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 « Oltremare » NoahxLiam

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MASTER OF ILLUSIONS

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↳ Opinion Politique : Quand on a le pouvoir, l'argent, et les passe-droits, on ne peut pas vraiment reprocher quoique ce soit au gouvernement en place.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4.
↳ Playlist : WOODKID - Iron ⚘ METALLICA - One ⚘ JOE HISAISHI - Princess Mononoke ⚘ JUSTICE - Planisphère ⚘ DAFT PUNK - Harder, Better, Faster, Stronger ⚘ PINK FLOYD - Wish you were here ⚘ BANKS - Waiting game ⚘ CAT STEVENS - Wild World (skins version) ⚘ MT. EDEN - Escape ⚘ THE GLITCH MOB - Between two points ⚘ BRITNEY SPEARS - Toxic ⚘ METALLICA - Master of Puppets ⚘ PLESTED - Habits ⚘ GORILLAZ - Humility ⚘
↳ Citation : ‘When life gives you lemons, don't make lemonade - make life take the lemons back! Get mad! I don't want your damn lemons, what am I supposed to do with these? Demand to see life's manager. [..]’ C. J
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MessageSujet: « Oltremare » NoahxLiam   Jeu 8 Fév - 22:31




Oltremare



Un an, plus d'un an. Plus d'un an que les rues de la Nouvelle Orléans n'ont plus la même odeur. Que lorsque je rentre le soir, mon appartement n'a plus la même saveur. Je n'ai plus de chez moi dans ces quatre murs, que ce soit de mon appartement ou de la ville. Plus rien n'a vraiment de sens, plus rien n'a vraiment de valeur.

Parce que c'est ça, que j'ai appris en un an. J'ai appris que le monde ne reviendrait plus jamais à la normale. J'ai appris que toutes mes valeurs n'avaient pas vraiment de sens, j'ai appris que tout ce que l'on avait allait disparaître quoique l'on fasse. J'ai appris que peu importe le temps et l'énergie que je mettrai à rattraper mes erreurs et à tout faire pour devenir un homme meilleur, ça n'aurait pas vraiment d'importance. Parce que plus rien n'en a vraiment, parce qu'on sait même pas si le soleil se lèvera encore demain.

Alors pourquoi ? Pourquoi continuer ? Pourquoi rester ? Ne pas prendre un sac à dos et se tirer. Dans les livres, quand j'étais gamin, y avait des fins du monde parfois. Y avait des gens qui pensaient à ça. Et y avait toujours un mec qui croyait pas ce qu'on lui racontait, qui finissait par se tirer. Ce mec redécouvrait la vie, redécouvrait le monde, peut-être qu'ils avaient raison, ces gens là, peut-être que tout ça c'est du vent, des conneries qu'on me sert même à moi. Même en tant que haut placé.

Noah m'a demandé de passer le voir dans la semaine. Rien d'inhabituel à ça, au contraire. C'est sans doute une des choses qui fait que je ne prends pas encore mon sac à dos, cette routine entre mon ami et moi. Attraper une bouteille de vin à la cave, prendre le temps de les regarder, ces vestiges du passé. Prendre le temps de dépoussiérer les étiquettes, lire les noms à voix haute dans ce français que je ne parle plus désormais. Prendre le temps d'observer les bouteilles sous toutes les coutures, tenter de se rappeler des cours d’œnologie.

Analyser la robe, et sentir ses papilles se préparer à déguster ce grand cru. Ce soir, c'est un St Emilion qui se glisse entre mes doigts marqués par la fatigue accumulée. Mes veines ressortent comme jamais et je tente de les ignorer, elles comme tous les autres signes de fatigue que je vois naître sur mon corps chaque jour, depuis un an.

Une putain d'année. Une année qui m'a montré la vie comme jamais je n'aurais cru la voir. Parce que j'ai vu la mort de près, la mienne et celle de ceux que j'aime. Parce que j'ai vu le monde s'écrouler et tout le monde faire comme si de rien n'était. Une année, et j'en suis sorti vivant sans même savoir comment. Il ne reste plus grand monde, après ces épreuves. Mais il reste Noah.

Alors lorsque je cache la bouteille dans mon sac, que j'enfile mon sweat noir avec la capuche sur le crâne. Une écharpe pour cacher le bas de mon visage et un jean noir. Devenir invisible dans les rues sombres. Je claque la porte de l'appartement avec une caresse aux chats, file sans un bruit et me retrouve face à l'air des rues. Cet air lourd, presque irrespirable, cet air tellement remplit de haine et de peine. On entend les murmures du chaos, on entend les gens qui crient leur maux. J'ai peur, parfois le soir. Peur que ce soit le dernier que l'on vive sans s'en apercevoir.

D'un coup d'épaule je remonte mon sac sur mon dos et me dirige rapidement dans les rues que je connais par cœur. Parce que ce chemin là, je l'ai déjà fait cent fois. Parce que chez Noah, c'est un peu plus chez moi que tous les autres endroits de cette ville de merde. Parce qu'il y a de la sécurité, dans un ami. De la sécurité dans quelqu'un qui ne juge pas, qui écoute, qui vous apprend un peu plus chaque jour. Parce que c'est aussi pour ça, que je n'ai pas encore quitté la ville. Parce qu'il reste de l'espoir tant qu'il y a à apprendre, il reste de l'espoir tant qu'on a des amis, tant qu'on est pas seul.

Et si j'ai bien compris une chose que je n'imaginais pas, durant cette dernière année, c'est que je ne suis pas seul. Pourtant, je croyais tout connaître des autres, de moi-même. Je pensais savoir ce que je devais attendre de chacun et surtout de moi, mais ça, c'était il y a plus d'un an, avant tout ça. Avant la vie, avant tout le reste, et sans doute même, avant Noah.

Arrivé devant sa porte, je ne prends pas le temps de frapper, à cette heure-ci, il n'est pas encore rentré. Je sors la clé qui se cache dans ma poche et me glisse derrière la porte en quelques instants. Et à nouveau, l'air devient respirable. À nouveau, le monde semble supportable. Parce que je ne suis pas seul, pas tant qu'il y aura des amis, pas tant qu'il y aura de l'espoir.

Pas tant qu'il restera du vin aussi.

Je retire ma veste et la pose à sa place habituelle avant de rentrer réellement chez lui, chez moi. Je me dirige vers la cuisine, sors deux verres à pieds et débouche la bouteille. Sentant son arôme légèrement fruité, je laisse les affaires posées sur la table avant de me diriger sur un des fauteuils, un livre en main. Livre que j'ai laissé à ce même endroit, quelques jours plus tôt. La page à laquelle j'en étais est toujours marquée, tout est comme si je n'étais jamais parti. Parce que je ne pars jamais vraiment d'ici, au final, une part de moi ne vit plus qu'ici, dans cet endroit sûr, cet endroit où je n'ai pas peur d'être moi-même.

La porte s'ouvre et se referme, les pas du sorcier se font entendre dans la bâtisse alors que je referme le livre, quelques pages plus loin. D'un sourire amical, je me lève alors qu'il rentre dans la pièce.

« Tu voulais me voir ? »

Sans attendre sa réponse, je me tourne vers la cuisine, tendant une main pour montrer cette dernière. « J'ai apporté du vin, un St Emilion que je ne t'ai encore jamais fait goûté. Je n'en avais qu'une seule bouteille. » Mais à quoi bon se priver ? Conserver les choses alors qu'on ne sait pas de quoi demain est fait ? Je m'avance vers la bouteille pour lui servir un verre. Comme si c'était normal, de le servir chez lui, comme si j'habitais un peu ici aussi.

« J'imagine que si tu voulais absolument me voir cette semaine c'est qu'il se passe quelque chose. C'est grave ? » La robe de velours du vin se fond dans les verres dans une douceur rassurante, réchauffante. Les arômes se dégagent un peu plus alors que je lui tends son verre, une main appuyé contre la table, mes yeux dans les siens. Sans être véritablement inquiet, il n'en reste pas moins que j'espère qu'il va bien, au moins.

Prêt à l'écouter, je rejoins naturellement le salon, ses fauteuils et son côté chaleureux. Finalement assis, dans les meilleures conditions pour parler à mon ami, je laisse mes lèvres se poser contre le vin et profite une seconde de l'instant présent. Celui où le monde ne semble pas être plus proche de la fin que du début, celui où une maison peut encore être appelée foyer. Celui où une soirée avec un ami et un verre de vin est une belle soirée.
(c) DΛNDELION

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↳ Opinion Politique : A voile et à vapeur, là où l'intérêt le porte, soit essentiellement le Gouvernement puisqu'il pourrait lui permettre une petite ascension sociale qui ne serait pas de refus.
↳ Niveau de Compétences : 4 avec une préférence pour la magie noire et les fessiers joufflus
↳ Playlist : ♫ haunted - radical face ♫ obstacles - syd matters ♫ otherside - what about bill? ♫ leis ganz leis - oomph! ♫ million miles - dizraeli and the small gods ♫ the first circus - the real tuesday weld ♫ idgaf - watsky ♫
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MessageSujet: Re: « Oltremare » NoahxLiam   Sam 10 Fév - 0:57


Depuis des jours, tout s'entrechoquait dans sa tête. Le souvenir d'Enya, éplorée, terrifiée, dans sa cuisine, se mélangeait abstraitement à tant d'autres images confuses qu'il n'arrivait pas à démêler. Ses grands yeux, embrumés par les larmes, qui se posaient sur lui dans une supplique silencieuse. Elle n'était plus son amante depuis plus d'un an, et pourtant, il y avait toujours ce petit quelque chose qui faisait que Noah se souciait de son bien être un peu plus que de celui des autres. Des personnes comme ça, dans son entourage, qui étaient aussi rares que précieuses. Celles qui avaient réussi à le percer à jour, qui arrivaient à réveiller ce soupçon d'humanité qui lui faisait quelques fois défaut. Pendant des jours, il avait tourné et retourné le problème dans son esprit. Avait tenté de démêler tous les nœuds, tiré sur quelques extrémités pour voir où elles menaient. Mais il devait composer avec plusieurs éléments contradictoires. Non seulement la jeune femme était une Résistante active, mais l'homme qui la pourchassait travaillait très clairement pour le Gouvernement. Et si le psychiatre avait glissé un mot à Cassidy pour que la Résistance surveille la brunette, et même si le chef de groupe avait eu l'air de pencher en sa faveur, il n'était pas certain que ce soit suffisant.
Ses contacts allaient loin, très loin, il le savait. Il aurait pu contacter Isak ou Ivanov pour s'assurer qu'un de leurs sbires suive les déplacements d'Enya et s'occupe de garantir sa sûreté, mais il n'était pas certain que leurs manières soient suffisamment élégantes pour qu'elle ne se sente pas d'avantage pourchassée. Un jour, il considéra même l'éventualité de demander ce service à Morienval. Mais le souvenir de leur dernière entrevue laissait une certaine amertume au fond de sa gorge. Morienval n'était pas n'importe qui. Il était non seulement l'homme qui s'était acharné, fut un temps, à détruire brique par brique tout son empire, mais il était aussi le Chef des Renseignements. Et Martin Dupont, le tortionnaire d'Enya, était un de ses employés. Demander une audience auprès du chien gouvernemental, comme les appelait Cassidy, c'était comme signer un pacte avec le Diable. Et Rafael avait déjà eu le cœur de Noah, par le passé. Il n'aurait pas son âme.

Puis la réponse s'était imposée d'elle-même. Subtile, juste un vestige qu'il avait trouvé un beau jour dans son salon en revenant du travail. Se débarrassant de ses affaires pour les jeter pèle-mêle sur son bureau, trop pressé d'allumer la cheminée pour se réchauffer, il avait non seulement trouvé le feu déjà crépitant, mais aussi un livre posé avec nonchalance sur un guéridon. Un livre qu'il n'avait pas le souvenir d'avoir sorti de la bibliothèque, pour l'avoir déjà parcouru. Le marque page rouge qui dépassait de l'ouvrage montrait ostentatoirement qu'il était loin d'être achevé. Mais, surtout, l'identité de qui l'avait sorti de son étagère. Liam Wiggins, son apprenti, qui avait le double des clés de son appartement et s'y réfugiait occasionnellement, même lorsque le psychiatre était en extérieur. Liam Wiggins, qui était Ministre, une condition que Noah n'oubliait que trop facilement au vu de leur relation extra-professionnelle. Les pièces du puzzle s'étaient assemblées d'elles-mêmes, s'emboitant parfaitement les unes aux autres. Elle était là, sa solution. Elle était garantie, la protection d'Enya. Il ne lui avait pas fallu beaucoup plus de temps pour entrer en contact avec son apprenti, et convenir d'un rendez-vous pour lui exposer toute la situation.

Aussi, quand il rentra chez lui ce jour-là, il ne fut pas surpris de trouver la lourde porte d'entrée de son appartement déverrouillée. Ses obligations l'avaient retenu plus longtemps que prévu à l'Hôpital, malgré qu'il ait progressivement réussi à faire migrer sa patientèle vers son cabinet personnel. Ainsi faire lui permettrait, à long terme, de boucler une bonne majorité de ses traitements en cours et d'ainsi amenuiser sa dose de travail. Un projet qu'il caressait doucement du bout des doigts, et pour lequel il travaillait sans relâche. Car gagner du temps lui permettrait de se consacrer à son apprentissage non seulement pour Helix, mais surtout pour Liam. Il lui permettrait, aussi, de passer plus de temps en compagnie de Cassidy. Mais tout projet a un prix, et le sien était la perte totale de tous repères chronologiques.
Sans surprise, son jeune ami avait repris ses marques dans son appartement. Ôtant son large manteau de laine pour les remiser sur le porte-manteau, Noah entendit du bruit au niveau de la cuisine. Rejoint rapidement les couleurs chaudes et chamarrées, bien italiennes, de la pièce pour y trouver Liam, deux verres, et une bouteille de vin rouge. Son regard, fatigué par la journée qu'il venait de passer, s'illumina enfin.

-Ta présence était effectivement souhaitée, mon ami.

Le cadet, résolument à sa place dans ce type de décor, s'affaira à lui montrer son butin. Une bouteille apparemment ancienne, une des nombreuses qu'il avait ramenées de France et qui faisaient leur plaisir à tous les deux. Toutefois, le nom du vignoble ne lui disait rien. De son temps, les Français n'étaient pas considérés comme la meilleure chose qu'il soit. Et si Liam s'était affairé à élargir ses horizons œnologiques, depuis le temps qu'ils se fréquentaient, le psychiatre était certain d'avoir encore beaucoup de choses à apprendre de son cadet. Saisissant la bouteille pour en déchiffrer l'étiquette, il finit par la lui glisser dans les mains pour qu'il fasse son office. Passa une main dans sa barbe, un geste naturel un peu gourd, qu'il se donnait pourtant pour ordre de ne jamais faire en société. Mais Liam n'était pas la société. Liam était ce qu'il avait de plus proche d'une famille, en toute honnêteté.

-J'ai effectivement besoin de ton aide pour un cas particulier. Qui, s'il n'est pas imminent s'avère toutefois dangereux, mais pas en ce qui me concerne. Ton animal de compagnie n'est pas sur tes talons ?

Laissant au plus jeune le loisir de jouer les hôtes dans sa propre demeure, le sorcier empoigna son verre et le suivit souplement jusqu'au salon. C'était surprenant, après les dernières nouvelles qu'il avait eues de son apprenti, de ne pas voir ce dernier flanqué par son garde du corps. Une mesure de sécurité rapprochée qui ne plaisait absolument pas à Liam, de son propre aveu. Mais Noah n'en avait cure. L'entendre s'épancher sur ce nouveau problème était particulièrement distrayant.
Rejoignant le confort d'un de ses fauteuils, il laissa distraitement tourner la robe sombre du breuvage au fond du verre, avant de le sentir. Un vin puissant, au parfum envoûtant. Décidément, Liam avait un sixième sens. Parce que c'était précisément le genre de chose que Noah affectait avoir à portée de main, après une série de journées aussi éreintantes que celles qu'il venait d'enchaîner.

-Tu as en tous cas parfaitement pressenti que j'avais une faveur à te demander, mais je n'en attendais pas moins de toi, mon ami. Il se trouve qu'une... Amie très proche est actuellement mise à mal en raison de certaines activités peu recommandables qu'elle à couvert. Des activités du type Résistance active, tu dois t'en douter.

Laissant sa voix s'éteindre, ses yeux vagabondèrent le long des portraits accrochés aux hauts murs de son salon. Des portraits d'inconnus, neutres, qui se trouvaient déjà à la même place quand il avait intégré cet appartement de fonction. Tous les tableaux les plus importants, tous les visages qui avaient du sens, se dévoilaient à peine au fond de la mezzanine. Le visage d'Enya s'y trouvait, à côté de Cassidy, aquarelle vibrante éloignée des regards trop curieux. Un portrait qu'il n'avait réussi à faire qu'après ses retrouvailles sanglantes avec l'Américain.
D'une main lasse, il attrapa le pied de son verre et en huma une nouvelle fois l'arôme. Un vin d'une puissance pareille se savourait. Encore quelques minutes et il se serait suffisamment éventé pour révéler la totalité de son caractère.

-Cette amie n'est autre qu'Enya. Précisément, cette Enya. Il semblerait qu'elle se soit attirée les foudres d'un employé de Morienval, qui a décidé de suivre sa piste. Si bien qu'elle craint d'être envoyée incessamment sous peu aux Arènes pour trahison. J'ai fait recouper les informations par quelques contacts Résistants. Les Renseignements semblent si bien se porter qu'une importante quantité de références, plus ou moins fallacieuses, tombent régulièrement sur leurs bureaux. Dont le nom de mon ancienne compagne.

Se laissant aller dans son fauteuil, il pressa l'extrémité de ses chaussures sur les talons, se déchaussant sans une once de scrupules. Liam l'avait vu au plus bas. Liam était parmi ceux qu'il considérait comme un véritable ami. Ses chaussettes ne le choqueraient pas outre mesure.

-Tu es sans te douter que je ne peux joindre directement Morienval pour lui demander de cesser cette mascarade. C'est donc pour cette raison que j'ai besoin de tes services, pour arrêter le dénommer Martin Dupont de semer la terreur auprès de petites gens innocentes. Enfin, toutes aussi innocentes que puisse l'être Enya. D'autant que je suis certain que la perspective de taper sur le service de Morienval ne te dérange pas particulièrement. Et je suis certain que tu pourras mettre ton roquet sur la piste du susmentionné, et te libérer de sa présence pendant quelques heures. Me trompé-je ?

Un clin d'oeil malicieux, dans la direction de son apprenti, alors qu'il reprenait le pied de son verre pour le faire rouler entre ses doigts. Levant finalement la boisson dans sa direction pour l'en saluer, il finit par tremper ses lèvres dans le vin. Savoura cette première gorgée avec délice, en claqua même la langue avec satisfaction. S'il ignorait ce vignoble, il le découvrait non sans joie.

-Nécessité mise à part, comment te portes-tu, mon cher élève ? Cela fait un moment que je n'ai plus eu le loisir de te croiser. J'ose espérer que tes fonctions n'ont pas eu raison de ta survie.



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MessageSujet: Re: « Oltremare » NoahxLiam   Mar 20 Fév - 20:55

La présence de Noah a toujours quelque chose d'apaisant. Noah a cette faculté que peu de gens ont, de mettre tout le monde à l'aise. C'est sans doute pour cela qu'il s'est dirigé vers le métier qu'il exerce aujourd'hui mais je sais que ça va plus loin que ça. Plus loin que la façon dont il l'utilise pour manipuler certaines personnes et les rendre plus dociles. C'est plus qu'un art qu'il maîtrise et dont il use souvent, c'est quelque chose tout au fond de lui, qu'il a sans doute toujours eu. Quelque chose de profond, d'encré, qui fait de lui cet homme dont la présence permet de mieux respirer.

La voix du psychiatre envahit la pièce pour mieux entourer notre univers de coton et alors que je pose quelques questions, sans attendre, il y répond. C'est sans doute cela, que j'aime autant chez lui, dans notre relation, la simplicité. Parce que la vérité, c'est que c'est encore ça le mieux, avec Noah. Si jamais vous ne faîtes partie des gens qu'il peut traiter comme un égal, vous pourrez être vous-même, à chaque instant, sans vous demander si quelque chose va venir s'interposer entre nous. Aujourd'hui, c'est bien simple, en lui, j'ai trouvé l'Ami que je ne pensais plus trouver après tout ce que j'avais fait. Mon cœur s'allège lorsqu'il est là et j'ai enfin l'impression de pouvoir tomber tous les masques qui s'accumulent sur mon visage. Je souris naturellement à la remarque du sorcier sur mon chien de garde et tout naturellement, lui réponds.

« Non, il n'est pas obstiné au point de me suivre le soir après le travail. Je ne sais pas s'il est persuadé que j'écoute l'ordre de ne pas bouger de chez moi ou bien s'il se fiche de me savoir mort ou vif mais je t'avoue que quelque soit l'idée, ça m'arrange bien. » Sans un mot de plus, nous voilà dans le salon, chacun sur l'un des confortables fauteuils, prêts à avoir une vraie discussion, plus sérieuse que parler de Marcus et sa capacité à aboyer lorsqu'un vilain s'approche de moi.

Les arômes du vin viennent se fondre contre mon nez et dans un sourire tendre, immédiatement détendu, j'observe mon ami découvrir ce nouveau vin. Aujourd'hui, entre la prohibition et le manque de goût de la plupart des êtres humains, il est plus que rare de trouver un amateur de vin. Et peu importe s'il n'est pas capable de me citer toutes les composantes du vin ou alors de prendre toutes les dispositions œnologiques que l'on m'a enseignées pour le déguster. Noah sait apprécier un vrai bon vin, il sait saisir les arômes et profiter du plaisir enivrant du liquide coloré. Son visage, d'ailleurs, ne ment pas. Le Sorcier semble apprécier l'odeur du vin et mon sourire s'élargit un peu plus alors que je porte à nouveau mon propre verre à mes narines, soulagé de voir une soirée comme celle ci se dessiner devant nous.

Sa voix s'élève à nouveau pour prendre plus sérieusement la parole. Le verre entre les doigts, j'écoute attentivement chacun de ses mots. Mes pupilles dans les siennes, je ne cherche pour une fois pas à déceler un éventuel mensonge mais bel et bien, de l'inquiétude qu'il pourrait vouloir dissimuler. Et alors que les mots s'échappent de ses lèvres, j'observe chacun de ses mouvements, lentement, jusqu'à entendre le nom d'Enya et hausser un sourcil. Clairement, Noah a vu mon hésitation et me précise un peu plus la situation. D'instinct, je m'enfonce un peu plus dans le fauteuil, pinçant mes lèvres sans jamais lui couper la parole. Je passe une main sur ma mâchoire alors que comme toujours, le Sorcier a tout prévu et ne s'adresse pas à moi par hasard. Il ne se risque pas à perdre son temps et faire des demandes futiles au premier venu. Non, l'homme sait à qui s'adresser et pour quoi. Je lui souris alors qu'il m'adresse un clin d’œil et en miroir, reproduis son mouvement de bras afin de goûter au vin à mon tour. Mon regard se voit d'autant plus satisfait de découvrir que non seulement les arômes lui ont plu mais le goût ne l'a pas déçu. Alors qu'il m'offre la possibilité de réfléchir quelques minutes à son problème en changeant de sujet, je pose le verre à pied à côté de moi et m'installe encore un peu mieux, dans un soupir las.

« Je ne sais pas ce qui aura raison de ma survie. Mes fonctions, leurs idées farfelues ou bien Cordelia. » Je souris, fermant les yeux une petite seconde. « Sans doute un mélange de tout ça. » Je me redresse pour lui faire face et reprendre, plus sérieux.

« Je dois t'avouer que je suis un peu débordé en ce moment. J'ai un mauvais pressentiment quant à mon frère et les choses semblent de plus en plus compliquées au sein du gouvernement. Mais tu t'en doutes sans doute, vu ce que tu viens de me raconter. »

Je laisse une main se perdre sur ma mâchoire avant de continuer, cette fois-ci pour revenir au vif du sujet. « Je ne peux pas te cacher ma surprise, sur ce coup là. Je sais combien Enya a compté pour toi mais je sais aussi combien elle a pu te faire souffrir. Tu es sûr de vouloir faire un geste aussi lourd de sens pour elle ? N'as-tu pas peur qu'elle te fasse du mal à nouveau ? » J'aurais pu y aller moins directement, de manière plus détournée mais nous n'étions pas de cette trempe là, avec Noah. Pas de chichi, de société et de voile entre nous. Pour autant, je reprends, un peu pensif.

« Il est vrai que le service de Morienval s'active beaucoup ces temps-ci, et si tu veux mon avis, pour pas grand chose. Non pas qu'il ne faille pas se méfier de la Résistance et de ce qu'ils pourraient faire mais parce que Morienval, tout comme tous, a des oeillères. Ils croient maîtriser la situation sans réaliser que tout s'est déjà éffondré sous leurs pieds. Enfin, je pense pouvoir t'aider, en effet. Si c'est ce que tu veux vraiment, alors ne t'en fais pas, Enya sera débarrassée de ces sottises rapidement. »

Je reprends mon verre de vin, pour en boire une nouvelle goutte avant de reprendre. « D'ailleurs, pardonne-moi l’indiscrétion mais Morienval ne toucherait-il pas Enya pour t'atteindre toi ? Ce serait bien son genre, quelque chose de fourbe et mauvais pour tenter d'attirer ton attention. » J'adresse un sourire complice à mon ami. Si je sais que sa relation avec le chef des services secrets n'est pas simple, je sais aussi qu'il a parfaitement conscience des défauts de ce dernier. Et Morienval, bien que très bon garde, reste trop têtu et égoïste pour réaliser ce qu'il fait vraiment la plupart du temps.

« C'est à toi de voir, Noah. Tu sais bien que je te rendrai service si c'est ce que tu veux vraiment. Je ne veux juste pas que tu te mettes en danger pour rien. » Parce que je n'ai pas envie de perdre mon Ami. Je ne veux ni perdre sa présence, ni son savoir, pas plus que sa bienveillance et des soirées, comme ce soir. Je lui souris toujours, avant de lui laisser une opportunité, à mon tour, d'alléger un peu l'atmosphère.

« Et toi, cher professeur ? Qu'est-ce qui a raison de ton temps ces dernières semaines ? Ce n'est quand même pas Enya de nouveau ? »

Je hausse un sourcil, espérant réellement que Noah se rappelle de son état, quelques mois auparavant. Et non pas que je ne respecte pas ladite Enya, je sais juste que s'il tombe à nouveau pour elle, elle le mènera à sa perte. Après tout, qui de mieux placé que moi pour savoir ça, qui de mieux placé que celui qui a succombé au Diable lui même pour dire ça.

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MessageSujet: Re: « Oltremare » NoahxLiam   Lun 26 Fév - 0:26

...

Être en compagnie de Liam était toujours le synonyme d'une bonne soirée, qu'elle fusse productive ou non. Car le jeune homme était bien l'une des rares personnes que Noah considérait comme son égal, à bien des égards, et ce malgré qu'il lui ait enseigné une bonne majorité de son savoir. Qu'il ait été Ministre n'était au final qu'un bonus supplémentaire, une sorte de détail qui passait outre lorsqu'ils étaient en compagnie l'un de l'autre. Car ils étaient similaires sur bien des aspects. Car, malgré sa jeunesse, son cadet avait une vision de la vie et du monde similaire à celle du vieux sorcier. Leur relation n'avait pas toujours été comme ça, mais le temps avait arrondi ses angles, avait poussé les deux hommes à cesser de chercher le mal ou la manipulation pour se concentrer sur une relation vraie, d'une simplicité presque enfantine. Une relation qui faisait du bien, tout simplement, une relation où il n'était pas nécessaire d'en faire trop ou pas assez, de jauger l'autre constamment pour savoir ce qu'il avait en tête, ou de se méfier de ses moindres faits et gestes.
C'était pour cela que Noah se lovait dans son fauteuil, les jambes tendues devant lui, ses orteils savourant la chaleur du feu dans la cheminée malgré ses chaussettes noires. Pour cela qu'il marquait son approbation quant au vin avec spontanéité, qu'il se laissait aller à une remarque de trop, de temps en temps. Parce que Liam s'en foutait, au fond. Il était venu passer tant d'heures à l'appartement qu'il connaissait le lieu et son propriétaire comme sa poche. Un confort rare, aussi rare que ce vin que le cadet avait amené, aussi rare que leur amitié.

Haussant un sourcil railleur vers son élève, le vieux sorcier ne put s'empêcher de ricaner aux remarques vis à vis de "Rex". Un pauvre ère dont il ignorait jusqu'au prénom -enfin, son esprit se refusait essentiellement à le retenir- que le Gouvernement avait décidé de flanquer dans les pattes de Liam, histoire d'assurer sa protection. Il avait croisé le jeune tatoué plus d'une fois dans les couloirs, collé aux basques de son Ministre attitré, et sa mine agacée en disait long sur ce qu'il pensait de sa profession. Un jour, peut-être, il viendrait titiller le chien pour voir s'il avait du mordant. En attendant, le ridicule de la situation ne pouvait qu'aiguiser son sourire.

-Tant qu'il ne te suit pas jusqu'à la douche, tu peux t'estimer heureux. Même si le fait que ça ne soit pas mentionné dans sa fiche de poste est très surprenant, entre nous.

Il pouffa avec légèreté, l'occasion de railler le jeune Ministre à propos de son chien de garde n'étant certainement pas quelque chose qu'il manquerait. Au contraire. Mais la boutade n'irait pas plus loin. Un autre des éléments non négligeables de cette relation qu'ils s'étaient construite, c'était le respect mutuel. S'il savait qu'au fond la situation n'arrangeait pas son ami, Noah savait également quelles limites ne pas franchir. Le sujet Marc... Mark ? Martin ? Rex ainsi clos, il retourna à son vin, laissant la conversation poursuivre son cours plus naturellement.

Son ami avait l'air fatigué, encore plus alors qu'il s'exposait à la faveur de la flambée, divaguant sur les raisons de son accablement. Noah n'était pas sans savoir qu'une invitée indésirable avait accaparé toute sa vie comme un parasite. Une sorcière d'une puissance non négligeable aux allures de chatte, capricieuse et mielleuse, qui occupait la majeure partie et de son temps et de son énergie. Il haussa un sourcil à la mention de Nolan, mais laissa Liam poursuivre sans l'interrompre, au nom du respect mutuel. Remisa les interrogations pour plus tard, se concentrant sur les arômes du vin rouge dans son verre, et les paroles de Liam qui valsaient, veloutées, dans la pièce.
Bien sûr que Liam émettait des réserves, en ce qui concernait Enya. Le problème n'était pas seulement épineux, il était également personnel. De tous ses contacts, son apprenti avait été le premier à voir quels dégâts l'échec de cette relation avait faits sur l'Italien. Il l'avait ramassé, il l'avait redressé, il l'avait épaulé. Qu'il s'inquiète à son sujet et par rapport à son implication émotionnelle était parfaitement normal. Pire, Noah lui en aurait voulu de ne pas poser ce type de questions à son égard. Et tous deux le savaient. Laissant rouler le liquide rouge au fond de son verre, l'aîné haussa les épaules avant de reporter son regard sur son apprenti. Un regard droit, qui ne trahissait aucun mensonge. Ils avaient passé ce cap depuis longtemps.

-Je comprends tes réserves, mon ami. Mais fais-moi confiance. Que je souhaite aider mon ancienne compagne n'est en rien une tentative désespérée de la reconquérir. Notre relation a évolué, ces derniers mois. Elle m'a aidé à une période délicate, et il ne s'agit ici que d'un renvoi d'ascenseur au nom de cette tendresse nostalgique qui nous habite encore.

Son sourire s'élargit, alors qu'il plongeait son nez dans son verre pour s'enivrer du parfum capiteux du vin. Ses iris pétillaient, parfaitement conscient qu'il était que Liam ne le laisserait pas s'en sortir avec si peu d'explications. Ses questions, ses retenues, étaient toutes aussi valables les unes que les autres. Alors le sorcier poursuivit, non sans avoir humidifié ses lèvres avec la boisson une nouvelle fois.

-Quant à Morienval, je partage les mêmes suspicions à son égard que toi. Il est bien trop sur le front, ces temps-ci, mais tu l'as si bien dit : il n'apprend pas. Mettre un coup de pied dans la fourmilière et faire exploser notre relation, à Enya Rivers et moi, était amplement suffisant. S'acharner sur elle, si c'est de son fait, est tout simplement absurde. Un caprice obstiné pour atteindre l'inatteignable, nos relations n'étant plus aussi intenses qu'elles l'ont été. Toutefois je pressens que le pisteur n'est pas envoyé par Morienval lui-même. Le Gouvernement semble être sur le qui-vive en ce qui concerne la Résistance et Enya n'est pas aussi pure qu'elle le laisse savoir. Elle anime une radio pirate dans le secret. Cette information doit, bien entendu, n'être divulguée d'aucune manière.

Pas qu'il n'ait aucune confiance en Wiggins, bien loin de là, mais il leur arrivait régulièrement de partager des informations de ce type sans qu'elles n'aient d'incidences. Des confidences qui ne dépassaient jamais cette bulle d'amitié et de confiance qu'ils s'étaient construite. Cédant à l'appel du confort, Noah déboutonna le col de sa chemise et poussa un grognement satisfait. Passa une main sur sa barbe, de nouveau, reprenant la conversation points par points.

-Sache en tous cas que le service que je te demande ne me met nullement en danger. Ou en compromis. Je suis passé à autre chose, de différent sur bien des aspects. Enfin, plusieurs choses. Ton premier animal de compagnie, Ievseï, qui se porte comme un charme et s'est longuement attaché à occuper mes soirées agréablement.

Noah haussa des sourcils évocateurs dans la direction de son ami, qui en disaient bien plus long qu'une dissertation complète. Ievseï s'était avéré une bonne échappatoire à ses problèmes, très agréable au demeurant, révélant une personnalité certes enflammée mais aussi très étrangement profitable. Sans parler de son déhanché, mais il n'était pas nécessaire de faire un dessin à Liam, il avait certainement parfaitement compris le sous-entendu.

-Un jeune homme charmant qui sait parfaitement se servir de cette langue trop pendue qui le caractérise. Nos chemins se sont séparés dernièrement, mais j'ai également beaucoup appris sur la transformation des métamorphes. En ce qui concerne ta requête, aux dernières nouvelles il se portait comme un charme. Quant à mon esprit, il est présentement occupé par quelqu'un d'autre, quand ce n'est pas par la masse infinie de travail qu'apportent les restrictions. Le marché de la psychiatrie se porte à merveille.

Levant ce qu'il restait de son verre pour saluer son compagnon, il l'acheva d'un franc lever de coude. Claqua sa langue pour en libérer les arômes, parfaitement conquis par cette bouteille. Elle avait un petit goût de reviens-y. Si certain qu'il tendit le bras pour resservir tant son ami que lui-même, profitant de la proximité pour sonder les traits de Liam. Son expression apaisée se transforma progressivement. L'épuisement était évident, ternissait les yeux pourtant clairs et vifs du jeune Wiggins.

-Mais assez parlé de moi, tu m'as dit être préoccupé par une bonne quantité de troubles. Cordelia te cause encore souci ? As-tu besoin de rester ici quelques temps pour te ressourcer ? Tu sais que ma chambre d'amis porte d'office ton nom, et que tu peux y venir quand cela te fait envie.

Depuis quelques mois, son appartement tenait lieu de terre d'asile pour bon nombre de personnes. Une Cour des Miracles colorée et hétéroclite, que ce soit avec Enya, Cassidy ou Liam. Si le jeune homme avait plus d'une fois retrouvé le calme dans son appartement, il savait également qu'il pouvait revenir quand cela lui chantait. Sa porte lui était toujours grande ouverte.

-Qu'en est-il de ton frère ? Que tu prennes sa place n'a pas suffi à le rendre plus amène à comprendre qu'il est grand temps qu'il cesse ses âneries ?

Noah n'avait jamais aimé Nolan Wiggins. A ses yeux, s'ils avaient le même visage, Nolan n'était pas l'égal de son frère. Ils pouvaient avoir les mêmes traits, le même âge, la même date de naissance, que Nolan n'était pas la moitié de l'homme qu'était Liam. Un avis qui s'était aiguisé au fil des années, qui s'était affirmé alors que la situation dégénérait entre les deux jeunes hommes. Si son ami connaissait une partie du jugement de son maître en ce qui concernait Nolan, Noah se gardait toutefois de lui donner le fond de sa pensée. Car c'était faire mal pour faire mal. Car quoi qu'il puisse dire, il y avait des liens qui étaient inaltérables. La relation fraternelle, toute aussi explosive qu'elle puisse être, n'appelait aucun type de discussion.

-Tu t'enquiers du danger, mais laisse-moi te renvoyer la question. Ne te mets-tu pas de nouveau en danger avec ses errances ? N'est-il pas temps que tout cela cesse ?




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MessageSujet: Re: « Oltremare » NoahxLiam   Lun 26 Fév - 3:43

« Journey »
L'avantage d'une soirée avec Noah c'est qu'elle est forcément salvatrice. Les masques tombées, les costumes déboutonnés et les faux sourires effacés. On ne fait pas semblant de s'écouter ou de s'intéresser. On ne ménage pas nos mots pour ravir l'autre. Non, les filtres, tous les filtres qui se glissent entre les gens de ce monde semblent disparaître lorsqu'il n'y a que nous, dans une pièce.

C'est une étrange sensation que celle de se sentir chez soi en plein milieu de l'apocalypse et du monde qui tombe en ruine. C'est une sensation encore plus étrange que celle de se sentir en sécurité dans un monde où les bombes éclatent et les meurtres se cumulent à chaque coin de rue. Mais je crois que la sensation la plus étrange, avec Noah, c'est celle d'avoir retrouvé un frère. Quelque part, une partie de moi culpabilise sans doute. Si ma relation avec le Sorcier n'a rien en commun de celle avec mon jumeau, elle rassemble pourtant des similitudes essentielles. Une confiance absolue, un confort et une facilité à être en la compagnie de l'autre. Dit comme cela, ça peut sembler ne pas être grand chose. Beaucoup diraient qu'ils trouvent ça avec leurs amis proches, parfois même d'autres membres de leur famille que leur fratrie. Mais ce que ces gens là ne comprennent pas c'est que je ne fais pas partie de la même lignée qu'eux.

Je n'ai pas choisi mon métier et ma place par hasard, je ne suis pas un politicien tombé là par défaut. Je n'ai pas fait des études de droit parce que mes parents m'ont poussé dans cette voie. Non, j'ai toujours été l'homme de façade, celui qui manipule, joue avec les autres et fera absolument tout pour dévoiler tout de l'autre sans jamais être totalement lui-même. La seule personne qui a eu le luxe de me connaître pendant plus de vingt ans, c'était mon frère, mon reflet. Et la seule personne qui me connaît vraiment aujourd'hui, c'est Noah. Mais il y a quelque chose d'encore différent avec Noah, parce qu'on a des points communs que jamais on a eus avec Nolan. Avec Noah, en plus de cette simplicité à être moi-même, il y a aussi cette certitude de ne pas être jugé, parce qu'au fond, on est pas si différents.

Je souris à sa remarque sur mon chien de garde et lui réponds, du même ton. « Tu me connais suffisamment pour savoir que je ne supporterai pas l'odeur de chien mouillé dans mon appartement, encore moins dans ma douche. Mais tu as raison, connaissant la maison, ça aurait pu aller si loin – ceci dit, je crois qu'il aurait été ravi que je l'autorise à ne pas me suivre sous la douche si tel avait été le cas. »

Mon rire fin accompagne le sien tandis que je roule malgré tout des yeux face à cette situation stupide et ridicule. Impossible pour moi d'y voir une quelconque utilité autre que celle de faire croire que tout va bien. La face cachée de l'Iceberg n'est pas belle à voir au Gouvernement. Pour autant, suite à cette remarque, je prends le temps de lui parler, de lui expliquer quelques instants volés de ma vie. Noah relèvera ceux dont il veut parler, il laissera les autres de côté. Facilité et légèreté, dans ses propos comme dans les miens. Ce soir, il n'y aura pas de mots qui viendront s'écraser dans les murs avec violence, il n'y aura pas non plus de ton passif-agressif et de remarques piquantes. Pas de ça entre nous. Juste du vin et de l'écoute. Le psychiatre m'écoute attentivement, silencieusement. Il prend son temps tout comme je prends le mien, et logiquement, la conversation vient à se tisser et mon ami à prendre la parole pour laisser sa voix envahir la pièce.

C'est à mon tour d'être attentif. À mon tour de ne plus faire spécialement attention à mes gestes, boire quelques gorgées de vin avec délicatesse et me replacer de temps à autres dans le fauteuil. Mes yeux ne quittent pas ceux du sorcier malgré la fatigue pesante. Certains de ses mots me font sourire, et naturellement, d'ailleurs, je finis par lui répondre à mon tour.

« Je te fais confiance Noah, entièrement. Et pour être franc, je ne peux que te croire à la façon dont tu me parles d'elle. Je suis heureux de te voir plus apaisé à son sujet, Enya aura toujours une importance à tes yeux je crois. »

Un sourire mélancolique se glisse discrètement sur mes lèvres alors que le souvenir de Nataliya reste encore trop douloureux pour l'évoquer directement. Je laisse tournoyer le liquide rougeâtre qu'il m'a servi avant de reprendre, les mots de mon professeur se baladant dans mon esprit à mesure que je réfléchis.

« Je crois que Morienval recherche en toi quelque chose qu'il s'imagine avoir perdu. Il cherche à te faire réagir pour retrouver celui que tu étais lorsque vous étiez jeunes, avant toutes ces histoires. Il est tellement dans le passé qu'il n'arrive pas à apprécier le présent et ce que tu es devenu. »

L'écho avec ma propre histoire est flagrant. Je soupire à cette idée et avale une gorgée de vin avant de continuer, toujours aussi calmement. « Tu n'as pas tort, ceci-dit. Sans parler de Rafael, le Gouvernement en général est sur le qui-vive. Il se passe beaucoup de choses et eux aussi sont dépassés. À vrai dire, je crois qu'ils cherchent à taper dans la Résistance pour nier les autres problèmes, plus graves à mon sens. La Résistance est connue du monde, il est facile de donner des coups dedans. Pourtant, crois-moi qu'il y a des choses et des hommes bien plus dangereux dans les rues de cette foutue ville. »

Je baisse les yeux en pensant à certains dossiers que j'ai vu passer sur mon bureau. Les événements étranges des derniers mois, les trafiques et autres meurtres qui s'empilent. Tout cela n'a rien à voir avec les résistants, pas plus que ça n'a à voir avec le gouvernement. Non, c'est bien plus profond, bien plus nocif et dangereux mais comme d'habitude, tout le monde préfère fermer les yeux. Parce qu'il n'y a pas qu'une seule personne qui n'apprend pas, non, c'est le Monde Entier qui n'apprend pas.

« Malgré tout, Enya devrait faire attention avec sa radio pirate. Si les services l'ont dans le collimateur, nous pourrons éliminer discrètement le premier intervenant mais le dossier finira sans doute dans les mains de Morienval lui-même un moment donné si elle continue à faire parler d'elle. Il vaudrait mieux qu'elle trouve quelque chose de plus discret pour quelques temps, si elle tient à sa vie. »

Je lui souris avec sincérité. Le conseil n'est pas pour faire taire la Résistance et Noah le sait, il est simplement là pour tenter de garder Rivers en vie. Rassuré de savoir Noah en sécurité, je n'ai aucun mal à vouloir le bien de cette jeune femme si lui le veut. Le sujet avait basculé une fois de plus pour se tourner vers quelque chose qui nous liait d'une manière bien spéciale. Mes premiers pas dans la magie noire. Le premier métamorphe créé de mes propres mains. Ievseï. Si je connaissais l'identité du chacal, je n'avais jamais pris la peine de me présenter à lui officiellement depuis cette nuit là mais de plus en plus, j'y songeais.

« Je suis content de savoir que le petit Ievseï se porte bien. Je dois t'avouer que ces temps-ci, je songe de plus en plus à le contacter. Je doute qu'il ait très envie de me voir, cela dit, pour avoir revu Milo et lui avoir parlé, je crois que même Ievseï mérite au moins de me parler une fois. Qu'en penses-tu ? Crois-tu que ça pourrait lui apporter quelque chose ? Au delà de ma curiosité, je t'avoue ne pas avoir particulièrement envie de rencontrer un homme qui voudrait simplement me cracher au visage. Si c'est pour lui faire simplement du mal, j'oublierai mon idée. Et tu le connais mieux que moi, lui et sa langue bien pendue. Alors j'imagine que tu as une idée de sa potentielle réaction ? »

Je lève les yeux, pensif, vers la cheminée et le feu qui crépite. Instantanément, je me détends un peu plus, baisse mes gardes jusqu'à les faire disparaître. Je suis en sécurité, nous sommes en sécurité. Noah a mentionné quelqu'un qui occupait son esprit sans en dire plus, et malgré moi, je ne peux m'empêcher de poser la question.

« C'est l'homme que tu as peint lorsque j'étais parti, n'est ce pas ? »

Noah n'était pas quelqu'un de matérialiste, du moins pas comme les hommes de mon époque peuvent l'être. Il était un homme d'illusions et de souvenirs. Un homme d'images, de magie, une magie qui dépasse celle qui coule dans nos veines. Et si son appartement était rempli de toiles, je savais lesquelles comptaient pour lui, lesquelles avaient une valeur et renfermaient un réel souvenir. Une toile s'était ajoutée à sa collection alors que je n'étais déjà plus le même homme. Si j'avais toujours connu ce portrait crayonné, je ne l'ai vu peint vraiment qu'à mon retour de l'enfer, à mon retour à ma vie. C'était d'autant plus marquant qu'à cette époque là, ma seule maison, mon seul refuge était cet appartement. Même si l'esquisse laissait deviner le visage de l'homme, j'ai compris que quelque chose s'était passé à mon retour, quelque chose avait changé, sans pour autant aborder directement le sujet. Et c'est sans doute pour ça que je n'insiste pas plus que ça et lui offre la possibilité de ne pas me répondre.

« Cordelia est fidèle à elle-même, je ne te le cache pas. Mais pour être honnête, elle ne me cause plus vraiment de souci en soi. Je crois qu'on est plus ou moins tombés d'accord sur notre relation, aussi toxique soit-elle. Au final, on se complète plus que je ne veux bien l'admettre. » Je souris à ma propre remarque en pensant aux ruses de la succube pour tenter de toujours plus m'atteindre, gratter ma peau et ma chair, traverser mes os pour tenir mon cœur directement dans ses mains de démone.

Mais ce sujet là n'est pas le plus important, du moins il ne l'est plus. Si Cordelia fut un sacré problème dans ma vie, étrangement, elle a trouvé une place et nous deux une certaine stabilité. Noah le sait et ce n'est pas d'elle qu'il veut le plus parler mais bel et bien de mon frère. Je soupire, parce qu'il n'a pas tort. J'ai su lui pointer du doigt quelques dangers et au final, même pas deux ans après avoir frôlé la mort plusieurs fois de très près, me voilà reparti dans mes propres névroses.

« Tu as raison, oui. Je croyais que tout cela avait cessé, en vérité. Je croyais vraiment que décider de ne plus le voir était la bonne décision et même s'il me manque, je crois que c'est plus son souvenir que sa réelle présence que je voudrais retrouver. Pourtant, je ne veux pas le voir mourir et tu sais très bien qu'il restera toujours aussi important pour moi. » Je hausse les épaules et finis mon deuxième verre avant de reprendre, las. « J'ai fait un rêve prémonitoire, plusieurs fois. Je l'ai vu mourir et crois-moi, ce n'était pas très joli à voir. La première fois je me suis dit que je ne pouvais pas m'y fier. Après tout, Nolan a des problèmes de santé depuis notre enfance mais il est suffisamment grand pour se faire soigner aujourd'hui. La deuxième fois, je me suis dit que s'il avait vraiment besoin d'aide, il viendrait me voir. Malgré notre accord, il sait pertinemment que je ne vais pas le laisser mourir. Et voilà maintenant que ces images se retrouvent bloquées dans un coin de mon crâne et que je ne peux pas les enlever. Tu me connais suffisamment pour savoir que lorsque quelque chose m'obsède à ce point, je finis par agir dessus sinon je deviens fou. »

C'est d'ailleurs comme cela que j'avais retrouvé Cordelia, la première fois. Suite à un rêve. C'est sans doute à cause de ce côté parfois obsessionnel que j'ai fait un nombre incalculable d'erreurs, que j'ai perdu Nataliya, que j'ai perdu ma vie d'avant et sans doute un peu moi-même à force. Je chasse les pensées de ma tête avant de continuer.

« Je sais que tu n'es pas un grand fan de mon frère mais je ne peux pas le laisser mourir sans rien faire. »

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MessageSujet: Re: « Oltremare » NoahxLiam   Ven 16 Mar - 1:44


Une forme d’équilibre au milieu du chaos. Un îlot salvateur au milieu de l’océan déchaîné de la destruction perpétuelle. Il n’avait pas suffi de grand chose pour arrêter l’Homme dans sa conquête infinie. Un cataclysme, et la Nouvelle Orléans, transformée en dernier bastion de l’humanité. Une arche dont la cale prenait l’eau, sous les coups méthodiques que ses résidents. Les Dieux avaient commencé le travail, et n’avaient plus laissé aux survivants que le loisir de l’achever. Ce qu’ils faisaient avec un certain brio sans l’aide de personne. Et pourtant, au milieu du marasme d’années d’auto-destruction humaine, Noah et Liam avaient trouvé un équilibre. Une relation qui les sortait l’un et l’autre du flot constant de destruction, les perchait tout en haut du mat pour observer, lointains, le bateau qui finissait de prendre l’eau.
Noah avait toujours pensé qu’il mourrait en spectateur extérieur à tout ce marasme. Si son métier et sa nature le plaçaient comme réceptacle des pensées impures de l’humanité, il n’aurait jamais pensé une seule fois rejoindre leur masse grouillante, de quel côté de la barrière que ce soit. Cependant, il n’aurait jamais cru non plus trouver en la personne de Liam un compagnon dans ses observations. Le jeune homme avait réussi à éclater ses convictions, à alléger la solitude, ses pensées ne rejoignant que trop bien, trop parfaitement, celles de l’Italien. Des pensées hors du temps, pour une relation toute aussi intemporelle. On choisit ses amis, pas sa famille. Là était toute la différence, celle qui ajoutait un sel tout particulier à leurs conversations. La famille de Wiggins était trouble, un melting pot de personnalités diffuses, contradictoires. Celle de Noah n’était plus constituée que de Rafael, son ancien frère d’armes, le chaos de leur connexion entaché par des litres et des litres de sang. Mais Liam et Noah s’étaient choisis, eux. Et le jeune sorcier avait prouvé par ses talents et sa finesse d’esprit qu’il méritait lui aussi sa place sur le mat. Sa place aux côtés de Noah.

La conversation se déliait progressivement, un sujet en amenant un autre, avec naturel. Le vin accompagnait les paroles feutrées, les coups d’oeil et les rires de sa saveur ronde et chaleureuse. Si le monde devait exploser maintenant, les deux hommes ne l’auraient pas senti passer. La mort aurait été douce, l’Apocalypse numéro deux aurait été sublime. Levant son verre dans la direction de son apprenti, le maître salua le chien de garde avec un sourire cabot. Il n’était pas nécessaire de poursuivre ce sujet, il était clos avant même d’exister.

-Elle a pris de l’importance dans ma vie dès le moment où j’ai appris à vraiment la considérer comme une personne à part entière, et pas le réceptacle d’un souvenir distant. Dès lors, j’ai compris la tendresse que je lui porte. Une tendresse purement amicale, nostalgique s’il en est, comme de retrouver une femme aussi familière qu’une soeur. C’est pour cela que je m’implique autant pour assurer sa sécurité. Enya Rivers, au-delà du chaos de nos derniers instants, est une belle âme. Elle m’est chère, et s’il m’est possible de lui éviter une vie d’emprisonnement, je ne puis rester les bras ballants. Tout comme j’apprécie que tu le comprennes.

Oui, il l’appréciait tout particulièrement. Car il savait qu’au fond Liam avait tout compris, depuis le début. Qu’il avait assisté à la chute du sorcier, sa perte dans les tréfonds de sa propre conscience. Liam avait appris à connaître Noah à partir de cet instant précis. Celui où l’homme s’était extirpé de sa carapace brisée, cédant à ses névroses, accablé par sa rupture. S’ils s’étaient rapprochés progressivement, c’était dans ces instants de trouble et de chaos qui les avaient vraiment soudés. Alors, oui. L’avis de Wiggins importait, bien plus qu’il ne l’aurait supposé. Parce que son point de vue était non seulement d’une clarté pure, mais aussi celui d’un homme qui connaissait Noah comme le dos de sa main.

Un homme qui le connaissait si bien qu'il était capable de voir où se trouvaient réalité et songe. La voix rauque de Wiggins s'éleva une nouvelle fois dans l'air, un écho des pensées du vieux sorcier. En ce qui concernait Rafael, l'avis du Ministre était partagé entre réalisme et ironie. Pour autant il avait parfaitement raison, tout du moins Noah partageait-il le même avis. Rafael Morienval était trop rigide pour tolérer une forme de changement, qu'elle fusse sociétale ou seulement de point de vue. Un écart qui se creusait toujours plus entre les deux Italiens, à mesure que le temps, les mois, passaient. S'il ne se sentait pas particulièrement évoluer, Noah réalisait parfaitement à quel point son ancien compagnon d'armes restait focalisé sur le passé. Comme un roc immuable que le ressac de l'évolution ne faisait jamais bouger.
Hochant lentement la tête en laissant Liam s'exprimer, il marqua son approbation à ses théories. Non, quoi qu'il arrive, Rafael n'avait pas pour optique d'évoluer. Pas plus que le Gouvernement pour lequel il oeuvrait. Songeur, il laissa les arômes du vin envahir une nouvelle fois son palais, étudiant, décortiquant, les aveux de son apprenti. Il n'y avait pas qu'un seul homme qui restait engoncé dans son confort routinier. Il y avait tous ces gens qui oeuvraient dans l'ombre pour une transformation générale du monde, pour le façonner à leur image à eux. Une population entière avec un complexe de Dieu, dangereuse et invasive, qui n'avait pas fini de secouer les fondements d'une société déjà bancale.

-J'ignore si elle tiendra compte de mon avertissement, mais je l'ai déjà mise en garde. Trop de personnes ont les nerfs à vif, il serait malheureux qu'elle se retrouve prise dans l'oeil du cyclone faute de précautions pour se protéger elle-même.

Le vieux sorcier détourna son regard de jade vers les flammèches, vigoureuses, qui léchaient le bois dans la cheminée. Un jour, tout brûlerait. C'était ce qu'avait déclaré, plus d'une fois, Cassidy Valdès. Le monde partirait en fumée, et des cendres renaîtrait plus fort. Une renaissance après laquelle le sorcier n'avait cessé de courir, toute sa vie, pour ne réaliser au final que rien n'était prêt de changer tant que l'Humanité le refusait.
La conversation dévia naturellement vers un autre sujet, pourtant paradoxalement connecté au précédent. Mikkel Ievseï, son regard d'acier, ses progrès et sa grande gueule. Un enchaînement logique en ce qui concernait Noah. La mention de Milo, la seconde créature en date de Wiggins, poussa le sorcier à hausser des sourcils interrogateurs. Si l'Italien connaissait les grandes lignes de leur relation, Liam se montrait particulièrement secret sur le jeune homme. Peut-être tout simplement car il n'y avait pas autant à dire que Mikkel. Ou, encore plus simplement, que leurs relations n'étaient pas aussi négatives qu'avec la première créature de son apprenti. Détournant son regard vers les flammes, le sorcier s'accorda une minute avant de répondre. Les réactions brutales, violentes de Ievseï ne laissaient pas témoigner d'une entrevue des plus pacifiques. Mais le jeune homme fougueux attendait des réponses à ses questions, et semblait suffisamment prêt pour les accepter.

-Il a émis plus d'une fois la volonté de te rencontrer, en ce qui le concerne. Pendant bien longtemps il était persuadé que j'étais la source de ses transformations, mais il a bien fini par comprendre qu'il s'agit de toi. Si vous rencontrer lui permettrait d'obtenir des réponses, je ne peux que te conseiller de faire attention à tes paroles en ce qui le concerne. Essentiellement si tu en viens à donner les raisons de sa transformation. Je crains qu'il n'accepte pas aisément la seule explication "j'avais besoin de me faire la main". Sois sincère quant à tes intentions, notamment ton projet concernant Nolan. Il est colérique, il a ravagé plus d'une fois cet appartement, mais il est sensible et humain. Que tu aies voulu t'entraîner pour sauver une vie est une raison qu'il entendra, à défaut de la comprendre.

S'il n'avait répondu qu'à moitié à la question de son apprenti, Noah savait pertinemment que ce dernier aurait compris les implications. L'avantage de connaître Wiggins comme son homme. Ils étaient tous les deux inscrits sur le même plan de pensée, celle de l'un achevant l'autre. Et son apprenti était parfaitement capable de comprendre qu'avec un tempérament délicieusement excessif comme celui de Ievseï, il fallait jouer la carte de la sincérité. Pour autant, un petit coup de pouce ne lui ferait aucun mal. Bien au contraire.
Une nouvelle question, plus personnelle, emplit l'espace entre eux, arrachant un sourire evanescent à l'Italien. Bien sûr que Liam aurait remarqué ce type de détail, bien sûr qu'il aurait remarqué les nouveaux portraits accrochés dans la mezzanine. La vibrance des aquarelles, un matériau plus pur et vivant que l'huile, plus difficile à maîtriser, avait été le choix de prédilection pour représenter Cassidy. Une vibrance à l'image de tout ce qu'il nourrissait envers le Résistant. Que Liam aborde le sujet avec autant de finesse, c'était pour ça que Noah appréciait le jeune homme. Parce qu'il était subtil quand il le devait. Mais surtout, il était bien plus humain que tout ce qu'il représentait. Sans se départir de son sourire, le rouge picotant légèrement ses pommettes, le sorcier plongea son nez dans son verre. S'en protégea inconsciemment, partagé entre l'envie de conserver ce secret pour lui seul et d'en faire part à son apprenti.

-Je me doutais que tu finirais par t'en rendre compte, mais effectivement, tu vois juste. C'est un ami que je croyais perdu. Quelqu'un qui m'est particulièrement cher. Nous avançons à petits pas sur des charbons ardents, mais ensemble. Et si j'ignore où nous allons, je suis prêt à faire ce voyage à ses côtés.

Une certitude qui n'avait jamais été aussi marquée avec Enya. Qui n'avait pas été envisageable avec qui que ce soit d'autre. Et s'il n'était pas à même de discuter des détails avec Liam, pour la simple raison qu'il souhaitait les garder pour lui le temps de savoir où ils en étaient, Cassidy et lui, il avait décidé de concéder cette petite parcelle de bonheur enfantin à son cadet. Une pudeur toute confuse, toute juvénile, qui faisait battre son cœur comme il ne l'avait plus fait depuis des siècles. Une petite fraction de stase, entre deux mondes, qui même si elle était délicate, fragile et dangereuse, était somme toute extrêmement agréable.
Et s'il ignorait si Liam avait déjà vu son visage sur des avis de recherche, ou si Valdès était connu de ses services, il était heureux que son apprenti n'ait rien énoncé de cela. Sa discrétion avait toujours été appréciable.
Naturellement, ce fut au tour de Cordelia d'entrer dans la danse. Une relation étrange, paradoxale à laquelle Noah n'était pas certain de vouloir prendre part. Si sa curiosité naturelle lui donnait envie de rencontrer la sorcière, il lui avait fallu un certain temps pour comprendre l'intérêt que Liam lui portait. Les raisons qui faisaient qu'il tolérait la présence de quelqu'un d'aussi extrême qu'elle dans sa vie. Puis, après avoir partagé son temps avec Mikkel Ievseï, il avait fini par comprendre. Après avoir entendu les confessions de Liam, il avait fini par l'accepter. Chacun voit midi à sa porte. Et tant que son apprenti n'étiait pas rendu au point de rupture, il était prêt à accepter qu'il puisse y trouver son compte. Levant son verre dans sa direction, il rétorqua, simplement :

-Une association créée en Enfer n'est pas pire qu'une association façonnée par les anges. Du moment que tu y trouves un intérêt, à la bonne heure ! Mais ne compte pas sur moi pour garder votre descendance au cas où descendance il y aurait. Je souhaite survivre encore quelques années.

La succube, telle que Liam la qualifiait, n'était pas vraiment le genre de personnes qui mériterait une médaille de mère de l'année, du peu que Noah avait compris. Leurs enfants seraient abominables, et, déjà que l'Italien avait une aversion toute particulière pour les nourrissons, il était certain d'abandonner les leurs dans le bayou sauvage si jamais les deux énergumènes venaient à les lui confier. D'où son expression railleuse en levant son verre. Une expression qui disparut alors que le ton de Liam se faisait plus grave, et ses confessions plus lourdes de sens.
Nolan. Nolan avait toujours été la grande faiblesse du Ministre, de tout le temps qu'ils se connaissaient. La cause noble de son sacrifice, la raison pour laquelle il s'adonnait à tous ces exercices de sorcellerie. La raison future de sa chute, bien plus que Cordelia elle-même, pour peu qu'il ne prenne pas de précautions. Et il n'en prenait aucune.

-Tu connais mes sentiments à l'égard de toute cette situation. Mais en ce qui te concerne, qu'est-ce qui te garantit que tes rêves soient exacts ? N'oublie pas que nos talents ne sont pas sans conséquences. A l'exception qu'il peut leur arriver d'être inconséquents, eux aussi, ce qui peut nous amener à nous fourvoyer.

Des rêves. Liam étant de la même nature que la sienne, il était tout aussi sujet aux prémonitions que Noah. Pour autant le sorcier avait appris, par la force des choses, que certaines fois les rêves étaient traîtres. Les cauchemars essentiellement. Il était si facile de se tromper dans son interprétation, de croire qu'un simple rêve puisse être la vérité absolue. Une interprétation qui lui avait coûté toute sa relation avec Enya Rivers.
Notant que le verre de son apprenti était désormais vide, il se leva finalement pour attraper la bouteille et le resservir, écoutant posément ce qu'il expliquait. Le cas Nolan Wiggins avait toujours été particulier, du fait de sa santé fragile et ses actions résistantes. L'inconstance du jumeau de Liam ne lui était pas inconnue, mais il pouvait comprendre l'inquiétude constante de son frère. Noah espérait juste que Liam ne s'y perde pas entièrement, une fois de plus. La dernière fois en date avait failli lui coûter la vie.

-J'ignore ce que signifie le terme "fan", mais je suppose pouvoir passer outre. Si tes suppositions s'avèrent exactes, que comptes-tu entreprendre ? J'ai toujours cru comprendre que ton frère n'était pas bien compréhensif, en ce qui concerne tes intentions vis à vis de lui. Et que tu as une bien trop fâcheuse tendance à aller au-devant du danger pour lui, sans contrepartie aucune. Avez-vous seulement repris contact depuis ta descente aux Enfer ?

Remplissant son verre du liquide rubicond, à son tour, il s'installa sur la margelle entourant la cheminée pour faire face à son apprenti. La chaleur mordait agréablement son dos, écho de celle qui sourdait au fond de ses iris verts. Il fronça les sourcils, guettant le regard du plus jeune sorcier, empreint d'inquiétude.

-Et que ferais-tu s'il refuse ton implication ? Tu le forcerais à l'accepter, au risque de briser définitivement votre lien ?

Il n'avait aucune raison de prendre des pincettes en ce qui concernait Liam. L'avantage de leur relation, l'avantage de leur amitié. Car l'heure était grave, et le sujet tout autant. Il n'était pas temps de vivre de faux semblants.




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MessageSujet: Re: « Oltremare » NoahxLiam   Mar 22 Mai - 0:36

« Divenire »
Le monde d'aujourd'hui n'est qu'un chaos ordonné. En vérité, le monde dans lequel j'ai grandi l'était déjà. J'ai compris que le monde ne tournait pas rond alors que je n'avais pas dix ans. Lorsque mon frère est tombé malade et qu'on m'a parlé de magie pour le soigner. Défier les Dieux, depuis tant d'années. Prendre leurs cadeaux pour en faire quelque chose d'égoïste, de contre nature. Défier la mort, la contrôler. Choisir sa vie, ne plus croire en rien, à part en soi.

Le monde était devenu sale, égoïste, les gens pensaient avoir tout compris, tout appris. Ils étaient persuadé d'être plus fort que tout, que tous. Ils ont causé l'apocalypse. Par leur égoïsme, ils ont créé des cataclysmes.  Et sans se remettre en question, les Hommes ont continué. Ils ont cru qu'ils n'avaient rien fait et que rien de pire n'arriverait. Ils avaient vaincu la mort, qu'est ce qui pouvait les arrêter ? Leur ego ne leur a pas laissé voir la vérité, le chaos dans lequel ils étaient enfermés, dans lequel nous sommes enfermés. Si l'on écoute attentivement le silence, on entend l'agonie du monde depuis des années, mais personne n'y prête attention, tout le monde fait semblant de ne plus savoir écouter. Alors le monde devient lourd, pesant. Il devient prenant, empoisonnant. Le monde prend cette tournure de jugement dernier duquel personne ne ressortira vivant.

Tout le monde dans la rue peine à respirer, à parler. Les gens peinent à ressentir, à tenir debout, marcher encore en attendant le dernier boum. C'est pour cela que trouver Noah a quelque chose d'apaisant. Noah ne voit pas le monde avec ce filtre dégoûtant. Il ne croit pas en cette fausse révolution, pas plus qu'au gouvernement. Noah ne se fait pas avoir, il voit les mensonges, entend l'agonie. Il l'a sans doute écoutée, lui aussi. Il a compris qu'on survivait, plutôt que vivre. Qu'on avait pas de raison de se battre, juste de voir le monde autrement. Savoir l'apprécier sans se prendre pour Dieu, penser qu'on vaincra la mort et la vie. Il a compris, le Sorcier, qu'on était seulement des spectateurs de cette vie. Alors on se comprend, ensemble on respire, on souffle. On a pas besoin de faire semblant. Pas besoin de laisser croire qu'on y croit, ou qu'on y croit plus. Pas besoin de gant, de masque. Tout est posé à l'entrée de son appartement. Et il n'y a plus de psychiatre, plus de ministre. Il y a Liam, et Noah. Rien que ça. Et cette amitié là, elle est plus précieuse que toutes les possessions du monde. Parce que pour une fois, on peut être nous, rien que nous.

La conversation se déroule naturellement, des sujets s'éteignent et d'autres naissent. Des souffles se coupent et d'autres prennent le relais. Le tout dans un calme et une délicatesse qui n'existe plus. Dans ce monde hors du temps, hors de tout.

J'écoute attentivement les paroles de l'italien face à moi. Il parle d'Enya sans avoir ce ton de voix qui se brise. Noah a souffert, comme un homme qui a le cœur brisé. Il a souffert d'un amour qu'il a perdu deux fois, dans deux vies et aujourd'hui il retrouve la paix. Je lui souris tendrement, sincèrement heureux pour lui. Il le mérite, un peu de paix au fond de lui. Il a vécu trop longtemps pour être rongé par des souvenirs, il existe depuis trop longtemps pour que sa vie ne se résume qu'à ce passé compliqué. Il est évident que je ferai tout pour lui éviter l'emprisonnement. Pas tellement pour elle mais pour mon ami. Veiller sur lui à ma manière, se servir de mes passe droit pour quelque chose qui a du sens, pour une fois. Noah approuve mes dires, il remarque, lui aussi.

Ce monde qui vit dans un stress, les battements de cœur de tout le monde qui s'accélèrent. Le monde marche sur des œufs, les yeux rivés les uns sur les autres attendant de voir qui fera le premier faux pas pour tout lâcher. Le fil invisible qui maintient ce semblant d'ordre ici est sur le point de céder et pourtant, tout le monde continue de lui tirer dessus. J'acquiesce à la réponse de Meadow pour y ajouter, lentement.

« Je crois qu'elle en tiendra compte, Noah. Je pense qu'elle a une réelle confiance en toi malgré votre passé. Si elle est venue te voir toi, ce n'est pas pour rien. Elle t'écoutera, je crois que tu as plus d'importance pour elle que ces sottises. Sinon elle aurait trouvé quelqu'un d'autre vers qui se tourner. »

Des mots à la fois durs mais pensés. Enya risquait beaucoup en parlant à l'homme qu'elle a brisé. Elle a lancé un pari dans un espoir fou de le gagner. Alors non, elle ne se jettera pas dans l’œil du cyclone après les avertissements de Noah, du moins, je ne pense pas. Comme beaucoup, et a raison, elle l'estime, lui et son analyse du monde. Le Sorcier ne se rend sans doute pas compte de son influence sur les gens qu'il côtoie mais pourtant, il en a plus que n'importe qui dans ce foutu gouvernement.


Et puis vint un autre sujet, naturellement. Mikkel, le fameux. Le si tristement célèbre Ievseï, celui qui me retourne les tripes sans en avoir conscience, qui risque parfois autant ma vie que la sienne. Celui qui a changé complètement ma vie et les possibilités de celle-ci. Avec ce geste, je me suis condamné à l'Enfer, et a sauvé mon frère. J'ai pu sauver Milo, sans le moindre instant de réflexion et accepter aussi que je n'avais réellement rien d'un mage très blanc. Noah prend le temps de me répondre, de ce sujet à la fois délicat et pourtant charnière dans notre relation. J'écoute, très attentivement. M'avance un peu, tends l'oreille comme un enfant de quatre ans. Parce qu'il me fait aussi cet effet là, Noah, celui d'être cet homme que l'on écoute sans jamais se lasser, peu importe le sujet.

Le métamorphe n'a pas avalé les mensonges qu'on avait bien voulu lui servir. Il a fini par comprendre qu'on lui cachait quelque chose. Que derrière cet homme qu'il continuait à voir il y avait une ombre, une ombre responsable de sa condition. J'esquisse un rire lorsqu'il me conseille de faire attention à mes mots face au russe. Mes raisons n'étant pas réellement acceptables pour lui, à juste titre. J'écoute, silencieux et attentif. Je réfléchis en même temps. Être honnête n'est pas réellement dans mes habitudes, encore moins avec une personnalité comme la sienne. Je détourne le regard quelques instants avant de reprendre pour lui répondre.

« Tu sais que j'ai du mal à parler de Nolan à des gens en qui je n'ai pas confiance. Sans doute de vieux restes de cette période où l'évocation de son nom pouvait lui coûter la vie. Mais merci, Noah. Je vais réfléchir à tout ça et faire en sorte qu'il ne se sente pas trop utilisé. Du moins utilisé à juste titre. Mais je note quand même de l'amener autre part que dans mon propre appartement. J'ai suffisamment à faire avec les chats et Cordelia, pas besoin d'avoir la colère d'un chacal en plus, vois-tu. »

Je ris doucement, portant à nouveau mon verre à mes lèvres. Le sujet devient plus personnel, plus dur. Cet instant de curiosité qui m'échappe, prend le dessus. Rien de grave en soi, rien de terrible. Mais une question qui, s'il peut l'éviter, peut également le toucher en plein cœur. Pourtant, la réaction de l'ami face à moi me fit sourire. Cette espèce de conversation plus dure que les autres et pourtant, plus pure. Qui nous rendaient tous les deux enfants. Des enfants subtils et sans doute plus doux, mais enfants quand même. Son regard change, il se cache comme un enfant qu'on a pris en flagrant délit. J'esquisse un léger sourire, prêt à me satisfaire de cette réaction là, sans qu'il n'ait à dire un mot de plus. Mais Noah me fait l'honneur d'ajouter des mots à ses expressions. Partager cette partie de lui avec moi, me faire suffisamment confiance pour me livrer ce secret là. Et l'enfant en moi n'en est que plus heureux en cet instant précis.

Un ami perdu. Une figure du passé, de ce passé qui l'a tant façonné et marqué. Un homme qu'il a retrouvé et qui détient son cœur trop de fois brisé. Je souris à ses mots sans intervenir. Lui laisse profiter de ce moment toujours à lui. À la fois heureux mais surtout, à ne pas vouloir m'immiscer dans sa tête à ce moment là. Sa dernière phrase au sujet de l'homme agrandit mon sourire. C'est réellement son cœur qu'il tient entre ses mains. Et si je ne connais pas ce dernier personnellement, j'espère qu'il a conscience de ce qu'il détient. Il n'y a qu'un seul Noah Meadow dans ce monde. Un seul esprit comme le sien et je ne suis pas sûr que son cœur puisse être brisé une nouvelle fois. Alors je lui souhaite sincèrement que celui qui le détient, en prenne grand soin. Mais ça, c'est sans un mot que je lui dis. Je le laisse savourer son bonheur et son moment sans y mettre une patte dedans. Ce bonheur rien qu'à lui, que j'envie un peu aussi.

Mais évidemment, un cœur en amenant un autre, Cordelia vient prendre sa place dans cette conversation. Celle qui détient mon cœur à moi et l'explose chaque jour de sa vie. Celle qui le saigne autant qu'elle le fait battre. Cette sorcière qui me maintient en vie avec sa folie. Un équilibre incertain qui pourtant nous convient. De l’adrénaline et cette envie de se dire « merde, après tout on a qu'une vie. » Et l'ami, au lieu de juger, rebondi à son tour. Il accepte, sans prendre part. Il y ajoute même une blague, qui, même si elle m'arrache un rire, m'arrache aussi un semblant de responsabilité auquel je n'avais pas songé. Alors naturellement, c'est à mon tour de rétorquer.

« Ne me parle pas de malheur. Je n'ai déjà pas envie d'être père mais vraiment, vraiment pas d'avoir son enfant. Je compte surtout sur toi pour m'aider à l'abandonner aux zombies si un tel malheur devait arriver. »

Un enfant d'elle et moi signerait l'arrêt de mort de l'humanité. J'ai beau ne pas me considérer comme un psychopathe, je suis suffisamment lucide pour savoir que transmettre les gênes d'un homme aux ambitions de dictateur, à la capacité à tuer de sang froid, sacrifier sa propre race sans y penser deux fois, ne sont pas nécessairement de bons gênes. Mais si j'ai toujours cru que ceux d'une femme telle que Nataliya pouvaient rattraper mes faiblesses, je suis d'autant plus certain que Cordelia, elle, enfoncerait les clous jusqu'à tuer toutes les bonnes parts de mon être. Faire naître un enfant de notre union, ce serait risquer de voir naître le Diable en personne et l'idée me glace le sang une seconde avant de changer de sujet, revenir à non pas une pensée qui glace le sang mais bien une vie en suspens.

Mon frère. Celui qui ne détient pas mon cœur mais bien mon âme et ma vie. Mes pensées et mon cerveau. Nolan n'a qu'à dire un mot pour me tuer, il n'a qu'à faire un geste pour me voir mourir. Je revois encore le moment où il a tenté de m'assassiner, ce moment où je n'ai pas cherché à répliquer, à me défendre ou à esquiver. Le plus grand danger de ma vie c'est ma moitié, celle qui détient mon humanité. Je soupire lorsque Noah souligne le fait très juste que nos dons sont fourbes, autant que les Dieux le sont. Je passe une main derrière ma nuque afin de me poser quelques secondes. Je sais qu'il a raison, je sais que c'est une possibilité mais je sais aussi qu'il n'y a pas seulement la magie qui nous lie, lui et moi. Il y a cette chose inexplicable et indescriptible lorsqu'on est jumeaux. Le temps que Noah se lève afin de servir un nouveau verre, je reste silencieux, pensif. J'ai parfaitement conscience de la folie de cette relation et des dangers qu'elle peut causer. Alors comment les rationaliser ? Comment expliquer à Noah que ce n'est pas seulement des rêves mais mes tripes qui me le disent ? Et que mes tripes ne m'ont jamais menti sur mon jumeau.

Sa remarque sur un simple mot « fan » me sort de mes pensées. Souvent, j'oublie que l'on ne vient pas de la même époque et que parfois, nos langages diffèrent. Souvent j'oublie que cette relation est totalement hors du temps et qu'en vérité, des siècles de vie nous séparent lui et moi. Je le laisse malgré tout poursuivre sans l'interrompre, le remerciant d'un geste de tête pour le verre que je porte directement à mes lèvres. La configuration a changé, Noah aussi. Il s'inquiète à juste titre et je suis un gamin têtu et borné, un gamin qui ira jusqu'au bout quitte à se tuer. Je baisse les yeux à sa dernière remarque avant de reprendre, bien plus fatigué.

« Je sais que tu as raison Noah. Je sais que les rêves peuvent être trompeurs, j'en ai déjà fait les frais. Ceci dit, avec lui c'est différent. Il ne s'agit pas seulement de magie mais d'un lien que je suis incapable d'expliquer ou de rationaliser. Un truc de jumeaux, paraît-il. Je sais que c'est vrai. Comme je savais qu'il n'était pas mort en 2012. Il y a cet instinct, au fond de moi, cet instinct qui me le dit et me le répète. »

Je reprends une gorgée pour finalement poser le verre et me lever, commencer à marcher face au sorcier pour tenter de parler de manière sensée, contrôler mes propres pensées. « Je l'ai revu pour la dernière fois il y a un an. Je voulais passer à mon appartement et il y était encore. Nous nous sommes dit qu'il était mieux que l'on ne se parle plus, que l'on se détruisait. » Des mots que l'on s'est dits et répétés mais qui, pour la première fois, avait pris vit. « Je suis obligé d'essayer, Noah. Obligé d'essayer de lui tendre la main, même si c'est pour que cette fois-ci, ce soit fini pour de bon. Je ne peux pas le laisser mourir. »

Je baisse les yeux, m'arrête dans mes pas avant de dire, plus doucement. « Ce serait tuer une partie de moi et je ne peux pas me le permettre. Pas si j'ai une solution pour que ça n'arrive pas. Tant pis pour l'avenir. »

Et c'était sincère, parce que la donne avait changé. Il n'était plus question de querelle de gamins, plus question de jouer à chat. C'était une vie qui était en jeu, une vie précieuse, une vie avec beaucoup de valeur. Alors si je devais sacrifier notre relation déjà abîmée pour qu'il respire, j'étais prêt à le faire. Je n'avais plus réellement à perdre, au final. Alors autant faire mon possible pour qu'il vive, au moins ça.

Incapable de rester trop longtemps sur le sujet sans dévier, partir trop loin dans mes pensées et mes propres démons, je reprends en retrouvant le regard amical de l'italien. « Je ne crois pas te l'avoir déjà dit mais sans toi, je ne serai jamais revenu de cette descente aux Enfers. Alors merci. » Un sourire fin s'étire doucement sur mon visage avant que j'attrape mon verre et face à Noah, continue.

« D'ailleurs, fan est un raccourci de mot. Fanatique. Tu sais, par exemple, on est « fan » d'un chanteur, ou possiblement d'une personne, d'un personnage. On l'admire, on le trouve fabuleux. » Je marque une pause avant de continuer. « Parfois j'oublie les années qui nous séparent. Il faudrait que je te montre des films que je regardais en étant petit. Il en existe beaucoup sur l'Italie et ses légendes. Ton avis m'intéresserait beaucoup. Tu pourrais me dire si vous agissiez réellement comme ça, ce genre de chose. Et puis, je me dois de te montrer certains acteurs de cinéma, il y en a qui ne sont pas désagréables à l’œil, tu mérites de connaître ça. »

Je bois une nouvelle gorgée avant de finir. « Il y a des choses qui te manquent de cette époque dans laquelle tu as grandi ? »


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