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 Russian Roulette || Kennan

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MASTER OF ILLUSIONS

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MessageSujet: Russian Roulette || Kennan    Mar 27 Fév - 2:24






Kenneth & Roman
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Le vent s’engouffrait à travers l’ouverture béante qu’était autrefois la porte de l’appartement.  Son hurlement sourd, brutal, lissait l’écho des cris qui avaient résonné auparavant dans l’étroit salon. Mais d’hommes, plus une trace. Juste les restes d’une vie interrompue, suspendue entre deux minutes infinies. Une tasse de café tiédissait encore sur le comptoir. Des vêtements, du verre brisé, une chaussure jonchaient le sol. Mais le pire, c’était cette tâche de sang sur l’angle de la table basse. Les gouttelettes qui en tombaient battaient inlassablement les secondes, trop longues, trop courtes, alors qu’elles s’écrasaient lourdement sur le linoléum abîmé.

Ploc.

Ploc.

Ploc.

De l’eau coulait, derrière lui. A moins que ça ne soit sur le côté, Roman n’en était pas certain. Tout ce qu’il savait, c’était que le bruit était ce qui l’avait tiré de l’inconscience. Un son entêtant, irritant et régulier, comme un métronome sur lequel caler les battements erratiques de son cœur. Sur lequel se calait le bourdonnement d’une douleur vive, au niveau de sa tempe. Quelque chose d’humide, tiédasse, imprégnait son début de calvitie. D’instinct, il tenta de passer ses doigts pour en déterminer la nature. Sauf qu’il n’y arriva pas. Ses poignets étaient entravés dans son dos par quelque chose de rêche, de dur. Une vieille corde ? Il tenta d’ouvrir les yeux. Se retrouva confronté au deuxième problème de ces dernières minutes. On avait glissé un tissu sur sa tête, qui l’empêchait tant de voir que de respirer. Ses inspirations se firent plus rapides, à mesure que la panique croissait. Désespérément, le Russe contracta ses muscles, dans l’espoir futile de se libérer des liens. En vain. Bien sûr. Il tenta une seconde fois, en y mettant plus de cœur.
Les liens étaient bien trop fermement attachés autour de ses poignets, et si ses jambes ne semblaient pas entravées, elles étaient bien trop faibles pour le soutenir s’il se redressait. D’autant que ses mouvements avaient provoqué une saillie de douleur dans son front, le poussant à se recroqueviller. L’odeur métallique du sang se mêla à celle de son haleine, comprimées par le tissu. Jusqu’à ce qu’il hurle, hurle à s’en arracher les cordes vocales, hurle à s’en éclater les poumons, dans l’espoir que, peut-être, quelqu’un mettrait fin à cette mascarade.

Ses cris se répercutèrent tout autour de lui, lui revenant en échos distants. Il se trouvait entre des murs, oui, qui étaient soit loin, soit très hauts, soit... Soit les deux. A en jauger par le sol froid, brut et couvert de débris, le sorcier estima qu’il devait se trouver dans un endroit peu fréquenté. Probablement abandonné depuis l’Apocalypse. Enfin, jusqu’à présent, en témoignaient les claquements de souliers qu’il entendit se rapprocher sur sa droite. Son cœur s’accéléra. La panique lui serrait la gorge. Il s’agita de nouveau, ses talons glissant dans la poussière, les entraves lui refusant la moindre forme de mobilité. Son estomac se creusa violemment à l’approche de l’inconnu, présage d’un mauvais, un très mauvais moment à passer. Mais bordel, c’était quoi ce merdier ?

-Tu te sens con, hein, Ievseï ?


***


Tout s’était passé si vite. La nuit avait déjà renversé son encrier sur toute la ville, jetant sur la Nouvelle Orléans un ciel noir, sans étoiles. Un ciel d’hiver froid et mordant, contre lequel Roman ne s’était pas suffisamment préparé. La tête enfoncée dans ses épaules, pelotonné dans son blouson de cuir, le kinésithérapeute s’était précipité à travers les ruelles pour rejoindre son appartement. D’ordinaire, il mettait une petite vingtaine de minutes pour rentrer chez lui à la seule force de ses guibolles, mais pas cette fois-ci. Cette fois-ci, il s’était précipité au point de réduire la moyenne de moitié, concentré uniquement sur sa progression, et rien d’autre. Depuis des mois, depuis l’altercation qu’il avait eue avec Andreï, le vieux sorcier sentait ses entrailles se tendre à chaque fois qu’il mettait un pied dehors. La sensation d’être suivi depuis tous ces mois n’avait cessé de s’accentuer, aiguisant une paranoïa déjà trop naturelle en ce qui le concernait. C’était pour ça qu’il avait défini de nouvelles routes, de nouveaux raccourcis pour rejoindre son lieu de travail, pour cela qu’il ne prenait jamais le même chemin deux jours de suite. Mais la sensation ne partait jamais. A chaque pas qu’il faisait à découvert, c’était comme si une paire d’yeux perçants se fixait directement sur lui. Qu’ils fussent humains ou monstrueux, Roman n’en savait rien. Tout se brouillait, ces temps-ci. Tout se brouillait depuis cette nuit.

Alors il n’avait pas réfléchi, ce soir-là. Avait tracé sa route en se disant que le plus vite il serait rentré, le mieux ce serait. Le plus vite il aurait franchi la porte à triple verrous de l’appartement familial, le plus tôt il serait en sécurité. Et s’il avait besoin de se rassurer, il y aurait toujours le pistolet de contrebande, armé, qui l’attendait sagement dans un des tiroirs de leur minuscule cuisine.
Cette certitude bien ancrée dans son esprit, il avait fini par rejoindre ses pénates. Soupirant lourdement, il repoussa la porte d’entrée derrière lui en laissant la clé dans le verrou, comme à son habitude. Avant rejoint l’étroite cuisine pour faire réchauffer la tasse de café qu’il avait abandonnée le matin-même. Lizzie et Colin étaient tous les deux de sortie, pour la première fois depuis une éternité. Mikkel était occupé jusqu’à tard, aux dernières nouvelles, et Roman avait la vague sensation que son aîné allait découcher une fois de plus. Le monde avait beau crouler sous la merde, ses enfants étaient tout de même capables de trouver matière à vivre. Malgré la maladie de Lizzie. Malgré le danger duquel ils n’avaient été que trop prévenus. Avec un pincement au coeur, le Russe considéra leur demeure dénuée du moindre signe de vie. C’était la première fois qu’il passait une soirée en solo, depuis des mois. Au fond, il espérait que Mikkel passe.
Mais il n’y croyait pas.

Une crampe violente, dans son estomac. Il eut tout juste le temps de poser sa tasse de café pour se tordre en deux, avant de voir la porte d’entrée s’ouvrir avec violence. Heurter le mur du vestibule, faisant tomber tous les manteaux accrochés pèle-mêle tout autour d’elle. Quatre silhouettes massives, cagoulées, s’engouffrèrent aussitôt dans l’ouverture.

Ils luttèrent. Roman s’était défendu. Tout du moins avait-il tenté.
Les coups s’étaient mis à pleuvoir.
Ses pieds avaient dérapé.
Il avait perdu l’équilibre.
La dernière chose qu’il vit avec clarté, c’était le coin de la table basse qui se rapprochait dangereusement de son visage.


****


-T’es salement lent pour un assassin.
-Mais putain qu’est-ce qui se passe ?!
-Tu te poses vraiment la question, putain d’enfoiré de buteur de gosses ?!


Quelque chose de dur et froid s’abattit sur sa joue droite, lui arrachant un hurlement de douleur. L’inconscience le happa avant même qu’il n’ait touché le sol.


****


L’Usine Abandonnée. Dit comme ça, ça peut foutre les foies, et pourtant elle n’avait d’abandonné que le nom, cette usine. Connue d’aucun pour la quantité de deals qui pouvaient s’y faire, la grande bâtisse délabrée accueillait tant les courant d’airs que les rats en tous genre. Animaux et humanoïdes. Les bas-fonds s’étaient mis à frémir à l’annonce de la nouvelle. Une des cibles d’Andreï Ievseï s’était juré de lui rendre la monnaie de sa pièce. Certes, ils étaient nombreux à avoir fait ce type de promesses, après avoir perdu un ami, un bras droit, un homme de main ou un simple pion négligeable. Mais jamais personne n’était allé aussi loin que Sanctimonious James. La rumeur allait bon train. A la tête d’une bande de dealers reconnue sans être jamais arrêtée, faute de pistes concrètes côté milice, Sanct’ avait essuyé de lourdes pertes quelques mois plus tôt. On se fait pas toujours des potes, dans ce type de métiers. La preuve, un gang concurrent avait proposé une somme coquette au premier qui lui apporterait la tête de son fils sur un plateau d’argent. Quelqu’un avait pris le contrat.
Quelqu’un, surtout, avait rempli le contrat.

Le monde tout entier de Sanct’ s’était écroulé, lorsque les trois corps lui étaient parvenus. Son fils, et deux de ses bras droits, aussi glaciaux que New York. L’un d’eux était méconnaissable, mais James n’en avait eu rien à foutre. Parce que son fils, la chair de sa chair, était mort.
Parce que le connard qui lui avait foutu une balle entre les deux yeux allait payer.

Ca avait pris des mois, mais il avait fini par retrouver sa trace. L’assassin n’avait pas agi seul, selon les témoignages. Le fameux Ievseï, un mythe plus qu’un homme, un assassin méthodique qui, sans se cacher réellement, échappait pourtant toujours à ses détracteurs. Selon les murmures glanés çà et là, le mythe était grossi par le fait que plusieurs personnes utilisent ce patronyme. Certains avaient vu un blond barbu, l’air hirsute et fuyant, d’autres prétendaient avoir vu un grand brun au sourire de chacal qui parlait plus qu’il n’agissait réellement. Les informations ne s’arrêtaient pourtant pas à si bon compte. Une jeune blondinette se faisait appeler comme ça, un dealer de shit aussi, et, enfin, un kinésithérapeute aux airs biens sous tous rapports. Ievseï était une créature tentaculaire qui se déployait dans toute la Nouvelle Orléans, ses multiples pseudo-incarnations nourrissant la légende, mais Sanctimonious James était tombé sur un détail de choix : des témoins avaient entr’aperçu un tatouage étrange, un enchevêtrement de cercles savamment encrés dans sa peau.
Il n’avait plus fallu procéder que par élimination. Après une observation rapprochée, il avait fini par apercevoir le tracé complexe, juste un flash, sur la peau d’une des têtes de l’Hydre. James n’avait pas dit lequel c’était à ses concurrents, ni à ses amis. Mais il était persuadé d’avoir choppé la bonne.

Et tout le monde le croyait.

Ils étaient une petite poignée, à divaguer dans l’usine le temps que James et son gorille fassent la peau à Ievseï. Il avait des comptes à lui rendre, et la nuit était encore jeune. Ils avaient le temps. Les hommes s’étaient réparti l’espace dans les lieux, deux surveillants à l’entrée, quatre patrouillant dans le sein de l’usine, et trois autres en poste à l’étage. Sanct’ et Blair, son homme de main, s’étaient réservé l’une des rares pièces qui fermât encore dans les profondeurs de l’usine, à l’étage. Un endroit d’où ils étaient certains que personne n’entendrait hurler Ievseï, si jamais ce dernier décidait de donner de la voix.
D’autant que personne ne viendrait jamais le chercher. Il n’avait pas d’amis, c’était bien connu.

Affectés à l’entrée, Zed et Kevin avaient tiré deux caisses en bois vides depuis belle lurette pour s’asseoir. Un brasero bricolé dans un vieux tonneaux en métal diffusait une lumière chancelante, éclairant à peine la friche qui entourait tout le bâtiment. S’y réchauffant les mains, leurs armes posées à leurs pieds renvoyant les éclats du feu, ils marmonnaient. Enfin. Zed marmonnait.

-T’as pas mis assez de bois dans le feu, connard, on y voit que dalle !
-Estime-toi heureux que j’aie pas pissé dans le feu pour le calmer.
-Et il est fier de lui, en plus, ce con !
-Ecoute, on a choppé Ievseï, personne pensera jamais à le chercher ici, j’trouve qu’on s’en sort pas si mal !
-Ouais... J’en reviens pas qu’on y soit arrivés. T’as pensé à mettre un truc devant le trou dans le mur, derrière ?
-Mec détends-toi, personne passera par là. Et au pire, j’ai mis de la tôle. Si ça bouge, on entendra le bruit.
-Mais qu’il est con... J’suis même pas sûr que les autres entendent s’il se passe un truc ici remarque.
-T’as fini de flipper pour que dalle ? Personne viendra.
-Personne d’aussi con que toi, c’est sûr.
-Personne d’aussi parano que toi, ouais.


Tout occupés à leurs chamailleries, ils lâchèrent le brasero, brandirent leurs armes et continuèrent de se renvoyer la balle. Jusqu’à ce qu’un craquement se fasse entendre dans les fourrés avoisinants.

-T’as entendu ?
-Bouge pas, connard, j’vais voir.


Kevin, le plus charpenté et moins vif des deux, empoigna son pistolet et s’approcha des bosquets, le regard de Zed braqué sur ses larges épaules.




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Moi Renart

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MessageSujet: Re: Russian Roulette || Kennan    Mar 27 Fév - 20:23






Kenneth & Roman
RUSSIAN ROULETTE

Tout devenait plus aisé avec les habitudes.

Les habitudes environnementales pour commencer.
Dans cette ville, si je n'étais pas réellement à ma place, c'était désormais tout comme. Je connaissais la Nouvelle-Orléans comme ma poche et je savais tendre l'oreille au bon moment aux bons endroits. J'avais appris au fur et à mesure de mes expériences et si parfois mon uniforme de Shadowhunter n'aidait pas à obtenir des informations dans les bas fonds de la ville, il me permettait d'avoir accès à des dossiers confidentiels qui contrebalançaient cet handicap.

Néanmoins, aujourd'hui, je ne devais rien à mon ensemble noir comme l'ébène.

J'en venais donc aux habitudes que le renard au fin fond de mes entrailles avait instauré de lui-même avec les années. Ses dons notamment. Une ouïe, une olfaction et une vision développées, pour ne citer qu'elles. Et c'était exactement ces compétences qui m'avaient permis de me retrouver à proximité de l'usine désaffectée.


* * *


Mes oreilles de renard traînaient partout, en permanence. Et mon cerveau avait appris à filtrer les informations qu'elles recueillaient. Alors, lorsque le nom Ievseï fut prononcé, je fus aux aguets. Parlaient-ils de Mikkel ? Je prêtais attention à chaque mot utilisé et analysais les données prudemment. Usine désaffectée, Sanctimonious James, revanche, jeune fils assassiné. Les mots clés semblaient clairs et il était aisé de reconstruire la situation dont la plèbe parlait. Si en temps normal cela aurait été le cadet de mes problèmes, quelque chose me dérangeait. Le nom « Ievseï ». Il y a quelques temps déjà, je m'étais dit que je devrais arrêter de couvrir cet inconscient et abruti de Mikkel. Pourtant, je peinais à lui tourner le dos. Je ne savais pas d'où je tenais une telle loyauté, mais il semblait que ce trait de caractère était bien ancré en moi. Une dernière fois ; je sauvais son cul, je le sermonnais et ensuite j'en aurais fini avec ce type. Je ne pouvais pas me permettre de me mettre en permanence en danger pour lui. Il faudrait qu'un jour il affronte les conséquences de ses actes. Pourtant, quelque chose ne collait pas. Mikkel assassiner un enfant ? Que s'était-il passé exactement ?

Son appartement montrait clairement qu'il y avait eu une confrontation. Les odeurs se mélangeaient et me rendaient encore plus confus que je ne l'étais déjà. Oui, il y avait clairement quelque chose qui ne collait pas ; et si mon instinct me répétait qu'il y avait une erreur quelque part qui s'était glissée dans mon analyse, ma curiosité avait pris le dessus. Je voulais comprendre. L'odeur du sang m'avait toujours attiré plus que toutes les autres et si je n'étais pas sûr de savoir pourquoi, j'essayais d'en faire abstraction pour me concentrer sur les cibles que j'allais rechercher. Ce n'était pas l'odeur de Mikkel qui prédominait dans mes narines. A vrai dire, je pouvais la sentir dans l'air, mais c'était comme s'il n'avait pas été ici depuis plusieurs heures alors que je pouvais être certain que la confrontation était plus récente que ça. Une nouvelle incohérence qui fit froncer mes sourcils et frémir mes moustaches de renard.


* * *


J'avais suivi les odeurs les plus récentes, les plus fortes. Je ne reconnaissais aucune d'entre elles. Mais tout ce cirque m'avait conduit à l'usine désaffectée sans aucune erreur possible. La plèbe n'avait pas menti, même si je peinais encore à faire tous les liens. A ce stade, j'étais dominé par l'excitation et la curiosité. J'en oubliais ce que je cherchais vraiment, et à vrai dire, si ça avait été l'inverse, je n'aurais pas été là. Tout contredisait la présence de Mikkel dans cette usine ; mais tourner le dos à Sanctimonious ? Un fin sourire vorace se dessina sur mon visage. Depuis combien de temps la milice souhaitait coller cet enfoiré au trou ? Peut-être était-ce ma chance.

Je me méfiais toujours de mes propres compétences, même si j'avais la plus grande confiance en moi et en mes capacités. Je n'étais jamais à l'abri de la défaillance et à vrai dire, c'était ce que je craignais le plus. J'étais un homme chanceux : j'avais des dons exceptionnels grâce au rouquin ; néanmoins, je ne savais jamais s'il était réellement de mon côté ou non. Impossible de savoir jusqu'où allait sa bienveillance et sa fidélité envers moi. Il me semblait qu'à l'instant même où il pourrait me dominer totalement, il n'hésiterait pas la moindre seconde, quitte à m'écraser moi, l'homme que j'étais, dans le processus. Était-ce possible après tant d'années que je perde le contrôle ou que je sois privé de mes dons brutalement lorsqu'il le déciderait ? J'en doutais, mais nous n'étions jamais assez prudents. Tant que je ne savais pas tout sur l'animalité qui m'habitait, il était plus sûr de m'attendre toujours au pire et ceci dans les pires situations. Mikkel, si c'était réellement Mikkel qui était enfermé dans cette vieille usine délabrée, avait intérêt à avoir une bonne raison pour s'être mis dans cette situation, car je risquais ma peau pour ce type.

Ici, j'étais dans mon univers ; à distance de la ville, caché dans l'obscurité. Que la nuit soit noire ou non, je voyais suffisamment grâce à mes yeux de renard. Un sévère avantage sur mes ennemis, en considérant qu'ils n'étaient pas des métamorphes eux aussi. Mes pas légers m'avaient guidé au plus près tout en maintenant une distance suffisante pour rester parfaitement caché. J'observais calmement le pattern des deux gardes devant l'usine ; mais ils n'en avaient pas. Tout ce qu'ils se disaient atteignait facilement mes oreilles. Des idiots ; ou en tout cas en apparence. S'ils étaient là, peut-être qu'il y avait une bonne raison, et les sous-estimer n'était pas une erreur que je pouvais me permettre. Prudemment, je laissais mon pied écraser bruyamment des brindilles sur le sol. Sans surprise aucune, cela alerta les idiots du village qui réagirent exactement comme je l'attendais : ils se séparèrent. A partir de cet instant là, je savais que j'allais me débarrasser d'eux très rapidement.

A pas de félins, je contournais ma position pour atteindre l'homme resté en arrière pendant que celui qui était parti vérifier ce qu'il se passait s'éloignait prudemment de son poste. J'attrapais le cou de l'homme et l'étouffais, prenant soin qu'il s'évanouisse avant de ralentir sa chute sur le sol pour être le plus silencieux possible. Je récupérais son arme sans quitter l'autre homme des yeux qui continuait d'analyser les environs tel le naïf qu'il était. Je me hâtais alors de le rejoindre, toujours aussi prudent et discret. Un coup de crosse dans sa tête plus tard, son cas était réglé.

Maintenant que l'entrée de l'usine désaffectée était libre, je ne perdis pas de temps et passais la porte dans un grincement typique de métal rouillé. J'avais gardé l'arme que j'avais récupérée un peu plus tôt, juste en cas de besoin. Je ne ferai pas l'erreur d'utiliser mon arme de service ; néanmoins, il valait mieux que je sois armé si les choses dégénéraient et que je ne réussissais plus à rester aussi furtif que je le souhaitais.

Si tout était calme et obscure au premier abord, je pris quelques secondes pour analyser mon environnement, laissant mes sens prendre possession des lieux et me donner toutes les informations nécessaires pour me débarrasser des prochains gardes. L'odeur du sang caressa mes narines très vite et je relevais les yeux spontanément. Le même que celui dans l'appartement, il était aisé pour moi de l'identifier. Et la personne à qui appartenait ce sang était à l'étage. Je réalisais que je commençais un peu trop à connaître cette usine pour y avoir mis les pieds bien trop souvent pour des affaires illégales ou quelques sales missions. Une usine abandonnée ? Mon cul oui. Il serait assez intéressant de détruire ce vieux bâtiment pour réduire quelque peu la criminalité de la Nouvelle-Orléans, car cela perturberait plus d'un fauteur de troubles dans la ville.





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MessageSujet: Re: Russian Roulette || Kennan    Ven 16 Mar - 1:34

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Revenir à lui comportait sa part de désagréments. Ce goût métallique de sang sur son palais, pour commencer, qui eut pour don de lui soulever l'estomac. Les sens engourdis par la douleur qui tonnait contre son crâne, il fallut une poignée de secondes à Roman pour comprendre qu'une main puissante s'était glissée sous son aisselle pour le soulever. Des doigts énormes, de ce qu'il sentait, qui broyaient des muscles dont il avait oublié l'existence. A travers les fibres du tissus devant ses yeux, il pouvait apercevoir le clignotement de lumières blanches. Et rien d'autre. Comme si tout avait été prévu pour qu'il perde toute notion du temps, du lieu, de l'heure.
Non, pas comme si. Tout avait été prévu. Un calcul maîtrisé s'il en était, car il n'avait strictement aucune idée d'où il se trouvait, de la date, de l'inclinaison du soleil. Combien de temps avait-il été inconscient ? Et, surtout, que lui voulaient ces types ? Etaient-ils nombreux ? Armés ? Inspirant profondément par les narines, il tenta de déchiffrer les odeurs. Mais tout ce qu'elles parvinrent à capter, ce fut l'odeur rance, malsaine, qui imprégnait les fibres du sac en tissu sur sa tête.
Un mélange de peur, de sueur et de sang. Les siens.

-J'te croyais plus résistant pour un assassin, tu me déçois, Ievseï.

La voix rauque de l'homme qui menait la danse, depuis le tout début de cette mascarade, s'était élevée sur sa droite. Les mains puissantes le poussèrent à s'asseoir sur une surface bancale en métal. Tournant maladroitement la tête dans la direction générale du bavard, Roman siffla entre ses dents.

-Mais putain, j'ai aucune idée de quoi vous parlez !

Son coeur cognait fort. Si fort contre sa cage thoracique, menaçant de fracasser ses côtes à chaque secousse. L'appréhension se mêlait à la terreur, l'angoisse coulait le long de son échine en une sueur épaisse, glaciale. Mais les gars n'en avaient clairement pas fini. Une voix profonde claqua sur sa gauche. Un autre homme, probablement le propriétaire des doigts qui empoignaient à présent brutalement son col. Roman ferma les yeux, par réflexe.

-On ferme sa gueule devant le Boss, fils de pute !

Il se serait attendu à ce que le gars lui resserve un coup dans la tempe, comme quelques minutes plus tôt. Ou quelques heures, il n'en savait trop rien. Mais pour varier les plaisirs, ce fut à son genou de craquer sous la violence du métal. Roman hurla.
Son cri se répercuta sur les murs trop grands, trop hauts, trop lointains. Et, avec sa voix s'envolèrent tout espoirs de revoir un jour le visage de ses enfants.


****


L'écho de hurlements, une voix d'homme, résonna dans les couloirs de l'usine, interrompant le simulacre de calme qui régnait entre les vieux murs. Un fantôme ? La plainte des nombreuses âmes qui devaient hanter les lieux depuis qu'ils étaient à l'abandon, victimes de trahisons ou d'autres commerces douteux qui auraient mal tourné ? Ou juste les jérémiades du vent qui s'engouffrait bruyamment dans les ouvertures dénuées de verre ? L'écho était suffisant pour couvrir le murmure de conversations, étouffées, des quelques hommes de Sanctimonious qui patrouillaient encore au rez de chaussée. Des hommes armés, tout autant qu'ils étaient, mais pas seulement. Le mafieux avait très vite compris qu'avec l'Apocalypse, quelque engeance démoniaque avait commencé à peupler la surface encore habitable de la planète. S'était entouré de ces étranges créatures, leur offrant une paie suffisamment grasse pour leur permettre de se servir de leurs pouvoirs.
Vraiment très grasse. Chacun avait été choisi soigneusement selon un éventail varié de capacités.
Sauf Zed et Kevin, plongés dans les abîmes doucereux de l'inconscience devant l'immense porte de l'usine. Le nez dans les broussailles, délesté de son arme, le blond nageait entre deux eaux. Le brun, lui, n'en menait pas plus large. Si ce n'était pour le grésillement de la radio glissée dans la poche de son treillis, qui résonna trois fois avant de s'éteindre, le vigile ne répondant pas à l'appel.

Si l'ombre de l'intrus s'était faufilée souplement dans les entrailles du bâtiment, ce n'était pas sans risque. De nuit, il était plus difficile de repérer les monceaux de débris et autres détritus qui jonchaient le sol bétonné. Ses pas le portèrent le long d’un large corridor jonché de portes défoncées. Ces dernières n’amenaient à aucun lieu particulièrement. Juste quelques bureaux qui avaient vu des jours meilleurs, délestés depuis longtemps de tout ce qui pouvait avoir un semblant de valeur. De petits boxes qui n’avaient déjà plus aucun intérêt avant l’Apocalypse.
Le couloir s’achevait sur une double-porte entre-baillée. L’ouvrir amenait à un petit escalier de quatre marches, et dévoilait une large salle de production. D’immenses machines menaçaient de toucher un plafond suranné, percé par endroits, étendant leurs larges ombres sur les différents tapis de distribution qui les traversaient. Des pieuvres de métal, rouillées et moroses, que la vie avait quitté en même temps que les employés et l’électricité, une dizaine d’années plus tôt. Nul ne se souvenait plus de ce qu’on y produisait, mais d’aucun s’y servait toujours régulièrement en pièces, boulons et ressorts. On fait feu de tout bois, en période de crise. Il était même surprenant que l’ensemble des machines, rayons, tapis de production et autres matériaux n’aient pas encore été totalement désossés avec le temps.
La pièce s’étendait jusqu’aux murs extérieurs, s’enfonçait vers les tréfonds du bâtiment pour s’achever sur deux pièces distinctes : un dépôt dépouillé de son contenu, et une zone assez spacieuse destinée à accueillir d’antiques camions qui à défaut de prendre la route avec leur chargement, prenaient la poussière. Au fond de la zone de livraison, un escalier en métal permettait l’accès à la passerelle qui supplantait la salle de production et permettait l’accès aux bureaux, à l’étage. L’unique accès à l’étage, si ce n’était pour l’échelle de secours contre le flanc du bâtiment, malheureusement bloquée à mi-parcours par un excès de rouille. A moins d’être souple et d’escalader les étagères du dépôt en espérant qu’elles ne ploient pas sous son poids, ou de bondir assez haut pour attraper les derniers barreaux de l’échelle de secours, la seule solution viable pour rejoindre l’étage restait l’escalier dans la zone de livraison.

Le seul problème étant les quatre gardes restants, au rez de chaussée. Deux d’entre eux patrouillaient, leur arme en main, le long des immenses machines, constamment, sans logique définie dans leurs pas. Un homme taillé comme un taureau, ses deltoïdes durs comme le roc, et une femme de carrure fluette aux cheveux roux rasés au millimètre. L’homme, Dennis, pressa le bouton de sa radio. Couvrit le grésillement d’un juron, pressa deux nouvelles fois et rendit un regard mauvais au haussement de sourcil de sa camarade.

-Zed répond pas...
-Il est sûrement en train de s’engueuler avec Kevin, le connaissant.
-J’ai un mauvais pressentiment, Claire.
-Tes machins de bonimenteur, là ?
-Ferme-la. T’as rien entendu ?

Elle secoua la tête, convaincue. Non, elle n’avait rien entendu, si ce n’était un nouveau hurlement d’agonie qui provenait du bureau patronal, à l’étage. Serrant ses doigts autour de son arme, elle se concentra. Elle n’avait rien entendu de particulier, ses oreilles suffisamment fines de par sa nature pour s’assurer que tout aille bien. En revanche, ses naseaux, eux, avaient potentiellement repéré quelque chose.

-Tu trouves pas que ça renarde vaguement ?
-Je sens rien, non.
-Hmmm... Dis à Blair que tout va bien, faut que je m’isole.


****


-... rien ... signaler chef...
-Jack, la passerelle ?
-... Claire se la joue Vache qui Rit en bas, mais RAS chef...

Le crépitement d’une radio, les bruits de coupures, les hachures qui feutraient une multitude de voix que Roman ne connaissait pas. Il ne régnait plus aucun bruit, dans cette pièce, sinon le vacarme assourdissant de son propre coeur, jusqu’à ce que le type qui distribuait les coups s’interrompe pour jouer de la radio avec ses potipotes. Le sang coulait de sa tempe, une douleur sourde dans son genou atténuait la douleur de son crâne. Délocaliser la douleur. Une technique qu’il employait régulièrement dans son cabinet, avec ses patients, pour qu’ils pensent à autre chose que la torture de se faire triturer dans tous les sens.
Putain, pourquoi il pensait à ça maintenant ?

-Puisque je vous dis que je suis pas au courant !
-J’sais pas pour qui tu bosses, ou qui tu couvres, connard, mais j’en ai marre que tu me serves encore et encore la même sauce. Oh non, m’sieur l’agent, je suis innocent ! Oh non, c’est pas moi qui ai abattu froidement votre fils, m’sieur Sanc’ ! Mais laisse-moi te dire quelque chose, fils de pute. C’est mon gosse que t’as refroidi. C’est mes hommes que j’ai retrouvés la gueule en bouillie.

Sueur froide. Tout le corps du Russe se gela.
Alors c’était donc ça.
C’était donc la rétribution pour cette nuit-là.
Il put sentir que quelqu’un approchait de son visage. La voix du bavard lui parvint, bien en face de lui, son ton virant dans les basses, son intensité limpide.

-Et crois-moi, Ievseï. Je sais qui t’es. J’ai vu ton putain de tatouage. Y’a pas deux cons qui l’ont, y’a que toi. Alors je vais bien prendre mon temps, parce que je mérite bien ça après ce que tu m’as fait. Blair, allonge notre invité. On dirait qu’il a soif.

Une main tira le sac de jute en arrière. Les liens qui le tenaient au niveau de son cou se ressérèrent sur sa glotte, l’empêchant de respirer. Obtempérant aussitôt, la bouche grande ouverte, Roman inspira un grand coup. Jusqu’à ne plus pouvoir, une cascade d’apparence infinie infiltrant le maillage étroit du tissu pour le noyer aussi sec.


****


De lourdes inspirations, derrière une machine. Des sons écœurants, brisures d’os, malaxage de viande. Jusqu’à ce que deux sabots s’abattent brutalement sur le béton suranné, et que la vachette s’extraie de la masse difforme de sang de et chairs déformées. Claire ébroua sa large tête cornue, souffla nerveusement par ses naseaux. Sa connexion avec la bête n’était pas parfaite, mais elle l’était suffisamment pour ne pas s’oublier en cours de transformation. Et elle avait cru apercevoir une ombre fugace entre deux machines. Investiguer les lieux, soit. Mais pas sans la vachette rousse. Une bestiole nerveuse et résistante, rapide et violente. Les sabots claquèrent entre les différents tapis de production, ses yeux noirs évaluant rapidement les alentours là où elle avait repéré une silhouette. Aucune présence, si ce n’était cette odeur désagréable. Non, pas Dennis. Lui, elle en connaissait l’odeur, même si elle n’était pas phénoménale. Une autre.
Un intrus ?

Soufflant nerveusement par les naseaux, il donna un coup d’épaule contre la machine pour signaler sa présence à son camarade sorcier avant de suivre la piste. Ses sabots permettaient de suivre aisément sa trace, accaparant l’attention de Jack, la sentinelle postée sur la passerelle, alors qu’il suivait la vachette rousse du regard. A l’angle opposé de la pièce, Dennis, sorcier Illusionniste et cogneur professionnel, poursuivit sa ronde. Une de ses mains sur son arme. L’autre, elle tenait fermement la radio au niveau de son visage. Il pivota sur ses pieds, le trousseau de clés à sa ceinture émettant un tintement bruyant.

-Raùl, Claire a flairé un truc.
-Pigé, j’suis pas loin.

L’homme posté dans la zone de livraison passa rapidement la porte, arme en main, pour rejoindre les tréfonds de la salle de production. Ils avaient suffisamment répété l’exercice pour savoir quoi faire, en cas de doute. Deux hommes en bas de l’escalier valaient mieux qu’un. Pour peu que les doutes de Claire et Dennis viennent à se tasser, il reprendrait sa position au fret. Mais pas avant.

La vachette louvoya souplement entre les machines, suivant la piste. Avant de s’arrêter pour racler le sol de la pointe de son sabot, alertant Jack sur sa passerelle.
Elle avait vu quelque chose.
Quelque chose qui renardait beaucoup trop pour son museau sensible.
Cornes les premières, elle fonça droit devant elle.
Dennis, lui, se concentra. S’il repérait la cible de sa camarade, l’illusion serait absolue. Qu’il s’agisse d’un simple rat. Ou d’autre chose.



Bonus:
 

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MessageSujet: Re: Russian Roulette || Kennan    Ven 16 Mar - 22:52

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Je pouvais distinctement entendre les cris résonner depuis ma position et je me figeais par pur réflexe, laissant mes yeux naviguer davantage sur l'environnement qui m'entourait. Bon Dieu de merde, il fallait que je me bouge le cul. Sortir un cadavre de la vieille bâtisse n'arrangerait pas mes affaires. Visiblement, je n'étais pas le dernier des salopards, car si entendre des cris de torture m'avait toujours écoeuré au plus profond de moi-même, cette fois-ci je sentis une véritable motivation émerger de mes entrailles. Comme en parfaite symbiose avec mes pattes et l'animal au fond de moi, quelque chose était en train de changer. Je devais sortir Ievseï de là, et ceci même si je devais perdre quelques mèches rousses dans le processus. Je ne me connaissais pas aussi déterminé et altruiste, mais je ne pouvais plus reculer. Je pouvais sentir l'adrénaline déferler dans chacun de mes vaisseaux sanguins et le renard, désireux de prendre le dessus, était prêt à y mettre toute son énergie également pour que cette mission soit une réussite. Je crois que depuis toutes ces années, c'était la première fois que nous étions si liés dans l'adversité. Peut-être un tournant important dans notre relation, ou alors un hasard pour cette fois-ci ? Aucune idée. Le fait était que je ne disais pas non à son soutien et il le savait : j'avais besoin de lui ; bien plus que je ne voudrais jamais me l'avouer. Mes yeux se fermèrent d'eux-mêmes et je repoussais une peur qui planait dans mon estomac. Je ne devais pas la laisser prendre le dessus ; mais voilà où j'en étais : j'étais seul contre une bande de mafieux entraînés, et aujourd'hui, je n'avais aucun moyen de pression. Je n'avais que ma ruse, mon intelligence et mes compétences. Si je me faisais repérer et que j'échouais, je mourrai. C'était aussi simple que ça. Il n'y aurait pas de seconde chance, ni de Continue, et je n'étais même pas sûr de savoir pourquoi je me mettais en danger sur ce coup là. L'odeur de Mikkel était toujours totalement absente de la bâtisse. Avance, m'ordonna le renard. C'était lui, le peureux dans l'histoire, et je crus un instant que j'allais faire demi-tour avant de me faire choper. Je n'étais pas prêt à me sacrifier pour quelqu'un d'autre que ma petite personne... Mais reculer, vraiment ? Cela ne me ressemblait pas. Alors, à la place de poser mon pied en arrière, je le posais en avant, prudemment.

J'avais été le plus discret possible et j'avais avancé en prenant garde à être le plus silencieux possible. Je m'étais glissé à travers une double-porte entre-baillée, refusant de la pousser car elle menaçait de me trahir dans un crissement de métal rouillé, mais sans grand choix, je la décalais à peine, juste assez pour passer. Je remerciais le ciel pour ne pas être en surpoids et pour avoir une certaine souplesse. J'avais contrôlé le bruit du mieux que je l'avais pu et avais relâché la porte prudemment. Puis, quatre petites marches plus tard, je me figeais. Je laissais mes sens me donner toutes les informations nécessaires pour adapter mes prochains mouvements et pris soin de les analyser. Quelques secondes plus tard, persuadé que je ne recevrais pas d'informations contraires de leur part, j'investis prudemment les lieux. Je n'étais jamais entré ici auparavant. A partir de cet instant, j'étais sur un territoire nouveau : je perdais l'avance que j'avais pu avoir jusqu'à maintenant. Bien. Cela ne devrait pas m'arrêter ou me freiner. Je devais continuer à avancer et faire avec. Avance, me murmura d'ailleurs à nouveau le renard, et je me demandais qui contrôlait qui ce soir.

Je ne me laissais pas perturber par les immenses machines qui se trouvaient encore ici mais elles me permirent de me dissimuler un bref instant. Juste le temps de me remettre en marche après avoir repéré comment tout l'espace était aménagé et où les gardes se trouvaient. Mais les voix m'arrêtèrent de moi-même. Je pouvais entendre sans difficulté les échanges des soldats postés, mais ce qui attira davantage mon attention fut une réplique en particulier : Tu trouves pas que ça renarde vaguement ? Et merde de merde ! Mon premier réflexe fut de me sentir mais je ne sentis bien évidemment rien du tout. Cette femme, cette Claire, allait me mettre dans la merde. Métamorphe contre métamorphe, nous étions à égalité. Ou presque. Car j'étais un renard, et Diable que j'étais malin. Le fait néanmoins qu'elle ait identifié ma nature à une telle distance me montrait que son odorat était peut-être encore plus développé que le mien. Je devais réfléchir, et vite. Elle était ma principale préoccupation, là tout de suite.

Je retirais ma veste plus vite que jamais et un frisson de froid s'empara de moi. Une diversion. Je n'avais rien trouvé d'autre là maintenant, parce que cette foutue vachette attirait toute l'attention sur elle et qu'elle allait me faire pendre si je ne réagissais pas maintenant. J'avais dû précédemment passer dans un courant d'air qui avait amené mon odeur jusqu'à ses narines, et j'eus l'idée de jouer avec cette erreur. Je revins lentement en arrière et suspendis ma veste contre une machine après m'être assuré que les poches soient vidées et qu'elle se trouve dans un faible courant d'air qui puisse porter mon odeur à l'opposé de ma destination. Aussi rapide que l'éclair, je quittais ma position pour filer droit en direction de la zone de livraison, prenant garde à rester silencieux et furtif. Mais lorsque je repérais la présence d'un autre homme, je me rabattais immédiatement dans le dépôt à proximité, changeant de trajectoire et plaquant mon dos contre le mur intérieur du dépôt, me camouflant dans le noir sans un bruit. Bien, ils étaient vraiment tous centrés sur Intervilles et j'espérais que ce petit cinéma dure encore un peu pour me permettre de continuer d'avancer et d'échapper à leur vigilance.

Je m'avançais prudemment dans le dépôt et pris quelques secondes pour observer l'espace et comprendre mes possibilités. Ces étagères pouvaient m'aider à atteindre le niveau supérieur sans moindre mal. Certes, c'était un risque : j'allais mettre en jeu ma légèreté et ma souplesse, mais rien d'irréalisable pour un renard comme moi. J'étais connu pour mes compétences et mon habilité à me glisser partout – oui, y compris dans le lit de ces dames, effectivement. Plus sérieusement, c'était un atout avec lequel j'aimais particulièrement jouer ; grimper partout avec souplesse, pas me glisser dans les lits des autres. Si j'étais bien sûr de quelque chose, c'était de mon agilité et de mon intelligence, et cette dernière me disait d'emprunter cette voie. Car une fois qu'Intervilles aurait terminé son petit cirque, les hommes allaient se redéployer dans la salle de livraison. Et me retrouver bloquer ; pire encore : me faire repérer une seconde fois par la vachette signerait la fin de ma petite infiltration. Je n'aurais qu'une chance, pas deux, j'en étais bien conscient.

Je grimpais prudemment aux étagères, prenant garde à maintenir un équilibre parfait selon l'équilibre lui-même des planches de métal. Bon Dieu, si la vachette nous faisait Intervilles, j'étais un véritable petit renard se contorsionnant comme il le pouvait pour atteindre une bonne poubelle pleine de bouffe. Je me dis un bref instant que je devenais trop vieux pour ces conneries, mais en même temps je me trouvais bien plus performant qu'auparavant. L'expérience probablement, ou alors une meilleure connaissance de moi-même. Aucune idée, mais ce n'était pas le moment de faire le bilan de mes compétences. J'atteignais, à la force de mes bras, la passerelle qui surplombait la salle de livraison. Et je ne pris pas le temps de me féliciter. Me hâter. Je devais absolument me hâter.

J'observais mon prochain ennemi du moment : le gardien de la passerelle qui était plus intéressé par Intervilles que par son devoir de surveiller l'espace qu'il lui était demandé de veiller. J'aurais aimé pouvoir le passer sans le toucher, mais cela me paraissait impossible. La passerelle était trop étroite pour qu'il ne détecte pas ma présence. Et si en plus il possédait des pouvoirs surnaturels, j'allais me mettre en difficulté inutilement. Je devais profiter du fait que son attention soit détournée pour agir, et maintenant. Je m'approchais prudemment, à pas de renards, avant de caler l'arme de Zed sur la tête du soldat.

Un mot ou un mouvement inutile et tu iras faire un séjour du côté de Darkness Falls, murmurais-je très prudemment.

Pour le moment, le soldat me cachait de la vue des autres et j'y veillais activement. Quelque chose me disait que cet homme n'était pas le propriétaire d'Intervilles, mais ce n'était qu'une intuition au vu des paroles qu'il avait utilisé et de son implication à distance. Je pouvais me tromper, et j'espérais que si c'était le cas, leur lien n'était pas trop étroit. Dans tous les cas, je me devais de prendre des risques si je souhaitais avancer. Si je voulais rester furtif, je ne pouvais pas tous les éliminer ; néanmoins, cet homme avait moins de chance que les autres. Si l'arme de Zed restait fermement contre la tête du soldat, je récupérais sa radio sans demander mon dû et l'accrochais à ma propre ceinture. Chose faite, je pris soin d'assommer l'homme que j'avais menacé avec l'arme de Zed et le portais du mieux que je le pus afin qu'il ne s'écroule pas. Bientôt, retrouvant un équilibre précaire, je tirais dans une vitre encore intacte de la veille usine désaffectée. Celle la plus éloignée de ma position afin de les obliger à s'éloigner davantage s'ils souhaitaient enquêter. Un bruit assourdissant de verre brisé retentit dans l'espace. Ils n'auraient aucune chance de retrouver les balles que j'avais tirées, mais peut-être que cela les occuperait un certain temps, tout ça pour comprendre que c'était Zed qui avait officiellement tiré si les preuves étaient exactes. Néanmoins, ce n'était pas le but premier de la manœuvre. Je profitais de l'agitation des soldats pour rapidement balancer l'homme inconscient par dessus bord. Allez, c'était une petite énigme bien sympathique pour les soldats d'en bas, s'ils remarquaient que leur ami avait fait une importante chute bien évidemment. Au moins il n'aura pas souffert. Comme j'étais gentleman.

Je me hâtais de quitter ma position et de filer en direction des cris que j'avais identifié comme étant ceux de Ievseï. Je devais me dépêcher ou alors j'allais accumuler les ennuis. Et si une idée très précise pour la suite des événements se dessinait dans mon esprit créatif afin que tout ce retard ne m'explose pas au visage, je réfléchissais déjà à un plan B. Il fallait toujours un plan B. Juste au cas où. Et surtout parce que mon cerveau ne devait pas s'arrêter ou ralentir. Réfléchir, toujours réfléchir.



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Russian Roulette || Kennan

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