AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 « And they turn into monsters » MarcusxLiam

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 1072
↳ Points : 1424
↳ Arrivé depuis le : 25/12/2015
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 35
↳ Métier : Ministre
↳ Opinion Politique : Quand on a le pouvoir, l'argent, et les passe-droits, on ne peut pas vraiment reprocher quoique ce soit au gouvernement en place.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 ( Niveau 4 en Guérison & Prémonition.) Niveau 84 en Serviettophilie
↳ Playlist : WOODKID - Iron ⚘ METALLICA - One ⚘ JOE HISAISHI - Princess Mononoke ⚘ JUSTICE - Planisphère ⚘ DAFT PUNK - Harder, Better, Faster, Stronger ⚘ PINK FLOYD - Wish you were here ⚘ BANKS - Waiting game ⚘ CAT STEVENS - Wild World (skins version) ⚘ MT. EDEN - Escape ⚘ THE GLITCH MOB - Between two points ⚘ BRITNEY SPEARS - Toxic ⚘ METALLICA - Master of Puppets ⚘ PLESTED - Habits ⚘ GORILLAZ - Humility ⚘
↳ Citation : ‘When life gives you lemons, don't make lemonade - make life take the lemons back! Get mad! I don't want your damn lemons, what am I supposed to do with these? Demand to see life's manager. [..]’ C. J
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #6699CC



les petits papiers
↳ Copyright: © Poupée Morose ♥ ; U2 ; Sial
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: « And they turn into monsters » MarcusxLiam   Ven 9 Fév - 3:55




They turn into monsters



Le Gouvernement, cette belle et bonne blague. Les principes auxquels j'ai un jour cru, les principes que j'ai accepté même s'ils n'étaient pas les miens et tout ce sur quoi j'ai fermé les yeux me semble aujourd'hui tellement futile. Les résistants veulent la mort du Gouvernement, et le Gouvernement, lui, il veut quoi au juste ? Je crois que je n'arrive plus à saisir ce qu'ils veulent, à part peut-être garder l'illusion. Plus rien n'a de sens, encore moins après avoir vu l'envers du décors pendant cette dernière année.

Pourtant, le Gouvernement garde le change, il préserve son image. Il dit qu'il a conscience de la menace résistante et qu'il veut protéger ses fidèles sujets. Une belle connerie, combien y a t il de résistants dans les rangs du Gouvernement ? Combien attendent juste le bon moment pour poser leur bombe ? Qui sait, peut-être que je leur ouvrirai même la porte cette fois-ci.

Toujours est-il, que l'image reste importante. Alors pour l'image, on protège ses sujets avec de jolis chiens de garde. Ah, qu'ils sont beaux, les abrutis tous alignés. Les cons qui lèvent le menton, leur arme dans leur poche et qui disent « oui monsieur le ministre ». Qu'ils ont l'air cons, tous, à croire qu'ils se battent pour quelque chose d'important. Le monde n'a plus de sens, la pénurie est à nos portes paraît-il. Alors cassez-vous, arrêtez de laver la merde des ministres et sortez vivre plutôt. Mais non, on reste là, bien sage et obéissant. Postés devant les portes et les fenêtres. On reste là, à se dire qu'on a un rôle important.

Je ferme le dossier sur mon bureau d'un geste brusque et ouvre la porte de mon bureau, tout aussi brusquement. Devant elle, se tient le mien, de toutou. Toutou qui reste sagement posté là, sans un mot toute la journée. Il protège le Ministre, et il se fait salement chier. Je lui aurais bien dit de se tirer mais je suis certain qu'il ne m'aurait pas écouté. Alors au lieu de ça, je cale mon regard dans le sien, et croisant les bras sur mon torse, je lui sors, sans attendre une réponse de sa part. « Lève toi, on sort. »

Et il pouvait protester, Rex, pour ce que j'en avais à foutre. Alors peu importe ce qu'il dit ou ne dit pas, je ne lui laisse pas vraiment le choix. « T'es pas obligé de me suivre après, j'ai pas de baballe à te lancer. » Agressif sans aucune raison, sauf peut-être celle de le garder à distance. Ce n'est pas qu'il m'inspire pas confiance, le toutou tatoué, c'est juste que j'ai trop subi, trop vu, trop tout ces derniers temps pour vouloir papoter avec un mec qui lèche sans doute les pompes du Président.

Alors en espérant qu'il suive la marche, sans un réel regard en arrière, je me contente d'un sourire en coin lorsque je sens sa présence proche de moi. « Si tu m'en veux pas avant qu'on aille trop loin, j'récupère des fringues plus neutre dans un sac que j'ai laissé là, j'me change et on y va. » Tout ça n'avait rien d'une réelle question et encore moins d'une conversation. « Ce serait con de se faire tirer dessus parce que je suis habillé en costard. Alors sois sage et attends moi là. » J'aurais bien pris le temps d'écouter une quelconque remarque de la part de mon joli garde du corps mais ce serait pour plus tard, il aura tout le temps de m'expliquer pourquoi je suis un connard imbus de ma personne le temps de notre petite promenade. Alors je lui adresse un simple geste de la main, lui montrant que je ne risque pas de l'écouter et me trouve à me changer en quelques secondes dans le bureau d'à côté.

C'est peut-être une idée de merde, d'aller là bas. Retourner au Colosseum alors que je ne me suis plus approché de l'endroit après en être moi-même sorti. J'ai attendu que les cicatrices soient toutes guéries, j'ai attendu que les cauchemars ne viennent plus hanter mes nuits, et j'ai cette sensation bizarre, que pourtant, il reste quelque chose d'inachevé entre cette bâtisse et moi. Alors tant pis si c'est une connerie, j'aurais au moins essayé. À nouveau face au fameux garde dans son bel uniforme, je lui lance. « Tu veux pas te changer ? Y a d'autres fringues dans mon sac. Un jean, un tshirt. » Je hausse les épaules avant de reprendre. « C'est pour toi hein, mais là où je t'amène je suis pas certain qu'ils soient fan du déguisement et vu que je ne compte pas changer d'avis sur la destination, tu fais comme tu veux. »

J'avais oublié depuis bien longtemps le prénom du mec que l'on m'avait attribué comme garde personnelle. Mais c'était pas vraiment contre lui, je crois même qu'on était plutôt d'accord lui et moi sur ce point là, moins on se parle, mieux on se porte. Il n'avait clairement pas envie de jouer les toutous et je préférais clairement les chats. Et c'était d'ailleurs la première fois que notre conversation était aussi longue, du moins, la première fois que je lui parlais autant. Glissant une main dans la poche de mon jean, je lui rajoute, en fixant ses yeux.

« On va au Colosseum, mon grand. Pas dedans, juste pas loin. J'ai besoin d'aller là bas et t'as pas le choix de m'y accompagner. Mais si tu veux mon avis, le risque de croiser des gens qui se recueillent ou qui viennent de perdre quelqu'un dans l'Arène reste grand et ton uniforme va pas leur plaire. Et j'ai pas tellement envie de me faire buter tu vois. »

Encore moins là bas, encore moins maintenant. D'un regard insistant, je fixe Rex jusqu'à ce qu'il se décide à bouger. Non pas qu'il mette longtemps, simplement que j'ai besoin d'aller là bas et que j'en ai déjà suffisamment marre de devoir me le coltiner, si en plus c'est pour faire du babysitting, ça va clairement mal finir avant la fin de la journée, et notre petit Rex se retrouvera sans maître.
(c) DΛNDELION

_________________

» see the stone set in your eyes see the thorn twist in your side i wait for you sleight of hand and twist of fate on a bed of nails she makes me wait and i wait, without you.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3207-liam-bad-reflect http://www.mercy-in-darkness.org/t5905-between-two-points-liam#254546

RUNNING TO STAND STILL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 2643
↳ Points : 1274
↳ Arrivé depuis le : 16/04/2017
↳ Age : 19
↳ Avatar : Stephen James
↳ Age du Personnage : 27
↳ Métier : Peacekeeper
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement, méfiant vis-à-vis de la Résistance
↳ Playlist : Woodkid - Conquest Of Spaces | Eivør - Into the Mist | Arctic Monkeys - Do I wanna know ? | Indochine - Le Grand Secret | Aviators - No More Heroes | Mc Solaar - La Belle et le Bad Boy | Matmatah - L'Apologie | Of Monsters And Men - Thousand Eyes | Mumford & Sons - Broken Crown | MISSIO - Anthem for the broken | Baha Men - Who Let The Dogs Out
↳ Citation : « L'anarchie est la plus haute expression de l'ordre. »
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #6666cc



les petits papiers
↳ Copyright: Thinkky ♥️ (vava) + Grey Wind (signa)
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « And they turn into monsters » MarcusxLiam   Mar 20 Fév - 14:27

Il a perdu le fil du temps depuis un bien long moment. Quelle heure est-il ? Il ne le sait plus. Probablement pas encore celle de se retirer, hélas. Ça l’arrangerait bien, pourtant. Il est fatigué, de tout. Fatigué d’attendre comme un poireau devant une porte. Fatigué de ne rien faire, de se contenter de s’ennuyer sagement. Fatigué d’être pris pour des missions tantôt trop violentes, tantôt trop calmes. Fatigué de peiner à trouver un équilibre dans tout cela. Pour tuer le temps, il ne peut que faire ce qu’il sait le mieux : râler. Râler contre cette impression pesante de perdre une journée. Râler contre le fait qu’autrement il serait probablement affecté à une nouvelle chasse aux rats. Râler parce qu’il n’ignore pourtant pas qu’il préfère être là qu’ailleurs. Il refait le monde plus d’une fois, sans s’en lasser. Que pourrait-il faire autrement ? Se contenter de dévisager ces membres du Gouvernement qui défilent devant lui, en retour des regards à peine glissés vers le larbin qu’il est ? Non, il est trop préoccupé à ruminer sa mauvaise humeur pour daigner s’occuper aussi simplement. Et puis, il n’en a cure d’eux, ils ne sont rien d’autre que les acteurs d’une sombre mascarade.

Et ce type dont il a été déclaré toutou officiel est l’un d’eux. Ça faisait bien longtemps qu’on ne l’avait pas attribué à une telle formalité. L’italien n’y aurait pas cru quelques semaines plus tôt. Comme quoi, il suffisait de montrer une inhabituelle faiblesse physique, due à une blessure et à de la fatigue, pour se voir recyclé vers d’autres occupations. On ne pouvait pas l’envoyer en première ligne, mais on ne pouvait pas non plus se passer d’une paire de bras supplémentaire en ces temps. Le choix avait été fait de l’envoyer servir de bouclier de ministre, ce qui ne serait pas sensé l’user excessivement. Pour l’heure, si on le lui demande, il ne prétendra pas le contraire. C’est pas assis à attendre que monsieur le ministre sorte de son bureau qu’il va être le plus éprouvé physiquement. Nerveusement, l’affaire est toute autre.

Mais, heureusement, son ennui semble presque toucher à sa fin. Il ne préfère pas se faire de faux espoirs, mais ce grincement de porte sonne à ses oreilles comme le signe d’un divertissement proche. Ne prenant pas Nero les jours sans déplacements notables de monsieur, il s’emmerde terriblement dans sa solitude. Si cette dernière peut s’achever, il ne va pas s’y opposer. Relevant le menton, il fait face à la mine sérieuse de l’homme au costard. Les affaires ne semblent pas avoir mis ce dernier de meilleure humeur que d’ordinaire. T’façon, il peut bien comprendre qu’être suivi en permanence ne doit pas être une sensation fort agréable. Mais il n’en a cure, lui, il se contente de se racheter un peu aux yeux de ses supérieurs en bossant correctement. Il quitte donc le sol et son inconfortable position d’attente, bien que toujours moins désagréable que celle de rester droit comme un piquet.

Sa propre obéissance le surprendrait dans d’autres circonstances. « Non j’viens. » marmonne-t-il , dans le vide, bien qu’il n’apprécie guère d’être comparé à un clébard dont l’intelligence se limite à courir après une vulgaire balle. Dans le fond, c’est un peu ce qu’il est condamné à être. Mais il le fait bien, du moment qu’il n’est pas traîné dans quelques emmerdes qui l’exaspèrent. Il aurait pu tomber sur pire, il le sait. Ça semble simple, avec monsieur Wiggins. Ou Liam, plutôt, bien qu’il ne se permette pas de familiarité, contrairement à ses habitudes. Ce serait un prétexte pour le faire recadrer, chose dont il n’a pas particulièrement envie. En ces temps, il préfère faire un peu profil bas, ça ne lui fait pas de mal. Et puis, il n’a pas beaucoup à se forcer. Le ministre parle beaucoup sans rien attendre de sa part, ce qui s’avère assez pratique.

Et s’il parlait, que dirait-il ? Rien de bien pertinent. Alors, sagement, comme demandé, il attend une nouvelle fois. Il ne sait pas exactement où ils se rendent, mais les questions commencent à émerger doucement. Qu’a-t-il prévu ? Où veut-il se rendre ? Marcus ne peut qu’espérer que ce ne soit pas non plus dans un des coins les moins réputés de la Nouvelle-Orléans, pour ne pas avoir à tirer le premier pour le protéger, même en prévention. Il ne pourrait pas se permettre d’être responsable de la mort d’un ministre, ce serait signer sa propre fin.

Monsieur réapparaît vite, sans lui avoir laissé trop de temps pour réfléchir. Le milicien hausse un sourcil, peu convaincu par les paroles lancées. Il attend davantage d’explications pour être convaincu de la nécessité d’abandonner son déguisement. Celle-ci ne tarde pas à arriver, sous son regard à demi désapprobateur. Son avis importe peu, de toute manière. Mais il n’est pas en faveur de cette sortie. En théorie, il devrait rester en uniforme puisque étant en service. En pratique, s’il risque de trop attiser les mauvais regards, il risque alors d’avoir du soucis à se faire. Le choix est vite fait. tshirt et jean attrapés, il file se changer en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Arme de service glissée dans son dos, coincée par le pantalon juste à sa taille. Par précaution, prend aussi ses recharges dans ses poches. Dans le fond, il a plus à craindre à proximité de l’arène que dans des quartiers comme ceux du nord. Le chagrin donne lieu à des réactions parfois imprévisibles, il lui faudra prendre garde à ne pas faire de jugement trop hâtif sur ce qu’il se passera autour d’eux.

Ne quittant pas son mutisme, il se contente de suivre le brun sans rechigner ni chercher à compter les minutes. Il ne le fait pas non plus avec le plus grand des enthousiasmes. Le Colosseum, franchement. Il s’en serait volontiers tenu loin un peu plus longtemps, mais il ne peut pas le laisser s’y rendre seul. « C’était pas prévu, cette sortie. » fait-il finalement remarquer. Il n’a pas été prévenu à l’avance, ce qui s’avère surprenant. « Ça va être long ? » ajoute-t-il, plus pour se faire une idée que pour râler. Il n’a pas le choix, de toute manière. C'est toujours mieux que d'aller courir après des Résistants.

HRP:
 

_________________
We dream, we wake on a cold hillside, we pursue the dream again. In the beginning was the dream, and the work of disenchantment never ends.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4679-do-you-wanna-know-me En ligne

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 1072
↳ Points : 1424
↳ Arrivé depuis le : 25/12/2015
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 35
↳ Métier : Ministre
↳ Opinion Politique : Quand on a le pouvoir, l'argent, et les passe-droits, on ne peut pas vraiment reprocher quoique ce soit au gouvernement en place.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 ( Niveau 4 en Guérison & Prémonition.) Niveau 84 en Serviettophilie
↳ Playlist : WOODKID - Iron ⚘ METALLICA - One ⚘ JOE HISAISHI - Princess Mononoke ⚘ JUSTICE - Planisphère ⚘ DAFT PUNK - Harder, Better, Faster, Stronger ⚘ PINK FLOYD - Wish you were here ⚘ BANKS - Waiting game ⚘ CAT STEVENS - Wild World (skins version) ⚘ MT. EDEN - Escape ⚘ THE GLITCH MOB - Between two points ⚘ BRITNEY SPEARS - Toxic ⚘ METALLICA - Master of Puppets ⚘ PLESTED - Habits ⚘ GORILLAZ - Humility ⚘
↳ Citation : ‘When life gives you lemons, don't make lemonade - make life take the lemons back! Get mad! I don't want your damn lemons, what am I supposed to do with these? Demand to see life's manager. [..]’ C. J
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #6699CC



les petits papiers
↳ Copyright: © Poupée Morose ♥ ; U2 ; Sial
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « And they turn into monsters » MarcusxLiam   Mar 20 Fév - 22:43

Rex est étrangement silencieux. Pas une fois il n'a tenté de me dissuader, il n'a même pas pris la peine de râler. Et bien que ça ait quelque chose d'agréable de ne pas devoir batailler dans le vide, je n'en reste pas moins surpris. Il n'est pas le premier qu'on me colle sous le nez, et tous ont vite abandonné. Mais il a quelque chose de différent, ce Rex là, quelque chose que tous les autres n'avaient pas.

Il ne proteste pas non plus lorsque je lui demande de se changer. Et je me retrouve pendant quelques minutes seul, dans ce hall. Ça aurait pu être une stratégie pour me tirer pendant qu'il avait le dos tourner. Profiter de cet instant pour partir et aller tout autre part que ce que j'avais annoncé. Je regarde le monde bouger autour de moi et quelques secondes je me demande pourquoi je n'ai pas fait ça. Peut-être parce que malgré mon envie oppressante de retourner là bas, j'ai peur d'y aller seul, au fond. Et que Rex n'est peut-être pas mon premier choix mais il est là, et c'est toujours mieux que rien. Je soupire lorsqu'il revient, dans mes fringues.

Décidément, ma façon de penser aujourd'hui me laisse perplexe. Et puis nous voilà sortis, à l'air frais – enfin frais. Nous voilà face au vrai monde, pas dans un bâtiment qui fait semblant. Je prends le temps d'observer la vie autour de nous et comme d'habitude, j'y vois plus de cris que de rires. J'aurais pu passer le trajet sans un mot, peut-être justement, parce que je ne savais pas trop quoi penser de ce moment, de ces sentiments qui tourbillonnent à l'intérieur de moi. Le garde ouvre enfin la bouche et malgré moi, je souris. « Ah mais c'est qu'en plus il est capable de poser des questions. »

Toujours plus agréable, toujours plus doux. Je pose mes prunelles dans les siennes alors que l'on continue de marcher doucement pour reprendre, un peu plus poliment. « Non, ce n'était pas prévu mais bon. Je crois pouvoir dire sans mal que tu ne t'amusais pas beaucoup assis devant la porte, alors dis-toi qu'au moins on prend l'air. » Je souris, sans doute pour chercher à me rassurer et peut-être un peu à camoufler la vérité.

« Je ne sais pas si ça va être long, en vérité. » Je hausse les épaules, sincère. Je n'ai pas la moindre idée du temps que ma lubie va durer ou même de ce que je vais trouver là bas, si je trouve autre chose que de la douleur et de la misère. Mais c'est plus fort que moi, il faut que j'y retourne, il faut que je vois cet endroit, un an plus tard. Il faut que je fasse face à mon passé, à tout ce que j'ai fait et que je n'ai pas fait. Mais ça, évidemment, je me garde de le dire à Rex.

Mes yeux se posent sur des passants qui se hurlent dessus sur le trottoir d'en face tandis que l'agitation habituelle de la Nouvelle Orléans bat son plein. Détournant le regard pour me concentrer sur celui qui m'accompagne, je dis, en ayant enfin coupé ce ton politicien. « Le monde ne va pas bien. Je dis pas ça parce qu'on est obligé de me coller un garde ou parce que des bombes explosent un peu partout. Je dis ça parce que tu vois, ces gens, là bas. » Je lève le menton vers ceux qui hurlent toujours plus fort, à s'en péter les poumons, à s'en casser les cordes vocales. « Ces gens là, ils vont tellement mal qu'ils se fichent du regard des autres. Et quand le monde commence à se foutre du regard de la société, c'est qu'il est prêt à exploser. »

Je me tais, quelques minutes, laissant cette scène horrifique envahir mon esprit avant de détourner à nouveau le regard et respirer à nouveau. Le monde va mal, et ce n'est pas seulement à cause du gouvernement et de la résistance. Il y a quelque chose de plus profond que les bombes posées, que les mesures imposées. Quelque chose qui fait plus mal, qui bouffe l'humanité. Mais Rex n'a sans doute pas envie de m'entendre penser. Du coup, naturellement, je change de sujet – après tout, on a une bonne marche et le silence deviendrait pesant si l'on devait écouter la rue plutôt que nos voix. « T'en es venu comment à être Chien de Garde, dis-moi ? T'as fait une connerie, quelque chose comme ça ? » Ma question ne contient aucune forme d'ironie ou même de moquerie. C'est sincère, parce que ce mec, même s'il m'indiffère, a l'air de sacrément s'ennuyer devant mon bureau, et il aurait fallu être aveugle pour ne pas le remarquer. « Si t'as besoin que je te fasse changer de poste, t'as qu'à demander. Je suis peut-être un sacré connard mais je n'impose ma présence à personne. » Je souris, les paroles de mon frère sur le libre arbitre toujours dans un coin de ma tête, avant de réaliser que le type à côté de moi, ne va peut-être pas apprécier son petit surnom – bien que je le trouve extrêmement mignon. « Tu t'appelles comment d'ailleurs ? »

Les mains dans les poches, cherchant à camoufler l'horreur de la vie qui meurt, cherchant à faire taire les murmures de peur qui nous entourent, je garde mes iris sur mon compagnon pour ces quelques heures. Après tout, au point où on en est, on peut sans doute apprendre à se connaître. Qu'est-ce qu'on risque à se parler ?

_________________

» see the stone set in your eyes see the thorn twist in your side i wait for you sleight of hand and twist of fate on a bed of nails she makes me wait and i wait, without you.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3207-liam-bad-reflect http://www.mercy-in-darkness.org/t5905-between-two-points-liam#254546

RUNNING TO STAND STILL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 2643
↳ Points : 1274
↳ Arrivé depuis le : 16/04/2017
↳ Age : 19
↳ Avatar : Stephen James
↳ Age du Personnage : 27
↳ Métier : Peacekeeper
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement, méfiant vis-à-vis de la Résistance
↳ Playlist : Woodkid - Conquest Of Spaces | Eivør - Into the Mist | Arctic Monkeys - Do I wanna know ? | Indochine - Le Grand Secret | Aviators - No More Heroes | Mc Solaar - La Belle et le Bad Boy | Matmatah - L'Apologie | Of Monsters And Men - Thousand Eyes | Mumford & Sons - Broken Crown | MISSIO - Anthem for the broken | Baha Men - Who Let The Dogs Out
↳ Citation : « L'anarchie est la plus haute expression de l'ordre. »
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #6666cc



les petits papiers
↳ Copyright: Thinkky ♥️ (vava) + Grey Wind (signa)
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « And they turn into monsters » MarcusxLiam   Ven 23 Fév - 0:56

Les rues défilent sous leurs pas, rues qu’il ne connaît que trop bien. Que ce soit grâce à ses rondes répétées en service, ou ces heures d’errance durant lesquelles il a mit à l’épreuve ses sens, il a vite appris à connaître la ville dans une grande part de ses recoins. Il se laisse guider, par principe, bien qu’il connaisse la route pour l’avoir empruntée plus d’une fois. Il n’a jamais aimé le Colosseum. Plus précisément, il n’a jamais aimé cette fausse image de la justice qu’il véhicule. Quels que soient les crimes commis, il ne supporte d’y conduire personne. Alors rôder volontairement dans ses alentours, ce n’est pas dans ses habitudes. Pas plus que de s’y rendre admirer le spectacle, il ne le fait qu’à contrecœur, lorsqu’il s’y voit obligé. Il peine à comprendre la volonté de s’y rendre que peut éprouver le ministre et ne peut qu’espérer qu’il n’ait pas envie d’aller voir un de ces numéros. Sont tous un peu tordus dans ce Gouvernement de malheur, il se méfie, ce serait possible.

Pique lancée qui lui cloue le bec, mais ne lui hôte pas l’envie d’obtenir quelques explications. Ces dernières ne tardent pas à venir, à sa plus grande satisfaction. Un soupir lui échappe alors. Mais oui, pour sûr, il le remercierait volontiers pour ce changement d’air qu’il lui offre si généreusement, tout autant qu’il lui baiserait bien les pieds tout en le vénérant. Il se porte mieux dehors qu’à poireauter comme un nigaud toute la journée, certes, mais il ne l’admettra pas de vive-voix. Pour ne pas lui donner raison. S’il n’aime pas la tournure que prend la majorité de ses missions ponctuelles, elles ont au moins le mérite de ne pas l’ennuyer. Il n’y a rien de pire que de devoir tuer le temps. Ce n’est pas son domaine d’excellence, c’en est certain. Tout autant que de jaser pour rien. Mais ça, Liam n’en semble pas dérangé. Il cause largement pour deux, du moins assez pour Marcus.

Surpris, il hausse un sourcil, plongeant son regard vers celui de sa prunelle attitrée. Il est sacrément curieux, ce type. D’abord la destination, maintenant les vagues informations. Sait-il au moins pourquoi il veut s’y rendre ? Une réponse négative ne l’étonnerait même pas. Il ne comprend pas. Un ministre n’a-t-il pas, normalement, un emploi du temps chargé ? Décidément, il y en a toujours à apprendre, et il a le sentiment, autant agréable que le contraire, qu’il n’est pas au bout ni de ses peines, ni de ses surprises. La question reste à savoir comment les encaisser. Ce serait assez dommage, et con de sa part, de s’emporter alors qu’il sert justement de toutou pour montrer qu’il est encore capable de se tenir à carreau. Une inspiration, et il chasse ces mauvaises pensées.

De toute manière, si monsieur le ministre continue ainsi, il n’aura plus le temps de penser à quoi que ce soit. L’italien, n’ayant pas capté ce qu’il commence à raconter, écoute sans trop chercher à comprendre. Le monde ne va pas bien. Oui, pertinent. Mais surprenant, venant de sa bouche. Sa curiosité est piquée, et son regard suit la direction indiquée. Il n’y a pas spécialement prêté attention, à ces gens-là. Il en voit tous les jours, beaucoup trop pour y réagir encore. Ils ne sont pas spécialement dangereux, dans le fond. Du moins, ce ne sont pas eux qui l’inquiètent le plus. Oui, ça hurle. Oui, le monde va mal. « Mais c’est pas ton job aussi, de faire en sorte qu’il aille bien ? » Règle de politesse oubliée, la question lui échappe involontairement. Il ne s’en rend compte que trop tard. Il a peut-être fait une gaffe, mais tant pis, si c’est sorti, c’est qu’il fallait que ça sorte.

N’est-ce pas au Gouvernement d’établir les lois pour permettre à la société de vivre dans les meilleurs conditions possibles, c’est-à-dire plus avec unité que divisée, tout en respectant certaines limites ? Si ça va si mal, le tatoué estime que Liam en est en partie responsable. Tout autant que lui-même, employé de la Milice, peut l’être. Ils ont tous leur dose de responsabilité dans cette histoire. Ils servent tous deux ce même marionnettiste. Tout le monde est usé, à force, ne serait-ce que de voir deux camps s’entre-déchirer, jusqu’à presque en oublier la nécessité de collaborer pour espérer voir continuer la survie globale. À la longue, ya p’têtre un soucis dans l’ordre des priorités, même s’il ne peut pas dire qu’il devienne pressant de revenir sur des questions de politique.

Profitant du silence de son interlocuteur, il chasse ses idées de son esprit. C’est pas le moment de se lancer dans un débat. Mais monsieur n’est toujours pas décidé à le lâcher. Les questions fusent, et frappent en plein dans le mile. Que lui vaut un intérêt si soudain ? S’il cherche une réponse négative, il ne la trouvera pas. Marcus ne peut pas lui offrir le luxe de se tromper. Il l’enverrait bien bouler, aussi, mais n’en fait rien. Avec ce qui a été dit plus tôt, ça mérite de savoir s’il a du soucis à se faire pour sa pomme, ou non. « J’ai sûrement montré un peu trop ouvertement que je n’approuvais pas certaines choses. » Même beaucoup, pour ne pas dire la quasi-totalité. Laisser filer les Résistants, refuser de leur tirer dessus le premier, à force, ça n’est plus discret. Il a fait l’erreur de ne pas assez prendre sur lui, principalement.

« Mais te fais pas de soucis pour tes fesses, j’vais pas rester les bras croisés si on t’agresse. » Loin de là. Il n’est pas assez entêté au point de prendre le risque d’en perdre son travail pour de bon. Il ferait quoi, sinon ? Rien. Si la proposition suivante est quelque peu intéressante, il n’est pas certain de vouloir saisir cette perche qui lui est tendue. « Pour l’instant j’compte pas aller ailleurs. » marmonne-t-il en guise de réponse. Ce nouveau statut a tout de même quelques avantages, il ne peut le nier. Pour l’instant, il y a nettement moins risqué sa vie. La plupart du temps, il surveille une porte, il existe largement plus dangereux. Au moins, il est loin de la mine, des égouts et de Treme, c’est déjà ça. « Par contre si t’as régulièrement des envies tordues comme celle-ci, jte garantis pas que je tiendrai longtemps. » Une fois, ok. Deux fois, passe encore. Mais il ne compte pas passer son temps sur le qui-vive tout en étant sous-équipé en cas de problème.

« Et c’est Marcus. » ajoute-t-il enfin. « J’réponds mieux par ça que si tu me siffles. » Parce qu’il n’est pas non plus comme son cher malinois. Parce qu’il n’a pas été dressé au doigt et à l’œil ou, du moins, n’a pas accepté de l’être, contrairement à certains. S’animaliser n’est pas encore à l’ordre du jour, et ne le sera pas, il ne compte pas là-dessus. Non pas qu’il n’aime pas les bêtes, loin de là.

_________________
We dream, we wake on a cold hillside, we pursue the dream again. In the beginning was the dream, and the work of disenchantment never ends.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4679-do-you-wanna-know-me En ligne

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 1072
↳ Points : 1424
↳ Arrivé depuis le : 25/12/2015
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 35
↳ Métier : Ministre
↳ Opinion Politique : Quand on a le pouvoir, l'argent, et les passe-droits, on ne peut pas vraiment reprocher quoique ce soit au gouvernement en place.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 ( Niveau 4 en Guérison & Prémonition.) Niveau 84 en Serviettophilie
↳ Playlist : WOODKID - Iron ⚘ METALLICA - One ⚘ JOE HISAISHI - Princess Mononoke ⚘ JUSTICE - Planisphère ⚘ DAFT PUNK - Harder, Better, Faster, Stronger ⚘ PINK FLOYD - Wish you were here ⚘ BANKS - Waiting game ⚘ CAT STEVENS - Wild World (skins version) ⚘ MT. EDEN - Escape ⚘ THE GLITCH MOB - Between two points ⚘ BRITNEY SPEARS - Toxic ⚘ METALLICA - Master of Puppets ⚘ PLESTED - Habits ⚘ GORILLAZ - Humility ⚘
↳ Citation : ‘When life gives you lemons, don't make lemonade - make life take the lemons back! Get mad! I don't want your damn lemons, what am I supposed to do with these? Demand to see life's manager. [..]’ C. J
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #6699CC



les petits papiers
↳ Copyright: © Poupée Morose ♥ ; U2 ; Sial
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « And they turn into monsters » MarcusxLiam   Lun 26 Fév - 2:39

Le chien de garde relève un point intéressant, tout à fait juste, d'une certaine manière. N'est-ce pas mon job de faire en sorte que le monde aille bien. Je souris à sa remarque, soupire en continuant d'observer la scène quelques instants avant de prendre le temps de répondre, étrangement doux. « Si tout le monde faisait son travail correctement, on ne serait pas là. Ni toi, ni moi, ni eux. »

Peu importe qu'il ne m'ait pas vouvoyé, baisé les pieds et les mains. Peu importe qu'il montre ouvertement qu'il n'a clairement pas peur de moi et du pouvoir qui se dégage de ma fonction. Au contraire, même, cette facilité avec laquelle il s'est adressé à moi me donne envie de creuser un peu plus et voir ce qu'il renferme, mon petit Rex. Je l'observe un peu plus attentivement, lui et ses réactions, dans le silence qui s'installe entre nous. Il suffit de le voir d'un peu plus près, ce petit, pour voir qu'il bouillonne de l'intérieur. Qu'il a une rage, un mécontentement et sans doute des idéaux pour lesquels il aimerait se battre.

Il a cette passion, collée au fond de lui qui me laisse un certain goût de nostalgie. Je prends à nouveau la parole, cherche à l'entendre un peu plus, dirige la conversation sur lui pour voir où cela nous mènera, et rapidement, j'oublie la rue, j'oublie le monde, j'ai une toute nouvelle occupation, bien plus captivante sur l'instant. Et puis la voix du tatoué s'élève, il parle avec cette simplicité et cette sincérité qui bien qu'agréables, me surprennent un peu. N'a-t-il pas conscience du danger, ou bien n'a-t-il tout simplement plus peur de rien ? Je l'écoute, silencieux, attentif. J'avais lu son dossier avant qu'on me l'assigne. Quelques remises en place, des notes, des choses qui doivent sans doute hérisser le poil de Morienval dès qu'il en entend parler mais qui, personnellement, me rassurent un peu sur l'avenir du monde. Pourtant il n'est pas sensé savoir ça de moi, alors que cherche-t-il exactement ?

La remarque qui suit m'arrache un rire au coin des lèvres. Même si je n'avais pas vraiment envie de mourir dans les rues de la Nouvelle-Orléans, je ne lui en aurais certainement pas voulu si lui, avait voulu me voir mort. Et puis le jeune continue dans son honnêteté et me met de plus en plus à l'aise, me rend de plus en plus curieux. Il a du répondant et sans doute un peu trop de franc parler vu son poste, ceci dit, ce n'est pas pour me déplaire.

« Bien, tu peux m'appeler Liam. J'imagine que tu ne te serais pas gêné mais je préfère le préciser, tu sais, faire semblant d'avoir encore un minimum d'autorité sur toi. » Je lui adresse un sourire légèrement taquin alors que notre destination se rapproche lentement. « Tu sais, Marcus, il est rare aujourd'hui de voir quelqu'un aillant tes responsabilités oser la carte de l'honnêteté et de la franchise. Tu m'amènes d'ailleurs à me poser quelques questions. N'as tu pas peur de moi ? Ou bien n'as tu juste pas peur ? »

Sincère, ni froid, ni moqueur. La question est réel et mon intérêt pour la réponse l'est aussi. Autour de nous, les rues sont toujours aussi bruyantes et continuant de me forcer à les ignorer, je reprends. « Je n'ai pas pour but de te faire faire une dépression. Je dois bien reconnaître qu'avoir un chien de garde n'est vraiment pas quelque chose qui me plaît – mais je crois que tu l'avais remarqué. Ce n'est pas contre toi ceci-dit, simplement je trouve cela bien inutile si tu veux mon avis. »

Je cherche son regard de temps à autres et vois le Colosseum se dessiner au loin, devant nous. Machinalement, je ralentis, m'arrête presque alors que mes yeux ne quittent plus les imposantes arènes. Un long soupir qui vient du fond de mes entrailles et resserre un peu mon cœur au passage me coupe totalement dans mon élan, me coupe de Marcus, de notre discussion et même de mon intérêt pour lui.

Pendant quelques instants, j'oublie tout, jusqu'à lui, jusqu'à moi. Parce que revoir les arènes c'est me faire appeler par le nom de mon frère, subir un jugement au nom d'un autre, un jugement pour une tentative d’assassinat dont j'ai toujours une cicatrice. Cicatrice qui se met à me brûler soudainement, me laisse une grimace sur le visage avant de me faire défiler les images de cette période comme si j'en avais été spectateur, comme si ça n'avait pas été moi. Tout cela semble irréel, tout cela semble si loin, j'ai l'impression d'avoir vécu mille et une vies depuis. Je ne sais même pas si je respire, je ne sais même pas si l'homme à mes côtés tente de me parler. J'entends les cris, j'entends le public. J'entends le bruit, je ressens la peur et même les quelques vertiges. La fatigue, assommante et épuisante. Je ressens tout, comme si j'y étais.

Un coup dans mon épaule me sort de ma vision d'horreur et sans avoir eu le temps de voir le passant qui m'a bousculé sans faire exprès, je tente de reprendre mes esprits en me tournant vers le brun à mes côtés. « Désolé, j'étais ailleurs. » Sans blague, il l'avait certainement remarqué. Me sentant toujours un peu fébrile, je reprends dans un sourire, cette fois-ci teinté de cette peur lointaine et cette tristesse presque invisible. « On aura peut-être pas besoin d'aller jusque là bas finalement. Je ne suis pas sûr d'en avoir la force. »

Pas sûr d'avoir le courage d'affronter mes propres souvenirs. Pas sûr d'être capable de m'approprier cette période de ma vie où je n'étais pas vraiment moi. Plus sûr de rien, à vrai dire. Je passe une main sur ma nuque avant de reprendre lentement à marcher malgré tout. Peut-être pour être certain de ne pas en être capable, peut-être pour me mettre au défi à ma manière et d'une certaine façon, me battre pour devenir qui je suis vraiment. Mais ça, même si le Garde a eu plus de vérité que prévu, il n'en saura pas un mot. Personne ne doit savoir, certainement pas quelqu'un qui peut me trahir du jour au lendemain. Certainement pas quelqu'un qui pourrait avoir lui aussi ma vie entre ses mains.

_________________

» see the stone set in your eyes see the thorn twist in your side i wait for you sleight of hand and twist of fate on a bed of nails she makes me wait and i wait, without you.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3207-liam-bad-reflect http://www.mercy-in-darkness.org/t5905-between-two-points-liam#254546

RUNNING TO STAND STILL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 2643
↳ Points : 1274
↳ Arrivé depuis le : 16/04/2017
↳ Age : 19
↳ Avatar : Stephen James
↳ Age du Personnage : 27
↳ Métier : Peacekeeper
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement, méfiant vis-à-vis de la Résistance
↳ Playlist : Woodkid - Conquest Of Spaces | Eivør - Into the Mist | Arctic Monkeys - Do I wanna know ? | Indochine - Le Grand Secret | Aviators - No More Heroes | Mc Solaar - La Belle et le Bad Boy | Matmatah - L'Apologie | Of Monsters And Men - Thousand Eyes | Mumford & Sons - Broken Crown | MISSIO - Anthem for the broken | Baha Men - Who Let The Dogs Out
↳ Citation : « L'anarchie est la plus haute expression de l'ordre. »
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #6666cc



les petits papiers
↳ Copyright: Thinkky ♥️ (vava) + Grey Wind (signa)
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « And they turn into monsters » MarcusxLiam   Mar 27 Fév - 12:51

La réponse à sa remarque ne tarde pas à venir, d’un ton qui ne manque pas de le surprendre. Il ne s’y était pas préparé. Au contraire, il pensait plutôt avoir franchi la limite. Il se serait attendu à se faire remettre à sa place, comme il lui arrive de l’être régulièrement. Mais non, le ministre ne fait rien, le laisse s’en tirer comme ça, comme s’il n’y avait rien d’anormal. Un sourire lui échappe même, arrachant un léger mouvement de recul à l’italien. Voilà qui est curieusement inhabituel. Pour éviter d’aggraver son cas, il se contente de hocher silencieusement la tête pour approuver sa réponse. Pour sûr, dans le fond, ils sont tous responsables, à des intensités probablement variées. Le moment n’est peut-être pas venu d’en débattre, il préfère en rester là plutôt que de risquer de s’enfoncer une nouvelle fois. Et puis, il en a, d’autres choses à dire, d’autres questions auxquelles répondre.

Il parle, sans trop savoir pourquoi. C’est ainsi, spontané. Réduit au minimum, certes, mais en dévoilant déjà trop. Il ne peut pas lutter contre ce réflexe qu’est celui de tâter le terrain. Il n’a pas réellement pu le faire plus tôt. Derrière une porte, ce n’était pas des plus pratique. Ça ne l’a peut-être pas aidé, de rester autant de temps sans rien dire, à se contenter de faire le chien de garde inutile. À présent qu’ils sont en terrain presque neutre, il prend ses ailes, sûrement trop. Les réactions de l’homme à ses côtés le font baigner dans l’hésitation. Il ne sait pas comment prendre ce rire. S’il doit sortir les pincettes pour se préparer à éviter le pire ou s’il doit prendre de l’assurance et continuer de sonder la frontière entre l’acceptable et ce qui ne l’est pas. Dans le doute, il va continuer d’avancer prudemment, trop curieux pour s’en arrêter là.

« T’en as, de l’autorité. »
lâche-t-il, face à la remarque de Liam, puisqu’il a donc l’autorisation verbale de l’appeler ainsi. Il ne dit pas ça pour l’acheter, non. C’est un constat, tout simplement. Marcus ne pense pas qu’il soit encore assez fou pour s’opposer trop franchement à quelqu’un comme lui. Du moins, pas s’il lui somme ouvertement quelque requête que ce soit. Il ne peut pas se permettre trop d’abus, tout de même. Les questions qui fusent ensuite le plongent dans le silence. Il est pris de court, n’ayant pas pensé plus tôt que Liam pourrait l’interroger autant. Dans le fond, il s’était plutôt préparé à se faire traîner à travers les rues comme un boulet. Hésitant, il ne sait trop quoi répondre, ni même s’il ne deviendrait pas dangereux de continuer à bavarder de la sorte. Mais, comme il lui a dit, il reconnaît tout de même en lui une certaine autorité. « Bien sûr que si, j’ai peur. Comme tout le monde, je pense. » avoue-t-il alors.

De Liam, non. De sa fonction de ministre, oui. Parce que sa principale horreur se porte sur le pouvoir, et ce qu’il est capable de faire une fois en possession des hommes. Il n’échappe pas à sa nature humaine, et aux craintes qu’elle comprend. Elles existent en son être tout comme chez la plupart des autres. Chacune d’elle est plus ou moins dissimulée, plus ou moins intense, plus ou moins contrôlée. Elles sont variées, s’étendant de celle de perdre son compagnon canin avant l’heure jusqu’à celle de s’engager dans la mauvaise voie. C’est pour cela même qu’il ne s’est jamais laissé séduire par la Résistance, et qu’il ignore encore s’il sera capable de l’être un jour. Et puis, elles ne l’empêchent pas de vivre, ses peurs, au contraire. S’il n’avait vraiment peur de rien, il ne serait sûrement plus de ce monde.

Et puis, l’autre aussi semble jouer la carte de la sincérité, le surprenant au passage. L’italien répond d’abord d’un haussement d’épaules. « Ça doit les rassurer. » D’une certaine manière, c’est toujours mieux que rien. Ils doivent avoir peur, eux aussi, au Gouvernement. Peur de perdre des éléments qui leur conviennent et de devoir les remplacer. « Mais s’ils ont vraiment peur de te perdre, à leur place j’t’aurais plutôt collé quelqu’un d’autre. » Un shadowhunter, par exemple. Une vraie machine à tuer, qui n’aurait pas la conscience torturée après avoir appuyé sur la gâchette pour garder en vie un type qui lui est inconnu. Marcus, lui, n’est pas infatigable. À la longue, à prendre sur lui, il faiblit, pète un fusible. Mais tant que ce qu’on lui demande reste de son ressort, il continue, faut juste pas lui demander de prendre un rôle pour lequel il n’a pas été formé. Il n’attaquera jamais, contrairement aux noirauds, il protège.

Il ne prend pas la mesure du temps, mais le silence suivant lui semble long. Il ignore ce qui peut bien se passer dans la tête de Liam, et n’est pas certain de vouloir le savoir. Ce ne sont pas ses oignons, après tout. Continuant d’avancer, il laisse alors son regard balayer ce qui les entoure, les façades, les passants, et plus loin, le Colosseum. L’arène ne s’est jamais vraiment fondue dans le paysage, du moins de son avis. Sa trivialité empeste à sa simple vue. Au milieu de cette modernité, bien que fragilisée par la tournure de leur époque, il y a cet imposant édifice. Ce retour en arrière, ce vestige de pratiques antiques. Elle est belle, la justice. Réduite à son fonctionnement ancien, plus lié à de la chance et à la loi du plus fort qu’à toute autre chose. Il ne sait pas combien de personnes il a pu y conduire ces dernières années pour être jugées mais ne veut pas le savoir. Question de ne pas accroître ce poids qui pèse déjà sur ses épaules. Il ne leur manque plus que l’Empereur, et les voici prêts à retourner à Rome, deux millénaires en arrière de leur temps.

Finalement, le ministre semble parvenir à retrouver sa langue. « T’as pas à t’excuser. » marmonne-t-il. S’il se met à le traiter comme son égal, Liam ne l’aidera pas. Au contraire, il ne fait que le surprendre, et briser peu à peu ses préjugés. Mais il n’a pas le temps de s’arrêter sur ses réflexions. D’un haussement de sourcil, il se tourne vers lui, surpris. Il renonce ? Le milicien ne comprend pas, sa motivation paraît évaporée dans son intégralité. Il marque l’arrêt, puis un soupir. « Faut retourner à ton bureau alors ? » Il ne demande pas le pourquoi du comment, cela ne le regarde pas. Seulement, l’idée de faire demi-tour ne lui plaît pas. C’est trop facile, de retourner là-bas. Il n’y a que de la monotonie et son inséparable ennui, rien de mieux pour le rendre fou. « Enfin, tant mieux. » Il consent tout aussi facilement à ne pas y aller, après tout ça ne sera pas une grande et merveilleuse aventure de manquée. Il pourra s’éviter d’approcher l’arène de trop près, et d’en bouillonner, c’est toujours bon à prendre.

_________________
We dream, we wake on a cold hillside, we pursue the dream again. In the beginning was the dream, and the work of disenchantment never ends.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4679-do-you-wanna-know-me En ligne

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 1072
↳ Points : 1424
↳ Arrivé depuis le : 25/12/2015
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 35
↳ Métier : Ministre
↳ Opinion Politique : Quand on a le pouvoir, l'argent, et les passe-droits, on ne peut pas vraiment reprocher quoique ce soit au gouvernement en place.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 ( Niveau 4 en Guérison & Prémonition.) Niveau 84 en Serviettophilie
↳ Playlist : WOODKID - Iron ⚘ METALLICA - One ⚘ JOE HISAISHI - Princess Mononoke ⚘ JUSTICE - Planisphère ⚘ DAFT PUNK - Harder, Better, Faster, Stronger ⚘ PINK FLOYD - Wish you were here ⚘ BANKS - Waiting game ⚘ CAT STEVENS - Wild World (skins version) ⚘ MT. EDEN - Escape ⚘ THE GLITCH MOB - Between two points ⚘ BRITNEY SPEARS - Toxic ⚘ METALLICA - Master of Puppets ⚘ PLESTED - Habits ⚘ GORILLAZ - Humility ⚘
↳ Citation : ‘When life gives you lemons, don't make lemonade - make life take the lemons back! Get mad! I don't want your damn lemons, what am I supposed to do with these? Demand to see life's manager. [..]’ C. J
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #6699CC



les petits papiers
↳ Copyright: © Poupée Morose ♥ ; U2 ; Sial
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « And they turn into monsters » MarcusxLiam   Mar 27 Fév - 16:20

Je souris à la répartie du milicien, encore une fois. Je ne sais pas s'il cherche à me rassurer ou non, s'il est complètement sincère ou s'il lui reste une part de réelle peur. Peur du statut de ministre, de l'homme au regard froid qui peut détruire la vie d'un autre en une simple décision. Peu importe après tout, quelque soit sa raison, sa spontanéité est rafraîchissante dans un monde où tout se pèse, tout le monde se jauge, moi le premier. La conversation se poursuit avec une réelle interrogation de ma part, une interrogation sur la peur.

Cette foutue peur qui régit le monde. Nous sommes dans une Dictature, nous tenons tout le monde par la peur. La peur de mourir de faim, de mourir tout court. La peur de se voir arraché à sa famille ou encore de voir un divertissement public nous servir de jugement dernier. Le monde reproduit sans cesse ses propres erreurs et avec l'apocalypse, nous avons reproduit les plus grosses. Installer un régime comme celui sous lequel on se trouve, pousser une résistance à murmurer au creux de l'oreille des gens. Tout ce qui se passe aujourd'hui, je l'ai déjà lu dans des milliers de livres d'Histoire. Et aucun, aucun de ses livres ne se terminaient bien. Alors la réponse de Marcus, qui admet naturellement avoir peur, n'a rien de honteux, rien de pas viril ou que sais-je encore. Non, elle est logique sa réponse. Parce que c'est la peur qui nous tient encore en vie aujourd'hui. Je pose quelques secondes mes yeux dans les siens, pour observer un peu plus ses expressions, son visage lorsqu'il parle de peur, de ce monde qui ne tourne pas rond.

Toujours dans sa carte de l'honnêteté, le tatoué commente ma remarque sur le Gouvernement, les rassurer. Malgré sa vision des choses, malgré ce côté un peu rebelle, il reste bien naïf. Le Gouvernement n'en a rien à foutre de ses sujets. Peu importe le grade, peu importe le visage. Aucun de nous ne compte, ce qui compte, c'est de garder ce monde sous un silence de Terreur. Et si l'on devait m'assassiner pour ça, le Gouvernement tiendrait le revolver avec la balle pour me tuer, avant même que la Résistance n'essaie. Pourtant, cet espèce d'espoir qui reste en lui, cette sorte de naïveté que j'ai perdu il y a bien longtemps à quelque chose d'apaisant, presque soulageant.

Parce que s'il reste de l'espoir dans le crâne de certains, alors le monde s'en sortira peut-être, finalement. Ses mots sur leur choix quant à mon chien de garde me laisse un rictus sur les lèvres, et malgré moi, je ne peux pas m'empêcher de répondre. « C'est moi qui t'ai choisi à vrai dire. J'ai plusieurs dossiers qui sont passés sur mon bureau. Une SPA de chiens de garde et moi qui choisis lequel adopter, tu vois. » Et le dossier m'a plu, du moins, c'était le moins pire de tous. Le mec avait eu des avertissements, il ne disait pas amen au Gouvernement. Il semblait un peu dissipé et me laissait une chance au final de pouvoir continuer à vivre malgré sa mission.

Et puis voilà cette vision du Colosseum. Voilà ces souvenirs qui m'envahissent, m'oppressent et me font revivre des choses que j'avais presque oubliées. Voilà des sensations que je ne pensais jamais avoir à subir à nouveau. Des voix, des murmures, des cris d'agonie. La prison, tous les jours, les barreaux, le fer. Cette position, ces regards. Le mec qui a tiré sur un ministre, sur son frère. Nolan, être dans la peau de Nolan. Se trouver à avoir des douleurs fantômes dans les reins, des symptômes qui n'ont jamais été les miens. Le souffle coupé, les pupilles qui sautent. Le tout un peu trop violent, comme une énorme claque, une claque que je n'étais peut-être pas prêt à prendre. Et puis le retour à la réalité, l'air pourri dans mes narines et le monde qui vit, qui cri, pas dans la même agonie. La peur, mais pas la mienne. La chaleur mais avec le soleil. Mon regard qui se pose sur le garde et des excuses, un retour en arrière presque réflexe, comme un signal de protection.

Parce que si la simple vision du Colosseum me fait ça, alors que va-t-il se passer une fois là bas ? Je soupire, mal à l'aise, avec ma tête qui cogne et mes pensées qui se bousculent. Et puis Marcus parle, une fois de plus. De simples mots. Trop peu de mots, au final. Mais des mots qui font mal, des mots qui piquent mon ego et ma fierté. Je relève le menton et pose des yeux plus durs sur lui. Cette fois-ci, je ne joue plus. C'est fini la simple curiosité, fini la gentillesse pour passer le temps. Non pas qu'il n'aurait pas du dire ça, simplement, que là, les masques tombent entièrement.

Et je n'ai jamais été le plus gentil des Wiggins, pas plus que le plus délicat. Plus de ministre, juste Liam, face à Marcus. Plus de Monsieur, face à Rex. Plus de Costume, face à l'uniforme. Juste deux hommes, égaux. Juste moi, entièrement, vexé et déterminé à montrer que j'en suis capable. Comme un gamin débile qui s'est senti mis au défi sans l'être vraiment. Challenge accepted.

« Non t'as raison, après tout je t'ai pas encore fait pisser au coin d'un bâtiment. » Et voilà, la connerie pure et dure. Pas tellement dirigée contre Marcus mais par besoin de se défendre, de montrer que je suis capable de me battre et de le faire. De surmonter mes propres peurs et mon passé, peu importe qu'il soit là ou non. « Bon, on avance ou quoi ? » Mon ton, mon regard, mon tout, définitivement plus dur et plus froid avance à la suite sans plus le regarder, sans plus les mêmes idées. L'envie de connaître Marcus n'a pas disparue, non, elle est juste enfouie sous une tonne de mépris et de colère, une tonne de ressentiments contre le monde et sa façon de faire.

« Tu sais, Marcus, y a quelque chose d'intéressant avec les gens comme toi. » C'est parti pour passer du mec sympa au sombre connard en quelques instants. « C'est que tu prends des airs de rebelles, tu sauves des résistants et tu t'indignes de l'injustice du monde jusqu'à le reprocher à un ministre en face. Mais au fond, tu vaux pas mieux que moi, que nous tous, et tu sais pourquoi ? Parce que si moi j'ai parfaitement choisi ma place, que malgré mon désaccord avec la tournure des événements, j'ai parfaitement conscience de pourquoi je suis ici et pourquoi j'y reste, toi, tu n'es là que pour sauver ton cul. »

Je ris, moqueur, alors que mon pas s'accélère avec le ton, que j'oublie le Colosseum dans mon élan de haine. « Tu as beau faire des petits actes pour ta belle conscience, en attendant, c'est pas toi qui crève sous les bombes, pas toi qui les pose et pas toi qui expose ta gueule aux yeux du monde au risque de te prendre une balle. Donc tu sais, la lâcheté, c'est quelque chose d'humain, mais avant de se croire grand justicier, peut-être faudrait-il ouvrir les yeux. »

Mes mots sont bien trop durs et Marcus ne mérite définitivement pas ces attaques. Il n'a même pas réalisé l'impact de ses mots et ce qu'il avait réellement déclenché. Il n'a pas vu le mal qu'il m'avait fait. Mais ça, je m'en fous. Parce qu'après tout je n'ai jamais été très réputé pour mon altruisme. Mon frère le crie haut et fort dès qu'il en a l'occasion. Je passe une main sur ma mâchoire avant de détourner les yeux de ma cible provisoire pour réaliser que nous sommes à deux pas du bâtiment. Et cette fois-ci, je m'arrête réellement brusquement. Je me tais, plus un son, plus un mot, plus rien ne sort de ma bouche. J'ai du mal à respirer alors que le passé m'envahit à nouveau. Comme si c'était le moment, après ce que je viens de faire. Comme si c'était le moment, après ce que je viens de dire. Et merde.

_________________

» see the stone set in your eyes see the thorn twist in your side i wait for you sleight of hand and twist of fate on a bed of nails she makes me wait and i wait, without you.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3207-liam-bad-reflect http://www.mercy-in-darkness.org/t5905-between-two-points-liam#254546

RUNNING TO STAND STILL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 2643
↳ Points : 1274
↳ Arrivé depuis le : 16/04/2017
↳ Age : 19
↳ Avatar : Stephen James
↳ Age du Personnage : 27
↳ Métier : Peacekeeper
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement, méfiant vis-à-vis de la Résistance
↳ Playlist : Woodkid - Conquest Of Spaces | Eivør - Into the Mist | Arctic Monkeys - Do I wanna know ? | Indochine - Le Grand Secret | Aviators - No More Heroes | Mc Solaar - La Belle et le Bad Boy | Matmatah - L'Apologie | Of Monsters And Men - Thousand Eyes | Mumford & Sons - Broken Crown | MISSIO - Anthem for the broken | Baha Men - Who Let The Dogs Out
↳ Citation : « L'anarchie est la plus haute expression de l'ordre. »
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #6666cc



les petits papiers
↳ Copyright: Thinkky ♥️ (vava) + Grey Wind (signa)
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « And they turn into monsters » MarcusxLiam   Mar 27 Fév - 20:40

Et la vérité tombe, ce n’est pas que le hasard qui l’a conduit à se retrouver chien de garde. Il ne sait pas comment le prendre, partagé entre l’indignation et la reconnaissance. Il n’est donc là que grâce à son bon vouloir. Parce que Liam a choisi de le prendre, plutôt qu’un autre. Il a donc vu tout ce qui peut être inscrit sur les lignes de son dossier, que lui-même n’a jamais vraiment vu. Et malgré cela, il a décidé que ce serait lui, son toutou. C’est un curieux choix que voilà, qui le laisse muet. Il aurait pu trouver plus fiable, plus sérieux, plus respectueux. Mais non, il l’a pris lui. Il l’a tiré de cette sale période d’enchaînement de battues pour avancer un bon coup dans la lutte contre la Résistance. Pour la première fois, il ne fait aucun commentaire, n’ayant rien à dire, pas encore assez prêt à courber l’échine pour remercier une personne de son importance. Et les choses se passent ensuite comme elles doivent se passer, guidées par son instinct.

Alors qu’il se prépare à rebrousser chemin, il sent que quelque chose cloche. Il y a du changement dans l’air. Comme une atmosphère d’orage. Une injure de sa langue maternelle est lâchée à voix basse, par réflexe. Il le sent mal, sans vraiment savoir pourquoi. Il ne peut pas percevoir l’électricité qui émane de Liam, mais à sa tête, il voit clairement disparaître son sourire pourtant si récurrent jusqu’alors, presque dérangeant même. Oups, ce n’est peut-être pas un très bon signe. Pas du tout, même. Qu’y a-t-il donc ? Changerait-il d’avis ? Une mouche l’aurait piqué ? Immobile, il cherche une réponse. Quelle qu’elle soit, juste un éclaircissement. Une vague idée de ce qu’il se passe dans sa tête, pour cerner cette différence flagrante dans son attitude. Ils vont rentrer, non ? N’y a-t-il pas changement de programme ? Il n’y a pas de honte à cela, l’italien est presque soulagé d’éviter d’aller se plonger un peu trop profondément dans cette ambiance glauque qu’est celle du Colosseum.

Et puis, sans qu’il ne puisse même comprendre où il a pu merder, pour ne pas changer, Liam explose. Il devrait avoir l’habitude, à force, mais non. C’est à croire qu’il ne peut pas s’en passer, qu’il a ce besoin incontrôlable de s’en prendre plein la tronche, de se placer toujours en opposition. Il a bien trouvé la limite, involontairement. Les mots fusent, comme tout autant de claques, qui lui éclatent violemment à la figure. Immobile, il les encaisse, ne disant mot, se contentant d’accumuler. Il doit avoir un sacré problème, tout de même, pour ne pas parvenir à s’éviter des prises de tête inutiles. Ouais, il doit lui manquer une case. Faudra vraiment qu’il s’entraîne un jour à se conformer pour rentrer enfin dans un moule. Mais là encore, il n’est pas sûr qu’on lui foutra la paix. Y’aura sûrement quelque chose d’autre à lui reprocher. Il compte bien sur les autres pour trouver ce que ça sera.

« Parce que t’as cru que je pense valoir quelque chose ? Parce que toi, peut-être, tu prends des risques pour que les choses changent ? Tu fais quoi ? T’empoches juste le pognon ? Et les autres n’ont pas le droit de penser à leur survie avant de se préoccuper du cul des autres pour avoir des remords ? Ouais j’suis comme ça. Et puisque tu m’as choisi, t’aurais pu savoir à quoi t’attendre. » Il aurait pu deviner qu’il a le cul entre deux chaises. Qu’il ne se reconnaît pas dans cette opposition entre deux clans si semblables. Qu’il n’est pas déjà engagé dans la Résistance parce qu’il est persuadé qu’elle ne mènera tôt ou tard qu’à une nouvelle dictature. Il peine à y croire, au changement. Ouais, dans le fond, il ferait mieux de perdre définitivement espoir, comme son père, et de se loger une balle dans le crâne. Mais il ne le fait pas, parce qu’il est lâche, et qu’il ne déteste pas encore la vie à ce point. Que l’autre prenne les devant, il n’en a cure. Ça ne l’empêche pas de gueuler pour autant, plutôt que de s’emporter dans une violence qui ne mènera à rien d’autre, tout comme ces mots qu’il crache, excédé.

« Et puis tu sais quoi ? J’suis tellement un pauvre con d’égoïste que je vais aller les regarder crever, tous ces types, qui eux posent des bombes quitte à sacrifier des vies au passage et que je n’ai pas laissé filé parce que ce n’était pas le bon moment pour moi. » Il ne le nie pas, et s’il faut qu’il le hurle, il le fait. Avant de continuer sans traîner. « Parce que j’préfère me consoler en me disant que j’ai pu gagner de quoi me nourrir et nourrir mon clebs. Parce que lui il a rien demandé et que j’préfère les bêtes à ma propre espèce. Ouais, mon sens du devoir est pourri. Il est tellement pourri que j’me réjouirai presque en voyant les bêtes dévorer des inconnus qui ont osé s’opposer corps et âmes au Gouvernement. » Il agit selon ses envies, son humeur de tolérence du jour. C’est aléatoire, il le sait, mais il ne peut pas toujours consentir à tout et n’importe quoi.

Il reprend son souffle, un bref instant. Le mécanisme est enclenché, il ne peut pas encore se la fermer. Parce qu’une fois les masques tombés, il n’a pas peur, oui. Et qu’une fois lancé, il s’emporte, en bon italien un tantinet nerveux, fidèle à certains préjugés attribués aux natifs de son pays. « T’as qu’à venir, t’as qu’à partir, t’as qu’à faire c’que tu veux. Jm’en tamponne le coquillard. T’as qu’à dire que t’es pas content de ton clébard, on te le changera, t’inquiètes pas. J’m’en tirerai p’têtre pas aussi bien qu’à chaque fois mais au pire ça m’débarrassera de mes hésitations. Et ça m’fera p’têtre ouvrir les yeux. Et j’viendrai t’en remercier, tant qu’on y est. » Borné, il ignore l’arrêt brutal du ministre et continue en direction d’un des accès de l’arène, qu’il connaît presque comme sa poche depuis le temps, hélas.

Il ne sait pas vraiment pourquoi il a pris cette décision. Il aurait mieux valu qu’il fasse plutôt le choix de le planter là, pour rentrer chez lui. Retrouver Nero, partir courir un bon moment, assez pour se mettre le compte et chasser toute mauvaise pensée, aurait été préférable. Mais non, il a préféré se mettre tout seul dans le pétrin, pour changer. Parce qu’il n’est pas à ça près. Faudrait qu’il arrête, un jour, de se laisser aller dès que la tension monte. Il ne sait même pas comment va réagir l’autre mais n’y pense pas, trop focalisé sur son idée. Généralement, il fait son possible pour ne pas assister aux exécutions, qu’elles se soldent par un coup de chance ou non. Comme quoi, une fois que ses nerfs sont piqués, il se lance dans des choses qu’il regrettera ensuite. Ça fait toujours mal, de voir cette sauvagerie du régime, et de constater sa propre impuissance, de constater ô combien il devra se décider un jour à faire un choix. Mais il n’y pense pas. Il veut s’y rendre. C’est déjà trop tard, il ne changera pas d’avis.

Plus il se rapproche, plus il se rend compte de ce qu’il fait. Il est pourtant trop tard pour se dégonfler, il le sait. Il a trop parlé, une fois de plus. Finalement, il aurait probablement mieux fait d’obéir à ses pulsions premières et de le cogner un bon coup. Au moins, le résultat n’aurait pas changé de beaucoup, mais il se serait évité de se donner en spectacle. Il entre, et se plante là, attendant de voir si monsieur osera donc aller au bout de son idée. Son regard habituellement de glace s’est changé en braise. Il est tendu, il le sent, de ses orteils à son visage. Et les cris qui retentissent dans ses tympans ne l’aident pas à se calmer. Il ne sait pas qui fait office de spectacle, n’ayant jamais jugé utile de s’intéresser quotidiennement à sa programmation. Il ne le fait que les jours de service où il est chargé d’accompagner les jugés jusqu’à la piste. Mais il ne veut pas savoir, non. Bras croisés, adossé non-loin, à mi-chemin entre l’entrée et l’accès aux tribunes, il entend tout, et tente de retrouver un peu de calme.

_________________
We dream, we wake on a cold hillside, we pursue the dream again. In the beginning was the dream, and the work of disenchantment never ends.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4679-do-you-wanna-know-me En ligne

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 1072
↳ Points : 1424
↳ Arrivé depuis le : 25/12/2015
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 35
↳ Métier : Ministre
↳ Opinion Politique : Quand on a le pouvoir, l'argent, et les passe-droits, on ne peut pas vraiment reprocher quoique ce soit au gouvernement en place.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 ( Niveau 4 en Guérison & Prémonition.) Niveau 84 en Serviettophilie
↳ Playlist : WOODKID - Iron ⚘ METALLICA - One ⚘ JOE HISAISHI - Princess Mononoke ⚘ JUSTICE - Planisphère ⚘ DAFT PUNK - Harder, Better, Faster, Stronger ⚘ PINK FLOYD - Wish you were here ⚘ BANKS - Waiting game ⚘ CAT STEVENS - Wild World (skins version) ⚘ MT. EDEN - Escape ⚘ THE GLITCH MOB - Between two points ⚘ BRITNEY SPEARS - Toxic ⚘ METALLICA - Master of Puppets ⚘ PLESTED - Habits ⚘ GORILLAZ - Humility ⚘
↳ Citation : ‘When life gives you lemons, don't make lemonade - make life take the lemons back! Get mad! I don't want your damn lemons, what am I supposed to do with these? Demand to see life's manager. [..]’ C. J
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #6699CC



les petits papiers
↳ Copyright: © Poupée Morose ♥ ; U2 ; Sial
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « And they turn into monsters » MarcusxLiam   Sam 10 Mar - 2:18


Forcément, avec autant de haine lancée au visage, nul ne reste impassible. Pas Marcus, ça c'est certain. Il ne lui faut pas longtemps pour répondre à mes attaques, d'un ton bien moins sympathique à son tour alors que je le fusille du regard, ne regardant même plus où nous marchons. Je reste silencieux alors qu'il cherche à retourner la situation, porter ses accusations, peut-être pour me blesser, peut-être pour toucher une corde sensible. Sauf que sur ce coup, il se plante totalement, le petit chien de garde. Ma corde sensible n'est clairement pas sur ces cartes là, et ses mots ne m'atteignent pas, au contraire, ils m'amusent un peu. Autant de facilité à titiller les puces du chien pour qu'il se mette à grogner. Autant de facilités pour le faire sortir de ses gonds et qu'il dise le fond de sa pensée. Des pensées qui pourraient l'amener en prison, ou même pire. Des phrases à ne surtout pas dire à un Ministre et qu'il dit quand même.

Et il continue, Marcus, il continue en se jetant encore plus dans la gueule du loup et me laisse rouler des yeux sur ses paroles dramatiques. Mais bien sûr, en plus de ça il va me jouer le jeu du type qui est rongé par les remords et qui n'en dort pas la nuit. Il m'ennuie, au final. Il m'ennuie à rester dans cette facilité et ce cliché par les temps qui courent. Quelque part, j'ai l'impression d'entendre mon frère. Sa belle utopie balayée en quelques secondes, remplacée par des plaintes, de l'égoïsme qu'il ne reconnaît même pas réellement. Non parce que c'est bien beau, de s'apitoyer sur son sort, bien beau de prétendre qu'on porte le poids du monde sur ses épaules et qu'en plus on aimerait changer les choses. Mais tout ce que je vois, c'est que ces gens là, ils ne font rien. On peut me traiter de ce qu'on veut mais je resterai bien moins lâches qu'eux. Mais ça les tuerait de reconnaître qu'ils sont eux aussi de sombres connards, qu'au fond, ma place et mon statut ne les dérangerait pas. Ça les tuerait d'admettre qu'ils seraient probablement prêts à vendre leur voisin pour sauver leur cul. Parce que c'est pas joli, ça, ça se dit pas, ça ne se pense pas. Un sourire se dessine un peu plus sur mon visage lorsqu'il parle des animaux, les préférer aux humains. Qu'ils ont rien demandé, ou je ne sais pas quoi.

Il semble évident que Marcus ne sait rien du surnaturel et qu'il ne se demande même pas si son chien ne fait pas parti des humains. Résistants ou non. De ces humains qui profitent de leur métamorphose pour cacher leur identité. Qui profitent de la naïveté de certains pour se faire loger et nourrir. Je soupire alors qu'il marque une pause dans sa frénésie. Je suis persuadé qu'il peut continuer longtemps, comme ça. Comme tous les types comme lui. Et voilà qu'il recommence, avec son côté théâtrale. Qu'il en fait des caisses parce que je l'ai piqué au vif. Usant, pathétique. Suffisamment d'ailleurs pour que je m'arrête de l'écouter, me retrouve à nouveau paralysé par l'angoisse qui monte alors qu'il continue, s'enfonçant dans les arènes.

Je serre les poings et le suit, silencieux pendant quelques instants. On pourrait croire que ce silence deviendrait rapidement pesant, mais non, ce qui devient pesant, ce sont les cris, les bruits parasites autour de ce lieu de malheur. Des bruits trop familiers, trop proches dans ma mémoire pour ne pas déclencher des images affreuses qui reviennent en boucle. Et puis je le rejoins, finalement, alors qu'il est planté comme un con. Je soupire et me pose en face de lui, le fixant droit dans les yeux. Mais quel con, ce type. Les cris ne couvrent pas ma voix et je me concentre sur notre conversation, sur lui faire mal à lui, pour ne pas me souvenir totalement.

« Tu crois vraiment avoir tout compris, Marcus ? Tu crois qu'il fonctionne aussi simplement le monde. Les gentils, les méchants. Les connards planqués, les connards qui empochent le pognon et les gentils petits animaux de compagnie. Mais tu ne sais rien, idiot. Tu n'as pas ouvert réellement les yeux sur le monde qui t'entoure, et ça, c'est bien dommage. » Je lui attrape violemment le bras, le tire suffisamment pour que nous puissions avoir un œil sur la foule venue observer cette scène de torture et je commence à lui murmurer à l'oreille.

« Parmi tous ces gens que tu vois, il y a peut-être ton chien que tu aimes tant, mon grand. Il y a peut-être ce chat errant que t'as nourri, ou je ne sais quoi encore. Tu crois que le monde est ce qu'il paraît être parce que ça t'arrange, dans ton petit crâne d'humain borné mais la vérité c'est que demain, ce sera peut-être toi, le chien de quelqu'un. Et t'en seras pas moins un lâche pour autant. »

Je relâche ma prise pour me reculer de lui et poser mes yeux dans les siens avant de reprendre. « J'espère que tu ne fais pas ton petit coup de théâtre à tous les gens du gouvernement que tu croises, sinon c'est toi qui finira là bas. » Je pointe la piste du doigt avant de continuer, sans lui laisser la place de continuer. « Tu vois, ça vous convient tellement aux mecs comme toi de penser que tous les types comme moi sont de sombres connards qui prennent le pognon, comme tu dis, que tu préfères ne pas voir la réalité. La réalité c'est que si le Gouvernement est ce qu'il est, c'est à cause du peuple, Marcus. C'est le peuple, qui se complaît tout comme toi dans cette plainte sans pour autant bouger son cul. Ce même peuple qui un jour, s'est battu pour que certaines lois s'appliquent. Alors ne va pas croire que tu connais le monde, que tu as compris et que tu as le droit de le juger, parce que clairement, tu es bien plus naïf et pathétique que je ne l'aurais pensé. »

Et puis je m'avance, lentement. J'attrape son bras pour créer une illusion, une vraie. Une illusion dans laquelle nous sommes dans les arènes. Dans laquelle il y a l'ambiance, les cris, les hurlements, positifs comme négatifs. La pression, et surtout, la solitude que l'on ressent, nous, au milieu. La solitude que j'ai ressenti, seul, dans cette arène. Des voix qui s'élèvent plus que d'autres. Celles qui veulent notre mort, celles qui font des paris sur notre survie. Le regard sur ces gradins, observant les gens voir la vie comme un jeu, notre vie, comme un jeu. Et cette sensation que le monde est réellement perdu.

Je lâche ma prise, brise l'illusion avant de me décaler et me laisser glisser contre le mur face à lui. Si l'illusion semblait une bonne idée sur le coup de l'émotion, histoire d'illustrer mon propos, elle ne l'était clairement pas. Raviver ces sensations là, même pour un autre, c'était les revivre aussi, les ressentir à nouveau, et mon souffle se coupe et j'ai mal partout. Je commence à trembler, posant les mains sur mon visage, fermant les yeux. Je vais bien. Je suis en vie. Je vais bien. Je ne risque rien. Nolan non plus. Tout ça c'est fini. Tout est fini.

Je reprends difficilement mon souffle et n'ose même pas regarder Marcus, à qui je viens d'infliger les sensations que j'avais ressenties quelques mois auparavant. J'aimerais lui dire que je suis désolé mais je reste incapable de bouger alors que les images tournent en boucle dans mon crâne et que je resserre mes doigts sur mes tempes. Non, il faut que ça s'arrête putain. Pourquoi on est venu là, pourquoi j'ai voulu retourner là bas.

Je ne pleure pas, non, pourtant, pour la première fois depuis mon retour des arènes, je m'autorise à avoir le cœur brisé. À revoir Nataliya pour la dernière fois dans ces gradins. À voir Nolan dans mon costume, à songer à mourir. Je m'autorise à avoir mal, à ressentir la douleur de ces mois d'enfermement et de cette lutte pour la survie de mon jumeau, même pas la mienne. Je m'autorise à lâcher prise et je finis par articuler, dans un souffle. « C'est bon, j'abandonne. »

_________________

» see the stone set in your eyes see the thorn twist in your side i wait for you sleight of hand and twist of fate on a bed of nails she makes me wait and i wait, without you.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3207-liam-bad-reflect http://www.mercy-in-darkness.org/t5905-between-two-points-liam#254546

RUNNING TO STAND STILL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 2643
↳ Points : 1274
↳ Arrivé depuis le : 16/04/2017
↳ Age : 19
↳ Avatar : Stephen James
↳ Age du Personnage : 27
↳ Métier : Peacekeeper
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement, méfiant vis-à-vis de la Résistance
↳ Playlist : Woodkid - Conquest Of Spaces | Eivør - Into the Mist | Arctic Monkeys - Do I wanna know ? | Indochine - Le Grand Secret | Aviators - No More Heroes | Mc Solaar - La Belle et le Bad Boy | Matmatah - L'Apologie | Of Monsters And Men - Thousand Eyes | Mumford & Sons - Broken Crown | MISSIO - Anthem for the broken | Baha Men - Who Let The Dogs Out
↳ Citation : « L'anarchie est la plus haute expression de l'ordre. »
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #6666cc



les petits papiers
↳ Copyright: Thinkky ♥️ (vava) + Grey Wind (signa)
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « And they turn into monsters » MarcusxLiam   Mer 14 Mar - 18:22

Quelle mouche l'a piqué ? Il l'ignore. Une nouvelle fois, il n'a pas réfléchi. Il a foncé dans le mur, tête baissée, sans se poser la moindre question, sans entrevoir la moindre conséquence. La seule chose dont il soit certain est l'agacement qu'il éprouve. Agacement contre le monde, contre la vie, contre Liam, contre lui-même, il ne s'en pose pas la question. Il est là, c'est bien la seule chose qui lui soit claire. Il ne reste pas seul avec le Colosseum bien longtemps, l'ouragan ne tarde pas à le rattraper, tout autant bourré d'entêtement que lui, les voici qui se ressemblent bien, sur ce point. Il n'y a pas besoin de mots pour que Marcus constate qu'il y a encore de l'orage dans l'air. Il suffit de leur attitude, de leurs regard, de leur silence pesant pour comprendre que l'éruption n'est pas encore achevée. Elle ne fait même que commencer et ça, il ne s'en doute pas. Il ne s'en doute pas, lui qui meurt d'envie d'en finir, mais reste pourtant là, tel le bon nigaud qu'il fait, alors qu'il sait qu'il ferait mieux de baisser les bras, de décamper. Mais il reste planté là, parce qu'il n'en a pas le choix, parce qu'il a déjà dépassé les bornes, et qu'il est bien trop tard pour faire machines arrière.

Il abandonne l'idée de répondre. Il a enfin compris. Quoi qu'il puisse faire, quoi qu'il puisse dire, quoi qu'il puisse penser, Liam ne le lâchera pas. Plus collant encore qu'une sangsue, plus piquant que les ronces, il est toujours là, le rabaisse, l'écrase, sans que l'italien ne sache ce qui lui vaut ce plaisir. C'est ça le problème, ils ne se comprennent pas, et ne sont pas prêts à se comprendre pour l'heure. Ce type aura le dernier mot, et toute réplique ne ferait que l'enfoncer davantage dans la stérilité de leur échange. Il brise toute image qu'il aurait pu se faire des hommes de politique, le déstabilise en tous points. Épuisé, rattrapé par sa mauvaise conscience, Marcus ne répond plus. Ne répond plus, tout autant qu'il n'écoute plus. N'écoute plus, tout autant qu'il ne pense plus. Il n'y a plus que cette colère qui l'habitude, qu'il ne sait même plus dans quelle direction la pousser. Soutient le regard de l'autre, refusant pour autant de courber l'échine. Qu'il ne compte pas sur lui pour lui baiser les pieds dans la minute, il lui reste encore trop de fierté pour se plier ouvertement.

Il lui reste encore trop de fierté pour s'avouer vaincu, pour laisser de côté toute animosité et laisser place à l'approbation. Non. Que Liam ait tord ou non, il ne veut pas l'entendre, il ne veut pas savoir. Il n'en veut plus de ces discours, de ces reproches, de ces accusations, de toutes ces saletés qui l'assomment. L'Arbre tient bon, le Roseau plie. Il est davantage proche du Roseau que de l'Arbre, avant qu'il ne se fasse traîner de force vers le cœur des tribunes. Et ça recommence, les discours, les reproches, les accusations. Ils tournent en rond, ce qui n'a de cesse de pousser le vase à déborder. Léger rictus qui se glisse sur ses lèvres, animé de cet éclat belliqueux. Il espère ? Il lui semble avoir mal entendu, pour la première fois. Le Ministre se sent-il bien, à lui parler ainsi ? Marcus ne suit pas la logique de ses pensées. Il s'en contrefiche de ses recommandations. Qu'est-ce que ça pourrait bien lui changer, que son clébard finisse mal ? Qu'il serve de pâture aux bêtes, de divertissement pour la foule, en quoi cela l'importerait-il ? Encore faudrait-il déjà qu'il parvienne à lui échapper pour se risquer à se frotter à un autre représentant direct du Gouvernement.

Et le temps lui manque encore de lui donner l'occasion de s'exprimer. La pression des orbes reprend, une fois de plus. Il ne faiblit pas, bien que commençant sérieusement à se lasser. Il en a assez entendu, que lui veut encore Liam ? Par quels propos veut-il encore lui prouver ô combien il le connaît et ô combien et peut lui assurer la médiocrité de sa personne ? Pourquoi s'abaisse-t-il encore à lui parler, alors qu'il lui a déjà dit en long, en large, et en travers, qu'il a toutes les raisons du monde de le mépriser ? Il n'en comprend que moins ce qu'il se passe, se butte de plus belle contre son agacement. Il est tendu, sa rage parcourt sa peau d'électricité, semblant raviver chaque parcelle encrée de toutes les peines, de toutes les révoltes, de toutes les incompréhensions dont elles sont issues. Il n'a pas envie de lui donner raison, de lui accorder que Nero pourrait très bien être un métamorphe. Après tout, il ne l'a pas vu naître, il l'a seulement trouvé dans un carton alors chiot. Mais par principe d'opposition, il refuse d'admettre ses tords, toujours.

Tout bascule ensuite. Bien trop vite pour que ce soit croyable. Mais bien trop vraisemblable pour qu'il ne se laisse pas bercer par l'illusion. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, tout a changé. Le premier réflexe de l'italien est de jeter un regard autour de lui, de s'assurer que ce ne soit pas qu'une façade. Et ça ne l'est pas, à son malheur. Finalement, il daigne regarder plus près de lui, constater avec un brin de désespoir la présence persistante de Liam, lui lancer un regard accusateur de ce fait. Qu'a-t-il fait ? Il n'a pas le temps de le demander, que les émotions ne tardent pas à le submerger. Elles le frappent de plein fouet, le prenant trop de court pour qu’il ne puisse éviter de sentir ses traits se crisper, ses muscles se figer, son cœur s’accélérer.

Sa surprise envolée, ce sont les cris qui l’occupent, attirent son attention, bourdonnent dans son crâne. Ces cris, bien que le terme ne soit pas assez bestial pour qualifier ces hurlements de la foule. Ces hurlements gratuits, ce plaisir prit par tant d’inconnus, assoiffés par ce pouvoir de vie ou de mort qu’ils pensent avoir sur eux, sur lui, sans même avoir prit la peine de se demander quelle raison a pu les propulser, le propulser, ici. Il le sait, les miliciens eux-mêmes ne le savent pas toujours, ou ne veulent pas le savoir, pour leur conscience. Il est là, le peuple. Ce peuple se croyant détenteur du jugement dernier, hurlant leur verdict, ce mot résonnant jusqu’aux tréfonds de son âme. Elle a bien disparu, l’humanité.

Il n’y a plus qu’une foule démoniaque, se réjouissant de sa situation. Pétrifié, l’esprit cogitant sans cesse en quête d’une explication, il se tourne lentement vers Liam, finalement le seul humain de la scène. Bouche qui s’entre-ouvre pour tenter de comprendre, de s’assurer qu’il ne devient pas fou. Mots qui se perdent dans le vacarme, prononcés avec trop peu de force pour être seulement audibles. Pupilles dilatées qui se rivent une nouvelle fois vers la masse, avant de chercher le ciel, unique élément rassurant. Ciel qu’il sait faux, mais vers lequel il se réfugie tout de même, en quête de ce calme perdu. Tentative inutile, qui le pousse à river une énième fois son regard vers le Ministre, contre lequel toute son animosité a disparue.

Et puis, lorsque tout cesse finalement, il ne cherche même plus à comprendre, se contente d’appuyer ses mains tremblantes sur ses cuisses, cherchant son souffle, coupé par l’évasion si soudaine de toutes ces émotions, disparues aussi brusquement qu’elles étaient parvenues. Il ne prête pas non plus la moindre attention à Liam, focalisé vers le sol, pour ne pas perdre pied, la vue barrée par quelques mèches qui ont perdu leur place dans son trouble. Si le calme revient peu à peu, les images, elles, en compagnie des hurlements, restent. Il lui faut du temps pour les chasser, comme à chaque fois qu’il est de service pour conduire des types à l’arène, sur la scène. Mais jamais il n’y est allé lui-même, jamais il n’a ne serait-ce que tenté de l’imaginer aussi précisément. Il se contente de faire ce qu’on attend de lui, d’en savoir le moins, d’en voir le moins. À présent, il en sait trop.

Finalement, Liam rompt le silence, alors que le brun est encore perdu quelques instants en arrière. Il pivote silencieusement en sa direction, sidéré. Son gosier encore noué, il ne parvient pas à faire sonner le moindre mot. Son incompréhension revient au galop. Il lui faut encore un temps avant de parvenir à retrouver de l’ordre dans ses idées, et articuler une seule question. « Alors pourquoi ? » Rien de plus. Mais pourquoi. Pourquoi avoir fait ça alors qu’ils auraient pu, qu’il aurait pu, s’en passer. Qu’il aurait pu se contenter de lui en coller une, ça aurait suffit pour lui clouer le bec, il n'aurait pas répliqué. Pourquoi être allé jusque là, si ce n’est autre que pour le malmener et lui imposer un peu de distance, en plus de se mettre lui-même à l'épreuve ? Il n’a pas vraiment envie de se prendre une nouvelle illusion, ni même de s’attiser une nouvelle leçon. Il est calmé, pour un bon moment.

HRP:
 

_________________
We dream, we wake on a cold hillside, we pursue the dream again. In the beginning was the dream, and the work of disenchantment never ends.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4679-do-you-wanna-know-me En ligne

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 1072
↳ Points : 1424
↳ Arrivé depuis le : 25/12/2015
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 35
↳ Métier : Ministre
↳ Opinion Politique : Quand on a le pouvoir, l'argent, et les passe-droits, on ne peut pas vraiment reprocher quoique ce soit au gouvernement en place.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 ( Niveau 4 en Guérison & Prémonition.) Niveau 84 en Serviettophilie
↳ Playlist : WOODKID - Iron ⚘ METALLICA - One ⚘ JOE HISAISHI - Princess Mononoke ⚘ JUSTICE - Planisphère ⚘ DAFT PUNK - Harder, Better, Faster, Stronger ⚘ PINK FLOYD - Wish you were here ⚘ BANKS - Waiting game ⚘ CAT STEVENS - Wild World (skins version) ⚘ MT. EDEN - Escape ⚘ THE GLITCH MOB - Between two points ⚘ BRITNEY SPEARS - Toxic ⚘ METALLICA - Master of Puppets ⚘ PLESTED - Habits ⚘ GORILLAZ - Humility ⚘
↳ Citation : ‘When life gives you lemons, don't make lemonade - make life take the lemons back! Get mad! I don't want your damn lemons, what am I supposed to do with these? Demand to see life's manager. [..]’ C. J
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #6699CC



les petits papiers
↳ Copyright: © Poupée Morose ♥ ; U2 ; Sial
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « And they turn into monsters » MarcusxLiam   Jeu 15 Mar - 0:28


Elles sont longues, ces minutes de silences. Les minutes durant lesquelles l'illusion s'estompe totalement et la réalité reprend sa place. Les cris sont toujours là mais ils ne sont pas pour moi. Les hurlements, trop forts et trop lourds qui nous entourent ne se posent pas sur moi, pas plus que ces regards bien trop haineux. L'homme qui avait tiré sur un ministre. Autant hué qu'adulé. L'homme sur qui on avait tiré, autant hué qu'adulé aussi. Je soupire, après avoir dit ces quelques mots, assis par terre, les mains sur le visage.

J'abandonne. J'abandonne l'idée qu'un jour, ma vie puisse être à nouveau normale. Que mon cœur puisse se réparer, que mon corps puisse oublier les sensations des mois passées. J'abandonne ce masque de fer, piquant et violent. J'abandonne ces idéaux pourris, ces rêves meurtris. J'arrête de ressasser les mois qui viennent de passer, de me demander comment tout aurait pu mieux se terminer. J'abandonne complètement tout, au final, tout ce qui s'est créé un chemin dans mon crâne pour venir m'empoisonner la vie. Nolan parle souvent du libre arbitre, de ses propres choix, ses propres décisions. Il a souvent dit que je ne lui avais pas laissé le sien sans réaliser que je ne m'étais avant tout, jamais laissé le mien. Je commence à comprendre douloureusement à quel point je nous ai torturé inutilement. Lui, Nataliya, moi et sans doute tant d'autres dont je ne me souviens même pas. J'en oublie d'ailleurs la présence de Marcus près de moi. J'en oublie le monde, à me torturer encore avec tout ça. Mais il refait son apparition dans mon champ de vision, mes yeux se posent sur lui.

Je l'ai traumatisé, clairement. Il ne le méritait pas spécialement mais c'était trop. Il fallait que je lâche prise, il fallait qu'il la ferme, qu'il comprenne. Il fallait que les choses changent et peut-être que je me sente moins seul aussi. Égoïstement, encore une fois, j'avais agi en ne pensant qu'à moi. Et puis sa voix un peu brisée casse le silence qui n'avait pris que quelques secondes à s'installer entre nous. Avec une question pourtant si simple, si innocente. Pourquoi ? Je fixe le garde, comprenant que ces quelques mots regorgent de sous entendus. De milliers de questions qui commencent par ce même mot. Dans un geste las, je me relève, essuie rapidement mes mains alors que j'appuie mon dos contre le mur, encore faible. L'arène a beau être à quelques pas, ça n'a plus vraiment d'importance au final, cette fois-ci je suis sûr de ne pas vouloir y aller, de ne pas vouloir faire un pas de plus dans cette direction. Alors je commence à parler, lentement, beaucoup moins froidement.

« Je ne sais pas si tu te souviens de cette histoire mais il y a plus d'un an de cela, un ministre s'était pris une balle dans son bureau. » A mesure que les mots sortent de ma bouche, mon épaule commence à me lancer et dans un réflexe stupide, je passe une main dessus tout en poursuivant. « C'est son frère, qui lui avait tiré dessus. Il était rentré dans son bureau par un simple tour de passe-passe, ils étaient jumeaux. » Le souvenir encore frais du choc me laisse un frisson dans le dos. « L'un fut arrêté et l'autre envoyé à l'hôpital, rien de bien compliqué. L'un devait être jugé et l'autre, rentrer chez lui se reposer. Sauf que comme je te l'ai dit, rien n'est jamais aussi simple, Marcus. » Je me décale du mur pour faire dos aux arènes, dos aux cris, à la douleur et à la haine. « Un simple tour de passe-passe et les voilà à nouveau l'un à la place de l'autre. »

Je soupire, hausse les épaules alors que les larmes montent doucement, péniblement. J'ai tout perdu en un an. J'ai perdu la femme que j'aimais, mon frère jumeau. J'ai perdu ma foi en l'humanité, mon espoir de voir le monde changer. J'ai perdu ma joie de vivre et d'exister. J'ai perdu mon envie de battre et sans doute un peu de ma propre humanité. « Je suis désolé de t'avoir fait subir ça, Marcus. » Mon regard croise rapidement le sien avant que je n'enclenche le pas vers l'extérieur. « J'avais besoin de venir ici, revoir cet endroit sous ma véritable identité, sans risquer de mourir et faire mourir un nom aux yeux du monde. » Celui de mon frère, qui aurait du devenir Liam, devenir moi. Celui a qui j'avais tout imposé en me l'imposant pour me noyer dans ma culpabilité.

« J'avais besoin de tourner la page et de mettre cette partie de ma vie derrière moi. Il se trouve que tu sais particulièrement me mettre sur les nerfs avec toute ton innocence et j'ai dérapé. Je ne voulais pas te faire subir ça comme ça. » Pour autant, je n'en suis pas vraiment désolé. Parce que l'innocence aujourd'hui, c'est une connerie. Une connerie qui amène à mourir plus rapidement que les autres, une connerie qui fait plus de mal qu'elle ne fait du bien. Et aussi parce qu'au moins, je suis moins seul. Je ne suis plus seul avec mes propres souvenirs, mes propres ressentis impossibles à partager, à exprimer.

« Arrête de te faire passer pour un martyr. Arrête de croire que le monde est injuste et de te consoler dans ta propre culpabilité. Le monde est comme il est parce qu'on l'a tous façonné ainsi. À toi de choisir qui tu veux être mais si tu veux un conseil, assume pleinement. Ne te retrouve pas dans un métier pour nourrir ton chien, ne te retrouve pas dans un camp pour sauver ton cul. Marcus, t'auras qu'une vie et de ce que j'ai entendu de l'après, il ne sera pas joli pour beaucoup d'entre nous. Alors ne gâche pas ta vie avec une fausse culpabilité cachée dans un flot de lâcheté. » Je soupire alors que les cris s'éloignent enfin un peu, que je respire un peu plus malgré ces souvenirs encore bien attachés. « Ne fais pas les mêmes erreurs que moi. »

Alors qu'enfin, nous atteignons le devant de la bâtisse, je m'arrête pour fixer mon propre garde et lui demander, droit dans les yeux. « Si tu veux te tirer, changer de vie, fais le, je ne te retiendrai pas et je n'enverrai pas d'autres Toutous mieux dressés à ta poursuite. Mais arrête de te cacher derrière des excuses, ça n'en vaut pas la peine. »

Parce que j'ai gâché ma vie, comme ça. Tu m'as demandé pourquoi, Marcus et la voilà, la réponse. La réponse c'est parce que j'ai gâché ma vie et que je continue de le faire. La réponse c'est qu'une fois qu'on est allé aussi loin dans les Enfers que moi, on en revient pas. Que ton innocence va te pousser au fond du trou, te faire bouffer de la terre et cracher tes poumons. Rien de tout ça n'en vaut la peine, non. Ni le Gouvernement, ni la Résistance. Ce n'est rien, au fond, rien qui ne vaille de gâcher une vie. Alors ouvre les yeux, sur le monde, sur tout. Ouvre les yeux sur ta vie, je t'en supplie. Ouvre les yeux avant qu'il ne soit trop tard. Ne fais pas les mêmes erreurs que moi, t'es humain, toi, t'en reviendras pas.

_________________

» see the stone set in your eyes see the thorn twist in your side i wait for you sleight of hand and twist of fate on a bed of nails she makes me wait and i wait, without you.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3207-liam-bad-reflect http://www.mercy-in-darkness.org/t5905-between-two-points-liam#254546

RUNNING TO STAND STILL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 2643
↳ Points : 1274
↳ Arrivé depuis le : 16/04/2017
↳ Age : 19
↳ Avatar : Stephen James
↳ Age du Personnage : 27
↳ Métier : Peacekeeper
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement, méfiant vis-à-vis de la Résistance
↳ Playlist : Woodkid - Conquest Of Spaces | Eivør - Into the Mist | Arctic Monkeys - Do I wanna know ? | Indochine - Le Grand Secret | Aviators - No More Heroes | Mc Solaar - La Belle et le Bad Boy | Matmatah - L'Apologie | Of Monsters And Men - Thousand Eyes | Mumford & Sons - Broken Crown | MISSIO - Anthem for the broken | Baha Men - Who Let The Dogs Out
↳ Citation : « L'anarchie est la plus haute expression de l'ordre. »
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #6666cc



les petits papiers
↳ Copyright: Thinkky ♥️ (vava) + Grey Wind (signa)
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « And they turn into monsters » MarcusxLiam   Dim 29 Avr - 0:19

Ses orbes ne quittent pas le ministre, dénuées de toute animosité en dépit de ce qui vient de se passer. Il n’y gît que de l’incompréhension, du moins ce qu’il identifie comme tel à défaut de reconnaître son déni. Déni de ce voile de soie qui s’est peu à peu tissé pour l’empêcher de se retrouver véritablement dépassé. Instinct de survie déclenché par ce semblant d’humanité se sentant menacé. Parce qu’il est plus simple d’entendre ce que l’on ne voit pas nettement, de s’enfermer dans une bulle d’illusions plutôt que de comprendre réellement. Mais à présent, il n’y a plus de voile pour lui obstruer la vue. Pas avec ce que Liam vient de lui faire endurer, bien qu’il l’ait probablement en partie méritée. La claque est dure à digérer, il ne peut pas dire le contraire, ne peut pas s’en tirer d’une simple pirouette. Pour une fois, il doit bien l’admettre : il est dépassé. Dépassé par le constat que ces murmures de sont pas des légendes, que les messes basses méritent d’être écoutées plutôt que d’en faire systématiquement des exagérations. Dépassé de voir ô combien il serait si simple de le détruire, et comment il est déjà en voie de l’être, inconsciemment, lui qui ne marche finalement que sur des œufs sans même le savoir.

Les explications ne tardent pas à lui être données, d’un ton qui se veut plus doux, étranger de cette fermeté mêlée d’agressivité. Il n’est pas le seul à avoir retrouvé une attitude plus posée, ce qui rend son écoute plus attentive. L’histoire qui avait secoué le Gouvernement un temps est évoquée. Et il acquiesce, d’un hochement de tête silencieux. Bien sûr, il se souvient. Il se souvient de l’affaire qui a occupé un temps les écrans et ce qu’il reste des médias. Il ne s’y était pas particulièrement intéressé, tout comme il ne s’intéresse guère à toutes les affaires politiques. Ne regarde jamais les émissions de propagande d’un bon œil, les écoute toujours d’une oreille très distraite. L’information aussitôt acheminée à son cerveau en est vite expulsée. Pourtant, lorsque l’on avait parlé de cette tentative d’assassinat sur ministre, il n’avait pas pu en faire une totale abstraction. Lorsque l’on sert sujet à parler à voix basse sur un plateau d’argent, les discussions en sont vite occupées. En particulier à la Milice, pendant ces temps à tuer, ces temps où il ne se passe rien d’autre que de l’attente. Il n’y avait pas échappé, Marcus, à venir à en discuter lui aussi.

Et alors, doucement, il assimile. Fait les rapprochements, aussi rapidement que son esprit veut bien le lui permettre. Prend connaissance des justifications qui lui sont données, constate qu’il n’a pas été très fin, pas vraiment. Garde encore une part de son esprit préoccupé par les émotions qu’il a ressenti, à ses côtés, dans l’Arène. L’empathie qui se réveille timidement, plutôt que de laisser dominer le scandale. « Je comprends. » lâche-t-il finalement. Il ne peut ni imaginer ce que Liam a pu traverser, ni même l’ampleur des émotions qui ont pu le submerger. Il ne peut qu’en avoir qu’une esquisse légère et pourtant, il veut bien laisser sa propre fierté de côté et admettre qu’il n’a pas été le plus malin, comme souvent. Que sa grande gueule aurait pu lui jouer un plus grand tour, que ça ne lui fait pas de mal, dans le fond. « J’l’ai pas volé, je l’reconnais. » marmonne-t-il, reconnaissant ses tords. Pourtant, ça lui reste toujours en travers de la gorge, pour une partie. Les arguments pour sa défense lui manquent, et le voici contraint de prendre ses quatre vérités dans la tronche. Une claque de plus, qui ne manque pas de l’atteindre comme il se doit.

Au milieu de toutes ces paroles, planté comme un âne, l’italien est quelque peu paumé. Il ne s’attendait pas à ce que les choses tournent de cette manière, pas après leur début plus compliqué. Il ne sait pas non plus à quoi joue Liam, à le remettre d’abord sèchement à sa place avant de se vouloir plus sympathique. Quoi qu’il veuille, à lui donner de telles leçons, il le plonge dans ses pensées, le pousse à réfléchir davantage. Il n’aime pas ça, Marcus, il se passerait bien d’une remise en question, encore plus en ces temps davantage hésitants. L’est paumé, le tatoué. Suffisamment pour répéter les bavures et se retrouver testé dans la garde rapprochée. Pourtant, il n’est pas certain de vouloir suivre les recommandations qui lui sont données. Il n’est pas certain de détester sa vie au point de vouloir la voir changer totalement. Après tout, il s’y est fait, à tout ça. Il s’y est habitué, à s’opposer à tout et n’importe quoi pour conserver sa tendre solitude, de crainte de finir un jour comme son géniteur. Il s’est fermé, s’est borné entre des œillères qu’il s’est enfilé sans aucune aide.

Et borné, il le sera toujours plus ou moins, le changer sur ce point serait trop long. Mais les propos tenus par le ministre l’intéressent, le mettent mal à l’aise, le poussent à se poser des questions supplémentaires, bien trop nombreuses pour qu’il y trouve des réponses immédiates. Alors, il ne bouge pas, soutient son regard. « J’pense que je vais quand même rester un peu avec toi. » Sous tes ordres. Parce qu’il n’estime pas vouloir tout changer, parce que sa situation n’est pas si inconfortable, qu’il y trouve son compte lorsqu’on ne vient pas trop l’emmerder. Parce qu’il pense avoir davantage d’enseignements à tirer de la présence de Liam que de celle d’une bonne part de ses collègues, ou d’une autre vie dont l’idée ne l’inspire que peu. « Enfin, s’tu veux toujours de moi comme chien de garde. » ajoute-t-il, n’ayant pas oublié combien il peut parvenir à l’agacer avec cette fameuse innocence qui l’habite, ignorant qu’il est encore. Plus de sélection des informations, il l’a compris. Plus de lamentations, c’est enregistré. Si le ministre ne souhaite pas revenir sur son choix de toutou, il consent à continuer, plus prudemment, n’étant pas encore prêt d’oublier la violence de sa remise en place. Se tenir à carreaux, juste un peu, le temps de satisfaire sa curiosité, de constater ô combien il semble être à côté de la plaque. Faire un effort, pour une fois, le tenter.

_________________
We dream, we wake on a cold hillside, we pursue the dream again. In the beginning was the dream, and the work of disenchantment never ends.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4679-do-you-wanna-know-me En ligne

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 1072
↳ Points : 1424
↳ Arrivé depuis le : 25/12/2015
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 35
↳ Métier : Ministre
↳ Opinion Politique : Quand on a le pouvoir, l'argent, et les passe-droits, on ne peut pas vraiment reprocher quoique ce soit au gouvernement en place.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 ( Niveau 4 en Guérison & Prémonition.) Niveau 84 en Serviettophilie
↳ Playlist : WOODKID - Iron ⚘ METALLICA - One ⚘ JOE HISAISHI - Princess Mononoke ⚘ JUSTICE - Planisphère ⚘ DAFT PUNK - Harder, Better, Faster, Stronger ⚘ PINK FLOYD - Wish you were here ⚘ BANKS - Waiting game ⚘ CAT STEVENS - Wild World (skins version) ⚘ MT. EDEN - Escape ⚘ THE GLITCH MOB - Between two points ⚘ BRITNEY SPEARS - Toxic ⚘ METALLICA - Master of Puppets ⚘ PLESTED - Habits ⚘ GORILLAZ - Humility ⚘
↳ Citation : ‘When life gives you lemons, don't make lemonade - make life take the lemons back! Get mad! I don't want your damn lemons, what am I supposed to do with these? Demand to see life's manager. [..]’ C. J
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #6699CC



les petits papiers
↳ Copyright: © Poupée Morose ♥ ; U2 ; Sial
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « And they turn into monsters » MarcusxLiam   Sam 2 Juin - 1:04


Y a ses yeux, qui changent un peu. Le gamin révolté avec des flammes à peine dissimulées est devenu un gamin paumé, le regard vide, qui cherche quelque chose auquel se rattacher. Je prends le temps de m'expliquer, de parler, trop, pour compenser mon propre vide et mon propre mal. Parce qu'au fond, elle est là la vérité, Marcus n'est qu'un triste reflet. J'ai conscience de ça, d'avoir jeté tous mes sentiments sur lui pour ne plus subir seul, pour ne plus avoir cette pénible impression que personne ne comprend. Faire tomber les masques ou plutôt mon masque en bousillant ses illusions à lui. J'éclate l'innocence qui me dérange, je fais exploser la voix de la vérité, celle qui me bouffe. Parce que j'ai envie de hurler que c'est ça la vraie vie, de la douleur, de la solitude et des combats perdus d'avance. J'en ai marre de voir des flammes dans des yeux de pauvres victime. De la chair à canon, c'est tout ce que l'on est, tous. Alors sois tu te bats, sois tu fermes définitivement ta gueule et tu t'assoies. Ne fais pas semblant de te battre, ne garde pas ses flammes pour jamais n'en faire un feu, tu y perdras ton temps et ton âme.

Je ne le sais que trop bien. Pourtant, je doute qu'il comprenne, le petit. Parce que comme tous ceux avec des flammes dans les yeux, il a l'espoir, et l'espoir, personne n'arrive jamais à l'éteindre. Je me mords la lèvre alors que j'arrête de parler, réalisant que je l'ai sans doute traumatisé pour pas grand chose et puis, il se met à parler. Mes yeux croisent les siens et son regard change encore, plus doux, plus clair aussi. Je retiens mon souffle alors qu'il parle de comprendre. Pendant une seconde, c'est moi qui suis rempli d'espoir. L'espoir de ne plus être seul parmi le monde, l'espoir d'avoir quelqu'un qui comprend réellement ma peine et mes maux. Pendant une seconde, j'oublie tous mes maux, j'y crois, putain, en lui, en une génération qui fera pas les mêmes conneries. Et puis il parle, comme ceux qui ont peur, au final. Il dit qu'il l'a pas volé et moi, je recommence à respirer. Alors il n'a pas vraiment compris, pas vrai ? Il croit avoir mérité tout ça, ressentir la peine, la peur, la haine, la mort et la douleur que personne n'enlève. Personne ne mérite ça, c'est tout l'inverse. Ni lui, ni moi, ni tous les mecs qu'on amène là. Alors je soupire et baisse les yeux.

Je pourrais admettre qu'il progresse et que c'est un bon début mais le seul constat que je peux faire c'est qu'il a encore trop d'espoir le gamin, et l'espoir, ça tue, c'est tout ce que ça fait. Ça crée des cicatrices qui ne se referment jamais. J'aimerais le couper, lui dire stop et mieux m'expliquer mais au fond, je suis qui pour faire ça ? Qui pour enlever l'espoir d'un gamin qui vient subir plus de douleur qu'il n'en aurait peut-être jamais connu dans toute sa vie ? Personne, voilà qui je suis pour lui. Celui qui va probablement me fuir et qui aurait raison. Celui qui va probablement éviter que je l'approche, de peur que je recommence tous les trucs qu'il ne comprend pas, encore une fois à raison. Mais pourtant, lorsqu'il ouvre à nouveau la bouche le tatoué, ses mots me surprennent.

Décidément, il reste plein de surprise celui qui tient pas en place dans les rangs. Je souris, presque trop touché par sa remarque. Et puis il en rajoute une couche, qui me fait rire. Reprenant mes propres mots, me mettant face à ma propre froideur, ma propre dureté avant les minutes qui viennent de passer. Je prends quelques instants pour le fixer, cette bombe à retardement pleine d'espoir qui finira par exploser et m'approchant de lui pour poser une main sur son épaule et la serrer, je reprends doucement, un peu plus chaleureusement. « Personne ne grogne mieux que toi, Rex, je te foutrai jamais à la porte. » Après lui avoir tapoté sur l'épaule, je commence à marcher, retrouvant un peu d'équilibre et de force, puis je reprends.

« Tu sais, je crois que si tu me fous autant sur les nerfs c'est parce que tu me rappelles quelqu'un que j'ai perdu. » Un peu moi, surtout Nolan. Tu me rappelles ce temps où tout était plus simple et où, putain, je croyais que tout finissait par s'arranger. Je ralentis après quelques pas pour me retourner sur lui et demander, cette fois ci un peu plus désolé. « Tu veux qu'on se pose un peu plus loin, que tu récupères avant de rentrer ? On a le temps, personne n'en a rien à foutre, rassure toi. » Je souris, un peu maladroit, une nouvelle manière de dire que je suis désolé.

Et puis, quelqu'un me frôle, cogne mon dos et me laisse dans une grimace douloureuse alors qu'il insulte le gouvernement en partant en courant. L'insulte n'a pas pu échapper à l'homme à côté de moi et pourtant, j'attrape son bras par réflexe et d'une voix plus grave, plus froide, je dis. « Laisse. J'ai rien, on s'en va. » Je lance un regard en direction du lâche qui court et reprend la marche, montrant un banc à Marcus à quelques mètres de nous et même s'il m'a fallu à peine quelques secondes pour reprendre ce masque de ministre froid et distant, je secoue la tête pour finalement lui dire, de cette voix d'entre deux, un peu moins froide mais pas vraiment pleine de vie. « Tu viens d'où, c'est quoi ton histoire au juste ? Pourquoi se rallier aux rangs si tu n'y crois pas, Marcus, pourquoi ne pas simplement être quelqu'un de neutre ? Qu'est-ce qui t'a poussé à risquer ta vie pour quelque chose auquel tu crois pas, dis-moi ? »

Les questions sont sincères, pensées. Sans doute trop dures, trop compliquées. Mais après tout, c'est un peu ma façon à moi de nous mettre sur un pied d'égalité. Il a ressenti mes pires douleurs et mes pires peurs, ça me laisse le droit de connaître un peu sa vraie vie, non ? « Je jugerai pas, et je ne m'acharnerai pas même si tes raisons sont... » stupides ? « … trop belles pour être vraies, c'est promis. »

_________________

» see the stone set in your eyes see the thorn twist in your side i wait for you sleight of hand and twist of fate on a bed of nails she makes me wait and i wait, without you.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3207-liam-bad-reflect http://www.mercy-in-darkness.org/t5905-between-two-points-liam#254546

RUNNING TO STAND STILL

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 2643
↳ Points : 1274
↳ Arrivé depuis le : 16/04/2017
↳ Age : 19
↳ Avatar : Stephen James
↳ Age du Personnage : 27
↳ Métier : Peacekeeper
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement, méfiant vis-à-vis de la Résistance
↳ Playlist : Woodkid - Conquest Of Spaces | Eivør - Into the Mist | Arctic Monkeys - Do I wanna know ? | Indochine - Le Grand Secret | Aviators - No More Heroes | Mc Solaar - La Belle et le Bad Boy | Matmatah - L'Apologie | Of Monsters And Men - Thousand Eyes | Mumford & Sons - Broken Crown | MISSIO - Anthem for the broken | Baha Men - Who Let The Dogs Out
↳ Citation : « L'anarchie est la plus haute expression de l'ordre. »
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #6666cc



les petits papiers
↳ Copyright: Thinkky ♥️ (vava) + Grey Wind (signa)
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « And they turn into monsters » MarcusxLiam   Mer 6 Juin - 1:43

Sitôt sa décision prononcée, il sait qu’il s’engage sur une voie arpentée. Il n’est pas au bout de ses peines, il le sent. Mais pour une fois, il est prêt à tenter d’aller de l’avant, à cesser un peu de tourner en rond comme un lion en cage. Le ministre l’intrigue, soulève bien trop de questions silencieuses, face auxquelles il se sent démuni. Encore assommé par l’intensité des émotions qui l’ont envahi, il n’est même plus certain de ce qu’il dit. Il s’est calmé, brutalement, comme un sale gosse ayant enfin reçu sa saucée. Pourtant, il lui semble qu’il reste encore largement assez de sujet d’éclatement. Pour la première fois depuis longtemps, il ne sait plus ce qu’il fait, ce qu’il croit. Il pensait toujours chercher la liberté, mais se rend compte combien il est à côté de la plaque. Plutôt que de retourner s’agacer en mission, à volontairement mettre une épine dans les pieds de ses prétendus équipiers, de sorte à laisser filer quelques inconnus, par simple esprit d’opposition, il préfère s’écarter de ce quotidien auquel il est tant habitué. C’est son propre équilibre qu’il menace, en consentant à ne pas quitter Liam d’une semelle. Il va devoir apprendre rapidement à se la boucler un peu, s’il ne veut pas être secoué à chaque sortie. Lui qui s’est habitué à claquer des doigts, siffler de simples mots pour voir le malinois lui obéir au doigt et à l’œil, va devoir changer de rôle, se décider à coopérer un peu, à être le clébard de quelqu’un.

Il ne sait même pas si Liam voudra bien de lui, s’il a l’envie et la patience de le dresser. Il y a du boulot, cela a été suffisamment souligné. Il ne sait rien, l’italien, a encore beaucoup de chemin à parcourir. Et pourtant, ses doutes sont vite apaisés, alors que les traits du ministre se veulent plus rassurants. Il hausse les sourcils, écarquille légèrement les yeux, s’assurant d’avoir bien compris, alors que son surnom prend un autre ton, plus valorisant. Il en serait presque flatté, lui qui déploie tant d’énergie à montrer les crocs sans s’en gêner, sans se soucier de ce qui arrivera ensuite. Doucement, comme s’il craignait de poser un pied sur une planche menaçant de céder sous son poids, il se met en marche, suit celui qui ne lui faisait éprouver que de l’agacement encore quelques instants plus tôt. Il ne pipe pas mot, le Marcus. Il ne sait pas quoi dire, la reconnaissance n’étant pas sa tasse de thé. Il écoute seulement, tâche de ne pas se faire distancer, de suivre comme il peut. L’explication prononcée ne fait que l’intriguer. Est-elle destinée à le rassurer, lui faire se poser quelques questions, émettre des hypothèses ? Il n’en sait rien, n’en dit rien. Lorsqu’il n’y a pas de raison pour pester, les mots lui manquent.

Il n’a pas grand loisir de réfléchir, de toute manière. Liam parle suffisamment pour combler son mutisme. « J’suis pas contre. » se décide-t-il enfin à lâcher. Du calme, une pause, avant de retrouver les charmants quartiers du Gouvernement. Nulle autre proposition ne pourrait le combler davantage en cet instant. Ses muscles se tendent pourtant, alors qu’un type reconnaît le ministre, fait son petit numéro de haine avant de détaler sans demander son reste. D’instinct, l’italien s’apprête à lui gueuler quelques remarques, à défaut de se sentir déterminé à lui courir après. Mais il en est empêché, et un mouvement de recul lui échappe, alors que l’homme visé par ces saletés gratuites s’y oppose froidement. Encore un changement de teinte qu’il n’avait pas senti venir, qui le laisse planté comme un âne. Alors, décidément dépité d’avoir eu à se tenir en place, il ne tarde pas à traîner les pieds jusqu’au banc, à s’y installer, s’y avachir, tandis que le flux de paroles reprend.

Des questions, trop de questions. S’apprête à le couper, entre-ouvrant sa bouche, à deux doigts de laisser faire son instinct, de se contenter de questionner en retour pour y échapper. Il ne sait pas ce qu’il fuit, les souvenirs qu’elles imposent ou les faiblesses qu’elles exposeront. Le croire est compliqué, il n’a pas particulièrement envie de parler. Mais il le faut, soupire un coup avant de se décider à parler. « J’suis de Vérone. L’Amérique ça n’était pas trop dans mes plans, à la base. » Oh non, la grande puissance ne l’a jamais vraiment attirée, mais il a réussi à s'y faire. « Mon père était policier. Il croyait en la paix, la vraie, pas celle qui se signe sur des bouts de papiers. » Celle d’une ville tournant sans encombre, que la haine s’estompe des regards pour y répandre un équilibre plus sain. Il croyait surtout en le bon sens, en la bienveillance et la générosité. « Mais il s’est trompé, et ne l’a pas supporté. J’étais gamin, il est parti en me laissant ses rêves. Et j’ai voulu le comprendre. Je n’ai pas fait d’études, j’ai suivi ses traces. » Les mots ne sortent pas facilement, il lui faut se poser, rester tranquille pour ne pas se perdre. Dans le fond, il a aussi besoin de se l’entendre dire. « J’ai compris plus vite que lui, que c’était vain. Mais je n’ai pas vraiment voulu y croire. » Il a sans doute encore du mal à l'accepter, probablement. Il ne devrait pas prononcer ces mots qui font mal, ces souvenirs qui se rapprochent. Il l’a frôlée, la ligne fatidique. Seulement, cette fois, sa mère veillait, l’a envoyé loin de tout ça, sur l’autre continent, chercher un peu d’air.

Il évite le regard de Liam, sentant qu’il risque à présent de dire quelques conneries. « J’pense pas qu’on puisse être neutre. On peut juste décider la position qu’on va prendre. Sauf que j’emmerde cette lutte pour le pouvoir. J’peux pas rester inactif, c’est plus fort que moi. » Aux yeux des plus extrémistes il sert le Gouvernement, il est de toute manière catégorisé, alors qu’il ne se contente pas d’une seule chose, fait tout à la fois. Se tient à sa place ou s’oppose selon ce qui l’arrange le plus sur le moment, puisqu’il ne défend aucun des deux partis. « Après ça m’a juste mené là, de préférer ouvrir ma gueule. Ça doit être marqué dans mon dossier, que j’ai du mal à vénérer l’autorité, que je suis un peu laxiste concernant l’application de la Prohibition et que je laisse filer des inconnus que je devrais descendre juste par esprit d’opposition, et de mauvaise conscience. » De temps en temps, lorsqu’il n’a pas le choix. Il ne sait pas quelle réponse est attendue, mais une dernière chose semble à ajouter. « J’sais pas trop ce que je fais encore ici, mais je tiens de mon père je crois. Ça me plaît, de penser pouvoir aider qui je veux, même si dans les rangs je n’ai pas bonne réputation. » Aider et protéger du mieux qu’il le peut. Il n’y a que la Milice pour le lui permettre tout en étant une bonne planque pour ses fesses. Finalement, il glisse enfin un regard vers le ministre, hésitant. Satisfait ? Il n’a plus rien à cacher, tout est dit, et il ignore à quoi bon.

_________________
We dream, we wake on a cold hillside, we pursue the dream again. In the beginning was the dream, and the work of disenchantment never ends.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4679-do-you-wanna-know-me En ligne

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 1072
↳ Points : 1424
↳ Arrivé depuis le : 25/12/2015
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 35
↳ Métier : Ministre
↳ Opinion Politique : Quand on a le pouvoir, l'argent, et les passe-droits, on ne peut pas vraiment reprocher quoique ce soit au gouvernement en place.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3 ( Niveau 4 en Guérison & Prémonition.) Niveau 84 en Serviettophilie
↳ Playlist : WOODKID - Iron ⚘ METALLICA - One ⚘ JOE HISAISHI - Princess Mononoke ⚘ JUSTICE - Planisphère ⚘ DAFT PUNK - Harder, Better, Faster, Stronger ⚘ PINK FLOYD - Wish you were here ⚘ BANKS - Waiting game ⚘ CAT STEVENS - Wild World (skins version) ⚘ MT. EDEN - Escape ⚘ THE GLITCH MOB - Between two points ⚘ BRITNEY SPEARS - Toxic ⚘ METALLICA - Master of Puppets ⚘ PLESTED - Habits ⚘ GORILLAZ - Humility ⚘
↳ Citation : ‘When life gives you lemons, don't make lemonade - make life take the lemons back! Get mad! I don't want your damn lemons, what am I supposed to do with these? Demand to see life's manager. [..]’ C. J
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #6699CC



les petits papiers
↳ Copyright: © Poupée Morose ♥ ; U2 ; Sial
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « And they turn into monsters » MarcusxLiam   Jeu 7 Juin - 12:44


Il est devenu silencieux, le gamin, presque muet. Il s'est pris toute la douleur et la peur d'un homme en un instant. Imaginez, c'est comme claquer des doigts et d'un coup, se retrouver dans la peau d'un autre et sans avoir le temps de prendre ses marques se faire tabasser, encore, et encore. Se faire éclater le crâne, opprimer le cerveau. C'est perdre sa propre identité sans comprendre dans quoi on a été embarqué. Arrêter de respirer alors que le monde autour continue de tourner. Hurler à l'aide et qu'aucun son ne sorte. Et lorsque le claquement se termine, que les doigts ne s'entre-choquent plus, lorsque le son disparaît de nos oreilles, tout redevient comme si de rien n'était. Tout a disparu, on est de nouveau nous-même. Sans plus d'explication. Lorsqu'on respire à nouveau, on se demande si la cage thoracique qui se gonfle et se dégonfle nous appartient vraiment. Si la réalité est belle est bien réelle, si l'on tient debout, si le sol sur lequel on se trouve est assez dur pour nous porter. On se pose des questions totalement stupides, des évidences qui n'en sont plus, parce que le temps d'un claquement de doigt, plus rien n'avait de sens.

Alors je m'en veux, au final. Je m'en veux, d'avoir fait subir ça à ce type plein de trop de rêves, de trop d'espoir. Je m'en veux de lui avoir fait subir ma vie et tout le bordel qui s'y trame, encore et toujours. Mais c'est trop tard, trop tard pour revenir en arrière, trop tard pour enlever l'illusion. Trop tard pour regretter aussi, de lui avoir enlevé cette petite étincelle au fond des yeux. Je serre les dents, souris maladroitement alors qu'il accepte mon offre de se poser à demi-mot. Quel con, bordel de merde. Mais quel con. Et quel con, aussi, de remettre ce masque aussi vite. Le masque de fer, froid et dur, qui retient Marcus sans même y penser une seule seconde. Celui qui l'a dégoûté pendant des mois avant qu'on en arrive là, lui et moi.

Je suis plus lentement le tatoué, suite à l'incident. J'ose moins, cache mon malaise derrière des questions sincère, cherchant à redresser le tir comme je peux. Incapable de faire de vraies excuses, incapable de justifier mon comportement. Je m'assoie à côté de lui, pas trop près, pas qu'il ait peur que je recommence, pas qu'il ait peur de moi. Pas trop loin, qu'il pense que je m'en fous, que je fais ça pour la forme. Je recommence à trop réfléchir, comme à chaque fois que j'essaie de faire les choses bien, d'être un mec bien. Parce que putain, c'est dur d'être quelqu'un de bien, d'être juste un type normal, sans masque et sans faille. Tellement dur que parfois je me demande comment les autres font, comment ils ont toujours fait.

Ou alors c'est moi, qui suis simplement mauvais.

Mes yeux se posent sur le visage du chien de garde, et je me calme rien qu'en l'observant. Je fais taire les voix qui se bousculent dans ma tête pour n'écouter que la sienne, son histoire, ce qui le rend humain, naïf et ce qu'il est. Attentif, la seule chose qui s'échappe d'entre mes lèvres est mon souffle, accompagnant la brise qui se lève lentement. L'explication et la franchise du gamin viennent rapidement se mettre entre nous, creuser un fossé entre lui et moi. Un modèle qu'il a adulé, de ses yeux pétillant, un modèle qui croyait en la paix, en des choses que je n'ai jamais imaginé. À mesure que le milicien parle, j'ai l'impression que le banc s'agrandit, que la distance entre lui et moi passe de quelques centimètres à des mètres et des mètres entier. Il me parle d'une vie que je ne comprends pas, de rêves que je ne saisis pas. Son père est parti, il l'a laissé, là, lui, plein de questions et surtout sans aucune réponse. Il s'est battu, Marcus. Battu pour comprendre, pour y croire. Battu pour voir à travers les yeux d'un autre, à travers les pupilles de l'espoir.

Je croise les bras et malgré moi, baisse les yeux. Mes doigts s'enfoncent dans mes paumes, je m'efforce à ne surtout pas faire de parallèle, à ne surtout pas chercher à penser à ma propre histoire. J'écoute, c'est tout. Silencieux, sans jugement. Et puis, il continue, il rattrape mon attention, avec cette phrase, posée au milieu des autres. Cette phrase qui se faufile dans mon oreille pour finalement prendre toute la place dans ma tête.  « J’ai compris plus vite que lui, que c’était vain. Mais je n’ai pas vraiment voulu y croire. »

À cet instant précis, ce ne sont plus des mètres mais des millions de kilomètres qui nous séparent. Probablement autant que ceux qui séparent son pays natal du mien. Je déglutis, incapable de parler alors que c'est ma propre réalité qui me revient en pleine gueule. Je cherche à relever les yeux, sans croiser son regard. Je cherche à savoir si je l'ai poussé trop loin, si je peux revenir en arrière. Je me mords l'intérieur de la lèvre, cherchant quoi dire, quoi faire. Le politicien à court de mot, la putain d'ironie. L'histoire de ma foutue vie. Pour dire un tas de mensonges, pour raconter des choses qui ne touche rien ni personne, surtout pas moi, là, je peux parler sans m'arrêter mais dès qu'il s'agit d'un vrai cœur brisé, de vrais maux ancrés, je reste muet.

Heureusement, la tendance s'inverse et Marcus comble le vide à ma place. Il reprend, lentement, sur un avis, moins sur sa propre vie. Mes poings se desserrent doucement et mes muscles se relâchent. Le vent me laisse même un frisson alors que l'italien termine en parlant de sa réputation.

Durant plusieurs minutes, je reste silencieux, les bras posés sur les genoux, les mains qui mêlent et démêlent les doigts, le temps de digérer tout ce qu'il a dit, le temps de nous laisser à tous les deux de quoi souffler, respirer et se remettre un peu aussi. Puis vient ce fameux moment, celui qui lance un tournant, rester silencieux encore et installer le malaise. Se relever sans un mot, s'arrêter là, ne pas se plonger dans quelque chose où l'on en ressortira peut-être pas, du moins, pas les mêmes, ça c'est certain. Alors j'hésite encore, un fragment de seconde, j'hésite pour finalement me lancer sur cette route, celle de la parole, de l'honnêteté avec cet homme qui pourra peut-être me détruire s'il rapporte tout. Être moi-même, face à un presque inconnu, au risque de tout perdre, encore plus que ce que j'ai déjà perdu.

« Je crois que je ne t'ai pas accordé le crédit que tu mérites, Marcus. » que j'énonce d'une voix calme, presque douce, alors que ma bouche forme un léger sourire et que je reprends, les yeux plantés devant moi, certainement pas sur lui. « Avoir un héritage, avoir des gens, là ou non, que l'on veut rendre fier, que l'on veut comprendre et peut-être même, à qui on est fier de ressembler, c'est ce qui fait de nous des humains, c'est ce qui nous différencie des monstres sans cervelle. » Je déglutis, dégoûté par ma propre cervelle, par ma propre mémoire, par ma propre habilité à avoir tout foutu en l'air bien avant l'apocalypse, bien avant que l'espoir se cache loin de nous.

« La réputation, tu sais, c'est du vent. C'est quelque chose que l'on connaît depuis tout petit, toi comme moi. Il n'y a pas eu besoin d'apocalypse pour que la réputation prenne toute la place dans la société. Pourtant, quand on y réfléchit, la réputation, ça change quoi ? Regarde ces gamins qui se faisaient martyriser à l'école ou ceux qui avaient presque un trône dans la cours de récréation, tu crois que leur réputation a changé leur vie ? » Parce que moi je sais que non.

Je soupire, passe ma tête entre mes mains avant de reprendre, la réalité appuyant un peu trop sur mes cordes vocales. « Ne vis pas ta vie pour une réputation, pour plaire aux autres. », marquant une légère pause, je garde mes mains devant mon visage avant de continuer, dans cette voie qui s'annonce plus dure encore que ce que j'avais imaginé. « Je suis l'inverse de toi, Marcus. Je suis cet enfant qui a grandi avec tout, le parfait exemple, l'explication à tout. L'avenir tracé et le sourire de mes parents pour me féliciter. Mais tu sais ce qui nous différencie, toi et moi ? » J'ose enfin poser mon regard sur lui, ce regard que plus personne ne connaît, pas même moi. Ce regard que j'avais oublié, ces émotions que j'avais enterré. « J'ai jamais eu d'espoir. Il s'est envolé quand j'étais petit et je me suis perdu, dans ce monde. Depuis que j'ai treize ans, je vis dans un monde sans espoir. » Mes mains devant moi, je tends le bras pour montrer droit devant, ironise presque en grinçant des dents. « Pas d'espoir, à quoi bon. Un objectif à atteindre et se donner les moyens de réussir. Et regarde où j'en suis ? »

Mes yeux se floutent sans qu'une larme n'y coule jamais, parce qu'elles ne coulent plus, mes larmes, parce que même avec tout ça, l'espoir, je le comprends plus, j'y crois absolument plus. « Je suis une figure d'un gouvernement auquel j'ai cru, Marcus. J'y ai cru, à l'apocalypse. J'ai cru qu'il fallait resserrer les rangs, les gens. J'étais d'accord sur le fait que tout explosait et qu'il fallait recadrer la population. L'anarchie mène à la perte et j'ai cru qu'un gouvernement strict l'éviterait. Pourtant, j'ai aussi aidé à tuer des tonnes de gens, je suis dans des papiers qui ont autorisé des choses que tu ne peux même pas imaginer. Je suis de ceux qui ont assisté aux jeux, qui ont tué de sang froid, sans scrupule, sans cligner d'un œil, sans vomir en réalisant la portée de mes propres actes. », mes yeux se baissent et j'ajoute, pour la première fois à voix haute. « J'ai condamné mon frère à mort pour mes propres erreurs sans penser une seconde à me dénoncer. Et tout ça pour quoi ? Un but, Marcus. Un but, sans espoir, sans rien d'autre qu'être un but. Il me fallait la réussite, il me fallait le costume, le pouvoir, l'argent. Il me fallait tout ça, parce que l'espoir, il m'a foutu en l'air quand j'étais petit. »

Je déglutis et je finis par reprendre. « Tu as quelque chose de précieux, Marcus. » Ma main s'aventure lentement vers lui, touche son cœur d'un doigt puis s'aventure sur sa tempe. Cette fois-ci, l'illusion que je lui glisse est bien différente. Elle représente un champ de fleurs, dans lequel nous sommes tous les deux. Les oiseaux chantent, et l'odeur des fleurs qui se mouvent au gré du vent chatouillent nos narines, effleurent nos peaux. Le ciel est clair et l'air pur. Lorsque l'on respire, rien n'est lourd, rien ne pèse sur nos poumons, sur nos âmes. Il n'y a que nous, dans ce champ paradisiaque. Et puis deux gamins apparaissent, pas plus haut que trois pommes. Ils courent et ils rient, comme on le voit plus ici. Ils s'étalent dans l'herbe, se relèvent et recommence. Il n'y a que de l'insouciance , que de la douceur pendant ces quelques minutes qui nous rapprochent un peu. Mais avant que les gamins s’avancent suffisamment pour que l'on puisse voir leur visage, l'illusion s'estompe et notre monde réapparaît. Bruyant, sale, lourd. Même le vent n'a pas la même saveur, plus rien ne l'a. Je me racle la gorge avant de lui dire, d'une voix trop abîmée.

« Ne perds jamais l'espoir, Marcus. Ne perds jamais l'image de ton père et tout ce qu'il t'a transmis. Tu es un homme bien, peu importe ce que le gouvernement ou les autres disent. Tu es sans doute trop pur pour ce monde, mais s'il te plaît, garde espoir, c'est grâce aux gens comme toi, qu'un jour on s'en sortira. »

_________________

» see the stone set in your eyes see the thorn twist in your side i wait for you sleight of hand and twist of fate on a bed of nails she makes me wait and i wait, without you.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3207-liam-bad-reflect http://www.mercy-in-darkness.org/t5905-between-two-points-liam#254546

Contenu sponsorisé








MessageSujet: Re: « And they turn into monsters » MarcusxLiam   

Revenir en haut Aller en bas
 

« And they turn into monsters » MarcusxLiam

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

 Sujets similaires

-
» World of Pocket Monsters (WOPM)
» Detroit Monsters
» And what's small turn to a friendship. [pv Aaron]
» Et si on devenait amis? ► Of monsters and men & You ain't born typical
» Every Lonely Monsters

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MERCY IN DARKNESS .} :: The Fifth Chapter :: Memories-