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 Nemo sailing home || Matthias Curly Petersen

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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: Nemo sailing home || Matthias Curly Petersen   Lun 5 Fév - 22:47

Nemo sailing home
Ah le salaud. La sale petite enflure. Il ne s'emmerdait pas, le hamster. Cela faisait deux bons mois qu'Itzal lui courait après, et maintenant qu'il se tenait planté au pied du petit immeuble en pierre assez adorable pour accueillir une colonie de vacances de petits vieux, toute la tension qu'il avait emmagasinée ces derniers temps s'était évaporée au profit d'une bonne vieille colère familière. En toute honnêteté, ça avait été surtout difficile les premiers jours, quand il se disait que le temps était compté, que son pote s'était mis dans les emmerdes, vu qu'il semblait être passé maître dans l'art de prendre des décisions louches. Et d'habitude, la rue savait toujours tout, surtout la nuit, dans les coins les moins bien fréquentés. Itzal en avait entendues, des rumeurs. Mais oui, on le connait ton gars, on l'a vu sortir de la ville par la grande porte. On l'a vu s'enfiler de l'héro dans une ruelle. On l'a vu s'enrôler dans la milice. Ou dans la résistance, c'est selon. On l'a vu s'envoler à dos de licorne, le cul à l'air, en faisant coucou comme la reine d'Angleterre. En gros, personne ne savait rien, ou tout le monde en savait trop. Et Itzal s'était résigné - soit Matthias était déjà en train de pourrir dans un caniveau quelque part, soit il était vraiment partie de la Nouvelle-Orléans, soit il avait des soucis pour de bon. Parce qu'il le voyait mal lui foutre un tel lapin, pas après leurs larmoyantes retrouvailles, avec tapes dans le dos et confessions intimes en option. Il avait continué d'ouvrir l’œil et de laisser traîner ses oreilles, avait secoué occasionnellement ici un clodo et là une prostituée. Jusqu'à ce qu'enfin, sa patience, de moins en moins motivée par un sentiment d'urgence et de plus en plus par une envie de mettre la main sur son copain pour lui demander des explications, soit récompensée. Et puis, allez, sans se mentir : peut-être que personne d'autre ne le cherchait. Itzal n'avait pas eu le temps d'échanger son journal intime avec celui de Matthias, ni d'apprendre plus de détails sur sa vie. Une soirée dans un bar, finalement, c'était rien. Mais ça avait été bien assez pour qu'Itzal décide de ne pas abandonner l'idiot du village.

Tout ça pour dire qu'il l'avait bien mauvaise, là, maintenant. En fait, depuis qu'il avait appris que ouais, bien sûr, Matthias What's his face, il habite dans le quartier français mec, Itzal grinçait des dents. Le mec disparaissait pendant deux mois et poppait soudain  dans l'un des coins les plus bourgeois de la ville ? Par réflexe, Itzal avait tourné plusieurs jours autour de l'immeuble avant de se décider à y entrer, et il avait pu voir quel genre de pingouins y vivaient. Des mecs qui n'avaient pas de loyers à payer. Des bonnes femmes qui se levaient le matin pour aller œuvrer à la grandiose gloire du Gouvernement. Comme Priya. Et maintenant comme Matthias ? Eh bien, Itzal pouvait l'imaginer. Il savait que le Gouvernement, en plus de se prendre pour Dieu, utilisait les mêmes méthodes : par la force de la sainte-coercition, il forçait qui il voulait à travailler pour lui, d'une façon ou d'une autre, dans la joie ou dans la peine, contre un gros chèque ou contre que dalle. C'était ce qui lui était arrivé, à lui, après tout. Il aurait été faux-cul de jeter la première pierre.

De toute façon la vraie raison de tout ça c'était bien qu'il s'inquiétait. Qu'il aurait pas aimé du tout devoir aller identifier ce type à la morgue. C'était le refrain qu'il se chantonnait tout bas en gravissant l'escalier jusqu'à l'appartement supposé de Matthias. Parce qu'il y avait encore une chance que quand il frapperait à cette porte, ce serait Raymond, cinquante ans, barbu et bedonnant, routier de son état, qui lui ouvrirait la porte, et pas du tout la gueule d'ange de son ami. Mais bon, juste au cas où, il afficha une gueule pas trop tendue et cogna sur le battant de la porte de l'appartement. Qui finit par s'ouvrir. Musique dramatique. C'était bien Matthias, pas Raymond. Il était là, il était en vie, a priori il avait l'air en bonne santé, et du coup, Itzal se sentit beaucoup moins en colère et beaucoup plus soulagé, comme à la sortie du premier jour d'école de son marmot. « Mais bordel, t'étais où ? » Oui parce que quand même, bordel, il était où, pendant tout ce temps ? Il tendit le bras et abattit sa main sur l'épaule de son coupain comme une guillotine, autant pour s'assurer qu'il était bel et bien là que pour le retenir au cas où il aurait eu envie de se tirer par la fenêtre.

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↳ Niveau de Compétences : Un briquet capable d'aspirer les flammes environnantes. Feu de cheminée ou petits brasiers, une fois le chargeur rempli, les flammes peuvent être réutilisées comme le gaz d'un briquet classique. A recharger uniquement de cette manière, sinon il ne fonctionnera pas. / Une fiole de potion permettant de faire croire à toutes les personnes dans la pièce qu'on possède une autre apparence (celle de son choix), en la buvant entièrement. Dure le temps d'un topic, à usage unique.
↳ Playlist : Who by fire - Leonard Cohen ║ It must be done - Pete Townshend/Nathan Barr ║ Nothing to remember - Neko Case ║ Higher - The Naked and the Famous ║ Howlin' for you - The Black Keys ║ Hearts on fire - Gavin James
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MessageSujet: Re: Nemo sailing home || Matthias Curly Petersen   Sam 10 Fév - 16:24

   FEATURING Itzal & Matthias
L’échelle vous menait au sommet, mais vous pouviez toujours tomber.

Il s’était habitué à cet appart avec facilité, plus qu’il ne l’aurait cru comme si il avait été serpent dans une autre vie, peu apte à regarder en arrière ou à pleurer sur la peau encore crépitante laissé derrière lui. Ça ne voulait pas dire qu’il n’aimait pas ce qui avait été, bien au contraire mais le passé était passé et on ne voulait pas que les roues de son 4x4 s’enlisent dans la boue ou le sable. Il valait mieux rouler quoiqu’il arrive.

Il préférait vraiment rouler.

Matthias était  surpris en vérité des opportunités qui s’offraient à lui. La vie était tortueuse finalement, un jour quasi asphyxié sous les vapeurs toxiques d’un incendie puis l’autre dans un appartement cosy du quartier français de la Nouvelle-Orléans. Ses parents lui avaient toujours répétés que chaque événements avaient une raison d’être, que les fils du destin ne s’emmêlaient qu’à juste titre, qu’il fallait savoir lire les éclats d’un futur en construction dans les astres et les yeux et les rencontres et même dans son café, tant de superstition tété avec le lait naturel qu’il n’y réfléchissait même plus vraiment, l’instinct formaté face aux méandres et mystères du quotidien.

La première fois qu’il avait rencontré Itzal c’était à New York, course-poursuite et pluie torrentiel, la veste collée au corps et le gardien bourru le toisant d’un air revêche. Il avait sourit, le verbiage facile, l’accroche innée mais Itzal était de ses rocs où la puissance se mêlait à la solidité, c’était dans son physique, dans l’éclat sombre des yeux, dans la gouaille pourtant teinté d’éducation. Itzal avait été sur son chemin pour une bonne raison. Il était pile ce dont il avait eu besoin. Le destin faisait bien les choses même pour quelques heures.  

La première fois qu’il avait revu Itzal à la Nouvelle-Orléans, c’était dans la forêt, course-mystère et soleil de plomb, le corps démuni et déjà un peu explosé par la fatigue d’une ombre grandissant en lui. Là aussi, Matthias savait que c’était les étoiles qui avaient placés généreusement son ami sur son chemin, le conseil clair et l’âme avisé. Comme toujours.

(Dans cette histoire qui tourne en rond, les cercles sages se frôlant constamment, c’est une bonne chose de savoir où l’on va. La tangente est la suivante : Matthias ne se souvient plus de la foret et de tout ce qui y est lié.

On le lui a fait oublier.)

Il avait été persuadé qu’il reverrait Itzal une fois installé en Louisiane, mais pas vraiment comme ça.

Les lois du destin…

***

« Mais bordel, t'étais où ? »

A la surprise se doubla la joie, celle qui vous prenait à la gorge et vous donnait l’envie de chanter à tue-tête dans votre salle de bain. Itzal en chair et en entrée en fanfare ! Le blond se fendit d’un large sourire, le poids agréable de sa main sur son épaule. Mi casa es tu casa aurait-il pu dire dans un accent effroyable. « Itzal ! » Fit-il simplement, les yeux en croissant bienheureux. « Bon sang ça fait plaisir ! Entre ! C’est pas plutôt à moi de poser cette question ? » L’innocence en éventail loin de s’apercevoir que certaines choses ne pouvaient changer, même si l’on mélangeait les cartes. « T’es jamais là où on t’attend. » Il était ravi - tout comme il l’avait été en forêt il y avait de ça deux mois – loin de s’apercevoir que si le brun ténébreux semblait si sévère ce n’était pas seulement dû aux aléas d’une région vénéneuse. « Tu m’as trouvé comment ? Je viens juste de déménager, j'avais rien à transporter de toute manière mais ça fait bizarre le quartier. Une sacrée histoire si tu veux mon avis, figure-toi que le soleil de ta vie, » Il se désigna sans ambages et sans la moindre vergogne, reprenant la conversation comme s’il avait vu le vénézuélien la veille. « a failli mourir. Alors dis comme ça, ça ne sonne pas différend de d’hab’, j’entends bien mais en fait, j’étais pompier et comble de tout, je me suis retrouvé coincé dans un incendie. Bref, je suppose que pour me féliciter de pas avoir clamser comme un poisson rouge dans son bocal, on m’a relocalisé ici. Pas mal, hein ? » Les balles de tennis avec lesquels il s’amusait parfois et qui lui servait souvent les jours de lessive n’étaient pas encore en pyramide et son sac contenant l’intégralité de ses affaires rachitiques se tenait encore éventré au seuil de sa chambre à peine usité. Matthias referma la porte derrière le brun, reprenant joyeusement. « T’es ici depuis quand ? Pose toi, je vais chercher à boire… » Il arqua un sourcil, goguenard. « T’es pas de la milice hein ? Je peux sortir la bière ? Tu me diras je bosse pour eux donc je devrais pas mais hé. » Il haussa les épaules, les informations nonchalantes, comme s’il parlait du temps ou du dernier spot publicitaire vu.

C’est là qu’il remarqua le curieux regard que lui lançait l’homme.

« Quelque chose ne va pas ? C’est l’émotion de me revoir, ou alors j’ai une sale tête. Je t’avoue que le séjour à l’hosto était pénible même si j’étais total dans le coaltar, mais ça va on m’a filé des vitamines, donne moi quelques jours et on y verra plus rien. » Et d’accompagner les mots d’un claquement de doigts déterminé.

Il allait déjà mieux.





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MessageSujet: Re: Nemo sailing home || Matthias Curly Petersen   Jeu 15 Fév - 11:41

Nemo sailing home
Aussi cliché que ça pouvait paraître, il avait envie de secouer Matthias par les épaules en lui demandant qui il était et ce qu’il avait fait de son copain, parce que c’était vraiment l’impression qu’Itzal avait en entendant l’autre babiller comme une parfaite petite hôtesse de maison. C’était comme parler à un Matthias différent de celui qu’il avait retrouvé dans la forêt, et forcément, il ne pouvait pas s’empêcher de se dire qu’il avait là le vrai Matt devant lui et que l’autre dans la forêt n’avait été qu’une goule ou un doppelgänger. Difficile à dire vu que les propos du Matthias actuel ne faisaient pas plus de sens que ceux du précédent. En cela, les deux se ressemblaient bien, et c’était bien pour ça qu’Itzal n’entravait rien à ce qui était en train de se passer. Tout ce dont il était sûr c’était qu’il allait s’énerver dans deux secondes puisque c’était là sa réponse à tout dans la vie de toute façon dès que la vie devenait bordélique. Jamais là où on l’attendait, ah ouais ? Pourtant lui avait attendu exactement là où ils s’étaient retrouvés pour boire des coups et se promettre à la vie à la mort de se retrouver comme deux lycéens en fin d’études, et tout ça pour se prendre le biggest baddest lapin de la décennie. Incapable d’en placer une – ça au moins ça n’avait pas changé –, il entra dans l’appartement de Matthias sur son invitation et observa les lieux sobres et vides en enregistrant tout ce que son pote disait – pompier, incendie, relocalisé… Ah ouais, vraiment ? Pas besoin de demander par qui. Dans quoi est-ce qu’il s’était encore fourré, celui-là ? Sans être une grosse tête d’analyste du FBI, il semblait bien à Itzal qu’il n’y avait que deux solutions : où Matthias se foutait de sa gueule à la puissance dix mille, ou bien il ne se souvenait absolument pas qu’ils s’étaient retrouvés deux mois plus tôt, vu qu’il lui parlait comme si leurs derniers adieux dataient de New York. Et il le voyait mal se foutre de sa gueule à ce point. La conclusion était plutôt limpide. Matt avait déjà des ennuis la dernière fois qu’ils s’étaient parlé, même s’il n’était pas entré dans les détails, et Itzal regrettait bien de ne pas l’avoir pressé comme un citron. Et il semblait que ses ennuis l’avaient d’une façon ou d’une autre rattrapé.

Quand le mot « milice » franchit les lèvres de son pote, ce fut un peu la goutte d’eau qui fit déborder le vase – ou plutôt le dé à coudre compte tenu des réserves de patience extra-limitées d’Itzal. Ce mec-là travaillait pour la milice ? Depuis quand ? Par réflexe, et il détesta faire ça avec son pote, le Vénézuélien vérifia d’un geste machinal et aussi naturel qu’il le faisait depuis huit mois que sa manche était bien rabaissée sur son avant-bras, ce qui aurait dû être idiot vu qu’il avait montré sa cicatrice et avoué sa nature à Matthias deux mois plus tôt, mais puisque le petit ange s’était visiblement pris un gros coup de latte sur la tête… Enfin, un incendie, ça ne vous faisait pas perdre vos souvenirs, si ? Itzal se rendit compte que Matt attendait qu’il prenne la parole, maintenant, et il n’avait toujours pas décidé de ce qu’il devait faire, balancer tout à Matthias ou entrer dans sa réalité alternative où ils ne s’étaient pas encore retrouvés, juste pour tenter d’en savoir plus. Son instinct largement animal lui hurlait de se tirer de cet appart et de rayer le jeune de son carnet d’adresses parce que cette histoire sentait le souffre. Itzal aurait troqué la paix contre une vague connaissance susceptible de lui apporter des ennuis sans sourciller. Mais ce n’était pas une vague connaissance, Matthias. « Des vitamines. » Bizarrement, dans cette avalanche de paroles, c’était ce truc-là qui faisait bloquer Itzal. Il ne savait pas par quel bout prendre la conversation pour que ça ait l’air naturel. Oh, et puis merde. « Ça court pas les rues, ça, les vitamines, j’en aurais bien besoin, moi aussi. Ils prennent soin de toi en tout cas. De qui est-ce qu’on parle, au fait ? » On savait bien qui était notoirement connu pour se garder les produits les plus efficaces et les plus illégaux pour s’en servir sur des cobayes, prisonniers et autres condamnés à mort…

Pas de « héééé ça fait des années, mon pote » ou d’explication sur comment il l’avait retrouvé. La conversation s’annonçait complexe mais Itzal improvisait. « Excuse-moi, c’est l’émotion, je ne pensais pas te retrouver vivant. Avec toutes ces conneries de ces derniers… temps. C’était quand, cette histoire d’incendie ? Je crois que j’en ai entendu parler. » Gros mensonge, mais ça ne l’empêcherait pas de dormir. S’il gueulait sur Matthias en lui disant qu’ils s’étaient vus quelques semaines plus tôt, l’autre allait flipper, non ? Itzal se gardait ça en plan B, à défaut d’autre chose. De toute façon, il n’avait jamais été doué pour mentir. Il faillit lui demander s’il vivait seul… pas de nana ? Pas de nana à mallette ? Mais finalement il se frotta la nuque et grogna : « Je suis content de te revoir en tout cas. Et que tu ailles bien. Tu m’as manqué, mon pote. » Oui, son pote. C’était ça l’important. Et pas question de le laisser barboter dans ses ennuis.

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MessageSujet: Re: Nemo sailing home || Matthias Curly Petersen   Mer 21 Fév - 18:34

   FEATURING Itzal & Matthias
Itzal est  bien plus magnétique qu’il ne le croit et Itzal leurre tout le monde. Le regard bourru, les manières âpres de ceux qui ont vécu mille vies en une, travaillé mille jobs en les effleurant d’une main ravinée, tout était concentré là à quelques pas du jadis vainqueur. On en aurait presque oublié d’où Itzal venait – si on l’avait jamais vraiment su. On en aurait oublié ses connaissances qu’il taisait si prudemment, la colère incandescente derrière le noir des yeux. « Des vitamines. » Il y avait eu un pli aux commissures des lèvres, un ravalement in extremis de moquerie incrédule que même Matthias pouvait percevoir. Non, pas vraiment de moquerie, autre chose sur laquelle il ne parvenait à mettre de mots adéquats, une surprise teintée d’un sentiment de défiance, une tragédie en devenir. « Ça court pas les rues, ça, les vitamines, j’en aurais bien besoin, moi aussi. Ils prennent soin de toi en tout cas. De qui est-ce qu’on parle, au fait ? » Matthias accusa le coup, l’esprit difforme sous ce qu’il refusait obstinément de voir. C’était étrange, n’est-ce pas ? Lorsqu’il s’était réveillé dans les draps immaculés, le blanc virginal des nouveaux départs en fond sur les murs et le lit et même la tenue de la jolie infirmière, il avait cherché le rouge qui s’y cachait forcément. Il en avait l’esprit saturé mais très – trop – rapidement le noir avait envahi l’esprit suivi d’une clarté artificielle qu’il avait accueillie avec reconnaissance. On l’avait informé des événements, on l’avait bichonné exactement de la même façon qu’on l’avait déjà fait lorsqu’il était sorti – le pas chancelant – de l’arène et il n’avait pas cherché plus loin.

Matthias savait très bien quand il valait mieux ne pas poser trop de questions.

Il esquissa un sourire vers Itzal, le même qu’il avait déjà offert sur des posters de fortune, la dentition ivoire et l’enthousiasme digne d’un celluloïd. « C’était y a un bout… je suis resté un moment à l’hosto. C'est une milicienne qui m'a sauvé : blonde comme les twinkies mais c'est pas trop trop crémeux à l'intérieur. » Matthias accompagna l’information d’un mouvement flou de la main. « Et c'est vraiment des vitamines...enfin je crois... j'aime pas trop ingurgiter des trucs comme ça, j'ai toujours l'impression d'entendre ma mère faire un laïus sur les OGM et comment les grandes corporations pharmaceutiques cherchent à nous tuer, blablabla. J'ai un pote qui m'a dit de rien ramasser de la forêt d'ailleurs, ça devait être blindé de trucs bizarres vu que fin du monde et cerf à six cornes. » Il mélangeait de façon dramatique les événements ayant eu lieu juste avant rajoutant au désarroi du trou noir qu’il avait des semaines récentes. Tout était si terriblement confus et les migraines engendrées si forte qu’il se contentait d’un haussement d’épaules quand on appuyait trop fort. « C'est peut-être à cause de ça aussi le coma. Je veux dire les vapeurs du feu sont toxiques mais là je suis tombé comme la Belle au bois dormant après son tricot. Cela dit, pas beaucoup de monde est venu me voir en tout cas, j’ai eu zéro visite. J’aime autant dire que ça pique un peu mais mmm, les temps sont durs. »

Et d’ hausser les épaules encore une fois.

« Je suis content de te revoir en tout cas. Et que tu ailles bien. Tu m’as manqué, mon pote. » Le sourire s’effaça un peu pour prendre une contenance plus sincère. Il s’en voulut presque d’être sentimental sur le moment mais on contrôlait si peu les élans de ce genre. L’Apocalypse avait rendu le sang et les sacrifices si banals qu’on oubliait presque ce qui comptait réellement outre le fait de vivre, ou plutôt ici, de survivre. Ce que Matthias avait parfaitement saisi à son réveil, c’est qu’il avait failli y rester. C’était là, dans la rudesse des muscles et la bouche sèche, dans les sillons creux sous les yeux et les coudes couverts de pointes rouges, éphémères marques témoins de tant d’aiguilles. « Ça aurait été con de crever comme ça quand même. Les morts c’est souvent con tu me diras. » Matthias pivota faisant signe au vénézuélien de s’installer. « Fais comme chez toi. » A vrai dire, c’était même grandement le principe. Les deux verres en main et la longue bouteille brune tintinnabulèrent sur la table basse. Il se laissa tomber sur le fauteuil rapiécé avant de les servir, trinquant facilement d’un mouvement enthousiaste. « Aux retrouvailles ! » Le verre resta en suspens, si près des lèvres qu’il pouvait presque déglutir comme si la bière avait coulé le long de la gorge. « Et toi ? T’es arrivé ici comment ? Me réponds pas avec tes pieds ! » Fit-il en riant. L’important, aurait-il pu rajouter, c’était qu’il soit là.

(Le temps est élastique et l’a toujours été. Désordonné, parfois même méchant, et peut-être en tant que survivants c'est ce qui les rend tous deux méfiants face à ses méandres. Les histoires débordent toujours au hasard, de petites rafales hachées sans vision claire sur la façon dont la fin devrait être formulée.)

(Matthias devrait lui demander le basique, un résumé de toute sa vie, le tout probablement avec des chiffres mais étrangement, il n'en a pas besoin et surtout, il croit qu’il sait déjà.)

« T’as vu toutes ces histoires de danger par-delà la forêt ? Y a les campements en bordure qui se sont faits attaquer en plus. Tu crèches où ? » La curiosité éclaira un bref instant les pupilles azur. « Tu sais… je crois que t’as plus de muscles qu’avant. Raconte-moi ça, c’est les haricots verts fluorescents ou c’est le nouveau job ? » Il n’était pas revenu sur ce qu’il avait noté également : qu’Itzal avait été en colère en arrivant, des questions plein sa besace, tout comme Ayalone le serait dans quelques jours et Beatriz encore bien après.





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MessageSujet: Re: Nemo sailing home || Matthias Curly Petersen   Mar 27 Fév - 22:13

Nemo sailing home
Les sourires faux, tout le monde y avait droit. C'était un refuge comme un autre, et après tout, Itzal venait ici en défonçant la porte comme une publicité vivante pour la Gestapo, mais Matthias avait bien le droit de ne pas vouloir répondre à ses questions. Pendant quelques secondes, il fut partagé. Il n'appréciait pas grand-monde dans cette vie, mais quand il appréciait, c'était à son image : trop et trop intensément. Pour lui, soit on passait son chemin sur la route de la relation sociale, soit on franchissait toutes les limites – bienséance, conventions, vie privée. Ses amis d’enfance avaient tous des ennuis, comme lui. Et il s’était toujours sali les mains pour les aider, comme eux. Qu’on en ait envie ou pas, qu’on appelle à l’aide ou pas, ça ne comptait pas. La détresse à peine perceptible de Matthias ne lui échappa pas et pendant une seconde, Itzal hésita, se dit qu’il allait trop loin, qu’il était trop cruel et qu’après tout, son pote avait eu une vie avant lui et en aurait toujours une en dehors de lui, et qui était-il, lui, pour s’en mêler ? Mais les mots, les putain de mots qui franchissaient ses lèvres ! Le fatras habituels d’informations dont il fallait dans l’instant trier le bon grain de l’ivraie, ne pas se laisser entraîner dans le Matty-show ou bien ils s’y perdraient tous les deux, aussi confortable que ce soit, aussi tentant que ce soit. Hosto, noté. Sauvé par la milice, putain, noté. Blonde, rien à foutre – encore que, pour plus tard, s’il fallait lui mettre la main dessus, noté. La maman et les OGM, rangé dans un coin pour se foutre de sa gueule plus tard, mais c’est chouette, une mère, faut pas trop en rire. Les corporations et les théories du complot, poubelle, rien à foutre. Ne pas ramasser de champignons dans la forêt… Itzal fixa son pote. Ben voyons. Et c’était pas un peu lui qui lui avait dit ça la dernière fois qu’ils s’étaient vus ? Il semblait donc qu’il restait quelques éléments à Matthias, mais comme qui dirait, du détail, pas du tout le plus important, à savoir sa glorieuse personne à lui, Itzal Macaro.

Il serait venu le voir, lui. S’il avait su. D’ailleurs, faire les quelques hôpitaux de la ville, du plus officiel à la clinique clandestine du premier tocard du coin armé d’une scie et se prétendant médecin, c’était le premier truc auquel s’était attelé Itzal quand il cherchait Matthias. Mais il ne l’avait pas trouvé. S’il ne l’avait pas trouvé alors qu’il y était bel et bien, c’est qu’il était bien caché. Cette histoire était de plus en plus malsaine. Qui était ce mec, au fond, quel intérêt pouvait-il avoir pour la milice et allez savoir quel sombre sbire du gouvernement ? « T’étais bien planqué, faut croire, les gens ont peut-être pas su où te trouver. » Badinage. Matthias lui-même savait-il seulement où il se trouvait à ce moment-là ? De façon plus précise que « à l’hôpital » ? Peu importait à l’homme de maison, qui sautait déjà du coq à l’âne, trinquant sans boire à une amitié dont il avait zappé la dernière incarnation, dans son appartement qui n’était pas le sien, ça se voyait à trente bornes. Itzal commençait à se demander s’il n’y avait pas une caméra quelque part. Il trinqua, reposa son verre illico, toutes ses alarmes enclenchées. « Je te cherchais, et j’ai posé des questions à droite à gauche. T’es pas vraiment une célébrité locale, mais presque. » Nul n’échappait aux regards et aux oreilles de la rue, ni à la curiosité populaire. Itzal se releva pour faire les cent pas dans l’appartement, son regard fouillant, cherchant un indice, un signe, un appel à l’aide, n’importe quoi. Cette conversation le foutait en rogne. Ils étaient là, comme deux bons gros connards, à se forcer à entretenir une conversation normale alors qu’elle était tout sauf normale. Encore une fois, Matthias lui parla d’un truc dont ils avaient déjà parlé, avant de lui demander simultanément où il habitait et ce qu’il faisait dans la vie, deux infos que le Vénézuélien n’était pas du tout pressé de lui refiler, là, comme ça. Au lieu de quoi, il croisa les bras et fixa son pote sans plus essayer d’entretenir l’illusion, et tant pis pour le malaise.

« Tu te rappelles vraiment pas, hein ? » De leurs retrouvailles dans la forêt, pensait-il, sachant que Matthias pouvait choisir d’interpréter ça comme une question faisant référence à son coma, et alors, bien sûr qu’il ne se rappelait pas [mais de quoi ?] puisqu’il jouait au navet dans le potager. Et s’il lui filait la torgnole de sa life ? Ça lui remettrait les idées en place, à cet enfant ? Ça le démangeait, Itzal, mais il aurait l’impression de taper sur un bébé labrador abandonné au bord de la route un soir de pluie. Encore qu’il aurait torgnolé sans hésiter les cent un dalmatiens et leur maître avec si ça avait pu rendre sa santé mentale à son ami. « Tu vas bien, maintenant. Arrête d’avaler les saloperies de médicaments et autres vitamines qu’on t’a refilé. Et cet appart, il est naze. On a plein de trucs à rattraper toi et moi, et tu devrais venir chez moi le temps qu’on se raconte nos vies en buvant un thé et en se faisant des tresses. Tu adorerais, y a plein de vaisselle à faire. » Il lui semblait soudain vital de soustraire son pote à… ça. Cet endroit. Cette vibe. Le fantôme de ceux qui étaient venus avant lui, des gens qui avaient posé la main sur Matthias et avaient tripoté son cerveau. Personne n"avait le droit de tripoter son pote, putain, à part lui.

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MessageSujet: Re: Nemo sailing home || Matthias Curly Petersen   Mar 6 Mar - 15:12

   FEATURING Itzal & Matthias
« T’étais bien planqué, faut croire, les gens ont peut-être pas su où te trouver. » Il aurait pu ajouter que ça piquait – certes – mais que ça n’avait pas tant d’importance que ça au final. Il aurait volontiers préférer affirmer, le verbe clair et la voix sans le moindre tremblement, qu’il avait évité le cliché du traumatisme usuel à la sortie des Jeux, que cela ne l’avait pas changé complètement, en profondeur, mais ce serait probablement mentir. Matthias aimait fort - de ses affections déraisonnées et déraisonnables. Il ne s’apercevait pas toujours qu’instinctivement, il se reposait aussi sur les qualités inhérentes de ceux qui l’entouraient. Les silhouettes scintillaient dans la Nouvelle-Orléans, même à travers des ténèbres floues, la force tempétueuse d’Itzal, la noirceur nécessaire de Beatriz, les promesses inavouables de Katsia et les plaintes silencieuses, courageuses, aux relents de violon symphonique de Milo et d’Alistair.

Il aimait, évidemment, mais il savait aussi que tout était fuyant, lui comme les autres, les spectres d’or aussi brûlant que des fonds de verre à whisky, aussi fantomatique aussi parfois.

Itzal était là, la différence nette dans les cheveux en broussaille et cette amitié abrupte perceptible au fond des yeux sombres. Il s’inquiétait et la bienveillance était denrée rare dans le bayou, suffisamment pour que Matthias prenne une autre gorgée du breuvage ambré, le liquide douloureux sur sa pomme d’Adam. « Je te cherchais, et j’ai posé des questions à droite à gauche. T’es pas vraiment une célébrité locale, mais presque. » Une pointe de sourire glissa sur le coin des lèvres, les longues mains glissant l’une sur l’autre sans vraiment comprendre où voulait en venir son camarade. « Je t’ai déjà dit, j’étais… » « Tu te rappelles vraiment pas, hein ? » Matthias cilla, l’interrogation au fond des pupilles, une vague panique au fond de la gorge. Quoi ? « Quoi ? » fit-il en écho distant, s’entendant à peine prononcer la question. « Non je t’ai déjà dit, le coma, ça m’a fait blackout. Écran noir comme au cinéma… il s’est passé quelque chose ? » La chair intérieure de la lèvre se retrouva sous la ligne tranchante des dents. « Bon, tu me fais un peu peur. Il s’est forcément passé un truc…»  Pour ça il aurait fallu qu’il le revoit avant, non ? A moins qu’il n’ait été présent quelque part durant l’incendie ? L’œil scanna rapidement le visage avenant d’Itzal mais pas de traces de brûlures ou d’une chute quelconque… Ça fait des semaines, Matthias… Ça n’aurait rien voulu dire qui plus est. Itzal aimait la castagne, rendait au centuple ce qu’on pouvait lui offrir à ce niveau, et ce n’était pas quelques bleus diffus qui seraient ici indices suffisant.

Tapotant sur le rebord du sofa, Matthias fronça un peu plus les sourcils, cherchant dans les méandres obscurs une quelconque voie envisageable. « Tu vas bien, maintenant. Arrête d’avaler les saloperies de médicaments et autres vitamines qu’on t’a refilé. Et cet appart, il est naze. On a plein de trucs à rattraper toi et moi, et tu devrais venir chez moi le temps qu’on se raconte nos vies en buvant un thé et en se faisant des tresses. Tu adorerais, y a plein de vaisselle à faire. » L’ancien vainqueur arqua un sourcil surpris, le cœur sombre avant de se fendre d’un sourire légèrement plus heureux. « Ah, tu sais, » commença-t-il en mimant la prise d’une photo de son ami. « L’extérieur c’est Max Max mais l’intérieur c’est quand même fichtrement Mary Poppins. » Le rire perla, solaire, chassant le ciel nuageux qui recouvrait son front il y a à peine quelques minutes. « L’appart est pas siiiii naze que ça quand même, fais pas ton héritier du Cartel. Le papier-peint se décolle même pas, c’est te dire. » Matthias hésita, la tentation bataillant avec une raison ferme. « Mais allez, viens on va faire ta vaisselle. Moi du moment que c’est de l’eau c’est ok… par contre à charge de revanche ! » Il se leva, mû par la curiosité de savoir où  reposait Itzal depuis ses années glacées new-yorkaises. « Mais tu sais, s’tu veux laisser ta brosse à dent ici, j’y vois pas d’inconvénients hein. Sache juste que je suis un peu somnambule, tendance cauchemars tout ça. » Les verres furent débarrassés dans un clin d’œil charmant – oui. « Raconte moi alors, tu fais quoi de beau dans notre bonne cité du sud ? T’aimes mieux que New York ? »  L’heure était aux vitamines mais Matthias jeta un œil vers le sac les contenant dans un recoin de la cuisine, puis vers Itzal et revint en chopant d’un geste leste sa veste. « C’est bizarre mais j’ai l’impression que tout est en technicolor depuis que je suis sortie de l’hosto… ça m’avait fait pareil après l’arène. » Il passa ses doigts dans ses cheveux avant de faire signe au vénézuélien, le bruit de la rue éclatant en gerbes énergiques tout autour d’eux. « L’impression que pendant un long moment tout avait été couleur sépia, je sais pas si tu vois ce que je veux dire. C’est comme quand t’es dans le noir un gros bout et puis boom, la lumière dans la gueule. Et même si c’est pas une lumière forte, t’es obligé de plisser les yeux. Je serai moins con j’en ferais des poèmes probablement. » Le sourire glissa, l’air de rien. « Je suis content que tu m’aies retrouvé. Le must aurait été que je sois encore dans le coma et là bam, t’aurais été obligé de me chanter des chansons pour me réveiller ou je sais pas quoi. » Les mains dans les poches, Matthias regarda autour de lui. « Tu crèches vers où ? Me dit pas que tu bosses encore dans un hôtel, ceux de la Nouvelle Orléans sont craignos un peu. Enfin ils sont surtout méga inflammable et sans porte de sortie. »





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MessageSujet: Re: Nemo sailing home || Matthias Curly Petersen   Jeu 8 Mar - 20:59

Nemo sailing home
Le coma, il avait bon dos. Itzal ne pouvait pas prétendre y comprendre quelque chose. Mais par nature, il voyait toujours le pire, et le pire se discernait aisément dans les bribes d’infos que lui donnaient Matthias. Il avait disparu deux putain de mois. Il avait été blessé, était tombé dans le coma et avait disparu de la circulation, quand n’importe qui d’autre aurait végété dans un hôpital à portée de main. Personne ne disparaissait comme ça tout seul. A fortiori quand on était dans les vapes. Le mec ne s’était pas tapé une crise de somnambulisme comateux pour se transporter à l’abri de tous ceux qui auraient été tenté de le chercher. Quelqu’un l’avait forcément pris en charge. Et c’était facile, pour Quelqu’un, de faire ce qu’il voulait du poto pendant que celui-ci était aux abonnés absents. Et on parlait pas d’apprentis sorciers-médecins s’entraînant à vous tripoter la prostate sans vous demander votre avis. On parlait substances inconnues, appartement flambant neuf sorti du cul de Satan et une fucking amnésie, bordel. Et quelque part, ça le rendait fou que Matthias accepte tout ça sans se poser de question, d’un air faussement béat. Le type n’était pas stupide, bien sûr qu’il devait savoir, ou moins sentir, qu’il y avait quelque chose de pourri au royaume du Danemark. Et peut-être que ça le faisait flipper. En tout cas, à sa place, Itzal aurait vachement transpiré. Et il ne serait certainement pas resté dans cet appart – et d’abord, est-ce qu’il payait un loyer ? Et est-ce qu’il n’y avait pas des caméras planquées partout ?

« Mais oui, bordel, il s’est passé quelque chose ! » voilà ce qu’il avait envie de hurler. Sauf qu’en vérité, c’était plutôt qu’il ne s’était rien passé – rien, pendant deux mois. Et lui balancer ça à la gueule maintenant, c’était moche. Mais il le fallait bien. Il le fallait, il le fallait absolument. Itzal se détendit un peu quand Matthias accepta de l’accompagner chez lui. Se permit même de badiner comme le reflet du blondin dans le miroir. Gagner du temps sur tout ce qu’il serait désagréable de faire ou de dire. « T’en fais pas, j’ai l’habitude des cauchemars et des somnambules, et je te ferai même pas payer de loyer. » En plus, lui aussi faisait des cauchemars, à cause d’Eliz’yan et de ses gosses assassinés et tout son bordel de sorcière sociopathe et infanticide. Bon, il avait réussi à pêcher Matthias comme un saumon dans la rivière, il n’allait pas prendre le risque de le faire fuir maintenant. Il se leva, littéralement sur les talons de son copain, tout prêt à le laisser babiller encore un peu, c’était bien, c’était frais, c’était tout sauf devoir se confronter aux ténèbres dégueulasses qui s’accrochaient aux basques de Matthias et qui ne tarderait pas à s’enfoncer dans sa bulle de bonheur. « J’aime rien ici, à part toi. » Et Priya. Mais il avait peur qu’elle l’entende s’il le disait tout haut, même à l’autre bout de la ville, et l’attende sur le pas de sa porte avec un fusil la prochaine fois qu’il se pointerait chez elle. « Y a trop de monde, on crève la dalle et la milice pullule partout, pire que des puces dans le poil d’un chien errant. » Chien errant, hein, hein, tu te souviens ? Si Itzal avait été un vrai keupain, il lui aurait chanté la connerie que Matthias avait entonnée pour occuper le gang de cabots galeux qui les avait agressés la dernière fois qu’il s’était vu, pour déclencher le souvenir. Ça aurait peut-être suffi – ça ou un coup de latte dans la gueule.

Dans la rue, il respirait mieux. Il n’était pas fan de ce quartier qui ressemblait à Disneyland avec trois fois plus de touristes, mais au moins ils étaient sortis de cet appartement malaisant. Itzal ne lui avait pas encore dit, à Matthias, mais il l’emmenait dans un endroit vachement moins chic. Cela dit, même la bourgeoisie n’était qu’un vernis, ici, derrière, c’était la même pourriture. « Ouais, ben je vais répéter mon conseil pour te prouver à quel point c’est important : arrête la drogue. T’as pas besoin d’un seul cacheton, t’es un jeune homme très bien portant, même que si je t’avais trouvé dans le coma je t’aurais réveillé comme une princesse Disney. » Quant à savoir où il habitait – Storyville, un quartier qui portait vachement bien son nom vu le nombre de putes au kilomètre carré –, c’était une surpriiiiiise ! De toute façon, si Itzal arrivait à attirer l’ami jusque chez lui, après, il n’aurait plus qu’à l’enfermer dans son placard comme un petit Harry Potter. Quand on aime, on n’hésite pas à commettre un crime. Mais la plupart du temps, les crimes étaient mus par de mauvaises intentions, c’était pas bien compliqué. C’était un crime de droguer un type. Un crime de le kidnapper. Un crime de lui mentir. Et Itzal se rendait coupable de ce troisième chef d’accusation, par omission, et il n’en pouvait plus. En pleine rue, comme ça, il pivota vers Matthias, l’air du mec se préparant à faire s’ouvrir la mer Rouge, en un peu moins chevelu et en vachement mieux sapé. « Il te manque un épisode, tu sais ? Toi et moi, on s’est revus y a deux mois, dans le bayou, et tu t’en souviens pas. Et je sais que tu vas avoir envie très fort de foutre ça sur le compte de ton coma, mais personne perd la mémoire parce qu’il est passé au barbecue et a avalé de la fumée. Et je suis sûr que tu le sais. » C’était lui, le pompier, après tout. Il avait dû en voir, des collègues dans sa situation. Et bordel, comment enchaîner après ça ? Il fallait bien qu’il laisse à Matthias le temps de comprendre ses paroles, d’essayer de les comprendre du moins, et de ne pas y arriver, et de les nier, d’en faire une blague, et finalement de réagir plus ou moins mal. Mais, tel un gros sadique, il en rajouta une couche, juste au cas où Matthias n’était pas assez étonné par son blabla. « Tu m’as déjà demandé ce que je faisais depuis New York et je t’ai déjà répondu que j’étais nettoyeur. Je t’ai même confié un secret autour d’un verre dans un bar et je te le redirai plus tard quand tu auras un peu remis les pieds sur terre parce que je sais que tu dois flipper mais quoiqu’il te soit arrivé, tu peux que t’en remettre, maintenant. »

Il avait survécu à un feu, il était sorti du coma, était visiblement passé entre des mains pas catholiques mais péter quand même la forme, amnésie mise à part, mais c’était quoi, l’amnésie, s’il n’était pas tout seul ? La vie, c’était pas que soi, c’étaient les autres, et les autres pouvaient lui rendre un peu de ce qu’il avait perdu, en tout cas, Itzal, lui, se portait volontaire. « T’es pas forcé de me croire. Mais tu me connais, j’ai pas d’humour, c’est pas le genre de plaisanterie que je te ferais. T’as disparu littéralement pendant deux mois et tu te souviens pas de notre dernier tête-à-tête. » Sortez les violons, la nouvelle comédie romantique de l’année se jouait dans la rue. Vu de l’extérieur, ils ressemblaient à deux crétins en pleine scène de ménage. Itzal aurait adoré que quelqu’un s’en mêle, pour les détourner tous deux de cette conversation surréaliste. En plus, il avait vachement envie de taper sur quelqu’un.

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MessageSujet: Re: Nemo sailing home || Matthias Curly Petersen   Mar 20 Mar - 13:26

   FEATURING Itzal & Matthias
Si la légèreté s’est faite la malle depuis un bout de temps à la Nouvelle-Orléans, il faut croire qu’elle a élu domicile dans les poches d’Itzal. « T’en fais pas, j’ai l’habitude des cauchemars et des somnambules, et je te ferai même pas payer de loyer. » Son ami était si têtu que Matthias ne put s’empêcher de rire, le son guttural, tapant sur l’arrière de la gorge jusqu’à faire basculer son visage dans un grand éclat. Il mettait tout ça sur le compte d’un soulagement, l’inquiétude désormais évaporée bien qu’aux aguets pour reprendre ses droits. Itzal faisait visiblement peu confiance en ce gouvernement qui agitait ses tentacules jusque dans les salons des civils et Matthias percevait confusément que tout n’était pas clair ni même dit. « Trop de monde qui fait des cauchemars et qui dort mal la nuit. » Reprit-il nonchalamment, les perles de vérités sages au bout de la langue. « Nous sommes au paradis de la Falci’. Enfin, pour la Falci’.» La mafia devait se faire des pépites en or avec les demandes de médicaments et drogues en tout genre. Des bouts de pardon raisonnable dans des petites pastilles bleues et rouges. On ne méritait pas tous d’être sauvés de toute manière alors certains considéraient qu’il valait mieux se perdre supposait-il.

Et c'était vrai quelque part – ils avaient tous leur fardeau et ils avaient tous, à un moment ou à un autre, le devoir de sourire et de le porter à travers la poussière et les cimetières ; le devoir de faire semblant que leurs propres cœurs ne tressaillent pas lorsqu’ils pensaient à toutes les choses qui reposaient sous leurs pieds dorénavant. Sombrer dans les illusions – quelles qu’elles soient étaient parfaitement compréhensibles.

« J’aime rien ici, à part toi. » Matthias cilla avant de se fendre d’un subtil sourire aux accents aussi radieux que pudique. Etre aimé c’était être sauvé. Ce n’était pas ici un fait que quiconque pouvait vous offrir ; personne ne le disait parce qu’on supposait que tout le monde le savait et Itzal l’offrait avec sa générosité immuable qu’il lui avait toujours connu. « C’est pas de bol pour toi ça. » Le sourire se grava, un peu plus effronté, le rayonnement nourrit d’une certitude nouvelle, celle qu’il n’était pas complètement seul face aux aléas d’un destin gravé dans un passé immédiat nébuleux. « Y a trop de monde, on crève la dalle et la milice pullule partout, pire que des puces dans le poil d’un chien errant. » L’ancien vainqueur eut un petit mouvement, glissant les clés dans sa poche. « Mais on a du soleil, les crocodiles font encore des siestes au bord du bayou et la ville est truffée de jolies filles. » Il fronça le nez. « Pas commodes… mais jolies. » Ce n’est pas comme s’il n’avait pas toujours préféré les caractères grognons et prompt aux froncements de sourcils.

Dans son esprit, Itzal exagérait un peu : il n’y avait pas lieu de parler de drogues ou de déménagements. L’appartement fourni par Psychopathes and cie était probablement surveillé mais c’était le cas de toute la ville, quand aux médicaments, ils restaient raisonnables et il s’en débarrasserait prochainement. Pourtant, Matthias n’émit aucunes remontrances et ne chercha pas à se soustraire, l’étrange impression de cocon l’enveloppant dans une chaleur bienheureuse qu’il avait presque oublié. Les mains se rangèrent dans les poches et il évita un poteau en glissant sur l’asphalte piétinée par un nombre croissant de visiteurs. Le quartier bruissait déjà sous les bavardages et secrets et il fronça les sourcils sous celui délivré par Itzal à ses côtés. « Déjà hein ? » C’était possible après tout. Cela expliquait l’inquiétude croissante du vénézuélien à son égard. « Non… non ça va. Je flippe pas. » Il eut un rire étouffé. « C’est un peu lunaire de se faire dire qu’on a dit ou fait des trucs … j’aimerai te dire que c’est en train de me revenir mais… rien. » La longue inspiration libéra à peine une angoisse éteinte. « On m’a prévenu cela dit. Les vapeurs ont fait ça. » Ou autre chose, peu importe. Matthias ne restait que rarement sur les détails. On y trouvait trop souvent le diable et ça ne l’intéressait pas. Ce qui comptait c’était le résultat et ce que l’on pouvait faire avec en fin de compte. « Fais pas cette tête Itzal. Personne n’est mort. En tout cas pas moi. » Ajouta-t-il, si proche d’une vérité ignorée. « Si tu savais le nombre de trucs que j’oublie à la seconde, tu ne serais pas aussi choqué. J'arrive même plus à trop me souvenir de la tête de mes parents. » Un corps ce n’était qu’un corps. On pouvait le plier, le craquer, y cacher des mensonges et des rêves, l’enchaîner comme une marionnette, le faire rouler, la mécanique superbe et résistante face aux attaques diverses. Il savait le brun, n’est-ce pas ? Que les peaux et les os n’étaient fait que pour être usés jusqu’à la moëlle d’une façon ou d’une autre. « Je vais surement avoir d’autres surprises si j’ai zappé autant de monde. C’est bizarre parce que c’était avant l’accident du coup… » Les doigts vinrent chercher une réponse sur le bas de la nuque, le grésillement léger sur le torse, là où jadis une marque rouge avait été témoin d’un grognement macabre. « Mais ce n’est pas la première fois que j’ai des pertes de mémoire je crois. » Il cligna des yeux, eut un mouvement incertain de la tête. « Est-ce que ça a vraiment de l’importance ? »

L’apocalypse avait créé des humains jetables. Tout se recyclait, le sang et les souvenirs. Il l'avait vu. Il l’avait vu.

« T’es dans un quartier où on s’ennuie pas en tout cas. » Remarqua le blond dans un sourire taquin avant de glisser un clin d’œil sur une silhouette diaphane et fugitive aux vêtements trop colorés. « Bon, désolé de te faire répéter du coup, mais raconte-moi tout ça. » Le doigt s’agita – circulaire. Itzal aux poings de feu dans un quartier crépusculaire. Lorsqu’ils s’étaient rencontrés à New York, Matthias avait perçu la violence immédiate, l’intensité qu’il comprenait parfois pleinement. L’instinct était toujours le bon, affûté sous les blagues et la désinvolture affichée. Il n’avait pas remporté les jeux pour rien après tout, les sens alertes sous la mécanique chaleureuse. Itzal était différent des autres, plus technicolor, le monde l’avait peut-être gobé mais avait fini par le recracher en grognant un « trop dur » amusé. Son camarade à l’accent chuintant du sud rayonnait de la clarté cristallisante d’un trop plein d’énergie perpétuel, l’impression merveilleuse qu’il risquait de vous écraser sous une étreinte amicale ou d’une droite bien placée.

Matthias comprenait. On voulait haïr, cracher ses déboires sur n’importe quoi d’organique, mais la vie c’était sympa quand même et valait mieux respirer la pourriture qu’en faire partie. C’était le prix à payer maintenant et ici, sur le sol âpre de la Nouvelle-Orléans. Ils avaient tous des squelettes dans leurs placards.

Peut-être que l’amitié c’était d’accepter de danser avec ceux des autres de temps en temps.

Matthias leva le visage vers le building où habitait Itzal sans vraiment savoir ce qu’il y trouverait.





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Nemo sailing home || Matthias Curly Petersen

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