AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Caught in the middle [PV Rivka]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 3420
↳ Points : 6911
↳ Arrivé depuis le : 02/07/2014
↳ Age : 28
↳ Avatar : Gal Gadot
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Médecin légiste
↳ Opinion Politique : Pro-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv 2 - 1 en cicatrisation & 4 en sens sur-développés
↳ Playlist : Halsey - 100 letters // Ellie Goulding - Outside // Daughter - Burn it Down // Natalie Imbruglia - Torn // The Ting Tings - Shut Up and Let Me Go // Halsey - Bad At Love
↳ Citation : " I'm iron and I forge myself. "
↳ Multicomptes : Oswald E. Madsen
↳ Couleur RP : White



les petits papiers
↳ Copyright: ELLAENYS - avatar
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Caught in the middle [PV Rivka]   Jeu 15 Fév - 0:20

Caught in the middle
I was dreamin' life away. All the while just going blind. Can't see the forest for the trees behind the lids of my own eyes. Nostalgia's cool, but it won't help me now. A dream is good, if you don't wear it out.


Les cheveux ondulent sur la nuque, la chaleur les oblige à s’agglutiner désagréablement sur la peau. Ils s’amassent ainsi pour former des rizières étranges contre son cou. La métamorphe fait rouler ses doigts contre la bouteille en verre qu’on lui a tendu. Encore suffisamment fraiche pour apaiser les effets dévastateurs de la braise. Le récipient atterrit délicatement sur sa joue, elle la presse ensuite contre sa gorge. Les paupières se ferment un bref instant alors qu’un pied vient effleurer sa cheville. Un sourire carnassier étire ses lèvres finement redessinées par son rouge à lèvres. Sans ouvrir ses yeux, elle se rapproche de l’arrivante assise sur le siège d’à côté. La main frôle coude. Le parfum délectable de son vis-à-vis hante déjà ses poumons et exalte ses sens. La doctoresse se penche naturellement vers elle. Elle n’a pas à fournir plus d’efforts que cela pour être contaminée par le souffle de son interlocutrice. La bouche adverse se pose sur la sienne doucement. Un frisson qui massacre l'échine avant qu’elles ne reculent toutes deux, piégées dans leurs pulsions communes. Triss, la vagabonde. La peau sombre et le regard perçant. Une tignasse plus noire qu’une nuit sans étoiles, tressées généralement par ses soins. Beauté d’une rare exception dans le coin qui sélectionne ses partenaires selon des critères inconnus mais relativement sévères. Aloy savait qu’elle la dénicherait ici. Là où les mœurs du gouvernement ne peuvent pas briser les briques de cet établissement.

La plupart d’entre eux aiment les deux genres. Le libertinage, premier péché selon la dictature alors l’homosexualité. Une double hérésie. Ce refuge de débauche offre aux gens de quoi satisfaire leurs envies, un lieu où les personnes de même sexe n’ont pas à se planquer pour effectuer quelques rapprochements prohibés. Si la légiste se refuse à consommer le moindre alcool pour s’accorder aux décisions prises par les hautes pompes, elle ne peut réfréner l’appel de la chair. Sans aller jusqu’à payer pour pouvoir se distraire une nuit, elle déniche des hommes et des femmes prêts à savourer les mêmes interdits dans ce genre de bouibouis. Et donc, Triss. Si elles vont jusqu’à l’étage, ça sera leur troisième fois. La brune aime beaucoup lui revenir. Parce qu’entre ses mains, elle a la sensation d’être spéciale. Dès qu’elle est présente, son amante délaisse ses autres cibles pour la privilégier. L’israélienne en est farouchement flattée. Pour ne rien retirer à ce sentiment enivrant, cette habituée sait très bien comment la charmer. Pas de mots, pas de promesses, pas la moindre information. Tout ne s’échange que par contact. Ainsi quand elle finit par élargir enfin son horizon, elle ne la salue pas et se contente de glisser ses doigts contre sa cuisse. Caresse à laquelle l’afro-américaine répond immédiatement en jouant avec quelques mèches de sa crinière. Elles se regardent, s’apprivoisent silencieusement. Le rictus de l’une fait naitre celui de l’autre. Osmose que rien ne peut détruire. Il ne s’agit pas d’amour, encore moins de romance mais plus de compréhension tacite, de désir pratiquement animal. Et tout a toujours été clair. Elles ne sont là que pour partager une expérience sensorielle, rien de durable.

La trentenaire dégage un charisme certain qui captive sans mal la changeuse. Au point qu’il soit difficile pour l’exilée de s’armer de la même patience quant à leur jeu de séduction. Elle respecte toujours implicitement leur code de conduite. Pas de question, pas de réponse. Il arrive ainsi que Triss n’aille pas plus loin dans ses gestes et donc, dans ses intentions. Alors elles n’en restent qu’au flirt innocent. Ce soir, néanmoins, la promesse d’un plus semble de mise. L’impatiente l’espère tout du moins. Sa comparse noue ses doigts aux siens et l’emporte jusqu’à la piste de danse aménagée de façon officieuse dans un coin de la pièce. Ils sont déjà plus d’une dizaine à s’y rassembler. Ils s'y entrechoquent alors inéluctablement. Les mains se posent sur les hanches avec réserve. Il ne leur faut pas plus de deux minutes pour être franchement enlacées, les paumes soulignant les courbes de la taille, se perdant sur les reins. Les lippes se retrouvent à plusieurs reprises, épousent la musique tantôt endiablée, tantôt lente diffusée par une vieille stéréo passée d’âge. Elles s’amusent, oublient le reste du monde. La fournaise régnant dans le bar ne dérange plus du tout, la dépravée. Trop occupée à séduire sa compagne du soir, elle ne fait plus attention à rien. Elle ne pense plus à rien. Plus d’ennuis, plus de tracas, plus de désespoir. Hila ne traverse plus son esprit pour un instant. Elazar encore moins. La communauté, les risques de se faire descendre, tout ça est resté sur le tabouret au comptoir qu’elle a déserté. Sur la bouche de Triss, l’ivresse se réinvente. Pourquoi résister à l’euphorie ? Pourquoi refuser la légèreté ?

Les paumes descendent vers le bas du dos, son acolyte lui fait passer le message. Deux options s’offrent alors à elle. Refuser ou accepter. Elle se presse un peu plus contre elle avant que sa sublime partenaire ne glisse un bras autour de ses épaules pour la guider hors de la piste. Les lèvres glissent dans le cou, les paumes cherchent toujours l’autre durant le trajet. Alors qu’elles se dirigent, serrées l’une contre l’autre vers le comptoir, les yeux percutent une silhouette un peu trop familière. Les prunelles croisent les siennes. Rivka. L’insoumise ne se décolle pas de sa charmante compagnie. Mais cette dernière finit par s’écarter pour réclamer une chambre au patron. Le froid s'impose alors, la peur aussi. Elle est bien forcée d'attendre, accolée au comptoir. Elle se mord nerveusement l'intérieur de la joue et ignore quoi faire. Dans son dos, elle comprend que son amante s’est lancée dans une longue discussion avec le propriétaire des lieux. Aloy fixe sa cousine sans comprendre. Le dernier endroit où elle pensait la croiser. Comment a-t-elle pu connaitre cet endroit ? La cherche-t-elle ? La piste-t-elle ? Et surtout, va-t-elle les dénoncer ? Paranoïa qui la force à faire signe à la recruteuse afin qu’elle s’approche. Il faut qu'elle en ait le cœur net.

_________________
I'd rather die than give up the fight
Take a hit, shoot me down. I will never hit the ground, hit the ground. Playing dead, I'll never do. Gotta keep an eye on you. Patience is wearing thin, paper thin. Promises broke again, what a sin. But it only feeds my energy. ▬   So don't expect no sympathy.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5096-myself-was-never-enough-f

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1050
↳ Points : 194
↳ Arrivé depuis le : 11/06/2017
↳ Age : 28
↳ Avatar : Keira Knightley
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Recruteuse pour la milice
↳ Opinion Politique : Pro Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 3
↳ Playlist : Travis ♪ Re-Offender
↳ Citation : "Le sens moral est plus important que l'intelligence. Quand il disparaît d'une nation, toute la structure sociale commence à s'ébranler"
↳ Multicomptes : Joshua Bates
↳ Couleur RP : #6cb288



les petits papiers
↳ Copyright: BoxShock & trumblr & okinnel
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Caught in the middle [PV Rivka]   Dim 25 Fév - 23:59

Les sombres évènements qui se sont déroulés ne resteront jamais derrière elle. Les images macabres continuent à tourbillonner dans sa tête. Les récentes blessures, ajoutées aux anciennes, l’affaiblissent considérablement. Menacent de donner lieu à des explosions dangereuses. Elle disparaît, à l’abri des regards indiscrets. Penche sa maigre silhouette angoissée sur le lavabo. Elle a l’impression de manquer d’oxygène et prend des respirations profondes. Sent le sol se dérober sous ses pieds. Les tremblements incontrôlables s’amplifient. Secouent tout son corps. L’inquiétude augmente de plusieurs crans. Rivka glisse le comprimé défendu dans sa bouche, et l’avale d’un coup sec et salvateur. La satisfaction est incomplète, mêlée à une sensation de manque lancinante. Elle repousse machinalement une mèche de cheveux qui se balade sur son front plissé de frustration. S’apprête à affronter ses obligations de recruteuse et la longue soirée qui l’attend, la motivation se faisant la malle. Un sourire crispé au bord des lèvres, elle erre longuement dans les locaux du gouvernement, se plaçant à une distance suffisante de ses collègues pour éviter les questions trop indiscrètes qui la mettraient dans l’embarras. Elle a l’impression d’être dans un état de somnolence permanent, la substance médicamenteuse se frayant quotidiennement un chemin dans son sang. Elle s’installe sur son fauteuil confortable et épluche quelques dossiers, la mine préoccupée, les restes de culpabilité remontant à sa conscience vaseuse.

Sa concentration est réduite à néant. Multiplier les maladresses pourrait lui faire perdre bien des batailles, éveiller les soupçons de ses collaborateurs. Rivka a la réputation d’atteindre la perfection, d’effectuer un travail titanesque et d’étudier chaque profil avec soin et minutie. Le stress la prend à la gorge, et ses tripes se resserrent un peu plus, alors que les mots prononcés à ses recrues flottent toujours dans l’atmosphère. Tout manquement au devoir sera soumis à des sanctions. Le sérieux est de rigueur. Il est nécessaire de laisser ses problèmes personnels au placard. Se laisser envahir par ses émotions est un frein à l’accomplissement de la mission. Des conceptions vides de sens. Mises en valeur dans le but de faire tomber les miliciens dans la rage, et d’éteindre leur humanité. Forgés pour mettre en place des actions brutales mais douloureusement efficaces. La vérité, c’est que la passion gouverne chacun d’entre nous. Impérieuse, elle nous entraîne, et finit par imposer sa loi. Et pour preuve, dans l’espoir de relâcher cette angoisse qui la ronge complètement de l'intérieur, la sorcière hésite à renouer avec de vieilles habitudes. Une lutte destinée à se répéter inlassablement. Incapable d’atténuer le brasier qui triple d’intensité en la présence de Brooke. D’empêcher son regard de sublimer chacune de ses courbes. D’interdire à ses mains fébriles d’étudier toute la surface de son corps. De résister à cette douce chaleur apaisante. Les yeux brillants d’un sombre désir. Celui de mêler les sentiments au réconfort charnel. Elle lui voue une grande admiration. Pour la bravoure dont elle fait preuve. Pour sa faculté à lui faire savourer l’adrénaline qui remonte par vague dans son corps.

Des sentiments merveilleux couplés à une atroce culpabilité. Rivka pèse le pour et le contre. Cherche à brimer ses instincts. Le désespoir dans lequel elle est plongée obtient gain de cause. Elle s’extirpe de cette prison dorée, après avoir passé ses nerfs sur sa secrétaire, froide et autoritaire, prête à tout pour préserver sa notoriété.  Elle déambule dans les rues louisianaises, bordées de lampadaires victoriens, frémissant d’anticipation. Les pelouses parfaites, d’un vert éclatant, les épineux massifs floraux, l’ambiance chic, cèdent la place aux rugissements sinistres, aux chaussées en bêton parsemées d’ordures ménagères. Une grimace d’agacement apparaît furtivement sur son visage, lorsqu’elle pénètre dans ce bâtiment délabré, et assiste à une vulgaire séance de pelotage. La musique lui agresse aussitôt les tympans. Rien ne vaut les délicates compositions des musiciens les plus célèbres dans le monde de la musique classique. Les rires se mêlent à des danses endiablées, et l’alcool coule à flots. Un lieu créé de toutes pièces pour que les dégénérés se défoulent jusqu’à en perdre haleine, et apaisent leurs pulsions grotesques. Les bras d’un écervelé en manque d’affection trouvent une place autour de sa taille. Elle lui jette un regard indigné et amorce un mouvement de recul. « Je serais curieuse de savoir si les juges trancheraient en la faveur d’un violeur, au sein du Colosseum ». Le piètre séducteur ouvre la bouche de stupeur et vaque à d’autres occupations.

Elle se fraye un chemin dans la foule, affronte la chaleur caniculaire insupportable. Percute de plein fouet une jeune femme à la coiffure extravagante, maquillée comme un pot de peinture, qui lui adresse un sourire charmeur. Rivka hausse les épaules avec nonchalance et continue de détailler chaque silhouette croisant sa route. Elle a l’impression d’affronter un milieu nocturne sans saveur, en l’absence de Brooke. Bien loin de sa routine constante et sécurisante. Avant d’être frappée par un retournement de situation ironique. En se rapprochant du comptoir, elle serre les dents devant cette irritante familiarité. Son visage se décompose et son sang ne fait qu’un tour. Les mots s’étranglent dans sa gorge, et elle se rend compte que sa vie n’est qu’une succession de chocs. « Je me tiens éloignée durant quelques jours et tu perds le sens des responsabilités ! Est-ce que je peux être d’une utilité quelconque ? Tu prévois sans doute de refaire ton stock de seringues et de procéder au blanchiment d’argent. Tu n’as rien trouvé de mieux, pour atténuer la douleur ? ». Elle affiche son air autoritaire habituel, La laissant sous sa protection. Passe sous silence les raisons de sa présence en ces lieux malfamés, la honte s’écrasant sur sa maigre carrure. Entourée de débauchés enivrés par la joie et l’euphorie, qui la mettent dans un embarras évident.

_________________
OPEN ARMS OF DAMNATION
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4888-rivka-perfect-symmetry En ligne

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 3420
↳ Points : 6911
↳ Arrivé depuis le : 02/07/2014
↳ Age : 28
↳ Avatar : Gal Gadot
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Médecin légiste
↳ Opinion Politique : Pro-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv 2 - 1 en cicatrisation & 4 en sens sur-développés
↳ Playlist : Halsey - 100 letters // Ellie Goulding - Outside // Daughter - Burn it Down // Natalie Imbruglia - Torn // The Ting Tings - Shut Up and Let Me Go // Halsey - Bad At Love
↳ Citation : " I'm iron and I forge myself. "
↳ Multicomptes : Oswald E. Madsen
↳ Couleur RP : White



les petits papiers
↳ Copyright: ELLAENYS - avatar
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Caught in the middle [PV Rivka]   Lun 5 Mar - 1:22

A croire que la glace ne fond pas même au soleil. Plus buttée que jamais à ne pas se ranger aux côtés des carcasses qu’elle semble, elle aussi, côtoyer. Le givre caractérise le timbre tout autant que l’œillade assassine. A croire qu’il n’y a que la métamorphe qui se soit fait prendre la main dans le sac. Pourtant, sa cousine se tient là également pour des raisons définitivement bien obscures. Les accusations pleuvent. Il serait facile d’y répondre immédiatement, de renvoyer la balle avec acidité. Mais Aloy ne tombe pas dans ce piège. Si la surprise semble crisper les traits alliés, la paranoïaque, elle, ne sait pas vraiment comment interpréter cette coïncidence. Elles ne se connaissent plus si bien au fond. Jamais, la changeuse n’aurait pensé qu’elle la dénicherait dans un établissement aussi éloigné des idéaux bien affichés du gouvernement auquel elle a décidé de dédier son existence. Alors peut-être qu’Elle la piste depuis la découverte du secret ? La trentenaire est prête à le croire. Jusqu’où pourrait aller Rivka afin de faire régner l’ordre ? La brune sourit dans un premier temps. De ce genre de rictus qu’elle partageait avec Hila et leur mère, un trait de famille en quelque sorte. L’irritation qui force les lèvres à se tordre d’une manière crispée, rien qui ne paraisse tout à fait naturel. Un moyen comme un autre de communiquer l’agacement sans user de cris ou de gestes. Ne pas alerter l’attention, jouer l’anonyme au milieu de la masse. La seule façon de passer inaperçue et de sauver ses miches par ici. Alors l’esclandre que lui joue la recruteuse, peut s’avérer dangereuse si elle poursuit sur cette lancée. N'en a-t-elle donc pas conscience ? Jusqu'à quel point se laisse-t-elle dominer par ses émotions ? Un regard en biais vers sa belle qui n’en démord pas non plus, aux prises avec sa propre altercation avec le patron. Il lui faut profiter de ce moment d'inattention. Les doigts de la légiste effleurent le coude de son interlocutrice. Elle l’emporte un peu plus loin par mesure de précaution. Espère ne pas vexer sa conquête du soir en se montrant aussi peu cavalière, entrainant un quiproquo aisé en s’échappant du comptoir avec une autre.

En calant une mèche derrière son oreille, elle s’autorise à se pencher vers l’intéressée afin d’entretenir le caractère privé de leur petite conversation. Situation qui porte un peu plus à confusion. Elle aimerait berner les quelques âmes errantes du coin et non, sa promesse d’une nuit passionnée. « Déjà, tu vas te calmer direct, Rivka, je te le dis. T’as envie qu’on se fasse remarquer ? Je ne pense pas que ça fasse bon genre de voir une recruteuse de la milice se rincer l’œil ici. » Remettre les choses en perspective lui parait approprié. Une bonne entrée en matière pour contrer le désastre que son acolyte pourrait si vite amener. Sans relâcher la sévérité de son expression, pas plus l'autorité dans sa voix, elle reprend. « Les murs ont des oreilles. J’aurais cru que toi, mieux que quiconque ici, le saurait avant de partir au quart de tour comme ça. Je t’ai connue plus réfléchie que ça. » Jugement envahissant la pupille, bras qui se croisent. La dévergondée a presque envie de rire mais se retient de provoquer plus que nécessaire, le caractère revêche de sa parente. La bouche pincée et l’assurance définitivement déployée, elle se sent clairement dans son élément ici. Bien plus qu’au bout de cette falaise. Souvenir amer qu’elle n’est pas prête d’oublier. « Je te prierais également de ne pas utiliser Hila comme prétexte pour esquiver la raison de ta propre présence ici. » Un sourcil qui se relève.

Un soupir ensuite. Elle discerne facilement le malaise de son opposante et en éprouve un semblant de compassion. Presque de la pitié au fond. Elle n’est pas sans savoir le mal être que sa cousine a toujours entretenu à l’égard du sexe féminin. A force de rejeter ses pulsions, elle finira par y céder de façon violente. Du moins, c’est la théorie qu’Aloy s’est surprise à élaborer. Ça n’a rien de sain de refouler ses envies à ce point. Pas plus intelligent de cracher sur quelque chose qui fait peur. Et Rivka, elle a la trouille. Elle le sent, le sait. Se montrer plus indulgente n’est pas au programme néanmoins. Parce qu’Elle, Elle ne lui a même pas laissé le bénéfice du doute. « Je te prierais aussi de ne pas m’accuser de tous les maux de la terre juste parce que je m’offre un peu de bon temps. Je ne me drogue pas, je ne m’amuse pas non plus à blanchir du fric. Et je n’ai pas à me justifier non plus. Tu n’es pas ma mère, je te le rappelle au cas où ça t’aurait échappé. Je crois avoir atteint la majorité sexuelle depuis un bon moment maintenant, corrige-moi si je me trompe. J’ai encore le droit de m’envoyer en l’air avec qui je veux, ça ne te regarde pas. » Ton sans appel, où la sécheresse réduit à néant toute possibilité d’une négociation à ce sujet. Crue comme elle ne l’a jamais été en présence de sa presque sœur. Avant, il lui fallait préserver une certaine image, celle de l’aveugle repliée. Maintenant, elle croit qu’elle n’a plus rien à cacher. Et qu’elle peut s’affirmer sans craindre le retour de flammes. Sans doute se trompe-t-elle. Le temps, seul, le lui dira. « Et toi alors ? Tu fais quoi ici ? » Le regard cherche à percer l’épaisse carapace de l’échouée. Après tout, c’est Elle, l’intruse dans ce décor. C’est à elle de fournir un semblant de justification. Dans l’intervalle, l’endeuillée attend sans jamais couper visuellement le contact, cherchant peut-être à l’intimider en portant sur elle, un regard chargé d'animosité.

_________________
I'd rather die than give up the fight
Take a hit, shoot me down. I will never hit the ground, hit the ground. Playing dead, I'll never do. Gotta keep an eye on you. Patience is wearing thin, paper thin. Promises broke again, what a sin. But it only feeds my energy. ▬   So don't expect no sympathy.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5096-myself-was-never-enough-f

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1050
↳ Points : 194
↳ Arrivé depuis le : 11/06/2017
↳ Age : 28
↳ Avatar : Keira Knightley
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Recruteuse pour la milice
↳ Opinion Politique : Pro Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 3
↳ Playlist : Travis ♪ Re-Offender
↳ Citation : "Le sens moral est plus important que l'intelligence. Quand il disparaît d'une nation, toute la structure sociale commence à s'ébranler"
↳ Multicomptes : Joshua Bates
↳ Couleur RP : #6cb288



les petits papiers
↳ Copyright: BoxShock & trumblr & okinnel
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Caught in the middle [PV Rivka]   Mar 20 Mar - 23:36

Son visage oscille entre exaspération et incrédulité. Impossible d’enfouir toutes ces émotions qui menacent d’exploser. D’encaisser tous les coups dans un silence glacé. Poursuivie par un nombre incalculable d’évènements négatifs qui ne cessent de s’accumuler. Elle croise Ses prunelles plus sombres que dans ses souvenirs. Souffre en voyant ce masque de froideur figer ces traits si familiers. Aloy se forge une carapace de fer, pour faire face à ses énièmes remarques cinglantes, ce qui lui embrouille vaguement l’esprit. Elle n’incarne plus cette petite fille fragile, pleine de bonnes manières, qui risque de partir en morceaux d’une seconde à l’autre. Ses recommandations lui passent au-dessus de la tête, et elle ne serait pas étonnée de découvrir que les rumeurs vont bon train, quant à son implication dans des actes de résistance. Cette lueur de rébellion dans Ses yeux, cette faculté de mettre une distance suffisante entre Son cœur et celui des autres, lui donne des sueurs froides. C’est comme si un sentiment nouveau de liberté La traversait. Emportée pour de bon par le goût du risque, cette immense vague de poison qui met ses nerfs à rude épreuve. Elle aimerait plonger le nez dans un manuel, complètement perdue face aux réactions imprévisibles de la personne la plus importante de sa vie.

Créant un gouffre de glace dans sa poitrine, en s’éloignant d’elle et de ses valeurs traditionnelles plus que dépassées. Elle devrait laisser son visage s’adoucir, pour espérer une quelconque réconciliation. Sauver cette relation en dents de scie. Incapable de se débarrasser de ses principes rigides, elle lui jette un regard insistant, durant une fraction de secondes, et continue de tergiverser. Sa mission est de défendre la loi et sa conduite doit être irréprochable. Toute divergence à la norme entraîne régulièrement des sous classements sociaux. « Ni une représentante de la loi se pavaner dans les lieux les plus sordides de la Nouvelle Orléans. La parole est d’argent, et le silence est d’or. Tu passes beaucoup trop de temps sur le terrain, en compagnie de ces individus toxiques. Toi qui représentait l’élégance, la délicatesse et le raffinement ». Les regrets ne mènent nulle part, et pourtant ils s’accumulent de minute en minute. Sévère dans son jugement, elle se mord violemment la langue en faisant une moue désolée. Consciente de susciter fréquemment de la colère chez son entourage. Elle est née avec une cuillère en argent dans la bouche. Faisant partie des êtres indésirables n’ayant aucune chance d’accéder à un bonheur quasi total.

L’envie de frôler la perfection lui a toujours été insufflée. Cette forme d’intolérance, vis-à-vis de l’échec, fait partie de sa façon de concevoir la vie. Irritante au point de rappeler inlassablement les erreurs commises les jours précédents. Entrant dans une folie furieuse lorsque la faute professionnelle règle en maître. Reconnaître ses propres torts lui permettrait de s’ouvrir aux autres, mais ciblerait ses faiblesses de façon plus précise. Elle garde précieusement les informations les plus compromettantes la concernant, aussi tranchantes que la lame d’un poignard. S’applique à pointer du doigt les personnes de son entourage, injustement. Des débordements verbaux qui la font mourir psychologiquement de solitude. Des proches qui se retournent avec dédain et s’éloignent d’elle le plus possible, incapables de faire face plus longuement à cette arrogance insupportable. Son cœur se serre, à l’idée de reproduire les mêmes schémas avec Aloy. Absorbée par le vacarme qui règne en son fort intérieur, ainsi que dans ce lieu de débauche, elle est dans l’incapacité de trouver une source d’apaisement, et la tension atteint son point culminant. Elle devrait garder son sang-froid. Préparer un discours d’excuses pour rompre la distance qui les sépare. Elle s’enfonce dans une amertume corrosive qui la mène à un point de non-retour, alors qu’Elle remet en cause son autorité suprême.

Agit avec davantage de discrétion, en s’éloignant avec Aloy des regards ébahis. « Tu aurais probablement dû y songer avant de t’aventurer ici, rattrapée par ta crise d’adolescence et le désir de devenir quelqu’un d’autre. Tu penses peut-être que les prises de risque te permettront de prendre enfin les bonnes décisions, une fois arrivée à maturation ». Son chuchotement énervé se fait entendre. Elle doit pourtant reconnaître que sa cousine marque un point, et que cet étalage émotionnel pourrait les mettre dans une situation inconfortable. Elle surenchérit, évoquant des perspectives inconvenantes qui la remplissent d’indignation et font trembler ses lèvres frêles. Elle a le diable au corps et il est pratiquement impossible de déjouer ses plans. Rivka ne manque pourtant pas une occasion de marquer sa supériorité. Un peu trop habituée à exercer un contrôle sur ses subordonnés. Formée pour venir à bout de ses éventuels opposants. « Et je te prierais d’arrêter de monter sur tes grands chevaux, si tu veux continuer de collaborer avec la milice. Je n’ai qu’un mot à dire pour que tu sois relayée au rang d’élément perturbateur. Tu t’apprêtes à commettre un suicide professionnel, en t’exhibant de la sorte… ».  Elle lui jette des paroles acerbes au visage, mais n’assume pas pleinement ses actes.

Refuse de laisser les regrets coincés au fond de sa gorge. « Je suis désolée. Je m’inquiète pour toi, et je m’y prends mal ». Les membres du gouvernement lui auraient probablement demandé d’adopter une attitude impassible. Elle aurait été blasphémée, pour avoir perdu la maîtrise de ses émotions. Peu importe, elle refuse de La perdre et de retourner parmi ses tourments. Elle est en proie à un stress inexorable, s’attendant à une réaction démesurée. Il cède rapidement la place à un embarras tout à fait risible. Elle bafouille quelques paroles incompréhensibles, empêchant la vérité d’éclater. « Je fais mon travail ». Une femme à l’allure nonchalante lui donne une tape sur l’épaule et une panique grandissante menace de la faire sombrer. « Brooke ne viendra pas ce soir. Tu seras privée de galipettes ». La honte brouille sa vue, et elle prend une profonde bouffée d’air pour se redonner de la contenance. « Ce n’est pas ce que tu crois. Je ne connais pas cette femme ». Il est difficile d’avouer à sa cousine qu’elle tombe régulièrement dans les mêmes travers.

_________________
OPEN ARMS OF DAMNATION
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4888-rivka-perfect-symmetry En ligne

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 3420
↳ Points : 6911
↳ Arrivé depuis le : 02/07/2014
↳ Age : 28
↳ Avatar : Gal Gadot
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Médecin légiste
↳ Opinion Politique : Pro-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv 2 - 1 en cicatrisation & 4 en sens sur-développés
↳ Playlist : Halsey - 100 letters // Ellie Goulding - Outside // Daughter - Burn it Down // Natalie Imbruglia - Torn // The Ting Tings - Shut Up and Let Me Go // Halsey - Bad At Love
↳ Citation : " I'm iron and I forge myself. "
↳ Multicomptes : Oswald E. Madsen
↳ Couleur RP : White



les petits papiers
↳ Copyright: ELLAENYS - avatar
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Caught in the middle [PV Rivka]   Dim 1 Avr - 3:14

Que se passe-t-il donc sous ces paupières ? Doit-elle blâmer un poison distillé à même la rétine par simple déni ou accuser les relents d’une affection tendant à l’idéalisation ? La métamorphe ne se reconnait pas dans le portrait que sa cousine dresse sordidement, en quelques lignes seulement. Sans doute que la fragilité a induit cette image erronée. D’aussi loin qu’elle se souvienne, elle n’a jamais été la plus docile ou la mieux élevée de Mizrahi. A vrai dire, Hila et Uriel remplissaient à eux deux ce rôle de perfection décrit à l'instant. Son frère et sa sœur manifestaient une retenue inégalable, là où la jeune aveugle se montrait teigneuse et revêche. Mais pas avec Rivka, il est vrai. La recruteuse n’a assisté qu’au meilleur d’elle-même parce que c’est ce qu’Elle faisait ressortir chez elle naturellement. Alors les crises de rage, les injures et autres provocations lui sont passés au-dessus de la tête, ainsi principalement réservées aux autres membres de sa famille. Jamais trop tard pour rectifier le tir, pour lui remettre la réalité en face. Une déception qu’Aloy aurait aimé lui éviter mais qui lui parait plus inévitable que jamais maintenant que la supercherie a été levée. Elle n’a rien en commun avec le personnage que l'israélienne s’est inventée.

Le regard se pare d’une certaine perplexité en se reposant sur l’interlocutrice. La légiste ne comprend pas l’insinuation des gens toxiques sur le terrain comme elle le dit. La bouche se tord, les sourcils se froncent, toujours plus de contrariété alors que ça va et ça vient autour de leurs deux corps. « Des gens toxiques ? Mais de quoi tu parles ? Sur le terrain, tout ce que je vois, ce sont des cadavres, tu en as conscience ? Je suis plus fourrée à la morgue qu’ailleurs. Tu perds la tête ? Puis délicatesse, raffinement… Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer, je t’avoue. » Un soupir, encore un. Les bras qui se croisent, l’attitude qui ne suggère plus la séduction du tout. Trop difficile de maintenir cette posture alors qu’elles grattent plus d’une plaie, la croute sous l’ongle et le pus rongeant la chair. Ecoeurée, la trentenaire l’est. D’en être toujours au point où le conflit la trouve. A moins qu’elle ne court perpétuellement après. Un peu des deux et puis, elles partagent un semblant de gênes ce qui expliquerait ce penchant pour la confrontation. « Contrairement à toi, j’ai toujours été celle que je suis et j’ai toujours assumé ma sexualité. Je crois que tu parlais de toi sur ce coup, tu t'es décidé à revivre ta jeunesse ? A accepter tes pulsions à un âge hautement tardif ? » Petit sourire narquois qui dérange la crispation jusque-là impérieuse sur ses traits. Elle voit qu’elle marque des points en observant le visage de la brune mais ça ne la remplit d’aucune satisfaction. Jamais elle ne pourra voir sa seule alliée comme une ennemie. Elle s’y refuse.

Les bras se dénouent pour marquer cette intention de ne pas poursuivre dans ce stupide combat de verve et d’esprit. Mais la menace tombe et l’oblige à exécuter un pas en arrière. Pire qu’une gifle, les propos de son vis-à-vis la cloue au sol. « Comment tu sais ça d’ailleurs ? Comment tu sais ce que je fais comme boulot ? » réalise-t-elle subitement. Peut-être qu’elle tire à l’aveugle. Ou elle s’est renseignée. Cela ne change plus rien au fond. Juste quelques secrets de plus éparpillés aux quatre vents, rien de réellement révolutionnaire de surcroit que le métier qu’elle a appris et exerce. Qu'elle a confirmé sans même le conscientiser. Alors que la douceur se réinvite dans cet échange, la changeuse, toujours aussi sonnée, ne rebondit même pas à ce premier pas vers une certaine paix. Cela s’empire même à la suite quand un individu vient interrompre leur conversation. Un rire nerveux échappe à l’habituée, trop risible pour qu’elle puisse se retenir. L’embarras et l’empressement à mentir de la sorcière lui paraissent si douloureux. Maintenant qu’elle se montre sincère avec Elle, elle s’attend à ce qu’Elle lui rende la pareille.

Le jugement grignote la pupille malgré elle. La lâcheté de la dépressive la dérange profondément, comme une héroïne à qui on ôte tout pouvoir. Il faut dire que l’ancienne mère était son modèle et que de la voir se rabaisser à un tel comportement, ça la choque autant que ça la dépite. « Je ne sais pas ce qui est le plus pathétique. Que tu me menaces ou que tu n’assumes même pas tes penchants. A la place de cette Brooke, je serais franchement vexée. Si ça se trouve, c’est même à cause de ça qu’elle n’est soi-disant pas là ce soir. » Les yeux se relèvent vers sa propre conquête qui patiente, un verre à la main plus loin. Le patron envolé mais la compagnie de la belle déjà convoitée par une autre créature. Un grognement pour signifier sa frustration mais elle ne se décide pas à regagner son attention. Elle doit régler ce qui se joue en cet instant. Une main contre le coude de son acolyte, posée là pour que l’introspection soit plus marquante. « Tu oublies souvent que tu es humaine, Rivka ? C’est à se demander s’il y a encore un cœur qui bat sous cette carapace de givre. Je ne vois pas en quoi c’est grave de partager le lit d’une autre nana. Explique-moi. » Pas de moqueries dans la requête. Elle aimerait vraiment pouvoir la comprendre et outrepasser ses fossés qui les séparent. Tant d’éléments lui échappent et ce n’est pas tant un manque d’observation ou d’empathie qu’un souci de personnalité complexe à étudier. Depuis qu’elle a tout perdu, Rivka n’est plus totalement la même. Et elle n'a de cesse de lui rappeler ces derniers temps.

_________________
I'd rather die than give up the fight
Take a hit, shoot me down. I will never hit the ground, hit the ground. Playing dead, I'll never do. Gotta keep an eye on you. Patience is wearing thin, paper thin. Promises broke again, what a sin. But it only feeds my energy. ▬   So don't expect no sympathy.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5096-myself-was-never-enough-f

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1050
↳ Points : 194
↳ Arrivé depuis le : 11/06/2017
↳ Age : 28
↳ Avatar : Keira Knightley
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Recruteuse pour la milice
↳ Opinion Politique : Pro Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 3
↳ Playlist : Travis ♪ Re-Offender
↳ Citation : "Le sens moral est plus important que l'intelligence. Quand il disparaît d'une nation, toute la structure sociale commence à s'ébranler"
↳ Multicomptes : Joshua Bates
↳ Couleur RP : #6cb288



les petits papiers
↳ Copyright: BoxShock & trumblr & okinnel
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Caught in the middle [PV Rivka]   Mer 18 Avr - 18:56

Bouleversée par les évènements passés, elle reste constamment sur ses gardes. De jour comme de nuit. Anticipe chacune de ses actions. Incapable de se couper de ses réflexions, elle analyse minutieusement toutes les issues possibles, en détaillant les situations émotionnelles auxquelles elle est confrontée. Le cerveau en ébullition permanente, elle explore plusieurs scénarios possibles, accaparée par le désir de couvrir ses arrières face à une menace potentielle. En état d’alerte maximum, elle retient son souffle à chaque seconde, et ne remarque même plus les nombreuses cernes qui creusent ses yeux, signe d’épuisement. Sans cesse en position de combat, elle a tendance à pousser ses limites à l’extrême. Des traces de regret, de méfiance et de tristesse affichées sur son visage. Elle se souvient de la douleur et des traumatismes encore présents, qui l’empêchent d’avancer. Des sueurs froides maculent son front, et elle est pétrifiée à l’idée de perdre le contrôle. Se cache derrière un masque de maîtrise et d’intelligence. Refuse que sa vie, comme celle d’Aloy, prenne brusquement un tout autre tournant. Une ancienne malade frêle et fragile, qui a l’impression de flotter au-dessus de l’immensité de cet univers horrifique. Les membres du gouvernement pourraient balayer toutes ses certitudes, toutes ses habitudes, d’un simple revers de main. La moindre tragédie pourrait la faire replonger dans son état comateux. Après avoir franchi le seuil de sa prison blanche, errant dans les couloirs de l’hôpital, Aloy la verrait étendue sur le sol.

Les poignets tailladés, les yeux rougis par les larmes. Elle fait profil bas, se décide de ravaler courageusement toutes ces émotions nuisibles. « J’ai mené ma petite enquête. Tu te livres à des activités intéressantes, avec Zaran. Et je ne fais pas référence à de vulgaires soirées bridge accompagnées d’un verre de brandy ». Elle se mord la lèvre inférieure, et meurt d’envie de ravaler ses paroles cinglantes. Ses erreurs ne cessent de se multiplier. Qu’elle ait une place spéciale dans son cœur ne lui donne pas le droit de s’immiscer dans sa vie et de surveiller ses arrières. Impuissante face à cet automatisme obsessionnel, elle l’étouffe et la casse en mille morceaux sans le vouloir.  Monopolise toute son énergie pour la protéger. Ce qu’elle voit la désarçonne. Elle refuse de perdre sa vision idéaliste. Aimerait qu’Elle lise dans son regard de l’adoration et de la fierté. Aspirée dans un nouveau monde, Aloy a peut-être ressenti l’urgence de se préserver et de s’endurcir davantage, même en sa présence. Elle qui était autrefois si rassurante. Qui avait fait une croix sur son prétendu mauvais caractère, en lui apportant du soutien et du réconfort, un bras posé sur son épaule, assise sur son lit d’hôpital. A présent elle est déterminée à la faire sortir de ses gonds. Rebelle et dévergondée, elle la met dans une situation embarrassante.

Enfermée dans une cage de chasteté depuis l’enfance, elle devient rouge pivoine lorsqu’il est question de son intimité. « Je ne m’aventurerai pas sur ce terrain. Il y a des sujets qui doivent rester tabous. La grâce imite la pudeur, et tu devrais approfondir tes recherches sur cette question car tes connaissances sont très limitées ». Elle garde la prestance qui fait sa réputation, malgré le sentiment de gêne qui prend toujours le dessus, les sourcils arqués et la bouche entrouverte. Les choses s’enveniment et son cœur est mis à rude épreuve. Prise de panique, elle manque de La bousculer violemment, d’éviter sa question, de regagner son appartement et d’apprivoiser sa solitude. « J’ai des yeux partout ». Sa maladresse a encore frappé. Elle a du chemin à parcourir pour acquérir du tact, de la diplomatie et de la délicatesse. Elle n’arrive pas à calmer ses tremblements, luttant contre l’envie de faire disparaître de nouvelles pilules dans sa gorge, en soupirant d’aise. Comme si le fait de replonger dans la drogue allait résoudre tous ses problèmes. Elle laisse ses phrases en suspens. Réfléchit à la manière d’échapper à une sentence dûment prononcée, alors que la vérité est sur le point d’éclater. Les paupières à moitié fermées, elle imagine Ses boucles brunes lui chatouiller le visage.

Son prénom est à présent sur les lèvres d’Aloy, et son image reste gravée sur sa rétine. Sur la réserve, elle se maudit intérieurement pour sa stupidité et tombe à son tour dans le mensonge. « Je suis désolée de te décevoir, mais tu as une imagination débordante. Je te tirerai ma révérence, lorsque tu remporteras le prix Nobel de littérature. J’ai l’impression que tu projettes tes propres fantasmes obscènes, et je ne suis pas le bon interlocuteur pour cela. Nous devrions couper court à cette discussion. C’est assez gênant ». Elle éclate d’un rire détaché, ne prêtant pas d’attention à la larme qui roule lentement le long de sa joue. Elle ne pipe plus un mot, incapable d’endiguer le flot d’émotions qui la secoue brutalement, à Ses paroles. Le glaçon qu’elle incarne ne bouge pas d’un cil, alors qu’Aloy perce sa carapace de froideur. « Je n’ai pas le droit de faire preuve de faiblesse. Je refuse de m’effondrer une nouvelle fois. Les personnes hautes gradées ont le devoir de mettre leur sensibilité de côté, pour que les décisions soient prises en toute objectivité. Et de respecter les conventions sociales ». Une prise de conscience soudaine. Lâcher prise lui demanderait un effort surhumain.

_________________
OPEN ARMS OF DAMNATION
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4888-rivka-perfect-symmetry En ligne

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 3420
↳ Points : 6911
↳ Arrivé depuis le : 02/07/2014
↳ Age : 28
↳ Avatar : Gal Gadot
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Médecin légiste
↳ Opinion Politique : Pro-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv 2 - 1 en cicatrisation & 4 en sens sur-développés
↳ Playlist : Halsey - 100 letters // Ellie Goulding - Outside // Daughter - Burn it Down // Natalie Imbruglia - Torn // The Ting Tings - Shut Up and Let Me Go // Halsey - Bad At Love
↳ Citation : " I'm iron and I forge myself. "
↳ Multicomptes : Oswald E. Madsen
↳ Couleur RP : White



les petits papiers
↳ Copyright: ELLAENYS - avatar
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Caught in the middle [PV Rivka]   Lun 23 Avr - 23:17

Le duel se poursuit, il ne s’agit déjà plus d’égos froissés, seulement de deux fugitives à la recherche d’un refuge. Rivka semble tout aussi attachée qu’Aloy, à la stratégie de l’attaque pour assurer sa défense. Les points ne se calculent même pas. L’israélienne sait déjà qu’elle a bien moins à perdre dans ce futile combat animé par leurs langues acérées. Parce qu’elle assume totalement ses penchants autant que ses pulsions. Là où la recruteuse se butte à ses principes carrés, la légiste s’arrange pour créer sa propre morale. Elle la réinvente chaque jour d’ailleurs, versatile et éprise de liberté. Tant de facettes de sa personnalité que sa cousine n’a jamais appréhendé mais dont la trentenaire trouve qu’elle devrait pourtant s’inspirer afin de s'épanouir. A force de chercher à couvrir ses traces, la dépressive en engendre de nouvelles. Cela devient réellement embarrassant mais pas pour les raisons évoquées par l’offusquée. Tous ces mensonges et cette contestation audacieuse entrainent forcément un sentiment de malaise. Cette situation atteint la dévergondée, ça la met dans une position inconfortable de voir son alliée se débattre avec sa honte. Quasiment mise nue dans cet endroit dédié au péché, la désespérée court après le moindre obstacle, le moindre objet afin de préserver sa pudeur. La changeuse devrait arrêter de la pousser pour l’humilier, elle le sait. Pourtant, elle n’arrive pas à s’empêcher de vouloir lui faire avouer. A quoi ça sert d’entretenir tant de mystères à cause d’un seul prénom énoncé, pour une seule route qu’elle n’aurait jamais dû emprunter selon son inébranlable morale ? Ce n’est pas la bisexuelle qui ira la juger pour ça qui plus est. Dire que la brune pensait être repartie du bon pied avec la divorcée, sur une base plus saine et dénuée de mauvaise foi. Il y a encore tant à apprendre sur l’autre et si peu de temps à consacrer à ces petits jeux stupides après tout.

Le regard sonde celui de l’adversaire. Un léger sourire crispé fait tressauter sa joue avant qu’elle ne se décide à répliquer à toute cette tirade insensée. « Je ne sais même pas ce que tu insinues. S’il s’agit de la scène de crime d’Hila… » Souvenir trop douloureux pour être amené avec autant de décontraction. L’air est aspiré pesamment, les yeux se posent sur un détail quelconque, la première distraction venue pour que le cœur s’arrête de faire pulser la douleur au fond de la cage thoracique. « On n’a fait que notre travail, je te signale, c’est-à-dire arrêter ces crevards – ou une partie du moins. Alors je ne comprends pas ce que tu cherches à prouver. Non, je ne me tape pas, Zaran si c’est le message sous-jacent. » Qu’elle finit par balancer avec froideur, relativement excédée par toutes les allusions de la pudique à son intention. A croire qu’elle reprend le rôle de sa défunte frangine en agissant avec autant de sévérité et de préjugés. « Tu sais ce que j’en ai à faire de la grâce ? » La féministe se refuse de laisser passer cette remarque qu’elle juge être sexiste. L’aurait-Elle formulé de la sorte à un représentant de la gente masculine après tout ? « La prochaine phase, c’est de me dire d’être belle et de me taire peut-être ? De porter une jolie robe, de toujours sourire puis je serai bonne à marier peut-être ? Je ne crois pas que ça t’ait réussi d'avoir la bague au doigt à toi.» Coup gratuit, remarque qui a dépassé le propos et la pensée. Livide, elle exécute un pas en arrière, se heurte sans le vouloir à un des employés qui passe par là. Une excuse file entre ses lippes serrées avant qu’elle ne retrouve suffisamment contenance pour affronter les dégâts de son insolence.

Mettre l’ancienne mère de famille face à l’échec de son mariage ne lui parait pas approprié, cela n’a rien de glorieux. Une des périodes les plus noires et les plus compliquées pour la génitrice qui a perdu son enfant. L’impertinente se sent affreusement mal, d’autant plus que quelques têtes se sont tournées vers elles quand elle a bousculé l’un des travailleurs du club. Changer le sujet, une diversion. « Tu as des yeux partout sauf sur Brooke, de toute évidence. » Elle reprend la parole abruptement pour donner l’illusion de ne pas être en train de se liquéfier sur place. D’autant plus compliqué de garder le contact visuel que son vis-à-vis présente des signes inquiétants de détresse. Les sens de la transformée peuvent détecter les frémissements. « Ne sois pas aussi coincée, Rivka. T’es rentrée toute seule ici, je te rappelle. Personne ne t’a poussé à venir là. C’est que t’as toi aussi quelques secrets à cacher. Et ce n’est pas en cherchant à me faire passer pour une nymphomane que tu vas réussir à couvrir ce sujet-là. Je ne comprends pas pourquoi tu es aussi butée.» Exaspérée mais toujours troublée, elle se rapproche un peu plus de l’oreille de son interlocutrice afin de lui murmurer la suite à l’oreille. « Faiblesse ? Prendre du bon temps, c’est une faiblesse pour toi ? Je trouve que ta lâcheté en est davantage une avec ce beau déni que tu entretiens. Tu crois que je vais te juger pour ça, moi ? Pour aimer la compagnie des femmes ? Ça ne t’empêche pas d’être objective et de bien faire ton travail. Les conventions sociales, c’est quoi ? Mettre les gens dans des arènes à la moindre suspicion ? En quoi aimer quelqu’un serait un crime plus grave, hein ? » La métamorphe soutient le gouvernement, s’accorde à croire que l’ordre doit primer. Cela ne signifie pas qu’elle dise amen aveuglément à toutes ses recommandations et à toutes les lois. Ni enfant soumis, ni enfant rebelle, simplement adulte raisonné. Elle ne garde que ce qui lui chante et rejette le reste. Façonne la réalité à sa convenance pour mieux appréhender les événements. Mais ce n’est pas le cas de Rivka, qui s’en tient à la ligne droite pour ne plus faire de détours malheureux. Trop instable pour créer son propre chemin, semble-t-il.

_________________
I'd rather die than give up the fight
Take a hit, shoot me down. I will never hit the ground, hit the ground. Playing dead, I'll never do. Gotta keep an eye on you. Patience is wearing thin, paper thin. Promises broke again, what a sin. But it only feeds my energy. ▬   So don't expect no sympathy.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5096-myself-was-never-enough-f

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1050
↳ Points : 194
↳ Arrivé depuis le : 11/06/2017
↳ Age : 28
↳ Avatar : Keira Knightley
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Recruteuse pour la milice
↳ Opinion Politique : Pro Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 3
↳ Playlist : Travis ♪ Re-Offender
↳ Citation : "Le sens moral est plus important que l'intelligence. Quand il disparaît d'une nation, toute la structure sociale commence à s'ébranler"
↳ Multicomptes : Joshua Bates
↳ Couleur RP : #6cb288



les petits papiers
↳ Copyright: BoxShock & trumblr & okinnel
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Caught in the middle [PV Rivka]   Dim 29 Avr - 20:13

Le tonnerre gronde furieusement et les éclairs enflamment ses prunelles. Crépitent à chaque seconde autour de sa maigre silhouette, témoins de cette tension énergétique invraisemblable qui parcoure son être tout entier. Chaque mouvement est accompagné d’un geste brusque, et elle acquière une aura d’immaturité qui semble l’éloigner du bon chemin. Aloy revient sur ses pas à chaque fois que le feu est en train de s’éteindre. Il est tellement facile de la faire exploser comme un volcan. D’enfoncer ses doigts dans cette fine couche de cendre, d’en extraire les tisons et de prolonger la flamme à l’aide de nouveaux carburants. Des attitudes revêches de mauvaise fille. Des commentaires venimeux multipliés à son encontre. Forgée pour que les vérités les plus obscènes sortent de sa bouche avec un langage respectant les règles de l’éloquence. Baignant depuis toujours dans cette atmosphère oppressante où règnent les faux semblants, il lui est difficile de se détacher de ses sourires hypocrites. De laisser tomber les barrières morales et éducatives, et de porter un nouveau regard sur ces relents de désinvolture qui lui enserrent la poitrine. Son entêtement est source de complication. Trop fermée pour La laisser ébranler les fondements de ses convictions, elle amplifie les dégâts, et permet à la colère bouillonnante de traverser la moindre parcelle de son corps. Face à de nouveaux désaccords, elle préférerait sombrer dans le sommeil, ou défendre des plus nobles causes. Tombant encore dans des enfantillages, incapable de laisser tomber ses interventions puériles.

Après avoir plongé dans la souffrance, à l’évocation d’Hila. Le visage crispé de douleur. « C’est un travailleur acharné, qui présente une combativité légendaire. C’est une qualité indispensable à l’accomplissement de grandes performances. Je te l’accorde. C’est également un homme qui a besoin de sa dose d’adrénaline régulière. Le fréquenter ne te tirera pas vers le haut. A croire que tu es obsédée par l’idée de partir sur les routes et de défier tous les dangers, depuis que tu as retrouvé la vue. Je refuse que tu connaisses le même sort qu’Hila ». Réplique-t-elle, d’une voix traînante et lassée. S’autorisant une grimace d’écœurement, alors que de drôles d’images mentales défilent dans sa conscience. Imaginant sa cousine faire glisser le dernier obstacle de sa nudité, devant Zaran. Renvoyant sans cesse l’image de la féminité frigide, alors qu’Elle excelle dans l’art de la provocation. Deux forces opposées qui s’attirent et se repoussent, depuis que la terreur, les excès de sang et de violence règnent dans ce monde. Depuis que l’ordre mondial a changé. Depuis que Sa vie a pris un nouveau tournant. Elles sont radicalement différentes, toutes les deux. Tandis que l’une préconiserait une éducation sans contrainte librement acceptée, l’autre adopte une attitude austère, incapable de mener sa vie selon son bon plaisir, de céder au doux appel du grand large. « Merveilleux, on y revient ! ». Elle pousse un soupir agacé en levant les yeux au ciel. Rêvant qu’Elle se morfonde avec elle dans le conformisme. Elle esquisse un bref sourire, alors que de vieux souvenirs lui reviennent en mémoire.

Enfant, Aloy se laissait déjà tomber sur les chaises avec un amusement nonchalant, tandis que Rivka ajustait soigneusement ses mitaines en dentelles assorties à sa robe, d’un calme exaspérant. Devant le regard dépité de madame Avraham, elle avait fréquemment ressenti une vague de compassion à Son égard. A présent, elle adopte le même air suffisant. Submergée par le sentiment de honte, une boule se forme dans sa gorge. Elle aimerait seulement lui permettre de garder un haut statut et assurer sa protection. Refusant de la laisser ruiner toutes ses chances de bonheur. Son sourire s’efface rapidement. Ses paroles lui font l’effet d’un couteau planté en plein cœur. La blessure s’ouvre, et elle ressent le besoin de combler son propre orgueil. De mettre des mots sur ces vagues de douleur. « J’ai ma part de responsabilité. Une immense frustration rongeait Êden. J’ai toujours vu une étincelle de souffrance dans ses yeux, et je n’ai pas été capable de le soutenir. C’est comme si l’enfermement et l’asservissement flottait toujours dans l’atmosphère. Il convoitait la liberté. Quand il a pensé l’avoir à demi retrouvée, il a perdu le contrôle et il s’est brûlé les ailes. Rien ne lui suffisait. Il en voulait toujours plus et il a fini par tout perdre. Ce n’est pas glorieux. J’ai l’impression que tu agis de la même manière, et je prends peur ». Une introspection qui ne présage rien de bon.

Une symphonie morose qui pourrait fendre n’importe quelle âme. La mine triste et perdue, elle détourne le regard et se contraint au silence. Son sang ne fait qu’un tour, au moment où Aloy attire l’attention de tous ces curieux, et elle semble redécouvrir l’environnement festif dans lequel elle est plongée. Une bouffée de panique l’envahit, et elle ne prend pas la peine de relever les paroles abjectes de cette cousine qui dégringole dans les abîmes de l’effronterie. « Tu forcerais moins sur ta voix si tu empruntais un mégaphone au barman. Après tout, tu aimes être au centre de l’attention ». Peste-t-elle, les mains tremblantes. Elle sent Son souffle chaud glisser sur son oreille. Des propos qui sont loin d’être convaincants. Les membres du gouvernement ne prôneront jamais le calme et la paix de l’esprit. Pour toute transgression, il y a un prix à payer. De plus, elle ne supporterait pas de voir leurs prunelles se voiler de déception. Attachée à son titre et à sa réputation. « Une preuve de plus de ta naïveté. Je n’ai pas le droit de les décevoir. S’ils ne m’avaient pas tendu la main, je serais recroquevillée dans une chambre d’isolement. Ils m’ont sauvé de la maladie. De plus, ils sont attachés à leurs principes. Tout citoyen allant à l’encontre de leurs valeurs est exposé à une sentence que tu ne voudrais pas connaître ». Une inquiétude entièrement légitime, qui la traverse nuit et jour.

_________________
OPEN ARMS OF DAMNATION
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4888-rivka-perfect-symmetry En ligne

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 3420
↳ Points : 6911
↳ Arrivé depuis le : 02/07/2014
↳ Age : 28
↳ Avatar : Gal Gadot
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Médecin légiste
↳ Opinion Politique : Pro-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv 2 - 1 en cicatrisation & 4 en sens sur-développés
↳ Playlist : Halsey - 100 letters // Ellie Goulding - Outside // Daughter - Burn it Down // Natalie Imbruglia - Torn // The Ting Tings - Shut Up and Let Me Go // Halsey - Bad At Love
↳ Citation : " I'm iron and I forge myself. "
↳ Multicomptes : Oswald E. Madsen
↳ Couleur RP : White



les petits papiers
↳ Copyright: ELLAENYS - avatar
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Caught in the middle [PV Rivka]   Dim 6 Mai - 1:15

Rageant de foncer tête baissée dans un conflit stérile. D’autant plus qu’à chaque coup porté à l’opposante, un autre se creuse dans sa propre poitrine. Il s’agit d’auto-sabotage à ce stade. Quand elle délie sa langue pour l’assener de quelques mensonges et pire encore, de quelques douloureuses vérités, elle s’inflige la même blessure. Il en a toujours été ainsi pour la métamorphe. Son empathie est sélective mais vorace quand elle se manifeste. Rivka, c’est un peu son reflet non désiré. A croire qu’elle en a fait sa siamoise inconsciemment. Souffrant des maux qui l’habitent, réagissant elle-même à chaque émotion qu'Elle ressent. Au fond du gouffre, l’âme émiettée par les épreuves endurées, sa cousine lui a démontré l’âpreté de l’impuissance et la difficulté du transfert. Rarement, Aloy n’a pu éprouver autant de peine sans être directement impliquée dans le processus. Pourtant, avec la recruteuse, il ne s’est pas passé une seule journée sans qu’elle ne s’inquiète de son sort. Si c’était le corps de la divorcée qu’on avait retrouvé au fond de ce bâtiment délabré, aurait-elle pu accepter le deuil ? Aurait-elle pu le surmonter ? La changeuse préfère ne pas répondre à cette question. Par respect pour Hila, par égard pour sa conscience déjà bien trop amochée. Cela n’enlève rien à ce lien qui l’unit irrévocablement à celle qui tente de lui dicter sa conduite. Comme elle aimerait couper court à cette dispute, comme elle voudrait pouvoir être la plus raisonnable d’elles deux et réconcilier les avis divergents. Mais la légiste ne possède pas cette force de caractère, celle qui tolère le compromis, qui accepte l’échec et reprend ses propos avec humilité afin d’œuvrer pour la paix. Non, la trentenaire se débat avec l’orage, attise les incendies et crée de nouveaux naufrages, pourvu qu’elle obtienne gain de cause. Un combat bien vain qu’elle perdra au même moment que son vis-à-vis. Symbiose qu’elle est peut-être la seule à ressentir.

Ainsi, à la mention de la sœur ainée, les traits opposés se contractent, amplifient les meurtrissures au niveau de la cage thoracique de la réceptrice. Ce chagrin se dédouble, menace de tout faire céder au-dedans. L’israélienne rassemble ses bras autour de sa carcasse, soutient le poids de la perte quelques instants avant d’affronter à nouveau le regard adverse. « Parce que tu crois sincèrement que j’ai envie de fréquenter ce mec ? C’est un foutu psychopathe qui s’emporte pour que dalle. Un putain d’instable qui devrait réellement apprendre à gérer son sang-froid. Il agit avec ses couilles mais pas avec sa tête, de toute évidence. Il est du genre à tuer avant de menotter. » Qu’elle crache au visage de son interlocutrice, se raccrochant à la colère pour gérer la tristesse. « Je me passerais de sa compagnie si je pouvais. Mais je fais mon boulot, c’est tout. Et ça veut dire que je dois m’accommoder de types aussi tarés que lui. A se demander plutôt sur quelles bases tu les recrutes ces gens. Leur degré d'impulsivité ? » Elle souffle pour évacuer le trop plein d’acidité, réinvite un peu de douceur dans son timbre. Derrière les mots de l’ancienne mère, l’anxiété se terre. Et cela, elle peut l’entendre, Aloy. Et y répondre avec davantage d’indulgence. « Tu exagères à peine à ce que je vois. Je ne suis pas occupée de démembrer un zombie à mains nues à l’extérieur de la Nouvelle-Orléans. Je ne vois pas en quoi je me mets en danger actuellement. » Sa frangine œuvrait pour la milice après tout. Un travail relativement plus dangereux que le sien. Gérer les vivants ou faire parler les morts, deux domaines diamétralement opposés.

Toujours à établir de mauvaises parallèles, Rivka. Toujours à gratter davantage la carapace que la farouche tente d’endurcir. Les considérations tournées de la sorte abattent plusieurs filtres devant les yeux de l’insolente qui observe la situation sous un autre angle. Celui de la terreur de voir le peu encore possédé disparaitre à son tour. « Tu confonds tout. Si tu as des traumatismes qui te restent à résoudre, je ne vois pas en quoi j’en suis responsable. Je ne suis ni Êden, ni Hila. Je ne m’amuse pas à tester mes limites. » Un soupir. Pourquoi a-t-elle l’impression de devoir se justifier sans arrêt, d’avoir face à elle, une matriarche qui croit avoir un ascendant sur elle. La représentante du gouvernement possède le même âge qu’elle après tout. Tout cela est ridicule. « J’ai bien compris que le fait que je ne sois plus la pauvre petite aveugle fragile que tu as connu, te perturbe. Mais je suis justement plus à même de me défendre. Si je n’avais pas retrouvé la vue, je serais déjà morte. » Qu’elle explique très calmement en croisant les bras sur la poitrine. Bien sûr, l’incident de cet été-là provoqué par son oncle aux mains baladeuses et à la libido exacerbée, Elle ne l’a jamais appris. C'est mieux comme ça.

La fragilité de l’employée loyale se métamorphose en propagande en un rien de temps. « Ils t’ont sauvée ? Ah oui ? Alors tu peux m’affirmer là maintenant que tu vas bien et que tu es heureuse, épanouie dans cette vie si merveilleuse que ce gouvernement parfait te fournit ? Réponds-moi sincèrement. Si tout ça te convient et si ça justifie qu’on accepte sans broncher leurs foutus principes, qu'est-ce que tu viens foutre ici à demander la présence de cette Brooke ? » Le regard revient hanter celui de sa comparse. Combien de limites à outrepasser avant qu’elles ne finissent par cesser de se provoquer. A ce petit jeu du dernier mot, elles vont finir par s’écorcher les lèvres à force de ne plus doser le venin à recracher.

_________________
I'd rather die than give up the fight
Take a hit, shoot me down. I will never hit the ground, hit the ground. Playing dead, I'll never do. Gotta keep an eye on you. Patience is wearing thin, paper thin. Promises broke again, what a sin. But it only feeds my energy. ▬   So don't expect no sympathy.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5096-myself-was-never-enough-f

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1050
↳ Points : 194
↳ Arrivé depuis le : 11/06/2017
↳ Age : 28
↳ Avatar : Keira Knightley
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Recruteuse pour la milice
↳ Opinion Politique : Pro Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 3
↳ Playlist : Travis ♪ Re-Offender
↳ Citation : "Le sens moral est plus important que l'intelligence. Quand il disparaît d'une nation, toute la structure sociale commence à s'ébranler"
↳ Multicomptes : Joshua Bates
↳ Couleur RP : #6cb288



les petits papiers
↳ Copyright: BoxShock & trumblr & okinnel
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Caught in the middle [PV Rivka]   Dim 13 Mai - 19:24

Plongées dans un quotidien morbide, où la peur inonde les veines, où les cœurs battent à tout rompre, elles devraient respirer la joie de vivre. Se réjouir en sentant les filets d’air frais passer dans leurs poumons. Il serait dangereux de prendre chaque menace à la légère. Des bourdonnements sourds viennent des entrailles de la terre, et des milliers de créatures grouillent sur le territoire louisianais, avides de morceaux de chairs à perforer. Rivka a aperçu leur paire de crocs pointus et étincelants. Elle a eu l’impression d’être confrontée aux derniers moments de ce spectacle mortifère, aspirée dans cet antre infernal. Les cris perçants qui se faisaient entendre, les visions d’horreur qui assenaient le coup fatal, n’étaient rien en comparaison des méthodes les plus abjectes utilisées tous les jours par des hommes en quête de terreur tétanisante. Elles devraient se laisser gagner par une euphorie impossible à contenir. Savourer longuement cette béatitude, se persuader que le destin leur a donné le droit à une seconde chance. Se serrer les coudes et empêcher qu’un nouveau malheur s’abatte sur leur famille. Elles s’entêtent, et la personnalité d’Aloy est en osmose parfaite avec son tempérament de feu. La tristesse se mêle à la colère, et ce cocktail explosif leur fait perdre le contrôle une énième fois. Le sang israélien coule dans leurs veines, et elles sont probablement nées pour défendre leurs ressources, faire entendre leur voix et obtenir gain de cause. Un arrière-goût de désolation se fraye un chemin sur son palais. Une pointe amère de regrets.

Enfant, Ses ailes s’étaient soudainement brisées et il lui était impossible de décoller de nouveau. Elle avait rendu ses journées plus agréables, à la recherche de plaisirs simples, risibles pour certains mais revitalisants pour Aloy. Une par une, ses convictions avaient courbé l’échine face à sa volonté sans faille de faire naître des lueurs de félicité dans Ses yeux. Envoyant au placard ses refus catégoriques, son intrusion et ses remarques déplacées, elle avait serré les dents à se les faire péter, pour éviter que la fureur s’enlise en Elle, et que les larmes ne lui montent aux yeux. Faisant passer son bien être avec le sien. Les épreuves de la vie l’ont endurcie. L’humanité est en voie d’extinction. Désormais, le chagrin, l’obstination et la mort l’emportent. Le poids des responsabilités la pousse de l’avant. Prudence est mère de sûreté. Elle pousserait le vice jusqu’à l’extrême pour qu’Aloy lui montre toutes ses aptitudes de survie. Elle, la lumière qui imprègne toute la matière de son être, donnant un sens à sa vie et à son existence. Alors qu’elle marche sur des ruines fumantes. Que tout est en train de partir en fumée, et qu’un dieu misérable règne sur les restes de ce territoire cendré. « Nous sommes d’accord sur un point. Zaran n’a pas les épaules pour diriger, être le cerveau des opérations, et il manque encore de crédibilité. Il a été conçu pour jouer le rôle du parfait exécutant. Il n’hésite pas à monter en première ligne pour défendre la politique dictée par le gouvernement, pour faire régner l’ordre et la justice. Notre justice ». Réplique-t-elle avec détachement, consciente d’avoir signé son arrêt de mort.

Loyale envers ses convictions, des politiciens qui prennent des décisions allant à l’encontre de la liberté et de la dignité de chacun. Un gouvernement qui a installé un régime de terreur, et qui la mettrait à la porte au moindre faux pas. Elle se voile la face et s’enferme dans son confort. Les mesures de sécurité sont strictes, mais les citoyens sont régulièrement écartés du danger. Elle essaye par tous les moyens de débattre, mais sans succès. Prise d’une soudaine migraine qui s’accentue au fil des échanges impertinents. Le brouhaha incessant, la musique de mauvais goût, faisant vibrer l’air et la rendant encore plus mal à l’aise. Ses pensées sont maintenant tournées vers la drogue, alors qu’un groupe de dépravés s’apprête à sniffer un rail de cocaïne. Des émotions contradictoires la traversent, tel un électrochoc. Elle aimerait l’obliger à quitter ce bordel malfamé. Mais également avaler un comprimé salvateur qui la délivrerait de toutes ses souffrances. « Tu ne prends aucun risque, en effet. Tu occupes seulement ton temps en te livrant à des errances inconsidérées dans des endroits interdits. Tu baignes seulement dans ton univers ». Elle se contente d’hausser les épaules et de feindre l’indifférence. Avant qu’un nouveau voile de tristesse s’abatte sur son visage.

Durant plusieurs années, elle a eu le nez plongé dans ses manuels de sorcellerie. Se lançant corps et âme dans son projet. Celui de trouver un remède et de hâter Sa guérison. Regardant toujours Aloy avec une lueur d’espoir. « Tu es très loin de la vérité. J’aurais donné ce que j’ai de plus cher, pour mettre un terme à ta souffrance. J’étais prête à faire tous les sacrifices nécessaires, pour te permettre de voir à nouveau. Comment peux-tu oser dire ça ? Rien n’aurait pu t’arriver. Je ne l’aurais pas permis ». Une voix hésitante, et pleine d’émotions. Des douleurs qui se manifestent dans sa poitrine. Une distance intolérable qu’elle peine à franchir. Les mains qui se mettent à trembler comme une feuille. Avant qu’Aloy abatte sa lame et l’oblige à se livrer à une bataille sans merci. Elle rit nerveusement. «Tu te mets à parler comme tous ces anarchistes ! Il n’y a pas d’idéal, Isra. Et je suis navrée de te l’apprendre, mais en période de crise, il n’y a pas de place pour les maisons entourées d’une jolie barrière blanche, avec pour seul menace un méchant chien indiscipliné ». Un silence pesant s’installe dans la salle, la musique se meure doucement, et tous les regards se braquent vers l’entrée. Une obscurité froide la happe et elle manque de tomber à la renverse. Un groupe de miliciens au regard vide s’apprête à mettre un terme à toute cette mascarade. Ils la toisent, et lui présentent deux pupilles interrogatrices. « Il doit y avoir une sortie de secours. Sauve toi, avant de devenir leur cible numéro 2, et laisse-moi gérer cette situation ». Elle observe avec inquiétude la foule qui s’agite, mais conserve son élan protecteur.

_________________
OPEN ARMS OF DAMNATION
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4888-rivka-perfect-symmetry En ligne

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 3420
↳ Points : 6911
↳ Arrivé depuis le : 02/07/2014
↳ Age : 28
↳ Avatar : Gal Gadot
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Médecin légiste
↳ Opinion Politique : Pro-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Nv 2 - 1 en cicatrisation & 4 en sens sur-développés
↳ Playlist : Halsey - 100 letters // Ellie Goulding - Outside // Daughter - Burn it Down // Natalie Imbruglia - Torn // The Ting Tings - Shut Up and Let Me Go // Halsey - Bad At Love
↳ Citation : " I'm iron and I forge myself. "
↳ Multicomptes : Oswald E. Madsen
↳ Couleur RP : White



les petits papiers
↳ Copyright: ELLAENYS - avatar
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Caught in the middle [PV Rivka]   Aujourd'hui à 2:26

L’incompréhension persiste, chaque nouvelle parole vient la renforcer. Toute cette joute verbale, ces beaux monologues qui ne mènent aucun but tangible mais justifient parfois tout. Tout ça, ça jure affreusement avec leur décor. La main de Deborah déborde de sous la jupe d’Agnès un peu plus loin. Cette indécence provoque immanquablement le surréalisme de ce moment. L’aurait-elle cru si on lui avait décrit la présente situation une décennie auparavant ? Sûrement pas. Mais toute son existence s’est construites sur ces virages imprévisibles, ces improbabilités de trajectoire. La vue retrouvée, le frère tué, l’apocalypse. Dillion. A bien y réfléchir sa vie ne ressemble qu’à une succession d’événements totalement déments. Peut-être que ça devrait la réjouir, bien loin du fleuve tranquille qu’elle ne se voyait pas suivre. La petite aveugle a rêvé d’évasion, elle a façonné dans son imaginaire des plans bien moins fantasques que ce qui a fini par se produire. Libérée de la cécité mais entravée par d’autres démons, cependant. Tout a un prix. Surtout ce qu’on juge inestimable. Même l’affection de sa cousine. Surtout l'affection de sa cousine. Rivka, avec elle, Elle risque son intégrité aujourd’hui. Aloy, elle, elle ne sait déjà plus ce qu’elle met en péril à la côtoyer. Son attachement pour l’israélienne lui a appris l’humilité, la honte quand son secret a été éventré. Pour autant, elle n’a pas l’impression de payer un tribut lourd. Peut-être qu’il viendrait par la suite. Peut-être qu’il est déjà passé. La dépression comme challenge, comme difficulté à surmonter. Les yeux se plongent dans le regard adverse, tente d’y trouver un chemin hors des marécages dans lesquels elles s’enlisent. Toute cette gesticulation pour taire l’embarras de l’une et l’agacement de l’autre. Rien qui ne puisse se résoudre autour d’un café, rien qui ne puisse scinder un duo qui a fonctionné dans les pires moments. Sur son épaule, Elle pourra toujours se reposer. Et elle espère secrètement que l’inverse puisse encore se vérifier.

Elle esquive, la milicienne. Les projectiles que l’insoumise lui balance. Douée dans cet exercice même. Après être tombée, la divorcée a appris à se relever et à tenir sa position. La légiste doit bien lui reconnaitre ça. C’est une battante. Pas de réponses sincères, pas réellement d’affirmations, juste des propos insipides. « Mon univers ? C’est-à-dire ? Tu veux détailler ? » Les dents dérapent les unes contre les autres, l’irritabilité de l’offusquée ne cesse de grimper puis de retomber. Des courants contraires qui l’embarquent tantôt sur la rive du dédain, tantôt sur celle de la tendresse. Cela finit par lui donner le mal de mer. « Il y a encore quelques temps tu ignorais que j’avais retrouvé la vue et maintenant, tu sais à quoi mon univers peut ressembler ? Tu ne sais rien sur moi, Rivka. Alors arrête avec ton jugement et tes préjugés. » La lassitude s’empare de l’intonation, les prunelles dérivent sur les corps qui ondulent plus loin.

La farouche aimerait pouvoir s’imaginer aux côtés d’une de ces créatures, partageant leur souffle, guidant leurs paumes contre son échine. Le besoin de chaleur l’a propulsée ici. Et ce n’est pas le givre que l’employée du gouvernement lui renvoie qui saurait combler ce manque. « Et toi alors comment tu oses me comparer à l’incomparable ? Tu tentes de me faire culpabiliser comme si j’étais pas assez grande pour savoir ce que je faisais. » La pupille s’éteint, le corps échoue contre la paroi, l'épaule s’y appuie. L’égo râpé par les allusions de l’interlocutrice, les alternatives s’amenuisant. Il y a plus de raisons de partir que de rester. Et elle n’a plus l’énergie d’inverser la tendance. « Je ne crois pas en l’idéal. Je reconnais l’autorité de ce gouvernement et je le préfère mille fois au désordre malgré ce que tu peux penser. C’est bien réducteur d’envisager le bonheur sous cette forme. Il ne s’agit pas de posséder une baraque et un clébard pour être heureux. Si tu n’as pas encore compris ça, je ne peux plus rien pour toi. » Après avoir tout perdu, après avoir raclé le sol, l’ancienne mère devrait savoir.

La tempête prend des allures de légère bourrasque quand le véritable ouragan pénètre dans l’établissement. La toubib sent l’animal au fond des entrailles lui invectiver la fuite, les sens alertes lui fournissent déjà tous les accès possibles pour s’échapper. Il faut s'en aller qu’elle gueule la bête. Il faut rester qu’elle surenchérit l’humaine. La semelle s’oriente vers une sortie, l’autre reste collée au plancher. La bouche s’entrouvre mais la trentenaire la devance. Les traits de la métamorphe s’affaissent sous le poids de l’anxiété. Les paumes de la changeuse attrapent les bras de la recruteuse. Elle les serre comme si elle risquait de tomber si elle venait à les lâcher. « Il ne va rien t’arriver, hein ? Dis-moi que tu ne risques rien ? Ou viens avec moi. » Besoin d’assurance qui ne trouve pas de réponse, les soldats approchent. Elle risque son travail. Sa place au sein de la Nouvelle-Orléans. Et pire que tout, sans doute, sa vie. Peut-être que sa cousine parviendrait en effet à justifier sa propre présence ici. Et à se dépêtrer d’un tel merdier. « Merci. » Qu’elle susurre, Aloy, en reculant finalement, la relâchant à contrecœur. Un dernier regard lui implorant de ne pas disparaitre, de ne pas se faire arrêter puis exécutée. Elle a la peur au ventre, regrette déjà d’avoir obéi à sa protectrice en filant lâchement. Mais qu’aurait-elle pu faire de plus ? L’insomniaque se place à proximité de la bâtisse, tente d’apercevoir la silhouette de son alliée. C’est sans compter sur le déploiement de la milice qui ne lui offre que peu de répit. Alors elle s’extirpe de la zone de danger en priant pour que tout se termine sans encombre pour celle qui partage une partie de son code génétique.

_________________
I'd rather die than give up the fight
Take a hit, shoot me down. I will never hit the ground, hit the ground. Playing dead, I'll never do. Gotta keep an eye on you. Patience is wearing thin, paper thin. Promises broke again, what a sin. But it only feeds my energy. ▬   So don't expect no sympathy.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5096-myself-was-never-enough-f

Contenu sponsorisé








MessageSujet: Re: Caught in the middle [PV Rivka]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Caught in the middle [PV Rivka]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MERCY IN DARKNESS .} :: The Third Chapter: New Orleans :: Northern New Orleans :: Storyville-