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 But no one keeps a secret. (nolietta)

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Twins : two people who are joined and can't escape each other.

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↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures ; et pourtant, il l'a servi pendant plusieurs mois
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les petits papiers
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MessageSujet: But no one keeps a secret. (nolietta)   Sam 10 Fév - 17:23

But no one keeps a secret
Giulietta & Nolan



Des papiers, des papiers, encore des papiers. Quand je vois le monceau de paperasse qu’on accumule en une semaine, une petite semaine en plus, même pas trois jours - donc oui absolument pas une semaine - j’en viens à me demander s’il reste des arbres dans le coin. Et j’en viens également à me demander sous combien de kilos de papiers de ce genre on croulerait si le monde n’était pas en équilibre entre la survie et l’extinction. Les mois passent, le Blackbird se maintient à flots. Difficilement, faut être honnête. Les mois passent, je commence tout juste à comprendre comment tout ça fonctionne. Et je comprends pleinement les cernes sous les yeux d’Elias, quand il était encore là, quand il était encore actif, quand d’un mouvement rageur, je redépose sur le bureau des archives péniblement sorties de cartons où elles risquaient de pourrir. « T’es fâché Nolan ? » Mon regard croise celui de Faustine, qui est assise dans un coin du bureau et agite ses jambes du haut d’une chaise trop haute pour elle. Un peu plus et elle ferait tourner son fauteuil, mais je crois qu’elle n’ose pas encore. Ou qu’elle n’y a juste pas pensé. « Tu faisais ça. » Elle fronce les sourcils de manière exagérée, agrémenté d’une grimace des plus éloquentes. J’éclate de rire sans plus tarder. « Non, je ne suis pas fâché, juste… rien d’important. Tu ne t’ennuies pas ? » Je refuse de la laisser seule. Elle est avec moi depuis des mois maintenant, presque autant de mois que l’absence d’Elias à dire vrai, et…. et je sais qu’elle a toujours dans le regard la peur de rester seule. Et que j’ai toujours dans le mien la même peur, quand le silence se fait autour de moi. L’activité du Blackbird est rassurante, la présence de Giu’ est enivrante, les sourires de Faustine me font me sentir plus adulte et plus moi que jamais. C’est un tout, c’est un tout et si on oublie ma santé qui périclite, qui oscille, qui se joue à peu de choses au final, c’est un tout qui rend à ma vie son équilibre perdu et me fait me sentir plus heureux que jamais. Plus adulte que jamais. Plus moi que jamais. Ce qui est rassurant. Plus que rassurant. Les jours passent, les semaines passent, me tiennent occupé. Me tiennent agité. M’éloignent de Liam, aussi. M’éloignent des pensées dangereuses, me forcent à me concentrer sur l’immédiat. Comme sur les papiers de ce bureau, comme sur la prochaine publication du Blackbird et mieux encore : sa prochaine diffusion. A laquelle assiste Faustine, les yeux grands ouverts. Elle a ses cheveux péniblement démêlés et maladroitement tressé ce matin. Elle a un tee-shirt trop grand pour elle, taillé à la main la veille dans un de mes vieux vêtements, elle a un pantalon un peu trop grand aussi, piqué dans la garde-robe de Clémentine, la fille d’Elias. Elle a un sourire : et ça me rassure. « Non, ça va. Je lis. » Je suis son regard : il y a des flyers de propagande un peu partout dans le bureau d’Elias. Oh. C’est une bonne lecture. Et moi, je traîne.

Des papiers, des papiers, encore des papiers. On pourrait les épingler sur des arbres qu’on aurait l’impression d’être en plein été. Des journaux imprimés, des exemplaires du Mission. Et des mots, aussi. Dont un qui s’échoue dans mes mains tremblantes, comme en confirmation de ce dont je suis certain depuis le début : avoir à charge un journal quand on s’appelle Nolan Wiggins et qu’on a de gros problèmes de santé, ce n’est pas une bonne idée. « Merde. » Faustine fronce les sourcils, saute en bas de son perchoir. « Tu dis un gros mot. » Je sais. « Va voir Giulietta. Reste avec elle. Je vous rejoins. » Elle connaît Giu’, naturellement. La petite fille sautille, bien remise de ses blessures, bien remise de ces cauchemars qui la tourmentent encore chaque nuit. Elle sautille, elle a ses repères maintenant dans cet entrepôt qui nous sert de QG. Elle a ses repères, sans réellement de statut autre que celui de ma protégée, et de celle de Giu’. Mon regard la suit quand elle rejoint la plus belle des italiennes, et moi je me mets à fouiller avec un peu plus de conviction à la recherche du complément de ce papier que les doigts froissent. J’avais un rendez-vous, aujourd’hui. Maintenant. Tout à l’heure. Ce matin ?. Et je l’avais totalement oublié.
Quelques secondes me suffisent pour mettre la main sur le début de l’échange épistolaire, des mots, cachés, cryptés, dans un code que j’ai mis en place après en avoir retrouvé la clé dans les affaires d’Elias. Je ne suis ni un rédacteur, ni un journaliste, ni un politicien, mais j’ai au moins l’avantage de m’y connaître en sécurité et en cryptage. J’ai au moins ça pour moi : les lettres et les chiffres qui se coordonnent en assemblable informe ont un sens à mes yeux, c’est une heure, un point de rendez-vous et des instructions, et une vingtaine de minutes qu’il me reste. Je rejoins Giulietta, cache en jouant les yeux de Faustine quand je l’embrasse dans un soupir. « Je dois aller voir Hedwige, pour la distribution du prochain journal et elle m’a dit qu’elle avait peut-être trouvé la carcasse d’une imprimante que je pourrai remettre en état. Tu peux garder un œil sur Faustine ? » Je sais qu’elle va dire oui, j’espère qu’elle va dire oui, pour la seule raison que ce n’est pas la première fois que je confie l’une à l’autre. Je l’embrasse à nouveau, comme un effleurement, sur la joue. « Je vous retrouve chez moi ? » Ce n’est toujours pas une question, juste une quête de confirmation. Le besoin de savoir qu’on se verra ce soir. « Y’a rien de risqué, t’en fais pas. » Je la rassure, avant de m’accroupir, un genou au sol, pour me mettre à la hauteur de Faustine et la forcer à me regarder dans les yeux. « Tu es sage, d’accord ? » Bien sûr qu’elle va être sage. Elle a grandi dans un monde totalement démoli, elle sait ce que c’est qu’être sage et prudente. Et de toute manière, Giulietta est là.

Il nous faut quatre heures. Quatre heures de discussion, quatre heures de négociation, quatre heures de marchandage, quatre heures de transaction pour nous mettre d’accord, Hedwige et moi, sur non seulement les risques qu’elle accepte de prendre, elle et son frère – puisqu’elle parle aussi en son nom – pour disperser un peu partout en ville la prochaine édition du journal. Quatre heures aussi, enflées par le temps qu’il nous a fallu pour tomber d’accord sur le prix mis pour la carcasse d’imprimante et, pire encore, les cartouches d’encre. Inexistante. Que je pense pouvoir recréer avec un peu de matière première mais beaucoup de patience et d’improvisation Et qu’elle voulait me faire payer en plus, en nourriture et en alcool. Comme si je pouvais me le permettre. Elle s’est regardée ? Quatre heures, quatre heures et on a fini par trouver un terrain d’entente. Et le chemin de retour est compliqué. J’ai l’imprimante sous le bras, lourde imprimante, agrémentée d’un sac des pièces détachées. J’ai des escaliers à gravir, je me pose au premier étage pour souffler. Au deuxième le temps qu’un vertige s’enfuisse. Au troisième, le troisième pour calmer une respiration difficile et des tremblements. Quand j’atteins le bon palier, je m’appuie à la porte pour que Giulietta ne me voie pas dans cet état, et adossé de cette manière, je suis le spectateur – ou plutôt l’auditeur – le plus privilégié d’une discussion adorable. Je crois. Faustine qui s’est écorché, Giulietta qui s’inquiète. Faustine qui n’a pas l’air d’aller si mal. « Ne t’inquiète pas, Papa va revenir. » Papa. Mon cœur rate un battement, je me sens sourire. « Il va me dire plein de mots bizarres, et me mettre de la pommade et ce sera guéri. » Mon sourire se fige. Est-ce que j’ai dit à Giulietta que j’étais un sorcier ?

J’ai comme un doute. Et la réaction interrogative de Giu’ me le confirme. Avant que Faustine n’insiste sur le ton d’une conspiratrice, « Il fait de la magie. », quand blanc comme un linge – et pas uniquement à cause de ma santé – j’ouvre la porte pour essayer de couper court à ce que je pressens être une tempête se profilant à l’horizon. « On parle de moi ? » Voix crispée. Mes bras se déchargent de leur fardeau, je me pare d’un sourire. « Vous allez bien ? » J’évite le regard de Faustine qui s’est jetée dans mes bras en me montrant sa main esquintée. « Qu’est-ce que… qu’est-ce qu’il s’est passé ? Tu veux un pansement ? » Je fais l’innocent. Je tente de faire l’innocent. « Bah t'en as pas besoin ! » Merci Faustine.

Tu en m'aides pas.



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MessageSujet: Re: But no one keeps a secret. (nolietta)   Mar 27 Fév - 20:15


Jamais je n'aurais cru, voir les évènements se dérouler ainsi. C'est comme une sensation de liberté, rapidement étouffée par ces murs toujours trop présents autour de moi et que je suis désormais incapable de survoler. Opressée par une sorte de situation qui ne me convient pas. Et pourtant incroyablement libre... d'être heureuse. C'est l'effet qu'il me fait dernièrement. Même si une sourde inquiétude cache quotidiennement nos moments passés ensemble. Il est malade. C'est probablement de pire en pire. Parce qu'il en fait trop. Seulement je ne peux me montrer trop insistante sur le sujet. Parce qu'il m'ennuierait en l'étant, si les choses étaient inversées. Et s'il y a bien une chose que je refuse, c'est l'ennuyer.


Son rire me fait lever la tête de mon dessin et je me surprends à l'observer avec Faustine. Cette gamine tellement adorable. Je suis certaine qu'elle l'aide à ne pas sombrer dans cette fatigue qui doit pourtant le terrasser. Ils traînent dans le bureau d'Elias, comme tous les jours depuis que Nolan a récupéré le Blackbird et un fin pincement agite mon coeur. L'homme me manque et regarder vers son bureau me provoque toujours cette sensation un peu gênante, presque douloureuse. Constatation amère d'une relation trop vite abrégée, d'une amitié trop peu approfondie à mon goût. Toujours cet arrière goût d'inachevé, qui m'empêche de faire le deuil de sa disparition. Je finis par secouer la tête, les larmes aux yeux d'y avoir trop repensé. Bien trop sensible dans ce monde brutal, je reviens dans mon travail, seulement pour être déconcentrée quelques secondes plus tard par une Faustine qui me rejoint en sautillant et que je salue d'un sourire, tout en relevant un regard interrogatif sur un Nolan bien trop occupé par quelque chose, pour me prêter attention.


Il fini par nous rejoindre alors que je tente d'apprendre quelques rudiments du dessin à la gamine, il se perd en explications dont je n'ai pas besoin et d'un geste, je tente de le rassurer. J'attrape ses doigts entre les miens pour les serrer doucement dans un sourire. « On s'en sortira mio scioccio, rentre pas trop tard. » Mes lippes se crispent légèrement lorsqu'il quitte mon contact, mon regard se fait mélancolique quelques secondes, avant que la petite ne happe mon attention, d'un regarde plein de saveurs...


[...]



Je n'ai pas vu sa chute. Je n'ai entendu que son petit cri douleur. Je n'ai que vu le sang perler au creux de sa main alors qu'elle s'est approchée vers moi, l'air contrit, mais pourtant pas inquiète quand à cette blessure, somme toute mineure. Je m'inquiète, fortement, et attrape sa main entres mes doigts fins, pour observer de plus près. Rien de grave, bien évidemment. « Ne t’inquiète pas, Papa va revenir. » Mon coeur loupe un battement alors que mon rythme cardiaque s'élève soudainement. Papa Cette gamine est tant attachée à Nolan que c'en est presque douloureux. Une seconde je me demande. Je m'interroge sur ce que cette fille peut provoquer dans notre couple. Rien de mal, c'est évident. Je dois avouer que l'avoir comme fille serait probablement agréable. Je l'adore après tout. Et Nolan l'adore. Nous pourrions être si bien tous les trois... « Il va me dire plein de mots bizarres, et me mettre de la pommade et ce sera guéri. Il fait de la magie. »


Nous pourrions...

Mon souffle se fige dans ma cage thoracique, alors que l'information peine à trouver sa place dans mon esprit. Nolan est un sorcier. Nolan est un putain de sorcier. Et je n'en savais rien. Ma colère reprend ses droits si vite, que je sens tout mon être se tendre. Mon visage se ferme à son tour, pour ne plus rien exprimer d'autre qu'une vive rancoeur, face à ce nouveau secret. Je n'ai pas le temps d'assimiler entièrement l'information que le susnommé entre dans la pièce. Je le darde aussitôt d'un regard insicif tout en quittant ma position accroupie pour me redresser, bras croisés sur la poitrine. La colère la brûle, j'ai l'impression de me consumer tant elle cogne douloureusement. Plus de secrets Mes propres mots résonnent encore à mes oreilles alors que je m'approche pour attraper sa nuque. Surplombant Faustine, j'aventure mes lèvres dans son cou, uniquement pour prononcer ces mots, dans un murmure plus agressif que prévu. « Fais donc ta magie. Occupe Faustine. Et rejoins moi dans ta chambre, faut qu'on parle. »


Je ne veux pas faire de scène devant la gamine souriante. Je ne veux pas qu'elle me voit comme la furie que je peux être. Je ne veux pas qu'elle voit son père échanger des mots douloureux avec moi. Je veux conserver son innocence juste un peu plus longtemps. Je le lâche finalement pour quitter la pièce et entre dans sa chambre, pour entamer une longue série de va et vients, dont chaque pas alimente encore un peu plus ma colère. Il a encore des secrets. Il me cache encore des choses. Il est un putain de sorcier... Et je ne suis pas certaine de ce qui m'énerve le plus...
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MessageSujet: Re: But no one keeps a secret. (nolietta)   Ven 16 Mar - 21:15

But no one keeps a secret
Giulietta & Nolan



Il n’est jamais bon de se taire. Je le sais, pourtant. Je ne le sais que trop bien, il n’est jamais bon de garder quelque chose pour soi. Ma maladie, je la cache Liam. Sa gravité, sa dégénérescence bien trop rapide, je la cache comme je peux à Giulietta. Ce sont des grenades que je dégoupille et que je garde tout contre moi, dans l’espoir que ça passera inaperçu. Il n’est jamais bon de se taire. Et quand j’entends Faustine, quand je l’entends évoquer la magie dont j’ai déjà pu faire preuve face à elle, pour soigner ses blessures, faire disparaitre ses mauvais rêves ou encore apaiser des migraines, je me rends compte que je n’en ai jamais parlé à Giulietta. Un oubli. Un oubli stupide, à n’en pas douter, mais un oubli que je vais payer, à n’en pas douter non plus, il me suffit de voir son regard pour le comprendre. Il me suffit de croiser son sourire crispé pour le sentir. Il me suffit de voir son visage se fermer, à double tour, pour comprendre qu’elle n’apprécie pas. Et mon visage à moi se ferme aussi, lentement, quand je me souviens de ce qu’on a dit, à l’hôpital. Plus de secrets. J’entends encore nos voix. Plus de secrets. Faustine en rajoute une couche, me pousse à river mes prunelles dans celle de ma colombe. Qui s’approche. Je lui souris, tant bien que mal, tant mal que bien, sans efficacité aucune parce que lorsque ses lèvres effleurent mon cou, ce n’est pas pour m’embrasser mais bien pour me faire comprendre qu’elle n’aime pas les secrets. Elle n’aime pas les oublis. Et elle ne doit pas aimer non plus les sorciers. « Fais donc ta magie. Occupe Faustine. Et rejoins moi dans ta chambre, faut qu'on parle. » Je déglutis. « Giu’, écoute… » Elle me lâche, elle recule, pire encore : elle s’exécute sans plus tarder, elle entre dans ma chambre, dans notre chambre, et la porte se referme sur sa silhouette, alors que Faustine saute à mon coup, grimpe dans mes bras, innocente, inconsciente de tout ce qui est en train de se jouer. « Nolan, tu m’as manquée ! Qu’est-ce que tu faisais ? Tu as vu, j’ai fait un dessin et… » Je suis du genre bavard, extrêmement bavard même : je suis du genre à parler quand il vaudrait mieux que je me taise, je suis du genre à parler même lorsqu’on ne me le demande pas, je suis du genre à dire trop quand on voudrait que j’en dise moins. Alors quand je reproche à quelqu’un de faire de même, il y a un peu une histoire d’hôpital, de charité, et de tout ce qui s’en suit, on ne va pas se le cacher. Mais là… « Tu me montreras après. Montre-moi déjà ta main. » Et ma voix est bien plus sèche que je ne l’aurais voulu. La petite Faustine ne mérite pas que je perde le contrôle, comme j’ai tendance à parfois le faire. Elle ne mérite pas d’être le dommage collatéral d’un oubli de ma part, d’une erreur de ma part. Elle me regarde avec ses grands yeux vexés, pince les lèvres et se tait. Me tend sa petite main écorchée. Une main que je prends entre les miennes, nous n’allons même pas avoir besoin de potion, ou de cataplasme, si ça ce n’est pas beau. Je m’accroupis. Dans un murmure, je fais ce que je sais le mieux faire chez les autres : guérir. Quelques mots, rien de plus, Faustine ne peut s’empêcher de sourire parce qu’à ce qu’elle m’a déjà dit, ça lui fait des chatouillis. Quelques secondes, ce n’était même pas une réelle plaie, et l’affaire est dans le sac, Faustine me dépose un bisou sur la joue et un câlin, alors que je me redresse.

Je n’ai pas envie d’aller dans ma chambre. Je n’ai pas envie de tout ça. Je n’ai vraiment pas envie d’aller m’engueuler avec Giulietta mais je ne suis pas stupide, c’est ce qui nous attend. J’ai suffisamment subi ses cris et sa colère pour savoir les reconnaître dans son regard, et c’est exactement ce qu’il m’a hurlé avant de fermer cette foutue porte. J’ai bien envie de faire volteface et de me barrer de cet appartement. J’ai bien envie d’éviter tout ça, de faire l’autruche et de m’enfuir en prenant mes jambes à mon cou. Mais quelque chose me dit que non seulement Giu’ ne me le pardonnerait pas, mais que je ne me le pardonnerais pas non plus. Je prends mon inspiration. « Faustine, va dessiner, je vais discuter avec Giulietta, d’accord. Ne nous dérange pas, s’il te plaît. » Et au moins, si elle partage avec moi mon bavardage, nous n’avons pas en commun ma si appréciable tendance à ne pas obéir aux ordre que l’on peut me donner. Elle, elle a appris la valeur d’un ordre. D’une demande. D’un regard qui ne plaisante pas. Et elle se tait, va s’asseoir à la petite table où ses dessins m’attendront encore un peu. Me tourne le dos, non sans un regard très explicite : elle va me le faire payer en me réclamant des couettes.

Est-ce que Giulietta sera plus clémente si je lui fais des couettes ? Je pousse la porte, je croise son regard, à nouveau, et quelque chose me chuchote qu’il faudrait des dizaines de couettes. Au minimum. Je ferme lentement derrière moi. « Ecoute Giu’, c’est pas ce que tu crois, c’est vraiment pas ce que tu crois. » Vraiment, en plus. Je lève les mains, comme un voleur pris au piège par la police – j’ai énormément d’expérience dans le domaine, il faut bien l’avouer – dans l’espoir de la maintenir au silence quelques secondes de plus. « Je peux tout t’expliquer. Je suis un sorcier, mais un gentil sorcier. Vraiment. Et… juste comme Mickey dans Fantasia, tu vois. » Ce qui devrait la rassurer, non ? « Ou si tu préfères, Merlin l’enchanteur, quand il se déguise en écureuil, gentil écureuil. » Ca pourrait la rassurer si seulement elle avait les références. Pas sûr que ce soit le cas. « Mais ça change rien au fait que je sois moi, tu sais ? » Ca ne change rien au fait que je sois un foutu con, oui.



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