AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 for every one jesus you get a million zombies (matthias)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

SUCKER FOR PAIN

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 994
↳ Points : 944
↳ Arrivé depuis le : 25/01/2018
↳ Age : 24
↳ Avatar : elizabeth olsen
↳ Age du Personnage : vingt-cinq ans.
↳ Métier : trafiquante d'armes, croupière au bones. pieds et poings liés à nemesis.
↳ Opinion Politique : elle les méprise et maudit cette tyrannie qui ronge ce qu'il reste de monde. mais trop lâche, elle se contente de pester de loin, dans l'ombre.
↳ Niveau de Compétences : niveau un.
↳ Playlist : alicia keys, caged bird. tracy chapman, unsung psalm. eminem, deja vu. sia, breathe me. lana del rey, carmen.
↳ Citation : choices are sacrifices.
↳ Multicomptes : néant
↳ Couleur RP : tan



les petits papiers
↳ Copyright: timeless.
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: for every one jesus you get a million zombies (matthias)   Lun 19 Fév - 19:19


for every one jesus you get a million zombies

Cinq heures quarante. Elle mimait d'écouter les quelques oiseaux chanter, de regarder le soleil se lever. Assise sur un banc, les genoux repliés contre sa poitrine, ses bras venaient les encercler. Et paupières clauses par moment, elle ne faisait que respirer. Sentir la faible brise sur son visage, ses avant-bras, toutes les maigres parties de son corps non recouverte par du tissu. Cela lui faisait du bien, de respirer. L'air frai, humide de la fin de nuit, toujours brumeux du début de matinée. Cela lui faisait du bien oui, de respirer, décompresser, de s'évader au cœur de cette nature qui s'éveillait, au cœur de ce silence, reposant bien que tantôt pesant, angoissant. Cela dépendait des journées. Des nuits surtout, de ce de quoi elle revenait avant de s'installer ici. Rudes nuitées, ou des plus calmes. Si c'était la première option, elle ne restait jamais bien longtemps, se contentait même parfois de ne faire que passer par ce parc pour rentrer chez elle, sans même s'arrêter ne serait-ce qu'une seconde. Mais si le travail était clément, alors elle s'octroyait souvent ces petites balades, ces escapades, ces moments d'évasion. Ce qu'elle n'avait pas le temps de faire plus tard, parce qu'elle dormait. Trop fatiguée, ou simplement trop défoncée. Et après il fallait retourner bosser, pour payer ses doses, accessoirement sa bouffe, le loyer. Rares étaient les journées de repos total lors desquelles elle n'avait qu'à flâner. Cela n'arrivait jamais en fait. Et auquel cas, elle les passait déphasée, ou à traîner dans des endroits peu fréquentables. Bien que c'était un peu chez elle, ces lieux sordides. C'était son cocon, bourré de gens qui valaient même souvent mieux qu'elle, finalement.

Toujours dans l'agitation, Maggie. Toujours en mouvement, dans le bruit – que l'on pouvait même qualifier de vacarme la plupart du temps. Le monde de la nuit, elle aimait cela. Vivre à cent à l'heure, sous pression, souvent dangereusement même. Mais après tout, le jour était-il si différent ? Avant oui, certainement. Plus maintenant. Plus depuis que ce monde était parti en couille, qu'il s'était terriblement assombri et empli de démons. Tout s'était terni. Tout, et même le soleil qui maintenant quasiment chaque jour faisait grâce de sa présence frappait trop fort. Rien n'avait plus le même goût. Tout s'était changé en quelque chose d'insipide, ou de beaucoup trop amère. Et il ne restait quasiment rien à savourer. Rien, à part peut-être cette trêve entre nuit et jour. Ce bref moment ou l'astre roi montait, chassait la lune. Ce moment, ou il n'était pas encore suffisamment haut pour brûler les peaux, mais lors duquel tous les dangers semblaient s'éclipser en même temps que les ténèbres. Oui, c'était bien la seule chose qui semblait encore avoir un goût plaisant. L'un des rares plaisirs autorisés qu'elle pouvait encore s'octroyer. Sans l'aide de personne. Sans que cela ne lui coûte rien. Sans qu'on puisse le lui prendre, le gâcher, car personne n'en était maître, si ce n'était cette planète sur le point de crever. Mais la bonne nouvelle, c'est qu'elle crèverait avec elle, Maggie. Alors une part d'elle espérait que cela se ferait au petit matin. Pile à ce même moment, en fait. Oui, ça serait bien. Ça serait même parfait.

Mais trêve de rêveries, elle rouvrait les yeux, la môme. Elle laissait même ses pieds regagner le sol, scrutait l'horizon de ses prunelles à peine ouvertes, encore habituées à la pénombre. Trois, quatre personnes tout au plus à la ronde. Un homme d'affaire au loin, mallette à la main. Du moins c'est ce qu'elle se serait dit avant, mais la vérité c'est qu'il n'était sûrement qu'un escroc déguisé en pingouin. Ou mieux, un dealer. De billets, de sang, de drogues ou des trois à la fois peut-être. Qu'importe, il continuait sa route, alors que le regard un peu moins trouble de Maggie se posait cette fois sur une femme. Moins en beauté, plus âgé. Mais l'esprit de la junkie se voyait coupé dans son élan de supposition alors que ses iris accrochaient une troisième silhouette. Grande et qu'au travers des vêtements l'on devinait dessinée. Mais ce faciès. A mesure qu'elle en détaillait les traits, c'est son corps tout entier qui frémissait. « Petersen. » Incontrôlable, il s'échappait trop vite, bien plus fort qu'elle ne l'aurait souhaité. Pourtant elle se levait, s'autorisait même un pas en avant comme pour vérifier si ce n'était pas un tour que lui jouait un restant de drogue dans ses veines. Petersen. Qu'est-ce que cet enfoiré faisait dans cette saloperie de parc ? Putain d'oasis boueuse, qui n'avait rien d'un mirage.


Dernière édition par Margarethe Hansen le Jeu 17 Mai - 19:26, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5576-ticking-time-bomb http://www.mercy-in-darkness.org/t5580-hell-should-be-easy-maggie En ligne

RUNNING TO STAND STILL

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 2150
↳ Points : 747
↳ Arrivé depuis le : 04/06/2017
↳ Age : 26
↳ Avatar : Garrett Hedlund
↳ Age du Personnage : 33 ans, Jesus style
↳ Métier : Attaché à la propagande gouvernementale. Ex-pompier de la ville.
↳ Opinion Politique : Ancien vainqueur des jeux établis dès 2012, durant la seconde campagne, Matthias s'est vu embrigader de force dans la propagande du gouvernement.
↳ Niveau de Compétences : Un briquet capable d'aspirer les flammes environnantes. Feu de cheminée ou petits brasiers, une fois le chargeur rempli, les flammes peuvent être réutilisées comme le gaz d'un briquet classique. A recharger uniquement de cette manière, sinon il ne fonctionnera pas. / Une fiole de potion permettant de faire croire à toutes les personnes dans la pièce qu'on possède une autre apparence (celle de son choix), en la buvant entièrement. Dure le temps d'un topic, à usage unique.
↳ Playlist : Who by fire - Leonard Cohen ║ It must be done - Pete Townshend/Nathan Barr ║ Nothing to remember - Neko Case ║ Higher - The Naked and the Famous ║ Howlin' for you - The Black Keys ║ Hearts on fire - Gavin James
↳ Citation : “It is superstition," he admitted. "But it might be true.”
↳ Multicomptes : Konstantin Timlat
↳ Couleur RP : tomato



les petits papiers
↳ Copyright: Katsia ♥ (ava) Rogers (sign) Casterlys (graph)
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: for every one jesus you get a million zombies (matthias)   Lun 26 Fév - 18:55

   FEATURING Margarethe & Matthias
Cinq heures quarante. Matthias ouvre les yeux en papillonnant, le corps légèrement fiévreux de cauchemars qui lui échappent déjà. Le médecin de l’hôpital central avait prévenu. « Cela arrivera parfois. » Rien de grave, rien de différent.

Ces rêves sont des cages et il y a de quoi rire, vraiment, Matthias ne manque jamais de le faire en tout cas, le soleil baignant à loisir le visage, un miroir dans le dos et si on doit plisser un peu les yeux, on le fait. Ils sont tous dans une cage de toute manière, les marais en murs végétaux, la faim en barreaux impitoyables. Hors de la Nouvelle-Orléans, point de salut. Il est inutile d’en parler trop longtemps, stérile de perdre trop de temps en conjonctures vaines. Matthias désire juste la lumière sur son visage, le soleil et la musique – celle de la Louisiane et de ses tambours rythmés. Il veut ci et il veut ça et peut-être que c’est déjà trop pour ce nouveau monde.

On lui a toujours dit que les rêves délivraient l’âme mais ceux là le laissent épuisé et confus. Ils s’évaporent dés que les paupières se soulèvent, dés que le cœur reprend ses droits, la pulsation autonome dans les veines.

Il n’a jamais été du matin, n’aime pas la sensation de froid quand il quitte un lit, tousse toujours un peu au-dessus de l’évier comme si le spectre des songes se matérialisait un bref instant dans sa trachée. Les gestes sont encore endormis, de la main qui passe boudeusement dans ses cheveux à celle qui place le toast dans le grille pain. L’uniforme a changé depuis peu. Il a troqué le tissu synthétique apyre des tenues pompier pour les coupes sobres des trois-pièce du gouvernement. Un uniforme parmi tant d’autre au final. Il n’a pas l’impression d’être différent. La seule – l’unique – exception réside dans ses semaines envolées, le sommeil délicat d’une amnésie qu’il ne sait pas être fabriqué. Il fredonne son assentiment à chaque fois que quelqu’un lui pose une question à ce sujet, sourit puis passe à autre chose malgré le questionnement interne. Il ne peut pas s’imaginer ce qu’on été ces semaines. Blackout complet. Parfois il imagine des salles blanches où il hurle, le corps dématérialisé et spectrale. Ça change un peu du sang et du sable de l’arène.

(Ça n’a pas d’importance)

Il n’arrive pas à se rendormir.

Six heures et il se lève, les yeux grands ouverts. Les baskets sont enfilés et il s’étire sous un léger vent qui ne parvient pas à cacher encore que la journée sera bel et bien à nouveau chaude. Le soleil n’a pas encore montré le bout de son nez mais c’est une question de temps. Le petit gargouillis des rues du quartier français a encore du mal à cracher ses premiers résidents et Matthias étouffe un bâillement sonore, les pas longs et larges, coupant à travers le parc Louis Armstrong.
Souvent il vient courir ici, la dopamine bienheureuse rendant chaque petite foulée plus aérienne. Les cauchemars se sont envolés mais c’est la sensation qui le rend nauséeux et il l’écrase dans sa course, fait chauffer ses muscles pour mieux anesthésier son esprit.

Le Congo Square a des millénaires d’Histoire et autant de fantômes. Le brun est superstitieux, foule le bitume avec révérence, coince son pouce entre son index et son majeur pour se délivrer de toutes mésaventures. Ici, le parfum des épices, celui de la sueur et du sang s’échappe encore d’un sol martyrisé, il saute sur la bande de trottoir étroite et sèche, la capuche du sweater glissant sur sa nuque. Les noms des vainqueurs de l’arène défilent silencieusement dans son esprit. C’est un des projets, n’est-ce pas, celui du bureau de la propagande : rameuter ceux qui ont participé, ceux qui ont vu leurs noms sur les écrans technicolors de Jeux grandioses. Matthias s’était mis à rire en entendant son boss gesticuler sous l’idée gargantuesque avant de comprendre que c’était sérieux, qu’ils avaient une image, des visages connus parfois même aimés, qu’ils avaient participé à maintenir le moral d’une population éprouvée et que l’on pouvait les utiliser à nouveau, en exemples précieux.

Un nouveau tour de piste, une nouvelle danse pour les quelques élus ayant réchappé à l’arène.

( Il court trop vite)

L’air lui brûle la gorge et il entend son nom charrié par le vent.

( Il y a des fantômes sur Congo Square, des relents de victimes persécutés)

Il ne s’attendait pas à la voir elle.

La blonde est fine, trop petite pour l’immensité d’un crépuscule moite. « Petersen. » Pas d’interrogations, juste le nom en un soufflet imaginaire. La course ralentit et il se tourne abruptement vers la vision blanche, trop maigre, trop pâle, de celles qui ont franchit l’Achéron puis en sont revenus les paumes vides abîmées. Il cille, la respiration encore trop dense qui lui soulève le torse, empreinte indélébile de sa course endiablé. Il y a trop d’ombres entre eux et c’est l’ironie suprême mais il ne se souvient pas de ce qu’il s’est passé il y a quelques semaines mais d’elle et de New York, chaque détail semble gravé.

« Maggie ? »

Lui, il y met une interrogation.

Il a un sourire étouffé, incrédule presque. Pas presque. Complètement. La dernière fois qu’il l’a vu c’était au chevet de Rikke, moins maigre mais toujours aussi pâle. La Louisiane vous bouffe après tout. « T’es seule ? » Il regarde aux alentours comme si d’autres fantômes vont surgir, il n’est pas encore sûr qu’elle soit réelle, le soupir lourd entre les omoplates. « Ça fait un sacré bail ! » Il sourit cette fois-ci pour de bon – pour de vrai, pose ses mains sur sa taille, le verbe facile, la conversation aisée. Il est connu pour ça.
Et Matthias croit dans les signes divins, dans les promesses du destin. Il pensait à la liste parcouru d’un œil morne hier soir au bureau et voilà que Margarethe se tient dorénavant devant lui, la lueur étrange dans l’œil et l’incandescence au bout des lèvres. « Il est un peu tôt pour se promener, non ? Un rêve sur les moutons électriques t’a jeté du lit ? »  Les épaules le tirent et il fait signe vers l’autre côté de la place. « On peut prendre un café si t’as le temps. Ça fait plaisir de te revoir, t’as trouvé ta place à la Nouvelle Orléans finalement ? New York c'était... spécial. » Il s’imagine que ça l'était en tout cas.
De New York il ne restait que la glace et des souvenirs enfouis à jamais sous la neige éternelle. « Toujours avec Rikke ? »

Six heures quarante. Il y a des fantômes sur Congo square qui hurle silencieusement.




_________________
Such wow. Much propaganda.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4853-matthias-peterse http://www.mercy-in-darkness.org/t5433-matthias-petersen-the-blank-book#222751

SUCKER FOR PAIN

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 994
↳ Points : 944
↳ Arrivé depuis le : 25/01/2018
↳ Age : 24
↳ Avatar : elizabeth olsen
↳ Age du Personnage : vingt-cinq ans.
↳ Métier : trafiquante d'armes, croupière au bones. pieds et poings liés à nemesis.
↳ Opinion Politique : elle les méprise et maudit cette tyrannie qui ronge ce qu'il reste de monde. mais trop lâche, elle se contente de pester de loin, dans l'ombre.
↳ Niveau de Compétences : niveau un.
↳ Playlist : alicia keys, caged bird. tracy chapman, unsung psalm. eminem, deja vu. sia, breathe me. lana del rey, carmen.
↳ Citation : choices are sacrifices.
↳ Multicomptes : néant
↳ Couleur RP : tan



les petits papiers
↳ Copyright: timeless.
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: for every one jesus you get a million zombies (matthias)   Sam 3 Mar - 13:36

Ce sourire. Son sourire. C'était sur un plateau d'argent qu'il le servait, Matthias. Tellement innocemment. Beaucoup trop, c'en était écoeurant. « Un bail, ouais. » Un putain de bail, la faute à qui. Désorientée par cette vision d'horreur, par cette claque du passé en pleine gueule, elle se contentait de répéter les mots. Ouais, répéter, comme une conne. Que pouvait-elle dire d'autre de toute façon. Elle n'avait rien à dire. Elle n'avait rien à lui dire, du moins rien de bon, seulement des horreurs. Parce qu'elle n'était pas ravie, elle. Ni de le revoir, ni de se souvenir. Non, elle n'était pas ravie de se rappeler cette journée d'hôpital, des années auparavant, qui avait débutée de la plus banale des manières pour finalement s'achever sur l'une des plus intenses déception de toute sa vie. Quoi que non, elle mentait. Parce qu'elle avait été agréable, cette fin de journée. Celles qui suivaient aussi, puisque teintées d'espoir. L'espoir qu'il avait fait naître en elle, Matthias. Assurément sans le vouloir, il n'avait pourtant rien fait pour l'empêcher non plus. Non, rien. Et c'était avec ce même sourire qu'elle l'avait accueillie, dans leur cocon, à elle et Rikke. Avec ce même putain de sourire qu'il leur avait fait la conversation, puis comme un lâche était parti.

Ouais, elle le reconnaissait bien, ce rictus, trop bien même. Et à mesure qu'elle le détaillait, là, maintenant, elle se rendait compte qu'elle ne l'avait jamais véritablement oublié. Comme un vieux cauchemar, que de temps à autre l'on refaisait. Que l'on écartait ensuite de ses songes, qui se cachait dans les tréfonds d'une âme prise par d'autres durant longtemps, mais qu'il suffisait d'un rien pour raviver. Et c'était avec tout un amas de terreur qu'il se repointait dès lors que le démon sortait de sa cachette. La même terreur que devait en l'instant refléter le visage de la pauvre Maggie, qui ne savait plus où se mettre, qui avait envie de tout, sauf de rester ici. « Un café ? » Elle finissait par rire, c'était tellement surréaliste. Un rire nerveux, acerbe, qui lui déformait les traits. Et pourtant elle n'était pas au bout de ses peines, la môme. Non, toutes ces conneries, ces banalités n'étaient même que le début du pire des rêves auquel elle aurait pu s'imaginer être confrontée. Le début oui, parce que le couperet s'apprêtait seulement à tomber.

Rikke. Il osait. Et alors son monde s'écroulait. Cinq, dix secondes, d'un silence des plus pesants. Ses doigts venaient rouler les uns contre les autres, elle paniquait. Et cela se voyait, sûrement. Pas sereine, prunelles fuyantes, elle se dandinait légèrement et n'était plus capable à présent de supporter l'allure nonchalante du trentenaire, alors que la sienne la trahissait. « Nan. » Elle crachait cette négation qui lui brûlait la gorge. « Nan, il n'est plus avec moi. » Bien souvent, l'on disait que mettre des mots sur les peines aidait à les rendre plus supportables. Pourtant lorsqu'il s'agissait de Rikke, cela ne faisait jamais que lui perforer ce coeur qui ne cicatriserait jamais. Jamais, c'était ce qu'elle pensait du moins, ce qu'au plus profond de son être elle ressentait. Parce que voilà plus de deux années qu'il était parti, qu'il l'avait quittée, laissée seule dans ce monde de merde sans personne auprès d'elle pour l'aider à l'affronter, et la plaie demeurait à vif, saignante, béante. La douleur s'avérait être toujours aussi insupportable, impossible à maîtriser. Et même sans être dans un cas comme présentement ou elle s'avérait obligée de penser à lui, chaque nuit sans sa présence n'était qu'un point de suture de plus qui sautait. « Mais toi, ça fait combien de temps que t'es là ? » Elle lui brûlait les lèvres, cette question, et ce beaucoup plus que tous les reproches qu'elle aurait voulu lui balancer en pleine tronche. Plus de six ans qu'elle était ici Maggie, et l'unique fois ou elle l'avait croisé, c'était dans ce putain d'hôpital, le jour ou il s'était pointé. Alors ne faire que songer au fait qu'il était potentiellement son voisin depuis des années, ça la révulsait.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5576-ticking-time-bomb http://www.mercy-in-darkness.org/t5580-hell-should-be-easy-maggie En ligne

RUNNING TO STAND STILL

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 2150
↳ Points : 747
↳ Arrivé depuis le : 04/06/2017
↳ Age : 26
↳ Avatar : Garrett Hedlund
↳ Age du Personnage : 33 ans, Jesus style
↳ Métier : Attaché à la propagande gouvernementale. Ex-pompier de la ville.
↳ Opinion Politique : Ancien vainqueur des jeux établis dès 2012, durant la seconde campagne, Matthias s'est vu embrigader de force dans la propagande du gouvernement.
↳ Niveau de Compétences : Un briquet capable d'aspirer les flammes environnantes. Feu de cheminée ou petits brasiers, une fois le chargeur rempli, les flammes peuvent être réutilisées comme le gaz d'un briquet classique. A recharger uniquement de cette manière, sinon il ne fonctionnera pas. / Une fiole de potion permettant de faire croire à toutes les personnes dans la pièce qu'on possède une autre apparence (celle de son choix), en la buvant entièrement. Dure le temps d'un topic, à usage unique.
↳ Playlist : Who by fire - Leonard Cohen ║ It must be done - Pete Townshend/Nathan Barr ║ Nothing to remember - Neko Case ║ Higher - The Naked and the Famous ║ Howlin' for you - The Black Keys ║ Hearts on fire - Gavin James
↳ Citation : “It is superstition," he admitted. "But it might be true.”
↳ Multicomptes : Konstantin Timlat
↳ Couleur RP : tomato



les petits papiers
↳ Copyright: Katsia ♥ (ava) Rogers (sign) Casterlys (graph)
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: for every one jesus you get a million zombies (matthias)   Mer 14 Mar - 0:29

   FEATURING Margarethe & Matthias
« Un bail, ouais. » Il y a quelque chose de sanguin sur la langue qui le fait ciller, presque plus qu’une Maggie surgissant d’une obscurité vacillante. L’approche de la jeune femme est tout sauf furtive, le regard acéré et les souvenirs amers plein les cils. Il peut presque entendre le fin bip de la salle d’hôpital en écho lointain, caché quelque part dans des réminiscences à l’odeur de naphtaline, tandis qu’elle s’avance vers lui, il peut presque voir les fils et les tubes s’entrelaçant en une danse mortuaire autour du corps terrassé d’un Rikke devenu trop pâle. Certains s’en sortent mieux que d’autres une fois le sable foulé. La superstition en sac à dos, Mathias s’est toujours dit que les astres l’avaient protégé, qu’il n’y était pour rien. Ni fleurs, ni sermons envers lui-même.  « Un café ? » Le rire le met mal à l’aise et il regarde autour pour avoir un autre point d’horizon durant quelques secondes, avant de revenir sur elle. S’il avait eu les mots justes, Matthias aurait dit que la place s’était faite silence une fois qu’elle y était apparue, que son rire ressemblait à un sanglot et qu’il n’avait jamais su y faire avec les gens qui portaient trop fort leurs émotions sur eux.

Mais s’il avait eu les mots justes, il aurait dit plus en partant et il serait une personne différente.

« Nan. » Il comprend instantanément sous la trace de colère pétrie d’orgueil qu’elle crache sur le pavé. Non. Il n’est plus là. Il déglutit faiblement, fronce les sourcils quelques secondes à peine. Ça arrive. Certains survivent, d’autre pas.  Elle n’a jamais su faire semblant, Margarethe. Le soleil ne se brouille pas à son approche, pas de prismes réflecteurs, juste la lumière aveuglante d’une vérité imparfaite. « Je vois. » Ou pas. Il a décidé de ne jamais voir complètement, les icebergs effleurant son corps mouvant. S’il s’arrête pour en percuter un, il finira au fond de l’océan et franchement, il préfère nager.

Il a les mains encore sur la taille, le sweat-shirt évasé au col. « Mais toi, ça fait combien de temps que t'es là ? » Le sourire se forme presque incrédule mais bien visible. Il ne répond pas de suite. Il a un petit tic dans la mâchoire quand la bouche se fait sèche, la ligne affûtée et le regard perdu, mais il ne dit rien, pas même son nom. Pas même des foutues condoléances. Rikke était déjà à moitié crevé quand il l’avait vu la dernière fois. Hier ou il y a six ans. Quelque chose comme ça. Le temps était plat et circulaire, une toupie sur laquelle ils dansaient tous à bonne mesure. « Assez pour avoir oublié New York. » Fait-il enfin dans un mensonge givré. Il la fixe, presque inconfortable de devoir baisser son visage pour palier à la différence de taille, le même bleu que les reflets apocalyptiques d’une ville désormais sous la neige au fond des iris. « Viens, on va prendre un café. » Lui en a besoin d’un maintenant, l’acceptation terrible glissant lentement sur lui. Il y repenserait sans doute encore un peu puis enterrerait la notion qu’ils étaient moins un dans le ‘club select’ des vainqueurs des premiers jeux. L’arène avait des allures de cancer lent, vous grignotant l’intérieur même après s’en être tiré.

« Tu allais bosser ? Ou t’en revenais ? » Demande-t-il en passant le revers de sa main sur sa gorge dans un geste rapide. La question n’est pas tant pour connaitre l’emploi du temps que pour savoir si l’air hagard qu’elle affiche est dû à une nuit blanche à trimer ou une nuit blanche à cauchemarder.  Il a le conseil au bord des lèvres, celui de pas traîner dans ce genre d’endroit seule. La ville n’est pas si sûre et elle a la blondeur douteuse des trésors que gardent les pirates au fond des caisses.

Il n’en dit pourtant rien.

« Ça s’est passé comment ? » Il regrette dés que la question filtre hors de ses lèvres. Quelle importance après tout ? On était là, on était plus là. Point final. Rikke a laissé ses tripes dans un champ de bataille fermé, les images scintillantes sur les écrans à travers le pays, l’odeur des hôpitaux en encens mortuaire. Il n’y a pas grand-chose à savoir de plus.

Matthias déteste les hôpitaux, trop de couloirs, on s’y perd trop facilement.

Il esquisse un pas avant de dépasser légèrement Maggie, le mouvement salvateur en une énergie le rappelant à la vie. « T’aurais pu venir me voir. » Vraiment ? Le sourire revient, presque vibrant d’un amusement sombre. « Même si c’est parfois compliqué. Tout le monde est parti tellement vite et puis une fois ici… » Il hausse les épaules avant de la regarder. « Tu sais quoi, je vis pas loin. Au lieu d’aller au café, on se prend un truc à grailler et … de toute je vais pas continuer à courir là. » Sa voix est aussi douce, aussi inaudible que les acteurs à la télévision. Il a la vague impression qu’elle va lui claquer entre les doigts.

C’est ce que dit l’expression : entre les doigts.

Pour l'atteindre, il devrait bouger.

Il ne bouge pas.

Il fait juste un signe de la main vers le quartier français.




_________________
Such wow. Much propaganda.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4853-matthias-peterse http://www.mercy-in-darkness.org/t5433-matthias-petersen-the-blank-book#222751

SUCKER FOR PAIN

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 994
↳ Points : 944
↳ Arrivé depuis le : 25/01/2018
↳ Age : 24
↳ Avatar : elizabeth olsen
↳ Age du Personnage : vingt-cinq ans.
↳ Métier : trafiquante d'armes, croupière au bones. pieds et poings liés à nemesis.
↳ Opinion Politique : elle les méprise et maudit cette tyrannie qui ronge ce qu'il reste de monde. mais trop lâche, elle se contente de pester de loin, dans l'ombre.
↳ Niveau de Compétences : niveau un.
↳ Playlist : alicia keys, caged bird. tracy chapman, unsung psalm. eminem, deja vu. sia, breathe me. lana del rey, carmen.
↳ Citation : choices are sacrifices.
↳ Multicomptes : néant
↳ Couleur RP : tan



les petits papiers
↳ Copyright: timeless.
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: for every one jesus you get a million zombies (matthias)   Mer 14 Mar - 19:50

Assez pour avoir oublié New-York. La sentence résonnait. Elle tournait dans sa tête, encore et encore et encore. Oublier, une action qu'elle ne connaissait guère. Elle ne savait pas oublier, la môme, elle ne savait pas faire. Comment faisait-il, lui ? Comment faisait-il pour paraître si léger, si détaché, alors que toutes les cicatrices accumulées au cours de sa vie, elles jonchaient encore son corps, à Maggie. Il mentait. Il devait oui, Matthias. Il devait absolument mentir. Ça la rassurait de penser cela. Alors elle se laissait séduire par cette hypothèse, même si tout était criant de fausseté. Mais elle balayait le démon sur son épaule d'un revers violent, pour ne garder que l'ange. Et ce même si sa peau était aussi carmin que celle du complice. Même si aucune auréole, que des cornes. Des jumeaux maléfiques sur ses frêles épaules. Elle les haïssait, alors elle leur faisait dire ce qu'elle voulait. Seulement ce qu'elle voulait. Qu'elles aillent se faire foutre, toutes ces voix et leurs conseils de merde. Elle n'avait pas besoin d'elles. De toute façon, elles ne servaient à rien. A rien d'autre que la faire plier davantage, comme ce putain de roseau dont les citations parlaient. Sauf qu'elle ne se relevait jamais, Maggie. Elle ne faisait que se tordre, elle était même déjà brisée. Depuis longtemps. Depuis si longtemps. Elle n'était qu'une fissure énorme, une crevasse sans fond. Et il le savait. Ouais, ça se voyait qu'il le savait. Parce qu'il avait cette putain de pitié dans le regard lorsqu'il la regardait. Pauvre petite chose fragile, devait-il se dire. Et il avait raison. Il avait atrocement raison.

Il comprenait. Il proposait à nouveau un café. Il ne sortait que d'horribles banalités. Et elle ne savait laquelle de toutes ces phrases sonnait le plus mal. Laquelle lui crevait le plus le coeur, laquelle la faisait le plus sortir de ses gonds. « J'en reviens, je bossais de nuit. » Alors ce n'était pas le moment de la faire chier, mais le bon moment ne se serait jamais présenté. Jamais pour lui, Matthias. Ce fantôme du passé. Cette plaie suturée qui venait d'éclater. « Rapidement. Il s'est endormi, et n'a jamais rouvert les yeux. » Le soleil n'avait sûrement pas brillé assez fort, ce jour-là. Pas assez pour lui donner envie d'ouvrir ses paupières, alors elles étaient restées closes et durant trois longues journées ensuite la pluie n'avait cessé de tomber. Les trois derniers jours de pluie dont elle se souvenait. Peut-être était-elle revenu après, mais elle n'en gardait aucun souvenir. Non, une fois enterré, il n'avait laissé que l'astre roi derrière lui, Rikke. Que ces rayons qui tapaient trop fort, qui brûlaient les peaux. Mais la pluie lui rappelait trop d'horreur, alors tant pis s'ils finissaient tous calcinés, elle n'en voulait plus. « Je t'ai vu. » Assénait-elle. L'intonation était descendue d'une octave depuis l'apparition soudaine, pourtant le discours, il demeurait acerbe. « Je ne savais pas que tu étais ici, j'imagine que mon invitation pour la crémaillère a dû se perdre, hein ? Mais je t'ai vu ouais, plusieurs fois même. » Elle blaguait, mais ne riait pas. « A la télé. » Farce sombre, teintée de ces vérités qu'elle se retenait de lui cracher à la gueule. Si calme, tellement acide. Elle faisait froid dans le dos parfois, Maggie.

Mais sûrement parce qu'il demeurait tant de rancoeur dans un si petit corps, trop de douleurs ressassées, sur lesquelles elle était incapable de tirer un trait. Et cela se sentait, comme une aura bien visible qui partout la suivait, qui mettait mal-à-l'aise - Malgré tous les efforts qu'elle déployait pour la semer. « Autant la proposition de café pouvait passer pour de la politesse, mais manger ensemble, carrément ? » Et lui, toujours aussi avenant, aussi aimable, bon vivant. Sûrement était-ce cela qui l'avait charmée en premier lieu, la première et seule fois qu'elle l'avait vu. Cette parole facile, entraînante. Celle à laquelle on ne pouvait que désirer répondre, et donner sa confiance. Parce qu'il semblait normal, Matthias - Aussi subjective était cette normalité. Parce qu'il ne semblait pas abîmé, ou qu'il savait bien le cacher. Dans les deux cas, ça l'avait fascinée. Et ça la séduisait sûrement encore, un brin au moins. « Et puis merde, pourquoi pas. Un casse-dalle pour six années de silence. » Marmonnait-elle, à peine consciente, condescendante. Ce n'était définitivement pas cher payé, mais elle s'en contenterait, pour l'instant, car incapable de simplement là, le planter.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5576-ticking-time-bomb http://www.mercy-in-darkness.org/t5580-hell-should-be-easy-maggie En ligne

RUNNING TO STAND STILL

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 2150
↳ Points : 747
↳ Arrivé depuis le : 04/06/2017
↳ Age : 26
↳ Avatar : Garrett Hedlund
↳ Age du Personnage : 33 ans, Jesus style
↳ Métier : Attaché à la propagande gouvernementale. Ex-pompier de la ville.
↳ Opinion Politique : Ancien vainqueur des jeux établis dès 2012, durant la seconde campagne, Matthias s'est vu embrigader de force dans la propagande du gouvernement.
↳ Niveau de Compétences : Un briquet capable d'aspirer les flammes environnantes. Feu de cheminée ou petits brasiers, une fois le chargeur rempli, les flammes peuvent être réutilisées comme le gaz d'un briquet classique. A recharger uniquement de cette manière, sinon il ne fonctionnera pas. / Une fiole de potion permettant de faire croire à toutes les personnes dans la pièce qu'on possède une autre apparence (celle de son choix), en la buvant entièrement. Dure le temps d'un topic, à usage unique.
↳ Playlist : Who by fire - Leonard Cohen ║ It must be done - Pete Townshend/Nathan Barr ║ Nothing to remember - Neko Case ║ Higher - The Naked and the Famous ║ Howlin' for you - The Black Keys ║ Hearts on fire - Gavin James
↳ Citation : “It is superstition," he admitted. "But it might be true.”
↳ Multicomptes : Konstantin Timlat
↳ Couleur RP : tomato



les petits papiers
↳ Copyright: Katsia ♥ (ava) Rogers (sign) Casterlys (graph)
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: for every one jesus you get a million zombies (matthias)   Sam 24 Mar - 15:40

   FEATURING Margarethe & Matthias
« J'en reviens, je bossais de nuit. » Il acquiesce, légèrement soucieux. La nuit tous les chats sont gris et aucun métier ne se ressemble.
Les gens d’ordinaire ont l’air plus innocent et fragile lorsqu’ils dorment, paupières closes et lèvres entrouvertes, la respiration paisible soulevant comme vagues douces une cage thoracique friable. Maggie semble pourtant sortir d’un rêve, les yeux grands ouvert bordés d’un rouge couleur épuisement. Il insiste mais un café lui fera du bien. Il est loin d’imaginer le dilemme, ne s’est jamais posé beaucoup de questions sur ce qu’il vivait et la façon dont il le faisait. La souplesse de son éthique face aux aléas d’un monde mouvant lui a toujours sauvé la mise. Rien n’est grave. Rien n’est éternel. Mise à part la mort bien sur, et il a toujours su l’éviter. Il aime bien le soleil sur sa peau, les sourires esquissés, l’acidité des fruits en bouche et les shots d’adrénaline. Il suppose que Rikke aimait ça aussi, plus encore en compagnie de la blondinette devant lui.

« Je t'ai vu. » Matthias cille et scrute le visage pâle dans l’aube d’un jour nouveau. Il pense aux tigres et aux prédateurs qui entrent et sortent de l’ombre, toute griffes dehors. Il n’a subitement plus aucune envie d’être là, face à une souffrance en déroute qu'il ne sait pas gérer. C’est épuisant et il a toujours été paresseux. C’est douloureux et il a toujours fait en sorte de balayer ce qui pouvait le mener au chaos. Il la voit la lueur impénétrable, celle des reproches et d’un jugement sévère. Il lui en offre un aussi en retour, celle d’un mal différent, la douleur de regarder quelqu’un tomber sans savoir s’il y a encore quelque chose à rattraper et jusqu’où va le gouffre.

( Margarethe est vertigineuse. Il l’apprend bien assez vite.)

« A la télé. » La ligne de la mâchoire se trace sous la barbe fine, plus tendue. Il sait très bien où tout ceci va mener et les mots qu’elle va laisser tomber de sa langue tôt ou tard. Il pourrait lui expliquer mais se serait là admettre ce qu’il n’y a pas lieu d’être. Des jeux de miroirs sur grand écran, oui – il y avait participé. C’était presque drôle d’ailleurs que le gouvernement essaie toujours d’impressionner un peuple depuis bien longtemps anesthésié. Trop d’efforts visibles qu’il avait vu se déployer en technicolor à New York. « Rikke a toujours loupé leurs fêtes. » Il y a presque de l’envie sous les mots, une écorchure qui suinte dangereusement et qu’il ravale. Rikke n’a pas eu la chance de faire partie des paillettes décoratives ou des divertissements organisés. Il pourrait raconter à Maggie pendant des heures les soupes d’encre de calamars et le corail rare cuit en tarte, les invités avec de l’électronique pulsée bleu et vert à travers leurs dents et les paupières recouverts de charbon pour rappeler que dehors, le monde se relevait à peine des cendres et de la brume. Dulce et Decorum Est. Il avait trouvé du réconfort dans ces rires trop hurlant où les convives disparaissaient dans le dos pour vomir tout ce dont ils ne voulaient plus se souvenir.

Il regarde ailleurs – partout sauf la jeune femme qui lui rappelle qu’il avait eu une vie aussi, avant; que le sable - même lorsqu’on l’époussetait - avait l’art et la manière de s’infiltrer partout jusque dans les recoins intimes d’une âme. « Et puis merde, pourquoi pas. Un casse-dalle pour six années de silence. » La façon dont elle le dit ne lui plait pas mais le pas est leste et le corps suit. Ils s’avancent et la boulangerie vient d’ouvrir. Les étals ne sont pas encore complètement remplis – pénurie oblige mais Matthias est tout sourire à l’entrée, plaisante avec aisance, prend deux beignets recouvert d’un sucre poudreux, avant de pousser la porte pour laisser la jeune femme monter jusque chez lui. Il faut peu de temps pour que l’odeur nerveuse déchire le matin glacé dans l’appartement. « J’ai eu l’idée de changer de vie avec la Louisiane. » Il a un mouvement des épaules désinvolte. Ça n’a pas servit à grand-chose. La veste des pompiers, loin du tumulte des velours grenat du gouvernement, aurait dû lui assurer une rédemption mais elle l’a précipité étroitement vers des bras sauveurs et bourreaux tout à la fois. « Tout arrive toujours pour une bonne raison, faut pas… c’est inutile de ressasser, Maggie. » Il se tait, les doigts sur le comptoir de la cuisine américaine encore neuve, le café tombant à grosses gouttes, large et noir. Ils peuvent s’asseoir ici sous les lumières neuves trop lumineuses, la faune des deux quartiers limitrophes se croisant dans des bruissements rythmés par une musique jazzy en fond sur la place. La fenêtre est ouverte. « Il t’es arrivé quoi à toi ? » C’est trop vaste comme question, trop grand mais il a peur qu’elle la lui pose alors il la double. Les doigts frottent du bout des ongles la cafetière italienne, les jambes se rangent pour ne pas cogner les genoux.

Lui ne saurait pas par où commencer.

-

Peut-être là :

La main tremble par-dessus la plaie. Son stratagème a un peu trop bien fonctionné. C’est une chose de penser à tuer, s’en est une autre de voir un corps parcouru de frissons mortuaires, le sang en gros bouillon à travers les orifices. C’est un professeur, il se souvient vaguement de sa présentation. Il vient de loin, de ces pays où les caravanes passent dans les déserts et où les poèmes ont la saveur du miel. « J’suis désolé. » Il l’est, Matthias, il l’est terriblement. Il préfère ce qui est facile et doux, les hanches des filles et les histoires au coin du feu, loin de cette arène où on l’a jeté. Le type a un gargouillis qui s’échappe en filet grenat des lèvres que Matthias finit par reconnaitre comme étant une quinte de rire. « Dulce et decorum est. » Il cille. C’est une langue inconnue qu’il ne comprend pas et il se penche, l’oreille au carrefour des murmures perdus, avant que le corps ne se calme pour ne plus soupirer.

-

Ou encore là :

Il la mange dans un énorme câlin encore mâtiné des odeurs synthétiques des fêtes passées. Margarethe a toujours été chétive mais dans cette large salle d’hôpital aux murs ternes et à l’odeur chimique, il la voit comme une poupée de porcelaine au fin fond d’un placard moisi. « Il va aller mieux, Meg. T’en fais pas. » Et de la serrer contre ce mensonge.

Et de partir peu de temps après sans un seul regard en arrière.

-

Non. Commençons ici.

Il a fait un cauchemar : attaché à une chaise, les poignets, les chevilles, des tubes et la douleur.

- C’est partout, dans le sang et les os ; sous la peau et sur le crâne, derrière les yeux et il est en feu, en feu, l’épiderme et la voix brisée.

- Et il y a quelque chose qui rampe, il y a quelque chose qui rampe dans ses poumons jusqu’à sa bouche et qui a des griffes et il a beau saigner et hurler, tout brûle à l’intérieur. Il n'y a pas de parcelles de ce corps qui ne hurle pas, aucune partie qui ne gratte pas comme si elle avait été plongée dans de la saumure, comme si il était déchiré par un autre corps jusqu’à ce que plus rien ne reste de l’original.

Il a fait un cauchemar. Il s’est réveillé, a enfilé ses pompes et est sortit courir un peu. Il a vu Maggie.

Rien n’arrive jamais par hasard.

-

Il faut voir le bon côté des choses. Il est encore vivant.

« Fallait que je parte. De New York. » Il fait tourner le café à travers la paroi transparente puis verse dans les deux tasses dépareillées. Le reste est en suspens : Rikke aurait compris sans doute. Il n’est pas certain. Beatriz comprend la plupart du temps. « La mémoire c’est un truc bizarre. J’ai parfois des souvenirs qui reviennent en gouttes, comme si j’étais une rivière qui recommence à couler après des années de sécheresse mais je t’aurais pas oublié toi et… » Ce ne sont pas des excuses.

C’est pire.

(ce sont des regrets)

Il boit un peu, la chaleur âpre sur la langue. « Je suis à la propagande. » Annonce-t-il tranquillement, une lueur curieuse dans le regard. « J'ai un joli bureau. »

Who’s for the game, the biggest that’s played,
The red crashing game of a fight ?
Who’ll grip and tackle the job unafraid ?
And who thinks he’d rather sit tight ?





_________________
Such wow. Much propaganda.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4853-matthias-peterse http://www.mercy-in-darkness.org/t5433-matthias-petersen-the-blank-book#222751

SUCKER FOR PAIN

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 994
↳ Points : 944
↳ Arrivé depuis le : 25/01/2018
↳ Age : 24
↳ Avatar : elizabeth olsen
↳ Age du Personnage : vingt-cinq ans.
↳ Métier : trafiquante d'armes, croupière au bones. pieds et poings liés à nemesis.
↳ Opinion Politique : elle les méprise et maudit cette tyrannie qui ronge ce qu'il reste de monde. mais trop lâche, elle se contente de pester de loin, dans l'ombre.
↳ Niveau de Compétences : niveau un.
↳ Playlist : alicia keys, caged bird. tracy chapman, unsung psalm. eminem, deja vu. sia, breathe me. lana del rey, carmen.
↳ Citation : choices are sacrifices.
↳ Multicomptes : néant
↳ Couleur RP : tan



les petits papiers
↳ Copyright: timeless.
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: for every one jesus you get a million zombies (matthias)   Jeu 29 Mar - 20:35

Ils avaient marché, et il avait fini par la mener dans son antre. Qui l'aurait cru, qu'elle finirait par fouler le sol de son logis, à Matthias, cet homme pour lequel elle ne ressentait que rage et rancoeur, depuis si longtemps, depuis tout ce temps. Et elle les avait entretenus, ces ressentiments. Oh ça oui, ils brillaient tellement, n'avaient rien perdu de leur superbe malgré les années. Elle les avait conservés, pour à jamais les figer dans le temps. Parce qu'elle avait besoin de ça, Maggie. Balancer des ancres, à certains moments de sa vie. Pour se rappeler. Pour ne jamais oublier. Les bons moments, comme les pires. Les rires, mais les larmes aussi. Ouais, elle avait besoin de ça, de garder chacun de ses souvenirs précieusement dans sa mémoire. Importants ou non, plus ou moins volumineux, qu'importait. Ils étaient là. Et elle les ressortaient, un à un, de temps en temps. Certains ravivaient des blessures, d'autres pansaient les nouvelles. Mais tous, ils avaient cet effet anesthésiant dès lors qu'ils sortaient de leur cachette. Parce que c'était rassurant, d'avoir quelque chose au sein duquel s'évanouir juste un instant. Au sein duquel s'évader, s'extraire de cette terrible réalité que tous finissaient sûrement par haïr aussi, à un moment ou un autre de leur vie. Ouais, elle ne devait pas être la seule à la détester, mais peut-être la méprisait-elle plus souvent. Sûrement, même. Alors elle en avait besoin, de cet amas de souvenirs qui faisait déborder ses méninges. Elle en avait besoin, vraiment. Aussi était-ce pour cela qu'elle les gardait si précieusement.

Alors oui, rancoeur et rage, ces deux compères indissociables, ils étaient toujours là. Ils ne l'avaient pas quitté du chemin et demeuraient présent, alors qu'elle observait les murs, les meubles, tous ces bibelots qui l'entouraient maintenant. Rikke a toujours loupé leurs fêtes. Qu'il avait soufflé, Matthias. Elle ne faisait plus attention à ce qu'il lui disait maintenant, parce que seule cette phrase tournait dans sa tête. Ces fêtes. Celles auxquelles ils n'avaient jamais été invités. Peut-être une fois, au tout début. Mais il avait si rapidement sombré, Rikke, qu'il n'avait jamais pu les honorer de sa sublime présence. Et ils l'avaient su. Ils avaient sûrement continué de suivre son état, durant un temps du moins, par l'intermédiaire des psychiatres ou du personnel de l'hôpital. Durant ce temps ou l'espoir demeurait présent. Puis il avait tenté de se suicider, et plus aucune note n'était arrivée.

Mais elle ne regrettait pas, Maggie. Non, toute cette richesse apparente, elle n'en voudrait pas. Pas au prix de toutes ces vies, pas au prix de son âme, surtout pas sans Rikke. Pourtant Matthias lui, il avait accepté - son allure, les dorures, tout ça ne mentait pas. Mais ça ne l'étonnait pas. « Nous, on voulait seulement la retrouver, notre vie. Soufflait-elle, en s'installant face à lui. C'est pour ça qu'on est revenu ici, parce qu'on pensait pouvoir la retrouver. » Devant elle, il avait déposé une tasse de café. Et elle brûlait presque ses doigts, qui étaient venus s'enrouler tout autour. « Du moins c'est ce que j'espérais, parce que Rikke lui s'en fichait. Dès notre premier jour à New-York, son regard avait changé tu sais. Je pense qu'il savait qu'il n'allait pas revenir, alors il s'était préparé à mourir et il n'a jamais su faire marche arrière, ou il n'en a pas eu l'envie. » Elle baissait les yeux, une seconde. Une trop longue seconde. « Ce qu'on a vécu là-bas, elle marquait encore une pause, brève. enfin, ce que vous avez vécu, lui, toi et les autres, de toute façon ça a dû lui couper l'envie de survivre. Alors c'est ce que je pensais aussi, qu'il suffisait de quitter New-York pour s'échapper de ce cauchemar, mais ça n'a rien changé. » Matthias, il ne les avait pas oubliés. Elle non plus, n'oublierait jamais. Ni l'horreur de ces scènes, ni l'angoisse permanente, ni l'après, ni lui et la chaleur de l'étreinte qu'il lui avait jadis accordée. « Donc permet-moi de ne pas te comprendre, de ne pas comprendre, Elle le regardait siroter. Elle le regardait trop. Trop longtemps, trop intensément. pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu les aides à détruire d'autres vies, alors qu'ils ont massacré la tienne ? » Ses doigts, ils se serraient davantage contre cette tasse - à laquelle elle n'avait pas touché. Et rage et rancœur étaient fiers, ils ricanaient.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5576-ticking-time-bomb http://www.mercy-in-darkness.org/t5580-hell-should-be-easy-maggie En ligne

RUNNING TO STAND STILL

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 2150
↳ Points : 747
↳ Arrivé depuis le : 04/06/2017
↳ Age : 26
↳ Avatar : Garrett Hedlund
↳ Age du Personnage : 33 ans, Jesus style
↳ Métier : Attaché à la propagande gouvernementale. Ex-pompier de la ville.
↳ Opinion Politique : Ancien vainqueur des jeux établis dès 2012, durant la seconde campagne, Matthias s'est vu embrigader de force dans la propagande du gouvernement.
↳ Niveau de Compétences : Un briquet capable d'aspirer les flammes environnantes. Feu de cheminée ou petits brasiers, une fois le chargeur rempli, les flammes peuvent être réutilisées comme le gaz d'un briquet classique. A recharger uniquement de cette manière, sinon il ne fonctionnera pas. / Une fiole de potion permettant de faire croire à toutes les personnes dans la pièce qu'on possède une autre apparence (celle de son choix), en la buvant entièrement. Dure le temps d'un topic, à usage unique.
↳ Playlist : Who by fire - Leonard Cohen ║ It must be done - Pete Townshend/Nathan Barr ║ Nothing to remember - Neko Case ║ Higher - The Naked and the Famous ║ Howlin' for you - The Black Keys ║ Hearts on fire - Gavin James
↳ Citation : “It is superstition," he admitted. "But it might be true.”
↳ Multicomptes : Konstantin Timlat
↳ Couleur RP : tomato



les petits papiers
↳ Copyright: Katsia ♥ (ava) Rogers (sign) Casterlys (graph)
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: for every one jesus you get a million zombies (matthias)   Lun 30 Avr - 21:37

   FEATURING Margarethe & Matthias


Or, you could get in your car and drive away.
Because some roads you shouldn't go down.
Because maps used to say, "There be dragons here."
Now they don't. But that doesn't mean the dragons aren't there.

Fargo

La première chose qu’on apprend en foulant le sol de la Louisiane est ceci : les voies de la Nouvelle-Orléans sont impénétrables.

Il la regarde, le corps étriqué sous des vêtements de fortune, gracieuse dans sa douloureuse colère. Elle n’a pas envie d’être ici mais ce n’est pas le propos. Ça fait longtemps qu’elle a arrêté de faire ce dont elle avait envie suppose-t-il un peu de travers, l’arc des lèvres en un pli soucieux, attendant presque un verdict inexorable. « Nous, on voulait seulement la retrouver, notre vie. C'est pour ça qu'on est revenu ici, parce qu'on pensait pouvoir la retrouver. » Pas de bol, princesse. Il s’étire, passe sa main dans le cou pour en chasser la nausée croissante qui picote les cheveux fins sur la nuque. Elle veut quoi ? Il sait ce qu’elle veut en vérité, elle vient de le dire avec une simplicité effarante. « Du moins c'est ce que j'espérais, parce que Rikke lui s'en fichait. Dès notre premier jour à New-York, son regard avait changé tu sais. Je pense qu'il savait qu'il n'allait pas revenir, alors il s'était préparé à mourir et il n'a jamais su faire marche arrière, ou il n'en a pas eu l'envie. » Il y a un gouffre dans les quelques secondes de silence, le bruit de la salive mal avalée, des rêves perdus et des destins brouillés. « Ecoute… » Il s’arrête. Il n’y a pas grand-chose à dire, pas grand-chose à faire. Ils saignent et c’est comme ça. Rikke avait eu le désavantage d’être amoureux. Matthias entrouvre les lèvres pour le dire puis se ravise devant la fragilité fébrile et constante de la blonde face à lui. Il a toujours été un bon menteur. Broder la vérité avec des déviations mineures, en omettant l'information pertinente et accablante, en mélangeant l'information factuelle jusqu'à ce qu'elle réponde à son agenda. Il invente des conneries. Le monde en est pétri de toute manière. « La clé, c’est de croire en ses propres mensonges. Rikke… il n'avait plus envie de mentir, c’est tout. »  C'est un mensonge en soi et il hausse les épaules. Les cartes se brouillent, les vérités aussi. En vérité, la clé, c'était la confiance en soi, le port décontracté et la légèreté. T’avais ça, t’avais tout. Le monde pouvait tanguer, tu tenais plus ou moins bien sur le pont.

(L’autre clé, c'était de prendre soin de soi, mais seulement de soi-même.)

« Donc permet-moi de ne pas te comprendre, de ne pas comprendre, pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu les aides à détruire d'autres vies, alors qu'ils ont massacré la tienne ? » Il la fusille du regard, la colère affleurant enfin au bord des cils. « Qui t’as demandé de comprendre ? » L’air passe goulûment sur la langue en même temps que le café bon marché brûlant. « Je crois bien que c’est votre putain de problème à tous en fait. » Tous. Ceux qui n’avaient pas fait l’arène en tout cas. « Vous cherchez toujours à comprendre ci et ça. Y’a pas à comprendre. On survit. Puis on survit plus. Je vois pas ce qu’il y a à faire comme roman. » La main glisse dans les cheveux comme pour le débarrasser de sa nervosité. Il n’était jamais nerveux. Normalement, le rire coulait tranquille, les manières sociables, les paroles velours et miel. C’était facile tout ça. Ça ne changeait pas le sang séché sur les mains ou entre les côtes – invisibles aux yeux mais toujours là. Ça ne changeait rien mais ce n’était pas la question. « Tu veux quoi ? Rejoindre la Résistance ? J’en ai vu deux trois dans les couloirs du nouveau gouvernement. Ça va, ils ont de bons tickets de rationnement. Ou peut-être que tu envisages de ramener les morts ? Y’a deux trois maisons de vaudous dans le secteur mais vu les trucs chelous qui se passent dans cette ville permets moi de te dire que c’est une mauvaise idée. » Il repose sa tasse sur le meuble neuf – courtoisie de l’état et de sa nouvelle générosité à son égard – avant de se tourner vers Margarethe aux milles émotions. « Ce que je veux dire... c'est t’enferme pas dans son souvenir… » Il se mord la lèvre un bref instant, déglutit péniblement. « Après tu fais ce que tu veux, Meg. Mais on n’est pas allé dans cette arène pour que les gens du dehors se tuent ou se laisse bouffer par le désespoir. Ça fait cliché mais Rikke aurait quand même préféré te voir heureuse avec cinq ou six mioches autour du cou…enfin p’tet pas les mioches parce que faut être timbré pour faire des gosses dans ce nouveau monde. » Il saisit subitement pourquoi il se sent mal à l’aise tout à coup, c’est là dans la ligne trop fine de sa mâchoire et le bleu délavé de ses yeux : Maggie souffre et la réalisation l’a pris à la gorge en la voyant, lame écorchée en plein milieu d’un jardin crépusculaire. « Merde. » Souffle-t-il pour lui-même, ennuyé au possible.

Il ne s’en veut pas pourtant.

Ce n'est pas tout à fait la vérité. Mais il ne sait pas comment exprimer en mots ce qu'il ressent et ce qu'il ne ressent pas. La voir c’est revivre tout un pan de sa vie qu’il a enterré soigneusement sous la neige new-yorkaise et dont il ne reparle que le sourire et l’ironie aux lèvres. C'est comme trébucher sur une marche absente, comme quand on va chez le dentiste pour se faire remplir une cavité, qu'il fiche de la novocaïne dans la bouche et quand ça commence à s'user, la sensation terrible de sentir et de ne pas sentir sa propre chair. Les picotements se frayent un chemin le long du menton et l’on sent quelque chose, mais on ne peut pas relier les points que ce sont ses muscles et sa peau, pas complètement.
C'est l’effet qu’elle lui fait en ce moment : une bouche engourdie essayant d'apprendre à mordre et à goûter à nouveau.

« Si t’as besoin d’un truc… » Putain, non. Il n’avait pas été là quand il le fallait, il n’allait pas avancer qu’il le serait maintenant quand même ? Il détourne le regard, l’œil irrité.





_________________
Such wow. Much propaganda.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4853-matthias-peterse http://www.mercy-in-darkness.org/t5433-matthias-petersen-the-blank-book#222751

SUCKER FOR PAIN

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 994
↳ Points : 944
↳ Arrivé depuis le : 25/01/2018
↳ Age : 24
↳ Avatar : elizabeth olsen
↳ Age du Personnage : vingt-cinq ans.
↳ Métier : trafiquante d'armes, croupière au bones. pieds et poings liés à nemesis.
↳ Opinion Politique : elle les méprise et maudit cette tyrannie qui ronge ce qu'il reste de monde. mais trop lâche, elle se contente de pester de loin, dans l'ombre.
↳ Niveau de Compétences : niveau un.
↳ Playlist : alicia keys, caged bird. tracy chapman, unsung psalm. eminem, deja vu. sia, breathe me. lana del rey, carmen.
↳ Citation : choices are sacrifices.
↳ Multicomptes : néant
↳ Couleur RP : tan



les petits papiers
↳ Copyright: timeless.
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: for every one jesus you get a million zombies (matthias)   Jeu 3 Mai - 16:23

Son discours était criant de vérité, mais elle ne voulait ni l'entendre ni l'avouer. Parce que ça ferait trop mal d'acquiescer. Parce que ça foutrait un coup de poing en plein dans la gueule de sa fierté si elle admettait qu'il avait pris le bon chemin. Après tout, à quoi ça servait de frôler les bas-fonds ? A quoi ça servait de traîner sa peine, de pleurer chaque jour et chaque nuit. Ce n'était que s'enfoncer toujours plus dans sa merde. Ce n'était que se flageller, que d'accepter son triste sort et de ne même pas envisager l'idée de changer.

Changer ouais, pas oublier, seulement passer à autre chose. Parce qu'elle serait incapable d'oublier la môme, même si ça devenait la chose qu'elle désirait le plus au monde. Mais prendre une autre trajectoire, se décaler juste un peu du chemin, qu'est-ce que ça lui coûterait au fond, hein ? Son honneur peut-être, ou sa dignité ? C'est ce qu'ils pourraient répondre les autres, mais elle. Elle, cette pauvre gosse complètement déphasée, ça faisait bien longtemps qu'elle l'avait perdu son putain de panache, en même temps que son amour-propre d'ailleurs. Nan la môme, elle était seulement trop fière pour passer à autre chose. Elle voulait morfler. Elle voulait saigner, encore et encore. Tout ça parce qu'elle avait la douloureuse impression que si elle lâchait son fardeau, c'est la mémoire de son homme qui partirait en lambeau. Sombre idiote.

Matthias n'avait pas tord, il voudrait la voir heureuse, Rikke, mais elle en était incapable. Alors elle se laissait aller, parce que c'était plus facile. Ouais, c'était plus facile de se laisser glisser que de se hisser. Comme c'était plus facile de se plaindre, de suivre le mouvement de cette foule qui ne cessait de se lamenter. Les bien portants et heureux étaient mal vus de nos jours, et elle ne voulait pas faire partie de ces gens. Égocentrique, narcissique. Il était plus évident de se balader en souillon des cicatrices plein la gueule. Parce qu'ils étaient montrés du doigt les beaux, parce qu'on les haïssait. Non, elle ne voulait pas faire partie de ces gens. Elle ne voulait pas, surtout pas. C'est ce qu'elle se répétait la môme, mais même elle n'y croyait pas. « Et comment tu veux que j'arrête de m'enfermer dans son souvenir quand des gens comme toi me le rappellent tous les jours ? Parce que c'est ce que tu fais en t'alliant ouvertement à eux, tu prônes leurs conneries, ces mêmes conneries qui font que tu t'es retrouvé dans l'arène à l'époque. Elle tentait tant bien que mal de maintenir au fond de sa gorge les putains de sanglots qui voulaient s'échapper, alors sa voix n'était pas agressive. Nan, elle était plus désespérée qu'autre chose. Alors j'espère que tu profites de ta survie ouais, profites-en à fond même, parce que le jour où ça va déconner tu seras le premier à morfler. » Déjà damnée la môme, et pourtant elle ressemblait à ces condamnés qui suppliaient pour leur vie. « Ces tarés de la résistance dont tu parles, au moins eux ont tout un putain de groupuscule derrière leurs miches pour les sortir de là le jour où ça va merder. » Elle percevait son angoisse à Matthias, elle reconnaissait ces tics pour en être bourrée elle aussi. Mais elle ne la prenait pas en considération, trop occupée par la bataille qui se déroulait en elle, entre tristesse et haine.

Pourtant incapable de savoir contre qui elle se battait. Pas lui, sûrement. Mais il était là en face d'elle et il crachait sa haine, alors elle tentait de défendre sa cause, une cause, n'importe laquelle. « Toi t'as qui, hein ? Les autres enfoirés qui ont aussi retourné leur veste ? Les doigts toujours vissés sur sa tasse, ils tremblaient légèrement. Alors le liquide la trahissait. Des vagues à peine perceptibles, au moment où elle arrivait à contrôler ses traits pour qu'ils redeviennent de marbre. Dommage. A part ça t'es seul, t'es complètement seul, parce qu'ils en ont rien à foutre de ta gueule, t'es pas plus important maintenant que le jour où t'es rentré dans l'arène. » Personne ne comptait de toute façon. Ni lui, et moins encore elle, cette pauvre veuve qu'ils avaient oublié au moment-même ou leur champion avait trépassé.

_________________
ça va mal. mais quand ce sera pire, on regrettera le temps où ça n’allait pas bien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5576-ticking-time-bomb http://www.mercy-in-darkness.org/t5580-hell-should-be-easy-maggie En ligne

RUNNING TO STAND STILL

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 2150
↳ Points : 747
↳ Arrivé depuis le : 04/06/2017
↳ Age : 26
↳ Avatar : Garrett Hedlund
↳ Age du Personnage : 33 ans, Jesus style
↳ Métier : Attaché à la propagande gouvernementale. Ex-pompier de la ville.
↳ Opinion Politique : Ancien vainqueur des jeux établis dès 2012, durant la seconde campagne, Matthias s'est vu embrigader de force dans la propagande du gouvernement.
↳ Niveau de Compétences : Un briquet capable d'aspirer les flammes environnantes. Feu de cheminée ou petits brasiers, une fois le chargeur rempli, les flammes peuvent être réutilisées comme le gaz d'un briquet classique. A recharger uniquement de cette manière, sinon il ne fonctionnera pas. / Une fiole de potion permettant de faire croire à toutes les personnes dans la pièce qu'on possède une autre apparence (celle de son choix), en la buvant entièrement. Dure le temps d'un topic, à usage unique.
↳ Playlist : Who by fire - Leonard Cohen ║ It must be done - Pete Townshend/Nathan Barr ║ Nothing to remember - Neko Case ║ Higher - The Naked and the Famous ║ Howlin' for you - The Black Keys ║ Hearts on fire - Gavin James
↳ Citation : “It is superstition," he admitted. "But it might be true.”
↳ Multicomptes : Konstantin Timlat
↳ Couleur RP : tomato



les petits papiers
↳ Copyright: Katsia ♥ (ava) Rogers (sign) Casterlys (graph)
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: for every one jesus you get a million zombies (matthias)   Mar 8 Mai - 7:41

   FEATURING Margarethe & Matthias
Une Révolution c’est ça : tourner en rond et se tourner autour les uns des autres, l’ellipse violente dans son arc, le rouge vibrant sous ses pas.

Margarethe tourne trop, l’esprit vagabond, le chemin perdu on ne savait trop où. Trop de rouge et de blanc. Sa peau sent la boucherie et Matthias fronce son nez, la laisse déverser ses mots en forme de petits poignards. Il a déjà flairé cette odeur sur d’autres auparavant, la proximité lui vrillant les sens, l’intimité devenu fardeau transparent, mais à côté d'elle, humide de sueur et rassasié de ces moments aussi temporaires que douloureux, Matthias cède au parfum capiteux, la patience glissant hors de ses veines. Il s’éloigne dans un mouvement brusque, fait les cent pas devant elle. Les muscles se déroule, la chaleur de la Nouvelle Orléans lui devient lourde sur l’épiderme et la nuque qu’il masse dans un mouvement rapide.

C’est la même odeur qui circule dans la ville, le même parfum fébrile qu’il trouvera dans les missives d’Hide plus tard. La ville pue. Du sang, de la chair. De la viande. C'est ce à quoi la liberté ressemble, des baïonnettes tranchantes sur des poitrines déchiquetées. La ville en est saturée, de ce fumet putride et d’autre chose de plus obscur encore, magie et terreur mêlée, la fragrance surnaturelle encore inconnu pour la plupart d’entre eux.

« Alors j'espère que tu profites de ta survie ouais, profites-en à fond même, parce que le jour où ça va déconner tu seras le premier à morfler. » L’œil cille tandis qu’il se rapproche d’elle. Il place ses deux mains aux rebords moelleux du sofa, la toise sous l’exhalaison d’une respiration emportée. « C’est une menace ? » Elle lui dira non mais il sent bien que s’en est une quelque part. C'est même pire en soi, c'est un souhait. Elle les veut tous morts sans le désirer pour autant, la valse des vengeances dédaigneuses sur sa langue. Elle veut des choses qui ne pourront jamais être et plus vite elle s’en rendra compte, mieux ce sera. « Ces tarés de la résistance dont tu parles, au moins eux ont tout un putain de groupuscule derrière leurs miches pour les sortir de là le jour où ça va merder. » Il observe - plein de défiance - la clarté du regard et la bouche qui déverse sa haine en gerbe sèche. « Super. Tu m’enverras un fax quand ça se passera. » Il s’éloigne à nouveau, rend évident qu’il n’y croit pas une seule seconde. Elle a raison sans doute mais il sait qui tient les matraques en attendant, qui occupe les bureaux et qui peut t’envoyer à l’arène. En vérité, il n’est pas certain que la Résistance agirait autrement si jamais au pouvoir mais il le tait en considérant la silhouette assise devant lui. Elle semble y croire et peut-être est-ce là sa seule et unique porte de sortie. Croire c’était la moitié du chemin. « Résistante alors ? »  Elle le coupe, n’a pas fini de délier sa violence sur sa langue rose. « « Toi t'as qui, hein ? Les autres enfoirés qui ont aussi retourné leur veste ? » Il hausse les épaules. Il est orphelin maintenant – probablement en tout cas, l’ignorance comme un revers de scalpel sur un cœur en chirurgie. Il est entouré par tant de gens, le sourire aisé parmi eux, les plaisanteries colorées dans leurs nuages pastel. Seul malgré tout ? Evidemment. Il se raisonne pourtant, de rares visages en technicolor dans son esprit, fugitifs eux aussi. Qui sait qui restera quand le destin tournera sa roue grinçante ?

Il a une moue, vient se laisser tomber à nouveau sur le canapé d’en face avant de froncer les sourcils. « J’ai de la chance. Et les Dieux avec moi. » La superstition affleure sur son visage, des années de regard tourné vers un Ciel plus tendre que ceux habitant sous sa protection. « Quand Ils ne voudront plus me protéger, je le saurais. Je cherche pas des copains au sein du gouvernement tu sais, c’est pas www.faittoidespotes.com hein, le monde n’est pas divisé en deux. Va falloir que tu l’acceptes... » La lutte ne mène nulle part et il soupire lourdement, les joues se gonflant d’espoirs brisés.

Il la juge trop faible.

Il se trompe.

« C’est pas à moi que tu dois dire qu’on est seul, Maggie. » Il a un petit sourire plein d’agrumes. « J’ai été dans l’arène sans aide pendant que vous regardiez tous vos petits écrans. » Il a un mouvement incertain, la tête qui dodeline sous la courbe de ce que cela a toujours voulu dire. Il n’en veut à personne : il le fallait, on le lui a bien assez répété. Chaque vainqueur avait choisi des voix différentes, des chemins tortueux qui menaient aux mêmes endroits. Certains comme Grayson s’était mis au service d’obscures entités malicieuses, d’autres comme Rikke s’était laissé absorbé par le néant et lui… il laissait les lignes de la main déambuler sous ses chaussures, le froid âpre de la neige new-yorkaise en musique de nuit. « T’emmerdes le monde avec tout ça. » Reprend-il plus durement. « C’est du passé. Plus personne n’a envie d’en causer. Plus aucun d’entre nous en tout cas. » Ça ne se voyait pas un ancien vainqueur faisant une psychothérapie. Ça n’existait plus les confessionnaux bon marché.

La Rédemption, elle s’était faite fumée sous les vestiges d’incendies accidentels.

« Tu veux pas… je sais pas… tu veux pas vivre ? Manger c’est compliqué en ce moment, ok, » Il plaisante avec des choses graves, le ton redevenu léger comme un énième pied-de-nez aux évènements. « mais y’a tout le reste. Je sais pas moi, va te baigner dans le lac, rit devant les caïmans et fait toi baiser au bord des ruines du quartier est. C’est super romantique. » Il inspire, pose sa nuque sur l’arrondi du siège, fixe un plafond qui n’a plus de couleur. « Quand je suis sorti de l’arène, encore crade et tout, y’a un des producteurs qui m’a frappé l’épaule. » La bouche se fait envahir par l’acide, la mémoire si lointaine qu’il n’est plus certains des images qui y défilent. « Il m’a demandé si j’étais prêt pour tout ce à qu'y risquait d'arriver quand je reviendrais à la vie. » Le rire s’éponge, faible. « Comme si j’avais été dans l’Hadès. En soi y’a pire, je te raconterais la forêt un jour. Je sais plus ce que j’ai répondu en tout cas. J’en avais pas la moindre idée je crois. J’ai surement dû dire que je ferais au mieux. » Il la regarde maintenant, à travers l’écueil des cils blond. « C’est ce qu’on fait tous, non ? Au mieux. »

Et puis merde. Qu’ils aillent se faire foutre.

Qu’ils aillent tous se faire foutre.




_________________
Such wow. Much propaganda.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4853-matthias-peterse http://www.mercy-in-darkness.org/t5433-matthias-petersen-the-blank-book#222751

SUCKER FOR PAIN

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 994
↳ Points : 944
↳ Arrivé depuis le : 25/01/2018
↳ Age : 24
↳ Avatar : elizabeth olsen
↳ Age du Personnage : vingt-cinq ans.
↳ Métier : trafiquante d'armes, croupière au bones. pieds et poings liés à nemesis.
↳ Opinion Politique : elle les méprise et maudit cette tyrannie qui ronge ce qu'il reste de monde. mais trop lâche, elle se contente de pester de loin, dans l'ombre.
↳ Niveau de Compétences : niveau un.
↳ Playlist : alicia keys, caged bird. tracy chapman, unsung psalm. eminem, deja vu. sia, breathe me. lana del rey, carmen.
↳ Citation : choices are sacrifices.
↳ Multicomptes : néant
↳ Couleur RP : tan



les petits papiers
↳ Copyright: timeless.
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: for every one jesus you get a million zombies (matthias)   Jeu 10 Mai - 16:53

Une menace, qu'il pensait. Et pourtant rien de ce genre ne sortait des lèvres de la môme. Tout ce discours, toutes ces phrases teintées par la haine qui enlaçait son palpitant, ce n'était que le reflet d'une réalité tellement sombre - la leur. « T'es complètement en dehors des réalités Petersen, comment tu peux me dire que tout ça n'est que du passé ? Et avec le sourire en prime, ce rictus qu'elle se gardait bien de lui rendre. Elle avait uniquement des prunelles emplies de rancunes à proposer Maggie, et ce regard accusateur. T'as tord, et attend... Elle levait une main assurée vers lui, parce qu'elle imaginait déjà les lèvres de l'autre s'entrouvrir pour la couper, elle l'entendait penser et pester d'ici. Je sais que ça ne me regarde pas, que t'as pas envie ou besoin d'être compris ceci cela, mais putain c'est grave ce que tu dis, t'es grave. » Ce pas léger qu'il avait, cette allure nonchalante, ça la décontenançait la môme. Et cette facilité avec laquelle il maniait les mots, avec laquelle il passait d'une intonation revêche à cette succession de phrases frivoles. Lunaire, ou très bon comédien, dans son esprit le doute planait encore, alors elle se confrontait tantôt à l'un ou l'autre, et cette fois aux deux sûrement. « Rire, baiser, picoler, je le fais déjà tu sais, j'suis pas aussi désespérée que t'as l'air de le penser, c'est juste que je survie plus que je vie depuis quelques années ouais, mais parce que je ne peux pas faire autrement, parce que je n'ai pas envie de me voiler la face moi. Un débit de mots, un débit d'accusations, la voix toujours criante de reproches et toujours ces ressentiments qui se battaient à l'intérieur, sans aucun vainqueur. Honnêtement j'en ai rien à foutre de ce qu'il peut t'arriver, chacun sa merde, mais tout le monde le sait qu'il va se passer quelque chose, que ça va être encore plus la merde que ça ne l'est déjà, c'est inévitable. Elle le suivait du regard, mais savait ses prunelles enchanteresses. Alors elle le regardait sans le voir. Et toi t'es là avachi dans ton canapé à me dire d'aller siroter des cocktails en terrasse, tu prends vraiment tout à la légère, c'est dingue. Et tu prends vraiment les gens pour des cons surtout. Surtout elle, cette pauvre petite chose fragile qu'il devait voir. Il se trompait. Mais elle aussi. Parce que tu dois le savoir que ta cage dorée là n'est pas éternelle, que ça va autant se gâter pour toi que pour les autres, alors t'as pas envie, même un minimum, d'assurer tes arrières ? » Alors, bête ou calculateur, qu'est-ce qu'il était, Matthias ?

Elle n'avait pas bougé de son siège, et pourtant c'était elle la plus excessive. Dans ses mots, aussi dans son attitude, dans ses pensées et gestes. Mais elle se savait éprise d'une certaine folie. Ni saine, ni malsaine. Elle était là et c'était ainsi. Elle l'avait conduite ici. « Après peut-être que tu le fais déjà, que tu fais juste semblant d'être naïf. Mais elle ne serait pas navrée pour autant, car s'il voulait mourir cet homme, si cela ne le dérangeait guère et bien, il pouvait le faire ici-même, rependre son sang sur les nobles tissus qui l'entouraient. Pourquoi dans sa chute en entraîner d'autres, pourquoi le faire à leurs dépens ? Enfin je m'en fou, c'est ta vie, mais j'espère pour toi que t'es pas vraiment complètement con quoi. » La bêtise, ce bel exutoire dont seuls les sages pouvaient se servir. Faisait-il partie de ceux-là finalement ? ou était-ce elle, la fourbe, la rusée, qui sans scrupules se servait de lui.

_________________
ça va mal. mais quand ce sera pire, on regrettera le temps où ça n’allait pas bien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5576-ticking-time-bomb http://www.mercy-in-darkness.org/t5580-hell-should-be-easy-maggie En ligne

RUNNING TO STAND STILL

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 2150
↳ Points : 747
↳ Arrivé depuis le : 04/06/2017
↳ Age : 26
↳ Avatar : Garrett Hedlund
↳ Age du Personnage : 33 ans, Jesus style
↳ Métier : Attaché à la propagande gouvernementale. Ex-pompier de la ville.
↳ Opinion Politique : Ancien vainqueur des jeux établis dès 2012, durant la seconde campagne, Matthias s'est vu embrigader de force dans la propagande du gouvernement.
↳ Niveau de Compétences : Un briquet capable d'aspirer les flammes environnantes. Feu de cheminée ou petits brasiers, une fois le chargeur rempli, les flammes peuvent être réutilisées comme le gaz d'un briquet classique. A recharger uniquement de cette manière, sinon il ne fonctionnera pas. / Une fiole de potion permettant de faire croire à toutes les personnes dans la pièce qu'on possède une autre apparence (celle de son choix), en la buvant entièrement. Dure le temps d'un topic, à usage unique.
↳ Playlist : Who by fire - Leonard Cohen ║ It must be done - Pete Townshend/Nathan Barr ║ Nothing to remember - Neko Case ║ Higher - The Naked and the Famous ║ Howlin' for you - The Black Keys ║ Hearts on fire - Gavin James
↳ Citation : “It is superstition," he admitted. "But it might be true.”
↳ Multicomptes : Konstantin Timlat
↳ Couleur RP : tomato



les petits papiers
↳ Copyright: Katsia ♥ (ava) Rogers (sign) Casterlys (graph)
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: for every one jesus you get a million zombies (matthias)   Mer 23 Mai - 12:59

   FEATURING Margarethe & Matthias

Elle le tuait.

(La tension aussi mais il repoussait cette réalité d’un claquement de doigt fictif, le désir de garder tout ce qui l’entourait d’une légèreté brumeuse envers et contre tout. )

Il n’y avait pas idée de débarquer en plein milieu d’un parc, venir poser ses fesses dans son salon pour lui dire – avec la meilleure bonne foi du monde – que le gringo qu’il était filait droit dans le mur.

Pendant un bref instant, Matthias cligna des yeux sans la comprendre. « T’es quand même un sacré cas, Maggie. » C’était quoi cette histoire comme quoi il allait se passer des trucs ? La mauvaise humeur et le grognement boudeur fut rapidement remplacé par une curiosité mordante et il se redressa légèrement sur le canapé pour mieux lui faire face. « Attends Nostradamus, t’as vu un truc dans les étoiles ? Déconne pas avec ça. J’ai une pote elle est… » Il n’allait pas balancer qu’il connaissait une sorcière tout de même. « … enfin elle est rousse. Je pense que ça veut tout dire tu vois. » Ça aurait pu être drôle si Matthias n’était pas aussi superstitieux. Le froncement de sourcils alarmés indiquait un tant soi peut qu’il prenait tout à coup sérieusement ce qu’il aurait taxé d’élucubrations il y a encore peu dans la bouche de la blonde.

Il y avait de quoi admirer la teigne qu’était devenu l’ado trop amoureuse qu’il avait croisé à New York. Comme quoi l’adage qui voulait que ce soit dans l’adversité que l’on se révélait n’était pas si bête que ça. « Parce que tu dois le savoir que ta cage dorée là n'est pas éternelle, que ça va autant se gâter pour toi que pour les autres, alors t'as pas envie, même un minimum, d'assurer tes arrières ? » Cette fois-ci, ce fut lui qui la fixa comme si une troisième tête lui était poussé sur les côtés. « Ben… non. » Il eut presque envie de lui décocher un sourire mais la menace d’une gifle n’était pas loin et il savait aisément les repérer à milles kilomètres tant il était accoutumé du fait dés qu’il avait une demoiselle dans son périmètre. « Ecoute, je veux pas te faire un spoilers mais… c’est pas comme si on allait vivre assez longtemps pour toucher une pension retraite et prendre des vacances à Central Park. Ça n’existe plus tout ça et je sais pas si t'as remarqué mais on croise plus trop masse de vieux là. » La famine ferait le reste par ailleurs et la population s’amenuisait à vue d’œil dorénavant. « Pourquoi tu veux absolument t’emmerder ? » Il tilta son visage, passa une main embarrassée sur l’arc de sa mâchoire. « T’es quand même pas commode. C’est de naissance ? J’imagine tellement le bébé qui jette les cuillères parce que les navets font semblant d’être des patates et que ce n’est pas tolérable. » Matthias haussa les épaules. Il n’y pouvait rien s’il embrassait le danger vers lequel il courrait allègrement et sans un seul battement de cœur irrégulier. Le ressentiment, c’était du temps perdu pour l’instant. Un luxe au même titre que d’autres sentiments qui n’avaient plus vraiment lieu d’être ici et maintenant. Il avait des comptes à régler certes, mais il le ferait en temps et en heure. Elle n’avait pas faux cela dit sur tous les points mais Matthias n’avait jamais vécu dans le regard des autres et il ne commencerait pas aujourd’hui. « Et toi tu fais semblant d’être dégoûtée du monde ? » Ou est-ce qu’elle regrettait tout ça ? « Je sais pas ce que tu picoles, je sais pas qui tu baises et j’ai pas la moindre idée de qui te fait rire mais y’a un truc qui cloche dans l’équation. » C’était sur et certain. Peut-être qu’il était chanceux – il aimait vraiment le croire en tout cas – il avait toujours eu plus de plaisir que de besoin, l’éducation entière tourné vers les méandres beatniks de ses parents.

Il fronça le nez.

« Franchement, je crois que c’est surtout ça le problème en fin de compte… » Fit-il d'un ton boudeur, l’idée mirobolante glissant lentement en étincelle incandescente dans l’azur du regard.

Mais oui mais c’était bien sûr !

« T’en fais plus Maggie. Je vais t’aider. Tu vas voir. » Ce serait sa façon de faire table rase de toute ses années de silence et d’oubli momentanée. Il allait faire en sorte qu’elle arrête d’avoir l’air si en colère contre le monde entier. « J’ai des copains qui ont de l’humour en plus. » Ah ! D’une pierre deux coups !

La nouvelle Apocalypse pouvait attendre, Matthias avait mieux pour Maggie.




_________________
Such wow. Much propaganda.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t4853-matthias-peterse http://www.mercy-in-darkness.org/t5433-matthias-petersen-the-blank-book#222751

SUCKER FOR PAIN

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 994
↳ Points : 944
↳ Arrivé depuis le : 25/01/2018
↳ Age : 24
↳ Avatar : elizabeth olsen
↳ Age du Personnage : vingt-cinq ans.
↳ Métier : trafiquante d'armes, croupière au bones. pieds et poings liés à nemesis.
↳ Opinion Politique : elle les méprise et maudit cette tyrannie qui ronge ce qu'il reste de monde. mais trop lâche, elle se contente de pester de loin, dans l'ombre.
↳ Niveau de Compétences : niveau un.
↳ Playlist : alicia keys, caged bird. tracy chapman, unsung psalm. eminem, deja vu. sia, breathe me. lana del rey, carmen.
↳ Citation : choices are sacrifices.
↳ Multicomptes : néant
↳ Couleur RP : tan



les petits papiers
↳ Copyright: timeless.
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: for every one jesus you get a million zombies (matthias)   Mar 29 Mai - 11:53

Cette nonchalance faisait rouler ses prunelles. Teintée d'un humour qu'elle ne savait décrire, il n'était ni noir, ni bon. Alors pour la môme, les répliques de l'autre n'étaient qu'imbéciles, et sûrement derrière se cachait une montagne de craintes ou de frustrations. Personne à cette heure ne pouvait se montrer si serein sans que cela ne soit qu'une façade derrière laquelle se recroquevillaient tous les tourments. Personne. Et surtout pas lui, ce pacha qui se laissait vivre dans son putain de château que lui offrait un gouvernement dont il était cette chienne si savamment dressée. « Fais semblant de ne pas comprendre ouais, c'est bien. » Si certains comme lui se muraient dans leurs chimères, elle n'en faisait pas partie. Et elle ne courberait pas l'échine, parce qu'elle n'en avait que faire de toutes ces réprimandes et qu'il devait accueillir les siennes de la même manière.

Discours de sourds. Là se tenaient deux âmes bien différentes qui ne se comprenaient pas et ne voulaient surtout pas s'entendre. Des rocs que les pics ne savaient ébranler. Des fiers aux esgourdes bouchées. Et si la situation n'était pas franchement délétère, elle ne valait pas la peine d'être réglée. « J'ai bien voulu te suivre jusqu'ici parce que j'avais besoin de réponses, ni plus, ni moins. Et maintenant que je les ai, je vais te laisser. » Parce qu'ils n'avaient plus rien à se dire, parce que la môme commençait à ne plus rien ressentir. Peut-être une vague irritation tout au plus, mais plus cette haine qui la rongeait chaque fois que dans ses pensées le prénom de l'autre s'imposait. Vide de toute émotion. Dénuée même de ce soulagement qu'auraient dû lui apporter ces réponses qu'elle avait su trouver en lisant entre les lignes. Parce qu'elle les avait déjà sûrement. Parce que tout ce qu'elle s'était imaginée depuis la dernière fois qu'elle l'avait serré dans ses bras s'avérait réel. Il n'était qu'un minable. Il n'était qu'un lâche. Et celui qui lui faisait face n'était pas cet homme qu'elle avait pensé connaître lorsqu'il était venu les visiter jadis. En fait il s'avérait n'être rien de plus que le connard qu'elle s'était dépeint ensuite, et elle n'avait aucunement besoin de ce genre d'individu dans sa vie. « Je me répète, mais j'en ai vraiment rien à carrer de ta vie Matthias. C'est seulement ma conscience qui refuse de ne pas au moins essayer de tendre la main, mais si tu n'en veux pas, elle marquait une brève pause, le temps de remonter un brin la fermeture de sa veste. Et ses mains gagnaient ses poches, se fermaient sur briquet et paquet de cigarette. bref, j'suis pas du genre à tendre l'autre joue. » Il pouvait aller se faire foutre, avec ses blagues douteuses et ses mots qui ne sortaient qu'à demi des lèvres. Si la môme voulait perdre son temps, elle le ferait en se déconnectant de cette réalité de merde à coup de cachets dans la gorge. Pas en écoutant ce sbire du gouvernement qui demeurait bien trop bas sur l'échelle pour avoir une quelconque emprise sur elle. « Merci pour le café. » Qu'elle balançait en gagnant l'entrée, en accrochant une dernière fois les iris de l'autre. Et toute la rancoeur accumulée ces dernières années s'en allait lorsqu'elle lui tournait enfin le dos. Alors le bruit de la porte qui claquait derrière elle sonnait comme un adieu. Et c'était pour le mieux.

_________________
ça va mal. mais quand ce sera pire, on regrettera le temps où ça n’allait pas bien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5576-ticking-time-bomb http://www.mercy-in-darkness.org/t5580-hell-should-be-easy-maggie En ligne

Contenu sponsorisé








MessageSujet: Re: for every one jesus you get a million zombies (matthias)   

Revenir en haut Aller en bas
 

for every one jesus you get a million zombies (matthias)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» BARAK OBAMA : NI JESUS-CHRIST, NI FIDEL CASTRO
» [A faire] Pastorale de Jesus-2
» Jesus Navas (Photoshop CS3)
» Jesus take the wheel
» [Haute trahison] Jesus (22/09/1459) [coupable peine de mort]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MERCY IN DARKNESS .} :: The Fifth Chapter :: Memories-