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 Running away was easy | feat. Esperanza

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ANIMAL I HAVE BECOME

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MessageSujet: Running away was easy | feat. Esperanza   Dim 25 Fév - 0:29


« running away was easy;
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William & Esperanza
featuring

Port-Royal, Jamaïque, Nuit du 5 Février 1687

Lorsque la jeune femme l'avait enfin reconnu au détour d'une ruelle, après leur cavale infernale dans les rues de Port-Royal, William avait simplement posé un doigt sur ses lèvres, pour lui sommer de rester silencieuse. Il répondrait à toutes ses questions plus tard, s'ils voyaient le jour prochain. Pour le moment, les deux fugitifs devaient quitter les terres caribéennes le plus vite possible. Dans la forteresse anglaise, l'alerte était déjà donnée. Les officiers avaient été sortis de leur lit pour fouiller la ville de fond en comble sur ordre de l'Amiral Anderson. Durant plus d'une heure, William avait traîné Esperanza dans les rues escarpées et galeries souterraines, avant de les faire s'enfoncer dans la jungle épaisse de l'île, le cœur battant comme un diable et les sens aux aguets. Là, cachés parmi les feuillages et le manteau de la nuit, ils avaient marché longtemps avant de déboucher sur une crique aménagée au bord de laquelle était amarrée une goélette. Elle appartenait à un marchant hollandais avec qui William avait eu l'habitude de faire affaire par le passé, lorsqu'il naviguait encore sous le pavillon de la Compagnie-des-Indes. L'homme était âgé, de confiance et surtout infiniment cupide. Le Commodore lui avait offert une somme considérable en échange d'une place sur son navire et de son silence absolu. Pour s'assurer qu'il tiendrait parole, William l'avait également menacé de révéler son trafic d’œuvre d'art antique, pour lequel il avait été inquiété autrefois. Le prix à payer était lourd pour une telle folie. Durant toute la journée, le Commodore n'avait cessé de se demander s'il n'avait pas perdu l'esprit, mais à chaque fois qu'il avait voulu faire un pas en arrière, l'image d'Esperanza pendue au bout d'une corde l'avait forcé à avancer.

Il avait aidé la jeune femme à monter à bord du navire, la soutenant autant que possible tellement son corps était devenu faible. Dans la noirceur de la nuit d'encre, la goélette avait pris le large en direction des Amériques. William comptait y déposer la pirate, avant de reprendre lui-même le large pour une destination qu'il ignorait encore. Revenir à Port-Royal ou même en Angleterre lui seraient impossible. Le Commodore avait quitté ses quartiers en pleine nuit, après avoir passé la journée à l'extérieur pour arranger la fuite d'Esperanza. Si peu de gens pouvaient l'avoir vu, beaucoup feraient le rapprochement. Depuis que minuit avait sonné, William Addington était devenu un traître à la Couronne. Poser un pied en terre anglaise lui assurerait la pendaison. L'esprit du Commodore était encore trop chamboulé et son corps trop dopé à l'adrénaline pour qu'il puisse prendre pleinement conscience de ses actes. Il avait aidé des criminels à s'enfuir, lui le lieutenant de la marine britannique. Il avait abandonné ses hommes, renié sa profession pour sauver une pirate des griffes de la mort. Fou, il était bel et bien devenu fou. Amoureux fou. Tandis que le bateau naviguait tranquillement sur les eaux tropicales, William ressentit un profond soulagement en voyant la forteresse de Port-Royal disparaître à l'horizon. En mer, le danger ne semblait ne plus exister pour lui. A présent, seul l'inconnu lui faisait peur.

Il avait laissé la jeune femme dans l'une des cales du navire, où il avait fait installer une banquette pour qu'elle puisse se reposer. Elle n'avait pas dormi dans un lit depuis près de deux mois, par sa faute. William s'en voulait terriblement. La vue de son corps décharné lui tirait une grimace et pourtant, Dieu savait qu'il ne pouvait s’empêcher de l'admirer. Malgré la faiblesse de son corps, elle conservait ce charme désarmant auquel William avait tenté de résister pendant si longtemps. Elle était si vive, si intelligente, si fière, que rien ne l'empêchait de briller d'une aura fabuleuse, pas même la malnutrition. Lorsqu'ils atteignirent enfin la pleine mer, après une bonne heure de voyage, William se décida à descendre dans les cales pour veiller le sommeil d'Esperanza. Le Commodore avait retiré sa cape de mendiant, ôté sa perruque blanche pour dévoiler ses longs cheveux bruns et revêtit de simples habits de gentilhomme. L'uniforme militaire, il ne le porterait plus jamais. En ouvrant la porte de la cale, il surprit le visage de la jeune femme éveillée à la lumière d'une chandelle. Son regard le martelait déjà de questions, sans même qu'elle ne prononce un mot. William n'était pas certain d'avoir toutes les réponses. Il s'approcha doucement d'elle pour venir déposer un plateau garni de pain, de fruits et de poisson séché. « Tenez. Vous en avez le droit, maintenant » lui dit-il, un peu maladroitement. Il était responsable de son état. C'était lui qui avait donné l'ordre d’affamer l'équipage pour les faire plier plus rapidement. Cela n'avait pas fonctionné et il n'avait fait que torturer la jeune femme de laquelle il était tombé amoureux pour la première fois.



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MessageSujet: Re: Running away was easy | feat. Esperanza   Mar 27 Fév - 17:01


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William & Esperanza
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Les mots du commodore Addington résonnaient encore dans son esprit comme une comptine lugubre.  Esperanza mourrait à l’aube. Bien qu’elle se soit longuement préparée à sa fin, s’imaginant maintes et maintes fois pendue au bout d’une corde, l’annonce officielle de sa pendaison lui laissa un goût amer. Ainsi elle ne ferma pas l’œil de la nuit. Elle n’eut d’yeux que pour la lune ce soir-là. Le sommeil semblait l’avoir abandonnée la laissant criblée de pensées morbides. La mort quant à elle avait attiré le vieux Smith, lui épargnant la corde. Esperanza ne savait pas ce qui était le mieux : mourir de faim, agonisant, ou mourir asphyxiée, un sac sur la tête comme une vulgaire poupée de chiffon. Sa mort elle l’avait parfois imaginée, lors d’un combat sanglant durant lequel les lames auraient fait siffler l’air, une lutte acharnée contre l’ennemi. Finalement le dernier combat qu’elle livrait cette nuit était contre ses regrets. Ceux de n’avoir jamais revu sa mère ou bien de ne pas avoir libéré Cook des griffes de son bourreau. Alors qu’elle baissait la tête, un drôle de bruit attira son attention, ce fut à ce moment précis que tout bascula.


Après qu’elle ait négocié la libération de ses derniers compagnons, Esperanza avait suivi le mendiant venu la délivrer. Elle se répéta plusieurs fois qu’elle devait être tombée de sommeil et que sa fuite n’était qu’un songe. Un songe palpitant durant lequel elle eut l’impression de puiser dans ses dernières forces pour courir. Dans le dédale des rues de Port-Royal, les fuyards se firent discrets. Esperanza était déjà épuisée, l’adrénaline lui tendait les muscles juste avant que la surprise ne vienne lui électriser le corps. Elle comprit qu’elle était loin d’être entrain de rêver lorsqu’elle reconnut son sauveur : Addington. Mais la pirate n’eut pas le temps de déverser son flot de questions qu’ils repartaient déjà. Leur fuite les mena face à une goélette qui semblait les attendre. Cette vision raviva des images de son adolescence, le soir où sa vie avait basculé. Elle repensa aux chevaux de ses maîtres lancés à sa poursuite et l’apparition du navire de Cook. Tout ceci avait des airs de déjà-vu. Silencieuse, Esperanza avait laissé le Commodore l’aider à monter à bord puis s’était laissé guider vers la cale du navire bien plus confortable que sa sombre cellule. Elle n’avait pas dit un mot depuis la révélation fracassante. Elle alla immédiatement s’allonger. Son corps était douloureux, elle avait l’impression d’avoir couru durant des heures entières. Si l’adrénaline l’avait faite tenir jusqu’à maintenant, l’épuisement commençait doucement à reprendre du terrain. Sans même s’en rendre compte Esperanza glissa entre les bras de Morphée.

Elle dormait depuis presque une heure lorsqu’un cauchemar la réveilla. La jeune femme fut prise de panique durant quelques secondes. Elle eut du mal à savoir où elle se trouvait. Etait-elle toujours entrain de croupir au fond de sa cellule ? Une lueur attira son attention, elle la fixa pendant quelques secondes, le regard vide de toutes émotions. Elle était bien dans la cale d’un bateau et semblait être en sécurité, pour le moment en tout cas. Elle se demandait ce qui avait pris au commodore Addington. Est-ce qu’il avait perdu la raison plus vite qu’elle ne l’aurait pensé ? Ou l’avait-il faite échapper pour la forcer à retrouver Cook ? Les interrogations embrumèrent son esprit jusqu’à ce qu’une présence se fasse ressentir. Addington, il était là, une portion de nourriture à la main. Le regard d’Esperanza s’attarda sur ses habits. C’était étrange de le voir habillé comme tout le monde.  A sa remarque, la pirate plissa les yeux. C’était lui qui l’avait mise dans cet état lamentable. A quel jeu jouait-il ? Malgré la méfiance apparente qui animait ses traits, la jeune femme se saisit du morceau de pain et le croqua goulument. Une sensation agréable se répandit alors dans son corps frêle. Elle avait oublié à quel point manger pouvait faire du bien. La première bouchée avalée, Esperanza redressa la tête vers l’autre occupant de la pièce. « Je savais que vous étiez entrain de perdre l’esprit, mais à ce point là…je n’aurais pu le deviner. A quoi vous jouez commodore ? Si vous pensez que je vais vous mener à Cook vous vous trompez, je n’ai toujours pas changé d’avis. Et ce n’est pas votre repas qui y changera quelque chose. » assura-t-elle en croquant de nouveau dans son morceau de pain.  Elle devait reconnaître que cet Anglais avait le don de la surprendre. Il avait tout de même renoncé à sa vie en la libérant. Est-ce que Cook en valait vraiment la peine ? Esperanza n’y comprenait pas grand-chose et cela se voyait dans le regard qu’elle posait sur l’ancien commodore. « Vous êtes conscient que vous venez de tout perdre, j’espère que vous y avez réfléchit. Je ne suis pas sûr que Cook en vaille la peine. » dit-elle la bouche pleine après avoir haussé les épaules. La jeune femme semblait sereine bien que rongée par la curiosité. Cet homme était un mystère, un mystère que la pirate comptait bien résoudre, mais d’abord elle devait reprendre des forces. Elle avait un instant douté, se demandant si la nourriture n’était pas empoisonnée puis s’était dit que si Addington était venu la libérer, ça ne serait certainement pas pour la tuer si facilement. « Maintenant on peut dire que vous êtes un pirate, hm. » raya-t-elle en souriant.



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MessageSujet: Re: Running away was easy | feat. Esperanza   Mar 27 Fév - 22:29


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William & Esperanza
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Elle avait lu en lui comme dans un livre ouvert. Elle avait percé à jour l'homme solitaire caché derrière son arrogance. Elle avait cerné la futilité de son existence. Lui, le Commodore aux trois cents hommes et aux deux navires de guerre. Lui, que l'on appelait Monsieur, sans savoir que pendant quinze années de sa vie, il avait été dépourvu d'identité. Lui, l'orphelin désavoué, qui était devenu homme par la simple confession hasardeuse d'une mère en remords. Malgré les grades, malgré les faits d'armes et les titres de bravoures, William n'avait jamais été personne. Alors, à défaut d'exister pour les autres, il avait travaillé à exister pour lui-même. Devenant soldat, puis lieutenant et enfin commodore. Il s'était donné de l'importance, mais à gravir les échelons avec tant d'éclats et d'ambition, il ne s'était guère fait d'amis. Ses ennemis, par contre, il pouvait en dresser la liste non-exhaustive, du plus insignifiant, au plus redoutable. Le dernier en lice avait été Edward Cook, le jour où il avait massacré un tiers de ses hommes en pleine mer. Dès lors, le pirate avait occupé ses pensées nuits et jours, jusqu'à l'obsession. Sa soif de vengeance l'avait aveuglé et éloigné de tout, le poussant même jusqu'à l'aliénation. Cook était devenu l'homme à abattre. Celui qui mourait sous sa lame, avec lenteur et froideur, comme celle dont il avait fait preuve en éventrant son sous-lieutenant. Le Commodore l'avait tant souhaité, tant rêvé, tant prié. Et pourtant. Lorsque Esperanza mentionna son nom en lui adressant la parole, il l'avait presque oublié. Il était sorti de son esprit depuis un moment déjà. William avait perdu tout intérêt pour ce pirate de pacotille au fil des dernières semaines écoulées. Où qu'il soit, il le maudissait, le dénigrait. Il espérait que la mer l'ait englouti dans sa fuite ridicule. Tout comme lui, ce lâche avait abandonné ses hommes. Peut-être pour une femme, mais certainement pas pour une perle comme Esperanza. S'il avait été Cook, jamais William ne se serait éloigné de la jeune femme. Il l'aurait gardé près de lui. Choyé et comblé comme une reine. Il aurait fait d'elle sa maîtresse. Tout. Il aurait fait absolument tout pour elle. Du capitaine et du commodore, Cook avait été le plus fou des deux. Laisser partir la pirate avait été sa plus belle erreur. « Mon existence n'avait guère d'importance pour qui que ce soit. Alors, je n'ai pas perdu grand chose... » lui confia-t-il en prenant le soin de reprendre les termes qu'elle avait elle-même employé à son égard, lors de leur dernière conversation. Elle avait eu raison en tout point. Sa vie ne comptait pour personne. Pas une âme, pas un soldat ne le regretterait. L'on se réjouirait de sa désertion, autant que de sa trahison. Les amiraux et lieutenants se battraient pour récupérer sa fonction de Commodore, tandis que parmi la vermine de Port-Royal, l'on boirait certainement à sa santé, comme à sa mort prochaine. Sa propre vie, il n'en avait que faire à présent. « ...et au moins, je ne vous ai pas perdu vous » ajouta-t-il, dans un murmure. William fuit son regard pour le déposer sur un baril d'alcool rangé non loin de là. Il se leva pour aller en remplir deux gobelets qu'il trouva posé sur le cylindre. C'était de la genièvre, typiquement hollandaise. Il s'en servit un verre, puis amena le second à la jeune femme, toujours en train de dévorer le premier vrai repas qu'elle mangeait depuis deux mois.

Finalement, il décida de s’asseoir en face d'elle, sur le couvercle d'une caisse de transport. Qu'est-ce qu'elle était belle, ne pût-il s'empêcher de penser. Il lui semblait déjà que sa peau retrouvait des teintes humaines à mesure qu'elle se restaurait. S'il n'en avait montré cure, mais ses mots l'avaient profondément blessé. La jeune femme était à cent lieux de s'imaginer ce qui l'avait poussé à agir de la sorte ce soir. Il ne s'agissait pas d'un énième stratagème pour la faire révéler la cachette de Cook. Il n'allait pas la forcer à lui montrer la route jusqu'à lui. Non. Il n'en avait que faire de lui. « Vous êtes libre, Esperanza. Je ne joue pas avec vous. Je me moque bien de savoir où se cache Cook » lui dit-il, avec toute la simplicité du monde. Comment pouvait-il lui faire comprendre qu'elle était la seule raison de sa folie inopinée ? Hier, il l'avait condamné à la pendaison et aujourd'hui il l'avait porté dans ses bras pour l'aider à s'évader. Elle aurait légitimement pu lui fendre le crâne avec le gobelet qu'elle tenait dans la main en guise de représailles et William ne l'aurait même pas empêché. Son cœur exalté s'embrasait à l'intérieur de sa poitrine, le consumant d'un feu qu'aucune eau bénite ne pourrait attiser. Il était tombé sous le charme de la jeune femme, alors qu'il était prédestiné à la détruire. Il s'était mis à l'aimer, quant il aurait dû la haïr. Triste pantin d'une fortune insolente. Depuis sa naissance, le destin s'était rayé de lui. « Vous avez mérité votre liberté. Vous êtes une femme de parole. Votre loyauté envers votre capitaine vous honore. Tout homme devrait être fier de naviguer à vos côtés » déclara William avec sincérité, entre deux gorgées d'alcool. Encore une fois, elle avait vu juste à son propos. Il avait ressenti une profonde jalousie envers Cook et envers la loyauté que Esperanza lui portait. Alors qu'elle avait tout à perdre, elle lui était restée fidèle jusqu'au bout et encore ici sur cette goélette. Jamais personne n'avait eu un tel attachement pour lui. Intérieurement, William enrageait de voir une jeune femme comme elle, avoir tant d'estime pour une vermine de la sorte.  



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MessageSujet: Re: Running away was easy | feat. Esperanza   Ven 2 Mar - 16:16


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William & Esperanza
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Alors qu’elle continuait d’engloutir son repas avec un appétit dévorant, Esperanza lança quelques œillades curieuses vers l’Anglais. Il ne semblait pas agressif, son regard avait perdu quelque chose. La jeune femme ne parvenait pas vraiment à définir quoi mais elle pouvait affirmer qu’Addington avait changé. Après tout elle ne savait rien de l’homme qu’il était au-delà du militaire. Que se tramait-il sous cette chevelure ébène ? La pirate s’attendait à une réponse précise et pourtant celle que lui apporta l’ex-Commodore la rendit septique. Pourquoi lui disait-il cela ? Bien sûr c’était elle qui lui avait balancé cette vérité au visage, mais elle n’avait fait ça que pour riposter. Alors qu’elle avalait un morceau de poisson séché, Esperanza faillit s’étouffer. Elle n’était pas certaine d’avoir bien entendu ni bien compris. Après tout l’anglais n’était pas sa langue maternelle, elle le parlait avec un fort accent espagnol et peinait parfois à comprendre tout ce qu’on lui disait. Pourtant, bien qu’elle tenta de se persuader du contraire, il semblait bien qu’elle avait parfaitement compris. Ses sourcils froncés témoignèrent de son trouble passager, avant que son regard ne suive celui de l’Anglais vers le baril d’alcool. « J’ai du mal à vous suivre… » finit-elle par lâcher en saisissant son ultime morceau de pain. Elle garderait les fruits pour plus tard, au cas où cette mascarade s’avérerait être une ruse mesquine. Lorsque l’Anglais lui tendit un verre d’alcool, Esperanza l’accepta volontiers. Peu de chance pour que ce soit du poison. Assoiffée, elle en but presque la moitié d’une traite. Elle regretta un instant que ce breuvage n’ait pas été du rhum mais préféra se taire. Elle attendait plus d’explications.

Assis l’un en face de l’autre, la pirate observait son vis-à-vis avec une curiosité non dissimulée. D’ailleurs il avait une drôle de façon de la regarder et sans réellement savoir pourquoi, la jeune femme en fut presque gênée. Elle tomba des nues lorsqu’il lui annonça qu’elle était libre. Décidément cet homme était un vrai mystère, il semblait complétement avoir perdu la tête. « Attendez, vous nous avez affamés, vous m’avez convoquée, questionnée presque tous les jours pendant deux mois pour savoir où se cachait mon capitaine et maintenant vous me dites que vous n’en avez rien à faire. Vous avez complétement perdu l’esprit sacrebleu ! » s’énerva-t-elle avant de finir son gobelet. Elle le posa près de ses fruits. La suite lui arracha un rire sans joie. Elle n’en revenait pas. Elle aurait préféré qu’il lui avoue vouloir se servir d’elle pour retrouver Cook. Cela aurait été plus simple à accepter. Esperanza se releva, requinquée par les quelques forces que lui avait prodigué son repas. Elle se mit à faire les cent pas, les mains jointes dans son dos. Elle resta silencieuse un moment avant de s’arrêter face à Addington. De longues mèches brunes lui barraient le visage, lui redonnant cet air sauvage. « Vous êtes entrain de me dire que vous avez renoncé à votre vie pour… me libérer ? C’est tout ? Pourquoi moi ? Vous aurez la Compagnie-des-Indes et toute la marine anglaise à vos trousses. Vous avez rejoint le camp adverse, celui qui vous détestez… » dit-elle en ayant du mal à y croire. C’était énorme. Esperanza finit par se rassoir. Peut-être qu’être au service de la Couronne n’était pas si épanouissant après tout. De toute façon la jeune femme avait toujours eu un profond dégoût pour tout ce qui représentait la pseudo autorité. Les faux gentils au moins aussi sanguinaires que ceux qu’ils traquaient.

« C’est quoi votre nom ? Je suppose que ce n’est pas Commodore raya-t-elle avant de reprendre et où est-ce qu’on va ? »

Maintenant qu’ils étaient dans le même bateau et ce dans tous les sens du terme, Esperanza consentit à le voir comme son égal. Après tout cet homme venait de tout perdre, visiblement il n’avait aucune famille et avait pris tous les risques du monde pour lui épargner une mort certaine. Elle lui en voulait de l’avoir arrachée à ses compagnons, à sa vie de pirate insouciante. Désormais elle devrait repartir de zéro. Elle ne reverrait sûrement jamais son capitaine, si tant est que ce dernier n’ait pas succombé à son bourreau, elle ne reverrait jamais plus le Silent Queen. Dieu seul savait ce que les Anglais avaient pu en faire. Esperanza repartait de zéro mais elle n’était pas seule dans cette galère.



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MessageSujet: Re: Running away was easy | feat. Esperanza   Ven 2 Mar - 23:45


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Lui apprendre où se cachait Cook n'avait guère d'importance à présent. William n'avait plus de vengeance à accomplir, puisqu'il n'était plus Commodore et venait de tourner le dos à tout ses hommes. Même s'il forçait la jeune femme à le conduire au pirate et revenait en terres anglaises avec son cadavre, William devrait répondre de ses actes devant un tribunal militaire, qui le condamnerait indéniablement pour traîtrise et désertion. Si la carcasse de Cook lui évitait la pendaison, il finirait malgré tout la fin de ses jours dans une prison ou serait envoyé au bagne dans une quelconque île où il pourrirait sous le soleil et la roche. Aucune de ces alternatives ne ravissait William, qui préférait encore mourir en mer que de se retrouver prisonnier à vie. Il avait constaté par lui-même les dégâts d'un séjour en cellule ou d'un passage aux camps de travaux forcés. Maladies, délires, rachitisme, brûlures, déshydratation. Son esprit était déjà bien trop fragile pour qu'il ne puisse supporter un tel traitement. Contrairement à Esperanza, il ne tiendrait pas aussi longtemps. D'ailleurs, il avait déjà abdiqué depuis plusieurs semaines. William s'était bien caché de montrer sa faiblesse à la jeune femme, en prenant appui sur son orgueil masculin pour rester fier face à elle. Il avait prétentieusement continué le combat, tout en sachant qu'il avait déjà perdu. En cachant sa victoire à la pirate, il avait pu jouir de sa présence jour après jour. « Vous l'avez dit vous-même, vous ne me révélerez jamais où se cache Cook. Alors à quoi bon ? » se résigna-t-il, d'une voix presque mélancolique. L'Anglais s'efforçait de garder son calme. Ils n'étaient plus à Port-Royal. Le bureau avait disparu, son uniforme et les fers d'Esperanza aussi. L'un et l'autre n'étaient plus pressés par la sentence ou par la vengeance. Continuer à se battre était inutile. Ils n'avaient plus d'étiquette, ni de statut. Ni pirate, ni Commodore. Seulement deux fuyards dans le même bateau. « Et bien peut-être qu'ainsi vous apprécierez enfin ma compagnie » lâcha-t-il, en se relevant pour lui faire face. En deux mois, elle n'avait cessé de lui répéter combien sa vue la rebutait. A quel point sa compagnie était une souffrance de chaque instant. Au début, William s'en était amusé, multipliant les interrogatoires pour la forcer à le supporter. Puis, lorsqu'il avait fini par ressentir un besoin viscéral de voir la jeune femme, son dégoût l'avait blessé jusque dans la chair. Dès lors, il avait enchaîné les convocations abusives pour la punir. A trop le repousser, elle n'avait fait que l'attirer davantage.

Embarrassé par son propre aveu, William détourna le regard, incapable de soutenir celui de la jeune femme. À ses nouvelles paroles, l'anglais déglutit amèrement. Il réalisa alors qu'il ne serait plus jamais Commodore. Sa fonction lui manquerait énormément. Le privilège, l'ambition, la fierté de servir l'Empire Britannique. Toutes les valeurs qu'il avait défendu pendant tant d'années, en une nuit il les avait toutes raillé. Dieu ne pourrait sans doute jamais lui pardonner de s'être laissé détourner du droit chemin pour répondre à l'appel du péché. « Aux Amériques. Le bateau fera une escale au fort du Presépio*, avant de repartir vers l'Europe. Là-bas, seule vous déciderez de votre destination. Je vous l'ai dit. Vous êtes libre » lui affirma-t-il à nouveau avec sincérité. William redoutait déjà ce moment fatidique où la goélette accosterait sur le port brésilien. Cela serait certainement la dernière fois qu'il verrait la jeune femme. Elle s'en irait sans doute, sans se retourner, sans lui dire au revoir. Elle embarquerait sur un autre navire, peut-être pour rejoindre Cook, peut-être pour rejoindre quelqu'un d'autre à qui donner son allégeance. Elle partirait et l'oublierait. A jamais. « Libre et en vie » dit-il avec insistance. Car c'était là tout ce qui comptait pour William. Si son cœur saignait déjà de se séparer d'Esperanza au prochain port, il pouvait panser sa plaie en se réconfortant de la savoir en vie. Même s'il ne la revoyait plus jamais après leur arrivée au Brésil, il saurait au moins qu'elle est en vie et non pas pendue au bout d'une corde. Pour lui, cette simple pensée valait le sacrifice qu'il venait de faire. Sa vie contre la sienne.


*Ancien nom de la ville de Bélem, dans l'état du Pará, au Brésil. Connue pour avoir été colonisés par les hollandais.



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MessageSujet: Re: Running away was easy | feat. Esperanza   Dim 4 Mar - 23:31


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Tandis qu’elle continuait de faire les cent pas, tentant bien que mal de comprendre les motivations de l’ancien Commodore, Esperanza ne put s’empêcher de froncer les sourcils. Elle lança un regard à l’Anglais. Au moins il semblait avoir définitivement compris que jamais elle ne livrerait Cook. Ce qu’elle ne comprenait pas était pourquoi ne l’avait-il simplement pas laissé mourir ? « Vous auriez pu me laisser mourrir. » dit-elle en haussant les épaules. Pourquoi tout risquer pour sauver une criminelle ? La réplique qui suivit fit tiquer la jeune femme. Elle se stoppa, Addington s’était levé pour lui face face. Esperanza mêla son regard au sien, elle commençait à comprendre même si elle trouvait ça complètement incroyable. Aurait-il été possible que l’homme qui se trouvait devant elle soit tombé sous son charme ? Ca en avait tout l’air. Il venait de gâcher son existence pour lui permettre de vivre. Ensuite il n’aurait personne à rejoindre et ne serait qu’un fugitif aux yeux de tous. Il avait trahi son pays pour elle. Pour lui offrir la liberté. La jeune femme n’en revenait pas, elle secoua doucement la tête. Peut-être qu’avec le temps elle finirait par l’apprécier. Le portrait qui se dressait devant elle semblait loin de l’être tyrannique qui l’avait enfermé. Addington aurait très bien pu la laisser mourir et retourner vaquer à ses occupations pourtant il n’en avait rien fait. Il avait tout risqué pour elle. Un fin sourire courba les lèvres de la pirate. « Peut-être, vous êtes un homme bien surprenant. Rares sont ceux qui parviennent à me surprendre d’ordinaire. » dit-elle dans un haussement d’épaules. Pour Esperanza les hommes étaient plutôt prévisibles d’habitude. Mais pas lui, cet Anglais n’était pas comme les autres. Beaucoup n’aurait pas eu sa détermination ni sa patience face à l’insolence dont avait fait preuve la métisse. Il s’était avéré tout aussi têtu qu’elle et au final, ces petits face à face était devenu un jeu qu’Esperanza avait appris à apprécier. Son sourire s’étira un peu plus lorsqu’elle capta la gêne de l’ex-millitaire. Oh oui, cet homme n’était pas comme les autres.

La jeune femme en profita pour se rassoir, questionnant de nouveau son vis-à-vis à propos de son identité. Ce dernier évita la question avec malice, répondant directement à sa seconde interrogation. Esperanza ne sembla pas vraiment ravie lorsqu’elle comprit qu’ils se rendaient vers le sud. Pouvait-elle vraiment se plaindre alors qu’elle avait échappé à la mort ? Il insista sur le fait qu’elle était libre. La jeune femme parut agacée. Elle en avait marre que les hommes décident ou non de sa liberté. Elle était née prisonnière puis avait dû fuir pour récupérer son indépendance puis elle s’était de nouveau faite capturer. Elle se jura que, maintenant qu’elle avait échappé à la mort, elle ne se laisserait plus avoir si facilement. Que ferait-elle sachant qu’elle avait perdu tous ses camarades et le navire sur lequel elle naviguait? Un soupir passa la barrière de ses lèvres. « Les Amériques ne m’intéressent pas. C’est bien trop lointain. » dit-elle d’un air préoccupé. Il faudrait qu’elle retrouve un équipage et un moyen de rejoindre l’Ile de la Tortue. Là elle était sûre de pouvoir croiser des visages familiers. Elle n’hésiterait pas à raconter ce qu’avait fait les Anglais à ses camarades, et elle tacherait de savoir si certains avaient pu s’échapper de Port-Royal. Son regard s’attarda de nouveau sur l’homme en face d’elle. Visiblement il ne tenait pas à en dire beaucoup à son sujet. Esperanza n’aimait pas qu’on lui fasse des mystères et maintenant qu’elle pouvait à son tour poser des questions, elle ne comptait pas se gêner pour assaillir son ancien bourreau. « Qu’allez vous faire vous ? Vous feriez un bon pirate, on pourrait avoir besoin d’un homme comme vous. Et puis vous connaissez les manoeuvres ennemies. Votre existence compterait enfin. » avoua-t-elle en se saisissant d’une banane qu’elle commença à éplucher. Bien qu’elle tenait à la garder pour plus tard, son estomac continuait de crier famine.

Après avoir croqué dans la chair sucrée de son fruit, Esperanza s’attarda de nouveau sur l’Anglais. Elle commençait à le voir comme un atout majeur, un homme dont il ne faudrait surtout pas gâcher le talent. Après tout il était un marin hors pair, connaissait l’océan comme personne et était, tout comme elle, un ennemi de la couronne. Avec sa fuite, il avait multiplié leurs points communs. « Par contre si vous voulez que j’apprécie votre compagnie, il faudra me dire votre nom, par principe vous comprenez. » conclut-elle. Elle ne perdait pas le nord et tâcherait d’en savoir plus sur l’homme qui avait fait d’elle une femme libre.







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MessageSujet: Re: Running away was easy | feat. Esperanza   Lun 5 Mar - 17:23


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Il n'aurait jamais pu la laisser mourir. Si jusqu'au dernier instant, il l'avait supplié un genou à terre de lui avouer la cachette de Cook, c'était parce que l'idée de la voir morte lui était devenue inconcevable. Ne plus la voir chaque jour, ne plus entendre le son de sa voix, ne plus sentir son regard noir se poser sur lui. Même ses injures, sa froideur à son égard lui auraient manqué. Elle avait provoqué tant de sentiments contradictoires dans son être, extrêmes et puissants à la fois. Jamais une femme n'avait eu ce pouvoir sur lui. L'abandonner à son sort serait revenue à ne plus rien ressentir à nouveau. Avec elle, il avait réussi à combler ce vide ancestral niché au cœur de sa poitrine. Certes, elle l'avait rendu fou. Il en avait pris Dieu pour témoin. Sans répit, elle l'avait défié, dénigré, humilié. Jouant de ses nerfs et rayant son pathétique entêtement. A plusieurs reprises, il s'était emporté contre elle à grand coup d'éclats de voix, pour ne provoquer chez elle qu'un simple rire mesquin. Il avait usé à reprise de malice et de menaces pour la confondre. Pas un seul instant la pirate n'avait délié sa langue outre pour lui cracher des vérités poignantes au visage. En deux mois, elle l'avait rendu plus vivant que durant son entière existence. Elle lui avait ouvert les yeux sur le propre de celle-ci. Grâce à Esperanza, William avait découvert une nouvelle facette de sa nature, celle d'être un homme doué de sentiments empathiques. « Vous ne méritiez pas de mourir, surtout pas pour protéger Cook » se contenta-t-il d'affirmer, sans pour autant lui avouer le fond de sa pensée. La vérité était qu'il n'aurait pu vivre avec sa mort sur la conscience. Il aurait été certainement consumé par la culpabilité et la tristesse d'avoir fait pendre la seule femme duquel il était jamais tombé sous le charme. La sauver avait été la seule option envisageable pour lui.

La réponse de la jeune femme à son commentaire le stupéfia. Son cœur s'emballa un peu trop à l'entente de ce compliment inattendu. Il posa sur elle un regard inquiet, ne sachant si elle se rayait de lui ou faisait preuve d'honnêteté. Un sourire s'inscrit sur son visage tandis que la pirate lui tournait le dos pour aller se rasseoir et recommencer à manger. Elle soupira à l'écoute de leur itinéraire de navigation. Comme tout pirate qui se respecte, l'idée de rejoigne la pleine terre ne l'enchantait guère. Cette fois-ci, William répliqua sur un ton plus appuyé. Elle n'avait aucune idée du danger qui la guettait. « Et les Antilles beaucoup trop dangereuses pour le moment. Si vous pensez pouvoir mettre un pied sur une île espagnole ou française sans être inquiétée, détrompez-vous. L'armée britannique domine totalement la mer intérieure. Les soldats de l'Empire sont partout » lui dit-il avec sérieux. Comme elle venait si pertinemment de le faire remarquer, il connaissait parfaitement les manœuvres ennemies. Le pouvoir de la marine britannique était bien plus étendue que celle-ci voulait bien le laisser croire. Elle comptait des espions et des sujets sur toutes les îles bordées par la mer des Caraïbes. Port-Royal n'était que son siège. Une base stratégique d'où elle pouvait gouverner ses colonies en ayant accès directement à la pleine mer. La futile liberté que pensaient avoir les flibustiers sur certains territoires était illusoire. Les Anglais étaient les rois du monde. « Je ne suis pas un pirate » rétorqua William, en secouant la tête. Il ne le serait jamais. Elle aurait beau lui répéter nuit et jour. Ce qu'il venait de faire pour elle faisait simplement de lui un traître à la Couronne. Il n'avait rien à voir avec cette vermine indigne et abjecte qu'étaient les pirates. Si Esperanza ne lui inspirait pas le même dégoût que ses congénères masculins, c'était essentiellement parce qu'elle possédait une aura féminine qui la rendait incroyablement irrésistible.

La question de son identité revînt entre les lèvres de la jeune avec insistance. Son nom. Elle ne s'était jamais adressée à lui qu'en l'appelant Commodore, plus par commodité d'ailleurs que par politesse. A présent ce titre n'avait plus lieu d'être. « William. C'est William » lui dit-il enfin. Un nom bien commun en Angleterre, souvent synonyme de noblesse et porté par des nombreux rois et héros de guerre. Pour l'intéressé, il n'avait jamais été qu'une dénomination bâtarde. Après tout, il n'était qu'un William parmi tant d'autres. « Écoutez. Dès demain, nos têtes seront mises à prix dans tout les Caraïbes, pour une somme qui ameutera sûrement soldats et flibustiers. Rejoindre le continent est l'option la plus prudente, croyez-moi » reprit-il avec sérieux. Il manqua de ravaler sa langue à la fin de sa dernière phrase. Il lui demandait de le croire, encore fallait-il qu'elle lui fasse confiance. Il avait bafoué ce droit pendant des semaines en abusant d'elle pour obtenir la cachette de Cook. Elle avait de quoi lui rire au nez face à une telle demande. « Je sais le traitement que je vous ai infligé pendant ces derniers mois... » avoua-t-il, en baissant les yeux, conscient de ses actes. Il n'osa même pas formuler des excuses tellement celles-ci seraient malvenues et inutiles. Elle avait toutes les raisons du monde de lui en vouloir et son sauvetage de ce soir, de même que quelques morceaux de nourriture ne pouvaient effacer la cruauté avec laquelle il l'avait traité. Il ne méritait que son hostilité. « …mais cela ne sera rien comparé à ce qu'il adviendra de vous, si vous êtes livré à l'Amiral Anderson. Il n'aura aucune pitié à votre égard » l'averti William, le ton grave. Le militaire ne lui laisserait aucune chance. Il était connu pour être droit et impartial. Les rares pirates qui avaient croisé sa route avaient tous fini au bout d'une corde ou desséché dans une cage sur une place publique. Les beaux yeux d'Esperanza ne l'intimideraient pas.



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MessageSujet: Re: Running away was easy | feat. Esperanza   Mer 7 Mar - 11:38


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Le comportement de cet homme était inquiétant. Esperanza dût faire un effort considérable pour ne pas répliquer. Elle ne méritait pas de mourir qu’il disait. Surtout pas pour Cook qu’il affirmait. Lasse, la jeune femme s’était contentée de secouer la tête à la négative. Cet homme haïssait les pirates sûrement plus que tout au monde pourtant il venait de la sauver, considérant qu’elle ne méritait pas de mourir. Mais malgré son allure féminine, Esperanza n’en restait pas moins une pirate à part entière. Après qu’elle se soit assise pour reprendre ce qu’elle considérait comme un festin, la métisse ne détacha pas son regard de l’Anglais. Elle lui fit comprendre que la destination ne l’enchantait guerre avant de continuer sa dégustation. Lorsqu’il la mit en garde sur le danger que représentaient les Caraïbes, Esperanza agita sa main, comme si ses paroles n’avaient été que des parasites qu’elle ne tenait pas à entendre. Elle leva les yeux au ciel lorsque l’ancien Commodore affirma qu’il n’était pas un pirate. « Pour la Couronne vous en êtes un maintenant. » dit-elle d’un air moqueur. Elle n’insista pas, elle savait que son statut devait être l’une des rares choses dont cet homme devait être fier. Le perdre devait être un sacré coup dur difficile à accepter. Il fallait néanmoins qu’il comprenne qu’aux yeux de ses anciens camarades il ne valait pas mieux qu’elle. Aucune pitié ne lui serait accordée, il n’était plus qu’un traitre parmi tant d’autres, parmi la vermine qu’il détestait tant. Esperanza garda un air taquin peint sur le visage jusqu’à ce qu’enfin, l’homme daigne se présenter.

William. Voilà celui qui se cachait derrière le Commodore. Esperanza en connaissait tellement qu’elle n’aurait pu se souvenir de leur visage. Peut-être était-ce parce qu’elle les avait rencontrés alors qu’elle était ivre, elle ne savait pas. Mâchonnant un bout de banane, la jeune femme acquiesça d’un signe de la tête. « Vous voyez vous n’êtes pas mort. » lâcha-t-elle en haussant les épaules. Pourquoi faisait-il autant de mystère ? Pourquoi lui donnait-il autant de matière pour qu’elle se joue de lui ? Rassasiée, la jeune femme reprit du poil de la bête. Son petit air espiègle anima les traits de son visage. William assurait que leur tête seraient mise à prix, que la terre était l’ultime solution pour fuir le danger. De nouveau, Esperanza haussa les épaules. « Vous me dites qu’une fois à terre je serais libre de faire ce qui me plait et désormais vous me dites le contraire. Il faudrait savoir ce que vous voulez William. De plus, avoir la tête mise à prix est plutôt une fierté chez nous. » dit-elle en hochant la tête. Esperanza était une véritable mûle, elle savait qu’elle ne tiendrait pas longtemps au même endroit, qu’elle aurait l’impression d’être de nouveau enfermée et ça, elle ne le supporterait pas. Sa vie entière était dans les Caraïbes, elle ne comptait pas y renoncer de sitôt. La voix grave de l’Anglais la sortit de sa réflexion. Il commença à formuler ce qui sembla être des excuses, du moins au début. Lorsqu’il baissa la tête, la métisse arqua un sourcil, curieuse. « Oui, je le sais aussi. » murmura-t-elle avec ironie en roulant les yeux. Elle n’avait pas parlé fort pour ne pas couper l’ex-militaire en plein élan. Finalement, la énième mise en garde la fit se relever. « Bon, vous avez terminé ? Vous l’avez dit, vous n’êtes pas un pirate. Certains de vos hommes aiment beaucoup l’or vous savez, je n’ai pas peur de votre ami. Je resterais sur terre le temps de me refaire mais je repartirai, soyez en sûr. Vous avez été un vrai chien galeux mais je survivrais. Maintenant si vous voulez me suivre, vous pourrez venir avec moi, sinon nos routes se sépareront une fois que ce rafiot aura accosté. » lança-t-elle en posant ses poings sur ses hanches fines. Elle avait perdu toutes ses formes, elle ne voudrait voir son reflet pour rien au monde.

La fatigue commençait à l’envahir mais elle ne se voyait pas vraiment dormir ici. Si le temps était clément, peut-être qu’elle irait dormir sur le pont. Depuis qu’elle était jeune, le bruit des vagues et les étoiles faisaient partie des rares choses qui l’apaisaient. Elle ne pouvait pas vivre loin de l’Océan, cela lui paraissait impossible. « Je peux monter sur le pont ? J’aimerais voir la mer. » finit-elle par demander. Bien sûr elle n’attendait pas vraiment de réponse car elle était libre maintenant. Elle faisait ce qu’elle voulait, c’était surtout pour savoir s’il n’y avait pas d’indésirables là-haut.






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MessageSujet: Re: Running away was easy | feat. Esperanza   Sam 10 Mar - 8:41


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Avec toute sa désinvolture habituelle, la jeune femme balaya d’un geste de la main les mises en garde de William, vis-à-vis de l’Amiral Anderson. Cela n’avait rien d’étonnant, compte-tenu de la façon avec laquelle, elle avait fait abstraction de ses menaces au cours des deux derniers mois, acceptant la mort avec humilité. Inconscience ou pure vanité, l’ancien Commodore savait ce qu’il en coûtait de s’opposer à l’Amiral. Il avait lui-même essayé, en vain et tout ceux qui avaient eu le malheur de vouloir lui faire opposition avaient connu un destin funeste. La prison, les travaux forcés, l’exil, voir la pendaison. « Je veux que vous restiez en vie ! » s’emporta William avant de s'arrêter subitement. Évidemment, la jeune femme était libre, comme elle venait si justement de le souligner. Elle était libre de voguer où bon lui semblait. Néanmoins, remettre un pied dans les Caraïbes était suicidaire, sachant que les soldats de l’Empire couvraient toutes les îles de l’archipel et plus encore. Un retour sur l’île de la Tortue ou même en territoire français ou espagnol était trop prématuré. Si Esperanza ne faisait pas preuve de raison, le sauvetage de William ce soir n’aurait servi à rien. L’anglais poussa un soupir de lassitude face à la détermination de la jeune femme. Il avait l’impression de faire face au même mur contre lequel il s’était heurté ses derniers mois. Indomptable pirate espagnole. « Vous ne laisserez jamais personne vous dicter votre conduite, n'est-ce pas ? » finit-il par dire avec un peu d'amusement dans la voix. La question était rhétorique. L'inquiétude de William était pourtant réelle envers la jeune femme. Plus qu'un conseil, c'était un avertissement qu'il lui assignait. Le danger n’avait rien de fictif, ni d’honorifique. La mort par pendaison amenait peut-être une certaine dignité, mais la torture ou le lynchage publique étaient fait pour dénaturer l’homme.

Lorsqu’elle le dénigra à nouveau, William tressaillit à ses mots. Il alla se planter devant elle, secoué par une peur palpable qu’il voulait communicative. Cette fois-ci, la jeune femme n’avait pas voix au chapitre. L’encourager dans son tort n’était pas dans son intérêt. La futilité avec laquelle elle ignorait la menace de l’Amiral au-dessus de sa tête montrait sa faiblesse d’esprit à cet instant. Être pirate ne voulait pas dire vivre dans l’ignorance du danger. « Anderson n'est pas un ami. Il n'est l'ami de personne » la coupa William, comme offusqué d’être associé à un tel homme. Il n’était ni parfaitement blanc, ni parfaitement noir. Nombreux étaient les péchés qu’il avait à expier auprès du Saint-Père, mais si du diable, il n’en avait jamais eu que l’uniforme, Anderson était aussi vermeil à l’extérieur qu’à l’intérieur. « C'est un tueur de pirate, Esperanza. Il n'est pas devenu Amiral grâce à ses actes de bravoures, mais par le nombre d'ennemis de la Couronne, dont il a débarrassé les mers. S'il vous trouve, il vous enverra en enfer » l’averti-t-il une dernière fois, la voix tremblante. Peut-être était-ce seulement William lui-même qui avait peur d’Anderson. L’évocation de son nom seul provoquait chez ses congénères un sentiment d’inquiétude permanent. Chacune de ses visites à Port-Royal avait eu le don de mettre William dans un état de panique inhabituel. Le vieil homme était intransigeant, froid et probablement aussi sanguinaire que ses homologues pirates. Sur ce dernier avertissement, il laissa la jeune femme en paix, lui ouvrant la voix vers le pont.

Tandis qu’il suivait la pirate sur la prou du navire, les dernières paroles d'Esperanza lui revirent en tête, le laissant profondément songeur. Alors qu’il aurait dû se sentir flatté ou plutôt choqué de la proposition qu’elle lui avait faite, William ne pouvait s’empêcher d’en être perturbé pour une autre raison. C’était comme si quelque chose clochait dans son élan de bonté. Sa résolution, son pardon n’avait pas de sens. Puis soudain, il comprit. « Cook est mort » scanda-t-il à travers le vent. Son regard accrocha celui de la pirate ayant déjà grimpé sur le pont supérieur. C’était donc cela la solution crevant ses yeux depuis le début. Eward Cook était mort. « Vous êtes libre et pas une seule fois vous n'avez émie le projet d'aller le retrouver ou même de retrouver vos camarades. J'en déduis qu'il doit être mort à l'heure qu'il est » conclue-t-il, en venant la rejoindre. Elle lui avait même proposé de la suivre, alors qu'elle lui avait explicitement dit qu'elle ne le mènerait jamais à son capitaine. Pour William, cela ne faisait à présent aucun doute que le pirate n’était plus de ce monde, ou alors perdu on ne savait où, sans espoir d’être retrouvé. A trop parler, la jeune Esperanza avait fini par se vendre...bien trop tard. William se mit à sourire et s’esclaffa de sa propre bêtise. Deux mois d'interrogatoires, pour en arriver à cette déduction après quelques échanges cordiaux. La pirate s'était bien jouée de lui et pourtant il n'arrivait pas à lui en vouloir. Il avait été successivement aveuglé par sa soif de vengeance, puis par son désir pour elle, au point qu'il n'avait même pas envisagé l'hypothèse selon laquelle Cook pouvait être mort. Il avait été bien sot. « Par tous les saints, je perdais bien mon temps » jura-t-il en s'accoudant au rebord de la goélette. Si l'Amiral Anderson ne l'avait pas sommé de faire pendre l'équipage, la plaisanterie aurait pu durer encore un certain temps, du moins jusqu'à ce que la jeune femme ne rende l'âme. D'ailleurs, William ne comprenait toujours pas son obstination à vouloir le protéger, sachant pertinemment qu'il n'était plus de ce monde. Elle aurait été prête à mourir pour défendre la dernière demeure d'un homme mort ou peut-être à l'agonie. Sa dévotion défiait toute raison.

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MessageSujet: Re: Running away was easy | feat. Esperanza   Mar 13 Mar - 15:47


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William & Esperanza
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Les barrières sociales entre eux n’étaient plus que poussière et pourtant Esperanza semblait toujours prendre un malin plaisir à se jouer de l’ex-commodore. Malgré les apparences, la jeune femme prenait les mises en garde de William au sérieux mais elle était comme ça. Elle n’aimait pas qu’on lui dicte sa conduite, qu’on lui impose des choses à faire ou qu’on lui en interdise.  Elle vivait pour la liberté et maintenant que la pendaison lui avait été épargnée, elle ne se voyait pas vivre cachée pour le reste de son existence. Elle ne se gêna pas pour montrer sa désinvolture jusqu’à ce que William affirme que ce qu'il voulait était qu’elle reste en vie. Esperanza le regarda d’un drôle d’air. Depuis le début de leur conversation elle trouvait son comportement assez déroutant, étrange. Elle avait été particulièrement infecte avec lui. Personne n’aurait pu la blâmer pour ça. Sûrement que si elle avait pu, Esperanza aurait tranché la gorge de cet homme pour s’enfuir. Du moins, au début. Au fur et à mesure de leurs rencontres, elle avait senti chez cet homme un étrange sentiment. Une souffrance de laquelle elle s’était d’abord amusée et puis elle avait fini par s’en servir contre lui. Alors qu’elle avait cru qu’il la laisserait mourir avec satisfaction, l’homme était venu la sauver des griffes de la mort, ruinant sa vie pour sauver la sienne. La pirate commençait à comprendre. C’était pourtant évident mais si étonnant que cela ne lui avait pas encore traversé l’esprit. Malgré tout la métisse reprit le file de la conversation, laissant ses pensées de côté pour le moment.

William s’imposa face à elle. Esperanza releva les yeux vers lui, attendant ce qu’il avait encore à dire. Il sembla d’abord offusqué que la jeune femme ait qualifié Anderson « d’ami » puis réitéra ses mises en garde. Comme un adolescente rebelle, la pirate roula des yeux. Cet Anderson était visiblement un sanguinaire qui se cachait derrière la Couronne Anglaise pour assouvir sa soif de sang. Ce n’était qu’un barbare. Esperanza commençait à comprendre. Elle préféra ne rien dire, elle demanda simplement à aller prendre l’air. Cette conversation, ces mises en garde et la perspective de rester à terre durant une période indéterminée avait fini par l’étouffer. Elle voulait voir la mer, sentir la brise fraîche et salée sur son visage. Son vœu fut exaucé. En quelques minutes la pirate grimpa sur le pont supérieur. Elle prit une grande bouffée d’air. Elle était enfin libre. Un large sourire courba ses lèvres tandis que ses paupières se fermaient. William rappela sa présence en scandant que Cook était mort. Esperanza rouvrit les yeux pour se tourner vers lui. Elle prit quelques instants puis soupira. Elle alla se pencher au bord de l’eau, observant les vagues sombres qui léchaient la coque de leur embarcation. Cook était-il mort ? Elle n’en savait rien. Elle se mordit la lèvre lorsque l’Anglais pointa du doigt les indices qu’elle avait laissé. Il vint la rejoindre, la métisse tourna la tête vers lui et soupira. « Je vous ai pourtant dit que votre acharnement ne vous mènerait qu’à la démence et que jamais vous ne trouveriez Cook. Mais vous ne m’avez pas écouté. » dit-elle en haussant les épaules. Finalement elle n’avait dit que la stricte vérité. Mais l’aurait-il crut si elle avait annoncé que son capitaine était sûrement mort ? N’aurait-il pas pensé qu’elle se jouait de lui pour le protéger ?  Lorsque William se mit à rire, Esperanza fronça les sourcils. « Cook est perdu. Il est maudit. Jamais personne ne le retrouvera, vous avez anéanti ses dernières chances en nous emprisonnant. » soupira-t-elle avec désespoir. La jeune femme était triste, anéantie de savoir que plus jamais elle ne verrait celui qui avait été comme un père pour elle. « Lorsque vous nous avez trouvé nous étions sur les traces de notre capitaine. Si seulement vous n’aviez pas été aveuglé par votre vengeance…tout ça pour finir par me sauver la vie. » dit-elle en secouant la tête.

Tout ceci n’avait aucun sens. D’ailleurs Esperanza repensa aux paroles de l’Anglais. Il avait émis le souhait qu’elle apprécie sa compagnie, semblait apeuré à l’idée qu’on lui prenne la vie et ne supportait pas l’idée qu’elle soit en danger. Il avait ruiné son existence pour elle, risqué sa vie pour elle, perdu l’esprit pour elle. Si Esperanza était jeune et fougueuse, elle n’en était pas pour le moins idiote lorsqu’elle faisait marcher ses méninges. Un petit air malicieux anima ses traits. Elle vint s’amuser avec l’une des mèches brunes de l’ex-Commodore, soudainement enjôleuse. « Dites-moi William, vous ne seriez pas du genre à vous enticher d’une femme comme moi quand même ? » demanda-t-elle en mêlant son regard au sien. Elle ne voulait plus parler de Cook alors elle fit ce qu’elle faisait de mieux : détourner l’attention.



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MessageSujet: Re: Running away was easy | feat. Esperanza   Mer 14 Mar - 21:50


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L'ancien Commodore était fasciné par la désinvolture de la jeune femme. Faire fi du danger, des conventions sociales et de la bienséance attendue pour son sexe. Son impudence le fascinait, car il ne s'était jamais donné la liberté d'agir de la sorte. Toute sa vie durant, il s'était laissé enfermer dans des doctrines religieuses, puis asservir par l'uniforme. Sa liberté. Son irrévérence. Il l'enviait au plus au haut point de s'être affranchit, au sens propre comme au figuré. William avait toujours recherché à structurer son existence pour lui donner un but. Faire partie d'une communauté religieuse ou militaire l'avait souvent rassuré et éloigné de la solitude qu'il portait constamment sur ses épaules. Esperanza semblait loin de tout cela. Lui n'avait jamais pris le risque de quitter son asservissement par peur de briser son équilibre, jusqu'à aujourd'hui. « Je pensais que vous protégiez son honneur, pas le vôtre » lui dit-il avec effarement. Les révélations de la jeune femme le laissaient amer. Deux mois de gaspillés pour en arriver à une telle vérité. Tout aurait été plus simple et sûrement moins douloureux pour les deux partis s'il elle avait voulu lui révéler l'affaire dès les premiers interrogatoires. Au lieu de cela, elle s'était enfermé dans un mutisme bavard, refusant de répondre à ses incessantes questions et usant de toujours plus d'insolence pour l'envoyer sur les roses. A l'inverse, ses compagnons étaient tout simplement restés silencieux, au point que William ne leur avait plus accordé aucune attention durant les dernières semaines. La jeune femme avait continué de le provoquer, ne faisant qu'attirer davantage son attention. « Vous ne m'avez pas laissé le choix » avoua-t-il en croisant son regard. Cela valait aussi bien pour le traitement qu'il lui avait infligé, que pour le fait d'être tombé sous son charme. Esperanza avait eu une mauvaise influence sur lui. Elle était à la fois la cause de sa froideur et de son hardeur.

Lorsque la pirate s'approcha de lui l'air malicieux, William eût un mouvement de recul. Il suivit des yeux la frêle main de la jeune femme venir s'égarer dans les mèches lâches de son catogan. Le geste le foudroya sur place. Partagé entre l'émoi et l'incompréhension, il fût subjugué par sa réplique. Le trouble barra son visage. Les sourcils froncés, il abaissa lentement la main de la jeune femme, plongé dans une profonde confusion. Ses yeux opalins la toisèrent avec inquiétude, ne sachant si elle se moquait à nouveau de lui. Est-ce encore un jeu ? « Non, pas comme vous » lui avoua-t-il en secouant la tête. Il cligna des paupières pour reprendre ses esprits, puis s'éloigna d'elle pour fuir son regard pressant, qu'il n'arrivait plus à supporter. Lui tournant le dos, il tenta de contrôler les battements impertinents de son cœur en posant la main sur sa poitrine. Bien sûr qu'il ne pouvait s'enticher d'une femme comme elle. « Vous êtes une pirate. Une voleuse. Une pilleuse. Une criminelle » se mit-il à pester, comme si ce qu'elle venait de lui dire était une insulte. Comment pouvait-elle penser une telle chose à son égard ? William se sentait offusqué par sa question et surtout vexé que la jeune femme arrive encore à lire en lui aussi facilement. Jamais il n'avait eu à avouer son épanchement à une demoiselle. Il tenta alors de dissimuler sa vexation derrière de vaines accusations. « Vous n'avez ni Dieu, ni maître. Vous êtes diablement insolente et la seule chose qui vous porte est l'appel de l'or » continua-t-il, plus excédé que jamais avant de suspendre sa respiration. Elle représentait tout ce qu'il abhorrait. La féminité, la liberté, la fourberie. Au cours de sa carrière, il avait combattu des pirates de toutes horizons. Tué, arrêté et condamné plusieurs d'entre eux. Ces vauriens n'avaient jamais représenté qu'une vermine à éliminer à ses yeux. Des ennemis de la Couronne. Des parasites, des sauvages, de vulgaires déchets des océans. Elle était tout ce qu'il détestait, ou du moins tout ce que son éducation militaire et religieuse lui avait appris à dénigrer. Pour lui, elle n'aurait dû être qu'une pirate sans importance, païenne et pécheresse. Une prisonnière parmi tant d'autre. Seulement, il avait fallu qu'elle soit la femme la plus extraordinaire qu'il ait jamais rencontré. Dotée d'une force de caractère éblouissante, d'une loyauté sans égale et d'une beauté envoûtante. Chacun de ses regards, qu'il soit teinté de haine ou d'envie, le désarmait totalement. Esperanza était la première femme à le toucher de cette façon. « J'aurais aimé vous rencontrer dans d'autres circonstances... » soupira-t-il, en regardant le jour se lever à l'horizon. Malgré tout, elle était la première pirate à lui inspirer du respect. Elle avait démontré tellement de qualité, qu'il ne pouvait que déplorer d'avoir été son ravisseur.



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MessageSujet: Re: Running away was easy | feat. Esperanza   Mar 20 Mar - 10:55


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William & Esperanza
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Voilà ce qui arrivait lorsqu’on s’obstinait à croire que les pirates n’avaient aucun honneur. Pour la plupart des hommes qui déambulaient sur l’île de la Tortue, l’honneur n’était rien. Mais pour d’autres, ceux qui passaient leur vie à traquer les plus incroyables trésors que cachaient le fond des océans, l’honneur était tout.  Et puis William semblait avoir oublié un détail crucial…Esperanza n’était pas un homme mais bien une femme. Sournoise, observatrice et maligne quand il fallait l’être. Sa remarque lui prêta donc à sourire. Elle releva les yeux vers lui en haussant les épaules « Là est votre erreur. Vous ne me voyez que comme une simple pirate pourtant je suis bien plus. » lança-t-elle avant de détourner le regard furtivement. Si l’Anglais semblait se plaire à croire qu’il connaissait les pirates sur le bout des doigts, il était loin du compte. Son obsession l’aveuglait ce qui eut le mérite d’amuser la jeune femme. Esperanza ne releva pas sa dernière remarque. William avait été ignoble, la métisse s’était jouée de lui et elle l’avait payée. Lui en voulait-elle ? Pas vraiment. L’homme ne lui avait jamais rien inspiré d’autre que de la peine. Pour elle l’uniforme que portaient les hommes de la Compagnie des Indes n’était qu’une prison. Ces militaires n’étaient que des pantins, marionnettes au service d’autres. Elle avait simplement trouvé ça triste. Malgré ses muscles qui la tiraient encore depuis sa fuite et ses joues creuses, Esperanza compatissait. Elle se disait juste que William avait de la chance d’avoir fuis avec elle car les pirates s’ils étaient tombés sur lui, auraient sûrement fait de sa tête un trophée inestimable.

D’humeur taquine, Esperanza se mit à jouer les enjôleuses. Un rôle qui lui allait comme un gant. Malgré sa silhouette maigre, la jeune femme ne perdait pas de son toupet. Après tout même si elle n’était pas que ça, elle restait une pirate, une joueuse et charmeuse invétérée. Elle fut satisfaite de voir le trouble dans les yeux de William. Elle abaissa sa main lorsque ce dernier l’éloigna de ses mèches brunes. Esperanza soutint le regard de l’Anglais sans ciller. Ses lèvres étaient toujours courbées de malice jusqu’à ce que William ne s’éloigne d’elle. La jeune femme roula des yeux et revint s’accouder près du bord. Elle gardait la tête tournée vers l’Anglais qui semblait perturbé par la question de son ex prisonnière. La situation amusait Esperanza, William réagissait bien trop violemment pour qu’elle soit passée complétement à côté. Il affirma alors qu’elle n’était qu’une voleuse, une pilleuse, une pirate en somme. « Vous n’avez pas tort. » finit-elle par dire en s’approchant doucement de lui tandis qu’il continuait de pester. Néanmoins sa dernière phrase l’interpella et Esperanza ne put s’empêcher de rire.

C’était la première fois qu’elle riait. Oui la dernière réplique de William lui sembla improbable. Qu’entendait-il par d’autres circonstances ? Esperanza finit par arquer l’un de ses sourcils et puisa dans ses dernières forces pour mimer un combat. « Voilà comment je vous aurais terrassé dans d’autres circonstances. Ou peut-être auriez-vous préféré me voir à votre service, comme une pauvre esclave ? demanda-t-elle avant de faire une courbette nous savons bien que jamais je n’aurais été accepté lors de vos réceptions, coincée dans un corset qui m’aurait coupé la respiration. » elle secoua négativement la tête. Leur monde d’hypocrites la faisait vomir. Elle ne les avait jamais envié ces femmes, coincées au service de leur gentil mari. Réduites à être des ventres sur pattes, se contentant de tenir la maison. Esperanza aimait bien trop la liberté pour avoir un jour rêvé de cette vie. Si elle s’entichait d’un homme alors il fallait qu’il la comprenne et qu’il l’aime comme elle était. Toujours dans un esprit de défi, la métisse s’approcha un peu plus de William. Elle le fixa en réduisant la distance qui les séparait à néant. « En fait c’est ça que vous aimez, que je ne sois pas comme l’une de ces femmes. » cette fois ce n’était visiblement pas une question et Esperanza ne semblait plus rire pour un sou. Dans un sens c’était plus par défi qu’elle faisait ça. Dans un sens et aussi étrange que cela avait pu lui paraître, la jeune femme n’avait pas apprécié que William réponde à la négative. Question d’estime. Car bien qu’elle n’ait plus rien de très attrayant à ce moment précis, Esperanza aimait avoir le contrôle, elle aimait avoir raison. Surtout face à l’Anglais qu’elle considérait comme son camarade de jeu préféré depuis ces dernières semaines. Même si le jeu en question sembla devenir de plus en plus dangereux.



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MessageSujet: Re: Running away was easy | feat. Esperanza   Jeu 22 Mar - 14:57


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La pirouette d'Esperanza lui arracha un sourire. Malgré la fragilité de son corps, elle parvenait à trouver assez de force pour rester droite face à lui. La voyant gesticuler de la sorte, il se dit qu'effectivement, il aurait apprécié lui faire face lors d'un combat singulier pour voir de quoi elle aurait été capable. Elle n'avait pas eu l'occasion de se défendre, ni de se débattre lors de sa capture. William l'avait prise par surprise, mais il ne doutait pas de ses capacités physiques au meilleur de sa forme. Deux mois d'interrogatoires l'avait épuisé et physiquement amenuisé. Peut-être était-ce pour cela qu'elle n'avait tenté aucun geste hostile à son égard. Fini les crachas au visage et les projectiles intempestifs pour manifester sa colère. Elle n'avait même pas tenté de saisir le poignard à sa ceinture lorsqu'il l'avait porté dans ses bras. Pourtant, elle aurait pu lui trancher la gorge à tout instant, de même que lui perforer la poitrine. Non ça, c'était déjà fait, en quelque sorte. « En aucun cas ! » s'offusqua-t-il en secouant la tête lorsqu'elle évoqua l'esclavage. Jamais il n'aurait voulu d'elle comme servante. Elle avait bien trop de valeur pour cela. De femme ou d'homme, blanc ou noir, libre ou esclave, William n'avait jamais rencontré d'égal à Esperanza. Elle était tout ce qu'il abhorrait et tout ce qu'il aurait voulu être. Elle avait cette fougue, cet esprit indépendant qu'aucune fille de famille bourgeoise ne possédait. Elle savait comment gouverner un navire, connaissait chaque recoin des mers et des océans. Elle était capable de parler plusieurs langues, de se battre à l'épée et de tenir tête à n'importe quel adversaire, le tout en s'exprimant avec tact et dignité. Elle était belle à se damner et n'avait rien à envier à la dévotion des religieuses en matière de loyauté. De quel autre genre de femme William pouvait-il rêver ? Aucune ne lui arriverait à la cheville. « Probablement » avoua-il avec simplicité. Ne cesserait-elle donc jamais de lire en lui avec une telle facilité ? Il était tombé sous son charme, car elle n'était pas comme les femmes auxquelles il était prédestiné à unir sa vie de soldat. Mais à présent, il n'était plus un soldat, il n'était plus rien.

La jeune femme s'était approchée beaucoup trop près de lui. Bien plus près qu'elle ne l'avait fait de sa pleine conscience. William commença à se dire qu'elle cherchait à lui faire passer un message ou bien espérait-il qu'il en soit seulement ainsi. L'avoir si proche de lui, d'autant plus conjugué avec un tel regard, n'en finissait pas de le troubler. Cette fois-ci, il ne se déroba pas en sa présence. Il l'observa longuement, tentant de lire dans son regard ses intentions. Mais plus il l'observait, plus il se laissait séduire par son regard. Elle était bien trop insolente, trop intimidante, trop tentatrice à cet instant pour pouvoir le laisser complètement de marbre. Si bien que l'ancien Commodore ne pût s'empêcher de venir attraper le morceau de chemise tombant des épaules maigres de la jeune femme, pour le remonter sur sa peau nue. Ainsi, il apercevait moins sa poitrine attrayante, objet de désir charnel. « Étiez-vous sincère lorsque vous m'avez proposé de vous suivre ? » lui demanda-t-il avec intérêt. Cette phrase n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Elle l'avait fait tiquer, sans pour autant qu'il en ait montré cure au moment même. Cela paraissait insensé au vu de leur relation jusqu'alors. A sa place, ses camarades l'aurait tué à la moindre occasion et s'en seraient vantés sur les sept mers. Cela n'aurait été que justice après deux mois à crever la faim dans les cellules de Port-Royal. « Après tout ce que je vous ai fait subir... Voudriez-vous vraiment d'un homme comme moi à vos côtés ? » reprit-il en plongeant son regard incrédule dans le sien. Peut-être avait-elle d'autres plans pour l'avenir. Peut-être pouvait-il se fier à elle pour organiser la suite de leur fuite. Après tout, c'était une pirate. Elle avait de la ressource.  



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MessageSujet: Re: Running away was easy | feat. Esperanza   Lun 26 Mar - 21:44


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Il était amusant de voir comme les réactions de William étaient inattendues. Outre le fait qu’il ait tout risqué pour lui sauver la vie, l’Anglais n’avait en rien l’attitude d’un ancien militaire. La vision qu’il avait d’Esperanza intriguait l’intéressée. Il ne semblait pas la voir comme les autres pirates, il semblait lui attribuer une certaine valeur. Ainsi lorsqu’il s’offusqua à l’idée d’en faire une esclave, la jeune femme arqua un sourcil. A croire qu’il faisait exprès. Esperanza se demanda où était passé l’homme sans cœur qui l’avait affamée durant ces deux derniers mois. Quel était le vrai William ? Le commodore assoiffé de vengeance ou l’homme qui se trouvait face à elle. Homme qui avoua à demi-mot être tombé sous le charme d’Esperanza. Cette dernière –qui s’était approchée beaucoup trop près de son interlocuteur- parut véritablement surprise. Elle s’était attendue à ce qu’il nie une nouvelle fois, qu’il s’éloigne d’elle pour cacher son trouble et pourtant l’Anglais n’en fit rien. Ce fut à ce moment-là qu’Esperanza comprit que son adversaire reprenait les armes. Un sourire courba ses lèvres tandis que son regard continuait de percer celui de William.  Lorsqu’il remonta sa chemise, la pirate suivit son geste des yeux. Oh non elle n’y comprenait rien, ou plutôt elle trouvait cette situation invraisemblable. D’ailleurs la jeune femme préféra s’éloigner. Etait-elle sérieuse lorsqu’elle avait proposé à William de la suivre ? La pirate se pinça les lèvres. Elle jeta un bref regard vers l’immensité qu’offrait l’océan devant elle. Elle n’avait jamais navigué seule. Pourtant seule elle l’était désormais. Ses amis, ses camarades de toute une vie, étaient sûrement tous morts quant à Cook… Esperanza soupira « Probablement. » répliqua-t-elle à son tour. Elle revint capter le regard incrédule de William tout en gardant ses distances.

Après tout ce qu’il lui avait fait subir, voulait-elle vraiment d’un homme comme lui à ses côtés ? Le regard vert d’Esperanza s’intensifia de réflexion. Elle n’avait pas lancé ces paroles dans le vent, néanmoins les interrogations de William la firent douter un instant. Après quelques secondes de silence, la métisse haussa ses épaules frêles. « C’est à cause de ce que vous m’avez fait subir que je vous veux à mes côtés. Vous êtes têtu, sûrement autant que moi, et vous n’avez visiblement pas peur de prendre des risques. » lança-t-elle en croisant les bras. Ils étaient tous les deux en fuite et n’avaient plus aucun repère. Esperanza n’avait guère la force de s’engager dans de grandes aventures, elle n’avait plus aucune ressource. Sûrement que si elle décidait de quitter William, elle devrait s’adonner à des choses peu honnêtes pour survivre. Cette pensée lui glaça le sang, bien plus que les deux mois qu’elle venait de passer. « Déjà parlons de ce navire, vous appartient-il ? » demanda la métisse en observant le pont. Certes, cette embarcation n’en menait pas large, néanmoins elle serait assez robuste pour naviguer à travers les Caraïbes. D’abord il faudrait atteindre la terre. Bien qu’Esperanza ait du mal à l’accepter, le continent semblait être l’endroit le plus sûr pour le moment. Il faudrait qu’elle reprenne des forces, qu’elle reprenne des formes et de l’énergie avant de pouvoir affronter une nouvelle vie de cavale. D’après les dires de William, Anderson ne les lâcherait pas. Il faudrait donc trouver des alliés parmi les ennemis et de quoi les remercier. Ils ne seraient pas trop de deux pour réfléchir à leur vie future. « Je n’aurais jamais pensé finir avec vous mais bon… Vous m’avez prouvé votre valeur. » avoua Esperanza.

La rancœur n’avait pas sa place dans un moment décisif comme celui-ci. Les choses pourraient aller rapidement, à n’importe quel moment un bateau de la Compagnie des Indes pouvait surgir à travers la brume nocturne. Jamais les Anglais ne baisseraient les bras aussi facilement. Il fallait disparaître un temps, attendre qu’un pirate commette une atrocité bien pire que la trahison de William. Esperanza s’avança vers l’avant du navire et s’y pencha dangereusement. Elle se mit à prier les dieux marins pour qu’ils guident leur route. « Finalement c’est vous qui y gagnez puisque maintenant votre vie compte pour quelqu’un. » dit-elle assez fort pour recouvrir les clapotis de l’eau. Et jamais ô grand jamais Esperanza n’aurait pensé que ce quelqu’un serait elle. Il sembla clair que le destin avait parfaitement su se jouer d’eux…



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↳ Citation : « La femme est une promesse non tenue » – Claude Mauriac
↳ Multicomptes : Riley J. Nott
↳ Couleur RP : Olive



les petits papiers
↳ Copyright: minako (wife)
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MessageSujet: Re: Running away was easy | feat. Esperanza   Lun 2 Avr - 15:38


« running away was easy;
not knowing what to do next was the hard part. »



William & Esperanza
featuring

La redite d'Esperanza lui fit plisser la joue dans un sourire amusé. Avait-il un jour sourit avec autant de franchise ? Les risettes de circonstances, celles qu'il avait donné à ses alliés ou à ses supérieurs par respect de la hiérarchie ; celles-là, ils les avaient façonné depuis l'enfance, lorsqu'on lui avait demandé de tendre l'autre joue. A contrario, cette expression franche illuminant son visage, il ne l'avait pas souvent expérimenté, si ce n'était peut-être le jour où son père était venu à sa rencontre. Dans les deux cas, cela avait été significatif d'un tournant dans sa vie. D'un changement de cap brutal, vers un inconnu diablement excitant et salvateur. La jeune femme n'avait certainement pas encore conscience de ce qu'elle avait réussi à provoquer chez lui. Tout lui paraissait encore obscur. Elle se fendait de surprise et pourtant cette folie était caractéristique de William. Il se laissait toujours porter par le vent. Malgré ses engagements, ses croyances ou sa loyauté, il savait quérir sa chance, s'il voyait une terre plus verte à l'horizon. Esperanza était cette chance. Il n'avait pu la laisser mourir. Il ne pourrait sûrement pas la laisser partir. Le faire le priverait certainement de sourire. A tout jamais. « J'ai bien peur que non » avoua William dans un soupir. La goélette ne lui appartenait pas. Il aurait été bien trop stupide d’affréter un bateau de sa possession. A vrai dire, le Commodore – ancien-Commodore – venait de perdre ses trois navires de guerre en secourant Esperanza cette nuit-ci. Jamais plus il ne serait le capitaine d'une flotte entière.

L'anglais sourit largement au compliment volontaire ou involontaire de la jeune femme. Il comptait pour elle. Que ce soit en simple intermédiaire ou compagnon de route, il se sentait tout de même flatté. Il se demandait pourtant combien de temps cette courtoisie allait durer entre eux et surtout envers lui. Il savait à quel point Esperanza pouvait être sauvage et imprévisible. Bien que désireux d'obtenir enfin sa compassion, il ne pouvait s'empêcher d'entretenir une certaine réticence. Une inquiétude. Allait-elle lui faire faux bon à la première occasion ou tenter de l'égorger durant son sommeil, dès qu'elle aurait retrouvé un peu de force ? Une part de lui se méfiait des mots doucereux réchauffant son cœur épris et réconfortant son orgueil masculin. L'aimait-elle ? Le tolérait-elle ? Songeait-elle à une vengeance bien plus sinistre ? Elle avait fini par percevoir le trouble chez lui en sa présence. Elle pouvait très bien en jouer jusqu'à le faire plier et William n'était pas certain d'être de taille, si elle s'engageait dans cette voie. Les sentiments qu'il éprouvait pour la belle pirate le rendait déjà assez fébrile, sans qu'il ait besoin de se préparer à avoir le cœur anéanti. Pourtant, la punition n'en serait que méritée. La sentence ultime pour avoir succombé aux péchés d'orgueil, d'envie et de luxure. « Je vais négocier avec le capitaine pour effectuer une halte aux Antilles. Malgré tout, la route restera longue. Vous devriez aller dormir » conclut-il en se laissant convaincre par les mots de la jeune femme. Ils auraient sûrement besoin de se ravitailler sur la route. Les îles françaises étaient peut-être les plus sûres, puisque les deux peuples n'étaient pas réputés pour avoir une entente parfaitement cordiale. Un simple détour avant le continent pouvait s'envisager. William commença à tourner les talons, laissant la jeune femme à ses contemplations nocturnes. La vue de l'océan lui était aussi captivante que la sienne. Il lui était difficile d'en décrocher les yeux. Il s'inclina brièvement par réflexe en tapotant sa main contre son torse pour la saluer. C'est alors qu'il se rappela le bijou rangé dans sa poche intérieure. Un médaillon de petite taille, subtilisé à la pirate le jour de sa capture. Le Commodore l'avait jalousement gardé avec lui durant ses deux derniers mois dans son secrétaire. « Je pense que ceci vous appartient... » dit-il en tendant le précieux à la jeune femme. L'expression qu'il vit soudain se dessiner sur son visage lui confirma son hypothèse selon laquelle, il avait dû appartenir à quelqu'un de très cher à la pirate. Elle en semblait si bouleversée que William crut même entendre de ses lèvres s'échapper un remerciement. Mais il savait bien que ce n'était qu'un écho provenant des vagues.  

FIN



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