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 Another apple to slice into pieces ft Ayalone H.

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RUNNING TO STAND STILL

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↳ Métier : Attaché à la propagande gouvernementale. Ex-pompier de la ville.
↳ Opinion Politique : Ancien vainqueur des jeux établis dès 2012, durant la seconde campagne, Matthias s'est vu embrigader de force dans la propagande du gouvernement.
↳ Niveau de Compétences : Un briquet capable d'aspirer les flammes environnantes. Feu de cheminée ou petits brasiers, une fois le chargeur rempli, les flammes peuvent être réutilisées comme le gaz d'un briquet classique. A recharger uniquement de cette manière, sinon il ne fonctionnera pas. / Une fiole de potion permettant de faire croire à toutes les personnes dans la pièce qu'on possède une autre apparence (celle de son choix), en la buvant entièrement. Dure le temps d'un topic, à usage unique.
↳ Playlist : Who by fire - Leonard Cohen ║ It must be done - Pete Townshend/Nathan Barr ║ Nothing to remember - Neko Case ║ Higher - The Naked and the Famous ║ Howlin' for you - The Black Keys ║ Hearts on fire - Gavin James
↳ Citation : “It is superstition," he admitted. "But it might be true.”
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MessageSujet: Another apple to slice into pieces ft Ayalone H.   Ven 9 Fév - 11:08

   FEATURING Ayalone & Matthias
Lorsqu’il la voit, il est accoudé à la fenêtre, l’œil paresseux sur les passants, la bouche encore déformée par un bâillement intempestif. Il a un pantalon en toile de travers, le t-shirt à l’envers, s’apercevant à peine que ce qui le gratte depuis un moment c’est l’étiquette qui râcle le haut de son torse. On est dimanche matin, la queue semble viser éternel dans la boulangerie du dessous et l’odeur lui donne l’envie de se rouler dans une mie de pain et de devenir une baguette pour le restant de ses jours.

Lorsqu’il la voit, il est on ne peut plus calme et flottant, à demi-endormi, la tête encore pleine des songes trop bruyants qu’il fait parfois la nuit depuis la sortie de l’hôpital. Il ne s’en souvient jamais au petit matin malgré l’injonction du médecin à les consigner dans un carnet. Il n’aime pas écrire de toute façon, les lettres comme des pièces ennemies cherchant toujours à le tromper.

Elle traverse le pavé d’une démarche énergique, la jupe virevoltante sous les escarpins vertigineux. Les cheveux d’un orange framboisé attirent immanquablement de même que le rouge à lèvre de la même couleur.

Il la voit parce qu’il est impossible de ne pas la voir, tâche carmin sur la place blanche.

« Et merde… »

La dernière fois qu’il avait vu Pain d’épice, elle était derrière un comptoir à lui lancer des éclairs en guise de salutation et voilà que maintenant, mademoiselle se baladait dans son quartier et allait dans sa boulangerie et… attendez un instant.

Matthias cligne des yeux avant de se reculer et de se fondre contre le mur. Il ne l’a tout de même pas vu lever sa frimousse par ici, non ? Une grimace zèbre son visage et les doigts glissent dans une masse de cheveux déjà bien trop indisciplinée. Il l’avait vu pour lui demander un prêt – qu’elle avait cordialement refusé, et puis plus rien. Ah si, elle l’avait touché, il avait été faible et ensuite le vide. Il pouvait presque en sentir encore le vertige des semaines plus tard, le goût de la faiblesse à même un souffle devenu chaotique. «Et merde. » Il revient à la fenêtre, cherche où elle est passée, tout ça pour s’apercevoir qu’elle est en bas, la main déjà sur la poignée de l’entrée de l’immeuble.

C’est donc bien lui qu’elle est venue visiter. Il n’est pas certain d’avoir jamais vu Ayalone se déplacer pour qui que ce soit et la question fuse, les démons chassant en vain des questions qui s’évanouissent dans sa mémoire instable : elle a peut-être dit oui ensuite ? Peut-être lui doit-il quelque chose maintenant ? Sa respiration est chaude mais il n’y a rien, le néant qui encrasse son esprit lui fait l’effet d’une marche qu’on loupe dans le noir, l’impression étrange au creux de l’estomac. Il ne se souvient pas.

La sonnerie perce l’appartement et il se détache, un œil aiguisé sur le chambranle avant d’ouvrir. « Aya. » Elle s’est peut-être inquiétée, comme Itzal et d’autres. Il n’a fait que dormir a-t-il envie de dire, le corps se réparant lentement de l’intérieur. Il ne sait pas le lien intangible qui relie ses rêves à ceux de la rousse devant lui, au lieu de ça il a un sourire encore un peu couvert de sommeil, comme s’il l’avait vu la veille. On fait fi des questions et des soucis éventuels, on avance son bras pour tout faire tomber, table rase et nouveauté. « J’allais faire du café, entre. » Il n’a pas eu besoin de le dire, Ayalone est déjà entré, le pas impérial et la mine attentive.

Il se demande comment elle a trouvé l’adresse avant de se faire la réflexion qu’elle était prêteuse sur gages et que les secrets de cette ville brillaient pour la plupart dans le creux de sa poitrine.  « J’ai plus de sucre par contre, la pénurie même pour les agents de l’état. Installe-toi hein… je vais enfiler un truc plus convenable. » L’étiquette le gratte et il disparaît quelques secondes dans sa chambre, le jean enfilé à la va-vite et le t-shirt à l’endroit. « Tu t’inquiétais pour moi, duchesse ? J’ai eu un accident. Rien de bien méchant, de toute je suis increvable. » Il plaisante, bien sûr. La chair est faible, le sang limité bien qu’il ait toujours eu une énergie semblant inépuisable, la ressource inventive uniquement lorsque nécessaire. Le reste du temps, il fait comme les autres : des bulles à la surface.

De quoi survivre au moins un temps.




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↳ Opinion Politique : Peu importe leur quelques défaillances, Aya veut rejoindre leurs rangs quelqu'en soit le prix à payer !
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MessageSujet: Re: Another apple to slice into pieces ft Ayalone H.   Dim 18 Fév - 21:18

out of my head
Matthias & Ayalone



Des flash, des images, des souvenirs qui ne lui appartenaient pas et dont Ayalone ne voulait pas. Et pourtant ils étaient là, les bribes d’histoire, à apparaître dans ses rêves comme s’ils étaient siens. Mais ils ne l’étaient pas, la jeune femme le savait. Elle avait déjà vécu ce genre de chose : revoir les souvenir de ses victimes longtemps après s’être abreuvée de leur énergie. Mais ce n’était arrivé que rarement cependant, alors pourquoi est ce que c’était tombé sur Matthias ? La belle rousse fulmina au souvenir de l’homme fanfaronnant dans sa boutique alors qu’elle se mourrait de faim. Elle avait fait tout ce qui était possible pour le faire partir, pour éviter de l’atteindre, mais il était resté. Envers et contre tout. Alors elle l’avait attaqué. Il avait eu peur, la Daybreaker l’avait bien vu, que malgré son humour habituel, il avait eu peur cette fois. Peur d’elle. Et c’était presque une progression car normalement, Aya ne laissait pas assez de vie à ses victimes pour jamais plus connaître ce sentiment...
Sur le coup, elle avait regretté, regretté de s’être une fois de plus abandonnée à la bête affamée en elle... Maintenant, elle regrettait plus encore. Tout ce qu’elle avait vu de lui, la souffrance, l’emprisonnement, la torture... on avait fait des tests sur lui. Ayalone avait beaucoup entendu parler des tests réalisés dans les laboratoires du Gouvernement, elle savait qu’Itzal en avait lui même fait les frais, mais elle n’aurait jamais cru pouvoir assister à une expérience d’aussi près... Bien sûr tout ça aurait pu dater d’une autre époque, bien plus ancienne, mais Ayalone en bonne informatrice avait croisé énormément de natifs de la Nouvelle Orléans et lors de son immersion dans les souvenirs de Matthias, elle avait reconnu une des infirmières qui travaillait maintenant encore au sein du Gouvernement. 
Au souvenir des aiguilles traversant la peau, la jeune femme senti un long frisson désagréable la parcourir. Peut être qu’elle n’approuvait pas toutes les méthodes du Gouvernement... en tout cas une chose était certaine : quand elle y accèderait un jour, elle ne voudrait rien à voir à faire avec les laboratoires - ce n’était pas ça qui l’intéressait. 
Mais pour l’instant, il fallait aller au plus urgent et il s’agissait là de se sortir Matthias de la tête. Persuadée que la jeune femme était que tout ce qui pouvait être fait pouvait être défait, elle se mit en chemin vers l’appartement du jeune homme. Quelle adresse de ses connaissances n'avait elle pas en tête ? Celle de Gabriè ne lui échappait plus en tout cas, plus maintenant... Mais c’était une autre histoire... 

Accélérant le pas, Ayalone fini par arriver à l’appartement du blond en ruminant encore les images qui ne semblaient plus vouloir la quitter. Elle revoyait la faim, la solitude, la colère, Matthias dans un état bestiale comme elle ne l’avait jamais vu, comme elle n’avait pas vu grand monde d’ailleurs... Et puis la manipulation et l’oubli total comme s’il ne s’était jamais rien passé. 
Arrivée à une heure matinale, la belle rousse passa à côté de la file qui s’agglutinait le long de la boulangerie sans la voir. Les autres, ça ne l’intéressait pas. Fonçant d’un pas décidé vers la poignée de porte qu’elle savait être la sienne, la Daybreaker l’enclencha avec ferveur en se demandant comment on pouvait vivre dans un monde aussi dangereux en essayant même pas de faire semblant de se protéger avec des portes un peu plus difficiles à franchir... 
Puis elle monta jusqu’à son appartement. 

Son doigts enfoncé sur la sonnette fit s’échapper un bruit strident qui la calma quelque peu. Avec Matthias, elle se serait presque attendue à un klaxon de vélo en tant que sonnerie... L’instant d’après elle était entrée, faisant comme si elle avait été une familière des lieux, à deux doigts d’en être la propriétaire... 

‹‹  Aya.  »

Son haut était à l'envers.

-  Matthias.   

Elle répondît simplement, peu encline à être d’humeur sucre en poudre.  Elle avait trop peu dormi pour ça. Jaugeant l'appartement plus par habitude qu'autre chose, Ayalone fit le tour du propriétaire des yeux.
Matthias évoqua un café, du sucre, puis un accident. La jeune femme n'en retenu réellement que la dernière partie, bien qu'un café lui aurait effectivement fait beaucoup de bien... Ou alors était-elle déjà trop nerveuse ? Quoi qu'il en soit, elle se retourna vivement pour fixer le jeune homme qui était revenu avec des habits propres et un haut correctement enfilé.

-  De quel accident tu parles ?   

Il fallait qu’elle sache, avant que ça n’arrive dans ses rêves. Et parce que toute information pouvait être bonne à prendre.

- Mais non, ce n'est pas pour ça que je suis là.  

Jamais autour du pot. Ce n'était plus à découvrir.

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MessageSujet: Re: Another apple to slice into pieces ft Ayalone H.   Jeu 1 Mar - 21:35

   FEATURING Ayalone & Matthias
 - Matthias.

Le prénom tranche comme un couperet. C’est souvent le cas ces derniers temps et il regrette presque les douceurs accessoires dont il bénéficiait il y a peu. Ayalone a les qualités et les défauts de son métier : l’œil qui évolue, l’intelligence au bord des cils et la rudesse sur la langue. Matthias met en route la machine à café, conscient de la poupée rousse déambulant dans son salon. Il cherche dans des souvenirs épars ce qui vaut la visite à domicile d’une prêteuse sur gages.

Le breuvage sombre coule dans un crachas de vapeur, l’odeur âcre serpentant dans l’appartement. « Un incendie qui a mal tourné. Je suis resté un bout à l’hôpital. » Il se répète encore et encore, la mascarade sans fin, la voix un peu lointaine. Ayalone ne quitte jamais vraiment sa cornée. L’impossibilité de comprendre lui étreint un bref instant le torse, il oublie la lenteur du temps, il n’est pas encore assez réveillé pour que les détails lui sautent aux yeux.
Lorsqu’il dépose les deux tasses fumantes sur la table basse, la rousse glisse silencieusement d’un espace à un autre, les hanches serrées dans du tissu sobre, les boucles brillantes, les yeux acérés. « C’est un peu tôt pour les visites de courtoisie. T’aurais pu venir hier soir et rester la nuit, on se serait bien amusé. » Le sourire se soulève, légèrement frondeur, la taquinerie facile avant de venir s’installer à son tour. La plaisanterie file sous la fumée chaude d’un café brûlant et il souffle un peu sur sa tasse avant de la reposer sans y tremper ses lèvres, le soupir lourd sachant qu’il ne couperait pas à la rigueur de la jeune femme devant lui. Il n'était pas son genre de toute façon. « Je vais bien… si c’était la raison de ta venue. » Les images lui revenaient lentement, la fatigue ressentie, épuisante sous la main posée sur sa gorge. Elle lui avait pris quelque chose ce jour là mais il ne s’y était pas attardé. Tout ce qui ne tuait pas n’était finalement pas si important après tout. « C’est rare de te voir venir chez les gens, je crois que c’est la première fois ? Tout du moins de ce que je me souviens. » Il a un geste de la main. « Je n’ai jamais eu la mémoire la plus performante du monde de toute manière. Parfois ce n’est pas plus mal, vraiment. »

(Les souvenirs sont des coquilles de verre incandescent qu’il croit savoir tenir en main sans laisser d’empreintes sur l’éclat transparent.)

Il jette un coup d’œil sur les ongles peints, la paume blanche et il a un mouvement incertain des sourcils. « Aya, tu veux vraiment que je demande ? » Il penche légèrement son visage, cille prudemment avant de boire un peu du café amer, la chaleur brûlante dans la gorge. De quoi réveiller enfin, la nervosité galopant dans ses veines sous le goût fiévreux.

Matthias est plus entêté qu’il ne le laisse paraître, plus fier aussi et le pli des lèvres s’il est tendre n’en reste pas moins récalcitrant. « Tu vas mieux depuis la dernière fois ? T’as l’air en tout cas. Il y a eu pas mal de trucs à la Nouvelle Orléans apparemment, c’est toujours bon de voir que les connaissances sont saines et sauves. » Il cille à nouveau et fait signe vers le café. « Ça va refroidir, profite. C’est pas comme si le café n’était pas rationné d’ailleurs. Tu manges déjà pas des masses, je ne sais vraiment pas comment tu tiens. » Le brun se glisse sur le sofa, le dos épousant le moelleux du tissu. « C’est pour ça que tu viens ? Le rationnement ? Pour une prêteuse sur gages c’est la manne tout ça, non ? Le marché noir doit être fleurissant, tes chiffres doivent exploser. » Fait-il en ramenant ses cheveux en arrière. Il cille avant de céder enfin. « T’es ici pourquoi finalement ? Pas que ça me dérange, loin de là. » Il a un sourire. « Mais tu ne fais rien sans rien. » C’était la seule manière pour qu’une femme tel qu’Ayalone - présente dans les affaires souterraines de la cité - ne tombent pas pieds et poings liés dans la mafia. Les mafias. Il ne connaissait pas complètement ces dernières mais comme les égouts d’une ville pleine à craquer, les organisations criminelles s’épanouissaient dans l’ombre, les tentacules s’enroulant sur les quartiers pauvres et sur le sang des familles. Ses membres pouvaient porter les plus beaux vêtements et se gorger de vins précieux, ça n’enlevait pas le fait qu’ils n’étaient rien d’autre que des vampires de la misère humaine.

« Si je te dois de l’argent, je vais pouvoir te rembourser rapidement. » A peine les mots quittent-ils ses lèvres qu'il est sûr que ce n’est pas là le bon mobile. Elle était factuelle et si l’argent avait été en jeu, elle ne se serait pas déplacée un dimanche matin. Une simple sommation aurait suffi. « Mmmm ce n’est pas ça, n’est-ce pas ? Aya, tu caches des secrets sous tes cheveux roux et j’ai jamais su résoudre les devinettes du père Fourras. »  Il est presque amusé maintenant, curieux en tout cas.

Le café a un gout de mystères.




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MessageSujet: Re: Another apple to slice into pieces ft Ayalone H.   Sam 10 Mar - 23:32

out of my head
Matthias & Ayalone



Un incendie. Ayalone considéra le blond. L'absence dans sa voix ne l'interpella pas vraiment, elle n'était pas venu pour ça. Ceci dit, il n’avait pas l’air de lui manquer une jambe au moins, ça éviterait qu’elle ait à subir les visions d’une dissection. Mais peut être lui manquait il un lambeau de peau. Elle espérait que non : la vision ne serait pas beaucoup plus joyeuse.

‹‹  C’est un peu tôt pour les visites de courtoisie. T’aurais pu venir hier soir et rester la nuit, on se serait bien amusé.  »

La belle rousse tourna un regard assassin vers Matthias. Elle n’était pas venu pour plaisanter. N’était ce pas clairement tracé sur les traits de son visage ? La pâleur de son teint déjà de cire, la noirceur de ses yeux pourtant si clairs, avait-elle besoin de montrer aussi les dents ?
Elle ne prit pas la peine de répondre à sa provocation mais vint tout de même s’installer en face de sa tasse de café. Pas pour la boire - elle n’aurait de toute manière aucun goût sur sa langue insensibilisée par le monstre en elle - juste pour poser ses mains autour du verre brûlant. Ça aurait peut être le don de la calmer un peu... Et en même temps, ça permettait à la Daybreaker de percer de plus près encore le pompier de son regard.

 ‹‹  Je vais bien… si c’était la raison de ta venue.  »

La Daybreaker aurait presque été heureuse de l’entendre dire ça si elle ne l’avait pas déjà remarqué. Il déblatérait les mots et les plaisanteries comme un moulin à parole, bien sûr qu’il allait bien ! Elle le laissa continuer à parler sans quitter son café des yeux, cherchant quelque part dans son breuvage comment aborder ce pour quoi elle était venue.

Il parlait, il parlait trop. Il remplissait l’atmosphère de bruits inutiles et la jeune femme était incapable de se concentrer correctement. Et honnêtement, en placer une aurait été compliqué également. Même lorsqu'il semblait vouloir lui laisser la main sur la conversation, il la reprenait l'instant d'après.
Alors elle attendait que Matthias ait terminé son laïus, ses histoires, ses questions et leurs réponses qu’il se donnait tout seul. Ayalone n’était pas patiente, elle resserra ses mains autour de sa tasse, la chaleur mordit ses doigts. A se demander qui du verre ou de ses mains céderait en premier.
Lorsque Matthias se leva pour aller dans le canapé, la jeune femme se contenta de tourner la tête vers lui.

‹‹   Si je te dois de l’argent, je vais pouvoir te rembourser rapidement. Mmmm ce n’est pas ça, n’est-ce pas ? Aya, tu caches des secrets sous tes cheveux roux et j’ai jamais su résoudre les devinettes du père Fourras.  »

Sans laisser une respiration de plus.

- J’ai rêvé de toi.  

Et elle rajouta avant même qu’il ait le temps de placer quoi que ce soit de plus : 

- Et ce n’est pas une déclaration.  

Encore une fois, elle n’était pas d’humeur à rire. Sa voix était sèche, ses traits tendus. Qu’est ce qu’elle aurait voulu pouvoir passer une nuit sans rêves... Ne plus jamais rêver. La jeune femme était prête à faire le sacrifice. Elle rêvait de toute façon bien souvent éveillée...

- C’étaient des souvenirs, des souvenirs que tu as apparemment perdu de ce que j’ai cru comprendre et je ne sais même pas si tu les as récupéré depuis.  

Des souvenirs horribles qu’à sa place elle aurait aussi sûrement voulu laisser dans l’ombre. Si Ayalone avait pu effacer ses rêves utopiques vieux de plusieurs siècles et qui avaient tracés toute sa vie, l’aurait elle fait ? Ça aurait sûrement été mieux... pour un moment. Il paraissait que le passé rattrapait toujours... Gabriè en était une preuve vivante. 

- Et à vrai dire ça m’est égal, je veux juste trouver un moyen pour que ça s’arrête.  

Elle se releva, abandonnant là sa tasse de café intacte. La prêteuse sur gages était incapable de rester en place. 

- La seule chose que je sais c’est que c’est à cause de ce qui s’est passé dans ma boutique la dernière fois.  

D’un regard, la belle rousse intima une énième fois à l’homme de ne pas plaisanter. Elle avait d’autres chats à fouetter et était seulement impatiente de se débarrasser de cette sangsue mentale au plus vite.

- Tu as déjà entendu parlé de choses pareil ?  

On ne savait jamais ce que les gens pouvaient ou non porter à leurs connaissances, Aya l’avait apprit avec le temps. 

- Je ne sais pas peut être qu’il faut que je te dise ce que j’ai vu...  

Pouvait ce être si facile ? La Daybreaker n’y croyait pas. Mais ça valait toujours les coups d’essayer.

- Ou alors...  

Ou alors elle devrait dévorer son énergie comme la dernière fois, en essayant de s’arrêter à temps. La belle rousse laissa sa phrase en suspend, les regard fixe sur le blond, en attente d’une réaction.

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MessageSujet: Re: Another apple to slice into pieces ft Ayalone H.   Mar 20 Mar - 14:56

   FEATURING Ayalone & Matthias
Manque de bol pour Ayalone, les regards assassins sont un délice raffiné pour un homme comme Matthias. Il relève les sourcils dans une interrogation muette, peu enclin à lui laisser trop de terrain, le mur épais dans un sourire filtré face à la rousse incendiaire. « Ce n’est donc pas de la courtoisie. » Conclu-t-il lentement, l’œil inquisiteur là où le sourire n’est qu’indolence assumée. Elle s’agace, le montre dans un soupir exaspéré, un regard vers l’extérieur, une mèche remise de façon impatiente. Ce serait amusant si ce n’était les circonstances. Il se doute bien que quelque chose ne va pas, qu’elle n’est pas venue jusqu’à lui pour ses beaux yeux et que si ce n’est une histoire d’argent alors c’est que c’est bien pire…

Il est loin pourtant d’imaginer la réponse qu’elle lui offre.

« J’ai rêvé de toi. »
 
Un bref instant, le sang se fait marbre et il a un mouvement plein de défiance au bout des cils. Ce n’est pas une déclaration – et il la croit sans problème – mais cela y ressemble. Il ne sait juste pas de quel type de déclaration il s'agit et le reste l’informe plus ou moins d’une situation à jamais nébuleuse. « Rêve ou cauchemar ? » S’entendit-il demander sans tendresse, l’urgence de savoir presque galopante sur la langue. Pour qu’elle se déplace jusqu’à lui et se montre aussi tendue, presque effrayée, il n’avait probablement pas eu un très beau rôle dans ses songes. « Aya, écoute ça arri… » Elle continue, le ton voilé et sourd. « C’étaient des souvenirs, des souvenirs que tu as apparemment perdu de ce que j’ai cru comprendre et je ne sais même pas si tu les as récupérés depuis. »

Il se lève, fait quelques pas dans la pièce, la perplexité sous les talons. Tout le monde semble vouloir récupérer ses souvenirs et il fronce le nez. « Et à vrai dire ça m’est égal, je veux juste trouver un moyen pour que ça s’arrête. » Il arque un sourcil, la contemple lentement. « J’ai une suggestion pour ça. Dans les faits, tu trouveras ça merveilleux mais en paroles tu vas vouloir me mettre une baigne. » Il est sérieux pourtant, la haute stature emplissant la pièce et les résidus de semaines de torture presque invisible sous le sweat-shirt mal repassé. « Pour les cauchemars… ou les rêves… peu importe comme tu dis, le docteur Petersen t’apprend qu’il suffit de s’épuiser avant. Le corps. » Aka fais -toi tringler. Ou fais du sport. Jusqu’à ne plus pouvoir tenir debout. « Ça devrait suffire. » Il réfléchit au pourquoi du comment, la main venant recouvrir l’endroit touché il y a de cela des jours et des jours par les doigts délicats de la rousse. Un lien ? Ça n’a pas beaucoup de sens mais il est victime d’une amnésie partielle et rien n’est normal dans cette cité faite de brume et de vapeur. « Tu as déjà entendu parler de choses pareils ? » Il ne peut s’en empêcher, le sourire presque insolent. « De filles qui rêvent de moi ? C’est rare mais ça arrive. » Le coin des lèvres frémit avant qu’il ne les pince. « C’est toi qui sait, non ? Ça t’es déjà arrivé avec… euh d’autres ? » Tout à coup, l’évidence naît dans l’esprit de Matthias. Il est peut-être le seul à avoir tenu après ce qu’il s’était passé. La fatigue avait été si foudroyante qu’il se souvenait à peine de comment il était rentré chez lui. Il était endurant de nature, le corps enjoué face aux aspérités quotidiennes d’une fin du monde ponctuel, mais tout le monde ne l’était pas.

« Aya… à combien de personnes t’as fait ça ? » Il balaye la question d’un geste rapide. Ça lui importait peu ce qu’elle avait vu. S’ils étaient connectés comme elle le suggérait, alors elle avait vu les flammes et l’acide, les piqûres et les tubes de respiration. Elle avait touché le néant du coma et ses provinces inconnues. N’importe qui en serait effrayé et même plus encore. « Nan, minute papillon. J’ai pas tilté ce jour là ou plutôt… j’étais crevé. Je me souviens pas de tout, » Il se passe les mains dans les cheveux, serre un peu ce crâne obscur qui est le sien. Tout lui échappe. Il retient avec peine un grognement de frustration peu amène, le râle roulant sur la gorge abîmée. « Merde ! » Un battement de cœur, puis un autre. Il cille avant de reprendre fermement cette fois-ci. « Tu ne m’as pas pris mon sang. Je l’aurai vu. J’en assez souvent perdu. Mais c’était … pire ? Et maintenant tu me dis que tu rêves de moi et que t’étais là quand je dormais. C’est pas Twilight, chérie. » N’est-ce pas ? Les vampires, ça n’existait pas.




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MessageSujet: Re: Another apple to slice into pieces ft Ayalone H.   Ven 30 Mar - 23:13

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Matthias & Ayalone


La vie d’Ayalone n’était qu’un champ de bataille. Un champ de ruine de tous ses rêves déchus et des victimes qu’ils avaient fait en s’effondrant. Ayalone soupira. C’était sa vie, c’était comme ça qu’elle avait toujours existé, dans un monde au ciel barré de nuages épais. Peut être ne savait elle vivre que comme ça. Dans les embrouilles, des brouillard d’embrouilles. Un brouillard si épais qu’elle ne pouvait jamais voir plus loin que le bout de son nez. 

‹‹ Rêve ou cauchemar ?  »

Cauchemar elle aurait voulu répondre. Mais c’était la réalité. La belle rousse l’avait vu assez de fois pour le savoir. Les souvenirs pouvaient être cauchemardesque mais ils n’en restaient pas moins réels.
Quoi qu’il en soit, Aya était ravie de voir que le blond semblait soudain prendre la situation bien plus au sérieux...
Enfin jusqu’à ce que qu’il lui propose soudain de régler ses problèmes de sommeil en commençant à « faire du sport ». Le sous entendu salace était plutôt limpide... La prêteuse sur gages allait le tuer. Elle allait l’étriper. Littéralement. La jeune femme croisa les bras sur sa poitrine en suivant le pompier du regard. Sûrement pour retenir ses griffes d’aller arracher la peau de l’agaçant.

- Tu as raison... J’ai soudain une furieuse envie de te « coller une baigne » maintenant.  

Peut être que si elle avait été moins furieuse, l’homme l’aurait amusé. Sûrement même. Il avait un humour piquant. Ayalone appréciait ça. Elle avait juste le cœur trop glacé pour le montrer. Alors la jeune femme se contentait de brûler le blond du regard à défaut de savoir le faire réellement.

‹‹ De filles qui rêvent de moi ? C’est rare mais ça arrive.  »

Un sourcil plein de doutes se releva alors que les yeux de la belle rousse considérèrent l’homme comme si le fait que quelqu’un puisse avoir seulement envie de lui était impensable. Pour toute réponse, un petit sifflement dédaigneux. 

‹‹  C’est toi qui sait, non ? Ça t’es déjà arrivé avec… euh d’autres ?  »

La jeune femme fit quelques pas pour aller s’adosser à un mur. A bonne distance du jeune homme, évidemment. Elle n'avait aucune envie de parler de ça, de ses travers, de quoi que ce soit de son passé. Mais quelque part, peut-être qu'elle le lui devait un peu. Après tout elle lui avait volé quelque chose, même si ça n'avait été l'affaire que de quelques heures et une bonne nuit de sommeil pour tout récupérer. La punition n'était définitivement pas proportionnelle au crime... Quoi qu'il en soit, la belle rousse choisit de répondre un peu à sa curiosité.

- Oui. Ça m’est déjà arrivé.  

Le considérant un instant, elle fit une pause. 

- Mais ça n’a jamais été si...  

Comme cherchant ses paroles alors qu’elle savait déjà parfaitement ce qui allait venir au bout de ses lèvres. 

- Dérangeant.  

Le mot fût soufflé, presque provocateur. Ça faisait du bien à la jeune femme de s’attaquer au blond. Il était réceptif. Il était combattif. Agaçant certes, mais divertissant. Mais tout de même. Si maintenant il avait pu sortir de sa tête, ça aurait été un vrai bonheur... 

‹‹  Aya… à combien de personnes t’as fait ça ?  »

La jeune femme secoua la tête. Refusant d’y penser. Refusant de commencer à compter. 

- Ça n’a pas d’importance.  

Le ton sec devait clore cette conversation là. Le jeune homme avait plutôt intérêt à ne pas s'aventurer davantage sur ce terrain là. Mais en tout cas, il semblait réellement avoir adhéré à la conversation. À sa manière, comme toujours, en déblatérant des tissus de foutaises mais peu importait. Il en comprenait la teneur. Ça calma un peu la jeune femme. A peine. 

‹‹ Nan, minute papillon. J’ai pas tilté ce jour là ou plutôt… j’étais crevé. Je me souviens pas de tout. Merde ! Tu ne m’as pas pris mon sang. Je l’aurai vu. J’en assez souvent perdu. Mais c’était … pire ? Et maintenant tu me dis que tu rêves de moi et que t’étais là quand je dormais. C’est pas Twilight, chérie.   »

Vraiment à sa manière. La belle rousse tiqua au mot ‹‹ chérie ›› et fusilla pour l'énième fois Matthias, avant de lever les yeux au ciel sous le poids de la fatigue nerveuse qu'il lui inspirait.

- Qu'est ce que tu racontes ? Je ne t’ai pas vu dormir.  

Il ne manquerait plus que ça ! Enfin ce n'était pas comme si elle s'était tenu à son chevet comme une quelconque tarée tombée un peu trop de fois sur le crâne...

- Je t’ai juste prit de l’énergie. Et maintenant il m’arrive de voir certains de tes souvenirs.  

Peut être que ça allait s’arrêter quand elle aurait fini de visionner le film de toute sa vie. Et s’il l’a lui racontait, est ce que ça passerait ? 

- Et honnêtement ta vie ne m’intéresse pas le moins du monde. Ton passé est vraiment merdique.  

C’était peu dire. 

- Peut être que si...  

Elle hésita encore une fois. Ce n'était pas facile pour la jeune femme de choisir ses mots, d'être patiente. Elle aurait voulu pouvoir débarquer ici, régler le problème en deux temps trois mouvements et repartir en un courant d'air en claquant ses talons pour retourner au plus vite à ses affaires...

- Peut être que si je tentais d’aspirer de nouveau un peu de ton énergie ça annulerait le sort...  

Ayalone se releva. Commença à marcher. À tourner en rond, plutôt, telle une lionne en cage. 

- Je ne sais pas quoi faire d’autre. Je n’ai pas envie d’en savoir plus sur des choses qui ne me regardent absolument pas. 

Dit la femme qui avait l’habitude de voler les petits secrets de chacun. Chercher les vilaines informations et les tenir par les choses qui faisaient mal... mais il y avait une grande différence entre chasser des informations utiles et en recevoir quantité de manière totalement aléatoire et parfaitement inutilement. 

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MessageSujet: Re: Another apple to slice into pieces ft Ayalone H.   Mer 2 Mai - 3:19

   FEATURING Ayalone & Matthias
« Tu as raison... J’ai soudain une furieuse envie de te « coller une baigne » maintenant. » Il y a une once de provocation dans la bouche devenue ronde sous l’interpellation, une pointe de défi dans l’azur qui la couve. Le « Tu prendras un ticket. » n’est pas bien loin des lèvres mais il la laisse se draper de dédain à son égard, la voit se faire friandise hasardeuse dans ses réponses. Elle en sait plus que lui si jamais tout cela est vrai. Quelque part, il n’en doute pas et il sait que les dieux du nouveau monde ont un humour corrosif mais l’idée lui déplaît tout autant qu’elle l’effraye. Ayalone et lui ? Connectés par des songes et un sang qui pulse dans ses veines ?

Les cils papillonnent un bref instant avant qu’il ne la regarde à nouveau. « Qu'est ce que tu racontes ? Je ne t’ai pas vu dormir. » Le propos salace peine à franchir le seuil de son esprit cette fois-ci et il ramène ses mains devant lui, les avant-bras sur les genoux et le regard prudent. « Je t’ai juste pris de l’énergie. Et maintenant il m’arrive de voir certains de tes souvenirs. » Il a un rire incontrôlable, quelques secondes d’incrédulité qui le prenne à la gorge. « Oui, normal en somme. J’espère que t'as vu des licornes… y’a moyen de prendre mon énergie mieux que ça soit dit en passant. » Il se relève, délayant sa haute silhouette à travers le salon. Dire des conneries a l’avantage de l’ancrer dans une réalité qui se défait sous ses pieds comme biscuit trop sec en plein désert. Prendre de l’énergie ? Juste en le touchant ? Sorcière. Il lui jette un regard indéchiffrable, les peurs vagabondes tétanisant ses muscles devenant un peu plus raides à chaque pas. Un verre de bourbon ou de whisky lui ferait le plus grand bien malgré l’heure matinale. Quelque chose de fort sur la langue pour lui rappeler que ce n’était pas un énième rêve ici, qu’Ayalone était de chair et de sang et d’autre chose qu’il percevait un peu mieux à présent – à son plus grand désarroi. « Ma vie t’intéresse peut-être pas duchesse mais en attendant t’y a visiblement plus accès que moi. » Reporter le problème autrement. La seule solution. Ça n’empêchait pas le reste de tourner dans sa caboche, reléguant presque à l’anecdote cette histoire de songe.

Il fait le tour de la salle, une longue pause s’étire et la seule chose qu’il peut entendre de son côté c’est la respiration fine d’Ayalone sur le canapé. Et puis il prononce son nom, comme ça, pour se souvenir qu’elle est humaine.

Elle est humaine, n’est-ce pas ?

« Ayalone ? » Il s’arrête, la bouche sèche, le revers des doigts glissant sur une mâchoire sempiternellement mal rasée. « Putain, j’ai besoin d’un verre. » Il fait fi des convenances et de l’heure et du règlement qui veut que personne n’a le droit d’avoir de l’alcool chez soi. La bouteille est bien cachée et il sort deux verres minuscules, des timbales d’ivoire qu’il remplie d’un or liquide avant de la lever pour le boire dans un geste rapide, tête penchée en arrière et cheveux revenant sur le front.

Elle a fait le tour elle aussi, le pas nerveux, la silhouette sinueuse dans son appartement. Plus il la regarde, plus il ne comprend pas. Certes, elle est rousse, mais elle ressemble à ces petites pin-ups sur les cartes postales qu’on vend en bord de plage. Il lui manque juste la bouteille de coca-cola à la main et la pose langoureuse. Il n’y a rien qui indique la moindre trace de surnaturelle, rien dans son rouge à lèvres framboise, rien dans son sarcasme défiant ni même dans l’absence vertigineuse de tissu à sa jupe. « Toujours se méfier des rousses. » Marmonne-t-il dans un second verre avant de repousser la bouteille. Il faut garder les idées claires. Un minimum au moins. Elle lui a proposé de recommencer. Tout indique que c’est une très mauvaise idée, absolument tout, sauf cette petite voix au fin fond des tympans. Il est curieux. Et elle a accès à plus que lui. « Supposons que je dise oui, tu sauras t’arrêter à temps ? Si on recommence ? » Il la toise maintenant, la surplombe parce que c’est son seul et unique levier en cet instant. Elle peut le mettre à genoux d’un seul toucher, il le comprend mieux maintenant. « La dernière fois j’ai mis des heures à m’en remettre. » Il s’appuie sur le meuble derrière lui, la surveille presque. C’est l’instinct qui le pousse, le même qui l’empêchait de trop réfléchir dans l’arène. Agir sur la seconde, au bord du précipice sans rien d’autre que le mouvement qui devient perpétuel.

Il claque sa langue sur son palais. Le gong vient de sonner. « On va faire ça bien. Viens. » Matthias se détache et lui fait signe avant de s’allonger complètement sur le sofa. Ici, il ne tombera pas au moins. La langue vient tâtonner nerveusement l’émail des dents. « Fais vite. Ensuite... ensuite il faudra tout me raconter. » L’œil se fait sérieux. « Tu me devras bien ça. » Elle est prêteuse sur gages, non? Elle connait les dettes.

Le moelleux du canapé l'englobe une fraction de seconde, la respiration se fait dense et les tambours commencent.



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MessageSujet: Re: Another apple to slice into pieces ft Ayalone H.   Dim 6 Mai - 16:36

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Il fallait qu'elle se libère de tout ça. Ayalone avait déjà bien trop de choses desquelles se préoccuper. Trop de problèmes pour encore se faire sucrer ses douces nuits par des flash lugubres de la vie passée de Matthias.

‹‹ Oui, normal en somme. J’espère que t'as vu des licornes… y’a moyen de prendre mon énergie mieux que ça soit dit en passant.  »

Elle aurait vraiment du le tuer. Encore une remarque du même genre et la belle rousse se défenestrait... Le défenestrait – mieux encore. Il n'était sûrement même plus nécessaire de lever les yeux au ciel pour attester de son désespoir face à la condition mentale du jeune homme. Comment pouvait-il seulement se supporter à longueur de journée ?
Mais malgré ses remarques toujours aussi navrantes, le regard que le blond posait sur elle avait changé, Aya le sentait. Il s'était fait plus méfiant, plus anxieux. Elle avait presque le sentiment qu'il la surveillait maintenant plus qu'autre chose. Avait-il peur qu'elle lui saute de nouveau à la gorge sans prévenir ? Ce ne serait pas étonnant au vu de son caractère, il devait bien avoir l'habitude des menaces de mort pesant au dessus de sa tête, non ? Ayalone aussi, sûrement, mais ce n'était pas l'histoire...

‹‹ Ma vie t’intéresse peut-être pas duchesse mais en attendant t’y a visiblement plus accès que moi.  »

Suivant l'homme des yeux, la jeune femme haussa les épaules.

- Tu me dis comment te rendre ce formidable avantage et je le fais dans la seconde ! 

Et elle le ferait. Bien sûr, pas à n'importe quel prix non plus... Les souvenirs de Matthias n'étaient pas non plus si insupportables que ça, juste terriblement agaçants et collants. Comme lui.

‹‹ Ayalone ?  »

- Quoi ? 

Ou plus gentiment « Oui, qu'est-ce qu'il y a Matthias ? » mais Ayalone n'était pas gentille, ni agréable, ni tout ce qui pouvait définir une bonne personne.

‹‹ Putain, j’ai besoin d’un verre.  »

Ah. Oui, elle aussi. Sauf que les verres ne lui faisaient rien. Ils n'avaient plus le goût de rien. Plus rien n'avait le goût de rien. Un désert de cendres. Pour toute réponse, la belle rousse laissa s'échapper un soupire. Comme elle aurait voulu avoir de nouveau le goût des choses, le goût de la vie... Mais ça avait disparu, depuis si longtemps...
En se tournant un peu pour regarder l'homme sortir de l'alcool bien dissimulé, la prêteuse sur gages ne fut pas très étonnée. A quel moment le Gouvernement pensait arriver à priver les gens de ça ? Sûrement une erreur qu'elle n'aurait pas commise si elle avait été au pouvoir... On ne pouvait pas se faire aimer en privant les Hommes de ce qu'ils avaient besoin. L'alcool en faisait partie, évidemment. L'observant distraitement vider son verre alors qu'Aya préférait arpenter son appartement plutôt que de céder et de sentir, une fois de plus, un goût de terre brûlée lui traverser la gorge, la belle rousse se fit la remarque que quelque part, Matthias était un très bel homme. Puis elle chassa loin d'elle cette pensée.

‹‹ Toujours se méfier des rousses.  »

La remarque serait peut-être passée inaperçue si Ayalone, de par sa nature monstrueuse, n'avait pas également développé ses sens de manière à entendre distinctement chacun des soupires du jeune homme et si elle se concentrait un peu, les battements rapide de son cœur.

- Toujours se méfier des hommes. 

Elle répliqua rapidement et à la même hauteur, lui n'avait assurément pas la même ouïe qu'elle mais peut-être y avait-il assez de silence pour qu'il l'ait tout de même entendue... Pour l'importance que ça avait... Restant maintenant silencieuse, la prêteuse sur gages attendait patiemment que le blond prenne une décision. Après tout, elle lui avait exposé ses idées. C'était à lui maintenant de choisir...

‹‹ Supposons que je dise oui, tu sauras t’arrêter à temps ? Si on recommence ? La dernière fois j’ai mis des heures à m’en remettre. »

Sûre d'elle, Aya l'était toujours ou sinon, elle en donnait l'impression. Pour les ambitions qu'elle avait, c'était bien un minimum.

- Oui, je m'arrêterai à temps. Je n'ai pas très faim de toute façon. 

Ce qui n'était pas totalement vrai, la faim commençait à se faire sentir, cette faim toute particulière, saisissante, hypnotisante, lui faisant terriblement penser à un vampire en manque de sang, susceptible à tout moment de perdre le fabuleux contrôle qu'elle avait sur elle... Quand on ne venait pas à l'énerver tout du moins.

‹‹ On va faire ça bien. Viens. Fais vite. Ensuite... ensuite il faudra tout me raconter. Tu me devras bien ça.  »

La jeune femme observa presque surprise le pompier s'allonger docilement sur le canapé, résigné à se soumettre à son horrible idée. Passé l'instant d'étonnement, Ayalone contourna le canapé avec la lenteur d'un félin tournant autour de sa proie. Elle aurait voulu se faire moins impatiente encore, elle aurait voulu ne pas mourir d'envie de combler ce vide en elle en lui sautant cruellement à la gorge... Mais depuis qu'il avait accepter, la dévoreuse d'énergie ne pensait plus qu'à ça.

- D'accord. 

Elle souffla presque, avant de s'asseoir sur le canapé, contre le flanc du blond – ils n'en étaient plus là. La prêteuse sur gages songea faiblement à lui demander s'il était sûr avant de commencer. Mais la prévenance n'était pas vraiment le trait de caractère principal d'Aya...
Alors elle évita de jeter un coup d'oeil au visage de l'homme, prit une inspiration et saisit son poignet.

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