’était elle. Mais maintenant, il n’en était plus si sûr. Et il en allait de même pour les activités parallèles d’Esperanza. Sa barmaid, finalement, savait-elle seulement qui était sa patronne ? Il décida que oui, quand l’autre en face lui demanda des détails sur le job de la nuit en question et évoqua des « morts ». Il était clair qu’elle avait tout de suite pensé à un truc illicite, être une simple tenante de club ne représentait en soi pas beaucoup de danger. Malgré tout, et malgré aussi la panique soudain de la barmaid, il balaya sa demande d’un geste, se refusant à donner plus de détails, à dire les choses clairement, préférant les sous-entendus. En cas de trahison intempestive de cette inconnue, il pourrait nier, prétendre n’avoir impliqué que lui-même, ce qui était exactement le cas.

Il attendit, la laissa dérouler le fil de pensées dont elle seule était la propriétaire, incapable d’interpréter correctement toutes les émotions qui traversaient son visage. Clairement, les paroles du Vénézuéliens évoquaient quelque chose pour elle, mais peut-être étaient-ce des choses personnelles, et qui n’avaient rien à voir avec Esperanza, vu sa détresse. Ou peut-être que c’était un peu des deux. Il resta intraitable face à sa supplique, se contentant du minimum syndical. « C’est à elle de vous le raconter, quand elle en aura envie. Moi, je lui sers de gros bras quand elle en a besoin. » Cela au moins il pouvait le lui dire, ça n’avait aucune incidence et de toute façon, elle devait déjà s’en douter. Il n’était pas payer à faire la vaisselle d’Espe ou lui tricoter des pulls. Il cilla quand soudain elle lui parla des « personnes comme lui », comme si elle avait cinquante dans son carnet d’adresses, jusqu’à ce qu’elle lui avoue en fait avoir carrément vécu avec un voleur d’énergie. Ah, comme quoi… Il aurait bien aimé que Priya soit là pour entendre ça. « C’est tout à votre honneur, il paraît qu’on n’est pas des cadeaux. » Mais il se concentra bien vite sur la conversation, car à son tour, la rouquine passait aux aveux. Itzal ne put s’empêcher de faire la gueule quand elle lui avoua qu’elle était une sorcière. Ben ouais, bien sûr qu’il avait déjà fait appel à une sorcière, au moins une fois – et ça avait été probablement une des pires décisions de sa vie. En tout cas, les quelques sorcières qu’il connaissait étaient toutes cinglées, mais il garda ça pour lui parce que là, comme ça, cette fille ne semblait pas entrer dans la norme étiquetée « folie ». À ce stade d’une conversation, Persephone lui avait déjà enfoncé une aiguille dans le bras et Zelyna tenté de lui arracher la gorge avec les ongles. Il y avait du progrès.

Il ne put s’empêcher de sourire, cela dit. Il n’était même pas étonné par cette révélation. « Je reconnais bien là Esperanza. Elle sait s’entourer de personnes utiles. » Et il ne doutait pas que la patronne ait trouvé son compte avec celle-ci. Et cependant, elle accordait aussi énormément d’importance à la fiabilité des gens dont elle s’entourait. « Je sais qu’elle vous fait confiance. Elle ne vous aurait jamais embauchée, sinon. Et si elle se permet de disparaître de manière intempestive en vous laissant à la barre, c’est qu’elle vous considère comme quelqu’un sur qui on peut compter. » De cela au moins, il pouvait être sûr, et dans le même temps, se détendre. « Je suis venu parce que j’ai entendu dire que la milice traîne dans le coin, et on parle même d’une disparition. Et l’idée que la milice rôde ici, ce n’est pas une bonne nouvelle, vous en conviendrez, non ? Puisque vous êtes en charge de tenir la baraque, qu’est-ce que vous comptez faire pour arranger les choses ? » C’était un peu abrupt, mais il fallait bien mettre les pieds dans le plat. Et puis la suite, évidemment, c’était qu’il lui propose son aide, si elle en avait besoin. Il était venu soutenir Esperanza, mais à défaut de la trouver, il pourrait soutenir son business, et cette fille par la même occasion.

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MessageSujet: Re: Premier contact || Beatriz   Lun 7 Mai - 22:03

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Bien sûr que c'était à Esperanza de me raconter ce qui s'était passé ce jour là. Après tout, cela concernait directement sa vie privée et non le travail, et en tant que bras-droit, je n'avais pas à interférer là dedans. Cependant, c'était à se demander si les limites entre boulot et perso étaient aussi étanches qu'on pouvait le penser. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les problèmes avaient suivi Esperanza jusqu'au sein même du Mary Rose et je me retrouvais plus ou moins impliquée dans tout ce bordel. Malgré mon visage de poupée et mes airs ahuris, j'avais du sang sur les mains, et quand bien même je n'étais pas l'auteur de ce crime, je n'en demeurais pas moins la complice et si cela se savait, elle et moi étions mûres pour les arènes. Quoiqu'il en soit je n'étais pas certaine de savoir ce que j'avais le droit de dire ou non, aussi décidai-je de garder le silence, ou tout du moins, en dire le moins possible. De toute manière, Itzal ne semblait pas disposé à en dire davantage de son côté, bien qu'il en sache beaucoup plus qu'il le prétendait. Me dire de voir ça directement avec elle était une façon comme une autre de clôturer un débat qui, par avance, s'annonçait stérile, ce qui nous évitait de perdre un temps très précieux. Cet échange, toutefois, n'était pas vain : je savais que ma patronne était une voleuse d'âme et j'allais devoir me débrouiller avec cette information. C'était toujours mieux que rien, nous en conviendrons. Je notai alors dans un coin de ma tête d'avoir une vraie conversation avec ma patronne avant qu'elle ne disparaisse à nouveau. Cela n'allait guère être aisé, parce qu'au moment où c'est arrivé, nous avons convenu de ne plus en reparler le temps que ça se tasse, mais c'était nécessaire. Il fallait que lumière soit faite sur ce qui s'était passé ce jour là, car dans la mesure où j'étais impliquée dans tout ce merdier, j'avais, plus que quiconque, le droit de savoir.

J'abandonnai donc la partie, tout du moins, sur ces questions là. En réalité, on embraya sur tout à fait autre chose. Puisque Itzal m'avait dit qu'il était un voleur d'énergie, je lui avais révélé un détail me concernant, bien que ce soit un secret de polichinelle : à toute fin utile, j'avais rappelé que j'étais une sorcière. À l'évidence, cette information ne lui plaisait pas puisqu'il tira une grimace de dégoût, sans même s'en cacher. J'esquissai un rictus sardonique. Aussi n'aimait-il pas mes semblables ? Cela pouvait se comprendre, nous n'étions pas tous des enfants de cœur et certains individus étaient même passés par la case Darkness Falls, et ce séjour forcé leur avait considérablement tapé sur le système. Ce n'était pas mon cas. Contrairement à mes semblables je n'avais pas plusieurs centaines d'années au compteur, et mes problèmes étaient on ne peut plus humains. Même si je bidouillais la magie noire fut un temps, je savais me contrôler, faire preuve d’une rigueur et d'une discipline qui pourraient faire pâlir d'envie le plus chevronné des shadowhunters, mais ça, c'était avant mes problèmes d'addiction. l'être humain était ainsi fait, nous n'étions pas tous égaux face à la tentation. En tout cas, même s'il ne semblait pas porter les sorciers dans son cœur, Itzal ne me fit aucune remarque désobligeante. Au contraire, il se risqua même à sourire et reconnut que pour ma patronne, j'avais une certaine utilité. Il se permit, en outre, de fanfaronner en me disant très clairement qu'il servait de gros bras à Esperanza, ce qui me conforta dans mon idée : on faisait appel à lui pour faire le sale boulot. Il aurait été tout à fait le plus à même de se débarrasser du corps mais par un étrange concours de circonstances j'avais dû m'y coller.

Au final ce n'était même pas étonnant qu'il aille à la pêche aux informations, surtout si ce genre de combine entrait dans son champ de compétences habituel. Puisque nous étions en privé et qu'il était désormais établi que ma patronne me faisait confiance, il se permit de mettre cartes sur table.

Milice.
Le mot était lâché.
Il alla même plus loin en arguant qu'il y avait des rumeurs concernant une disparition, dans notre établissement.

S'il était au courant, c'est que la rumeur était bien plus sérieuse qu'il n'y paraissait. Cela n'augurait rien de bon. S'il était au courant alors d'autres personnes l'étaient sans doute également. C'était autant de personnes dont il fallait se méfier. Me voilà au pied du mur, je ne pouvais plus mentir, faire semblant de rien. Je ne pouvais pas non plus tout déballer. Il fallait que je trouve une solution pour ne pas nous trahir. Après tout j'avais une promesse à tenir et je ne comptais pas faillir à cette promesse. Même s'il m'arrivait de fournir des renseignements à certains membres du gouvernement, il y avait tout de même ce curieux sentiment de loyauté que j'éprouvais à l'égard d'Esperanza. Peut-être était-ce parce que je me sentais redevable envers elle.

« Non, ce n'est pas une bonne nouvelle, en effet. » répondis-je avec un certain détachement. « Existe-t-il seulement un endroit où la milice ne vient pas fourrer son nez ? »

C'était une question rhétorique, évidemment que la milice fourrait son nez partout où elle le pouvait, ils n'étaient rien d'autre que les chiens de garde du gouvernement.

« J'en sais quelque chose, je fais partie de ceux que la milice surveille, en échange de ma tranquillité il m'arrive de leur rendre certains services. » Je ne précisai pas de quels services il s'agissait, de là à ce qu'Itzal me considère comme une cible à abattre il n'y avait pas loin. « J'ai un fils, vous savez, et je fais ce qu'il faut pour assurer son avenir au cas où les choses tourneraient mal pour moi. Je n'ai pas vraiment choisi cette situation mais je m'en accommode , parce que c'est nécessaire. »

Quel rapport cela avait-il avec la situation ? Pas grand-chose, pour tout avouer, mais c'était surtout pour dire que j'étais enchaînée à eux et ma marge de manœuvre était extrêmement limitée.

« Je suis une ancienne reprise de justice. J'ai fait quelques actions qui m'ont valu un aller-retour dans les arènes, et même si aujourd'hui je suis là pour vous en parler, je n'ai pas trop envie d'y retourner. C'est quelque chose que l'on oublie pas. » Je marquai un silence, le temps de me perdre dans mes souvenirs. « Si la milice rôde dans le coin, c'est effectivement parce que l'un des leurs a disparu au cours d'une fête donnée ici même. Des témoins l'ont vu partir avec une fille et il n'est pas réapparu depuis. Malgré la Prohibition ce n'est pas rare qu'un gars parte avec une prostituée et disparaisse ensuite. Ça arrive à tout le monde, même aux personnes les plus respectables. Et si la milice vient nous interroger, ce n'est pas parce que nous sommes impliquées dans cette disparition, c'est parce qu'ils veulent nous entendre en tant que témoins. » Et nous étions innocentes, jusqu'à preuve du contraire. « En tant que témoins d'une affaire…sensible…nous sommes en danger. Je ne parle pas seulement en terme de réputation, mais en terme de sécurité. Si Esperanza est une voleuse d'énergie comme vous le prétendez alors nous sommes en danger, parce qu'ils nous traqueront sans vergogne jusqu'à brandir nos têtes au bout d'une pique. Le gouvernement hait les surnaturels et mon rôle consiste à éloigner ces vautours d'ici et ce de n'importe quelle façon. »

Parce que ni Esperanza, ni Itzal ne possédaient la magie, j'avais recours à des illusions pour distraire les fouineurs et les bouter hors de notre précieux temple. Tel était mon rôle dans cette affaire. Pour le reste, à savoir l'origine de cette disparition, je ne dirai rien d'autre. S'il insistait, alors je lui suggérerai de voir directement avec la principale concernée. Elle le lui dira si elle le souhaite, comme il disait si bien.   
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MessageSujet: Re: Premier contact || Beatriz   Sam 12 Mai - 18:42

Premier contact
La bonne nouvelle, pour le moment, c’était que la milice, la simple évocation de la milice, et même le mot « milice », semblaient déclencher une réaction similaire chez la barmaid que chez lui. Du moins n’était-elle pas une fan. Itzal, lui, aurait pu aller beaucoup plus loin, il haïssait cette bande de fascistes bras armé d’un gouvernement tout aussi haïssable et s’il s’était senti une âme de justicier, il aurait enfilé un collant la nuit pour aller tuer les membres de cette faction à bottes un par un. Mais il n’avait pas que ça à foutre, et éviter les miliciens comme la peste lui suffisait. Autant dire qu’avoir la confirmation par la rouquine qu’un des membres de cette sale engeance avait effectivement disparu – bouffait les pissenlits par la racine, pour le dire clairement, parce qu’un milicien ne « disparaissait » pas – le réjouissait, en vérité. Cependant, les conséquences de cette mort n’étaient pas à prendre à la légère. Qui, dans ce quartier bourgeois dégueulant l’argent et la clique gouvernementale, avait bien pu s’en prendre à un milicien ? Bien sûr, il y avait une petite voix dans sa tête qui lui soufflait la réponse évidente, car la coïncidence était trop grande pour qu’il n’y ait pas un lien entre la disparition d’Esperanza tout juste transformée en voleuse d’énergie et celle du milicien, mais il avait décidé de ne pas y accorder de l’importance pour le moment. La suite des propos de la barmaid, de plus, le fit se crisper de nouveau. Okay, qui était-il pour juger ? Lui-même travaillait pour le gouvernement. Mais dans son cas, c’était ça ou la mort. Dans le cas de cette fille, c’était quoi ? Payer les études de son gosse ? Et il pouvait tout à fait imaginer qu’elle soit prête à tout pour son môme, même balancer à la milice les secrets d’Esperanza, ou les siens, pour ce que ça valait. « Je vois mal comment ça ne pourrait pas mal se terminer pour vous ou votre gosse, cette histoire. Peu importe pourquoi vous le faites, bosser pour la milice finira toujours par vous revenir dans la gueule. »

Aucune promesse n’avait de valeur, aucun prix n’était assez élevé pour eux. Itzal pouvait tout à fait voir quelque bureaucrate anonyme en demander toujours plus à la barmaid, jusqu’à ce que le fiston serve de monnaie d’échange et non plus de motivation. Mais enfin, c’était son problème à elle. Son problème à lui c’était qu’il se retrouvait avec une interlocutrice tout à fait capable un jour de trahir tout le monde, sa patronne comprise, pour sauver ce qui passait avant tout pour elle. Les gosses, c’étaient vraiment un boulet au pied et un point faible tatoué en rouge fluo sur le front. Mais comme pour calmer ses craintes, la barmaid se mit à lui faire des confidences sur elle. Ce ne pouvait être que la preuve que les relations se réchauffaient, non ? Il hochait la tête de temps en temps, alors qu’il pouvait tout à fait comprendre de quoi il parlait. Lui aussi était passé par le Colosseum, avait assisté aux pires horreurs dans l’arène depuis son petit cachot, s’était vu promettre le même avenir, sans parler du reste. La mention de la Prohibition lui arracha même un sourire. Pas une seule âme de cette cité pourrie ne respectait la loi, du plus riche au plus pouilleux. Les bourgeois se payaient plus facilement les produits et personnes illicites, avec le risque de foutre en l’air leur belle existence dorée, tandis que le prolétariat se contentait des putes à morpions et de l’alcool à brûler des bas quartiers, avec pour seule conséquence de finir au trou, et en quoi est-ce que ça rendrait leur vie plus difficile ? Il y avait un certain équilibre dans tout ça. « Je vois ce que vous voulez dire, et je suis bien placé pour savoir que les gens comme nous soient toujours menacés. » Eh bien, les voleurs d’énergie n’avaient même pas de droits, après tout, non ? Ils n’étaient même pas considérés comme des êtres vivants puisque corvéables à merci et traqués et tués, ou bien réduits en esclavage. Aaaah, le bon vieux temps. Ça avait dû leur démanger depuis tellement longtemps, à tous ces cols blancs, jusqu’à ce que la chute de l’humanité leur permette d’en revenir aux vieilles méthodes. « Mais je pense que le gouvernement n’a pas non plus intérêt à trop fourrer son nez dans les affaires du Mary Rose. On sait très bien vous et moi de qui est composée la clientèle, ici. La politique et le crime ont toujours fait bon ménage. »

Il haussa les épaules. C’était vieux comme le monde, dans le fond. Cependant, là où elle n’avait pas tort, c’était que cette histoire de milicien disparu foutait la merde. Les mecs voulaient bien faire semblant de ne pas savoir que leurs fidèles employés s’enfilaient coke et alcool à longueur de journée, en revanche, toucher à leurs soldats, ça les faisait moins rigoler. Le signal était mauvais, donnait l’impression que la plèbe pouvait s’en prendre au symbole que la milice représentait, c’est-à-dire directement au pouvoir du gouvernement, et il était impossible qu’ils laissent passer ça. « Ce qu’est ou n’est pas Esperanza n’a pas d’importance. Mais vous avez raison, ils viendront forcément fouiner ici, ne serait-ce que parce qu’ils savent que s’ils veulent des infos, c’est ici qu’ils les trouveront. C’est comme ça qu’Espe maintient l’équilibre… » Il fallait vraiment qu’elle revienne ou la situation serait hors de contrôle. C’était elle qui inspirait la confiance, ici. « Votre truc de la tête au bout d’une pique, cela dit, c’est une bonne idée. Ce qu’il faut, c’est une diversion. Le gouvernement a juste besoin d’un coupable. Et peut-être qu’il se contentera de n’importe qui tant que la punition soit visible et exemplaire. » Ah, le bon vieux coup de la tête de turc.

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MessageSujet: Re: Premier contact || Beatriz   Mar 22 Mai - 22:38

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Je savais que d'un point de vue éthique, ma collaboration avec le gouvernement ne pouvait certainement pas être considérée comme juste. C'était cependant nécessaire, pour ma propre survie, pour celle de mon fils. Ce qui était nécessaire, par ailleurs, n'était pas forcément juste. Loin de là. J'étais au moins lucide sur ce point. Je n'étais pas du genre à me bercer d'illusions, même si faire semblant de ne rien voir était plus confortable que prendre réellement position contre la tyrannie. J'imagine que garder le peu de privilèges que l'on avait était mieux que de ne pas avoir de privilèges du tout, même si cela me donnait salement l'impression d'être tenue en laisse. Pourtant, ma réaction épidermique à l'évocation de la milice ne trompait pas, j'étais loin d'approuver l'intégralité des mesures prises par le gouvernement. Sans doute était-ce une erreur de jugement que d'en parler avec cet inconnu – qui me garantit qu'il ne profitera pas de la première occasion pour me poignarder dans le dos ? – mais maintenant que ces mots avaient franchi mes lèvres, je ne pouvais plus revenir en arrière. Je n'avais pas d'autre choix que de faire confiance à ce mec. Tant que nous aurons des intérêts communs, notre coopération ne pourra être que fructueuse. Puis, j'avais dans ma manche un atout non négligeable. Je savais qu'Itzal était également un voleur d'énergie, rien ne m'empêchait e me renseigner sur ce type de créatures juste au cas où. Ça pouvait toujours être utile de connaître leur point faible. Alors, lorsque Itzal me dit que fatalement, cette histoire se terminera mal, pour mon fils comme pour moi, je n'y vis pas l'ombre d'une menace parce que c'était vrai. Je le savais et je m'étais engagée sur ce sentier sinueux en toute connaissance de cause. Ce choix n'en était certes pas un quand il n'y avait plus de libre arbitre et que la seule alternative était la mort, mais je pensais à moi avant tout et sur l'instant, c'était la seule option qui m'avait paru acceptable.

« Pour qui ça pourrait bien finir, cette histoire, de toute manière ? » rétorquai-je en haussant les épaules - c'était une question purement rhétorique, bien sûr que ça finira mal, pour tout le monde, sans exception. « J'ai beau voir l'avenir dans mes rêves, à aucun moment je n'ai vu de happy end, pour qui que ce soit. »

Il en allait ainsi pour la simple et bonne raison que dans ce jeu de dupes où les dés étaient pipés, il n'y avait pas de gagnant. Personne ne pouvait résister face à des forces qui dépassaient l'entendement. Bien que je sois une sorcière accomplie, que je travaillais mon sujet depuis des années, je savais qu'il restait bien des choses à découvrir, un champ des possibles dont je ne mesurais même pas l'étendue car ma perception humaine était par définition limitée. Je regrettais simplement de ne plus avoir suffisamment de puissance magique pour continuer à l'explorer. Entre ça et la politique anti-surnats du gouvernement je n'avais plus beaucoup de marge de manœuvre. Je pourrais débattre de ces sujets à l'infini parce que ça me passionnait, mais je doutais qu'Itzal ait quel quelque chose à foutre de mes tergiversations. Après tout, il n'était pas là pour que je lui serve un laïus sur la magie et tout ce qui pouvait bien s'y rapporter.

Aussi me cantonnai-je à expliquer pourquoi j'agissais de la sorte. Tour à tour, j'évoquai les Hunter's Seasons, mon fils, et toutes ces choses absurdes que l'on me demandait de faire en échange de ma tranquillité. Je n'entrai cependant pas dans les détails, parce que ma vie, en soi, ne le regardait pas. J'avais mes raisons et lui avait les siennes, c'était aussi simple que cela. Tandis que je parlais, je restais attentive à chacune de ses réactions. Il y avait un hochement de tête par-ci, un sourire par là. Ces réactions n'avaient, en soi, rien d'exceptionnel, de cette façon, il signalait surtout qu'il n'avait pas encore complètement décroché. Il me laissa conclure ma tirade, puis il opina doucement. Il savait ce que nous risquions si nous étions trop présents, pas assez invisibles. Si la loi était aussi dure, aussi cruelle, ce n'était pas parce que nous étions inférieurs à eux, mais c'était parce qu'ils avaient peur de nous. Leurs armes, leur uniforme ne pouvait pas les protéger indéfiniment contre notre magie. C'était une façon comme une autre de se rassurer, de garder une prise sur le cours des événements. Dans le fond, ils avaient beaucoup plus à perdre que nous. Preuve en est, leur sang était très précieux pour nous, et il se vendait à des prix exorbitants sur le marché noir. D'où je tenais ces informations ? Comme je le disais au tout début de ce passage, je ne respectais pas scrupuleusement la Prohibition. J'esquissai un sourire sardonique lorsqu'il me rappela que le gouvernement n'avait pas trop intérêt à fourrer son nez dans les affaires du Mary Rose.

« De la même façon que nous n'avons pas intérêt à laisser le gouvernement fouiner par ici, ils n'ont aucun intérêt à nous nuire. Ils peuvent faire de l'esbrouffe pour qu'on se tienne tranquilles, mais ils savent très bien que c'est par le divertissement qu'ils maintiennent la population servile. Le divertissement est un bon outil de propagande. Ici tout est luxueux, c'est même presque trop. Quand on possède, on est. Je pourrais vous faire un topo sur le rationnement des ressources mais ce ne serait pas utile. Quoiqu'il en soit, nous restons une bonne vitrine pour le gouvernement. Ils savent que leur richesse fait leur force. »

J’avais pu observer cette règle à plusieurs reprises. Mon vécu fait que j'ai commencé à travailler très jeune, alors même que d'autres jeunes de mon âge faisaient des études. J'ai effectué bon nombre de tâches ingrates, et le divertissement était un luxe que je ne pouvais pas me permettre. Ce n'est qu'en retournant à la civilisation comme on dit que j'ai commencé à sortir, à m'amuser. J'ai tout de même gardé un style de vie très minimaliste, je n'avais jamais consommé à outrance, puis quand on bougeait de ville en ville comme je le faisais avant, on n'avait aucun intérêt à accorder trop de valeur aux choses matérielles. Même après avoir gagné aux Hunter's Seasons, j'aurais pu, tout comme Matthias, participer activement à la propagande du gouvernement, mais j'avais – poliment - décliné l'offre. Jouer les panneaux publicitaires ne m'intéressait pas. Ma présence toutefois avait été un coup de pouce. Bien malgré moi j'étais devenue un symbole. Cela ne suffisait apparemment pas à me laver de tout soupçon. Les femmes indépendantes n'étaient pas toujours bien vues, et Esperanza en savait autant que moi à ce sujet.

J'adressai un regard interloqué à Itzal alors qu'il rebondissait sur une expression que je venais d'employer, expression qui me semblait pourtant anodine. Brandir nos têtes au bout d’une pique. Ce n'était même pas une suggestion et pourtant, cela ne semblait pas tomber dans l'oreille d'un sourd. Il parla de faire diversion, de livrer un faux coupable en pâture. N'importe qui ayant un minimum de principes répugnerait à faire condamner un innocent mais quand il était question de survivre, ce n'était pas le moment de faire des chichis. Je me mordillai la lèvre inférieure, considérant cette option quelques instants. Je soupirai longuement.

« Un bouc émissaire vous dites ? » Mon ton se voulait détaché, empreint de gravité. «  C'est une idée. Nous pourrions faire d'une pierre deux coups en livrant aux autorités une immonde crapule, quelqu'un qui de toute façon aurait fini par débarrasser le plancher un jour ou l'autre. » Et comme ça, nous gardions les mains propres. « Vous êtes une sorte de mercenaire, pas vrai ? Vous avez sûrement des noms en tête, dans ce cas. Si vous travaillez pour Esperanza comme vous le prétendez, peut-être a-t-elle des ennemis dont elle voudrait se débarrasser. Vous le savez sans doute mieux que moi. »

Comme je le disais donc, ce qui était nécessaire n'était pas forcément juste. À l'évidence cette façon de faire était on ne peut plus injuste, car cela revenait à faire justice soi-même mais quand certains individus pouvaient se permettre d’agir en toute impunité alors il fallait faire ce qui était nécessaire, même si ce n'était pas juste.   
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MessageSujet: Re: Premier contact || Beatriz   Sam 26 Mai - 15:39

Premier contact
Avait-il toujours été aussi blasé ? Il lui semblait bien que oui. Il n’avait jamais été d’un caractère très révolutionnaire, et il trouvait toujours plus simple, sans parler du gain de temps que ça représentait, d’accepter les choses telles qu’elles étaient et de s’y adapter le plus rapidement possible pour en tirer profit plutôt que de s’arc-bouter contre un état de fait auquel personne n’y pouvait rien. C’était pour cela qu’avant même de la mépriser pour ses méthodes à deux balles, il n’avait déjà que peu d’empathie pour la Résistance. Et de toute évidence, la barmaid ne souhaitait pas non plus perdre son temps à se poser en victime. Ils savaient tous deux de quoi ils parlaient, sans même connaître les détails de leurs histoires respectives, et le seul avantage qu’Itzal voyait à sa situation par rapport à celle de la jeune femme, c’était qu’il était seul dans ses problèmes, alors qu’elle, il y avait un gosse au milieu, susceptible de devenir un dommage collatéral à tout moment. Sa situation semblait tout simplement merdique, en résumé, et il se sentit porté par un léger élan d’empathie pour elle et le pauvre môme qui ne savait pas encore que ce monde était naze. Il se demanda aussi furtivement où il était, ce gosse, pendant que sa mère se démenait avec des problèmes qui n’auraient pas dû être les siens. Et par ricochet, ses pensées revinrent à Esperanza. Mais bordel, où tu te planques, chiquita ?

Au moins le bras-droit de la patronne et lui-même semblaient réussir à se mettre d’accord, la condition sine qua non s’ils voulaient tenter de sauver quelques meubles dans toute cette affaire. Que les grands pontes soient aussi attachés au Mary Rose était à double-tranchant. Ils n’avaient pas vraiment intérêt à creuser trop profond car la plupart des clients, même les plus haut placés, savaient très bien qu’ils trouvaient ici ce qu’ils cherchaient au prix de quelques petites entorses à la loi, qu’ils faisaient très fort semblant de ne pas remarquer. Mais ils n’avaient pas non plus intérêt à ce que le lieu attire l’attention par des histoires de miliciens disparus et autres joyeusetés. Ils se débarrasseraient sans hésiter de ce lieu et de ses employés s’ils sentaient qu’il était temps de couper les ponts avec le Mary Rose pour sauver leur carrière et leur réputation. Itzal ne put s’empêcher de sourire méchamment quand elle lui parla de livrer une « immonde crapule » en guise de tête de turcs aux autorités. Il faut dire qu’il y avait le choix, dans cette ville, et même probablement sur cette planète. La population avait drastiquement chuté ces dernières années, apocalypse oblige, et les héros et les gens sympas avaient été les premiers à calancher, ne laissant pour occuper le monde et rebâtir une société que les salauds, les égoïstes et les planqués. « Des connards, cette ville en regorge, ça ne devrait pas poser de soucis. En revanche, je ne suis pas vraiment au courant des ennemis actuels d’Esperanza. Le dernier à qui on a rendu visite a fini réduit en bouillie. » Ça en fera un de moins à écrire sur la liste. Il haussa les épaules, en revenant à la raison même de sa visite. « De toute façon, c’est quelque chose dont on doit discuter avec elle, si seulement elle réapparaît un jour dans le paysage. Vous n’avez vraiment aucune idée d’où est-ce qu’elle a pu aller ? » Oui parce que, désolé d’insister, mais il insistait tout de même. Si les rôles avaient été inversés, et qu’il avait su où se cachait Espe, il aurait probablement gardé le secret, alors pourquoi pas elle ?

Il finit par soupirer, rendant les armes sur ce sujet. Il était clair qu’il ne la verrait pas ce soir. « Bon ça ne sert à rien de l'attendre ici. Je vais la chercher, je vais retourner toute cette foutue ville s’il le faut. Si ça vous intéresse, je ne serais pas contre un peu d’aide. » Après tout, elle avait autant d’intérêt que lui, voir plus, à ce que sa patronne se repointe dans le paysage. Si elle pouvait seulement se dégager un peu de temps libre dans les jours à venir, entre le Mary Rose et le gosse qui l’attendait à la maison. Lui en tout cas, il avait pris sa décision, et il préférait ne pas trop traîner dans le coin.

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Premier contact || Beatriz

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