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 On the edge of death | WILLIAM

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« The forgiven warrior »

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MessageSujet: On the edge of death | WILLIAM    Ven 26 Jan - 10:00

On the edge of death
William&Esperanza
La mer était calme, reposante, apaisante. Le clapotis de ses vagues dispersait une atmosphère relaxante à travers la ville. A l’horizon l’aube se levait, les premiers rayons de soleil venaient lécher les falaises qui longeaient la côte de Port Royal. Au dessus de la plage se trouvait un édifice imposant. La bâtisse avait des allures moyenâgeuses et semblait impénétrable. A l’intérieur quelques ennemis de la couronne d’Angleterre s’entassaient dans des cellules exigües. C’était dans l’une d’elle qu’Esperanza était enfermée depuis des semaines maintenant. Son équipage et elle s’étaient fait piéger au large d’une île deux mois plus tôt, fait comme des rats, ils s’étaient laissés emprisonner et depuis leur vie n’avait été qu’un véritable enfer. Ce matin là ce fut le froid qui arracha la pirate des bras de Morphée. Allongée sur un tas de paille humide, la métisse mit un certain temps à se rappeler où elle était. Un mince rayon de soleil lui balaya les traits. Tout ce qui la reliait au monde extérieur se résumait désormais à un petit trou dans le mur qui lui servait de fenêtre. De là elle pouvait entendre la mer, mer qu’elle aimait tant et qui lui manquait affreusement. Cette captivité la rendait folle. Le responsable de tout ça, le Commodore Addington –qui n’était qu’un chien galleux selon la pirate- était porté par l’esprit de vengeance. L’homme recherchait le capitaine de l’équipage captif, martelant les matelots de questions à propos de celui qui avait décimé ses compagnons. Hélas, aucun des camarades d’Esperanza n’avaient vendu Cook, bien trop attachés au Code qui régissait les pirates. La métisse savait que l’Anglais perdait patience, elle l’avait deviné dans son regard lors de son dernier interrogatoire, elle savait que la pendaison était proche.

Ainsi donc elle mourrait la corde au cou, comme une vulgaire poupée de chiffon. Mais au moins elle quitterait ce monde digne, loyale, fière d’avoir respecté le Code en protégeant son capitaine. Cette pensée courba ses lèvres. La maigreur lui creusait les joues, rendait ses côtes saillantes, la jeune femme n’avait plus que la peau sur les os. Elle résistait, tenace, têtue, pourtant l’épuisement aurait bientôt raison de son corps douloureux. Elle attendait sa mort comme un salut salvateur. Tandis qu’elle se releva, Esperanza entendit du bruit venant de la cellule d’à côté. Elle se rapprocha des barreaux qui la séparaient du couloir.  Dans le corridor un garde était affalé sur une chaise, à côté de lui était couché un chien au moins aussi maigre que les détenus, la pauvre bête faisait peine à voir. Des torches accrochées au mur éclairaient la pierre de leur flamme virevoltante. Esperanza restait persuadée que cet endroit était maudit. Une voix faiblarde s’éleva depuis la cellule voisine. « Je crois bien qu’ils viennent te chercher moussaillon ! » murmura Smith d’un air lugubre. Smith, l’homme à la jambe de bois, tenace, l’un des plus vieux compagnons de la pirate. En effet on entendit bientôt du bruit en provenance des escaliers. Le garde assoupi se redressa aussitôt. La métisse quant à elle retint un juron. Ils venaient pour elle, elle le savait. Ses camarades étaient tellement mal en point qu’il était devenu difficile de leur arracher le moindre mot. Bientôt ils seraient tous pendus et tout ceci n’aurait plus d’importance.

Deux anglais en uniforme s’approchèrent, la métisse s’éloigna légèrement de l’entrée tandis que l’un d’eux ouvrait la porte. « J’ignore ce qui pousse le Commodore à s’acharner sur cette traitresse, si tu veux mon avis elle ne tiendra pas jusqu’à demain. » dit un des hommes alors qu’il attrapait Esperanza par le bras pour l’extirper de sa cellule. L’autre garde haussa les épaules « Il a sûrement de bonnes raisons, en attendant on fait ce qu’il dit » rétorqua-t-il en refermant le cachot. La jeune femme lança un regard abattu en direction du vieux Smith lorsqu’elle passa devant sa cellule, sans savoir qu’à son retour le vieil homme aurait rendu l’âme. Son escorte la mena jusque dans l’immense bureau du Commodore. Esperanza fut éblouie par la lumière du soleil qui brillait désormais de mille feux. Les immenses fenêtres baignaient la pièce d’une atmosphère chaude, pourtant Esperanza savait ce qui l’attendait et cela n’avait rien de chaleureux. Le bureau était immense, au milieu trônait un meuble en bois surplombé de diverses cartes du monde et autres documents qu’Esperanza avait bien du mal à comprendre. Rien ne pourrait l’aider à s’enfuir ici, surtout pas avec les deux gardes qui restaient dans son dos en attendant l’arrivée de leur supérieur. La jeune femme serrait les dents, elle était épuisée. Après d’interminables minutes d’attente des bruits émanèrent du couloir : on approchait. Un frisson parcourut l’échine d’Esperanza, le Grand Méchant Loup était là, el Diablo comme elle s’amusait à l’appeler parfois. Elle crevait de faim, elle crevait de froid dans ses vêtements bien trop larges. Sa chemise en toile beige lui tombait sur l’épaule, dévoilant une partie de sa peau métisse tandis qu’un pantalon marron couvrait ses jambes maigres. Ses longs cheveux bruns lui barraient le visage, lui donnant un air sauvage qui ne l’avait jamais quittée. La double porte s’ouvrit, les gardes se redressèrent pour redevenir stoïques. Esperanza n’accorda aucun regard au nouvel arrivant, cela était inutile, elle connaissait son visage par cœur. « Commodore ! » dirent les deux gardes en coeur d’un air solennel. La pirate leva les yeux au ciel. C’était parti pour une nouvelle mascarade.


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MessageSujet: Re: On the edge of death | WILLIAM    Sam 3 Fév - 0:21

On the edge of death
William&Esperanza
« C'en est assez Addington, vous avez échoué ! Cook peut bien être aux Indes à présent, votre entêtement n'y changera rien ! » beuglait l'Amiral Anderson, hors de lui. Voilà maintenant deux mois que William avait capturé l'équipage de ce vaurien d'Eward Cook. Chaque jour depuis il avait interrogé, torturé, manipulé les pirates un à un, usant de tous les ressorts possibles que son imagination lui procurait, pour leur faire cracher la cachette de leur maudit capitaine, mais le tout sans succès. Tous ses efforts avaient été vains, de même que les grands espoirs qu'il avait placé en la jeune Esperanza, la seule femme de l'équipage. De tous, elle avait été la plus résistante. Hautaine, sarcastique et profondément sauvage. Elle avait montré une force de caractère encore jamais vue pour une représentante de son sexe. Son insolence avait poussé William dans ses plus infimes retranchements, si bien que le Commodore avait fini par en faire une affaire personnelle. « Il me faut plus de temps. La femme est sur le point de flancher, ce n'est qu'une question de jours... » assura-t-il, la mâchoire et les poings serrés. Il n'avait plus dormi depuis plusieurs jours ou guère peu. La fatigue l'envahissait à chaque instant. Ses nerfs constamment à vif le rendait encore plus infernal qu'à l'habitude. La veille, deux de ses officiers avaient fait les frais de son courroux en écopant d'un mois de galère pour insubordination. Dans les couloirs de Port-Royal, on commençait à murmurer qu'il avait perdu l'esprit. « En êtes-vous bien sûr ? Est-ce elle ou vous ? » questionna l'Amiral, en ricanant. William lui adressa un regard noir, indigné par sa remarque. Oser douter de sa ténacité était la pire insulte qui pouvait lui être faite. Il savait que l'issu était proche. Il le sentait. Il avait vu le regard de la pirate changer lors de leurs derniers entretiens. Physiquement, elle ne tenait plus. Quelques jours suffiraient encore pour que le moral suive. Abandonner maintenant lui était impensable. « Elle est plus coriace qu'il n'y paraît... » confia William, en se levant de son fauteuil. La bataille était ardue, mais le Commodore ne s'avouait pas vaincu pour autant. S'il devait passer encore deux mois à interroger l'équipage pour que l'un d'entre eux finissent par vendre Cook, il ne lâcherait rien et certainement pas cette jeune pirate. « Taisez-vous ! » ordonna Anderson. Son ton était sans appel. William tenta de répliquer, mais la main levée de l'Amiral le dissuada instantanément. Il était temps qu'une décision soit prise. « Si aucun membre de l'équipage ne se résigne à livrer ce balafré de Cook, alors soit ! Vous les ferez exécuter demain, à l'aube. Cela videra quelques cellules de Port-Royal et l'Empire Britannique s'en portera beaucoup mieux ! Non, ceci n'est plus de votre ressort Addington ! C'est un ordre ! » trancha l'Amiral avec fermeté. Sur ces derniers mots, il sortit en trombe des appartements de William, coupant court à cette discussion à sens unique. Lentement, le Commodore se laissa envahir par l'ordre que venait de lui dicter l'Amiral et les conséquences de celui-ci. La pendaison. La mort. La disparition. L'idée lui serra la gorge, mais aussi la poitrine à l'intérieur de laquelle son cœur de pierre se fissura. Il devait la voir, dès maintenant.

William quitta ses quartiers pour rejoindre son bureau à grandes enjambées. Il avait donné l'ordre aux gardes d'aller chercher la jeune pirate dans sa cellule, juste après la visite de l'Amiral. A présent, le temps lui était compté. Seul un aveu de l'indocile Esperanza pourrait lui valoir une amnistie. Demain, il serait trop tard. Les pirates seraient pendus haut et court dès l'aurore, réduisant à néant toutes chances de retrouver Cook et bien plus encore. William ne pouvait accepter une pareille défaite. Le désespoir le poussait à tenter une dernière entrevue. Il se devait de la convaincre, de lui faire entendre raison. La mort ne lui serait pas salutaire. Elle n'en tirerait aucun honneur, ni aucune gloire. A son entrée, les gardes s'écartèrent pour le laisser passer. « Laissez-nous » leur ordonna-t-il, d'un vif geste de la main. Les portes se refermèrent derrière lui, plongeant la pièce dans un silence implacable. Pour la première fois depuis sa capture, William n'accorda pas un regard à Esperanza, ni même un mot. Il se contenta de parcourir la pièce de long en large, les yeux baissés et les mains prostrées derrière le dos. L'arrivée de l'Amiral, tout juste revenu d'Angleterre l'avait pris de court. Port-Royal se suffisait parfaitement à son commandement, sans qu'un officier supérieur n'est à intervenir dans sa gestion des prisonniers. Les Antilles étaient son territoire, sa part de l'Empire Britannique à régir. S'entendre donner des ordres par Anderson – malgré tout le respect qu'il lui portait – l'irritait au plus haut point. « Pourquoi... » soupira William, à demi-mots. La réflexion était introspective. Il n'attendait guère de réponse venant de la pirate assise sur la chaise en face de lui. Sans même la voir, il savait l'air dédaigneux agrippé à son visage. « Pourquoi a-t-il fallu que vous résistiez autant Esperanza ? » grogna-t-il, entre ses dents. Le Commodore s'en voulait d'avoir été aussi magnanime avec elle. Il lui avait accordé trop d'importance. Jamais il n'avait rencontré de femme aussi farouche, aussi digne d'intérêts que cette pirate à la peau mâte. Durant leurs interrogatoires, elle avait démontré des qualités que William admirait infiniment : la loyauté, l'humilité, la ténacité. Des qualités dont étaient dénuées sa propre mère et dont il n'avait jamais trouvé trace au sein de la gente féminine. Pourtant, il avait courtisé quelques demoiselles de bonne famille, à l'éducation et aux manières incontestables, mais aucune n'avait la vivacité d'esprit de la jeune métisse. Ni sa voix, ni ses yeux d'un vert boisé étincelant. Subitement, William s'arrêta dans sa marche pour se retourner vers elle l'air grave. Une violente chamade martelait sa poitrine. Cela ne pouvait pas être la dernière fois qu'il posait les yeux sur elle. Cette pensée l'écorchait. « Nous avons trouvé Cook. Vous savez ce que cela signifie ? » lui dit-il solennellement. C'était un odieux mensonge. Une dernière parade pour tenter de confondre la jeune femme. Le Commodore regretta immédiatement ses mots tant il n'y croyait pas lui-même. D'habitude, la fureur lui donnait de l'aplomb, mais ce matin, il ne ressentait que la peur de l'urgence.


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MessageSujet: Re: On the edge of death | WILLIAM    Lun 5 Fév - 12:52

On the edge of death
William&Esperanza
L’entrée du Commodore s’apparenta à un courant d’air glacé pour Esperanza. Il suffit d’un ordre pour que les gardes déguerpissent. Leur départ précéda un silence pesant. La pirate leva discrètement les yeux vers le nouvel arrivant. Ce dernier semblait plus tendu qu’à son habitude, il arpentait la pièce en tenant ses mains jointes dans son dos. Ce comportement eut le mérite d’intriguer la métisse. Que lui arrivait-il ? Constatant que la discussion ne démarrait pas, la captive prit la liberté de s’asseoir face au bureau, fatiguée, laissant le Commodore vagabonder à sa guise. Après quelques secondes interminables, la voix grave de l’Anglais sortit Esperanza de son mutisme. Le « pourquoi » prononcé laissa présager une question, pourtant l’interrogation qui suivit arracha un rictus de surprise à la jeune femme. Elle ne s’était pas attendue à ça, elle regarda le Commodore avec de grands yeux avant de froncer les sourcils. Non il n’était pas comme d’habitude. A force de le côtoyer, et aussi étrange que cela pouvait paraître, Esperanza avait appris à l’analyser, à deviner ses émotions. Cela restait un exercice difficile et hasardeux, mais cette fois elle n’avait aucun doute : quelque chose d’inhabituel se tramait. Bien que la question fut rhétorique, Esperanza s’autorisa une réponse, ou plutôt une question. « Pourquoi ne suis-je pas encore pendue ? » dit-elle en croisant les bras. Vu la fragilité de son corps, cela faisait un moment que la pirate restait libre lors de ces interrogatoires. Au début elle gardait les fers aux poignets, puis au fil du temps, pour une raison plutôt étrange, on avait décidé de ne plus l’en affubler.

Le Commodore s’arrêta de marcher et se retourna vers elle. Lorsque leur regard se croisèrent, Esperanza crut se perdre dans ses prunelles azures, sauf que cette fois les yeux bleus de son bourreau étaient teintés d’une émotion différente. Son annonce lui pinça le cœur durant quelques secondes avant qu’elle ne pouffe de rire. « Ca m’étonnerait fort que vous ayez retrouvé mon capitaine Commodore sinon vous ne seriez pas là. » lâcha-t-elle dans un anglais ponctué d’un fort accent espagnol. Elle envoya balader quelques mèches brunes qui lui barraient le visage. Les traits d’Esperanza se durcirent, lui donnant un air étrangement grave. « Commodore je vous l’ai répété mille fois : votre acharnement vous perdra. Vous courrez après une cause perdue. Vous n’êtes pas assez fou pour mener une telle quête ! » La métisse décroisa ses bras, elle s’était légèrement penchée en avant, son regard s’était assombri « Vous devriez cesser cette mascarade une bonne fois pour toute sacrebleu ! » finit-elle par dire en reprenant une posture normale, comme si de rien était. Peut-être que la jeune femme commençait à perdre la raison, sa mise en garde paraissait démente, et pourtant elle avait pensé chacun de ses mots.

Lorsque les sbires de la Compagnie des Indes leur étaient tombés dessus deux mois plus tôt, l’équipage du Silent Queen était en pleine recherche, leur temps ou plutôt celui de leur capitaine, leur était compté. Cook tardant à remplir une dette, avait été fait prisonnier d’un des plus redoutables pirates voguant sur les mers des Caraïbes. Un homme que la légende qualifiait d’impitoyable et de maudit. Ce navigateur était craint de tous. Ainsi pour que le dit Cook soit libéré, son équipage avait dû partir à la recherche de trésors légendaires sans savoir si leur quête les mènerait quelque part. A peine avaient-ils commencé que les Anglais leur tombaient dessus, amputant leurs recherches avant même qu’elles n’aient commencé. Avant ça, certains membres de l’équipage peu loyaux avaient décidé que tout ceci n’était qu’une perte de temps, que cette légende n’était que broutilles et que les avertissements d’un vieux loup de mer n’auraient guère d’effets sur leur vie de débauche et de pillages. Ces mêmes hommes avaient étrangement péri, engloutis par les fonds marins lors d’accidents douteux. Ces événements morbides finirent de motiver le reste de l’équipage, provoquant chez certains une loyauté soudaine envers leur capitaine. Esperanza n’étaient pas de ceux-là, elle voyait en Cook un père, un homme envers qui elle serait éternellement redevable, l’un des seuls à avoir accepté une femme sur son navire.

Replongeant dans sa réalité, Esperanza accrocha le regard du Commodore, un air malicieux peint sur le visage. « Croyez-vous aux légendes Commodore ? » demanda-t-elle en inclinant légèrement la tête sur le côté. La jeune femme toussa puis grimaça. Si tout ceci continuait, la maladie finirait pas la faire mourir avant qu’elle n’ait pu être pendue. Esperanza gagnait du temps, elle ne voulait pas retourner croupir dans sa cellule humide et d’un autre côté, elle ne voulait pas avouer le pacte qui reliait l’équipage prisonnier à l’homme qui détenait leur capitaine. Autrement ils signeraient tous pour un aller simple vers l’enfer dans d’atroces souffrances. Esperanza croyait à cette malédiction dur comme fer. « Moi j’y crois, la mer regorge de tellement de mystères. » dit-elle avec mélancolie. La mer, synonyme de liberté, d’infini, de risques et de trésors. La mer qu’elle ne reverrait plus.  Cette fois Esperanza le réalisait entièrement, elle se sentait faible, au bord du gouffre et malgré la lumière chaude qui baignait la pièce, elle sentit les ténèbres l’envahir. Elle s’imagina mourir là, au milieu de ce vaste bureau, paisible. Ses paupières se firent de plus en plus lourdes. L’épuisement gagnait du terrain.



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MessageSujet: Re: On the edge of death | WILLIAM    Lun 5 Fév - 22:51

On the edge of death
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La nonchalance de la jeune pirate lui glaça le sang. Rien qu'une fois, il aurait souhaité qu'elle prenne les choses au sérieux, qu'elle ressente la menace peser sur ses épaules, plutôt que de se jouer de la mort comme si celle-ci n'était rien. Depuis le premier jour, elle n'avait fait que réclamer la pendaison, arguant de ne jamais révéler la cachette de son capitaine. Elle avait tenu parole jusqu'à ce jour, mais William n'avait jamais voulu lui accorder ce qu'elle demandait. Chaque jour, il avait repoussé la sentence, dans l'espoir d'obtenir sa réponse, dans l'espoir de pouvoir enfin triompher de la pirate, mais le temps s'était écoulé et aujourd'hui sa quête arrivait à son terme. William ne pouvait accepter cela. Si Esperanza n'avait pas encore été pendue, c'est parce qu'il l'interdisait. Sa perte serait une défaite qu'il ne pourrait essuyer. Celle de ses hommes l'avait déjà profondément affecté, une de plus le ferait sans aucun doute sombrer davantage dans la folie. « Assez ! » ordonna-t-il à la pirate, agacé par ses mots. L'homme de poigne venait de reprendre le dessus. Il n'était plus question d'un concours d'ego entre eux ou de savoir qui aurait le dernier mot dans leurs échanges. C'était une affaire de vie ou de mort. Demain, les derniers membres de l'équipage de Cook seraient amenés à l’échafaud, les fers aux poignets et le visage masqué par un sac. On leur passerait la corde au cou et d'un signe de la tête, ils tomberaient dans le précipice, avant que le jour ne se soit levé. S'ils ne mourraient pas sur le coup les cervicales fendues, ils suffoqueraient jusqu'à la mort, secoués de tremblements. William connaissait cette image, comme celle des morts détachés aux yeux exorbités. Imaginer Esperanza comme cela lui donnait la nausée.

Son regard inquiet croisa les pupilles noisette de la pirate qui le toisait avec intensité. Elle inclina la tête, dévoilant sa nuque sèche et ses épaules décharnées. Seule une infime couche de peau recouvrait son frêle corps féminin. En deux mois de captivité, elle avait tout perdu de ses formes généreuses, si bien que la toile posée sur son dos lui descendait jusqu'à la poitrine. En refusant de se nourrir par pur esprit de contradiction, elle avait consenti à précipiter sa mort, au lieu de chercher à survivre. William ne parvenait pas à comprendre ce qui poussait une telle force de caractère à choisir le suicide. En d'autres circonstances, il aurait pu la croire folle. « Non. Je n'ai foi qu'en Dieu » lui répondit-il, visiblement dérangé par sa question. Les légendes, les mythes, la sorcellerie, tout cela rebutait au plus haut point l'homme pieu en lui. Il n'avait que faire des croyances vaines d'une pirate aux portes de la mort. Une seule chose pouvait la sauver de son trépas à présent : un aveu clair et simple. « Les légendes ne vous sauveront pas, Esperanza. Quant à la mer, vous ne la reverrez jamais, si vous mourrez » confia William en s'approchant d'elle. Ils partageaient l'un et l'autre cet amour de l'océan, cette soif de navigation et d'exploration. Comment pouvait-elle renoncer à cela pour protéger un meurtrier ? Elle ne serait pas la première pirate à trahir son capitaine et certainement la dernière. Aucune âme voguant sur les mers ne seraient choquée d'un tel comportement. Son entêtement était déraisonné. « Quelle qu'ait pu être la nature de votre relation avec Cook, aucun pirate ne mérite une telle loyauté, ni un tel sacrifice. Votre vie n'a aucune valeur à ses yeux, vous n'êtes que de la chair à canon » reprit-il avec dureté. Les pirates ne valaient pas mieux que les officiers militaires. William savait qu'il en était de même pour lui, tout du moins, cela l'avait été autrefois. Il s'était battu pour défendre des supérieurs bien lotis dans leur cabine. Pendant que ses camarades se faisaient percer la poitrine, les amiraux supervisaient les combats depuis leur office au port ou enfermés à double-tour dans les cales d'un bateau. En gravissant les échelons, William avait toujours refusé de prendre un tel chemin. Il s'était toujours battu aux côtés de ses hommes. Il les avait d'ailleurs vu tomber autour de lui durant la sinistre bataille l'opposant à Cook. C'était pour cela qu'il prenait sa capture tellement à cœur. « Vous êtes née esclave Esperanza, si vous ne voulez pas mourir comme telle, il est encore temps de me dire où il se cache » osa-t-il prononcer avec une certaine précaution dans la voix. Malgré la dangerosité de son discours, il maintint son regard, conscient de la voie qu'il empruntait. Il avait vu les marques sur son corps, les cicatrices sur son dos étaient celles de coups de fouets. Elles avaient beau être anciennes, son épiderme en restait défiguré. William savait qu'une fille à la peau sombre comme elle n'avait pas toujours dû être libre. « Cet homme n'est pas votre maître, vous ne lui devez rien ! Vous ne lui appartenez pas ! » hurla-t-il, excédé. Elle allait mourir pour lui, alors qu'il allait sûrement passer le reste de sa vie sur une île quelconque entouré de putains, sans se soucier le moins du monde du sort de son équipage. C'était inacceptable.

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MessageSujet: Re: On the edge of death | WILLIAM    Mar 6 Fév - 13:56

On the edge of death
William&Esperanza
La corde sensible vibra plus vite que prévu. Esperanza se contenta de toiser le Commodore d’un air las. Assez avait-il dit, comme si attendre la mort dans de telles conditions était agréable. Comme si la jeune femme attendait autre chose que ça. Comme si elle n’en avait pas assez d’être traînée ici pour rien. La réponse suivante inspira un rictus presque moqueur à Esperanza. Il ne croyait qu’en Dieu. La pirate elle, n’avait jamais cru en l’existence de ce Dieu unique qui semblait l’avoir abandonnée dès sa naissance. Avec le temps, ses voyages et ses rencontres avaient forgées ses diverses croyances. La métisse haussa ses épaules maigres, continuant de fixer intensément celui qui lui faisait face.  « Alors vous n’avez aucune chance. » se contenta-t-elle d’affirmer. L’Anglais poursuivit, Esperanza l’écoutait d’une oreille distraite jusqu’à ce que sa dernière remarque ne lui fasse revenir dans la discussion. Elle eut un rire sans joie. « Vous parlez comme s’il y avait d’autres options. » constata la pirate avec nonchalance. Malgré son détachement apparent, Esperanza ne put cacher la pointe de tristesse qui lui froissa brièvement le visage. Non elle ne voguerait plus jamais, il était inutile de lui rappeler, il n’y avait aucune chance qu’elle ait pu oublier ce détail. Lui faire miroiter une éventuelle porte de sortie était cruel de la part du Commodore. Elle lui lança un regard ténébreux. Cet homme était terrible et entêté, au moins autant qu’elle ce qui n’était pas une qualité dans son cas. Ce manège aurait pu durer indéfiniment s’il n’y avait pas eu la faim, le froid et le temps contre eux.

La voix du Commodore se remit à résonner à travers la pièce. Pour Esperanza elle s’apparenta à un lointain murmure. Jusqu’à ce que Cook ne soit mentionné. Ce ne fut plus les ténèbres qu’on aperçut à travers les prunelles de la jeune femme, mais bel et bien un brasier de rage. Si elle avait eu assez de force, sûrement qu’elle se serait jetée au cou de ce prétentieux qui pensait tout savoir. Elle aurait serré jusqu’à ce qu’il ne respire plus. Elle le trouvait sans cœur et inhumain. Pourquoi ne voulait-il pas abréger ses souffrances ? Plus les minutes s’égrainaient, plus la jeune femme était obsédée par sa fin. Sûrement commençait-elle à doucement décliner vers la folie. « Calomnies ! Vous ne savez rien Commodore. Votre petitesse d’esprit vous aveugle. Vous dites ça parce que vous êtes jaloux, parce que c’est votre existence qui n’a de valeur aux yeux de personne. » affirma-t-elle en se redressant sur sa chaise pour paraître moins misérable. Longtemps elle avait observé l’Anglais, elle s’était souvent demandée si cet homme si cruel avait une famille, une femme et des enfants aimants. Et puis elle avait remarqué l’absence d’alliance à son doigt. Voilà comment elle en était arrivée à sa conclusion. Dans un sens elle l’avait plaint. Elle au moins avait su trouver en ses compagnons quelque chose qui se rapprochait le plus d’une famille. Cela faisait un moment qu’Esperanza avait perdu foi en l’homme blanc, en l’homme tout court. Pourtant cet homme là lui provoquait un drôle de sentiment sur lequel elle n’arrivait pas à mettre des mots.

Son empathie retomba comme un soufflé. Cette fois ce Commodore allait trop loin. La jeune femme se redressa et tourna le dos à l’Anglais, fuyant son regard. Elle rabattit sa chemise pour couvrir ses épaules. Comme si elle éprouvait une soudaine pudeur. Revenir sur ce qu’elle était, une pirate, ne l’atteignait pas le moins du monde. Elle avait parfaitement conscience des actes que certains d’entre eux pouvaient commettre et de leur réputation à travers les océans. En revanche, parler de sa condition d’esclave la renvoyait à sa mère et à tout ce qu’elle avait pu subir avant d’être la femme endurcie qu’elle était aujourd’hui. Lorsqu’il hurla, elle se revit adolescente, terrorisée par les monstres qui lui servaient de maîtres. Cette fois Esperanza fit moins la fière, incapable de masquer son trouble. Elle bouillonnait d’un mélange de colère et de tristesse.  « Cook n’est pas mon maitre non. Mes maîtres étaient des hommes comme vous, cruels et sans cœur. »  elle secoua négativement la tête avant d’enfin trouver la force de revenir faire face à son bourreau. « Cook n’a rien avoir avec mes maîtres. Et vous vous trompez : je lui dois tout. Inutile de continuer de faire semblant Commodore. Quoique vous disiez, je sais qu’il n’y a que la mort au rendez-vous. » ses yeux clairs brillaient d’une lueur nouvelle. C’était la dernière étincelle de rage de vivre qu’Esperanza offrait. Elle avait accepté son sort depuis quelques semaines. Elle savait que même si elle avouait tout, ce Commodore finirait par la faire pendre et courrait tout droit à sa perte en se mettant dans le crâne d’obtenir vengeance. « Vous devriez pardonner, comme votre Dieu vous l’ordonne. Vous allez finir par perdre l’esprit Commodore. J’ai croisé beaucoup de déments en mer, et ce n’est pas beau à voir vous savez. » confia-t-elle en reprenant place comme si de rien était. Le trouble était passé.



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MessageSujet: Re: On the edge of death | WILLIAM    Lun 12 Fév - 21:20

On the edge of death
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Le Commodore n’avait plus assez de temps pour faire preuve de patience avec la jeune pirate. L’urgence se percevait dans le ton de voix, devenue tremblant et profondément las. Ses membres trahissaient son évidente nervosité. Il ne pouvait tenir en place, parcourant inlassablement la distance allant de la porte à la fenêtre donnant sur les rues de Port-Royal. Plus la conversation avançait, plus ses phalanges se resserraient pour forger deux poignes de fer prêtes à s’abattre sur la surface de son bureau encombré. Il avait laissé tout un tas de papiers militaires et autres missives s’entasser depuis que venir à bout de l’équipage était devenu son seul objectif. Une véritablement obsession en soi. En deux mois, il n’avait connu aucun résultat, au détriment de ses hommes qu’il avait considérablement négligé, de même que la navigation. Il n’avait pas remis les pieds sur bâtiment depuis son retour à Port-Royal après sa brillante capture. Un tel comportement n’était pas digne de lui. Il faisait honte à la marine royale et cela ne promettait guère de s’arranger tellement des sentiments nouveaux l’envahissaient en présence d’Esperanza. « Parlez et vous serez libre » lui avoua-t-il, dans un soupir. Ces mots, il les avait déjà prononcé à plusieurs reprises, pour tenter d’obtenir un aveu sur fond de doux mensonge. En réalité, l’issu serait la même pour l’ensemble de l’équipage, capitaine ou non. Ils étaient tous responsables du massacre d’un tiers de ses hommes et seule la pendaison pourrait venir à bout de ses chiens galeux. Telle était la sentence requise par la justice britannique et William n’avait aucun pouvoir pour aller contre celle-ci.

L’évocation du passé d’esclave de la jeune femme eût sur celle-ci l’effet escompté par William. Peut-être un peu trop d'ailleurs. Elle se leva d’un bon, fouettée par la violence de ses mots, de nouveau hargneuse comme au premier jour. Dans ses prunelles noires brûlaient un feu ardent, dont le Commodore n'avait pas anticipé un retour de flamme. Son cœur s’embrasa sous l’effet du pique incandescent lancé par la pirate. Depuis toujours, William avait vécu avec cet effroyable sentiment d’être de trop sur cette terre. Enfant illégitime, non désiré, abandonné par sa mère. Il était venu au monde tel un orphelin et longtemps considéré comme tel. Jamais il n’avait reçu d’amour maternel, quant à celui du patriarche, il ne l’avait connu que trop tard. Toute son enfance, il avait été élevé au sein d’une communauté religieuse qui ne lui avait jamais donné une identité propre. Souvent, on lui avait rabâché sa chance d’être en vie, d’avoir été sauvé par le Seigneur d’une mort certaine dans le caniveau. Puis, l’armée lui avait donné un nouveau souffle, la figure masculine dont il avait manqué durant si longtemps. Mais le fait était que son père ne lui avait accordé qu’un intérêt limité. Il l’avait retiré d’un milieu rigoriste pour le jeter sans préparation dans un autre. Pourtant, le jeune William s’était accroché à sa formation. Il avait fait ses classes, puis gravit rapidement les échelons pour tenter de contenter un père mort quelques années seulement après leurs retrouvailles. Si aujourd’hui, il avait acquis un titre et une place au sein de la société, il restait indubitablement seul. Il n’avait ni famille, ni ami. S’il en avait eu un jour, il les avait perdu en prenant du galon. S’il mourrait demain, il n’y aurait aucun parent pour le pleurer, aucune veuve pour tenir son deuil, ni aucun soldat pour entretenir sa mémoire. William Addington serait oublié aussi vite que n’importe quel roi déchu.

« Alors vous mourrez pour lui ? » souffla-t-il d’un ton fataliste. La question était quasiment rhétorique. C’était le dessein qui l’attendait, mais auquel il ne pouvait se conformer. Sa mort serait un échec, un gâchis, une perte bien trop lourde à accuser. « Seul Dieu peut accorder son pardon et absoudre nos péchés, encore faut-il qu'ils soient confessés... » lui dit-il, en la regardant par-dessous. Tout condamné à mort avait le droit à une dernière confession avant son exécution et William pouvait consentir à endosser le rôle de prêtre si cela lui permettait d’obtenir l’aveu qu’il chérissait tant. « Cook ne viendra pas vous sauver Esperanza. Vous allez mourir en martyr pour un lâche qui vous a abandonné à votre sort ! » reprit-il avec fureur. Il laissa un temps dans ses paroles, durant lequel il combla l’espace qui le séparait de la jeune pirate. Il vînt poser un genou à terre pour lui faire face, ajustant son visage au sein. Sans réfléchir, il saisit ses bras entre ses mains pour la serrer comme un étau. « Ouvrez les yeux, pour l'amour de Dieu. Si vous tenez à la vie, je vous en conjure, dites-moi où il se cache... » finit-il par la supplier dans un murmure.

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MessageSujet: Re: On the edge of death | WILLIAM    Lun 19 Fév - 22:23

On the edge of death
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Ce fut incroyable. Les pupilles d’Addington s’embrasèrent. Esperanza le remarqua aussi aisément qu’un feu au beau milieu d'une foret sombre. Aussi facilement qu’une pleine lune perçant la nuit noire. Elle n’avait néanmoins pas répondu. Seul un léger sourire, imperceptible, courba ses lèvres. Echec et mat. Elle aussi avait finalement trouvé le point sensible de son adversaire. La bataille aurait pu enfin être équitable, si seulement la jeune femme avait eu un peu plus que la peau sur les os. Son regard s’était mis à briller d’une lueur étrange. Esperanza était satisfaite, satisfaite d’avoir pu porter un coup à cet Anglais qui s’obstinait depuis des semaines. Elle commençait à lire en lui, doucement mais sûrement. Mais la pirate n’eut rien à répondre et se contenta de se refermer lorsque Addington ramena le douloureux sujet de l’esclavage sur le tapis. Cet homme -bien qu’il semble persuadé du contraire- était maudit. Sa solitude et son esprit de vengeance étaient entrain de l’envahir, rongeant son âme jusqu’à ce que bientôt, il ne reste plus rien de l’homme. Une coquille vide, voilà ce que deviendrait ce commodore. Cette pensée traversa Esperanza au moment où elle revint faire face à son bourreau.

La jeune femme reprit place sur sa chaise une fois le trouble passé. Elle avait l’air perdu, pensive. Elle accorda un bref regard à Addington et haussa les épaules lorsqu’il suggéra qu’elle mourrait pour son capitaine. N’était-ce pas évident depuis le début ? Bien qu’elle ait entendu l’histoire du massacre qu’avait commandité Cook, Esperanza n’avait pas fait parti de cette expédition. Elle ne comprenait pas la motivation de l’homme qui lui faisait face, et d’un côté, elle n’avait pas envie de la comprendre. Pas envie de compatir et de se laisser aller à quelconque empathie. L’aurait-il fait, lui, s’il avait été à sa place ? Est-ce qu’Addington aurait vendu un homme qui lui avait sauvé la vie ? Esperanza fit la moue, reprenant le cours de la conversation d’un air curieux. Esperanza avait bien trop de pêchés et trop peu d’énergie pour tous les livrer. Elle pouffa « Commodore j’ai bien trop de pêchés pour vous les confier, je serais morte bien avant que vous les entendiez tous. » elle haussa les épaules. Il n’y avait visiblement rien à faire pour que la jeune femme change d’avis. Alors lorsqu’il supplia presque, venant jusqu’à s’agenouiller devant elle, la pirate fut stupéfaite. Elle ouvrit grand ses yeux pour observer le visage qui lui faisait face. L’Anglais semblait épuisé. Esperanza se rendit compte qu’à cet instant, elle n’était pas la seule prisonnière dans cette pièce. Elle regarda ses bras qu’Addington venait de saisir. Sa supplication la fit soupirer. Elle libéra sa main droite et la posa sur l’épaule gauche de l’homme en face d’elle. Comme un geste d'apaisement, un geste rassurant. « Commodore, cessez cela. Rendez vous compte, que faites vous à genoux devant moi ? J’ai accepté la mort. Personne ne retrouvera jamais Cook, vous devez l’accepter. La vengeance vous ronge et nul Dieu ne viendra vous sauver des abîmes de la folie. » elle soupira.

Pourquoi disait-elle cela ? Après tout qu’en avait-elle à faire du sort de cet homme ? Mal à l’aise et se sentant légèrement faiblir face à cet individu qui la troublait, Esperanza préféra s’aventurer près de la fenêtre. Elle regarda les rues étroites qui se remplissaient d’une foule matinale, puis son regard s’égara sur l’océan. Elle baissa la tête. Jamais elle ne reverrait sa mère. Cachant son air triste, la jeune femme se tourna de nouveau vers le Commodore. A force de le côtoyer, il lui arrivait parfois de penser à l’homme sous l’uniforme. Car ces deux là avaient un point commun : ils étaient des êtres humains faits de chair et de sang. La vie et les chemins qu’ils avaient empruntés en avaient fait de parfaits ennemis. Des ennemis têtus qui n’avaient eu de cesse de s’affronter depuis des semaines. Esperanza commençait à flancher, elle n’avait plus la force. Elle aurait voulu que tout cela s’arrête, elle aurait voulu qu’on la pende sur le champ.

En se levant, la jeune femme en avait profité pour se rapprocher du bureau. Elle en avait observé le contenu alors que le Commodore faisait les cent pas à travers la vaste pièce. Sous la multitudes de documents entassés, elle avait remarqué un coupe papier. Durant une seconde son esprit divagua. Devait-elle le saisir ? Elle n’aurait aucune chance face à la puissance d’Addington. Ses muscles avaient perdu toute consistance et jamais elle ne pourrait lutter face à cet homme. En revanche, elle aurait pu en finir, se tranchant la gorge ou le poignet. Finalement son regard se redressa. Elle était plus digne que ça, même si pour beaucoup elle n’était qu’une vaut-rien. Une sale pirate. Une sale pirate peut-être, mais une pirate loyale. « Avez-vous terminé Commodore ? Je me sens fatiguée. » dit-elle comme une enfant qui demandait la permission d’aller se coucher. Sa réserve d’énergie commençait à manquer, le compte à rebours avait commencé.

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MessageSujet: Re: On the edge of death | WILLIAM    Jeu 22 Fév - 22:50

On the edge of death
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La perspective de ne plus revoir Esperanza après le prochain levé de soleil terrifiait le Commodore au plus haut point. Par la force de l'habitude ou l'émulation de sa présence, William s'était attaché à la jeune pirate. Derrière son insolence, elle avait montré énormément d'esprit, de courage et d'abnégation. De toute sa carrière, le marin n'avait rencontré aucun homme, ni aucun soldat d'une telle trempe. Au fil des jours, William avait fini par saisir les raisons ayant poussé Cook à faire d'Esperanza un membre de son équipage. C'était une femme forte, dotée d'une vive intelligence, à la loyauté sans pareil. Elle était une pirate redoutable. Une perle que quiconque serait fière de compter sur son navire. Elle avait plus de valeur à elle seule, que la centaine d'homme que William avait perdu. Condamner à mort un tel être était un crime en soi. « Il ne s'agit pas de moi, mais de vous ! » laissa-t-il échapper sans même s'en rendre compte. L'écho de ses mots revînt à son oreille et William réalisa alors l'étendu de sa faiblesse. La folie le gagnait. La pirate avait fini par avoir raison de lui. Depuis bien longtemps déjà elle avait gagné cette partie d'échec commencée entre eux, il y a deux mois de cela. La reine l'avait maté sans même qu'il ne s'en rende compte. Il avait tout perdu dans cette partie, son temps, sa raison et bientôt se serait au tour de son obsession. Dans un mouvement de recul, il lâcha prestement les bras d'Esperanza pour se redresser sur ses deux jambes, le visage marqué par la confusion. Son regard l'avait troublé. Il y avait perçu une résignation intolérable. Sa main sur son épaule, si fragile et pourtant si lâche. C'était comme si elle avait voulu le rassurer, alors que c'était elle que la mort allait emporter.

Continuant à faire les cents pas, à une allure plus modérée, William entendit la jeune femme se lever. Lorsqu'il se retourna vers elle, il la vit près de la fenêtre, le regard figé sur le dehors. D'ici, on pouvait voir au-delà de la forteresse de Port-Royal, les habitations, la végétation et la mer tout au loin. Une telle vue n'existait pas depuis les cellules souterraines. En suivant son regard, William aperçu les voiles d'un bâtiment à l'horizon. Soudain, une idée folle lui traversa l'esprit. Il pensa à prendre la fuite à bord d'un tel voilier. Il se vît partir de cette île coloniale pour rejoindre les terres intérieures et quitter la chaleur étouffante de ce bureau pour respirer à nouveau l’embrun de l'océan. Il s'imagina fuir avant même les premières lueurs de l'aurore sur n'importe lequel de ces bateaux. Ne plus revenir. Tout abandonner, pour tout oublier de cet enfer militaire. Devenir l'homme libre qu'il n'avait jamais été. Doucement, William laissa cette douce fantaisie l'envahir, embrumer son esprit, réchauffer sa poitrine glacée... Après un instant de silence, il se retourna vers la jeune pirate, le menton de nouveau haut. « Puisque c'est votre souhait, qu'il en soit ainsi... » souffla-il, sur un ton ecclésiastique. Il prit une profonde inspiration pour garder contenance, bien que sa poitrine l’oppresse terriblement. Esperanza avait raison, cette comédie avait assez duré, il était temps d'en finir. La pauvre pirate n'avait plus que la peau sur les os, elle pouvait très bien mourir dans la nuit avant même d'être conduite à l’échafaud. Il pouvait bien lui accorder quelques heures de répit jusqu'à la sentence finale. « Vous et vos camarades serrez exécutés demain à l'aube » lâcha-t-il, avec gravité. Au bord de l’asphyxie, William déglutit en silence, puis appela les gardes dans un éclat de voix pour leurs ordonner de raccompagner la prisonnière dans sa cellule. Ceux-ci s'emparèrent d'Esperanza, vacillante entre leurs deux épaules. Mais alors qu'ils allaient quitter la pièce, William les arrêta d'un geste de la main, en s'approchant d'eux. Il accrocha le regard de la pirate, comme pour immortaliser une dernière fois ses traits. Même le visage décharné, elle avait les yeux les plus perçants de l'océan. « Vous... » commença-t-il, hésitant. Dans sa poitrine, tout un tas d'émotions s’agitaient, frappant sa cage thoracique d'une force inconnue. Il prit plusieurs inspirations, prêt à s'exprimer à l'issue de chacune d'entre elles, mais aucun mot ne fut capable de franchir la barrière de ses lèvres. En tout cas, pas ceux qu'ils auraient souhaité prononcer. « Au revoir, Esperanza » lui dit-il avant de lui tourner le dos, définitivement.


FIN

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